Sensations

l’atmosphère de moisie qui nous magnifiait, le bleu-noir du ciel, les étoiles, ta peau, je m’en souviens:

comme de ta voiture rouge métallique, une zx de 1991. toi, tu te tenais juste à côté, tes dessous d’habits baissés

elles filaient en demi-teinte ces punaises, de vraies bêtes théâtrales, elles mouraient autant les grands soirs de fête

elles brillaient pour toi seule, cette nuit d’été de l’acte bréviaire…. tu les reconnais ces soirs d’été ? où chacun avait son dôme

tu l’avais bien comprise cette substantifique moelle… nous rêvions à demi-mot nos nuits désordonnées, les algues et le parfum de la berge siliconée  

tu filais entre mes mains vers les rives baltique, mais je t’attendais ! même si je sentais déjà les prémisses d’une nouvelle déchéance  

je me baladais avec ton visage urbain, comme un délit ! une valise cabine entre mes jambes et tout prés, ton esprit qui criait à la cavalcade 

c’était juste des météorites

c’était juste une étoile filante

c’était l’histoire d’un poisson combattant

Image par 【微博/微信】愚木混株

Les façades d’Alger*

À Ramzi.

il marchait en plein milieu de la rue en tenant une petite baguette en bois dans sa main gauche, il était enveloppé d’un drap, de braises et d’un front où perlait la sueur !   

il avait des yeux blancs semblables à ceux de Jacob Le Pacifique, et un ciel au-dessus qui l’ornait de son fluide mystérieux.

la rue d’Isly

les esprits sous la chaleur d’été

soulèvent le bleu

un Rai circulait dans l’habitacle des jeunes algérois, les plus anonymes étaient autour d’une statue noyée dans un bocal d’algues vertes.

le sol d’asphalte n’opprimait pas son ombre, il éprouvait une terrible perte. il prophétisait une énième fin du monde.

lui comme moi, comme quelqu’un d’autre, on rêvait de croiser une sœur. une graine pleine d’une vilaine histoire à nous raconter et vibrante d’amers soleils.

les capitales de la frénésie sont toutes ainsi devenues, un spectacle ouvert pour le spectre des moutons noirs.

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.