Couleurs

la liste de mes courses de ce matin, non exhaustif : deux pulls de chez Emmaüs, trois cendriers, un tirage loto, une baguette de pain, du thon à la tomate… etc.

j’emménage dans un meublé.

les rues bordelaises copulent aux dépends des passants, les boxeuses irréelles qui les traversent ne sont que de modernes minerves qui travaillent au corps.

je reste serein des yeux.

il y a les d’abord d’un enfant céleste et une fille, un visage surtout maintes fois calepinés d’où émane des voix sourdes à l’entendement. cela est écrit.

des feuilles que je brûle depuis.

je me démène avec l’impression du premier arrivé

je me désencombre de mon incurabilité

un matin d’offert

le vent qui s’engouffre est le prélude

d’une rencontre

une hiérarchie subliminale des filles: il y a les filles anges, très rares à rencontrer, discrètes qu’elles rasent les murs, aussi précieuses qu’un furtif !

elles ne s’inventent plus de tares.

il y a les filles sympas que je vous conseille d’éviter à n’importe quel prix, elles surfent sur l’ambiguïté ! parmi toutes les autres bien sûr, bêtes et gourmandes.

elles avoisinent les couleurs !

Ève est une exception qui m’a illuminée, je ne sais rien d’elle, et à la limite, je ne veux rien savoir. je la vois pourtant s’éloigner avec son secret sur les bras.

comme un projectile !

un amoureux fou est la multitude

le souffle de l’extravagant Ganymède

les jambes de cristal

elle est promise aux matins

qui se touchent

je vois encore sa nuque et ses cheveux, j’entends le bruit faible de ses pas, je vois son dos rétrécir… ! je sens le besoin de rétrécir aussi, net et propre, sans grain.

elle est d’une grâce incarnée.

je sauve ce qui me reste de l’attitude de l’un des derniers romantiques, en me retournant sans elle. je déchiffre à peine mes premières impressions qu’il faut déjà rentrer.

je porte mes provisions jusqu’à l’intimité d’un placard.

je voulais tamiser sa lumière et courir dedans, goûter à sa chair… ! mes yeux hors de leur orbite, comme il y a parfois du bleu dans une chambre sombre.

les trappes du cœur avoisinent l’isolement

ainsi soit-il

à l’aube du soir

je laisse fondre le pain

dans ma bouche

soixante dix-neuf euros en poche… je tiendrais jusqu’au 24 !

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