Les vedettes ramadanesques

À Gaïa. ( une inconnue de Badoo. )

1/3

j’admire la capacité de Mehdi à se tenir debout en blouse toute la journée et la moitié de la nuit, il me donne l’impression que je n’ai jamais travaillé.

je regarde les gens qui s’installent sur les dossiers en cuir et s’en retournent tondu, ils mêlent quelques hadiths prophétiques et des qaça’ide de Amar Ezzahi.

je reste raide sous la fine lame et les ciseaux, un quiproquo peut vite tourner au drame ! on entend parfois des différents résolus par voie nuptial.

comme un franc-tireur

sur la ligne de mire du destin

– LA PIERRE BRÛLE… ! LA PIERRE BRÛLE… ! LA PIERRE BRÛLE… !

a 1 : il faut que je baise, ramadan approche !

h 2 : il y a d’autres priorités

a 1 : ça devient critique

h 2 : c’est grotesque, trouve toi une passion

je crois qu’entre temps la télévision diffuse un match italien, ou peut-être que je confonds avec la retransmission du speaker. le démo à tous les coups est piraté !

il y a des cheveux noirs et gris sur le sol, l’imam prolonge la prière du soir… etc. toute une symphonie dans un salon qui brasse des myriades de rires !

je me disloque entre les singularités de la foule, rien ne m’y empêche ! j’endure cependant ce privilège, la convergence des cœurs est aussi rare qu’une plais sèche.

les jeunes sont à la mode du Maghreb

les autres sont scotchés au sol

mes-cheveux-éparses-tombent-l’-ivresse-livresques-dans-un-songe-rattrapé-ce-sont-les-signes-avant-coureurs-d’-un-suffoqué-et-puis-ultime-dérision-sans-façons

la rue du coiffeur est à sens unique, très peu fréquentée durant la nuit. je l’appelle depuis mon enfance la mal éclairée qui est de son nom commun la route des arbres.

eux sont élagués ! 

elle est bordée d’une crèche, de la poste et d’immeubles récents en dessous desquels se trouve des magasins. il n’y a eu que d’anecdotiques aménagements.

je crois qu’il faudrait tout raser et marcher droit vers l’orient, la familiarité avec les lieux ne me réussit pas. je vois de la poésie là où règne le soudoiement et l’anarchie.

j’attends une vague qui inondera le bois

les furies feront de nos chairs des razzias

sous le coton des temps

les rideaux métalliques tombent

( – est-ce que c’est l’une de ses nuits sans fond ? )

les flirts innocents s’enrhument

une cocotte en papier peint dans des amas d’agrumes

– est-ce qu’elle m’aime ?

tout dans le noir

j’appelle au Sauveur des hommes !

c’était le crépuscule

pour l’heure, j’arrose les plantes de mon urine

2/3

j’erre parmi les peupliers endormis et ma ville natale se dédouble, une écorchure ! j’ai en mémoire de vieilles querelles de clocher, comme mon iniquité.

je côtoie des hommes absorbés par leurs pensées, magnanimes où pourtant ne luit aucune lumière. ils ont tendance à la sérénité après la coupure du jeûne.

je n’ai pas la même disposition d’esprit, la longue agonie fait partie de mon lot. il se peut que je triture mes boyaux sans que rien n’apparaît, hormis la contagion.

ils ont l’air aussi de se repaître de tout 

je me prends une tasse de thé

– L’EAU S’ÉGOUTTE… ! L’EAU S’ÉGOUTTE… ! L’EAU S’ÉGOUTTE… !

a 2 : je voulais juste boire un coup après le jeûne

h 2 : te voilà, un an de perdu !

a 2 : euh… oui !

h 2 : pas juste pour toi, j’ai perdu des années parmi vous

je vois les voitures garées en pleine descente, elles m’inspirent un plaidoyer. je fredonne Rider In The Storm, il m’est évident que l’on ne peut qu’en pleurant.

à chacun ses lâchetés !

je me tapais deux semaines de patte pour m’offrir des bottes, à l’inverse par ici, beaucoup de frottement de claquettes ! ils se vautrent en piétinant sur les empreints.

je me méprends sur les considérations qu’ils se font, peut-être ! comme il nous est inconcevable de se reconnaître la même barbe, les mêmes organes.

on considère un homme selon son parterre

les rues en sont vilipendées

les-rêves-de-ma-ville-sont-frénétiquement-correctes-seul-la-flamme-d’-une-bougie-sait-qu’-elle-est-grande-de-ses-noyés

je traverse devant des personnes d’un certain âge qui sont assis et parlent à voix basse. ils me regardent et puis silencieux à mon passage, pour finir reconnaissant.

la ville a ses inclinaisons secrètes, elle est identique à la nuit et bien davantage. je suis obsolète de tous les trottoirs et les arbres qui dénombrent mes sottises.

l’humain en ces heures bénies ne se lorgne pas, il a un prix comme partout, sauf qu’ici, ils sont beaucoup à attendre le soleil. le restreint à l’irrécupérabilité.

je l’observe comme on y dort

ivre des interdits

écorchure de l’âme

une glissade dans du savon d’été

qu’est-ce qui permet ? – la noyade

j’ai dû en chier

sous le coup des fatalités !

désordre camouflé

un bus orange grince

je suis désorienté en face de la putain de la cité

t’accueillir dans les soirs

t’accueillir entre les interstices de la réalité

3/3

je parle de ma chute et le royaume qui se heurtent à la lumière de ma démence. je parle de ce qui doit être dit quitte à se déplumer pour l’amour d’une femme.

une langue étrange et graduelle me gratte, comme la froideur des caveaux ! il y a effectivement beaucoup de choses qui écœurent,- qui se permet le salut parmi les hommes ?

j’incarne le drôle de martyre d’un automne qui agonise, une boursouflure. je n’ai plus le cœur à rien, à l’ambiante hypocrisie lorsque je m’y réfère.

je ne demande qu’un renseignement

ils se tordent au lieu de fournir une direction

– LA CLARTÉ SIDÈRE… ! LA CLARTÉ SIDÈRE… ! LA CLARTÉ SIDÈRE… !

a 3 : rien ne m’émeut autant

h 2 : de rien

a 3 : tu ne veux pas des lauriers, hein ?

h 2 : viens là !

je ne suis qu’un homme ouvert à la nuit sans pitié, un homme qui a perdu l’esprit. je crois sans faillir à la pluie, les nuits qui couvent nos rêves une montre sous la main.

le génie de ramadan porté à son plus au degré peut s’avérer extraordinaire, comme dans l’art ! les mots auréolés sont l’expression de ses hors limites.

je remercie le ciel dévoué de la féline incohérence, de nos incollables doutes, de mes passagères tristesses ! l’homme qui attend s’aura goûté les présents.

je tais parfois l’écoute de mon cœur

le silence est la meilleur des gloires

la lumière céleste

irradie la folie des hommes

en douce longueur

j’envisage les charmes ancestraux et caducs. les factions n’étaient que des ours polaires élevés au grain de blé du sud. l’inouïe des généalogies me leurrent.

j’étouffe en moi un silence qui fait rager et quelque part des chiens aboient. j’imagine qu’ils referont les crapauds, les voix de nulle part sur un banc. 

les bancs publics définissent ton rang social, parlent de tes états

d’âme, etc. les clodos même ne s’y assoient plus

mes fesses ont tellement écrasé leur siège que cela

me rend inquiétant, plus que la course à l’hécatombe

je ne sais d’où me vient le besoin de les fréquenter, de laisser couler

absent de moi-même à l’écoute du vent et les arbres

un banc, une fenêtre

je fume comme un puits raclé en me promettant une visite à l’un d’entre eux, persistance. je tire de nouvelles cartes avec mon cœur qui désigne un secret.

je me fais à l’image que souhaitent les Prophètes

je suis le pauvre de Miséricorde

le doute gâche toutes ces années

je rêve d’un dehors nouveau

les persiennes d’ailleurs sont d’un beige émietté

là, je suis tombé ! là, je retombe encore

l’appel de mes semblables a quelque chose à m’apprendre

par eux, je m’évapore

l’esprit s’absorbe en deçà des voilures

je me laisse tenter par la paix de Dieu

Partir comme on épelerait le nom des saints

À Nader.

1/3

je ressens les années d’errance et de fuite, les départs par centaine et les sentiments de l’espoir avachi qui les accompagne.

je ressens des vents contraires qui préludent à ce qui va me suivre

mes yeux d’Ulysse se posent sur ces jours passés et profondément regrettent.

les désirs ultra-plombés, les dents qui claquent… etc. comme ronfler la mesure de ses doigts de corail rose

je me souviens des trains de nuit qui me portaient, le vent pourtant siffle dans mes oreilles. je n’ai cessé de partir

les vols d’oiseaux dans les champs parcourus à toute vitesse, les paysages qui lavent encore le seau du souvenir et aèrent mes paumons

je suis l’exilé des vieilles fortunes

une mémoire lourde à porter pour mes frêles épaules  

je ne sais pas écrire

je voyage, je parle, j’écris… !

on dit de moi que je suis maudit

qu’aux ténèbres je suis voué

je crois que chacun à une chance

à un peu de lumière

2/3

je m’attelais à l’étude des astres et des corps ravagés très tôt dans mes saisons qui creusent comme une pelleteuse,- les lois du seigneur requièrent du silence !

le genre d’indicible qui vient d’en haut !

je jetais la clé sous la porte pour rendre l’écho de mon âme friandise, la noirceur des baisers de la veille promettaient une disparition.

je froissais mes sandales pour revenir parmi les étoiles, comme les mots confus qui éclosent dans ma tête

je ne suis que la moitié d’un amour brisé, et si un jour je tombe dans la moire de l’humide clarté, sachez que jusqu’au bout je vous ai aimé.

l’esthétique d’une poignée de feuilles font un ensemble harmonieux

longtemps et reclus dans les murmures d’un mal logé

comme le jour qui coule, j’ai soufflé le chaud et le froid

comme un courant d’air ! comme un courant marin !

la terre était le ciel et le ciel était de terre

les points cardinaux m’étaient indéchiffrables

le sang de ma poitrine nourrissait mille fleurs

je n’avais rien au-dessus ma tête

il est temps pour moi de demeurer pour mes proches

j’ai renouvelé mes engagements envers la vie

je n’ai rien contre mon cœur, tout est vain et d’ailleurs

j’ai rencontré Dieu dans un pot de danette

je doute à présent de moi en parcourant le monde, mon âme vibrante de ses trésors inexplorés et couverts, même de la petite et innocente rosée.

j’aime les choses non-apparentes et qui ne disent pas leur nom

j’ai grand froid

je poursuis cet instant d’éternité d’une grâce renouvelée, les nuits sans pareille glissent irrémédiablement et bientôt incommensurables.

je me rend compte qu’Ulysse avait un équipage et des compagnons de voyage

je me lève lentement de mon siège pour prendre un recueil hors du temps qui plante une graine, une complainte maladive.

je me laisse être au firmament, sans germe et sans aucun remord dans le cœur

puisque la vie est une escale

je fraude tous les trains

l’homme cherche à se résoudre

de tout temps…

comme allonger sur la lune

tiède et au calme

il sonde son âme sur tous les niveaux

j’ai répondu à des leurres

et je souffre de la contrition et des hommes

Les Hautes-Pyrénées, Été 2021.

Trois petits jeux du Je

À Narimane.

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ils m’ont affublé de différentes expressions tout le long de ma légère existence, semblables à des étiquètes ! je fais l’impasse sur les insultes gratuites ou justifiées.

le prénom que je tiens de mon aïeul et me suit depuis ma conception, un oracle n’aurait pas eu meilleur jeu ! je reste touché par cette initiative pleine de bonhomie.

j’ai pris conscience de ce baptême lors de mon entrée en crèche, comme pressentir une fin. je crois me souvenir qu’il y avait une fille à chacun de mes bras !

je ne recherche nulle vanité

la dérision m’a poinçonné

hélas, je ne reconnais que le beau

je ne me l’explique pas

très peu savent

ils rêvent

vivre sans vous

et mourir

mourir de vous entendre

et vivre

( ce n’est pas aussi idiot que ça en a l’air ! )

qu’est ce qui subsiste

les mots

l’espace

les mots et l’espace

il n’y a pas de secret

je dois beaucoup à ma couleur de peau et l’intuition

ils m’ont accolé au collège le surnom de pécheur, rien n’est jamais tout à fait vrai ! je le dois sans doute à mon tempérament de mécréant plus qu’à mon chapeau.

je peux ajouté à cette période d’autres termes plus sophistiqués et terrifiants: ex-petit-ami, célibataire, ennemi, endeuillé… etc. une période bien compliquée.

ils concevaient avec ces appellations les ersatz d’une fratrie, ou le pire imaginable, une appropriation ! il n’en demeurait pas moins leur promiscuité.

je ne fais jamais pareil

sauf lorsque je refuse de voir

a 1 : j’ai rêvé d’une bataille de fourmis, des géantes !

f : bonjour, et qu’elle panache… !

a 1 : le monde en définitif est plus beau sous l’orage

f : tu as du goût, mais si tu devais refaire quelque chose ?

a 1 : comme celle qu’on attend et qui ne revient jamais !

f : les sentiments défunts ont la vie dure

a 1 : euh … !

f : pourquoi tu portes une chemise froissée ?

a 1 : des pin’s, aussi… !

f : j’ai froid comme une feuille d’automne, pas toi ?

ils ont même appelé mon volume de chaire tonton et ceci pour toutes les générations à venir ! je ne sais ce que tout cela implique, l’après me laisse songeur.

je ne suis qu’un être insignifiant qui fuit devant les sobriquets et sollicitations, à mille lieux d’en recevoir d’exemplaires. je suis celui qui s’y tient sans me reconnaître.

je parcours le champ de mon histoire antérieur en me préparant à la mort dans ma retraite, sans aucun nominatif, comme un scarabée livré au bec d’une huppe !

je suis à mi-parcours de mon nom

il m’importe peu par quelle entame finit sa surface

je-vais-finir-seul-moi-sans-souvenirs-ni-pellicules-à regarder-j’-aime-les-seize-millimètres-poussiéreux-jaunis-et-tout-par-la-décharge-englouti-et-sans-enfants-qui-m’-aiment-tendrement-et-c’-est-le-moins-terrible

2/3

je n’ai plus la capacité de guérir et de me régénérer aussi vite qu’auparavant, mes blessures prennent un temps considérable pour cicatriser et colmater.

je crois que l’homme s’use comme une machine à écrire ou un réfrigérateur, les expériences usent par érosion, les souffrances… oh Dieu, elles purifient !

comme une âme égarée

pour une seule nuit

j’achève… !

je perds, oui, je perds la raison 

dans le noir du chaton

il pleut

la rive de Tigzirt

si t’es sociable, ma belle !

il y a ceux qui préfèrent la compagnie des escargots

il pleut, il pleut… !

la rive de Tigzirt

il n’y a qu’un orphelin pour guider l’aveugle

je me délecte de la pluie qui tombe en trombe

chanson d’automne

j’entonne

il me fallait six heures de sommeil et sans ressentir les coups de moue durant la journée, mon cœur tournait au dépôt d’alcool. je menais furieux mes volontés.

je ne bâillais que rarement hormis la sensation des paupières lourdes, mes mouvements étaient secs et brusques, approximatifs ! c’était la découverte de soi ou l’ennui.

je pouvais marcher des nuits entières sans me soucier de la distance ou enchaîner les épisodes au lit et ne pas fléchir ! elles en avaient au fond que pour mon foutre !

les émotions était décuplés à l’excès

je remarque qu’il me faut plus

h 1 : je te prends comment ?

i 26 : tout dépend de quel côté du lit

h 1 : ni l’un ni l’autre… es-tu prête ?

i 26 : toi sur moi ou je t’enfile… ?

h 1 : ne pose pas autant de question !

i 26 : et si on essaie autre chose ?

il m’arrive de même avec la récupération qui semble concerner mon horloge interne, même si j’ai perdu la notion du jour et de la nuit.

on ne sait dire de quelle couleur est le ciel

les candélabres ajustent son pas

lorsque-l’-horrible-s’-entremêle-à-l’-idéal-et-ne-se-retient-plus-Dieu-s’-il-vous-plaît-je vous-adresse-une-prière-algérienne-versez-sur-nous-un-peu-de-votre-bonté-car-les-élastiques-sont-tendus-et-même-jusqu’-au-niveau-de-la-gorge

3/3

je vais conclure comme on s’engage dans un rire, ensuite me vient la question de l’amour. c’est comme fuir et inadéquatement, je pense à toi, ma relâche !

je pense à ton visage au ciel multiple qui glisse vers une aurore inconfortable,- comment puis-je rattraper ta course effrénée ? il n’y a que moi, moi qui tremble !

je fredonne ton nom à bout de souffle, une incantation qui traduit mes chagrins,- qu’elle nouvelle histoire s’offre devant nous… ,- qu’est-ce qu’on ne rend pas ?

un froid m’inonde et hante les mots

je presse mon cœur contre ton parfum

au commencement il y avait l’oubli

et toi, et ton corps… !

l’infini du jour naissant

brûle !

les jours passent

les dédales…

comme la vie en l’air

comme les orteils du pied à l’air libre

où toute est mousseline

passent les jours et viennent les aurores

je m’en vais sans vraiment partir

je me rends compte au fur et à mesure que les moments importants sont ceux passés avec mes amis, ils me racontaient les bonnes vieilles histoires.

je restais attentif aux anecdotes et mensonges qui pleuvaient par-ci par-là, et puis sans attendre, il me tombait dessus une confidence à couper le souffle.

je comprenais qu’un clic est plus conséquent qu’une page de tourner, oh…. vous m’avez fait ! qu’il est agréable de me souvenir parmi les récits où je revois presque tout.

qu’elles sont les expériences qu’on peut tirer d’un poète ?

j’absorbais les paroles oubliées

les moindres particularités m’étaient de l’or

UN RAZ-DE-MARÉE… ! UN RAZ-DE-MARÉE… ! UN RAZ-DE-MARÉE… !

g 1 : tu es tout drôle

a 2 : ça me fait compatir

g 1 : est-ce qu’une chaleur submerge ta poitrine ?

a 2 : c’est de la tendresse pour les poètes

g 1 : et les sans voix !

a 2 : pour les reclus de bon gré ou non

g 1 : les montagnes en sont plein ou les froids déserts

a 2 : les morts pour un rien

g 1 : les morts pour rien !

a 2 : tous les exclus de l’extrême nord jusqu’au pacifique

g 1 : sans oublier les orphelins de la blafarde

a 2 : les enfants du soleil fixe, les tannés, les vagabonds… etc. 

je crois que l’on ne peut échapper à son destin qu’un certain temps et l’issue ne sera que plus fatale ! je crois que chaque main secourable mérite que l’on s’y attarde !

j’élabore un système nourrit d’une mythologie personnelle, une écriture qui brise le modeste seuil de ces lignes. la poésie est d’ici pour ne pas paraître comme tel.

dans-un-petit-coin-paradisiaque-dans-un-jardin-parmi-les-arbres-nos-plus-vieux-amis-dans-un-temps-de-misère-je-tâche-de-reconnaitre-et-je-persévère-que-je-traîne-dans-la-boue-ou-dans-les-sphères-comme-une-quête-ouverte-et-solitaire

L’édredon rouillé est humide

À Hadjel.

1/3

il me faut rentrer à la maison, c’est là-bas sous l’ombre que j’ai déposé mon crâne rempli d’eau d’un puits. il n’a rien du brouillard ou peut-être que ma vision se trouble.

j’essuie les effets d’une disparition dans mon miroir, il neige ce matin sur mes yeux ! je me démène de l’instant qui me décolle, la radio diffuse une onde inadaptée.

j’ai mis un sous-scellé à une comète anti-âge, depuis son passage mes relations invétérées se ressemblent. je démystifie mes amours, combien factuels, courts.

je n’en peux plus des remontrances par éclipse

je me démobilise de mes attraits

il y a cette chose dans l’œil bleu d’un vieux notable, à peine perceptible par un novice ! je ne peux l’exprimer sans affects et qui semble parler de résignation, de survivance.

je prédispose d’une éternité sans me décider au mensonge, seule la conscience d’un oublié exhume ! j’ai vu hier la pisseuse d’un mal logé, puisqu’il faut tout quantifier.

je bois un café et mes pensées se veulent sans entraves, tout semble tressé et rien n’est à sa place ! j’avale mes pâteuses chandelles, une syncope.

le moins loti de tous

j’observe les échappées du regard

mon cœur est dix fois plus léger que mes yeux, dix fois est peut-être trop, ou peu… ! il pleut cet après-midi sur la salle de concert, l’étoile danse avec un piano d’ivoire.

j’aime la vie des artistes !

j’accueille l’écueil en mon for intérieur, comme un navire qui traverse les intempéries et sombre ! les bonnes amitiés me sont navrantes, irréprochables, sans sel.

je passe par les mots comme une entorse, une autre manière de s’entendre, pour une autre poésie ! je n’entrevois aucune issue, mon regard se fige sur l’asphalte.

il faut que je rentre à la maison

je reste un dérivé de mes semblables

chanvre indien et chèvre du bon diable

je respecte les vieilles coutumes         

le nouveau soleil est un miel que je tartine avec mes doigts

pour la saison humide, chantez ! chantez ! chantez !

( comme chez la boulangère à la queue leu leu ! )

de révélation à révélation

ils ne feront jamais le poids

2/3

je savoure les histoires des anciens et la superstition qui règne, à chaque fuite de mon âme, à chaque coin d’ rue que j’arpente en la bénissant.

je butine amèrement sur le talus, un peu plus ! la pâte est rarement cuite,- elle a semée, elle a semée… à travers moi ! elle éclore dans ma sobre poitrine.

je m’aventure là où il n’y a personne de reconnaissable, un divan m’attend ! j’envisage à la place des immeubles le Djurdjura, les herbes de Sidi Ali Bouneb… etc.

un flash : un petit slip avec un soleil imprimé dessus

le manque d’un cœur qui nous sert fort

je m’engage dans la rue Saint Rémi en tournant à gauche, j’arrive dans une cour éclairée de bougies et de ma main, je goûte à la fontaine et la température.

j’hallucine les sourires des filles qui pourraient m’offrir un baiser pour mes vacances comme dans les romans, une quille a toujours froid aux jambes.

mon dieu faite que je me dépouille de cette enveloppe, une fois pour tous les ciels, une fois pour toutes les apparitions ! je longe les quais le visage face au vent.

je marche seul !

comme un miracle des siècles passés et futurs

les bourgeons blancs sur le fleuve creusent le courant à l’infini

j’ai un ciel spongieux comme unique drap et un flot ainsi qu’une cousine, j’ai cru voir dans ses yeux des papillons en souffrance et de la défiance nue que je lui cède.

il importe peu leurs couleurs !

il y a l’autre avec son rebondi de française après son expérience du soleil levant et mes trois mille caresses,- pourquoi me persuader d’autant d’abnégation ?

je m’asphyxiais de nos divergences que chacun concevait en silence, il ne restait que l’amour qui se donnait en spectacle. il ne suffisait plus à lui seul, une couverture !

je ne pleure que de moi !

les nuits amarantes s’opposent aux doutes

les amantes se courbent !

Dieu a su la contemporanéité

Dieu a pourvu notre contemporanéité

on s’est fait Amour 

est-ce que cela a duré seulement un instant ?

parce qu’on a parlé d’avenir 

parce que… etc.

Dieu est contemporain 

Dieu est notre contemporain

plus que la mort le sacrifice !

moins que la mort le sacrifice !

je ne sais pas résoudre les conflits

le poème est volé

3/3

je feuillette depuis la rupture la culture incessible qui nourrissait ma moelle, même si cette petite collection m’inculpe ! j’aime sa fragilité, une rencontre.

je me retrouve à Gambetta, il est cinq heures 24, la place est aussi vide que les parages de Houellebecq, ah… peut-être pas, une ombre s’y glisse !

j’aime les oiseaux qui piaffent la nuit comme pour dire la fête n’est pas finie, qu’il reste un bout de mèche à consumer ! je prends la pleine mesure des conséquences.

je défile de toi

l’insensé du décoffrage

l’ombre d’un errant

donne à un escalier en pierre  

une allure de givre

je me décuple stupéfait sur une terre qui traîne mes souvenirs, tous par les yeux me sont vernis. je n’aperçois jamais un couple sans le tocsin de l’errance.

j’éprouve une étrangeté envers moi-même, une étrangeté face à l’humanité ! toutes les ombres ne sont pas menaçantes, à craindre ! je me méfie des zéniths du soleil.

je joue de la faille qui me permet l’accès, des déséquilibres qui m’arrachent du sol… etc. je me baigne et effrontément parmi les dieux. je me purifie.

je noie mes chagrins dans un verre

un whisky irlandais qui sent l’écorce des oliviers

je longe les alentours des cimetières pour atteindre la page blanche, un sauvage qui jonche ! je peux finir de me promener, finir… me revient le goût de l’irréalisation.

j’ai soif de mes catastrophes à venir, mes doigts sont morts, comme les nôtres, les étrangers… etc. il faut décompter ! une note feinte qui clôture l’arc de la nuit.

je me souviens d’une bassine d’eau rempli de petites olives noires, ma bouche par ailleurs n’aime pas le goût des olives ! mais cela m’emplit d’une réserve de jours.

je marche pour le baume des mots

tout mon corps en ceci repose et écrit

j’ai oublié ma maison

j’ai oublié mes amis et mes amours

j’ai oublié ce que c’était la vie, la vie des dieux

il m’apparaît clairement que cette façon de percevoir et d’être au monde est quelque chose de poétique

pour sûr, je suis un corbeau qui a soif

je surplombe les domaines sans éclats, les corbeaux ont droit de cité

les semelles coursent les jours du bain

il faut s’attendre à du granite et à la roche de fondre

j’ai parfois l’impression d’esthétiser la misère de ma condition, alors que j’essaie simplement d’être au plus prés… !

Trois petites impasses

À Rafika.

1/3

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- il y a des nationales et il y a des routes,- je roule derrière les camions… les 6 les 12 les 36 tonnes,- je prends de la fumée.

je suis au téléphone,- c’est la route,- une déroute,- je ne conduis jamais avec des pantoufles,- ce qu’on appelle se déplacer à l’envie,- l’envie de se décharger.

et si les routes ressemblaient à nos vaines,- fluides et mystérieuses,- on ne tombe jamais sur une autoroute,- les pompiers ramassent nos cervelles.

j’essaie un autre mode du temps

je me remets à la patience

un-jour-tu-règnes-en-maitre-sur-les-tropiques-le-jour-d’-après-tu-es-second-ainsi-va-la-symphonie-du-monde-aux-yeux-ébahis-des-spectateurs

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- je reste alerte aux accidents,- je pense que rien ne peut m’arriver,- tellement alerte que rien ne peut m’arriver.

je vois les arbres poussiéreux qui délimitent la folie des pâturages,- les gens qui attendent le bus,- je prête aux volatiles mes divinations,- un colimaçon.

c’est la route qui nous quitte,- on échappe d’un trou pour se précipiter dans un autre,- je suis ficelé comme une truite,- plutôt une tortue,- je roule comme une radio.

je remonte qu’une seule fois

le tarmac qui se déroule sous mes gommes de caoutchoucs

j’-oublie-que-les-colimaçons-sont-faits-pour-monter-même-les-mécaniques-les échelles-et-les-avions-ou-pour-descendre-je-dégringole-dans-ce-cas-précis-c’-est-tout-bénef

sur la route des autoroutes et tout autour,- il y a des routes il y a des impasses,- juste essayer lorsqu’on ne peut pas,- je tends les bras à ma déréliction.

un sourire aux lèvres d’un fuyard,- je lui octroie toutes les raisons,- est-ce que je suis pris dans le filer des panneaux ?,- on ne se fie pas à un conducteur.

je suis transporté pour ne rien porter,- une crème verte,- il pleut souvent sur les autoroutes,- j’enclenche l’essuie-glace,- hypnotique,- captivant.

le cendrier est plein à craquer

j’ouvre la vitre

une allée au lendemain

je souffle sur mes envies

un vent obscure

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sur la rive avec mon chien,- j’investis le domaine du non-soi,- au diable les fils et les attaches,- momentanément effacé,- j’aurai ma démence ou rien.

je suis absent de moi-même,- interdit de souvenir,- j’aimerais et puis non,- je m’altère sur le sable,- mes narines guettent le drame,- doit-on refaire l’insoutenable ?

j’arrive à ne plus dominer,- de prendre moins de place que mon domaine,- tout s’émiette pour ne rien laisser,- je perds le miroir des hommes et cela tient.

je suis l’autre qui glisse au creux de la vague

forte et belle à recommencer

je m’attends dans un avenir incertain

je m’attends dans un endroit indéfini

je m’attends moi-même

je ne pars pas et ne reviens pas

je ne dors pas et ne m’éveille pas

je n’inspire pas et n’insuffle pas

je me fais peur et ne crains rien

je m’appel et ne réponds de rien

je mens et ne me mens en rien

je funambule entre les mots

se mouvoir… chercher plus loin, dire au revoir

je salue en homme

sur la rive vierge avec mon chien,- je construis une cabane d’allumettes humides,- l’œil furtif et scrute,- présence contaminée,- il ne reste que des pourquoi vagues.

le noirsoleil est une couleur,- un sans visage,- l’indien sous prozac,- longue est la traversée avant les signes,- les vents caressent mon visage.

un chien n’obéit qu’à son besoin poitrinaire,- s’il pouvait se laper le crâne,- je m’affadis comme la roche qui garde,- la couronne iodée,- je n’ai pas de cane.

j’apprécie les pointes démesurées

comme sa compagnie

les lèvres mouillées  

une irréelle promesse de la pluie

l’automne me perd

sur la rive avec mon chien,- il n’y a plus de chien,- j’ai tout consentie et du laiteux,- cela ne sort pas ou ne dort,- mon cœur est sous cloche,- détérioré et en partance.

j’ai les pieds nus plantés dans le sable,- il y aura toujours de l’eau,- cela dit de mon capharnaüm,- combien d’initiés compte Saint Michel Chef Chef ?

on a tout recenser dans les livres,- le peuple maudit,- une histoire courte de l’expéditeur,- un cul-de-sac,- les ressacs,- un dessein ne ment jamais,- garderas-tu une trace ?

toi ma bien-aimée, je reviens au deuil.

un passage aux toilettes du bar alligator

je recharge le téléphone

j’envie l’impassibilité des pierres

comme la musique de la main des vagues

la nature prodigue ses leçons de vie

la douceur de vivre d’un galet sous le soleil

l’eau salée mouille mes lèvres

j’envie l’impassibilité des pierres, comme leur tranquillité

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j’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- son cœur à la petite cuillère,- je me finis de me recueillir,- je caresse les rêves du vent,- son sommeil léger.

j’ai un petit peu froid,- toute à l’heure j’ai pleuré,- le rêve continu,- son néant parfois me tente,- je n’oublie rien ou presque,- immensément ailleurs.

je soupèse selon le chemin et non les actes,- vertiges inconsommés,- je peux ne pas être drôle,- le renvoie d’images biaisées,- du plein baiser le doute.

je me fais de la misère de la rouille

je réitère pour ne plus pêcher

ce-que-je-tais-par-manque-est-peut-être-de-la-poésie-s’-envolant-de-ma-mémoire-comme-un-papillon-un-mois-de-mai-ou-un-phénix-pourquoi-je-ne-la-retranscris-pas ?

je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- je souhaite m’étendre et modeler mon âme,- son âme occasionnelle,- je parle seul et si seulement je trouvais preneur.

je l’ai laissée pour morte sur la rive miteuse et les bateaux vont au loin,- son cœur pourtant si débordant,- je m’accroche à son air de déjouer les portes.

trancher c’est trancher l’existante,- clairvoyance des mots qui disent peu,- je me détache,- tant de solitaires espèrent de leur solitude,- la radiation.

ce n’est pas aimer que d’avoir bon dos

il suffit de déplaire

1 : on vivait en temps de paix jusqu’au jour où elle s’est manifestée pour foutre la pagaille

2 : vous pensez que c’est irrémédiable ?

3 : comment cette chose immonde est-elle parvenue jusqu’à nous ?

1 : la faute revient sûrement au diable

je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- vertèbres s’éloignant du port mythique,- la nuit comme le jour je te salue,- je te mets un doigt dans le cul.

je m’évanouis devant les climats,- son corps se régénère fuyant fuyant,- je stationne dans l’impasse des clématites,- je mets le contacte,- l’œil du mal rase mes parois.

j’incarne les peurs d’un poète,- délire de se reconnaître comme tel,- une musique quand il n’est plus question de notes,- mélomane de la fluidité,- comme le sang,- suspect.

je me défais sous mes yeux

les souhaits se précisent en amont du flux

sur le rivage soufflait un vent frais… sur le rivage un vent frais soufflait sur le caillou ( le caillou au bout de ton sein, le caillou de la nuit, de cette nuit ! )

un vent frais souffle sur le caillou de mes nuits

on aurait dit que les chairs brûlaient

j’urinais autrefois sur le sable en faisant de la mousse

je revoyais ma vie d’alcoolique et mes diverses effronteries

sur le rivage par épuration les migrants échouent, les manques et des tragédies qui soulèvent plus de manques. l’histoire moderne nous montre ses horreurs… !