Matières

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j’ai suivi des filles bien en chair et entre mes mains, j’avais une fleur des bois pour chacune. je finirai sans doute par tout oublier

je ne trouvais grâce aux yeux de personne. on me répondait souvent que ce n’était ni le bon moment et ni les bonnes coutumes        

ou parfois : as-tu lu le livre de Saint-Exupéry ? – non, enfin je crois! alors tu ne peux être notre ami. je m’empresse de livrer aux ragots une justification

de la surenchère sur la couronne du Christ

c’était de la surenchère

Terre étrangère

Je gagne la compagnie

D’une langue

c’était évident qu’ils ne voulaient me rallier à leurs causes qu’après l’éternité. j’étais une bille dans un tourbillon, bien sûr que j’avais le sang mauvais

je ne regrettais qu’une seule parmi la bravade des loups, la meute affamée sans flair. celle qui m’arqua mon front de ses lèvres abondantes

une fille verte aux bras nus, qu’elle offrait d’ailleurs à tout-va, comme une belle affaire de putain !

ils ignoraient qu’un chaman guérit les clans

ils m’ignoraient

Les amis fatigués

Je suis les pointillés

De l’inouïe

et puis il y a eu vous, ô fragile membrane de l’automne l’existence ! c’est à cette période que vous avez fait votre apparition et l’invitation pour vous rejoindre à Ouarzazate…

la tête pleine de sombres bavardages et les poches sous sacrilège, j’ai saisi cette opportunité, des possibilités inouïes s’offraient à la première venue 

je n’envisageais pas de retour possible. j’avais comme unique bagage : mon manteau de paysage et une petite valise noire de lycéen, une succession après une séparation

le départ promettait de tendres atterrissages

un départ nous séparer

Terre conquise

Je pars au dernier virage

De vous

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dans le train bleu corail, j’ai pleuré tout le long du voyage. je me suis souvenu des dieux qui ont bercé l’enfance de mon cœur, en mieux

j’étais assis à côté d’un roi nègre, il lisait des versets coraniques. je tendais l’oreille à sa psalmodie avec quelque chose comme une douceur âcre dans la bouche

– ne tombez pas dans l’anathème ! vous me le répétiez souvent, c’est vrai ! j’en mesure pleinement les conséquences

l’homme déployait ses ailes trompées

l’homme déniait me voir

en-sortant-de-la-lourdeur-du-train-à-la-gare-de-Marseille-la-Tentaculaire-j’-ai-marché-au-feu-vert-des-pilotis-la-tête-à-l’-envers-sachant-que-c’-était-écrit-et-je-m’-arrêterai-au-rouge-de-vos-seins-je-m’-interdisais-de-flancher-tout-le-temps-comme-un-peu-chaque-jour !

je courais les rues à la recherche d’un trèfle à quatre-feuilles et chacune d’entre elles recelait un mystère avec des indices

pour peu que son nom était d’un général des armées, il me fallait traverser vite avec une démarche raide

s’il était poète ou philosophe obscur et inquiétant, je bloquais mon souffle court pour une apnée prolongée. je traversais néanmoins en les saluant  

convaincu de ma diatribe d’un mémoriel au passé fixe

je cherchais ton nom

Parcours sensoriel

Les plumes de l’indien guident mes pas

De faucon

à l’heure de l’aubade mal chantée refermée, j’allais toujours au gré de mes intuitions. je sentais en moi le froid fantomatique de la ville

je lisais sur les façades d’immeuble le sors qu’Il pouvait réserver aux hébergés, je vivais d’une colère sourde

je suivais les ombres des tombeaux et quelques fleurs : dès que fille du matin, paru l’aurore aux doigts de rose… ! je revoyais la magie méditerranéenne d’Homère

je fessais des connexions insoupçonnées

je me découvrais

L’ineffable retrouvé

Je brouillonne sur des feuilles

noires

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dans un square malmené par le mistral, j’ai reconnu une ambiance d’autrefois. les paradis terrestres ont ceci de particulier qu’ils en deviennent funestes

il y avait là deux mendiants solitaires qui ne quémandaient même pas une obole et quelques vieilles femmes âgées bien mises de passage

les mouettes perçaient l’azur avec leurs cueillettes. j’ai lu quelques poésies entre les allées et j’ai goûté aux fruits secs en buvant la bière Belge prévue pour l’occasion

les mendiants avaient de l’humour noir

l’esprit d’un bouddha ensablé

Matinée d’automne

Le murmure des arbres

À l’oreille sourde

il y a ceux qui vivent avec un seul amour toute leur vie, d’autres ne peuvent aimer différemment. j’ai charrié les hommes et les dieux

cela m’a amené à saluer un père juif d’une pierre et à sauter haut en étoile dans une fontaine. j’appelle cette audace : la bataille de la renaissance !

le monde s’est métamorphosé à mes yeux, j’ai vu le soleil blêmir et reculer d’un pas. j’estimais la cendre qui couvrait mon cœur

l’écho du Maghreb répondait à mes heures inachevées

En quête

Je cours vers les rires

De la lune

j’ai frôlé la mort à 27 ans, j’ai divorcé à 23 ans, j’étais déjà dépressif à 15 ans, ces brides d’une vie avaient péri dans le gel de l’eau, je l’apprends de vous à l’instant

j’ai finalement pris le ferry et en bazardant mon paquetage dans le remous des vagues, je me suis entièrement désengagé de tout le reste

je ne sais pourquoi je vous relate cette histoire, ces choses arrivent dans de vieilles sagas policières

je suis porteur de l’histoire prophétique

même si j’encaisse tous les coups

Un bout de vie

Les vents reviennent

De loin

les actes trouvent leurs sens dans nos rêves… !

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