Le rêve de la commune

À Anne.

je contais à un ami mon rêve de la nuit passée, mais d’une tristesse, oh mon Dieu ! d’une tristesse… ! la sophia des jours nous apprenait au mieux à les écouter.

était-il un non-savoir ?

une désillusion s’abattait en ce jour de fête sur ma grande famille, comme la ciguë qu’il faudrait boire dès à présent. les pantins derrières une vitrine quémandaient !

une attention, une sélection, une élection… !

les voix rassemblées disaient que le pays allait bien et qu’il y avait beaucoup de richesses, l’or coulerait des naseaux. le monde aspirait à crésus dans des palais de jasmin.

les cartes se brouillaient.

je n’envisageais aucun effort de changement

les derniers remparts d’el horma

un cageot à la claire bougie

les jeunes du quartier rêvent dominos

avec leurs mains

j’avançais entre les colonnes en dormant comme un escargot avachi, une morve dégoulinait sur le bulletin bleu tenu nerveusement avec mes deux mains.

je répétais ce geste cent fois dans ma loge boisée en coulisses, – mais que pourrais-je faire ? sachant que je n’avais plus le droit aux questions depuis l’enfance. l’indépendance nous bridait.

je n’aimais plus les jours clairs et ma préférence allait naturellement aux jeunes sœurs dans les bains, mes revendications en ceux-ci étaient simples, diamantaires.

il n’y avait personne pour répondre du sort commun

elles étaient plutôt rasoir

miaulement d’un chat

une mystérieuse collecte des ordures

dans la ville qui pue

nos chers gouverneurs les messieurs présidents des terres démocratiques levaient tous la main, sauf un. ils criaient: nous sommes tous à cheval sur le detritus ! comment verdirait mon cœur avec la roche ?

je vivais une douce terreur en poète ma propre différence,- no mentior ! me lançait la dernière voix qui chantait. un éclair qui provoquait une hésitation dans mon esprit.

et si je recommençais à perdre mon latin étoffé de quelques mots, je lui confiais que je reviendrai à la terre et plongerai mes racines frêles dans celle-ci.

ding dong – ding dong !

la lune était rouge

avancez vers l’arrière plus que jamais !

Une compagne

je ne veux être une modeste image d’un homme du soir.

celle qui m’accompagne ne porte aucun nom, c’est une fille imaginaire, une pure fiction. elle creuse dans mon cœur des sillons.

je la débusque à travers les aléas de l’exil.

elle a l’habitude de rassembler la fleur de sel et une huile de phosphore éblouissante. elle pratique aussi le meurtre à l’aide d’un unique poison, son cœur.

elle est du Sahel.

lorsqu’elle veut embrasser le désert de ses ailes, elle articule des mots purs qui le sellent magiquement et me resteront à jamais incompréhensibles.

je lui livre mes pulsions réprouvés

je l’invoque

les saisons défilent

les rougeurs d’une passagère adorée

qui s’ingénie

nous avons consacré beaucoup de temps pour nos retrouvailles, comme certains le distinguent, nous on se comprend. elle aime les compotes de pommes.

on s’est construit avec nos plumes un lit pour l’hiver, puisqu’il était temps. elle était la vilaine fille des trottoirs mouillés qui accostent.

une couche où les vents se déchainent.

je n’avais auparavant jamais manifesté une disponibilité en amour, le poème était l’épouse délaissée. je fascinais plutôt comme un objet de convoitise.

le vaincu, les devantures… !

elle est l’étrangère de toutes les routes

elle est l’autre dévoyée

lune croissante

entre les quarts d’heure de silence

je m’en câlice !

cette madone est d’or que j’oublie les jours de parade de la fanfare, elle est au fait de mon insondable gouffre. je n’ai aucune posture qui tienne.

il y a de quoi ne pas être: futé… pas très ! ce sont ses mots, mais vivre des expériences non-verbales, voilà un charme ancestral ! une ligne d’inconduite soutenue.

je suis infiniment épris de cette entité des rivières et des cols, comme un arrimage total au sublime. les soirs ordinaires, nous lisons blottis l’un contre l’autre.

elle me rejoint chérir nos enfants, parfois

je prétends qu’elle m’aime

le show continue

premier rendez-vous manqué

entre les collines

je me figure cette folie qu’après-coup… de celles qui ne peuvent toujours pas les battre !

Du sel de cuisine sur une plaie

le rêve étrange de la nuit passée où tu mets apparu… tu versais de longs sanglots ! je pleurais aussi cette énième déchirure. je cédais à l’envers de mes enclos.

tu étais du granite dans les proches rues et la mousse poussait sur tes épaules, une déesse aux inquiétants secrets. il m’était impossible de t’approcher.

nous faut-il brûler les morts sur le bûcher des souvenirs, – nonobstant ? à l’inverse de nos cœurs flottants, tu ne reconnaissais aucune pesanteur, indifférente.

les petits riens dans un grand rien du tout

les chamboulements qui freignent

une liane de lancé

j’espère que la chute est réciproque

à l’avant de ce cri

je me demandais qui d’autre à part moi pour exécuter les sentences, mes guillotines sanglantes de tes larmes. tu cachais à ma vue tes tristes yeux.

pardonne-moi, plus forte je te rêvais.

je repense à tout ce temps passer à tes côtés et réellement sans toi, les non dits m’accrochaient aux noirs nuages. je renonçais depuis à toute tentative d’identité.

je retrouve mes vieilles obsessions dans celle du Vulcain, c’est-à-dire vivre un jour et mourir, doucement ! comme voltige un papillon au cœur de l’automne.

les paroles perdaient de leur naturel

les corps se pourfendaient

une petite ivresse

les murmures se poursuivent

en poussière d’étoiles

je me souviens d’une nuit comme celle d’hier, nous étions séparés et sous le même toit. il n’y a qu’un esprit torturé pour admettre pareille situation.

le glissement des sentiments.

je veux rendre à travers ces lignes justice à ta décision, rien cependant de mémorable. elle m’a fait tomber dans la folle aventure poétique.

puisque je suis ton éternel obligé.

j’essaie encore de tisser des liens quoique fragiles, comme ce billet qui ne te parviendra peut-être jamais. c’est une autre torture tout aussi raffinée.

je le déroule sous mes yeux.

je me pagne l’âme d’un moins-que-rien

je me déguise

jusqu’à la pointe du jour

l’amiral mire sur le Bosphore

les yeux troubles

Le bain. Centre ville, Bordeaux.

ce n’était qu’un rêve parmi d’autres nuits insoutenables… mais comment retrouver la paix du sommeil avec de si mauvais présages ?

Zut !

À Hamid.

je poursuis comme un homme déjà bien entamé et sous lequel tout tremble et faibli. on m’appelle l’ancien dans le quartier, mes familiers sont un vestige.

je me dis que les anciens eux aussi seront perdus !

la mort est une rature et mes pas mesurés ne sont que les pas d’un pantin. j’espère toutefois le parfum d’ombre de la feuillée et les moulures au ciel.

je joue des airs d’exiler avec ma flûte du maquis, des grivoiseries de berger… etc. la voix que l’on perd surplombe comme cendre, un talisman !  

leurs vœux ne seront pas exaucés !

le revers des vents forts

comme dans les temps futurs

appel à la prière

il remonte sa djellaba des deux mains

fous rires bénis de Dieu

j’effaçais le livret d’or des jeunes de l’Union qui nichait dans une main, n’étaient-ils pas à terre ? je les revois au pré d’une rivière où coule le miel, peut-être.

je combattais les écailles sans mes jambes, une dague dans l’autre main. c’était l’arène où se jouer l’honneur d’un homme, la conquête d’autres sphères !

l’ivresse était portant le quotidien.

j’avais la patience d’un désert, d’une salamandre… etc. j’étais le sommelier exclusif d’une infinité d’histoires, mais loin de l’idée de finir en gardien des ruines.

ils sont aussi furieux qu’un satellite orienté

les goélands qui ratissent

chômer sous le ciel

derrière les lambeaux d’or

d’éclatants parfums

je prie pour le renouveau des choses et je lève la main aux cieux clairs pour un peu de nourriture sur le feu, un peu d’eau, ruisseau, oh ! une eau que je bois à même le sol.

les montagnes au soir jusqu’aux chants du coq, les maisons qui ronflent les lumières, le belvédère des chênes… etc. ce sont les refuges qui nous édifient et préservent.

une foudre s’abat et creuse les hauts plateaux, mais qui peut savoir réellement ces choses-là ? les orages sont méchants par ici, je rentre puisque je l’ai vu.

ainsi meurt la récolte des cœurs

est-ce qu’il fallait vaincre pour se repaître ?

l’inclinaison du jour

un balisage des dragons Kabyles

avec des chaises

entre le ciel et la terre, de l’est à l’ouest… un nouveau système est à prévoir, l’invariable fixette ! les clochards sont les attractions modernes.

Dans une maison

À Fateh.

l’humble pendule de bois se détachait dans le salon, une antiquité. le coucou ne fonctionnait presque plus et mes hôtes ne savaient pourquoi.

je prenais déjà mes distances de l’incommensurable avalanche du temps, qu’il me fallait sitôt pressentir le bruit poitrinaire de la pendule: tic-tac… !

la nuit noire s’installait et mes yeux tombaient sur une toile. on aurait dit un tableau de Gauguin, sans le cadre mural. c’était une toile sur un mur blanc.

il y avait d’autres bruits parmi l’écoulement d’un ruisseau

la lourde maison avait des coutumes ennuyeuses

l’été au village

les jeunes filles s’exaltent de joies

en djebba d’intérieur

il s’agissait d’une femme assise au milieu d’une faune inquiétante, peut-être un tombeau immobile et ses rythmes longs ! une bonté émanait de ses yeux.

éprouvés par la peine.

j’allais la rejoindre à pas ouvert dans l’éternel silence qui parlait si fort, l’antre était une merveille, même les fleurs et les pierres qui jonchaient le sol étaient rieuses.

elle réorganisait mes strophes avec un naturel qui inspirait l’adoration, sa tendresse m’enflammait ! je voyais que l’harmonie de ce monde était triste.

les idées compétitifs me possédaient.

c’était peut-être Fatima

Allah akbar !

soirée de l’aïde el fitr

les nuages lavent la terre parfumée

comme dans le Coran

je me cachais à la vue de violentes couleurs derrière les murs végétaux, les cavaliers de plombs arrivaient et pareil à un voleur dans un kiosque, ils me rendaient.

l’esprit frondeur et vacant.

c’est ce qui à était préétabli dans ma genèse qui me ramenait à la réalité et me consolait de cette rencontre, comme une mémoire vengeresse, démentielle.

je revoyais la clairière bleue de mes vacances, les visages trompés de soleil, le feuilleton des corps en action et l’effort de tous. l’instinct d’un aventurier s’était révélé.

je m’adonnais à d’autres trames.

je reprenais ma place sur les dalles

j’avais perdu la grande heure du secret

une nuit offre son concours

le paysage intérieur et son double

tous les masques rient

Mosquée Ihouna, Timizar Loghbar, Tizi-ouzou.

à l’occasion d’une prière pour la pluie, c’est sur cette place de la mosquée que j’ai vu le premier sacrifice d’un bœuf. j’ai compris que les hommes adoraient Dieu en parfaite unisson. la fin d’une époque nous est-elle annoncée ?

Hymne de la nuit

À Mehidin.

il me parvient par la fenêtre un vent parfumé et tiède, à peine plus perceptible que le chant de la baleine, une musique de la maison des filles: du hip-hop de parade.

la ville est à bosses.

une célébration aujourd’hui, un mariage a été fait. l’innocence qui se donne des airs d’adulte ! l’atmosphère de la salle saturait sous l’or et les parfums.

je n’ai pas dansé sous les yeux horribles des convives.

je repense au terrain vague des grands nègres voyageurs, ils ne fréquentent plus l’école, peut-être que l’on partage les mêmes déceptions: rien à en tirer !

c’est ce qu’a dit mon professeur.

les retombées se voileront d’un pauvre sarcasme

les retombées nous déchaînerons

café sans sucre

mimique d’un homme nouveau

les deux volets clos

je prends le contour des voix anciennes, je prends aussi mes envolées lyriques, sans oublier l’aumône ! dans mes longs relâchements : ciel / caverne

sans relâche !

il se trouve une bougie crème et une bouteille d’eau minérale sur la table de mes petites études, comme pour un ours apprivoisé. je m’affaire sous le signe des mots.

on naît noire, on meurt enchaîné.

je vous parle de mon sport, je vous parle de mes métamorphoses ! les voiles se tendent bien sous tous les vents. je pense à celle qui partagera ma vie.

pourquoi pas l’acheter.

l’atmosphère de la nuit est noyée d’électricité

j’apprends à flotter

les vents sonores

la nostalgie de mes jours d’errance

une lance à la main

je ne pratique à vrai dire aucun sport, je n’ai aucun hobbies. je n’aime pas d’ailleurs les personnes âgés et je ne parle pas votre longue.

un garçon sans intérêts.

je fréquentais une fille que je baisais comme un apprenti ou un marabout, j’aimerais par-dessus tout oublié cet air satisfait qu’elle avait sur son visage.

comme un ticket.

je finis ma cigarette et continue les raccourcis de mon cœur qui semble interminable, mon exercice favori de catin que j’enfonce avec panache.

cet été a des allures d’une chute télévisée.

sur l’impression d’or et d’alliances qui se trament

je repose mon front sur le coude

oh, ces quelques jours !

aux dernières phalanges

des luminances

j’ai pleinement conscience de l’outrance des fêtes de l’été… j’espère regagner la même foi première !

Plan

tu veux vivre bêtement et t’éloigner des obligations quotidiennes, à l’état primitif dis-tu ? comme au retour des saisons que l’on considère comme nôtre.

tu ne veux plus avoir de phrases concises à méditer, éprouvé par un repu total. tu ne veux plus envisager les incongrus s’échappant d’un monde souterrain.

hypothétique !

tu veux fuir les nouvelles d’où qu’elles viennent et la partition, afin de rêver comme l’esprit d’un fleuve et jalouser un peu l’éternité des papillons.

lorsque tout s’érodera à l’épreuve du temps, brise le gel !

tu reverdiras tes mots

réticence des nuages

au calme d’une énième énigme

de la poésie

tu ne veux plus adhérer à la réalité que l’on t’a choisi, tu détournes déjà les yeux de la marche à suivre. elle est faite d’ailleurs pour qui, ceux qui empilent ?

tu veux tout oublier clandestinement sans chercher aucune consolation ni aucun remède à ton mal, lorsque tu vois que plus personne n’accepte de tomber.

tu ne veux plus rendre de compte à personne, moins encore à ceux qui osent te mentir et qui te contraignent au silence. tu ne veux même plus te décider à parler.

on s’en souviendra de l’autocensure !

lorsque le vent jouera des feuilles, la suspicion !

tu entendras les bruits de fond

du néant à la vie

il sent déjà venir l’arnaque

des nombres

quoi de plus simple que de te lever un matin, semblable à des matins de rameau, contenir ton cœur comme un privilège et partir avec l’intimité de ton café chaud.

il se peut que tu traverses l’exil du cœur, peut-être sous d’autres étoiles et pendant une période d’incurabilité ! au lieu de te dépêtre d’un sursis qui cloison dans le nulle part.

il convient dès lors de sauvegarder une certaine constance dans la durée et atteindre ta poétique, désapprendre tout en seulement une heure pour vivre, vivre… !

il y aura d’autres fécondités insoupçonnées

peut-être une transe

une eau d’or noir

réapprendre le nom de mes doigts

avant l’aube

je ne finis pas de me consommer d’écrire… ! je redoute les anathèmes et les pseudos morales religieuses.

Sacrément épique Fr/Arab

tu existes

je crois connaitre

tu habites

j’habite ton cœur

je me balade dans les rues d’une Tokyo imaginaire… !

tu penses à ce jour dans le vague de ton esprit. c’est déjà penser l’avenir, il suffit d’aller de l’avant !

Dieu, Dieu, Dieu, Dieu…

il y a du vent  

tu as

parce que je dis

tu dis

parce que j’ai

tu penses à cette nuit et ses vastes espaces inexplorés. c’est déjà penser la mort et ses pulsations !

Dieu, Dieu, Dieu, Dieu…

il pleut

la folle croisière est drapée   

la fin de son onde n’est qu’un recommencement

Es-tu-air=(e)

il faut croire que j’ai vos visages sur le dos tout courbé, que dois-je faire aujourd’hui de votre absence ? le crève cœur de mes suppliques reste sans écho.

le pourquoi de ces pleurs ?

lorsque je marche dans la rue, je crois vous reconnaitre parmi les meilleurs.

j’ai la tête hors de l’eau javellisée, à peine juste de quoi me narguer. je tiens difficilement sur mes supports et c’est bien le retour de mes erreurs passées.

je ne fais que parler au fer comme un coléoptère, ne vous inquiétez pas outre mesure ! je vous demande surtout de ne plus déranger le monstre dans son estuaire.

je recréerai la magie de nos rencontres

les promesses oubliées

les amis… !

si loin autrefois

je caresse le manche de mon gilet

la chambre est ma mémoire qui s’égoutte et je vous revois me sourire les après-midis d’été à la plage ou partout ailleurs. envers vous tous, j’ai eu tort.

je crains de ne pas avoir compris très tôt le sens d’une amitié, d’être passé de plein d’autres surprises. je ne regrette évidemment rien de ma vie passé à vos côtés.

nos vies enchevêtrées, royale !

j’ai eu de la chance de vous côtoyer et de vous connaître, vous étiez mon or noir inespéré. je me heurte depuis à ces fichus murs denses qui virent au rouge.

je consigne les airs de nostalgie

un bonheur parfait ne dure qu’un temps

la lune sans bruit

accroché à la chair de l’escalier

une main sur le cœur

je me noie dans les yeux d’un chiot taquin, il m’est impossible de m’en détacher, même s’il me fait peur. il aimait les œufs et courait dodelinant derrière mes hurlements. 

j’écoute plus en dedans la myriade de mes années perdues, comme se rendre à la pire des vérité. les mots au goût douteux et métallique me raclent la gorge.

je sors métamorphoser d’un hôpital et le corps indemne, c’est l’été au soir d’une intime révolte. il y a une légère nessma, je ne manque plus de me déverser.

je me trouve effrayant à tout endurer

le sort de la jetée est battant

soir d’été

l’histoire d’un chien défunt

avec un os

je suis une peluche à l’œil arraché qui écoute : Lacrimosa de Wolfgang Amadeus Mozart.

Un couple du dehors

ils avaient bu beaucoup de cafés et ils avaient dîné dans de charmants restaurants, le temps était leur allié pour se découvrir, s’aimer et aménager ensemble.

ils avaient tout pour être un couple heureux et ne passaient jamais inaperçu dans les rues. elle lui offrait des charentaises pour sceller leur union, et lui un bracelet.

ils n’étaient pas portés sur le sexe et très vite à la question où se jouait le nerf de la guerre, ils répondaient en leur fort intérieur, ailleurs !

ils partageaient le même exil.

ils étaient très proches l’un de l’autre

un ciel sur l’autre

la caresse des saisons

un méli-mélo de traits gris

des lézards blancs

ils fréquentaient avec enthousiasme les cinémas d’auteur, les musées et les salles d’exposition sanguinaire, car il fallait avoir des sueurs froides.

ils se mêlaient à la foule dans les célébrations d’une quelconque divinité païenne. les bars dansants étaient plus pratique en vue de leur proximité.

ils arpentaient le satin du pilat et lascaux pour admirer les fausses peintures rupestres. une sacrée aubaine pour deux amoureux nouvellement installés.

ils avaient quelque chose des rayons de soleil

la lenteur du vol des oiseaux

l’humeur espiègle

un léger silence de cœur

entre les lignes

ils parcourraient à eux deux tous les arts et par tous les chemins, comme les livres lus qu’à moitié à deux voix, les repas entre amis jamais entamés… etc.

ils partaient de longs week-ends en personne consentante dans tout le territoire et une fois à l’international, une révélation d’une profonde amitié.

ils étaient sans port d’attache.

ils finissaient par attraper la nausée pour leur vie de couple, les sorties ne suffisaient plus à satisfaire leur quête respective. ils consultaient pour cela des psychanalystes.

ils se traînaient les adeptes du dehors

ils ne s’y reprendraient pas une seconde fois

les amours en carrousel

je brûle celle qui tombe au sol

des vieilles théories

( Épiphanie )

oscar les vents et épiphanie

marcher

vermines

laine effiloché

porteuse

secret

encens

doigts fins

grisette

histoires

fraude

suspendre l’étreinte

une déesse des buissons et des rivages salés

amoureux fou

cavalière

affreusement

flanc ossivore

éphéméride

il aime le mot éphémère

coûteux pour l’enfant

m’abreuver

ciel

argent armorique

couver

âme esseulée

les eaux troubles sont peu profondes

images

féerie

satellite

converger

couple

filet d’horizon

maison des vacances

poisson

querelles

hiver

bois chaud

s’éternise

la nuit retombe sur l’étoile des loups

nous gravons dans le marbre le visage de son invraisemblance

œuvrons au plus vite !

De jour comme de nuit

: 1

toi avec moi // moi avec toi

le jour avec la nuit // la nuit avec le jour

la nuit cédant au jour // le jour cédant à la nuit

moi sur toi // toi sur moi

entre toi et moi // entre moi et toi

le soleil célébrant la lune // la lune célébrant le soleil

un peu de toi // un peu de moi

le jour dans la nuit // la nuit dans le jour

la lune pleurant le soleil // le soleil pleurant la lune

te mentir à toi // me mentir à moi

toi ou moi // moi ou toi

été comme automne // automne comme été

le jour glisse sur la nuit // la nuit glisse sur le jour

toi en moi // moi en toi

toi malgré moi // moi malgré toi

toi sans moi // moi sans toi

là, le jour gît // là, la nuit gît

désirant de toi // désirante de moi

croire en toi // croire en moi

l’eau et le vin // le vin et l’eau

vénus pour mars // mars pour vénus

toi et moi // moi et toi

chienne d’un loup // louve d’un chien

nous

: 2

une fille // un garçon

le monde pour lui // le monde pour elle

un univers avec elle // un univers avec lui

ils s’aiment // ils s’éloignent

il lui manque // elle lui manque

autour d’un diner // au milieu d’un déjeuner

elle l’habille d’un sourire // il l’habille d’une caresse

un rêve de lune // un rêve de soleil

elle le reconnaît // il la reconnaît

un amour de fleurs // un amour de miel

elle naît d’un souvenir // il naît d’une mémoire

l’étoile traverse l’histoire // l’étoile traverse les âges

elle porte le tragique // il porte le tragique

claudia et arman // arman et claudia

elle l’accompagne dans sa traversée // il l’accompagne dans son voyage

pour goûter à la joie // pour respirer le bonheur

un lac sur un ciel // un ciel sur un lac

c’est tellement elle // c’est tellement il

elle tâtonne pour marcher // il tâtonne pour s’asseoir

un regard de lui // un regard d’elle

la tristesse l’oblige // la tristesse le condamne

elle dort à bâbord // il dort à tribord

elle n’a rien d’une poétesse // il n’a rien d’un poète

pourtant

: 3

une sagesse transitoire // une folie ambulatoire

elle pardonne sans un reproche // il pardonne sans un effort

une actrice // un acteur

lorsqu’il la baise // lorsqu’elle le baise

elle joue des interdits // il joue des anathèmes

les comètes déménagent // les comètes euphorisent

toi pour moi // moi pour toi

à l’orée du jour // à l’orée de la nuit

elle le cultive // il la labour

leur terre est plate // leur terre est ronde

les lunes se compilent // les soleils se faufilent

une allée émotionnelle // un chemin sensoriel

elle s’invite dans son assiette // il s’invite dans son assiette

toi en deçà de moi // moi en deçà de toi

son aura est rouge // son aura est mauve

magma et cristal // cristal et magma

elle ironise la vie // il ironise la mort

les anges neutralisent // les démons désunissent

l’exception d’un amandier // la singularité d’un olivier

une éclipse solaire s’attarde // une éclipse lunaire s’accroche

elle lui fredonne ses nuits // il lui murmure ses jours

la terre se dérobe // le ciel se dissipe

elle n’a plus confiance // il n’a plus foi

vice-versa

Les occasions ne manquent pas pour se rattraper

À Ahmed.

je me souviens du jour où je commençais à survivre, c’était pendant les vacances. j’allumais la télé, comme un jour routinier à glutiner devant muer.

j’étais jeune.

je ne trouvais plus de sens à rien, plus de but à atteindre. j’avais perdu le goût de vivre, c’était incroyable ! quel drôle de début pour l’apprentissage de la vie.

j’avais commis quelques erreurs durant la précédente saison, la plus marquante entre toutes et sans déceler le manquant de l’histoire, je changeais d’entraîneur et de club.

je ne tenais plus dans mes baskets.

cette manœuvre sonnait la chanson naïve du destin

une exode intérieur

fenêtre sur le cœur

les derniers jeux de la saison

de zermumiya

c’était un entraîneur fort et tranquille, un technicien. l’un des purs produits du système pédagogique algérien. il ne lui manquait que la trêve des clans.

le transfert était perçu comme une trahison et signifier par un refus d’échange de paroles et de poignée de main. j’étais le déloyal, celui qu’il fallait bannir.

on partageait pourtant le même bain.

je voyais l’abîme m’engloutir, une honte s’abattait sur moi comme une ombre. je voulais mourir comme tous les dieux païens et que l’on parle encore de moi.

les traîtres portent eux aussi un nom.

comme une éclipse

peut-être qu’elle était totale

voir

pourtant si seul

si seul

je me rendais aux entraînements en reculant, la transition s’avérait longue. les événements empiraient lorsque mon téléphone s’arrêtait de sonner.

l’exclusion est une fée qui ne m’a jamais quitté.

je le revoyais parfois à Tizi-ouzou, toujours sur le dos un survêtement. il me donnait l’impression d’un vieux débris parmi les décombres de son existence.

je le croyais à l’abri des effets négatifs du temps, il se démenait déjà pour instaurer une affligeante distance avec autrui, mais l’anecdotique semblait le dénaturer.

j’espérais une générosité

comme une écoute dans le milieu

les amitiés bénies

une page blanche a le don

du pardon

toujours seul poursuivant les échecs et mes fraîdennes !

Le chemin du retour

le printemps est au temps fixe et de sombres créatures chantent dans mes oreilles, seules les fleurs respirent. je viens de rentrer de l’aéroport d’alger.

tu roules entre mes yeux gorgés de chagrins.

je retrouve mes semblables, mes proches… tout le monde va bien et inquiet de me revoir ! j’ai la conviction à présent que je peux vivre le reste de mes jours à leurs côtés.

il me semble que j’ai prévu ce voyage des siècles à l’avance, j’ai l’air d’avoir 10 ans de plus. je pose sitôt mes valises sans bruits dans un coin.

je suis en paix.

il fait beau

j’ai eu une dure semaine

je crois revivre nos adieux en continue, la colère s’estompe peu à peu. il y a des amours qui changent et d’autres qui ne changent pas, sauf dans les films de science-fiction.

je remercie le ciel mouillé de ses bienfaits, un carre du ciel, le tout petit vert d’un paradis sous quinzaine. je feins d’être compris derrière ma joie cachée.

à l’orée du jour le cœur sème.

je me suis aperçu pendant la traversée que tu as façonné ma langue et qu’il va falloir encore t’aimer, comme un derviche reclus dans le vaste désert épris de la lune.

je suis grand de mon amour pour toi.

l’un de mes livres le raconte très bien

j’ai attrapé froid

j’ai espéré mon retour plus fort que tout

j’ai maudit mon retour la raison de tout

je me dictais d’extravagantes formules pour échapper aux appréhensions des retrouvailles, mon livre agissait de ressort ! toutes mes pensées sont dirigés désormais vers toi.

j’ai la légèreté de mes poches d’écolier, l’aurore verte dans les entrailles et au milieu des blés, je formule le souhait de te revoir. la chance miroitera peut-être mon soleil.

pour tenir.

je sais de l’univers et ses desseins à mon sujet, comme qui résonne en lui des slogans d’eau de pluie. je regarde les étoiles pour deux, qui n’ont rien du noir habituel.

la main gauche sur mon cœur.

la rupture avec toi n’en est que plus violente

la réalité ment par son essence

j’ai vécu l’éveil de l’amour après notre séparation, bien après l’incompréhension. lorsque tu me voyais avec ton cœur, ce n’était personne d’autre que moi.

( Catalyseurs )

royaume du sud

écouter

radio

voix pétillantes

interférences chaudes

de la pise à boire

insoluble

âges

rareté

organisation

cascades

idées

grève

gouffre fécondé

réceptacle

se ressemblent

flâner de l’ouïe

friandises

étude

boucles

le monde est féminin

accueillir

étrangers

passeport

noirs

désert

plusieurs sud

âmes en peine

immense silence

sable

gammes

danser avec les vents

les antennes sur du béton

tout comme

têtes enrubannées

fraîcheur

à l’affût

proches

le faire généralisé

la présentatrice est une fée

philosophie

banaliser

catalyseurs

le monde est tellement plus encore

nous observons une vieille psychologie du chameau

débarrassons la table

Escapade

je suis à peu près immobile sur une vaste plage, l’océan bouge. je me demande si tout change autour, comme sur une carte postale.

l’intériorisation m’est confortable.

je remarque les silhouettes des flâneurs au loin sur la rive, quelques bêtes mortes sur le sable et une très belle fille sous son k-way rouge.

j’essaie de l’atteindre de mes yeux incompris, seul l’horizon brumeux semble l’absorber. elle a l’air timide et moi d’instinct, je veux la pénétrer.

le fracas des vagues pèse de mille invectives

les paroles se broient

une longue-vue

la lecture aléatoire des signes

du paysage

une dernière et je vais me prendre pour un collectionneur ou comme un rang de gars ! je n’ai aucune nostalgique de mes anciens murs et pas de collier.

je repense aux peintures de Watteau.

je collection les envies ronces et les poux de coutume, comme une bourrasque qui essuie. je ne sors de l’inertie la plus désabusée.

je cherche pourtant des solutions à mes cloaques, et sans efforts, je m’arrête net. le tendant tire sur la quille, ce sont les problèmes des divinspoètes !

les échecs collent à mes muscles sans cellules

les actes se noient

le tout m’entoure

et fuit et fuit… !

et fuit

je m’assois sous le palier d’une cabane de sauveteur que je purifie. le mauvais temps s’évide et d’une mémoire ancienne, je formule des mots obscurs.

les vents emportent le traintamarre de mes idées et dans mon cœur des cintres d’acier me trucident, comme jouer un peu avec soi et cacher son nom.

je ne vois rien de l’affection de son chien, je ne vois rien de l’étendue grise… etc. je me contente de la bouteille de rhum ambré qui m’abreuve.

pour mieux me rassembler

pour me disperser

une journée de printemps

je rêve un moment pour deux

les fois d’amour

les chiens errants sont dans la grâce de Dieu.

Silex

À Françoise.

je suis de nouveau seul et peut-être définitivement guéri de son emprise. je me demande pour combien de temps… 3 jours, 3 mois, 3 ans ?

je pourrais entre temps écrire un opéra.

je me considère comme une personne chanceuse, démesurément. je suis un rescapé, pour d’autres un privilégié. les jugements des uns déteignent sur moi.

certaines choses ici-bas ne durent jamais.

je nourris sans doute des complexes, j’édifie une honte ! comme chercher par dessus tout ce qui se trouve sous mes yeux et que je n’arrive pas à saisir.

je ne dois plus tâtonner sur la pente abyssale

auprès d’un fétiche

je m’éloigne d’un changement pour une baigneuse aux courbes de feu, – devrons-nous subvenir à leurs besoins physiques et moreaux, les responsabilités… etc.

j’imagine qu’elle renouera avec ses objectifs de ball-trap, même plus tôt que prévu ! nourris de sa cervelle de moineau, de petite joueuse… etc.

devrons-nous supporter ça ?

il en résultera de toutes petites crottes de son beau derrière saillant, rien qui n’approche d’une perdition. un étrange gâchis de la calamité encore plus révoltant.

n’allez pas croire que j’ai peur de l’engagement

n’allez pas me croire

je suis un être fragmenté et ce n’est pas là un problème, la liste de mes ruptures est longue. elle prend parfois l’apparence d’un faux nouveau départ.

je vais me noyer dans une décharge d’un millier de roses, sans aucune concomitance. je m’ouvre autrement dit à une prostituée de bordel pour jeune.

elles portent le voile de la sainteté.

je suis curieux de voir l’état de son facteur après la réception de la nouvelle, et qu’elle délivrance ! je savoure déjà d’ici un malicieux plaisir.

lui ferai-je parvenir ce poème ?

je suis tranquille sur le zinc humide et froid

les scrupules d’un indéterminé

une bouche à l’est

les centimètres s’envolent au ralenti

désir de tout ton soûl

La Blanche Ophélie Fr/Arab

orpheline de tous

toute frêle et aimante, – dis-moi à quoi tu penses ?

elle s’en est allée, l’âme…

les doutes d’un plus jamais

les chevilles légères

comme une pluie verte au crépuscule des anges ( une idole pour nos insomnies ! )

sept jours

sept week-ends qu’à durée son calvaire

il lui faut reconstruire son identité

sa psyché

elle s’en est allée, la Blanche Ophélie

( une grappe de raisin rouge dans sa bouche ! )

orphelin de tous

tout drôle et contre personne, – dis-moi à quoi tu penses ?

s’en est fini, la traîtresse !

elle m’a quittée

j’ai enjambé le serpent de feu

j’ai vu dans l’éclat de nos jours les ombres haleuses

le temps était une fusée

comme lui, j’ai rusé

il te faut reconstruire ton identité

de vagabond

s’en est fini, le poète qui pleure

( les songes d’un rossignol sont le fond d’un ciel gris ! )

nous vivons ordinairement un été de démesure en orient

nous ne voulons pas foncé

( L’aïde )

avalanche d’eaux

circuit court

été

sublimations

visible

astre

corne de gazelle

afrique

lait

exil ou exit

au fond

les maîtres sont bavards

incarnation

chants

enchanteurs

terrorisme de la joie

courroucer

baleines

lance aux pieds

vents emportés

accolades

baisers

la musique de fond qui comble les Assis

de petites balles, des ballades tremblantes sur vos lèvres

( Une toux )

la toux d’un druide

les hagards

fluides

aussi vite !

il y a des regards

des amarres

soulève

soulève les torrents

passe le temps qui cloque

mégère

prendre l’air

rapide et légère

est-ce que tu me vois ?

choques

face à la beauté

fauve

suspendu

se prend le pavé

songeurs qui errent

adresse

mais où suis-je ?

états d’âme

du corps

personne ne regarde

ni n’approche

nul

n’accroche !

nous baladons nos mots sur les feuilles mortes et les marres

faisons confessions de nos cœurs

Consignes pour un pastiche

conteneur jaune :

aiguilles

bistouris

intranules

épicrâniennes

brocards

tout objet tranchant ou piquant

activité cérébral

les fougères en plastique, l’odeur d’un hôpital devient familière

sachet noir ( daom) :

emballages

papiers

ordures

ancien vertige ( si la justice divine existe, à moi elle me fait peur ! )

j’aurais pu écrire mes idées de ce matin

sachet jaune ( dasrl) :

compresses

seringues et gants

sparadrap

coton

perfuseurs

transfuseurs

ampoules

tout objet souillé

il y a un théâtre de bêtise qui résonne

comme presque tout qui tombe dans la mémoire

Cela chantera peut-être deux fois

à Lucie.

Ce que mon cœur connait ne sera jamais un lieu commun de ce vaste monde,

Que le courroux épargne toujours mon projet

Pas de ciel télévisé ni sur écran radar,

Pour eux l’opéra fut un refuge, – tu sais, après 17 ans ta chanson était pour voix et luth.

A. Louis Zukofky.

l’espèce d’un autre genre que l’on ne retrouve nulle part,

comme un adoucissant des âmes caînnes.

je vais à la rencontre de son job de nettoyeuse.

les sites de rencontre ont ceci d’imprévisible.

je vois son sourire unique et inoubliable, un diamant de météorite !

je persiste à consulter ses photos de bonne à marier,

n’est-il pas une affaire classée ?

je la débusque dans sa superbe promise aux variations,

une belle esquisse entre de vagues réminiscences de quelque chose d’encore plus vague,

comme boire le mythe !

je vais juste partir et je dis non, ainsi veiller au grain de ses réticences.

prendre l’instant de l’éternel et voir les paramètres de la trajectoire

un ciel presque bleu derrière les arbres nus qui se courbent

le soleil se noie sous mes pieds où pointe l’herbe douce

je heurtais ses lèvres amers et mouillées, comme sous une pluie de Dali !

je traînais pour elle mes pleurs dans la rue parmi les beaux qui ont du génie.

je pense el djinn à la claire bougie de l’été dernier.

je bande rouge et la devanture est un tropique laiteux,

la lune ce soir sera pour te plaire étatique et verdit.

je dois à la vie des hasards inopportuns.

je n’ai pas de réponse toute faite et ma vie n’est pas parfaite !

je cherche la fleur saine sur une sainte terre et lui bâtir un royaume…

ce n’est plus possible ! il n’est plus possible !

il faudrait tout l’or de la terre et des hommes cartographiés.  

je me perfectionne sur le marché des cœurs inenfantés, le jeu en est sa déchirure.

une femme dans un parcours amoureux

la vie est un bouleversement vocalique qui peuple

je suis avec comme un ermite, le monde sauvage

j’observe le ciel à travers une tasse caféinée

comme mes vieilles chaussures sous une table ronde,

il se trouve au-dessus le moisie d’un soleil hypothétique.

je sens la chaleur de l’automne sur mes joues et les passants qui rêvassent,

les prémisses d’un bail dans un cœur naïf devant soi.

je fonds sur la chaise en osier.

je lance des petits miaulements de la gorge d’un chat en attente, méandres !

est-ce que tu m’imagines ainsi ?

je vois des amoureux qui se tiennent la main. ( tiens toi calme, poète ! )

comment redonner une seconde chance à l’amour ?

je suis le déraciné, à jamais.

mille félicités pour les âmes en peine

je suis content mais il faut savoir, il te faut savoir

qu’il y a une âme en peine abandonnée du ciel qui ta fait mourir

je suis un croche pied à la civilisation,

une relâche et détendu dans mon cloître.

je m’éloigne le maximum de toute autre dimension pour fondre dans le rythme.

je fais une liste de mes qualités très rares, mais ça serait bien !

une réserve de tendresses et tu es une bible mariée avec le soleil,- loué sois-tu et ce qui te dépasse !

je n’ai rien de la tempérance d’un saint châtré,

lorsqu’une femme attenante sourit à son téléphone.

je deviens idiot avec l’âge, c’est plus fort que moi

garde ton funk au calme !

je scénographie nos rêves qui révisent

la tête inadéquate avec mes yeux.

la lumière sur ses cheveux violet

j’étais l’ami de son corps sous les draps, il y a mon corps noir

une souscription médiéval, elle me parait lointaine dès ce présent

je revois une tenancière qui est au téléphone avec Amanda Sue,

elle ne répond de rien et réclame son du !

l’héroïne est à une demi-douzaines de routes d’ici.

je glisse vers toi toujours aussi indéfinissable, ma grande bleue aux cheveux roux !

je m’amuse par déclic,

comme un vulgaire mollusque gorgé de vitamines.

je scrute le vide vite et clair, un paravent chinois !

les murmures de la pierre d’ombre jaune… stupides oiseaux de l’étendue !

lire l’âme des gens est mauvais, le prévoir pour mon post-scriptum.

très bas dans le jour sur la route des ciels,

je prends le bus.

l’être seul, une éphémère bougie

le verbe multiple, une transparence et moi

est une souillure que je lave de mes yeux noir de toutes les façons

je respire ce qu’il y a de peu dans l’air, une symphonie du crémant !

je ne fais qu’un avec le surgir, mûrir et s’évader !

ils regroupent à eux seuls presque tous les mots.

je repense aux visages déclassifiés, aux tatous des anciens, etc.

les célébrer sont nos assurances simples et qui défient.

je suis un homme simple, factuel.

Menon est une bouche ouverte avec la langue noire !

je meurs et me déverse sur les trottoirs de mes lectures qui me collent à pleine dents,

mon imaginaire est fantomatique, cela ne veut pas dire inexistant.

où peux-tu te cacher ? dis-moi où ?

je reste le boulon clouté sur une page blanche, comme une ville des mirages.

ingurgiter, courir avec le silence

toujours vivre 

outrageux, je ne sais plus vivre !

je m’en vais vers l’est flamboyant,

l’irradiante parole recommence nouvelle sous le ciel de mon appartement.

j’écoute là-bas la route des voyages et du conseil.

les territoires en amont de l’homme.

je me suis assoupi entre les mamelles grossières qui touchent le sol,

c’est-à-dire pour une misère !

ils ont la solde dans la moelle qu’ils se lèvent ou qu’il pleuve !

Menon est un long nez qui respire la fraîcheur des mensonges !

je danse amoureux fou avec les aigles blancs, une communiant avec le ciel infini.

je ne sais rien des noires montagnes et il fait particulièrement chaud.

la lune aurait pu nous réunir loin d’ici, bien loin et où tu veux et nulle part si tu souhaites.

le calicot se récolte tôt le matin

le soir venu on boit du thé chaud

il y a sûrement une déesse cachée derrière !

je joue avec les planètes fauves comme aux échecs,

la débâcle pour les unes et tous les autres entre des tenailles.

les lacunes de la terre rouge sont envisagées, comme souvent, je perds !

je retrouve chaque soir ma fée et ses confidences,

elle me caresse le cœur et dit : chérie chérie… ton déshabillé est exquis !

elle vit isolée dans mon aquarium.

je rumine celle qui ne décline pas son nom,

comme cet escargot de travers sur la vitre qui lisse.

je vois quelques métaux, c’est de lui ou de moi que bavent les motsouateurs !

la mort rode en ces longues nuits dans ton ventre

la mort rode en ces nuits sans fond, etc.

je rêve que je la tiens la tête en arrière, par ses cheveux mélodieux

une douceur d’hexagone qui émane, comme de vieux zestes

un fond de sirène qui me berce, et je presse l’égide, de marbre est ma queue

je vois des basiliques et de vieux châteaux sous la pénombre…

les façades et mon armoire hanté…

mes ancêtres et mes mille bravos sur le talon, etc.

je vois qu’une femme peut parfois être toxique, comme un rêve inachevé.

elles étaient de gris les grilles de la terrasse,- pourquoi les diables sont barbus ?

je m’abandonne d’un long et seul naufrage !

il y a des sentinelles avec des yeux océan qui voient le ciel debout,

comme si on croisait le fer, partout !

je finirais peut-être en cardinal, un vaudou ?

tous deux échappent à la mort,

parce qu’ils se rencontrent ailleurs.

( L’élégante )

l’extase réinventée

le maudit

nuages

formes

yeux d’ivresses

acide

étrange

lenteur bleutée

carma

courbes

s’incline

arc fibrille

elle avait des boucles de cuivre

l’esprit des conteurs

les sons nocturnes

merveille

découvertes

au porte d’une ville

enfant = marron

noir papillon

nos héros immobiles

pieds de pierre

mystère

s’offre un dissous

captive

mille baisers complices

celles qui attendent le lever du soleil

elles ne regrettent jamais la fête

Une pratique que j’ai pris de France

j’écris des poésies sur tous les supports, elles venaient parfois et je les fuyais, à présent, j’accueille. j’aligne pour ce faire des lettres derrière un voile.

n’importe où et n’importe quand.

je sens au cours de la rédaction de mon poème et tout de suite avant ma première lecture, comme une présence au-dessus de mon épaule, et elle broie !

c’est la mort des bienheureux.

j’ai mis beaucoup de temps avant de pouvoir l’identifier, il n’y a qu’elle qui reste tapis à l’ombre et qui prend parfois par surprise. le rôle de toute force pernicieuse.

on ne peut lire qu’une seule face à la fois d’une pièce

le côté pile se laisse deviner

les chemins de nulle part

je cours derrière les lucioles

de la nuit caverneuse

je vois à quel mot au juste je devrais me pendre, l’air autour est pénétrant et glaciale. je m’aperçois que mes pensées frénétiques se figent, un piège.

pour certains ce n’est qu’un jeu.

je redoute ces instants de magie où je ne fais qu’un avec la chose, une symbiose redoutable. je me sens lasse après à repêcher le même stupide poisson.

je relis quelques jours plus tard ( semaines ! ) des écrits dont les feuilles sont encore humides. ils sont comme une redécouverte ou une vie recommencée.

à la lumière des calmes matins

comme un vulgaire mollusque agonisant

le souffle court

nul ne peut mentir sur l’idée

d’un passage

je crois qu’au ciel seront accueillis les maux ( mots ) passés que j’endure inutilement, même si les avantages de ces manifestations je les cède à d’autres.

je trouve mes poésies d’un ton bonimenteur, une sorte de traîtrise saccadée ! qu’ils ne sont au fond que d’un vieux débonnaire. je disjoncte du kalam.

cela n’engage néanmoins que mes goûts.

je n’ai fait preuve que de patience et je n’oublie pas de dire merci, merci… ! merci du fond de mon cœur à celui qui repousse l’appelle du trépas.

ils se font rares.

j’écris et cela me fait peut-être avancer

qu’ont-ils à en vouloir aux poètes ?

de l’écriture

l’hybride au bout du chant

bleu pétrole

Ça n’a rien d’un jazz*

le jazz s’écoute communément les soirs de longue mélancolie et éventuellement accompagner d’un verre cérémonial, comme du whisky ou autres.

il s’écoute aussi en compagnie d’une étudiante en lettres qui se faufile par ici.

le jazz m’apprend à écouter les notes

l’émancipation

le free jazz

glaçon mou dans un verre

fusions

je suis tellement bordélique et sans heures que je l’écoute dès le matin, très tôt au réveil avec les cuivres qui me mettent d’aplomb, avec mon café noir et chaud… d’aplomb !

comme un noir de la Nouvelle Orléans

les complices qui me parlent

vous savez sans doute que c’est de la musique afro-américaine, le titre qui circule bien en ce moment est Kind Of Blue.

je laisse pour l’heure aller dans le givre et je fais des calculs manteaux.

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

Merci Fr/Arab

les chemins du cœur… merci pour votre bénédiction !

les pluies noirs providentielles… merci pour votre bénédiction !

les saules pleureurs… merci pour votre bénédiction !

les offrandes… merci pour votre bénédiction !

la danse euclidienne des fourmis… merci pour votre bénédiction !

les écritures… merci pour votre bénédiction !

les femmes voilés à l’ignorance… merci pour votre bénédiction !

les soleils les lunes les étoiles… merci pour votre bénédiction !

l’amour des quêtes… merci pour votre bénédiction !

les dépouilles sur nos genoux… merci pour votre bénédiction !

les grillons d’été… merci pour votre bénédiction !

les rêves inachevés… merci pour votre bénédiction !

la voix des neiges… merci pour votre bénédiction !

les yeux des poissons d’or… merci pour votre bénédiction !

les scarifications… merci pour votre bénédiction !

les deux mains… merci pour votre bénédiction !

la transparence des deux mondes… merci pour votre bénédiction !

les téléphones portables… merci pour votre bénédiction !

les autoroutes du ciel… merci pour votre bénédiction !

les solitudes… merci pour votre bénédiction !

les visages de la créature… merci pour votre bénédiction !

les maladies… merci pour votre bénédiction !

les arcs-en-ciel… merci pour votre bénédiction !

les connexions des esprits… merci pour votre bénédiction !

le bleu côte à côte des nuits… merci pour votre bénédiction !

le libre arbitre… merci pour votre bénédiction !

les montagnes bleues… merci pour votre bénédiction !

les chutes successives… merci pour votre bénédiction !

la faim qui tenaille… merci pour votre bénédiction !

les baumes sur les déceptions amoureuses… merci pour votre bénédiction !

l’eau du robinet… merci pour votre bénédiction !

les aubes vertes… merci pour votre bénédiction !

j’espère une lumière de l’Eternel

la foi du cœur éclipse les vicissitudes de ce bas monde

Expériences, sinon à l’envie Fr/Arab

écrans

se sentir utile

dernier écran

une passion

les deux mains dans les poches

clés

devant les portes

dernière clé

une passion

les amis sifflent

fruits

lune de miel

dernier fruit

une passion

plusieurs vies dans une vie

pierres

s’en sortir

dernière pierre

une passion

déjeuner sur l’herbe nue

cartes

porte à porte

dernière carte

une passion

voir venir la fin des haricots

costumes

fêtes savantes

dernier costume

une passion

un chien sent mauvais

sandwichs

trottoirs

dernier sandwich

une passion

il faut gâter le gros

feux

chocolateries

dernier feu

une passion

rentrer à cinq heures du matin

voyages

un souhait d’enfant

dernier voyage

une passion

sous-vêtements de petite fille

toiles d’araignées

un châle entre les mains

dernière toile

une passion

un peu plus en confiance

plateaux

de l’altruisme aveugle  

dernier plateau

une passion

une vie dans une valise

relationnels

découverte du ciel immense  

dernier contact

une passion

respirer la bêtise gratuite

pneus

pousse pousse

dernier pneu

une passion

les routes relient les étoiles

une plume

survivre

dernière plume

une passion

la poésie est une expérience

nous ne savons à quel saint se vouer

où est-ce que tout ça fini ?

Débutant tardif

: 1

durant l’un de mes voyages // durant l’un de mes romans

j’ai appris

il n’y a pas que la bourse dans la vie

il n’y a pas que les bons ou les mauvais, le bien et le mal

il reste mes joies // il reste mes peines

j’aligne ces lignes à l’encre de mon sang

comme de tout temps

le dit de ce chant est un adieu

croire en la contemplation // croire en la perdition   

je me ballade dans les rues d’une irréelle ville

leurs âmes m’habitent // j’habite mon cœur

les soirs : triste et seul 

: 2

l’esseulé // le Tahen

désespérément  

le bureau des réclamations est sourd // le bureau des lamentations est aveugle  

ils sont nombreux ceux qui prennent la mauvaise tangente

tu te meurs chaque soir // tu te relèves chaque matin

tu sais qu’il n’y a plus d’espoir

tu t’endors à aube // tu te réveilles au crépuscule

tu sais qu’il y a une lueur

tu tournes à gauche // tu tournes à droite

tu plonges ton regard en toi-même

tu envisages le centre // tu envisages l’extrême

tu te dégages pour être multiple  

: 3

rien qu’une sortie // rien qu’une rentrée  

la voix se trouble dans les foires aux manèges

elle exhume de l’ombre // elle exhume du tabac ( sans mousqueton ! )

je transpire de la gêne // je transpire du poème

le Cœur Intemporel bat fort dans ma bouche

qu’il ne peut s’exprimer convenablement // qu’il ne peut vivre ordinairement

c’est l’automne avec ses dernières attentes  

qu’est-ce qu’on serait sans deux tasses de café !

en rêvant au près d’un ruisseau // en chantant au près d’une fontaine

comme les oiseaux

je respire encore grâce à l’art // je respire encore grâce à l’oubli

bon que dans le malheur

: 4

quelqu’un qui te serre // quelqu’un qui te soulève

tu es en difficulté

inadapté à la vie en société

tu es né pour tout voir // tu es né pour tout entendre

elle te fuit une fois proche de m’amour

que rien ne change // que rien ne stagne

tu touches parfois

de mémoire son corps // de mémoire son âme

tu prends une feuille // tu vois un bureau

tu vois un stylo // tu prends une lampe

si seulement tu avais une assise …

: 5

j’écris : Je bois // j’écris : Je perds

comme l’eau rouge qui coule dans les estaminets

j’écris: Je suis l’aimé à l’infini // j’écris: Je suis perdu à jamais

j’écris les lettres dans le vide des mots

j’écris : Je blasphème // j’écris : Je mens

sur son amour // sur son déshonneur

est-elle seulement présente derrière ses filtres ?

douceur !

à quels moments nos actes prennent leurs sens ?

non-être // super-être

nous en tirons des satisfactions

j’ai gagné la poésie // j’ai gagné l’être

: 6

tu es fatigué de vivre // tu es fatigué de mourir

à l’air libre par Sa faute // à l’air libre pour les autres

tu claques les portes du grand hôpital

l’horreur des enfers remonte à terre

tu es rarement du côté de la vie // tu es rarement du côté du ressentiment

à la nuit tombée

tant qu’il y a à faire ta présence est de ce rafiot

tout en étant libre // tout en étant libre

les crins ondoyants // les plumes soyeuses

tu incarnes les noces de l’enfer et du ciel

peut-être fou // peut-être poète

par ton délire amoureux // par ta folie créatrice

: 7

j’ai fait l’amour à des pierres // j’ai fait l’amour à une fleur

à qui viendrait l’idée de s’envoler ?

comme les promesses d’orage de l’été dernier

qu’est-ce que je dis // qu’est-ce que je déterre 

raconter les fées // conter les ogres

les sorciers ont plus d’un tour dans leur sac

si je veux m’imploser // si je veux me disperser

mauvais que dans le travail

pour fondre vos oreilles endormis // pour briser vos cœurs en éclats

je perce vos profondes angoisses // je creuse vos peureuses argiles

il adviendra des rires fleuris // il adviendra des rêves fleuris

j’écris

quand les mots se dérobent du mot

quand le port de la mémoire

quand le sucre de l’œil

quand tout revient au même

quand la fièvre de l’amour

quand la respiration fait halte

j’écris le murmure du cœur // j’écris l’analphabète du trait

Amphore Fr/Arab

je prends une figue sèche à l’huile

le soir j’improvise

je mélange mes excréments et mon urine

mes morves et mes croûtes des yeux

je me rafraîchie à l’eau de cologne

je rétablie toutes les connexions

avec la saleté de mes vêtements

avec la moisissure sur les murs et son odeur   

je me développe

je pue

je ne me lave pas ( plus d’eau ou trop chère ! )

j’aime mon odeur de friandise

je mélange mes spermatozoïdes et ma salive

j’avale mes crottes de nez

de la transpiration sur ma peau

du charbon entre les doigts de mes pieds

le glauque à la commande par téléphone

j’adhère à l’abjection du morbide

je me trouve au ras du seuil de la pauvreté

l’honneur des braves gens se vend

je rote

je dilettante dans mon pet

j’ai deux temples  

j’ai un nez

de l’alcools à gogo

des cigarettes

une endive dans le frigidaire

j’ai une lettre à écrire

je vais vers une fin olfactive

j’atteindrai les sommets bleus, peut-être ! 

Chuinter Fr/Arab

il y a un lit double dans l’alcôve et de la poussière d’étoiles

je veux des sons

comme ceux que les corps animés produisent 

je-suis-nul-part-et-partout-à-la-fois-les-lunes-défilent-militairement-et-je-me-tiens-à-l’-autre-extrémité-de-l’-appel-téléphonique

ma main tremble calmement

comme pour tenir le rythme d’une chanson imaginaire

il y a une voiture parqué et je suis son homme

je veux des airs d’automne

comme le craquèlement des feuilles mortes sur le sol

je-sais-que-tout-est-épreuve-dans-la-vie-pour-être-un-homme-un-vrai-d’une-personnalité-de-fer-tout-à-son-honneur-se-dévouer  

hier tu es partie

tu es partie

je reste absent de moi-même

comme sous sortilège

Un oiseau est nécessaire

Les oiseaux réveillent les morts et endorment les vivants. Sur le jadis. Pascal Quignard.

j’observe la beauté de mon oiseau qui va et vient dans la cage en imitant les chauves-souris non domestiques, à ce qu’il parait, c’est une des conditions de sa survie.

la bougeotte, lorsqu’on manque de goût !

je vois bien qu’il ne s’est pas pleinement acclimaté à la maison, rien qu’au réveil dès que j’enlève le voile qui le recouvre pour la nuit, il est déjà excité et m’attaque.

il préfère le mangeoire du côté gauche.

je m’évertue de son courage lorsqu’il parade avec un chant spécifique, il se tient dans une posture défensive en déployant ses ailes de plumes jaunes et noires.

cet oiseau ne pèse presque rien.

les oiseaux libres partagent notre compagnie

ils s’identifient

prince des oiseaux

les mini-soucoupes du rêve citadin

chants fiévreux

je ne sais pas grand-chose sur la vie des oiseaux et à la limite je l’intuitionne, comme j’imagine la situation la plus insupportable pour lui ou qu’il pourrait endurer.

la faim, le froid, les éperviers ?

je me dis qu’il est peut-être programmé et idiot, qu’il ne se souvient que du nécessaire, mais comment interpréter son bec rose qu’il arbore fièrement, sinon par son intelligence.

cela me suffit.

je passe des heures à le contempler et lui ne reste attentif qu’à mes mouvements, en alerte. j’essaie de le charmer en lui parlant, un dialogue parfois se fait.

un autre impératif de survie.

il est friand d’un mélange de graine et de miel

je les lui réserve pour les grands jours

une gorge blanche

sa langue âpre m’est conquise

pour des clous

j’entends ses rêves qui le basculent de son perchoir, des paniques répétées et inattendues. il bouge et se débat à la nuit tombée, se revoit sans doute libre survolant les forêts de la région.

j’ai des sursauts de violence concernant ma figure de oiseleur et sa captivité, mais il n’est plus question de le relâcher. je crois qu’il ne survivrait pas dans la nature.

cela est grave !

je sais qu’il nous est plus concevable de vivre libre un jour que dix ans dans une cage, de survivre malgré tout, surtout lorsque celui-ci apporte la baraka. il loue pour moi Dieu.

il m’enchante de mes rêves perdus

son rouge indien derrière les barreaux de fer

aube d’été

l’éveil spirituel de la nature

oh, jungle-home !

Résiste

une ombre trône dans l’hospice, je rêve de caresse future en dansant dans les locaux, sans même bouger de mon lit sous les vapeurs.

je tombe à la renverse en suivant la course des sages plus que jamais perdus dans les agglomérations, une clôture des non-joignables.  

les éternels enténébrés.

est-ce que je m’endors, comme le baume dans les veines soyeuses ou comme un nuage de pluie qui s’enfuit au loin, je résiste aux luminaires du plafonnier.

je résiste !

il fait si doux vivre ailleurs

je ne m’appartiens que pour un temps

solstice d’hiver

j’observe le noir de la nuit

sans jumelles

là-bas où je promène parfois mon caveau, là-bas… derrière les sentiers balisés ! j’indiquais aux pèlerins la direction des arômes et du parfum inquisiteur.

il y avait une insistante et douce brise sur nos peaux. elle est dit-on, l’annonciatrice du paradis sur terre. je n’avais rien d’un saint, l’air idiot tout au plus.

j’apercevais la première étoile obscure, une âme frémissante comme de l’eau. je souhaitais les autres et je voyais mes rêves se sourdrent que tout homme devrait avoir.

lorsque ma vie désirait s’épanouir sous d’autres cieux

je fonçais de mille lieux sur les événements  

la nuit aux encens

le coup de dés du magicien

des nébules

je tiens une pierre d’une amie que je mets dans ma bouche, enveloppé comme une chrysalide. je ne sais précisément de quoi le cœur de l’animal s’abreuve.

je danse de mes derniers pas, un vieux ballet de mon exil. je vais complètement désespérer d’elle ravager le soir tiède dans les nomenclatures.

je reçois de cette reine des petits baisers sur le front, une première voix dégagée naît en moi et ses balbutiements veut embrasser presque tout.

les dieux ont le goût des nuits blanches

je m’endors en homme

cœur de l’aube

d’une étincelle s’ouvre le concert

des gazouilles

il n’est plus question pour moi d’un retour au pays… je me résolve dans le partout idem !

Les chenilles vont !*

j’aurais pu être toi, comme toi tu es en toi avec ta veste en cuir noir de gangster New-Yorkais, tes cheveux gominés, tes traits juvéniles… etc.

je devine presque ton désarroi où personne n’a la solution, une fuite salutaire.

au pré de minuit

la dent s’éveille à la confiserie

son jeûne

on marche l’un derrière l’autre, vraiment tout près ! cela ne ressemble en rien à l’ordre que l’on se fait de soi.

les chenilles boiteuses y arrivent et malgré leurs vieilles chaussures en bois ! l’un derrière l’autre, marcher. 

j’aimerais troquer mes ennuis pour d’autre ennuis, avoir un sac porte-documents avec des documents importants dedans, vivre différemment les interactions avec ce monde… etc.

peut-être pour une autre vie imaginaire.

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

Les quais sous les étoiles filantes*

je suis dans ma cylindrée dernier cri, une électrique savoyarde. j’écoute des mélodies dans mon poste radio, je suis ce qu’on pourrait appeler un homme riche.

lequel à encore de belles années devant lui.

un lézard sans queue  

l’homme échelonne l’échelle de ses traits

vers la nuit

sur les quais de Bordeaux, je rencontre une troupe de filles en jupe courte.

les chiens errants reniflent du vomi de matelots nègres, et derrière, comme un décor de théâtre, des buissons et une chaleur qui couve tout.

cela ressemble à une nuit ordinaire, j’ai un peu bu, et alors ? vous trouvez que c’est de l’impudence ? patience, vous n’avez encore rien vu.

j’accoste l’une des filles selon mon bon plaisir. Vroom, Vroom …!

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

Pôle

comme s’amarrer sur de fabuleuses îles, je plante une graine en vous, aucunement surpris par le sort de nos vies, aussi futile soient-elles devant l’inéluctable.

vous n’êtes pas obligé de tout comprendre, mais il vous faut rester attentif. il faut s’envoler aussi de tout son être, s’envoler ! et voir où cela vous mène.

vous devez arpenter l’échelle du temps jusqu’à vos origines lointaines, pour mieux vous défaire. un homme défet de la médiocrité verra dans des eaux limpides.

croyez en vous comme Hercule ou un millier de montagnes

un jour vous récolterez de plus grandes joies

un amour de soleil

les rappelles viennent de dehors

en saluant le transistor

je voudrais pour vous des ciels meilleurs et doux, un renouveau dans l’espérance et la bonne humeur parmi des éclaircies indéfinissables qui se profilent.  

je vous encourage également à réinventer votre histoire personnel à l’infini, un magma inexploré et intense. les volcans sommeillent et ne s’éteignent jamais.

il n’existe entre nous aucune frontière, ce qui reviendrait à mentir. il y aura un baume les plus salutaire sur nos anciennes plaies et l’aventure sera tout aussi extraordinaire.

sortez et faites des rencontres

chantez encore plus fort et faites trembler notre demeure

une vue sur l’orient

je perce le ciel inodore

un sourire éclot

peut-être qu’un jour prochain, un peu oublieux de vous-même, vous serez beau pour le Grand, le Trait et le Saut. vous serez un tout, un monde libertaire à vous seul.

nourrissez vos expériences d’amour, de philosophie, de musique et de poésie. plus rien désormais n’a de l’importance, lorsqu’on est avec une sœur, un frère.

je crois aux générations futures où jamais rien ne sera plus pareil. je dois être un peu naïf, mais sachez qu’il vous faudra tout reprendre dans un avenir radieux.

de vous à moi qui lancera les paries ?

je saluerais toujours votre imaginaire sans filtre

ensemble ici et ailleurs

une fête des cœurs

j’entends l’aubade éperdue venir

comme une échappée

dans mes plus vieux âges et au plus lointain mouvement… je sens comme une certaine désinvolture devant mes souvenirs aigris !

Adolescence

j’habite un quartier résidentiel

une construction de la France Coloniale

le genre Varsovie en noir et blanc

il y a eu encore des émeutes cette nuit

la ville se soulève comme en région

bouillonnante de revendications

les c. r. s. n’ont pas ce petit quelque chose qui fait ordre et rétabli la tranquillité

les manifestants ne prétendent aucunement à gouverner leur pays

c’est assez comique comme événement

j’ai reçu la consigne de ne plus sortir de l’appartement

je sens comme une odeur de chair brûlée

une odeur qui s’infiltre par les ouvertures de la climatisation

L’oxygéné

: 1

une chose

un être à la dérive

d’une mémoire surannée

parachevé par ses aînés

à peine né de ses rêves

ce n’est pas une lourde médecine

ni une conscience d’intermarché

dans une cadence confuse et folle

ses monts étaient positifs

 : 2

quel piètre poète

est-il empêtré ?

sourd aux vents sourd à la vie !

ses fuites et j’oublie

il a énormément perdu

il voit le revers d’une vie bruyante

de leur noirceur son caractère s’endurcie

il n’a pas renoncé

il a refusé de vivre

 : 3

seul

désolé de tout

désolé de la vie

de la vie qui ne va plus

des étoiles qui ne brillent plus

il laisse dire et faire

il n’y a pourtant aucune frontière

relégué dans un sous-sol

il voit du plomb tacheté de lumière

: 4

un clown blanc

comme un vieux reste d’aura

une espèce d’égout dans la gorge

sans caprice et délusoire

il s’accroche à rien et à des semblants d’une vie

il s’accroche au tout et à l’ennui souhaité

son cœur est un sentier

toute son histoire tient sur ces fils

le mieux est qu’il ne sait pas mourir

: 5

il est conté

suspect à réduire au silence

il n’est toujours pas

versant d’un cœur détruit

tout s’effrite et fuit

l’asphalte appelle à l’œuvre les palmiers transportés

sa tête en dehors des sombres couloirs

il va où vont les poètes

la demeure des oubliés

: 6

il se lève

ce n’est pas la forme

il jette un coup d’œil dehors

rien n’a changé depuis la veille

rien ne prédéfini ses actes

il croit qu’il est 10h24

il a encore peur de ses mots

qui s’opposent

il n’y a peut-être aucun chemin pour lui

: 7

une sphère hors du monde

lorsqu’il regarde les murs animés

et projette sa colère

il faudrait un cœur qui irradie sa mémoire

le sol moite s’ouvre devant lui

il devine le noir des ombres

l’enfant en lui s’éloigne

l’enfant en lui veut mourir

: 8

ses mots comme une cantate

un vaisseau fantôme qui vogue

très mécanique et très versatile !

il est le royaume aux portes fermées

sa trentaine se précise

il suffoquait dans les années quatre-vingt-dix

l’avenir est l’espace des étrangers

ô espèce de vieux chaman !

il rit avant de finir

: 9

sa sueur est un nectar

il est le bâtisseur des montagnes

il porte ses mains sur un nouveau visage

d’une lenteur…

il a le sommeil léger des condamnés

il a tout démenti

il ne répond désormais de rien

comme les pas à pas d’une corolle

une fleur qui perd son âme

: 10

il n’a souffrance aucune

les tombeaux se figent

la part de lumière dans la Ténèbre

l’engloutissement de leurs lumières

tout équivaut à Dieu

il prie les anges et les prophètes

il se souvient de la crête

il revoit le commencement des jours

la fin du poème

: 11

il vit une lutte

il ne connait que le travail

et rien n’est bâti

combien de temps avant l’achèvement ?

il n’est jamais en paix

ses mouvements sont irascibles

conscient du peu qui lui reste

il va prendre ses distances

du repos

: 12

du fer antique

réduit compact martelé

comme la taule d’une âme froissée

tout au long du noir sillage

son sombre esprit le quitte

il le devine dès les matins bleus

aux lenteurs et aux gestes approximatifs

vous vous enlisez dans les confections intérieures

voyez qu’il se trouve autour une présence

Préparatifs

À Fanny.

on s’était dit plusieurs fois adieu sur un quai de gare, au milieu d’une foule de gens compacte. je ne savais dans quoi on s’embarquer.

j’irai sans doute à el-oued.

c’était comme si les nuages fondaient juste pour nous deux, un semblant de nous deux qui demeure veule. l’horloge des trains n’a jamais leurrer personne.

on croit aller dans le bon sens, toujours.

tu étais vapeureuse et étrangement tes lèvres étaient blanches, livides. on t’aurait pris aisément pour un ange tombé du ciel, Dieu que c’est rare un ange !

tu es partie.

ce n’était rien de grave

chacun sait que les lèvres ne se brisent pas

les vitres bleues du TGV

j’octroie un don d’amour à l’univers

imprégné de toi

tandis que tu parcourais les plaines de la Bretagne, confortablement installée sur ton siège, une mémoire neuve naissait en toi. j’envisageais la distance parcourue qui a dû estamper le reste.

je m’interrogeais sur le sens de cette brève histoire partagée et le tient de retour, un chemin vers je ne sais où qui nous sauvera. un bar m’a finalement accueillie.

il était 23h24.

je m’étais résolu à rentrer et en poussant le visage de la porte, j’ai su tout le mal de ton départ. j’ai gardé néanmoins ton dernier sourire comme une dernière sympathie.

une blessure qui meublait seul tout l’appartement calme

bientôt si clair sans toi

j’aimais tes traits d’expression de ton visage, les traits d’un petit soleil agréable, ils me rappelaient les fleuves et les rivières que je n’ai pas visité

j’aimais être avec toi les après-midi relâches, tu étais ma maison où repose la poussière de l’oubli, mon amitié t’est éternelle

j’aimais ce côté spectaculaire que tu te donnais et ton penchant pour la désobéissance, une qualité qui s’accomplissait souvent chez toi par les feux du cœur

j’aimais partager une cigarette avec toi et sentir le goût au beurre de karité sur mes lèvres, comme quand on partageait des pommes au petit-matin

j’aimais nos moments de joie partagée et de bonne humeur, j’aimais t’aimer, j’aimais avoir froid à tes côtés et trembler

j’aimais quand tu secouais les draps pour la nuit et qu’un parfum gagnait la pièce, je te regardais longuement, sans un mot, tu incarnais la vie à la française

j’aimais ta personnalité plus que tout le reste, ta finesse d’esprit et ton humour, j’aimerais revoir le soleil du midi en ta présence et ton corps fiévreux, une toundra sauvage et son herbe est bleue

j’aimais recevoir tes lèvres partout sur moi et me perdre en toi, me redorer la peau comme un lézard sous ton ciel clair et calme

j’aimais serrer tes petits seins rouges et tes fesses d’ardoises, cela me rappelait les bancs de l’école, et surtout entendre tes insondables soupirs

j’aimais cette nuit constellée de solitude, tu traversais mes blanches pensées, on ne fait jamais rien que traverser, comme on traverserait des terres chaudes et désolées !

je veillais sur l’image brisée d’une belle aventure, quelque chose s’était passé, je n’ai rien vu venir. la ville sommeillait sur le grand fleuve des esseulés.

j’observais de la seule fenêtre de mon domicile, toute l’attente du ciel qui était d’une bouleversante couleur d’aube manifeste et le plein silence.

j’étais bouleversé par cette nouvelle séparation, c’est vrai ! mais je ne sais d’où j’ai tiré les forces nécessaires pour aller quand même travailler.

mourir d’amour pour toi est-il possible ?

mon cœur manque cruellement de substrat sans toi

les deux âmes fluettes

s’élèvent au grand départ à l’aube

comme une promesse

on se ment pour toutes les fois que l’on n’a pas vécu !

Hurluberlus Fr/Arab

J’implore la pitié d’un toit qui s’écroule, quand je mets le premier pas, la terre bouge… qui peut me délivrer de cette frayeur ? Djaroua Allaoua Ouahbi.    

mon étoile et moi, on construit un fantasque royaume pour autrui

mon étoile et moi, on change la face du monde depuis le berceau jusqu’à notre vie d’adulte

mon étoile et moi, on visite l’âme des choses comme vont les vagabonds qui puent hors des rails de la rue  

mon étoile et moi, on croit aux monologues intérieures et aux blanches boites en bois !

mon étoile et moi, on reste myope devant les cœurs des bons poètes qui tolèrent le vol et le crime

mon étoile et moi, on rêve d’un dieu parfait dans les toilettes et on dit : habité par un djinn 

mon étoile et moi, on laisse quelques-uns sur la route et d’autres que nous ne reverront plus jamais

mon étoile et moi, on a des jours de cristal ou l’orient est notre terre dilection

mon étoile et moi, on n’est pas ce caustique refuge où il fait bon de se taire, o nos vieilles misères ! 

mon étoile et moi, on dilapide le bleu du feu et le sacré de Dieu l’innommé dans les solitudes des soirs de mai 

mon étoile et moi, on croit qu’il n’y a pas de dessein prédéterminé à l’envers du gant de la rumeur 

mon étoile et moi, on dévisage l’automne et les présages retrouvées sous le ciel de nos appartements

mon étoile et moi, on souffre la prière des rats dans ce monde nié

( Sonnet fétiche )

Alors qu’eux étaient pour une poésie du crépuscule. Pour une poésie de la nuit. Nous autres nous défendons une poésie de l’aurore.  » Manifeste 1963. Nicanor Parra.

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je n’ai rien d’autre à ajouter…

Porte Dauphine

enlevez vos chaussures

allongez vous

fermez vos yeux aux alentours

rentrez dans le noir du charbon

écoutez votre musique intérieure

respirez calmement et avec délectation

vous êtes sur une herbe artificielle qui pique

bougez surtout pas sous l’ombre du sycomore

comme un meuble caché aux regards distraits

un vieux tableau accroché au mur il y a longtemps

vous vous souvenez du bleu du ciel : l’épidémique !

élucidez le mystère de votre plus grande peur

restez au-delà de la fermeture du parc

( El Hafiya )

enfance

déchue  

des dents blanches

deux nerfs

ton sourire sur le mien

un chat ( je pense à la sexualité d’un chat ! )

les jours passent

vient l’été

tes yeux et des ailes

or et aurore se couchent

un coup s’entend

un autre coup de poudre

bouquet de fleurs

boisson

une rose ou une violette

de l’arbre monte

où aller ?

une eau et du lait  

panorama

les corps flottent inertes

l’herbe est un masque d’eau

ainsi commence et finie la lettre d’un prophète  

Orages

À Isylle. Et à Rémy.

ceux qui vous souhaitent une belle vie,

sachez qu’ils vous ont écarté de la leur.

mes lèvres noirs soufflent sur le soleil couchant l’origami enfantine

la traversante pluie cogne le vert émoussé des vitres de nos voisins lentement

un Je qui n’est pas le je que je connais dans mes délires et mes vagues élucubrations

j’ai réinventé ma vie jaunie en pleine conversation comme Forest en Alabama for ever

redécouvrir la ville que j’ai quitté et je jure de la parcourir habillé d’une âme de pèlerin

j’irai au secret et aux noirs tourments de mon cœur comme être là et ailleurs

je mourrai pauvre et abandonné de tous entre autres balivernes que tout le monde semble l’ignorer

Périgueux. Été 2014.

L’inadapté

À Béatrice.

si l’homme a créé les dieux ce n’est que par accident.

je fuyais les classes et les bancs du petit écolier, comme tout orphelin fatigué du système qualitatif. l’esprit de la tornade dans mes oreilles droites.      

les rues après l’orage abondaient de secrets, elles révélaient au premier venu les airs de balade chétive jusqu’à l’aube des accordéonistes fauchés.

je révérais chacun de mes souffles qui me rappelaient… qui me rappelaient à quoi ? j’étais le chantre sur la vieille ville de lumière extatique, une chose m’avait elle dit.

une mémoire incertaine et fixe.

les chiens aux yeux terreux se débinaient

l’ombre restait scotcher

le ciel tombe son noir

Whitman sur la rive du rêve

qui s’apprivoise

j’inventais de multiples longitudes qui éclairaient mes rixes, mon âme osait le schisme de la nudité. j’étais aimé d’anciens dieux comme de l’or d’égide.

je refoulais mes désirs et les présences d’occasions me prenaient la main froide de désinvolture, lors de mes ballades au bois et au fond d’un vert bassin.

je me refusais à tout commerce.

je coulais les morves d’un baiser repris à la pire des chimères, le corps perclus. je versais des larmes hâtives sous leurs pieds noirs que rien ne changeait.

la voix était au timbre de tabac brun

j’étouffais mes cris

la maison craque

déchirure du silence de la nuit

sans nul épreuve

je bondissais sur les îles lointaines et désespérément arides, comme un oiseau des vastes pôles avec d’intangibles clartés sans les grâces d’un traître mot.

les trèfles sur mon front ont ouvert le troisième œil du cœur inchangé devant le calme de l’étude. je retraversais l’histoire de mes prophéties et de l’argile.

je vous livre en exergue la dilution de mes zones d’ombres colorées, plongez y vos yeux insatiables ! il faut dire que je demeure inadapté à vos sociétés en tout lieu.

puisqu’elles ne tiennent pas !

je parlerai de la nuit et du bas royaume réparti

jusqu’à soif de la brume d’été

les cris du goéland

une décharge de tous les saints

et les diables

trop tôt ou trop tard, ce siècle m’a laissé sans vie !

Dans l’heure Fr/Arab

à Chouaib.

je rêve de faire un long voyage au-delà des dunes et choir sur place que par affliction, je commanderai aux fleuves hors des lits, tout en étant pur et cruel

je rêve de recevoir un versé comme une goutte d’eau dans les profondeurs de l’Etna, et faire de mon cœur une roche

je rêve que l’être qui habite mes cottes me quitte pour mieux me revenir et que les geôles cautérisent

je rêve d’être le Père Noël avec des lutins en gélatine verte au service des enfants du monde entier

je rêve de contempler le ciel rougeoyant comme une confiture de fraise, et pour moi, les nuages légers s’entrouvraient comme les petits sachets de caramel au beurre salé

je rêve de tomber dans un rêve et de ne plus jamais m’éveiller, je parlerai de Napoléon et de Marie Antoinette sans me moucher une seule fois

je rêve de retourner en enfance dans l’idée de courir encore dans tous les sens avec ma crinière de lion et me laisser chatouiller par Linda

je rêve d’une excursion sans attache comme un bon homme devant son café crème, – dring dring… et l’excursion arrive !

je rêve qu’un jour un être me parle de la poésie et qu’il me dise ce n’est pas ton meilleur recueil comparé à n’importe lequel

je rêve d’une troupe oxygénée aux victoires saillantes ivre de leur gloire passée et je chanterai, oui, je chanterai de tout cœur avec eux sur les routes du ciel

je rêve de voir deux lunes argentées entre des colonnes antiques comme un double templier, je me jetterai parmi les ombres pour être oublié

je rêve de faire partie d’un groupe de free jazz sur scène et je serai à la trompette, même si j’hésite encore entre Chet Baker et Miles Devis

je rêve de noircir des pages de mes petits rêves poétiques et les anéantir par le feu

je rêve de participer à un colloque d’écrivains et de poètes dans le désert froid d’Éthiopie, j’espère qu’il n’y aura pas de réseau

je ne fais que rêver à l’heure du petit-déjeuner, je rêve surtout de manquer à la fourberie des hommes 

Les Revenantes © anitaa 2015

Hôpital occipital

À Samy.

lorsque je l’ai vu pour la première fois, j’ai senti une douce chaleur dans le ventre, comme quelque chose qui affame.

Marie était toute jeune et gravement malade, elle passait le plus clair de son temps dans un hôpital, un grand merci se lisait sur son large front espiègle.

elle obtenait parfois une autorisation de sortie spéciale de ses médecins, mais c’était selon son état de santé et très rare. il lui fallait un accompagnateur.

la santé est un don divin

l’élévation est son prix

elle aimait les rivières et jouait à des ricochets avec ses frères, le ciel était d’un bleu clair dégagé, le monde tout entier lui tendait les bras.  

elle se comparait à une princesse et comptait les jours qui l’a séparé de son anniversaire sur les doigts de sa main. Aladin n’avait qu’à bien se tenir sur son tapis.

elle domptait une crainte plus forte que tout au-delà de ses facultés, une mort qui l’enlise à jamais dans son sommeil.

la seconde maison de Dieu

le prodige des avancées

un bouquet lancinant

la faucheuse nous tient une ardoise

jamais assez longue

de retour pour poursuivre ses soins en observation intensive, elle souriait de la voix des anges et se laissait rêveusement aller à la douceur de cette journée.

elle ressemblait tellement à une petite pomme à croquer, la lumière inondait la pièce médicalisée,

il n’y a cependant aucun enseignement à tirer d’un alitement, que l’on soit mourant ou convalescent, tous autant que nous sommes, nous espérons en Lui.

les prières sont un mystère

l’amour est leur élan

Synopsis d’une journée d’automne

1/3

il sort à la conquête d’un idéal aéré et s’en dépêtre lui est crucial. il marche théâtralement dans une rue d’automne, une sainte forêt au milieu des feux.

il remonte le ciel aux rubans adhésifs, une madeleine prévaut son chant.

il croise des géants et bouscule des hercules: plus limpides que la chair et plus fracassants que les éclairs !

les petits contes éparpillés de la folie ordinaire tiennent dans sa poche.

il reste ample comme les dunes de son enfance de son adolescence où il y a la douceur du vent digne du froid des fleurs.

souvenir aiguisé : ici gît dans l’obscur barbouillé, une dépouille !

la raison du dilemme est l’épreuve du temps

l’histoire est mêlé au dernier amour naïf

2/3

il arrive au carrefour et s’arrête ! il voit des palmiers à la crinière de laine et des corps nus entremêlés.

il voit une femme en robe de nuit qui traverse. un autre courant d’air passe plus insistant que l’odeur des loups.

elle arrache des cornes blanches qui pendent à ses cheveux, un déshonneur qui la magnifie.

elle s’est assise sur un banc en bois pour confectionner un pont aussi long que le nil, cela arrive peut-être trop tard !

elle a les manière d’une étrangère et qui ne se fréquente pas, sèche. elle semble sensible à la caresse du vent, minime soit-il !

une personne lui reste sur le cœur, – est-ce ainsi que les amants s’aiment ?

il voit les feuilles mortes de Verlaine

les étoiles de Van Gogh

3/3

il se réjouit du peu qu’il devine des gens, presque île en désolation. il est convaincu que rien n’arrive par hasard, une évidence qu’il pressent.

seul compte l’enchantement d’une rencontre, indéfinissable.

la tête à la nuit tombée pleine de réminiscences d’archange et le cœur malmené par des sommets lubriques, il pleur peut-être de ne plus jamais la revoir.

il est un rêve qui s’oublie sur la chaussée, est-il une dramaturgie, et qu’elle rêve ? il finit en s’allongeant sur la bordure d’une berge instable.

la lune a l’apparence d’une femme

celui qui a un aperçu du paradis abdique

il suffit parfois d’une rose échangée contre une lecture pour que deux âmes soient liées pour l’éternité.

Radio

derrière chaque poste radio, il y a un être vivant qui oscille.

je le tiens pour primordial dans une maison, mon poste est comme une seconde peau. il meuble mon quotidien monotone d’une transmission continue, ou presque !

en fin de journée après une balade au parc ou quand je rentre tard, il reste allumé. je suis content, soulagé aussi de retrouver un semblant d’un chez soi.

un poste radio c’est l’imprévu à l’état pur, une invitation au voyage assuré, l’une des issues possibles vers le monde des rêves sans faire d’efforts… etc.

sans quitter le ciel de son appartement

les hanches bien au creux d’un fauteuil

mon poste est de la marque Sony, une série bleue un peu futuriste de l’an 1996, il capte toutes les stations de l’hexagone. j’en suis fière.

je me délecte le soir venu au jeu du voir et de l’écoute des voix interviewées prises au hasard des rues et les commentateurs anecdotiques. il n’a rien à envier d’un écran.

ce poste se trouve dans un endroit stratégique qui est ma blanche cuisine, à chaque fois que je franchis cette porte, une autre advient.

No man’s land

je lis les exclus des bibliothèques, les conventionnels. une littérature ringarde et naïve par ses propositions. il m’est difficile en ce cas de croire à la gratuité.

dans ces livres estampillés que l’on peut reconnaître entre tous, l’auteur termine son récit avec un mot intelligent, contre tous les silences de l’éternité.

le livre est presque illicite dans certaines régions, peut-être même introuvable. ils diraient que c’est une perte de temps, absurde ou carrément une folie… etc.

êtes-vous personnellement atteint ?

c’est souvent les plus solides qui crient à la dinguerie

une distinction entre le bon grain et l’ivraie

soir de pleine lune

mes vêtements prennent l’air

de l’automne

j’ai remarqué une chose étrange, pour le moins suspect ! on ne tombe jamais sur de la poésie et les saintes écritures, je voudrais savoir pour qu’elle raison ?

je les affectionne tout particulièrement !

je rêve en parcourant mes livres, si tenté une fois encore que ces genres sont à l’intérieur et non pas dans l’objet ou dans l’ensemble d’une bibliothèque.

un bibliothécaire fait métier de sa passion.

je ne peux imaginer un monde sans les livres, mes périodes de lecture sont variables et sans l’issue des mots, l’étau me prend à la gorge et me serre, et me serre… !

allez-vous vomir ?

le piège referme sa propre clé

les mots purgent

sur la place de l’école

les chimères sonnent le nickel

d’une enfance

on a tant parlé de ces résidus de bonne conscience plus au moins neuf pour certains d’entre eux jamais ouvert, mais surtout transitoires ! ils nous exhortent.

les chiffres de l’édition sont en hausse !

on les retrouve généralement en libre-service dans les parcs publiques, les plages… etc. comme ils peuvent très bien finir dans une benne à ordure.

la lecture est une autre conception de la vie, meilleur à n’en pas douter. cette réalité est sans conteste qu’il devient inutile de formuler des évidences.

une promesse autre des courants habituels.

j’investis le champs commun

comme je regrette de les lire qu’une seule fois

au pré d’un Saul

une plume ocre entre les doigts

du poète

il n’y a rien de plus sensuel pour certaines femmes qu’un homme qui tient un livre !

Ain Hallouf

À Rabah.

mes larmes coulent vers le bas, comme une eau qui jaillit d’une source froide. une eau dégueulasse à boire et en cela une saturation.

j’avais neuf ans et on voyait encore des sangliers affolés au pied de nos portes que l’on s’empressait de verrouiller, comme pour les voleuses d’enfants.

il y a que je plaisantais sur le temps en le piétinant comme des raisins verts, dans un but inconsciemment entêtant: extraire un suc impossible à emmagasiner !

un voisin s’endormait sur un air de chaâbi

sans qu’aucun de nous n’entende ses ablutions

sommeil d’Al hara

les enfants se racontent les étoiles

des quatre saisons

je voulais m’en sortir, comme sortir par inadvertance et part tous les ports d’une insalubre et minuscule cuisine. je regretterais à jamais une faim qui creuse.

je revenais vers chez moi avec l’espoir de croiser les hirondelles qui volaient plus bas que les fils électriques, elles y étaient même dans les noires saisons.

j’étais enchanté de retrouver mes airs de désinvolture en léchant les murs empestés de mon quartier. je me revigorais en lézardant sous le soleil.

dehors on se renouvelait

on revenait au ciel

un dernier coup d’œil

elles battent énergiquement les ailes

des hirondelles

en allant des hauts quartiers jusqu’aux confins du boulevard du nord, les nuits me faisaient violence plus que les spots de sensibilisation à la télévision.

je pliais mes bagages sans savoir très bien de qui à commencer la vindicte, une décision qui me laissait à moitié résigné et sur le cœur une artère béante.

je poursuis les méandres des jours inviolés avec la crainte du faux-témoin, je n’entrevois que des spectres qui m’éclairent et s’éteignent isolément.

de la brèche d’un rocher naît et s’épanouit le lierre

ceux qui savent s’ignorent !

une aube d’été

allongé sur une zarbiya d’antan

le souffle long

je n’oublie pas le climat maussade qui me désigne différent et loin de mes semblables… comme je n’oublie pas ma jeune patrie.

Felouque

comme sur une felouque en papier artisanal, je m’allongerai sous le figuier du jardin pour m’émouvoir dans la froideur du temps.

je voguerai avec la lune et les étoiles sur le grand fleuve des mots, peut-être que je jetterai l’encre dans les soirs interminables du Pacifique.

qui est dit-on sans mémoire.

je vivrai plusieurs nuits et plusieurs aubes d’une ère nouvelle, même si elles sont toutes navrantes et qu’aucune ne tiendrait ses promesses.

comme un géant des flots à travers les sept vents

les messagers d’une belle augure

les orages d’été

si belles sont les fins de vacances

du mois de coton

à la façon d’un marin pêcheur sous la drue, j’irai sans ironie à la rencontre de mes amours passées pour les bénir de mon passage et empreinte.

ils m’ont parlé si peu.

je convoquerai l’enfant entre les plis de mon cœur qui médite sa cosmologie en le tranquillisant. je suspendrai ses yeux comme un départ.

une crèche bleuit.

je répandrai toute l’eau de mon corps jusqu’à ce que mon cœur finisse au chevet des blêmes pendaisons, et en définitive, dormir perpétuellement.

j’aurais acquis les bûches de la bonne action

je regagnerai le foyer

une autre étoile

il observe une ronde du récit

en calligramme

je ne sais à vrai dire pas grand-chose de ces lointaines régions et rien ne saurait me consoler. la mort qui empoigne un navigateur est un risque d’initié.

j’écris ce phosphorescent recueil où je piétine et pose le pas comme n’ayant rien d’un mémorial compositeur. je lâche prise et m’abandonne à l’univers.

d’une flaque d’encre noire et indélébile.

les vagues tranchantes qui déferlent sur les rives inespérées ne sont que les feuilles arrachées au vaste paradis des poèmes, mêlées du feu originel.

à jamais dans cette voie.

l’enfant referme sa bande dessinée

il gratifie ses légendes

flux du fleuve

si peu les jours de lune

et de fièvre

Fouilles, ailleurs… ! Villenave d’ornon, Gironde.

Perception d’un enfant à la plage

À Zahia El Djazair ( la dernière fleur des montagnes libres ! )

je m’étais renouvelé dans le circuit de la vie, un rendez-vous était pris au printemps des oliviers. la plus belle des fleurs s’y trouvait, je n’espérais que l’approcher.

comme tous les débuts en amour, j’ouvrais à l’infini. puisqu’elle permettait entre autre la perception d’un été, l’équilibre entre le royaume des rêves et le Suprême.

elle avait deux perles blanches sur ses délicats lobes, de longs cils noirs. dans son imaginaire rien, comme les petits riens érosifs. elle voyageait.

je me reconsidérais sous un œil nouveau

je n’étais qu’un idiot

un premier sourire

si douce est ta voix au téléphone

la douce mélopée

sur Skype, elle me disait: s’il te plaît, laisse-moi te voir. en éternité, elle était à gauche. il en était ainsi de nos débuts et de nos frictions avec le haram.

nous en sommes aujourd’hui nulle part, comme le couple d’araignées du wagon rose et demain est loin ! l’inconnu saborde parfois nos premiers élans.

déjà très loin !

je me tenais debout pour elle à une autre période de ma vie, sans doute par copie de son âme sur la mienne. le teint de ma peau avait la couleur du sel.

elle était l’inspiration de mes jours

l’héroïne de mes rêves

un concert de sourires

aux piloris nos vies se sont lancés

où tout s’éternise

je tenais une petite gourde jaune en bandoulière, son eau était chaude sur mes lèvres. j’étais fier d’elle à l’ombre du soleil à la plage.

j’avais perdu au préalable tous mes remparts de mon château de sable, je n’ai pas versé de larmes et mes yeux scrutaient un horizon sans imperméable.

j’étais aux antipodes d’une alliance et mes intuitions s’avéraient identiques aux siens. je gardais néanmoins le désir d’apprendre à mieux la connaitre.

cela n’a pas tenu aux épreuves de la distance

il y a eu d’autres plages

comme une outrance

l’amour parle de l’unisson des cœurs

qui traversent

je me souviens de ses cheveux qui tombaient en boucles, des noirs… sa manière de se recoiffer, quelque chose d’intimement féminin et chorégraphique!

Passage

À Sihem.

je suis assis au bord d’une banquette démotique, voisinant des journaux abandonnés et humides. seul, je m’écrase sur le grand verre automnal, la peuplade d’Afrique tient le cap sur l’Europe

le ciel est gris, un enduit gras profond qui s’entrouvre :

ils ont des huiles sur le corps pour leur dernière traversée de la saison

portée par le nom des jolies fleurs

de l’aurore jusqu’au vert matin

comme une étincelle sous les yeux

le marathon sacré d’une autre

tu m’apprenais par cœur le mystère des voix de l’homme

et la voie des chemins qui mènent

je revois ta grâce de reine à l’horizontal dans une mare aux grenouilles

un sourire aux lèvres

Les fenêtres

derrière les fenêtres de ma chambre séjourne une mini tempête, et plus haut, la cime des arbres grabuges violemment. les sacrés monstres qui me hantent.

dans un clair-obscur Souade coud une laine. elle est belle. elle le sait. j’observe ses actions habiles et passionnées, comme quelque chose d’une Parque.

je crois entendre une toux appuyée, et puis rien… l’épreuve du réveil ! je jure à l’aube qui suit de changer la mélodie des fils, mes yeux larmoyants filent entre les lignes.

je maintiens le cap sous la couverture

je médite une récidive

chut, plus personne ne bouge !

un coup de tonnerre du mousquetaire

l’éphéméride des répliques

la proximité de cette nymphe aux allures de paysanne d’autrefois, aux tétons chantants avec des parfums d’huile d’olive qui donnent faim me soulève.

le cœur ardent.

je pourrais être son têtard qui stagne sur sa blouse de satin, – ça devient grotesque… ! une petite grenouille qui bruite la texture de l’air ambiant, – tu continues… !

je suivrais le rythme et la moiteur de ses jours volés, les pleines caresses au téléphone à batifoler, – ce n’est pas fini… ! l’argent de ses aiguilles qui brillent… etc.

l’âme sonde le vide de la pièce

les mots restent suspendus sur ses lèvres rouges

une fumée blanche

l’âme s’élève des grands foyers

de Tizi-ouzou

c’est une travailleuse… attention, attention, attention ! il ne nous faut surtout rien dire, sinon languir au fond du lit, un peu transi d’amour par son rictus diablesque.

encore plus mystérieux des yeux.

comme seul les froids d’hiver savent faire de mes jours paumés, convalescents. c’est le jour de la reprise scolaire, peut-être bien qu’elle me devine !

je sors rejoindre le cours d’un nouveau ciel sous une pluie cinglante, mon cœur me tient au chaud. je ne rajouterais qu’un mot quant à cette époque: primitif !

j’en voulais à sa compassion

je n’espérais que la revoir le lendemain

une longue route

les grilles sont pour le louveteau

des nues

Zelda

À Camille.

je regarde les trotteuses surpris par un sempiternel matin révélé, bientôt sept heures et ton doux visage métra fin et à terre les ombres. je te hurlerai une faim malsaine dès ton éveille.

Amour, tout comme toi.

j’essaie de me rappeler le nom des plantes et le nom de ma terre natale, celle que tu m’as laissé entendre. je referme le recueil que tu m’as prêté, quoique mes lèvres desséchées.

je te trouve lumineuse lorsque tes yeux sont fermés, ton corps se réchauffe entrelacé entre les blanches arcades. je me console dans tes rêves d’insouciance qui m’engrènent.

les blanches sornettes s’entremêlent dans ma lourde tête

tes jambes de sauterelle se dénudent, ô ma shipy !

je me souviens de ton envie de partir au loin, de rêver tout haut nos défaites, voici une chance qui s’offre devant nous, fuyons ! je ne renouvelle à ton cœur délicat que mes vœux altérés.

je tiens à ton esprit de fuite, ô ma tendre idylle ! l’aube ne dure qu’un instant éphémère et fugitif, elle sera pour nous moins mystérieuse et pour tous nos intervalles et nos besognes, salvatrice.

je brise la voie de ton père comme pour chaque missive amoureuse, rien cependant qui ne s’apparente à un total succès. je déraille dans des constances qui me creusent et contrarient.

comme t’aimer, t’aimer encore au clair le jour

est-ce ainsi l’amour, veiller tant de nuits sur notre paradis ?

je crois que sonne entre nous l’ode de coton et la fin de l’intérim, celle-ci est une aube aux magiques coffrets, un nouveau lustre sous les toits de nos villes en chanvre.

ô mon astre français !

je pressens les simples plaisirs des petits-matins, comme répondre à ton sourire à la crème de lait, c’est comme fuir et être à la traîne des vaches à lait qui rentrent.

garderas-tu ton petit minois ?

je te parle encore de nous et d’aussi loin que mon esprit me porte, de nos rares moments qui glissent et auxquels je pense le moins, car tu es toi, une averse où je m’oublie.

les nuages ont la couleur des mauves.

les accents de hautbois parfumé et endormi 

tu es une fleur jolie, jolie… !

caprice des aubes 

sur l’aile boisée de l’automne

les défunts amants     

Elysian, … que je t’embrasse ! Les Quais, Bordeaux.

te revoilà, enfin, je ne prononce pas un mot, ton teint de peau et tes yeux de jais m’instaurent… tâchons néanmoins de rester présent à nous-mêmes ! 

Charlot lettré

comme sortie d’une longue vague écumante, une déesse berbère ravivait le ciel et les arbres de ses courbes aux couleurs chatoyantes. je m’ennuyais de faillir.

j’espionnais la vie imaginaire des écrivains publics de la grande poste. je me tenais là-bas pour chaque lettre manuscrite ou bordereaux de compte à remplir.

elle n’a de grand que son délabrement.

j’étais à la recherche des lettres d’amoureux perdues dans le temps. une occupation honorable, puisque je tenais cette information d’une source sûre.

est-elle arrivée jusqu’à moi

est-elle arrivée jusqu’à moi pour me sauver ?

j’apprenais à mes dépens que ces histoires de jeunes gens étaient révolues, plus personne n’écrivait de billet passionné, sauf pour les établis.

j’étais vêtu de noir vieilli, par-dessus tout outré, un scarabée discret et sans rien me dire. le téléphone préparait l’arrivée de la messagerie instantanée.

j’essayais de me contenir en improvisant un air de génie, affectant d’avoir tout compris, comme devant un mur de rose veloutée. c’était mon cœur qui brulait.

la vie me souriait

je lui répondais avec toutes mes dents

l’armée du salut

un habille par le nouveau concept

de vies shuntées

j’étais attentif à ses arabesques en bleu de nuit, lorsqu’elle met apparu dans son plus simple apparat. elle inondait mes yeux de sa superbe.

elle ne contredisait pas la sainte taxe qu’il faut rétribuer à une espèce de Charlot lettré, le voisinage était au service ou se faisait gracier, rien n’était laissé aux orties.

je disais à cette déesse commune aux bons poètes qu’un jour tout sera enseveli et à jamais. elle a rit, comme les portraits au fusain que cette époque trop sérieuse à produit.

j’ignorais qu’elles étaient ses attentes et les miens  

une ressemblance qui me faisait réfléchir

Centre ville, Tizi-ouzou.

Une époque fugace

elle en rêvait.

elle l’a fait, flirter avec son amoureux qui était plus âgé.

tous deux jouissaient de la même verve et prétendaient à un bonheur commun. ils s’étaient installés à l’arrière d’un break familial.

il pleuvait au ralenti sur les vitres.

ils échangeaient des phrases banales et jouaient à des jeux sur le téléphone. ils s’embrassaient sur leur bande-son préférée: Memory Gospel.

il l’effleurait à peine pour être plus juste et précis dans l’expression, comme pour chercher son consentement. ils manifestaient comme tel leur fragilité.

cet homme, c’est moi

Fatiha nous a quittés trois mois plus tard

un réséda de printemps

je compose des vers bleus

en mille syllabes

Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha

elle était tendre et mystérieuse sans pour autant se cacher derrière le simulacre des silences. elle aimait danser et fréquentait les DJ en vogue.

la musique la déchaînait.

je la surprenais une fois aux abords de la gare des trains, elle était seule assise sur une nacelle, le regard perdu sur les voies ferrées qui invitent aux voyages.

elle était pleine de vie, pétillante !

un jour que j’étais chez des amis, je réécoutais ce même titre en repensant à sa jeune voix de soprano. il m’emmenait aussi loin que peux un passé incertain.

Fatiha dort à jamais paisiblement

Fatiha que l’on oublie

raisins de la tristesse

les meilleurs couscoussiers

créent la pluie

Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha

les instants d’amour que l’on partage avec nos amis restent insaisissables, ils sont plus précieux que tout le reste, bien qu’on demeure mutilé à la lisière des disparus.

c’est l’effervescence d’une époque qui voulait vivre, une page s’est tournée de la main des vents, il nous fallait plus que le fort souvenir des joies rares et inespérées.

on évite avec précaution d’évoquer les suicidés en société, peut-être au hammam ! même si là encore, on se frictionne pour échapper à son odeur que l’on traîne.

puisqu’on est drapé de pudeur !

la vie se charge de nos jeunes illusions

j’ai perdu une amie

vers un éden

derniers échos de l’amie

adieu, adieu… !

que son sourire habille le visage de nos filles, qu’elle ravive nos moindres frissons, que l’on s’adonne dans la perte, oh Dieu… !

Billet territorial

À la ville de Boumerdès.

je retrouve mes histoires d’antan, comme le même bateau qui passe. j’étais un brin défectueux, sans rien d’abstrait. je déclarais mes positions.

une somme répétitive en soi, peur native !

nous étions tous deux dans le calme de la baie, le ciel était une coquille d’œuf cassé et nos miroirs étaient neutres. je recoiffais ses cheveux qui ondoyaient.

un manège aux couleurs glauques tournait sous la neige, rien ou personne sur le sol déserté. elle avait froid sous ses vêtements et sous ses paupières bleues.

une garçonne qui comprenait peu, parfois tout !

le temps de nos retrouvailles était désordonné

je sommais mon cœur par l’enclos de son alchimie

je lui disais qu’elle pouvait m’aimer comme fuir et est-ce qu’elle était mon amoureuse ? il y avait ses yeux et sans le secours des vents l’après-midi aurait été pesante.

elle me parlait de sa recherche d’un you-you qui lui soit propre, cela arrivait environ à la puberté. elle avait même brisé une tuile avec la force de son bras.

un art martial où elle excellait.

je rêvais de la retenir encore et ne plus m’occuper des affres de l’amour clownesque, me dédommager ! je voulais rester près d’elle longtemps.

le miens chagrin est sans fin

l’heure culmine pour de beaux adieux

il me revient une chanson d’école, je me vois courir entre les arbres et une fontaine, les enfants qui courent et me halent… ! je n’étais qu’à son corps à moitié nue.

les souvenirs ont des couleurs de regret et ses baisers sommeillent sur mes lèvres qui brûlent, comme son emprunte que désormais je reconnais.

ne serait-ce que pour le bleu des paysages, l’amour d’une femme… etc. il faut nous survivre et abattre les cloisons, essayer même d’en jouir ! les essences qui me rendent.

l’irritation des niveaux d’affection

je ne rencontre que ces deux cas de figures

Culot. Grand Parc, Bordeaux.

L’étoile du Sud

Sous un portique d’ardoise viennent rêver des bergers sans troupeaux.  » Un soir comme les autres. Jean Claude Pirotte.

comme un sentier dans le ciel

parsemé de clairs étoiles

le berger suit le sentier

les étoiles tombent

le berger trébuche et tombe

il contemple la dernière étoile du sud

les deux mains sur sa tête

une pure colère gronde dans son cœur

il va d’épuisement jusqu’à son éprouvette

le ciel change et ne l’atteint pas

semblable à ce berger

sortie ébouriffé d’un rêve à peine achevé

sentier des célestes idées

ils nous voilent le paradis pour l’éternité

Les soirs bleus

À Ibtissem.

pour la préservation de vos cœurs endoloris, le thermostat de ce poème à été réglé pour une température corporel de 42° environ.

comme ce petit rocher au bout de mes doigts, tu es allongée sur le flanc gauche et tu me parles… je tends vers tes lumières dans le lointain.

serre-moi fort à perdre haleine.

je vois tes sidérantes planètes de beauté et comme un prélude à nos soirs bleus, toi tout habillée. mes dents mortes mordent ton oreille fendue.

si tu es une fleur, je saurai être la tige.

mes mains lentement caresse ton corps qui joue, les mêmes mains qui se forment au mythe du sommeil trouble des eaux. attends-moi, je te rejoins.

je gravite autour de tes veines de métal

tendre serpent ! tendre femme !

je caresse ton con silencieux par la force d’un canaris qui tremble, est-ce la petite mort des anges sur tes yeux ainsi larmoyants ? j’acquiesce tes sursauts.

la part de rêve que je te lègue.

nos baisers corsés au goût de karité, comme un gage de suprêmes sentiments. tu es du côté flamboyant de ma triste vie, là où il n’y a personne d’aussi chéri.

la bouche de mes longs soupirs.

la nuit est talonnée de nos imaginaires qui se sont imprégnés de nous-mêmes et applaudis, peut-être la dernière de non-vécue ! tu me fais vibrer.

lâche terriblement et humain !

tu portes toute mon enfance

l’autel païen

tu claques les portes sur le premier arrogant qui frémit, ostensiblement. je tiens tes nébuleuses parfumées avec mes doigts de neige, te possède.

comme toi en moi.

j’adore mordiller tes tétons qui pointent comme des outres à fleur de miel. ton visage éclaire mon visage, la lune s’est couchée sur nos cœurs avides.

je hume et embrasse ton coup ainsi que ton cul maladive, la lenteur de ma langue trompée de cire à longue chaîne te lape tout entière.

sel du ciel ! merveille du ciel !

je te désir à l’échelle d’une femme

mon cœur t’appartient dans la durée sans condition

Jour de vote

toile rajeunie                                                                          salut à nos femmes

du rabougris                                                                           au revoir aux chrysanthèmes

comme tu souhaites                                                              et puis oui

belle silhouette                                                                        verte tige

vestige céleste                                                                        dilem du témoin

                                                                                                    voisins

comme âge

âme d’écolage                                                                        et mesgoule, le mulet !

magie d’éthique                                                                      gris merveille

moderne ethnique                                                                 coupures fines sur une lamelle

yeux mousselines                                                                                   

de noir                                                                                      vieille accroche

coléo                                                                                          couleurs

noix de coco                                                                            rien dans les urnes

Attendre pour attendre Fr/Arab

j’attends le jour sans mémoire

j’attends le jour pour m’ouvrir au monde

j’attends le jour pour sentir l’orage

j’attends le jour pour sortir de l’ombrage

j’attends le jour pour creuser mon trou

j’attends le jour pour aimer mon bourreau

j’attends le jour pour m’ausculter

j’attends le jour pour démystifier 

j’attends le jour pour un accident

j’attends le jour pour faire un don

j’attends le jour pour être à l’écume

j’attends le jour pour finir en légume

j’attends le jour pour oublier la mort

j’attends le jour pour consumer aurore

j’attends le jour pour jouir

j’attends le jour pour vous vomir

j’attends le jour pour croire en Dieu

j’attends le jour pour mentir mieux qu’eux

j’attends le jour pour fuir

j’attends le jour et je le sais advenir

Confidences sur une antisèche

le doux souvenir du parfum de tes cotons blancs, si lointain et pourtant persistant, n’est-ce pas une merveilleuse coquille d’été ?

je te préférais au fond moins pudique.

je me confonds avec ton humide chaleur, l’auguste de ton austérité évanescente et mielleuse. un flash : je me demande si un jour tu me seras salutaire.

la brûlante femme mortifère et nue, perdue sur le lit douillet de mes souvenirs, ce même lit qui aujourd’hui te pleure. tu ne m’as à vrai dire jamais quitter.

je te nomme nuit nimbée.

je referme tous mes vœux altérés

j’essaie !

une eau morte

faussaire aux yeux de Z le chien

la calotte rouge

l’impossibilité de te trahir me fait défaut, je ne peux taire mon éducation et mon tempérament. la vie y est aussi pour quelque chose, est-ce une accumulation ?

je n’ai rien su dire sur la nature de mon amour pour toi, si ce n’est le trouble de mes yeux de silence étouffé. je devrais arpenter d’autres chemins pour colmater.

je commence à accepter l’usure de ton absence, comme voir le feu et les pierres s’entremêlaient, d’innombrables soleils du mauvais côté du panorama… etc.

le plus terrible est que je n’y peux rien.

une déprime circule entre les meubles

un air léger que je fredonne

les distributeurs de films

toujours avec le petit pincement au cœur

hier est l’éternel note

je regarde par la fenêtre cet oiseau qui nous prête attention, ses ailes pourront peut-être portées nos pas vers ton pays, parcourir le ciel en un éclair et recommencer.

les embrassades sans l’esprit de la fête.

il n’est que trop distrait de disparaître, un tragédien. lorsque tout s’écroulera on ne vivra qu’avec des bactéries. je me dis qu’elle sera longue la route vers un ailleurs.

j’ai failli oublier déteindre la cafetière, défaillante comme la mémoire que j’ai de ta peau. je bois une dernière tasse avant le repentir.

qu’est-ce qui peine ainsi à rendre l’âme ?

tu verras que c’est dans une boite à rêves

le bonjour de toute éternité

air glaciaire

et puis une étreinte

et puis… !

ton absence est comme quelque chose qui ne tient pas à grand chose… ta prochaine rupture peut-être nous réunira !

Un soir d’ivresse

j’avale des kilomètres d’une douce pente, les champs stériles défilent à la renverse. je vois un fauteuil de confection anglaise suspendu à un arbre, du polystyrène accolé aux poubelles.

j’abandonne tout comme un acquéreur sans le sou, tout dans un battement de nuit ! je suis solidaire de mes longues manches noires qui scintillent. j’écoute le cœur de mes pas.

je me voyais un peu plus tôt dans la soirée en Brecht, mais il n’y a plus moyen d’envisager les corps ravagés. je théâtralisais lorsque mes yeux se cachaient des exhibitionnistes.

je repasse par notre ancien appartement.

les hommes nous inspirent à plus de cruauté

les bois des vitres forment une croix

rêves pour un souhait

chacun proclame son poème

après une victoire

je parie sur la ville en approche kaléidoscopique, une immensité de cartons trompés qui trompe l’ouïe et les sens. je tiens à écrire ma nécrologie, il me faut faire gaffe à ne pas finir écrasé.

je m’aile les doigts en pianiste lunaire et étrange, l’autre ivresse quoiqu’on en dise a du mérite. c’est l’hiver des coutumières paysannes qui se baladent sur les rives d’un fleuve où on s’enlise.

je descends fulminant vers mes concaves reculées, une fumée qui se fait aussi rare qu’une paire de fesses. je rencontre un géant aux pieds asymétriques, le sol est couvert de verres, des éclats !

le nauséabond thoracique des marécages me ralentit.

j’anéantis ma respiration

j’implore sa miséricorde rien que pour l’instant

à l’heure du soir

une oiselle intime ses fantômes

à s’endormir

je confisque les plates-bandes à mes amours malmenés, un long drame vert sous l’œil ivre d’absinthe. je peux être aussi inconscient que les mohicans, seul ou avec mon cheval.

je m’en presse de tout démolir, entrevoir le fil des destinées parmi les choses qui disparaissent me raffermit. je suis le crieur de mon ambulatoire chagrin, un défroqué et analphabète.

ton retour n’aura rien de spécial.

je dépose un brin de bruyères sous une statue sans oublier de saluer le nom des rues, une pensée me traverse des poètes qui incarnent les entrecroisements, autant qu’une maladresse.

je m’égare dans le nouveau Bordeaux et alentours

sauf, le rossignol

cœur de carpe

j’enfile à la hâte mes déguisements

à leurs parfums

une femme, pour moi, doit miroiter devant mes yeux toutes celles qui sont passées, imaginaires ou réelles. elle joue sur quelque chose de démentiel, sinon elle n’a pour mon cœur aucun attrait.

Panser les mots

j’ai l’âme d’un rossignol dubitatif qui cherche des perles de diamant pour son bec. je me penche cependant sur les déboires d’un ami esseulé, au lieu de ces épreuves méditatives :

les froufrous de la chandelle sont d’un charme à souhait

vos yeux cernés détruisent la lueur du platane d’orient

elles étaient l’expression vibrée de votre propre solitude qui tombe

comme trois mois de courtisanerie tombent à l’eau

est-ce ainsi que se dérouler tous nos dîners ? sans doute, et puis une autre est venue… elle s’est posée sur mon cœur de toute part !

elles sont bien dans leurs corps // elles sont bien partout ou elles passent

… nous avions des choses d’une simplicité cruciale à nous dire 

le vague à l’âme s’est emparé de nous

laissant des grains de sable dans nos bouches

je prends le volant de sa voiture, seul et désœuvré

( comme seul le désœuvrement nous tient lieu de lecture ! )

je balade mon mégot éteint entre mes doigts, en soupesant le bruit du moteur de la voiture sur l’asphalte, et le tonnerre …

peut-être que ce soir elle me rendra visite !

Embryon

1/3

j’écris l’histoire en même temps que je la vis, non loin de l’arbre à poèmes salvateur plus qu’autre chose, comme sur des chemins de traverses.

je me surprends à bien penser, comme les citations philosophiques, les dictionnaires… etc. j’aime les significations sur les origines, le passé et les paysages.

j’ai une admiration immodéré pour l’aventure, de mon voyage autour de l’univers des poètes et des poétesses. je n’en fini plus de me restaurer.

je suis l’être de sentiments

je projette mes attentes et une part de moi-même

la poésie

c’est lorsqu’on croit à un ailleurs, pour les amoureux !

de mots

de corps

de vivre

si le poète pouvait quelque chose, il n’écrirait que les œuvres des autres

écriture, lecture et cigarette à n’en plus finir, la poésie rend aussi malade ! la manière de la construire est de tout déconstruire et de son flanc naît la littérature.

torde l’articuler lorsqu’il le faut.

je n’en fais pas un caprice au quotidien, mais cela veut dire quoi être soi-même ? ceci n’existe pas et encore moins admissible, surtout quand l’inspiration dicte.

aussi abrupt que cela puisse paraître, il n’y a pas de bons poètes ou de mauvais poètes. pour cinq heures de temps comme un seul cri, j’étais prophète.

j’écris comme un peintre

je vis en poète

il n’y a pas de route pour le non-doute !

il n’y a pas de route sans aucun doute !

nous autres chantres et chandeliers de toute heure, nous prenons acte de la part sublime de ce monde: intransigeance // vigueur // manifeste

les mots sont nos inconsolables.

nous continuerons à porter notre mort au-delà des monts, et nous vous porterons ! n’attendons plus, partons partons partons… ! n’est-il pas urgent ?

transcrire et produire sont comme une offrande des âmes au grand chêne, telles sont nos paroles, écrire…! c’est à dire, aller d’une table bancale à une autre.

nous nous abreuvons d’une unique source

la virtuosité fait les différences

on ne sait pas si c’est un remède comme une magie noire

on ne sait pas si c’est une nécessité comme des lépreux

2/3

je m’asseyais au pré du même arbre incréé, un fruitier cabossé qui de son astre s’épanouit. loin des rivages et toujours à l’école des jeunes apprentis.

je me retrouvais en déployant mes toutes nouvelles ailes de perception, je survolais les plaines et les montagnes bleues jusqu’aux climats peu cléments.

je n’envisageais aucune reddition, le seul et libre était toute mon intention. je demeurais l’intrus puisque j’avais choisi la voie des continents au vu et au su de tous.

la poésie, peut-être vivre sans ?

j’aime à évider le réel

je suis un ange et me voilà en démon, démon tout frais

je suis un démon et me revoilà en ange tout chaud

ce chenal découvert est devenu mon nouvel érotisme, une tentative d’initié et privilégié. la source d’eau claire qui donne sens aux racines.

elle est proche de la mort que je l’envisage comme l’une de mes dernières ruses pour désespérer mes parents, mes amis, l’ordre établi… etc.

approche, je pourrais te plaire !

c’est juste la vie rêvée d’un homme exalté qui dissipe ses incertitudes, éclairci ses pensées liées à une expérience poétique. un homme qui parle d’une incarnation et les alizés.

je ne fais pas école

je dis comme ni plus ni moins

je vois le ciel. petit, je suis !

je vois le ciel. croyant, je suis !

je vous le ciel. poète, je suis !

j’écoute pour vous servir vos attentes dans le silence des nuits, parmi les heureux accidents qui adviennent de façon fortuite et imprévisible.

je tâte dans l’air les formes et les idées à travers les siècles, une contemplation que je mets en relief dans mes écrits. j’enfonce la porte la moins probables.

je tombe souvent sur des vers froissés en me brisant les mains irrécupérables sur ma lyre. j’appréhende par là même l’esprit de l’émancipation.

la fabrique des mots me dépasse.

je m’empresse d’oublier pour faire peau neuf

une mue avant la migration

le temps de la révélation est comme des spasmes

les instants de l’écriture sont comme une dilatation du temps

3/3

ils disent que c’est des destinations insoutenables, un cloaque ? ce n’est que des fatalités, des rumeurs lointaines. qu’est-ce qui nous fait miroiter, ou ils ?

la télévision, les parkings, les nuages… etc. comme un magma souterrain, le contenu en entier est sujet au poème, même au-delà du tangible.

je vois les gens salutaires qui marchent, ils marchent en dormants. les rues sont les bras boutonneux d’une seule femme, sans tête et toute à sa psyché dévouée.

je hurle son nom

comme mordre mes couvertures à l’odeur de jasmin

moi, je voudrais prendre des bateaux

moi, je voudrais monter aux arbres

moi, je voudrais la revoir dans ce petit cœur

la poésie algérienne a gagné en transmission grâce aux écrits, elle s’ampute également en spontanéité et fraîcheur, à l’inverse de la performée ou de la tradition orale.

elle n’a été soucieuse que de son histoire, l’identité nationale et culturelle. l’ouverture au monde ne s’est fait que par le biais de la langue arabe et française.

un butin, nous disent les aèdes.

chacun sait le fossé qui sépare le poète de la société, une sorte d’exil éclairé ! quelque chose du chaman qui meurt pour guérir la tribu et la transcende.

le poète pardonne presque à la poésie, ou jamais !

par où que tout cela commence ?

on aura tout contrefait

on aura tout falsifier

je devrais sans doute reprendre, aller dans la bib’othèque et relire surtout, les ouvrages antérieurs. le suprême désir comme une prière, je prie.

que vous sortez au galop, du moins encore vivant ! ou que vous rentrez, il importe peu au fond ! mais qui que vous soyez, Shalem et Paix et Salem.

j’affirme d’une mémoire ancienne mon bonheur inachevé, parce que non-avoué. il n’y a rien de délibérer dans ce poème.

il est d’une lenteur cet été

tout baigne dans le vide de mes pensées

sur ces entrefaites: un poète, c’est le non-être dans l’absolu

Le hac de Leila*

les fenêtres sont grandes ouvertes, c’est l’été… je porte une cape transparente et chiffonnée, mon bermuda est humide.

ma voisine cuit du riz dans la cuisine familiale, elle n’a plus le temps de me cultivée de ses soins affectés.

un pyjama d’été

le péril des tortues ninjas

le glamour

le vent fait gonflé sa djellaba à petits motifs amusants, comme un drapeau aux couleurs indéterminés.

je suis perdu dans l’âge des premiers émerveillements, et si par malheur la chance me tourne le dos… !

un mal identifiable entre tout : nous allons plus revivre cette belle histoire d’amour. l’une des raisons est que pour elle je me détraque le kaléidoscope.

mes anges de la prédication me susurrent des solutions prêtes à l’emploi entre les mains de la providence, que je ne révélerais pour rien au monde ici.

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

Léon

À Célia.

nous rêvons d’un être plus intègre qu’une danseuse, soupçons… les fichus sont dramatiques ! cette ultime fête s’est ouverte sur les danseuses étoiles en coulisse :

le bleu du soir est opaque

les guirlandes en papier déchirent le ciel

les vitrines exposent la grande armée

les traits obscurs des marins

scintille discrètement parmi les ruines et les torches

le reine au vieux turban, une magnificence

le règne est diaphane sous l’égide des hommes, son ombre est rouge !

comme un corbeau blanc et la transparence

un parcourt des dédales d’une toile d’un peintre antique

la masse insidieuse des lumières sombres

les trois derniers coups de gong

on vilipende dans le quartier Auden

( nous sommes trois ! )

lune linéaire sur les planches courbes et folles

les hérauts nègres sont les funambules à l’œil moite

Cette manivelle, quel automne !

ceux qui comme moi immortalisent temporairement / en prenant la main des éphémères / où me manque subtilement le parfum des fleurs / désirs, brièveté et intuition à l’honneur :

ma main contre la vitre cordée

un long froid à la décharge me saisi

j’épouse l’ampleur de ma douleur

silence d’aviateur à l’encontre des ondes endurées

trois feuilles de tombés dans l’instant, – sexe fertile, c’est vrai ! que je savoure mollement…

en cette nuit d’hiver aux nuages très bas

j’affiche la teneur du velours caché de l’hymen

( petit rappelle à moi-même : apprendre à maîtriser l’art des fenêtres ! )

Les guêpes

dans ce fier monde et nos greniers poussiéreux

les guêpes trouent les toiles de nos vaines araignées

l’esprit d’un enfant y reste captif

les honorant de fourmis dans un long linceul

l’envie lui prend de hurler fort : CATACOMBES !

de prendre son envol plus qu’ici qu’ailleurs et matérialiser le ciel

se déverser ainsi dans l’estuaire

comme se marier à la saison des couleurs

les mêmes guêpes touchent de leur dard de feu

le tendre de nos chairs

là sont des pensées d’un docte fou

au milieu des champs d’avoine en flamme

Degré zéro Fr/Arab

à Hania.

il faut nous tirer parfois les fleurs du nez.

les rares fleurs des genêts

passent les saisons et les grands froids

c’est l’âme des immeubles d’où s’échappe l’odeur du lait

mêlé à ma douce voix

mon genêt est une couveuse de vies à qui je fais l’amour nerveusement !

mon genêt est le roi des brigands qui fait la tournée des magasins suffocants !

mon genêt est une arme courtoise et un murmure lointain des fonds marins !

mon genêt est l’ornement d’une fille à qui je parle aux heures de la nuit ferme !

mon genêt est une traînée de grains de la plus méchante des ogresses !

mon genêt est le passage des camions poubelles qui ne ramassent rien !

mon genêt est la montée d’une chanson vers le monde des rêves striés !

mon genêt est l’étalage de sang sur le sol des chiens errants !

mon genêt est le point de ralliement du dernier chameau de kabylie !

mon genêt est une bourrasque d’été qui mouille même les dents !

mon genêt est une vieille fille qui palpite et n’arrive pas à remplir son carnet !

s’affranchir, c’est d’abord saisir

les kilomètres des vies en noir et en jaune

c’est des segments qui emplissent nos yeux

de la couronne lunaire

l’horizon d’infinis genêts est au verrou d’à côté

il nous faut gravir l’utopie

Poinçons sur une ceinture Fr/Arab

est-ce que vous comprenez que l’on peut remodeler son passé à l’infini ?  

comme un peuple phage aux puissants élixirs d’amour

comme une vieille histoire racontée depuis les fonds des âges 

comme un lavabo vieilli de faïence local

les émigrés sont comme au seuil d’un printemps de paix universel

saisissez !

saisissez !

saisissez !

est-ce que vous comprenez que l’âme est trop grande pour une fourmi même pour s’y loger ?

j’étais rendu à des visages aux tribulations de lichen

j’étais rendu à des chœurs chorals fondus de sourires en chapeau de paille

j’étais rendu à des passages au quartier western sans âme familière qui vive

les émigrés sont ici pour moins que rien et rien au-delà

sans secours

sans secours

sans secours

nos moindres passions finissent en échardes

suivez votre veine !

Quelque chose d’un au revoir

À Nathalie.

il me semble et ça m’en à tout l’air d’une romance sans paroles. confiante dans les faubourgs et les troquets, tu faisais la guerre aux hommes bibliques.

une mythique vocifératrice.

tu étais une petite créature qui trouait mes nuits désincarnées et solitaires, tes cheveux rayonnaient sous les lampadaires de la ville.

il y avait de quoi avoir peur !

mes mains en quête d’une nouvelle limite tremblaient sur ton corps, je te rhabillais de fripes espagnoles et rêveusement, je m’abandonnais à tes lèvres à demi closes.

j’essuyais la honte du ciel en me jetant entre tes bras.

il pleuvait sur nous

il pleuvait

tout me dicte

je noircis mon cœur badin

à l’encre du jour

nous étions pré d’une lampe de nuit, nous fumions parmi de tendres jeux qui nous animaient. nous vivions follement et cela te semblait bon, ô nocturne soleil !

je croyais entendre tes faits d’arme: je n’ai pas les voiles. les grandes et blanches, est-ce que tu comprends ? la grêle m’appelle et ne me cherche pas des noises !

nous dormions à petit feu cette nuit là.

une pensée heurtait l’argile de mes mots, une formule désuète et cruelle, celle au fond où tu n’étais rien qu’une comète pour un bédouin. le silence retombait entre nous.

comme pour durer cette fois-ci.

la lampe s’employait à veiller

la lampe s’était figée

une couronne des anges

tes silences sont parfois long

à la détente

je cherche depuis tes yeux de différente lecture, je les cherche partout où s’immisce le doute de mes songes. tu pleurais après tout le jour de nos adieux.

je considérais ton double totem, curieux de toi.

les autres filles croisées dans les rues, les bars, les trains… etc. elles ont toutes ton sourire, mais rien d’aussi fauve que l’expression de tes yeux.

je voyais des châtains et des rouquines, les coquines !

la méditerranée nous sépare… – euh puis quoi ? de l’autre côté tu ne portais pas de blouse en fer ou de henné, mais est-ce que tu affiches toujours ton inimitable masque ?

je revois l’abîme qui nous distinguait

comme ton éloignement

une romance sans couverture

jusqu’au jour qui se farde

de tes yeux

je te retrouve toujours dans mes souvenirs, disponible et abordable comme au premier jour… !

Cuirasse

À Hania.

certains soirs de gaie mélancolie et avant de m’endormir, je joue avec le rebord en bois de ma table de chevet, vernis et froid au toucher.

oh Dieu faite que j’aime encore !

je tombe dans un état qui ne possède aucun atterrissage ou scaphandre, comme un gouffre peut-être qui espère: un coucher de soleil sombre dans les lointains… etc.

je repasse en revue toutes les vies intérieures et entrevues, une mise à l’épreuve que j’assemble bout à bout. je fais face ainsi à une sorte de néant.

ces vies sont un territoire inoccupé.

je savoure les instants éternels très rares

comme une coquille ensablée

fin d’un amour

un baiser offert dans le vent

aux senteurs du Rif

je revisite comme après chaque soir en solitaire les mémorables siècles, je revois et estime la dette contracté envers les auteurs que je relis et que j’admire. 

je ronge la peau de mes ongles pour m’en extraire, le chantier de mon anxiété ne s’étanche qu’à la vue du sang. je serre alors les poings pour m’habituer à la brûlure.

les nuits m’avalent par ailleurs et le fruit de leurs entrailles n’est que tromperie et laideur, je ne remarque la fin de mes turpitudes qu’au lever du soleil.

même s’il ne résout pas tout.

même dans les plus noirs songes

dans le vert d’une bouteille

les liens virtuels

une feuille a la légèreté

d’une hirondelle

je céderais un jour volontiers le passage aux hommes, les bêtes et les casseroles semblables à des virevoltants. les nuits peut-être adoucirons mes indignations.

je rejoindrais ma maison seul et tranquille, bien après que les mots désertés ne laisseraient que mes os, au même titre que les hymnes au ralenti.

je déposerais mes ailes encore tièdes sur des feuilles pour expier les fautes de mes semblables. la vie est dure ici-bas, mille pardons…!

je danse sur mes pieds de chaman.

la cérémonie ne fait que commencer

comme un long détour dans les grands fonds

ciel de midi

la lune lézarde son quart au soleil

un éternel

est-ce que c’est la fin qui recommence, s’éternise de volupté. ô l’obscure condamné ! les fins par milliers échouent sur les rives de ton cœur incompris, que le vent les emporte aussi loin que les lointains paradis… !

Le ciel de la Loire

mon aimée est quelque part vivante sur le globe, je l’imagine au pré d’un cours d’eau chantant nos retrouvailles. les mains levés au ciel en signe de prière.

je l’imagine maudire le premier jour de notre rencontre, et bien d’avantage ! c’était une conquérante des cases vides de la partie qui se jouait.

elle était l’unique fille d’une union désastreuse qui portait son enfance, même si le principe de son amour était de rêver d’elle éveiller, de m’accaparer.

je lui soupçonnais des dons cachés.

de toute souillure mon âme blessée sera lavée 

l’eau stagnait dans les barques le long du quai

                ruisselle vite la neige qui n’est pas saisonnière 

                la patience des feuilles d’arbre qui s’effacent du sol

                prends garde à ces instants fatidiques de tous les départs

comme une mise à distance, comme un an de décompter ! c’était déjà l’été, elle voulait comparer nos pas, elle guettait aussi l’autre rive sans me regarder.

c’était trop tard, trop tard… !

comme après chaque absence, la nature se remettait à éclore sous mes yeux, mon téléphone tombait à l’eau et j’osais lever mon fiel au ciel pour l’atteindre.

les nuits se ramifiaient en me laissant au vertige de la perte, je n’ai rien compris à ce qui m’arrivait. je n’avais d’ailleurs rien à redire et j’y ai consenti.

reconquérir, c’est déjà avouer la perte.

je m’en suis allé sous la pluie

c’était fini

ô cœur tendre !

reviens sur l’irrémédiable

bien des saisons

j’apprenais à nager dans le flou au lieu d’entrevoir une possible réconciliation, une harmonie entre nous. j’ai évacué ma colère par une suite de catastrophes.

une lettre qui n’a jamais été envoyée.

je repense aux moments joyeux de notre union, comme quelques feuilles qui fermentent dans un pot. j’ai consigné presque tout aux oubliettes, sans classer.

ce presque est une brindille !

la frénétique clairvoyance d’un amoureux transi : il n’y a pas plus grand / que les élans du cœur / ma vie jusqu’à ce présent / qui se meurt / n’était que déception / parsemée de brèves éclaircies / où hélas / hélas / je m’étais noyé sous le bleu

que Dieu nous vienne en aide

que les vents emportent mes paroles  

de page en page

je perds le courage des mots

mort à vif

– pourquoi tu ne changes pas de chaîne ?
– regarde, c’est beau un nu.

Les fleurs fanées

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, en toute saison, elles interpellent nos esprits égarées.   

elles rivalisent d’épanouissement et de senteur, puis hagardes, vient le temps de l’inattendu, comme un mini crépuscule éblouissant.

nous parlons des fleurs qui n’ont rien à envier aux imitations suffisantes et opalines, une jeunesse aux lèvres rouges grimoires qui s’étale devant les ouvertures.

les plus engageants les piétinent.

les fleurs hors saison

j’efface mon jeu du grand tout

un kimono blanc !

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, en toute saison, elles interpellent nos esprits égarées.

elles changent d’aura à la nuit tombée que l’on pourrait les prendre pour une peinture morte, le temps n’a plus cours autour en leur présence.

nous parlons des fleurs auprès desquelles on sent une certaine douceur de l’air ambiant, lorsqu’elles s’offrent aux vents sur une musique des sphères.

route des oliviers

les cafés maures ont des sourires

de filles en fleurs

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, en toute saison, elles interpellent nos esprits égarées.

nous parlons des fleurs qui semblent se superposer au réel, une touche. elles versent dans presque tout, comme leurs tiges qui s’approchent pour nous arpenter.

elles offrent par ailleurs des fleurs.

mon âme a croisé le houleux destin d’une magnifique fleur qui vague, une superbe de l’automne. sauvez-les des détritus ! parce qu’elles vous aiment !

les papillons ont des ailes et parcourent des kilomètres

les fleurs fanées sont aériennes

l’odeur des sous-bois

je penche pour une violette sauvage

entre les reliefs

Un petit conte d’hiver

j’écoute avec l’œil du cœur l’espoir luire et ne me quitte jamais.

ils rentrent au port inquiet

une cloche retentit entre les poteaux de fumés

la lune est pleine et s’est éteinte pour un temps

ils sont ivres de sel, de paysages et des vents

la soute d’hiver est pleine de cotons venu de Skikda

ils gardent un mauvais souvenir de cette ville aux péripéties prophétiques

sur le pont du bateau amarré

ils s’affairent et chantent dans une langue étrangère :

A nous, à nous le bel horizon

Nous sommes des baleiniers

Ma Fatou est chez l’aumônier

Ali Alo voilà le harpon !

A nous, à nous Dublin ! 

et cetera.

( le tout dans un je ne sais quoi qui revigore leurs survies ! )

je revois les visages des marins sortis tout droit d’un Goya, les contours des corps rivalisent de promesses inachevées, – des olympiens à la pointe des mauves ! 

je reste stone sur les quais de bois et dans un froid brouillard, espérant qu’un jour je connaîtrais cette paix durable intérieure dans la marche

chaines frêles d’ici et d’ailleurs…

dois-je expier ?

Les cloches

nous sommes assis sur un divan éméché et mauve, nous sentons la fin de soirée. vous portez encore votre écharpe noire et de coton autour du cou.

votre long cou…!

mes doigts jouent délicatement avec un billet bleu plié trois fois, c’est comme un instant dans la vie d’un homme qui me paraît sans fin.

il est pour nous seuls ce billet que je m’avoue.

nous étions plus tôt d’humeur suicidaire, sans tact. vous aviez la même expression sur votre visage à celle des jours exécrables, parce que j’ai trouvé la perle.

une garde malencontreuse.

dans ce bar au coin de la rue Triangulaire

nous humions en marchant des pastels les bras croisés

une trachée de marbre

l’univers d’éros au féminin

m’avalent

il y a de la poussière partout sur les meubles, les affiches de cinéma les dos blancs face aux murs et sur des oiseaux flous que l’on peine à reconnaître.

nous chantons le cœur plein, nous fumons l’herbe du Maghreb en écoutant un tam-tam historique, une loi lointaine, de vieilles rengaines qui font corps mystique. 

parmi nous très peu savent qu’ils sont encore en vie, tous portent une seconde peau de circonstance, et surtout, des masques ! je trouve que c’est bien un masque.

les nuits glissent sur nous et quelque part nous pénètrent

comme une eau verte souvent désirée

nous nous exerçons au jeu de la voix me gagne la voix me perd dans un état d’esprit de samouraïs, même si nous n’avons aucune tête à couper.

on se lasse même des films japonais !

je mords votre oreille tout en expulsant des mots de jalousie extrême, vous restez de marbre, un brin hautaine ! je sais qu’à d’autres vous offrez votre sein fécond.

je me retire et me déverse sur le sol tout en laissant derrière moi, comme des petites écorchures de sable rouge sur votre lobe gauche. j’honore l’onéreuse addition.

quelqu’un écrase mes doigts !

les étoiles donnent du relief à nos folles nuits

nous virevoltons les lendemains

foi du poète

couronné les nuits solaires

par le pelage d’un chat

Côté Sud. Église du sacré-cœur, Bordeaux.

j’ai commencé ma recherche de l’écriture en faisant des points sur une feuille, comme d’autres font des bâtons. les points c’était mon truc, je voyais des trous noirs, planètes et comètes, points finals… ! et puis, pour atterrir sur des postites.


Donation, – Pourquoi ?

Vous avez la gentillesse de parcourir mon blog et de m’encourager. Je tiens avant tout à vous en remercier, merci chères lectrices, chers lecteurs. Vous faites le choix d’une œuvre personnelle et originale.

Le poète n’est jamais tant un poète que lorsqu’il veut vendre, il objective ainsi son art. les temps où l’on distinguait un achat d’un soutien est quasi révolu. Le choix de l’indépendance est un luxe que beaucoup se refusent.

Il me reste donc, pour ne pas sombrer, à espérer en vos contributions. Elles seules me permettront de continuer à écrire comme je le fais aujourd’hui, tant que vous m’y aiderez.

Vous pouvez m’aider en utilisant la formule classique dans le domaine du logiciel libre : en faisant une donation par Paypal !

Climats torrides

les démons assèchent les illusions de ma chair malléable :

les manquements à la soif, cent fois répétés… !

seul cette mémoire me tient captif

le vent souffle sur ce qui reste de mon territoire

refuges et désœuvrements

le changement s’est intensifié

dénommée : ruine.

ainsi vont les tourbillons dans l’âge d’un cœur

un sablier où le sable ne tombe pas

elles se lèvent les paroles oubliés au milieu de la brume :

l’ensemble des restants : ô sombre forêt, rendez-nous s’il vous plait sa dépouille, nous nous acquitterons devant les morts et les vivants ! 

il n’y aura pas de cérémonie funéraire

il n’y aura pas de coups de feu

le point de vue du mort :

les guerres intestines font encore des émules !

( un loup gris se penche pour voir… )

Une cascade de pluie

À Ghiles.

au-dessus de la clameur

des noirs sons

je retrouve mon lit de coton

et la littérature

qui berce mes mauvais sommeils

le sable des siècles africains se frotte

aux parois de l’instrument

je repasse sur ma folie

et l’époustouflant chemin

des non-retours

les amoureux du pont de pierre

s’embrassent comme deux

à l’abri des étoiles

une fine pluie mélodieuse

s’entend

une femme élancée

chante un vieux refrain rock’ n’ roll en français

le rythme démentie

est un sous-titre en chinois

à ma perdition

les amoureux du pont de pierre s’enlacent

dans les vents nus du soir

comme sa délicieuse rengaine

que je lui reprends

de ses lèvres imbibées de gloss

les deux mains humides

et à plat posées

sur sa longue épine dorsale

une fine pluie mélodieuse

descend

j’avais loin d’ici les yeux figés

sur une pierre tombale

la boucle est bouclée

comme un sein

et j’aime mes tentatives de résolutions

La scène Tizi-ouzienne déraille

radieux l’abécédaire qui s’est cajolé

de la flûte d’os enchantée

les petits miracles quotidiens

les purs espoirs où se dilatent les rétines

les après-midis d’amours perdus et imaginaires

un rendez-vous clandestin

la tendance qui déferle sur les anniversaires

l’exubérance des soirées du ramadan

les jeux de conquête et les chemins d’aventure

la scène Tizi-ouzienne pulse les cœurs

le plus laid de tous porte un joli parfum

ô les beaux jours !

( ô les belles têtes de choux ! )

– ô les impénitents ! – ô les petits diablotins ! – ô les vieux crapauds !

les chiens errants fêtent les orphelins

les liens qui nous tiennent en halène

où sont passés les carcans de la coutume ancestrale ?

le souvenir vive de la lyre du mémorial Jugurtha

un tigre qui glisse sur les rêves de saphir

les contes courts et les espaces hors des palais

les fronts hauts ornés d’étoiles et s’endorment

le cri des joies lancées à l’univers

peu importe les lendemains réfractaires et moroses

les cieux envieux des frères et des sœurs

envieux de cette mosaïque flamboyante de mille feux

n’ayez crainte, restez restez restez !

la police urbaine guettent les incartades

Les 12 ruses Fr/Arab

je fonde un nouveau monde

… avec la querelle des anciens

je suis un homme sauvage et libre

… un homme qui aime la beauté

je me suis exposé à la haine

… m’évertuant de la circonférence de ma solitude

je crois aux phénomènes inexpliqués

… l’un des dommages de l’irrationnel savoureux

je ne suis pas né pour l’argent

…  comme ne tenant pas figure à la prudence

je suis un chercheur du précieux métal

… un généreux donateur d’artefacts

je me refuse les privilèges de la parole

… le silence de la carpe est méridien

je ne vis pas dans le temps présent

… de multiple stances de ma madeleine

je suis un renégat des siècles humains

… où tout est déjà sous contrôle