You – You

à Linda.

hier, je voulais en finir. aujourd’hui, je veux vivre. demain, demain est une langue étrangère.

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salut à vous Sainte Marie, s’il vous plait écoutez-moi. salut à vous Sainte Fatima, s’il vous plait regardez-moi. salut à vous Sainte Femme, s’il vous plait aimez-moi.

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on pouvait voir que nos ciels sont beaux. on pouvait voir que nos chairs sont meurtries. on pouvait voir que nos enfers sont pour tous.

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une image me revient parfois. une image me revient et je ne distingue rien d’aussi vague ni ce qui me retient. comme guide, j’ai aussi l’amour.

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vous aurez un phénix. vous aurez un phénix à la place du cœur. vous aurez un phénix sous vos yeux jetés au ras du sol.

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dans mon jardin, il y a des pissenlits blanches. dans mon jardin, j’appelle ces fleurs les têtes multiples de démons. dans mon jardin, je trouve qu’il n’y a rien de plus naturel que de les envisager.

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sous les roues de tous les camions, j’ai marché. sous les roues de tous les camions, j’ai couru. sous les roues de tous les camions, j’ai sauté haut et j’ai dormi bien bas.

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ils se sont échangé leurs vœux de noël. ils se sont échangé leurs vœux sous le sapin illuminé de la ville. ils se sont échangé leurs vœux avec l’assurance d’être heureux.

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sur ton dernier lit de vieillesse, nous viendrons t’embrasser. sur ton dernier lit de vieillesse, nous viendrons te rendre nos adieux. sur ton dernier lit de vieillesse… , – bien le bonjour à vous, est-ce qu’on se connait ?

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je sors d’une longue rêverie, et me noie. je sors d’une longue rêverie, et me revois rêver encore plus loin d’ici. l’instrument de mes chimères et de mon bonheur.

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le vent balaie ce qui reste de la poussière de la terre pour un temps indéfini. le vent balaie ce qui reste de la poussière de la terre qui s’est consolidé en surface. sache que personne ne priera pour toi.

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mon arrière-cour n’est plus à vendre. mon arrière-cour est mon livre qui voyage et de moi un tendre baiser. mon arrière-cour est ma fenêtre du ciel, mais qu’attendez-vous – qu’attendez-vous – qu’attendez-vous ?

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je souris le matin parce que je suis en vie. je travaille le soir parce que je vais mourir. entre ces deux pôles, je m’adonne à la pure oisiveté.

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de ce côté-ci du continent, nous aimons pas la vérité vraie. de côté-ci du continent la vérité est chère payer. pour argent comptant : nous fustigeons à gogo.

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le doute s’immisce sous la couverture. le doute s’immisce comme une belle femme. le doute dit-on est saint.

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dépressurisation soudaine de l’avion et les plans s’envolent en rigolade. dépressurisation soudaine de l’avion et nous expédions les prières à l’arrache. dépressurisation soudaine de l’avion et nous survivons.

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elle est la vague et l’alchimie des mots grotesques. elle est la vague et jamais ne sera vaincue. la voix s’est barricadée avant la démolition.

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vous êtes sur des nuages, et vous marchez. vous êtes sur des nuages, et vous courrez derrière vos rêves. vous êtes sur des nuages, et vous vous en dormez, enfin.

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puisque c’est une nuit spéciale, le présent est à l’altitude des tropiques. puisque c’est une nuit spéciale, l’amour est à l’altitude des tropiques. je chante aussi mon bleus à qui veux bien entendre.

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à l’est, un os. à l’ouest, un os. entre ces deux crépuscules, une grande ballade.

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je ne dois plus partir. je ne dois jamais partir. pour aujourd’hui, avec toi.

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je rêve de contrôle, et parle. je rêve de contrôle, et divague. j’accepte ma vulnérabilité.

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le dernier délice. le dernier supplice. le dernier caprice. une machine à laver tourne rond.

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confortablement le matin : pour mieux s’aimer. sauvagement l’après-midi : pour mieux sentir. doucement le soir : pour mieux s’endormir.

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le temps passe comme coule la Garonne, je demeure dans la nuit. le temps passe comme coule la Garonne, je verse dans la nuit, – ô nuit, donne-moi le jour ! je pleure la mienne de chance, pourquoi ?

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à la découverte de ce siècle, comme le cœur de l’homme nouveau. à la découverte de ce siècle, comme le prolongement de la lecture. à la découverte de ce siècle, comme de la nuit et du jour qui augmentent.

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ils ont maudit mes mains. ils ont maudit mes mots. il ne me reste plus qu’à me maudire moi-même.

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plus j’attends d’un livre, plus je diffère sa lecture. plus j’attends d’un livre, plus ce rapport se complique. j’empile.

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nous vivons de rêves froissés. nous vivons de fausses notes. nous sommes insecourables.

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même si je pleure. même si je meurs. même si je rêve qu’à toi, mon amour.

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je pars seul. je repars seul. je reviendrai comme un fiancé.

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je m’attends dans un avenir incertain. je m’attends dans un endroit indéfini. je m’attends moi-même.

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fou ou pas, la conscience intermède. amoureux ou pas, le cœur s’ébranle. croyant ou pas, la mort pourchasse.

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vous cherchez la tâche de sang, vous trouverez mon cadavre. vous cherchez la tâche de sang, vous finirez en charognards. je vous aime.

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je ne me permets plus les nuits blanches. je ne me permets plus les aubes. je ne me permets plus les pornographies. je remercie.

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je lis lorsque je vois. je lis lorsque j’entends. je lis lorsque je sens. je lis lorsque je goûte. ce que je préfère est de lire lorsque je lis.

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que je m’éveille. que je m’endorme. que j’erre parmi les peupliers : tu es là.

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un carré de chocolat, l’optimiste dira on le déguste avant. le pessimiste dira on le déguste après. le même carré de chocolat, le gourmant le divisera en deux.

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le passé me revient. le futur m’appelle. le présent déjà me fuit. je suis cerné mon capitaine.

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nul ne prétend à une seconde chance. nul n’a recours à une seconde danse. nous nous berçons d’illusions.

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nous n’aimons pas vieillir avec les peoples. nous n’aimons pas vieillir avec les humoristes. nous n’aimons pas vieillir avec les interprètes. sauf avec les compositeurs, les plasticiens et les cinéastes.

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aimez-moi à loisir entre le son des cloches. contez-moi l’exil des chantres. chantez-moi la pluie où rêvait l’oublieuse Céleste : qu’à jamais j’oublie.

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je suis un cafard qui attend la pénombre pour sortir ronger. je suis un cafard qui attend la pénombre pour sortir prier. je suis un cafard qui reste seul dans le noir.

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il faisait avec ses peurs. il faisait avec sa colère et sa rage. il ne faisait pas long feu.

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je ne ferrai jamais des cours sur la littérature. je ne signerai jamais des dédicaces de mes poésies. je ne donnerai jamais des interviews sur ma vie. je fais bande à part.

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un être soupirait. un être éternuait. un être frissonnait. les nuages passaient.

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on cassait notre ville pour la contestation. on cassait notre ville pour le fun. on cassait notre ville pour reconstruire, non plus pour avancer.

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parce que je me souhaitais la mort. parce que je me souhaitais la crasse. je tournais votre monde en dérision.

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je rêve avec toi d’écrire simplement ce que tu omets, et nous évader. je rêve avec toi d’écrire simplement ce que tu notes, et nous pâmer. et puis, je rêve de toi dans mes bras.

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ils étaient jolis ses avant-bras, ils soutenaient ses petites mains. ils étaient jolis ses tibias, ils soutenaient ses petits-pieds. elle croyait à la souillure.

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hier, tu me laissais pour mort. hier, tu avais honte de moi. hier encore, tu te vantais de nos liens.

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les vents m’apportent vos histoires. les nuages me déposent vos pensées. les oiseaux me chantent vos rêves.

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je soulevais des champs, des cafés où les retraités jouaient au domino. je soulevais des morts, des berceaux où dormaient les enfants, mes oiseaux plutôt les soulevaient. je n’avais rien d’un cric.

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j’attends la vague. je prends la vague. je retombe à la fin du jour.

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tu crois inscrire tes poésies. tu crois inscrire tes pas. tu crois inscrire tes amours. c’est faux.

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cela arrive, comme pour ceux avant toi. cela arrivera, comme pour ceux après toi. comme tout ce qui se produit à chaque instant.

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tu ne peux plus prendre un café sans une cigarette. tu ne peux plus fumer sans un café. tu ne peux plus écrire un vers sans les deux. de temps à autres, tu vacilles au vent comme une toupie.

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quel est l’ennemi du livre ? le sensé répond : le temps et la poussière. l’inculte répond : les incultes. entre ces deux natures, le mou est le pire.

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entre Dieu et un cœur. entre la vérité et une parole. entre l’univers et un corps. de l’encre.

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parce que écrire c’est la mort. parce que ne pas écrire c’est la mort. parce que écrire c’est la folie. parce que ne pas écrire c’est la folie. parce que c’est moi.

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l’errance nous suit partout. l’itinérance nous mène partout. le voyage est partout, même dans nos abris.

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violence oblige. tristesse oblige. parole oblige. je ne sais rien de le femme au loin.

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on aura beaucoup roupiller. on aura peu répudier. on aura ainsi marcher. est-ce que je reprends du pain ?

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un toit sur une terre natale est le minimum. un toit sur une terre étrangère est le maximum. qui nous fera oublier l’appel de la forêt ?

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une faille par où s’endormir. une faille par où se nourrir. une faille par où écrire. que cela me soit octroyé, rien de plus.

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vous vous rendez à une représentation comme un cadeau. vous recevrez la représentation comme un cadeau. vous aurez le dernier mot.

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