Trois petits jeux du Je

À Narimane.

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ils m’ont affublé de différentes expressions tout le long de ma légère existence, semblables à des étiquètes ! je fais l’impasse sur les insultes gratuites ou justifiées.

le prénom que je tiens de mon aïeul et me suit depuis ma conception, un oracle n’aurait pas eu meilleur jeu ! je reste touché par cette initiative pleine de bonhomie.

j’ai pris conscience de ce baptême lors de mon entrée en crèche, comme pressentir une fin. je crois me souvenir qu’il y avait une fille à chacun de mes bras !

je ne recherche nulle vanité

la dérision m’a poinçonné

hélas, je ne reconnais que le beau

je ne me l’explique pas

très peu savent

ils rêvent

vivre sans vous

et mourir

mourir de vous entendre

et vivre

( ce n’est pas aussi idiot que ça en a l’air ! )

qu’est ce qui subsiste

les mots

l’espace

les mots et l’espace

il n’y a pas de secret

je dois beaucoup à ma couleur de peau et l’intuition

ils m’ont accolé au collège le surnom de pécheur, rien n’est jamais tout à fait vrai ! je le dois sans doute à mon tempérament de mécréant plus qu’à mon chapeau.

je peux ajouté à cette période d’autres termes plus sophistiqués et terrifiants: ex-petit-ami, célibataire, ennemi, endeuillé… etc. une période bien compliquée.

ils concevaient avec ces appellations les ersatz d’une fratrie, ou le pire imaginable, une appropriation ! il n’en demeurait pas moins leur promiscuité.

je ne fais jamais pareil

sauf lorsque je refuse de voir

a 1 : j’ai rêvé d’une bataille de fourmis, des géantes !

f : bonjour, et qu’elle panache… !

a 1 : le monde en définitif est plus beau sous l’orage

f : tu as du goût, mais si tu devais refaire quelque chose ?

a 1 : comme celle qu’on attend et qui ne revient jamais !

f : les sentiments défunts ont la vie dure

a 1 : euh … !

f : pourquoi tu portes une chemise froissée ?

a 1 : des pin’s, aussi… !

f : j’ai froid comme une feuille d’automne, pas toi ?

ils ont même appelé mon volume de chaire tonton et ceci pour toutes les générations à venir ! je ne sais ce que tout cela implique, l’après me laisse songeur.

je ne suis qu’un être insignifiant qui fuit devant les sobriquets et sollicitations, à mille lieux d’en recevoir d’exemplaires. je suis celui qui s’y tient sans me reconnaître.

je parcours le champ de mon histoire antérieur en me préparant à la mort dans ma retraite, sans aucun nominatif, comme un scarabée livré au bec d’une huppe !

je suis à mi-parcours de mon nom

il m’importe peu par quelle entame finit sa surface

je-vais-finir-seul-moi-sans-souvenirs-ni-pellicules-à regarder-j’-aime-les-seize-millimètres-poussiéreux-jaunis-et-tout-par-la-décharge-englouti-et-sans-enfants-qui-m’-aiment-tendrement-et-c’-est-le-moins-terrible

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je n’ai plus la capacité de guérir et de me régénérer aussi vite qu’auparavant, mes blessures prennent un temps considérable pour cicatriser et colmater.

je crois que l’homme s’use comme une machine à écrire ou un réfrigérateur, les expériences usent par érosion, les souffrances… oh Dieu, elles purifient !

comme une âme égarée

pour une seule nuit

j’achève… !

je perds, oui, je perds la raison 

dans le noir du chaton

il pleut

la rive de Tigzirt

si t’es sociable, ma belle !

il y a ceux qui préfèrent la compagnie des escargots

il pleut, il pleut… !

la rive de Tigzirt

il n’y a qu’un orphelin pour guider l’aveugle

je me délecte de la pluie qui tombe en trombe

chanson d’automne

j’entonne

il me fallait six heures de sommeil et sans ressentir les coups de moue durant la journée, mon cœur tournait au dépôt d’alcool. je menais furieux mes volontés.

je ne bâillais que rarement hormis la sensation des paupières lourdes, mes mouvements étaient secs et brusques, approximatifs ! c’était la découverte de soi ou l’ennui.

je pouvais marcher des nuits entières sans me soucier de la distance ou enchaîner les épisodes au lit et ne pas fléchir ! elles en avaient au fond que pour mon foutre !

les émotions était décuplés à l’excès

je remarque qu’il me faut plus

h 1 : je te prends comment ?

i 26 : tout dépend de quel côté du lit

h 1 : ni l’un ni l’autre… es-tu prête ?

i 26 : toi sur moi ou je t’enfile… ?

h 1 : ne pose pas autant de question !

i 26 : et si on essaie autre chose ?

il m’arrive de même avec la récupération qui semble concerner mon horloge interne, même si j’ai perdu la notion du jour et de la nuit.

on ne sait dire de quelle couleur est le ciel

les candélabres ajustent son pas

lorsque-l’-horrible-s’-entremêle-à-l’-idéal-et-ne-se-retient-plus-Dieu-s’-il-vous-plaît-je vous-adresse-une-prière-algérienne-versez-sur-nous-un-peu-de-votre-bonté-car-les-élastiques-sont-tendus-et-même-jusqu’-au-niveau-de-la-gorge

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je vais conclure comme on s’engage dans un rire, ensuite me vient la question de l’amour. c’est comme fuir et inadéquatement, je pense à toi, ma relâche !

je pense à ton visage au ciel multiple qui glisse vers une aurore inconfortable,- comment puis-je rattraper ta course effrénée ? il n’y a que moi, moi qui tremble !

je fredonne ton nom à bout de souffle, une incantation qui traduit mes chagrins,- qu’elle nouvelle histoire s’offre devant nous… ,- qu’est-ce qu’on ne rend pas ?

un froid m’inonde et hante les mots

je presse mon cœur contre ton parfum

au commencement il y avait l’oubli

et toi, et ton corps… !

l’infini du jour naissant

brûle !

les jours passent

les dédales…

comme la vie en l’air

comme les orteils du pied à l’air libre

où toute est mousseline

passent les jours et viennent les aurores

je m’en vais sans vraiment partir

je me rends compte au fur et à mesure que les moments importants sont ceux passés avec mes amis, ils me racontaient les bonnes vieilles histoires.

je restais attentif aux anecdotes et mensonges qui pleuvaient par-ci par-là, et puis sans attendre, il me tombait dessus une confidence à couper le souffle.

je comprenais qu’un clic est plus conséquent qu’une page de tourner, oh…. vous m’avez fait ! qu’il est agréable de me souvenir parmi les récits où je revois presque tout.

qu’elles sont les expériences qu’on peut tirer d’un poète ?

j’absorbais les paroles oubliées

les moindres particularités m’étaient de l’or

UN RAZ-DE-MARÉE… ! UN RAZ-DE-MARÉE… ! UN RAZ-DE-MARÉE… !

g 1 : tu es tout drôle

a 2 : ça me fait compatir

g 1 : est-ce qu’une chaleur submerge ta poitrine ?

a 2 : c’est de la tendresse pour les poètes

g 1 : et les sans voix !

a 2 : pour les reclus de bon gré ou non

g 1 : les montagnes en sont plein ou les froids déserts

a 2 : les morts pour un rien

g 1 : les morts pour rien !

a 2 : tous les exclus de l’extrême nord jusqu’au pacifique

g 1 : sans oublier les orphelins de la blafarde

a 2 : les enfants du soleil fixe, les tannés, les vagabonds… etc. 

je crois que l’on ne peut échapper à son destin qu’un certain temps et l’issue ne sera que plus fatale ! je crois que chaque main secourable mérite que l’on s’y attarde !

j’élabore un système nourrit d’une mythologie personnelle, une écriture qui brise le modeste seuil de ces lignes. la poésie est d’ici pour ne pas paraître comme tel.

dans-un-petit-coin-paradisiaque-dans-un-jardin-parmi-les-arbres-nos-plus-vieux-amis-dans-un-temps-de-misère-je-tâche-de-reconnaitre-et-je-persévère-que-je-traîne-dans-la-boue-ou-dans-les-sphères-comme-une-quête-ouverte-et-solitaire

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