Récits interrompus

Un exilé

Je restais dans la nuit, mes années à l’étranger, le temps passait, etc. Je pleurais mon aubaine, – Pourquoi ? Je rentrais, le jour fut. Je cherchais par où ouvrir mon esprit à la mémoire

Tout me manquait


Sotte de tes sottises !

L’ami de jadis, de toutes mes confidences, son soutien était de glaive comme Olympe. Nul soleil à présent ne peut sécher mes larmes. J’implore une trêve, ô Nom ! mène mon salut ailleurs

Souffre mes rires accoladés aux murs de ton oxygène


Tableau

Une habitude le long des semaines, Marie, par sa fenêtre soupèse ses peines, de couleurs : fluo – blanc – feutre. Comme une flamme. Simone, sa voisine, fume et mâche un chewing-gum

Verrai-je leur prochaine mort ?


Rêver autre

La messe de mes strophes naufragées, une fantaisie qui aveugle l’insouciant. Je m’arrête et fume comme un nuage au-dessus d’une plaine. L’indifférence triomphe de la posture

Donc, il pleut !


Tunnels

Il y a des souris rue Leberthon. Une souris devant ma porte, avec ses tâtonnements, sa cuirasse, une pente ! Cette dame déshabille mon âme. Elle me dévisage, sans laisser un gramme

Trouver un piège !


Noir pisseux

Les mots étaient parfois joueurs, fantasques, racoleurs, rêveurs, etc. Les femmes… , grimpaient aux arbres comme les flammes, sur des branches qui se déchainaient du passage des oiseaux

Et les nidifications


Fontaine

Je viens de rentrer, comme l’enfant roi et ses mouchoirs. Les premiers mots anodins, les soins prodigués, les mets aux saveurs retrouvées, etc. Cour sous le soleil, coups de poignard

Délibérément


Merci

Il me faisait pleurer, larmoyant était le château des douves. L’échafaud en de pareils cas où je méritais que tu m’aimes ! Ô toi, ma quête, ma rose, ma frêle, mon sel, mon nuage, etc. Tout de bleu

Songeais-tu à nos merveilles ?


Rives

Mon corps souffrait au supplice, de l’un qui se familiarisait, de l’autre qui s’affirmait. Comme ces deux sortes de personne, les uns consommaient la rupture, les suivants rassemblaient

Ligne droite syncopée


Et moi, humblement

Un soir, en cette étendue qu’était le monde, je plantais mon chapeau sur ma tête qui ruminait une complainte. La complicité avec les choses se passait à de délicieux moments, tous les jours

Frôlements d’ailes et pas de vent


C’est une image où je ne veux être

C’est l’image d’une femme, fraîchement rencontrée, qui aime le froid des hivers, les rivières gelées, les chevaux de course et tout ce qui est blanc. Je l’imagine avec une robe de mariée

Ou simplement que rien ne change


D’une anecdote à une légende

On m’a raconté que Matoub L. est rentré au pays après un concert qu’il a donné à Paris, avec une baguette de pain entre ses mains, dès sa sortie de l’avion à l’aéroport d’Alger

Et si c’était du pain frais ?


Un train à l’aube

J’ai fait un clin d’œil à Séléné, triste ce matin, frissonnante. Je doute de par le vaste monde. Moi-même, comme chaque feuille d’arbre, l’âme vibrante, couverte. Je n’arrête pas de jouer, aussi

Rosée où elle a froid


Tragi-comédie : Obscur

Je dors mal, mes yeux sont sans expression. Encore partir, encore très loin, je vois des amoureux sur une bicyclette sous la pluie ! Le monde est inconfortable pour un jeune, fortuit

Excepter peut-être pour l’amour


1 – 2 : Teste !

J’ai trahi, hier, mon ami dans le besoin à qui j’ai donné ma parole, sans me justifier ! Après quelques réflexions, je me suis ravisé, pressentant la honte à venir au quartier

Il n’y a rien d’autre de plus à dire


Le seul qui mérite d’être défendu – fondu !

C’est du cinéma contre le vrai, le pur ! Lorsqu’un acteur conçoit l’évènement, jetant le spectateur à la touche. Parce que… , j’ai oublié mon propos ! Personne n’est à l’abri d’un trou, d’un bide !

Vive le cinéma !


Sur mon envie d’une publication

Je ne connais qu’un seul moyen, tu fais de la prison après avoir tabassé 3 / 4 personnes influentes dans la criminalité, pour raconter ensuite ton expérience dans un livre hollywoodien

Qu’il m’a répondu


Une nuit au carrefour

J’ai pris mon lot en ce bas monde à bras-le-corps et je l’ai aimé à l’encontre de tous les vents, en parlant aux veuves égarées et aux pochtrons qui hantent les villes. Bonne nuit Pochtron, merci !

Ma main tient une pièce, sans adresse


Fit

Il y avait dans l’air autour des femmes fougères lorsqu’elles dansaient sur une légère musique, comme une transparence, une mystique. Elles m’arpentaient, leurs pensées souvent discrètes

Les papillons auront toujours des ailes


Tignasse

Saliha, était une fée qui fredonnait dans mon cœur des poésies à l’eau de rose, sans lien avec une romance. Il y avait cependant des arbres en plein milieu de la cour de mon école

Du même nom


Pour un petit pays

Longtemps j’ai laissé glisser sur moi le vent de la stupidité. J’ai été pourtant l’homme de la situation, quoique un peu boiteux et flexible. Je ne traitais rien, procédant par étapes

La solution découlait d’une source étrangère


Cône

J’étais d’un pied antique et d’un goût prononcé pour le vin blanc. J’attendais le parfum d’ombre de la feuillée, les sons boisés raclaient mes veines. Je n’avais de cœur que pour toi

Rien de plus ni de moins


Une prière algérienne mineure

Peut-être quotidienne. Dieu, s’il vous plaît, versez sur moi un peu de votre bonté, quand l’horreur s’entremêle à mon idéal et ne se retient plus, car les élastiques sont tondus

Jusqu’au niveau de la gorge


Chagrins

J’avais 14 ans, il en avait 27. Je savais qu’il allait mourir. Une époque morose, – Comment pouvez-vous dire que les liens du sang sont indéfectibles ? Je décide de vivre

Avec ma cervelle noyée dans le gèle


Les dires poétiques d’un émigré

Je me couvrais la tête de branches et de feuilles d’arbres, puis quelquefois de pierres et de poches en plastique, de tout ce qui me tombait par la suite entre les mains

Soucieux du devenir de mes cheveux


Rôder dans les rues

Je rôde dans les rues sans rencontrer personne qui m’agrippe, qui me fascine. Je fonce avec mes 4 cylindres, la lune comme passagère. Je me demande si c’est le mois des conclusions

Il fait nuit en mon intériorité


Vive les fous !

Trois fous sur le même trottoir : le premier titubant, le seconde fuyard et le dernier un peu des deux. L’un derrière l’autre, ou l’un suivant son compère. Ils se tiennent immobiles, observants les nuages

Rêvés au cours d’une soirée morne et froissée


Rien à offrir à ZAHIA EL DJAZAIRE

Pour elle, sans doute, son besoin de questionner, de creuser et s’immiscer dans l’espace de chaque chose, est comme une façon de fuir l’ordinaire, et ne l’aime que trop ! Elle me tient aussi pour un étranger

Le silence est la plus juste des réponses


Seul en mieux

Pour me cacher des monstres, je me réfugiais dans mon imaginaire ou sous les jupes des filles consolatrices et faciles. Lorsque je m’identifiais à ces monstres, elles n’étaient que mes semblables

C’était comme aller à une fête foraine pour une armoire à glace


La pluie et le beau temps

Nous sommes souvent mal compris lorsqu’on pense à soi, plus encore si le bateau chavire. Nous passons devant le vulgaire qu’il ne faut pas léser sur sa personne, surtout ne pas les oublier !

Dieu saura nous partager


Les supplications d’un fou

Dévoilez-vous et ouvrez à moi, je vous suivrai n’importe où ! Montrez-moi votre réalité, votre aventure sera mon paradis. Ce ne sont là que quelques mots au souvenir de votre regard de femme

J’attends encore une réponse  


Sans gants

Entre trois réponses possibles, la C est préférable parmi toutes, toujours. La quatrième étant le silence, une preuve du cœur à coup sûr. Les propositions, ainsi que pour les solutions, ne sont pas apportés

Dans une époque du Market


Crème au mascarpone

Je parlais à mon grille pain, à mes tartines, etc. Comme à mes amis qui échangeaient entre eux, me demandant qui me comprenait dans l’ensemble. J’appuyais, ça coulait : Tu n’était pas moi

Une réelle source de pue


Faire comme

Je ne fais rien. Vous voulez savoir ce que je fais ? Rien. Vous ne savez pas ce que je fais ? Rien vous dis-je, j’empaquète de l’emballage ! Empaqueter n’est pas rien faire ? Moi, je dis que oui

Quasiment rien


Dialogues

Il est tant que cela improbable pour toi, quasiment saisi de faire cohabiter Bonnefoy Y. et Sacré J. partageants le même territoire, sur la même étagère, en terme de bon voisinage

D’encre et de poussière


Je comme à autrui

J’accompagne parfois des sans-papiers aux entretiens, rédige des mails et curriculums vitae en leurs noms, cela me procure le sentiment d’accomplir du concret. Je renoue ainsi avec moi-même

D’ici la Mecque


Pour Camille

Est-ce une poésie à la mesure de votre dimension ? D’ailleurs, sans m’attarder, ce n’est pas à moi de me prononcer. Je ne les discrédite en rien, ni ne capitule ! Bel et bien le contraire, j’ai foi en eux

De la manière succincte


Je n’en savais rien

Je craignais une position, peut-être qu’il ne le fallait pas. Le cri / Rien ne le signalait, mais on me perdait. Je retrouvais mon labyrinthe, malgré que j’étais au milieu d’un orage

Comme il était bon de se taire


Si je devais choisir une couleur

Je traverse une phase mystique, rien ni personne ne passe outre ! Lorsque j’annonce, le vent l’emporte. Un autre parle et exige son dû, le monde assimile. Je ne vois aucune injustice, sinon les mêmes mots

Le kaki !


Ay adrar nath irathen

Je m’en presse à tout démolir, entrevoir le fil des destinées parmi les choses qui disparaissent me revigore. Je suis le crieur de mon ambulatoire chagrin, du souk aux montagnes

Un défroqué et analphabète


Et l’aimais !

Je peignais les couleurs de mon pays, le rêvais. J’avais jamais senti auparavant de l’ingratitude. Un sol qui m’avait choisi me rejetait dans la foulée, ses hommes finissaient par me l’arracher

Comme de la gueule d’un loup

Freeway

J’y suis, écrire ! Ma vie peut tenir parfois dans un poème sur deux lignes, mes aspirations, aussi. Je lutte pour extraire l’essentiel, une image qui me rétablit. Je marche à l’ombre depuis peu de temps

Depuis toujours


Nous seuls

J’imaginais la course du monde derrière ma fenêtre, les volets tirés, sous la lumière d’une veilleuse. La faute me revenait, comme celle échut au perdant. Je les aurais tous fait, j’aurais tout perdu

L’ici, et l’au-delà


I – recherche

Je me méfie des ensembles, du panorama, où les objets sont imbriqués. Il n’y a aucune particularité qui transparaît. Soit, tu y entres, ou pas ! Comme un spectateur qui observerait les poètes de loin

De très loin


Un oubli

Je croyais que ma vie partait pour de bon, tirait ses grandes voiles, les blanches comme un retour au pays fantasmé. Mais non, ce n’était qu’une halte, qu’un fort sentiment d’une transition

Qui dure 

Étoiles, ma rose dépression

mon affection tend vers les étoiles les moins scintillantes – ou pas du

tout – selon les nuits – particulièrement à celles qui me briquent par

surprise – comme par éclat – d’où une infinité accable

avant que tout ne retombe…

*

c’est dur de s’ancrer à la terre – à son corps – il faut se nourrir et

déféquer – et gagner en humilité – il faut pourchasser et tuer – les

ingrats dans son cœur beaucoup – il faut se branler ou baiser

à l’inverse non pas pour s’élever

*

je ne sais comment m’arracher à leur influence – un temps, j’étais

embarqué dans l’astrologie – je ne suis à présent attentif qu’aux

éruptions – des perspectives – de la curiosité – les éprouvant, oui

y en a qui les tatouent sur leurs peaux !

*

parfois si trouble à moi-même – à mon entourage et leurs réticences

je crois que je fais mal – comment s’y résoudre – quel drôle d’

isolement – est-il préférable de dire non lorsqu’ils sont autour

que de répondre oui au tout, seul ?

*

ils s’interchangent – par un glissement – c’est-à-dire une fois sur

deux – cela m’apaise et abolit la distance – j’ai vu durant des soirs

clairs le visage de l’aimée – des poètes dans le ciel – aux cœurs battants

déterrés pour la plupart du 19e siècle

*

sur les chemins – on appel à l’aide – personne n’y répond tout

à fait – peut-être, une femme – que l’on viole à moitié et humilie – sans

savoir vraiment pourquoi – mais si – pour de l’aide – confusément

ou comment chasser le féminin !

*

je dis est-ce vous qui convoquerez mon âme – quel poème répondra à sa

lumière – j’attends d’en apprendre plus de mes lectures, comme certaines

choses me resteront voilées – qu’est-ce qu’elles se transmettent ?

avant que tout ne retombe…

ce n’est sans doute plus que les résidus d’un poème

à cette heure, restons

Invertébrés

sourires – une bouche

l’eau arrose mes pieds nus

assentiment

portail qui se referme

arrière pays d’un été

*

fifti – fifti : sardines

focale sur une poche noire

préméditation

long parapet entre toi et moi

cœur salé du soleil couchant

*

à deux ~ le soleil rallonge nos pas

d’inégale distance

un arrêt qui prend ~ roulis

frottement

entre les montagnes

*

les virages perchés ~ abords d’une source

la portière s’ouvre d’un râle

un ami pose sa main sur ma nuque

comme du vomi

comme le gouffre d’un parfum

*

renversé lorsque je pars ~ mêlée sous les parasols

intentions nubiles

continûment

une apeurée graisse les angles

qu’est-ce qu’il y a plus loin ?

*

beauté du crépuscule ~ un port récent

me voici d’une appréhension

à l’horizon un oursin

dans sa main – une fourche

pérennement

*

un train pour chaque partir ~ fin de la saison

une silhouette sur le quai 3

me sourit – une dribble

antérieurement

trois cris dans la baie et la pinède

*

retour sur l’île ~ un parachuté

atmosphérique

une envie d’outre-bleu – plafond

elle évite mon regard

depuis le guet

*

au pied du miroir un miroir ~ un soleil bossu

de l’autre le berceau

rien ne m’aura vieilli autant – d’os ou de lames

retournement

indices des corps en maillots

*

quart de la vitre ouvert ~ cils salés sur mes paumes

tous sur la faune brûlées

brillamment

un mot qu’ils échangent – lointains

l’ombre de l’habitacle aura fait mon jour

*

le chien me suit ~ une ombre houle

une cabane ensablée – le grain

infiniment

tu m’embrasses dès l’à côté

ne résiste que l’asphalte

*

thé et chansons ~ bivouac renversé

chichement

le vent effleure les peaux – tes bras déliés

rien qu’autour d’un foyer

à la cendre grise

Au matin, je rejoignais la veille

j’avais parfois des sueurs froides rien qu’à l’idée de passer à côté de mes textes, de ne pas les comprendre. par éclairs, il me venait un métadiscours, aussi léger que la main d’un peintre

je déployais très peu de moyens, une économie de mots, avec la perspective de réaliser le maximum d’effets. le vers, la phrase, me venaient souvent en Français, articulés ou non

je malaxais, corrigeais, raturais, etc. une écriture d’après coup, toujours. non loin du contrôle, cela me paralysait de la faille, empêché de surpasser les digues

je tentais de réhabilité l’illettrisme, pour une poétique d’après le réel, une sauvagerie ou voie naturelle et par où je passais, puisque je doutais

je trouvais un style, un rythme, un ton, etc. loin de changer, puis l’eau s’était métamorphosée

je voyais le poète toucher au poème par brides

au-delà de son existence

de son état

alors qu’il était tout-poème

il ne pouvait en être autrement

le poème me traversait comme si c’était le dernier, reclus dans mon grenier

comme le dernier départ d’un train, ou la dernière étreinte

je croyais qu’aucun instant écoulé, ne remédiait à cette 11 heures du soir. je n’étais décidément pas du matin

de passage, je ne souhaitais pas m’appesantir

j’étais encore là ! j’y revenais, ressassais

urgence

de la vitesse

et quelques renoncements

l’état de mes poèmes : une version diminuée de ce qui me précédaient

la source n’était plus, restait l’encre et la poussière

annonçant l’effacement

je situais la chanson en parallèle de mes productions, hors de mon horizon

un album de Depeche Mode et une fuite était entrevue

j’écoutais, je convoitais, là où je m’aventurais

je me voyais comme un charbon, une ode au charbon

alimentant tous les foyers

lorsque tout se valait dans le grand brasier, passant vrai au pied de rares montagnes, un vertige me prenait, alors je contournais

je me demandais qu’en était-il du débordement, en poésie, aussi. il était vrai que tous les poètes décevaient leurs contemporains, un leurre de croire l’inverse

je désespérais des jours de lecture sans un arrachement ou un emporté

je me résolvais. je me prêtais des voix dans mes recherches et concepts

ou lorsque je tissais de la laine, durant les éclaircies

je ne savais jamais qui j’étais, où j’allais, mais j’espérais de mon cœur

comme entre deux contrées, sans la tiraille. j’échappais à l’idée du plein, aux lunes

je rêvais de la sensibilité des singularités, sans m’y prendre

j’écrivais parfois avec les poètes

parfois une adresse

de dedans et de dehors

auprès de mes morts, auprès de mes mains

je fracturais le poème, tout en intuitionnant la régénération, comme un second souffle

jusqu’au moment où je constatais la perte

longtemps je m’engouffrais dans les brèches du poème

comme un intrus

comme un éléphant

un élève surtout qui écrivait sur la marge. il m’était indéchiffrable

je méditais sur mes raisons de vivre, mes peurs et mes aspirations, – comment était mon enfance ? mutique, comme une surface

est-ce qu’il fallait me lamenter sur mon sort et me terrer, alors que je devais autre chose de mes lamentations

j’étais de la faillite, authentique, radicale, – à quel moment mon histoire s’était gâtée ? lorsque je touillais dans le sens inverse des aiguilles. une fabulation

je les inscrivais à la lisière, dès l’abord. je les écoutais, rien que pour la jubilation d’une suite de signes, pour monter

je me persuadais que ce n’était jamais sorcier, sans m’attarder à ce qu’ils étaient campés, ou du milieu

conspiration, adhésion, translation… : rupture !

de ce que j’en savais et devinais, tout m’y préparait, tout m’y arrachait

je transcrivais une poésie qui collait à ma peau, sans ajout de mes travers, de mes poisons

elle était parfois qu’un discours lorsqu’elle me paraissait indicible, moins limpide

j’acceptais néanmoins sa part d’incompréhension, d’imperfection, d’inachèvement, comme ne pas l’accompagner au bout

je ne retenais qu’une touche, un scintillement, comme le parfum du jasmin les nuits d’été, la réverbération sous d’immenses soleils

j’employais le Je comme un autre soi, érodé, feuilleté

je hurlais à la mort, rien cependant qui pouvait nuire

j’y déposais mes croûtes

je renonçais

à chacune des chutes, une relance, un mot

je me souvenais de l’époque où je n’étais pas trop stupide, mais où j’allais

je rallongeais les idées lorsqu’elles me venaient, aucune ne s’atténuait, comme les ombres des arbres au crépuscule

j’écrivais parfois toutes les nuits, sans tracer une ligne. je ne rencontrais cette hargne nulle part

je concevais un filet. je récitais mes poésies

je me prenais toutefois pour un bookmaker, pronostiquant sur les chances et l’audience d’un poème, bien avant de le dénaturaliser

de le renier, subséquent

quels dieux empêchaient leur envol, une unisson…

était-ce donc moi

l’homme pendu

à son sac

avec un coude qui se détachait

d’une cité

tenant du souk et bradait

j’inventais des problèmes de plus en plus les nerfs à vif, comme des lames qui raclaient mes os

je pourchassais mon destin, ma conscience était sans tache, baroque

je n’avais pas de solution à m’apporter, sinon pas affligé, – que pouvait un poème en ces temps de rift, en ces temps de chien qui plaident pour des chiens rongés par les bêtes ?

comme étaient les étranges arbres, la nuit, seuls, pareil, ces mêmes arbres qui me causaient le vertige

j’étais animé par une langue, creusant une autre, comme d’un seul corps

de toute l’eau qui coulais et que je ne buvais pas

j’étais de la loupée

celle vers quoi je tendais

comment l’écriture me contaminait, s’était imprégnée en moi, jusqu’à dans mon lit. je ne saurais peut-être jamais y répondre

je ne savais même plus à qui j’écrivais, comme de me rappeler qui était derrière les initiales

que je notais

et cela n’avait aucune importance

je me laissais porté par le plaisir du texte, comme de jouer avec les poètes

l’écriture, la mienne, était sous des soupirs

je cherchais le trou dans les poèmes, la détérioration

il m’était certains jours difficile de tracer une ligne, d’extraire un mot

par moment, j’avais l’impression que cela se passait ailleurs. j’étais bloqué

il m’arrivait d’entrevoir d’autres formes, me serait-il un jour possible de les approcher ? comme un désir fou de tout embrasser

j’ajournais, vaincu