La dualité d’une âme (Fr/Arab)

mon temps à lui

accepte les choses translucides

l’histoire de nos héros déchus

la femme des autres que l’on revoit jamais

l’échelle des trahisons

les chiens chauves qui hurlent

une fissure par l’intermédiaire

c’est d’abord son enfant s’exclama le turc

les aisselle de l’être aimé   

comme embraser les fleurs

la partie des mots ardus

la barbarie oubliée

une amulette qui couvre le flanc d’un cœur endormi

il pleut de la neige douce

un navire sort à l’automne des déchirures et va sur la surface d’une aube nouvelle  

les sept vents chahutent les oreilles

le ballet des matelots

le souvenir des conquêtes  

la terre adulte aux yeux prophétiques

il désigne le soleil sur ta peau

( je dessine un soleil sur ta peau ! )

il rêve de l’oiseau mort qui pulsait

il manque cruellement de liquide comme de fer

je rennais comme un sphinx sur mes lèvres parlantes

je pense à l’empire de Russie en convoquant les morts pour rien, météo : 9 °C, vent NO à 13 km/h, 25 % d’humidité  

les bateaux transportent du blé sous la grêle jusqu’à Saint Hélène

le général écrase les coquelicots de ses pieds fermes

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Il est pour toi ! (Fr/Arab)

tu ne seras jamais sage… !

une étreinte comme un rêve qui dure jusqu’au soir

ce n’est pas la veille d’un jour de fête

je ne suis pas triste

au revoir ma ville, tu es mon obélisque

j’ai croisé de farouches reptiliennes, des formes et des couleurs jamais approchées, de franches âmes aussi aux longs cheveux. ils avaient des têtes qu’ils tenaient hautes et bizarres… au revoir gueule d’ange ! au revoir… !

tu m’as accueillie

et je crois que tu m’aimes !

je n’ai pas pris de plaisir à te voir en deuil  

un soir de tempête où j’étais seul  

je reste un petit péroire hermétique à la vie chère

au revoir le bleu du bord de l’eau

j’ai croisé des loups sous la pluie de mazout sur les quais, c’était ok pour ma vie, mon ange. des grenouilles dans le brouillard épais et sec, toujours sur les mêmes quais… au revoir chat de gouttière ! au revoir… !

je t’aime

et je m’en vais

je vais vers la porte

je reviens sur mes pas

je tourne en rond

( ou comment perdre pied ! )  

j’ai beaucoup menti

j’ai rêvé   

il y a de cela longtemps que je n’ai pas lu un poème

il y a de cela longtemps que je ne me suis pas marié à un poème !  

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Les silhouettes de la scène (Fr/Arab)

le mot khayel me fait penser à du lin blanc ondoyant au vent, alors que silhouette me fait penser à une allumette.

il se trouve des gens bien

ils descendent en ville jusqu’à la fin des temps

elle est une passante

elle est en robe de soirée    

elle porte un secret

elle dégage une aura  

elle a le pas aérien      

elle lui sourit

( la douleur ne se pardonne pas, elle purifie ! )

elle parle à son désir de feu comme un éclair

elle aime en éclair et les yeux en feu

je rêve de mots que les dieux jalousent   

il suffit d’être l’enfant qui formule des souhaits

il s’arrête de jouer

il descend de la scène

il est sur la piste enfumée

il rejoint l’anonyme

il la trouve moins belle

il le sait

( j’ai cru entendre le mot citoyen ! )

le couloir que l’on arpente vers les coulisses sous les néons bleus

sur le mur est accroché un tableau, un western

je me tiens debout sur un parking cimenté

je suis le parking démantelé

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Mardi, jour de fête noire (Fr/Arab)

au revoir comme bonjour tout le monde

bonjour comme au revoir le monde

je voyage avec mon mal

un camarade que je porte dans une brouette

les moyens du bord : les tables retournées, les balles en plastique, les mitrailleuses en fer rouillé, les grenades en bois, les pierres de chantier, l’eau chaude des tuyaux d’arrosage… etc.

c’est des jeux d’enfant qui aiment l’incontournable guéguerre  

c’est bien que je m’en souvienne plus

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours

une fille a vu ce que j’avais de meilleur en moi

je n’ai pas tenté de l’embrasser

un jour maigre, il n’est pas des moindres

l’air du solide les croates l’en emporter

les moyens du bord : dans le sublime de l’univers, dans l’encre rouge de magiques bulles, dans le sol qui se décompose ( on le voit le sol, alors plonge ! ) dans les premières impressions… etc.

c’est un lieu de force

c’est bien que je m’en souvienne plus

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours

je rêvasse lorsqu’on peut bousiller un titan de sang-froid

même s’il fait froid

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Charivari (Fr/Arab)

je me lève tôt et dors de-même

le rythme dans la peau

les tocs

des tocs en toc

par Beethoven l’héroïque

je ne suis pas beau

– pourquoi l’enclume et le marteau ?

quatre murs et deux plumes

et des gens qui l’aiment

de-même

la route est coupée

comme pour le Kilimandjaro

je me rends aux ritournelles

– comme j’étais amoureux et bien !

la poésie et les copains perdus

tout cela se noue

bien que la solitude

mes ballerines, pardonnez-moi… !

l’âme des éphémérides

– je reprends le fil du souvenir

or moi, je vis le rêve d’un étranger lointain

qui n’aime plus le funèbre costume de vos saluts

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Ne dites à personne que je l’aime (Fr/Arab)

les airs de ballade chétive

les yeux terreux

il fuit sur sa table d’écolier

un chien imaginaire crabote

le cœur crève en saccade

la ville des lumières

kingston capitale

un bassin bleu entre les yeux

elle m’a pris par la main

je pense à elle

à l’autre

chanter Si Mohand Ou Mhand

le voile d’or du matin

tonner comme les oiseaux

la montagne au dos courbé

la brume avale tout

la plupart de ce qui ne doit pas être dit ?

l’habille de l’absence

une voix qui implore

rien n’est éphémère

je t’ai aimé

tu étais un ange  

je ne fais plus grand-chose

j’ai perdu l’envie, comme je t’ai perdu

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Vers le Mediator (Fr/Arab)

À Véronique.

comme les ondes qui rongent son corps Badou  

le cœur serre son rêve né des tropiques, hypothétiquement

les membres électriques !

les membres électriques !

les membres électriques !

le sans douleur n’existe pas

il est de bleu le peignoir qui l’habille, effacé

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

il n’aime pas ses mains et désemparé ( le murmure des tropiques ! )

il est de bleu le peignoir qui l’habille, confidences :

elle prend les voiles que la circonstance exige et on nous a dit de ce côté-ci qu’il y a de l’espérance !  

il marche dans l’appartement lourd qui engendre un désordre

il se pavane les pieds nus dans le couloir baigné de lumière

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

sous l’emprise de l’hôte de la maison sur un canapé blanc

je médite la cosmologie d’un homme en sursis

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Les fibres (Fr/Arab)

À Naelle.

un front pale éclaire le ciel

les yeux rouges se posent comme neige

c’est un lièvre qui dort dans les bois

le noir maudit dans l’espace entrouvert

il aime la danse

il aime tourner en aval

il aime les vents de sa tête

les caresses sur le visage fiévreux s’espacent

et elle boit de l’eau à la coupe des arbres pleurants

la mystérieuse ode des arbres que l’on reprend

il descend et suit l’ondulation de leurs vagues

les pensées inavoués

les jardins d’amoureux

les fleurs qu’il ne connait plus

les larmes de l’enfant ont des parfums de lavande

comme une rose en pierre sculptée par les vents  

la peau mièvre se torture à ne plus s’offrir

comme une maille mutique et de l’amour

elle ne rit pas avec les écrans

elle court sur les champs d’avoine

elle ne reverra jamais ses parents

le jour murmure pour clore

les feuilles tremblent à l’automne de la solitude

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Une souris (Fr/Arab)

un champ

dans le trou

une souris sourit  

en dessous de tout

flou

étrange

l’odeur de nourriture

aux alentours de la gnôle

incompréhensible détresse

elle est bête

elle n’est pas verte

les gens la déteste

elle fait des choses insensés

une écriture décharnée  

dedans ou à la lisière

un refuge isolé

tumulte

la vie est un poème inarticulé

au bout du nez  

le souffle court  

chutes et fracas

les temps sont durs

artificiels

les voisins souris

cela concerne son suprême

il occupe tout

l’air n’a pas d’espace

une fiancée éconduit  

quelque chose de détaché

plus de retour possible

la pluie ne nous rassemble plus

nous n’espérons même pas le jour

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Une longueur de désavantage (Fr/Arab)

À Ghiles.

le poète rentre seul à la maison le soir

il se baigne de crépuscule extasié

une communication affreusement muette

le poète rentre seul à la maison le soir

une cloche qui oscille la corde

Marie est une abeille aux mille visages de femme

le poète rentre souvent seul ou en mauvaise compagnie

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

on se déguise pour finir

on joue l’histoire contemporaine du Je

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

un doigt caresse les breloques

le diadème d’argent qui nous honore

puisqu’il faut vraiment écrire un poème

13/14 février 2019, à Bordeaux.

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Elle est cohérence (Fr/Arab)

À Nassima.

de tous les charmes confondus

je bravais mon cœur corrompu

sentant la bref musique

un signe d’aucun recours

comme faire une nique

aux fidèles m’amours

le temps de mes premiers amours

je cachais une passion de toujours

c’est l’étreinte d’un commis voyageur

c’est les sandales de l’orphelin choyé

c’est l’imaginaire d’une fille que l’on regrette

c’est la pièce où il ne se trouve aucun spectateur

par un ailleurs…

nous nous fichons de vos exploits !

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Un couplet se construit (Fr/Arab)

je suis un garçon bien

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux…

je suis un garçon bien

comme il faut

qui le fait et le savoure

quand je peux

un ange

je suis un garçon

tout comme il faut

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux

le mal, je le repousse moyennement

comme un ange médiocre

je suis un garçon

comme il faut

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux

je repousse le mal moyennement

une sorte d’ange médiocre

laissez-moi dans ma caverne

il y a un petit feu, une ombrelle… etc.

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Sur la terrasse de la pizzeria Le Mystique*

je suis en terrasse et il y a un léger vent, quelques regards complices. j’entends du japonais sur la musique de Imagine, une voix délicieuse.

je dégage une odeur de tabac et d’herbes de Turquie, même si je n’ai plus le goût à rien.

appel à la prière

le chien ne passe plus pour un loup

sous les pleurs

je pense à mon ex-femme, comme déjà bien corrodé ! j’accorde de l’importance à des chose qu’elle a semée.

elle était comme une espèce de mammifère avec les yeux en colère, disloqué. j’attends le jour où elle me reviendra.

derrière nos derniers soirs de bonheur conjugale 

un jour de septembre qui m’inondait 

je souhaitais me blottir contre toi

je pulvérisais à la place ton parfum sur ma peau

elle m’avait appris à manger un yaourt nature avec de la confiture, ceux à l’orange étaient mes préférés. mais surtout comment faire mes pizzas.

j’écrirai peut-être un jour un opéra-comique à son honneur.

je me laverai plus souvent

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

Cap ou pas cap pour nos yeux (Fr/Arab)

comme une pluie aux couleurs de pétrole

comme un fruit gorgé de soleil

morsures

goyave

vents de papaye

ils me transpercent en équilibre

ils me fêtent chancelant

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après Arthur De La Sierra ?

comme un dépourvu d’explicite

comme une mystique du voyeur

archipels

Cancún

au fait des muses

avec les fuites urinaires il y un dieu

il y a les fluides

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après l’Amour Du Dissolvant ?

comme écrire pour une autre époque

comme se lever d’un trop plein de désir

Sabah

turquoise

juste des émois

depuis combien de temps n’avons-nous rien appris

nous ne prenons que les coups

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après la Mort Des Bienheureux ?

je rejoins le calme des frênes

je rejoins le rêve d’une salamandre coquette

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Un été avec Dante

je lisais Dante Alighierie, un poète exilé au noyau obscure. je traversais ses textes où plusieurs niveaux de discours transparaissaient.

il me rendait petit, désuet, flasque… etc. comme sous l’effet d’une eau chaude et l’ascension de son verbe qui transcende me navrait.

le paradis blanc sur bleu ou bleu sur blanc annonçait le crépuscule, le sien. je me demandais comment peut on faire œuvre sans filiation ?

je commence à me sentir en adéquation avec mes propositions, mes

images, mes mots, etc. qu’il me faut déjà creuser davantage

je ne transcris pas une poésie qui ne me travaille pas, pourquoi est-ce

ainsi ? revivre peut-être une seconde fois, une gratitude

les incompréhensions, flottements, joies ou douleurs, sont sans doute les

plus authentiques, aériens, éphémères, à transmettre

un capharnaüm, un catafalque, une rançon

une écriture chamanique

le chemin d’un pèlerinage sans fin

cris de soif

très haute la concave de Jupiter

une conversation entre le gravé d’une paire de flûtes

ad vitam aeternam

Muhammed et son gendre Ali, les lumières de l’orient se trouvent dans la Comédie bannis, comme avec l’écharde enfoncée des papes.

il n’était au fond question que de la langue, de réalisation de soi-même par l’écriture en se surpassant. la quête de joyaux !

je ne savais comment les mots employés fonctionnaient, mais je savais pourquoi ils devaient être là, triomphants. les choses me semblaient opaques par moments.

les scènes grotesques de l’enfer… etc.

une lecture ésotérique

l’âme sous l’influence des astres

déjà vu

cela fait un toit pour l’été

d’un vivant

l’Amour chantait de Béatrice me faisait sentir une nostalgie de florentin, une édifiante clarté ! je retrouvais depuis cet air en voyant chaque enfant.

la croix que l’on désire sous ses fesses, je m’avouais l’avoir connu. pour ce qui est des personnages, ils m’étaient non-attrayants plus que le reste.

il invitait à la confession.

je ne relirai sans doute plus jamais Dante, il appartient au quatorzième siècle et qu’il y demeure, – quelqu’un veut s’approprier son livre ?

cela est sans appel

je ne sourirai plus à mon bouquiniste

mes yeux étoilés bruissent par un saut

le chat ne joue jamais seul

s’infiltre par la serrure de la porte et des fenêtres 

l’aube aux clartés essentielles

tout s’invite à ma demeure 

à l’heure de l’éveil tâtonnant de la nature

l’attention porté à la circulation des oiseaux

l’astre, le chant, les dieux

l’odeur de lait et de café sur le feu mitonnant

le secret miaulement d’un esprit étrange et drôle

la naissance du jour et de l’adresse 

l’appelle du vendeur ambulant

le cœur est un chien qui dort

éprouver de la compassion envers un monde perdu et de dégénérés, n’est-ce pas être soi-même atteint de folie ?