Les vedettes ramadanesques

À Gaïa. ( une inconnue sur Badoo )

j’admire la capacité de Mehdi à se tenir debout en blouse toute la journée et la moitié de la nuit. je regarde les gens s’installer sur les dossiers en cuir et s’en retourne tondu, ils mêlent versets coraniques et des qaça’ide de Amar Ezzahi  

je crois qu’entre temps la télévision diffuse un match italien, peut-être que je confonds avec la retransmission du speaker. il y a des cheveux noirs et gris sur le sol, l’imam prolonge la prière du soir

la rue du coiffeur est à sens unique, peu fréquentée. je l’appelle depuis mon enfance la mal éclairée qui est de son vrai nom la route des arbres, eux sont élagués. les nuits couvent nos rêves montre à la main

je ne suis qu’un homme ouvert à la nuit sans pitié

un homme qui a perdu l’esprit

sous le coton des temps

les rideaux métalliques tombent

( – est-ce que c’est l’une de ses nuits sans fond ? )

les flirtes innocents s’enrhument

une cocotte en papier peint dans des amas d’agrumes

– est-ce qu’elle m’aime ?

dans le tout noir

j’appelle au Sauveur des hommes !

crépuscule

pour l’heure, j’arrose les plantes

j’erre parmi les peupliers endormis et ma ville natale se dédouble, une écorchure. j’ai en mémoire de vieilles querelles de clocher. les gens ont tendance à la sérénité après la coupure du jeûne

je vois les voitures garées en pleine descente et des personnes d’un certain âge qui sont assis et parlent à voix basse. ils me regardent et puis silencieux à mon passage, pour finir reconnaissant

la ville a ses inclinaisons secrètes, elle est identique à la nuit et bien davantage. l’humain ne se lorgne pas, mais il a un prix comme partout. sauf qu’ici, ils sont beaucoup à attendre le soleil 

ils ont l’air aussi de se repaître de tout 

je me prends une tasse de thé

écorchure de l’âme

une glissade dans du savon d’été

qu’est-ce qui permet ? – la noyade

j’ai dû en chier

sous le coup des fatalités !

désordre camouflé

un bus orange grince

je suis désorienté dans ma propre ville

t’accueillir dans les soirs

t’accueillir entre les interstices de la réalité

je parle de ma chute et le royaume qui se heurtent à la lumière de ma démence. une langue étrangère me gratte, comme la froideur des caveaux ! il y a effectivement beaucoup de choses qui écœurent

j’incarne le drôle de martyre d’un automne qui agonise, une boursouflure. j’envisage les charmes ancestraux et caduques. les factions multiples n’étaient que des ours polaires élevés au grain de blé du sud

j’étouffe en moi le silence qui fait rage, quelque part des chiens aboient. j’imagine qu’ils referont les crapauds, les voix de nulle part sur un banc. je fume comme un puits raclé en me promettant une visite à l’un d’entre eux, persistance

le doute gâche toutes ces années

je rêve d’un dehors nouveau

les persiennes sont d’un beige émietté

là, je suis tombé ! là, je retombe encore

l’appel de mes semblables a quelque chose à m’apprendre

par eux, je m’évapore

l’esprit s’absorbe en deçà des voilures

je me laisse tenter parfois par la paix de Dieu

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