( Yo-Yo )

hier je voulais en finir

aujourd’hui je veux vivre

demain, demain est une langue étrangère

*

salut à vous Sainte Marie, s’il vous plait ne pleurez pas

salut à vous Sainte Fatima, s’il vous plait regardez moi

salut à vous Sainte Femme, s’il vous plait aimez moi

*

on pouvait voir que le ciel est beau

on pouvait voir que nos chairs sont meurtris

on pouvait voir que l’enfer est pour tous

*

j’ai un vieux souvenir qui remonte parfois

je ne distingue rien d’autre d’aussi vague ni ce qui me retient  

comme guide j’ai l’amour

*

vous aurez un phénix

un phénix à la place du cœur

avec des yeux perdus au ras du sol

*

dans mon jardin il y a des pissenlits blanches 

je les appelle fleur à tête multiple de démon

quoi de plus naturel que de renommer les fleurs

*

sous les roues de tous les camions

j’ai marché, j’ai couru, j’ai sauté haut

et j’ai dormi bien bas

*

ils se sont échangé leurs vœux de noël

sous le sapin illuminé de la ville

ils avaient l’air heureux

*

sur ton dernier lit de vieillesse

on viendra te rendre un dernier adieu

bien le bonjour à vous, est-ce qu’on se connait ?

*

je sors de ma longue rêverie

je me revois rêver encore plus loin d’ici

l’instrument des fantômes du bonheur

*

le vent balaie ce qui reste de la terre

le reste s’est consolidé en surface

pour un temps indéfini

*

mon arrière cour n’est plus à vendre

mon livre voyage et de moi de tendres baisers

vos fenêtres sont le reflet du ciel … restez restez restez !

*

je souris le matin parce que je suis en vie 

je travaille le soir parce que je vais mourir

entre ces deux pôles j’offre mon âme à l’oisiveté  

*

de ce côté-ci de la méditerranée  

on aime pas la vérité vraie  

prenez le pour sur, on fustige à gogo

*

le doute s’immisce sous la couverture

comme une belle femme

le doute est saint

*

dépressurisation rapide

les plans s’envolent en rigolade

on expédie ses prières à l’arrache et on survie

*

alchimie des mots grotesques

elle est la vague et ne sera vaincue  

la voix s’est murée

*

sous les grandes roues des nuages

vous marchez et vous courrez derrière vos rêves

vous sautez haut et vous dormez bien bas  

*

puisque c’est une nuit spéciale

puisque le présent et l’amour sont à l’altitude des tropiques

puisque chaque soir je chante mon bleus à qui veux bien entendre

*

à l’est, un os

à l’ouest, un os

entre les deux une grande ballade

*

jamais partir

jamais partir

pour aujourd’hui, avec toi

*

je rêve de contrôle

je parle pour ne rien dire

j’accepte ma vulnérabilité

*

dernier délice

dernier supplice

une machine à laver tourne rond

*

confortablement pour mieux s’aimer

sauvagement pour mieux sentir

doucement pour mieux dormir

*

le temps passe comme coule la Garonne

je reste dans la nuit, – ô nuit, donne-moi le jour

je pleure sur ma chance, pourquoi ?

*

à la découverte de ce siècle

le cœur du nouveau-né y est  

comme le prolongement de la nuit

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