La poignée avait une fonction, ouvrir !

Qu’est-ce qui me liait à Zahia El Djazaïr, alors qu’elle s’était mariée avec l’ami de son frère et venait d’enfanté un garçon.

Ils m’avaient fait savoir qu’elle était avec un homme d’une famille aisée,- avait-elle eu seulement le choix ? Cela déjà tenait plus d’une fabrique.

Leurs intentions étaient tournées au juste vers moi, même si j’en doutais, parfois. Que je n’étais pas assez responsable pour construire, etc. ( Je tiens en horreur ce mot ! ) 

Il y avait de quoi se décourager et s’en vouloir, mais pour d’autres ! Je ne prenais plus mes désirs pour des réalités, et surtout, j’arrêtais de me définir par ce qui me plaît ou pas.  

j’étais heureux pour eux, un foyer, un couple, un enfant… comme très peu pouvaient le concevoir, et même dans leur situation !

Je viens de quelque part et toute mon erreur était de les écouter, de laisser.

Ils disaient pour finir que l’enfant aurait pu être mon fils.

la femme qui reste

une lune m’éloigne de son chemin

là haut chante

Pierrot joue de sa fenêtre. Cadéac Les Bains, Été 2021.

À minuit le mur s’est effondré

À Abdelkrim.

la nuit est à l’orage de sable

et sommeille sur ses défaites et ses morts.

me voici attablé sur mes pieds et livré sans nœuds 

une existence cartonnée.

vendredi, mais que dire ?

les jours sont promus au suicide.

les poings ne tiennent plus tête ni parole

le devoir.

… si frêle la traversée des heures

et qui me donnent, une soif !

je marche sans y croire

le nez fier et insoumis

les adieux au ciel de l’enfance

nos retrouvailles seront pures, mon oncle.

tu réclamais le pardon à la voix des poètes

ils hurlent : coupable !

c’est sans entrailles que je glisse

devrons-nous suivre ?

la condamnation avant leurs coups sournois

je souris à ma dernière cigarette, sans y croire !

hors de portée

leurs mains sentent le camphre, le musc et la rose, vidées.

trois feuilles au réceptionniste, trois feuilles !

il préparait sa nuit, une proie.

la chambre contient deux lits

je-quitterai-les-lieux-avant-qu’-ils-ne-sentent-mon-odeur

taire la mort pour ne pas tuer

je redoute l’accident en soupesant leurs limites.

l’invariable calcul des rails

( Dieu qu’elles sont propres les consciences ! )

les toits en guise de murailles, un nid

une synergie s’éternise ailleurs

la ville se rouille et rien ne promet, aucune sentence !

sans y croire, aussi.

en rêvant d’une erre, pourquoi toi ?

ils prennent des trains comme si c’était le dernier

la lumière du nord n’est qu’une considération  

la perspective qui échoue.  

les éboueurs passent avec de bonnes volontés aux seuils des portes

je grince comme du fer.

une voix lorsque je priais, indiscernable. elle disait : reviens mon fils, reviens ! je me suis fourvoyais avant de me ressaisir… puisqu’Il n’a pas de fils !

le premier souffle atteint ou éteint

une brise d’été me parvient par la fenêtre

la vie est passée, l’écriture

les aventures et les poètes que je voulais, et je laisse !

ton âme visite les maisons de négoce et les rues

ta mémoire retrouve ses éclairs

je dis la bêtise et ne m’en souci point   

quand est-ce que est le temps ?

le monde mérite la ruse dans le sacré, peut-être !

mais en dehors nul n’en a besoin

je relâche tous mes démons, lâche mes liens

le cirque prendra fin, ou jamais.

Sensations

l’atmosphère de moisie qui nous magnifiait, le bleu-noir du ciel, les étoiles, ta peau, je m’en souviens:

comme de ta voiture rouge métallique, une zx de 1991. toi, tu te tenais juste à côté, tes dessous d’habits baissés

elles filaient en demi-teinte ces punaises, de vraies bêtes théâtrales, elles mouraient autant les grands soirs de fête

elles brillaient pour toi seule, cette nuit d’été de l’acte bréviaire…. tu les reconnais ces soirs d’été ? où chacun avait son dôme

tu l’avais bien comprise cette substantifique moelle… nous rêvions à demi-mot nos nuits désordonnées, les algues et le parfum de la berge siliconée  

tu filais entre mes mains vers les rives baltique, mais je t’attendais ! même si je sentais déjà les prémisses d’une nouvelle déchéance  

je me baladais avec ton visage urbain, comme un délit ! une valise cabine entre mes jambes et tout prés, ton esprit qui criait à la cavalcade 

c’était juste des météorites

c’était juste une étoile filante

c’était l’histoire d’un poisson combattant

Image par 【微博/微信】愚木混株

Les façades d’Alger*

À Ramzi.

il marchait en plein milieu de la rue en tenant une petite baguette en bois dans sa main gauche, il était enveloppé d’un drap, de braises et d’un front où perlait la sueur !   

il avait des yeux blancs semblables à ceux de Jacob Le Pacifique, et un ciel au-dessus qui l’ornait de son fluide mystérieux.

la rue d’Isly

les esprits sous la chaleur d’été

soulèvent le bleu

un Rai circulait dans l’habitacle des jeunes algérois, les plus anonymes étaient autour d’une statue noyée dans un bocal d’algues vertes.

le sol d’asphalte n’opprimait pas son ombre, il éprouvait une terrible perte. il prophétisait une énième fin du monde.

lui comme moi, comme quelqu’un d’autre, on rêvait de croiser une sœur. une graine pleine d’une vilaine histoire à nous raconter et vibrante d’amers soleils.

les capitales de la frénésie sont toutes ainsi devenues, un spectacle ouvert pour le spectre des moutons noirs.

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

Nous sommes fatigués

1/3

nous sommes fatigués de somnoler,- de courir à perdre pied,- de marcher,- de se lever avec nos fragilités,- de s’habiller de nos voix de ténor,- de remettre ça.

de descendre pour ensuite remonter,- de se tenir,- de tenir les murs,- de chausser nos chaussures neuves,- de se barber,- de redormir pour l’éternité.

de brider nos voix,- de discourir en fou,- de se voiler la face,- de fleurer en duel,- d’injurier sans crachas,- de subir nos désarrois,- de se taire et d’oublier.

je crois à la magie des verbes

les échelons qui m’amènent à cet instant

je-suis-content-des-fleuves-qui-créent-les-courants-le-soleil-source-se-lève-à-la-même-heure-et-je-n’-y-peux-rien-à-savoir-qu’-un-poète-peut-toujours-peut-toujours

de suivre nos chances,- de se rehausser de vivre,- de vivre de vous,- de départir vos exploits,- de feindre que l’on vous a compris,- de procrastiner nos démons.

de se réinventer à l’infini,- de nous lire aveuglement,- de poétiser l’arc-en-ciel,- de travailler nos destins,- de piailler sans écho,- de performer le sang.

nous sommes fatigués d’intellectualiser,- de produire l’inactuel,- de corriger et repasser de nouveau,- de s’allonger sur vos divans,- de commercer les rapines.

j’entends perdre à tous les rendez-vous

les verbes comptent double dans une défaite

VENTS… ! VENTS… ! VENTS… !

Il/Elle : tu connaîtras l’éternité

A : comment le sentir et où ?

Il/Elle : tu partiras sans tes dents

A : est-ce que tu me condamnes à la solitude, le silence ?

de creuser nos tombes,- de se brosser et de plaire,- de déguiser nos vérités,- de se masquer,- de sourire à nos vanités,- de calligraphier nos peurs.

d’empiler les lendemains,- de déchanter,- de zipper un lot commun,- de ne plus se reconnaître,- de ne plus rien vouloir,- d’erroner le juste posé.

d’harmoniser nos désordres,- de se détacher de tout,- de souiller nos lieux et coutumes,- de changer d’avis sur les êtres,- de nommer lorsqu’il s’agit que d’un regard.

je vague pour ne rien céder à l’amertume

les verbes voguent d’une mémoire à une autre

une journée de grève

je fracasse les billes en verre

de ma bourse 

2/3

nous sommes fatigués de s’aimer,- de toucher des bouts des doigts,- d’embrasser à pleine bouche,- d’embraser nos mots,- de humer vos parfums saturés.

de lécher,- de jouir à couvert,- de rentrer et de sortir,- de se réchauffer et de se refroidir,- d’affranchir nos âmes frileuses,- de contempler l’azur de nos corps.

d’érotiser nos conversations,- de procréer les ingratitudes,- de juger sans marteau,- de reprocher se qu’on essuie chez nous,- de parler et tout dire.

je m’abandonne à la force de parler

les verbes englobent le silence sans promiscuité

comme-à-chaque-fois-je-me-retourne-si près-de-la-sortie-et-si-mes-rivières-pour-elles-se-sont-taries-je-n’-en-veux-qu’-à-moi-même-nous-deux-était-si-beau-dommage-dommage

de bifurquer en dehors,- de pleurer des ruisseaux,- de chuchoter nos ébats,- de couler sans le souffle,- nous sommes fatigués de faire l’amour.

de sourire de nos disettes,- de déjeuner,- de déféquer puisque l’homme l’a choisi,- de boire que de l’eau de javel,- d’écouter et ne rien entendre,- de vous vomir.

de tousser du miel de revanche,- de se gratter même si c’est une bénédiction,- de ronfler sous vos draps,- de fouiner dans tous les recoins,- de jouir une dernière fois.

je noie les frustrations de la chair étouffée

elles ont du plomb dans l’estomac

– TIC-TIC… ! TIC-TIC… ! TIC-TIC… !

F : à quoi tu penses, mon amour ?

A : je pense à la rue et aux énergumènes qui la peuplent

F : … et maintenant, dis-moi à quoi tu penses ?

A : je pense aux insuffisances de notre lit

F : … et maintenant, une dernière fois ?

A : je pense à l’orage qu’est ta personne

F : tu veux bien laisser, je finirai demain incha’allah !

A : je sors faire un tour

de partir et ne plus revenir,- de promettre sur nos détériorations,- d’appeler en masqué,- d’échapper à nos conflits,- de s’empiffrer de vos cosmétiques.

de se connecter à qui vampirisera l’autre,- de se virtualiser avec des histoires souhaitées,- de chatter avec les idiotes,- de faxer les avalanches de sons.

de décrocher fâché,- de raccrocher sans réponse,- de bredouiller sur rien,- de photographier nos sexes,- de twitter sauf si on est intéressé. de se ramifier.

j’entrechoque chaque mot qui est une boule à facettes

comme la perle Amour

les nuits se font harem

transcendé par mes souvenirs

et le temps

3/3

nous sommes fatigués des hauts et des bas dans la foi,- de ne jamais voir la nudité,- de patienter sans être un patient,- d’acter nos intuitions.

de pécher par timidité,- de reprendre lorsque rien n’est donné,- d’aumôner au plus fort,- de réinitialiser,- de sentimentaliser,- de mentir par excès.

nous sommes fatigués de porter des fruits prêtés,- de parier nos âmes sans rachat,- de juxtaposer nos réalités,- rien ni personne ne pardonne l’aisance.

je reste le jongleur sans torches de feu

le poète joue des verbes glanés

même-si-ce-vain-monde-échappe-de-l’-apocalypse-grâce-à-une-poignée-d’-hommes-qui-prient-je-ne-les-salue-pas-de-toute-éternité-mais-à-une-échelle-moindre-j’enfante-pour-chacun-d’-eux

nous sommes fatigués de bénir,- de croire et de ne pas croire,- de prier les gens que l’on ne connaît pas,- de se purifier,- de guérir de la bonne santé.

de chuter sans parachute,- de se convaincre d’un pardon,- de s’ailler,- de sacraliser,- d’amourer nos incapacités,- d’invoquer pour nos morts,- seul Dieu m’en est témoin.

de conjuguer entre les paroisses,- de jeûner les jours de plaine lune,- d’ajourner nos délibérations,- de mourir à nos croyances,- d’admirer les prophéties.

– C’EST L’HEURE… ! C’EST L’HEURE… ! C’EST L’HEURE… !

A : pourquoi cet insensé dit qu’il est l’heure ?

R : je crois qu’il parle d’apocalypse

A : monsieur c’est l’heure, espèce de fou !

R : ces gens ont des choses à raconter

A : sans blague… il n’y échappera pas lui aussi !

R : tu vois tous ces câbles reliés, ils vont et viennent de quelque part  

A : je veux bien savoir… quel temps il fait demain, tu sais monsieur… ?

R : tu as quoi de prévu ? ne lui prête plus attention… !

d’orchestrer nos ablutions,- d’attendre nos enfers et nos paradis,- de se savoir à l’abri,- de ne pas se sentir à la hauteur,- de cheminer vers un but incertain.

de recenser le bien et le mal,- de se noyer dans le bleu,- de se proclamer autodafé,- de dévisager les ciels étoilés,- de fourmilier,- d’épingler nos idoles.

nous somme fatigués à la fin de se décomposer,- de se putrifier,- de caresser la matière,- de traverser,- de soumissionner nos vies en totale perte.

nous savons toujours allées

Dieu l’a voulu ainsi

trois jours monotones

je savoure l’Écrire des verbes

qui me aèrent

Les couleurs sont ailleurs (Fr/Arab)

j’aime la couleur rouge dans le rouge ! parlons de la sensation du rouge même si elle n’est pas tout à fait rouge

j’aime la couleur orange dans l’orange ! parlons de la sensation de l’orange même si elle n’est pas tout à fait orange

j’aime la couleur jaune dans le jaune ! parlons de la sensation du jaune même si elle n’est pas tout à fait jaune

j’aime la couleur vert dans le vert ! parlons de la sensation du vert même si elle n’est pas tout à fait vert

j’aime la couleur bleu dans le bleu ! parlons de la sensation du bleu même si elle n’est pas tout à fait bleu

j’aime la couleur indigo dans l’indigo ! parlons de la sensation de l’indigo même si elle n’est pas tout à fait indigo

j’aime la couleur violet dans le violet ! parlons de la sensation du violet même si elle n’est pas tout à fait violet

j’aime la couleur noir dans le noir ! parlons de la sensation du noir même si elle n’est pas tout à fait noir

les couleurs vous possèdent

prenez vos pinceaux

Lire la traduction

Après la séance

À Kamel.

est-ce ainsi pour lui après chaque séance, sa glotte ? il prend une serviette, un peu sonné. il tâte l’air en essuyant d’abord son visage à moitié penché sur son épaule.

les gestes sont imprimés dans ses gènes, une frappe. sont-ils des automatismes ou l’essence d’une vérité, qui saurait répondre ? les éléments se confondent et s’insinuent.

il respire le dos appuyé au mur.

il entend les fées qui regagnent les lieux en se promettant de les aimer d’une autre semence. il regarde son corps qui un jour le trahira, sans doute épuisé.

il saute de son plongeoir.

le phare de symbole est fatigué

l’osselet se brise

comme à chaque fois

le portail reste sans réponses

aux mystères de l’eau

il est fait de bras qu’il ne sent plus et deviennent lourds, ils ne lui sont peut-être pas étrangers, mais d’un gladiateur ! ils ont entamé la flamme et tracté tant d’espoirs.

il est fait d’un torse et ses poumons amples qui répondaient pendant la séance sont chauds, olympiens, se développent. il n’a encore une fois qu’effleurer ses capacités.

il revient à l’eau verte avec une odeur d’égout qui sculpte les corps hypnotisés, les plots de départ jonchés de matérielle de façon chaotique… etc. toute son attention s’y porte.

il reçoit le don vivifiant

l’esprit de la bravade nourrie

un portail bleu

les machines sentent le neuf

en coup de vent

il se dit qu’il n’y retournera pas ! il se dit que s’en est assez d’endurer ! il se dit qu’il n’a rien d’un athlète ! rien ni personne ne lui a appris à s’habituer.

quelques uns passent et d’autres qu’on oublie.

il sait que le labeur est derrière lui et que la nuit lavera ses visions, une accalmie dans le schéma de vie qu’il s’est créé. il n’a jamais su gérer la fin d’une saison.

le ciel abonde d’histoires nouvelles et surtout sans épreuves, il y croit fermement ! il y croit comme un engagé qui ment à son capitaine. il marche pour rentrer.

déjà différent !

l’espérance à la fiche

la lune croissante rétablie son œil

les générateurs de l’été

le poème renait de ses cendres

entre les dents

Dans des temps reculés

la voisine de mon ancien immeuble aurait pu jouer d’un instrument, il y avait tout le temps de la musique dans son appartement. elle recevait souvent.

on s’entendait à peine penser dans le voisinage.

les yeux tracés de khôl comme les maghrébines, elle me donnait l’impression d’une botte d’asperges sur les étalages du marché, un syndicat !

presque toutes câblées.

elle avait dans les alentours de la trentaine, une allure mince bien sûr, et espiègle ! je ne trouvais aucune affinité particulière avec ce style de femme.

d’une contrée lointaine et pour d’autres amours !

un doigt sur les lèvres

retrouvé par son esquisse

d’un chant violet

je la croisais à l’entrée de l’immeuble, mais plus souvent sur l’un des paliers de l’escalier. on échangeait sur nos activités courantes et les banalités.

somme toute, on était voisin.

elle me relatait parfois sans omettre le moindre détail les faits et gestes d’un autre locataire, elle en faisait une espèce de chronique avec l’esprit des conteurs.

je devinais presque ses intentions le jour du drame, même s’il me manquait la nature des circonstances que je finissais d’apprendre par la suite.

elle sortait cette fois sans manteau

il faisait froid

un drapé de pluie

ainsi sont les fleuves

parfois en hiver   

elle baragouinait quelques mots en descendant les marches, les personnes stressés le font pour masquer une appréhension, mais pas que ! le croquis d’un sourire la parée.

elle me souhaitait la bienvenue, je ne réponds dans ce cas aux politesses d’usage qu’avec courtoisie. 

j’évitais comme j’ai pu de croiser ses yeux, elle venait d’appeler les secours !

une nuit intense   

les histoires abimées du vivant

même chez les astres

Les entraînements terminés*

À Sihem.

ils sautent l’entraînement terminé la tête la première sur une terre rouge, la peau glissante et le cul bombé. ils ne se parlent pas.

vous vous figurez bien un train qui rentre en gars, non ? sauf qu’ici, le ciel mousseux leur tombe parfois sur la tête, comme la pluie !

le train s’arrête en noir et blanc.

un ciel bleu d’azur

les enfants nagent vers la nuit

ainsi que des dieux  

ils ne savent plus lire en riant et pourquoi marcher ou parler, alors quoi ? seul l’idée du martyr gouverne leur raison.

ils ne cherchent rien de particulier à se surpasser, à briser leur cœur. ils traversent des kilomètres à la nage et en eux-mêmes, c’est tout.

souvent entre sept collines

une soirée d’été où la lune est pleine

le vent fraîchit derrière les vitres

( il n’y avait pas de vent en cette belle saison ! )

en l’an onze…

c’est d’une nageuse qui se tait jusqu’à les matines

l’eau clair chaque jour les boit

les gazelles battent le caveau du Tibre

ils savent par contre glisser lentement jusqu’à leurs lits, l’exploit ne demande pas autant à des adolescents !

il y a aussi une faim qui creuse et quand même soif, comme des cyclopes sans les vivres ! même si plus personne de nos jours ne croit à ces créatures.

encore moins ceux qui les créent !  

l’échine d’un rêve est l’ergonomie simple, sans causes.

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

Absences

À Rochdi.

1/3

je réapprends à aimer… vous dites que l’amour est un sentiment infini ? j’ai fermé à un moment les portes, comme un raccourci vers la nuit.

je ne sais après comment le vivre, il m’est difficile de l’exprimer. je ne sais rien d’autre que mon insignifiance, la table de mes échecs qu’il me faut réchauffer.

comme le travail des choses précieuses, l’orfèvrerie, les pierres… etc. j’ai une insuffisance étroite avec le Soi, une nommée dans une certaine économie de l’ordre.

j’offre ma vie cela va de paire

vendre mon âme cela me laisse réticent

l’oisillon becqué

le souvenir des paroles oubliées

se démêlent

je n’ai plus foi en la vie, – qu’est-ce qui se bouscule dans mes entrailles et remonte à la surface des scènes incompréhensibles à l’entendement ?

n’est-elle pas à contre cœur harnachée !

le raz-de-marée qui submerge le sol emportant les édifices de la honte… et mon corps inondé, et mon cœur prend le flux des vagues… ! je surnage en suffoqué.

je revois mes départs vers les anneaux de glaise sphérique, les mêmes planètes aux pupilles blanches qui se balancent jusqu’aux matins colossaux en pleurs… etc.

les lendemains soulèvent mes craintes

je passe sur les nuits givrées

corail du ciel

on est toujours au sud

de quelqu’un

j’erre souvent dans mes abîmes, une légère tendance à la mélancolique et me voici débarrassé. j’enracine mes espérances dans mes semblants de sincérité.

je me tiens en marge de la société, cela me permet de recevoir. j’arrive parfois à trancher dans le vif, il faut dire que ce sont là des instants particuliers.

je suis franc et honnête avec moi-même sur mes envies et dans quoi je m’aventure. je suis franc à perdre haleine ! je me parle à cœur ouvert, comme je parlerai à Dieu.

l’espoir m’est permis

ô quel drôle d’espoir nous concevons !

douceur de la nuit

la musique de la brise d’été

sur les feuilles

2/3

vous êtes en piteux état que ça devient presque déconcertant, quelque chose s’est cristallisée, là ! j’irai jusqu’à dire le contraire si je ne vous connaissais pas.

je doute que ce soient toutes ces traversées qui vous laissent sans droits, ne vous minez plus. je crois aux occasions fournies pour redoubler d’efforts.

je ne suis qu’un modeste généraliste, ne vous demandez pas comment ! excusez-moi, s’il vous plaît, je dois rependre à cet appel… ! allô, vous interrompez… !

vous passez par-dessus les eaux opaques

les chemins qui en disent long

l’appel de l’aube à la prière

mêlé au chant des oiseaux

repend oui

je vous disais que personne ne peut deviner votre désarroi dans les cinémas, à la plage ou dans les balades au parc…etc. seul, vous éprouvez les remous.

essayez de sortir, amusez vous ! voir du monde n’est pas si mal ! cherchez dans vos anciens contacts. parlez-moi, il est toujours question de votre femme ?

cela fait un bout de temps que l’on se voit, vous rentrez régulièrement à ce cabinet et dès que vous franchissez le seuil, vous disparaissez.

est-ce que vous tiendrez la distance ?

nul n’échappe à ses erreurs

la plage vide de présence

abonné à la sortie buissonnière

du mois de mai

je vous conseille de mettre toutes les chances de votre côté, peut-être qu’un jour elle se rendra compte de l’erreur commise, ou jamais. vous aviserez le moment venu.

je suis attristé par votre situation actuelle difficile, vous butez sur des questions sans fin, mais ne soyez plus tributaire d’une histoire qui vous détruit.

je tenez à vous dire que je reste présent, continuez à venir me voir lorsque vous jugerez cela nécessaire. nous pourrons reprendre à votre guise.

vous et moi, c’est tout comme

un médecin peut nuire

court-circuiter le réel

avec le sourire d’un homme

coutumier du bien

3/3

tout me ramène indubitablement à vous, vous êtes partout à la fois, à l’intérieur de moi aussi ! du plus lointain souvenir au geste le plus anodin.

vous m’avez sacré poète.

vous affichez plusieurs visages à mon inconnaissance, la primauté à l’étoile de ma vie. une guide dans un pays où les étoiles sont de mousse.

revenir n’est plus possible entre nous, après tant de sacrifices et d’habitudes regagnés. retournez au pré de vos proches et dites-leur qu’ils n’ont plus rien à craindre.

je tâche de me prémunir des insolations

de me ronger la peau

une bref éphémère

je danse le hip-hop parfois

dans ma tête

vous me poursuivez dans les moindres recoins, sans exception. on s’est mis hors de la vie lorsqu’on s’est aimé, plus personne ne peut nous l’enlever ou l’effacer.

j’aimerais tant vous revoir pleurer, ne serait-ce que pour avoir le cœur net sur mes sentiments passés. je m’affranchirais de ma nature de démembrer.

je ne suis presque rien sans vous, un témoin involontaire au drame de ma vie. je surpassais sans conviction des hommes dans la fureur de vivre.

je croyais à votre histoire plus que tout

un lot qui m’aveuglait

cet écho rappelle

les deux âmes qui vagabondent

dans la pénombre

c’est de mon amour meurtri que je meurs, j’étais béni des dieux et mes prophéties se réalisaient. est-ce qu’il y a encore une femmemerveille en ce monde ?

je laisse derrière moi des univers infinis et rien d’autre, une interstice à des murs indéchiffrables. je ne peux me dire et voir venir en me laissant choir.

toutes mes pensées vont à Dieu qui créa la terre et les hommes pour vivre en paix. j’ai vécu en paix avec vous dans certains endroits calmes et doux.

j’aimerais vous parler de Lui.

la vie est une mort heureuse

si seulement les regrets ne dormaient pas à mon chevet

une petite magie

laissez-moi encore vous vivre

entre les lignes

La dualité d’une âme (Fr/Arab)

mon temps à lui

accepte les choses translucides

l’histoire de nos héros déchus

la femme des autres que l’on revoit jamais

l’échelle des trahisons

les chiens chauves qui hurlent

une fissure par l’intermédiaire

c’est d’abord son enfant s’exclama le turc

les aisselle de l’être aimé   

comme embraser les fleurs

la partie des mots ardus

la barbarie oubliée

une amulette qui couvre le flanc d’un cœur endormi

il pleut de la neige douce

un navire sort à l’automne des déchirures et va sur la surface d’une aube nouvelle  

les sept vents chahutent les oreilles

le ballet des matelots

le souvenir des conquêtes  

la terre adulte aux yeux prophétiques

il désigne le soleil sur ta peau

( je dessine un soleil sur ta peau ! )

il rêve de l’oiseau mort qui pulsait

il manque cruellement de liquide comme de fer

je rennais comme un sphinx sur mes lèvres parlantes

je pense à l’empire de Russie en convoquant les morts pour rien, météo : 9 °C, vent NO à 13 km/h, 25 % d’humidité  

les bateaux transportent du blé sous la grêle jusqu’à Saint Hélène

le général écrase les coquelicots de ses pieds fermes

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Il est pour toi ! (Fr/Arab)

tu ne seras jamais sage… !

une étreinte comme un rêve qui dure jusqu’au soir

ce n’est pas la veille d’un jour de fête

je ne suis pas triste

au revoir ma ville, tu es mon obélisque

j’ai croisé de farouches reptiliennes, des formes et des couleurs jamais approchées, de franches âmes aussi aux longs cheveux. ils avaient des têtes qu’ils tenaient hautes et bizarres… au revoir gueule d’ange ! au revoir… !

tu m’as accueillie

et je crois que tu m’aimes !

je n’ai pas pris de plaisir à te voir en deuil  

un soir de tempête où j’étais seul  

je reste un petit péroire hermétique à la vie chère

au revoir le bleu du bord de l’eau

j’ai croisé des loups sous la pluie de mazout sur les quais, c’était ok pour ma vie, mon ange. des grenouilles dans le brouillard épais et sec, toujours sur les mêmes quais… au revoir chat de gouttière ! au revoir… !

je t’aime

et je m’en vais

je vais vers la porte

je reviens sur mes pas

je tourne en rond

( ou comment perdre pied ! )  

j’ai beaucoup menti

j’ai rêvé   

il y a de cela longtemps que je n’ai pas lu un poème

il y a de cela longtemps que je ne me suis pas marié à un poème !  

Lire la traduction

Les silhouettes de la scène (Fr/Arab)

le mot khayel me fait penser à du lin blanc ondoyant au vent, alors que silhouette me fait penser à une allumette.

il se trouve des gens bien

ils descendent en ville jusqu’à la fin des temps

elle est une passante

elle est en robe de soirée    

elle porte un secret

elle dégage une aura  

elle a le pas aérien      

elle lui sourit

( la douleur ne se pardonne pas, elle purifie ! )

elle parle à son désir de feu comme un éclair

elle aime en éclair et les yeux en feu

je rêve de mots que les dieux jalousent   

il suffit d’être l’enfant qui formule des souhaits

il s’arrête de jouer

il descend de la scène

il est sur la piste enfumée

il rejoint l’anonyme

il la trouve moins belle

il le sait

( j’ai cru entendre le mot citoyen ! )

le couloir que l’on arpente vers les coulisses sous les néons bleus

sur le mur est accroché un tableau, un western

je me tiens debout sur un parking cimenté

je suis le parking démantelé

Lire la traduction

Mardi, jour de fête noire (Fr/Arab)

au revoir comme bonjour tout le monde

bonjour comme au revoir le monde

je voyage avec mon mal

un camarade que je porte dans une brouette

les moyens du bord : les tables retournées, les balles en plastique, les mitrailleuses en fer rouillé, les grenades en bois, les pierres de chantier, l’eau chaude des tuyaux d’arrosage… etc.

c’est des jeux d’enfant qui aiment l’incontournable guéguerre  

c’est bien que je m’en souvienne plus

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours

une fille a vu ce que j’avais de meilleur en moi

je n’ai pas tenté de l’embrasser

un jour maigre, il n’est pas des moindres

l’air du solide les croates l’en emporter

les moyens du bord : dans le sublime de l’univers, dans l’encre rouge de magiques bulles, dans le sol qui se décompose ( on le voit le sol, alors plonge ! ) dans les premières impressions… etc.

c’est un lieu de force

c’est bien que je m’en souvienne plus

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours

je rêvasse lorsqu’on peut bousiller un titan de sang-froid

même s’il fait froid

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Charivari (Fr/Arab)

je me lève tôt et dors de-même

le rythme dans la peau

les tocs

des tocs en toc

par Beethoven l’héroïque

je ne suis pas beau

– pourquoi l’enclume et le marteau ?

quatre murs et deux plumes

et des gens qui l’aiment

de-même

la route est coupée

comme pour le Kilimandjaro

je me rends aux ritournelles

– comme j’étais amoureux et bien !

la poésie et les copains perdus

tout cela se noue

bien que la solitude

mes ballerines, pardonnez-moi… !

l’âme des éphémérides

– je reprends le fil du souvenir

or moi, je vis le rêve d’un étranger lointain

qui n’aime plus le funèbre costume de vos saluts

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Ne dites à personne que je l’aime (Fr/Arab)

les airs de ballade chétive

les yeux terreux

il fuit sur sa table d’écolier

un chien imaginaire crabote

le cœur crève en saccade

la ville des lumières

kingston capitale

un bassin bleu entre les yeux

elle m’a pris par la main

je pense à elle

à l’autre

chanter Si Mohand Ou Mhand

le voile d’or du matin

tonner comme les oiseaux

la montagne au dos courbé

la brume avale tout

la plupart de ce qui ne doit pas être dit ?

l’habille de l’absence

une voix qui implore

rien n’est éphémère

je t’ai aimé

tu étais un ange  

je ne fais plus grand-chose

j’ai perdu l’envie, comme je t’ai perdu

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Vers le Mediator (Fr/Arab)

À Véronique.

comme les ondes qui rongent son corps Badou  

le cœur serre son rêve né des tropiques, hypothétiquement

les membres électriques !

les membres électriques !

les membres électriques !

le sans douleur n’existe pas

il est de bleu le peignoir qui l’habille, effacé

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

il n’aime pas ses mains et désemparé ( le murmure des tropiques ! )

il est de bleu le peignoir qui l’habille, confidences :

elle prend les voiles que la circonstance exige et on nous a dit de ce côté-ci qu’il y a de l’espérance !  

il marche dans l’appartement lourd qui engendre un désordre

il se pavane les pieds nus dans le couloir baigné de lumière

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

sous l’emprise de l’hôte de la maison sur un canapé blanc

je médite la cosmologie d’un homme en sursis

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Les fibres (Fr/Arab)

À Naelle.

un front pale éclaire le ciel

les yeux rouges se posent comme neige

c’est un lièvre qui dort dans les bois

le noir maudit dans l’espace entrouvert

il aime la danse

il aime tourner en aval

il aime les vents de sa tête

les caresses sur le visage fiévreux s’espacent

et elle boit de l’eau à la coupe des arbres pleurants

la mystérieuse ode des arbres que l’on reprend

il descend et suit l’ondulation de leurs vagues

les pensées inavoués

les jardins d’amoureux

les fleurs qu’il ne connait plus

les larmes de l’enfant ont des parfums de lavande

comme une rose en pierre sculptée par les vents  

la peau mièvre se torture à ne plus s’offrir

comme une maille mutique et de l’amour

elle ne rit pas avec les écrans

elle court sur les champs d’avoine

elle ne reverra jamais ses parents

le jour murmure pour clore

les feuilles tremblent à l’automne de la solitude

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Une souris (Fr/Arab)

un champ

dans le trou

une souris sourit  

en dessous de tout

flou

étrange

l’odeur de nourriture

aux alentours de la gnôle

incompréhensible détresse

elle est bête

elle n’est pas verte

les gens la déteste

elle fait des choses insensés

une écriture décharnée  

dedans ou à la lisière

un refuge isolé

tumulte

la vie est un poème inarticulé

au bout du nez  

le souffle court  

chutes et fracas

les temps sont durs

artificiels

les voisins souris

cela concerne son suprême

il occupe tout

l’air n’a pas d’espace

une fiancée éconduit  

quelque chose de détaché

plus de retour possible

la pluie ne nous rassemble plus

nous n’espérons même pas le jour

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Une longueur de désavantage (Fr/Arab)

À Ghiles.

le poète rentre seul à la maison le soir

il se baigne de crépuscule extasié

une communication affreusement muette

le poète rentre seul à la maison le soir

une cloche qui oscille la corde

Marie est une abeille aux mille visages de femme

le poète rentre souvent seul ou en mauvaise compagnie

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

on se déguise pour finir

on joue l’histoire contemporaine du Je

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

un doigt caresse les breloques

le diadème d’argent qui nous honore

puisqu’il faut vraiment écrire un poème

13/14 février 2019, à Bordeaux.

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Elle est cohérence (Fr/Arab)

À Nassima.

de tous les charmes confondus

je bravais mon cœur corrompu

sentant la bref musique

un signe d’aucun recours

comme faire une nique

aux fidèles m’amours

le temps de mes premiers amours

je cachais une passion de toujours

c’est l’étreinte d’un commis voyageur

c’est les sandales de l’orphelin choyé

c’est l’imaginaire d’une fille que l’on regrette

c’est la pièce où il ne se trouve aucun spectateur

par un ailleurs…

nous nous fichons de vos exploits !

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Un couplet se construit (Fr/Arab)

je suis un garçon bien

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux…

je suis un garçon bien

comme il faut

qui le fait et le savoure

quand je peux

un ange

je suis un garçon

tout comme il faut

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux

le mal, je le repousse moyennement

comme un ange médiocre

je suis un garçon

comme il faut

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux

je repousse le mal moyennement

une sorte d’ange médiocre

laissez-moi dans ma caverne

il y a un petit feu, une ombrelle… etc.

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Sur la terrasse de la pizzeria Le Mystique*

je suis en terrasse et il y a un léger vent, quelques regards complices. j’entends du japonais sur la musique de Imagine, une voix délicieuse.

je dégage une odeur de tabac et d’herbes de Turquie, même si je n’ai plus le goût à rien.

appel à la prière

le chien ne passe plus pour un loup

sous les pleurs

je pense à mon ex-femme, comme déjà bien corrodé ! j’accorde de l’importance à des chose qu’elle a semée.

elle était comme une espèce de mammifère avec les yeux en colère, disloqué. j’attends le jour où elle me reviendra.

derrière nos derniers soirs de bonheur conjugale 

un jour de septembre qui m’inondait 

je souhaitais me blottir contre toi

je pulvérisais à la place ton parfum sur ma peau

elle m’avait appris à manger un yaourt nature avec de la confiture, ceux à l’orange étaient mes préférés. mais surtout comment faire mes pizzas.

j’écrirai peut-être un jour un opéra-comique à son honneur.

je me laverai plus souvent

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

Cap ou pas cap pour nos yeux (Fr/Arab)

comme une pluie aux couleurs de pétrole

comme un fruit gorgé de soleil

morsures

goyave

vents de papaye

ils me transpercent en équilibre

ils me fêtent chancelant

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après Arthur De La Sierra ?

comme un dépourvu d’explicite

comme une mystique du voyeur

archipels

Cancún

au fait des muses

avec les fuites urinaires il y un dieu

il y a les fluides

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après l’Amour Du Dissolvant ?

comme écrire pour une autre époque

comme se lever d’un trop plein de désir

Sabah

turquoise

juste des émois

depuis combien de temps n’avons-nous rien appris

nous ne prenons que les coups

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après la Mort Des Bienheureux ?

je rejoins le calme des frênes

je rejoins le rêve d’une salamandre coquette

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Un été avec Dante

je lisais Dante Alighierie, un poète exilé au noyau obscure. je traversais ses textes où plusieurs niveaux de discours transparaissaient.

il me rendait petit, désuet, flasque… etc. comme sous l’effet d’une eau chaude et l’ascension de son verbe qui transcende me navrait.

le paradis blanc sur bleu ou bleu sur blanc annonçait le crépuscule, le sien. je me demandais comment peut on faire œuvre sans filiation ?

une écriture chamanique

le chemin d’un pèlerinage sans fin

cris de soif

très haute la concave de Jupiter

une conversation entre le gravé d’une paire de flûtes

ad vitam aeternam

Muhammed et son gendre Ali, les lumières de l’orient se trouvent dans la Comédie bannis, comme avec l’écharde enfoncée des papes.

il n’était au fond question que de la langue, de réalisation de soi-même par l’écriture en se surpassant. la quête de joyaux !

je ne savais comment les mots employés fonctionnaient, mais je savais pourquoi ils devaient être là, triomphants. les choses me semblaient opaques par moments.

les scènes grotesques de l’enfer… etc.

une lecture ésotérique

l’âme sous l’influence des astres

déjà vu

cela fait un toit pour l’été

d’un vivant

l’Amour chantait de Béatrice me faisait sentir une nostalgie de florentin, une édifiante clarté ! je retrouvais depuis cet air en voyant chaque enfant.

la croix que l’on désire sous ses fesses, je m’avouais l’avoir connu. pour ce qui est des personnages, ils m’étaient non-attrayants plus que le reste.

il invitait à la confession.

je ne relirai sans doute plus jamais Dante, il appartient au quatorzième siècle et qu’il y demeure, – quelqu’un veut s’approprier son livre ?

cela est sans appel

je ne sourirai plus à mon bouquiniste

mes yeux étoilés bruissent par un saut

le chat ne joue jamais seul

s’infiltre par la serrure de la porte et des fenêtres 

l’aube aux clartés essentielles

tout s’invite à ma demeure 

à l’heure de l’éveil tâtonnant de la nature

l’attention porté à la circulation des oiseaux

l’astre, le chant, les dieux

l’odeur de lait et de café sur le feu mitonnant

le secret miaulement d’un esprit étrange et drôle

la naissance du jour et de l’adresse 

l’appelle du vendeur ambulant

le cœur est un chien qui dort

éprouver de la compassion envers un monde perdu et de dégénérés, n’est-ce pas être soi-même atteint de folie ?

Les vedettes ramadanesques

À Gaïa. ( une inconnue de Badoo. )

1/3

j’admire la capacité de Mehdi à se tenir debout en blouse toute la journée et la moitié de la nuit, il me donne l’impression que je n’ai jamais travaillé.

je regarde les gens qui s’installent sur les dossiers en cuir et s’en retournent tondu, ils mêlent quelques hadiths prophétiques et des qaça’ide de Amar Ezzahi.

je reste raide sous la fine lame et les ciseaux, un quiproquo peut vite tourner au drame ! on entend parfois des différents résolus par voie nuptial.

comme un franc-tireur

sur la ligne de mire du destin

– LA PIERRE BRÛLE… ! LA PIERRE BRÛLE… ! LA PIERRE BRÛLE… !

a 1 : il faut que je baise, ramadan approche !

h 2 : il y a d’autres priorités

a 1 : ça devient critique

h 2 : c’est grotesque, trouve toi une passion

je crois qu’entre temps la télévision diffuse un match italien, ou peut-être que je confonds avec la retransmission du speaker. le démo à tous les coups est piraté !

il y a des cheveux noirs et gris sur le sol, l’imam prolonge la prière du soir… etc. toute une symphonie dans un salon qui brasse des myriades de rires !

je me disloque entre les singularités de la foule, rien ne m’y empêche ! j’endure cependant ce privilège, la convergence des cœurs est aussi rare qu’une plais sèche.

les jeunes sont à la mode du Maghreb

les autres sont scotchés au sol

mes-cheveux-éparses-tombent-l’-ivresse-livresques-dans-un-songe-rattrapé-ce-sont-les-signes-avant-coureurs-d’-un-suffoqué-et-puis-ultime-dérision-sans-façons

la rue du coiffeur est à sens unique, très peu fréquentée durant la nuit. je l’appelle depuis mon enfance la mal éclairée qui est de son nom commun la route des arbres.

eux sont élagués ! 

elle est bordée d’une crèche, de la poste et d’immeubles récents en dessous desquels se trouve des magasins. il n’y a eu que d’anecdotiques aménagements.

je crois qu’il faudrait tout raser et marcher droit vers l’orient, la familiarité avec les lieux ne me réussit pas. je vois de la poésie là où règne le soudoiement et l’anarchie.

j’attends une vague qui inondera le bois

les furies feront de nos chairs des razzias

sous le coton des temps

les rideaux métalliques tombent

( – est-ce que c’est l’une de ses nuits sans fond ? )

les flirts innocents s’enrhument

une cocotte en papier peint dans des amas d’agrumes

– est-ce qu’elle m’aime ?

tout dans le noir

j’appelle au Sauveur des hommes !

c’était le crépuscule

pour l’heure, j’arrose les plantes de mon urine

2/3

j’erre parmi les peupliers endormis et ma ville natale se dédouble, une écorchure ! j’ai en mémoire de vieilles querelles de clocher, comme mon iniquité.

je côtoie des hommes absorbés par leurs pensées, magnanimes où pourtant ne luit aucune lumière. ils ont tendance à la sérénité après la coupure du jeûne.

je n’ai pas la même disposition d’esprit, la longue agonie fait partie de mon lot. il se peut que je triture mes boyaux sans que rien n’apparaît, hormis la contagion.

ils ont l’air aussi de se repaître de tout 

je me prends une tasse de thé

– L’EAU S’ÉGOUTTE… ! L’EAU S’ÉGOUTTE… ! L’EAU S’ÉGOUTTE… !

a 2 : je voulais juste boire un coup après le jeûne

h 2 : te voilà, un an de perdu !

a 2 : euh… oui !

h 2 : pas juste pour toi, j’ai perdu des années parmi vous

je vois les voitures garées en pleine descente, elles m’inspirent un plaidoyer. je fredonne Rider In The Storm, il m’est évident que l’on ne peut qu’en pleurant.

à chacun ses lâchetés !

je me tapais deux semaines de patte pour m’offrir des bottes, à l’inverse par ici, beaucoup de frottement de claquettes ! ils se vautrent en piétinant sur les empreints.

je me méprends sur les considérations qu’ils se font, peut-être ! comme il nous est inconcevable de se reconnaître la même barbe, les mêmes organes.

on considère un homme selon son parterre

les rues en sont vilipendées

les-rêves-de-ma-ville-sont-frénétiquement-correctes-seul-la-flamme-d’-une-bougie-sait-qu’-elle-est-grande-de-ses-noyés

je traverse devant des personnes d’un certain âge qui sont assis et parlent à voix basse. ils me regardent et puis silencieux à mon passage, pour finir reconnaissant.

la ville a ses inclinaisons secrètes, elle est identique à la nuit et bien davantage. je suis obsolète de tous les trottoirs et les arbres qui dénombrent mes sottises.

l’humain en ces heures bénies ne se lorgne pas, il a un prix comme partout, sauf qu’ici, ils sont beaucoup à attendre le soleil. le restreint à l’irrécupérabilité.

je l’observe comme on y dort

ivre des interdits

écorchure de l’âme

une glissade dans du savon d’été

qu’est-ce qui permet ? – la noyade

j’ai dû en chier

sous le coup des fatalités !

désordre camouflé

un bus orange grince

je suis désorienté en face de la putain de la cité

t’accueillir dans les soirs

t’accueillir entre les interstices de la réalité

3/3

je parle de ma chute et le royaume qui se heurtent à la lumière de ma démence. je parle de ce qui doit être dit quitte à se déplumer pour l’amour d’une femme.

une langue étrange et graduelle me gratte, comme la froideur des caveaux ! il y a effectivement beaucoup de choses qui écœurent,- qui se permet le salut parmi les hommes ?

j’incarne le drôle de martyre d’un automne qui agonise, une boursouflure. je n’ai plus le cœur à rien, à l’ambiante hypocrisie lorsque je m’y réfère.

je ne demande qu’un renseignement

ils se tordent au lieu de fournir une direction

– LA CLARTÉ SIDÈRE… ! LA CLARTÉ SIDÈRE… ! LA CLARTÉ SIDÈRE… !

a 3 : rien ne m’émeut autant

h 2 : de rien

a 3 : tu ne veux pas des lauriers, hein ?

h 2 : viens là !

je ne suis qu’un homme ouvert à la nuit sans pitié, un homme qui a perdu l’esprit. je crois sans faillir à la pluie, les nuits qui couvent nos rêves une montre sous la main.

le génie de ramadan porté à son plus au degré peut s’avérer extraordinaire, comme dans l’art ! les mots auréolés sont l’expression de ses hors limites.

je remercie le ciel dévoué de la féline incohérence, de nos incollables doutes, de mes passagères tristesses ! l’homme qui attend s’aura goûté les présents.

je tais parfois l’écoute de mon cœur

le silence est la meilleur des gloires

la lumière céleste

irradie la folie des hommes

en douce longueur

j’envisage les charmes ancestraux et caducs. les factions n’étaient que des ours polaires élevés au grain de blé du sud. l’inouïe des généalogies me leurrent.

j’étouffe en moi un silence qui fait rager et quelque part des chiens aboient. j’imagine qu’ils referont les crapauds, les voix de nulle part sur un banc. 

je fume comme un puits raclé en me promettant une visite à l’un d’entre eux, persistance. je tire de nouvelles cartes avec mon cœur qui nomme un secret.

je me fais à l’image que souhaitent les Prophètes

je suis le pauvre de Miséricorde

le doute gâche toutes ces années

je rêve d’un dehors nouveau

les persiennes d’ailleurs sont d’un beige émietté

là, je suis tombé ! là, je retombe encore

l’appel de mes semblables a quelque chose à m’apprendre

par eux, je m’évapore

l’esprit s’absorbe en deçà des voilures

je me laisse tenter par la paix de Dieu

Partir comme on épelerait le nom des saints

À Nader.

1/3

je ressens les années d’errance et de fuite, les départs par centaine et les sentiments de l’espoir avachi qui les accompagne.

je ressens des vents contraires qui préludent à ce qui va me suivre

mes yeux d’Ulysse se posent sur ces jours passés et profondément regrettent.

les désirs ultra-plombés, les dents qui claquent… etc. comme ronfler la mesure de ses doigts de corail rose

je me souviens des trains de nuit qui me portaient, le vent pourtant siffle dans mes oreilles. je n’ai cessé de partir

les vols d’oiseaux dans les champs parcourus à toute vitesse, les paysages qui lavent encore le seau du souvenir et aèrent mes paumons

je suis l’exilé des vieilles fortunes

une mémoire lourde à porter pour mes frêles épaules  

je ne sais pas écrire

je voyage, je parle, j’écris… !

on dit de moi que je suis maudit

qu’aux ténèbres je suis voué

je crois que chacun à une chance

à un peu de lumière

2/3

je m’attelais à l’étude des astres et des corps ravagés très tôt dans mes saisons qui creusent comme une pelleteuse,- les lois du seigneur requièrent du silence !

le genre d’indicible qui vient d’en haut !

je jetais la clé sous la porte pour rendre l’écho de mon âme friandise, la noirceur des baisers de la veille promettaient une disparition.

je froissais mes sandales pour revenir parmi les étoiles, comme les mots confus qui éclosent dans ma tête

je ne suis que la moitié d’un amour brisé, et si un jour je tombe dans la moire de l’humide clarté, sachez que jusqu’au bout je vous ai aimé.

l’esthétique d’une poignée de feuilles font un ensemble harmonieux

longtemps et reclus dans les murmures d’un mal logé

comme le jour qui coule, j’ai soufflé le chaud et le froid

comme un courant d’air ! comme un courant marin !

la terre était le ciel et le ciel était de terre

les points cardinaux m’étaient indéchiffrables

le sang de ma poitrine nourrissait mille fleurs

je n’avais rien au-dessus ma tête

il est temps pour moi de demeurer pour mes proches

j’ai renouvelé mes engagements envers la vie

je n’ai rien contre mon cœur, tout est vain et d’ailleurs

j’ai rencontré Dieu dans un pot de danette

je doute à présent de moi en parcourant le monde, mon âme vibrante de ses trésors inexplorés et couverts, même de la petite et innocente rosée.

j’aime les choses non-apparentes et qui ne disent pas leur nom

j’ai grand froid

je poursuis cet instant d’éternité d’une grâce renouvelée, les nuits sans pareille glissent irrémédiablement et bientôt incommensurables.

je me rend compte qu’Ulysse avait un équipage et des compagnons de voyage

je me lève lentement de mon siège pour prendre un recueil hors du temps qui plante une graine, une complainte maladive.

je me laisse être au firmament, sans germe et sans aucun remord dans le cœur

puisque la vie est une escale

je fraude tous les trains

l’homme cherche à se résoudre

de tout temps…

comme allonger sur la lune

tiède et au calme

il sonde son âme sur tous les niveaux

j’ai répondu à des leurres

et je souffre de la contrition et des hommes

Les Hautes-Pyrénées, Été 2021.

Trois petits jeux du Je

À Narimane.

1/3

ils m’ont affublé de différentes expressions tout le long de ma légère existence, semblables à des étiquètes ! je fais l’impasse sur les insultes gratuites ou justifiées.

le prénom que je tiens de mon aïeul et me suit depuis ma conception, un oracle n’aurait pas eu meilleur jeu ! je reste touché par cette initiative pleine de bonhomie.

j’ai pris conscience de ce baptême lors de mon entrée en crèche, comme pressentir une fin. je crois me souvenir qu’il y avait une fille à chacun de mes bras !

je ne recherche nulle vanité

la dérision m’a poinçonné

hélas, je ne reconnais que le beau

je ne me l’explique pas

très peu savent

ils rêvent

vivre sans vous

et mourir

mourir de vous entendre

et vivre

( ce n’est pas aussi idiot que ça en a l’air ! )

qu’est ce qui subsiste

les mots

l’espace

les mots et l’espace

il n’y a pas de secret

je dois beaucoup à ma couleur de peau et l’intuition

ils m’ont accolé au collège le surnom de pécheur, rien n’est jamais tout à fait vrai ! je le dois sans doute à mon tempérament de mécréant plus qu’à mon chapeau.

je peux ajouté à cette période d’autres termes plus sophistiqués et terrifiants: ex-petit-ami, célibataire, ennemi, endeuillé… etc. une période bien compliquée.

ils concevaient avec ces appellations les ersatz d’une fratrie, ou le pire imaginable, une appropriation ! il n’en demeurait pas moins leur promiscuité.

je ne fais jamais pareil

sauf lorsque je refuse de voir

a 1 : j’ai rêvé d’une bataille de fourmis, des géantes !

f : bonjour, et qu’elle panache… !

a 1 : le monde en définitif est plus beau sous l’orage

f : tu as du goût, mais si tu devais refaire quelque chose ?

a 1 : comme celle qu’on attend et qui ne revient jamais !

f : les sentiments défunts ont la vie dure

a 1 : euh … !

f : pourquoi tu portes une chemise froissée ?

a 1 : des pin’s, aussi… !

f : j’ai froid comme une feuille d’automne, pas toi ?

ils ont même appelé mon volume de chaire tonton et ceci pour toutes les générations à venir ! je ne sais ce que tout cela implique, l’après me laisse songeur.

je ne suis qu’un être insignifiant qui fuit devant les sobriquets et sollicitations, à mille lieux d’en recevoir d’exemplaires. je suis celui qui s’y tient sans me reconnaître.

je parcours le champ de mon histoire antérieur en me préparant à la mort dans ma retraite, sans aucun nominatif, comme un scarabée livré au bec d’une huppe !

je suis à mi-parcours de mon nom

il m’importe peu par quelle entame finit sa surface

je-vais-finir-seul-moi-sans-souvenirs-ni-pellicules-à regarder-j’-aime-les-seize-millimètres-poussiéreux-jaunis-et-tout-par-la-décharge-englouti-et-sans-enfants-qui-m’-aiment-tendrement-et-c’-est-le-moins-terrible

2/3

je n’ai plus la capacité de guérir et de me régénérer aussi vite qu’auparavant, mes blessures prennent un temps considérable pour cicatriser et colmater.

je crois que l’homme s’use comme une machine à écrire ou un réfrigérateur, les expériences usent par érosion, les souffrances… oh Dieu, elles purifient !

comme une âme égarée

pour une seule nuit

j’achève… !

je perds, oui, je perds la raison 

dans le noir du chaton

il pleut

la rive de Tigzirt

si t’es sociable, ma belle !

il y a ceux qui préfèrent la compagnie des escargots

il pleut, il pleut… !

la rive de Tigzirt

il n’y a qu’un orphelin pour guider l’aveugle

je me délecte de la pluie qui tombe en trombe

chanson d’automne

j’entonne

il me fallait six heures de sommeil et sans ressentir les coups de moue durant la journée, mon cœur tournait au dépôt d’alcool. je menais furieux mes volontés.

je ne bâillais que rarement hormis la sensation des paupières lourdes, mes mouvements étaient secs et brusques, approximatifs ! c’était la découverte de soi ou l’ennui.

je pouvais marcher des nuits entières sans me soucier de la distance ou enchaîner les épisodes au lit et ne pas fléchir ! elles en avaient au fond que pour mon foutre !

les émotions était décuplés à l’excès

je remarque qu’il me faut plus

h 1 : je te prends comment ?

i 26 : tout dépend de quel côté du lit

h 1 : ni l’un ni l’autre… es-tu prête ?

i 26 : toi sur moi ou je t’enfile… ?

h 1 : ne pose pas autant de question !

i 26 : et si on essaie autre chose ?

il m’arrive de même avec la récupération qui semble concerner mon horloge interne, même si j’ai perdu la notion du jour et de la nuit.

on ne sait dire de quelle couleur est le ciel

les candélabres ajustent son pas

lorsque-l’-horrible-s’-entremêle-à-l’-idéal-et-ne-se-retient-plus-Dieu-s’-il-vous-plaît-je vous-adresse-une-prière-algérienne-versez-sur-nous-un-peu-de-votre-bonté-car-les-élastiques-sont-tendus-et-même-jusqu’-au-niveau-de-la-gorge

3/3

je vais conclure comme on s’engage dans un rire, ensuite me vient la question de l’amour. c’est comme fuir et inadéquatement, je pense à toi, ma relâche !

je pense à ton visage au ciel multiple qui glisse vers une aurore inconfortable,- comment puis-je rattraper ta course effrénée ? il n’y a que moi, moi qui tremble !

je fredonne ton nom à bout de souffle, une incantation qui traduit mes chagrins,- qu’elle nouvelle histoire s’offre devant nous… ,- qu’est-ce qu’on ne rend pas ?

un froid m’inonde et hante les mots

je presse mon cœur contre ton parfum

au commencement il y avait l’oubli

et toi, et ton corps… !

l’infini du jour naissant

brûle !

les jours passent

les dédales…

comme la vie en l’air

comme les orteils du pied à l’air libre

où toute est mousseline

passent les jours et viennent les aurores

je m’en vais sans vraiment partir

je me rends compte au fur et à mesure que les moments importants sont ceux passés avec mes amis, ils me racontaient les bonnes vieilles histoires.

je restais attentif aux anecdotes et mensonges qui pleuvaient par-ci par-là, et puis sans attendre, il me tombait dessus une confidence à couper le souffle.

je comprenais qu’un clic est plus conséquent qu’une page de tourner, oh…. vous m’avez fait ! qu’il est agréable de me souvenir parmi les récits où je revois presque tout.

qu’elles sont les expériences qu’on peut tirer d’un poète ?

j’absorbais les paroles oubliées

les moindres particularités m’étaient de l’or

UN RAZ-DE-MARÉE… ! UN RAZ-DE-MARÉE… ! UN RAZ-DE-MARÉE… !

g 1 : tu es tout drôle

a 2 : ça me fait compatir

g 1 : est-ce qu’une chaleur submerge ta poitrine ?

a 2 : c’est de la tendresse pour les poètes

g 1 : et les sans voix !

a 2 : pour les reclus de bon gré ou non

g 1 : les montagnes en sont plein ou les froids déserts

a 2 : les morts pour un rien

g 1 : les morts pour rien !

a 2 : tous les exclus de l’extrême nord jusqu’au pacifique

g 1 : sans oublier les orphelins de la blafarde

a 2 : les enfants du soleil fixe, les tannés, les vagabonds… etc. 

je crois que l’on ne peut échapper à son destin qu’un certain temps et l’issue ne sera que plus fatale ! je crois que chaque main secourable mérite que l’on s’y attarde !

j’élabore un système nourrit d’une mythologie personnelle, une écriture qui brise le modeste seuil de ces lignes. la poésie est d’ici pour ne pas paraître comme tel.

dans-un-petit-coin-paradisiaque-dans-un-jardin-parmi-les-arbres-nos-plus-vieux-amis-dans-un-temps-de-misère-je-tâche-de-reconnaitre-et-je-persévère-que-je-traîne-dans-la-boue-ou-dans-les-sphères-comme-une-quête-ouverte-et-solitaire

L’édredon rouillé est humide

À Hadjel.

1/3

il me faut rentrer à la maison, c’est là-bas sous l’ombre que j’ai déposé mon crâne rempli d’eau d’un puits. il n’a rien du brouillard ou peut-être que ma vision se trouble.

j’essuie les effets d’une disparition dans mon miroir, il neige ce matin sur mes yeux ! je me démène de l’instant qui me décolle, la radio diffuse une onde inadaptée.

j’ai mis un sous-scellé à une comète anti-âge, depuis son passage mes relations invétérées se ressemblent. je démystifie mes amours, combien factuels, courts.

je n’en peux plus des remontrances par éclipse

je me démobilise de mes attraits

il y a cette chose dans l’œil bleu d’un vieux notable, à peine perceptible par un novice ! je ne peux l’exprimer sans affects et qui semble parler de résignation, de survivance.

je prédispose d’une éternité sans me décider au mensonge, seule la conscience d’un oublié exhume ! j’ai vu hier la pisseuse d’un mal logé, puisqu’il faut tout quantifier.

je bois un café et mes pensées se veulent sans entraves, tout semble tressé et rien n’est à sa place ! j’avale mes pâteuses chandelles, une syncope.

le moins loti de tous

j’observe les échappées du regard

mon cœur est dix fois plus léger que mes yeux, dix fois est peut-être trop, ou peu… ! il pleut cet après-midi sur la salle de concert, l’étoile danse avec un piano d’ivoire.

j’aime la vie des artistes !

j’accueille l’écueil en mon for intérieur, comme un navire qui traverse les intempéries et sombre ! les bonnes amitiés me sont navrantes, irréprochables, sans sel.

je passe par les mots comme une entorse, une autre manière de s’entendre, pour une autre poésie ! je n’entrevois aucune issue, mon regard se fige sur l’asphalte.

il faut que je rentre à la maison

je reste un dérivé de mes semblables

chanvre indien et chèvre du bon diable

je respecte les vieilles coutumes         

le nouveau soleil est un miel que je tartine avec mes doigts

pour la saison humide, chantez ! chantez ! chantez !

( comme chez la boulangère à la queue leu leu ! )

de révélation à révélation

ils ne feront jamais le poids

2/3

je savoure les histoires des anciens et la superstition qui règne, à chaque fuite de mon âme, à chaque coin d’ rue que j’arpente en la bénissant.

je butine amèrement sur le talus, un peu plus ! la pâte est rarement cuite,- elle a semée, elle a semée… à travers moi ! elle éclore dans ma sobre poitrine.

je m’aventure là où il n’y a personne de reconnaissable, un divan m’attend ! j’envisage à la place des immeubles le Djurdjura, les herbes de Sidi Ali Bouneb… etc.

un flash : un petit slip avec un soleil imprimé dessus

le manque d’un cœur qui nous sert fort

je m’engage dans la rue Saint Rémi en tournant à gauche, j’arrive dans une cour éclairée de bougies et de ma main, je goûte à la fontaine et la température.

j’hallucine les sourires des filles qui pourraient m’offrir un baiser pour mes vacances comme dans les romans, une quille a toujours froid aux jambes.

mon dieu faite que je me dépouille de cette enveloppe, une fois pour tous les ciels, une fois pour toutes les apparitions ! je longe les quais le visage face au vent.

je marche seul !

comme un miracle des siècles passés et futurs

les bourgeons blancs sur le fleuve creusent le courant à l’infini

j’ai un ciel spongieux comme unique drap et un flot ainsi qu’une cousine, j’ai cru voir dans ses yeux des papillons en souffrance et de la défiance nue que je lui cède.

il importe peu leurs couleurs !

il y a l’autre avec son rebondi de française après son expérience du soleil levant et mes trois mille caresses,- pourquoi me persuader d’autant d’abnégation ?

je m’asphyxiais de nos divergences que chacun concevait en silence, il ne restait que l’amour qui se donnait en spectacle. il ne suffisait plus à lui seul, une couverture !

je ne pleure que de moi !

les nuits amarantes s’opposent aux doutes

les amantes se courbent !

Dieu a su la contemporanéité

Dieu a pourvu notre contemporanéité

on s’est fait Amour 

est-ce que cela a duré seulement un instant ?

parce qu’on a parlé d’avenir 

parce que… etc.

Dieu est contemporain 

Dieu est notre contemporain

plus que la mort le sacrifice !

moins que la mort le sacrifice !

je ne sais pas résoudre les conflits

le poème est volé

3/3

je feuillette depuis la rupture la culture incessible qui nourrissait ma moelle, même si cette petite collection m’inculpe ! j’aime sa fragilité, une rencontre.

je me retrouve à Gambetta, il est cinq heures 24, la place est aussi vide que les parages de Houellebecq, ah… peut-être pas, une ombre s’y glisse !

j’aime les oiseaux qui piaffent la nuit comme pour dire la fête n’est pas finie, qu’il reste un bout de mèche à consumer ! je prends la pleine mesure des conséquences.

je défile de toi

l’insensé du décoffrage

l’ombre d’un errant

donne à un escalier en pierre  

une allure de givre

je me décuple stupéfait sur une terre qui traîne mes souvenirs, tous par les yeux me sont vernis. je n’aperçois jamais un couple sans le tocsin de l’errance.

j’éprouve une étrangeté envers moi-même, une étrangeté face à l’humanité ! toutes les ombres ne sont pas menaçantes, à craindre ! je me méfie des zéniths du soleil.

je joue de la faille qui me permet l’accès, des déséquilibres qui m’arrachent du sol… etc. je me baigne et effrontément parmi les dieux. je me purifie.

je noie mes chagrins dans un verre

un whisky irlandais qui sent l’écorce des oliviers

je longe les alentours des cimetières pour atteindre la page blanche, un sauvage qui jonche ! je peux finir de me promener, finir… me revient le goût de l’irréalisation.

j’ai soif de mes catastrophes à venir, mes doigts sont morts, comme les nôtres, les étrangers… etc. il faut décompter ! une note feinte qui clôture l’arc de la nuit.

je me souviens d’une bassine d’eau rempli de petites olives noires, ma bouche par ailleurs n’aime pas le goût des olives ! mais cela m’emplit d’une réserve de jours.

je marche pour le baume des mots

tout mon corps en ceci repose et écrit

j’ai oublié ma maison

j’ai oublié mes amis et mes amours

j’ai oublié ce que c’était la vie, la vie des dieux

il m’apparaît clairement que cette façon de percevoir et d’être au monde est quelque chose de poétique

pour sûr, je suis un corbeau qui a soif

je surplombe les domaines sans éclats, les corbeaux ont droit de cité

les semelles coursent les jours du bain

il faut s’attendre à du granite et à la roche de fondre

j’ai parfois l’impression d’esthétiser la misère de ma condition, alors que j’essaie simplement d’être au plus prés… !

Trois petites impasses

À Rafika.

1/3

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- il y a des nationales et il y a des routes,- je roule derrière les camions… les 6 les 12 les 36 tonnes,- je prends de la fumée.

je suis au téléphone,- c’est la route,- une déroute,- je ne conduis jamais avec des pantoufles,- ce qu’on appelle se déplacer à l’envie,- l’envie de se décharger.

et si les routes ressemblaient à nos vaines,- fluides et mystérieuses,- on ne tombe jamais sur une autoroute,- les pompiers ramassent nos cervelles.

j’essaie un autre mode du temps

je me remets à la patience

un-jour-tu-règnes-en-maitre-sur-les-tropiques-le-jour-d’-après-tu-es-second-ainsi-va-la-symphonie-du-monde-aux-yeux-ébahis-des-spectateurs

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- je reste alerte aux accidents,- je pense que rien ne peut m’arriver,- tellement alerte que rien ne peut m’arriver.

je vois les arbres poussiéreux qui délimitent la folie des pâturages,- les gens qui attendent le bus,- je prête aux volatiles mes divinations,- un colimaçon.

c’est la route qui nous quitte,- on échappe d’un trou pour se précipiter dans un autre,- je suis ficelé comme une truite,- plutôt une tortue,- je roule comme une radio.

je remonte qu’une seule fois

le tarmac qui se déroule sous mes gommes de caoutchoucs

j’-oublie-que-les-colimaçons-sont-faits-pour-monter-même-les-mécaniques-les échelles-et-les-avions-ou-pour-descendre-je-dégringole-dans-ce-cas-précis-c’-est-tout-bénef

sur la route des autoroutes et tout autour,- il y a des routes il y a des impasses,- juste essayer lorsqu’on ne peut pas,- je tends les bras à ma déréliction.

un sourire aux lèvres d’un fuyard,- je lui octroie toutes les raisons,- est-ce que je suis pris dans le filer des panneaux ?,- on ne se fie pas à un conducteur.

je suis transporté pour ne rien porter,- une crème verte,- il pleut souvent sur les autoroutes,- j’enclenche l’essuie-glace,- hypnotique,- captivant.

le cendrier est plein à craquer

j’ouvre la vitre

une allée au lendemain

je souffle sur mes envies

un vent obscure

2/3

sur la rive avec mon chien,- j’investis le domaine du non-soi,- au diable les fils et les attaches,- momentanément effacé,- j’aurai ma démence ou rien.

je suis absent de moi-même,- interdit de souvenir,- j’aimerais et puis non,- je m’altère sur le sable,- mes narines guettent le drame,- doit-on refaire l’insoutenable ?

j’arrive à ne plus dominer,- de prendre moins de place que mon domaine,- tout s’émiette pour ne rien laisser,- je perds le miroir des hommes et cela tient.

je suis l’autre qui glisse au creux de la vague

forte et belle à recommencer

je m’attends dans un avenir incertain

je m’attends dans un endroit indéfini

je m’attends moi-même

je ne pars pas et ne reviens pas

je ne dors pas et ne m’éveille pas

je n’inspire pas et n’insuffle pas

je me fais peur et ne crains rien

je m’appel et ne réponds de rien

je mens et ne me mens en rien

je funambule entre les mots

se mouvoir… chercher plus loin, dire au revoir

je salue en homme

sur la rive vierge avec mon chien,- je construis une cabane d’allumettes humides,- l’œil furtif et scrute,- présence contaminée,- il ne reste que des pourquoi vagues.

le noirsoleil est une couleur,- un sans visage,- l’indien sous prozac,- longue est la traversée avant les signes,- les vents caressent mon visage.

un chien n’obéit qu’à son besoin poitrinaire,- s’il pouvait se laper le crâne,- je m’affadis comme la roche qui garde,- la couronne iodée,- je n’ai pas de cane.

j’apprécie les pointes démesurées

comme sa compagnie

les lèvres mouillées  

une irréelle promesse de la pluie

l’automne me perd

sur la rive avec mon chien,- il n’y a plus de chien,- j’ai tout consentie et du laiteux,- cela ne sort pas ou ne dort,- mon cœur est sous cloche,- détérioré et en partance.

j’ai les pieds nus plantés dans le sable,- il y aura toujours de l’eau,- cela dit de mon capharnaüm,- combien d’initiés compte Saint Michel Chef Chef ?

on a tout recenser dans les livres,- le peuple maudit,- une histoire courte de l’expéditeur,- un cul-de-sac,- les ressacs,- un dessein ne ment jamais,- garderas-tu une trace ?

toi ma bien-aimée, je reviens au deuil.

un passage aux toilettes du bar alligator

je recharge le téléphone

j’envie l’impassibilité des pierres

comme la musique de la main des vagues

la nature prodigue ses leçons de vie

la douceur de vivre d’un galet sous le soleil

l’eau salée mouille mes lèvres

j’envie l’impassibilité des pierres, comme leur tranquillité

3/3

j’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- son cœur à la petite cuillère,- je me finis de me recueillir,- je caresse les rêves du vent,- son sommeil léger.

j’ai un petit peu froid,- toute à l’heure j’ai pleuré,- le rêve continu,- son néant parfois me tente,- je n’oublie rien ou presque,- immensément ailleurs.

je soupèse selon le chemin et non les actes,- vertiges inconsommés,- je peux ne pas être drôle,- le renvoie d’images biaisées,- du plein baiser le doute.

je me fais de la misère de la rouille

je réitère pour ne plus pêcher

ce-que-je-tais-par-manque-est-peut-être-de-la-poésie-s’-envolant-de-ma-mémoire-comme-un-papillon-un-mois-de-mai-ou-un-phénix-pourquoi-je-ne-la-retranscris-pas ?

je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- je souhaite m’étendre et modeler mon âme,- son âme occasionnelle,- je parle seul et si seulement je trouvais preneur.

je l’ai laissée pour morte sur la rive miteuse et les bateaux vont au loin,- son cœur pourtant si débordant,- je m’accroche à son air de déjouer les portes.

trancher c’est trancher l’existante,- clairvoyance des mots qui disent peu,- je me détache,- tant de solitaires espèrent de leur solitude,- la radiation.

ce n’est pas aimer que d’avoir bon dos

il suffit de déplaire

1 : on vivait en temps de paix jusqu’au jour où elle s’est manifestée pour foutre la pagaille

2 : vous pensez que c’est irrémédiable ?

3 : comment cette chose immonde est-elle parvenue jusqu’à nous ?

1 : la faute revient sûrement au diable

je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- vertèbres s’éloignant du port mythique,- la nuit comme le jour je te salue,- je te mets un doigt dans le cul.

je m’évanouis devant les climats,- son corps se régénère fuyant fuyant,- je stationne dans l’impasse des clématites,- je mets le contacte,- l’œil du mal rase mes parois.

j’incarne les peurs d’un poète,- délire de se reconnaître comme tel,- une musique quand il n’est plus question de notes,- mélomane de la fluidité,- comme le sang,- suspect.

je me défais sous mes yeux

les souhaits se précisent en amont du flux

sur le rivage soufflait un vent frais… sur le rivage un vent frais soufflait sur le caillou ( le caillou au bout de ton sein, le caillou de la nuit, de cette nuit ! )

un vent frais souffle sur le caillou de mes nuits

on aurait dit que les chairs brûlaient

j’urinais autrefois sur le sable en faisant de la mousse

je revoyais ma vie d’alcoolique et mes diverses effronteries

sur le rivage par épuration les migrants échouent, les manques et des tragédies qui soulèvent plus de manques. l’histoire moderne nous montre ses horreurs… !

Quelque chose d’un vendredi terrestre

je n’ai rien avoir avec le commun qui refuse la part du merveilleux dans le cœur, l’abandon aux nostalgiques rêveries… etc. comme un enfant s’adonnerait dans le vent.

il excède les quatorze printemps.

ils ont peur du ridicule qu’ils ne se risquent à rien, rien de probant. je ne tiens pas à fédérer quoi que ce soit et au-delà de la bienséance: froideur / distance

une sainte colère qui libère !

la part du ciel que je détiens et aussi infime soit-elle, je ne dois pas la négliger, cela pourrait être mon seul rempart contre l’adversité et bien plus encore.

je n’en fais pas une étude.

je ne tiens pas aussi que l’on m’aime

même si là, je mens !

le tabac à rouler

brûle les lèvres autant qu’un baiser

d’adieu

il y a les déshérités et qu’un seul message, une mystique aux ivresses claires. je persiste à nier ma réalité, comme s’il s’agissait toujours de percer les zones grises.

les religions s’exportent, non ?

je sais lire les signes, comme me reconnaître à travers les miroirs. les réponses que je trouve dans les nuages bleus, l’eau potable du robinet et la température.

la mort d’alors ou le poème ?

je ne dois plus céder devant la valorisation individuelle, une gargarisation de mots ! mais je tiens pour acquis les choses prédominantes sur les nerfs.

le voile tombera !

les sidérés ne trouveront plus de secours 

il est trois heures: 24

j’entends de la musique qui se noie dans les gosiers
après tout on n’aimerait pas danser

j’ai déjà joué avec les murs blancs
le cauchemar des morts et des vivants qui se versent
 

toute un cœur qui appartient à l’entre deux
une allumette dans un tas de foin, sous peu le brasier

je n’ai pas pris le temps des corps apaisés
les brefs moments de vie qui découlent dangereusement

j’ai négligé le potentiel d’érotisme de l’univers
d’où émane une substance… ( le mot s’est détaché ! )

on aurait souri avec quelqu’un d’un peu voyou
je ne dois plus être aux regrets

je sors de la grotte aux nymphéas en guidant mes envies ailleurs, les voies des boulevards ont des couleurs d’arc-en-ciel. j’abreuve mon cœur de l’éclosion du jour.

je nourris mes flancs de douceur.

j’ai eu l’impression de berner tout le monde, alors qu’à moi échu l’illusion. le sans posture primordial, une mèche rude ! je reste le conciliant, en tout.

je bois une poignée d’eau.

je reprendrai les vols de nuit ou le poème, il me faudrait pour l’asseoir un départ, plusieurs ! le poèmefusée pour s’élever a besoin d’une pulsion de moineau.

je tracerai vers toutes les trajectoires.

le poète est né à un rêve qui sommeillait

l’énigme des labyrinthes se dévoile

un été sans rebours

je respire l’odeur du vieux port

dans un Pagnol

Les morsures étaient ignorées

j’étais porté vers les interactions mystiques, comme si rien ne m’arrêtait ou n’altérait mes poussées créatives. une torsion de l’esprit jusqu’à la pointe de l’extrême.

je ne voyais plus les villes sur l’estrade de mon cœur, leurs rumeurs m’étaient possible à engloutir. j’allais au hasard feuilleter l’eau de mes trous blancs. 

le téléphone éteint me délivrait de mes tics.

je me réjouissais de la fente d’une fenêtre sur l’éden, la pluie tombait sur mes fatigues. je me voyais trépassé en écoutant lesventsnostalgies et la théière.

on nous disait paradisiaque l’ici-bas

on se déchire avec du pas mieux à t’apprendre !

comme quand j’étais enfant
je toc parfois ma tête
pour m’assurer

qu’elle est encore
vide et

effectivement: elle est fêlée

le dépit des gens lorsqu’un malheur frappe un homme, je l’entendais comme une décomposition, une aubaine. le malheur des uns est le ressort de nos certitudes.

l’autre que moi prie.

les liens d’amitié me marquaient ou se volatilisaient, la perte voyait le jour et engendrait le mal pour une moindre blessure. un monde fou coulait à l’endroit.

le champ en était miné.

je me délaissais pour revenir au vacarme de la multitude, transfiguré. je passerais sur les corps des lucioles, de ce qu’est la pluie à la goutte noire… etc. j’espérais et n’y suis plus.

les visages se fermaient à la providence

je préférais les ânes blancs avec du cachemire

je-serai-une-station-mal-desservie-que-j’-en-mourais-sur-la-voie-des-clématites-blanches-je-trottais-d’-un-flair-de-feu-des-dieux

je rêvais de l’Euphrate qui coule de son eau sous les arbres, une blancheur ouatée. je ne retournerais jamais sous la brume vaincre les coups et l’anneau. 

je revois les yeux qui pleurent.

je me saturais de tristesses qui me dépassaient, le scalpe des cœurs m’enivrait. je devais en finir avec mes débandes puisqu’il me restait à découvrir l’essentiel.

qu’ils refluent en une chanson grégaire !

je verseabsorbe l’huile de l’étreinte de l’autre côté de la haie, la jarre fêlée. les prières sont un don de soi à chaque instant renouvelées, une prévision à l’entendement. 

je débarquais dans l’univers imploré et apathique

je sortais rejoindre la pluie

le jour s’endort
un peu moins dans la décrépitude

j’apaise le flux du sang
les rives où je suis ne sont pas miennes

comme ce jour-là: l’être divin !
je ne l’ai pas observé dans mes souvenirs

je ne crois plus à l’immuable
je regrette le ciel perdu qui bavait sous la pluie

je regrette aussi pour Adam
je lui dois comme toi qui lis

suffit-il de croire ?
à Bordeaux, c’est le déluge qui prédomine

j’invente des chapiteaux
où je sacre tous mes repentirs et infidélités

est-ce que c’est le bruit d’une cloche
son étoile tinte le fond

au soir d’une sordide réaffirmation
je dîne seul au kfc

Il y a une lettre pour toi !

1/3

je me rappelle de nos sommets au pied du lit, le toqué de mes voisins et les tâches multicolores sur nos corps… etc. oh, Dieu que tu me manques, reviens à moi !

j’espère par cet aperçu de nos frasques inspirées te redonner le goût de nos jours passés, le goût des fruits mûrs et sauvages. je nous souhaite aussi un bout de chemin.

je me reconnais dans ton histoire pour prétendre à une évolution entre nous, une vie à tes côtés est toutes les absentes. la mienne, je te l’offre en négatif !

les amants des paradis retrouvés

les jeux d’enfants

j’-ose-un-clin-d’-œil-à-la-lune-la-Séléné-chargée-d’-une-tristesse-ce matin-de-loin-de-par-le-monde-frissonnante-de-désir-pour-chaque-feuille-d’-arbre-et-pour-l’-âme-vibrante-couverte-de-rosée-où-elle-a-froid

te souviens-tu de nous deux sur le canapé et de nos feux de bengale, Bill Evans dans la stéréo… ! quoi que tu puisses en penser, je te promets de ne plus appartenir au vent.

je m’en remets à peine et ce n’est que parfait, nos crimes sont faits ! j’endosse ce qu’ils ont de plus substantiel pour un poète en herbe dès le vendredi saint.

je n’écris plus sur une viande de poisson séché, un bel après-midi d’amour, une chanson qui se raconte… etc. je m’attends à des jours rêveurs, oh, des jours meilleurs !

je me laisse envahir par toi

une vraie pollinisation

ton silence m’écorche le sang

l’odeur du jasmin me blesse

me blesse de mille morsures de serpent

la lune est une tendre amie

le soleil est comme une fête

le jour décline morose

comme les mots que l’on ne peut rattraper

les nuits se voilent et me rendent à silène et ses velours, une vraie consolation ! tu aurais dû être là et me calmer, j’ai besoin d’une femme qui se bat, une adversaire.

j’oublierai sans effort tes longs secrets et mes cigarettes, je les oublie pour trouer le ciel un beau matin, comme ce jour de septembre où il pleuvait, lentement.

j’aime lorsque c’est comme ça le soir et que tout va bien, si tout va bien ! j’enveloppe mon mal bleu en espérant te faire une bonne impressions dès ton retour.

je n’ai touché à rien depuis la dernière fois

il faudrait taire la sanctification

toi que je devine

tu me vois peut-être en retour

toi vers qui j’approche

est-ce que tu me pardonne l’insulte ?

j’ai une certaine expérience de la vie

le côté charbonneux des choses

en moins blanc !

je ne me justifie en rien

je te salue

2/3

je me rappelle de tes tendres mots et à peine une vue d’ensemble, un univers, un sourire que j’emporte n’importe où ! j’assèche mes os par leur fréquentation.

nous deux s’il en est encore question, c’est aussi bête qu’une lanterne d’escalier pour rentrer chez soi, lorsque la nuit est tout à fait morte. nous en sommes là ! 

je te fais parvenir cet supplique ne sachant pas ce que tout cela signifie, tu restes par-delà ton absence mon enchantement onirique, mon frétillement !

je refuse tous tes avatars

ton cœur ou rien

nous restons ancré au sol

comme des brins d’herbes ravagées par les vents

nous serons un jour piétiner à notre tour

par une génération qui arrive

dans l’indifférence des spectateurs

qui n’auront déjà plus cours

je me refugiais dans un nuage imaginaire pour éviter les monstres ou sous les jupes des filles consolatrices et faciles, c’est comme se perdre pour une armoire à glace !

je courais de misère choisie sans me retourner, en dehors de leur prévisibilité et tutti quanti. je les ai libéré et elles en me congédiant quantifiaient presque tout.

je crois que si tu t’obstines ainsi, tu connaîtras le même sort, comme l’étoile du matin qui court vers sa perte, une cymbale ! et moi, j’aime les marathons.

tu es mes yeux et mon unique horizon

je me considère chanceux

il-y-a-des-logements-sociaux-habités-par-des-petits-diablotins-qui-jouent-à-lancer-des-projectiles-de-toutes-sortes-sur-les-chats-errants-qui-inévitablement-atterrissent-dans-la-cours-je-rouspète-au-delà-du-mur-de-séparation-et-après-un-instant-de silence-j’-entends-leurs-pas-s’-éloigner-je-me-figure-qu’-ils-ne-font-que-déguerpir

3/3

les vents de la stupidité glissaient sur mon cœur, bien avant de te rencontrer. je m’ouvrais au désert qui nous apprend au mieux à nous en méfier.

j’étais parfois l’homme des situations, un peu boiteux mais flexible dans mon idée. j’allais aux rendez-vous et ne revenais que plus déconcerté. je m’arrachais !    

je vivais par paliers pour finalement saisir une solution qui émergeait de ta voix, ma languesource. je comprenais qu’il me fallait avancer et construire avec toi.

j’évoquais plus haut nos rares échanges 

je disais moins que tes incompréhensions    

cela-fait-longtemps-très-longtemps-que-je-croyais-les-fenêtres-d’-un-écran-d’-ordinateur-immuables-mais-en-fait-pas-du-tout-selon-que-la-corbeille-soit-vide-ou-pleine-elles-changent

je me rappelle d’une nuit passée ensemble, et de ton délicieux con ! j’ai dû le pressentir en passant dans tes jardins, mon bonheur taché du rougevéhémence.

c’est une peine atroce de se sentir abandonné, comme celles qui tombent sous terre et que je déterrerai avec mes mains, même si je n’y crois plus trop.

je me demande comment on peut conjurer le sort à l’étranger, comment aussi retrouver ton visage ? tu m’as promis qu’on irait voir un opéra italien.

ne restons plus jamais seuls

on essaiera de s’effacer

h 1 : humaine, tu m’intéresse donc moins

2 : tu devrais écrire cette phrase dans ton recueil

h 1 : c’est possible, mais si tu étais une silhouette, un rêve, une lune qui sourit… etc.

3 : tout dans le négoce !

h 1 – 2 : ta gueule, toi !

je ne saisis pas entièrement les aspects de ta personnalité, malgré tous mes efforts. les tentatives de te joindre ont échoués, perverse !

je te considérai pour morte après une certaine date limite, le sablier est retourné, est-ce qu’on se comprend ? je n’entrevois aucune autre alternative.

voici une quinzaine que tu me laisses sans nouvelle !

je ne veux dans ce cas plus jamais te revoir et ceci prendra effet le jour de la réception de l’avis recommandé. je ne suis plus certain par ailleurs ce que j’avance.

dans ce pays et loin de toi

je suis l’étranger

je sens l’exil du cœur

je revois une fenêtre qui apaise mon esprit

je revois l’arbre de l’enfance triste

je voudrais pour finir poser ma tête entre tes mains

semblables à la froideur d’une feuille d’automne

je t’envoie une peuplade de baisers

une porte qui te sera à jamais ouverte

l’étroitesse de mon esprit m’épargne moult soucis

monsieur Moult et la bosse d’un dromadaire dodelinent dans la ville !

ce-n’-était-qu’-une-trêve-cela-interrompt-mon-poème.

Les squares

je suis profondément blessé, libre de vous aimer encore et blessé. il me semble que les apparences exhibés ont comme une odeur de friture sur un corps.

j’ai quelque chose d’une plante qui survit et une marre, sous peu, je serai noyé par les regrets. c’était moi en chemise blanche dans les squares de contrebande.

je me souviens d’un ciel penché sur mes vendredis, peut-être qu’ailleurs j’étais heureux. le printemps des rêves bridés s’était achevé outrageusement.

l’amour hante encore le froid de mes nuits.

j’incarne comme naît un poème au monde

une faim parmi toute que je reconnais

un destin singulier

je récolte les divins mots

des passants

je suis calme et relativement stable au seuil de l’embouchure, les nuages planent dans mon cœur, aussi lointain que les miaulements noirs où se solde le néant de mes désirs.

j’épouserai la poussière et chère est la poésie, une mollesse ! l’urbanisation à outrance kakatoésque, le siècle monte sur l’ambivalence de vos mœurs.

j’entends mon cœur battre: chou-chou… ! la nature parle une langue nocturne, comme ma ville qui verse sur moi et m’ensemence. je m’efforce surtout à ne rien gâté.

je rentre dans les nuits Tizi-Ouziennes

comme on tombe en disgrâce

l’ombre des mots

le grain d’ombre qui siffle la raison

comme on colmate les imperfections

une nuit d’été se révèle par toutes les nuits de sa Ténèbre et de l’absence, une majesté entre les planches si j’espère, douche froide ! qui peut venir m’aider ?

est-ce qu’il y a quelqu’un qui peut venir résoudre les inexorables nœuds ? les mots familiers me dissolvent, la primevère de ma langue est l’enfance.

elle fleurit ce recueil, un spectacle.

je touche du doigt quelques cimes inexplorées et défendus, sans rien consigner,- est-ce que tous les vents tombent ? je m’allonge comme dans une grotte peu profonde.

je croque une pomme.

comme une expérience de l’inaltérable goût

l’inattention répétée

la nuit que tu entends à peine

à peine… !

tu ne dois pas attrister ton cœur

à tous les niveaux

elle a la douce voix du clapotis des eaux

comme perle

j’aime Tizi-Ouzou

ainsi que les sources

la nuit que tu entends à peine

elle t’attend

Méditer, une cigarette… !

les épines du rosier te piquent, tranchantes qu’elles deviennent dégueulasse ! tu fumes entre temps, attentif à la durée de ta cigarette.

ce moment peut te sembler une éternité lorsque le doute te submerge, tu survis à des crevasses. elle crée des ponts entiers suspendus, en suspens.

un jardin où les rêves lointains te fument, rabâchés ! tu transcendes une croisière aux grès des saisons. elle a aussi son rythme, une sorte de vertige.

le sang coule

tu penses que la nature n’est pour rien

une baisse de la vue

s’en vont naître les papillons

entre les cloisons

longue est la durée de ta cigarette, tu fais semblant de fumer par crainte d’être surpris. tu poses et reposes la nuit sur tes attentes, les épaules légères.

les instantanés qui délivrent du réel, la salive mouille le filtre, elle s’offre sans retenue, tu la désir. tu la tètes comme le bouton d’un sein recouvert par un tee-shirt.  

il n’est pas nécessaire de parler lorsqu’on fume, c’est inscrire son nom sur les nuages, ô feignante saison ! les roses ont le parfum des taxis algérois. 

les tentatives d’échapper aux rails

d’oublier !

une cigarette se consume entre mes doigts

je reste transi, une cigarette se fume

elle s’appelle Rym

elle est longue et fine, tout ce qui porte un nom fascine

elle rime souvent avec spleen

une vieille pratique qui vient des indes

je m’en brûle une autre

j’ai besoin de nicotine qui calme

la braise rouge est une musique plus ancienne

elle a son style

les non-initiés lui prodigue des paroles vaines

les non-initiés la voit d’un œil en friche

peut-être des rivales… oh, la cigarette que l’on fume !

je succombe sous ses lignes blondes

de jour comme de nuit

je me lève pour des bouffées de tabac blanc

elle dit stop avec vergogne aux larmes

je doute avec elle moyennement de l’irrationalité du monde

en bouse de vache, industrielle ou encore à rouler

je n’ai jamais autant marcher sur ses pas

par douzaine ou par paquet bien rangé

c’est toujours un plaisir et sans regret que je la fume

la durée peut mener loin, un interminable exil. tu aspires certainement à une reconversion, tu finiras peut-être châtrer dans un presbytère.

tu rêves encore !

il n’y a pas toujours de la lumière au bout et ce n’est que partie remise. elle s’éteint, se consume et autonome ! tu portes tous les signes d’un rénovateur.

lorsque tout s’en dort et que tu t’époumones de ta dernière cigarette, tu te racontes une petite histoire pour t’envoler, comme happer par les hauteurs.

elle te fait gagner en espace

te réconforte

au coin du ciel

je suis puni à l’éternité

de son feu

Rose & Montecristo. À Tizi-ouzou.

L’enfance du ciel

À Ghiles.

il n’y aura un jour plus un mot d’amitié, plus personne n’apportera de solution ! ce monde gagne à tous les coups. Il gagne à tous les coups.

je finirai seul et béat.

je traverse une incessante lutte dans l’anonymat, cela n’empêche plus la mort de me toiser. je reconnais son cartilage partout où je pose mes pas.

j’aime l’enfance rude des Balkans, les apatrides et les vagabonds. ils disent que les justifier, c’est aimer. je n’en peux plus de vos scènes cyniques.

je lève la parole

le chef de file d’un tandem d’enfer

une fête de la pluie

je me balade au sein des sons primitifs

la gorge dénouée

les gens se réjouissent plus de l’absence de Dieu. moi, je me remets à Lui pour qu’il les inonde de bienfaits, je me remets à Lui pour les malheurs.

je laisse m’envahir l’onde d’une terrible tristesse, comme mourir un peu à ses idéaux, comme dans un éclair sentir le tressaillement du temps incréé !

j’ai mal de ce qui reste suspendu entre nous, plus la force de me dresser contre ! les vers reconnaissent la chair tendre des bienheureux.

il suffit d’un cauchemar pour dévaster un homme

pourquoi Dieu fait la sieste !

une larme d’hyène

ils ricanent le peuple de Dieu

sur la foi de sheitan

je ne réduis pas la vie à un vulgaire calcul, la traversée serait perdu par avance ! je m’ouvre au domaine du signifiant, curieux de la tempérance de certains.

le seul crédo apparent !

je ne m’aperçois pas de l’étendue du mensonge, des subtiles détournements et de nos différences… etc. cette mascarade perpétuée depuis le premier soleil.

je n’ai plus peur des chiens dans les rues caverneuses et sombres, quoique ! j’adhère encore à tous les galimatias et je continuerai de jouer.

je sais reconnaitre les chemins gauchis

les rats mangeures d’oiseaux

un enfant sur un banc

les pigeons drus baisent

la crème au citron

chercher des raisons aux coups que l’on reçoit, c’est méconnaître l’amour que l’on porte à son bourreau.

À porter de main

il fait son marché pour ce week-end, comme rare ceux qui savent l’exil ! déjà l’aube avec ses couleurs décimées sur le toit de quelques chenilles.

l’homme dort sur la paille d’un pays après une lecture. je serai de sa vie bouleversé, et de sa mort, j’en serai changé. il se sent ce matin fragile.

c’est de la mort dont il a le plus peur, la mort lente dans le cœur des gens et de faire souffrir avec ses vérités inopérantes. seuls les mots savent le faire trembler.

rayonnages algueux à porter de main 

cet homme n’existe pas

un corps amphibien

une assiette de melon à volonté

origine Enfance

il s’amarrait à des archipels noyés dans le spasme, un guérisseur des meurtris. les pensées noires mûrissaient et tout le poids du pêcher sur ses yeux fermés.

les cœurs s’épanchaient jadis avec une sérénade pour chaque nymphe aimée, puis tombaient les nuits pesantes et les coups de téléphone crypté.

lorsqu’il est question d’amour propre vaut mieux se taire et laisser, une grâce nouvelle vous inonde, elle est d’un amour pur et sans objet.

comme de l’amour pour l’être aimé.

l’envie pernicieuse gangrène nos vies 

les sirènes du premier mercredi du mois, pourtant !

pèlerinage nocturne

il sort à l’aube aux petites froideurs

ô le premier jour !

mon Dieu faite que le temps de la paresse et le bon positionnement des astres lui reviennent, les matins du postillon endormi… etc. il y a mieux qu’un sevrage !

cueillir tous les fruits !

mon Dieu faite qu’en ce monde on pleure les poètes vaincus… ô filles des célestes nords ! il abordait vos rivages rocheux sans crainte, son cœur creux.

mon Dieu faite qu’après la mort il se remémore les existences qui se sont croisées à la sienne, et qu’ils le fêtent ! de tristes âmes qui montent comme du pollen.

un poète poursuit les chimères

l’atelier d’un bon poète sont ses morves

l’après-midi d’un faune

le couloir de la vieillesse s’arpente

à pas de géant

Gloria Victis. Bordeaux, Place Jean Moulin.

emporte-moi sous ton aile petit moineau… je n’ai nul part où aller et je cherche à disparaître… !

Les doublures d’un poète sont ses mots

il buvait et sortait tous les soirs puisque tout est voué à disparaître, c’est lespeurscœurs d’un homme qui ne pouvait oublier les morts.

seule sa mémoire hâtive nous séparait !

l’âme aussi légère qu’une sainte colombe, il avançait vers l’oncle défunt et parlait ! le ridicule d’avoir cru à son retour ne le tuait pas, il parlait.

il brûlait les pétales de roses entre ses mains.

cet homme partageait une bière avec un mort, peut-être que le diable l’entraînait et cela suffisait à son ombre. le cornu est le prétentieux des cavernes !

il mesurait sa futur place entre les tombes.

les rivières suivaient leur cours sous terre

la tombe de l’oncle !

un-jour-une-ville-accueillera-un-poète-qui-ne-porte-en-lui-aucune-peine-sept-ans-qu’aura-durer-son-calvaire-quelqu’-un-comprendra-son-isolement

il était en difficulté et en marge de la société, surtout farouche ! les épreuves qu’il lui fallait endurer, les femmespivots qu’il croisait se voulaient salvatrices.

il entendait souffler le vent de la nostalgie, le ciel montait de biais, le ciel quand il faisait presque nuit sentait le caramel ou quand elle enlevait ses hauts volants.

la terre les attirait l’un vers l’autre, deux aimant ! il la voyait à demi-nue par l’entrebâillement de la porte, les bas noirs qu’elle enroulait. les jambes de calcaire s’entremêlaient.

les corps ineptes

tous deux se recommençaient

une légère tachycardie

ton visage a une teneur de sel

qui ne mène pas large

je disais qu’il y avait comme le sacre du cimetière ! il était absorbé par une force étrange, les nuages rococos fécondaient la terre, tout semblait capitonner de sperme.

le soleil peu habituel à cette saison était grivois, un oiseau chantait sur la branche d’un olivier, les mouches chiaient leurs larves et s’observaient… etc. une calamité.

il voulait revoir les lésions du bonheur et tout désapprendre d’un même coup, s’étriquer le cerveau à la manière d’une laine humide et froide. c’était encore de lui.

une femme urinait derrière un arbre.

il parlait de la déchirure

du soulèvement

            H 1 : pourquoi doit-on quitter ?

            F : la fin est notre amie

            H 1 : dans ce vide ?

            F : tu dois chercher à vivre… !

            H 1 : je sais, je me l’interdis

            F : ton refus est grave

            H 1 : je refuse de me rendre au feu d’artifices

Je vous regarde

un jour je serai votre prophète, un moderne, l’un de ces jours d’une insondable nuit ! je colle les murs en papiers de mains froides pleines devant.

je suis quelqu’un d’endurant, un paysagiste œuvrant pour Dieu et sa création. je me demande pourtant si je serai assez solide pour l’amour.

je ne fais plus avec la question de l’être, un funambule sur des strates. je me dilue dans mon imaginaire et la poésie d’où je ne sais rien m’est pourtant familière.

toujours dans un but

je lutte pour mon compte

une lecture de l’âme

l’ombre d’un chat me rappelle

à son écho

il fait nuit de mille et un soleil et vous me questionnez sur mon adolescence, sur l’œuvre des anges sur terre… etc. vous oubliez presque vos besoins enchaînés au ciel.

je vous dis que maintenant plus rien n’a de l’importance, je vois en vous comme un puzzle, sauf si vous aimez les puzzles ! je retiens le meilleur en chacun de nous.

nous ferons de l’amour un domaine privilégié, même si l’espace en serait réduit. nos cœurs s’accoutumeront et les anges ont leurs parts de travaux universels.

le présent passe par leur écriture

une réalité convaincue

entre nous deux

l’amour appartient à nos rêves

les plus doux

le côté mystérieux des choses ne nous dispense en rien de bien faire, nous cesserons pour de bon de nous enfermer comme dans un songe rattrapé.

les aïeuls avaient un sens démiurgique de la fête !

j’ai toujours pensé que les montagnes ont les courbes d’une femme, la flore son linceul. je freine sur les routes pour les contempler. je les caresse.

célébrons les vieux sommets !

je veux être au plus près de vous, encore plus près que le cachemire bleu que vous aimez mettre l’hiver dans la rue, comme j’aime être en vous.   

plus jamais une autre et plus de deals

vers une autre phase de la lune, peut-être !

une veillée d’écriture

votre aura déjà vous précède

jusqu’à l’aube

les phrases qui sonnent creuses comme une directive que l’on se fait à soi-même, contiennent tout l’espace de la nuit.

Il m’est dit bonne chance

À Hakim.

je suis défectueux comme la machine dans mon rêve initiatique d’il y a longtemps, le cambouis est-il un signe ou parce que justement je rêve !   

toujours à contre courant.

j’ai pris le cap inverse de ce que je pouvais entrevoir dans le champ des possibles, comme sceller ma vie à sa propre destinée, un absolu qui m’attire.

étrange de vouloir fuir.

je raconte mon expérience de la poésie, mon univers intérieur, une sorte de comète olympique ! je me trouve n’empêche terriblement doué.

un bonheur presque parfait !

je m’accepte

c’est-à-dire mort en sursis !

le cœur audible

je marche sur l’estrade du royaume

qui grince

je n’appartiens à ce monde que pour un temps, peut-être que l’on me coupera un membre. un de plus ou de moins, là ne réside pas le salut de mon âme.

pourquoi autant que poète, aussi !

j’ai déchiré le voile qui me séparait de la nette perception, sans fausses adhésions. une force tranquille que je perds parfois quand je fais crédit au doute.

tout ce que je peux penser ou dire et loin de la vérité, l’erreur est ma bannière. je suis issu d’une lignée de raté que je connais à peine.

l’amitié est sacrée qu’il faut vivre pour me comprendre

il m’est dit bonne chance !

je suis mort un matin de juillet

à Talence

sous l’ombre froide

d’un arbre vert ordinaire

embaumé par la pelouse sèche

loin du regard des hommes et des bêtes

il était 11h24, l’an 2007

la poésie est une spirale dans un cône, l’autre bout est sans fin ! très peu de gens restent indemnes et à la surface. il vaut mieux s’accrocher à sa table. 

c’est un saut sans harnais !

l’importance des choses qu’ils m’aient données d’aimer, les montagnes digérées, la vie sans fils… etc. n’étaient que le prolongement de mon être.

l’empathie libère.

je ressemble à ma voix intérieure et à une langue habitant un lieu, je tiens un inventaire de mes rêves éveillés, comme s’ils s’installaient.

l’homme subsistera

je crois qu’aujourd’hui il le doit

la migraine d’une carpe

l’ombre d’un nuage au-dessus du prophète

dominus vobiscum !

de petits riens à rien du tout, suivez mon regard et n’en faites pas une affaire personnelle… !

Sur le départ

je ne passerais plus par-dessus ce qui me traverse et m’arrive, cela est décidé. les jours qui précédent un départ sont toujours particuliers.

je crois que tout est lieu de poésie: un nuage qui passe et s’évapore, une respiration calme et régulière, le bruit du moteur d’un motocycle… etc.  

nous sommes souvent appelés vers un ailleurs, comme répondre à l’envi d’un voyage. j’ai une pleine conscience de moi-même et de ce qui m’entoure.

c’est parfois dérisoire

puisque il y a le revenir, revenir… !

drapé d’un souvenir

le cœur abrite les recueillements

du crépuscule

il doit se trouver d’autres climats chaleureux et clément, comme le coin d’une rue où on peut facilement rencontrer la femme de sa vie ou Dieu.

je fréquentais des femmes sages et puissantes, comme une locomotive des années dix. il y a ceux qui poursuivent les femmes et les automobiles !

elles faisaient confiance à leurs intuitions, à leurs capacités physiques… etc. elles avaient les moyens de renverser le monde, surtout le mien !

je ne sors pas ce soir

je contemple l’orage depuis la fenêtre

un train passe

le mirage d’un éléphant rose s’intercale

entre les railles

c’est joli la pluie qui tombe du ciel un soir d’été, et moi, je vais finir seul… ! les feuilles d’herbes me recouvrent tout entier, et moi, je vais finir seul… !

parce que je parle d’amour.

je ne devrais plus tendre mon cœur à qui ne veut prendre, un pigeon à cet instant roucoule, est-ce seulement le présent ? l’accueillir dans mon tourment.

le plus terrible est combien la chose me semble facile, une vision oraculaire ! alors qu’il n’y a aucun endroit propice à l’émergence d’une étoile nouvelle.

seul et déprimé dans mon petit appartement

je repense à l’oasis de l’étalage

un ciel d’été

les chants de prières consolent

prière !

je me suis toujours invité à peaufiner, mais ailleurs… !

Rappel sans serments

la mort se résume dans certaines régions du globe par un échec personnel et cuisant, dans d’autres par un aboutissement. la mienne sera une célébration !  

un fort moment de solitude.

j’ai cessé de pleurer celle des poètes qui m’a toujours attristé plus que quiconque. ils savent englober le tout, même dans l’inachevé, le bancal… etc.

le but de tout à chacun à vrai dire est de finir, ce qui n’exclut pas nos oscillations ! je pense à l’ultime fin tant de fois souhaité et je fais patience.

la mort tend vers l’éternité  

comme une tête pleine posée sur un oreiller

la chaleur des blancs

ils frottent l’extase du poème

à la réalité

nous sommes cependant de passage, des êtres en devenir pour encore autre, débarrasser sans doute du poids de la chair et plus sensible en profondeur.

ces états ne sont qu’une métamorphose perpétuelle, semblable à une vague qui frappe inlassablement les mêmes rivages rocheux, hypnotiques.

je ne raconte rien que les innés intuitions chez l’humain, mais ce que j’ignore le plus est qui je suis ? à part quand je me mens.

le pire de tous les mensonges !

je brosse un portrait au fils des pages

je reviendrai parmi les lyres et le tabou

en dessous de tout

la couleur du ciel est jaune

comme un bendir

je repose un regard bien veillant sur l’erratique passé, est-ce encore moi ? je me suis situé à la frontière de ce qui m’entoure que trop tard et dans le retrait.

les hommes hantés par l’idée de la mort conçoivent l’existence comme un moulin sous les intempéries, il n’y a aucun remède et aucun réconfort qu’ils n’envisagent pas.

la cité les a perdu.

la terre indistincte qui est grande et vaste pour les âmes charitables, je dois essayer de les reconnaître, de les approcher… etc. en demeurant.

l’altruisme m’est désintéressé.

est-ce que j’accepte le doute effroyable et glacial ?

est-ce que nous sommes des êtres sacrés ? 

au jardin d’éden

les poètes sont glorifiés

qu’Allah soit loué !

je suis arrivé à un stade où je me demande si la mort en poésie, est elle-même une solution poétique !

Initiation à l’écriture

À Amel.

1/3

je tombe dans l’immensité de la nuit comme un diamant poli qui soudain nous tomberait des mains. la nuit ce soir est une roche.

il me semble que le temps de l’écriture est précieux, alors allons ! je vous tiens en haute estime, comme un soleil, le soleil d’un univers entier !

j’aimais perdre mon temps pour les causes perdues, un chevalier ! je me perdais dans les forêts où on ne peut jamais rien voir.    

à nul autre pareil chance

un truc qui nous fait dire et rien d’autre !

une nuit de mai

la sacrée dépendance musicale

d’une histoire à deux

la vie est courte comme vous en avez parfaitement conscience, elle peut être aussi belle et courte. il se passe souvent quelque chose lorsqu’on s’y attend le moins.

elle n’est qu’une continuité d’accident et au besoin un renoncement, mais devant l’Unique et Clément, le rendez-vous est pris à la croisée des chemins.

il nous apparaît qu’une infime partie de ce qu’elle est réellement, c’est à dire presque rien ! je m’empêtre aussi avec toutes les questions sur l’attachement.

l’appartenance

le sens de la meute qui me préoccupe

une de ballotter

l’hôtel de la plénitude

et magie noire

la pression de la morale religieuse va bon train, il y a sûrement des solutions plus haut dans les profondeurs noires du ciel, peut-être aussi dans les livres saints.

j’ai à la place cet air ambiant et enfumé que je fume ! je me dis respire calmement, la vie t’échappe et ce n’est qu’une différence de point de vue.  

je lève le voile d’une réalité qui me refuse, est-ce que mes attentes coïncident avec mes aspirations ? je voudrais vous prendre comme Sulaiman Le Magnifique.

rappelez-vous que rien n’est vil !

oh que Dieu me pardonne !  

je m’absorbe et tout coïncide

un ciel idyllique

le mauve de mes yeux

vibre en cœur

2/3

je me dis que j’avais du chien, j’avais du style pour me risquer aux altitudes des nombres zéros ! je voyais à l’ombre des baleines touchées par la grâce.

je remontais les âges avec des divinités passagères où chaque mot avait sa toile de symbole et de complexité. le recueillement m’était bénéfique.

le bon vent me soulevait et cela me faisait peur aux heures de pure rêverie, bien après que les faucons emportaient mes manies vers l’Afrique aux pupilles de joailliers.

encore un matin d’azur qui se termine 

je goûtais à toutes les cultures d’en bas

l’haleine en farandole

un bâtard immobile sur la piste

de la stéréo

il m’arrivait de dire les choses de trois différentes manières et par la suite aller le plus loin possible dans les raisonnements. je restais devant les mystères perplexe.

j’étais disjoncté comme un mineur celtique plein de doutes avec des lèvres tendres pour son elfette, dernier encrage et qu’elle aventure !

je me figurais chaque instant volé à ses côtés comme une révélation de ce qui est ou devrait être pour le reste de mes vieux jours. c’était tout ce dont j’avais besoin.

le temps passé qui se meurt et elle

la déconvenue

une fenêtre sur nulle part

sa peau souple entre mes mains

de cendre

je poussais ma petite barque au large avec des voiles toutes neuves, j’étais avide de connaissance et de liberté. les cales sont faites pour les navires endommagés.

je tombais évidemment dans l’eau froide et glacial, parce que la plupart du temps, je n’avais qu’un ramassis de vomi dans la bouche, de l’alphabets indigeste.

je suis un autodidacte de la vie, le point extrême de mon époque. un poète maudit qui ne sait pas écrire sans l’aide d’un correcteur informatique. 

j’apprécie les choses sous un nouvel habit.

de l’art aussi de vivre seul

comme l’ami des grandes solitudes

un touché visuel

il a besoin de l’immédiateté

du ciel

3/3

ils ne m’ont rien appris et ils m’apprennent rien non plus sur les choses de l’amour, mes expériences ne sont pas sans quelques regrets. je m’atèle pour y remédier.

comme de ne pas avoir fait de grandes études et être à la hauteur de moi-même, de ne pas avoir dit souvent à mon oncle combien je l’aime.

je sais que personne ne meurt vraiment, cela est tout bête au final ! vous savez que je préfère largement la philosophie de nos chers stoïciens.

je prends tout dans la déglutition

on ne se refait pas !

l’âme enrubannée

je finis le thé froid accoudé

sur une béquille

je pense ce soir à vos paroles sans âge plus que d’habitude, je pense à l’enfant terreux aussi, un peu ! je m’identifiais à presque tout et bien sûr à rien en particulier.

les moments que je préfère sont le Souvenir, lorsque j’ignore si les événements se rattachent à une réalité vécue ou simplement le fruit de mon imagination.

je m’aventurais étant jeune dans la prescience sur l’avenir, comme un simple jeu de divination. cette lecture m’apprenait que l’avenir bride l’homme.       

les rêves forment la jeunesse autant que les voyages

donc plus d’avenir possible sans rêveur !

une kermesse de l’été

le jus de tomate coule sur le menton

de l’enfance

je presse mon fruit gorgé qu’avec plus d’empressement, l’enfance se veut païenne ! autant dire que j’ai arrêté de cultiver les fleurs.

comme de retourner mes pensées.

je noie mes forces contre mes pertes de mémoire, comme se prémunir des insolations et de la fièvre. je me contente de petits moments heureux et ce n’est que justice.

je prends de la vie ce qu’elle a de meilleur à offrir et le mieux à cette instant que j’entrevois, c’est vous. j’attends de mes notes qu’elles prennent leur envol.   

entre autres bien le bonsoir et au revoir 

le temps d’un regard

un bonheur monstre

le vent éteint les braises au loin

de mes yeux

Le quai des jours

du quai des jours mon navire s’éloignait, mes hélices du drame… ! j’avais le crâne fêlé, la coque abritait un sans nom où le fil de la sonde se rompait.

je glanais les réponses de l’enfance du ciel et de mes voltiges. je ne tenais pas rigueur à l’adversité et j’exécrais les idées fixes et habituelles.

comment faire bonne figure ?

le vieux soleil se brisait sur mes os de nacre, je suivais sa régénérescence, une traversée sans rives… etc. je croquais à tous les bouts de femmes.

je vivais la bohème et rien devant

les vents givrés fouettaient la table de mes anches

les nuages rouges

une fin du jour pas réel

sous les dérives

je marchais sur les routes vallonnées à la recherche d’une trace tangible de sa Magnificence. je ne ressentais aucune peur, l’élu de mon cœur étant endormi.

j’espérais vivre d’air et de l’eau des sources.

les mots qu’Il m’inspirait, je les scandais à mes sœurs et à mes frères de croisade en retour, si ce n’est de l’univers tout entier à moi-même.

je poétisais mes rêves comme un usurier, un chameau qui mâche des rêves…etc. je restais à l’ombre des nuits à me lire et j’aimais cette lumière plus que tout.

les éclairs m’éclaboussaient sans gouverne

toutes les voies menaient vers Lui  

les saisons d’ailleurs

une relecture de la neige des mots

jusqu’aux soirs bleus

il me restait quelques-unes à déshabiller et conclure par une révérence, mais ma main légère palpait le noir carnet qui se trouvait dans mes poches.

je croyais que la vie aspirait à la beauté du cœur et à l’amour, que c’était du moins une fête, alors que les frères minaudaient avec le Très Haut.

je me souvenais de la rive des morts qui scindent, j’échappais par là même à la pénitence ! j’étais déséquilibré après tout de vivre mes floraisons.

de la finitude des mots

les étoiles naissaient d’une infinie tendresse

le réel dément

lorsqu’on s’applique en dehors

des cœurs

vous revoir, c’est me voir… et subir votre châtiment !

En rade

c’est dans cette mairie que nos chemins se sont croisés et plus rien depuis n’a été pareil pour moi, plus le même ! je ne sais au fond faire que ça.

je nous revois encore comme au premier jour, un peu maladroits, nous attendions l’enjouement des colombes. j’avais un peu de boue entre les dents.

c’est devant cette même mairie que je repasse aujourd’hui, mes yeux tapent sur la bannière et les pierres. c’est le grand wallou… un inutile débarrât !

le retour des beaux matins me fait ceci ou cela

je suis rasséréné

une joyeuse journée

ton image d’épinal ne quitte plus

mes pensées

une femme derrière une vitrine essaie une robe blanche, elle a l’air d’une poupée de plomb ! nous n’avons pas eu cette chance, dommage !

je rêve que l’on se croise au hasard des rues, tu me prendrais enfin dans tes bras. on s’embraserait comme ces deux pigeons qui roucoulent sur une terrasse.

tu chasserais mes craintes avec l’un de tes sourires confiants, alors il n’y aura plus de doute sur notre union et que tu restes belle éternellement.

nous reviendrons au temps des légendes qui se construisent

ils reviendront nos jours à deux

un bol d’air

il pleut longtemps sous les acacias

après l’averse

je ne pensais jamais te perdre, peut-être à la limite dans une stupide mort, mais cela est moins douloureux que de te perdre dans ce monde.

je reviens sur ta ville comme un enfant, elle me parait droite et distante, aussi lointaine que Tombouctou, cela est pareil, une ville que je n’ai jamais visitée.

je me perds devant ton portrait, c’est une autre que je vois, ce n’est plus le même mystère. je vois des yeux qui expriment l’épouvante et cela m’indiffère.

je ne sais rien du destin d’un homme

au-delà s’est compliqué

tu es bien là où tu n’es pas

tu es ma présence fragile et mon ailleurs

je ne résolus pas tout

j’ai vécu très tôt avec toi

très vite

très fort… !

je marche cependant sur tes pas

pour ne pas marcher

Les moments qui réquisitionnent

À Oussama.

une passion que j’ai enterrée à l’âge de 21 ans, elle aurait pu s’achever cinq ans plus tôt, la vie en a décidé autrement. c’était pour une fin plus que salvateur.

je ne pouvais m’accommoder avec une conscience surannée, mes jeunes aspirations ne trouvaient écho que dans mon miroir interne.

une causalité dans presque tout.

je faisais l’impasse sur certaines parties peu reluisantes de mon histoire, comme il y a un terminus pour chaque trajet, – à quand est le mien de départ ?

je vivais de contradictions

j’ai survécu à celles-ci

un nuage d’argile

les cliquetis du téléphone rouge

j’attends la tonalité

j’étais avec une fille comme tous les moments forts de ma vie, l’évocation de cette simple idée m’attriste. je me demande où en est son niveau au piano.

j’étais tout le temps dans une peur noire en sa compagnie, une plasticienne qui me parlait, fichtre ! je m’estimais néanmoins le favoris de son île bleue.

l’esprit vaqué et flou.

je n’étais qu’à moitié désolé de notre séparation, les morves jaunes écumantes sous d’autres soleils m’appelaient, et ainsi coucher mes idées sur le papier.

renouer avec moi-même.

je cherchais une souffrance illimitée

le ciel ou le pardon des cités

l’aube des mélancolies

une voix d’opéra me repêche

de la Ténèbre

j’ai failli perdre la vie un jour d’octobre, il faisait un rêve-météore ! j’étais un jeune poète sans œuvre qui n’avait rien d’une étoile du rock.

un pli de poussière qu’il faudrait prendre.

je croyais aux écrivains et leurs livres, l’essence des choses leur étaient égal, sans parler de la fichue guerre qu’ils ont lancé contre les hommes et Dieu.

la mort ne vient jamais lorsqu’on l’attend, comme souvent trop tard ! elle parvient à nous préoccuper ou l’inverse. elle peut être aussi le combustible.

le printemps aurait fait un cadre idyllique.

comme les chutes d’une chanson

au diapason d’un réel

jusqu’à la nuit des temps

la terminaison de l’oncle qui offre

le noir soleil

je ne sais plus où je vais… savoir d’où je viens est une page de réclamation !

Mais tout peut changer

on avait quelque chose d’héroïque lorsqu’on revenait d’Alger, aujourd’hui… nom de dieu ! quel aujourd’hui, l’uniformisation ? je déplore mon pays de poésie.

je n’étais pas fait pour la compétition, les rivalités m’insupportent, allé toujours plus haut et plus fort, c’est bien foutu pour du bétail ou à la télévision.

l’eau leurre plus d’uns.

les visages défaits que l’on entrevoit en nous-même pour retrouver une dignité flambant neuf, et leur souk, et leur stuc… blanc évaporé ! Arrière ! Arrière ! 

si peu de choses me nourrissent

beaucoup me dévorent

un spectacle d’ombres

l’eau coule sur les murs

des arènes

j’exècre cette culture et en général vos ensembles ne tiennent pas la route, je garde seulement le bon souvenir des jeunes filles en maillot de bain.

l’une d’entre elles prenait des trains dans mon malheureux cerveau : on te chérira ! on t’oubliera ! un tas d’autres mots comme les trains qui se croisent.

j’ai traîné ma douleur de saison en saison, Ursula à moi-même. je n’avais pas assez de ressource pour franchir le pas: IL NOUS FAUT VIVRE AVEC LE DÉGOÛT !

elle brûlait d’envie pour une cigarette

elle bougeait

quatre heures trente

enveloppé du silence de la nuit

tu reposes

les états d’esprit dans le sport sont drôles, je cherchais simplement quelqu’un à abattre et finir dans un bloc terminal, puisqu’elle rejoint l’une des fins souhaitées.

les commissariats ne sont que des verrières avec des registres, le bon flic et le mauvais. il y aurai bien sûr des commissures attendrissantes.

faites attention, le crime vous guette !

à quoi on reconnaît une prairie d’une autre, un homme bon d’un sage, une nouvelle d’un roman… etc. quand tout se vaut dans le grand songe ?

peut-être que demain le soleil se lèvera

demain sera le lieu

les couloirs sombres

le récit peut attendre l’aube

d’un dernier baiser

dès que l’on parle d’une pierre, on pense précieuse… sauf pour le néophyte !

Songe à cet ange noir

c’était pendant une fête et il y avait une certaine hésitation dans les attitudes, une bouteille d’alcool lancé contre le mur, mais d’une colère mémorable.

une blanche colère !

j’observais le plafonnier jauni et l’idée d’une pendaison, comme une offrande ! on perd de nos jours le sens du sacrifice et de tout équilibre.

la soirée bâtait le plein de mondanités.

c’étaient les vagues noires perpétuelles que l’on rencontre savamment, le creux de la vague froide à perte de vue. des idiots à perte de vue !

sur un présentoir les femmes d’intérieur

un mélange de la nuit et des cauchemars

vents troubles

les cuivres viennent jouir ici

et chez les voisins

une fille anéantissait tous mes rêves, toutes mes peurs ! elle démolissait tout mon dépotoir de bonheur possible. il n’y avait qu’à se réjouir de ce spectacle.

j’appréhendais les forces de l’univers, je croyais au nomade serpentaire. je tenais après tout à mes illusions en concevant ainsi mon autre moitié.

la vie avec certaines ne m’offrait aucun choix, j’étais le mouton à tête noire. ils me rendaient la vie dure que pour mieux m’asseoir dessus.

et si son cœur contenait moins de rancœur, quidam !

pour elle, mes yeux étaient éteints

pourtant offerts

un idéal nocturne  

les mots glissent dans le puits

du cœur

la musique était du free-jazz, les notes inauguraient l’espace. j’inventais des mots pour chaque physionomie et c’était bien. j’aimais Le Caravage.

ceux qui partageaient nos joies.

je fessais ce rêve dans le brouillard des cieux, aussi récurrent qu’une pendule. je me voyais danser à un mariage qui n’était pas le mien.

un toréador furibond et joyeux.

reviens et prends-moi la main une dernière fois, mon cœur. nous survolerons les montagnes blanches des Aurès, nous nous pâmerons dans les lits de coton en s’aimant.

une nouvelle histoire à se raconter

peut-être la dernière !

une tendance épineuse

il t’en faut de plus belle pour renaître

à la musique

La palmeraie

les mauvaises nouvelles parcourent des univers, comme nos rivières qui sont taries. les chemins sont balisés autour de l’ordinaire douillet.

tu as passé l’orangerie au crible de tes doutes et déductions, tu ne vois qu’un homme de boue et les bienfaits de son Dieu qui déclinent.

tu vois aussi un couple à la verticale avec une écharpe autour des cous, peut-être des pendus, ce sont-ils noyés sur la dune ?

un homme debout sur sa colonne

il tronque ses vicissitudes contre un stylo

un costume noir

la vie est une bavure irrésolue

à quand la masse

nous pleurons que les anges et ce n’est que de la chair à canon sous couvert d’un jeune dieu. ils ne pleurent plus, comme une dernière révolution, une insipide !

ce n’est pas comme s’ils savaient se cacher, mais très peu s’offrent ! il aimait rougir ses seins, elle ne jurait que par sa queue pendante.

ce n’était pas fait pour durer.

ils cherchaient peut-être le lieu où naîtrait la formule, sans avoir lu Rimbaud ! ceux qui goûtent à l’étude des jours valent les exégèses et leurs interprétations.

les vents sifflent entre les corps inertes

les vents se brisent

se recueillir en silence

les blanches bougies recouvrent le sol

imbibé de sang

ils s’en allèrent au coucher du soleil la main dans la main, comme un couple ! ils avaient le ciel de la terre sur les yeux et une mouvance qu’il faudrait taire.

le sable est en perpétuelle mouvement dans l’incroyable désert, beaucoup de choses bougent. le voisinage n’a recours qu’à sa nature parlante en boucle.

quelque part en place deux amants se sont donné rendez-vous… ! ils avaient la foi en une entité élevée, ils n’auraient autrement envisagé que l’écorce.

on ne meurt jamais qu’à nous-mêmes

la dîme des êtres purs

une aube d’été

l’homme pardonne à la nuit

de ses revers

Divagations sous un ciel enrhumé

À Célia.

je ne suis plus ce soir à l’hôtel d’humeur à la Traviata, il me parvient par la fenêtre le bruit d’une ville blanche, la fenêtre solitaire d’un nomade urbain.

il pleut.

la lune rouge ne devrait plus tarder, la nuit s’est ouverte ! j’ai une vue sur les toits en contrebas et les trams qui rament et passent, les passants neutres et propres.

je glisse sur ma souffrance quotidienne qui efface les contours.

je me souviens des filles aux joues pimpantes qui jouaient à la marelle les jours de fête, comme cette fille que j’ai connu bien plus tard dans mon adolescence.

elles ne répondaient jamais à nos appels !

avec toutes les particularités d’une enfante qui joue à la marelle

comme une potentielle pieuvre à marins !

une passerelle lointaine

l’homme éventre le brouillard

une menthe à la main

je me souviens de ses cheveux parfumés et de la gomme, beaucoup de gommes ! on pensera aussi à l’écolier et à sa découverte du scotche subliminal.

elle me disait des phrases comme : je suis heureuse que les nuages se soient dissiper. ou bien encore : je n’ai pas très envie de jouer avec toi.

je suis le môme qui pédale avec convulsion.

j’avais en mémoire un dictionnaire anatomique, un schéma de gamme astrale, 2 tickets pour voir le titanic… etc. c’était de l’amour, une sorte de RAÏ.

je ne jamais su parler de ces choses-là.

de vieilles questions en substitution 

de vieilles bouscules en lévitation

un parfum d’amour

j’entérine l’âge de la méfiance

une fêlure sur la joue

j’aimerais être moi-même en lévitation, perdre cette pesanteur que l’on partage avec le commun. il n’y a pas si longtemps, j’ai pris une traversière.

c’était bien !

sur le bureau de la chambre face à la fenêtre grande ouverte, j’ai un livre d’Haruki Murakami, la putréfaction des êtres sensibles est une bénédiction !

et si je prenais une phrase au hasard: cela ne te fait rien de rester encore un peu avec moi, même si ce n’est pas très drôle ici ? cela est d’une mesure.

je relève l’esprit des choses en France.

la lune épouse les reflets d’un fleuve de boue

l’aube dépêche ses chevaux de course

les amours en texto

deux trains traversent le même cœur

des ruines

quand tout semble arrêté, comme figé dans une autre dimension, seulement là commence l’expérience du poème… !

Parcours d’un nageur délicat

on m’avait mis en garde contre les marocaines aux cheveux longs et épais, en garde aussi contre les tunisiennes aux doigts fins. je nivelais rasséréné vers le haut.

je n’avais pourtant rien d’un enfant.

c’était des consignes en général sur tout le fatras de ce qui n’est pas de chez nous, il ne semblait pas bon pour nous encourager, – les voies du succès sont impénétrables !

la vigilance des superstitieux !

ce n’était pas aller à l’encontre du mektoub, mais éviter les énergies négatives au maximum. c’était comme cela aussi la compétition, voila ce qu’on se disait !  

elles restaient nos adversaires dans les couloirs, mon ami !

elles chantaient les conquêtes de nos aïeules

quelque part déchu

l’effervescence provoque le tintamarre

des sifflets

il ne fallait pas avoir d’embrassade ni de massage corporel ou autres, et surtout ne pas passer la nuit fi rahba. les précautions avaient bon publique.

absurde comme pas deux !

je m’apprivoisais à l’air d’ailleurs qui était aphrodisiaque, lors de nos rencontres internationales où naissait en moi la fibre de la désobéissance.

les paysages nouveaux me stimulaient.

je me jetais dans les bras de sirènes aux charmes médiévaux, une médaille chère à mon cœur de soufre plus que n’importe quel trophée.

je raflais pourtant quelques-uns !

j’étais flanqué de lassitude et de purs plaisirs

à la recherche d’adrénaline

une brève nuit de noce

sur le cœur trois confettis

aux pastels sucrés

le couperet de mon carma ne se fessait pas attendre, les ennuis me tombaient dessus comme la grêle et jusqu’à une période récente, je n’arrivais pas à me l’expliquer.

je ratais les saisons successivement et partout sur mon corps apparaissaient des furoncles à sommet putrescent, comme les petits volcans sibériens.

j’étais sujet au fouet de la médisance et aux moqueries de mes voisins, je réalisais que la course à la performance n’est pas faite pour mes rêves délurés.

elles me laissaient leur poison dans les veines

en plus du souvenir d’elles

une saison des hirondelles

j’effleure les mots d’une femme

qui aime ailleurs

il semblerait que pour beaucoup la vie reste indéchiffrable, mais est-ce que cela fait de moi un réactionnaire si je m’exprime ainsi ?

Les situations insupportables*

je ne supporte rien d’autre que l’insupportable et je m’efface devant l’histoire à une seule vitesse. je chemine vers le tourbillon noir de l’oubli.

les crimes abominables commis jusqu’au moindre geste sans grâce, feront encore des ravages pour les générations à venir, et… la colère gronde dans nos cœurs !

une autre entité

l’éveil spirituel d’un rêve

premiers contacts

fêter le premier jour de la guerre est juste une compagne de victimisation et que l’on me pardonne ma préférence aux lâches plus qu’aux héros et martyrs dépersonnalisés.

que l’on me pardonne mes yeux purs, ils sont ordinairement enclins à la beauté et que parfois percent le ciel décharné et attestent de l’existence d’un autre monde.

cette réalité est aussi la mienne, en filigrane, et… la colère gronde dans nos cœurs ! mais sachez vous autres que j’ignore ce qu’est votre pardon.

je l’espère seulement du Suprême et l’Unique  

que l’on me pardonne ma naïveté

trouvons un bon deal, la force tranquille

les personnalités se construisent toutes seules ( comme nos filles ! )

quel foutaise de jeter son pied dans une flaque d’eau boueuse et froide

grave et soucieux sur le chemin de fer, un souricier


aimons nos côtés spectaculaires

c’est un genre que l’on se donne, ce minimalisme à la pierrot le fou

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

La texture des ombres

1/3

je suivais des filles bien en chair et entre mes mains, j’avais une fleur des bois pour chacune. je finirai sans doute par toutes les oublier après le mécompte.

elles me répondaient souvent que ce n’était ni le bon moment et encore moins les bonnes coutumes. je ne trouvais grâce aux yeux de personne.

elles m’apostrophaient parfois: as-tu lu le livre de Saint-Exupéry ? – non, enfin, je crois ! tu ne peux alors être notre ami. je m’empressais de livrer aux ragots un os. 

de la surenchère sur la couronne du Christ

c’était d’une bêtise 

une terre étrangère

je gagne la compagnie

d’une langue

j’étais une bille dans un tourbillon, c’était évident qu’ils ne voulaient me rallier à leurs causes qu’après l’éternité. bien sûr que j’avais le sang mauvais !

je ne regrettais qu’une seule parmi la bravade des louves, une meute affamée sans flair. elle m’arqua mon front de ses lèvres abondantes. je n’avais rien vu d’aussi beau.

une fille verte aux bras nus, qu’elle offrait d’ailleurs à tous les imposteurs, comme une belle affaire de putain ! je ne savais comment lui exprimer le mal qu’elle me fit.

elles ignoraient qu’un chaman guérit les clans

elle m’ignorait

les amis fatigués

je suis les pointillés de l’inouïe

au-delà de la bordure

c’est à cette période que vous avez fait votre apparition et l’invitation pour vous rejoindre à Ouarzazate… ô la fragile membrane de l’existence !

je saisissais cette opportunité pour m’évader, la tête pleine de sombres bavardages et les poches sous un sacrilège, mille possibilités s’offraient à la première venue. 

j’avais comme unique bagage mon manteau de paysage et une petite valise noire de lycéen, une succession après une séparation. je n’envisageais pas de retour possible.

le départ promettait de tendres atterrissages  

un départ nous séparait

une terre conquise

je pars au dernier virage

de vous

2/3

je pleurais tout le long du voyage dans le train bleu corail, les vitres étaient inondés. je me souvenais des dieux qui ont bercé l’enfance de mon cœur, en mieux.

je m’asseyais à côté d’un roi nègre qui lisait des versets coraniques, comme une douceur âcre dans la bouche. je tendais l’oreille à sa psalmodie.

– ne tombez pas sous l’anathème ! vous me le répétiez souvent, c’est vrai ! je m’interdisais de flancher en mesurant pleinement les conséquences. 

l’homme déployait ses ailes trompées 

l’homme déniait me voir

en-sortant-de-la-lourdeur-du-train-à-la-gare-de-Marseille-la-Tentaculaire-j’-ai-marché-au-feu-vert-des-pilotis-la-tête-à-l’-envers-sachant-que-c’-était-écrit-et-je-m’-arrêterai-au-rouge-de-vos-seins-tout-le-temps-comme-un-peu-chaque-jour

je courais les rues à la recherche d’un trèfle à quatre-feuilles, chacune d’entre elles recelait un mystère avec des indices. il me fallait traverser vite avec une démarche raide.

je fessais des connexions insoupçonnées entre les batailles de différentes époques et les héros illustres, à chaque fois que le nom de la rue était baptisée d’un général des armées.

je bloquais mon souffle court pour une apnée prolongée si elle était d’un poète ou philosophe obscur et inquiétant. je les parcourais néanmoins en saluant les plaques.  

je concevais mes diatribes d’un mémoriel au passé fixe

je cherchais ton nom  

un parcours sensoriel

les plumes de l’indien guident mes pas

de faucon

je sentais en moi le froid fantomatique de la ville et elle arrivait l’heure de l’aubade mal refermée ! elle arrivait et j’allais poursuivant mes intuitions.

je lisais sur les façades d’immeuble le sors qu’Il pouvait réserver aux hébergés, l’accueil ne se faisait qu’à une certaine obédience. je vivais d’une colère sourde.

je suivais les ombres des tombeaux et quelques fleurs: dès que fille du matin, paru l’aurore aux doigts de rose… ! je revoyais la magie méditerranéenne d’Homère.

je formulais mes premiers vœux à la ville

je me découvrais

l’ineffable retrouvé

je brouillonne sur des feuilles

noircis

3/3

je reconnaissais une ambiance d’autrefois dans un square malmené par le mistral, les paradis terrestres ont ceci de particulier qu’ils en deviennent funestes.

il y avait là deux mendiants solitaires qui ne quémandaient même pas une obole, quelques femmes âgées bien sur elles de passage. je m’ouvrais à chacun de leur sourire. 

je lisais mes poésies entre les allées et je goûtais aux fruits secs en buvant la bière belge prévue pour l’occasion. les mouettes perçaient l’azur avec leurs cueillettes.

les deux mendiants avaient de l’humour noir

l’esprit d’un bouddha ensablé

une matinée d’automne

le murmure des arbres à l’oreille sourde

qui rêve de vous

je saluais un père juif d’une pierre et je sautais haut en étoile dans une fontaine. j’appelle cette folle audace, le poète et ses incarnations !

je voyais le monde se métamorphosait sous mes yeux, le soleil blêmir entre les feuilles d’arbres. j’estimais la cendre qui recouvrait mon cœur.

je prenais le ferry des oubliés et en bazardant mon paquetage dans le remous des vagues, je me désengageais entièrement de tout le reste.

l’écho du Maghreb répondait à mes heures inachevées

je charriais les hommes et les dieux

une quête

je cours vers les rires

de la lune

je frôlais la mort à 27 ans, je divorçais à 23 ans, j’étais déjà dépressif à 15 ans, ces brides d’une vie avaient péri dans le gel de l’eau, je l’apprends de vous à l’instant.

il y a ceux qui vivent avec un seul amour toute leur vie, d’autres ne peuvent aimer qu’avec indifférence.

je ne sais pourquoi je vous relate cette histoire, ces choses arrivent dans de vieilles sagas policières.

je portais une histoire prophétique

je libérais toutes mes joies et les coups

un bout de vie

les vents reviennent

de loin

les actes trouvent leurs sens dans nos rêves… !

Séquences

je me souviens d’une fille, c’était peut-être déjà une femme, mais les relatifs ne sont pas très importants. je revenais d’un séjour au pays.

c’était en 2006.

elle s’appelait… ! ce dont je me souviens ce sont ses études en école d’infirmière. elle était bien trop jolie pour moi, bien à vrai dire sous tous rapports.

elle était assise au comptoir d’un bar anglais quelconque sur les hauteurs de la ville, un paradoxe que je croyais maîtrisé. c’est comme cela qu’on s’est parlé.

elle aimait le charme qu’opérait la musique

la couronne des anges ornait ses yeux

une baigneuse aux longs orteils

arrosé d’une pluie d’été

fou d’elle

j’ai avancé quelques verres et après une danse désinhibée, je me disais qu’elle était à moi. on s’était liée d’amitié et sans me faire prier je l’ai raccompagné.

alors qu’un autre soir on écoutait la radio, elle sortait du lit d’un bond, nue comme Ève sur le parquet et se dirigeait plusieurs fois vers sa bibliothèque.

la pièce était immense avec un haut plafond, j’ai remarqué ses longues… très longues jambes ! je pourrais refaire la calligraphie de son corps.

on aurait dit des ciseaux d’atelier.

j’ai vu de biais son duvet pubien à petits motifs bleu clair

quelque chose d’engageant et ronfleur

une nuit sur le fleuve

les mouettes rejouent les constellations

des enfants qui mentent

elle dénichait des livres comme dans une foire et elle avait quelque chose de furieux dans les yeux. je baissais les miens pour mieux admirer sa beauté.

je voulais une explication à son attitude, elle réitérait sa demande: tu lis, c’est tout ! je découvre comme une épitaphe le mot Salaud sur la couverture.

le reste du titre était caché avec ses doigts.

le second titre était Baise-moi d’une certaine Virginie Despentes, je me répétais ce nom le lendemain en partant. je ne lisais à cette période que les ordonnances.

je vois le film de Godard dix ans plus tard

les choses évidement sont compliqués

l’effet d’une claque

un rêve de Cassandre s’effondre

en mille odes

Que pensez-vous d’un suicide littéraire ?*

une fille saute d’un pont et les personnes présentent ont eu peur, nul n’a réagit pour la secourir.

un homme contre toute attente s’élance dans le vide et la délivre des griffes du terrible torrent. tout le monde a reconnu en lui le cheikh qui préside les assemblées.

il interpelle en regagnant la rive la foule ébahie

quel-diable-m’-a-poussé-qu’-est-ce-qui-s’-est-passé-si-je-rattrape-ce-farceur-je-jure-par-Dieu-tout-puissant-qu’-il-saura-de-quels-bois-je-me-chauffe

– prenez-moi pour femme. dit-elle à peine sortie de son hébétude.

les deux inséparables suivis du cortège lançant des hourras, tous ont conclu que l’innocence même avait parlé.

depuis cet événement circonstanciel et à chaque fois qu’une âme est sauvée dans la région, on dit de ce jour qu’il est gras.

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

( Ma muse me parle parfois… )

ma muse me parle parfois des petits riens

ma muse me parle parfois de la nourriture

ma muse me parle parfois du vrai

ma muse me parle parfois de l’invraisemblable

ma muse me parle parfois de la beauté       

ma muse me parle parfois de l’endroit     

ma muse me parle parfois de l’envers

ma muse me parle parfois du commerce       

ma muse me parle parfois de la justesse

ma muse me parle parfois de la musique

ma muse me parle parfois de l’improbable  

ma muse me parle parfois du désir

ma muse me parle parfois du manque

ma muse me parle parfois du délire   

ma muse me parle parfois de la raison      

ma muse me parle parfois du souffle 

ma muse me parle parfois des états de grâce

ma muse me parle parfois de l’anonymat

ma muse me parle parfois de la liberté

ma muse me parle parfois de la danse

ma muse me parle parfois de la sexualité    

ma muse me parle parfois du rêve

ma muse me parle parfois du mensonge

ma muse me parle parfois de la mort

ma muse me parle parfois du doute

ma muse me parle parfois du réel

ma muse me parle parfois de littérature

ma muse me parle parfois d’humour

ma muse me parle parfois de l’aventure

ma muse me parle parfois de la souffrance

ma muse me parle parfois d’elle       

ma muse me parle parfois de la Taouba ( plus souvent que l’on ne croit ! )  

ma muse me parle parfois d’amour ( moi, je ne crois pas trop à tout cela ! )

( Il était une fois Facebook… )

il était une fois facebook lorsque j’aimais la poésie qui fait de l’ombre  

il était une fois facebook lorsque j’aimais ma vie

il était une fois facebook lorsque j’aimais la vie des autres et rien de ce qu’ils pourraient faire ne me fera admettre que nous sommes différents

il était une fois facebook lorsque j’aimais les Antilles, même si je m’y suis jamais rendu

il était une fois facebook lorsque j’aimais les acrobates du cirque, est-ce que je suis déjà allé à un cirque ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais ta peau, tes cheveux violets, ton cul… etc. le sort était cruel pour nous deux et rien n’est aussi beau

il était une fois facebook lorsque j’aimais le ciel et les nuages, les trains et mes trottinettes… en fait, elles étaient à un ami !

il était une fois facebook lorsque j’aimais l’eau et le feu des remparts, je buvais beaucoup d’eau et je ne craignais pas l’enfer puisqu’il n’existe que chez les croyants

il était une fois facebook lorsque j’aimais le noir et le blanc, je fessais toujours semblant devant un objectif, semblant d’aller mieux 

il était une fois facebook lorsque j’aimais les gravas dans les jardins, ils finissaient prisonniers de mes chaussures affamés et les lacets se tordaient

il était une fois facebook lorsque j’aimais le rouge de l’aurore, c’était tellement inscrit en moi les aurores que j’ouvrais mes yeux comme une boite blanche

il était une fois facebook lorsque j’aimais les accords dans le désaccord qu’il ne restait au fond que moi qui bleuisait

il était une fois facebook lorsque j’aimais la nouvelle vague, elle traversait tous les siècles, les pays, les genres

il était une fois facebook lorsque j’aimais le temps consacré aux amours, et puis le silence coinçait comme le chien d’un revolver

il était une fois facebook lorsque j’aimais le jazz, j’avais un livre qui relatait toute son histoire, mais comment saisir quelque chose d’aussi libre ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais la mousse des vagues dans la peinture, comment franchir le palier d’une galerie, un atelier… etc. surtout pour un flâneur

il était une fois facebook lorsque j’aimais une grenadine glacé les après-midi d’été, l’été et le sucre ne m’inspiraient plus confiance

il était une fois facebook lorsque j’aimais le tabac brun, je devrais dire fan et il n’y a pas le choix

il était une fois facebook lorsque j’aimais les ombres chinoises, je fermais les yeux sur le parfum des fleurs et je me faisais mon propre théâtre

il était une fois facebook lorsque j’aimais les Biker même s’ils puaient la bière et la pisse en feuilletant leur livre   

il était une fois facebook lorsque j’aimais les âmes grises, elles étaient écorchées sans manœuvre, à vif ! combien sommes-nous ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais les mystères sacrés et qu’ils résistaient

il était une fois facebook lorsque j’aimais les miracles, les oracles, les divinations… etc. je me baignais dans un verre de lait et il n’y avait pas autour les mouches

il était une fois facebook lorsque j’aimais les filles non pas celles qui refusaient une offrande

il était une fois facebook lorsque j’aimais les plantes et les animaux, j’asphyxiais par contre les insectes et je dansais avec les précédant

il était une fois facebook lorsque j’aimais les tuniques et les sabres, autant dire le sexe et le sang, les histoires explicites dans les films ne m’intéressaient pas

il était une fois facebook lorsque j’aimais les fêtes galantes de Verlaine, je m’introduisais comme un homme qui n’aimait pas laver la vaisselle à l’eau chaude

il était une fois facebook lorsque j’aimais les contes pour enfant, ils raillaient mon entrer dans le bleu, ils continueront de rire puisque j’y serai à jamais

il était une fois facebook lorsque j’aimais la prière, je ne savais pas comment et pourquoi prier, jusqu’au jour où je comprenais que personne ne savait

il était une fois facebook lorsque j’aimais les mots doux et cléments, comme entre les mots Miséricorde Divine et Blasphémateur Ostentatoire

il était une fois facebook lorsque j’aimais les appareilles connectés et rien chez moi n’était synchronisé

il était une fois facebook lorsque j’aimais les choses singulières, les petits hics, les bizarreries d’une existence, tout ce qui fondait sous ma dent qui aimait mordre

il était une fois facebook lorsque j’aimais les battements de mon cœur qui ne m’angoissait jamais, est-ce que je sentirais le tien ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais les bicyclettes, je solutionnais plutôt avec la marche, comme je préférais ne jamais en parler

il était une fois facebook lorsque j’aimais lire et dormir bien après

il était une fois facebook lorsque j’aimais faire l’amour et écrire juste après

Couleurs

la liste de mes courses de ce matin, non exhaustif : deux pulls de chez Emmaüs, trois cendriers, un tirage loto, une baguette de pain, du thon à la tomate… etc.

j’emménage dans un meublé.

les rues bordelaises copulent aux dépends des passants, les boxeuses irréelles qui les traversent ne sont que de modernes minerves qui travaillent au corps.

je reste serein des yeux.

il y a les d’abord d’un enfant céleste et une fille, un visage surtout maintes fois calepinés d’où émane des voix sourdes à l’entendement. cela est écrit.

des feuilles que je brûle depuis.

je me démène avec l’impression du premier arrivé

je me désencombre de mon incurabilité

un matin d’offert

le vent qui s’engouffre est le prélude

d’une rencontre

une hiérarchie subliminale des filles: il y a les filles anges, très rares à rencontrer, discrètes qu’elles rasent les murs, aussi précieuses qu’un furtif !

elles ne s’inventent plus de tares.

il y a les filles sympas que je vous conseille d’éviter à n’importe quel prix, elles surfent sur l’ambiguïté ! parmi toutes les autres bien sûr, bêtes et gourmandes.

elles avoisinent les couleurs !

Ève est une exception qui m’a illuminée, je ne sais rien d’elle, et à la limite, je ne veux rien savoir. je la vois pourtant s’éloigner avec son secret sur les bras.

comme un projectile !

un amoureux fou est la multitude

le souffle de l’extravagant Ganymède

les jambes de cristal

elle est promise aux matins

qui se touchent

je vois encore sa nuque et ses cheveux, j’entends le bruit faible de ses pas, je vois son dos rétrécir… ! je sens le besoin de rétrécir aussi, net et propre, sans grain.

elle est d’une grâce incarnée.

je sauve ce qui me reste de l’attitude de l’un des derniers romantiques, en me retournant sans elle. je déchiffre à peine mes premières impressions qu’il faut déjà rentrer.

je porte mes provisions jusqu’à l’intimité d’un placard.

je voulais tamiser sa lumière et courir dedans, goûter à sa chair… ! mes yeux hors de leur orbite, comme il y a parfois du bleu dans une chambre sombre.

les trappes du cœur avoisinent l’isolement

comme tel me sont décrétées les choses

à l’aube du soir

je laisse fondre le pain

dans ma bouche

soixante dix-neuf euros en poche… je tiendrais jusqu’au 24 !

Le rêve de la commune

À Anne.

je contais à un ami mon rêve de la nuit passée, mais d’une tristesse, oh mon Dieu ! d’une tristesse… ! la sophia des jours nous apprenait au mieux à les écouter.

était-il un non-savoir ?

une désillusion s’abattait en ce jour de fête sur ma grande famille, comme la ciguë qu’il faudrait boire dès à présent. les pantins derrières une vitrine quémandaient !

une attention, une sélection, une élection… !

les voix rassemblées disaient que le pays allait bien et qu’il y avait beaucoup de richesses, l’or coulerait des naseaux. le monde aspirait à crésus dans des palais de jasmin.

les cartes se brouillaient.

je n’envisageais aucun effort de changement

les derniers remparts d’el horma

un cageot à la claire bougie

les jeunes du quartier rêvent dominos

avec leurs mains

j’avançais entre les colonnes en dormant comme un escargot avachi, une morve dégoulinait sur le bulletin bleu tenu nerveusement avec mes deux mains.

je répétais ce geste cent fois dans ma loge boisée en coulisses, – mais que pourrais-je faire ? sachant que je n’avais plus le droit aux questions depuis l’enfance.

l’indépendance nous bridait.

je n’aimais plus les jours clairs et ma préférence allait naturellement aux jeunes sœurs dans les bains, mes revendications en ceux-ci étaient simples, diamantaires.

il n’y avait personne pour répondre du sort commun

elles étaient plutôt rasoir

miaulement d’un chat

une mystérieuse collecte des ordures

dans la ville qui pue

nos chers gouverneurs les messieurs présidents des terres démocratiques levaient tous la main, sauf un. ils criaient: nous sommes tous à cheval sur le detritus !

comment verdirait mon cœur avec la roche ?

je vivais une douce terreur en poète ma propre différence,- no mentior ! me lançait la dernière voix qui chantait. un éclair qui provoquait une hésitation dans mon esprit.

et si je recommençais à perdre mon latin étoffé de quelques mots, je lui confiais que je reviendrai à la terre et plongerai mes racines frêles dans celle-ci.

ding dong – ding dong !

la lune était rouge

et si de ce monde bureaucratique et obtus

je répondais par un autre rêve

je reste sans activité spécifique

l’autarcie me fait bander longtemps

et si j’éprouve le besoin de comprendre

seul l’aride parmi toutes les vérités m’est nécessaire

lorsqu’on est consacré à la grande heure sans secours

rêve, rêve, rêve… aux lassitudes du mur de brique !

et si les souffrances renouvellent nos découvertes 

j’ai grandi sans le vin des vignes et je m’appartiens

j’essaie de déloger les individus d’une idéalisation erronée

lorsqu’on vous dit que toute tentative est un échec

et si en une victoire nos rêves se concrétisent

ce n’est pas gratuit que l’anarchique ordre régnera encore en maître

le rêve commun n’est plus sans le concours du savoir vivre et des idées

l’horripilant est dans le clos de nos coquilles vides

avancez vers l’arrière plus que jamais !

Une compagne

je ne veux être une modeste image d’un homme du soir.

celle qui m’accompagne ne porte aucun nom, c’est une fille imaginaire, une pure fiction. elle creuse dans mon cœur des sillons.

je la débusque à travers les aléas de l’exil.

elle a l’habitude de rassembler la fleur de sel et une huile de phosphore éblouissante. elle pratique aussi le meurtre à l’aide d’un unique poison, son cœur.

elle est du Sahel.

lorsqu’elle veut embrasser le désert de ses ailes, elle articule des mots purs qui le sellent magiquement et me resteront à jamais incompréhensibles.

je lui livre mes pulsions réprouvés

je l’invoque

les saisons défilent

les rougeurs d’une passagère adorée

qui s’ingénie

nous avons consacré beaucoup de temps pour nos retrouvailles, comme certains le distinguent, nous on se comprend. elle aime les compotes de pommes.

on s’est construit avec nos plumes un lit pour l’hiver, puisqu’il était temps. elle était la vilaine fille des trottoirs mouillés qui accostent.

une couche où les vents se déchainent.

je n’avais auparavant jamais manifesté une disponibilité en amour, le poème était l’épouse délaissée. je fascinais plutôt comme un objet de convoitise.

le vaincu, les devantures… !

elle est l’étrangère de toutes les routes

elle est l’autre dévoyée

lune croissante

entre les quarts d’heure de silence

je m’en câlice !

cette madone est d’or que j’oublie les jours de parade de la fanfare, elle est au fait de mon insondable gouffre. je n’ai aucune posture qui tienne.

il y a de quoi ne pas être: futé… pas très ! ce sont ses mots, mais vivre des expériences non-verbales, voilà un charme ancestral ! une ligne d’inconduite soutenue.

je suis infiniment épris de cette entité des rivières et des cols, comme un arrimage total au sublime. les soirs ordinaires, nous lisons blottis l’un contre l’autre.

elle me rejoint chérir nos enfants, parfois

je prétends qu’elle m’aime

le show continue

premier rendez-vous manqué

entre les collines

je me figure cette folie qu’après-coup… de celles qui ne peuvent toujours pas les battre !

Du sel de cuisine sur une plaie

le rêve étrange de la nuit passée où tu mets apparu… tu versais de longs sanglots ! je pleurais aussi cette énième déchirure. je cédais à l’envers de mes enclos.

tu étais du granite dans les proches rues et la mousse poussait sur tes épaules, une déesse aux inquiétants secrets. il m’était impossible de t’approcher.

nous faut-il brûler les morts sur le bûcher des souvenirs, – nonobstant ? à l’inverse de nos cœurs flottants, tu ne reconnaissais aucune pesanteur, indifférente.

les petits riens dans un grand rien du tout

les chamboulements qui freignent

une liane de lancé

j’espère que la chute est réciproque

à l’avant de ce cri

je me demandais qui d’autre à part moi pour exécuter les sentences, mes guillotines sanglantes de tes larmes. tu cachais à ma vue tes tristes yeux.

pardonne-moi, plus forte je te rêvais.

je repense à tout ce temps passer à tes côtés et réellement sans toi, les non dits m’accrochaient aux noirs nuages. je renonçais depuis à toute tentative d’identité.

je retrouve mes vieilles obsessions dans celle du Vulcain, c’est-à-dire vivre un jour et mourir, doucement ! comme voltige un papillon au cœur de l’automne.

les paroles perdaient de leur naturel

les corps se pourfendaient

une petite ivresse

les murmures se poursuivent

en poussière d’étoiles

je me souviens d’une nuit comme celle d’hier, nous étions séparés et sous le même toit. il n’y a qu’un esprit torturé pour admettre pareille situation.

le glissement des sentiments.

je veux rendre à travers ces lignes justice à ta décision, rien cependant de mémorable ! elle m’a fait tomber dans la folle aventure poétique.

puisque c’est moi l’éternel obligé.

j’essaie encore de tisser des liens quoique fragiles, comme ce billet qui ne te parviendra peut-être jamais. c’est une autre torture tout aussi raffinée.

je le déroule sous mes yeux.

je me pagne l’âme d’un moins-que-rien

je me déguise

jusqu’à la pointe du jour

l’amiral mire sur le Bosphore

les yeux troubles

ce n’était qu’un rêve parmi d’autres nuits insoutenables… mais comment retrouver la paix du sommeil avec de si mauvais présages ?

Zut !

À Hamid.

je poursuis comme un homme déjà bien entamé et sous lequel tout tremble et faibli. on m’appelle l’ancien dans le quartier, mes familiers sont un vestige.

je me dis que les anciens eux aussi seront perdus !

la mort est une rature et mes pas mesurés ne sont que les pas d’un pantin. j’espère toutefois le parfum d’ombre de la feuillée et les moulures au ciel.

je joue des airs d’exiler avec ma flûte du maquis, des grivoiseries de berger… etc. la voix que l’on perd surplombe comme cendre, un talisman !  

leurs vœux ne seront pas exaucés !

le revers des vents forts

comme dans les temps futurs

appel à la prière

il remonte sa djellaba des deux mains

fous rires bénis de Dieu

j’effaçais le livret d’or des jeunes de l’Union qui nichait dans une main, n’étaient-ils pas à terre ? je les revois au pré d’une rivière où coule le miel, peut-être.

je combattais les écailles sans mes jambes, une dague dans l’autre main. c’était l’arène où se jouer l’honneur d’un homme, la conquête d’autres sphères !

l’ivresse était portant le quotidien.

j’avais la patience d’un désert, d’une salamandre… etc. j’étais le sommelier exclusif d’une infinité d’histoires, mais loin de l’idée de finir en gardien des ruines.

ils sont aussi furieux qu’un satellite orienté

les goélands qui ratissent

chômer sous le ciel

derrière les lambeaux d’or

d’éclatants parfums

je prie pour le renouveau des choses et je lève la main aux cieux clairs pour un peu de nourriture sur le feu, un peu d’eau, ruisseau, oh !

une eau que je bois à même le sol.

les montagnes au soir jusqu’aux chants du coq, les maisons qui ronflent les lumières, le belvédère des chênes… etc. ce sont les refuges qui nous édifient et préservent.

une foudre s’abat et creuse les hauts plateaux, mais qui peut savoir réellement ces choses-là ? les orages sont méchants par ici, je rentre puisque je l’ai vu.

ainsi meurt la récolte des cœurs

est-ce qu’il fallait vaincre pour se repaître ?

l’inclinaison du jour

un balisage des dragons Kabyles

avec des chaises

entre le ciel et la terre, de l’est à l’ouest… un nouveau système est à prévoir, l’invariable fixette ! les clochards sont les attractions modernes.

Dans une maison

À Fateh.

l’humble pendule de bois se détachait dans le salon, une antiquité. le coucou ne fonctionnait presque plus et mes hôtes ne savaient pourquoi.

je prenais déjà mes distances de l’incommensurable avalanche du temps, qu’il me fallait sitôt pressentir le bruit poitrinaire de la pendule: tic-tac… !

la nuit noire s’installait et mes yeux tombaient sur une toile. on aurait dit un tableau de Gauguin, sans le cadre mural. c’était une toile sur un mur blanc.

il y avait d’autres bruits parmi l’écoulement d’un ruisseau

la lourde maison avait des coutumes ennuyeuses

l’été au village

les jeunes filles s’exaltent de joies

en djebba d’intérieur

il s’agissait d’une femme assise au milieu d’une faune inquiétante, peut-être un tombeau immobile et ses rythmes longs ! une bonté émanait de ses yeux.

éprouvés par la peine.

j’allais la rejoindre à pas ouvert dans l’éternel silence qui parlait si fort, l’antre était une merveille, même les fleurs et les pierres qui jonchaient le sol étaient rieuses.

elle réorganisait mes strophes avec un naturel qui inspirait l’adoration, sa tendresse m’enflammait ! je voyais que l’harmonie de ce monde était triste.

les idées compétitifs me possédaient.

c’était peut-être Fatima

Allah akbar !

soirée de l’aïde el fitr

les nuages lavent la terre parfumée

comme dans le Coran

je me cachais à la vue de violentes couleurs derrière les murs végétaux, les cavaliers de plombs arrivaient et pareil à un voleur dans un kiosque, ils me rendaient.

l’esprit frondeur et vacant.

c’est ce qui à était préétabli dans ma genèse qui me ramenait à la réalité et me consolait de cette rencontre, comme une mémoire vengeresse, démentielle.

je revoyais la clairière bleue de mes vacances, les visages trompés de soleil, le feuilleton des corps en action et l’effort de tous. l’instinct d’un aventurier s’était révélé.

je m’adonnais à d’autres trames.

je reprenais ma place sur les dalles

j’avais perdu la grande heure du secret

une nuit offre son concours

le paysage intérieur et son double

tous les masques rient

Mosquée Ihouna, Timizar Loghbar, Tizi-ouzou.

à l’occasion d’une prière pour la pluie, c’est sur cette place de la mosquée que j’ai vu le premier sacrifice d’un bœuf. j’ai compris que les hommes adoraient Dieu en parfaite unisson. la fin d’une époque nous est-elle annoncée ?

Hymne de la nuit

À Mehidin.

il me parvient par la fenêtre un vent parfumé et tiède, à peine plus perceptible que le chant de la baleine, une musique de la maison des filles: du hip-hop de parade.

la ville est à bosses.

une célébration aujourd’hui, un mariage a été fait. l’innocence qui se donne des airs d’adulte ! l’atmosphère de la salle saturait sous l’or et les parfums.

je n’ai pas dansé sous les yeux horribles des convives.

je repense au terrain vague des grands nègres voyageurs, ils ne fréquentent plus l’école, peut-être que l’on partage les mêmes déceptions: rien à en tirer !

c’est ce qu’a dit mon professeur.

les retombées se voileront d’un pauvre sarcasme

les retombées nous déchaînerons

café sans sucre

mimique d’un homme nouveau

les deux volets clos

je prends le contour des voix anciennes, je prends aussi mes envolées lyriques, sans oublier l’aumône ! dans mes longs relâchements : ciel / caverne

sans relâche !

il se trouve une bougie crème et une bouteille d’eau minérale sur la table de mes petites études, comme pour un ours apprivoisé. je m’affaire sous le signe des mots.

on naît noire, on meurt enchaîné.

je vous parle de mon sport, je vous parle de mes métamorphoses ! les voiles se tendent bien sous tous les vents. je pense à celle qui partagera ma vie.

pourquoi pas l’acheter.

l’atmosphère de la nuit est noyée d’électricité

j’apprends à flotter

les vents sonores

la nostalgie de mes jours d’errance

une lance à la main

je ne pratique à vrai dire aucun sport, je n’ai aucun hobbies. je n’aime pas d’ailleurs les personnes âgés et je ne parle pas votre longue.

un garçon sans intérêts.

je fréquentais une fille que je baisais comme un apprenti ou un marabout, j’aimerais par-dessus tout oublié cet air satisfait qu’elle avait sur son visage.

comme un ticket.

je finis ma cigarette et continue les raccourcis de mon cœur qui semble interminable, mon exercice favori de catin que j’enfonce avec panache.

cet été a des allures d’une chute télévisée.

sur l’impression d’or et d’alliances qui se trament

je repose mon front sur le coude

oh, ces quelques jours !

aux dernières phalanges

des luminances

j’ai pleinement conscience de l’outrance des fêtes de l’été… j’espère regagner la même foi première !

Plan

tu veux vivre bêtement et t’éloigner des obligations quotidiennes, à l’état primitif dis-tu ? comme au retour des saisons que l’on considère comme nôtre.

tu ne veux plus avoir de phrases concises à méditer, éprouvé par un repu total. tu ne veux plus envisager les incongrus s’échappant d’un monde souterrain.

hypothétique !

tu veux fuir les nouvelles d’où qu’elles viennent et la partition, afin de rêver comme l’esprit d’un fleuve et jalouser un peu l’éternité des papillons.

lorsque tout s’érodera à l’épreuve du temps, brise le gel !

tu reverdiras tes mots

réticence des nuages

au calme d’une énième énigme

de la poésie

tu ne veux plus adhérer à la réalité que l’on t’a choisi, tu détournes déjà les yeux de la marche à suivre. elle est faite d’ailleurs pour qui, ceux qui empilent ?

tu veux tout oublier clandestinement sans chercher aucune consolation ni aucun remède à ton mal, lorsque tu vois que plus personne n’accepte de tomber.

tu ne veux plus rendre de compte à personne, moins encore à ceux qui osent te mentir et qui te contraignent au silence. tu ne veux même plus te décider à parler.

on s’en souviendra de l’autocensure !

lorsque le vent jouera des feuilles, la suspicion !

tu entendras les bruits de fond

du néant à la vie

il sent déjà venir l’arnaque

des nombres

quoi de plus simple que de te lever un matin, semblable à des matins de rameau, contenir ton cœur comme un privilège et partir avec l’intimité de ton café chaud.

il se peut que tu traverses l’exil du cœur, peut-être sous d’autres étoiles et pendant une période d’incurabilité ! au lieu de te dépêtre d’un sursis qui cloison dans le nulle part.

il convient dès lors de sauvegarder une certaine constance dans la durée et atteindre ta poétique, désapprendre tout en seulement une heure pour vivre, vivre… !

il y aura d’autres fécondités insoupçonnées

peut-être une transe

une eau d’or noir

réapprendre le nom de mes doigts

avant l’aube

je ne finis pas de me consommer d’écrire… ! je redoute les anathèmes et les pseudos morales religieuses.

( Sacrément épique )

tu existes

je crois connaitre

tu habites

j’habite ton cœur

je me balade dans les rues de Tokyo…

tu penses à ce jour dans le vague de l’esprit

c’est déjà penser l’avenir, il suffit d’aller de l’avant !

Dieu, Dieu, Dieu, Dieu…

il y a du vent  

tu as

parce que je dis

tu dis

parce que j’ai

tu penses à cette nuit et ses vastes espaces inexplorés  

c’est déjà penser la mort et ses pulsations !

Dieu, Dieu, Dieu, Dieu…

il pleut

la folle croisière est drapée   

la fin de son onde n’est que dédoublement   

Es-tu-air=(e)

il faut croire que j’ai vos visages sur le dos tout courbé, que dois-je faire aujourd’hui de votre absence ? le crève cœur de mes suppliques reste sans écho.

j’ai la tête hors de l’eau javellisée, à peine juste de quoi me narguer. je tiens difficilement sur mes supports et c’est bien le retour de mes erreurs passées.

je ne fais que parler au fer comme un coléoptère, ne vous inquiétez pas outre mesure ! je vous demande surtout de ne plus déranger le monstre dans son estuaire.

je recréerai la magie de nos rencontres

les promesses oubliées

les amis… !

si loin autrefois

je caresse le manche de mon gilet

la chambre est ma mémoire qui s’égoutte et je vous revois me sourire les après-midis d’été à la plage ou partout ailleurs. envers vous tous, j’ai eu tort.

je crains de ne pas avoir compris très tôt le sens d’une amitié, d’être passé de plein d’autres surprises. je ne regrette évidemment rien de ma vie passé à vos côtés.

nos vies enchevêtrées, royale !

j’ai eu de la chance de vous côtoyer et de vous connaître, vous étiez mon or noir inespéré. je me heurte depuis à ces fichus murs denses qui virent au rouge.

je consigne les airs de nostalgie

un bonheur parfait ne dure qu’un temps

la lune sans bruit

accroché à la chair de l’escalier

une main sur le cœur

je me noie dans les yeux d’un chiot taquin, il m’est impossible de m’en détacher, même s’il me fait peur. il aimait les œufs et courait dodelinant derrière mes hurlements. 

j’écoute plus en dedans la myriade de mes années perdues, comme se rendre à la pire des vérité. les mots au goût douteux et métallique me raclent la gorge.

je sors métamorphoser d’un hôpital et le corps indemne, c’est l’été au soir d’une intime révolte. il y a une légère nessma, je ne manque plus de me déverser.

je me trouve effrayant à tout endurer

le sort de la jetée est battant

soir d’été

l’histoire d’un chien défunt

avec un os

je suis une peluche à l’œil arraché qui écoute : Lacrimosa de Wolfgang Amadeus Mozart.

Un couple du dehors

ils avaient bu beaucoup de cafés et ils avaient dîné dans de charmants restaurants, le temps était leur allié pour se découvrir, s’aimer et aménager ensemble.

ils avaient tout pour être un couple heureux et ne passaient jamais inaperçu dans les rues. elle lui offrait des charentaises pour sceller leur union, et lui un bracelet.

ils n’étaient pas portés sur le sexe et très vite à la question où se jouait le nerf de la guerre, ils répondaient en leur fort intérieur, ailleurs !

ils partageaient le même exil.

ils étaient très proches l’un de l’autre

un ciel sur l’autre

la caresse des saisons

un méli-mélo de traits gris

des lézards blancs

ils fréquentaient avec enthousiasme les cinémas d’auteur, les musées et les salles d’exposition sanguinaire, car il fallait avoir des sueurs froides.

ils se mêlaient à la foule dans les célébrations d’une quelconque divinité païenne. les bars dansants étaient plus pratique en vue de leur proximité.

ils arpentaient le satin du pilat et lascaux pour admirer les fausses peintures rupestres. une sacrée aubaine pour deux amoureux nouvellement installés.

ils avaient quelque chose des rayons de soleil

la lenteur du vol des oiseaux

l’humeur espiègle

un léger silence de cœur

entre les lignes

ils parcourraient à eux deux tous les arts et par tous les chemins, comme les livres lus qu’à moitié à deux voix, les repas entre amis jamais entamés… etc.

ils partaient de longs week-ends en personne consentante dans tout le territoire et une fois à l’international, une révélation d’une profonde amitié.

ils étaient sans port d’attache.

ils finissaient par attraper la nausée pour leur vie de couple, les sorties ne suffisaient plus à satisfaire leur quête respective. ils consultaient pour cela des psychanalystes.

ils se traînaient les adeptes du dehors

ils ne s’y reprendraient pas une seconde fois

les amours en carrousel

je brûle celle qui tombe au sol

des vieilles théories

( Épiphane )

oscar le vent et épiphane

marcher

vermines

laine effiloché

porteuse

secret

encens

doigts fins

grisette

histoire

fraude

suspendre l’étreinte

la déesse des buissons et des rivages salés

amoureux fou

cavalière

affreusement

flanc ossivore

éphéméride

il aime le mot éphémère

coûteux pour l’enfant

m’abreuver

ciel

argent armorique

couver

âme esseulée

les eaux troubles sont peu profondes

images

féerie

satellite

converger

couple

filet d’horizon

maison des vacances

poisson

querelles

hiver

bois chaud

s’éternise

la nuit tombe sur l’étoile des loups

grave dans l’esprit du marbre le visage de son invraisemblance

… et fait au plus vite !

( De jour comme de nuit )

: 1

toi avec moi // moi avec toi

le jour avec la nuit // la nuit avec le jour

la nuit cédant au jour // le jour cédant à la nuit

moi sur toi // toi sur moi

entre toi et moi // entre moi et toi

le soleil célébrant la lune // la lune célébrant le soleil

un peu de toi // un peu de moi

le jour dans la nuit // la nuit dans le jour

la lune pleurant le soleil // le soleil pleurant la lune

te mentir à toi // me mentir à moi

toi ou moi // moi ou toi

été comme automne // automne comme été

le jour glisse sur la nuit // la nuit glisse sur le jour

toi en moi // moi en toi

toi malgré moi // moi malgré toi

toi sans moi // moi sans toi

là, le jour gît // là, la nuit gît

désirant de toi // désirante de moi

croire en toi // croire en moi

l’eau et le vin // le vin et l’eau

vénus pour mars // mars pour vénus

toi et moi // moi et toi

chienne d’un loup // louve d’un chien

nous

: 2

une fille // un garçon

le monde pour lui // le monde pour elle

un univers avec elle // un univers avec lui

ils s’aiment // ils s’éloignent

il lui manque // elle lui manque

autour d’un diner // au milieu d’un déjeuner

elle l’habille d’un sourire // il l’habille d’une caresse

un rêve de lune // un rêve de soleil

elle le reconnaît // il la reconnaît

un amour de fleurs // un amour de miel

elle naît d’un souvenir // il naît d’une mémoire

l’étoile traverse l’histoire // l’étoile traverse les âges

elle porte le tragique // il porte le tragique

claudia et arman // arman et claudia

elle l’accompagne dans son voyage // il l’accompagne dans son voyage

pour goûter à la joie // pour respirer le bonheur

un lac sur un ciel // un ciel sur un lac

c’est tellement elle // c’est tellement lui

elle tâtonne pour marcher // il tâtonne pour s’asseoir

un regard de lui // un regard d’elle

la tristesse l’oblige // la tristesse le condamne

elle dort à bâbord // il dort à tribord

elle n’a rien d’une poétesse // il n’a rien d’un poète

pourtant

: 3

une sagesse transitoire // une folie ambulatoire

elle pardonne sans un reproche // il pardonne sans un effort

une actrice // un acteur

lorsqu’il la baise // lorsqu’elle le baise

elle joue des interdits // il joue des interdits

les comètes déménagent // les comètes euphorisent

toi pour moi // moi pour toi

à l’orée du jour // à l’orée de la nuit

elle le cultive // il la labour

leur terre est plate // leur terre est ronde

les lunes se compilent // les soleils se faufilent

une allée émotionnelle // un chemin sensoriel

elle s’invite dans son assiette // il s’invite dans son assiette

toi en deçà de moi // moi en deçà de toi

son aura est rouge // son aura est bleu

magma et cristal // cristal et magma

elle ironise la vie // il ironise la mort

les anges neutralisent // les démons désunissent

l’exception d’un amandier // la singularité d’un olivier

une éclipse solaire s’attarde // une éclipse lunaire s’accroche

elle lui fredonne ses nuits // il lui murmure ses jours

la terre se dérobe // le ciel se dissipe

elle n’a plus confiance // il n’a plus foi

vice-versa

Les occasions manquent pour se rattraper

À Ahmed.

je me souviens du jour où je commençais à survivre, c’était pendant les vacances. j’allumais la télé, comme un jour routinier à glutiner devant muer.

j’étais jeune.

je ne trouvais plus de sens à rien, plus de but à atteindre. j’avais perdu le goût de vivre, c’était incroyable ! quel drôle de début pour l’apprentissage de la vie.

j’avais commis quelques erreurs durant la précédente saison, la plus marquante entre toutes et sans déceler le manquant de l’histoire, je changeais d’entraîneur et de club.

je ne tenais plus dans mes baskets.

cette manœuvre sonnait la chanson naïve du destin

une exode intérieur

fenêtre sur le cœur

les derniers jeux de la saison

de zermumiya

c’était un entraîneur fort et tranquille, un technicien. l’un des purs produits du système pédagogique algérien. il ne lui manquait que la trêve des clans.

le transfert était perçu comme une trahison et signifier par un refus d’échange de paroles et de poignée de main. j’étais le déloyal, celui qu’il fallait bannir.

on partageait pourtant le même bain.

je voyais l’abîme m’engloutir, une honte s’abattait sur moi comme une ombre. je voulais mourir comme tous les dieux païens et que l’on parle encore de moi.

les traîtres portent eux aussi un nom.

comme une éclipse

peut-être qu’elle était totale

voir

pourtant si seul

si seul

je me rendais aux entraînements en reculant, la transition s’avérait longue. les événements empiraient lorsque mon téléphone s’arrêtait de sonner.

l’exclusion est une fée qui ne m’a jamais quitté.

je le revoyais parfois à Tizi-ouzou, toujours sur le dos un survêtement. il me donnait l’impression d’un vieux débris parmi les décombres de son existence.

je le croyais à l’abri des effets négatifs du temps, il se démenait déjà pour instaurer une affligeante distance avec autrui, mais l’anecdotique semblait le dénaturer.

j’espérais une générosité

comme une écoute dans le milieu

les amitiés bénies

une page blanche a le don

du pardon

toujours seul poursuivant les échecs et mes fraîdennes !

Le chemin du retour

le printemps est au temps fixe et de sombres créatures chantent dans mes oreilles, seules les fleurs respirent. je viens de rentrer de l’aéroport d’alger.

tu roules entre mes yeux gorgés de chagrins.

je retrouve mes semblables, mes proches… tout le monde va bien et inquiet de me revoir ! j’ai la conviction à présent que je peux vivre le reste de mes jours à leurs côtés.

il me semble que j’ai prévu ce voyage des siècles à l’avance, j’ai l’air d’avoir 10 ans de plus. je pose sitôt mes valises sans bruits dans un coin.

je suis en paix.

il fait beau

j’ai eu une dure semaine

je suis ton ange, tiens-moi la main

je suis innocente, pardonne-moi

souviens toi de nous

souviens toi que tu peux être libre

tend la main au vierge rivage

c’est un nouveau départ qui s’offre à toi

prends moi dans tes bras encore une fois

je crois revivre nos adieux en continue, la colère s’estompe peu à peu. il y a des amours qui changent et d’autres qui ne changent pas, sauf dans les films de science-fiction.

je remercie le ciel mouillé de ses bienfaits, un carre du ciel, le tout petit vert d’un paradis sous quinzaine. je feins d’être compris derrière ma joie cachée.

à l’orée du jour le cœur sème.

je me suis aperçu pendant la traversée que tu as façonné ma langue et qu’il va falloir encore t’aimer, comme un derviche reclus dans le vaste désert épris de la lune.

je suis grand de mon amour pour toi.

l’un de mes livres le raconte très bien

j’ai attrapé froid

j’ai espéré mon retour plus fort que tout

j’ai maudit mon retour la raison de tout

je me dictais d’extravagantes formules pour échapper aux appréhensions des retrouvailles, mon livre agissait de ressort ! toutes mes pensées sont dirigés désormais vers toi.

j’ai la légèreté de mes poches d’écolier, l’aurore verte dans les entrailles et au milieu des blés, je formule le souhait de te revoir. la chance miroitera peut-être mon soleil.

pour tenir.

je sais de l’univers et ses desseins à mon sujet, comme qui résonne en lui des slogans d’eau de pluie. je regarde les étoiles pour deux, qui n’ont rien du noir habituel.

la main gauche sur mon cœur.

la rupture avec toi n’en est que plus violente

la réalité nous ment par essence

au bois fleuris

j’écrase l’herbe pour bâtir

un tipi noir et avec mon dos d’ours à trois pattes

je me tiens sous la pénombre des jours en fuite

l’air est un charme à exclure

j’ai vécu l’éveil de l’amour après notre séparation, bien après l’incompréhension. lorsque tu me voyais avec ton cœur, ce n’était personne d’autre que moi.

( Catalyseur )

royaume du sud

écouter

radio

voix pétillantes

interférences chaudes

de la pise à boire

insoluble

âge

rareté

organisation

cascades

idée

grève

gouffre fécondé

réceptacle

se ressemblent

flâner

friandises

étude

boucles

le monde est féminin

accueillir

étrangers

passeport

noirs

désert

plusieurs sud

âmes en peine

immense silence

sable

gamme

danser avec les vents

des antennes sur du béton

tout comme

têtes enrubannées

fraîcheur

à l’affût

proches

le faire généralisé

la présentatrice est une fée

philosophie

banaliser

catalyseur

le monde est tellement plus encore

la quête d’une psychologie du chameau vieille comme le monde

je débarrasse la table

Escapade

je suis à peu près immobile sur une vaste plage, l’océan bouge. je me demande si tout change autour, comme sur une carte postale.

l’intériorisation m’est confortable.

je remarque les silhouettes des flâneurs au loin sur la rive, quelques bêtes mortes sur le sable et une très belle fille sous son k-way rouge.

j’essaie de l’atteindre de mes yeux incompris, seul l’horizon brumeux semble l’absorber. elle a l’air timide et moi d’instinct, je veux la pénétrer.

le fracas des vagues pèse de mille invectives

les paroles se broient

une longue-vue

la lecture aléatoire des signes

du paysage

une dernière et je vais me prendre pour un collectionneur ou comme un rang de gars ! je n’ai aucune nostalgique de mes anciens murs et pas de collier.

je repense aux peintures de Watteau.

je collection les envies ronces et les poux de coutume, comme une bourrasque qui essuie. je ne sors de l’inertie la plus désabusée.

je cherche pourtant des solutions à mes cloaques, et sans efforts, je m’arrête net. le tendant tire sur la quille, ce sont les problèmes des divinspoètes !

les échecs collent à mes muscles sans cellules

les actes se noient

le tout m’entoure

et fuit et fuit… !

et fuit

je m’assois sous le palier d’une cabane de sauveteur que je purifie. le mauvais temps s’évide et d’une mémoire ancienne, je formule des mots obscurs.

les vents emportent le traintamarre de mes idées et dans mon cœur des cintres d’acier me trucident, comme jouer un peu avec soi et cacher son nom.

je ne vois rien de l’affection de son chien, je ne vois rien de l’étendue grise… etc. je me contente de la bouteille de rhum ambré qui m’abreuve.

pour mieux me rassembler

pour me disperser

une journée de printemps

je rêve un moment pour deux

les fois d’amour

les chiens errants sont dans la grâce de Dieu.

Silex

À Françoise.

je suis de nouveau seul et peut-être définitivement guéri de son emprise. je me demande pour combien de temps… 3 jours, 3 mois, 3 ans ?

je pourrais entre temps écrire un opéra.

je me considère comme une personne chanceuse, démesurément. je suis un rescapé, pour d’autres un privilégié. les jugements des uns déteignent sur moi.

certaines choses ici-bas ne durent jamais.

je nourris sans doute des complexes, j’édifie une honte ! comme chercher par dessus tout ce qui se trouve sous mes yeux et que je n’arrive pas à saisir.

je ne dois plus tâtonner sur la pente abyssale

auprès d’un fétiche

il a fait plutôt beau aujourd’hui

même dans le cœur des gens

ce qui n’exclut pas leur violence

je vous dis qu’après la tempête vient l’amour

après le moi corrosif, à moi la chaleur… !

je m’éloigne d’un changement pour une baigneuse aux courbes de feu, – devrons-nous subvenir à leurs besoins physiques et moreaux, les responsabilités… etc.

j’imagine qu’elle renouera avec ses objectifs de ball-trap, même plus tôt que prévu ! nourris de sa cervelle de moineau, de petite joueuse… etc.

devrons-nous supporter ça ?

il en résultera de toutes petites crottes de son beau derrière saillant, rien qui n’approche d’une perdition. un étrange gâchis de la calamité encore plus révoltant.

n’allez pas croire que j’ai peur de l’engagement

n’allez pas me croire

au magic pub… 54, 56, 58
comme dans la nef d’une église gothique 
une sombre niche au lait froid et de froment

la rue se nomme rue maréchal joffre 
vous y rencontrerez peut-être son apache  
à qui manquent une hache et le divin sourire

les habitués s’anesthésient jusqu’à la moelle, verdict
cette enclave est un tamis qui cache

Lola, Fanfan, Bio… une bande dessinée à eux seuls !

je suis un être fragmenté et ce n’est pas là un problème, la liste de mes ruptures est longue. elle prend parfois l’apparence d’un faux nouveau départ.

je vais me noyer dans une décharge d’un millier de roses, sans aucune concomitance. je m’ouvre autrement dit à une prostituée de bordel pour jeune.

elles portent le voile de la sainteté.

je suis curieux de voir l’état de son facteur après la réception de la nouvelle, et qu’elle délivrance ! je savoure déjà d’ici un malicieux plaisir.

lui ferai-je parvenir ce poème ?

je suis tranquille sur le zinc humide et froid

les scrupules d’un indéterminé

une bouche à l’est

les centimètres s’envolent au ralenti

désir de tout ton soûl

( La blanche Ophélie )

orpheline de tous

toute seule et aimante, – dis-moi à quoi tu penses seule abandonnée de tous ?

elle s’en est allée, l’âme… !

sans doute à jamais

les chevilles légères

comme une plume verte au crépuscule des anges ( une idole pour les insomnies ! )

sept jours

sept week-ends qu’à durée son calvaire

il te faut reconstruire son identité

sa psyché

elle s’en est allée, la blanche Ophélie

( une grappe de raisin rouge dans la bouche ! )

orphelin de tous

tout seul et contre personne, – dis-moi à quoi tu penses seul éprouvé par tous ?

s’en est fini, la traîtresse !

elle m’a quitté

j’ai enjambé avec elle le serpent de feu

j’ai vu dans l’éclat de nos jours des ombres télescopiques

le temps était une fusée

comme lui, j’ai rusé

il te faut reconstruire ton identité

de vagabond

s’en est fini, elle a emporté mes larmes

( le songe d’un rossignol est le fond d’un ciel gris ! )

j’ai vécu ordinairement un été de démesure en orient

je ne voulais pas foncé

( L’aïde )

avalanche d’eaux

circuit court

l’été

sublimation

visible

astre

corne de gazelle

afrique

lait

exil ou exit

dans le fond

les maîtres sont bavards

naître

chant

enchanteurs

terrorisme de la joie

courroucer

baleines

lance au pied

vents emportés

accolades

baisers

une musique de fond comble les Assis

des ballades, de toutes petites balles tremblantes sur mes lèvres… !

( Une toux )

la toux d’un druide

les hagards

fluide

aussi vite !

il y a des regards

des amarres

soulève

soulève les torrents

passe le temps qui cloque

mégère

prendre l’air

rapide et légère

est-ce que tu me vois ?

choque

face à la beauté

fauve

suspendu

se prend le pavé

songeur

communique

mais où suis-je ?

les états d’âme du corps, personne ne regarde ni n’approche

personne n’accroche… !

( Consignes )

conteneur jaune :

aiguille

bistouris

intranules

épicrâniennes

brocards

tout objet tranchant ou piquant

activité cérébral

des fougères en plastique, l’odeur d’un hôpital me revient familière

sachet noir ( daom) :

emballages

papiers

ordures

j’aurais pu écrire mes idées de ce matin

ancien vertige: si la justice divine existe, à moi elle me fait peur

sachet jaune ( dasrl) :

compresses

seringues gants

sparadrap

coton

perfuseurs

transfuseurs

ampoules

tout objet souillé

il y a un théâtre de bêtise qui résonne

comme presque tout qui tombe dans la mémoire

Cela chantera peut-être deux fois

À Lucie.

1/3

l’espèce d’un autre genre que l’on ne retrouve nulle part, comme un adoucissant des âmes caînnes. je vais à la rencontre de son job de nettoyeuse.

les sites de rencontre ont ceci d’imprévisible.

je vois son sourire unique et inoubliable, un diamant de météorite ! je persiste à consulter ses photos de bonne à marier,- n’est-il pas une affaire classée ?

je la débusque dans sa superbe promise aux variations, une belle esquisse entre de vagues réminiscences de quelque chose d’encore plus vague.

comme boire le mythe.

je vais juste partir et je dis non

comme veiller au grain de ses réticences

prendre l’instant de l’éternel et voir les paramètres de la trajectoire

un ciel presque bleu derrière les arbres nus qui se courbent

le soleil se noie sous mes pieds où pointe l’herbe douce

je heurtais ses lèvres amers et mouillées, comme sous la pluie de Dali ! je traînais pour elle mes pleurs dans la rue parmi les beaux qui ont du génie.

je pense el djinn à la claire bougie de l’été dernier.

je bande rouge et la devanture est un tropique laiteux, la lune ce soir sera pour te plaire étatique et verdit. je dois à la vie des hasards inopportuns.

je n’ai pas de réponse toute faite et ma vie n’est pas parfaite !

je cherche la fleur saine sur une sainte terre et lui bâtir un royaume… ce n’est plus possible ! il faudrait tout l’or de la terre et des hommes cartographiés.  

il n’est plus possible !

je me perfectionne sur le marché des cœurs inenfantés

le jeu en est sa déchirure

une femme dans un parcours amoureux

la vie est un bouleversement vocalique qui peuple

je suis avec comme un ermite, le monde sauvage

mille félicités pour les âmes en peine

je suis content mais il faut savoir, il te faut savoir

qu’il y a une âme en peine abandonnée du ciel qui ta fait mourir

la lumière sur ses cheveux violet

j’étais l’ami de son corps sous les draps, il y a mon corps noir

une souscription médiéval, elle me parait lointaine dès ce présent

l’être seul, une éphémère bougie

le verbe multiple, une transparence et moi

est une souillure que je lave de mes yeux noir de toutes les façons

j’observe le ciel à travers la tasse caféinée et mes vieilles chaussures sous une table ronde, il se trouve au-dessus le moisie d’un soleil hypothétique.

je sens la chaleur de l’automne sur mes joues et les passants qui rêvassent, les prémisses d’un bail dans un cœur naïf devant soi. je fonds sur la chaise en osier.

je lance des petits miaulements de la gorge d’un chat en attente, méandres,- m’imagines-tu ainsi ? je vois des amoureux qui se tiennent la main.

tiens toi calme, poète !

je suis le déraciné, à jamais

comment redonner une seconde chance à l’amour ?

– un expresso s’il vous plait

– tout de suite Monsieur

– non, plutôt un double

– bien sûr, tout de suite

– votre ticket

– merci, tenez… !

le péché Kabyle est d’être trop kabyle, ça va les tuer d’orgueil inévitablement, beaucoup de luisance pour ne pas flairer le coup.

2/3

je suis un croche pied à la civilisation, une relâche et détendu dans mon cloître. je m’éloigne le maximum de toute autre dimension pour fondre dans le rythme.

je fais une liste de mes qualités très rares, mais ça serait bien ! une réserve de tendresses et tu es une bible mariée avec le soleil,- loué sois-tu et ce qui te dépasse !

je n’ai rien de la tempérance d’un saint châtré, lorsqu’une femme attenante sourit à son téléphone. je deviens idiot avec l’âge, c’est plus fort que moi.

garde ton funk au calme !

je scénographie nos rêves qui révisent

la tête inadéquate avec mes yeux

pour clore

il faut connaître l’espace

du corps

je revois une tenancière qui est au téléphone avec Amanda Sue, elle ne répond de rien et réclame son du ! l’héroïne est à une demi-douzaines de routes d’ici.

je glisse vers toi toujours aussi indéfinissable: la grande bleue aux cheveux roux ! je m’amuse par déclic, comme un vulgaire mollusque gorgé de vitamines.

je scrute le vide vite et clair, comme un paravent chinois ! les murmures de la pierre d’ombre jaune… stupides oiseaux de l’étendue ! lire l’âme des gens est mauvais.

le prévoir pour mon post-scriptum !

très bas dans le jour sur la route des ailes

je prends le bus :

ingurgiter

courir avec le silence

toujours vivre 

outrageux, je ne sais plus vivre !

je respire ce qu’il y a de peu dans l’air, ma symphonie du crémant ! je ne fais qu’un avec… surgir, mûrir et s’évader ! ils regroupent à eux seuls presque tous les mots.

je repense aux visages déclassifiés, aux tatous des anciens… etc. les célébrer sont nos assurances simples et qui défient. je suis un homme simple, factuel.

Menon est une bouche ouverte avec la langue noire !

je meurs et me déverse sur les trottoirs de mes lectures qui me collent à pleine dents, mon imaginaire est fantomatique, cela ne veut pas dire inexistant.

où peux-tu te cacher ?

je reste le boulon clouté sur une page blanche

comme la ville des mirages

à pas de chenilles

cinq filles aussi différentes

qu’une pluie d’automne

3/3

je m’en vais vers l’est flamboyant, l’irradiante parole recommence nouvelle sous le ciel de mon appartement. j’écoute là-bas la route des voyages et du conseil.

les territoires en amont de l’homme.

je me suis assoupi entre les mamelles grossières qui touchent le sol, c’est-à-dire pour une misère ! ils ont la solde dans la moelle qu’ils se lèvent ou qu’il pleuve !

Menon est un long nez qui respire la fraîcheur des mensonges !

je danse amoureux fou avec les aigles blancs, une communiant avec le ciel infini. je ne sais rien des noires montagnes et il fait particulièrement chaud.

la lune aurait pu nous réunir

loin, bien loin et où tu veux et nulle part si tu souhaites

le calicot se récolte tôt le matin

le soir venu on boit du thé chaud

( il y a sûrement une déesse cachée derrière ! )

je joue avec les planètes fauves comme aux échecs, la débâcle pour les unes et tous les autres entre des tenailles. les lacunes de la terre rouge sont envisagées.

souvent, je perds !

je retrouve comme chaque soir ma fée et ses confidences, elle me caresse le cœur et dit : chérie chérie… ton déshabillé est exquis ! elle vit isolée dans mon aquarium.

je rumine celle qui ne décline pas son nom, comme cet escargot de travers sur la vitre qui lisse. je vois quelques métaux, c’est de lui que bave les motsouateurs.

la mort rode en ces longues nuits dans ton ventre

la mort rode en ces nuits sans fond… etc.

après le voile

l’os

j’essaie de fermer mes yeux !

je vois des basiliques et de vieux châteaux sous la pénombre, les façades et mon armoire hanté, mes ancêtres et mes mille bravos sur le talon… etc.

une femme peut parfois être toxique, comme un rêve inachevé. elles étaient de gris les grilles de la terrasse,- pourquoi les diables sont barbus ?

d’un long et seul naufrage !

il y a des sentinelles avec des yeux océan qui voient le ciel debout, comme si on croisait le fer, partout ! je finirai peut-être en cardinal, un vaudou ?

parce qu’ils se rencontrent ailleurs

ils échappent à la petite mort

je rêve que je la tiens la tête en arrière

par ses cheveux mélodieux

une douceur d’hexagone qui émane

comme de vieux zestes

un fond de sirène qui me berce

je presse l’égide, de marbre est ma queue

( L’élégante )

l’extase réinventé

le maudit

nuages

forme

yeux d’ivresses

acide

étrange

lenteur bleuté

carma

courbe

s’incline

arc fibrille

elle avait des boucles de cuivre

l’esprit des conteurs

les sons nocturnes

merveille

découverte

au porte d’une ville

enfant = marron

noir papillon

nos héros immobiles

pieds de pierre

mystère

s’offre un dissous

captive

mille baisers complices

celle qui attend le lever du soleil

ne regrette pas la fête

Une pratique que j’ai pris de France

j’écris des poésies sur tous les supports, elles venaient parfois et je les fuyais, à présent, j’accueille. j’aligne pour ce faire des lettres derrière un voile.

n’importe où et n’importe quand.

je sens au cours de la rédaction de mon poème et tout de suite avant ma première lecture, comme une présence au-dessus de mon épaule, et elle broie !

c’est la mort des bienheureux.

j’ai mis beaucoup de temps avant de pouvoir l’identifier, il n’y a qu’elle qui reste tapis à l’ombre et qui prend parfois par surprise. le rôle de toute force pernicieuse.

on ne peut lire qu’une seule face à la fois d’une pièce

le côté pile se laisse deviner

les chemins de nulle part

je cours derrière les lucioles

de la nuit caverneuse

je vois à quel mot au juste je devrais me pendre, l’air autour est pénétrant et glaciale. je m’aperçois que mes pensées frénétiques se figent, un piège.

pour certains ce n’est qu’un jeu.

je redoute ces instants de magie où je ne fais qu’un avec la chose, une symbiose redoutable. je me sens lasse après à repêcher le même stupide poisson.

je relis quelques jours plus tard ( semaines ! ) des écrits dont les feuilles sont encore humides. ils sont comme une redécouverte ou une vie recommencée.

à la lumière des calmes matins

comme un vulgaire mollusque agonisant

le souffle court

nul ne peut mentir sur l’idée

d’un passage

je crois qu’au ciel seront accueillis les maux ( mots ) passés que j’endure inutilement, même si les avantages de ces manifestations je les cède à d’autres.

je trouve mes poésies d’un ton bonimenteur, une sorte de traîtrise saccadée ! qu’ils ne sont au fond que d’un vieux débonnaire. je disjoncte du kalam.

cela n’engage néanmoins que mes goûts.

je n’ai fait preuve que de patience et je n’oublie pas de dire merci, merci… ! merci du fond de mon cœur à celui qui repousse l’appelle du trépas.

ils se font rares.

j’écris et cela me fait peut-être avancer

qu’ont-ils à en vouloir aux poètes ?

de l’écriture

l’hybride au bout du chant

bleu pétrole