Les façades

A Ramzi.

il marchait en plein milieu de la rue

il tenait une petite baguette en bois dans sa main gauche

il était enveloppé d’un drap, de braise et d’un front où perlait la sueur !   

il avait des yeux blancs semblables à ceux de Jacob le devin

un ciel au-dessus qui l’ornait de son fluide mystérieux 

le sol d’asphalte n’opprimait pas son ombre

il éprouvait une terrible perte  

et il prophétisait une énième fin du monde

un Rai circulait dans l’habitacle des jeunes algérois  

les plus anonymes étaient autour d’une statue noyée dans un bocal d’algues vertes

lui comme moi, on rêvait de croiser une sœur

une graine pleine d’une vilaine histoire à nous raconter 

et vibrante d’amers soleils

les capitales de la frénésie sont toutes ainsi devenues

un spectacle ouvert pour le spectre des moutons noirs

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