Un soir d’ivresse

j’avale les kilomètres de pente douce, les champs stériles défilent à la renverse. je vois un fauteuil de confection anglaise suspendu à un arbre. je confisque les plates bandes à ma conscience

je suis solidaire de mes longues manches noires, un réel vert sous l’œil ivre d’absinthe. j’abandonne tout comme un acquéreur sans le sou, tout dans un battement de nuit

je me voyais en Brecht un peu plus tôt, mais il n’y a plus moyen d’être psychédélique. je théâtralisais lorsque mes yeux se cachaient des pornographes

les hommes nous inspirent à plus de dureté

le bois des vitres forment des croix

la ville en approche télescopique, les immensités de carton trompé trompent l’ouïe et les sens. il faudrait faire gaffe à ne pas me faire écrasé. je peux être aussi inconscient que le dernier des mohicans

je m’aile les doigts en pianiste lunaire et étrange, l’autre ivresse a du mérite. c’est l’été des coutumières paysannes qui se baladent sur les rives du fleuve où on s’enlise. je m’en presse de tout démolir

je descends fulminant vers mes concaves reculées, la fumée se fait rare. je rencontre un géant aux pieds asymétriques, le sol est couvert de verres, des éclats ! le nauséabond thoracique des marécages me freine

j’anéantis ma respiration

j’implore sa miséricorde 

je fais quelques offrandes à une statue de pierre, sans oublier de saluer le nom des rues

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