L’édredon rouillé est humide

à Hadjel.

il me faut rentrer à la maison,

je course à vide.

c’est là-bas sous l’ombre que j’ai déposé mon crâne rempli d’eau du puits.

il n’a rien du brouillard ou peut-être que ma vision se trouble.

j’essuie les effets d’une disparition dans mon miroir,

il neige ce matin dans mes yeux !

je me démène de l’instant qui me décolle, la radio diffuse une onde inadaptée.

j’ai mis un sous-scellé à une comète anti-âge, depuis son passage mes relations invétérées se ressemblent.

je démystifie mes amours, combien factuels, courts.

je n’en peux plus des remontrances par éclipse.

je me démobilise de mes attraits.

j’ai oublié ma maison

j’ai oublié mes amis et mes amours

j’ai oublié ce que c’était la vie, la vie des dieux

il y a cette chose dans l’œil bleu d’un vieux notable,

à peine perceptible par un novice

je ne peux l’exprimer sans affects et qui invite à la résignation, survivance.

je prédispose d’une éternité sans me décider au mensonge,

seule la conscience d’un oublié exhume !

j’ai vu hier la pisseuse d’un mal logé, puisqu’il faut tout quantifier.

je bois un café et mes pensées se veulent sans entraves,

tout semble tressé et rien n’est à sa place !

j’avale mes pâteuses chandelles, une syncope.

le moins loti de tous.

j’observe les échappées du regard.

chanvre indien et chèvre du bon diable

je respecte les vieilles coutumes 

le nouveau soleil est un miel que je tartine avec mes doigts

mon cœur est dix fois plus léger que mes yeux,

dix fois est peut-être trop, ou peu… !

il pleut cet après-midi sur la salle de concert, l’étoile danse avec un piano d’ivoire.

j’aime la vie des artistes, des charbonneux !

j’accueille l’écueil en mon for intérieur,

comme un navire qui traverse les intempéries et sombre !

les bonnes amitiés me sont navrantes, irréprochables, sans sel.

je passe par les mots comme une entorse, une autre manière de s’entendre, pour une autre poésie !

je n’entrevois aucune issue, mon regard se fige sur l’asphalte.

il faut que je rentre à la maison

je reste un dérivé de mes semblables

pour la saison humide, chantez ! chantez ! chantez !

comme chez la boulangère à la queue leu leu !

où ma voix exhume de l’ombre !

je savoure les histoires des anciens et la superstition qui règne,

à chaque fuite de mon âme,

à chaque coin d’ rue que j’arpente en la bénissant, etc.

je butine amèrement sur le talus, un peu plus !

la pâte est rarement cuite,- elle a semée, elle a semée… à travers moi !

elle éclore dans ma sobre poitrine, ma blanche boite.

je m’aventure là où il n’y a personne de reconnaissable, un divan m’attend !

j’envisage à la place des immeubles le Djurdjura, les herbes de Sidi Ali Bouneb, etc.

un flash : un petit slip avec un soleil imprimé dessus.

il faut s’attendre à du granite et à la roche de fondre.

le manque d’un cœur qui nous sert fort

Dieu a su la contemporanéité

Dieu a pourvu notre contemporanéité

de révélation à révélation, ils ne feront jamais le poids

je m’engage dans la rue Saint Rémi en tournant à gauche,

j’arrive dans une cour éclairée de bougies et de ma main,

je goûte à la fontaine et la température.

j’hallucine les sourires des filles qui pourraient m’offrir un baiser pour mes vacances

comme dans les romans.

une quille a toujours froid aux jambes.

mon dieu faite que je me dépouille de cette enveloppe,

une fois pour tous les ciels, pour toutes les apparitions.

je longe les quais le visage face au vent.

les bourgeons blancs sur le fleuve creusent le courant, un miracle des siècles passés et futurs,

je marche seul.

Dieu est contemporain 

Dieu est notre contemporain

plus que la mort le sacrifice ! moins que la mort le sacrifice !

j’ai un ciel spongieux comme unique drap

un flot ainsi qu’une cousine.

j’ai cru voir dans ses yeux des papillons en souffrance et de la défiance nue que je cède.

il importe peu la couleur de ses yeux !

il y a l’autre avec son rebondi de française après son expérience du soleil levant et mes trois mille caresses.

pourquoi me persuader avec autant d’abnégation ?

je m’asphyxiais de nos divergences que chacun concevait en silence,

il ne restait que l’amour qui se donnait en spectacle.

il ne suffisait plus à lui seul, une couverture !

les nuits amarantes s’opposent aux doutes des amantes qui se courbent !

je ne pleure que de moi.

on s’est fait Amour 

est-ce que cela a duré seulement un instant ?

parce qu’on a parlé d’avenir, parce que, etc.

je feuillette depuis la culture incessible qui nourrissait ma moelle,

même si cette petite collection m’inculpe !

j’aime sa fragilité, une rencontre.

je me retrouve à Gambetta, il est cinq heures 24,

la place est aussi vide que les parages de Houellebecq,

peut-être pas en fait, une ombre s’y glisse !

j’aime les oiseaux qui piaffent la nuit comme pour dire la fête n’est pas finie,

qu’il reste un bout de mèche à consumer !

je prends la pleine mesure des conséquences.

l’insensé du décoffrage, c’est moi.

je défile de toi.

je ne sais pas résoudre les conflits

les semelles coursent les jours du bain

le poème est volé

je me décuple stupéfait sur une terre qui traîne mes souvenirs,

tous par les yeux me sont vernis.

je n’aperçois jamais un couple sans le tocsin de l’errance.

j’éprouve une étrangeté envers moi-même, mon humanité.

toutes les ombres ne sont pas menaçantes, à craindre !

je me méfie des zéniths du soleil.

je joue de la faille qui me permet l’accès, des déséquilibres qui m’arrachent du sol… etc.

je me baigne et effrontément parmi les dieux. 

comme dan ce verre de whisky irlandais qui sent l’écorce des oliviers

je noie mes chagrins.

je me purifie.

pour sûr, je suis un corbeau qui a soif

je surplombe les domaines sans éclats, les corbeaux ont droit de cité

il m’apparaît clairement que cette façon de percevoir et d’être au monde est quelque chose de poétique

je longe les alentours des cimetières pour atteindre la page blanche,

comme un sauvage qui jonche !

je peux finir de me promener, finir… me revient le goût de l’irréalisation.

j’ai soif de mes catastrophes à venir,

je ne sens plus mes doigts,

comme les nôtres, les étrangers, etc.

il faut décompter !

une note feinte qui clôture l’arc de la nuit.

je marche pour le baume des mots

tout mon corps en ceci repose

et écrit

le souvenir d’une bassine d’eau rempli de petites olives noires

les bouches par ailleurs n’aiment pas le goût de ces olives

reste que cela m’emplit d’une réserve de jours

j’ai ‘impression parfois d’esthétiser la misère de ma condition, alors que j’essaie simplement d’être au plus prés.

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