( Expérience )

écrans

se sentir utile

dernier écran

une passion

les deux mains dans les poches

fruits

lune de miel

dernier fruit

une passion

plusieurs vies dans une vie

pierres

s’en sortir

dernière pierre

une passion

déjeuner sur l’herbe nue

cartes

porte à porte

dernière carte

une passion

voir venir la fin des haricots

costumes

fêtes savantes

dernier costume

une passion

un chien sent mauvais

sandwichs

trottoir

dernier sandwich

une passion

il faut gâter le gros

feux

chocolateries

dernier feu

une passion

rentrer à cinq heure du matin

voyages

un souhait d’enfant

dernier voyage

une passion

sous-vêtements de petite fille

toiles d’araignées

un châle entre les mains

dernière toile d’araignée

une passion

un peu plus en confiance

plateaux

de l’altruisme aveugle  

dernier plateau

une passion

une vie dans une valise

relationnels

découverte du ciel immense  

dernier contact

une passion

respirer la bêtise gratuite

une plume

survivre

dernière plume

une passion

la poésie est une expérience

( Débutant tardif )

dans l’un de mes voyages // dans l’un de mes romans

j’ai appris

qu’il n’y a pas que la bourse dans la vie

qu’il n’y a pas que les bons et les mauvais, le bien ou le mal

je ne suis personne // je suis de toutes les douleurs

j’aligne des lignes à l’encre de mon sang

comme maintenant // comme avant

l’esprit de ce chant est un adieu

j’existe dans la contemplation // j’existe dans l’amour   

je me ballades dans les rues d’une ville irréelle

leurs âmes m’habitent //  j’habite mon cœur

les soirs : triste et seul 

chaque soir je meurs // chaque matin je me relève

je sais qu’il n’y a plus d’espoir

chaque soir je meurs // chaque matin je me relève

je sais qu’il y a une lueur

je suis l’esseulé // je suis Tahen

désespérément  

le bureau des réclamations est sourd // le bureau des lamentations est aveugle  

nombreux ceux qui prennent la mauvaise tangente

je tourne à gauche // je tourne à droite

sur moi-même

j’envisage le centre // je me dégage

pour être multiple  

je sors // je rentre  

ma voix se trouble dans les foires aux manèges

elle exhume de l’ombre // elle exhume du tabac ( sans mousqueton ! )

je transpire de la gêne // je transpire du poème

j’attends quelqu’un qui me serre // j’attends quelqu’un qui me soulève

je suis un être en difficulté

puisque inadapté à la vie en société

je suis né pour tout voir // je suis né pour tout entendre

le Coeur Intemporel bat fort dans ma bouche

qu’il ne peut s’exprimer convenablement // qu’il ne peut vivre musicalement

c’est l’automne dans ses derniers retranchements

qu’est-ce qu’on serait sans une tasse de café

je me réalise en rêvant // je me réalise en chantant

comme les oiseaux

je respire encore grâce à l’art // je respire encore grâce à ma famille

je ne suis bon que dans le malheur

je prends la feuille // je vois un bureau

je prends le stylo // je vois une lampe

si seulement j’avais une assise …

j’écris: je bois // j’écris: je perds

de l’eau rouge coule dans les estaminets

j’écris: je l’aime toujours // j’écris: je suis perdu à jamais

j’écris les lettres dans le vide des mots

proche de monsieur m’amour qu’elle me fuit

que rien ne change // que rien ne s’améliore

je touche parfois

de mémoire son corps // de mémoire sa transparence

j’écris le blasphème // j’écris le mensonge

pour son amour // pour sa colère

est-elle seulement présente derrière ce filtre

douceur !

je suis fatigué de vivre // je suis fatigué de mourir

je claque la porte du grand hôpital

à l’air libre par Votre faute // à l’air libre pour les autres

l’horreur des enfers est peut-être sur terre

à quels moments nos actes prennent leurs sens

non-être // être

nous en tirons des satisfactions

j’ai gagné la poésie // j’ai gagné sur mon être

rarement du côté de la vie // rarement du côté du ressentiment

à la nuit tombée

tant qu’il y a à faire je suis de ce rafiot

tout en restant humain // tout en restant digne

les crins ondoyants // les plumes soyeuses

j’incarne les noces de l’enfer et du ciel

je suis peut-être fou // je suis peut-être poète

dans le délire amoureux // dans la folie créatrice

je veux raconter les fées // je veux conter les ogres

les sorciers ont plus d’un tour dans leurs sac

si je veux imploser // si je veux me disperser

je ne suis mauvais que dans le travail

j’ai fait l’amour à des pierres // j’ai fait l’amour à une fleur  

à qui viendrait l’idée de s’envoler

comme les promesses d’orage de cet été

qu’est-ce que je dis // qu’est-ce que je déterre 

pour fondre vos oreilles endormis // pour briser vos cœurs d’or en éclats

je perce vos angoisses profondes // je creuse vos peureuses argiles

il adviendra des rires fleuris // des rêves à fleurir de rire

j’écris

quand les mots se dérobent du mot

quand le port de la mémoire

quand le sucre de l’œil

quand tout revient au même

quand la fièvre d’amour

quand la respiration me fait halte

j’écris le murmure du cœur // j’écris l’analphabète du trait

( Amphore )

je prends une figue sèche à l’huile

le soir j’improvise

je mélange excréments et urine

morve et croûtes des yeux

je me rafraîchie à l’eau de cologne

je rétablie les connexions

avec la saleté sur mes vêtements

avec la moisissure sur les murs et son odeur   

je me développe

je pue

de la transpiration sur la peau

du charbon entre les doigts des pieds

je ne me lave pas ( plus d’eau ou trop chère ! )

j’aime mon odeur de friandise

le glauque à la commande par téléphone

j’adhère à l’abjection du morbide

je mélange spermatozoïdes et salive

j’avale mes crottes de nez

j’ai deux temples  

j’ai un nez

de l’alcools à gogo

des cigarettes

une endive dans le frigidaire

j’ai une lettre à écrire

je rote

je dilettante dans mon pet

je me trouve au ras du seuil de la pauvreté

l’honneur des braves gens se vend

je vais vers une fin olfactive

j’atteindrai les sommets bleus, peut-être ! 

( Chuinter )

il y a un lit double dans l’alcôve et de la poussière d’étoile

je veux des sons

comme ceux que les corps animés produisent 

je-suis-nul-part-et-partout-à-la-fois-les-lunes-défilent-militairement-et-des-insectes-rôdent-autour-d’-une-lampe-du-quartier-je-me-tiens-à-l’-autre-extrémité-de-l’-appel-téléphonique

ma main tremble calmement

comme pour tenir le rythme d’une chanson imaginaire

il y a une voiture dans un parking et je suis son homme

je veux des airs d’automne

le craquèlement des feuilles mortes sur le sol

je-sais-que-tout-est-épreuve-dans-la-vie-pour-être-un-homme-un-vrai-d’une-personnalité-de-fer-tout-à-son-honneur-se-dévouer  

hier tu es partie

tu es partie

je reste absent de moi-même

comme sous sortilège

Un oiseau est nécessaire

mon oiseau va et vient dans la cage en imitant les chauves-souris non domestiques, et à ce qu’il parait, c’est une des conditions de sa survie.

la bougeotte, lorsqu’on manque de goût !

au réveil dès que j’enlève le voile qui le recouvre pour la nuit, il est déjà excité et m’attaque. je vois bien qu’il ne s’est pas pleinement acclimaté à la maison.

ou qu’il préfère le mangeoire du côté gauche.

il parade aussi avec un chant spécifique et déploie ses ailes de plumes noires. cet oiseau ne pèse presque rien, je m’évertue de son courage.

les autres oiseaux partagent notre compagnie

ils s’identifient

prince des oiseaux

les mini-soucoupes du rêve

citadin

je ne sais pas grand-chose sur la vie des oiseaux et à la limite je le pense, j’imagine la situation la plus insupportable pour lui ou qu’il pourrait endurer.

la faim, le froid, les éperviers ?

il est peut-être programmé et idiot, qu’il ne se souvient de pas grand chose, mais comment interpréter son bec rose qu’il arbore fièrement.

je passe des heures à le contempler et lui ne reste attentif qu’à mes mouvements, en alerte. j’essaie de le calmer en lui parlant, un dialogue parfois se fait.

un autre impératif.

il est friand d’un mélange de graine et de miel

je le lui réserve pour les grands jours

une gorge blanche

sa langue âpre m’est conquise

pour des clous

il bouge et se débat à la nuit tombée, il se revoit sans doute libre survolant les forêts de la région. j’entends ses rêves qui le basculent de son perchoir.

je me fais violence concernant sa captivité et ma figure de oiseleur, mais il n’est pas question de le relâcher. je crois qu’il ne survivrait plus dans la nature.

cela est grave !

je sais qu’il nous est plus concevable de vivre libre un jour que dix ans dans une cage, surtout lorsque celui-ci apporte la baraka.

il loue Dieu

son rouge indien derrière les barreaux de fer

une aube d’été

l’éveil spirituel de la nature

oh jungle-home !

Résiste

une ombre trône dans l’hospice, je rêve de caresse future en dansant dans les locaux, sans même bouger de mon lit sous les vapeurs.

je tombe à la renverse en suivant la course des sages plus que jamais perdus dans les agglomérations, une clôture des non-joignables.  

les éternels enténébrés.

est-ce que je m’endors, comme le baume dans les veines soyeuses ou comme un nuage de pluie qui s’enfuit au loin, je résiste aux luminaires du plafonnier.

je résiste !

il fait si doux vivre ailleurs

je ne m’appartiens que pour un temps

solstice d’hiver

j’observe le noir de la nuit

sans jumelles

là-bas où je promène parfois mon caveau, là-bas… derrière les sentiers balisés ! j’indiquais aux pèlerins la direction des arômes et du parfum inquisiteur.

il y avait une insistante et douce brise sur nos peaux. elle est dit-on, l’annonciatrice du paradis sur terre. je n’avais rien d’un saint, l’air idiot tout au plus.

j’apercevais la première étoile obscure, une âme frémissante comme de l’eau. je souhaitais les autres et je voyais mes rêves se sourdrent que tout homme devrait avoir.

lorsque ma vie désirait s’épanouir sous d’autres cieux

je fonçais de mille lieux sur les événements  

la nuit aux encens

le coup de dés du magicien

des nébules

je tiens une pierre d’une amie que je mets dans ma bouche, enveloppé comme une chrysalide. je ne sais précisément de quoi le cœur de l’animal s’abreuve.

je danse de mes derniers pas, un vieux ballet de mon exil. je vais complètement désespérer d’elle ravager le soir tiède dans les nomenclatures.

je reçois de cette reine des petits baisers sur le front, une première voix dégagée naît en moi et ses balbutiements veut embrasser presque tout.

les dieux ont le goût des nuits blanches

je m’endors en homme

cœur de l’aube

d’une étincelle s’ouvre le concert

des gazouilles

il n’est plus question pour moi d’un retour au pays… je me résolve dans le partout idem !

Les chenilles vont !*

j’aurais pu être toi, comme toi tu es en toi avec ta veste en cuir noir de gangster New-Yorkais, tes cheveux gominés, tes traits juvéniles… etc.

je devine presque ton désarroi où personne n’a la solution, une fuite salutaire.

au pré de minuit

la dent s’éveille à la confiserie

son jeûne

on marche l’un derrière l’autre, vraiment tout près ! cela ne ressemble en rien à l’ordre que l’on se fait de soi.

les chenilles boiteuses y arrivent et malgré leurs vieilles chaussures en bois ! l’un derrière l’autre, marcher. 

j’aimerais troquer mes ennuis pour d’autre ennuis, avoir un sac porte-documents avec des documents importants dedans, vivre différemment les interactions avec ce monde… etc.

peut-être pour une autre vie imaginaire.

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

Les quais sous les étoiles filantes*

je suis dans ma cylindrée dernier cri, une électrique savoyarde. j’écoute des mélodies dans mon poste radio, je suis ce qu’on pourrait appeler un homme riche.

lequel à encore de belles années devant lui.

un lézard sans queue  

l’homme échelonne l’échelle de ses traits

vers la nuit

sur les quais de Bordeaux, je rencontre une troupe de filles en jupe courte.

les chiens errants reniflent du vomi de matelots nègres, et derrière, comme un décor de théâtre, des buissons et une chaleur qui couve tout.

cela ressemble à une nuit ordinaire, j’ai un peu bu, et alors ? vous trouvez que c’est de l’impudence ? patience, vous n’avez encore rien vu.

j’accoste l’une des filles selon mon bon plaisir. Vroom, Vroom …!

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

Pôle

comme s’amarrer sur de fabuleuses îles, je plante une graine en vous, aucunement surpris par le sort de nos vies, aussi futile soient-elles devant l’inéluctable.

vous n’êtes pas obligé de tout comprendre, mais il vous faut rester attentif. il faut s’envoler aussi de tout son être, s’envoler ! et voir où cela vous mène.

vous devez arpenter l’échelle du temps jusqu’à vos origines lointaines, pour mieux vous défaire. un homme défet de la médiocrité verra dans des eaux limpides.

croyez en vous comme Hercule ou un millier de montagnes

un jour vous récolterez de plus grandes joies

un amour de soleil

les rappelles viennent de dehors

en saluant le transistor

je voudrais pour vous des ciels meilleurs et doux, un renouveau dans l’espérance et la bonne humeur parmi des éclaircies indéfinissables qui se profilent.  

je vous encourage également à réinventer votre histoire personnel à l’infini, un magma inexploré et intense. les volcans sommeillent et ne s’éteignent jamais.

il n’existe entre nous aucune frontière, ce qui reviendrait à mentir. il y aura un baume les plus salutaire sur nos anciennes plaies et l’aventure sera tout aussi extraordinaire.

sortez et faites des rencontres

chantez encore plus fort et faites trembler notre demeure

une vue sur l’orient

je perce le ciel inodore

un sourire éclot

peut-être qu’un jour prochain, un peu oublieux de vous-même, vous serez beau pour le Grand, le Trait et le Saut. vous serez un tout, un monde libertaire à vous seul.

nourrissez vos expériences d’amour, de philosophie, de musique et de poésie. plus rien désormais n’a de l’importance, lorsqu’on est avec une sœur, un frère.

je crois aux générations futures où jamais rien ne sera plus pareil. je dois être un peu naïf, mais sachez qu’il vous faudra tout reprendre dans un avenir radieux.

de vous à moi qui lancera les paries ?

je saluerais toujours votre imaginaire sans filtre

ensemble ici et ailleurs

une fête des cœurs

j’entends l’aubade éperdue venir

comme une échappée

dans mes plus vieux âges et au plus lointain mouvement… je sens comme une certaine désinvolture devant mes souvenirs aigris !

Adolescence

j’habite un quartier résidentiel

une construction de la France Coloniale

le genre Varsovie en noir et blanc

il y a eu encore des émeutes cette nuit

ma ville se soulève comme en région

bouillonnante de revendications

les CRS n’ont pas ce petit quelque chose qui fait ordre et rétabli la tranquillité

les manifestants ne prétendent aucunement à gouverner leur pays

c’est assez comique comme événement

j’ai reçu la consigne de ne plus sortir de l’appartement

je sens comme une odeur de chair brûlée

une odeur qui s’infiltre par les ouvertures de la climatisation

L’oxygéné

: 1

une chose

un être à la dérive

d’une mémoire surannée

parachevé par ses aînés

il était à peine né de ses rêves

ce n’est pas une lourde médecine

ni une conscience d’Intermarché

dans une cadence confuse et folle

ses monts étaient positifs

 : 2

quel piètre poète

est-il empêtré ?

sourd aux vents sourd à la vie !

des fuites et j’oublie

il a énormément perdu

il voit le revers d’une vie trop bruyante

de leur noirceur son caractère s’endurcie

il n’a pas renoncé

il a refusé de vivre

 : 3

seul

désolé de tout

désolé de la vie

de la vie qui ne va plus

des étoiles qui ne brillent plus

il laisse dire et faire

il n’y a pourtant aucune frontière

relégué dans un sous-sol

il voit du plomb tacheté de lumière

: 4

il reste téméraire

comme un vieux reste de goût amer

une espèce d’égout dans la gorge

sans caprice et délusoire

il s’accroche à rien et à des semblants d’une vie

il s’accroche au tout et à l’ennui souhaité

son cœur est un sentier

toute son histoire tient sur ces fils

le mieux c’est qu’il ne sait pas mourir

: 5

il est conté

suspect supposé

il n’est toujours pas

versant d’un cœur détruit

tout s’effrite et fuit

l’asphalte appelle à l’œuvre les palmiers transportés

la tête en dehors des sombres couloirs

il va où vont les poètes

le palais des oubliés

: 6

il se lève

ce n’est pas la forme

il jette un coup d’œil dehors

rien n’a changé depuis la veille

rien ne prédéfini ses actes

il croit qu’il est 10h34

il a encore peur de ses mots

qui s’opposent

il n’y a peut-être aucun chemin pour lui

: 7

sur une sphère hors du monde

il regarde les murs animé

et projette sa colère

il faudrait un grand cœur qui irradie sa mémoire

le sol moite s’ouvre devant lui

il devine le noir des ombres

l’enfant en lui s’éloigne

l’enfant en lui veut mourir

sa mort est inéluctable

: 8

sa vie chante une cantate

un vaisseau fantôme qui vogue

très mécanique et très versatile !

il est le royaume aux portes fermées

sa trentaine se précise

il suffoquait dans les années quatre-vingt-dix

l’avenir est le temps des étrangers

espèce de vieux chaman !

il rit avant de finir

: 9

sa sueur est un nectar

il est le bâtisseur de montagne

il porte ses mains sur un nouveau visage

d’une lenteur… !

il a le sommeil léger des condamnés

il a tout démenti

désormais il ne répond plus de rien

comme les pas à pas d’une corolle

une fleur qui perd son âme

: 10

il n’a souffrance aucune

les tombeaux de sa tête se figent

la part de lumière dans la Ténèbre

la noirceur qui traverse la lumière

tout équivaut à son Dieu

il prie les anges et les prophètes

il se souvient de la crête de son être

il revoit le commencement des jours

la fin du poème

: 11

il vit une lutte incessante

il ne connait que le travail

et rien n’est bâti

combien de temps avant l’achèvement

il n’est jamais en paix

ses mouvements sont irascibles

conscient du peu qui lui reste

il va prendre ses distances

et du repos

: 12

du fer antique

réduit compact martelé

une taule de voiture froissée

tout au long du noir sillage

votre sombre esprit vous quitte

vous le devinez dès les matins bleus

aux lenteurs et aux gestes approximatives

vous vous enlisez dans les confections intérieures

voyez qu’il se trouve des gens bien

Préparatifs

À Fanny.

on s’était dit plusieurs fois adieu sur un quai de gare, au milieu d’une foule de gens compacte. je ne savais dans quoi on s’embarquer.

j’irai sans doute à el-oued.

c’était comme si les nuages fondaient juste pour nous deux, un semblant de nous deux qui demeure veule. l’horloge des trains n’a jamais leurrer personne.

on croit aller dans le bon sens, toujours.

tu étais vapeureuse et étrangement tes lèvres étaient blanches, livides. on t’aurait pris aisément pour un ange tombé du ciel, Dieu que c’est rare un ange !

tu es partie.

ce n’était rien de grave

chacun sait que les lèvres ne se brisent pas

les vitres bleues du TGV

j’octroie un don d’amour à l’univers

imprégné de toi

tandis que tu parcourais les plaines de la Bretagne, confortablement installée sur ton siège, une mémoire neuve naissait en toi. j’envisageais la distance parcourue qui a dû estamper le reste.

je m’interrogeais sur le sens de cette brève histoire partagée et le tient de retour, un chemin vers je ne sais où qui nous sauvera. un bar m’a finalement accueillie.

il était 23h24.

je m’étais résolu à rentrer et en poussant le visage de la porte, j’ai su tout le mal de ton départ. j’ai gardé néanmoins ton dernier sourire comme une dernière sympathie.

une blessure qui meublait seul tout l’appartement calme

bientôt si clair sans toi

j’aimais tes traits d’expression de ton visage, les traits d’un petit soleil agréable, ils me rappelaient les fleuves et les rivières que je n’ai pas visité

j’aimais être avec toi les après-midi relâches, tu étais ma maison où repose la poussière de l’oubli, mon amitié t’est éternelle

j’aimais ce côté spectaculaire que tu te donnais et ton penchant pour la désobéissance, une qualité qui s’accomplissait souvent chez toi par les feux du cœur

j’aimais partager une cigarette avec toi et sentir le goût au beurre de karité sur mes lèvres, comme quand on partageait des pommes au petit-matin

j’aimais nos moments de joie partagée et de bonne humeur, j’aimais t’aimer, j’aimais avoir froid à tes côtés et trembler

j’aimais quand tu secouais les draps pour la nuit et qu’un parfum gagnait la pièce, je te regardais longuement, sans un mot, tu incarnais la vie à la française

j’aimais ta personnalité plus que tout le reste, ta finesse d’esprit et ton humour, j’aimerais revoir le soleil du midi en ta présence et ton corps fiévreux, une toundra sauvage et son herbe est bleue

j’aimais recevoir tes lèvres partout sur moi et me perdre en toi, me redorer la peau comme un lézard sous ton ciel clair et calme

j’aimais serrer tes petits seins rouges et tes fesses d’ardoises, cela me rappelait les bancs de l’école, et surtout entendre tes insondables soupirs

j’aimais cette nuit constellée de solitude, tu traversais mes blanches pensées, on ne fait jamais rien que traverser, comme on traverserait des terres chaudes et désolées !

je veillais sur l’image brisée d’une belle aventure, quelque chose s’était passé, je n’ai rien vu venir. la ville sommeillait sur le grand fleuve des esseulés.

j’observais de la seule fenêtre de mon domicile, toute l’attente du ciel qui était d’une bouleversante couleur d’aube manifeste et le plein silence.

j’étais bouleversé par cette nouvelle séparation, c’est vrai ! mais je ne sais d’où j’ai tiré les forces nécessaires pour aller quand même travailler.

mourir d’amour pour toi est-il possible ?

mon cœur manque cruellement de substrat sans toi

les deux âmes fluettes

s’élèvent au grand départ à l’aube

comme une promesse

on se ment pour toutes les fois que l’on n’a pas vécu…!

( Hurluberlu )

… j’implore la pitié d’un toit qui s’écroule, quand je mets le premier pas, la terre bouge… qui peut me délivrer de cette frayeur ? «  Djaroua  Allaoua Ouahbi.    

mon étoile et moi… on construit un fantasque royaume pour autrui

mon étoile et moi… on change la face du monde depuis le berceau jusqu’à notre vie d’adulte

mon étoile et moi… on visite l’âme de toute chose comme vont les vagabonds qui puent hors des rails de rue  

mon étoile et moi… on croit aux monologues intérieures et aux blanches boites en bois !

mon étoile et moi… on reste myope devant les cœurs des bons poètes qui tolèrent le vol et le crime

mon étoile et moi… on rêve d’un dieu parfait dans les toilettes et on dit : habité par un djinn 

mon étoile et moi… on laisse quelques-uns sur la route et d’autres que nous ne reverront plus jamais

mon étoile et moi… on a des jours de cristal ou l’orient est notre terre dilection

mon étoile et moi… on n’est pas ce caustique refuge où il fait bon de se taire, o nos vieilles misères ! 

mon étoile et moi… on porte le bleu du feu et le sacré de Dieu l’innommé dans les solitudes des soirs de mai 

mon étoile et moi… on croit qu’il n’y a pas de dessein prédéterminé à l’envers du gant de la rumeur 

mon étoile et moi… on dévisage l’automne et les présages retrouvées sous le ciel de nos appartements

mon étoile et moi… on souffre la prière des rats dans ce monde nié

( Sonnet fétiche )

Alors qu’eux étaient pour une poésie du crépuscule. Pour une poésie de la nuit. Nous autres nous défendons une poésie de l’aurore.  » Manifeste 1963. Nicanor Parra.

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a   

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a   

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

je n’ai rien d’autre à ajouter…

Porte Dauphine

enlevez vos chaussures

allongez vous

fermez vos yeux aux alentours

rentrez dans le noir du charbon

écoutez votre propre musique intérieure

respirez calmement et avec délectation

vous êtes sur une herbe artificielle qui pique

surtout ne bougez pas sous l’ombre du sycomore

comme un meuble caché aux regards distraits 

un vieux tableau accroché au mur il y a longtemps

vous vous souvenez du bleu du ciel : l’épidémique !

élucidez le mystère de votre plus grande peur

restez au-delà de la fermeture du parc

( El Hafiya )

enfance

déchu  

des dents blanches

deux nerfs

ton sourire sur le mien

un chat ( je pense à la sexualité d’un chat ! )

les jours passent

vient l’été

tes yeux et des ailes

or et aurore se couchent

un coup s’entend

un autre coup de poudre

bouquet de fleurs

boisson

une rose ou une violette

de l’arbre monte

ou aller ?

une eau et du lait  

panorama

les corps flottent inertes

l’herbe est un masque d’eau magique

ainsi commence et finie la vie d’un prophète  

Orages

À Isylle. Et à Rémy.

ceux qui te souhaitent une belle vie,

sache qu’ils t’ont écarté de la leur.

mes lèvres noirs soufflent sur le soleil couchant l’origami enfantine

la traversante pluie cogne le vert émoussé des vitres de nos voisins lentement

un Je qui n’est pas le je que je connais dans mes délires et mes vagues élucubrations

j’ai réinventé ma vie jaunie en pleine conversation comme Forest en Alabama for ever

redécouvrir la ville que j’ai quitté et je jure de la parcourir habiller d’une âme de pèlerin

j’irai au secret et aux noirs tourments de mon cœur comme être là et ailleurs

je mourrai pauvre et abandonné de tous entre autres balivernes que tout le monde semble l’ignorer

Périgueux. Été 2014.

L’inadapté

À Béatrice.

si l’homme a créé les dieux ce n’est que par accident.

je fuyais les classes et les bancs du petit écolier, comme tout orphelin fatigué du système qualitatif. l’esprit de la tornade dans mes oreilles droites.      

les rues après l’orage abondaient de secrets, elles révélaient au premier venu les airs de balade chétive jusqu’à l’aube des accordéonistes fauchés.

je révérais chacun de mes souffles qui me rappelaient… qui me rappelaient à quoi ? j’étais le chantre sur la vieille ville de lumière extatique, une chose m’avait elle dit.

une mémoire incertaine et fixe.

les chiens aux yeux terreux se débinaient

l’ombre restait scotcher

le ciel tombe son noir

Whitman sur la rive du rêve

qui s’apprivoise

j’inventais de multiples longitudes qui éclairaient mes rixes, mon âme osait le schisme de la nudité. j’étais aimé d’anciens dieux comme de l’or d’égide.

je refoulais mes désirs et les présences d’occasions me prenaient la main froide de désinvolture, lors de mes ballades au bois et au fond d’un vert bassin.

je me refusais à tout commerce.

je coulais les morves d’un baiser repris à la pire des chimères, le corps perclus. je versais des larmes hâtives sous leurs pieds noirs que rien ne changeait.

la voix était au timbre de tabac brun

j’étouffais mes cris

la maison craque

déchirure du silence de la nuit

sans nul épreuve

je bondissais sur les îles lointaines et désespérément arides, comme un oiseau des vastes pôles avec d’intangibles clartés sans les grâces d’un traître mot.

les trèfles sur mon front ont ouvert le troisième œil du cœur inchangé devant le calme de l’étude. je retraversais l’histoire de mes prophéties et de l’argile.

je vous livre en exergue la dilution de mes zones d’ombres colorées, plongez y vos yeux insatiables ! il faut dire que je demeure inadapté à vos sociétés en tout lieu.

puisqu’elles ne tiennent pas !

je parlerai de la nuit et du bas royaume réparti

jusqu’à soif de la brume d’été

les cris du goéland

une décharge de tous les saints

et les diables

trop tôt ou trop tard, ce siècle m’a laissé sans vie !

( Dans l’heure )

À Chouaib.

je rêve de faire un long voyage au-delà des dunes et choir sur place que par affliction, je commanderai aux fleuves hors des lits, tout en étant pur et cruel

je rêve de recevoir un versé comme une goutte d’eau dans les profondeurs de l’Etna, et faire de mon cœur une roche

je rêve que l’être qui habite mes cottes me quitte pour mieux me revenir et que les geôles cautérisent

je rêve d’être le Père Noël avec des lutins en gélatine verte au service des enfants du monde entier

je rêve de contempler le ciel rougeoyant comme une confiture de fraise, et pour moi, les nuages légers s’entrouvrent comme les petits sachets de caramel au beurre salé

je rêve de tomber dans un rêve et de ne plus jamais m’éveiller, je parlerai de Napoléon et de Marie Antoinette sans moucher une seule fois

je rêve de retourner en enfance dans l’idée de courir encore dans tous les sens avec ma crinière de lion et me laisser chatouiller par Linda

je rêve d’une excursion sans attache comme un bon homme devant son café crème, – dring dring ! et l’excursion arrive

je rêve qu’un jour un être me parle de la poésie et qu’il me dise ce n’est pas ton meilleur recueil comparé à n’importe lequel

je rêve d’une troupe oxygénée aux victoires saillantes ivre de leur gloire passée et je chanterai, oui, je chanterai de tout cœur avec eux sur les routes du ciel

je rêve de voir deux lunes argentées entre des colonnes antiques comme un double templier, je me jetterai parmi les ombres pour être oublié

je rêve de faire partie d’un groupe de free jazz sur scène et je serais à la trompette, même si j’hésite encore entre Chet Baker et Miles Devis

je rêve de noircir des pages de mes petits rêves poétiques et les anéantir par le feu

je rêve de participer à un colloque d’écrivains et de poètes dans le désert froid d’Éthiopie, j’espère qu’il n’y aura pas de réseau

je ne fais que rêver à l’heure du petit-déjeuner, je rêve surtout de manquer à la fourberie des hommes 

Les Revenantes © anitaa 2015

Hôpital occipital

À Samy.

lorsque je l’ai vu pour la première fois, j’ai senti une douce chaleur dans le ventre, comme quelque chose qui affame.

Marie était toute jeune et gravement malade, elle passait le plus clair de son temps dans un hôpital, un grand merci se lisait sur son large front espiègle.

elle obtenait parfois une autorisation de sortie spéciale de ses médecins, mais c’était selon son état de santé et très rare. il lui fallait un accompagnateur.

la santé est un don divin

l’élévation est son prix

à-la-recherche-d’-un-impact-de-vérité-vous-serez-souvent-confronté-à-votre-décrépitude-volontaire-toute-cruauté-est-bonne-à-prendre

elle aimait les rivières et jouait à des ricochets avec ses frères, le ciel était d’un bleu clair dégagé, le monde tout entier lui tendait les bras.  

elle se comparait à une princesse et comptait les jours qui l’a séparé de son anniversaire sur les doigts de sa main. Aladin n’avait qu’à bien se tenir sur son tapis.

elle domptait une crainte plus forte que tout au-delà de ses facultés, une mort qui l’enlise à jamais dans son sommeil.

la seconde maison de Dieu

le prodige des avancées

un bouquet lancinant

la faucheuse nous tient une ardoise

jamais assez longue

de retour pour poursuivre ses soins en observation intensive, elle souriait de la voix des anges et se laissait rêveusement aller à la douceur de cette journée.

elle ressemblait tellement à une petite pomme à croquer, la lumière inondait la pièce médicalisée,

il n’y a cependant aucun enseignement à tirer d’un alitement, que l’on soit mourant ou convalescent, tous autant que nous sommes, nous espérons en Lui.

les prières sont un mystère

l’amour est leur élan

je-crois-tout-ce-qu’-on-me-présente-je-suis-bien-obligé-j’-imagine-des-histoires-et-pour-écrire-une-belle-histoire-il-faut-d’-abord-commencer-par-choisir-les-mots

Synopsis d’une journée d’automne

1/3

il sort à la conquête d’un idéal aéré et s’en dépêtre lui est crucial. il marche théâtralement dans une rue d’automne, une sainte forêt au milieu des feux.

il remonte le ciel aux rubans adhésifs, une madeleine prévaut son chant.

il croise des géants et bouscule des hercules: plus limpides que la chair et plus fracassants que les éclairs !

les petits contes éparpillés de la folie ordinaire tiennent dans sa poche.

il reste ample comme les dunes de son enfance de son adolescence où il y a la douceur du vent digne du froid des fleurs.

souvenir aiguisé : ici gît dans l’obscur barbouillé, une dépouille !

la raison du dilemme est l’épreuve du temps

l’histoire est mêlé au dernier amour naïf

je suis au parc… je lis entre les spectres qui passent, sans la menace !

le livre parle à présent du style en littérature et d’analphabètes, de géométrie sans espace… ( je ne comprends pas très bien ! )

je retarde l’envie d’uriner et sur le chemin ton nom me revient

je décide de rentrer en bifurquant par la fête foraine et l’odeur du sucre

ton image m’enveloppe comme du vernis sur des pierres, une poussière dans les yeux qui tombe

je parcours la ville en me livrant aux premières fois, tout à changer

je prends le trame sur la trame de ce poème, il y a tant de visages à secourir… !

je ne joue plus au bien heureux, un autre chemin entre nous était possible

2/3

il arrive au carrefour et s’arrête ! il voit des palmiers à la crinière de laine et des corps nus entremêlés.

il voit une femme en robe de nuit qui traverse. un autre courant d’air passe plus insistant que l’odeur des loups.

elle arrache des cornes blanches qui pendent à ses cheveux, un déshonneur qui la magnifie.

elle s’est assise sur un banc en bois pour confectionner un pont aussi long que le nil, cela arrive peut-être trop tard !

elle a les manière d’une étrangère et qui ne se fréquente pas, sèche. elle semble sensible à la caresse du vent, minime soit-il !

une personne lui reste sur le cœur, – est-ce ainsi que les amants s’aiment ?

il voit les feuilles mortes de Verlaine

les étoiles de Van Gogh

3/3

il se réjouit du peu qu’il devine des gens, presque île en désolation. il est convaincu que rien n’arrive par hasard, une évidence qu’il pressent.

seul compte l’enchantement d’une rencontre, indéfinissable.

la tête à la nuit tombée pleine de réminiscences d’archange et le cœur malmené par des sommets lubriques, il pleur peut-être de ne plus jamais la revoir.

il est un rêve qui s’oublie sur la chaussée, est-il une dramaturgie, et qu’elle rêve ? il finit en s’allongeant sur la bordure d’une berge instable.

la lune a l’apparence d’une femme

celui qui a un aperçu du paradis abdique

il suffit parfois d’une rose échangée contre une lecture pour que deux âmes soient liées pour l’éternité.

Radio

derrière chaque poste radio, il y a un être vivant qui oscille.

je le tiens pour primordial dans une maison, mon poste est comme une seconde peau. il meuble mon quotidien monotone d’une transmission continue, ou presque !

en fin de journée après une balade au parc ou quand je rentre tard, il reste allumé. je suis content, soulagé aussi de retrouver un semblant d’un chez soi.

un poste radio c’est l’imprévu à l’état pur, une invitation au voyage assuré, l’une des issues possibles vers le monde des rêves sans faire d’efforts… etc.

sans quitter le ciel de son appartement

les hanches bien au creux d’un fauteuil

mon poste est de la marque Sony, une série bleue un peu futuriste de l’an 1996, il capte toutes les stations de l’hexagone. j’en suis fière.

je me délecte le soir venu au jeu du voir et de l’écoute des voix interviewées prises au hasard des rues et les commentateurs anecdotiques. il n’a rien à envier d’un écran.

ce poste se trouve dans un endroit stratégique qui est ma blanche cuisine, à chaque fois que je franchis cette porte, une autre advient.

No man’s land

je lis les exclus des bibliothèques, les conventionnels. une littérature ringarde et naïve par ses propositions. il m’est difficile en ce cas de croire à la gratuité.

dans ces livres estampillés que l’on peut reconnaître entre tous, l’auteur termine son récit avec un mot intelligent, contre tous les silences de l’éternité.

le livre est presque illicite dans certaines régions, peut-être même introuvable. ils diraient que c’est une perte de temps, absurde ou carrément une folie… etc.

êtes-vous personnellement atteint ?

c’est souvent les plus solides qui crient à la dinguerie

une distinction entre le bon grain et l’ivraie

soir de pleine lune

mes vêtements prennent l’air

de l’automne

j’ai remarqué une chose étrange, pour le moins suspect ! on ne tombe jamais sur de la poésie et les saintes écritures, je voudrais savoir pour qu’elle raison ?

je les affectionne tout particulièrement !

je rêve en parcourant mes livres, si tenté une fois encore que ces genres sont à l’intérieur et non pas dans l’objet ou dans l’ensemble d’une bibliothèque.

un bibliothécaire fait métier de sa passion.

je ne peux imaginer un monde sans les livres, mes périodes de lecture sont variables et sans l’issue des mots, l’étau me prend à la gorge et me serre, et me serre… !

allez-vous vomir ?

le piège referme sa propre clé

les mots purgent

sur la place de l’école

les chimères sonnent le nickel

d’une enfance

on a tant parlé de ces résidus de bonne conscience plus au moins neuf pour certains d’entre eux jamais ouvert, mais surtout transitoires ! ils nous exhortent.

les chiffres de l’édition sont en hausse !

on les retrouve généralement en libre-service dans les parcs publiques, les plages… etc. comme ils peuvent très bien finir dans une benne à ordure.

la lecture est une autre conception de la vie, meilleur à n’en pas douter. cette réalité est sans conteste qu’il devient inutile de formuler des évidences.

une promesse autre des courants habituels.

j’investis le champs commun

comme je regrette de les lire qu’une seule fois

au pré d’un Saul

une plume ocre entre les doigts

du poète

il n’y a rien de plus sensuel pour certaines femmes qu’un homme qui tient un livre !

Ain Hallouf

À Rabah.

mes larmes coulent vers le bas, comme une eau qui jaillit d’une source froide. une eau dégueulasse à boire et en cela une saturation.

j’avais neuf ans et on voyait encore des sangliers affolés au pied de nos portes que l’on s’empressait de verrouiller, comme pour les voleuses d’enfants.

il y a que je plaisantais sur le temps en le piétinant comme des raisins verts, dans un but inconsciemment entêtant: extraire un suc impossible à emmagasiner !

un voisin s’endormait sur un air de chaâbi

sans qu’aucun de nous n’entende ses ablutions

sommeil d’Al hara

les enfants se racontent les étoiles

des quatre saisons

je voulais m’en sortir, comme sortir par inadvertance et part tous les ports d’une insalubre et minuscule cuisine. je regretterais à jamais une faim qui creuse.

je revenais vers chez moi avec l’espoir de croiser les hirondelles qui volaient plus bas que les fils électriques, elles y étaient même dans les noires saisons.

j’étais enchanté de retrouver mes airs de désinvolture en léchant les murs empestés de mon quartier. je me revigorais en lézardant sous le soleil.

dehors on se renouvelait

on revenait au ciel

un dernier coup d’œil

elles battent énergiquement les ailes

des hirondelles

en allant des hauts quartiers jusqu’aux confins du boulevard du nord, les nuits me faisaient violence plus que les spots de sensibilisation à la télévision.

je pliais mes bagages sans savoir très bien de qui à commencer la vindicte, une décision qui me laissait à moitié résigné et sur le cœur une artère béante.

je poursuis les méandres des jours inviolés avec la crainte du faux-témoin, je n’entrevois que des spectres qui m’éclairent et s’éteignent isolément.

de la brèche d’un rocher naît et s’épanouit le lierre

ceux qui savent s’ignorent !

une aube d’été

allongé sur une zarbiya d’antan

le souffle long

je n’oublie pas le climat maussade qui me désigne différent et loin de mes semblables… comme je n’oublie pas ma jeune patrie.

Felouque

comme sur une felouque en papier artisanal, je m’allongerai sous le figuier du jardin pour m’émouvoir dans la froideur du temps.

je voguerai avec la lune et les étoiles sur le grand fleuve des mots, peut-être que je jetterai l’encre dans les soirs interminables du Pacifique.

qui est dit-on sans mémoire.

je vivrai plusieurs nuits et plusieurs aubes d’une ère nouvelle, même si elles sont toutes navrantes et qu’aucune ne tiendrait ses promesses.

comme un géant des flots à travers les sept vents

les messagers d’une belle augure

les orages d’été

si belles sont les fins de vacances

du mois de coton

à la façon d’un marin pêcheur sous la drue, j’irai sans ironie à la rencontre de mes amours passées pour les bénir de mon passage et empreinte.

ils m’ont parlé si peu.

je convoquerai l’enfant entre les plis de mon cœur qui médite sa cosmologie en le tranquillisant. je suspendrai ses yeux comme un départ.

une crèche bleuit.

je répandrai toute l’eau de mon corps jusqu’à ce que mon cœur finisse au chevet des blêmes pendaisons, et en définitive, dormir perpétuellement.

j’aurais acquis les bûches de la bonne action

je regagnerai le foyer

une autre étoile

il observe une ronde du récit

en calligramme

je ne sais à vrai dire pas grand-chose de ces lointaines régions et rien ne saurait me consoler. la mort qui empoigne un navigateur est un risque d’initié.

j’écris ce phosphorescent recueil où je piétine et pose le pas comme n’ayant rien d’un mémorial compositeur. je lâche prise et m’abandonne à l’univers.

d’une flaque d’encre noire et indélébile.

les vagues tranchantes qui déferlent sur les rives inespérées ne sont que les feuilles arrachées au vaste paradis des poèmes, mêlées du feu originel.

à jamais dans cette voie.

l’enfant referme sa bande dessinée

il gratifie ses légendes

flux du fleuve

si peu les jours de lune

et de fièvre

Perception d’un enfant à la plage

À Zahia El Djazair ( la dernière fleur des montagnes libres ! )

je m’étais renouvelé dans le circuit de la vie, un rendez-vous était pris au printemps des oliviers. la plus belle des fleurs s’y trouvait, je n’espérais que l’approcher.

comme tous les débuts en amour, j’ouvrais à l’infini. puisqu’elle permettait entre autre la perception d’un été, l’équilibre entre le royaume des rêves et le Suprême.

elle avait deux perles blanches sur ses délicats lobes, de longs cils noirs. dans son imaginaire rien, comme les petits riens érosifs. elle voyageait.

je me reconsidérais sous un œil nouveau

je n’étais qu’un idiot

un premier sourire

si douce est ta voix au téléphone

la douce mélopée

sur Skype, elle me disait: s’il te plaît, laisse-moi te voir. en éternité, elle était à gauche. il en était ainsi de nos débuts et de nos frictions avec le haram.

nous en sommes aujourd’hui nulle part, comme le couple d’araignées du wagon rose et demain est loin ! l’inconnu saborde parfois nos premiers élans.

déjà très loin !

je me tenais debout pour elle à une autre période de ma vie, sans doute par copie de son âme sur la mienne. le teint de ma peau avait la couleur du sel.

elle était l’inspiration de mes jours

l’héroïne de mes rêves

un concert de sourires

aux piloris nos vies se sont lancés

où tout s’éternise

je tenais une petite gourde jaune en bandoulière, son eau était chaude sur mes lèvres. j’étais fier d’elle à l’ombre du soleil à la plage.

j’avais perdu au préalable tous mes remparts de mon château de sable, je n’ai pas versé de larmes et mes yeux scrutaient un horizon sans imperméable.

j’étais aux antipodes d’une alliance et mes intuitions s’avéraient identiques aux siens. je gardais néanmoins le désir d’apprendre à mieux la connaitre.

cela n’a pas tenu aux épreuves de la distance

il y a eu d’autres plages

comme une outrance

l’amour parle de l’unisson des cœurs

qui traversent

je me souviens de ses cheveux qui tombaient en boucles, des noirs… sa manière de se recoiffer, quelque chose d’intimement féminin et chorégraphique!

Passage

À Sihem.

je suis assis au bord d’une banquette démotique

voisinant des journaux humides et abandonnés

la peuplade d’Afrique tient le cap sur l’Europe

seul je m’écrase sur le grand verre automnal  

le ciel est gris, un enduit gras profond

ils ont des huiles sur le corps pour leur dernière traversée de la saison 

de l’aurore jusqu’au vert matin

tu portes le nom des jolies fleurs

comme une étincelle sous tes yeux

le marathon sacré d’une autre

tu m’apprenais par cœur le mystère des voix de l’homme et la voie des chemins qui mènent, je revois ta grâce de reine à l’horizontal dans une mare aux grenouilles.

Les fenêtres

derrière les fenêtres de ma chambre séjourne une mini tempête, et plus haut, la cime des arbres grabuges violemment. les sacrés monstres qui me hantent.

dans un clair-obscur Souade coud une laine. elle est belle. elle le sait. j’observe ses actions habiles et passionnées, comme quelque chose d’une Parque.

je crois entendre une toux appuyée, et puis rien… l’épreuve du réveil ! je jure à l’aube qui suit de changer la mélodie des fils, mes yeux larmoyants filent entre les lignes.

je maintiens le cap sous la couverture

je médite une récidive

chut, plus personne ne bouge !

un coup de tonnerre du mousquetaire

l’éphéméride des répliques

la proximité de cette nymphe aux allures de paysanne d’autrefois, aux tétons chantants avec des parfums d’huile d’olive qui donnent faim me soulève.

le cœur ardent.

je pourrais être son têtard qui stagne sur sa blouse de satin, – ça devient grotesque… ! une petite grenouille qui bruite la texture de l’air ambiant, – tu continues… !

je suivrais le rythme et la moiteur de ses jours volés, les pleines caresses au téléphone à batifoler, – ce n’est pas fini… ! l’argent de ses aiguilles qui brillent… etc.

l’âme sonde le vide de la pièce

les mots restent suspendus sur ses lèvres rouges

une fumée blanche

l’âme s’élève des grands foyers

de Tizi-ouzou

c’est une travailleuse… attention, attention, attention ! il ne nous faut surtout rien dire, sinon languir au fond du lit, un peu transi d’amour par son rictus diablesque.

encore plus mystérieux des yeux.

comme seul les froids d’hiver savent faire de mes jours paumés, convalescents. c’est le jour de la reprise scolaire, peut-être bien qu’elle me devine !

je sors rejoindre le cours d’un nouveau ciel sous une pluie cinglante, mon cœur me tient au chaud. je ne rajouterais qu’un mot quant à cette époque: primitif !

j’en voulais à sa compassion

je n’espérais que la revoir le lendemain

une longue route

les grilles sont pour le louveteau

des nues

Zelda

À Camille.

surpris par un sempiternel matin gris, je regarde les trotteuses. bientôt sept heure et ton visage cabolé métra fin et à terre les ombres.

Amour est comme toi.

j’essaie de me rappeler le nom des plantes et le nom de ma terre natale, celle que tu m’as laissée entendre. je referme le recueil que tu m’as prêté, mes lèvres desséchées.

nos corps se réchauffent entrelacés entre les blanches arcades, tu es lumineuse quand tu as les yeux fermés. je me console dans tes rêves d’insouciance refrénée.

les sornettes blanches

tes jambes de sauterelle se dénudent, ô ma Shipy !

 belle-à-en-mourir-diva-insouciante-et-stérile-à travers-mes-rêves-fébriles-tu-sommeilles-je-te-rejoindrai-toujours-car-il-le-faut-dans-le-calme-lit-des-maladives-jeunesses

as-tu toujours envie de partir avec moi, sans espoir aucun je te le dis, c’est le meilleur moment ! je renouvelle à ton cœur délicat mes vœux altérés.

fuyons !

l’aube ne dure que quelques instants éphémères et fugitifs, ô ma tendre idylle ! elle sera moins mystérieuse et pour tous nos intervalles et nos besognes, salvatrice.

j’essaie d’imaginer ton père comme pour chaque missive amoureuse, mais sans grand succès. je déraille dans des constances qui creusent ma contrariété.

comme t’aimer, t’aimer encore au clair le jour

est-ce comme cela l’amour, veiller tant de nuits sur notre paradis ?

fini l’éternel 

de l’ombre obscure 

qui sait d’orgueil

tes astres sont sûrs

ta tristesse est immense

et moi, je suis petit

plus le désir de vivre

dans ta tête rabougri

les coups des au revoirs

aux senteurs de vanille

pour certains soirs

crochètent mes guenilles

un nouveau lustre sous les toits du monde, je crois que sonne entre nous l’ode de coton et la fin de l’intérim, celle-ci est une aube aux magiques coffrets.

ô mon astre français !

je pressens les plaisirs des petits-matins, comme répondre à ton sourire à la crème de lait, c’est comme fuir et être à la traîne des vaches à lait qui rentrent.

garderas- tu ton petit minois ?

je te parle encore de nous et d’aussi loin que mon esprit me porte. je te parle des moments qui glissent et auxquels je pense le plus à toi, car tu es partout.

les nuages ont la couleur des mauves.

les accents de hautbois endormi 

tu es une fleur jolie, jolie… !

caprice des aubes 

sur l’aile boisée de l’automne

les défunts amants     

te revoilà, enfin, je ne dis mot, ton teint de peau et tes yeux de jais m’instaurent… tâchons alors de rester présent à nous-mêmes ! 

Charlot lettré

comme sortie d’une longue vague écumante, une déesse berbère ravivait le ciel et les arbres de ses courbes aux couleurs chatoyantes. je m’ennuyais de faillir.

j’espionnais la vie imaginaire des écrivains publics de la grande poste. je me tenais là-bas pour chaque lettre manuscrite ou bordereaux de compte à remplir.

elle n’a de grand que son délabrement.

j’étais à la recherche des lettres d’amoureux perdues dans le temps. une occupation honorable, puisque je tenais cette information d’une source sûre.

est-elle arrivée jusqu’à moi

est-elle arrivée jusqu’à moi pour me sauver ?

je regarde les pubs de patex

et autres produits…

( le monde est plat dans un journal ! )

dans l’espoir de trouver

une super glue

qui

colle deux fois

la même

surface

j’apprenais à mes dépens que ces histoires de jeunes gens étaient révolues, plus personne n’écrivait de billet passionné, sauf pour les établis.

j’étais vêtu de noir vieilli, par-dessus tout outré, un scarabée discret et sans rien me dire. le téléphone préparait l’arrivée de la messagerie instantanée.

j’essayais de me contenir en improvisant un air de génie, affectant d’avoir tout compris, comme devant un mur de rose veloutée. c’était mon cœur qui brulait.

la vie me souriait

je lui répondais avec toutes mes dents

l’armée du salut

un habille par le nouveau concept

de vies shuntées

j’étais attentif à ses arabesques en bleu de nuit, lorsqu’elle met apparu dans son plus simple apparat. elle inondait mes yeux de sa superbe.

elle ne contredisait pas la sainte taxe qu’il faut rétribuer à une espèce de Charlot lettré, le voisinage était au service ou se faisait gracier, rien n’était laissé aux orties.

je disais à cette déesse commune aux bons poètes qu’un jour tout sera enseveli et à jamais. elle a rit, comme les portraits au fusain que cette époque trop sérieuse à produit.

j’ignorais qu’elles étaient ses attentes et les miens  

une ressemblance qui me faisait réfléchir

elle était vieille d’histoires la poussière des cités

je passais… !

j’enfilais une veste pour le théâtre

après l’acte qui s’était joué à huis clos

je sentais la fauche des petites ruelles fraiches

comme le sucre de l’arc-en-ciel à Saint-Michel

le tronc de ma peau était égrainé

tout un réseau dégoulinait d’un rêve rouge

j’avais extrait une photo de l’album commun

c’était d’un vif regret que j’échouais

Centre ville, Tizi-ouzou.

Une époque fugace

elle en rêvait.

elle l’a fait, flirter avec son amoureux qui était plus âgé.

tous deux jouissaient de la même verve et prétendaient à un bonheur commun. ils s’étaient installés à l’arrière d’un break familial.

il pleuvait au ralenti sur les vitres.

ils échangeaient des phrases banales et jouaient à des jeux sur le téléphone. ils s’embrassaient sur leur bande-son préférée: Memory Gospel.

il l’effleurait à peine pour être plus juste et précis dans l’expression, comme pour chercher son consentement. ils manifestaient comme tel leur fragilité.

cet homme, c’est moi

Fatiha nous a quittés trois mois plus tard

un réséda de printemps

je compose des vers bleus

en mille syllabes

Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha

elle était tendre et mystérieuse sans pour autant se cacher derrière le simulacre des silences. elle aimait danser et fréquentait les DJ en vogue.

la musique la déchaînait.

je la surprenais une fois aux abords de la gare des trains, elle était seule assise sur une nacelle, le regard perdu sur les voies ferrées qui invitent aux voyages.

elle était pleine de vie, pétillante !

un jour que j’étais chez des amis, je réécoutais ce même titre en repensant à sa jeune voix de soprano. il m’emmenait aussi loin que peux un passé incertain.

Fatiha dort à jamais paisiblement

Fatiha que l’on oublie

raisins de la tristesse

les meilleurs couscoussiers

créent la pluie

Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha

les instants d’amour que l’on partage avec nos amis restent insaisissables, ils sont plus précieux que tout le reste, bien qu’on demeure mutilé à la lisière des disparus.

c’est l’effervescence d’une époque qui voulait vivre, une page s’est tournée de la main des vents, il nous fallait plus que le fort souvenir des joies rares et inespérées.

on évite avec précaution d’évoquer les suicidés en société, peut-être au hammam ! même si là encore, on se frictionne pour échapper à son odeur que l’on traîne.

puisqu’on est drapé de pudeur !

la vie se charge de nos jeunes illusions

j’ai perdu une amie

vers un éden

derniers échos de l’amie

adieu, adieu… !

que son sourire habille le visage de nos filles, qu’elle ravive nos moindres frissons, que l’on s’adonne dans la perte, oh Dieu… !

Billet territorial

À la ville de Boumerdès.

je retrouve mes histoires d’antan, comme le même bateau qui passe. j’étais un brin défectueux, sans rien d’abstrait. je déclarais mes positions.

une somme répétitive en soi, peur native !

nous étions tous deux dans le calme de la baie, le ciel était une coquille d’œuf cassé et nos miroirs étaient neutres. je recoiffais ses cheveux qui ondoyaient.

un manège aux couleurs glauques tournait sous la neige, rien ou personne sur le sol déserté. elle avait froid sous ses vêtements et sous ses paupières bleues.

une garçonne qui comprenait peu, parfois tout !

le temps de nos retrouvailles était désordonné

je sommais mon cœur par l’enclos de son alchimie

un cœur qui bat pour toi

et qui brûle

respire

une promesse d’éternité

après que celui-ci soit consommé, pas de chute après, indéniablement. il est constamment renouvelé dans son amour !

je lui disais qu’elle pouvait m’aimer comme fuir et est-ce qu’elle était mon amoureuse ? il y avait ses yeux et sans le secours des vents l’après-midi aurait été pesante.

elle me parlait de sa recherche d’un you-you qui lui soit propre, cela arrivait environ à la puberté. elle avait même brisé une tuile avec la force de son bras.

un art martial où elle excellait.

je rêvais de la retenir encore et ne plus m’occuper des affres de l’amour clownesque, me dédommager ! je voulais rester près d’elle longtemps.

le miens chagrin est sans fin

l’heure culmine pour de beaux adieux

à présent, je me sens

 : expiré.

il ne reste presque rien de son parfum d’entropie

mon vide intérieur entame son souvenir

il me revient une chanson d’école, je me vois courir entre les arbres et une fontaine, les enfants qui courent et me halent… ! je n’étais qu’à son corps à moitié nue.

les souvenirs ont des couleurs de regret et ses baisers sommeillent sur mes lèvres qui brûlent, comme son emprunte que désormais je reconnais.

ne serait-ce que pour le bleu des paysages, l’amour d’une femme… etc. il faut nous survivre et abattre les cloisons, essayer même d’en jouir ! les essences qui me rendent.

l’irritation des niveaux d’affection

je ne rencontre que ces deux cas de figure :

l’éducation d’une jeune fille pour les temps d’une belle femme

son cœur prêté comme pour se découvrir à soi-même

la déchéance d’un jeune garçon pour les temps d’un vieille homme

son cœur offert en perle d’émeraude que personne n’emplis

L’étoile du Sud

… Sous un portique d’ardoise viennent rêver des bergers sans troupeaux.  » Un soir comme les autres. Jean Claude Pirotte.

comme un sentier dans le ciel  

parsemé de clairs étoiles

le berger suit le sentier 

les clairs étoiles tombent

le berger trébuche et tombe  

il contemple la dernière étoile du sud

les deux mains sur sa tête

la colère gronde dans son cœur   

qu’il va d’épuisement jusqu’à son éprouvette

le ciel change et ne l’atteint pas

je suis semblable à ce berger  

sortie ébouriffé d’un rêve à peine achevé 

sentier des célestes idées

qui nous voilent le paradis pour l’éternité

Les soirs bleus

À Ibtissem.

pour la préservation de vos cœurs endoloris, le thermostat de ce poème à été réglé pour une température corporel de 42° environ.

comme ce petit rocher au bout de mes doigts, tu es allongée sur le flanc gauche et tu me parles… je tends vers tes lumières dans le lointain.

serre-moi fort à perdre haleine.

je vois tes sidérantes planètes de beauté et comme un prélude à nos soirs bleus, toi tout habillée. mes dents mortes mordent ton oreille fendue.

si tu es une fleur, je saurai être la tige.

mes mains lentement caresse ton corps qui joue, les mêmes mains qui se forment au mythe du sommeil trouble des eaux. attends-moi, je te rejoins.

je gravite autour de tes veines de métal

tendre serpent ! tendre femme !

c’est le loup

qui surgit

pour manger la fille

simplette

avec des fossettes

que je trouve

superbe

Ibtissama

c’est bien toi

personnellement

que je cherche, éperdument

et tout simplement, depuis longtemps

je caresse ton con silencieux par la force d’un canaris qui tremble, est-ce la petite mort des anges sur tes yeux ainsi larmoyants ? j’acquiesce tes sursauts.

la part de rêve que je te lègue.

nos baisers corsés au goût de karité, comme un gage de suprêmes sentiments. tu es du côté flamboyant de ma triste vie, là où il n’y a personne d’aussi chéri.

la bouche de mes longs soupirs.

la nuit est talonnée de nos imaginaires qui se sont imprégnés de nous-mêmes et applaudis, peut-être la dernière de non-vécue ! tu me fais vibrer.

lâche terriblement et humain !

tu portes toute mon enfance

l’autel païen

les agréments secrets d’une vie incendiaire

et ses dangers et ses tourments… !

le noir besoin d’un ventre monstre et humide

tellement phallique ! tellement fatidique !

les chemins qui se croisent chez le dieu des carrefours

la complicité offerte du monde juvénile

j’enveloppe nos soirées de mysticisme sauvage, avec toi jusqu’au petit-matin, parfois

tu claques les portes sur le premier arrogant qui frémit, ostensiblement. je tiens tes nébuleuses parfumées avec mes doigts de neige, te possède.

comme toi en moi.

j’adore mordiller tes tétons qui pointent comme des outres à fleur de miel. ton visage éclaire mon visage, la lune s’est couchée sur nos cœurs avides.

je hume et embrasse ton coup ainsi que ton cul maladive, la lenteur de ma langue trompée de cire à longue chaîne te lape tout entière.

sel du ciel ! merveille du ciel !

je te désir à l’échelle d’une femme

mon cœur t’appartient dans la durée sans condition

un soir dans tes vieux jours

lorsque tu seras assise pré de ton radiateur

repensant à tes jeunes et belles années

tu te diras A. m’a célébré, pense-y bien !

comme l’avez fait avant toi Hélène de France

le doux secret de cette maxime se cache dans ledit poème

Jour de vote

toile rajeunie                                                                           salut à nos femmes

du rabougris                                                                           au revoir aux chrysanthèmes

comme tu souhaites                                                              et puis oui

belle silhouette                                                                        verte tige

vestige céleste                                                                        dilem du témoin

                                                                                                    voisins

comme âge

âme d’écolage                                                                        et mesgoule le mulet !

magie d’éthique                                                                      gris merveille

moderne ethnique                                                                 coupures fines sur une lamelle

yeux mousselines                                                                                   

de noir                                                                                       vieille accroche

coléo                                                                                          couleurs

noix de coco                                                                             rien dans les urnes

( J’attends … )

j’attends le jour sans mémoire

j’attends le jour pour m’ouvrir au monde

j’attends le jour pour voir l’orage

j’attends le jour pour sortir de l’ombrage

j’attends le jour pour creuser mon trou

j’attends le jour pour aimer mon bourreau

j’attends le jour pour m’identifier

j’attends le jour pour démystifier 

j’attends le jour pour un accident

j’attends le jour pour faire un don

j’attends le jour pour être à l’écume

j’attends le jour pour finir en légume

j’attends le jour pour oublier la mort

j’attends le jour pour consumer aurore

j’attends le jour pour jouir

j’attends le jour pour vous vomir

j’attends le jour pour croire en Dieu

j’attends le jour pour mentir mieux qu’eux

j’attends le jour pour fuir

j’attends le jour et je le sais advenir

Confidences sur une antisèche

le doux souvenir du parfum de tes cotons blancs, si lointain et pourtant persistant, n’est-ce pas une merveilleuse coquille d’été ?

je te préférais au fond moins pudique.

je me confonds avec ton humide chaleur, l’auguste de ton austérité évanescente et mielleuse. un flash : je me demande si un jour tu me seras salutaire.

la brûlante femme mortifère et nue, perdue sur le lit douillet de mes souvenirs, ce même lit qui aujourd’hui te pleure. tu ne m’as à vrai dire jamais quitter.

je te nomme nuit nimbée.

je referme tous mes vœux altérés

j’essaie !

une eau morte

faussaire aux yeux de Z le chien

la calotte rouge

l’impossibilité de te trahir me fait défaut, je ne peux taire mon éducation et mon tempérament. la vie y est aussi pour quelque chose, est-ce une accumulation ?

je n’ai rien su dire sur la nature de mon amour pour toi, si ce n’est le trouble de mes yeux de silence étouffé. je devrais arpenter d’autres chemins pour colmater.

je commence à accepter l’usure de ton absence, comme voir le feu et les pierres s’entremêlaient, d’innombrables soleils du mauvais côté du panorama… etc.

le plus terrible est que je n’y peux rien.

une déprime circule entre les meubles

un air léger que je fredonne

les distributeurs de films

toujours avec le petit pincement au cœur

hier est l’éternel note

je regarde par la fenêtre cet oiseau qui nous prête attention, ses ailes pourront peut-être portées nos pas vers ton pays, parcourir le ciel en un éclair et recommencer.

les embrassades sans l’esprit de la fête.

il n’est que trop distrait de disparaître, un tragédien. lorsque tout s’écroulera on ne vivra qu’avec des bactéries. je me dis qu’elle sera longue la route vers un ailleurs.

j’ai failli oublier déteindre la cafetière, défaillante comme la mémoire que j’ai de ta peau. je bois une dernière tasse avant le repentir.

qu’est-ce qui peine ainsi à rendre l’âme ?

tu verras que c’est dans une boite à rêves

le bonjour de toute éternité

air glaciaire

et puis une étreinte

et puis… !

ton absence est comme quelque chose qui ne tient pas à grand chose… ta prochaine rupture peut-être nous réunira !

Un soir d’ivresse

j’avale des kilomètres de pente douce, les champs stériles défilent à la renverse. je vois un fauteuil de confection anglaise suspendu à un arbre.

j’abandonne tout comme un acquéreur sans le sou, tout dans un battement de nuit. je suis solidaire de mes longues manches noires.

je me voyais un peu plus tôt en Brecht, mais il n’y a plus moyen d’envisager le mysticisme sauvage. je théâtralisais lorsque mes yeux se cachaient des pornographes.

les hommes nous inspirent à plus de cruauté

le bois des vitres forment une croix

la ville en approche télescopique, les immensités de carton trompé trompent l’ouïe et les sens. il faudrait faire gaffe à ne pas me faire écrasé.

je m’aile les doigts en pianiste lunaire et étrange, l’autre ivresse a du mérite. c’est l’été des coutumières paysannes qui se baladent sur les rives d’un fleuve où on s’enlise.

je descends fulminant vers mes concaves reculées, une fumée qui se fait rare. je rencontre un géant aux pieds asymétriques, le sol est couvert de verres, des éclats !

j’anéantis ma respiration

j’implore sa miséricorde 

je confisque les plates bandes à ma conscience, un réel vert sous l’œil ivre d’absinthe. je peux être aussi inconscient que le dernier des mohicans.

je m’en presse de tout démolir

je fais quelques offrandes à une statue de pierre, sans oublier de saluer le nom des rues. le nauséabond thoracique des marécages me ralentit.

un cœur de carpe

j’enfile à la hâte mes déguisements

à leur parfum

Penser les mots

j’ai l’âme d’un rossignol dubitatif qui cherche des perles de diamant pour son bec. au lieu de ces épreuves méditatives, je me penche sur les déboires d’un ami esseulé :

les froufrous de la chandelle sont d’un charme à souhait

vos yeux cernés détruisent la lueur du platane d’orient

elles étaient l’expression vibrée de votre propre solitude qui tombe

comme trois mois de courtisanerie tombent à l’eau

ainsi se dérouler tous nos dîners… et puis une autre est venue, elle s’est posée sur mon cœur de toute part, de toute part mon ami …

elles sont bien dans leurs corps // elles sont bien partout ou elles passent  

…nous avions des choses d’une simplicité cruciale à nous dire 

le vague à l’âme s’est emparé de nous  

laissant des grains de sable dans nos bouches

je prends le volant de sa voiture, seul et désœuvré ( comme seul le désœuvrement nous tient lieu de lecture ! ) je balade mon mégot éteint entre mes doigts, j’entends le bruit du moteur de la voiture sur l’asphalte, et le tonnerre …

peut-être que ce soir …

Embryon

1/3

j’écris l’histoire en même temps que je la vis, non loin de l’arbre à poèmes salvateur plus qu’autre chose, comme sur des chemins de traverses.

je me surprends à bien penser, comme les citations philosophiques, les dictionnaires… etc. j’aime les significations sur les origines, le passé et les paysages.

j’ai une admiration immodéré pour l’aventure, de mon voyage autour de l’univers des poètes et des poétesses. je n’en fini plus de me restaurer.

je suis l’être de sentiments

je projette mes attentes et une part de moi-même

la poésie

c’est lorsqu’on croit à un ailleurs, pour les amoureux !

de mots

de corps

de vivre

si le poète pouvait quelque chose, il n’écrirait que les œuvres des autres

écriture, lecture et cigarette à n’en plus finir, la poésie rend aussi malade ! la manière de la construire est de tout déconstruire et de son flanc naît la littérature.

torde l’articuler lorsqu’il le faut.

je n’en fais pas un caprice au quotidien, mais cela veut dire quoi être soi-même ? ceci n’existe pas et encore moins admissible, surtout quand l’inspiration dicte.

aussi abrupt que cela puisse paraître, il n’y a pas de bons poètes ou de mauvais poètes. pour cinq heures de temps comme un seul cri, j’étais prophète.

j’écris comme un peintre

je vis en poète

il n’y a pas de route pour le non-doute !

il n’y a pas de route sans aucun doute !

nous autres chantres et chandeliers de toute heure, nous prenons acte de la part sublime de ce monde: intransigeance // vigueur // manifeste

les mots sont nos inconsolables.

nous continuerons à porter notre mort au-delà des monts, et nous vous porterons ! n’attendons plus, partons partons partons… ! n’est-il pas urgent ?

transcrire et produire sont comme une offrande des âmes au grand chêne, telles sont nos paroles, écrire…! c’est à dire, aller d’une table bancale à une autre.

nous nous abreuvons d’une unique source

la virtuosité fait les différences

on ne sait pas si c’est un remède comme une magie noire

on ne sait pas si c’est une nécessité comme des lépreux

2/3

je m’asseyais au pré du même arbre incréé, un fruitier cabossé qui de son astre s’épanouit. loin des rivages et toujours à l’école des jeunes apprentis.

je me retrouvais en déployant mes toutes nouvelles ailes de perception, je survolais les plaines et les montagnes bleues jusqu’aux climats peu cléments.

je n’envisageais aucune reddition, le seul et libre était toute mon intention. je demeurais l’intrus puisque j’avais choisi la voie des continents au vu et au su de tous.

la poésie, peut-être vivre sans ?

j’aime à évider le réel

je suis un ange et me voilà en démon, démon tout frais

je suis un démon et me revoilà en ange tout chaud

ce chenal découvert est devenu mon nouvel érotisme, une tentative d’initié et privilégié. la source d’eau claire qui donne sens aux racines.

elle est proche de la mort que je l’envisage comme l’une de mes dernières ruses pour désespérer mes parents, mes amis, l’ordre établi… etc.

approche, je pourrais te plaire !

c’est juste la vie rêvée d’un homme exalté qui dissipe ses incertitudes, éclairci ses pensées liées à une expérience poétique. un homme qui parle d’une incarnation et les alizés.

je ne fais pas école

je dis comme ni plus ni moins

il faut vivre pour entendre la poésie de ce monde

il nous faut de la poésie pour survivre

je veux vivre pour respirer sans heurts

les mots font l’écriture

je vois le ciel. petit, je suis !

je vois le ciel. poète, je suis !

je vois le ciel. croyant, je suis !

j’ai cherché ma quiétude dans les infinies miniatures  

j’ai combattu toute volonté de puissance

je veux respirer pour vivre de la poésie

Chimène est certainement une jolie fille

( il y a une expression qui dit avoir les yeux de Chimène ! )

je suis l’éternel soupirant

j’écoute pour vous servir vos attentes dans le silence des nuits, parmi les heureux accidents qui adviennent de façon fortuite et imprévisible.

je tâte dans l’air les formes et les idées à travers les siècles, une contemplation que je mets en relief dans mes écrits. j’enfonce la porte la moins probables.

je tombe souvent sur des vers froissés en me brisant les mains irrécupérables sur ma lyre. j’appréhende par là même l’esprit de l’émancipation.

la fabrique des mots me dépasse.

je m’empresse d’oublier pour faire peau neuf

une mue avant la migration

le temps de la révélation est comme des spasmes

les instants de l’écriture sont comme une dilatation du temps

3/3

ils disent que c’est des destinations insoutenables, un cloaque ? ce n’est que des fatalités, des rumeurs lointaines. qu’est-ce qui nous fait miroiter, ou ils ?

la télévision, les parkings, les nuages… etc. comme un magma souterrain, le contenu en entier est sujet au poème, même au-delà du tangible.

je vois les gens salutaires qui marchent, ils marchent en dormants. les rues sont les bras boutonneux d’une seule femme, sans tête et toute à sa psyché dévouée.

je hurle son nom

comme mordre mes couvertures à l’odeur de jasmin

moi, je voudrais prendre des bateaux

moi, je voudrais monter aux arbres

moi, je voudrais la revoir dans ce petit cœur

la poésie algérienne a gagné en transmission grâce aux écrits, elle s’ampute également en spontanéité et fraîcheur, à l’inverse de la performée ou de la tradition orale.

elle n’a été soucieuse que de son histoire, l’identité nationale et culturelle. l’ouverture au monde ne s’est fait que par le biais de la langue arabe et française.

un butin, nous disent les aèdes.

chacun sait le fossé qui sépare le poète de la société, une sorte d’exil éclairé ! quelque chose du chaman qui meurt pour guérir la tribu et la transcende.

le poète pardonne presque à la poésie, ou jamais !

par où que tout cela commence ?

je m’assurerai du monde              

je m’assurerai qu’il va bien, qu’il chante tant bien que mal

qu’il rêve aussi de l’instant ou à demain

le noyau sera la plate désinvolture et les baisers de l’aimée

la poésie comptera dans le cœur des gens              

à l’esprit des vents

l’exotisme changera, ô terre des conquérants !                 

je voyagerai à l’intérieur de mes propres frontières

sur une terrasse, je reverrai mes écrits  

la fièvre dans la peau, comme un vieux loup 

je devrais sans doute reprendre, aller dans la bib’othèque et relire surtout, les ouvrages antérieurs. le suprême désir comme une prière, je prie.

que vous sortez au galop, du moins encore vivant ! ou que vous rentrez, il importe peu au fond ! mais qui que vous soyez, Shalem et Paix et Salem.

j’affirme d’une mémoire ancienne mon bonheur inachevé, parce que non-avoué. il n’y a rien de délibérer dans ce poème.

il est d’une lenteur cet été

tout baigne dans le vide de mes pensées

sur ces entrefaites: un poète, c’est le non-être dans l’absolu

Le hac de Leila*

les fenêtres sont grandes ouvertes, c’est l’été… je porte une cape transparente et chiffonnée, mon bermuda est humide.

ma voisine cuit du riz dans la cuisine familiale, elle n’a plus le temps de me cultivée de ses soins affectés.

un pyjama d’été

le péril des tortues ninjas

le glamour

le vent fait gonflé sa djellaba à petits motifs amusants, comme un drapeau aux couleurs indéterminés.

je suis perdu dans l’âge des premiers émerveillements, et si par malheur la chance me tourne le dos… !

un mal identifiable entre tout : nous allons plus revivre cette belle histoire d’amour. l’une des raisons est que pour elle je me détraque le kaléidoscope.

mes anges de la prédication me susurrent des solutions prêtes à l’emploi entre les mains de la providence, que je ne révélerais pour rien au monde ici.

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

Léon

À Célia.

le bleu du soir est opaque    

les guirlandes en papier déchirent le ciel   

s’expose sur les vitrines la grande armée

les traits obscurs des dieux marins

discrètement brille parmi les ruines et les torches

la magnificence d’une reine au vieux turban

son règne est diaphane sous l’égide des hommes et son ombre est rouge

comme l’aisance d’un corbeau blanc et sa transparence

elle parcourt les dédales d’une toile d’un peintre antique

la masse insidieuse des lumières sombres

après les trois derniers coups de gong

on vilipende sur la place Auden ( nous sommes trois ! )

cette ultime fête s’est ouverte sur les danseuses étoiles en coulisse

nous rêvons d’un être plus intègre qu’une danseuse, soupçons… ces êtres sont dramatiques !

lune linéaire sur les planches courbes et folles

les hérauts nègres sont des funambules à l’œil moite

Cette manivelle, quel automne !

ma main contre la vitre cordée

un long froid à la décharge me saisi

j’épouse l’ampleur de ma douleur

silence d’aviateur à l’encontre des ondes endurées

ceux qui comme moi immortalisent temporairement

en prenant la main des éphémères

ou me manque subtilement le parfum des fleurs

désirs, brièveté et intuition à l’honneur

trois feuilles de tombés dans l’instant, – sexe fertile, c’est vrai ! 

que je savoure mollement…

en cette nuit d’hiver aux nuages très bas

j’affiche la teneur du velours caché de l’hymen

petit rappelle à moi-même : apprendre à maîtriser l’art des fenêtres...

Les guêpes

dans ce fier monde

et nos greniers poussiéreux  

les guêpes trouent le ciel et la toile

de nos vaines araignées

desquelles l’esprit d’un enfant reste captif

les honorant de fourmis dans un long linceul

l’envie qui lui prend de hurler fort

 : CATACOMBES !   

comme prendre son envol plus qu’ici qu’ailleurs  

et matérialiser le ciel

peut-être même se déverser dans l’estuaire

comme se marier à la saison des couleurs             

ces mêmes guêpes touchent de leur dard de feu

le ciel de nos chairs meurtries

ce sont là des pensées d’un docte fou

au milieu des champs d’avoine en flamme 

( Degré zéro )

À Hania.

il faut nous tirer parfois les fleurs du nez.

les belles fleurs des genêts

passent les saisons et les grands froids

c’est l’âme des immeubles d’où s’échappe l’odeur du lait

mêlé à ma douce voix

mon genêt est une couveuse de vies à qui je fais l’amour nerveusement !

mon genêt est le roi des brigands qui fait la tournée des magasins agonisants !

mon genêt est une arme courtoise et un murmure des fonds marins !

mon genêt est l’ornement d’une fille à qui je parle aux heures de la nuit ferme !

mon genêt est une traînée de poudre de la plus méchante des ogresses !

mon genêt est le passage d’un camion poubelle qui ne ramasse rien !

mon genêt est la montée des âmes vers le monde des rêves striés !

mon genêt est l’étalage de sang sur le sol des chiens errants !

mon genêt est le point de ralliement du dernier chameau de kabylie !

mon genêt est une bourrasque d’été qui mouille même les dents !

mon genêt est une vieille fille qui palpite et n’arrive pas à remplir son carnet !

s’affranchir, c’est d’abord saisir

les kilomètres des vies en noir et en jaune

c’est des segments qui emplissent nos yeux

de la couronne lunaire

l’horizon d’infinis genêts est au verrou d’à côté

il nous faut gravir l’utopie

( Poinçon )

est-ce que vous comprenez que l’on peut remodeler son passé à l’infini ?  

comme un peuple phage aux puissants élixirs d’amour

comme une vieille histoire raconté depuis les fonds des âges 

comme un lavabo vieilli de faïence local

les émigrés sont comme au seuil d’un printemps de paix universel

saisissez !

saisissez !

saisissez !

est-ce que vous comprenez que l’âme humaine est trop grande pour une fourmi même pour s’y loger ?

j’étais rendu à des visages aux tribulations de lichen

j’étais rendu à des chœurs chorals fondus de sourire en chapeau de paille

j’étais rendu à des passages au quartier western sans âme familière qui vive

les émigrés sont ici pour moins que rien et rien au-delà

sans secours

sans secours

sans secours

nos moindres passions finissent en échardes

suivez votre veine !

Quelque chose d’un au revoir

À Nathalie.

il me semble et ça m’en à tout l’air d’une romance sans paroles. confiante dans les faubourgs et les troquets, tu faisais la guerre aux hommes bibliques.

une mythique vocifératrice.

tu étais une petite créature qui trouait mes nuits désincarnées et solitaires, tes cheveux rayonnaient sous les lampadaires de la ville.

il y avait de quoi avoir peur !

mes mains en quête d’une nouvelle limite tremblaient sur ton corps, je te rhabillais de fripes espagnoles et rêveusement, je m’abandonnais à tes lèvres à demi closes.

j’essuyais la honte du ciel en me jetant entre tes bras.

il pleuvait sur nous

il pleuvait

tout me dicte

je noircis mon cœur badin

à l’encre du jour

nous étions pré d’une lampe de nuit, nous fumions parmi de tendres jeux qui nous animaient. nous vivions follement et cela te semblait bon, ô nocturne soleil !

je croyais entendre tes faits d’arme: je n’ai pas les voiles. les grandes et blanches, est-ce que tu comprends ? la grêle m’appelle et ne me cherche pas des noises !

nous dormions à petit feu cette nuit là.

une pensée heurtait l’argile de mes mots, une formule désuète et cruelle, celle au fond où tu n’étais rien qu’une comète pour un bédouin. le silence retombait entre nous.

comme pour durer cette fois-ci.

la lampe s’employait à veiller

la lampe s’était figée

une couronne des anges

tes silences sont parfois long

à la détente

je cherche depuis tes yeux de différente lecture, je les cherche partout où s’immisce le doute de mes songes. tu pleurais après tout le jour de nos adieux.

je considérais ton double totem, curieux surtout de toi.

les autres filles croisées dans les rues, les trains… etc. elles ont toutes ton sourire, mais rien d’aussi fauve que l’expression de tes yeux.

je vois des châtains et des rouquines, les coquines !

la méditerranée nous sépare… – euh puis quoi ? de l’autre côté tu ne portais pas de blouse en fer ou de henné, mais est-ce que tu portes toujours ton inimitable masque ?

je revois l’abîme qui nous distinguait

comme ton éloignement

une romance sans couverture

jusqu’à ce que le jour se farde

de tes yeux

je te retrouve toujours dans mes souvenirs, disponible et abordable comme au premier jour… !

Cuirasse

À Hania.

certains soirs de gaie mélancolie et avant de m’endormir, je joue avec le rebord en bois de ma table de chevet, vernis et froid au toucher.

oh Dieu faite que j’aime encore !

je tombe dans un état qui ne possède aucun atterrissage ou scaphandre, comme un gouffre peut-être qui espère: un coucher de soleil sombre dans les lointains… etc.

je repasse en revue toutes les vies intérieures et entrevues, une mise à l’épreuve que j’assemble bout à bout. je fais face ainsi à une sorte de néant.

ces vies sont un territoire inoccupé.

je savoure les instants éternels très rares

comme une coquille ensablée

la fin d’un amour

un baiser offert dans le vent

aux senteurs du Rif

je revisite comme après chaque soir en solitaire les mémorables siècles, je revois et estime la dette contracté envers les auteurs que je relis et que j’admire. 

je ronge la peau de mes ongles pour m’en extraire, le chantier de mon anxiété ne s’étanche qu’à la vue du sang. je serre alors les poings pour m’habituer à la brûlure.

les nuits m’avalent par ailleurs et le fruit de leurs entrailles n’est que tromperie et laideur, je ne remarque la fin de mes turpitudes qu’au lever du soleil.

même s’il ne résout pas tout.

même dans les plus noirs songes

dans le vert d’une bouteille

les liens virtuels

une feuille a la légèreté

d’une hirondelle

je céderais un jour volontiers le passage aux hommes, les bêtes et les casseroles semblables à des virevoltants. les nuits peut-être adoucirons mes indignations.

je rejoindrais ma maison seul et tranquille, bien après que les mots désertés ne laisseraient que mes os, au même titre que les drapeaux au ralenti.

je déposerais mes ailes encore tièdes sur des feuilles pour expier les fautes de mes semblables. la vie est dure ici-bas, mille pardons…!

je danse sur mes pieds de chaman.

la cérémonie ne fait que commencer

comme un long détour dans les grands fonds

ciel de midi

la lune lézarde son quart

au soleil

est-ce que c’est la fin qui recommence, s’éternise de volupté. ô l’obscure condamné ! les fins par milliers échouent sur les rives de ton cœur incompris, que le vent les emporte aussi loin que les lointains paradis… !

Le ciel de la Loire

mon aimée est quelque part vivante sur le globe, je l’imagine au pré d’un cours d’eau chantant nos retrouvailles. les mains levés au ciel en signe de prière.

je l’imagine maudire le premier jour de notre rencontre, et bien d’avantage ! c’était une conquérante des cases vides de la partie qui se jouait.

elle était l’unique fille d’une union désastreuse qui portait son enfance, même si le principe de son amour était de rêver d’elle éveiller.

je lui soupçonnais des dons cachés.

de toute souillure mon âme blessée sera lavée 

l’eau stagnait dans les barques le long du quai

                ruisselle vite la neige qui n’est pas saisonnière 

                la patience des feuilles d’arbre qui s’effacent du sol

                prends garde à ces instants fatidiques de tous les départs

comme une mise à distance, comme un an de décompter ! c’était déjà l’été, elle voulait comparer nos pas, elle guettait aussi l’autre rive.

c’était trop tard, trop tard… !

comme après chaque absence, la nature se remettait à éclore sous mes yeux, mon téléphone tombait à l’eau et j’osais lever mon fiel au ciel pour l’atteindre.

les nuits se ramifiaient en me laissant au vertige de la perte, je n’ai rien compris à ce qui m’arrivait. je n’avais d’ailleurs rien à redire et j’y ai consenti.

reconquérir, c’est déjà avouer la perte.

je m’en suis allé sous la pluie

c’était fini

ô cœur tendre !

reviens sur l’irrémédiable

bien des saisons

j’apprenais à nager dans le flou au lieu d’entrevoir une possible réconciliation, une harmonie entre nous. j’ai évacué ma colère par une suite de catastrophes.

une lettre qui n’a jamais été envoyée.

je repense aux moments joyeux de notre union, comme quelques feuilles qui fermentent dans un pot. j’ai consigné presque tout aux oubliettes.

ce presque est une brindille !

la frénétique clairvoyance d’un amoureux transi : il n’y a pas plus grand / que les élans du cœur / ma vie jusqu’à ce présent / qui se meurt / n’était que déception / parsemée de brèves éclaircies / où hélas / hélas / je m’étais noyé sous le bleu

que Dieu nous vienne en aide

que les vents emportent mes paroles  

de page en page

je perds le courage des mots

mort à vif

– pourquoi tu ne changes pas de chaîne ?
– regarde, c’est beau un nu.

Les fleurs fanées

À Véronique.

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, en toute saison, elles interpellent nos esprits égarées.   

elles rivalisent d’épanouissement et de senteur, puis hagardes, vient le temps de l’inattendu, comme un mini crépuscule éblouissant.

nous parlons des fleurs qui n’ont rien à envier aux imitations suffisantes et opalines, une jeunesse aux lèvres rouges grimoires qui s’étale devant les ouvertures.

les plus engageants les piétinent.

les fleurs hors saison

j’efface mon jeu du grand tout

un kimono !

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, en toute saison, elles interpellent nos esprits égarées.

elles changent d’aura à la nuit tombée que l’on pourrait les prendre pour une peinture morte, le temps n’a plus cours autour en leur présence.

nous parlons des fleurs auprès desquelles on sent une certaine douceur de l’air ambiant, lorsqu’elles s’offrent aux vents sur une musique des sphères.

la route des oliviers

les cafés maures ont des sourires

de filles en fleurs

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, en toute saison, elles interpellent nos esprits égarées.

nous parlons des fleurs qui semblent se superposer au réel, une touche. elles versent dans presque tout, comme leurs mains qui s’approchent pour nous arpenter.

elles offrent par ailleurs des fleurs.

mon âme a croisé le houleux destin d’une magnifique fleur qui vague, une superbe de l’automne. sauvez-les des détritus ! parce qu’elles vous aiment !

les papillons ont des ailes et parcourent des kilomètres

les fleurs fanées sont aériennes

l’odeur des sous-bois

je penche pour une violette

entre les reliefs

Un petit conte d’hiver

avec l’œil du cœur j’écoute l’espoir luire et ne me quitte jamais

ils rentrent au port inquiet

une cloche retentit entre les poteaux de fumé 

la lune est pleine et s’est éteinte pour un temps

ils sont ivres de sel, des mers et des vents. leur soute d’hiver est pleine de coton venu de Skikda. de cette ville aux péripéties prophétiques, ils gardent un mauvais souvenir…

je vois les visages des marins sortis tout droit d’un Goya, les contours des corps rivalisent de promesses inachevées. – des olympiens à la plante des mauves ! 

sur le pont du bateau amarré, ils s’affairent et chantent dans une langue étrangère :

A nous, à nous le bel horizon  

Nous sommes des baleiniers

Ma Fatou est chez l’aumônier

Ali Alo voilà le harpon !

A nous, à nous Dublin !  

et cetera.

le tout dans un je ne sais quoi qui revigore leurs survies 

stone sur les quais de bois et dans un froid brouillard, j’espère qu’un jour je connaîtrai cette paix durable intérieure dans la marche.

dois-je expier ?

chaines frêles d’ici et d’ailleurs …

Les cloches

nous sommes assis sur un divan éméché et mauve, nous sentons la fin de soirée. vous portez encore votre écharpe noire et de coton autour du cou.

votre long cou…!

mes doigts jouent délicatement avec un billet bleu plié trois fois, c’est comme un instant dans la vie d’un homme qui me paraît sans fin.

il est pour nous seuls ce billet que je m’avoue.

nous étions plus tôt d’humeur suicidaire, sans tact. vous aviez la même expression sur votre visage à celle des jours exécrables, parce que j’ai trouvé la perle.

une garde malencontreuse.

dans ce bar au coin de la rue Triangulaire

nous humions en marchant des pastels les bras croisés

une trachée de marbre

la géographie de l’univers féminins

qui m’avalent

il y a de la poussière partout sur les meubles, les affiches de cinéma les dos blancs face aux murs et sur des oiseaux flous que l’on peine à reconnaître.

nous chantons le cœur plein, nous fumons l’herbe du Maghreb en écoutant un tam-tam historique, une loi lointaine, de vieilles rengaines qui font corps mystique. 

parmi nous très peu savent qu’ils sont encore en vie, tous portent une seconde peau de circonstance, et surtout, des masques ! je trouve que c’est bien un masque.

les nuits glissent sur nous et quelque part nous pénètrent

comme une eau verte souvent désirée

je-sors-les-voiles-de-face-sur-la-proue-en-improvisant-un-maintien-de-biquet-je-me-rends-compte-très-vite-qu’-avec-vous-je-n’ai-rien-d’-un-marin

nous nous exerçons au jeu de la voix me gagne la voix me perd dans un état d’esprit de samouraïs, même si nous n’avons aucune tête à couper.

on se lasse même des films japonais !

je mords votre oreille tout en expulsant des mots de jalousie extrême, vous restez de marbre, un brin hautaine ! je sais qu’à d’autres vous offrez votre sein fécond.

je me retire et me déverse sur le sol tout en laissant derrière moi, comme des petites écorchures de sable rouge sur votre lobe gauche. j’honore l’addition.

quelqu’un écrase mes doigts !

les étoiles donnent du relief à nos folles nuits

nous virevoltons les lendemains

la foi du poète

couronné pour les nuits solaires

par le pelage d’un chat

j’ai commencé ma recherche de l’écriture en faisant des points sur une feuille, comme d’autres font des bâtons. les points c’était mon truc, je voyais des trous noirs, planètes et comètes, points finals… !


Climats torrides

les démons de la nature assèchent les illusions de ma chair malléable :

mes manquements à la soif, cent fois répétés… ! 

seul cette mémoire me tient captif

le vent souffle sur ce qui reste de mon territoire

… refuges et désœuvrement !    

le changement s’est intensifier

dénommée : ruine

ainsi vont les tourbillons

dans l’âge du cœur

un sablier où le sable ne tombe pas

se lève au milieu de la brume les paroles oubliés :

l’ensemble des vivants : ô sombre forêt, rendez-nous s’il vous plait sa dépouille, nous nous acquitterons devant les morts et les vivants … 

il n’y aura pas de cérémonie funéraire

il n’y aura pas de coups de feu

le point de vue du mort : les guerres intestines font encore des émules

un loup gris se penche pour voir…

Une cascade de pluie

À Ghiles.

au-dessus de la clameur

des noirs sons 

je retrouve mon lit de coton

et la littérature

qui berce mes mauvais sommeils

le sable des siècles africains se frotte

aux parois de l’instrument    

je repasse sur ma folie

et l’époustouflant chemin

des non-retours

les amoureux du pont de pierre

s’embrassent comme deux

à l’abri des étoiles

une fine pluie mélodieuse

s’entend 

une femme élancée

chante un vieux refrain rock’ n’ roll en français

le rythme démentiel

est un sous-titre en chinois

à ma perdition

les amoureux du pont de pierre s’enlacent

dans les vents nus du soir

comme sa délicieuse rengaine

que je lui reprends

des lèvres imbibées de gloss

les deux mains humides

et à plat posé

sur sa longue épine dorsale

une fine pluie mélodieuse

descend 

j’avais loin d’ici les yeux posés

sur une pierre tombale

la boucle est bouclée

comme un sein

et j’aime mes tentatives de résolutions

La scène Tizi-ouzienne déraille

radieux l’abécédaire qui s’est cajolé

de la flûte d’os enchantée

de nos petits miracles quotidiens

les espoirs purs où se dilatent nos rétines

les après-midis d’amours imaginaires 

nos rendez-vous clandestins

la folle tendance qui déferle sur les anniversaires

l’exubérance de nos soirées du ramadan

les jeux de conquête et les chemins d’aventure

la scène Tizi-ouzienne pulse nos cœurs

le plus laid de tous porte un joli parfum

ô les beaux jours ! ( ô les belles têtes de chou ! )

– ô les impénitents ! – ô les petits diablotins ! – ô les vieux crapauds !

nos chiens errants fêtent les orphelins

les fragiles liens qui nous tiennent en halène

ou sont passé les carcans de la coutume ancestrale ?

nous nous souviendrons de la lyre du mémorial Jugurtha

le tigre qui glisse sur nos rêves de saphir

nous suivons les courtes et les espaces hors de nos palais

nos fronts hauts ornés d’étoiles

nous festoyons et nous hurlons notre joie à la face du monde

peu nous importe les lendemains réfractaires et moroses

les cieux envieux du bonheur de nos frères et de nos sœurs    

envieux de cette mosaïque d’âmes flamboyantes de mille feux

n’ayez crainte, restez restez restez !

nous avons une police urbaine qui guettent les incartades

( Les 12 ruses )

je fonde un nouveau monde

… avec la querelle des anciens

je suis un homme sauvage et libre

… un homme qui aime la beauté

je me suis exposé à la haine

… m’évertuant de la circonférence de ma solitude

je crois aux phénomènes inexpliqués

… l’un des dommages de l’irrationnel savoureux

je ne suis pas né pour l’argent

…  comme ne tenant pas figure à la prudence

je suis un chercheur du précieux métal

… un généreux donateur d’artefacts

je me refuse les privilèges de la parole

… le silence de la carpe est méridien

je ne vis pas dans le temps présent

… une double stance pour ma madeleine

je suis un renégat des siècles humains

… où tout est déjà sous contrôle

Les aînés de l’automne

qu’est ce qui fait bon vivre

sous le soleil

froid

et la lenteur des jours 

sans pareil

je me promet d’aller

sans faillir

au gré de mes envies 

et faire des vents

pour toujours mes aînés adorés

je voudrais revenir

comme un mouchoir blanc

aux temps anciens 

et humer le parfum des fleurs

du pays incertain

m’en sortir le cœur plein

de petites impôts

et me sentir

grandir

comme un homme éternel ! comme un long fleuve hindou !

quel autre pays

me noie

à l’aune de l’amour

avec ses habitants millénaires

qui insufflent la démesure

ô que mon beau pays me manque

dépouillons-nous…

et tâchons d’apprécier

la beauté de ce bas monde

comme les cormorans

or, entre les continuelles pluies

et mon apanage de brulures

la plèbe se lavent l’âme

sur des reflets poreux

d’une madrigal

La mort de Willem

il y a ceux qui se consument comme des chandelles

à moitié conscient de ce qui crève les yeux

d’autres ne sont que des résidus de la folie

et qui tuent

il y a des jours sans pareil miroir

dévorez vous les uns les autres, je suis innocent

mon cœur douloureusement en peine

de la si pauvre âme

la vie est un coup de couteau

accepté résolument en pleine poitrine  

s’éteindre d’une mort seulette

comme un vendeur à la sauvette

je veux extirper et extraire ses essences

ou me taire

tristesse originelle de Kâbîl

en finir de trop s’achever soi-même

je n’ai plus de visage pour vous mes amis 

tout a la cendre étalée 

sous le bleu du ciel de Tizi-Ouzou 

l’air est toujours bleu

je souhaite seulement être là-bas

de l’autre côté du réel     

( La robe d’un songe )

je suis assis à l’arrière d’un autobus en mouvement, je tiens entre mes mains rouges et engourdies, un vieux

livre de poésie

je ne distingue pas encore le nom de l’auteur

je tante sourdement de formuler quelques mots :

il pleut dehors sans vergogne comme pendant les mois d’hiver… !

il pleut dehors sans vergogne sur la camargue… !

je pleut pendant les mois… ! ( elle est folle cette faute de grammaire ! )

je referme le recueil et le tient serré contre mon flanc pour descendre à destination

je cherche en vain le panneau Exit en lettre de feu au-dessus de l’issue de sortie

j’émerge à moitié de mon songe sans toutefois ouvrir mes yeux, le sang de mes veines se mêle à la musique des vers

que je n’ai pas lus

Car, j’ai flirté si longtemps

À Thara.

j’étais en deuxième classe science

j’avais mathématique

il faisait encore nuit je crois !   

il régnait une odeur d’étable endormie

une sorte d’ambiance préliminaire à la connaissance

il est rentré comme à son habitude

j’ai avancé vers son grand bureau d’aplomb

je l’ai fixé nette du regard

il restait crédule

j’ai sorti mon glock de sous mon pantalon

mon cœur battait fort

j’ai tiré

le bruit de la détonation a tout anéantie

le silence sanglant a plongé l’oubli dans mes jours

La table

Dans la sylve elle tombe, sans lieu choisi, mais là elle germe, comme un grain d’épeautre montée en scion, puis en plante sylvestre, les harpies qui se nourrissent de ses feuilles, lui font douleur, et la douleur fenêtre…  » L’enfer, Dante Alighieri.

son assiette fluette

s’adonne

à

la frugalité des sens décuplés

dans son parcours du pain noir

celui qui te serre les dents  ( le noir est un accident ! )

il sort son pied du marbre italien

son âme trône dans un palais de saveurs blanches

outrecuidance opaque ( un homme qui s’alimente en regardant le ciel ne peut pas être tout à fait mauvais ! )

il voit de gentilles spectres

en deux temps trois mouvements ses mouvances vite enfuies

il finit avec une crème, un café

il paye l’onéreuse addition

il sort

Conduire une danse

À la ville de Constantine.

du soleil à gogo qui se verse

il pleut dans mon poste radiophonique

les phrases hachés des belles passantes et inconnues

le souvenir d’une aussi belle boursouflure

je démarre en quart de toi 

la carriole flotte dans le contre espace de la rumeur

mes renoncements successives et la reprise des rires francs

comme ceux qui rétrogradent la vie au point mort

ma prochaine halte est le cimetière où reposent mes ancêtres

en apesanteur entre le ciel et la gomme de mes chaussures

Tablier

le ciel est court

dormez bonnes gens, la ville veille sur vous

figure d’enfant déluré

bleutée jusqu’aux deux narines

définitivement parfaite

vous projetez, vous ne faites que ça

la puissance renouvelé des absents

quel est ce refus de vivre  

le poète a des représailles médiévales

finie la récréation chevaline

exaltation des peurs et des états souverains

de l’oxygène dans de l’eau noire

le pli transcendantale des âmes

se consument comme l’orientation des blés

clarté de la ténèbre

mes semelles sont aux quatre vents

prix d’un rêve solitaire

les fonds d’un cœur bateau solitaire

maison du silence des nuits

tu es l’enfant des arbres

chère lèvres fondues et désirés, je te désir …

négatif d’une étoile qui brûle

battu a plate couture

tout semble de noir halluciné

vous étouffez d’interminables cris

vos innombrables vies !

Soliloque

combien seul sur une terre étrangère

et dans le noir de ce jardin

me reviens ton image radieuse que je touche

dans toutes ses aspérités, mon chemin …

à chaque grand virage tu n’as jamais cessée de m’aimer

sur toutes les tours de garde et devant les âges

notre relation aussi bref qu’elle fut été intense, rare et sublime   

c’est de tes gestes, tes lèvres accueillantes…

je peux encore sentir tes bras autour de moi

je te pleure, mon amour perdu

je me laisse descendre dans l’œil du silence

une perle qui coule à jamais

combien il est difficile de construire sur le long terme

je lis sur cette dernière seconde la nature de tes imitations

toi, tu es étonnamment une femme

dont j’admirais plus que tout la conformation astral

te souviens-tu des arbres qu’on a capturé en photo

j’y suis aussi fantasque qu’au cœur des nues, ma source de calme et de régénération

Enfance

durant les années de mon enfance

j’arpentais un cimetière laissé à l’abandon

seul et environné par le silence

j’allais cueillir pour des hommes des plantes sauvages d’été

je ne m’approchais jamais de celle qui était sur les tombes

même si je les lorgnais que d’un œil ! 

je n’oublierais jamais mes amples vêtements

( selon la perspective économe de mes parents ! )

et ma casquette Mickey Mouse qui couronnait ma tète

sous ces cieux idylliques

l’air était pur comme de l’or ou rien ne s’étale

j’avais un cœur ornemental qui me semblait beau

c’était le paradis ! 

l’enfance ne se sait pas

dernière rive d’insouciance avant que mon âme ne s’enténèbre…

( Citadelle )

j’écoute de la musique

je lis un peu, l’horloge s’attarde sur mes paupières

je mange un bout d’un vieux sandwich

je sors sous une pluie fine et mes poumons s’ouvrent

je discute avec Pierre, Paule et Jacques dans un bar associatif

04 :24 la serveuse mamelue décide de nous foutre dehors

je poursuis seul pour me balader

je regarde l’aube clair avec ces mots en bouche : une femme qui me ressemble.

je referme mon calepin

je rentre

une femme qui te ressemble

une femme qui te ressent

une femme qui te sente

est-elle une cité, ou invraisemblablement une jeune pousse ?

( Amel )

tu es matinale  

tu es dans la salle de bains

tu viens de prendre une douche tiède

tu exhales un bon parfum

tu portes un foulard bariolé à la taille  

tu es devant ton miroir planté sur tes deux petits pieds nus

tu as les cheveux lourds

tu as ton corps à moitié trempé

tu as l’air d’un ange avec cette lumière du jour naissant

tu prends l’un des cotons tiges d’une boite transparente

tu tiens la tige rose clair à l’aide de tes trois doigts

tu expires avec révolte tout en introduisant le bout de la tige en coton dans ton oreille gauche

tu inclines légèrement la tête sur ton épaule

tu frottes précautionneusement

tu regardes le bout en coton sale en esquissant une grimace

tu lances un : Beurk !

tu opères les mêmes mouvements de l’autre côté

tu te trouves particulièrement belle  

tu reviens rayonnante dans la chambre

tu danses sur le lit

tu transpires

les femmes que j’ai fréquenté ont toutes opéré une mini-révolution chez moi

toutes sans exception et j’imagine celle à venir

( Alcohol )

je buvais pour des réveilles ivres

je buvais parce que j’ai le sommeil agité

en suivant une thérapie

je buvais pour effacer l’affront

je buvais pour me rappeler

sans raison aucune ou pour un tas de raisons

je buvais parce que j’avais une âme

je buvais parce que j’avais une mort

les week-ends et jours de semaines

je buvais pour rire de la misère des autres

je buvais pour rire de ma propre misère

pendant les fêtes et les enterrements

je buvais parce que poète

je buvais parce que dingue

sans l’inspiration ou avec

( Après quoi )

je

me

noie

dans un froid sombre

une catastrophe se profile sur ma tête

et des rafales de vents

reviens-moi mon petit bulot

reviens !

je

me

convaincs 

sur la banquise de tes pupilles asséchées

que rien ne fut jouer d’avance

rien n’est jamais perdu

ils nous ont offert un destin sur des parchemins 

une rencontre à vivre

je

me

termine

de l’interminable orgueil

une brindille m’enchante effrontément

cette brindille déchire mes tempes

j’ai goûté à l’hypocrisie de ce monde

si j’y prenais racine

je

me

figure  

l’étrangeté de ta présence dans cette fête

la scène se déroule juste à côté et où tu te tiens 

derrière une cloison qui sent la flanelle des champs

comment prétendre à un accès

là où il n’y a que défaite

je

me

flagelle

comme chaque bon samaritain 

( Qu’est-ce que…, c’est ! )

À François.

tous les loups ont

un poème

sauf un

l’idiot de la meute

lui

il préfère réciter

tous les poèmes de la meute 

tous les hommes ont

une hutte

sauf un

le fou du village

lui

il préfère passer

la nuit chez les autres 

tous les dieux ont

des fidèles

sauf un

arés de l’olympe

lui

il préfère étendre

son règne sur la discorde

tous les ciels ont

des étoiles

sauf un

celui de la Mecque

lui

il préfère relier

tous les ciels des mosquées

il y a les glissements qui se font vers Dieu

que je préfère aux rappels

( Au-revoir le jour )

A Noussia.

trop de beauté peut nuire à votre équilibre psychique.

les étoiles sont lointaines

les étoiles sont proches

qu’importe où je suis

je vis

cela me suffit

les étoiles parlent

les étoiles chantent

qu’importe où je vais

je suis

cela me suffit

les étoiles dansent

les étoiles rêvent

qu’importe qui je suis

je ris

cela me suffit

la vie est jolie à deux

une solution plus que buvable pour tous !

( F )

À la ville de Milla.

exclu, parce-que d’une condition pauvre, pour le bien et pour le pire

surtout dans le pire des mondes

comme ma solitude que je mène contre vents et marées

n’est-elle pas jouissive ! 

mon cœur parle enchaîné à la galerie de cristal

vie d’ascète

cristal

tout change autour

où je disparais

reflet de l’âme

lumière 

exclu, parce-que d’une naissance Kabyle, pour le bien et pour le pire

surtout dans le bien de tout le monde

cette solitude est moribonde et qui cède

mais ne fléchit pas   

mon cœur parle enchaîné à l’as de pique 

vie d’échange

pique

rien ne reste ni ne perdure

où je me disperse

on l’appelle aussi psyché

lumière

exclu, parce-que différent, pour le bien et pour le pire

surtout dans l’indifférence de tout le monde

( Conceptions )

la conception de son cœur-hiver est rude

sa joie me polarise

il ne m’appartient plus

il est célébré

ce couchant magnanime vous rassérène, – chut – chut…!

un désert froid

le cœur des vides

le cœur des pleins de bonheur

la conception de son cœur-hiver est rude

ses gouffres qui scintillent

oh, le feu de bengale !

oh, le feu follet ! 

ce couchant magnanime vous rassérène, – chut – chut…!

les belles tendresses dans l’âme 

le cœur des adieux retroussés

écoutez vos poèmes !

( De soi )

es-tu l’arpenteur des dédales d’un songe ?

un tout ou passe une lourde stupeur

un tout dans des intervalles de bonheur minime

comment les nuits se soulèvent sous tes yeux ?

cependant le froid de tes rêves de doigts délurés

comme chavirer l’âme de tes écrits

combien de monstres marins faut-il avaler ?

tu connais machin chose sur l’amitié

tu connais machin chose sur l’amour, – très peu sur toi !

en sept mots: partout de la stupidité qui s’ignore !

( Yo-Yo )

hier, je voulais en finir. aujourd’hui, je veux vivre. demain, demain est une langue étrangère.

*

salut à vous Sainte Marie, s’il vous plait ne pleurez pas. salut à vous Sainte Fatima, s’il vous plait regardez moi. salut à vous Sainte Femme, s’il vous plait aimez moi.

*

on pouvait voir que le ciel est beau. on pouvait voir que nos chairs sont meurtris. on pouvait voir que l’enfer est pour tous.

*

j’ai un vieux souvenir qui remonte parfois. je ne distingue rien d’autre d’aussi vague ni ce qui me retient. comme guide, j’ai l’amour.

*

vous aurez un phénix. un phénix à la place du cœur. un phénix avec les yeux perdus au ras du sol.  

*

dans mon jardin, il y a des pissenlits blanches. je les appelle fleur à tête multiple de démon. quoi de plus naturel que de renommer les fleurs.

*

sous les roues de tous les camions, j’ai marché. j’ai couru. j’ai sauté haut et j’ai dormi bien bas. 

*

ils se sont échangé leurs vœux de noël. ils se sont échangé leurs vœux sous le sapin illuminé de la ville. ils avaient l’air d’être heureux.

*

sur ton dernier lit de vieillesse. sur ton dernier lit on viendra te rendre un dernier adieu. bien le bonjour à vous, mais est-ce qu’on se connait ?

*

je sors de ma longue rêverie. je me revois rêver encore plus loin d’ici. l’instrument de mes fantômes du bonheur.  

*

le vent balaie ce qui reste de la terre. le reste s’est consolidé en surface. pour un temps indéfini.   

*

mon arrière cour n’est plus à vendre. mon livre voyage et de moi de tendres baisers. vos fenêtres sont le reflet du ciel, mais restez restez restez !  

*

je souris le matin parce que je suis en vie. je travaille le soir parce que je vais mourir. entre ces deux pôles, j’offre mon âme à l’oisiveté.

*

de ce côté-ci de la méditerranée, on aime pas la vérité vraie. la vérité est chère payer. prenez le pour argent comptant, on fustige à gogo.

*

le doute s’immisce sous la couverture. le doute s’immisce comme une belle femme. le doute est saint.

*

dépressurisation rapide dans l’avion. les plans s’envolent en rigolade. on expédie ses prières à l’arrache et on survie.

*

alchimie des mots grotesques. elle est la vague et jamais ne sera vaincue. la voix s’est murée.

*

vous êtes sous les grandes roues des nuages. vous marchez et vous courrez derrière vos rêves. vous sautez haut et vous dormez bien bas  

*

puisque c’est une nuit spéciale. puisque le présent et l’amour sont à l’altitude des tropiques. puisque chaque soir je chante mon bleus à qui veux bien entendre

*

à l’est, un os. à l’ouest, un os. entre les deux, une grande ballade.

*

je ne dois jamais partir. je ne dois jamais partir. pour aujourd’hui, avec toi.

*

je rêve de contrôle. je parle pour ne rien dire. j’accepte ma vulnérabilité.

*

le dernier délice. le dernier supplice. une machine à laver tourne rond.

*

confortablement, pour mieux s’aimer. sauvagement, pour mieux sentir. doucement, pour mieux dormir.

*

le temps passe comme coule la Garonne. je reste dans la nuit, – ô nuit, donne-moi le jour! je pleure sur ma chance, pourquoi ?

*

à la découverte de ce siècle. le cœur du nouveau-né y est. comme le prolongement de la nuit.

*

ils ont maudit mes mains. ils ont maudit mes mots. il ne me reste plus qu’à me maudire moi-même.

plus j’attends d’un livre, plus je diffère sa lecture. un rapport ambigu au livre. j’empile.

*

nous vivons comme on rêve. nous vivons de fausses notes. nous sommes insecourables.

*

même si je pleure. même si je meurs. même si je rêve de toi, mon amour.

*

je pars seul. je repars seul. je mourai en fiancé.

*

je m’attends dans un avenir incertain. je m’attends dans un endroit indéfini. je m’attends moi-même.

*

fou ou pas, la conscience intermède. amoureux ou pas, le cœur s’ébranle. croyant ou pas, la mort pourchasse.

*

vous cherchez la tâche de sang. vous trouverez mon cadavre. vous êtes des charognards.

( Syndrome moderne )

co : copyright cowboy à culottes blanche cocorico

po : poteau popo dans le pot polyphonique

la : la, la, la…l’enfance rêvée ! laminé l’arctique 

copo : copponex coppo-next

pola : polarisation pola nue sur une photo en noir et blanc

cola : collation embrassade dans des bulles ! collaboration

poco : poco allegro poco poco

lapo : la peau lisse l’apothéose de mon oncle la police

laco : la corniche en été l’accordéon en cuir de vache ou en cuire d’artistes

Coppola est aussi une fille

… ! (Fr/Arab)

boum, boum, boum : 

la grenade de la plante verte

boum, boum, boum :

la balle entre mes jambes

boum, boum, boum :

le cœur dans ma poitrine

boum, boum, boum :

la déflagration au petit-matin à Bordj Menaïel

boum, boum, boum :

la cuillère dans une tasse de café

boum, boum, boum :

ton joli nom dans ma tête

boum, boum, boum :

la fête de la soirée du Mawlid

boum, boum, boum :

le pneu de la voiture

boum, boum, boum :

qui a dit une boum ?

boum, boum, boum :

le marteau sur un clou

boum, boum, boum :

les sauts d’un lièvre

boum, boum, boum :

j’ai oublié le dernier vers de ce poème !

Lire la traduction

Les hantises (Fr/Arab)

j’imbrique mes chantantes redevances

avec les figurines abîmées

sous ce ciel inodore

décharné

tout ça fuit de la fastueuse porte des ponts

comme cet oiseau qui surplombe la céleste ville

… et me hante !

l’entrée d’or

fontaines

ensemble

désir inachevé

perdre le nord

le noir du rejeton

c’est un crève-cœur

c’est une baliverne de première

l’œil libre

être maléfique

et si

j’ai su

belle

absolu

le ciel sous la pluie

je reste à Bordeaux

Le 02/11/2015, à Bordeaux.

Lire la traduction

J’irai au fin fond du monde et voir de quoi est fait mon rêve (Fr/Arab)

oh Dieu combien c’est dur d’aimer !

non pas… non pas ma vie, c’est dur d’aimer !

( elle va chercher de l’eau au fond du puits ! )

à quoi bon mon cœur de souffrir autant que la mort

ceci est mon adieu, ceci est mon adieu… !

( seul devant des ouvertures ! )

l’hiver

cheminées de fées

l’air frais

marshmallow

boussole

camembert

acides aminés

les ciels gris

mésange

l’alcool

cymbales

tabouret

idioties à quatre pieds

vivre l’expérience du vide pour des générations c’est le bide

je dois vivre encore plus vite et j’abandonne, et j’abandonne… !

Lire la traduction