Soir d’ivresse

des kilomètres de pente douce

que j’avale

des champs stériles défilent à la renverse

un fauteuil de confection anglaise suspendu à un arbre

je suis solidaire de mes longues manches noires

un réel vert sous l’œil ivre d’absinthe

tout comme un acquéreur sans le sou

tout dans un battement de nuit

 je descends fulminant vers mes concaves reculées

aussi inconscient que le dernier des mohicans   

je rencontre un géant aux pieds asymétriques  

le nauséabond thoracique des marécages couvert de verres, des éclats !

j’anéantis ma respiration // j’implore sa miséricorde 

la ville en approche téléscopique

les immensités de carton trompé trompent l’ouïe et les sens

il faudrait faire gaffe à ne pas se faire écrasé

je m’aile les doigts en pianiste lunaire et étrange

c’est l’été des coutumières paysannes 

des ballades sur les rives du fleuve de boue où on s’enlise

sans oublier de saluer le nom des rues

je fais quelques offrandes à une statue de pierre

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