Le chemin du retour

le printemps est au temps fixe et de sombres créatures chantent dans mes oreilles, seules les fleurs respirent. je viens de rentrer de l’aéroport d’alger.

tu roules entre mes yeux gorgés de chagrins.

je retrouve mes semblables, mes proches… tout le monde va bien et inquiet de me revoir ! j’ai la conviction à présent que je peux vivre le reste de mes jours à leurs côtés.

il me semble que j’ai prévu ce voyage des siècles à l’avance, j’ai l’air d’avoir 10 ans de plus. je pose sitôt mes valises sans bruits dans un coin.

je suis en paix.

il fait beau

j’ai eu une dure semaine

je suis ton ange, tiens-moi la main

je suis innocente, pardonne-moi

souviens toi de nous

souviens toi que tu peux être libre

tend la main au vierge rivage

c’est un nouveau départ qui s’offre à toi

prends moi dans tes bras encore une fois

je crois revivre nos adieux en continue, la colère s’estompe peu à peu. il y a des amours qui changent et d’autres qui ne changent pas, sauf dans les films de science-fiction.

je remercie le ciel mouillé de ses bienfaits, un carre du ciel, le tout petit vert d’un paradis sous quinzaine. je feins d’être compris derrière ma joie cachée.

à l’orée du jour le cœur sème.

je me suis aperçu pendant la traversée que tu as façonné ma langue et qu’il va falloir encore t’aimer, comme un derviche reclus dans le vaste désert épris de la lune.

je suis grand de mon amour pour toi.

l’un de mes livres le raconte très bien

j’ai attrapé froid

j’ai espéré mon retour plus fort que tout

j’ai maudit mon retour la raison de tout

je me dictais d’extravagantes formules pour échapper aux appréhensions des retrouvailles, mon livre agissait de ressort ! toutes mes pensées sont dirigés désormais vers toi.

j’ai la légèreté de mes poches d’écolier, l’aurore verte dans les entrailles et au milieu des blés, je formule le souhait de te revoir. la chance miroitera peut-être mon soleil.

pour tenir.

je sais de l’univers et ses desseins à mon sujet, comme qui résonne en lui des slogans d’eau de pluie. je regarde les étoiles pour deux, qui n’ont rien du noir habituel.

la main gauche sur mon cœur.

la rupture avec toi n’en est que plus violente

la réalité nous ment par essence

au bois fleuris

j’écrase l’herbe pour bâtir

un tipi noir et avec mon dos d’ours à trois pattes

je me tiens sous la pénombre des jours en fuite

l’air est un charme à exclure

j’ai vécu l’éveil de l’amour après notre séparation, bien après l’incompréhension. lorsque tu me voyais avec ton cœur, ce n’était personne d’autre que moi.

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