( Épiphane )

oscar le vent et épiphane

marcher

vermines

laine effiloché

porteuse

secret

encens

doigts fins

grisette

histoire

fraude

suspendre l’étreinte

la déesse des buissons et des rivages salés

amoureux fou

cavalière

affreusement

flanc ossivore

éphéméride

il aime le mot éphémère

coûteux pour l’enfant

m’abreuver

ciel

argent armorique

couver

âme esseulée

les eaux troubles sont peu profondes

images

féerie

satellite

converger

couple

filet d’horizon

maison des vacances

poisson

querelles

hiver

bois chaud

s’éternise

la nuit tombe sur l’étoile des loups

grave dans l’esprit du marbre le visage de son invraisemblance

… et fait au plus vite !

( De jour comme de nuit )

: 1

toi avec moi // moi avec toi

le jour avec la nuit // la nuit avec le jour

la nuit cédant au jour // le jour cédant à la nuit

moi sur toi // toi sur moi

entre toi et moi // entre moi et toi

le soleil célébrant la lune // la lune célébrant le soleil

un peu de toi // un peu de moi

le jour dans la nuit // la nuit dans le jour

la lune pleurant le soleil // le soleil pleurant la lune

te mentir à toi // me mentir à moi

toi ou moi // moi ou toi

été comme automne // automne comme été

le jour glisse sur la nuit // la nuit glisse sur le jour

toi en moi // moi en toi

toi malgré moi // moi malgré toi

toi sans moi // moi sans toi

là, le jour gît // là, la nuit gît

désirant de toi // désirante de moi

croire en toi // croire en moi

l’eau et le vin // le vin et l’eau

vénus pour mars // mars pour vénus

toi et moi // moi et toi

chienne d’un loup // louve d’un chien

nous

: 2

une fille // un garçon

le monde pour lui // le monde pour elle

un univers avec elle // un univers avec lui

ils s’aiment // ils s’éloignent

il lui manque // elle lui manque

autour d’un diner // au milieu d’un déjeuner

elle l’habille d’un sourire // il l’habille d’une caresse

un rêve de lune // un rêve de soleil

elle le reconnaît // il la reconnaît

un amour de fleurs // un amour de miel

elle naît d’un souvenir // il naît d’une mémoire

l’étoile traverse l’histoire // l’étoile traverse les âges

elle porte le tragique // il porte le tragique

claudia et arman // arman et claudia

elle l’accompagne dans son voyage // il l’accompagne dans son voyage

pour goûter à la joie // pour respirer le bonheur

un lac sur un ciel // un ciel sur un lac

c’est tellement elle // c’est tellement lui

elle tâtonne pour marcher // il tâtonne pour s’asseoir

un regard de lui // un regard d’elle

la tristesse l’oblige // la tristesse le condamne

elle dort à bâbord // il dort à tribord

elle n’a rien d’une poétesse // il n’a rien d’un poète

pourtant

: 3

une sagesse transitoire // une folie ambulatoire

elle pardonne sans un reproche // il pardonne sans un effort

une actrice // un acteur

lorsqu’il la baise // lorsqu’elle le baise

elle joue des interdits // il joue des interdits

les comètes déménagent // les comètes euphorisent

toi pour moi // moi pour toi

à l’orée du jour // à l’orée de la nuit

elle le cultive // il la labour

leur terre est plate // leur terre est ronde

les lunes se compilent // les soleils se faufilent

une allée émotionnelle // un chemin sensoriel

elle s’invite dans son assiette // il s’invite dans son assiette

toi en deçà de moi // moi en deçà de toi

son aura est rouge // son aura est bleu

magma et cristal // cristal et magma

elle ironise la vie // il ironise la mort

les anges neutralisent // les démons désunissent

l’exception d’un amandier // la singularité d’un olivier

une éclipse solaire s’attarde // une éclipse lunaire s’accroche

elle lui fredonne ses nuits // il lui murmure ses jours

la terre se dérobe // le ciel se dissipe

elle n’a plus confiance // il n’a plus foi

vice-versa

Les occasions ne manquent pas pour se rattraper

À Ahmed.

je me souviens du jour où je commençais à survivre, c’était pendant les vacances. j’allumais la télé, comme un jour routinier à glutiner devant muer.

j’étais jeune.

je ne trouvais plus de sens à rien, plus de but à atteindre. j’avais perdu le goût de vivre, c’était incroyable ! quel drôle de début pour l’apprentissage de la vie.

j’avais commis quelques erreurs durant la précédente saison, la plus marquante entre toutes et sans déceler le manquant de l’histoire, je changeais d’entraîneur et de club.

je ne tenais plus dans mes baskets.

cette manœuvre sonnait la chanson naïve du destin

une exode intérieur

fenêtre sur le cœur

les derniers jeux de la saison

de zermumiya

c’était un entraîneur fort et tranquille, un technicien. l’un des purs produits du système pédagogique algérien. il ne lui manquait que la trêve des clans.

le transfert était perçu comme une trahison et signifier par un refus d’échange de paroles et de poignée de main. j’étais le déloyal, celui qu’il fallait bannir.

on partageait pourtant le même bain.

je voyais l’abîme m’engloutir, une honte s’abattait sur moi comme une ombre. je voulais mourir comme tous les dieux païens et que l’on parle encore de moi.

les traîtres portent eux aussi un nom.

comme une éclipse

peut-être qu’elle était totale

voir

pourtant si seul

si seul

je me rendais aux entraînements en reculant, la transition s’avérait longue. les événements empiraient lorsque mon téléphone s’arrêtait de sonner.

l’exclusion est une fée qui ne m’a jamais quitté.

je le revoyais parfois à Tizi-ouzou, toujours sur le dos un survêtement. il me donnait l’impression d’un vieux débris parmi les décombres de son existence.

je le croyais à l’abri des effets négatifs du temps, il se démenait déjà pour instaurer une affligeante distance avec autrui, mais l’anecdotique semblait le dénaturer.

j’espérais une générosité

comme une écoute dans le milieu

les amitiés bénies

une page blanche a le don

du pardon

toujours seul poursuivant les échecs et mes fraîdennes !

Le chemin du retour

le printemps est au temps fixe et de sombres créatures chantent dans mes oreilles, seules les fleurs respirent. je viens de rentrer de l’aéroport d’alger.

tu roules entre mes yeux gorgés de chagrins.

je retrouve mes semblables, mes proches… tout le monde va bien et inquiet de me revoir ! j’ai la conviction à présent que je peux vivre le reste de mes jours à leurs côtés.

il me semble que j’ai prévu ce voyage des siècles à l’avance, j’ai l’air d’avoir 10 ans de plus. je pose sitôt mes valises sans bruits dans un coin.

je suis en paix.

il fait beau

j’ai eu une dure semaine

je suis ton ange, tiens-moi la main

je suis innocente, pardonne-moi

souviens toi de nous

souviens toi que tu peux être libre

tend la main au vierge rivage

c’est un nouveau départ qui s’offre à toi

prends moi dans tes bras encore une fois

je crois revivre nos adieux en continue, la colère s’estompe peu à peu. il y a des amours qui changent et d’autres qui ne changent pas, sauf dans les films de science-fiction.

je remercie le ciel mouillé de ses bienfaits, un carre du ciel, le tout petit vert d’un paradis sous quinzaine. je feins d’être compris derrière ma joie cachée.

à l’orée du jour le cœur sème.

je me suis aperçu pendant la traversée que tu as façonné ma langue et qu’il va falloir encore t’aimer, comme un derviche reclus dans le vaste désert épris de la lune.

je suis grand de mon amour pour toi.

l’un de mes livres le raconte très bien

j’ai attrapé froid

j’ai espéré mon retour plus fort que tout

j’ai maudit mon retour la raison de tout

je me dictais d’extravagantes formules pour échapper aux appréhensions des retrouvailles, mon livre agissait de ressort ! toutes mes pensées sont dirigés désormais vers toi.

j’ai la légèreté de mes poches d’écolier, l’aurore verte dans les entrailles et au milieu des blés, je formule le souhait de te revoir. la chance miroitera peut-être mon soleil.

pour tenir.

je sais de l’univers et ses desseins à mon sujet, comme qui résonne en lui des slogans d’eau de pluie. je regarde les étoiles pour deux, qui n’ont rien du noir habituel.

la main gauche sur mon cœur.

la rupture avec toi n’en est que plus violente

la réalité nous ment par essence

au bois fleuris

j’écrase l’herbe pour bâtir

un tipi noir et avec mon dos d’ours à trois pattes

je me tiens sous la pénombre des jours en fuite

l’air est un charme à exclure

j’ai vécu l’éveil de l’amour après notre séparation, bien après l’incompréhension. lorsque tu me voyais avec ton cœur, ce n’était personne d’autre que moi.

( Catalyseur )

royaume du sud

écouter

radio

voix pétillantes

interférences chaudes

de la pise à boire

insoluble

âge

rareté

organisation

cascades

idée

grève

gouffre fécondé

réceptacle

se ressemblent

flâner

friandises

étude

boucles

le monde est féminin

accueillir

étrangers

passeport

noirs

désert

plusieurs sud

âmes en peine

immense silence

sable

gamme

danser avec les vents

des antennes sur du béton

tout comme

têtes enrubannées

fraîcheur

à l’affût

proches

le faire généralisé

la présentatrice est une fée

philosophie

banaliser

catalyseur

le monde est tellement plus encore

la quête d’une psychologie du chameau vieille comme le monde

je débarrasse la table

Escapade

je suis à peu près immobile sur une vaste plage, l’océan bouge. je me demande si tout change autour, comme sur une carte postale.

l’intériorisation m’est confortable.

je remarque les silhouettes des flâneurs au loin sur la rive, quelques bêtes mortes sur le sable et une très belle fille sous son k-way rouge.

j’essaie de l’atteindre de mes yeux incompris, seul l’horizon brumeux semble l’absorber. elle a l’air timide et moi d’instinct, je veux la pénétrer.

le fracas des vagues pèse de mille invectives

les paroles se broient

une longue-vue

la lecture aléatoire des signes

du paysage

une dernière et je vais me prendre pour un collectionneur ou comme un rang de gars ! je n’ai aucune nostalgique de mes anciens murs et pas de collier.

je repense aux peintures de Watteau.

je collection les envies ronces et les poux de coutume, comme une bourrasque qui essuie. je ne sors de l’inertie la plus désabusée.

je cherche pourtant des solutions à mes cloaques, et sans efforts, je m’arrête net. le tendant tire sur la quille, ce sont les problèmes des divinspoètes !

les échecs collent à mes muscles sans cellules

les actes se noient

le tout m’entoure

et fuit et fuit… !

et fuit

je m’assois sous le palier d’une cabane de sauveteur que je purifie. le mauvais temps s’évide et d’une mémoire ancienne, je formule des mots obscurs.

les vents emportent le traintamarre de mes idées et dans mon cœur des cintres d’acier me trucident, comme jouer un peu avec soi et cacher son nom.

je ne vois rien de l’affection de son chien, je ne vois rien de l’étendue grise… etc. je me contente de la bouteille de rhum ambré qui m’abreuve.

pour mieux me rassembler

pour me disperser

une journée de printemps

je rêve un moment pour deux

les fois d’amour

les chiens errants sont dans la grâce de Dieu.

Silex

À Françoise.

je suis de nouveau seul et peut-être définitivement guéri de son emprise. je me demande pour combien de temps… 3 jours, 3 mois, 3 ans ?

je pourrais entre temps écrire un opéra.

je me considère comme une personne chanceuse, démesurément. je suis un rescapé, pour d’autres un privilégié. les jugements des uns déteignent sur moi.

certaines choses ici-bas ne durent jamais.

je nourris sans doute des complexes, j’édifie une honte ! comme chercher par dessus tout ce qui se trouve sous mes yeux et que je n’arrive pas à saisir.

je ne dois plus tâtonner sur la pente abyssale

auprès d’un fétiche

il a fait plutôt beau aujourd’hui

même dans le cœur des gens

ce qui n’exclut pas leur violence

je vous dis qu’après la tempête vient l’amour

après le moi corrosif, à moi la chaleur… !

je m’éloigne d’un changement pour une baigneuse aux courbes de feu, – devrons-nous subvenir à leurs besoins physiques et moreaux, les responsabilités… etc.

j’imagine qu’elle renouera avec ses objectifs de ball-trap, même plus tôt que prévu ! nourris de sa cervelle de moineau, de petite joueuse… etc.

devrons-nous supporter ça ?

il en résultera de toutes petites crottes de son beau derrière saillant, rien qui n’approche d’une perdition. un étrange gâchis de la calamité encore plus révoltant.

n’allez pas croire que j’ai peur de l’engagement

n’allez pas me croire

au magic pub… 54, 56, 58
comme dans la nef d’une église gothique 
une sombre niche au lait froid et de froment

la rue se nomme rue maréchal joffre 
vous y rencontrerez peut-être son apache  
à qui manquent une hache et le divin sourire

les habitués s’anesthésient jusqu’à la moelle, verdict
cette enclave est un tamis qui cache

Lola, Fanfan, Bio… une bande dessinée à eux seuls !

je suis un être fragmenté et ce n’est pas là un problème, la liste de mes ruptures est longue. elle prend parfois l’apparence d’un faux nouveau départ.

je vais me noyer dans une décharge d’un millier de roses, sans aucune concomitance. je m’ouvre autrement dit à une prostituée de bordel pour jeune.

elles portent le voile de la sainteté.

je suis curieux de voir l’état de son facteur après la réception de la nouvelle, et qu’elle délivrance ! je savoure déjà d’ici un malicieux plaisir.

lui ferai-je parvenir ce poème ?

je suis tranquille sur le zinc humide et froid

les scrupules d’un indéterminé

une bouche à l’est

les centimètres s’envolent au ralenti

désir de tout ton soûl

( La blanche Ophélie )

orpheline de tous

toute seule et aimante, – dis-moi à quoi tu penses seule abandonnée de tous ?

elle s’en est allée, l’âme… !

sans doute à jamais

les chevilles légères

comme une plume verte au crépuscule des anges ( une idole pour les insomnies ! )

sept jours

sept week-ends qu’à durée son calvaire

il te faut reconstruire son identité

sa psyché

elle s’en est allée, la blanche Ophélie

( une grappe de raisin rouge dans la bouche ! )

orphelin de tous

tout seul et contre personne, – dis-moi à quoi tu penses seul éprouvé par tous ?

s’en est fini, la traîtresse !

elle m’a quitté

j’ai enjambé avec elle le serpent de feu

j’ai vu dans l’éclat de nos jours des ombres télescopiques

le temps était une fusée

comme lui, j’ai rusé

il te faut reconstruire ton identité

de vagabond

s’en est fini, elle a emporté mes larmes

( le songe d’un rossignol est le fond d’un ciel gris ! )

j’ai vécu ordinairement un été de démesure en orient

je ne voulais pas foncé

( L’aïde )

avalanche d’eaux

circuit court

l’été

sublimation

visible

astre

corne de gazelle

afrique

lait

exil ou exit

dans le fond

les maîtres sont bavards

naître

chant

enchanteurs

terrorisme de la joie

courroucer

baleines

lance au pied

vents emportés

accolades

baisers

une musique de fond comble les Assis

des ballades, de toutes petites balles tremblantes sur mes lèvres… !

( Une toux )

la toux d’un druide

les hagards

fluide

aussi vite !

il y a des regards

des amarres

soulève

soulève les torrents

passe le temps qui cloque

mégère

prendre l’air

rapide et légère

est-ce que tu me vois ?

choque

face à la beauté

fauve

suspendu

se prend le pavé

songeur

communique

mais où suis-je ?

les états d’âme du corps, personne ne regarde ni n’approche

personne n’accroche… !

( Consignes )

conteneur jaune :

aiguille

bistouris

intranules

épicrâniennes

brocards

tout objet tranchant ou piquant

activité cérébral

des fougères en plastique, l’odeur d’un hôpital me revient familière

sachet noir ( daom) :

emballages

papiers

ordures

j’aurais pu écrire mes idées de ce matin

ancien vertige: si la justice divine existe, à moi elle me fait peur

sachet jaune ( dasrl) :

compresses

seringues gants

sparadrap

coton

perfuseurs

transfuseurs

ampoules

tout objet souillé

il y a un théâtre de bêtise qui résonne

comme presque tout qui tombe dans la mémoire