Initiation à l’écriture

À Amel.

: 1

tomber dans l’immensité de la nuit

comme un diamant poli qui soudain nous tomberait des mains

la nuit pour toute éternité est une roche

le temps de l’écriture est précieux

tenir en haute estime son aura

comme un soleil

le soleil d’un univers entier

le temps pour les causes perdues, un chevalier !

ou se perdre dans les forêts où on ne peut jamais rien voir

à nul autre pareil chance

un truc qui nous fait dire et rien d’autre

nuit de mai

la sacrée dépendance musicale

histoire à deux

: 2

la vie est courte comme nous en avons conscience

elle peut être aussi belle et courte

une continuité d’accident et au besoin

un renoncement, devant l’Unique et Clément

le rendez-vous est pris à la croisée des chemins

il se passe quelque chose lorsqu’on s’y attend le moins

il nous apparaît qu’une infime partie de ce qu’elle est réellement

c’est à croire presque rien

s’affranchir aussi des questions sur l’attachement

l’appartenance qui s’annule

le sens de la meute qui préoccupe

une de ballotter

l’hôtel de la plénitude

et magie noire

: 3

la pression de la morale va bon train

il y a sûrement des solutions plus haut dans les profondeurs du ciel

peut-être aussi dans les livres saints

nous avons à la place cet air ambiant et allergène que l’on hume

une cloche de la respiration calmement

la vie s’échappe et ce n’est qu’une différence de point de vue

lever le voile d’une réalité qui nous refuse

est-ce que nos attentes coïncident avec nos aspirations ?

se prendre comme Sulaiman Le Magnifique

rien n’est vil. oh, que Dieu me pardonne !

s’absorber et tout coïncide

un ciel idyllique

le mauve de mes yeux

vibre en dedans

: 4

avoir du chien ancien

du style pour se risquer aux altitudes des nombres zéros

se voir à l’ombre des baleines touchées par la grâce

les âges avec des divinités passagères

où chaque mot avait sa toile de symbole et de complexité

le recueillement était bénéfique

le vent nous soulevait et cela faisait peur aux heures des pures rêveries

bien après que les faucons emportaient nos manies

vers l’Afrique aux pupilles de joailliers

goûter les cultures d’en bas

encore un matin d’azur qui se clôture

l’haleine en farandole

un bâtard sur la piste

de la stéréo

: 5

arriver à dire les choses de trois différentes manières

par la suite aller le plus loin possible dans les raisonnements

en restant devant les mystères perplexe

un non-être disjoncté comme un mineur celtique plein de doutes

de lèvres tendres pour son elfette

dernier encrage et qu’elle aventure !

se figurer chaque instant volé à ses côtés comme une révélation

ce qui devrait être pour le reste des vieux jours

tout ce dont un homme à besoin

le temps qui se meurt et nous

la déconvenue

de nulle part

sa peau souple entre mes mains

de cendre

: 6

pousser sa petite barque au large avec des voiles neuves

des voiles de connaissance et liberté

les cales sont faites pour les navires endommagés

retomber bien sur dans l’eau froide et glacial

la plupart du temps n’ayant qu’un ramassis de vomi dans la bouche

de l’alphabets indigeste

un autodidacte de la vie, le point extrême de son époque

un poète qui ne sait pas écrire sans l’aide d’un correcteur informatique

apprécier ces choses sous un nouvel habit

de l’art aussi de vivre seul

comme l’ami des grandes solitudes

toucher visuel

un besoin du ciel

une raréfaction

: 7

désapprendre l’amour

d’une aube la touche nouvelle

les expériences seront d’un moindre regret

en s’attelant pour y remédier

comme parfaire ses noires études et être à soi

de dire lorsque nous aimons

personne ne meurt vraiment

cela est tout bête au final

préférer la philosophie de nos chers stoïciens

et prendre tout dans la déglutition

on ne se refait pas

l’âme enrubannée

je finis le thé accoudé

sur mes béquilles

: 8

rêver ce soir aux paroles sans âge plus que d’habitude

à l’enfant terreux aussi, un peu !

s’identifier à presque tout et bien sûr à rien qui fige

les moments qui prévalent sont le Souvenir

en ignorant si les événements se rattachent à une réalité vécue

ou le fruit de l’imagination

s’aventurer dans la prescience sur l’avenir

comme un simple jeu de divination, une lecture

se dire que l’avenir bride l’homme

les rêves forment la jeunesse autant que les voyages

donc plus d’avenir possible sans rêveur

kermesse de l’été

le jus coule sur le menton

des drôleries

: 9

presser son fruit gorgé qu’avec plus d’empressement

l’enfance se veut païenne

s’arrêter de cultiver les fleurs

comme de retourner ses pensées

choir ses forces contre les pertes de mémoire

une prémunition des insolations et de la fièvre

choisir de la vie ce qu’elle a de meilleur à offrir

les petits moments heureux et ce n’est que justice

le mieux à cet instant entrevu

entre autres bien le bonsoir et au revoir

le temps d’un regard

bonheur monstre

le vent éteint les braises au loin

de mes vœux

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