Un oiseau est nécessaire

Les oiseaux réveillent les morts et endorment les vivants. Sur le jadis. Pascal Quignard.

j’observe la beauté de mon oiseau qui va et vient dans la cage en imitant les chauves-souris non domestiques, à ce qu’il parait, c’est une des conditions de sa survie.

la bougeotte, lorsqu’on manque de goût !

je vois bien qu’il ne s’est pas pleinement acclimaté à la maison, rien qu’au réveil dès que j’enlève le voile qui le recouvre pour la nuit, il est déjà excité et m’attaque.

il préfère le mangeoire du côté gauche.

je m’évertue de son courage lorsqu’il parade avec un chant spécifique, il se tient dans une posture défensive en déployant ses ailes de plumes jaunes et noires.

cet oiseau ne pèse presque rien.

les oiseaux libres partagent notre compagnie

ils s’identifient

prince des oiseaux

les mini-soucoupes du rêve citadin

chants fiévreux

je ne sais pas grand-chose sur la vie des oiseaux et à la limite je l’intuitionne, comme j’imagine la situation la plus insupportable pour lui ou qu’il pourrait endurer.

la faim, le froid, les éperviers ?

je me dis qu’il est peut-être programmé et idiot, qu’il ne se souvient que du nécessaire, mais comment interpréter son bec rose qu’il arbore fièrement, sinon par son intelligence.

cela me suffit.

je passe des heures à le contempler et lui ne reste attentif qu’à mes mouvements, en alerte. j’essaie de le charmer en lui parlant, un dialogue parfois se fait.

un autre impératif de survie.

il est friand d’un mélange de graine et de miel

je les lui réserve pour les grands jours

une gorge blanche

sa langue âpre m’est conquise

pour des clous

j’entends ses rêves qui le basculent de son perchoir, des paniques répétées et inattendues. il bouge et se débat à la nuit tombée, se revoit sans doute libre survolant les forêts de la région.

j’ai des sursauts de violence concernant ma figure de oiseleur et sa captivité, mais il n’est plus question de le relâcher. je crois qu’il ne survivrait pas dans la nature.

cela est grave !

je sais qu’il nous est plus concevable de vivre libre un jour que dix ans dans une cage, de survivre malgré tout, surtout lorsque celui-ci apporte la baraka. il loue pour moi Dieu.

il m’enchante de mes rêves perdus

son rouge indien derrière les barreaux de fer

aube d’été

l’éveil spirituel de la nature

oh, jungle-home !

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