L’inadapté

À Béatrice.

si l’homme a créé les dieux ce n’est que par accident.

je fuyais les classes et les bancs du petit écolier, comme tout orphelin fatigué du système qualitatif. l’esprit de la tornade dans mes oreilles droites.      

les rues après l’orage abondaient de secrets, elles révélaient au premier venu les airs de balade chétive jusqu’à l’aube des accordéonistes fauchés.

je révérais chacun de mes souffles qui me rappelaient… qui me rappelaient à quoi ? j’étais le chantre sur la vieille ville de lumière extatique, une chose m’avait elle dit.

une mémoire incertaine et fixe.

les chiens aux yeux terreux se débinaient

l’ombre restait scotcher

le ciel tombe son noir

Whitman sur la rive du rêve

qui s’apprivoise

j’inventais de multiples longitudes qui éclairaient mes rixes, mon âme osait le schisme de la nudité. j’étais aimé d’anciens dieux comme de l’or d’égide.

je refoulais mes désirs et les présences d’occasions me prenaient la main froide de désinvolture, lors de mes ballades au bois et au fond d’un vert bassin.

je me refusais à tout commerce.

je coulais les morves d’un baiser repris à la pire des chimères, le corps perclus. je versais des larmes hâtives sous leurs pieds noirs que rien ne changeait.

la voix était au timbre de tabac brun

j’étouffais mes cris

la maison craque

déchirure du silence de la nuit

sans nul épreuve

je bondissais sur les îles lointaines et désespérément arides, comme un oiseau des vastes pôles avec d’intangibles clartés sans les grâces d’un traître mot.

les trèfles sur mon front ont ouvert le troisième œil du cœur inchangé devant le calme de l’étude. je retraversais l’histoire de mes prophéties et de l’argile.

je vous livre en exergue la dilution de mes zones d’ombres colorées, plongez y vos yeux insatiables ! il faut dire que je demeure inadapté à vos sociétés en tout lieu.

puisqu’elles ne tiennent pas !

je parlerai de la nuit et du bas royaume réparti

jusqu’à soif de la brume d’été

les cris du goéland

une décharge de tous les saints

et les diables

trop tôt ou trop tard, ce siècle m’a laissé sans vie !

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