Méditer, une cigarette…!

les épines du rosier te piquent, tranchantes qu’elles deviennent dégueulasse. tu fumes entre temps, attentif à la durée de ta cigarette

ce moment peut te sembler une éternité lorsque le doute te submerge. tu survis à des crevasses. elle crée des ponts entiers suspendus, en suspens

un jardin où les rêves lointains te fument, rabâchés! comme un rythme de croisière aux grès des saisons. elle a aussi son rythme, une sorte de vertige

le sang coule

tu penses que la nature n’est pour rien

une baisse de la vue

s’en vont naître les papillons

entre les cloisons

longue est la durée de ta cigarette, tu fais semblant de fumer par crainte d’être surpris. tu poses et reposes la nuit sur tes attentes, les épaules légères

les instantanés qui délivrent du réel, la salive mouille le filtre. elle s’offre sans retenue, tu la désir. tu la tètes comme le bouton d’un sein recouvert par un tee-shirt   

il n’est pas nécessaire de parler lorsqu’on la fume, c’est comme inscrire son nom sur les nuages, ô feignante saison! les roses ont le parfum des taxis algérois   

les tentatives d’échapper aux rails

d’oublier!

une cigarette se consume entre mes doigts
je reste transi, une cigarette se fume

elle s’appelle Rym
elle est longue et fine, tout ce qui porte un nom fascine

elle rime souvent avec spleen
une vieille pratique qui vient des indes

je m’en brûle une
j’ai besoin de nicotine

la braise rouge est une musique plus ancienne
elle a son style

les non-initiés te prodigue des paroles vaines
les non-initiés te voit d’un œil en friche

peut-être des rivales… oh, la cigarette que l’on fume !
je succombe sous tes lignes blondes

de jour comme de nuit
je me lève pour des bouffées de tabac blanc

tu dis stop avec vergogne aux larmes
je doute avec toi moyennement de la rationalité du monde

en bouse de vache, industrielle ou encore à rouler
je n’ai jamais autant marcher sur tes pas

par douzaine ou par paquet bien rangé
c’est toujours un plaisir et sans regret que je te fume

la durée peut mener loin, comme un interminable exil. tu aspires certainement à une reconversion, tu finiras peut-être châtrer dans un presbytère. tu rêves encore… !

il n’y a pas toujours de la sainte lumière au bout et ce n’est que partie remise. elle s’éteint, se consume et autonome! tu portes tous les signes d’un rénovateur

lorsque tout s’en dort et que tu t’époumones de ta dernière cigarette, tu te racontes une petite histoire pour t’envoler, comme happer par les hauteurs

elle te fait gagner en espace

te réconforte

au coin du ciel

je suis puni à l’éternité

de son feu

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