Un petit conte d’hiver

j’écoute avec l’œil du cœur l’espoir luire et ne me quitte jamais.

ils rentrent au port inquiet

une cloche retentit entre les poteaux de fumés

la lune est pleine et s’est éteinte pour un temps

ils sont ivres de sel, de paysages et des vents

la soute d’hiver est pleine de cotons venu de Skikda

ils gardent un mauvais souvenir de cette ville aux péripéties prophétiques

sur le pont du bateau amarré

ils s’affairent et chantent dans une langue étrangère :

A nous, à nous le bel horizon

Nous sommes des baleiniers

Ma Fatou est chez l’aumônier

Ali Alo voilà le harpon !

A nous, à nous Dublin ! 

et cetera.

( le tout dans un je ne sais quoi qui revigore leurs survies ! )

je revois les visages des marins sortis tout droit d’un Goya, les contours des corps rivalisent de promesses inachevées, – des olympiens à la pointe des mauves ! 

je reste stone sur les quais de bois et dans un froid brouillard, espérant qu’un jour je connaîtrais cette paix durable intérieure dans la marche

chaines frêles d’ici et d’ailleurs…

dois-je expier ?

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