Les couleurs sont ailleurs (Fr/Arab)

j’aime la couleur rouge dans le rouge ! parlons de la sensation du rouge même si elle n’est pas tout à fait rouge

j’aime la couleur orange dans l’orange ! parlons de la sensation de l’orange même si elle n’est pas tout à fait orange

j’aime la couleur jaune dans le jaune ! parlons de la sensation du jaune même si elle n’est pas tout à fait jaune

j’aime la couleur vert dans le vert ! parlons de la sensation du vert même si elle n’est pas tout à fait vert

j’aime la couleur bleu dans le bleu ! parlons de la sensation du bleu même si elle n’est pas tout à fait bleu

j’aime la couleur indigo dans l’indigo ! parlons de la sensation de l’indigo même si elle n’est pas tout à fait indigo

j’aime la couleur violet dans le violet ! parlons de la sensation du violet même si elle n’est pas tout à fait violet

j’aime la couleur noir dans le noir ! parlons de la sensation du noir même si elle n’est pas tout à fait noir

les couleurs vous possèdent

prenez vos pinceaux

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Après la séance

À Kamel.

est-ce ainsi pour lui après chaque séance, sa glotte ? il prend une serviette, un peu sonné. il tâte l’air en essuyant d’abord son visage à moitié penché sur son épaule.

les gestes sont imprimés dans ses gènes, une frappe. sont-ils des automatismes ou l’essence d’une vérité, qui saurait répondre ? les éléments se confondent et s’insinuent.

il respire le dos appuyé au mur.

il entend les fées qui regagnent les lieux en se promettant de les aimer d’une autre semence. il regarde son corps qui un jour le trahira, sans doute épuisé.

il saute de son plongeoir.

le phare de symbole est fatigué

l’osselet se brise

comme à chaque fois

le portail reste sans réponses

aux mystères de l’eau

il est fait de bras qu’il ne sent plus et deviennent lourds, ils ne lui sont peut-être pas étrangers, mais d’un gladiateur ! ils ont entamé la flamme et tracté tant d’espoirs.

il est fait d’un torse et ses poumons amples qui répondaient pendant la séance sont chauds, olympiens, se développent. il n’a encore une fois qu’effleurer ses capacités.

il revient à l’eau verte avec une odeur d’égout qui sculpte les corps hypnotisés, les plots de départ jonchés de matérielle de façon chaotique… etc. toute son attention s’y porte.

il reçoit le don vivifiant

l’esprit de la bravade nourrie

un portail bleu

les machines sentent le neuf

en coup de vent

il se dit qu’il n’y retournera pas ! il se dit que s’en est assez d’endurer ! il se dit qu’il n’a rien d’un athlète ! rien ni personne ne lui a appris à s’habituer.

quelques uns passent et d’autres qu’on oublie.

il sait que le labeur est derrière lui et que la nuit lavera ses visions, une accalmie dans le schéma de vie qu’il s’est créé. il n’a jamais su gérer la fin d’une saison.

le ciel abonde d’histoires nouvelles et surtout sans épreuves, il y croit fermement ! il y croit comme un engagé qui ment à son capitaine. il marche pour rentrer.

déjà différent !

l’espérance à la fiche

la lune croissante rétablie son œil

les générateurs de l’été

le poème renait de ses cendres

entre les dents

Dans des temps reculés

la voisine de mon ancien immeuble aurait pu jouer d’un instrument, il y avait tout le temps de la musique dans son appartement. elle recevait souvent.

on s’entendait à peine penser dans le voisinage.

les yeux tracés de khôl comme les maghrébines, elle me donnait l’impression d’une botte d’asperges sur les étalages du marché, un syndicat !

presque toutes câblées.

elle avait dans les alentours de la trentaine, une allure mince bien sûr, et espiègle ! je ne trouvais aucune affinité particulière avec ce style de femme.

d’une contrée lointaine et pour d’autres amours !

un doigt sur les lèvres

retrouvé par son esquisse

d’un chant violet

je la croisais à l’entrée de l’immeuble, mais plus souvent sur l’un des paliers de l’escalier. on échangeait sur nos activités courantes et les banalités.

somme toute, on était voisin.

elle me relatait parfois sans omettre le moindre détail les faits et gestes d’un autre locataire, elle en faisait une espèce de chronique avec l’esprit des conteurs.

je devinais presque ses intentions le jour du drame, même s’il me manquait la nature des circonstances que je finissais d’apprendre par la suite.

elle sortait cette fois sans manteau

il faisait froid

un drapé de pluie

ainsi sont les fleuves

parfois en hiver   

elle baragouinait quelques mots en descendant les marches, les personnes stressés le font pour masquer une appréhension, mais pas que ! le croquis d’un sourire la parée.

elle me souhaitait la bienvenue, je ne réponds dans ce cas aux politesses d’usage qu’avec courtoisie. 

j’évitais comme j’ai pu de croiser ses yeux, elle venait d’appeler les secours !

une nuit intense   

les histoires abimées du vivant

même chez les astres

Les entraînements terminés*

À Sihem.

ils sautent l’entraînement terminé la tête la première sur une terre rouge, la peau glissante et le cul bombé. ils ne se parlent pas.

vous vous figurez bien un train qui rentre en gars, non ? sauf qu’ici, le ciel mousseux leur tombe parfois sur la tête, comme la pluie !

le train s’arrête en noir et blanc.

un ciel bleu d’azur

les enfants nagent vers la nuit

ainsi que des dieux  

ils ne savent plus lire en riant et pourquoi marcher ou parler, alors quoi ? seul l’idée du martyr gouverne leur raison.

je range mes photos comme de l’artilleries, sans aucune conscience des

choses véhiculés. je me les figure jaunies, une colle

je soupçonne mes proches de m’éloigner de la poésie, comme au

début de mes recherches. ils me tiennent dans l’ignorance

j’essaie de les justifier si c’est pour me préserver, une sorte de

bienveillance réciproque. mais au final, cela produit tout l’inverse

un visage, une absence, un podium

ils ne cherchent rien de particulier à se surpasser, à briser leur cœur. ils traversent des kilomètres à la nage et en eux-mêmes, c’est tout.

souvent entre sept collines

une soirée d’été où la lune est pleine

le vent fraîchit derrière les vitres

( il n’y avait pas de vent en cette belle saison ! )

en l’an onze…

c’est d’une nageuse qui se tait jusqu’à les matines

l’eau clair chaque jour les boit

les gazelles battent le caveau du Tibre

ils savent par contre glisser lentement jusqu’à leurs lits, l’exploit ne demande pas autant à des adolescents !

il y a aussi une faim qui creuse et quand même soif, comme des cyclopes sans les vivres ! même si plus personne de nos jours ne croit à ces créatures.

encore moins ceux qui les créent !  

l’échine d’un rêve est l’ergonomie simple, sans causes.

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

Absences

À Rochdi.

1/3

je réapprends à aimer… vous dites que l’amour est un sentiment infini ? j’ai fermé à un moment les portes, comme un raccourci vers la nuit.

je ne sais après comment le vivre, il m’est difficile de l’exprimer. je ne sais rien d’autre que mon insignifiance, la table de mes échecs qu’il me faut réchauffer.

comme le travail des choses précieuses, l’orfèvrerie, les pierres… etc. j’ai une insuffisance étroite avec le Soi, une nommée dans une certaine économie de l’ordre.

j’offre ma vie cela va de paire

vendre mon âme cela me laisse réticent

l’oisillon becqué

le souvenir des paroles oubliées

se démêlent

je n’ai plus foi en la vie, – qu’est-ce qui se bouscule dans mes entrailles et remonte à la surface des scènes incompréhensibles à l’entendement ?

n’est-elle pas à contre cœur harnachée !

le raz-de-marée qui submerge le sol emportant les édifices de la honte… et mon corps inondé, et mon cœur prend le flux des vagues… ! je surnage en suffoqué.

je revois mes départs vers les anneaux de glaise sphérique, les mêmes planètes aux pupilles blanches qui se balancent jusqu’aux matins colossaux en pleurs… etc.

les lendemains soulèvent mes craintes

je passe sur les nuits givrées

corail du ciel

on est toujours au sud

de quelqu’un

j’erre souvent dans mes abîmes, une légère tendance à la mélancolique et me voici débarrassé. j’enracine mes espérances dans mes semblants de sincérité.

je me tiens en marge de la société, cela me permet de recevoir. j’arrive parfois à trancher dans le vif, il faut dire que ce sont là des instants particuliers.

je suis franc et honnête avec moi-même sur mes envies et dans quoi je m’aventure. je suis franc à perdre haleine ! je me parle à cœur ouvert, comme je parlerai à Dieu.

l’espoir m’est permis

ô quel drôle d’espoir nous concevons !

douceur de la nuit

la musique de la brise d’été

sur les feuilles

2/3

vous êtes en piteux état que ça devient presque déconcertant, quelque chose s’est cristallisée, là ! j’irai jusqu’à dire le contraire si je ne vous connaissais pas.

je doute que ce soient toutes ces traversées qui vous laissent sans droits, ne vous minez plus. je crois aux occasions fournies pour redoubler d’efforts.

je ne suis qu’un modeste généraliste, ne vous demandez pas comment ! excusez-moi, s’il vous plaît, je dois rependre à cet appel… ! allô, vous interrompez… !

vous passez par-dessus les eaux opaques

les chemins qui en disent long

l’appel de l’aube à la prière

mêlé au chant des oiseaux

repend oui

je vous disais que personne ne peut deviner votre désarroi dans les cinémas, à la plage ou dans les balades au parc…etc. seul, vous éprouvez les remous.

essayez de sortir, amusez vous ! voir du monde n’est pas si mal ! cherchez dans vos anciens contacts. parlez-moi, il est toujours question de votre femme ?

cela fait un bout de temps que l’on se voit, vous rentrez régulièrement à ce cabinet et dès que vous franchissez le seuil, vous disparaissez.

est-ce que vous tiendrez la distance ?

nul n’échappe à ses erreurs

la plage vide de présence

abonné à la sortie buissonnière

du mois de mai

je vous conseille de mettre toutes les chances de votre côté, peut-être qu’un jour elle se rendra compte de l’erreur commise, ou jamais. vous aviserez le moment venu.

je suis attristé par votre situation actuelle difficile, vous butez sur des questions sans fin, mais ne soyez plus tributaire d’une histoire qui vous détruit.

je tenez à vous dire que je reste présent, continuez à venir me voir lorsque vous jugerez cela nécessaire. nous pourrons reprendre à votre guise.

vous et moi, c’est tout comme

un médecin peut nuire

court-circuiter le réel

avec le sourire d’un homme

coutumier du bien

3/3

tout me ramène indubitablement à vous, vous êtes partout à la fois, à l’intérieur de moi aussi ! du plus lointain souvenir au geste le plus anodin.

vous m’avez sacré poète.

vous affichez plusieurs visages à mon inconnaissance, la primauté à l’étoile de ma vie. une guide dans un pays où les étoiles sont de mousse.

revenir n’est plus possible entre nous, après tant de sacrifices et d’habitudes regagnés. retournez au pré de vos proches et dites-leur qu’ils n’ont plus rien à craindre.

je tâche de me prémunir des insolations

de me ronger la peau

une bref éphémère

je danse le hip-hop parfois

dans ma tête

vous me poursuivez dans les moindres recoins, sans exception. on s’est mis hors de la vie lorsqu’on s’est aimé, plus personne ne peut nous l’enlever ou l’effacer.

j’aimerais tant vous revoir pleurer, ne serait-ce que pour avoir le cœur net sur mes sentiments passés. je m’affranchirais de ma nature de démembrer.

je ne suis presque rien sans vous, un témoin involontaire au drame de ma vie. je surpassais sans conviction des hommes dans la fureur de vivre.

je croyais à votre histoire plus que tout

un lot qui m’aveuglait

cet écho rappelle

les deux âmes qui vagabondent

dans la pénombre

c’est de mon amour meurtri que je meurs, j’étais béni des dieux et mes prophéties se réalisaient. est-ce qu’il y a encore une femmemerveille en ce monde ?

je laisse derrière moi des univers infinis et rien d’autre, une interstice à des murs indéchiffrables. je ne peux me dire et voir venir en me laissant choir.

toutes mes pensées vont à Dieu qui créa la terre et les hommes pour vivre en paix. j’ai vécu en paix avec vous dans certains endroits calmes et doux.

j’aimerais vous parler de Lui.

la vie est une mort heureuse

si seulement les regrets ne dormaient pas à mon chevet

une petite magie

laissez-moi encore vous vivre

entre les lignes