Esprits, corps et âmes

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j’allume, j’étreins… c’est toujours moi ! la lampe du bureau fatigue mes yeux, une veille artificielle précédé d’un jour comme un ciel d’été, quinteux.

je repense à mes amis qui ne m’ont pas appris à panser mes maux, à faire mon deuil, où sont ceux que j’aimais ? je les tuerai pour m’avoir laissé loin de leur aura.

— un tel, dommage… il avait un énorme potentiel ! dommage ! il me devait des sous, et puis sans être trop regardant, je tournais la tête vers l’horizon de mon cœur.

je renonçais à tous les univers qui s’offraient, s’annulaient, etc. je n’avais peut-être pas assez de hauteur, ni de mérite. je comprenais vite.

je cherchais dans mon enfance un baume, sans m’attarder sur la primeur de ses affects, comme un malheureux malentendu, une supercherie, annonçant l’avènement d’une chaotique histoire. 

— je rentrais perdu dans la céleste cité avec mes parchemins, mon baluchon et mes loques. toutes mes lectures et mes poux m’y diriger.

je sais ton cœur en n’espérant plus de tes nouvelles, cet instant d’où ma langue bascule. je te promets qu’une pluvieuse après-midi peut me rapprocher de ce qui fut. 

je veux que tu m’entoures dans mon long voyage, par tes prières rompues… ! que tu m’emplisses des saveurs de la rosée, pour revenir vers chez toi, vers la clarté.

— je glissais de mes mots sur le lit qui me fragilisait, que je dépassais, après une assiette de fromage et de saumon fumé ! une malédiction.

2/3

quand pour les âmes ici-bas est de finir

une langue qui s’exporte, je rage comme la peste

en me cachant pour ne pas voir l’horreur

encore moins qu’un prince, cacher mon chagrin

je te reconnais bien là, à la renverse

et le mal qui se joue savamment de toi

3/3

je lisais les poésies de Joyce, et ma tête s’engouffrait dans l’oreiller. le lit me semblait profond. il se trouvait tout de même une fin à ma descente, une chute ! les mots sur lesquels je rebondissais.

je me redressais en nage, comme sorti d’un songe inhospitalier. j’étais pris par une froide fièvre et la nuit, une chorale chantait en moi. je me soulageais cependant qu’il n’y avait pas de pot.

je me disais si j’écris d’une égale beauté, un vers, une phrase par jour, je serai dans le sillage de la plénitude. il faisait dehors un plat brouillard qui fait asseoir une méfiance pour les individus que l’on croise.

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