Télégrammes avant l’an 2000

à Nassima.

Et il y a Quelque chose de bizarre – chez moi –

Cette personne que j’étais –

Et Celle-ci – n’ont pas l’air d’être la même –

Serait-ce – la Folie ?

Poésies 1882. Emily Dickinson.

Traduit par Françoise Delphy.

L’union-centre –

Jour et heure de dépôt le Jeudi 24 à 23h07 : 49 mots.

je renais content -STOP- par malheur ou par chance -STOP- je n’y peux rien -STOP- comme la mouche de Duras -STOP- les courants créent des fleuves -STOP- le soleil se lève à la même heure -STOP- un poète peut disait-il -STOP- pour le moment -STOP et FIN

L’union-centre –

Jour et heure de dépôt le Jeudi 24 à 23h14 : 54 mots.

cette Madone est de l’or -STOP- que j’oublie -STOP- les jours défilent -STOP- sombres taches -STOP- je n’ai besoin d’aucune posture -STOP- dans mon trou -STOP- une liane de cœur -STOP- paroles d’un fou -STOP- tu ne peux les battre -STOP- un palais et les devantures -STOP et FIN

L’union-centre –

Jour et heure de dépôt le Jeudi 24 à 23h24 : 46 mots.

mon amie tu peux te dévoiler -STOP- je pars avec toi -STOP- mon amie -STOP- tu me montres ta réalité -STOP- ton corps sera mon paradis -STOP-à demain où je rompe à tes pieds -STOP- toi la femme que j’aime aujourd’hui -STOP et FIN

L’union-centre –

Jour et heure de dépôt le Jeudi 24 à 23h27 : 50 mots.

je ne suis pas attractif -STOP- asexué -STOP- le roman chef-d’œuvre -STOP- je mène la vie dure à mes amours -STOP- il y a de quoi ne pas être futé -STOP- pas très -STOP- ce sont nos mêmes mots -STOP- le mal-aimé est encore moi -STOP et FIN

L’union-centre –

Jour et heure de dépôt le Jeudi 24 à 23h31 : 53 mots.

j’ai un froid chagrin -STOP- mon cœur est un verre qui tombe -STOP- je dine d’une soupe de pierres -STOP- je passe l’été en douceur -STOP- j’essaie la justice le linge les couleurs -STOP- mon œil gauche est rouge -STOP- il pleut comme un long silence -STOP et FIN

L’union-centre –

Jour et heure de dépôt le Jeudi 24 à 23h34 : 55 mots.

la mouche est passée -STOP- pas pleurer -STOP- tout me rappelle à son souvenir -STOP- parmi celles en état de grâce -STOP- pas laver et pas gratter -STOP- j’enjambe les serpents -STOP- la mouche me sert d’alibi -STOP- je continue d’enculer des mouches -STOP- je reste sur ma droite -STOP et FIN

L’union-centre –

Jour et heure de dépôt le Jeudi 24 à 23h49 : 44 mots.

je dis ces mots qui montent à ma bouche presque comme un murmure à une fleur à la fin d’une soirée ou à la fin d’une couche -STOP- j’aime depuis les serpents -STOP- j’aime depuis les mouches -STOP et FIN

Chanson de la rupture

j’étais imparfaitement un mort – vivant

pour vous

pour vous

je fuyais longtemps la vie d’ici bas

avec nous

avec nous

vous me manquiez, à mon tour d’aimer

pour vous

avec nous

je ne pouvais oublier et non plus effacer

où est-ce que je foirais avec vous ?

pourquoi nous ?

les vents se brisaient sur la porte de mon cœur, au désert de mes routes… , ô mon esquive ! je vous accueillais, rien ne faisait obstacle au premier abord ! seuls me yeux qui vibraient et cristallins

lorsque j’allais, une printanière après-midi convoitant des ouvertures, je souhaitais une fine pluie sur mes paupières à demi closes, comme pour faire mienne cette bourgeoise blessure

de tout mon être

être deux, comme des sourires

Chant debout

une aube erronée d’été

un cœur-folie éclairant et brutale, – les pacifier !

( est-ce revenir au monde

parmi tant d’autres feux, comme me trahir ? ).

Noor

il me suffit de répondre par : plus tard !

une psalmodie de l’aube à mon âme

un murmure, noms du Coran

récit, récit oratoire :

je revisitais les tombes, comme en Guyenne. c’était de l’ouïe, celle derrière l’étoffe. je me désillusionnais des fausses communions, puisque les chants se font debout

café et douce cigarette !

prières

Momentos

l’œil porte

sur la flamme verte

de ne plus se souhaiter la mort

écrire

région

mélodie du cœur qui porte

éclairs et cendres

en dedans des poumons

dorsale

moelle

torche

feu de l’action

lit de personne

lourde tête

étincelles

silence

j’étais mien avec l’autre au naturel

pour un laps de temps

Vents mauvais

au cœur des vents

sur un banc

de mousse froide

le battement de ton cœur, … et triste !

nous deux

amoureux de nos allées

et venues

parmi les arbres

quintessence

me fend

fruits d’été

bec du typhon

Tristan distraie

sang séché

sens unique

et le monde en est changé

quelqu’un vient de me faire une promesse

Quand les mots

quand les mots se dérobent du mot

quand le port de la mémoire

quand le suc de l’œil

quand la respiration se fait halte

quand l’épave des siècles

quand la langue pâteuse exulte d’eau

quand le mais est déjà

quand la saison des vaches et des mouches

quand la chanson tourne

quand le lourd est plus que lourdeur

quand les classiques revisitent le contemporain

quand l’intérim des esprits est de mise

quand le rire s’y met à deux fois

quand le vouloir se tord

quand l’épuration blanchit les feuilles

quand les peaux sont défraichies

quand l’horizon trône

quand les anges sont des démons et les démons des anges

quand les répondeurs n’accrochent plus

quand les dépens accrochent

quand la platitude gagne l’enfance

quand l’adoration se perd

quand l’œil s’écarquille sur les reflets

quand la levrette est au pied de son maitre

quand les trains sont rouillés

quand les constellations s’alignent

quand l’arbre s’enracine dans la mort, – alors, je délire !

Chants

à Narimane.

Où est F. ? Je ne l’ai pas vu depuis longtemps.

F. ? Vous ne savez pas où est F. ? F. Est dans un labyrinthe, il n’en sortira

sans doute plus.

F. ? Notre F. ? Le barbu ?

C’est bien lui.

Dans un labyrinthe ?

Oui.

Derniers Cahiers 1922 – 1924. Franz Kafka.

Traduit de l’allemand par Robert Kahn.

je me couvrais d’une veste qui me tenait chaud, le feu brûlait ma poitrine, et me blottir tout contre était ma consolation. c’était de mon cœur, un jour de septembre

je ne saurais être un pianiste, mais peut-être oiseleur ! hors du temps, une image entachée de remords, aussi. je livrais d’un vif regret mon malléable âme, une odeur

la vie chantait, – comment allait-elle bon train ? plus que de raison, le tronc de ma peau, une vieille ronce de la cendre des cités qui s’accumulait. ton tout en dépôt, m’était-il ami ?

comme ton départ qui laissait un trop plein de vide

j’arpentais les ruelles électriques, le rouge de l’étude, comme le sucre de l’arc-en-ciel à saint-michel, parmi quelques ressemblances qui me faisaient sombrer

je me demandais quand et pourquoi philosopher ? – lorsque le tragique du squelette à en devenir. je voulais être du cours de la vie, de la lune et de mes rêves

*

J’ai eu la chance de rencontrer l’art parce que j’avais, sur un plan psychique, tout ce qu’il fallait pour devenir une terroriste. Niki De Saint Phalle.

comme un poète charbonneux, connaitre et apprendre était mon seul souhait. je me rêvais des délicatesses, ainsi m’en sortir de la rue ou faire un carnage !

je ne souhaitais qu’être bon

je ne souhaitais sentir que le vrai

je ne souhaitais qu’admirer mes semblables !

après cet ombrage, je passais comme une lettre à la poste, et mes yeux questionnaient mon cœur, le gras du ciel. je ne rencontrais que l’inouïe et les nuages jaunes

une traversée qui ne disait rien

rien de drôle ou de rose

comme un train qui rentrait en gare

je m’attardais sur les ombrelles, les couleurs qui se distillaient dans mon oasis. ils étaient tous d’une rare merveille et me rendaient visite

je tombais du haut de mes chevaux qui me suspendaient, en rien aussi les esquimaux menaçaient ! je voyageais de pôle en pôle sans bouger de mon lit, un tourbillon

comme une poésie qui révélait un possible chaos, une démolition autoprogrammée, et si je ne m’y attelais pas, comme pour la foi, je dépérirais

*

les nuages m’accrochaient en ce jour béni, il y avait presque tout dans ces nuages : tes mains, ton nez, ton dos, etc. tu rétrécissais

je devinais l’ovale de l’horizon

je scrutais le paysage

j’étais bien sous les pigeons bleus !

la terre de ma peau… , comme une première au jardin botanique ! le jardin zen et le gazon vert de la ville, les poissons du japon, les bulles, etc. un je ne sais quoi qui me titillait

– on est bien parmi les gens, mon frère ! disait-il avec un sourire. puis, il se tempérait.

je piochais les phrases des flâneurs

je laissais agir ma transformation

j’observais mon inattention !

je ne prenais rien à cœur, tout comme toi. je m’éloignais du tissu commun, nul ne pouvait me rétablir. le bonheur de chanter était de survivre à soi-même, un vaste continent de mes foulées

je n’étais que ton chantre âpreté aux louanges de ta plaie, cela est vrai que tu étais superbe et me snobais. je te faisais du mal de nous, et tu me le renvoyais, inhumaine

– tu n’étais qu’une vulgaire ombre !

– je n’étais que l’ombre de moi-même.

*

on luttait contre le feu qui engloutissait la ville, la boue en d’autres saisons s’écrasait sur nos semelles. tout n’était autour que désolation et vieilles tôles, sous un ciel infernal

on cheminait comme une perle nacrée qui bousculait le mollusque. on ne s’en sortait pas depuis, par toutes les voies. on se levait pour voir le jour et l’étau se resserrait

on déambulait dans notre géant dortoir, oh, il le restera longtemps ! notre environnement brulait et demeurait sans secours, sans secours, sans secours, etc.

comme pour les prières sur nos dépouilles qui n’étaient plus à purifier

l’horreur et la confusion

la mécanique de la solidarité, l’élan

une semaine lapée par le jour de la fin des temps !

*

j’entrevoyais la lumière entre les notes de Liszt qui me consolait, me console ! cela remontait d’un abîme et de la Parole célébrée, refoulée, et qui transitait

j’allais vers quoi on ne pouvait lutter, sans souffrance aucune, un spleen. les raisons de ma vocation et de ma Ténèbre, comme pour étancher ma soif de celle que j’aimais, sauvagement

j’ouvrais ta porte d’une seule étreinte, etc. malédiction ! je chantais aussi nos clairs nuits, comme les vents de septembre où nos mots en or s’étaient envolés

– celui qui aime aime en Dieu.

*

les billes mises en terre

les pierres

comme avant l’errance

dans le bois

les charmes

il n’y avait plus d’espace dans l’armoire à araignées

les paroles d’un moulin !

vieux grimoire

lorsqu’un parterre

*

j’acquiesçais une gifle de cinéma, chaque fois que je voulais bien faire : Paf ! elle s’était réalisée, imprévisible, lutine. une femme pour le grand écran

ah : je la noyais avec mes yeux, – je caressais ses plates jambes, – je me laissais chavirer dans ses eaux ! je me rendais compte de la chance qui me fuyait et de nos intentions qui n’étaient pas très orthodoxe :

– je te mange tout entier.

– je te dévore tout entière.

elle me disait sans malice qu’elle m’aimait bien, que j’étais son ourson. l’instant d’après, elle attirait mon attention sur un soleil sur les dalles, comme pour son drôle de chapeau

elle lisait Eluard, Poèmes du dernier amour

j’écoutais Liszt

*

de mon cœur qui se balançait entre : le délire de réinventer ou la folie d’oublier. lorsqu’il y avait urgence, je tâtonnais du palais en ce long jour de septembre, parce qu’il pleuvait dans mes oreilles d’âne bâté !

l’ouverture du ciel sur le couchant délivrait un passe-droit :

– il était bizarre ce noir.

– il était plus noir que le noir de Soulage.

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l’

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r

j’étais le bon client lorsque nul ne répondait sur tout ou sur rien, me baignant d’illusions sans colère ni ressentiment. c’était de mes chevaux vapeurs et la notion diurne sauvage

je lisais le bois, en dormant, me rappelant de ton nom ! nous étions pris au cœur, l’espace trônait sur le temps qui freinait nos déboires. je redoublais, nos béquilles d’antan me soutenait

*

deux gouttes, trois gouttes, quatre gouttes,

cinq gouttes, etc. l’espace d’un théâtre qui s’égouttait : Molière !

zut : je croyais voir une nouvelle lune, – je devinais les étoiles en plein jour, – je déraillais de mon alphabet ! ils avaient des regards qui tuent et une parole qui blesse, comme partout

de bord : ô mon cœur… , ô mon obsession… ! snif : j’attendais que la lumière de la ville m’éblouisse, – j’attendais en fumant aussi, – je t’attendais sans commune mesure avec ce jour !

comme les sirènes qui manquaient à mes appelles :

j’étais cette lune

j’étais cette antilope dans le désert

j’étais cette herbe verte qui ondoyait

*

la guitare s’introduisait d’un rythme continu, strident

suivait les coups // venait les batteries

je replongeais dans le silence d’un bond, l’harmonie se révélait. je vibrais à travers les sonorités électriques, et ma poitrine était en feux. mon âme s’ouvrait à cet instant précis :

comme une fleur en automne après le dégèle

ou trop tard dans les saisons

je me noyais sans envie dans le bois lumineux, pour en finir avec la voix qui déchirait le ciel, joliment. je volais cet univers métallique et les dissonances

comme un froid de tombeau qui glaçait les masques

j’avais froid

je faisais un rêve cette nuit-là d’un être qui marchait sur l’eau, multiple. je lui empruntais sa couronne comme il ne se laissait pas attendrir, quoique un peu soulagé

– ô voie de l’enfance puisses-tu te dilater, flamboyer !

l’un des mystères de Pilate, – pourquoi lui ? pourquoi pas moi !

*

je ne valais pas ma vie pour un clou, lorsque les dieux en mouvements transigeaient avec humour. j’avais tous les âges, comme ce jour d’automne au baille renouvelable, indéfini

gardien du chemin de mon cœur

matérialisé par l’écriture

– est-ce que c’était la fatigue morale ou le repos du poète ?

– une manifestation.

( je tenais après tout à mes scalènes ! ).

j’étais recouvert d’un éclat par la grisé en errant dans les immensités sidérales, éprouvant chaque respiration. je délirais à non plus finir autour du temps

je m’éprenais de tout

je désapprenais

*

je ne l’espérais rien que pour moi-même, pour ma survie, l’idiome des prochains vingt-quatre cailloux, eh, – du mens ? comme la promesse d’une décennie de solitude, à lire, à écrire

dépression / courage / dépression

( courage à bras le corps ! ).

puck : je travaillais pour être riche de ces nuages, – je fuyais le soi, – je disais très peu ! j’étais anxieux avant toute chose à plein paumons. j’en avais marre de tout, des ruptures, de toi

comme à lui-même :

– tu t’appelles comment ?

– je ne suis personne.

– tu vas bien ?

– je crois, bien !

– je te souhaite un joyeux anniversaire.

– bel anniversaire à toi.

– je te laisse, rendors-toi.

– merci.*

je me questionnais sur la parole consignée ou retranscrite, au souffle figé ou antique, plus encore dans la durée. lorsque j’en étais à les fantasmer et à les vivre

00 : 01

* inspiré de Rosetta, interprétée par Emilie Dequenne, film des frères Dardenne.

Funèbres refrains

à Jean-Baptiste.

les aveugles sentent les étoiles

avec l’œil de l’âme

les aveugles sentent les étoiles

d’un cœur en flamme

le poète brûle

d’un cœur en flamme

les chiens grondent de peur

sur la terre de Dieu

les chiens grondent de peur

la ville se dévoile aux heures nocturnes

d’une magie et d’un mystère

la ville se dévoile aux heures nocturnes

j’ai peur au plus creux de son flanc

d’où l’on entend d’en bas les feuilles sur le sol

j’ai peur au plus creux de son flanc

Pas tant que ça niché

barbe noire

à peine

fantaisiste

manie

fort bien sans

violettes sauvages plantées dessus

regards cueillis

plus de cent

frères et sœurs

blanche barbe

déjà roussie

déontologique

fleurie fort bien

par la fenêtre un satyre

cent fleurs d’anges

au bout des doigts

dites nous :

frères et sœurs

nous éclipsons les mohamédiens d’ici

comme leur fausser compagnie

Justificatifs de vie commune

mardi un jour de labeur noir

mercredi un jour de labeur noir  

jeudi un jour de fête  

vendredi un jour Saint

samedi un jour de labeur noir  

dimanche un jour du Seigneur de la terre d’accueil 

lundi un jour d’un arc-en-ciel pour toute la semaine

le deal était si tu l’aimes ne te maries pas avec elle   

j’avais un visa moyen séjour

mardi après-midi dévolu au sofa  

mercredi après-midi dévolu au sofa  

jeudi après-midi dévolu au sofa  

vendredi après-midi dévolu au sofa  

samedi après-midi dévolu au sofa  

dimanche après-midi dévolu à la guitare  

lundi après-midi d’un arc-en-ciel pour tout le mois

j’étais marié à une femme beaucoup plus intelligente que moi  

j’étais heureux, mais sec !

mardi pour le dîner nous avions des pâtes aux jaunes d’œufs et fromage râpé   

mercredi pour le dîner nous avions de la viande hachée et petits pois-carottes  

jeudi pour le dîner nous avions de la pizza faite maison  

vendredi pour le dîner nous avions de la soupe  

samedi pour le dîner nous avions du riz au beurre et cordons bleus

dimanche pour le dîner nous avions des pâtes aux saumons à l’italienne   

lundi pour le dîner nous avions un arc-en-ciel pour toute l’année

nous avions déménagé chez ses parents  

j’étais perdu

mardi soir : néant

mercredi soir : néant   

jeudi soir : une gâterie  

vendredi soir : néant   

samedi soir : une branlette

dimanche soir : un coup peinard  

lundi soir était un arc-en-ciel noir pour toute la vie

nous avions divorcé un jour d’été   

j’étais malheureux

la nuit était le jour et le jour était la nuit  

la terre était le ciel et le ciel était de terre  

le soleil se levait sous la terre et se couchait au zénith  

les vents frais passaient sous mes pieds

Un saule est une sérieuse affaire

par le son des cloches

ton spleen

tes auto-stellaires branches

tes lapidaires heures

ta maison en carton aux vents ouverte

hantée par ton nom

comme un signe, déliriums, ô le cygne blanc !

bat de l’œil très haut sur l’étant

vétéran

incertain

cœur d’un petit-conte

sans loups

sans loups

lignes déchanges, flottaison, ô les migrations !

à mi-hauteur de la cime des arbres

écume de tes mains

ta peau

dessous les goutes lactées

à outrance

chauve-souris par là

ailleurs, vœux indiens, ô le veau d’or !

au jour

roulade de l’enfant qui s’éprend

succombe

des veines de ta bouche

de soleil

lorsque ton printemps…

somnolant, biscornu, ô les jujubiers !

je clame d’une marche lente et griefs

jusqu’au saule en face de l’autel

L’escale de la matinée

de coton

les sept heures

parachutés

sur tes yeux opiacés

comme des raisins verts

un parfum de poème

une foudre dans ton cœur

comme les éclairs sur la toile d’un peintre

bourdonnement quasi lointain

vaguement

à l’ombre

je m’allonge sur les rêves de ta coccinelle

de rouge

l’écharpe de l’écolier en mal de fenêtres

dessins d’une abbaye

dessins de ta courbure

s’éveillent

tant de mystères

qui ne valent ta caresse

morsures d’une étrange bête

lente d’une douce confession

effervescent

comme les chants oubliés

je m’agrippe à ma bouée de plaisance

de légers vents sur les roseaux

tout aussi contre toi

tes âges étagés

sève

peu de zinc !

désolé de te croire verte

ton onir

par lui charmé

comme insuffler une seconde fin

à tes matins

de gris

je m’essuie par crainte de trop m’y plaire

Furies de l’été

une femme que j’approche

que je déculotte

derrière ses prunelles

parmi les quelques furies de l’été

mots transversaux

d’une aussi longue frange

élans du passé

insaisissables couleurs

sur-l’-herbe-folle-dont-l’-herbe-folle-raffole !

inquiétude légère

doigts qui butinent

sautent en d’autres lieux

frileux… , – saisis-le !

pointe au corps

aigue

sculpté par les fées des ruisseaux

toile cachée

amortie

j’effleure ton bras

ton parfum me rappelle les saisons

Dur de s’y croire autant que de s’arrêter

c’était presque religieux ce moment du petit bout de chocolat plein de saletés que l’on mangeait, – puisqu’on aurait tout essayé, même la perte !

toute opaque, toute opaque, toute opaque,

toute opaque, etc.

du soir… , comme de la nuit

une transversale, géométrie de l’objet

que soufflent les vents !

que lave la pluie les souillures !

il y aura toujours la vérité à une vérité, l’orient à un orient, la loi à une loi, le vers à un vers, l’histoire à une histoire, etc. mes yeux se tournent vers l’ouest, pour la veillée du ramadan

tchat – tchat, tchat – tchat – tchat – tchat – tchat,

tchat, etc.

reconnaitre le poète qu’il fut

c’est comme avouer son ascendance

que soufflent les vents !

que lave la pluie les blessures !

je quitte mon rêve :

La perte

fourmilière

ballets du bâton rompu

nos sourires ou riz au lait

versés sous nos pas

étouffés pêlemêles

tout Traviata

nos pas !

mémoire de l’exilé de bout en bout

relégué par les odeurs et une béance

recherchant l’ouverture

diaphane – diaphonique – euh… !

épuisement d’un temps intercalé

où rien ne s’assemble et se dédouble

œufs brouillés de l’enfant

tout savant

baromètre des ombres

fine et finissons-en !

il n’y a rien pour toi ici ?

Apollon manqué

ailes et voiles et temples et carrefours !

mansuétude

blanches fissures

enfuie

déraciné

malheurs sous l’abri

sous nos pas de tambour, en mur

seule cette perte

je repêche ton regard à moitié endormi

puisque du jour on aura oublié

La femme aux oiseaux

à Alice.

au couvent une femme s’attarde dans un corridor ouvert aux débâcles, sonde son âme et noie ses yeux qui s’agrippent d’attente sur les feuilles d’arbres

( lorsque l’automne presse le pas ! ).

qui êtes-vous ?

que voulez-vous soustraire ?

solitaire qui observe l’irréparabilité

mal dépecé

acide

j’aspire à une eau qui s’en est allée, – qui donc crois-tu comprendre ? je la désir depuis ma vulnérabilité, me cache comme un tronc parmi les arbres, cadavre ambulant

( lorsque l’hiver englue nos pas ! ).

thème sur un ancien baiser : judas !

toc-toc, houst, l’indésirable !

transparente colère

fracas palpitants

flagada des pensées

je réitère mes adieux à la femme aux oiseaux

et pleure de joie la paix du soir

Fleur de Lys

départ d’éclairs

pucelle qui s’envole avant l’heure

départ d’éclairs

bleu d’azur intemporel

départ d’éclairs

départ de la lecture en éclaireur

départ d’éclairs

du sol au firmament

c’est la pucelle !

rougeurs au tronc sonore

départ d’éclairs

blessure au cœur qui colmate

départ d’éclairs

départ comme un ultime éclair

départ d’éclairs

nuées jusqu’au sol

départ d’éclairs

c’est la fleur de lys !

bataillon qui encercle les remparts

chants de victoire et bataillon

je cherche à me faire en vouloir

et tends vers le baume

Matin d’été

à Isylle.

rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

et sur mon lit

tout froissé

tout envouté

rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

pour recueillir l’intime silence

de ses flans de coton

de ses yeux

rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

sous la lumière des stores

et sa nuque parfumée

que je quitte

rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

j’en meurs

puisqu’il convient de me lever

ici

comme ce qui est le péché aux interdits

et les ripailles à l’indifférence !

Trois saisons

grippe

ou la fuite des vents

mue et morveux

douceâtre comme les peaux

boulevards bordelais qui transitent

quais embrumés

retardataire et à l’heure

humeur à la Gabin

Un singe en hiver

ainsi qu’un anniversaire de l’anneau

dessous les tambourineuses étoiles

le présage d’une noyade

parce qu’il y a un soleil

les lendemains d’une noce

extrapolations d’un intérêt sous les lampadaires

Richard sa majesté des affaiblis

s’assoir sur un fauteuil mirobolant

proverbe et flasques abattis

tapis recouvrant les sexes

les blancs

dogme du piéton

une histoire à la barre

plaide encore pour les étoiles

Aurore file la fin de l’été

je me pouille sur le chemin des poètes

comme j’en croise de si vrai

Fractures

à Sophia.

complainte entendue

plantes brûlées et drôles de chapeaux

vaste fémur comme les jours abimés

où retombaient les générosités d’un adolescent

révolution des fleurs et des pierres

sensibilité d’une tête muette avec ses frères… , – pas bien pas bien !

quelques colombes effleuraient la fenêtre d’un paisible lointain

nous fallait-il faire face, à tout – à rien – à l’aurore alitée ?

comme un radeau vermoulu, etc.

traversant les longs soirs miraculeux, comme les phyllades !

il quittait le miel et les abeilles de son pays

pour la rive des estropiés

Libérations

tes nouveaux lustres

vieux coffrets

tes ciels bas et obscures

ode de coton blanc et bleu

tes yeux horribles et troubles

baisers qui s’enroulent

fini l’éternel

qui sait d’orgueil ?

tes sornettes

ailes rouges de sauterelle

tes accents de flûte

fleur jolie, jolie… !

tes sons vermeilles

sur mon lit, tu sommeilles !

astre rustre

ô mon astre Français !

je beigne dans tes rêves

comme à rebours

Au bord

à Sabrina.

soleil irradiant

sous un arbre

manichéen

demies tensions

itinérance au bord

moitié d’une clameur

lasse qu’à moitié de la lecture

retour à la dicté

cloche qui retentit

comme un dimanche des rameaux

baisers éternels d’une fleur

ciel qui s’étend de grisaille

ouverture basse et non plus déchainée

perspective et portes

dames qui feintent d’une tête

observent en dedans

à la lisière du chant

au parvis et merveilles que j’honore !

absente trainée au-delà du mémoriel

salut toison d’or du bélier

salut étrangère

je saute en plein milieu des châteaux de sable

et me salis les mains

Perceptions d’un intérieur

long tempo

aux combles

un homme fictionnel

vêtu d’une chemise

brettèles

ventre d’un poisson

pieds sur le parquet lourd

et crétin

il frisait les étagères

et fumait des gitanes

second raccord

près de la fenêtre

une femme éprise

au long cou

aux doigts rouges

et les seins d’écolière

parée d’une robe

à fleurs jaunes verts et noires

elle oscillait devant le téléphone

et échangeait un baiser comme frère et sœur

je n’ai pas de voiles blanches et de brumes

la grêle m’appelle et s’y retrouve

Cristaux

grince

orgueil du cœur

blizzards

lumières d’une ville

feux

flamboyant

nuées d’une grange

sans ésotérisme

et joie

foule mausolée

tapi

rien que là

toit à mille lieux

à mille têtes

sereins rêves

flûte

soupirant

oies

promesse

peut-être une dernière

à lui

à l’écho de son parfum

coquelicots

bras rouges de froid

enlacement

grippe

arômes

homériques

berceau

ouvert à toi

aux messagères de la nuit

brouhaha

dingueries d’un ruminant

insistance

vaillance

assistance à la tonalité…

est parti

Charlie Parker

corbeau

détenue bravée

puits ou buis

lourdeurs

balancement

jours perchés

assaillant

sous une table

percé par les cristaux

je brûle de l’encens au plus sombre de la nuit

si souvent

Appeler Nathalie

le même félin désir ! le même déshabillé !

ivresses qui susurrent tout bas

corps exaltés et d’éclats

corps comme un halo

cela te rappelle les sarcophages

ta peau qui invite à l’outrance

se parcourt comme les aubes blanches

comme le retour d’une érection

sous les draps

de colère et de larmes

qui t’arrachent à ta torpeur

à ton orbite

ton feu

si solaire et limbes

avec tes quelques airs de comédienne !

je croque dans le jus d’une tomate et fraîche

cueilli par ton sel

Exhumé

dent havement rebelle

et croque !

arctique

amorce serpentine

voix percluses

s’abandonnent à échéance

grecs qui se jettent

cote suspendue

l’-amour-que-l’-on-me-verse-déverse-le-daemon

paraphe vasé

pendant d’un collier

de course et saccades

eaux de mes Converse

trouées

trouées

je peine à poursuivre le poète

comme singer le bruit

Repêchages

à Rochdi.

Quelque chose est là

Pas loin, à côté.

Qui voudra m’ouvrir

Cette porte ? Qui voudra ?

L’enfant-jazz. Mohammed Dib.

je tenais mon lot de baptêmes du feu, comme tomber plusieurs fois du même arbre. je ne me justifiais en rien au pré de mes interlocuteurs, bien avant ceci :

je passais un pacte pour être méchant et le roi des songes, rien que pour regagner la vie d’ici-bas, regagner la vie une seconde fois à côté de mes semblables   

à propos de mon écriture :                          passion                initiation              exil

à moi seul, je suis une équipe :

concepteur

réalisateur   

producteur 

je vis en poète.

lorsque je découvre le fin mot 

je reste émerveillé avec les yeux qui brillent

je le fais entendre 

je le fais savoir 

je ne veux que continuer…

De brume

surface de brume 

matin consensuel 

ciel dévorant 

rien qui n’autorise l’accès 

parmi les anonymes

et le jour s’imbrique de secondes ! 

d

i

v

i

n

e  

percée par un fouilleur d’envolés 

clopine des sphères 

enfant qui tournoi comme un derviche 

et regarde, regarde s’obscurcir l’œil 

et le sait

déci delà une romance  

la poussière des villes où l’on réécrit

les allées qui trucident 

les pavés comme de la boue 

j’entrevois parmi mes débris une planche

comme un sphinx

Flocons d’hiver

à Ibtissem.

je reste un amoureux de ceux qui s’aiment :

nous reversions du vin là tout contre nos cœurs

nous miroitions devant nos soudainetés

vous étiez une femme aux yeux de chouette, femme de la longitude, femme de l’épopée, etc. je vous pleure car me trahie l’aurore ! une descendante in-établie et j’enfouis…

carrousels  

bouffon

badour 

nous faisions le tour de nos désespoirs de nos royaumes 

les coudées franches comme un rajout

votre écho retentit à l’intérieur de moi comme un puits, et n’en est que plus cruel, sans une promesse de retrouvailles, ni d’une délivrance…

nous en voulions aux autres de leur indifférence  

nous étions deux flocons d’hiver, deux maux roses

Tant que l’on t’écrit

à Fanny.

les arrières pays in-approchés 

traversés en surface 

défilent fort l’hymne

du chagrin avant l’exil

plus de là-haut – Laos ? 

rien d’imperceptible

délicatesse qui dénote 

comme un centaure qui descend

une plume qui s’étale pile 

au cœur de l’éblouissante disparate 

hôte qui la pleure 

et plane 

léger 

insondable comme l’air

les vents d’automne se contrebalancent

des volantes feuilles noircies 

d’épais nuages 

sur un arbre qui croît

comme tant de désirs irréalisés

entre les rires

d’amis 

j’ouvre mes yeux qui s’en retournent navrés

et je frémis

Turquoise

le haiku est d’un autre appel :

cœur qui brûle

je cherche une Audi noire

centre d’une forêt

foi d’un poète

couronné les nuits solaires

par le pelage d’un chat

trachée de marbre

l’univers d’éros au féminin

qui m’avalent


l’odeur des sous-bois

je penche pour une violette sauvage

entre les reliefs

route des oliviers

les cafés maures ont des sourires

de filles en fleurs

les fleurs hors saison

j’efface mon jeu du grand tout

un kimono blanc !

Lire la suite « Turquoise »

Le sang est indélébile

la poésie n’est pas au service d’une idéologie, d’un parti, d’obscures passions, etc.

je suis écœuré.

je pensais ne jamais jeter un recueil faussement nommé

je suis écœuré.

le mal de dedans est un pléonasme Les concernant

je suis écœuré.

cette menace qui nous nargue ! sinon j’aime lorsque la poésie est menaçante, dangereuse, etc.

je suis écœuré.

je pensais à mal la poésie, celui-ci est un torchon, – lis-le !

je suis écœuré.

je ne trouve pas de qualificatif Les concernant

je suis écœuré.

il y a des combats qui se font pour la vie

le droit à la liberté

Jamais pour en découdre

ce que vous pensez de moi, ne me regarde en rien. ce que vous confiez à une autre personne sur moi, ne me regarde en rien. je m’éloigne de vos territoires

mais est-ce qu’un jour, vous m’avez accepté

mais est-ce qu’un jour, vous avez eu foi en moi

ce que je pense de vous, ne vous regarde en rien. ce que je confie à une autre personne sur vous, ne vous regarde en rien. je rêve de la nostalgie et de la vitesse

mais est-ce qu’un jour, je ne vous ai pas aimé

mais est-ce qu’un jour, je ne vous ai pas respecté

je lance sur vous toutes les malédictions ! je vous maudis par tous les saints et les diables ! mais si vous n’avez rien à vous reprocher, vous ne risquez rien. – vous pérorez, pérorez !

mais est-ce qu’un jour, vous m’avez cherché

mais est-ce qu’un jour vous m’avez rencontré

j’empoigne l’épée damoclès au-dessus de ma tête

quitte qu’elle me transperce !

Automne des barbus

je me figure le style des barbus chirurgiens, en parallèle des barbus en basket nike ! ils pourraient s’appeler Hamid ou Stéphane, jamais ils n’auront une large sympathie

ceci est proscrit et cela est le salut !

personne ne sait d’où tu sors, mais d’où ?

j’ai l’impression que la misère de l’être fait des dégâts. mon cher ami me dit qu’il juge l’arbre à ses fruits. au-delà de tout discernement, je peux lui répondre dès à présent qu’ils sont pourries

ceci est proscrit et cela est le salut !

personne ne sait d’où tu sors, mais d’où ?

je devine les bouches, les teignes, surtout les piteux ! l’oiseau se souvient de ses après, son automne toujours s’impatiente de la feuille rouge

ceci est proscrit et cela est le salut !

personne ne sait d’où tu sors, mais d’où ?

c’est presque une caricature de moi-même

il me faut vous comprendre !

Figures

 : 1

il était une chose

il était un être à la dérive

il était d’une mémoire surannée

il était à peine né de ses rêves

il n’était pas une lourde médecine

il n’était pas une conscience d’intermarché

il était parachevé par ses aînés

il était une cadence confuse et folle

il était un mont positif

 : 2

il était un piètre poète

il était empêtré ?

il était sourd aux vents sourd à la vie !

il était ses fuites et j’oublie

il était la perte sans se retourner

il était le revers d’une histoire trop bruyante

il était leur noirceur où son caractère s’endurcissait

il était sa défaite

il était son refus de vivre

 : 3

il était seul

il était désolé de tout

il était désolé de la vie

il était désolé de la vie qui n’allait plus

il était désolé des étoiles qui ne brillaient plus

il était le dire le faire le passer

il était sans frontière

il était du plomb tacheté de son sang

il était relégué dans sa caverne

: 4

il était le clown blanc

il était un vieux reste de son aura

il était une espèce d’égout dans la gorge

il était sans caprices et délusoires

il était l’accroche à rien et à des semblants

il était une accroche à un tout et à l’ennui souhaité

il était un cœur en sentier

il était une histoire qui tient sur ces cordes

il était vierge de la mort

: 5

il était conté

il était le suspect à réduire au silence

il s’était éteint au hasard   

il était le versant d’un cœur détruit

il était un corps qui s’effritait

il était l’asphalte qui appelait à l’œuvre les palmiers

il était une tête en dehors des sombres couloirs

il était là où vont les poètes

il était le royaume des oubliés

: 6

il s’était levé gauche

il n’était pas d’une forme de lion

il n’était pas la jetée qui miroitait

il était le Do de la veille

il était ses indéfinissables actes

il était toujours à 10h24

il était une froide peur de ses mots

il était leur opposition

il était sans chemin

: 7

il était une double sphère

il était son regard sur des murs animés

il était une colère projetée

il était le souffle qui irradie sa mémoire

il était le sol moite qui s’ouvrait devant lui

il était la devine du noir des ombres

il était un enfant qui s’éloignait

il était un enfant qui voulait mourir

il était pétrifié

: 8

il était une cantate

il était un vaisseau qui voguait

il était très mécanique et très versatile !

il était les portes cloisonnées

il était sa trentaine qui se précisait

il était le terrible dans les années quatre-vingt-dix

il était un avenir et l’espace clos des étrangers

il était une incarnation de l’esprit des chamans

il était leurs rires avant de finir

: 9

il était un nectar de leurs sueurs

il était leur bâtisseur de montagnes

il était une portée de mains sur un nouveau visage

il était d’une lenteur…

il était le sommeil léger des condamnés

il était le démenti

il était la réponse à rien

il était comme les pas à pas d’une corolle

il était la dernière fleur qui perdait son âme

: 10

il était sans souffrance aucune

il était les tombeaux de sa tête qui se figeaient

il était une part de lumière dans la Ténèbre

il était l’engloutissement de leurs lumières

il était l’équivoque lorsque Dieu… !

il était une prière des anges et des prophètes

il était un rappel de la crête

il était le recommencement des jours

il était la fin du poème

: 11

il était lourd de ses luttes 

il était son travail

il n’était pas bâti pour l’étude

il n’était jamais en paix

il était son désarroi avant l’achèvement

il était un souhait avant de prendre ses distances

il était une aire de repos pour les voyageurs

il était les mouvements irascibles

il était conscient du peu qui lui restait

: 12

il était du fer antique

il était un réduit compact martelé

il était une taule d’âme froissée

il était tout le long du noir sillage

il était son esprit qui le quittait

il était son humeur et ses gestes approximatifs

il était dès les matins bleus

vous vous enlisez dans les confections intérieures

voyez qu’il se trouve autour de vous des personnes de bien

D’un soir l’autre soir

mes prières mêlées

aux lointains de la harpe arabe

nul ne peut me délivrer

sans promesse de salut

à l’effarement

aux troubles est jetée ma vie

grandir comme les autres

passer les paliers

échos et vents retentissent

mes souvenirs qui m’éventrent et me délient

vous vous figez devant le vide

vous y demeurez in-extirpé

remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier

il y a des nuages gris au goût du passé et des arbres, sombres comme une allumette. nommons-les la vue, ou peut-être ! je ne sais quoi faire de cet ordinaire éméché, de mes fêlures… , me souvenant des ruines

je crache de la fumée, une ombre bleue file, aiguisée selon la nuit, le sol. est-ce un mirage qui danse, un rêve incombé ? devant la baie vitrée, ma tête posée sur la grande paume, je pense à vous, au pays, sans chercher

abjurer abjurer abjurer…

Tournesols ou la symbolique des chiffres

le onze de mon anniversaire onze planètes onze milles verges d’Apollinaire

le trois février de mon mariage trois places d’un podium trois œils dont un de la conscience trois cuillères de mon café soluble

les soixante-quinze kilogrammes de mon poids soixante-quinze commune de Paris soixante-quinze derniers numéros de ma ligne téléphonique

les trente euros à ce jour sur mon compte trente jours de ramadan

les douze mois de la terreur douze apôtres douze sources d’eau et tribus douze ébats par mois

les cinquante et une semaines de l’oubli

les vingt-quatre heures de la fête vingt-quatre heures de l’écriture vingt-quatre clopes par jour vingt-quatre mensonges

les six milles ans avant notre ère et Ibrahim

le premier jour d’Issa et les présocratiques

le septième siècle de Mohamed et la peste justinienne

les neuf mois d’une grossesse neuf ayat de Moussa neuf mois de gestation d’un neutron

les quarante-huit pensées sur le suicide par jour quarante-huit pensées érotiques par jour

les dix doigts des deux mains dix commandements

les cinq doigts de Fatma cinq prières par jour cinq sens

le trente-et-un décembre et l’anniversaire de F.

le deux janvier du décès de mon oncle deux battements du cœur deux pays deux comptes sur Facebook et mon double

les quarante jours d’un deuil quarante ans d’exode du peuple juif quarante voleurs et Ali Baba quarante grammes de mon tabac

les deux-milles-neuf-cents-soixante-dix du calendrier berbère et Massinissa

les deux-milles-vingt-et-un du calendrier grégorien et le Saint patron des artistes

les mille-quatre-cents-quarante-trois de l’hégire et le tableau vert de mon école primaire

les sept cieux sept arts sept vents sept pas de marche avant que le paysage change sept nains et blanche neige sept déesses de la pléiade sept fois tourner sa langue

les trois cinq onze etc. de la tradition

les dix-sept ans de ma première fois dix-sept ans d’un poète dix-sept de mon divorce

les vingt-sept ans d’un raté vingt-sept morts de migrants hier dans la Manche vingt-sept titres de l’album Donda

les quatre feuilles d’un trèfle quatre saisons qui se bousculent et la pluie quatre points cardinaux quatre ouvertures d’un teeshirt

le premier cri premier mai premier homme premier Moura Ham premier Novembre et la victimisation

les cent vierges du paradis cent yeux d’Argos

les mille étoiles d’un touareg mille chevaux d’une Ferrari mille et une nuit

les cent-quarante-cinq poèmes de Cinq heures après l’orage

De zéro à douze

à Ghiles.

Le meurtre du douanier fut splendide avec le cerne bleu des yeux et l’accent rauque des canards près de la marre. Les ténèbres 1927. Robert Desnos.

: 0

—— –, — – –, —– — –, –

–, —-, ——-, —— —- —- —– !

—- — – — – – – – -, – – -, – – – ,

——————————————————— ?

— — , —–

– – — – – – —, – – – , —

— —, — -, — —

: 1

je n’ai jamais trouvé un lien entre une chenille, les étoiles et nous

qui témoignions de cela, un peu ahuris

j’aime te parler encore un peu de notre présence au monde

du don de la vie, de nos premiers cris…

il aurait fallu que tu me quittes pour accepter mon étrangeté

mes hors limites, etc. un pardon se niche là

tu es l’autre continent, tu es le verre de lait

: 2

accroche toi, rajuste tes ailes, cible le jour, endure

tes nuits, etc. les pôles s’entrecroisent

une histoire au flanc des dunes, une oasis, joue avec les vents

réinvente des tempêtes, etc. on aurait dit un climat tropical

vol au-dessus des lignes, ne trébuche pas : une paire de basket

blanche, une paire sans lacets imbibée de sang

un départ, une pause, un revers

: 3

je rêve de sahara et de la lune d’argent plus brûlants que le métal, parfois

un clairon s’entend, parfois les bois… , – c’est d’une faille que j’arrive !

je sors de la tourmente, ignoré par la mort, comme passer

par la faim. les plus illustres sont passés en versant leur sang noir

trois cartes, j’espère une quinte d’os sur les braises

en amont de mon amour, au creux de ma main

une rature, une frondaison, un délit

: 4

les bancs publics définissent ton rang social, parlent de tes états

d’âme, etc. les hobos même ne s’y assoient plus

ton corps s’est tellement reposé sur leurs sièges que cela te rend

inquiétant, plus que la course à l’hécatombe

tu ne sais d’où te vient le besoin de les fréquenter, de laisser couler

absent de toi-même à l’écoute du vent et les arbres

un banc, une conversation, une fenêtre

: 5

je range mes photos comme de l’artillerie, une chape des

choses véhiculés. je me les figure jaunies, une colle

mes proches s’efforcent à m’éloigner de la poésie, comme au

début de mes tentatives. ils me tiennent dans l’ignorance

les justifier peut m’apparenter à un leurre, si c’est pour me

préserver. parce que cela au fond produit l’inverse

un visage, une absence, un podium

: 6

dur de passer à travers Nedjma, un roman écrit à deux

mains, cela me calme comme un glaçon

il faut reconsidérer cet ovni et les contributions des ses auteurs

que l’on reparle encore et toujours ! les postérités sont pour qui ?

Kateb Y. prenait des notes sur des cahiers avant sa

disparition. je souhaite jeter un coup d’œil et réécrire avec le barde

un lecteur, un manque, un appel

: 7

je trébuche à chaque palier de mes errances, interdit au toucher

de ma mémoire. oh, quel malaise !

je transpose mon cœur sur la réalité, rien ne me permet

d’explorer mes horizons, une réserve

je revois l’adolescent au visage triste et qui sourit

vilain, désireux de s’endormir sur son foyer de la mélancolie

l’amour m’aurait fait grandir, la mort m’aurait fait guérir

: 8

je touchais un peu à mon mektoub au sahara, mes yeux

exprimaient le feu, insoutenable. une voracité

je bougeais avec mes mots les lignes de mes interlocuteurs

cyclique cellule, déloyale. je m’éloignais troublé

c’était une main très vague, quelques feuilles sur les dunes

comme un éclair. écrire dès lors était un ancrage

une anomalie s’était révélée, une décharge s’était échappée

: 9

selon ta représentation du fruit de la connaissance, pomme ou

poire, etc. à un détail près, cela parle de ton courant poétique

les fruits à part les manger, les sexualiser, les laisser pourrir sur un

plateau, etc. tu peux les peindre et rentrer dedans, bien dedans

comme le fruit au goût de miel pour l’amant, l’amante

jusqu’à ce que la terre te fend

un mystère, un précipice, une planche

: 10

je commence à me sentir en phase avec mes propositions

comme la poigne d’un fleuret, qu’il me faut déjà creuser davantage

je transcris une poésie qui me travaille, – pourquoi donc est-ce

ainsi ? revivre peut-être une seconde fois, une gratitude

les nœuds, flottements, sont communément les plus authentiques

à transmettre. je verse d’une incrédible douceur

un capharnaüm, un catafalque, un salut

: 11

je voyais parfois des formes avant de m’endormir, peu bruyantes et

imperméables au temps, mais surtout éveillées

je ne les rattachais à aucune vérité. elles tombaient, impactantes

immédiates. elles avaient une tonalité dramatique, leurs propres couleurs

je les considérais selon mon état d’esprit, l’intensité du moment qui

me prédisposait à les recevoir. elles cousaient dans les parages

une nuit, une attention, une interstice

: 12

fin et retour d’un jour de récréation, la ville s’illumine

bientôt l’aube. sur le buffet une enveloppe, une banane isolée

et un briquet. je sais de mes ruines le retour à l’ordinaire

j’ai soif d’eau du puits, 1 litre, 2 litres, 5 litres… , – sinon séché ! une nuit

est passée sans ailes, encore une nuit sans toi

je n’ai pas tes doigts de fée, tout colle dans les tromperies, gommées

pour quel praf je me suis fourvoyé ? pour quel tableau je me suis enroulé ?

Esprit, cœur et âme

j’allume, j’étreins… c’est toujours moi ! la lampe du bureau fatigue mes yeux, une veille artificielle précédé d’un jour comme un ciel d’été, quinteux

je repense à mes amis qui ne m’ont pas appris à panser mes maux, à faire mon deuil, où sont ceux que j’aimais ? je les tuerai pour m’avoir laissé loin de leur aura

— un tel, dommage… il avait un énorme potentiel ! dommage ! il me devait des sous, et puis sans être trop regardant, je tournais la tête vers l’horizon de mon cœur

je renonçais à tous les univers qui s’offraient, s’annulaient, etc. je n’avais peut-être pas assez de hauteur, ni de mérite. je comprenais vite

je cherchais dans mon enfance un baume, sans m’attarder sur la primeur de ses affects, annonçant l’avènement d’une chaotique histoire, comme un malheureux malentendu, une supercherie

— je rentrais perdu dans la céleste cité avec mes parchemins, mon baluchon et mes loques. toutes mes lectures et mes poux m’y diriger

je sais ton cœur en n’espérant plus de tes nouvelles, cet instant d’où ma langue bascule. je te promets qu’une pluvieuse après-midi peut me rapprocher de ce qui fut

je veux que tu m’entoures dans mon long voyage, par tes prières rompues, pour m’emplir des saveurs de la rosée et revenir vers chez toi, vers la clarté

— je glissais de mes mots sur le lit qui me fragilisait, que je dépassais, après une assiette de fromage et de saumon fumé ! une malédiction

te reconnaître bien là, à la renverse

et le mal qui se joue de toi

quand pour les âmes ici-bas est de finir

une langue qui s’exporte, tu rages comme la peste

en te cachant pour ne pas voir l’horreur

encore moins qu’un prince, cacher ton chagrin

je lisais les poésies de James J. ma tête s’engouffrait dans l’oreiller. le lit me semblait profond. il se trouvait tout de même une fin à ma descente, une chute ! les mots sur lesquels je rebondissais

je me redressais en nage, comme sorti d’un songe inhospitalier. j’étais pris par une froide fièvre et la nuit, une chorale chantait en moi. je me soulageais cependant qu’il n’y avait pas de pot

si j’écrivais d’une égale beauté, un vers, une phrase par jour, je serais dans le sillage de la plénitude. il faisait dehors un plat brouillard qui faisait asseoir une méfiance pour les individus que l’on croise

À minuit le mur s’est effondré

à oncle Abdelkrim.

une voix me halait lorsque je priais, indiscernable, chaude et lointaine : reviens mon fils, reviens ! disait-elle. je me fourvoyais avant de me ressaisir, puisqu’Il n’a pas de fils :

la nuit est à l’orage de sable

et sommeille sur ses défaites et ses morts

sur pieds et livré sans nœuds que je suis

le branle d’un sursaut cartonné

vendredi, sinon quoi dire ?

les jours sont promus aux suicidés et aux fuites

les poings ne tiennent plus tête ni parole

demeure le devoir

si frêle est la traversée des heures d’un deuil

qui donnent : une soif !

marcher sans y croire parmi les ombres

la tête haute et insoumis

les adieux au ciel de l’enfance

nos retrouvailles seront immaculées, mon oncle !

vous réclamiez le pardon à la voix des poètes

ils hurlent : c’est lui – c’est lui !

leurs invectives sans entrailles : ils glissent !

devrons-nous suivre ?

votre âme visite les maisons et les nues

votre mémoire retrouve ses éclairs

les coups sournois ailleurs à répétition

un dédain à la dernière cigarette, sans s’y voir

hors de portée sont les morts ?

leurs mains sentent le camphre, le musc et la rose, vidées

rêvant d’une erre, de l’ange de la mort… , – pourquoi ?

ils prennent des trains comme si c’était le dernier

trois feuilles au réceptionniste, rien qu’un stylo et une main

il préparait sa nuit, une proie

la chambre contient deux lits blancs

je-quitterai-les-lieux-avant-qu’-ils-ne-sentent-mon-odeur

une bien heureuse mort lorsqu’il faut tuer ses idoles

l’invariable calcul des rails

( Dieu qu’elles sont propres les consciences ! ).

les toits en guise de murailles, un nid

une synergie s’éternise aux alentours, sinon nulle part

la ville se rouille et rien ne promet, aucune sentence

sans y croire, un peu aussi !

la lumière des pôles n’est qu’une considération

une perspective qui échoue  

les éboueurs passent aux seuils des portes

relient les anciennes douleurs, grincent des dents comme du fer

le souffle atteint ou éteint

une brise d’été parvient jusqu’à la fenêtre

une époque est passée, l’écriture

quand est-ce que est le nirvana ?

le monde mérite la ruse dans le sacré, peut-être !

en dehors nul n’en a besoin

vous devriez soulager votre cœur, lâchez vos liens

le cirque prendra fin, ou jamais

Nous sommes fatigués

1/3

nous sommes fatigués de somnoler,- de courir à perdre pied,- de marcher,- de se lever avec nos fragilités,- de s’habiller de nos voix de ténor,- de remettre ça.

de descendre pour ensuite remonter,- de se tenir,- de tenir les murs,- de chausser nos chaussures neuves,- de se barber,- de redormir pour l’éternité.

de brider nos voix,- de discourir en fou,- de se voiler la face,- de fleurer en duel,- d’injurier sans crachas,- de subir nos désarrois,- de se taire et d’oublier.

je crois à la magie des verbes

les échelons qui m’amènent à cet instant

de suivre nos chances,- de se rehausser de vivre,- de vivre de vous,- de départir vos exploits,- de feindre que l’on vous a compris,- de procrastiner nos démons.

de se réinventer à l’infini,- de nous lire aveuglement,- de poétiser l’arc-en-ciel,- de travailler nos destins,- de piailler sans écho,- de performer le sang.

nous sommes fatigués d’intellectualiser,- de produire l’inactuel,- de corriger et repasser de nouveau,- de s’allonger sur vos divans,- de commercer les rapines.

j’entends perdre à tous les rendez-vous

les verbes comptent double dans une défaite

de creuser nos tombes,- de se brosser et de plaire,- de déguiser nos vérités,- de se masquer,- de sourire à nos vanités,- de calligraphier nos peurs.

d’empiler les lendemains,- de déchanter,- de zipper un lot commun,- de ne plus se reconnaître,- de ne plus rien vouloir,- d’erroner le juste posé.

d’harmoniser nos désordres,- de se détacher de tout,- de souiller nos lieux et coutumes,- de changer d’avis sur les êtres,- de nommer lorsqu’il s’agit que d’un regard.

je vague pour ne rien céder à l’amertume

les verbes voguent d’une mémoire à une autre

une journée de grève

je fracasse les billes en verre

de ma bourse 

2/3

nous sommes fatigués de s’aimer,- de toucher des bouts des doigts,- d’embrasser à pleine bouche,- d’embraser nos mots,- de humer vos parfums saturés.

de lécher,- de jouir à couvert,- de rentrer et de sortir,- de se réchauffer et de se refroidir,- d’affranchir nos âmes frileuses,- de contempler l’azur de nos corps.

d’érotiser nos conversations,- de procréer les ingratitudes,- de juger sans marteau,- de reprocher se qu’on essuie chez nous,- de parler et tout dire.

je m’abandonne à la force de parler

les verbes englobent le silence sans promiscuité

de bifurquer en dehors,- de pleurer des ruisseaux,- de chuchoter nos ébats,- de couler sans le souffle,- nous sommes fatigués de faire l’amour.

de sourire de nos disettes,- de déjeuner,- de déféquer puisque l’homme l’a choisi,- de boire que de l’eau de javel,- d’écouter et ne rien entendre,- de vous vomir.

de tousser du miel de revanche,- de se gratter même si c’est une bénédiction,- de ronfler sous vos draps,- de fouiner dans tous les recoins,- de jouir une dernière fois.

je noie les frustrations de la chair étouffée

elles ont du plomb dans l’estomac

de partir et ne plus revenir,- de promettre sur nos détériorations,- d’appeler en masqué,- d’échapper à nos conflits,- de s’empiffrer de vos cosmétiques.

de se connecter à qui vampirisera l’autre,- de se virtualiser avec des histoires souhaitées,- de chatter avec les idiotes,- de faxer les avalanches de sons.

de décrocher fâché,- de raccrocher sans réponse,- de bredouiller sur rien,- de photographier nos sexes,- de twitter sauf si on est intéressé. de se ramifier.

j’entrechoque chaque mot qui est une boule à facettes

comme la perle Amour

les nuits se font harem

transcendé par mes souvenirs

et le temps

3/3

nous sommes fatigués des hauts et des bas dans la foi,- de ne jamais voir la nudité,- de patienter sans être un patient,- d’acter nos intuitions.

de pécher par timidité,- de reprendre lorsque rien n’est donné,- d’aumôner au plus fort,- de réinitialiser,- de sentimentaliser,- de mentir par excès.

nous sommes fatigués de porter des fruits prêtés,- de parier nos âmes sans rachat,- de juxtaposer nos réalités,- rien ni personne ne pardonne l’aisance.

je reste le jongleur sans torches de feu

le poète joue des verbes glanés

nous sommes fatigués de bénir,- de croire et de ne pas croire,- de prier les gens que l’on ne connaît pas,- de se purifier,- de guérir de la bonne santé.

de chuter sans parachute,- de se convaincre d’un pardon,- de s’ailler,- de sacraliser,- d’amourer nos incapacités,- d’invoquer pour nos morts,- seul Dieu m’en est témoin.

de conjuguer entre les paroisses,- de jeûner les jours de plaine lune,- d’ajourner nos délibérations,- de mourir à nos croyances,- d’admirer les prophéties.

d’orchestrer nos ablutions,- d’attendre nos enfers et nos paradis,- de se savoir à l’abri,- de ne pas se sentir à la hauteur,- de cheminer vers un but incertain.

de recenser le bien et le mal,- de se noyer dans le bleu,- de se proclamer autodafé,- de dévisager les ciels étoilés,- de fourmilier,- d’épingler nos idoles.

nous somme fatigués à la fin de se décomposer,- de se putrifier,- de caresser la matière,- de traverser,- de soumissionner nos vies en totale perte.

nous savons toujours allées

Dieu l’a voulu ainsi

trois jours monotones

je savoure l’Écrire des verbes

qui me aèrent

Les pas, un nombre. Villenave d’Ornon, Gironde.

Les couleurs sont ailleurs Fr/Arab

poème dédié à Antonin Artaud.

j’aime la couleur rouge dans le rouge ! parlons de la sensation du rouge même si elle n’est pas tout à fait rouge

j’aime la couleur orange dans l’orange ! parlons de la sensation de l’orange même si elle n’est pas tout à fait orange

j’aime la couleur jaune dans le jaune ! parlons de la sensation du jaune même si elle n’est pas tout à fait jaune

j’aime la couleur vert dans le vert ! parlons de la sensation du vert même si elle n’est pas tout à fait vert

j’aime la couleur bleu dans le bleu ! parlons de la sensation du bleu même si elle n’est pas tout à fait bleu

j’aime la couleur indigo dans l’indigo ! parlons de la sensation de l’indigo même si elle n’est pas tout à fait indigo

j’aime la couleur violet dans le violet ! parlons de la sensation du violet même si elle n’est pas tout à fait violet

j’aime la couleur noir dans le noir ! parlons de la sensation du noir même si elle n’est pas tout à fait noir

les couleurs vous possèdent

prenez vos pinceaux

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Après la séance

À Kamel.

est-ce ainsi pour lui après chaque séance, sa glotte ? il prend une serviette, un peu sonné. il tâte l’air en essuyant d’abord son visage à moitié penché sur son épaule.

les gestes sont imprimés dans ses gènes, une frappe. sont-ils des automatismes ou l’essence d’une vérité, qui saurait répondre ? les éléments se confondent et s’insinuent.

il respire le dos appuyé au mur.

il entend les fées qui regagnent les lieux en se promettant de les aimer d’une autre semence. il regarde son corps qui un jour le trahira, sans doute épuisé.

il saute de son plongeoir.

le phare de symbole est fatigué

l’osselet se brise

comme à chaque fois

le portail reste sans réponses

aux mystères de l’eau

il est fait de bras qu’il ne sent plus et deviennent lourds, ils ne lui sont peut-être pas étrangers, mais d’un gladiateur ! ils ont entamé la flamme et tracté tant d’espoirs.

il est fait d’un torse et ses poumons amples qui répondaient pendant la séance sont chauds, olympiens, se développent. il n’a encore une fois qu’effleurer ses capacités.

il revient à l’eau verte avec une odeur d’égout qui sculpte les corps hypnotisés, les plots de départ jonchés de matérielle de façon chaotique… etc. toute son attention s’y porte.

il reçoit le don vivifiant

l’esprit de la bravade nourrie

un portail bleu

les machines sentent le neuf

en coup de vent

il se dit qu’il n’y retournera pas ! il se dit que s’en est assez d’endurer ! il se dit qu’il n’a rien d’un athlète ! rien ni personne ne lui a appris à s’habituer.

quelques uns passent et d’autres qu’on oublie.

il sait que le labeur est derrière lui et que la nuit lavera ses visions, une accalmie dans le schéma de vie qu’il s’est créé. il n’a jamais su gérer la fin d’une saison.

le ciel abonde d’histoires nouvelles et surtout sans épreuves, il y croit fermement ! il y croit comme un engagé qui ment à son capitaine. il marche pour rentrer.

déjà différent !

l’espérance à la fiche

la lune croissante rétablie son œil

les générateurs de l’été

le poème renait de ses cendres

entre les dents

Dans des temps reculés

la voisine de mon ancien immeuble aurait pu jouer d’un instrument, il y avait tout le temps de la musique dans son appartement. elle recevait souvent.

on s’entendait à peine penser dans le voisinage.

les yeux tracés de khôl comme les maghrébines, elle me donnait l’impression d’une botte d’asperges sur les étalages du marché, un syndicat !

presque toutes câblées.

elle avait dans les alentours de la trentaine, une allure mince bien sûr, et espiègle ! je ne trouvais aucune affinité particulière avec ce style de femme.

d’une contrée lointaine et pour d’autres amours !

un doigt sur les lèvres

retrouvé par son esquisse

d’un chant violet

je la croisais à l’entrée de l’immeuble, mais plus souvent sur l’un des paliers de l’escalier. on échangeait sur nos activités courantes et les banalités.

somme toute, on était voisin.

elle me relatait parfois sans omettre le moindre détail les faits et gestes d’un autre locataire, elle en faisait une espèce de chronique avec l’esprit des conteurs.

je devinais presque ses intentions le jour du drame, même s’il me manquait la nature des circonstances que je finissais d’apprendre par la suite.

elle sortait cette fois sans manteau

il faisait froid

un drapé de pluie

ainsi sont les fleuves

parfois en hiver   

elle baragouinait quelques mots en descendant les marches, les personnes stressés le font pour masquer une appréhension, mais pas que ! le croquis d’un sourire la parée.

elle me souhaitait la bienvenue, je ne réponds dans ce cas aux politesses d’usage qu’avec courtoisie. 

j’évitais comme j’ai pu de croiser ses yeux, elle venait d’appeler les secours !

une nuit intense   

les histoires abimées du vivant

même chez les astres

La dualité Fr/Arab

à Fanny.

mais du corps de l’adverbe même

l’amant s’évade

vers l’envers des choses

ombre d’une rade seconde

il tombe

Le chant de la carpe. Ghérasim Luca.

providentiel

ce temps où l’on accepte

l’histoire de nos héros déchus

la femme des autres que l’on revoit jamais

sur les graduations de nos trahisons

une fissure par l’intermédiaire

des terminaisons

les chiens qui le meuglent

ce n’est qu’un enfant s’exclama le turc

comme embraser les fleurs

la partie des mots ardus

la barbarie oubliée

une amulette qui couvre le flanc d’un cœur endormi

je pense à l’empire de Russie, météo : 9 °C, vent NO à 13 km/h, 25 % d’humidité.  

il pleut de la neige

de la pluie

il lorgne le soleil sur les terres adultes

et le désigne sur les peaux

les sept vents chahutent les oreilles de l’équipage

le navire vogue à l’automne des déchirures

s’amarre à une aube nouvelle  

( je dessine un soleil sur ta peau ! ).

il rêve de l’oiseau royale qui pulsait

un sphinx sur les lèvres

cruellement…

les bateaux transportent du blé sous la grêle jusqu’à Saint Hélène

le perdu écrase les coquelicots de ses pieds fermes

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Il est pour vous ! Fr/Arab

Vous ne serez jamais sage.

Source inconnue.

une étreinte comme un rêve qui dure jusqu’au soir

ce n’est pas la veille d’un jour de fête

je m’habille

je fais mes valises

je fricote

je ne suis pas triste

au revoir ma ville, tu es mon obélisque

j’ai croisé de farouches reptiliennes, des formes et des couleurs jamais approchées, de franches âmes aux longs cheveux. ils avaient des têtes qu’ils tenaient hautes et bizarres… au revoir gueule d’ange ! au revoir !

tu m’as accueillie

et je crois que tu m’aimes !

je n’ai pas pris de plaisir à te voir en deuil  

un soir de tempête où j’étais seul  

je reste un petit péroire hermétique à la vie

au revoir le bleu du bord de l’eau

j’ai croisé des loups sous la pluie de mazout sur les quais, c’était ok pour ma vie, mon ange ! des grenouilles dans le brouillard épais et sec, toujours sur les mêmes quais… au revoir chat de gouttière ! au revoir !

je t’aime

et je m’en vais

je vais vers la porte

je reviens sur mes pas

je tournicote

( comment ne pas perdre pied ! ).  

j’ai beaucoup menti

j’ai rêvé   

je ne lis plus de la poésie intra-muros

il y a de cela longtemps 

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Les silhouettes de la scène Fr/Arab

le mot khayel me fait penser à du lin blanc ondoyant au vent, alors que silhouette me fait penser à une allumette.

il se trouve des gens bien

qui descendent en ville jusqu’à la fin des temps

elle est une passante

elle est en robe de soirée    

elle porte un secret

elle dégage une aura  

elle a le pas aérien      

elle lui sourit

( la douleur ne se pardonne pas, elle purifie ! ).

elle parle à son désir de feu comme un éclair

elle aime en éclair et ses yeux sont en feu

je rêve de mots que les dieux jalousent   

il te suffit d’être un enfant qui formule des souhaits

il s’arrête de jouer

il descend de la scène

il est sur la piste enfumée

il rejoint l’anonyme

il la trouve moins belle

il le sait

( j’ai cru entendre le mot citoyen ! ).

les couloirs mènent vers les coulisses sous les néons bleus

sur le mur est accroché un tableau, un western

je me tiens debout sur un parking cimenté

je suis le parking démantelé

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Mardi, jour d’une fête noire Fr/Arab

les moyens du bord : les tables retournées, les balles en plastique, les mitrailleuses en fer rouillé, les grenades en bois, les pierres de chantier, l’eau chaude des tuyaux d’arrosage, etc.

c’est les jeux d’enfants qui aiment l’incontournable guéguerre  

c’est bien que je ne m’en souvienne plus

une fille a vu ce que j’avais de meilleur en moi

je n’ai pas tenté de l’embrasser

un jour maigre, sinon pas des moindres

l’air du solide les croates l’ont emportés

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours*

les moyens du bord : le sublime de l’univers, l’encre rouge de magiques bulles, le sol qui se décompose ( on le voit le sol, alors plonge ! ). les premières impressions, etc.

c’est un lieu de jouissance

c’est bien que je ne m’en souvienne plus

au revoir comme bonjour

bonjour comme au revoir le monde

je voyage avec mon mal

comme un camarade que je porte dans une brouette

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours*

je rêvasse lorsqu’il faut bousiller un titan de sang-froid

même s’il fait froid

* Clandestinos, Manu Chao.

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Charivari Fr/Arab

je me lève tôt et dors de-même

le rythme dans la peau

les tocs

des tocs en toc

par Beethoven l’héroïque

je ne suis pas beau

– pourquoi l’enclume et le marteau ?

entre quatre murs et deux plumes

et des gens qui l’aiment

de-même

la route est coupée

comme pour le Kilimandjaro

je me rends aux ritournelles

– comme j’étais amoureux et bien !

la poésie et les copains perdus

tout cela se noue

bien que la solitude…

mes ballerines, pardonnez-moi !

la chanson des éphémérides

– je reprends le fil du souvenir

je vis un rêve d’un étranger lointain

qui n’aime plus le funèbre costume de vos salutations

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Ne dites à personne qu’il l’aime Fr/Arab

un chien qui se terre

crabote

imaginairement

s’enfuit sur sa table d’écolier

sur les airs de la ballade chétive

dans la ville des lumières

tizi-ouzou capitale de la vida

et de la grève en saccades

un bassin bleu entre ses yeux

elle l’a pris par la main

il pense à elle

à l’autre

chanter Si Mohand Ou Mhand

tonner comme les oiseaux

le voile d’or du matin

autour de la montagne au dos courbé

comme un habit de l’absente

une voix qui l’implore

rien n’est éphémère

il t’aime

tu es un ange  

et la plupart de ce qui ne doit pas être dit ?

comme de ne faire plus grand-chose

comme de frayer

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Vers le Mediator Fr/Arab

à Véronique.

comme les ondes qui rongent son corps  

le cœur serre son rêve des tropiques, hypothétiquement

les membres électriques !

les membres électriques !

les membres électriques !

( l’oraison des cosmiques ! ).

le sans douleur n’existe pas

il est de bleu le peignoir qui l’habille, effacé

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

( l’air des tropiques ! ).

il n’aime pas ses mains et désemparé

il est de bleu le peignoir qui l’habille, confidences :

elle prend les voiles que la circonstance exige

et ils nous disent de ce côté-ci qu’il y a de l’espérance !  

il marche dans l’appartement lourd qui engendre un désordre

il déambule sur ses pieds nus dans le couloir baigné de lumière

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

( l’aria des démiurgiques ! ).

je médite la vie d’un homme en sursis

sur un canapé blanc

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Les fibres

à Naelle.

son front pale éclaire le ciel

ses yeux rouges se posent comme la neige

c’est un lièvre qui dort dans les bois

une crème dans l’espace entrouvert

il aime la danse

il aime tourner en aval

il aime les vents de sa tête

les caresses sur son visage fiévreux

et elle boit de l’eau à la coupe des arbres pleurants !

la mystérieuse ode des arbres que l’on reprend

il descend et suit l’ondulation des vagues

les pensées inavouées

les jardins d’amoureux

les fleurs qu’il ne reconnait plus

les larmes d’une enfant exhalent un parfum de lavande

comme une rose en pierre sculptée par les vents  

la peau mièvre se torturent à ne plus s’offrir

comme une maille mutique et de l’amour

elle ne rit pas avec les écrans

elle court sur les champs d’avoine

elle ne reverra jamais ses parents

je clore comme le jour qui susurre

les feuilles tremblent à l’automne de nos solitudes

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Une souris Fr/Arab

un champ

dans le trou

une souris sourit  

en dessous de tout

flou

étrange

aux alentours de la gnôle

l’odeur de nourriture

incompréhensible détresse

elle est bête

elle n’est pas verte

les gens la déteste

elle fait des choses insensés

écriture décharnée  

dedans ou à la lisière

un refuge isolé

tumulte

la vie inarticulée

au bout de son nez  

son souffle hoquette court 

chute et fracas

les temps sont durs

artificiels

avec ses voisins souris

son suprême

occupe

l’air n’a pas d’espace

une fiancée éconduit  

quelque chose de détacher

plus qu’un retour

la pluie ne nous rassemble plus

nous n’espérons même pas le jour

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Une longueur de désavantage

à Ghiles.

un poète rentre seul à la maison le soir

il se baigne de crépuscule extasié

une communication affreusement bleuette

un poète rentre seul à la maison le soir

une cloche qui oscille sa corde

Marie est une abeille aux mille visages de femmes

le poète rentre souvent seul ou en mauvaise compagnie

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

on se déguise pour finir

on joue l’histoire contemporaine du Je

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

un doigt caresse les breloques

le diadème d’argent qui nous honore

puisqu’il faut vraiment écrire un poème

13/14 février 2019, à Bordeaux.

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Elle, cohérence (Fr/Arab)

à Nassima.

de tous les charmes confondus

je bravais mon cœur corrompu

sentant la bref musique

un signe d’aucun recours

comme faire une nique

aux fidèles m’amours

le temps de mes premiers amours

je cachais une passion de toujours

c’est l’étreinte d’un commis voyageur

c’est les sandales de l’orphelin choyé

c’est l’imaginaire d’une fille que l’on regrette

c’est une pièce où il ne se trouve aucun spectateur

je me fiche de vos exploits !

par un ailleurs…

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Un couplet se construit Fr/Arab

à Anne.

je suis un garçon bon

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux…

je suis un garçon bien

comme il faut

qui le fait et le savoure

quand je peux

un ange

je suis un garçon

tout comme il faut

et bon

qui fait le bien et le savoure

quand je peux

le mal, je le repousse moyennement

comme un ange médiocre

je suis un garçon

comme il faut

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux

je repousse le mal moyennement

une sorte d’ange médiocre

je souhaite retourné dans ma triste caverne

il y a un petit feu, une ombrelle, etc.

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Cap ou pas cap sous nos yeux

comme une pluie aux couleurs de pétrole

comme un fruit gorgé de soleil

morsures

goyave

vents de papaye

ils me transpercent en équilibre

ils me fêtent chancelant

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après Arthur De La Sierra ?

comme un dépourvu d’explicite

comme une mystique du voyeur

archipels

Cancún

au fait des muses

avec les fuites urinaires il y a un dieu

il y a les fluides

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après l’Amour Du Dissolvant ?

comme écrire son intériorité

comme se lever d’un trop plein de désirs

Sabah

turquoise

juste des émois

depuis combien de temps n’avons-nous pas été bouleversés ?

nous ne prenons que les coups

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après la Mort Des Bienheureux ?

je rejoins le calme des frênes

je rejoins le rêve d’une salamandre coquette

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Un été avec Dante

je lisais Dante Alighierie, un poète exilé au noyau obscure. je traversais ses textes où plusieurs niveaux de discours transparaissaient.

il me rendait petit, désuet, flasque… etc. comme sous l’effet d’une eau chaude et l’ascension de son verbe qui transcende me navrait.

le paradis blanc sur bleu ou bleu sur blanc annonçait le crépuscule, le sien. je me demandais comment peut on faire œuvre sans filiation ?

une écriture chamanique

le chemin d’un pèlerinage sans fin

cris de soif

très haute la concave de Jupiter

une conversation entre le gravé d’une paire de flûtes

ad vitam aeternam

Muhammed et son gendre Ali, les lumières de l’orient se trouvent dans la Comédie bannis, comme avec l’écharde enfoncée des papes.

il n’était au fond question que de la langue, de réalisation de soi-même par l’écriture en se surpassant. la quête de joyaux !

je ne savais comment les mots employés fonctionnaient, mais je savais pourquoi ils devaient être là, triomphants. les choses me semblaient opaques par moments.

les scènes grotesques de l’enfer… etc.

une lecture ésotérique

l’âme sous l’influence des astres

déjà vu

cela fait un toit pour l’été

d’un vivant

l’Amour chantait de Béatrice me faisait sentir une nostalgie de florentin, une édifiante clarté ! je retrouvais depuis cet air en voyant chaque enfant.

la croix que l’on désire sous ses fesses, je m’avouais l’avoir connu. pour ce qui est des personnages, ils m’étaient non-attrayants plus que le reste.

il invitait à la confession.

je ne relirai sans doute plus jamais Dante, il appartient au quatorzième siècle et qu’il y demeure, – quelqu’un veut s’approprier son livre ?

cela est sans appel

je ne sourirai plus à mon bouquiniste

éprouver de la compassion envers un monde perdu et de dégénérés, n’est-ce pas être soi-même atteint de folie ?

Les vedettes ramadanesques

À Gaïa. ( une inconnue sur Badoo. )

1/3

j’admire la capacité de Mehdi à se tenir debout en blouse toute la journée et la moitié de la nuit, il me donne l’impression que je n’ai jamais travaillé.

je regarde les gens qui s’installent sur les dossiers en cuir et s’en retournent tondu, ils mêlent quelques hadiths prophétiques et des qaça’ide de Amar Ezzahi.

je reste raide sous la fine lame et les ciseaux, un quiproquo peut vite tourner au drame ! on entend parfois des différents résolus par voie nuptial.

comme un franc-tireur

sur la ligne de mire du destin

je crois qu’entre temps la télévision diffuse un match italien, ou peut-être que je confonds avec la retransmission du speaker. le démo à tous les coups est piraté !

il y a des cheveux noirs et gris sur le sol, l’imam prolonge la prière du soir… etc. toute une symphonie dans un salon qui brasse des myriades de rires !

je me disloque entre les singularités de la foule, rien ne m’y empêche ! j’endure cependant ce privilège, la convergence des cœurs est aussi rare qu’une plais sèche.

les jeunes sont à la mode du Maghreb

les autres sont scotchés au sol

la rue du coiffeur est à sens unique, très peu fréquentée durant la nuit. je l’appelle depuis mon enfance la mal éclairée qui est de son nom commun la route des arbres.

eux sont élagués ! 

elle est bordée d’une crèche, de la poste et d’immeubles récents en dessous desquels se trouve des magasins. il n’y a eu que d’anecdotiques aménagements.

je crois qu’il faudrait tout raser et marcher droit vers l’orient, la familiarité avec les lieux ne me réussit pas. je vois de la poésie là où règne le soudoiement et l’anarchie.

j’attends une vague qui inondera le bois

les furies feront de nos chairs des razzias

2/3

j’erre parmi les peupliers endormis et ma ville natale se dédouble, une écorchure ! j’ai en mémoire de vieilles querelles de clocher, comme mon iniquité.

je côtoie des hommes absorbés par leurs pensées, magnanimes où pourtant ne luit aucune lumière. ils ont tendance à la sérénité après la coupure du jeûne.

je n’ai pas la même disposition d’esprit, la longue agonie fait partie de mon lot. il se peut que je triture mes boyaux sans que rien n’apparaît, hormis la contagion.

ils ont l’air aussi de se repaître de tout 

je me prends une tasse de thé

je vois les voitures garées en pleine descente, elles m’inspirent un plaidoyer. je fredonne Rider In The Storm, il m’est évident que l’on ne peut qu’en pleurant.

à chacun ses lâchetés !

je me tapais deux semaines de patte pour m’offrir des bottes, à l’inverse par ici, beaucoup de frottement de claquettes ! ils se vautrent en piétinant sur les empreints.

je me méprends sur les considérations qu’ils se font, peut-être ! comme il nous est inconcevable de se reconnaître la même barbe, les mêmes organes.

on considère un homme selon son parterre

les rues en sont vilipendées

je traverse devant des personnes d’un certain âge qui sont assis et parlent à voix basse. ils me regardent et puis silencieux à mon passage, pour finir reconnaissant.

la ville a ses inclinaisons secrètes, elle est identique à la nuit et bien davantage. je suis obsolète de tous les trottoirs et les arbres qui dénombrent mes sottises.

l’humain en ces heures bénies ne se lorgne pas, il a un prix comme partout, sauf qu’ici, ils sont beaucoup à attendre le soleil. le restreint à l’irrécupérabilité.

je l’observe comme on y dort

ivre des interdits

3/3

je parle de ma chute et le royaume qui se heurtent à la lumière de ma démence. je parle de ce qui doit être dit quitte à se déplumer pour l’amour d’une femme.

une langue étrange et graduelle me gratte, comme la froideur des caveaux ! il y a effectivement beaucoup de choses qui écœurent,- qui se permet le salut parmi les hommes ?

j’incarne le drôle de martyre d’un automne qui agonise, une boursouflure. je n’ai plus le cœur à rien, à l’ambiante hypocrisie lorsque je m’y réfère.

je ne demande qu’un renseignement

ils se tordent au lieu de fournir une direction

je ne suis qu’un homme ouvert à la nuit sans pitié, un homme qui a perdu l’esprit. je crois sans faillir à la pluie, les nuits qui couvent nos rêves une montre sous la main.

le génie de ramadan porté à son plus au degré peut s’avérer extraordinaire, comme dans l’art ! les mots auréolés sont l’expression de ses hors limites.

je remercie le ciel dévoué de la féline incohérence, de nos incollables doutes, de mes passagères tristesses ! l’homme qui attend s’aura goûté les présents.

je tais parfois l’écoute de mon cœur

le silence est la meilleur des gloires

la lumière céleste

irradie la folie des hommes

en douce longueur

j’envisage les charmes ancestraux et caducs. les factions n’étaient que des ours polaires élevés au grain de blé du sud. l’inouïe des généalogies me leurrent.

j’étouffe en moi un silence qui fait rager et quelque part des chiens aboient. j’imagine qu’ils referont les crapauds, les voix de nulle part sur un banc. 

je fume comme un puits raclé en me promettant une visite à l’un d’entre eux, persistance. je tire de nouvelles cartes avec mon cœur qui désigne un secret.

je me fais à l’image que souhaitent les Prophètes

je suis le pauvre de Miséricorde

Ils vécurent chanceux. Œuvres de L. Chabaud, 2021, Begles, Gironde.

Partir comme on épelerait le nom des saints

à Nader.

1/3

je ressens les années d’errance et de fuite, les départs par centaine et les sentiments de l’espoir avachi qui les accompagne.

je ressens des vents contraires qui préludent à ce qui va me suivre

mes yeux d’Ulysse se posent sur ces jours passés et profondément regrettent.

les désirs ultra-plombés, les dents qui claquent… etc. comme ronfler la mesure de ses doigts de corail rose

je me souviens des trains de nuit qui me portaient, le vent pourtant siffle dans mes oreilles. je n’ai cessé de partir

les vols d’oiseaux dans les champs parcourus à toute vitesse, les paysages qui lavent encore le seau du souvenir et aèrent mes paumons

je suis l’exilé des vieilles fortunes

une mémoire lourde à porter pour mes frêles épaules  

2/3

je m’attelais à l’étude des astres et des corps ravagés très tôt dans mes saisons qui creusent comme une pelleteuse,- les lois du seigneur requièrent du silence !

le genre d’indicible qui vient d’en haut !

je jetais la clé sous la porte pour rendre l’écho de mon âme friandise, la noirceur des baisers de la veille promettaient une disparition.

je froissais mes sandales pour revenir parmi les étoiles, comme les mots confus qui éclosent dans ma tête

je ne suis que la moitié d’un amour brisé, et si un jour je tombe dans la moire de l’humide clarté, sachez que jusqu’au bout je vous ai aimé.

l’esthétique d’une poignée de feuilles font un ensemble harmonieux

longtemps et reclus dans les murmures d’un mal logé

je doute à présent de moi en parcourant le monde, mon âme vibrante de ses trésors inexplorés et couverts, même de la petite et innocente rosée.

j’aime les choses non-apparentes et qui ne disent pas leur nom

j’ai grand froid

je poursuis cet instant d’éternité d’une grâce renouvelée, les nuits sans pareille glissent irrémédiablement et bientôt incommensurables.

je me rend compte qu’Ulysse avait un équipage et des compagnons de voyage

je me lève lentement de mon siège pour prendre un recueil hors du temps qui plante une graine, une complainte maladive.

je me laisse être au firmament, sans germe et sans aucun remord dans le cœur

puisque la vie est une escale

je fraude tous les trains

Un train de marchandises s’est arrêté là. Lannemezan, Les Hautes-Pyrénées.

Trois petits jeux du Je

À Narimane.

1/3

ils m’ont affublé de différentes expressions tout le long de ma légère existence, semblables à des étiquètes ! je fais l’impasse sur les insultes gratuites ou justifiées.

le prénom que je tiens de mon aïeul et me suit depuis ma conception, un oracle n’aurait pas eu meilleur jeu ! je reste touché par cette initiative pleine de bonhomie.

j’ai pris conscience de ce baptême lors de mon entrée en crèche, comme pressentir une fin. je crois me souvenir qu’il y avait une fille à chacun de mes bras !

je ne recherche nulle vanité

la dérision m’a poinçonné

ils m’ont accolé au collège le surnom de pécheur, rien n’est jamais tout à fait vrai ! je le dois sans doute à mon tempérament de mécréant plus qu’à mon chapeau.

je peux ajouté à cette période d’autres termes plus sophistiqués et terrifiants: ex-petit-ami, célibataire, ennemi, endeuillé… etc. une période bien compliquée.

ils concevaient avec ces appellations les ersatz d’une fratrie, ou le pire imaginable, une appropriation ! il n’en demeurait pas moins leur promiscuité.

je ne fais jamais pareil

sauf lorsque je refuse de voir

ils ont même appelé mon volume de chaire tonton et ceci pour toutes les générations à venir ! je ne sais ce que tout cela implique, l’après me laisse songeur.

je ne suis qu’un être insignifiant qui fuit devant les sobriquets et sollicitations, à mille lieux d’en recevoir d’exemplaires. je suis celui qui s’y tient sans me reconnaître.

je parcours le champ de mon histoire antérieur en me préparant à la mort dans ma retraite, sans aucun nominatif, comme un scarabée livré au bec d’une huppe !

je suis à mi-parcours de mon nom

il m’importe peu par quelle entame finit sa surface

2/3

je n’ai plus la capacité de guérir et de me régénérer aussi vite qu’auparavant, mes blessures prennent un temps considérable pour cicatriser et colmater.

je crois que l’homme s’use comme une machine à écrire ou un réfrigérateur, les expériences usent par érosion, les souffrances… oh Dieu, elles purifient !

il me fallait six heures de sommeil et sans ressentir les coups de moue durant la journée, mon cœur tournait au dépôt d’alcool. je menais furieux mes volontés.

je ne bâillais que rarement hormis la sensation des paupières lourdes, mes mouvements étaient secs et brusques, approximatifs ! c’était la découverte de soi ou l’ennui.

je pouvais marcher des nuits entières sans me soucier de la distance ou enchaîner les épisodes au lit et ne pas fléchir ! elles en avaient au fond que pour mon foutre !

les émotions était décuplés à l’excès

je remarque qu’il me faut plus

il m’arrive de même avec la récupération qui semble concerner mon horloge interne, même si j’ai perdu la notion du jour et de la nuit.

on ne sait dire de quelle couleur est le ciel

les candélabres ajustent son pas

3/3

je vais conclure comme on s’engage dans un rire, ensuite me vient la question de l’amour. c’est comme fuir et inadéquatement, je pense à toi, ma relâche !

je pense à ton visage au ciel multiple qui glisse vers une aurore inconfortable,- comment puis-je rattraper ta course effrénée ? il n’y a que moi, moi qui tremble !

je fredonne ton nom à bout de souffle, une incantation qui traduit mes chagrins,- qu’elle nouvelle histoire s’offre devant nous… ,- qu’est-ce qu’on ne rend pas ?

un froid m’inonde et hante les mots

je presse mon cœur contre ton parfum

je me rends compte au fur et à mesure que les moments importants sont ceux passés avec mes amis, ils me racontaient les bonnes vieilles histoires.

je restais attentif aux anecdotes et mensonges qui pleuvaient par-ci par-là, et puis sans attendre, il me tombait dessus une confidence à couper le souffle.

je comprenais qu’un clic est plus conséquent qu’une page de tourner, oh…. vous m’avez fait ! qu’il est agréable de me souvenir parmi les récits où je revois presque tout.

qu’elles sont les expériences qu’on peut tirer d’un poète ?

j’absorbais les paroles oubliées

les moindres particularités m’étaient de l’or

je crois que l’on ne peut échapper à son destin qu’un certain temps et l’issue ne sera que plus fatale ! je crois que chaque main secourable mérite que l’on s’y attarde !

j’élabore un système nourrit d’une mythologie personnelle, une écriture qui brise le modeste seuil de ces lignes. la poésie est d’ici pour ne pas paraître comme tel.

Trois petites impasses

À Rafika.

1/3

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- il y a des nationales et il y a des routes,- je roule derrière les camions… les 6 les 12 les 36 tonnes,- je prends de la fumée.

je suis au téléphone,- c’est la route,- une déroute,- je ne conduis jamais avec des pantoufles,- ce qu’on appelle se déplacer à l’envie,- l’envie de se décharger.

et si les routes ressemblaient à nos vaines,- fluides et mystérieuses,- on ne tombe jamais sur une autoroute,- les pompiers ramassent nos cervelles.

j’essaie un autre mode du temps

je me remets à la patience

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- je reste alerte aux accidents,- je pense que rien ne peut m’arriver,- tellement alerte que rien ne peut m’arriver.

je vois les arbres poussiéreux qui délimitent la folie des pâturages,- les gens qui attendent le bus,- je prête aux volatiles mes divinations,- un colimaçon.

c’est la route qui nous quitte,- on échappe d’un trou pour se précipiter dans un autre,- je suis ficelé comme une truite,- plutôt une tortue,- je roule comme une radio.

je remonte qu’une seule fois

le tarmac qui se déroule sous mes gommes de caoutchoucs

sur la route des autoroutes et tout autour,- il y a des routes il y a des impasses,- juste essayer lorsqu’on ne peut pas,- je tends les bras à ma déréliction.

un sourire aux lèvres d’un fuyard,- je lui octroie toutes les raisons,- est-ce que je suis pris dans le filer des panneaux ?,- on ne se fie pas à un conducteur.

je suis transporté pour ne rien porter,- une crème verte,- il pleut souvent sur les autoroutes,- j’enclenche l’essuie-glace,- hypnotique,- captivant.

le cendrier est plein à craquer

j’ouvre la vitre

une allée au lendemain

je souffle sur mes envies

un vent obscure

2/3

sur la rive avec mon chien,- j’investis le domaine du non-soi,- au diable les fils et les attaches,- momentanément effacé,- j’aurai ma démence ou rien.

je suis absent de moi-même,- interdit de souvenir,- j’aimerais et puis non,- je m’altère sur le sable,- mes narines guettent le drame,- doit-on refaire l’insoutenable ?

j’arrive à ne plus dominer,- de prendre moins de place que mon domaine,- tout s’émiette pour ne rien laisser,- je perds le miroir des hommes et cela tient.

je suis l’autre qui glisse au creux de la vague

forte et belle à recommencer

sur la rive vierge avec mon chien,- je construis une cabane d’allumettes humides,- l’œil furtif et scrute,- présence contaminée,- il ne reste que des pourquoi vagues.

le noirsoleil est une couleur,- un sans visage,- l’indien sous prozac,- longue est la traversée avant les signes,- les vents caressent mon visage.

un chien n’obéit qu’à son besoin poitrinaire,- s’il pouvait se laper le crâne,- je m’affadis comme la roche qui garde,- la couronne iodée,- je n’ai pas de cane.

j’apprécie les pointes démesurées

comme sa compagnie

les lèvres mouillées  

une irréelle promesse de la pluie

l’automne me perd

sur la rive avec mon chien,- il n’y a plus de chien,- j’ai tout consentie et du laiteux,- cela ne sort pas ou ne dort,- mon cœur est sous cloche,- détérioré et en partance.

j’ai les pieds nus plantés dans le sable,- il y aura toujours de l’eau,- cela dit de mon capharnaüm,- combien d’initiés compte Saint Michel Chef Chef ?

on a tout recenser dans les livres,- le peuple maudit,- une histoire courte de l’expéditeur,- un cul-de-sac,- les ressacs,- un dessein ne ment jamais,- garderas-tu une trace ?

toi ma bien-aimée, je reviens au deuil.

un passage aux toilettes du bar alligator

je recharge le téléphone

3/3

j’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- son cœur à la petite cuillère,- je me finis de me recueillir,- je caresse les rêves du vent,- son sommeil léger.

j’ai un petit peu froid,- toute à l’heure j’ai pleuré,- le rêve continu,- son néant parfois me tente,- je n’oublie rien ou presque,- immensément ailleurs.

je soupèse selon le chemin et non les actes,- vertiges inconsommés,- je peux ne pas être drôle,- le renvoie d’images biaisées,- du plein baiser le doute.

je me fais de la misère de la rouille

je réitère pour ne plus pêcher

je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- je souhaite m’étendre et modeler mon âme,- son âme occasionnelle,- je parle seul et si seulement je trouvais preneur.

je l’ai laissée pour morte sur la rive miteuse et les bateaux vont au loin,- son cœur pourtant si débordant,- je m’accroche à son air de déjouer les portes.

trancher c’est trancher l’existante,- clairvoyance des mots qui disent peu,- je me détache,- tant de solitaires espèrent de leur solitude,- la radiation.

ce n’est pas aimer que d’avoir bon dos

il suffit de déplaire

je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- vertèbres s’éloignant du port mythique,- la nuit comme le jour je te salue,- je te mets un doigt dans le cul.

je m’évanouis devant les climats,- son corps se régénère fuyant fuyant,- je stationne dans l’impasse des clématites,- je mets le contacte,- l’œil du mal rase mes parois.

j’incarne les peurs d’un poète,- délire de se reconnaître comme tel,- une musique quand il n’est plus question de notes,- mélomane de la fluidité,- comme le sang,- suspect.

je me défais sous mes yeux

les souhaits se précisent en amont du flux

Quelque chose d’un vendredi sur le sol

je n’ai rien avoir avec le commun qui refuse la part du merveilleux dans le cœur, l’abandon aux nostalgiques rêveries… etc. comme un enfant s’adonnerait dans le vent.

il excède les quatorze printemps.

ils ont peur du ridicule qu’ils ne se risquent à rien, rien de probant. je ne tiens pas à fédérer quoi que ce soit et au-delà de la bienséance: froideur / distance

une sainte colère qui libère !

la part du ciel que je détiens et aussi infime soit-elle, je ne dois pas la négliger, cela pourrait être mon seul rempart contre l’adversité et bien plus encore.

je n’en fais pas une étude.

je ne tiens pas aussi que l’on m’aime

même si là, je mens !

le tabac à rouler

brûle les lèvres autant qu’un baiser

d’adieu

il y a les déshérités et qu’un seul message, une mystique aux ivresses claires. je persiste à nier ma réalité, comme s’il s’agissait toujours de percer les zones grises.

les religions s’exportent, non ?

je sais lire les signes, comme me reconnaître à travers les miroirs. les réponses que je trouve dans les nuages bleus, l’eau potable du robinet et la température.

la mort d’alors ou le poème ?

je ne dois plus céder devant la valorisation individuelle, une gargarisation de mots ! mais je tiens pour acquis les choses prédominantes sur les nerfs.

le voile tombera !

les sidérés ne trouveront plus de secours 

il est trois heures: 24

je sors de la grotte aux nymphéas en guidant mes envies ailleurs, les voies des boulevards ont des couleurs d’arc-en-ciel. j’abreuve mon cœur de l’éclosion du jour.

je nourris mes flancs de douceur.

j’ai eu l’impression de berner tout le monde, alors qu’à moi échu l’illusion. le sans posture primordial, une mèche rude ! je reste le conciliant, en tout.

je bois une poignée d’eau.

je reprendrai les vols de nuit ou le poème, il me faudrait pour l’asseoir un départ, plusieurs ! le poèmefusée pour s’élever a besoin d’une pulsion de moineau.

je tracerai vers toutes les trajectoires.

le poète est né à un rêve qui sommeillait

l’énigme des labyrinthes se dévoile

un été sans rebours

je respire l’odeur du vieux port

dans un Pagnol

Soulage a tapé fort… et moi, j’en suis où ? Begles, Gironde.

Les morsures étaient ignorées

j’étais porté vers les interactions mystiques, comme si rien ne m’arrêtait ou n’altérait mes poussées créatives. une torsion de l’esprit jusqu’à la pointe de l’extrême.

je ne voyais plus les villes sur l’estrade de mon cœur, leurs rumeurs m’étaient possible à engloutir. j’allais au hasard feuilleter l’eau de mes trous blancs. 

le téléphone éteint me délivrait de mes tics.

je me réjouissais de la fente d’une fenêtre sur l’éden, la pluie tombait sur mes fatigues. je me voyais trépassé en écoutant lesventsnostalgies et la théière.

on nous disait paradisiaque l’ici-bas

on se déchire avec du pas mieux à t’apprendre !

comme quand j’étais enfant
je toc parfois ma tête
pour m’assurer

qu’elle est encore
vide et

invraisemblablement : elle est fêlée

le dépit des gens lorsqu’un malheur frappe un homme, je l’entendais comme une décomposition, une aubaine. le malheur des uns est le ressort de nos certitudes.

l’autre que moi prie.

les liens d’amitié me marquaient ou se volatilisaient, la perte voyait le jour et engendrait le mal pour une moindre blessure. un monde fou coulait à l’endroit.

le champ en était miné.

je me délaissais pour revenir au vacarme de la multitude, transfiguré. je passerais sur les corps des lucioles, de ce qu’est la pluie à la goutte noire… etc. j’espérais et n’y suis plus.

les visages se fermaient à la providence

je préférais les ânes blancs avec du cachemire

je rêvais de l’Euphrate qui coule de son eau sous les arbres, une blancheur ouatée. je ne retournerais jamais sous la brume vaincre les coups et l’anneau. 

je revois les yeux qui pleurent.

je me saturais de tristesses qui me dépassaient, le scalpe des cœurs m’enivrait. je devais en finir avec mes débandes puisqu’il me restait à découvrir l’essentiel.

qu’ils refluent en une chanson grégaire !

je verseabsorbe l’huile de l’étreinte de l’autre côté de la haie, la jarre fêlée. les prières sont un don de soi à chaque instant renouvelées, une prévision à l’entendement. 

je débarquais dans l’univers imploré et apathique

je sortais rejoindre la pluie

Il y a une lettre pour toi

1/3

je me rappelle de nos sommets au pied du lit, le toqué de mes voisins et les tâches multicolores sur nos corps… etc. oh, Dieu que tu me manques, reviens à moi !

j’espère par cet aperçu de nos frasques inspirées te redonner le goût de nos jours passés, le goût des fruits mûrs et sauvages. je nous souhaite aussi un bout de chemin.

je me reconnais dans ton histoire pour prétendre à une évolution entre nous, une vie à tes côtés est toutes les absentes. la mienne, je te l’offre en négatif !

les amants des paradis retrouvés

les jeux d’enfants

te souviens-tu de nous deux sur le canapé et de nos feux de bengale, Bill Evans dans la stéréo… ! quoi que tu puisses en penser, je te promets de ne plus appartenir au vent.

je m’en remets à peine et ce n’est que parfait, nos crimes sont faits ! j’endosse ce qu’ils ont de plus substantiel pour un poète en herbe dès le vendredi saint.

je n’écris plus sur une viande de poisson séché, un bel après-midi d’amour, une chanson qui se raconte… etc. je m’attends à des jours rêveurs, oh, des jours meilleurs !

je me laisse envahir par toi

une vraie pollinisation

les nuits se voilent et me rendent à silène et ses velours, une vraie consolation ! tu aurais dû être là et me calmer, j’ai besoin d’une femme qui se bat, une adversaire.

j’oublierai sans effort tes longs secrets et mes cigarettes, je les oublie pour trouer le ciel un beau matin, comme ce jour de septembre où il pleuvait, lentement.

j’aime lorsque c’est comme ça le soir et que tout va bien, si tout va bien ! j’enveloppe mon mal bleu en espérant te faire une bonne impressions dès ton retour.

je n’ai touché à rien depuis la dernière fois

il faudrait taire la sanctification

2/3

je me rappelle de tes tendres mots et à peine une vue d’ensemble, un univers, un sourire que j’emporte n’importe où ! j’assèche mes os par leur fréquentation.

nous deux s’il en est encore question, c’est aussi bête qu’une lanterne d’escalier pour rentrer chez soi, lorsque la nuit est tout à fait morte. nous en sommes là ! 

je te fais parvenir cet supplique ne sachant pas ce que tout cela signifie, tu restes par-delà ton absence mon enchantement onirique, mon frétillement !

je refuse tous tes avatars

ton cœur ou rien

je me refugiais dans un nuage imaginaire pour éviter les monstres ou sous les jupes des filles consolatrices et faciles, c’est comme se perdre pour une armoire à glace !

je courais de misère choisie sans me retourner, en dehors de leur prévisibilité et tutti quanti. je les ai libéré et elles en me congédiant quantifiaient presque tout.

je crois que si tu t’obstines ainsi, tu connaîtras le même sort, comme l’étoile du matin qui court vers sa perte, une cymbale ! et moi, j’aime les marathons.

tu es mes yeux et mon unique horizon

je me considère chanceux

3/3

les vents de la stupidité glissaient sur mon cœur, bien avant de te rencontrer. je m’ouvrais au désert qui nous apprend au mieux à nous en méfier.

j’étais parfois l’homme des situations, un peu boiteux mais flexible dans mon idée. j’allais aux rendez-vous et ne revenais que plus déconcerté. je m’arrachais !    

je vivais par paliers pour finalement saisir une solution qui émergeait de ta voix, ma languesource. je comprenais qu’il me fallait avancer et construire avec toi.

j’évoquais plus haut nos rares échanges 

je disais moins que tes incompréhensions    

je me rappelle d’une nuit passée ensemble, et de ton délicieux con ! j’ai dû le pressentir en passant dans tes jardins, mon bonheur taché du rougevéhémence.

c’est une peine atroce de se sentir abandonné, comme celles qui tombent sous terre et que je déterrerai avec mes mains, même si je n’y crois plus trop.

je me demande comment on peut conjurer le sort à l’étranger, comment aussi retrouver ton visage ? tu m’as promis qu’on irait voir un opéra italien.

ne restons plus jamais seuls

on essaiera de s’effacer

je ne saisis pas entièrement les aspects de ta personnalité, malgré tous mes efforts. les tentatives de te joindre ont échoués, perverse !

je te considérai pour morte après une certaine date limite, le sablier est retourné, est-ce qu’on se comprend ? je n’entrevois aucune autre alternative.

voici une quinzaine que tu me laisses sans nouvelle !

je ne veux dans ce cas plus jamais te revoir et ceci prendra effet le jour de la réception de l’avis recommandé. je ne suis plus certain par ailleurs ce que j’avance.

ce-n’-était-qu’-une-trêve-cela-interrompt-mon-poème.

Les squares

je suis profondément blessé, libre de vous aimer encore et blessé. il me semble que les apparences exhibés ont comme une odeur de friture sur un corps.

j’ai quelque chose d’une plante qui survit et une marre, sous peu, je serai noyé par les regrets. c’était moi en chemise blanche dans les squares de contrebande.

je me souviens d’un ciel penché sur mes vendredis, peut-être qu’ailleurs j’étais heureux. le printemps des rêves bridés s’était achevé outrageusement.

l’amour hante encore le froid de mes nuits.

j’incarne comme naît un poème au monde

une faim parmi toute que je reconnais

un destin singulier

je récolte les divins mots

des passants

je suis calme et relativement stable au seuil de l’embouchure, les nuages planent dans mon cœur, aussi lointain que les miaulements noirs où se solde le néant de mes désirs.

j’épouserai la poussière et chère est la poésie, une mollesse ! l’urbanisation à outrance kakatoésque, le siècle monte sur l’ambivalence de vos mœurs.

j’entends mon cœur battre: chou-chou… ! la nature parle une langue nocturne, comme ma ville qui verse sur moi et m’ensemence. je m’efforce surtout à ne rien gâté.

je rentre dans les nuits Tizi-Ouziennes

comme on tombe en disgrâce

l’ombre des mots

le grain d’ombre qui siffle la raison

comme on colmate les imperfections

une nuit d’été se révèle par toutes les nuits de sa Ténèbre et de l’absence, une majesté entre les planches si j’espère, douche froide ! qui peut venir m’aider ?

est-ce qu’il y a quelqu’un qui peut venir résoudre les inexorables nœuds ? les mots familiers me dissolvent, la primevère de ma langue est l’enfance.

elle fleurit ce recueil, un spectacle.

je touche du doigt quelques cimes inexplorées et défendus, sans rien consigner,- est-ce que tous les vents tombent ? je m’allonge comme dans une grotte peu profonde.

je croque une pomme.

comme une expérience de l’inaltérable goût

l’inattention répétée

Méditation, une cigarette… !

les épines du rosier te piquent, tranchantes qu’elles deviennent dégueulasse ! tu fumes entre temps, attentif à la durée de ta cigarette.

ce moment peut te sembler une éternité lorsque le doute te submerge, tu survis à des crevasses. elle crée des ponts entiers suspendus, en suspens.

un jardin où les rêves lointains te fument, rabâchés ! tu transcendes une croisière aux grès des saisons. elle a aussi son rythme, une sorte de vertige.

le sang coule

tu penses que la nature n’est pour rien

une baisse de la vue

s’en vont naître les papillons

entre les cloisons

longue est la durée de ta cigarette, tu fais semblant de fumer par crainte d’être surpris. tu poses et reposes la nuit sur tes attentes, les épaules légères.

les instantanés qui délivrent du réel, la salive mouille le filtre, elle s’offre sans retenue, tu la désir. tu la tètes comme le bouton d’un sein recouvert par un tee-shirt.  

il n’est pas nécessaire de parler lorsqu’on fume, c’est inscrire son nom sur les nuages, ô feignante saison ! les roses ont le parfum des taxis algérois. 

les tentatives d’échapper aux rails

d’oublier !

la durée peut mener loin, un interminable exil. tu aspires certainement à une reconversion, tu finiras peut-être châtrer dans un presbytère.

tu rêves encore !

il n’y a pas toujours de la lumière au bout et ce n’est que partie remise. elle s’éteint, se consume et autonome ! tu portes tous les signes d’un rénovateur.

lorsque tout s’en dort et que tu t’époumones de ta dernière cigarette, tu te racontes une petite histoire pour t’envoler, comme happer par les hauteurs.

elle te fait gagner en espace

te réconforte

au coin du ciel

je suis puni à l’éternité

de son feu

Rose & Montecristo. À Tizi-ouzou.

L’enfance du ciel

À Ghiles.

il n’y aura un jour plus un mot d’amitié, plus personne n’apportera de solution ! ce monde gagne à tous les coups. Il gagne à tous les coups.

je finirai seul et béat.

je traverse une incessante lutte dans l’anonymat, cela n’empêche plus la mort de me toiser. je reconnais son cartilage partout où je pose mes pas.

j’aime l’enfance rude des Balkans, les apatrides et les vagabonds. ils disent que les justifier, c’est aimer. je n’en peux plus de vos scènes cyniques.

je lève la parole

le chef de file d’un tandem d’enfer

une fête de la pluie

je me balade au sein des sons primitifs

la gorge dénouée

les gens se réjouissent plus de l’absence de Dieu. moi, je me remets à Lui pour qu’il les inonde de bienfaits, je me remets à Lui pour les malheurs.

je laisse m’envahir l’onde d’une terrible tristesse, comme mourir un peu à ses idéaux, comme dans un éclair sentir le tressaillement du temps incréé !

j’ai mal de ce qui reste suspendu entre nous, plus la force de me dresser contre ! les vers reconnaissent la chair tendre des bienheureux.

il suffit d’un cauchemar pour dévaster un homme

pourquoi Dieu fait la sieste !

une larme d’hyène

ils ricanent le peuple de Dieu

sur la foi de sheitan

je ne réduis pas la vie à un vulgaire calcul, la traversée serait perdu par avance ! je m’ouvre au domaine du signifiant, curieux de la tempérance de certains.

le seul crédo apparent !

je ne m’aperçois pas de l’étendue du mensonge, des subtiles détournements et de nos différences… etc. cette mascarade perpétuée depuis le premier soleil.

je n’ai plus peur des chiens dans les rues caverneuses et sombres, quoique ! j’adhère encore à tous les galimatias et je continuerai de jouer.

je sais reconnaitre les chemins gauchis

les rats mangeures d’oiseaux

un enfant sur un banc

les pigeons drus baisent

la crème au citron

À l’heure des petits chemins. Villenave d’Ornon, Gironde.

chercher des raisons aux coups que l’on reçoit, c’est méconnaître l’amour que l’on porte à son bourreau.

À porter de main

il fait son marché pour ce week-end, comme rare ceux qui savent l’exil ! déjà l’aube avec ses couleurs décimées sur le toit de quelques chenilles.

l’homme dort sur la paille d’un pays après une lecture. je serai de sa vie bouleversé, et de sa mort, j’en serai changé. il se sent ce matin fragile.

c’est de la mort dont il a le plus peur, la mort lente dans le cœur des gens et de faire souffrir avec ses vérités inopérantes. seuls les mots savent le faire trembler.

rayonnages algueux à porter de main 

cet homme n’existe pas

un corps amphibien

une assiette de melon à volonté

origine Enfance

il s’amarrait à des archipels noyés dans le spasme, un guérisseur des meurtris. les pensées noires mûrissaient et tout le poids du pêcher sur ses yeux fermés.

les cœurs s’épanchaient jadis avec une sérénade pour chaque nymphe aimée, puis tombaient les nuits pesantes et les coups de téléphone crypté.

lorsqu’il est question d’amour propre vaut mieux se taire et laisser, une grâce nouvelle vous inonde, elle est d’un amour pur et sans objet.

comme de l’amour pour l’être aimé.

l’envie pernicieuse gangrène nos vies 

les sirènes du premier mercredi du mois, pourtant !

pèlerinage nocturne

il sort à l’aube aux petites froideurs

ô le premier jour !

mon Dieu faite que le temps de la paresse et le bon positionnement des astres lui reviennent, les matins du postillon endormi… etc. il y a mieux qu’un sevrage !

cueillir tous les fruits !

mon Dieu faite qu’en ce monde on pleure les poètes vaincus… ô filles des célestes nords ! il abordait vos rivages rocheux sans crainte, son cœur creux.

mon Dieu faite qu’après la mort il se remémore les existences qui se sont croisées à la sienne, et qu’ils le fêtent ! de tristes âmes qui montent comme du pollen.

un poète poursuit les chimères

l’atelier d’un bon poète sont ses morves

l’après-midi d’un faune

le couloir de la vieillesse s’arpente

à pas de géant

Gloria Victis. Bordeaux, Place Jean Moulin.

emporte-moi sous ton aile petit moineau… je n’ai nul part où aller et je cherche à disparaître… !

Les doublures d’un poète sont ses mots

À Véronique.

il buvait et sortait tous les soirs puisque tout est voué à disparaître, c’est lespeurscœurs d’un homme qui ne pouvait oublier les morts.

seule sa mémoire hâtive nous séparait !

l’âme aussi légère qu’une sainte colombe, il avançait vers l’oncle défunt et parlait ! le ridicule d’avoir cru à son retour ne le tuait pas, il parlait.

il brûlait les pétales de roses entre ses mains.

cet homme partageait une bière avec un mort, peut-être que le diable l’entraînait et cela suffisait à son ombre. le cornu est le prétentieux des cavernes !

il mesurait sa futur place entre les tombes.

les rivières suivaient leur cours sous terre

la tombe de l’oncle !

il était en difficulté et en marge de la société, surtout farouche ! les épreuves qu’il lui fallait endurer, les femmespivots qu’il croisait se voulaient salvatrices.

il entendait souffler le vent de la nostalgie, le ciel montait de biais, le ciel quand il faisait presque nuit sentait le caramel ou quand elle enlevait ses hauts volants.

la terre les attirait l’un vers l’autre, deux aimant ! il la voyait à demi-nue par l’entrebâillement de la porte, les bas noirs qu’elle enroulait. les jambes de calcaire s’entremêlaient.

les corps ineptes

tous deux se recommençaient

une légère tachycardie

ton visage a une teneur de sel

qui ne mène pas large

je disais qu’il y avait comme le sacre du cimetière ! il était absorbé par une force étrange, les nuages rococos fécondaient la terre, tout semblait capitonner de sperme.

le soleil peu habituel à cette saison était grivois, un oiseau chantait sur la branche d’un olivier, les mouches chiaient leurs larves et s’observaient… etc. une calamité.

il voulait revoir les lésions du bonheur et tout désapprendre d’un même coup, s’étriquer le cerveau à la manière d’une laine humide et froide. c’était encore de lui.

une femme urinait derrière un arbre.

il parlait de la déchirure

du soulèvement

Luxuriance sous la lune bleue. Jardin public, Bordeaux.

Je vous regarde

un jour je serai votre prophète, un moderne, l’un de ces jours d’une insondable nuit ! je colle les murs en papiers de mains froides pleines devant.

je suis quelqu’un d’endurant, un paysagiste œuvrant pour Dieu et sa création. je me demande pourtant si je serai assez solide pour l’amour.

je ne fais plus avec la question de l’être, un funambule sur des strates. je me dilue dans mon imaginaire et la poésie d’où je ne sais rien m’est pourtant familière.

toujours dans un but

je lutte pour mon compte

une lecture de l’âme

l’ombre d’un chat me rappelle

à son écho

il fait nuit de mille et un soleil et vous me questionnez sur mon adolescence, sur l’œuvre des anges sur terre… etc. vous oubliez presque vos besoins enchaînés au ciel.

je vous dis que maintenant plus rien n’a de l’importance, je vois en vous comme un puzzle, sauf si vous aimez les puzzles ! je retiens le meilleur en chacun de nous.

nous ferons de l’amour un domaine privilégié, même si l’espace en serait réduit. nos cœurs s’accoutumeront et les anges ont leurs parts de travaux universels.

le présent passe par leur écriture

une réalité convaincue

entre nous deux

l’amour appartient à nos rêves

les plus doux

le côté mystérieux des choses ne nous dispense en rien de bien faire, nous cesserons pour de bon de nous enfermer comme dans un songe rattrapé.

les aïeuls avaient un sens démiurgique de la fête !

j’ai toujours pensé que les montagnes ont les courbes d’une femme, la flore son linceul. je freine sur les routes pour les contempler. je les caresse.

célébrons les vieux sommets !

je veux être au plus près de vous, encore plus près que le cachemire bleu que vous aimez mettre l’hiver dans la rue, comme j’aime être en vous.   

plus jamais une autre et plus de deals

vers une autre phase de la lune, peut-être !

une veillée d’écriture

votre aura déjà vous précède

jusqu’à l’aube

les phrases qui sonnent creuses comme une directive que l’on se fait à soi-même, contiennent tout l’espace de la nuit.

Il m’est dit bonne chance

à Hakim.

je suis défectueux comme la machine dans mon rêve initiatique d’il y a longtemps, le cambouis est-il un signe ou parce que justement je rêve !   

toujours à contre courant.

j’ai pris le cap inverse de ce que je pouvais entrevoir dans le champ des possibles, comme sceller ma vie à sa propre destinée, un absolu qui m’attire.

étrange de vouloir fuir.

je raconte mon expérience de la poésie, mon univers intérieur, une sorte de comète olympique ! je me trouve n’empêche terriblement doué.

un bonheur presque parfait !

je m’accepte

c’est-à-dire mort en sursis !

le cœur audible

je marche sur l’estrade du royaume

qui grince

je n’appartiens à ce monde que pour un temps, peut-être que l’on me coupera un membre. un de plus ou de moins, là ne réside pas le salut de mon âme.

pourquoi autant que poète, aussi !

j’ai déchiré le voile qui me séparait de la nette perception, sans fausses adhésions. une force tranquille que je perds parfois quand je fais crédit au doute.

tout ce que je peux penser ou dire et loin de la vérité, l’erreur est ma bannière. je suis issu d’une lignée de raté que je connais à peine.

l’amitié est sacrée qu’il faut vivre pour me comprendre

il m’est dit bonne chance !

je suis mort un matin de juillet

à Talence

sous l’ombre froide

d’un arbre vert ordinaire

embaumé par la pelouse sèche

loin du regard des hommes et des bêtes

il était 11h24, l’an 2007

la poésie est une spirale dans un cône, l’autre bout est sans fin ! très peu de gens restent indemnes et à la surface. il vaut mieux s’accrocher à sa table. 

c’est un saut sans harnais !

l’importance des choses qu’ils m’aient données d’aimer, les montagnes digérées, la vie sans fils… etc. n’étaient que le prolongement de mon être.

l’empathie libère.

je ressemble à ma voix intérieure et à une langue habitant un lieu, je tiens un inventaire de mes rêves éveillés, comme s’ils s’installaient.

l’homme subsistera

je crois qu’aujourd’hui il le doit

la migraine d’une carpe

l’ombre d’un nuage au-dessus du prophète

dominus vobiscum !

de petits riens à rien du tout, suivez mon regard et n’en faites pas une affaire personnelle… !

Ombres & Fraîcheur. Place André Meunier, Bordeaux.

Sur le départ

je ne passerais plus par-dessus ce qui me traverse et m’arrive, cela est décidé. les jours qui précédent un départ sont toujours particuliers.

je crois que tout est lieu de poésie: un nuage qui passe et s’évapore, une respiration calme et régulière, le bruit du moteur d’un motocycle… etc.  

nous sommes souvent appelés vers un ailleurs, comme répondre à l’envi d’un voyage. j’ai une pleine conscience de moi-même et de ce qui m’entoure.

c’est parfois dérisoire

puisque il y a le revenir, revenir… !

drapé d’un souvenir

le cœur abrite les recueillements

du crépuscule

il doit se trouver d’autres climats chaleureux et clément, comme le coin d’une rue où on peut facilement rencontrer la femme de sa vie ou Dieu.

je fréquentais des femmes sages et puissantes, comme une locomotive des années dix. il y a ceux qui poursuivent les femmes et les automobiles !

elles faisaient confiance à leurs intuitions, à leurs capacités physiques… etc. elles avaient les moyens de renverser le monde, surtout le mien !

je ne sors pas ce soir

je contemple l’orage depuis la fenêtre

un train passe

le mirage d’un éléphant rose s’intercale

entre les railles

c’est joli la pluie qui tombe du ciel un soir d’été, et moi, je vais finir seul… ! les feuilles d’herbes me recouvrent tout entier, et moi, je vais finir seul… !

parce que je parle d’amour.

je ne devrais plus tendre mon cœur à qui ne veut prendre, un pigeon à cet instant roucoule, est-ce seulement le présent ? l’accueillir dans mon tourment.

le plus terrible est combien la chose me semble facile, une vision oraculaire ! alors qu’il n’y a aucun endroit propice à l’émergence d’une étoile nouvelle.

seul et déprimé dans mon petit appartement

je repense à l’oasis de l’étalage

un ciel d’été

les chants de prières consolent

prière !

je me suis toujours invité à peaufiner, mais ailleurs… !

Rappel sans serments

la mort se résume dans certaines régions du globe par un échec personnel et cuisant, dans d’autres par un aboutissement. la mienne sera une célébration !  

un fort moment de solitude.

j’ai cessé de pleurer celle des poètes qui m’a toujours attristé plus que quiconque. ils savent englober le tout, même dans l’inachevé, le bancal… etc.

le but de tout à chacun à vrai dire est de finir, ce qui n’exclut pas nos oscillations ! je pense à l’ultime fin tant de fois souhaité et je fais patience.

la mort tend vers l’éternité  

comme une tête pleine posée sur un oreiller

la chaleur des blancs

ils frottent l’extase du poème

à la réalité

nous sommes cependant de passage, des êtres en devenir pour encore autre, débarrasser sans doute du poids de la chair et plus sensible en profondeur.

ces états ne sont qu’une métamorphose perpétuelle, semblable à une vague qui frappe inlassablement les mêmes rivages rocheux, hypnotiques.

je ne raconte rien que les innés intuitions chez l’humain, mais ce que j’ignore le plus est qui je suis ? à part quand je me mens.

le pire de tous les mensonges !

je brosse un portrait au fils des pages

je reviendrai parmi les lyres et le tabou

en dessous de tout

la couleur du ciel est jaune

comme un bendir

je repose un regard bien veillant sur l’erratique passé, est-ce encore moi ? je me suis situé à la frontière de ce qui m’entoure que trop tard et dans le retrait.

les hommes hantés par l’idée de la mort conçoivent l’existence comme un moulin sous les intempéries, il n’y a aucun remède et aucun réconfort qu’ils n’envisagent pas.

la cité les a perdu.

la terre indistincte qui est grande et vaste pour les âmes charitables, je dois essayer de les reconnaître, de les approcher… etc. en demeurant.

l’altruisme m’est désintéressé.

est-ce que j’accepte le doute effroyable et glacial ?

est-ce que nous sommes des êtres sacrés ? 

au jardin d’éden

les poètes sont glorifiés

qu’Allah soit loué !

je suis arrivé à un stade où je me demande si la mort en poésie, est elle-même une solution poétique !

Le quai des jours

À Lionel.

du quai des jours mon navire s’éloignait, mes hélices du drame… ! j’avais le crâne fêlé, la coque abritait un sans nom où le fil de la sonde se rompait.

je glanais les réponses de l’enfance du ciel et de mes voltiges. je ne tenais pas rigueur à l’adversité et j’exécrais les idées fixes et habituelles.

comment faire bonne figure ?

le vieux soleil se brisait sur mes os de nacre, je suivais sa régénérescence, une traversée sans rives… etc. je croquais à tous les bouts de femmes.

je vivais la bohème et rien devant

les vents givrés fouettaient la table de mes anches

les nuages rouges

une fin du jour pas réel

sous les dérives

je marchais sur les routes vallonnées à la recherche d’une trace tangible de sa Magnificence. je ne ressentais aucune peur, l’élu de mon cœur étant endormi.

j’espérais vivre d’air et de l’eau des sources.

les mots qu’Il m’inspirait, je les scandais à mes sœurs et à mes frères de croisade en retour, si ce n’est de l’univers tout entier à moi-même.

je poétisais mes rêves comme un usurier, un chameau qui mâche des rêves…etc. je restais à l’ombre des nuits à me lire et j’aimais cette lumière plus que tout.

les éclairs m’éclaboussaient sans gouverne

toutes les voies menaient vers Lui  

les saisons d’ailleurs

une relecture de la neige des mots

jusqu’aux soirs bleus

il me restait quelques-unes à déshabiller et conclure par une révérence, mais ma main légère palpait le noir carnet qui se trouvait dans mes poches.

je croyais que la vie aspirait à la beauté du cœur et à l’amour, que c’était du moins une fête, alors que les frères minaudaient avec le Très Haut.

je me souvenais de la rive des morts qui scindent, j’échappais par là même à la pénitence ! j’étais déséquilibré après tout de vivre mes floraisons.

de la finitude des mots

les étoiles naissaient d’une infinie tendresse

le réel dément

lorsqu’on s’applique en dehors

des cœurs

Loin du dire et si près de mes pas. Ancizan, Les Hautes-Pyrénées.

vous revoir, c’est me voir… et subir votre châtiment !

En rade

c’est dans cette mairie que nos chemins se sont croisés et plus rien depuis n’a été pareil pour moi, plus le même ! je ne sais au fond faire que ça.

je nous revois encore comme au premier jour, un peu maladroits, nous attendions l’enjouement des colombes. j’avais un peu de boue entre les dents.

c’est devant cette même mairie que je repasse aujourd’hui, mes yeux tapent sur la bannière et les pierres. c’est le grand wallou… un inutile débarrât !

le retour des beaux matins me fait ceci ou cela

je suis rasséréné

une joyeuse journée

ton image d’épinal ne quitte plus

mes pensées

une femme derrière une vitrine essaie une robe blanche, elle a l’air d’une poupée de plomb ! nous n’avons pas eu cette chance, dommage !

je rêve que l’on se croise au hasard des rues, tu me prendrais enfin dans tes bras. on s’embraserait comme ces deux pigeons qui roucoulent sur une terrasse.

tu chasserais mes craintes avec l’un de tes sourires confiants, alors il n’y aura plus de doute sur notre union et que tu restes belle éternellement.

nous reviendrons au temps des légendes qui se construisent

ils reviendront nos jours à deux

un bol d’air

il pleut longtemps sous les acacias

après l’averse

je ne pensais jamais te perdre, peut-être à la limite dans une stupide mort, mais cela est moins douloureux que de te perdre dans ce monde.

je reviens sur ta ville comme un enfant, elle me parait droite et distante, aussi lointaine que Tombouctou, cela est pareil, une ville que je n’ai jamais visitée.

je me perds devant ton portrait, c’est une autre que je vois, ce n’est plus le même mystère. je vois des yeux qui expriment l’épouvante et cela m’indiffère.

je ne sais rien du destin d’un homme

au-delà s’est compliqué

Feutré, ton spectre. Bordeaux.

tu as toujours su tenir le bon côté de la rive, observer une bonne posture devant un objectif, devant la vie. jamais entre, mais sur le ferme.

Les moments qui me réquisitionnent

À Oussama.

une passion que j’ai enterrée à l’âge de 21 ans, elle aurait pu s’achever cinq ans plus tôt, la vie en a décidé autrement. c’était pour une fin plus que salvateur.

je ne pouvais m’accommoder avec une conscience surannée, mes jeunes aspirations ne trouvaient écho que dans mon miroir interne.

une causalité dans presque tout.

je faisais l’impasse sur certaines parties peu reluisantes de mon histoire, comme il y a un terminus pour chaque trajet, – à quand est le mien de départ ?

je vivais de contradictions

j’ai survécu à celles-ci

un nuage d’argile

les cliquetis du téléphone rouge

j’attends la tonalité

j’étais avec une fille comme tous les moments forts de ma vie, l’évocation de cette simple idée m’attriste. je me demande où en est son niveau au piano.

j’étais tout le temps dans une peur noire en sa compagnie, une plasticienne qui me parlait, fichtre ! je m’estimais néanmoins le favoris de son île bleue.

l’esprit vaqué et flou.

je n’étais qu’à moitié désolé de notre séparation, les morves jaunes écumantes sous d’autres soleils m’appelaient, et ainsi coucher mes idées sur le papier.

renouer avec moi-même.

je cherchais une souffrance illimitée

le ciel ou le pardon des cités

l’aube des mélancolies

une voix d’opéra me repêche

de la Ténèbre

j’ai failli perdre la vie un jour d’octobre, il faisait un rêve-météore ! j’étais un jeune poète sans œuvre qui n’avait rien d’une étoile du rock.

un pli de poussière qu’il faudrait prendre.

je croyais aux écrivains et leurs livres, l’essence des choses leur étaient égal, sans parler de la fichue guerre qu’ils ont lancé contre les hommes et Dieu.

la mort ne vient jamais lorsqu’on l’attend, comme souvent trop tard ! elle parvient à nous préoccuper ou l’inverse. elle peut être aussi le combustible.

le printemps aurait fait un cadre idyllique.

comme les chutes d’une chanson

au diapason d’un réel

jusqu’à la nuit des temps

la terminaison de l’oncle qui offre

le noir soleil

je ne sais plus où je vais… savoir d’où je viens est une page de réclamation !