( Consignes )

conteneur jaune : aiguille bistouris intranules épicrâniennes brocards tout objet tranchant ou piquant activité cérébral des fougères en plastique, l’odeur d’un hôpital me revient familière sachet noir ( daom) : emballages papiers ordures j’aurais pu écrire mes idées de ce matin ancien vertige : si la justice divine existe, à moi elle me fait peurLire la suite « ( Consignes ) »

Cela ne chante pas ( 3 )

je vais juste partir et je vous dis : non               je est une vie sous la pluie on oublie les fleurs et les palmiers dans le vent                et la célébration de la vie, des assurances simples – je suis un homme simple, factuel une femme dans un parcours amoureux            ma vie est un bouleversement vocalique quiLire la suite « Cela ne chante pas ( 3 ) »

Esprit chamanique ( 2 )

A Lucie. ton job de nettoyeuse dévalise les caisses une espèce d’un vieux genre que l’on ne retrouve, c’est un adoucissant des âmes caverneuses tu reconnais l’autre dans sa superbe ses variations subites les vagues réminiscences de quelque chose d’encore plus vague comme boire le mythique filtre un amour unique dans le genre inoubliable unLire la suite « Esprit chamanique ( 2 ) »

Acide phosphorique ( 1 )

mon poète en herbe, dès le vendredi saint, tu fais ta prière des cieux tu as du verre, un soleil hypothétique et des chaussures marron sous une table en marbre ronde petite pensée du jour: le péché Kabyle c’est d’être trop kabyle, ça va les tuer d’orgueil inévitablement, beaucoup de luisance pour ne pas flairerLire la suite « Acide phosphorique ( 1 ) »

( L’élégante )

l’extase réinventé le maudit nuages forme yeux d’ivresses acide étrange lenteur bleuté carma courbe s’incline arc fibrille elle avait des boucles de cuivre l’esprit des conteurs les sons nocturnes merveille découverte au porte d’une ville enfant = marron noir papillon nos héros immobiles pieds de pierre mystère s’offre un dissous captive mille baisers complices

Pratique

j’écris des poésies en français n’importe où et sur n’importe quoi. pour ce faire, j’aligne des lettres derrière un voile. elles venaient parfois et je les fuyais. à présent, j’accueille à la fin de mon poème et tout de suite avant ma première lecture, je sens comme une présence au-dessus de mon épaule c’est laLire la suite « Pratique »

Ça n’a rien d’un jazz

le jazz s’écoute communément les soirs de longue mélancolie   éventuellement accompagner d’un verre cérémonial comme du whisky ou autre… comme moi-même je suis tellement bordélique et sans heures que je l’écoute dès le matin très tôt au réveil avec les cuivres qui me mettent d’aplomb avec mon café noir et chaud … d’aplomb !Lire la suite « Ça n’a rien d’un jazz »

( Merci… )

les chemins du cœur… merci pour votre bénédiction ! les pluies noirs providentielles … merci pour votre bénédiction ! les offrandes … merci pour votre bénédiction ! la danse euclidienne des fourmis … merci pour votre bénédiction ! les écritures… merci pour votre bénédiction ! les femmes voilés à l’ignorance … merci pour votre bénédictionLire la suite « ( Merci… ) »

( Expérience )

écrans se sentir utile dernier écran une passion les deux mains dans les poches fruits lune de miel dernier fruit une passion plusieurs vies dans une vie pierres s’en sortir dernière pierre une passion déjeuner sur l’herbe nue cartes porte à porte dernière carte une passion voir venir la fin des haricots costumes fêtes savantesLire la suite « ( Expérience ) »

L’oiseau

mon oiseau a la bougeotte ! à ce qu’il parait, c’est une des conditions de sa survie. il va et vient dans la cage en imitant les chauves-souris non domestiques au réveil dès que j’enlève le voile qui le recouvre pour la nuit, il est déjà tout excité et m’attaque. je vois bien qu’il neLire la suite « L’oiseau »

Résiste

une ombre trône dans l’hospice, je rêve de caresse future en dansant dans les locaux, sans même bouger de mon lit c’est des damnés et que je tombe à la renverse en suivant la course des sages plus que jamais perdus dans les agglomérations   est-ce que je m’endors, comme le baume dans les veines soyeuses ouLire la suite « Résiste »

Chenilles

j’aurais pu être toi, comme toi tu es en toi avec ta veste en cuir noir de gangster New-Yorkais, tes cheveux gominés, tes traits juvéniles, on devine presque ton désarroi on marche l’un derrière l’autre, vraiment tout près, cela ne ressemble en rien à l’ordre que l’on se fait de soi les chenilles boiteuses yLire la suite « Chenilles »

Les quais

je suis dans ma cylindrée dernier cri, une électrique savoyarde. j’écoute des mélodies dans mon poste radio, je suis ce qu’on pourrait appeler un homme riche, lequel à encore de belles années devant lui sur les quais de Bordeaux, une troupe de filles en jupe courte, des chiens errants reniflent du vomi de matelots nègres,Lire la suite « Les quais »

Absences

1/3 je réapprends à aimer, vous dites que l’amour est un sentiment infini. à un moment, j’ai fermé les portes, comme un raccourci vers la nuit après ne sachant comment le vivre, il m’est difficile de l’exprimer. je ne sais rien d’autre que mon insignifiance comme le travail des choses précieuses, l’orfèvrerie, les pierres… dansLire la suite « Absences »

Pôle

comme s’amarrer sur de fabuleuses îles, je plante une graine en vous, aucunement surpris par le sort de nos vies, aussi futile soit-elle devant l’inéluctable vous n’êtes pas obligé de tout savoir, mais il faut rester attentif, il faut s’envoler aussi de tout son être, s’envoler ! arpenter l’échelle du temps jusqu’à vos origines lointaines,Lire la suite « Pôle »

Adolescence

j’habite un quartier résidentiel une construction de la France Coloniale le genre Varsovie en noir et blanc il y a eu encore des émeutes cette nuit ma ville se soulève comme en région bouillonnante de revendications les CRS n’ont pas ce petit quelque chose qui fait ordre et rétabli la tranquillité les manifestants ne prétendentLire la suite « Adolescence »

( L’oxygéné )

: 1 une chose un être à la dérive d’une mémoire surannée parachevé par ses aînés il était à peine né de ses rêves ce n’est pas une lourde médecine ni une conscience d’Intermarché  dans une cadence confuse et folle    ses monts étaient positifs  : 2 quel piètre poète  est-il empêtré ?  sourd aux ventsLire la suite « ( L’oxygéné ) »

Préparatifs

on s’était dit plusieurs fois adieu sur un quai de gare, ( j’irai sans doute à el-oued !) au milieu d’une foule de gens compacte et puis, tu es partie on t’aurait pris aisément pour un ange déchu des cieux, tu étais vapeureuse et étrangement tes lèvres étaient blanches, presquement livides c’était comme si lesLire la suite « Préparatifs »

Sensations

cette atmosphère de moisie qui nous magnifiait, le bleu-noir du ciel, les étoiles, ta peau, je m’en souviens : comme de ta voiture rouge métallique, une ZX 1991. Toi, tu te tenais juste à côté, tes dessous d’habits baissés elles filaient en demi-teinte ces punaises, de vraies bêtes théâtrales, elles mouraient autant les grands soirsLire la suite « Sensations »

( Hurluberlu )

… j’implore la pitié d’un toit qui s’écroule, quand je mets le premier pas, la terre bouge… qui peut me délivrer de cette frayeur ? «  Djaroua  Allaoua Ouahbi.     mon étoile et moi… on construit un fantasque royaume pour autrui mon étoile et moi… on change la face du monde depuis le berceau jusqu’à notre vieLire la suite « ( Hurluberlu ) »

( Sonnet fétiche )

Alors qu’eux étaient pour une poésie du crépuscule. Pour une poésie de la nuit. Nous autres nous défendons une poésie de l’aurore.  » Manifeste 1963. Nicanor Parra. – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a – a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a – a,-Lire la suite « ( Sonnet fétiche ) »

Porte Dauphine

enlevez vos chaussures allongez vous fermez vos yeux aux alentours rentrez dans le noir du charbon écoutez votre propre musique intérieure respirez calmement et avec délectation vous êtes sur une herbe artificielle qui pique surtout ne bougez pas sous l’ombre du sycomore comme un meuble caché aux regards distraits  un vieux tableau accroché au murLire la suite « Porte Dauphine »

Orages

A Isylle. Et à Rémy. en pleine conversation j’ai réinventé ma vie jaunie comme Forest en Alabama for ever… mes lèvres noirs soufflent sur le soleil couchant l’origami enfantine la traversante pluie cogne le vert émoussé des vitres de nos voisins lentement un Je qui n’est pas le je que je connais dans mes délires et mesLire la suite « Orages »

L’inadapté

si l’homme a créé les dieux ce n’est que par accident … j’ai fui les classes et les bancs du petit écolier, comme tout orphelin fatigué du système qualitatif. l’esprit de la tornade dans mes oreilles droites       les rues après l’orage lorsqu’elles abondent de secrets, elles révèlent au premier venu les airs de baladeLire la suite « L’inadapté »

( Dans l’heure )

À Chouaib. je rêve de faire un long voyage au-delà des dunes et choir sur place que par affliction, je commanderai aux fleuves hors des lits, tout en étant pur et cruel je rêve de recevoir un versé comme une goutte d’eau dans les profondeurs de l’Etna je rêve que l’être qui habite mes cottesLire la suite « ( Dans l’heure ) »

Hôpital occipital

A Samy. lorsque je l’ai vu pour la première fois, j’ai senti une douce chaleur dans le ventre, comme quelque chose qui affame. elle ressemblait tellement à une petite pomme à croquer  le teint pâle, Marie était toute jeune et gravement malade, elle passait le plus clair de son temps dans un hôpital, un grandLire la suite « Hôpital occipital »

Synopsis d’une journée d’automne

il marche théâtralement dans une rue d’automne, une sainte forêt au milieu des feux il croise des géants et bouscule des hercules, plus limpides que la chair, plus fracassants que les éclairs il reste ample comme les dunes de son enfance de son adolescence où il y a la douceur du vent digne du froidLire la suite « Synopsis d’une journée d’automne »

Radio

derrière chaque poste radio il y a un être vivant qui fredonne… le poste est comme une seconde peau, je le tiens pour primordial dans une maison. il meuble mon quotidien monotone d’une transmission continue, ou presque en fin de journée, après une balade au parc ou quand je rentre tard, il reste allumé, jeLire la suite « Radio »

No man’s land

je lis les exclus des bibliothèques, les conventionnels. une littérature ringarde et naïve par ses propositions. il m’est difficile en ce cas de croire à la gratuité dans ces livres estampillés que l’on peut facilement reconnaître entre tous, l’auteur termine son récit avec un mot intelligent, contre tous les silences de l’éternité un livre estLire la suite « No man’s land »

Ain El Hallouf

A Rabah. mes larmes coulent vers le bas, comme une eau qui jaillit d’une source froide, une eau dégueulasse à boire et en cela une saturation j’avais neuf ans et on voyait encore des sangliers affolés au pied de nos portes que l’on verrouillait, comme pour les voleuses d’enfants il y a que je plaisantaisLire la suite « Ain El Hallouf »

Felouque

je vais m’allonger sous le figuier du jardin et m’émouvoir dans la froideur du temps, comme sur une felouque en papier artisanal je voguerai avec la lune et les étoiles sur le grand fleuve des mots, peut-être que je jetterai l’encre dans les soirs interminables du Pacifique qui est dit-on sans mémoire je vivrai plusieursLire la suite « Felouque »

La plage

A Zahia el djazair ( la dernière fleur des montagnes libres ) je me renouvelle dans le circuit de la vie, un rendez-vous a été pris au printemps des oliviers, la plus belle des fleurs s’y trouve comme tous les débuts en amour, j’ai ouvert. puisqu’elle permettait entre autre la perception d’un été elle avaitLire la suite « La plage »

Passage

A Sihem. je suis assis au bord d’une banquette démotique voisinant des journaux humides et abandonnés la peuplade d’Afrique tient le cap sur l’Europe seul je m’écrase sur le grand verre automnal   le ciel est gris, un enduit gras profond ils ont des huiles sur le corps pour leur dernière traversée de la saison  deLire la suite « Passage »

Les fenêtres

derrière les fenêtres de ma chambre, séjourne une mini tempête et plus haut, la cime des arbres grabuges violemment dans un clair-obscur Souade coud une laine. elle est belle. elle le sait. j’observe ses actions habiles et passionnées mes yeux larmoyant filent entre les lignes. à l’aube qui suit, je jure de changer la mélodieLire la suite « Les fenêtres »

Charlot lettré

comme sortie d’une longue vague écumante, une déesse berbère ravivait le ciel et les arbres de ses courbes et couleurs chatoyantes j’espionnais la vie imaginaire des écrivains publics de la grande poste. je me tenais là-bas pour chaque lettre manuscrite ou bordereaux de compte à remplir j’étais à la recherche des lettres d’amoureux perdues dansLire la suite « Charlot lettré »

Fugacités

elle en rêvait elle l’a fait, flirter avec un homme qui était plus âgé tous deux jouissaient de la même verve et prétendaient à un bonheur commun. ils s’étaient installés à l’arrière d’un break familial, il pleuvait au ralenti sur les vitres ils ont échangé des phrases banales et joué à des jeux sur leLire la suite « Fugacités »

Billet territorial

A la ville de Boumerdès. je retrouve les histoires d’antan comme le même bateau qui passe   un brin défectueux sans rien d’abstrait  positions nous étions tous deux dans le calme de la baie le ciel était une coquille d’œuf cassé nos miroirs étaient neutres un manège aux couleurs glauques tournait sous la neige elle avaitLire la suite « Billet territorial »

L’étoile du Sud

… Sous un portique d’ardoise viennent rêver des bergers sans troupeaux.  » Un soir comme les autres. Jean Claude Pirotte. comme un sentier dans le ciel   parsemé de clairs étoiles le berger suit le sentier  les clairs étoiles tombent le berger trébuche et tombe   il contemple la dernière étoile du sud les deuxLire la suite « L’étoile du Sud »