Parcours d’un nageur délicat

on m’avait mis en garde contre les marocaines aux cheveux longs et épais, en garde aussi contre les tunisiennes aux doigts fins. je nivelais rasséréné vers le haut.

je n’avais pourtant rien d’un enfant.

c’était des consignes en général sur tout le fatras de ce qui n’est pas de chez nous, il ne semblait pas bon pour nous encourager, – les voies du succès sont impénétrables !

la vigilance des superstitieux !

ce n’était pas aller à l’encontre du mektoub, mais éviter les énergies négatives au maximum. c’était comme cela aussi la compétition, voila ce qu’on se disait !  

elles restaient nos adversaires dans les couloirs, mon ami !

elles chantaient les conquêtes de nos aïeules

quelque part déchu

l’effervescence provoque le tintamarre

des sifflets

il ne fallait pas avoir d’embrassade ni de massage corporel ou autres, et surtout ne pas passer la nuit fi rahba. les précautions avaient bon publique.

absurde comme pas deux !

je m’apprivoisais à l’air d’ailleurs qui était aphrodisiaque, lors de nos rencontres internationales où naissait en moi la fibre de la désobéissance.

les paysages nouveaux me stimulaient.

je me jetais dans les bras de sirènes aux charmes médiévaux, une médaille chère à mon cœur de soufre plus que n’importe quel trophée.

je raflais pourtant quelques-uns !

j’étais flanqué de lassitude et de purs plaisirs

à la recherche d’adrénaline

une brève nuit de noce

sur le cœur trois confettis

aux pastels sucrés

le couperet de mon carma ne se fessait pas attendre, les ennuis me tombaient dessus comme la grêle et jusqu’à une période récente, je n’arrivais pas à me l’expliquer.

je ratais les saisons successivement et partout sur mon corps apparaissaient des furoncles à sommet putrescent, comme les petits volcans sibériens.

j’étais sujet au fouet de la médisance et aux moqueries de mes voisins, je réalisais que la course à la performance n’est pas faite pour mes rêves délurés.

elles me laissaient leur poison dans les veines

en plus du souvenir d’elles

une saison des hirondelles

j’effleure les mots d’une femme

qui aime ailleurs

il semblerait que pour beaucoup la vie reste indéchiffrable, mais est-ce que cela fait de moi un réactionnaire si je m’exprime ainsi ?

Les situations insupportables*

je ne supporte rien d’autre que l’insupportable et je m’efface devant l’histoire à une seule vitesse. je chemine vers le tourbillon noir de l’oubli.

les crimes abominables commis jusqu’au moindre geste sans grâce, feront encore des ravages pour les générations à venir, et… la colère gronde dans nos cœurs !

une autre entité

l’éveil spirituel d’un rêve

premiers contacts

fêter le premier jour de la guerre est juste une compagne de victimisation et que l’on me pardonne ma préférence aux lâches plus qu’aux héros et martyrs dépersonnalisés.

que l’on me pardonne mes yeux purs, ils sont ordinairement enclins à la beauté et que parfois percent le ciel décharné et attestent de l’existence d’un autre monde.

cette réalité est aussi la mienne, en filigrane, et… la colère gronde dans nos cœurs ! mais sachez vous autres que j’ignore ce qu’est votre pardon.

je l’espère seulement du Suprême et l’Unique  

que l’on me pardonne ma naïveté

trouvons un bon deal, la force tranquille

les personnalités se construisent toutes seules ( comme nos filles ! )

quel foutaise de jeter son pied dans une flaque d’eau boueuse et froide

grave et soucieux sur le chemin de fer, un souricier


aimons nos côtés spectaculaires

c’est un genre que l’on se donne, ce minimalisme à la pierrot le fou

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

La texture des ombres

1/3

je suivais des filles bien en chair et entre mes mains, j’avais une fleur des bois pour chacune. je finirai sans doute par toutes les oublier après le mécompte.

elles me répondaient souvent que ce n’était ni le bon moment et encore moins les bonnes coutumes. je ne trouvais grâce aux yeux de personne.

elles m’apostrophaient parfois: as-tu lu le livre de Saint-Exupéry ? – non, enfin, je crois ! tu ne peux alors être notre ami. je m’empressais de livrer aux ragots un os. 

de la surenchère sur la couronne du Christ

c’était d’une bêtise 

une terre étrangère

je gagne la compagnie

d’une langue

j’étais une bille dans un tourbillon, c’était évident qu’ils ne voulaient me rallier à leurs causes qu’après l’éternité. bien sûr que j’avais le sang mauvais !

je ne regrettais qu’une seule parmi la bravade des louves, une meute affamée sans flair. elle m’arqua mon front de ses lèvres abondantes. je n’avais rien vu d’aussi beau.

une fille verte aux bras nus, qu’elle offrait d’ailleurs à tous les imposteurs, comme une belle affaire de putain ! je ne savais comment lui exprimer le mal qu’elle me fit.

elles ignoraient qu’un chaman guérit les clans

elle m’ignorait

les amis fatigués

je suis les pointillés de l’inouïe

au-delà de la bordure

c’est à cette période que vous avez fait votre apparition et l’invitation pour vous rejoindre à Ouarzazate… ô la fragile membrane de l’existence !

je saisissais cette opportunité pour m’évader, la tête pleine de sombres bavardages et les poches sous un sacrilège, mille possibilités s’offraient à la première venue. 

j’avais comme unique bagage mon manteau de paysage et une petite valise noire de lycéen, une succession après une séparation. je n’envisageais pas de retour possible.

le départ promettait de tendres atterrissages  

un départ nous séparait

une terre conquise

je pars au dernier virage

de vous

2/3

je pleurais tout le long du voyage dans le train bleu corail, les vitres étaient inondés. je me souvenais des dieux qui ont bercé l’enfance de mon cœur, en mieux.

je m’asseyais à côté d’un roi nègre qui lisait des versets coraniques, comme une douceur âcre dans la bouche. je tendais l’oreille à sa psalmodie.

– ne tombez pas sous l’anathème ! vous me le répétiez souvent, c’est vrai ! je m’interdisais de flancher en mesurant pleinement les conséquences. 

l’homme déployait ses ailes trompées 

l’homme déniait me voir

en-sortant-de-la-lourdeur-du-train-à-la-gare-de-Marseille-la-Tentaculaire-j’-ai-marché-au-feu-vert-des-pilotis-la-tête-à-l’-envers-sachant-que-c’-était-écrit-et-je-m’-arrêterai-au-rouge-de-vos-seins-tout-le-temps-comme-un-peu-chaque-jour

je courais les rues à la recherche d’un trèfle à quatre-feuilles, chacune d’entre elles recelait un mystère avec des indices. il me fallait traverser vite avec une démarche raide.

je fessais des connexions insoupçonnées entre les batailles de différentes époques et les héros illustres, à chaque fois que le nom de la rue était baptisée d’un général des armées.

je bloquais mon souffle court pour une apnée prolongée si elle était d’un poète ou philosophe obscur et inquiétant. je les parcourais néanmoins en saluant les plaques.  

je concevais mes diatribes d’un mémoriel au passé fixe

je cherchais ton nom  

un parcours sensoriel

les plumes de l’indien guident mes pas

de faucon

je sentais en moi le froid fantomatique de la ville et elle arrivait l’heure de l’aubade mal refermée ! elle arrivait et j’allais poursuivant mes intuitions.

je lisais sur les façades d’immeuble le sors qu’Il pouvait réserver aux hébergés, l’accueil ne se faisait qu’à une certaine obédience. je vivais d’une colère sourde.

je suivais les ombres des tombeaux et quelques fleurs: dès que fille du matin, paru l’aurore aux doigts de rose… ! je revoyais la magie méditerranéenne d’Homère.

je formulais mes premiers vœux à la ville

je me découvrais

l’ineffable retrouvé

je brouillonne sur des feuilles

noircis

3/3

je reconnaissais une ambiance d’autrefois dans un square malmené par le mistral, les paradis terrestres ont ceci de particulier qu’ils en deviennent funestes.

il y avait là deux mendiants solitaires qui ne quémandaient même pas une obole, quelques femmes âgées bien sur elles de passage. je m’ouvrais à chacun de leur sourire. 

je lisais mes poésies entre les allées et je goûtais aux fruits secs en buvant la bière belge prévue pour l’occasion. les mouettes perçaient l’azur avec leurs cueillettes.

les deux mendiants avaient de l’humour noir

l’esprit d’un bouddha ensablé

une matinée d’automne

le murmure des arbres à l’oreille sourde

qui rêve de vous

je saluais un père juif d’une pierre et je sautais haut en étoile dans une fontaine. j’appelle cette folle audace, le poète et ses incarnations !

je voyais le monde se métamorphosait sous mes yeux, le soleil blêmir entre les feuilles d’arbres. j’estimais la cendre qui recouvrait mon cœur.

je prenais le ferry des oubliés et en bazardant mon paquetage dans le remous des vagues, je me désengageais entièrement de tout le reste.

l’écho du Maghreb répondait à mes heures inachevées

je charriais les hommes et les dieux

une quête

je cours vers les rires

de la lune

je frôlais la mort à 27 ans, je divorçais à 23 ans, j’étais déjà dépressif à 15 ans, ces brides d’une vie avaient péri dans le gel de l’eau, je l’apprends de vous à l’instant.

il y a ceux qui vivent avec un seul amour toute leur vie, d’autres ne peuvent aimer qu’avec indifférence.

je ne sais pourquoi je vous relate cette histoire, ces choses arrivent dans de vieilles sagas policières.

je portais une histoire prophétique

je libérais toutes mes joies et les coups

un bout de vie

les vents reviennent

de loin

les actes trouvent leurs sens dans nos rêves… !

Séquences

je me souviens d’une fille, c’était peut-être déjà une femme, mais les relatifs ne sont pas très importants. je revenais d’un séjour au pays.

c’était en 2006.

elle s’appelait… ! ce dont je me souviens ce sont ses études en école d’infirmière. elle était bien trop jolie pour moi, bien à vrai dire sous tous rapports.

elle était assise au comptoir d’un bar anglais quelconque sur les hauteurs de la ville, un paradoxe que je croyais maîtrisé. c’est comme cela qu’on s’est parlé.

elle aimait le charme qu’opérait la musique

la couronne des anges ornait ses yeux

une baigneuse aux longs orteils

arrosé d’une pluie d’été

fou d’elle

j’ai avancé quelques verres et après une danse désinhibée, je me disais qu’elle était à moi. on s’était liée d’amitié et sans me faire prier je l’ai raccompagné.

alors qu’un autre soir on écoutait la radio, elle sortait du lit d’un bond, nue comme Ève sur le parquet et se dirigeait plusieurs fois vers sa bibliothèque.

la pièce était immense avec un haut plafond, j’ai remarqué ses longues… très longues jambes ! je pourrais refaire la calligraphie de son corps.

on aurait dit des ciseaux d’atelier.

j’ai vu de biais son duvet pubien à petits motifs bleu clair

quelque chose d’engageant et ronfleur

une nuit sur le fleuve

les mouettes rejouent les constellations

des enfants qui mentent

elle dénichait des livres comme dans une foire et elle avait quelque chose de furieux dans les yeux. je baissais les miens pour mieux admirer sa beauté.

je voulais une explication à son attitude, elle réitérait sa demande: tu lis, c’est tout ! je découvre comme une épitaphe le mot Salaud sur la couverture.

le reste du titre était caché avec ses doigts.

le second titre était Baise-moi d’une certaine Virginie Despentes, je me répétais ce nom le lendemain en partant. je ne lisais à cette période que les ordonnances.

je vois le film de Godard dix ans plus tard

les choses évidement sont compliqués

l’effet d’une claque

un rêve de Cassandre s’effondre

en mille odes

Que pensez-vous d’un suicide littéraire ?*

une fille saute d’un pont et les personnes présentent ont eu peur, nul n’a réagit pour la secourir.

un homme contre toute attente s’élance dans le vide et la délivre des griffes du terrible torrent. tout le monde a reconnu en lui le cheikh qui préside les assemblées.

il interpelle en regagnant la rive la foule ébahie

quel-diable-m’-a-poussé-qu’-est-ce-qui-s’-est-passé-si-je-rattrape-ce-farceur-je-jure-par-Dieu-tout-puissant-qu’-il-saura-de-quels-bois-je-me-chauffe

– prenez-moi pour femme. dit-elle à peine sortie de son hébétude.

les deux inséparables suivis du cortège lançant des hourras, tous ont conclu que l’innocence même avait parlé.

depuis cet événement circonstanciel et à chaque fois qu’une âme est sauvée dans la région, on dit de ce jour qu’il est gras.

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

( Ma muse me parle parfois… )

ma muse me parle parfois des petits riens

ma muse me parle parfois de la nourriture

ma muse me parle parfois du vrai

ma muse me parle parfois de l’invraisemblable

ma muse me parle parfois de la beauté       

ma muse me parle parfois de l’endroit     

ma muse me parle parfois de l’envers

ma muse me parle parfois du commerce       

ma muse me parle parfois de la justesse

ma muse me parle parfois de la musique

ma muse me parle parfois de l’improbable  

ma muse me parle parfois du désir

ma muse me parle parfois du manque

ma muse me parle parfois du délire   

ma muse me parle parfois de la raison      

ma muse me parle parfois du souffle 

ma muse me parle parfois des états de grâce

ma muse me parle parfois de l’anonymat

ma muse me parle parfois de la liberté

ma muse me parle parfois de la danse

ma muse me parle parfois de la sexualité    

ma muse me parle parfois du rêve

ma muse me parle parfois du mensonge

ma muse me parle parfois de la mort

ma muse me parle parfois du doute

ma muse me parle parfois du réel

ma muse me parle parfois de littérature

ma muse me parle parfois d’humour

ma muse me parle parfois de l’aventure

ma muse me parle parfois de la souffrance

ma muse me parle parfois d’elle       

ma muse me parle parfois de la Taouba ( plus souvent que l’on ne croit ! )  

ma muse me parle parfois d’amour ( moi, je ne crois pas trop à tout cela ! )

( Il était une fois Facebook… )

il était une fois facebook lorsque j’aimais la poésie qui fait de l’ombre  

il était une fois facebook lorsque j’aimais ma vie

il était une fois facebook lorsque j’aimais la vie des autres et rien de ce qu’ils pourraient faire ne me fera admettre que nous sommes différents

il était une fois facebook lorsque j’aimais les Antilles, même si je m’y suis jamais rendu

il était une fois facebook lorsque j’aimais les acrobates du cirque, est-ce que je suis déjà allé à un cirque ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais ta peau, tes cheveux violets, ton cul… etc. le sort était cruel pour nous deux et rien n’est aussi beau

il était une fois facebook lorsque j’aimais le ciel et les nuages, les trains et mes trottinettes… en fait, elles étaient à un ami !

il était une fois facebook lorsque j’aimais l’eau et le feu des remparts, je buvais beaucoup d’eau et je ne craignais pas l’enfer puisqu’il n’existe que chez les croyants

il était une fois facebook lorsque j’aimais le noir et le blanc, je fessais toujours semblant devant un objectif, semblant d’aller mieux 

il était une fois facebook lorsque j’aimais les gravas dans les jardins, ils finissaient prisonniers de mes chaussures affamés et les lacets se tordaient

il était une fois facebook lorsque j’aimais le rouge de l’aurore, c’était tellement inscrit en moi les aurores que j’ouvrais mes yeux comme une boite blanche

il était une fois facebook lorsque j’aimais les accords dans le désaccord qu’il ne restait au fond que moi qui bleuisait

il était une fois facebook lorsque j’aimais la nouvelle vague, elle traversait tous les siècles, les pays, les genres

il était une fois facebook lorsque j’aimais le temps consacré aux amours, et puis le silence coinçait comme le chien d’un revolver

il était une fois facebook lorsque j’aimais le jazz, j’avais un livre qui relatait toute son histoire, mais comment saisir quelque chose d’aussi libre ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais la mousse des vagues dans la peinture, comment franchir le palier d’une galerie, un atelier… etc. surtout pour un flâneur

il était une fois facebook lorsque j’aimais une grenadine glacé les après-midi d’été, l’été et le sucre ne m’inspiraient plus confiance

il était une fois facebook lorsque j’aimais le tabac brun, je devrais dire fan et il n’y a pas le choix

il était une fois facebook lorsque j’aimais les ombres chinoises, je fermais les yeux sur le parfum des fleurs et je me faisais mon propre théâtre

il était une fois facebook lorsque j’aimais les Biker même s’ils puaient la bière et la pisse en feuilletant leur livre   

il était une fois facebook lorsque j’aimais les âmes grises, elles étaient écorchées sans manœuvre, à vif ! combien sommes-nous ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais les mystères sacrés et qu’ils résistaient

il était une fois facebook lorsque j’aimais les miracles, les oracles, les divinations… etc. je me baignais dans un verre de lait et il n’y avait pas autour les mouches

il était une fois facebook lorsque j’aimais les filles non pas celles qui refusaient une offrande

il était une fois facebook lorsque j’aimais les plantes et les animaux, j’asphyxiais par contre les insectes et je dansais avec les précédant

il était une fois facebook lorsque j’aimais les tuniques et les sabres, autant dire le sexe et le sang, les histoires explicites dans les films ne m’intéressaient pas

il était une fois facebook lorsque j’aimais les fêtes galantes de Verlaine, je m’introduisais comme un homme qui n’aimait pas laver la vaisselle à l’eau chaude

il était une fois facebook lorsque j’aimais les contes pour enfant, ils raillaient mon entrer dans le bleu, ils continueront de rire puisque j’y serai à jamais

il était une fois facebook lorsque j’aimais la prière, je ne savais pas comment et pourquoi prier, jusqu’au jour où je comprenais que personne ne savait

il était une fois facebook lorsque j’aimais les mots doux et cléments, comme entre les mots Miséricorde Divine et Blasphémateur Ostentatoire

il était une fois facebook lorsque j’aimais les appareilles connectés et rien chez moi n’était synchronisé

il était une fois facebook lorsque j’aimais les choses singulières, les petits hics, les bizarreries d’une existence, tout ce qui fondait sous ma dent qui aimait mordre

il était une fois facebook lorsque j’aimais les battements de mon cœur qui ne m’angoissait jamais, est-ce que je sentirais le tien ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais les bicyclettes, je solutionnais plutôt avec la marche, comme je préférais ne jamais en parler

il était une fois facebook lorsque j’aimais lire et dormir bien après

il était une fois facebook lorsque j’aimais faire l’amour et écrire juste après

Couleurs

la liste de mes courses de ce matin, non exhaustif : deux pulls de chez Emmaüs, trois cendriers, un tirage loto, une baguette de pain, du thon à la tomate… etc.

j’emménage dans un meublé.

les rues bordelaises copulent aux dépends des passants, les boxeuses irréelles qui les traversent ne sont que de modernes minerves qui travaillent au corps.

je reste serein des yeux.

il y a les d’abord d’un enfant céleste et une fille, un visage surtout maintes fois calepinés d’où émane des voix sourdes à l’entendement. cela est écrit.

des feuilles que je brûle depuis.

je me démène avec l’impression du premier arrivé

je me désencombre de mon incurabilité

un matin d’offert

le vent qui s’engouffre est le prélude

d’une rencontre

une hiérarchie subliminale des filles: il y a les filles anges, très rares à rencontrer, discrètes qu’elles rasent les murs, aussi précieuses qu’un furtif !

elles ne s’inventent plus de tares.

il y a les filles sympas que je vous conseille d’éviter à n’importe quel prix, elles surfent sur l’ambiguïté ! parmi toutes les autres bien sûr, bêtes et gourmandes.

elles avoisinent les couleurs !

Ève est une exception qui m’a illuminée, je ne sais rien d’elle, et à la limite, je ne veux rien savoir. je la vois pourtant s’éloigner avec son secret sur les bras.

comme un projectile !

un amoureux fou est la multitude

le souffle de l’extravagant Ganymède

les jambes de cristal

elle est promise aux matins

qui se touchent

je vois encore sa nuque et ses cheveux, j’entends le bruit faible de ses pas, je vois son dos rétrécir… ! je sens le besoin de rétrécir aussi, net et propre, sans grain.

elle est d’une grâce incarnée.

je sauve ce qui me reste de l’attitude de l’un des derniers romantiques, en me retournant sans elle. je déchiffre à peine mes premières impressions qu’il faut déjà rentrer.

je porte mes provisions jusqu’à l’intimité d’un placard.

je voulais tamiser sa lumière et courir dedans, goûter à sa chair… ! mes yeux hors de leur orbite, comme il y a parfois du bleu dans une chambre sombre.

les trappes du cœur avoisinent l’isolement

comme tel me sont décrétées les choses

à l’aube du soir

je laisse fondre le pain

dans ma bouche

soixante dix-neuf euros en poche… je tiendrais jusqu’au 24 !

Le rêve de la commune

À Anne.

je contais à un ami mon rêve de la nuit passée, mais d’une tristesse, oh mon Dieu ! d’une tristesse… ! la sophia des jours nous apprenait au mieux à les écouter.

était-il un non-savoir ?

une désillusion s’abattait en ce jour de fête sur ma grande famille, comme la ciguë qu’il faudrait boire dès à présent. les pantins derrières une vitrine quémandaient !

une attention, une sélection, une élection… !

les voix rassemblées disaient que le pays allait bien et qu’il y avait beaucoup de richesses, l’or coulerait des naseaux. le monde aspirait à crésus dans des palais de jasmin.

les cartes se brouillaient.

je n’envisageais aucun effort de changement

les derniers remparts d’el horma

un cageot à la claire bougie

les jeunes du quartier rêvent dominos

avec leurs mains

j’avançais entre les colonnes en dormant comme un escargot avachi, une morve dégoulinait sur le bulletin bleu tenu nerveusement avec mes deux mains.

je répétais ce geste cent fois dans ma loge boisée en coulisses, – mais que pourrais-je faire ? sachant que je n’avais plus le droit aux questions depuis l’enfance.

l’indépendance nous bridait.

je n’aimais plus les jours clairs et ma préférence allait naturellement aux jeunes sœurs dans les bains, mes revendications en ceux-ci étaient simples, diamantaires.

il n’y avait personne pour répondre du sort commun

elles étaient plutôt rasoir

miaulement d’un chat

une mystérieuse collecte des ordures

dans la ville qui pue

nos chers gouverneurs les messieurs présidents des terres démocratiques levaient tous la main, sauf un. ils criaient: nous sommes tous à cheval sur le detritus !

comment verdirait mon cœur avec la roche ?

je vivais une douce terreur en poète ma propre différence,- no mentior ! me lançait la dernière voix qui chantait. un éclair qui provoquait une hésitation dans mon esprit.

et si je recommençais à perdre mon latin étoffé de quelques mots, je lui confiais que je reviendrai à la terre et plongerai mes racines frêles dans celle-ci.

ding dong – ding dong !

la lune était rouge

et si de ce monde bureaucratique et obtus

je répondais par un autre rêve

je reste sans activité spécifique

l’autarcie me fait bander longtemps

et si j’éprouve le besoin de comprendre

seul l’aride parmi toutes les vérités m’est nécessaire

lorsqu’on est consacré à la grande heure sans secours

rêve, rêve, rêve… aux lassitudes du mur de brique !

et si les souffrances renouvellent nos découvertes 

j’ai grandi sans le vin des vignes et je m’appartiens

j’essaie de déloger les individus d’une idéalisation erronée

lorsqu’on vous dit que toute tentative est un échec

et si en une victoire nos rêves se concrétisent

ce n’est pas gratuit que l’anarchique ordre régnera encore en maître

le rêve commun n’est plus sans le concours du savoir vivre et des idées

l’horripilant est dans le clos de nos coquilles vides

avancez vers l’arrière plus que jamais !

Une compagne

je ne veux être une modeste image d’un homme du soir.

celle qui m’accompagne ne porte aucun nom, c’est une fille imaginaire, une pure fiction. elle creuse dans mon cœur des sillons.

je la débusque à travers les aléas de l’exil.

elle a l’habitude de rassembler la fleur de sel et une huile de phosphore éblouissante. elle pratique aussi le meurtre à l’aide d’un unique poison, son cœur.

elle est du Sahel.

lorsqu’elle veut embrasser le désert de ses ailes, elle articule des mots purs qui le sellent magiquement et me resteront à jamais incompréhensibles.

je commençais par toucher un peu à mon mektoub au sahara, mes

yeux exprimaient déjà le feu, une folie sans vie, insondable

je prenais des choix qui bougeaient les lignes pour mes proches

cyclique cellule. je ne finissais pas de même par être influencé

je voyais une plume au-dessus de lettres, une main très vague

comme un éclair. écrire dès lors m’était nécessaire, un ancrage

une anomalie s’était révélée, une décharge s’était échappée

je lui livre mes pulsions réprouvés

je l’invoque

les saisons défilent

les rougeurs d’une passagère adorée

qui s’ingénie

nous avons consacré beaucoup de temps pour nos retrouvailles, comme certains le distinguent, nous on se comprend. elle aime les compotes de pommes.

on s’est construit avec nos plumes un lit pour l’hiver, puisqu’il était temps. elle était la vilaine fille des trottoirs mouillés qui accostent.

une couche où les vents se déchainent.

je n’avais auparavant jamais manifesté une disponibilité en amour, le poème était l’épouse délaissée. je fascinais plutôt comme un objet de convoitise.

le vaincu, les devantures… !

elle est l’étrangère de toutes les routes

elle est l’autre dévoyée

lune croissante

entre les quarts d’heure de silence

je m’en câlice !

cette madone est d’or que j’oublie les jours de parade de la fanfare, elle est au fait de mon insondable gouffre. je n’ai aucune posture qui tienne.

il y a de quoi ne pas être: futé… pas très ! ce sont ses mots, mais vivre des expériences non-verbales, voilà un charme ancestral ! une ligne d’inconduite soutenue.

je suis infiniment épris de cette entité des rivières et des cols, comme un arrimage total au sublime. les soirs ordinaires, nous lisons blottis l’un contre l’autre.

elle me rejoint chérir nos enfants, parfois

je prétends qu’elle m’aime

le show continue

premier rendez-vous manqué

entre les collines

je me figure cette folie qu’après-coup… de celles qui ne peuvent toujours pas les battre !

Du sel de cuisine sur une plaie

le rêve étrange de la nuit passée où tu mets apparu… tu versais de longs sanglots ! je pleurais aussi cette énième déchirure. je cédais à l’envers de mes enclos.

tu étais du granite dans les proches rues et la mousse poussait sur tes épaules, une déesse aux inquiétants secrets. il m’était impossible de t’approcher.

nous faut-il brûler les morts sur le bûcher des souvenirs, – nonobstant ? à l’inverse de nos cœurs flottants, tu ne reconnaissais aucune pesanteur, indifférente.

les petits riens dans un grand rien du tout

les chamboulements qui freignent

une liane de lancé

j’espère que la chute est réciproque

à l’avant de ce cri

je me demandais qui d’autre à part moi pour exécuter les sentences, mes guillotines sanglantes de tes larmes. tu cachais à ma vue tes tristes yeux.

pardonne-moi, plus forte je te rêvais.

je repense à tout ce temps passer à tes côtés et réellement sans toi, les non dits m’accrochaient aux noirs nuages. je renonçais depuis à toute tentative d’identité.

je retrouve mes vieilles obsessions dans celle du Vulcain, c’est-à-dire vivre un jour et mourir, doucement ! comme voltige un papillon au cœur de l’automne.

je n’ai jamais trouvé de lien entre une chenille et les étoiles, et nous

qui observons cela, un peu ahuris

j’aime te parler encore un peu de notre présence au monde

don de la vie…

il aurait fallu que tu me quittes pour accepter mon étrangeté

tu es l’autre continent, tu es le verre de lait

les paroles perdaient de leur naturel

les corps se pourfendaient

une petite ivresse

les murmures se poursuivent

en poussière d’étoiles

je me souviens d’une nuit comme celle d’hier, nous étions séparés et sous le même toit. il n’y a qu’un esprit torturé pour admettre pareille situation.

le glissement des sentiments.

je veux rendre à travers ces lignes justice à ta décision, rien cependant de mémorable. elle m’a fait tomber dans la folle aventure poétique.

puisque je suis ton éternel obligé.

j’essaie encore de tisser des liens quoique fragiles, comme ce billet qui ne te parviendra peut-être jamais. c’est une autre torture tout aussi raffinée.

je le déroule sous mes yeux.

je me pagne l’âme d’un moins-que-rien

je me déguise

jusqu’à la pointe du jour

l’amiral mire sur le Bosphore

les yeux troubles

ce n’était qu’un rêve parmi d’autres nuits insoutenables… mais comment retrouver la paix du sommeil avec de si mauvais présages ?

Zut !

À Hamid.

je poursuis comme un homme déjà bien entamé et sous lequel tout tremble et faibli. on m’appelle l’ancien dans le quartier, mes familiers sont un vestige.

je me dis que les anciens eux aussi seront perdus !

la mort est une rature et mes pas mesurés ne sont que les pas d’un pantin. j’espère toutefois le parfum d’ombre de la feuillée et les moulures au ciel.

je joue des airs d’exiler avec ma flûte du maquis, des grivoiseries de berger… etc. la voix que l’on perd surplombe comme cendre, un talisman !  

leurs vœux ne seront pas exaucés !

le revers des vents forts

comme dans les temps futurs

appel à la prière

il remonte sa djellaba des deux mains

fous rires bénis de Dieu

j’effaçais le livret d’or des jeunes de l’Union qui nichait dans une main, n’étaient-ils pas à terre ? je les revois au pré d’une rivière où coule le miel, peut-être.

je combattais les écailles sans mes jambes, une dague dans l’autre main. c’était l’arène où se jouer l’honneur d’un homme, la conquête d’autres sphères !

l’ivresse était portant le quotidien.

j’avais la patience d’un désert, d’une salamandre… etc. j’étais le sommelier exclusif d’une infinité d’histoires, mais loin de l’idée de finir en gardien des ruines.

ils sont aussi furieux qu’un satellite orienté

les goélands qui ratissent

chômer sous le ciel

derrière les lambeaux d’or

d’éclatants parfums

je prie pour le renouveau des choses et je lève la main aux cieux clairs pour un peu de nourriture sur le feu, un peu d’eau, ruisseau, oh ! une eau que je bois à même le sol.

je tombe malade lors de chaque réveil, à peine sorti du sommeil de

l’enfance. les grimaces, les fractures, etc. oh, quel malaise !

les excentricités de mon adolescence ne sont qu’une réserve, une nuit

sur le jour. un adolescent au visage triste et qui sourit, honnête

je transpose mon cœur sur la réalité et rien ne va, extérieur à la vie. je

rêve d’une pleine descente, m’endormir avec mon foyer de la folie

la vie m’aurait fait grandir, la mort m’aurait fait guérir

les montagnes au soir jusqu’aux chants du coq, les maisons qui ronflent les lumières, le belvédère des chênes… etc. ce sont les refuges qui nous édifient et préservent.

une foudre s’abat et creuse les hauts plateaux, mais qui peut savoir réellement ces choses-là ? les orages sont méchants par ici, je rentre puisque je l’ai vu.

ainsi meurt la récolte des cœurs

est-ce qu’il fallait vaincre pour se repaître ?

l’inclinaison du jour

un balisage des dragons Kabyles

avec des chaises

entre le ciel et la terre, de l’est à l’ouest… un nouveau système est à prévoir, l’invariable fixette ! les clochards sont les attractions modernes.