Zelda

À Camille.

surpris par un sempiternel matin gris, je regarde les trotteuses. bientôt sept heure et ton visage cabolé métra fin et à terre les ombres

j’essaie de me rappeler le nom des plantes et le nom de ma terre natale, celle que tu m’as laissée entendre. je referme le recueil que tu m’as prêté

les yeux usés.

nos corps se réchauffent entrelacés entre les blanches arcades, tu es lumineuse quand tu as les yeux fermés. je me console dans tes rêves d’insouciance refrénée

les sornettes blanches

tes jambes de sauterelle se dénudent, ô ma Shipy !

                                               caprice des aubes 

                                               sur l’aile boisée de l’automne

                                               les défunts amants     

as-tu toujours envie de partir avec moi, sans espoir aucun je te le dis, c’est le meilleur moment, – fuyons ! je renouvelle par cet appelle à ton cœur délicat mes vœux

l’aube ne dure que quelques instants éphémères et fugitifs. ô ma tendre idylle, elle sera moins mystérieuse et pour tous nos intervalles et nos besognes, salvatrice 

j’essaie d’imaginer ton père comme pour chaque missive amoureuse, mais sans grande fortune. je déraille dans des constances qui creusent ma contrariété

comme t’aimer, t’aimer encore au clair le jour

est-ce comme cela l’amour, veiller tant de nuits sur notre paradis?

fini l’éternel 

de l’ombre obscure 

qui sait d’orgueil

tes astres sont sûrs

ta tristesse est immense

et moi je suis petit

plus le désir de vivre

dans ta tête rabougri

les coups des au revoir

aux senteurs de vanille

crochètent mes guenilles

pour certains soirs

un nouveau lustre sous les toits du monde, je crois que sonne entre-nous l’ode de coton et la fin de l’intérim, celle-ci est une aube aux magiques coffrets

les nuages ont la couleur des mauves.

je pressens les plaisirs des petits-matins, comme répondre à ton sourire à la crème de lait, c’est fuir et être à la traîne des vaches à lait qui rentrent

je te parle encore de nous et d’aussi loin que mon esprit me porte. les moments qui glissent et auxquels je pense le plus à toi, car tu es partout

amour tout comme toi, tes accents de hautbois endormi 

tu es une fleur jolie, jolie… ton petit minois, ô mon astre français !

 belle-à-en-mourir-diva-insouciante-et-stérile-à travers-mes-rêves-fébriles-tu-sommeilles-je-te-rejoindrai-toujours-car-il-le-faut-dans-le-calme-lit-des-maladives-jeunesses… !

te revoilà, enfin je ne dis mot, ton teint de peau et tes yeux de jais m’instaurent… tâchons alors de rester présent à nous-mêmes! 

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