Un soir d’ivresse

j’avale des kilomètres d’une douce pente, les champs stériles défilent à la renverse. je vois un fauteuil de confection anglaise suspendu à un arbre, du polystyrène accolé aux poubelles.

j’abandonne tout comme un acquéreur sans le sou, tout dans un battement de nuit ! je suis solidaire de mes longues manches noires qui scintillent. j’écoute le cœur de mes pas.

je me voyais un peu plus tôt dans la soirée en Brecht, mais il n’y a plus moyen d’envisager les corps ravagés. je théâtralisais lorsque mes yeux se cachaient des exhibitionnistes.

je repasse par notre ancien appartement.

les hommes nous inspirent à plus de cruauté

les bois des vitres forment une croix

rêves pour un souhait

chacun proclame son poème

après une victoire

je parie sur la ville en approche kaléidoscopique, une immensité de cartons trompés qui trompe l’ouïe et les sens. je tiens à écrire ma nécrologie, il me faut faire gaffe à ne pas finir écrasé.

je m’aile les doigts en pianiste lunaire et étrange, l’autre ivresse quoiqu’on en dise a du mérite. c’est l’hiver des coutumières paysannes qui se baladent sur les rives d’un fleuve où on s’enlise.

je descends fulminant vers mes concaves reculées, une fumée qui se fait aussi rare qu’une paire de fesses. je rencontre un géant aux pieds asymétriques, le sol est couvert de verres, des éclats !

le nauséabond thoracique des marécages me ralentit.

j’anéantis ma respiration

j’implore sa miséricorde rien que pour l’instant

à l’heure du soir

une oiselle intime ses fantômes

à s’endormir

je confisque les plates-bandes à mes amours malmenés, un long drame vert sous l’œil ivre d’absinthe. je peux être aussi inconscient que les mohicans, seul ou avec mon cheval.

je m’en presse de tout démolir, entrevoir le fil des destinées parmi les choses qui disparaissent me raffermit. je suis le crieur de mon ambulatoire chagrin, un défroqué et analphabète.

ton retour n’aura rien de spécial.

je dépose un brin de bruyères sous une statue sans oublier de saluer le nom des rues, une pensée me traverse des poètes qui incarnent les entrecroisements, autant qu’une maladresse.

je m’égare dans le nouveau Bordeaux et alentours

sauf, le rossignol

cœur de carpe

j’enfile à la hâte mes déguisements

à leurs parfums

une femme, pour moi, doit miroiter devant mes yeux toutes celles qui sont passées, imaginaires ou réelles. elle joue sur quelque chose de démentiel, sinon elle n’a pour mon cœur aucun attrait.

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