De zéro à onze

0/11

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1/11

accroche toi, rajuste tes ailes, cible le jour, endure

tes nuits, etc. les pôles s’entrecroisent

une histoire au flanc des dunes, un désert, joue avec les vents

réinvente des tempêtes, etc. on aurait dit un climat tropical

vol au-dessus des lignes, ne trébuche pas, une paire de basket

blanche, une paire sans lacets imbibée de sang

un départ, une pause, un revers

2/11

je n’ai jamais trouvé de liens entre une chenille, les étoiles et nous

qui observons cela, un peu ahuris

j’aime te parler encore un peu de notre présence au monde

du don de la vie, de nos premiers cris…

il aurait fallu que tu me quittes pour accepter mon étrangeté

mes hors limites, etc. un pardon se niche là

tu es l’autre continent, tu es le verre de lait

3/11

je rêve de lunes d’argent et de sahara, plus brûlants que le métal. parfois

un clairon s’entend, parfois les bois ! c’est d’une faille que j’arrive

je sors de la tourmente, ignoré par la mort, comme passer

par la faim. les plus illustres sont passés en versant leur sang noir

trois cartes, j’espère une quinte d’os sur les braises

en amont de mon amour, au creux de ma main

une rature, une frondaison, un délit

4/11

les bancs publics définissent ton rang social, parlent de tes états

d’âme, etc. les clodos même ne s’y assoient plus

ton corps s’est tellement reposé sur leurs sièges que cela te rend

inquiétant, plus que la course à l’hécatombe

tu ne sais d’où te vient le besoin de les fréquenter, de laisser couler

absent de toi même à l’écoute du vent et les arbres

un banc, une conversation, une fenêtre

5/11

je range mes photos comme de l’artilleries, une échappée des

choses véhiculés. je me les figure jaunies, une colle

mes proches s’efforcent à m’éloigner de la poésie, comme au

début de mes tentatives. ils me tiennent dans l’ignorance

les justifier peut m’apparenter à un leurre, si c’est pour me

préserver. parce qu’au fond, cela produit l’inverse

un visage, une absence, un podium

6/11

je trébuche à chaque palier de mon errance, sorti à peine du sommeil

de l’oubli. oh, quel malaise !

je transpose mon cœur sur la réalité, rien ne me permet

d’explorer mes horizons, une réserve

je revois l’adolescent au visage triste et qui sourit

honnête, désireux de s’endormir sur son foyer de la mélancolie

la vie m’aurait fait grandir, la mort m’aurait fait guérir

7/11

je touchais un peu à mon mektoub au sahara, mes yeux

exprimaient le feu, une soif sans vie, insoutenable

je bougeais par mes choix les lignes de mes proches

cyclique cellule. je terminais troublé

c’était une main très vague, quelques feuilles sur les dunes

comme un éclair. écrire dès lors était un ancrage

une anomalie s’était révélée, une décharge s’était échappée

8/11

dur de passer à travers Nedjma, un roman écrit à deux

mains, cela me calme comme un glaçon

il faut reconsidérer cet ovni et les contributions des ses auteurs

que l’on reparle encore et toujours, pour la postérité

Kateb Y. prenait des notes sur des cahiers avant sa

disparition. je souhaite jeter un coup d’œil et réécrire avec le barde

une expérience, un manque, un appel

9/11

selon la représentation que tu fais du fruit de la connaissance, pomme ou

poire, etc. à un détail près, cela parle de ton courant poétique

les fruits à part les manger, les sexualiser, les laisser pourrir sur un

plateau, etc. on peut les peindre et rentrer dedans, bien dedans

être le fruit au goût de miel pour l’amant, la maitresse

le vent du nord, le mistral, une planche

10/11

je commence à me sentir en phase avec mes propositions

quelque chose d’un fleuret, qu’il me faut déjà creuser davantage

je transcris une poésie qui me travaille, – pourquoi donc est-ce

ainsi ? revivre peut-être une seconde fois, une gratitude

les nœuds, flottements, sont communément les plus authentiques

à transmettre. une incrédible douceur

un capharnaüm, un catafalque, une rançon

11/11

je voyais parfois des formes avant de m’endormir, peu bruyantes et

imperméables au temps, mais surtout éveillées

je ne les rattachais à aucune vérité, elles tombaient, impactantes

immédiates. elles avaient une tonalité dramatique, leurs propres couleurs

je les considérais selon mon état d’esprit, l’intensité du moment qui

me prédisposait à les recevoir. elles cousaient dans les parages

une nuit, une attention, une façon

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