Nous sommes fatigués

nous sommes fatigués de dormir, – de courir, – de marcher, – de se lever, – de s’habiller, – de descendre pour ensuite remonter, – de se tenir, – de tenir les murs, – de chausser des chaussures neuves, – de redormir pour l’éternité.

de donner nos voix, – de discourir en fou, – de se voiler la face, – de fleurer, – d’injurier, – de subir, – de se taire, – de suivre, – de se rehausser de vivre, – de vivre de vous, – de départir vos exploits, – de feindre que l’on vous a compris.

de se réinventer, – de nous lire, – de poétiser l’arc-en-ciel, – de travailler, – de piailler sans écho, – de performer, – d’intellectualiser, – de produire, – de corriger et repasser de nouveau, – de s’allonger, – de commercer sur les rapines.

je vague pour ne rien céder à l’amertume

les verbes voguent d’une mémoire à une autre

une journée de grève

je fracasse les billes en verre

de ma bourse

nous sommes fatigués de s’aimer, – de toucher, – d’embrasser, – d’embraser, – de humer les parfums saturés, – de lécher, – de jouir, – de rentrer et de sortir, – de se réchauffer et de se refroidir, – d’affranchir les âmes, – de contempler.

d’érotiser les conversations, – de procréer des générations ingrates, – de juger, – de reprocher, – de parler, – de bifurquer, – de pleurer des flots, – de chuchoter pendant les ébats, – de couler, – nous sommes fatigués de faire l’amour.

de se nourrir, – de déjeuner, – de déféquer puisque l’homme la choisi, – de boire que de l’eau, – d’écouter, – de vous vomir, – de tousser, – de se gratter même si c’est une bénédiction, – de ronfler, – de jouir une dernière fois.

chaque mot est une boule à facettes

comme le mot Amour

nous sommes fatigués des hauts et des bas dans la foi, – de ne jamais voir la nudité, – de patienter, – de faire acte, – de pécher, – de donner, – d’aumôner, – de se marier, – de se réinitialiser, – de sentimentaliser, – de mentir.

nous sommes fatigués de bénir, – de croire et de ne pas croire, – de prier, – de se purifier, – de guérir, – de chuter, – de pardonner, – de s’ailler, – de sacraliser, – de s’amourer, – d’invoquer pour les morts, – seul Dieu m’en est témoin.

de se connecter, – de se virtualiser, – de chatter avec des idiotes, – de faxer, – de décrocher fâché, – de raccrocher sans réponse, – de bredouiller, – de photographier, – de pornographer, – de twitter sauf si on est intéressé.

nous savons toujours allées

Dieu l’a voulu ainsi

trois jours monotones

je savoure l’Écrire des verbes

qui aèrent

Après la séance

À Kamel.

il prend une serviette, un peu sonné. il tâte l’air frais et respire en essuyant d’abord son visage, la tête à moitié penchée sur son épaule.

le dos appuyé au mur.

les gestes sont imprimés dans ses gènes, une frappe. sont-ils des automatismes ou l’essence d’une vérité, qui saurait répondre ?

il entend les fées qui regagnent les lieux en se promettant de les aimer toutes à un autre âge. il regarde ce corps qui un jour le trahira, sans doute épuisé.

le phare de symbole est fatigué

l’osselet se brise

comme à chaque fois

le portail reste sans réponses

aux mystères de l’eau

les bras qu’il ne sent plus et qui deviennent lourds ne lui sont peut-être pas étrangers, mais d’un gladiateur ! ils ont entamé la flamme et tracté tant d’espoirs.

le torse et les poumons amples qui répondaient pendant la séance sont chauds, olympiens, se développent. il n’a encore une fois qu’effleurer ses capacités.

il revient à l’eau verte avec une odeur d’égout qui sculpte les corps hypnotisés, les plots de départ jonchés de matérielle de façon chaotique… etc.

il reçoit le don vivifiant

l’esprit de la bravade nourrie

un portail bleu

les machines sentent le neuf

en coup de vent

il se dit que demain, il n’y retournera pas ! il se dit que s’en est assez d’endurer ! il se dit qu’il n’a rien d’un athlète ! personne ne lui a appris à s’habituer.

il sait que le labeur est derrière lui et qu’une sieste lavera ses visions, une accalmie dans le schéma de vie qu’il s’est créé. il n’a jamais su gérer la fin d’une saison.

le ciel abonde tellement de vies nouvelles et surtout sans épreuves, il y croit. il y croit comme un engagé qui ment à son capitaine. il marche pour rentrer, déjà différent.  

l’espérance à la fiche

la lune croissante rétablie le silence

les générateurs de l’été

le poème renait de ses cendres

entre les dents

Dans des temps reculés

la voisine de mon immeuble pourrait jouer d’un instrument, il y a tout le temps de la musique dans son appartement. on s’entend à peine penser dans le voisinage.

les yeux tracés de khôl comme une Maghrébine, elle me donne l’impression d’une botte d’asperges sur les étalages du marché.

elle a dans les alentours de la trentaine, une allure mince bien sûr, et espiègle.

une pensée de tes lèvres

je retrouve mon petit laboratoire

de mots violets

je la croise parfois à l’entrée de l’immeuble, mais plus souvent sur l’un des paliers de l’escalier. somme toute, on est voisin. 

elle me relate parfois tous les faits et gestes d’un autre locataire, elle en fait une espèce de chronique.

j’ai deviné presque tout de ses intentions ce jour-là, même s’il me manquait la nature des circonstances que je finissais d’apprendre par la suite.

elle sortait cette fois sans manteau

il faisait froid

un drapé de pluie

ainsi sont les fleuves

parfois en hiver   

elle a d’abord baragouiné quelques mots en descendant les marches, les gens distraits le font pour masquer une appréhension, mais pas que ! 

elle m’a souhaité la bienvenue le plus normalement possible, le croquis d’un sourire la parée.

je ne réponds généralement aux politesses d’usage qu’avec courtoisie. j’ai évité comme j’ai pu de croiser ses yeux.

elle venait d’appeler les secours

une nuit intense   

les histoires abimées du vivant

même chez les astres

Absences

À Rochdi.

1/3

je réapprends à aimer… vous dites que l’amour est un sentiment infini ? j’ai fermé à un moment les portes, comme un raccourci vers la nuit.

je ne sais après comment le vivre, il m’est difficile de l’exprimer. je ne sais rien d’autre que mon insignifiance, la table de mes échecs qu’il me faut réchauffer.

comme le travail des choses précieuses, l’orfèvrerie, les pierres… etc. j’ai une insuffisance étroite avec le Soi, une renommée dans une certaine économie de l’ordre.

j’offre ma vie cela va de paire

vendre mon âme cela me laisse réticent

l’oisillon becqué

le souvenir des paroles oubliées

se démêlent

je n’ai plus foi en la vie, – qu’est-ce qui se bouscule dans mes entrailles et remonte à la surface des scènes incompréhensibles à l’entendement ?

n’est-elle pas à contre cœur harnachée !

le raz-de-marée qui submerge le sol emportant les édifices de la honte… et mon corps inondé, et mon cœur prend le flux des vagues… ! je surnage en suffoqué.

je revois mes départs vers les anneaux de glaise sphérique, les mêmes planètes aux pupilles blanches qui se balancent jusqu’aux matins colossaux en pleurs… etc.

les lendemains soulèvent mes craintes

je passe sur les nuits givrées

corail du ciel

on est toujours au sud

de quelqu’un

j’erre souvent dans mes abîmes, une légère tendance à la mélancolique et me voici débarrassé. j’enracine mes espérances dans mes semblants de sincérité.

je me tiens en marge de la société, cela me permet de recevoir. j’arrive parfois à trancher dans le vif, il faut dire que ce sont là des instants particuliers.

je suis franc et honnête avec moi-même sur mes envies et dans quoi je m’aventure. je suis franc à perdre haleine ! je me parle à cœur ouvert, comme je parlerai à Dieu.

l’espoir m’est permis

ô quel drôle d’espoir nous concevons !

douceur de la nuit

la musique de la brise d’été

sur les feuilles

2/3

vous êtes en piteux état que ça devient presque déconcertant, quelque chose s’est cristallisée, là ! j’irai jusqu’à dire le contraire si je ne vous connaissais pas.

je doute que ce soient toutes ces traversées qui vous laissent sans droits, ne vous minez plus. je crois aux occasions fournies pour redoubler d’efforts.

je ne suis qu’un modeste généraliste, ne vous demandez pas comment ! excusez-moi, s’il vous plaît, je dois rependre à cet appel… ! allô, vous interrompez… !

vous passez par-dessus les eaux opaques

les chemins qui en disent long

l’appel de l’aube à la prière

mêlé au chant des oiseaux

repend oui

je vous disais que personne ne peut deviner votre désarroi dans les cinémas, à la plage ou dans les balades au parc…etc. seul, vous éprouvez les remous.

essayez de sortir, amusez vous ! voir du monde n’est pas si mal ! cherchez dans vos anciens contacts. parlez-moi, il est toujours question de votre femme ?

cela fait un bout de temps que l’on se voit, vous rentrez régulièrement à ce cabinet et dès que vous franchissez le seuil, vous disparaissez.

est-ce que vous tiendrez la distance ?

nul n’échappe à ses erreurs

la plage vide de présence

abonné à la sortie buissonnière

du mois de mai

je vous conseille de mettre toutes les chances de votre côté, peut-être qu’un jour elle se rendra compte de l’erreur commise, ou jamais. vous aviserez le moment venu.

je suis attristé par votre situation actuelle difficile, vous butez sur des questions sans fin, mais ne soyez plus tributaire d’une histoire qui vous détruit.

je tenez à vous dire que je reste présent, continuez à venir me voir lorsque vous jugerez cela nécessaire. nous pourrons reprendre à votre guise.

vous et moi, c’est tout comme

un médecin peut nuire

court-circuiter le réel

avec le sourire d’un homme

coutumier du bien

3/3

tout me ramène indubitablement à vous, vous êtes partout à la fois, à l’intérieur de moi aussi ! du plus lointain souvenir au geste le plus anodin.

vous m’avez sacré poète.

vous affichez plusieurs visages à mon inconnaissance, la primauté à l’étoile de ma vie. une guide dans un pays où les étoiles sont de mousse.

revenir n’est plus possible entre nous, après tant de sacrifices et d’habitudes regagnés. retournez au pré de vos proches et dites-leur qu’ils n’ont plus rien à craindre.

je tâche de me prémunir des insolations

de me ronger la peau

une bref éphémère

je danse le hip-hop parfois

dans ma tête

vous me poursuivez dans les moindres recoins, sans exception. on s’est mis hors de la vie lorsqu’on s’est aimé, plus personne ne peut nous l’enlever ou l’effacer.

j’aimerais tant vous revoir pleurer, ne serait-ce que pour avoir le cœur net sur mes sentiments passés. je m’affranchirais de ma nature de démembrer.

je ne suis presque rien sans vous, un témoin involontaire au drame de ma vie. je surpassais sans conviction des hommes dans la fureur de vivre.

je croyais à votre histoire plus que tout

un lot qui m’aveuglait

cet écho rappelle

les deux âmes qui vagabondent

dans la pénombre

c’est de mon amour meurtri que je meurs, j’étais béni des dieux et mes prophéties se réalisaient. est-ce qu’il y a encore une femmemerveille en ce monde ?

je laisse derrière moi des univers infinis et rien d’autre, une interstice à des murs indéchiffrables. je ne peux me dire et voir venir en me laissant choir.

toutes mes pensées vont à Dieu qui créa la terre et les hommes pour vivre en paix. j’ai vécu en paix avec vous dans certains endroits calmes et doux.

j’aimerais vous parler de Lui.

la vie est une mort heureuse

si seulement les regrets ne dormaient pas à mon chevet

une petite magie

laissez-moi encore vous vivre

entre les lignes

Un été avec Dante

je lisais Dante Alighierie, un poète exilé au noyau obscure. je traversais ses textes où plusieurs niveaux de discours transparaissaient.

il me rendait petit, désuet, flasque… etc. comme sous l’effet d’une eau chaude et l’ascension de son verbe qui transcende me navrait.

le paradis blanc sur bleu ou bleu sur blanc annonçait le crépuscule, le sien. je me demandais comment peut on faire œuvre sans filiation ?

une écriture chamanique

le chemin d’un pèlerinage sans fin

cris de soif

très haute la concave de Jupiter

une conversation entre le gravé d’une paire de flûtes

ad vitam aeternam

Muhammed et son gendre Ali, les lumières de l’orient se trouvent dans la Comédie bannis, comme avec l’écharde enfoncée des papes.

il n’était au fond question que de la langue, de réalisation de soi-même par l’écriture en se surpassant. la quête de joyaux !

je ne savais comment les mots employés fonctionnaient, mais je savais pourquoi ils devaient être là, triomphants. les choses me semblaient opaques par moments.

les scènes grotesques de l’enfer… etc.

une lecture ésotérique

l’âme sous l’influence des astres

déjà vu

cela fait un toit pour l’été

d’un vivant

l’Amour chantait de Béatrice me faisait sentir une nostalgie de florentin, une édifiante clarté ! je retrouvais depuis cet air en voyant chaque enfant.

la croix que l’on désire sous ses fesses, je m’avouais l’avoir connu. pour ce qui est des personnages, ils m’étaient non-attrayants plus que le reste.

il invitait à la confession.

je ne relirai sans doute plus jamais Dante, il appartient au quatorzième siècle et qu’il y demeure, – quelqu’un veut s’approprier son livre ?

cela est sans appel

je ne sourirai plus à mon bouquiniste

mes yeux étoilés bruissent par un saut

le chat ne joue jamais seul

s’infiltre par la serrure de la porte et des fenêtres 

l’aube aux clartés essentielles

tout s’invite à ma demeure 

à l’heure de l’éveil tâtonnant de la nature

l’attention à la circulation des oiseaux

le chant, la langue, les dieux  

l’odeur de lait et de café sur le feu mitonnant

le secret miaulement d’un esprit étrange et drôle

la naissance du jour et de l’adresse 

l’appelle du vendeur ambulant

le cœur est un chien qui dort

éprouver de la compassion envers un monde perdu et de dégénérés, n’est-ce pas être soi-même atteint de folie ?

Les vedettes ramadanesques

À Gaïa. ( une inconnue sur Badoo )

j’admire la capacité de Mehdi à se tenir debout en blouse toute la journée et la moitié de la nuit. je regarde les gens s’installer sur les dossiers en cuir et s’en retourne tondu, ils mêlent versets coraniques et des qaça’ide de Amar Ezzahi  

je crois qu’entre temps la télévision diffuse un match italien, peut-être que je confonds avec la retransmission du speaker. il y a des cheveux noirs et gris sur le sol, l’imam prolonge la prière du soir

la rue du coiffeur est à sens unique, peu fréquentée. je l’appelle depuis mon enfance la mal éclairée qui est de son vrai nom la route des arbres, eux sont élagués. les nuits couvent nos rêves montre à la main

je ne suis qu’un homme ouvert à la nuit sans pitié

un homme qui a perdu l’esprit

sous le coton des temps

les rideaux métalliques tombent

( – est-ce que c’est l’une de ses nuits sans fond ? )

les flirtes innocents s’enrhument

une cocotte en papier peint dans des amas d’agrumes

– est-ce qu’elle m’aime ?

dans le tout noir

j’appelle au Sauveur des hommes !

crépuscule

pour l’heure, j’arrose les plantes

j’erre parmi les peupliers endormis et ma ville natale se dédouble, une écorchure. j’ai en mémoire de vieilles querelles de clocher. les gens ont tendance à la sérénité après la coupure du jeûne

je vois les voitures garées en pleine descente et des personnes d’un certain âge qui sont assis et parlent à voix basse. ils me regardent et puis silencieux à mon passage, pour finir reconnaissant

la ville a ses inclinaisons secrètes, elle est identique à la nuit et bien davantage. l’humain ne se lorgne pas, mais il a un prix comme partout. sauf qu’ici, ils sont beaucoup à attendre le soleil 

ils ont l’air aussi de se repaître de tout 

je me prends une tasse de thé

écorchure de l’âme

une glissade dans du savon d’été

qu’est-ce qui permet ? – la noyade

j’ai dû en chier

sous le coup des fatalités !

désordre camouflé

un bus orange grince

je suis désorienté dans ma propre ville

t’accueillir dans les soirs

t’accueillir entre les interstices de la réalité

je parle de ma chute et le royaume qui se heurtent à la lumière de ma démence. une langue étrangère me gratte, comme la froideur des caveaux ! il y a effectivement beaucoup de choses qui écœurent

j’incarne le drôle de martyre d’un automne qui agonise, une boursouflure. j’envisage les charmes ancestraux et caduques. les factions multiples n’étaient que des ours polaires élevés au grain de blé du sud

j’étouffe en moi le silence qui fait rage, quelque part des chiens aboient. j’imagine qu’ils referont les crapauds, les voix de nulle part sur un banc. je fume comme un puits raclé en me promettant une visite à l’un d’entre eux, persistance

le doute gâche toutes ces années

je rêve d’un dehors nouveau

les persiennes sont d’un beige émietté

là, je suis tombé ! là, je retombe encore

l’appel de mes semblables a quelque chose à m’apprendre

par eux, je m’évapore

l’esprit s’absorbe en deçà des voilures

je me laisse tenter parfois par la paix de Dieu

Partir comme on épelerait le nom des sains

À Nader.

je ressens les années d’errance et de fuite, les départs par centaine et les sentiments de l’espoir avachi qui les accompagne. je ressens des vents contraires qui préludent à ce qui va suivre

mes yeux d’Ulysse se posent sur ces jours passés et profondément regrettent. les désirs ultra-plombés, les dents qui claquent… etc. comme ronfler la mesure de ses doigts de corail rose

je me souviens des trains de nuit qui me portaient, pourtant le vent siffle dans mes oreilles. les vols d’oiseaux dans les champs parcourus à toute vitesse, les paysages qui lavent encore le seau du souvenir et aèrent mes paumons

je suis l’exilé des vieilles fortunes

une mémoire lourde à porter pour mes frêles épaules  

je ne sais pas écrire

je voyage, je parle, j’écris… !

on dit de moi que je suis maudit

qu’aux ténèbres je suis voué

je crois que chacun à une chance

à un peu de lumière

je m’étais attelé à l’étude des astres et des corps ravagés très tôt dans mes saisons qui creusent comme une pelleteuse, – les lois du seigneur requièrent du silence ! le genre d’indicible qui vient d’en haut

j’ai jeté la clé sous la porte pour rendre l’écho de mon âme friandise, la noirceur des baisers de la veille promettaient une disparition. j’ai froissé mes sandales pour revenir parmi les étoiles

je ne suis que la moitié d’un amour brisé et si un jour je tombe dans la moire de l’humide clarté, sachez que jusqu’au bout je vous ai aimé. l’esthétique d’une poignée de feuilles de l’amour font un ensemble harmonieux

longtemps et reclus dans les murmures d’un mal logé

comme les mots confus qui éclosent dans ma tête

comme le jour qui coule, j’ai soufflé le chaud et le froid

comme un courant d’air ! comme un courant marin !

la terre était le ciel et le ciel était de terre

les points cardinaux m’étaient indéchiffrables

le sang de ma poitrine nourrissait mille fleurs

je n’avais rien au-dessus ma tête

il est temps pour moi de demeurer pour mes proches

j’ai renouvelé mes engagements envers la vie

je n’ai rien contre mon cœur, tout est vain et d’ailleurs

j’ai rencontré Dieu dans un pot de danette

je doute à présent de moi en parcourant le monde, j’ai grand froid. l’âme vibrante de ses trésors inexplorés et couverts, même de la petite et innocente rosée. j’aime les choses non-apparentes et qui ne disent pas leur nom

je poursuis cet instant d’éternité d’une grâce renouvelée, les nuits sans pareille glissent irrémédiablement et bientôt transparentes. je me rend compte qu’Ulysse avait un équipage et des compagnons de voyage

je vais me lever lentement de mon siège et prendre un recueil hors du temps qui plante une graine, une complainte maladive. je vais me laisser être au firmament sans germe et sans aucun remord dans le cœur

puisque la vie est une escale

je fraude tous les trains

l’homme cherche à se résoudre

de tout temps…

comme allonger sur la lune

tiède et au calme

il sonde son âme sur tous les niveaux

j’ai répondu à des leurres

et je souffre de la contrition

Trois petits jeux du Je perpétuel

ils m’ont affublé de différentes expressions tout le long de mon existence, le prénom que je porte depuis le jour de ma naissance et le jour de mon entrée en crèche. je fais évidemment l’impasse sur les insultes gratuite ou justifier 

j’avais une fille dans chaque bras !

ils m’ont accolé au collège le surnom de pécheur, je le dois sans doute à mon tempérament de mécréant plus qu’à mon chapeau. s’ajoute à cette période d’autres termes sophistiqués et terrifiants: ex-petit-ami, ennemi… etc.

une période bien compliquée.

ils ont même appelé mon volume de chaire tonton et ceci pour toutes les générations à venir, mais l’homme qui se tient devant vous ne s’y reconnait pas. je ne suis qu’un être insignifiant qui fuit devant les sollicitations

je ne sais ce que tout cela implique.

je me prépare à la mort dans ma retraite

sans aucun nominatif, comme un scarabée livré au bec d’une huppe

hélas, je ne reconnais que le beau
je ne me l’explique pas

très peu savent
ils rêvent

vivre sans vous
et mourir

mourir à vous entendre
et vivre

( ce n’est pas aussi idiot que ça en a l’air ! )

qu’est ce qui subsiste
les mots
l’espace
les mots et l’espace

il n’y a pas de secret
Je dois beaucoup à ma couleur de peau et mon intuition

je n’ai plus la capacité de guérir et de me régénérer aussi vite qu’auparavant, mes blessures prennent un temps considérable pour cicatriser et colmater. je crois que l’homme s’use comme une machine à écrire ou un réfrigérateur 

il me fallait six heures de sommeil et sans ressentir les coups de moue durant la journée. je ne bâillai que rarement hormis la sensation des paupières lourdes. je remarque aujourd’hui qu’il me faut quelques heures de plus 

il m’arrive de même avec la récupération qui ne doit être qu’une question d’horloge interne, je pouvais par exemple marcher des nuits entières sans me soucier de la distance ou enchaîner les épisodes au lit et ne pas fléchir

les expériences usent par érosion 

les souffrances usent aussi, j’ai… !

comme une âme égarée
pour une seule nuit

j’achève… !

je perds, oui, je perds la raison 
dans le noir du chaton

il pleut
la rive de Tigzirt

si t’es sociable, ma belle 
il y a ceux qui préfèrent la compagnie des escargots

il pleut, il pleut… !
la rive de Tigzirt

il n’y a qu’un orphelin pour guider l’aveugle
je me délecte de la pluie qui tombe en trombe

chanson d’automne
j’entonne

je vais conclure comme on s’engage dans un rire, ensuite vient avec la question du corps. c’est comme mourir et naturellement, je pense à toi. je pense à ton visage au ciel multiple qui glisse vers une aurore inconfortable

je me rends compte au fur et à mesure que les moments importants sont ceux passés avec mes amis, ils me racontaient les bonnes vieilles histoires. une anecdote par-ci par-là et puis tombait une confidence à couper le souffle

je crois que l’on ne peut échapper à son destin qu’un certain temps et l’issue ne sera que plus fatale, j’ai élaboré un système nourrit d’une mythologie personnelle, une fiction qui brise le modeste seuil de ces lignes

qu’il est bon de me souvenir de vous

parmi les récits juxtaposés où je vois presque tout

au commencement, il y avait l’oubli

et toi, et ton corps… !

l’infini du jour naissant

brûle !

les jours passent

les semaines…

comme la vie en l’air

comme les orteils du pied a l’air libre

où toute est mousseline

passent les jours et viennent les aurores

je m’en vais sans vraiment partir

L’édredon rouillé est humide

il me faut rentrer à la maison, c’est là-bas dans l’ombre que j’ai déposé mon crâne rempli d’eau de pluie. je vis dans le brouillard ou peut-être que ma vision se trouble. il neige ce matin dans mes yeux, j’essuie une disparition dans le miroir

il y a cette chose dans l’œil bleu d’un vieux notable inexprimable d’homme à homme et qui semble nous parler de résignation. nous sommes bien pauvres d’expérience, nous observons les échappées du regard

mon cœur est dix fois plus léger que mes yeux, dix fois est peut-être trop, ou peu… ! il pleut cet après-midi sur la salle de concert, l’étoile joue et danse avec un piano d’ivoire

j’aime les artistes.

il faut que je rentre à la maison

je ne suis personne entre mes prunelles

chanvre indien et chèvre du bon diable
je respecte les vieilles coutumes
         

le nouveau soleil est un miel que je tartine avec mes doigts
pour la saison humide, chantez ! comme chez la boulangère à la queue leu leu

de révélation à révélation
ils ne feront jamais le poids

les histoires des anciens et la superstition qui règne, je les savoure à chaque instant de mon existence, à chaque coin d’ rue que j’arpente en la bénissant. je butine amèrement sur le talus, un peu plus ! la pâte est rarement cuite

je m’engage dans la rue Saint Rémi en tournant à droite, j’arrive dans une petite place éclairée de bougies et de ma main, je goûte l’eau de la fontaine. je m’aventure là où il n’y a personne de reconnaissable, un divan

j’envisage à la place des immeubles les montagnes du Djurdjura, l’herbe haute de Sidi Ali bouneb… etc. j’hallucine les silhouettes des filles qui pourraient m’offrir un baiser pour mes vacances comme dans les romans

une quille a toujours froid aux jambes.

j’ai un flash : un petit slip avec un soleil jaune dessus

le manque d’un cœur qui nous sert fort

la radio du téléphone est sur une station inadaptée
je me démène de l’instant plus qu’autre chose

j’ai mis un sous-scellé à une comète anti-âge
depuis son passage mes relations se ressemblent toutes

courte, combien me manque ma vie d’avant
plus de remontrances par éclipse !

elle a semée elle a semée… à travers moi !
elle éclore dans ma poitrine maintenant lucide

mon dieu fait que je me dépouille de cette enveloppe
une fois pour tous les ciels, une fois pour toutes les apparitions

je longe les quais le visage face au vent
je marche seul

comme un miracle des siècles passés et futurs
les petits bourgeons blancs sur le fleuve creusent le courant à l’infini

j’ai un ciel spongieux comme unique drap
et son flot ainsi qu’une cousine

j’ai cru voir dans tes yeux des papillons bleus en souffrance
et de la défiance nue que je te cède

il y a l’autre avec son rebondi de bonne française
après son expérience du soleil levant et mes trois mille caresses

à Gambetta 05h34, aussi vide que les parages de Houellebecq
ah si, peut-être qu’une ombre s’y glisse

j’aime les oiseaux qui piaffent la nuit comme pour dire la fête n’est pas finie
je prends la pleine mesure des conséquences

je me suis décuplé sur une terre que je ne reverrais jamais, plus jamais avec le même œil de l’innocente adoration. le souvenir des mots et d’images tous par les yeux sont vernis. je défile d’elle

brut de décoffrage.

lorsque les volontés divergeaient dans notre vie de couple, il ne restait que mon amour qui se donnait en spectacle. il ne suffisait plus à lui seul, la couverture. j’avais misé sur le sien

je ne pleure que de moi. 

je feuillette depuis la culture vaseuse qui nourrissait ma moelle, une petite collection déchirante. je me suis baigné nu et effrontément parmi les dieux. je me suis purifié

le verre est translucide

un whisky irlandais qui sent l’écorce des oliviers

j’ai oublié ma maison

j’ai oublié mes amis et mes amours

j’ai oublié ce que c’était la vie, la vie des dieux

il m’apparaît clairement que cette façon de percevoir et d’être au monde est quelque chose de poétique

pour sûr, je suis un corbeau qui a soif

je surplombe les domaines sans éclats, les corbeaux ont droit de cité

les semelles coursent les jours de la création

il faut s’attendre à du granite et à la roche de fondre

j’ai parfois l’impression d’esthétiser la misère de ma condition, alors que j’essaie simplement d’être au plus pré… !

Trois petites impasses

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour, – il y a des nationales et il y a des routes, – je roule derrière les camions… les 6 les 12 les 36 tonnes, – je suis au téléphone, – c’est la route, – une déroute, – jamais avec des pantoufles

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour, – je reste pré du danger, – je pense que rien ne peut m’arriver, – je suis tellement pré du danger que rien ne peut m’arriver, – je vois les arbres poussiéreux, – les gens qui attendent le bus

sur la route des autoroutes et tout autour, – il y a des routes il y a des impasses, – il pleut, – il pleut souvent sur les autoroutes,- j’enclenche l’essuie-glace, – hypnotique, – captivant, – le sourire aux lèvres, – je cherche la raison

le cendrier est plein à craquer

j’ouvre la vitre

une allée

je souffle sur mes envies

un vent obscure

sur la rive avec mon chien, – j’investis le domaine du non-moi, – au diable les fils et les attaches, – momentanément effacé, – je suis l’autre qui glisse au creux de la vague, – absent de moi-même, – interdit de souvenir

sur la rive vierge avec mon chien, – je construis une cabane de paille inflammable, – l’œil furtif et scrute – présence contaminée, – il ne reste que des pourquoi vagues, – le noir est une couleur, – un sans visage

j’ai les pieds nus sur le sable.

sur la rive avec mon chien, – il n’y a plus de chien, – j’ai tout consentie et du laiteux, – cela ne sort pas, – on a tout recenser dans les livres, – le peuple maudit, – une histoire courte de l’expéditeur, – un cul-de-sac, – les ressacs

toi ma bien-aimée, le deuil.

un passage aux toilettes du bar alligator

je recharge le téléphone

j’envie l’impassibilité des pierres

comme la musique de la main des vagues

la nature prodigue ses leçons de vie

la douceur de vivre d’un galet sous le soleil

l’eau salée mouille mes lèvres

j’envie l’impassibilité des pierres, comme leur tranquillité

j’erre au milieu des courants de mon cœur, – son cœur à la petite cuillère, – j’ai besoin de me recueillir, – je caresse les rêves du vent, – son sommeil léger, – j’ai un petit peu froid, – toute à l’heure j’ai pleuré, – le rêve continu

je souhaite m’étendre et modeler mon âme, – son âme occasionnelle, – je parle seul et si seulement je trouvais preneur, – je l’ai laissée pour morte sur la rive miteuse et les bateaux vont au loin, – son cœur pourtant si volontaire

je m’éloigne du port mythique, – la nuit comme le jour je te salut, – je stationne dans l’impasse des clématites, – une note quand il n’est plus question de notes, – mélomane de la fluidité, – comme le sang, – suspect

je me défais sous mes yeux

les souhaits se précisent

sur le rivage soufflait un vent frais… sur le rivage un vent frais soufflait sur le caillou ( le caillou au bout de ton sein, le caillou de la nuit, de cette nuit ! )  

un vent frais souffle sur le caillou de mes nuits

on aurait dit que les chairs brûlaient

j’urinais autrefois sur le sable en faisant de la mousse

je revoyais ma vie d’alcoolique et mes diverses effronteries

… sur le rivage par épuration les migrants échouent, les manques et des tragédies qui soulèvent plus de manques. l’histoire moderne nous montre ses horreurs, que nous voulons plus d’horreurs !

Quelque chose d’un vendredi terrestre

je n’ai rien avoir avec le commun qui refuse la part du merveilleux dans le cœur, l’abandon aux nostalgiques rêveries… etc. comme un enfant s’adonnerait dans le vent.

il excède les quatorze printemps.

ils ont peur du ridicule qu’ils ne se risquent à rien, rien de probant. je ne tiens pas à fédérer quoi que ce soit et au-delà de la bienséance: froideur / distance

une sainte colère qui s’épanouit !

la part du ciel que je détiens et aussi infime soit-elle, je ne dois pas la négliger, cela pourrait être mon seul rempart contre l’adversité et bien plus encore.

je n’en fais pas une étude.

je ne tiens pas aussi que l’on m’aime

même si là, je mens !

le tabac à rouler

brûle les lèvres autant qu’un baiser

d’adieu

il y a les déshérités et qu’un seul message, une mystique aux ivresses claires. je persiste à nier ma réalité, comme s’il s’agissait toujours de percer les zones grises.

les religions s’exportent, non ?

je sais lire les signes, comme me reconnaître à travers les miroirs. les réponses que je trouve dans les nuages bleus, l’eau potable du robinet et la température.

la mort d’alors ou le poème ?

je ne dois plus céder devant la valorisation individuelle, une gargarisation de mots ! mais je tiens pour acquis les choses prédominantes sur les nerfs.

le voile tombera !

les sidérés ne trouveront plus de secours 

il est trois heures: 24

j’entends de la musique qui se noie dans les gosiers
après tout on n’aimerait pas danser

j’ai déjà joué avec les murs blancs
le cauchemar des morts et des vivants qui se versent
 

toute un cœur qui appartient à l’entre deux
une allumette dans un tas de foin, sous peu le brasier

je n’ai pas pris le temps des corps apaisés
les brefs moments de vie qui découlent dangereusement

j’ai négligé le potentiel d’érotisme de l’univers
d’où émane une substance… ( le mot s’est détaché ! )

on aurait souri avec quelqu’un d’un peu voyou
je ne dois plus être aux regrets

je sors de la grotte aux nymphéas en guidant mes envies ailleurs, les voies des boulevards ont des couleurs d’arc-en-ciel. j’abreuve mon cœur de l’éclosion du jour.

je nourris mes flancs de douceur.

j’ai eu l’impression de berner tout le monde, alors qu’à moi échu l’illusion. le sans posture primordial, une mèche rude ! je reste le conciliant, en tout.

je bois une poignée d’eau.

je reprendrai les vols de nuit ou le poème, il me faudrait pour l’asseoir un départ, plusieurs ! le poèmefusée pour s’élever a besoin d’une pulsion de moineau.

je tracerai vers toutes les trajectoires.

le poète est né à un rêve qui sommeillait

l’énigme des labyrinthes se dévoile

un été sans rebours

je respire l’odeur du vieux port

dans un Pagnol

Les morsures étaient ignorées

j’étais porté vers les interactions mystiques, comme si rien ne m’arrêtait ou n’altérait mes poussées créatives. une torsion de l’esprit jusqu’à la pointe de l’extrême.

je ne voyais plus les villes sur l’estrade de mon cœur, leurs rumeurs m’étaient possible à engloutir. j’allais au hasard feuilleter l’eau de mes trous blancs. 

le téléphone éteint me délivrait de mes tics.

je me réjouissais de la fente d’une fenêtre sur l’éden, la pluie tombait sur mes fatigues. je me voyais trépassé en écoutant lesventsnostalgies et la théière.

on nous disait paradisiaque l’ici-bas

on se déchire avec du pas mieux à t’apprendre !

comme quand j’étais enfant
je toc parfois ma tête
pour m’assurer

qu’elle est encore
vide et

effectivement: elle est fêlée

le dépit des gens lorsqu’un malheur frappe un homme, je l’entendais comme une décomposition, une aubaine. le malheur des uns est le ressort de nos certitudes.

l’autre que moi prie.

les liens d’amitié me marquaient ou se volatilisaient, la perte voyait le jour et engendrait le mal pour une moindre blessure. un monde fou coulait à l’endroit.

le champ en était miné.

je me délaissais pour revenir au vacarme de la multitude, transfiguré. je passerais sur les corps des lucioles, de ce qu’est la pluie à la goutte noire… etc. j’espérais et n’y suis plus.

les visages se fermaient à la providence

je préférais les ânes blancs avec du cachemire

je-serais-une-station-mal-desservie-que-j’-en-mourais-sur-la-voie-des-clématites-blanches-je-trottais-d’-un-flair-de-feu-des-dieux

je rêvais de l’Euphrate qui coule de son eau sous les arbres, une blancheur ouatée. je ne retournerais jamais sous la brume vaincre les coups et l’anneau. 

je revois les yeux qui pleurent.

je me saturais de tristesses qui me dépassaient, le scalpe des cœurs m’enivrait. je devais en finir avec mes débandes puisqu’il me restait à découvrir l’essentiel.

qu’ils refluent en une chanson grégaire !

je verseabsorbe l’huile de l’étreinte de l’autre côté de la haie, la jarre fêlée. les prières sont un don de soi à chaque instant renouvelées, une prévision à l’entendement. 

je débarquais dans l’univers imploré et apathique

je sortais rejoindre la pluie

le jour s’endort
un peu moins dans la décrépitude

j’apaise le flux du sang
les rives où je suis ne sont pas miennes

comme ce jour-là: l’être divin !
je ne l’ai pas observé dans mes souvenirs

je ne crois plus à l’immuable
je regrette le ciel perdu qui bavait sous la pluie

je regrette aussi pour Adam
je lui dois comme toi qui lis

suffit-il de croire ?
à Bordeaux, c’est le déluge qui prédomine

j’ai inventé des chapiteaux
où j’ai sacré tous mes repentirs et infidélités

est-ce que c’est le bruit d’une cloche
son étoile tinte le fond

au soir d’une sordide réaffirmation
je dîne seul au kfc

Je voudrais pour toi

j’ai en mémoire le souvenir de nos sommets au pied du lit, le toqué de mes voisins et des tâches multicolores sur nos corps… etc. je voudrais par cet aperçu de nos frasques inspirées te redonner le goût

le goût des fruits mûrs et sauvages.  

je me reconnais en toi pour prétendre à une relation qui j’espère évoluera. une vie à tes côtés est toutes les absentes. la mienne, je te l’offre en héro négatif. réponds-moi, je m’exercerais à ta langue

je ne sais pas ce que cela signifie!

une femme qui se bat, une adversaire. je ne souhaite que l’aimer et aimer nos feux de bengale. Bill Evans dans la stéréo, nous deux sur le canapé… ! quoi que tu puisses en penser, je te promets d’arrêter d’appartenir au vent

une vraie pollinisation!

deux amants des paradis retrouvés

les jeux d’enfants

ton silence m’écorche le sang
l’odeur du jasmin me blesse
me blesse de mille morsures de serpent
la lune est une tendre amie
le soleil est comme une fête
le jour décline morose
comme les mots que l’on ne peut rattraper

je sèche mes larmes longtemps retenues, une consolation. mes nuits se voilent et me rendent à silène et ses velours. tu aurais dû être là et me calmer, une vraie pleureuse. je n’ai touché à rien depuis la dernière fois

ce qu’il faudrait taire.

j’oublierai sans effort tes longs secrets et mes cigarettes. je les oublie pour trouer le ciel un beau matin, comme ce jour de septembre où il pleuvait, lentement. je me souviens de tes tendres mots et à peine une vue d’ensemble

un univers que j’emporte n’importe où.

nous deux s’il en est ainsi, c’est aussi bête qu’une lanterne d’escalier pour rentrer chez soi, lorsque la nuit est tout à fait morte. tu es mon enchantement onirique, un frétillement. Dieu que tu me manques, reviens-moi !

une supplication obscure.

je refuse tous tes avatars

ton cœur ou rien

à-côté-de-la-maison-il-y-a-des-logements-sociaux-habités-par-des-petits-diablotins-qui-jouent-à-lancer-des-projectiles-de-toutes-sortes-sur-les-chats-errants-qui-inévitablement-atterrissent-dans-la-cours-je-rouspète-au-delà-du-mur-de-séparation-et-après-un-bref-instant-de silence-j’-entends-leurs-pas-s’-éloigner-je-me-figure-qu’-ils-ne-font-que-fuir… !

je ne te comprends pas encore entièrement, mes tentatives de te joindre ont toutes échoué, voilà une quinzaine que je n’ai aucune nouvelle de toi, perverse ! j’ai libéré autrefois les ailes de mes amours qui quantifiaient tout

tu es mes yeux et mon unique horizon.

il me fallait pourtant courir de misère choisie sans me retourner, et si tu t’obstines ainsi je crois que tu connaîtras le même sort, comme l’étoile du matin qui court vers sa perte, une cymbale ! et moi, j’aime les marathons

en dehors de toute prévisibilité.

je te considérai pour morte après une certaine date limite de purgatoire, est-ce que tu me comprends ? je ne voudrais dans ce cas plus jamais te revoir et ceci prendra effet le jour de la réception de l’avis recommandé

je ne suis plus certain de ce que j’avance

le sablier est retourné

dans ce pays et loin de toi

je suis l’étranger

je sens l’exil du cœur

je revois une fenêtre qui apaise mon esprit

je revois l’arbre de l’enfance triste

je voudrais pour mourir poser ma tête entre tes mains semblables à la froideur d’une feuille d’automne

je t’envoie une peuplade de baisers

l’étroitesse de mon esprit m’épargne moult soucis

monsieur Moult et la bosse d’un dromadaire dodelinent dans la ville !

ce n’était qu’une trêve, cela m’interrompt…!

Les squares

je suis profondément blessé, libre de vous aimer encore et blessé. il me semble que les apparences exhibés ont comme une odeur de friture sur un corps.

j’ai quelque chose d’une plante qui survit et une marre, sous peu, je serai noyé par les regrets. c’était moi en chemise blanche dans les squares de contrebande.

je me souviens d’un ciel penché sur mes vendredis, peut-être qu’ailleurs j’étais heureux. le printemps des rêves bridés s’était achevé outrageusement.

l’amour hante encore le froid de mes nuits.

je dois naître comme naît un poème au monde

une faim parmi toute que je reconnais

un destin singulier

je récolte les divins mots

des passants

je suis calme et relativement stable au seuil de l’embouchure, les nuages planent dans mon cœur, aussi lointain que les miaulements noirs où se solde le néant de mes désirs.

j’épouserais la poussière et chère est la poésie, une mollesse ! l’urbanisation à outrance kakatoésque, le siècle monte sur l’ambivalence de vos mœurs.

j’entends mon cœur battre: CHOU-CHOU… ! la nature parle une langue nocturne, comme ma ville qui verse sur moi et m’ensemence. je m’efforce surtout à ne rien gâté.

je rentre dans les nuits Tizi-Ouziennes

comme on tombe en disgrâce

l’ombre des mots

le grain d’ombre qui siffle la raison

comme on colmate les imperfections

une nuit d’été qui se révèle par toutes les nuits de l’absence et de sa Ténèbre, une majesté entre les planches si j’espère, douche froide ! qui peut venir m’aider ?

est-ce qu’il y a quelqu’un qui peut venir résoudre les inexorables nœuds ? les mots familiers me dissolvent, la primevère de ma langue est l’enfance.

elle fleurit ce recueil, un spectacle.

j’ai dû toucher du doigt quelques cimes inexplorées et défendus, est-ce que tous les vents tombent ? j’étais allongé comme dans une grotte peu profonde.

je croque une pomme.

comme une expérience de l’inaltérable goût

l’inattention répétée

la nuit que tu entends à peine

à peine… !

tu ne dois pas attrister ton cœur

à tous les niveaux

elle a la douce voix du clapotis des eaux

comme perle

j’aime Tizi-Ouzou

ainsi que les sources

la nuit que tu entends à peine

elle t’attend

Méditer, une cigarette… !

les épines du rosier te piquent, tranchantes qu’elles deviennent dégueulasse ! tu fumes entre temps, attentif à la durée de ta cigarette.

ce moment peut te sembler une éternité lorsque le doute te submerge, tu survis à des crevasses. elle crée des ponts entiers suspendus, en suspens.

un jardin où les rêves lointains te fument, rabâchés ! tu transcendes une croisière aux grès des saisons. elle a aussi son rythme, une sorte de vertige.

le sang coule

tu penses que la nature n’est pour rien

une baisse de la vue

s’en vont naître les papillons

entre les cloisons

longue est la durée de ta cigarette, tu fais semblant de fumer par crainte d’être surpris. tu poses et reposes la nuit sur tes attentes, les épaules légères.

les instantanés qui délivrent du réel, la salive mouille le filtre, elle s’offre sans retenue, tu la désir. tu la tètes comme le bouton d’un sein recouvert par un tee-shirt.  

il n’est pas nécessaire de parler lorsqu’on fume, c’est inscrire son nom sur les nuages, ô feignante saison ! les roses ont le parfum des taxis algérois. 

les tentatives d’échapper aux rails

d’oublier !

une cigarette se consume entre mes doigts

je reste transi, une cigarette se fume

elle s’appelle Rym

elle est longue et fine, tout ce qui porte un nom fascine

elle rime souvent avec spleen

une vieille pratique qui vient des indes

je m’en brûle une autre

j’ai besoin de nicotine qui calme

la braise rouge est une musique plus ancienne

elle a son style

les non-initiés lui prodigue des paroles vaines

les non-initiés la voit d’un œil en friche

peut-être des rivales… oh, la cigarette que l’on fume !

je succombe sous ses lignes blondes

de jour comme de nuit

je me lève pour des bouffées de tabac blanc

elle dit stop avec vergogne aux larmes

je doute avec elle moyennement de l’irrationalité du monde

en bouse de vache, industrielle ou encore à rouler

je n’ai jamais autant marcher sur ses pas

par douzaine ou par paquet bien rangé

c’est toujours un plaisir et sans regret que je la fume

la durée peut mener loin, un interminable exil. tu aspires certainement à une reconversion, tu finiras peut-être châtrer dans un presbytère.

tu rêves encore !

il n’y a pas toujours de la lumière au bout et ce n’est que partie remise. elle s’éteint, se consume et autonome ! tu portes tous les signes d’un rénovateur.

lorsque tout s’en dort et que tu t’époumones de ta dernière cigarette, tu te racontes une petite histoire pour t’envoler, comme happer par les hauteurs.

elle te fait gagner en espace

te réconforte

au coin du ciel

je suis puni à l’éternité

de son feu

Les coups d’un enfant du ciel

À Ghiles.

il n’y aura un jour plus un mot d’amitié, plus personne n’apportera de solution ! ce monde gagne à tous les coups. Il gagne à tous les coups.

je finirai seul et béat.

je traverse une incessante lutte dans l’anonymat, cela n’empêche plus la mort de me toiser. je reconnais son cartilage partout où je pose mes pas.

j’aime l’enfance rude des Balkans, les apatrides et les vagabonds. ils disent que les justifier, c’est aimer. je n’en peux plus de vos scènes cyniques.

je lève la parole

le chef de file d’un tandem d’enfer

une fête de la pluie

je me balade au sein des sons primitifs

la gorge dénouée

les gens se réjouissent plus de l’absence de Dieu. moi, je me remets à Lui pour qu’il les inonde de bienfaits, je me remets à Lui pour les malheurs.

je laisse m’envahir l’onde d’une terrible tristesse, comme mourir un peu à ses idéaux, comme dans un éclair sentir le tressaillement du temps incréé !

j’ai mal de ce qui reste suspendu entre nous, plus la force de me dresser contre ! les vers reconnaissent la chair tendre des bienheureux.

il suffit d’un cauchemar pour dévaster un homme

pourquoi Dieu fait la sieste !

une larme d’hyène

ils ricanent le peuple de Dieu

sur la foi de sheitan

je ne réduis pas la vie à un vulgaire calcul, cela serait perdu par avance ! je m’ouvre au domaine du signifiant, curieux de la tempérance de certains.

le seul crédo apparent !

je ne m’aperçois pas de l’étendue du mensonge, des subtiles détournements et de nos différences… etc. cette mascarade perpétuée depuis le premier soleil.

je n’ai plus peur des chiens dans les rues caverneuses et sombres, quoique ! j’adhère encore à tous les galimatias et je continuerai de jouer.

je sais reconnaitre les chemins gauchis

les rats mangeures d’oiseaux

un enfant sur un banc

les pigeons drus baisent

la crème au citron

À porter de main

il fait son marché pour ce week-end, comme rare ceux qui savent l’exil ! déjà l’aube avec ses couleurs décimées sur le toit de quelques chenilles.

l’homme dort sur la paille d’un pays après une lecture. je serai de sa vie bouleversé, et de sa mort, j’en serai changé. il se sent ce matin fragile.

c’est de la mort dont il a le plus peur, la mort lente dans le cœur des gens et de faire souffrir avec ses vérités inopérantes. seuls les mots savent le faire trembler.

rayonnages algueux à porter de main 

cet homme n’existe pas

un corps amphibien

une assiette de melon à volonté

origine Enfance

il s’amarrait à des archipels noyés dans le spasme, un guérisseur des meurtris. les pensées noires mûrissaient et tout le poids du pêcher sur ses yeux fermés.

les cœurs s’épanchaient jadis avec une sérénade pour chaque nymphe aimée, puis tombaient les nuits pesantes et les coups de téléphone crypté

lorsqu’il est question d’amour propre vaut mieux se taire et laisser, une grâce nouvelle vous inonde, elle est d’un amour pur et sans objet.

comme pour l’être aimé.

l’envie pernicieuse gangrène nos vies 

les sirènes du premier mercredi du mois, pourtant !

pèlerinage nocturne

je sors à l’aube aux petites froideurs

ô le premier jour !

mon Dieu faite que le temps de la paresse et le bon positionnement des astres lui reviennent, les matins du postillon endormi… etc. il y a mieux qu’un sevrage !

encore plus de rêves !

mon Dieu faite qu’en ce monde on pleure les poètes vaincus… ô filles des célestes nords ! il abordait vos rivages rocheux sans crainte, le cœur creux.

mon Dieu faite qu’après la mort il se remémore les existences qui se sont croisées à la sienne, et qu’ils le fêtent ! de tristes âmes qui montent comme du pollen.

un poète poursuit les chimères

l’atelier d’un bon poète sont ses morves

l’après-midi d’un faune

le couloir de la vieillesse s’arpente

à pas de géant

emporte-moi sous ton aile petit moineau… je n’ai nul part où aller et je cherche à disparaître… !

Gloria Victis. Bordeaux, Place Jean Moulin.

Les doublures d’un poète sont ses mots

il buvait et sortait tous les soirs puisque tout est voué à disparaître, c’est l’histoire d’un homme qui ne pouvait oublier les morts.

seule sa mémoire hâtive nous séparait !

l’âme aussi légère qu’une sainte colombe, il avançait vers l’oncle défunt et parlait ! le ridicule d’avoir cru à son retour ne le tuait pas, il parlait.

il brûlait les pétales de roses entre ses mains.

cet homme partageait une bière avec un mort, peut-être que le diable l’entraînait et cela suffisait à son ombre. le cornu est le prétentieux des cavernes !

il mesurait sa futur place entre les tombes.

les rivières suivaient leur cours sous terre

la tombe de l’oncle !

un-jour-une-ville-accueillera-un-poète-qui-ne-porte-en-lui-aucune-peine-sept-ans-qu’aura-durer-son-calvaire-quelqu’-un-comprendra-son-isolement

je disais qu’il y avait comme le sacre du cimetière ! il était absorbé par une force étrange, les nuages rococos fécondaient la terre, tout semblait capitonner de sperme.

le soleil peu habituel à cette saison était grivois, un oiseau chantait sur la branche d’un olivier, les mouches chiaient leurs larves et s’observaient… etc. c’était d’une calamité.

il voulait revoir les lésions du bonheur et tout désapprendre d’un même coup, s’étriquer le cerveau à la manière d’une laine humide et froide.

une femme urinait derrière un arbre.

il parlait de la déchirure

du soulèvement

une légère tachycardie

ton visage a une teneur de sel

qui ne mène pas large

il était en difficulté et en marge de la société, surtout farouche ! les épreuves qu’il lui fallait endurer, les femmes qu’il croisait se voulaient salvatrices.

il entendait souffler le vent de la nostalgie, le ciel montait de biais, le ciel quand il faisait presque nuit sentait le caramel ou quand elle enlevait ses hauts volants.

la terre les attirait l’un vers l’autre, deux aimant ! il la voyait à demi-nue par le trou de la serrure, les bas noirs qu’elle enroulait. les jambes de calcaire s’entremêlaient pour conjurer.

les corps ineptes

tous deux se recommençaient

            H : pourquoi doit-on quitter ?

            F : la fin est notre amie

            H : dans ce vide ?

            F : tu dois chercher à vivre… !

            H : je sais, je me l’interdis

            F : ton refus est grave

            H : je refuse de me rendre au feu d’artifices

Je vous regarde

les phrases qui sonnent creuses comme une directive que l’on se fait à soi-même.

un jour, je serai votre prophète, un moderne, l’un de ces jours d’une insondable nuit ! je colle les murs en papiers de mains froides pleines devant.

je suis quelqu’un d’endurant, un paysagiste œuvrant pour Dieu et sa création. je me demande pourtant si je serai assez solide pour l’amour.

je ne fais plus avec la question de l’être, un funambule sur des strates. je me dilue dans mon imaginaire et la poésie d’où je ne sais rien m’est pourtant familière.

toujours dans un but

je lutte pour mon compte

une lecture de l’âme

l’ombre d’un chat me rappelle

à son écho

il fait nuit de mille et un soleil et vous me questionnez sur mon adolescence, sur l’œuvre des anges sur terre… etc. vous oubliez presque vos besoins enchaînés au ciel.

je vous dis que maintenant plus rien n’a de l’importance, je vois en vous comme un puzzle, sauf si vous aimez les puzzles ! je retiens le meilleur en chacun de nous.

nous ferons de l’amour un domaine privilégié, même si l’espace en serait réduit. nos cœurs s’accoutumeront et les anges ont leurs parts de travaux universels.

le présent passe par leur écriture

une réalité convaincue

entre nous deux

l’amour appartient à nos rêves

les plus doux

le côté mystérieux des choses ne nous dispense en rien de bien faire, célébrons les vieux sommets ! nous cesserons alors de nous enfermer comme dans un songe rattrapé.

les aïeuls avaient un sens démiurgique de la fête !

j’ai toujours pensé que les montagnes ont les courbes d’une femme, la flore son linceul. je freine sur les routes pour les contempler.

je veux être au plus près de vous, encore plus près que le cachemire bleu que vous aimez mettre l’hiver dans la rue, comme j’aime être en vous.   

plus jamais une autre et plus de deals

vers une autre phase de la lune, peut-être !

une veillée d’écriture

votre aura déjà vous précède

jusqu’à l’aube

Il m’est dit bonne chance

À Hakim.

je suis défectueux comme la machine dans mon rêve initiatique d’il y a longtemps, le cambouis est-il un signe ou parce que justement je rêve !   

toujours à contre courant.

j’ai pris le cap inverse de ce que je pouvais entrevoir dans le champ des possibles, comme sceller ma vie à sa propre destinée, un absolu qui m’attire.

étrange de vouloir fuir.

je raconte mon expérience de la poésie, mon univers intérieur, une sorte de comète olympique ! je me trouve n’empêche terriblement doué.

un bonheur presque parfait !

je m’accepte

c’est-à-dire mort en sursis !

le cœur audible

je marche sur l’estrade du royaume

qui grince

je n’appartiens à ce monde que pour un temps, peut-être que l’on me coupera un membre. un de plus ou de moins, là ne réside pas le salut de mon âme.

pourquoi autant que poète, aussi !

j’ai déchiré le voile qui me séparait de la nette perception, sans fausses adhésions. une force tranquille que je perds parfois quand je fais crédit au doute.

tout ce que je peux penser ou dire et loin de la vérité, l’erreur est ma bannière. je suis issu d’une lignée de raté que je connais à peine.

l’amitié est sacrée qu’il faut vivre pour me comprendre

il m’est dit bonne chance !

je suis mort un matin de juillet

à Talence

sous l’ombre froide

d’un arbre vert ordinaire

embaumé par la pelouse sèche

loin du regard des hommes et des bêtes

il était 11h24, l’an 2007

la poésie est une spirale dans un cône, l’autre bout est sans fin ! très peu de gens restent indemnes et à la surface. il vaut mieux s’accrocher à sa table. 

c’est un saut sans harnais !

l’importance des choses qu’ils m’aient données d’aimer, les montagnes digérées, la vie sans fils… etc. n’étaient que le prolongement de mon être.

l’empathie libère.

je ressemble à ma voix intérieure et à une langue habitant un lieu, je tiens un inventaire de mes rêves éveillés, comme s’ils s’installaient.

l’homme subsistera

je crois qu’aujourd’hui il le doit

la migraine d’une carpe

l’ombre d’un nuage au-dessus du prophète

dominus vobiscum !

de petits riens à rien du tout, suivez mon regard et n’en faites pas une affaire personnelle… !

Sur le départ

je ne passerais plus par-dessus ce qui me traverse et m’arrive, cela est décidé. les jours qui précédent un départ sont toujours particuliers.

je crois que tout est lieu de poésie: un nuage qui passe et s’évapore, une respiration calme et régulière, le bruit du moteur d’un motocycle… etc.  

nous sommes souvent appelés vers un ailleurs, comme répondre à l’envi d’un voyage. j’ai une pleine conscience de moi-même et de ce qui m’entoure.

c’est parfois dérisoire

puisque il y a le revenir, revenir… !

drapé d’un souvenir

le cœur abrite les recueillements

du crépuscule

il doit se trouver d’autres climats chaleureux et clément, comme le coin d’une rue où on peut facilement rencontrer la femme de sa vie ou Dieu.

je fréquentais des femmes sages et puissantes, comme une locomotive des années dix. il y a ceux qui poursuivent les femmes et les automobiles !

elles faisaient confiance à leurs intuitions, à leurs capacités physiques… etc. elles avaient les moyens de renverser le monde, surtout le mien !

je ne sors pas ce soir

je contemple l’orage depuis la fenêtre

un train passe

le mirage d’un éléphant rose s’intercale

entre les railles

c’est joli la pluie qui tombe du ciel un soir d’été, et moi, je vais finir seul… ! les feuilles d’herbes me recouvrent tout entier, et moi, je vais finir seul… !

parce que je parle d’amour.

je ne devrais plus tendre mon cœur à qui ne veut prendre, un pigeon à cet instant roucoule, est-ce seulement le présent ? l’accueillir dans mon tourment.

le plus terrible est combien la chose me semble facile, une vision oraculaire ! alors qu’il n’y a aucun endroit propice à l’émergence d’une étoile nouvelle.

seul et déprimé dans mon petit appartement

je repense à l’oasis de l’étalage

un ciel d’été

les chants de prières consolent

prière !

je me suis toujours invité à peaufiner, mais ailleurs… !

Rappel sans serments

la mort se résume dans certaines régions du globe par un échec personnel et cuisant, dans d’autres par un aboutissement. la mienne sera une célébration !  

un fort moment de solitude.

j’ai cessé de pleurer celle des poètes qui m’a toujours attristé plus que quiconque. ils savent englober le tout, même dans l’inachevé, le bancal… etc.

le but de tout à chacun à vrai dire est de finir, ce qui n’exclut pas nos oscillations ! je pense à l’ultime fin tant de fois souhaité et je fais patience.

la mort tend vers l’éternité  

comme une tête pleine posée sur un oreiller

la chaleur des blancs

ils frottent l’extase du poème

à la réalité

nous sommes cependant de passage, des êtres en devenir pour encore autre, débarrasser sans doute du poids de la chair et plus sensible en profondeur.

ces états ne sont qu’une métamorphose perpétuelle, semblable à une vague qui frappe inlassablement les mêmes rivages rocheux, hypnotiques.

je ne raconte rien que les innés intuitions chez l’humain, mais ce que j’ignore le plus est qui je suis ? à part quand je me mens.

le pire de tous les mensonges !

je brosse un portrait au fils des pages

je reviendrai parmi les lyres et le tabou

en dessous de tout

la couleur du ciel est jaune

comme un bendir

je repose un regard bien veillant sur l’erratique passé, est-ce encore moi ? je me suis situé à la frontière de ce qui m’entoure que trop tard et dans le retrait.

les hommes hantés par l’idée de la mort conçoivent l’existence comme un moulin sous les intempéries, il n’y a aucun remède et aucun réconfort qu’ils n’envisagent pas.

la cité les a perdu.

la terre indistincte qui est grande et vaste pour les âmes charitables, je dois essayer de les reconnaître, de les approcher… etc. en demeurant.

l’altruisme m’est désintéressé.

est-ce que j’accepte le doute effroyable et glacial ?

est-ce que nous sommes des êtres sacrés ? 

au jardin d’éden

les poètes sont glorifiés

qu’Allah soit loué !

je suis arrivé à un stade où je me demande si la mort en poésie, est elle-même une solution poétique !

Initiation à l’écriture

À Amel.

1/3

je tombe dans l’immensité de la nuit comme un diamant poli qui soudain nous tomberait des mains. la nuit ce soir est une roche.

il me semble que le temps de l’écriture est précieux, alors allons ! je vous tiens en haute estime, comme un soleil, le soleil d’un univers entier !

j’aimais perdre mon temps pour les causes perdues, un chevalier ! je me perdais dans les forêts où on ne peut jamais rien voir.    

à nul autre pareil chance

un truc qui nous fait dire et rien d’autre !

une nuit de mai

la sacrée dépendance musicale

d’une histoire à deux

la vie est courte comme vous en avez parfaitement conscience, elle peut être aussi belle et courte. il se passe souvent quelque chose lorsqu’on s’y attend le moins.

elle n’est qu’une continuité d’accident et au besoin un renoncement, mais devant l’Unique et Clément, le rendez-vous est pris à la croisée des chemins.

il nous apparaît qu’une infime partie de ce qu’elle est réellement, c’est à dire presque rien ! je m’empêtre aussi avec toutes les questions sur l’attachement.

l’appartenance

le sens de la meute qui me préoccupe

une de ballotter

l’hôtel de la plénitude

et magie noire

la pression de la morale religieuse va bon train, il y a sûrement des solutions plus haut dans les profondeurs noires du ciel, peut-être aussi dans les livres saints.

j’ai à la place cet air ambiant et enfumé que je fume ! je me dis respire calmement, la vie t’échappe et ce n’est qu’une différence de point de vue.  

je dévoile une réalité qui me résiste, est-ce que mes attentes coïncident avec mes aspirations ? je voudrais vous prendre comme Sulaiman Le Magnifique.

rappelez-vous que rien n’est vil !

oh que Dieu me pardonne !  

je m’absorbe et tout coïncide

un ciel idyllique

le mauve de mes yeux

vibre en cœur

2/3

je me dis que j’avais du chien, j’avais du style pour me risquer aux altitudes des nombres zéros ! je voyais à l’ombre des baleines touchées par la grâce.

je remontais les âges avec des divinités passagères où chaque mot avait sa toile de symbole et de complexité. le recueillement m’était bénéfique.

le bon vent me soulevait et cela me faisait peur aux heures de pure rêverie, bien après que les faucons emportaient mes manies vers l’Afrique aux pupilles de joailliers.

encore un matin d’azur qui se termine 

je goûtais à toutes les cultures d’en bas

l’haleine en farandole

un bâtard immobile sur la piste

de la stéréo

il m’arrivait de dire les choses de trois différentes manières et par la suite aller le plus loin possible dans les raisonnements. je restais devant les mystères perplexe.

j’étais disjoncté comme un mineur celtique plein de doutes avec des lèvres tendres pour son elfette, dernier encrage et qu’elle aventure !

je me figurais chaque instant volé à ses côtés comme une révélation de ce qui est ou devrait être pour le reste de mes vieux jours. c’était tout ce dont j’avais besoin.

le temps passé qui se meurt et elle

la déconvenue

une fenêtre sur nulle part

sa peau souple entre mes mains

de cendre

je poussais ma petite barque au large avec des voiles toutes neuves, j’étais avide de connaissance et de liberté. les cales sont faites pour les navires endommagés.

je tombais évidemment dans l’eau froide et glacial, parce que la plupart du temps, je n’avais qu’un ramassis de vomi dans la bouche, de l’alphabets indigeste.

je suis un autodidacte de la vie, le point extrême de mon époque. un poète maudit qui ne sait pas écrire sans l’aide d’un correcteur informatique. 

j’apprécie les choses sous un nouvel habit.

de l’art aussi de vivre seul

comme l’ami des grandes solitudes

un touché visuel

il a besoin de l’immédiateté

du ciel

3/3

ils ne m’ont rien appris et ils m’apprennent rien non plus sur les choses de l’amour, mes expériences ne sont pas sans quelques regrets. je m’atèle pour y remédier.

comme de ne pas avoir fait de grandes études et être à la hauteur de moi-même, de ne pas avoir dit souvent à mon oncle combien je l’aime.

je sais que personne ne meurt vraiment, cela est tout bête au final ! vous savez que je préfère largement la philosophie de nos chers stoïciens.

je prends tout dans la déglutition

on ne se refait pas !

l’âme enrubannée

je finis le thé froid accoudé

sur une béquille

je pense ce soir à vos paroles sans âge plus que d’habitude, je pense à l’enfant terreux aussi, un peu ! je m’identifiais à presque tout et bien sûr à rien en particulier.

les moments que je préfère sont le Souvenir, lorsque j’ignore si les événements se rattachent à une réalité vécue ou simplement le fruit de mon imagination.

je m’aventurais étant jeune dans la prescience sur l’avenir, comme un simple jeu de divination. cette lecture m’apprenait que l’avenir bride l’homme.       

les rêves forment la jeunesse autant que les voyages

donc plus d’avenir possible sans rêveur !

une kermesse de l’été

le jus de tomate coule sur le menton

de l’enfance

je presse mon fruit gorgé qu’avec plus d’empressement, l’enfance se veut païenne ! autant dire que j’ai arrêté de cultiver les fleurs.

comme de retourner mes chaussettes.

je noie mes forces contre mes pertes de mémoire, comme se prémunir des insolations et de la fièvre. je me contente de petits moments heureux et ce n’est que justice.

je prends de la vie ce qu’elle a de meilleur à offrir et le mieux à cette instant que j’entrevois, c’est vous. j’attends de mes notes qu’elles prennent leur envol.   

entre autres bien le bonsoir et au revoir 

le temps d’un regard

un bonheur monstre

le vent éteint les braises au loin

de mes yeux

Le quai des jours

du quai des jours mon navire s’éloignait, mes hélices du drame… ! j’avais le crâne fêlé, la coque abritait un sans nom où le fil de la sonde se rompait.

je glanais les réponses de l’enfance du ciel et de mes voltiges. je ne tenais pas rigueur à l’adversité et j’exécrais les idées fixes et habituelles.

comment faire bonne figure ?

le vieux soleil se brisait sur mes os de nacre, je suivais sa régénérescence, une traversée sans rives… etc. je croquais à tous les bouts de femmes.

je vivais la bohème et rien devant

les vents givrés fouettaient la table de mes anches

les nuages rouges

une fin du jour pas réel

sous les dérives

je marchais sur les routes vallonnées à la recherche d’une trace tangible de sa Magnificence. je ne ressentais aucune peur, l’élu de mon cœur étant endormi.

j’espérais vivre d’air et de l’eau des sources.

les mots qu’Il m’inspirait, je les scandais à mes sœurs et à mes frères de croisade en retour, si ce n’est de l’univers tout entier à moi-même.

je poétisais mes rêves comme un usurier, un chameau qui mâche des rêves…etc. je restais à l’ombre des nuits à me lire et j’aimais cette lumière plus que tout.

les éclairs m’éclaboussaient sans gouverne

toutes les voies menaient vers Lui  

les saisons d’ailleurs

une relecture de la neige des mots

jusqu’aux soirs bleus

il me restait quelques-unes à déshabiller et conclure par une révérence, mais ma main légère palpait le noir carnet qui se trouvait dans mes poches.

je croyais que la vie aspirait à la beauté du cœur et à l’amour, que c’était du moins une fête, alors que les frères minaudaient avec le Très Haut.

je me souvenais de la rive des morts qui scindent, j’échappais par là même à la pénitence ! j’étais déséquilibré après tout de vivre mes floraisons.

de la finitude des mots

les étoiles naissaient d’une infinie tendresse

le réel dément

lorsqu’on s’applique en dehors

des cœurs

vous revoir, c’est me voir… et subir votre châtiment !

En rade

c’est dans cette mairie que nos chemins se sont croisés et plus rien depuis n’a été pareil pour moi, plus le même ! je ne sais au fond faire que ça.

je nous revois encore comme au premier jour, un peu maladroits, nous attendions l’enjouement des colombes. j’avais un peu de boue entre les dents.

c’est devant cette même mairie que je repasse aujourd’hui, mes yeux tapent sur la bannière et les pierres. c’est le grand wallou… un inutile débarrât !

le retour des beaux matins me fait ceci ou cela

je suis rasséréné

une joyeuse journée

ton image d’épinal ne quitte plus

mes pensées

une femme derrière une vitrine essaie une robe blanche, elle a l’air d’une poupée de plomb ! nous n’avons pas eu cette chance, dommage !

je rêve que l’on se croise au hasard des rues, tu me prendrais enfin dans tes bras. on s’embraserait comme ces deux pigeons qui roucoulent sur une terrasse.

tu chasserais mes craintes avec l’un de tes sourires confiants, alors il n’y aura plus de doute sur notre union et que tu restes belle éternellement.

nous reviendrons au temps des légendes qui se construisent

ils reviendront nos jours à deux

un bol d’air

il pleut longtemps sous les acacias

après l’averse

je ne pensais jamais te perdre, peut-être à la limite dans une stupide mort, mais cela est moins douloureux que de te perdre dans ce monde.

je reviens sur ta ville comme un enfant, elle me parait droite et distante, aussi lointaine que Tombouctou, cela est pareil, une ville que je n’ai jamais visitée.

je me perds devant ton portrait, c’est une autre que je vois, ce n’est plus le même mystère. je vois des yeux qui expriment l’épouvante et cela m’indiffère.

je ne sais rien du destin d’un homme

au-delà s’est compliqué

tu es bien là où tu n’es pas

tu es ma présence fragile et mon ailleurs

je ne résolus pas tout

j’ai vécu très tôt avec toi

très vite

très fort… !

je marche cependant sur tes pas

pour ne pas marcher

Les moments qui réquisitionnent

À Oussama.

une passion que j’ai enterrée à l’âge de 21 ans, elle aurait pu s’achever cinq ans plus tôt, la vie en a décidé autrement. c’était pour une fin plus que salvateur.

je ne pouvais m’accommoder avec une conscience surannée, mes jeunes aspirations ne trouvaient écho que dans mon miroir interne.

une causalité dans presque tout.

je faisais l’impasse sur certaines parties peu reluisantes de mon histoire, comme il y a un terminus pour chaque trajet, – à quand est le mien de départ ?

je vivais de contradictions

j’ai survécu à celles-ci

un nuage d’argile

les cliquetis du téléphone rouge

j’attends la tonalité

j’étais avec une fille comme tous les moments forts de ma vie, l’évocation de cette simple idée m’attriste. je me demande où en est son niveau au piano.

j’étais tout le temps dans une peur noire en sa compagnie, une plasticienne qui me parlait, fichtre ! je m’estimais néanmoins le favoris de son île bleue.

l’esprit vaqué et flou.

je n’étais qu’à moitié désolé de notre séparation, les morves jaunes écumantes sous d’autres soleils m’appelaient, et ainsi coucher mes idées sur le papier.

renouer avec moi-même.

je cherchais une souffrance illimitée

le ciel ou le pardon des cités

l’aube des mélancolies

une voix d’opéra me repêche

de la Ténèbre

j’ai failli perdre la vie un jour d’octobre, il faisait un rêve-météore ! j’étais un jeune poète sans œuvre qui n’avait rien d’une étoile du rock.

un pli de poussière qu’il faudrait prendre.

je croyais aux écrivains et leurs livres, l’essence des choses leur étaient égal, sans parler de la fichue guerre qu’ils ont lancé contre les hommes et Dieu.

la mort ne vient jamais lorsqu’on l’attend, comme souvent trop tard ! elle parvient à nous préoccuper ou l’inverse. elle peut être aussi le combustible.

le printemps aurait fait un cadre idyllique.

comme les chutes d’une chanson

au diapason d’un réel

jusqu’à la nuit des temps

la terminaison de l’oncle qui offre

le noir soleil

je ne sais plus où je vais… savoir d’où je viens est une page de réclamation !

Mais tout peut changer

on avait quelque chose d’héroïque lorsqu’on revenait d’Alger, aujourd’hui… nom de dieu ! quel aujourd’hui, l’uniformisation ? je déplore mon pays de poésie.

je n’étais pas fait pour la compétition, les rivalités m’insupportent, allé toujours plus haut et plus fort, c’est bien foutu pour du bétail ou à la télévision.

l’eau leurre plus d’uns.

les visages défaits que l’on entrevoit en nous-même pour retrouver une dignité flambant neuf, et leur souk, et leur stuc… blanc évaporé ! Arrière ! Arrière ! 

si peu de choses me nourrissent

beaucoup me dévorent

un spectacle d’ombres

l’eau coule sur les murs

des arènes

j’exècre cette culture et en général vos ensembles ne tiennent pas la route, je garde seulement le bon souvenir des jeunes filles en maillot de bain.

l’une d’entre elles prenait des trains dans mon malheureux cerveau : on te chérira ! on t’oubliera ! un tas d’autres mots comme les trains qui se croisent.

j’ai traîné ma douleur de saison en saison, Ursula à moi-même. je n’avais pas assez de ressource pour franchir le pas: IL NOUS FAUT VIVRE AVEC LE DÉGOÛT !

elle brûlait d’envie pour une cigarette

elle bougeait

quatre heures trente

enveloppé du silence de la nuit

tu reposes

les états d’esprit dans le sport sont drôles, je cherchais simplement quelqu’un à abattre et finir dans un bloc terminal, puisqu’elle rejoint l’une des fins souhaitées.

les commissariats ne sont que des verrières avec des registres, le bon flic et le mauvais. il y aurai bien sûr des commissures attendrissantes.

faites attention, le crime vous guette !

à quoi on reconnaît une prairie d’une autre, un homme bon d’un sage, une nouvelle d’un roman… etc. quand tout se vaut dans le grand songe ?

peut-être que demain le soleil se lèvera

demain sera le lieu

les couloirs sombres

le récit peut attendre l’aube

d’un dernier baiser

dès que l’on parle d’une pierre, on pense précieuse… sauf pour le néophyte !

Songe à cet ange noir

c’était pendant une fête et il y avait une certaine hésitation dans les attitudes, une bouteille d’alcool lancé contre le mur, mais d’une colère mémorable.

une blanche colère !

j’observais le plafonnier jauni et l’idée d’une pendaison, comme une offrande ! on perd de nos jours le sens du sacrifice et de tout équilibre.

la soirée bâtait le plein de mondanités.

c’étaient les vagues noires perpétuelles que l’on rencontre savamment, le creux de la vague froide à perte de vue. des idiots à perte de vue !

sur un présentoir les femmes d’intérieur

un mélange de la nuit et des cauchemars

vents troubles

les cuivres viennent jouir ici

et chez les voisins

une fille anéantissait tous mes rêves, toutes mes peurs ! elle démolissait tout mon dépotoir de bonheur possible. il n’y avait qu’à se réjouir de ce spectacle.

j’appréhendais les forces de l’univers, je croyais au nomade serpentaire. je tenais après tout à mes illusions en concevant ainsi mon autre moitié.

la vie avec certaines ne m’offrait aucun choix, j’étais le mouton à tête noire. ils me rendaient la vie dure que pour mieux m’asseoir dessus.

et si son cœur contenait moins de rancœur, quidam !

pour elle, mes yeux étaient éteints

pourtant offerts

un idéal nocturne  

les mots glissent dans le puits

du cœur

la musique était du free-jazz, les notes inauguraient l’espace. j’inventais des mots pour chaque physionomie et c’était bien. j’aimais Le Caravage.

ceux qui partageaient nos joies.

je fessais ce rêve dans le brouillard des cieux, aussi récurrent qu’une pendule. je me voyais danser à un mariage qui n’était pas le mien.

un toréador furibond et joyeux.

viens mon cœur et prends-moi la main une dernière fois, nous survolerons les montagnes blanches des Aurès, nous nous pâmerons dans les lits de coton en s’aimant.

une nouvelle histoire à se raconter

peut-être la dernière !

une tendance épineuse

il t’en faut de plus belle pour renaître

à la musique

La palmeraie

les mauvaises nouvelles parcourent des univers, comme nos rivières qui sont taries. les chemins sont balisés autour de l’ordinaire douillet.

tu as passé l’orangerie au crible de tes doutes et déductions, tu ne vois qu’un homme de boue et les bienfaits de son Dieu qui déclinent.

tu vois aussi un couple à la verticale avec une écharpe autour des cous, peut-être des pendus, ce sont-ils noyés sur la dune ?

un homme debout sur sa colonne

il tronque ses vicissitudes contre un stylo

un costume noir

la vie est une bavure irrésolue

à quand la masse

nous pleurons que les anges et ce n’est que de la chair à canon sous couvert d’un jeune dieu. ils ne pleurent plus, comme une dernière révolution, une insipide !

ce n’est pas comme s’ils savaient se cacher, mais très peu s’offrent ! il aimait rougir ses seins, elle ne jurait que par sa queue pendante.

ce n’était pas fait pour durer.

ils cherchaient peut-être le lieu où naîtrait la formule, sans avoir lu Rimbaud ! ceux qui goûtent à l’étude des jours valent les exégèses et leurs interprétations.

les vents sifflent entre les corps inertes

les vents se brisent

se recueillir en silence

les blanches bougies recouvrent le sol

imbibé de sang

ils s’en allèrent au coucher du soleil la main dans la main, comme un couple ! ils avaient le ciel de la terre sur les yeux et une mouvance qu’il faudrait taire.

le sable est en perpétuelle mouvement dans l’incroyable désert, beaucoup de choses bougent. le voisinage n’a recours qu’à sa nature parlante en boucle.

quelque part en place deux amants se sont donné rendez-vous… ! ils avaient la foi en une entité élevée, ils n’auraient autrement envisagé que l’écorce.

on ne meurt jamais qu’à nous-mêmes

la dîme des êtres purs

une aube d’été

l’homme pardonne à la nuit

de ses travers

Divagations sous un ciel enrhumé

À Célia.

je ne suis plus ce soir à l’hôtel d’humeur à la Traviata, il me parvient par la fenêtre le bruit d’une ville blanche, la fenêtre solitaire d’un nomade urbain.

il pleut.

la lune rouge ne devrait plus tarder, la nuit s’est ouverte ! j’ai une vue sur les toits en contrebas et les trams qui rament et passent, les passants neutres et propres.

je glisse sur ma souffrance quotidienne qui efface les contours.

je me souviens des filles aux joues pimpantes qui jouaient à la marelle les jours de fête, comme cette fille que j’ai connu bien plus tard dans mon adolescence.

elles ne répondaient jamais à nos appels !

avec toutes les particularités d’une enfante qui joue à la marelle

comme une potentielle pieuvre à marins !

une passerelle lointaine

l’homme éventre le brouillard

une menthe à la main

je me souviens de ses cheveux parfumés et de la gomme, beaucoup de gommes ! on pensera aussi à l’écolier et à sa découverte du scotche subliminal.

elle me disait des phrases comme : je suis heureuse que les nuages se soient dissiper. ou bien encore : je n’ai pas très envie de jouer avec toi.

je suis le môme qui pédale avec convulsion.

j’avais en mémoire un dictionnaire anatomique, un schéma de gamme astrale, 2 tickets pour voir le titanic… etc. c’était de l’amour, une sorte de RAÏ.

je ne jamais su parler de ces choses-là.

de vieilles questions en substitution 

de vieilles bouscules en lévitation

un parfum d’amour

j’entérine l’âge de la méfiance

une fêlure sur la joue

j’aimerais être moi-même en lévitation, perdre cette pesanteur que l’on partage avec le commun. il n’y a pas si longtemps, j’ai pris une traversière.

c’était bien !

sur le bureau de la chambre face à la fenêtre grande ouverte, j’ai un livre d’Haruki Murakami, la putréfaction des êtres sensibles est une bénédiction !

et si je prenais une phrase au hasard: cela ne te fait rien de rester encore un peu avec moi, même si ce n’est pas très drôle ici ? cela est d’une mesure.

je relève l’esprit des choses en France.

la lune épouse les reflets d’un fleuve de boue

l’aube dépêche ses chevaux de course

les amours en texto

deux trains traversent le même cœur

des ruines

quand tout semble arrêté, comme figé dans une autre dimension, seulement là commence l’expérience du poème… !

Parcours d’un nageur délicat

on m’a mis en garde contre les marocaines aux cheveux longs et épais, en garde aussi contre les tunisiennes aux longs doigts fins.

je n’avais pourtant rien d’un enfant.

plus en général de tout le fatras de ce qui n’est pas de chez nous, il ne semble pas bon pour nous encourager, – les voies du succès sont impénétrables !

restons vigilant.

ce n’est pas le mektoub non plus, mais éviter les énergies négatives au maximum. c’est comme cela aussi la compétition, voila ce qu’on se disait !  

elles restent nos adversaires dans les couloirs, mon ami !

elles chantent les conquêtes de nos aïeules

quelque part déchu

l’effervescence provoque le tintamarre

des sifflets

les consignes en guise de précaution: il ne fallait pas avoir d’embrassade ni de massage corporel ou autres, et surtout ne pas passer la nuit fi rahba.

absurde comme pas deux !

lors de nos rencontres internationales naissait en moi la fibre de la désobéissance, l’air d’ailleurs était aphrodisiaque et stimulait mon imagination.

je me jetais dans les bras de sirènes aux charmes médiévaux, une médaille chère à mon cœur de soufre plus que n’importe quel trophée.

j’en ai raflé pourtant quelques-uns !

flanqué de lassitude et de purs plaisirs

à la recherche d’adrénaline

un confetti… !

sur le cœur trois confettis

aux pastels parfumés

le couperet de mon carma ne se fessait pas attendre, les ennuis me tombaient dessus comme la grêle et jusqu’à présent, je n’arrive pas à me l’expliquer.

je ratais les saisons successivement et partout sur mon corps apparaissaient des furoncles à sommet blanc, comme les petits volcans sibériens.

j’étais sujet au fouet de la médisance et aux moqueries de mes voisins, je réalisais que la course à la performance n’est pas faite pour mes rêves délurés.

de la scoumoune contagieuse dans les veines

en plus du souvenir d’elles

va-et-vient des hirondelles

j’effleure les mots d’une femme

qui aime ailleurs

il semblerait que pour beaucoup la vie reste indéchiffrable, mais est-ce que cela fait de moi un réactionnaire si je m’exprime ainsi ?

La texture des ombres

1/3

je suivais des filles bien en chair et entre mes mains, j’avais une fleur des bois pour chacune. je finirai sans doute par toutes les oublier après le mécompte.

elles me répondaient souvent que ce n’était ni le bon moment et encore moins les bonnes coutumes. je ne trouvais grâce aux yeux de personne.

elles m’apostrophaient parfois: as-tu lu le livre de Saint-Exupéry ? – non, enfin, je crois ! tu ne peux alors être notre ami. je m’empressais de livrer aux ragots un os. 

de la surenchère sur la couronne du Christ

c’était d’une bêtise 

une terre étrangère

je gagne la compagnie

d’une langue

j’étais une bille dans un tourbillon, c’était évident qu’ils ne voulaient me rallier à leurs causes qu’après l’éternité. bien sûr que j’avais le sang mauvais !

je ne regrettais qu’une seule parmi la bravade des louves, une meute affamée sans flair. elle m’arqua mon front de ses lèvres abondantes. je n’avais rien vu d’aussi beau.

une fille verte aux bras nus, qu’elle offrait d’ailleurs à tous les imposteurs, comme une belle affaire de putain ! je ne savais comment lui exprimer le mal qu’elle me fit.

elles ignoraient qu’un chaman guérit les clans

elle m’ignorait

les amis fatigués

je suis les pointillés de l’inouïe

au-delà de la bordure

c’est à cette période que vous avez fait votre apparition et l’invitation pour vous rejoindre à Ouarzazate… ô la fragile membrane de l’existence !

je saisissais cette opportunité pour m’évader, la tête pleine de sombres bavardages et les poches sous un sacrilège, mille possibilités s’offraient à la première venue. 

j’avais comme unique bagage mon manteau de paysage et une petite valise noire de lycéen, une succession après une séparation. je n’envisageais pas de retour possible.

le départ promettait de tendres atterrissages  

un départ nous séparait

une terre conquise

je pars au dernier virage

de vous

2/3

je pleurais tout le long du voyage dans le train bleu corail, les vitres étaient inondés. je me souvenais des dieux qui ont bercé l’enfance de mon cœur, en mieux.

je m’asseyais à côté d’un roi nègre qui lisait des versets coraniques, comme une douceur âcre dans la bouche. je tendais l’oreille à sa psalmodie.

– ne tombez pas sous l’anathème ! vous me le répétiez souvent, c’est vrai ! je m’interdisais de flancher en mesurant pleinement les conséquences. 

l’homme déployait ses ailes trompées 

l’homme déniait me voir

en-sortant-de-la-lourdeur-du-train-à-la-gare-de-Marseille-la-Tentaculaire-j’-ai-marché-au-feu-vert-des-pilotis-la-tête-à-l’-envers-sachant-que-c’-était-écrit-et-je-m’-arrêterai-au-rouge-de-vos-seins-tout-le-temps-comme-un-peu-chaque-jour

je courais les rues à la recherche d’un trèfle à quatre-feuilles, chacune d’entre elles recelait un mystère avec des indices. il me fallait traverser vite avec une démarche raide.

je fessais des connexions insoupçonnées entre les batailles de différentes époques et les héros illustres, à chaque fois que le nom de la rue était baptisée d’un général des armées.

je bloquais mon souffle court pour une apnée prolongée si elle était d’un poète ou philosophe obscur et inquiétant. je les parcourais néanmoins en saluant les plaques.  

je concevais mes diatribes d’un mémoriel au passé fixe

je cherchais ton nom  

un parcours sensoriel

les plumes de l’indien guident mes pas

de faucon

je sentais en moi le froid fantomatique de la ville et elle arrivait l’heure de l’aubade mal refermée ! elle arrivait et j’allais poursuivant mes intuitions.

je lisais sur les façades d’immeuble le sors qu’Il pouvait réserver aux hébergés, l’accueil ne se faisait qu’à une certaine obédience. je vivais d’une colère sourde.

je suivais les ombres des tombeaux et quelques fleurs: dès que fille du matin, paru l’aurore aux doigts de rose… ! je revoyais la magie méditerranéenne d’Homère.

je formulais mes premiers vœux à la ville

je me découvrais

l’ineffable retrouvé

je brouillonne sur des feuilles

noircis

3/3

je reconnaissais une ambiance d’autrefois dans un square malmené par le mistral, les paradis terrestres ont ceci de particulier qu’ils en deviennent funestes.

il y avait là deux mendiants solitaires qui ne quémandaient même pas une obole, quelques femmes âgées bien sur elles de passage. je m’ouvrais à chacun de leur sourire. 

je lisais mes poésies entre les allées et je goûtais aux fruits secs en buvant la bière belge prévue pour l’occasion. les mouettes perçaient l’azur avec leurs cueillettes.

les deux mendiants avaient de l’humour noir

l’esprit d’un bouddha ensablé

une matinée d’automne

le murmure des arbres à l’oreille sourde

qui rêve de vous

je saluais un père juif d’une pierre et je sautais haut en étoile dans une fontaine. j’appelle cette folle audace, le poète et les renaissances !

je voyais le monde se métamorphosait sous mes yeux, le soleil blêmir entre les feuilles d’arbres. j’estimais la cendre qui recouvrait mon cœur.

je prenais le ferry des oubliés et en bazardant mon paquetage dans le remous des vagues, je me désengageais entièrement de tout le reste.

l’écho du Maghreb répondait à mes heures inachevées

je charriais les hommes et les dieux

une quête

je cours vers les rires

de la lune

je frôlais la mort à 27 ans, je divorçais à 23 ans, j’étais déjà dépressif à 15 ans, ces brides d’une vie avaient péri dans le gel de l’eau, je l’apprends de vous à l’instant.

il y a ceux qui vivent avec un seul amour toute leur vie, d’autres ne peuvent aimer qu’avec indifférence.

je ne sais pourquoi je vous relate cette histoire, ces choses arrivent dans de vieilles sagas policières.

je portais une histoire prophétique

je libérais toutes mes joies et les coups

un bout de vie

les vents reviennent

de loin

les actes trouvent leurs sens dans nos rêves… !

Séquences

je me souviens d’une fille, c’était peut-être déjà une femme, mais les relatifs ne sont pas très importants. je revenais d’un séjour au pays.

c’était en 2006.

elle s’appelait… ! ce dont je me souviens ce sont ses études en école d’infirmière. elle était bien trop jolie pour moi, bien à vrai dire sous tous rapports.

elle était assise au comptoir d’un bar anglais quelconque sur les hauteurs de la ville, un paradoxe que je croyais maîtrisé. c’est comme cela qu’on s’est parlé.

elle aimait le charme qu’opérait la musique

la couronne des anges ornait ses yeux

une baigneuse aux longs orteils

arrosé d’une pluie d’été

fou d’elle

j’ai avancé quelques verres et après une danse désinhibée, je me disais qu’elle était à moi. on s’était liée d’amitié et sans me faire prier je l’ai raccompagné.

alors qu’un autre soir on écoutait la radio, elle sortait du lit d’un bond, nue comme Ève sur le parquet et se dirigeait plusieurs fois vers sa bibliothèque.

la pièce était immense avec un haut plafond, j’ai remarqué ses longues… très longues jambes ! je pourrais refaire la calligraphie de son corps.

on aurait dit des ciseaux d’atelier.

j’ai vu de biais son duvet pubien à petits motifs bleu clair

quelque chose d’engageant et ronfleur

une nuit sur le fleuve

les mouettes rejouent les constellations

des enfants qui mentent

elle dénichait des livres comme dans une foire et elle avait quelque chose de furieux dans les yeux. je baissais les miens pour mieux admirer sa beauté.

je voulais une explication à son attitude, elle réitérait sa demande: tu lis, c’est tout ! je découvre comme une épitaphe le mot Salaud sur la couverture.

le reste du titre était caché avec ses doigts.

le second titre était Baise-moi d’une certaine Virginie Despentes, je me répétais ce nom le lendemain en partant. je ne lisais à cette période que les ordonnances.

je vois le film de Godard dix ans plus tard

les choses évidement sont compliqués

l’effet d’une claque

un rêve de Cassandre s’effondre

en mille odes

Couleurs

la liste de mes courses de ce matin, non exhaustif : deux pulls de chez Emmaüs, trois cendriers, un tirage loto, une baguette de pain, du thon à la tomate… etc.

j’emménage dans un meublé.

les rues bordelaises copulent aux dépends des passants et ses boxeuses irréelles ne sont que de modernes minerves qui travaillent au corps.

je reste serein des yeux.

il y a les d’abord d’un enfant céleste et une fille avec un visage maintes fois calepiné d’où émane des voix sourdes à l’entendement. cela est écrit.

des feuilles que je brûle depuis.

je me démène avec l’impression du premier arrivé

je me désencombre de mon incurabilité

un matin d’offert

le vent qui s’engouffre est le prélude

d’une rencontre

une hiérarchie subliminale des filles: il y a les filles anges, très rares à rencontrer, discrètes qu’elles rasent les murs, aussi précieuses qu’un furtif !

elles ne s’inventent plus de tares.

il y a les filles sympas: je vous conseille de les éviter à n’importe quel prix, elles surfent sur l’ambiguïté ! et toutes les autres bêtes et gourmandes.

elles avoisinent les couleurs !

Ève est une exception qui m’a illuminée, je ne sais rien d’elle, et à la limite, je ne veux rien savoir. je la vois pourtant s’éloigner avec son secret sur les bras.

comme un projectile !

un amoureux fou est la multitude

le souffle de l’extravagant Ganymède

les jambes de cristal

elle est promise aux matins

qui se touchent

je vois encore sa nuque et ses cheveux, j’entends le bruit faible de ses pas, je vois son dos rétrécir… ! c’est net et propre, sans grain.

on aurait dit une grâce incarnée.

il faudrait bien qu’à un moment je me retourne sans elle, sauver ce qui me reste de l’attitude de l’un des derniers romantiques et rentrer.

je me contenterais des omelettes.

je voulais tamiser sa lumière et courir dedans, goûter à sa chair… ! mes yeux hors de leur orbite, comme il y a parfois du bleu dans une chambre sombre.

les trappes du cœur avoisinent l’isolement

ainsi soit-il

à l’aube du soir

je laisse fondre le pain

dans ma bouche

soixante dix-neuf euros en poche… je tiendrais jusqu’au 24 !

Le rêve de la commune

À Anne.

je conte mon rêve de cette nuit, mais d’une tristesse, oh mon Dieu ! d’une tristesse… ! la sophia des jours nous apprend au mieux à les écouter.

est-il un non-savoir ?

une désillusion s’abat en ce jour de fête sur ma grande famille, comme la ciguë qu’il faudrait boire dès à présent. je me figure qu’il y a de quoi bander !

les voix rassemblées disaient que le pays va bien et qu’il y a beaucoup d’argent à se faire. tout le monde aspire à être crésus dans des palais de jasmin.

je n’envisage aucun effort de changement

les derniers remparts d’el horma

un cageot à la claire bougie

les jeunes du quartier rêvent dominos

avec leurs mains

j’avançais entre les colonnes en dormant comme un escargot avachi, une morve dégoulinait sur le bulletin bleu tenu nerveusement avec mes deux mains.

un geste cent fois répété dans ma loge boisée en coulisses, – une première donc, mais que vais-je faire ? sachant que je n’ai plus le droit aux questions depuis l’enfance.

l’indépendance nous bride.

mes revendications en ceux-ci étaient simples, je n’aime plus les jours clairs et ma préférence va naturellement aux jeunes sœurs dans les bains.

personne ne répond du sort commun

elles sont plutôt rasoir

miaulement du chat

une mystérieuse collecte des ordures

dans la ville qui pue

nos chers gouverneurs les messieurs présidents des terres démocratiques levèrent tous la main, sauf un. ils crièrent: nous sommes tous à cheval sur le detritus !

comment verdir avec la roche ?

vous nos douces terreurs vivez en poète votre propre différence ma disait la dernière voix qui chantait, cela à provoquer une hésitation dans mon cœur.

et si je recommence à perdre mon latin étoffé seulement de quelques mots, je reviendrai à la terre et plongerai mes racines frêles dans celle-ci.

ding dong – ding dong !

la lune est rouge

et si de ce monde bureaucratique et obtus

je répondais par un autre rêve

je reste sans activité spécifique

l’autarcie me fait bander longtemps

et si j’éprouve le besoin de comprendre

seul l’aride parmi toutes les vérités m’est nécessaire

lorsqu’on est consacré à la grande heure sans secours

rêve, rêve, rêve… aux lassitudes du mur de brique !

et si les souffrances renouvellent nos découvertes 

j’ai grandi sans le vin des vignes et je m’appartiens

j’essaie de déloger les individus d’une idéalisation erronée

lorsqu’on vous dit que toute tentative est un échec

et si en une victoire nos rêves se concrétisent

ce n’est pas gratuit que l’anarchique ordre régnera encore en maître

le rêve commun n’est plus sans le concours du savoir vivre et des idées

l’horripilant est dans le clos de nos coquilles vides

avancez vers l’arrière plus que jamais !

Une compagne

je ne veux être une modeste image d’un homme du soir.

celle qui m’accompagne ne porte aucun nom. c’est une fille imaginaire, une pure fiction. elle creuse dans mon cœur des sillons.

je la débusque à travers les aléas de l’exil.

elle a l’habitude de rassembler la fleur de sel et une huile de phosphore éblouissante. elle pratique le meurtre à l’aide d’un unique poison, son cœur.

elle est du Sahel.

lorsqu’elle veut embrasser le désert de ses ailes, elle articule des mots purs qui le sellent magiquement et me resteront à jamais incompréhensibles.

je lui livre mes pulsions réprouvés

je l’invoque

les saisons défilent

les rougeurs d’une passagère adorée

qui s’ingénie

nous avons consacré beaucoup de temps pour nos retrouvailles, comme certains le distinguent, nous on se comprend. elle aime les compotes de pommes.

on s’est construit avec nos plumes un lit pour l’hiver, puisqu’il était temps. elle était la vilaine fille des trottoirs mouillés qui accostent.

une couche où les vents se déchainent.

je n’ai jamais manifesté une disponibilité en amour, le poème était l’épouse délaissée. je fascinais plutôt comme un objet de convoitise.

le vaincu, les devantures… !

elle est l’étrangère de toutes les routes

elle est l’autre dévoyée

lune croissante

entre les quarts d’heure de silence

je m’en câlice !

cette madone est d’or que j’oublie les jours de parade de la fanfare, elle est au fait de mon insondable gouffre. je n’ai aucune posture qui tienne.

il y a de quoi ne pas être: futé… pas très ! ce sont ses mots, mais vivre des expériences non-verbales, voilà un charme ancestral ! c’est ma ligne de conduite.

je suis infiniment épris de cette entité des rivières et des cols, comme un arrimage total au sublime. les soirs ordinaires, nous lisons blottis l’un contre l’autre.

elle me rejoint chérir nos enfants, parfois

je prétends qu’elle m’aime

le show continue

premier rendez-vous manqué

entre les collines

je me figure cette folie qu’après-coup… de celles qui ne peuvent toujours pas les battre !

Du sel de cuisine sur une plaie

le rêve étrange de la nuit passée où tu mets apparu… tu versais de longs sanglots ! je pleurais aussi cette énième déchirure.

tu étais du granite dans les proches rues et la mousse poussait sur tes épaules, une déesse aux inquiétants secrets. il m’était impossible de t’approcher.

nous faut-il brûler les morts sur le bûcher des souvenirs, – nonobstant ? à l’inverse de nos cœurs flottants, tu ne reconnaissais aucune pesanteur.

les petits riens dans un grand rien du tout

les chamboulements qui freignent

une liane de lancé

j’espère que la chute est réciproque

à l’avant de ce cri

je me demandais qui d’autre à part moi pour exécuter les sentences, mes guillotines sanglantes de tes larmes. tu cachais à ma vue tes tristes yeux.

pardonne-moi, plus forte je te rêvais.

je repense à tout ce temps passer à tes côtés et réellement sans toi, les non dits m’accrochaient aux noirs nuages. j’ai renoncé depuis à toute identité.

je retrouve mes vieilles obsessions dans celle du Vulcain, c’est-à-dire vivre un jour et mourir, doucement ! comme voltige un papillon au cœur de l’automne.

les paroles perdaient de leur naturel

les corps se pourfendaient

une petite ivresse

les murmures se poursuivent

en poussière d’étoiles

je me souviens d’une nuit comme celle d’hier, nous étions séparés et sous le même toit. il n’y a qu’un esprit torturé pour admettre pareille situation.

le glissement des sentiments.

je veux rendre à travers ces lignes justice à ta décision, rien cependant de mémorable ! elle m’a fait tomber dans la folle aventure poétique.

puisque c’est moi l’éternel obligé.

j’essaie encore de tisser des liens quoique fragiles, comme ce billet qui ne te parviendra peut-être jamais. c’est une autre torture tout aussi raffinée.

je le déroule sous mes yeux.

je me pagne l’âme d’un moins-que-rien

je me déguise

jusqu’à la pointe du jour

l’amiral mire sur le Bosphore

les yeux troubles

ce n’était qu’un rêve parmi d’autres nuits insoutenables… mais comment retrouver la paix du sommeil avec de si mauvais présages ?

Zut !

À Hamid.

je poursuis comme un homme déjà bien entamé et sous lequel tout tremble et faibli. on m’appelle l’ancien dans le quartier, mes familiers sont un vestige.

je me dis que les anciens eux aussi seront perdus !

la mort est une rature et mes pas mesurés ne sont que les pas d’un pantin. j’espère toutefois le parfum d’ombre de la feuillée et les moulures au ciel.

je joue des airs d’exiler avec ma flûte du maquis, des grivoiseries de berger… etc. la voix que l’on perd surplombe comme cendre, un talisman !  

leurs vœux ne seront pas exaucés !

le revers des vents forts

comme dans les temps futurs

appel à la prière

il remonte sa djellaba des deux mains

fous rires bénis de Dieu

j’effaçais le livret d’or des jeunes de l’Union qui nichait dans une main, n’étaient-ils pas à terre ? je les revois au pré d’une rivière où coule le miel, peut-être.

je combattais les écailles sans mes jambes, une dague dans l’autre main. c’était l’arène où se jouer l’honneur d’un homme, la conquête d’autres sphères !

l’ivresse était portant le quotidien.

j’avais la patience d’un désert, d’une salamandre… etc. j’étais le sommelier exclusif d’une infinité d’histoires, mais loin de l’idée de finir en gardien des ruines.

aussi furieux qu’un satellite orienté

les goélands ratissent

chômer sous le ciel

derrière les lambeaux d’or

d’éclatants parfums

je prie pour le renouveau des choses et je lève la main aux cieux clairs pour un peu de nourriture sur le feu, un peu d’eau, ruisseau, oh !

une eau que je bois à même le sol.

les montagnes au soir jusqu’aux chants du coq, les maisons qui ronflent les lumières, le belvédère des chênes… etc. ce sont les refuges qui nous édifient et préservent.

une foudre s’abat et creuse les hauts plateaux, mais qui peut savoir réellement ces choses-là ? les orages sont méchants par ici, je rentre puisque je l’ai vu.

ainsi meurt la récolte des cœurs

est-ce qu’il fallait vaincre pour se repaître ?

l’inclinaison du jour

un balisage des dragons Kabyles

avec des chaises

entre le ciel et la terre, de l’est à l’ouest… un nouveau système est à prévoir, l’invariable fixette ! les clochards sont les attractions modernes.

Dans une maison

À Fateh.

l’humble pendule de bois se détachait dans le salon, une antiquité. le coucou ne fonctionnait presque plus et on ne savait pourquoi.

je prenais déjà mes distances de l’incommensurable avalanche du temps, qu’il me fallait sitôt pressentir le bruit poitrinaire de la pendule: tic-tac… !

la nuit noire s’installait et mes yeux sont tombés sur une toile. on aurait dit un tableau de Gauguin, sans le cadre mural. c’était une toile sur un mur blanc.

il y avait d’autres bruits parmi l’écoulement d’un ruisseau

la lourde maison avait des coutumes ennuyeuses

l’été au village

les jeunes filles s’exaltent de joies

en djebba d’intérieur

il s’agissait d’une femme assise au milieu d’une faune inquiétante, peut-être un tombeau immobile et ses rythmes longs ! une bonté émanait de ses yeux.

éprouvés par la peine.

j’allais la rejoindre à pas ouvert dans l’éternel silence qui parlait si fort, l’antre était une merveille, même les fleurs et les pierres qui jonchaient le sol étaient rieuses.

elle réorganisa toutes mes strophes avec un naturel qui inspirait l’adoration, cela m’enflammer. j’ai vu que l’harmonie de ce monde était triste.

les idées compétitifs nous possèdent.

c’était peut-être Fatima

Allah akbar !

soirée de l’aïde el fitr

un nuage s’évapore

comme dans le Coran

les cavaliers de plombs sont arrivés et pareil à un voleur dans un kiosque, je me cachais à la vue des couleurs derrière les murs végétaux.

j’en étais estomaqué.

c’est ce qui à était préétabli dans ma genèse qui m’a ramené à la réalité et consolé de cette rencontre, comme une mémoire vengeresse.

je revoyais la clairière bleue de mes vacances, les visages trompés de soleil, le feuilleton des corps en action et l’effort de tous.

je m’adonnais à d’autres trames.

j’ai repris ma place sur les dalles

j’avais perdu la grande heure du secret

une nuit offre son concours

le paysage intérieur et son double

un masque rit

la fin d’une époque nous est-elle annoncée ?

Hymne de la nuit

À Mehidin.

il me parvient par la fenêtre un vent parfumé et tiède, à peine plus perceptible que le chant de la baleine, une musique de la maison des filles: du hip-hop de parade.

la ville est à bosses.

une célébration aujourd’hui, un mariage a été fait. l’innocence qui se donne des airs d’adulte ! l’atmosphère de la salle saturait sous l’or et les parfums.

je n’ai pas dansé sous les yeux horribles des convives.

je repense au terrain vague des grands nègres voyageurs, ils ne fréquentent plus l’école, peut-être que l’on partage les mêmes déceptions: rien à en tirer pour ma part !

c’est ce qu’a dit mon professeur.

les retombées se voileront d’un pauvre sarcasme

les retombées nous déchaînerons

café sans sucre

mimique d’un homme nouveau

les deux volets clos

je prends le contour des voix anciennes, je prends aussi mes envolées lyriques, sans oublier l’aumône ! dans mes longs relâchements : ciel / caverne

sans relâche !

il se trouve une bougie crème et une bouteille d’eau minérale sur ma petite table, comme pour un ours apprivoisé. je m’affaire sous le signe des mots.

on naît noire, on meurt enchaîné.

je vous parle de mon sport, je vous parle de mes métamorphoses ! les voiles se tendent bien sous tous les vents. je pense à celle qui partagera ma vie.

pourquoi pas l’acheter.

l’atmosphère de la nuit est noyée d’électricité

j’apprends à flotter

les vents sonores

la nostalgie de mes jours d’errance

une lance à la main

je ne pratique à vrai dire aucun sport, je n’ai aucun hobbies. je n’aime pas d’ailleurs les personnes âgés et je ne parle pas votre longue.

un garçon sans intérêts.

je fréquentais une fille que je baisais comme un apprenti ou un marabout, j’aimerais par-dessus tout oublié cet air satisfait qu’elle avait sur son visage.

comme un ticket.

je finis ma cigarette et continue les raccourcis de mon cœur qui semble interminable, mon exercice favori de catin que j’enfonce avec panache.

cet été a des allures d’une chute télévisée.

sur l’impression d’or et d’alliances qui se trament

je repose mon front sur le coude

oh, ces quelques jours !

aux dernières phalanges

des luminances

j’ai pleinement conscience de l’outrance des fêtes de l’été… j’espère regagner la même foi première !

Plan

tu veux vivre bêtement et t’éloigner des obligations quotidiennes, à l’état primitif dis-tu ? comme au retour des saisons que l’on considère comme nôtre.

tu ne veux plus avoir de phrases concises à méditer, éprouvé par un repu total. tu ne veux plus envisager les incongrus s’échappant d’un monde souterrain.

hypothétique !

tu veux fuir les nouvelles d’où qu’elles viennent et la partition, afin de rêver comme l’esprit d’un fleuve et jalouser un peu l’éternité des papillons.

lorsque tout s’érode à l’épreuve du temps

brise le gel

réticence des nuages

au calme d’une énième énigme

en catimini

tu ne veux plus adhérer à la réalité que l’on t’a choisi, tu détournes déjà les yeux de la marche à suivre. elle est d’ailleurs pour qui, ceux qui empilent ?

tu veux tout oublier clandestinement sans chercher aucune consolation ni aucun remède à ton mal, lorsque plus personne n’accepte de tomber.

tu ne veux plus rendre de compte à personne, moins encore à ceux qui osent te mentir et qui t’oblige à te taire. tu ne veux même plus te décider à parler.

on s’en souviendra de l’autocensure !

tu entends les bruits de fond

la suspicion

du néant à la vie

il sent déjà venir l’arnaque

des nombres

quoi de plus simple que de te lever un matin, semblable à des matins de rameau, te faire entièrement silence et partir avec l’intimité de ton café chaud.

il se pourrait que tu traverses l’exile du cœur, peut-être même pour des années ! au lieu de te dépêtre d’un sursis qui cloison dans le nulle part.

il te faudrait sauvegarder une certaine constance dans la durée et atteindre ta poétique. tu désapprendrais tout en seulement une heure et vivre, vivre…!

il y aurai d’autres fécondités

peut-être la transe

une eau d’or noir

réapprendre le nom de mes doigts

avant de déguster

j’en fini pas de me consommer d’écrire… ! je redoute les anathèmes et les pseudos morales religieuses.

Es-tu-air=(e)

il faut croire que j’ai vos visages sur le dos tout courbé, que dois-je faire aujourd’hui de votre absence ? le crève cœur de mes suppliques reste sans écho.

j’ai la tête hors de l’eau javellisée, à peine juste de quoi me narguer. je tiens difficilement sur mes supports et c’est bien le retour de mes erreurs passées.

je ne fais que parler au fer comme un coléoptère, ne vous inquiétez pas outre mesure ! je vous demande surtout de ne plus déranger le monstre dans son estuaire.

je recréerais la magie de nos rencontres

les promesses oubliées

les amis… !

si loin autrefois

je caresse le manche de mon gilet

la chambre est ma mémoire qui s’égoutte et je vous revois me sourire les après-midis d’été à la plage ou partout ailleurs. envers vous tous, j’ai eu tort.

je crains de ne pas avoir compris très tôt le sens d’une amitié, d’être passé de plein d’autres surprises. je ne regrette évidemment rien de ma vie passé à vos côtés.

nos vies enchevêtrées, royale !

j’ai eu de la chance de vous côtoyer et de vous connaître, vous étiez mon or noir inespéré. je me heurte depuis à ces fichus murs denses qui virent au rouge.

je consigne les airs de nostalgie

un bonheur parfait ne dure qu’un temps

la lune sans bruit

accroché à la chair de l’escalier

comme une traversée

je me noie dans les yeux d’un chiot taquin, il aimait les œufs et courait dodelinant après moi. il m’est impossible de m’en détacher, même s’il me fait peur.

j’écoute plus en dedans la myriade de mes années perdues, comme se rendre à la pire des vérité. les mots au goût douteux et métallique me raclent la gorge.

je sors métamorphoser d’un hôpital et le corps indemne, c’est l’été au soir d’une intime révolution. il y a une légère nessma, je me déverse pour ne plus manquer.

je me trouve effrayant à tout endurer

le sort de la jetée des âmes est battant

soir d’été

l’histoire d’un chien défunt

avec un os

je suis une peluche aux yeux arrachés qui écoute, Lacrimosa de Wolfgang Amadeus Mozart.

Un couple du dehors

ils ont bu beaucoup de cafés et ils ont dîné dans de charmants restaurants, le temps était leur allié pour se découvrir, s’aimer et aménager ensemble.

ils avaient tout pour être un couple heureux et ne passaient jamais inaperçu. elle lui a offert des charentaises pour sceller leur union, et lui un bracelet.

ils n’étaient pas portés sur le sexe et très vite à la question où se jouait le nerf de la guerre, ils répondaient en leur fort intérieur, ailleurs !

ils partageaient le même exil.

ils étaient très proches l’un de l’autre

un ciel sur l’autre

la saison aux mille caresses

un Méli-mélo de traits gris

des lézards blancs

ils fréquentaient avec enthousiasme les cinémas d’auteur, les musées et les salles d’exposition sanguinaire, car il fallait avoir des frissons.

ils se mêlaient à la foule dans les célébrations d’une quelconque divinité païenne. les bars dansants étaient plus pratique en vue de leur proximité.

ils arpentaient le satin du pilat et lascaux pour admirer les fausses peintures rupestres. une sacrée aubaine pour deux amoureux nouvellement installés.

ils avaient quelque chose des rayons de soleil

la lenteur du vol des oiseaux

l’humeur espiègle

un léger silence entre les lignes

de l’écran

ils parcourraient à eux deux tous les arts et par tous les chemins, comme les livres lus qu’à moitié à deux voix, les repas entre amis jamais entamés… etc.

ils partaient de longs week-ends en personne consentante dans tout le territoire et une fois à l’international, une révélation d’une profonde amitié.

ils étaient sans port d’attache.

ils ont fini par attraper la nausée pour leur vie de couple, les sorties ne suffisaient plus à satisfaire leur quête respective. ils consultaient pour cela des psychanalystes.

les adeptes du dehors se traînaient

ils ne s’y reprendraient pas une seconde fois

les amours en carrousel

je brûle celle qui tombe au sol

des vieilles théories

Les occasions de se rattraper manquent

À Ahmed.

je me souviens du jour où j’ai commencé à survivre, c’était pendant les vacances. j’ai allumé la télé, comme un jour routinier à glutiner devant muer.

j’étais jeune.

je ne trouvais plus de sens à rien, plus de but à atteindre. j’avais perdu le goût de vivre, c’était dur ! quel drôle de début pour l’apprentissage de la vie.

j’ai commis quelques erreurs cette année-là, la plus marquante entre toutes et sans déceler le manquant de l’histoire, j’ai changé d’entraîneur et de club.

je ne tenais plus dans mes baskets.

cette manœuvre sonne la chanson naïve du destin

une exode intérieur

fenêtre sur le cœur

derniers jeux de la saison

de zermumiya

c’était un entraîneur fort et tranquille, un technicien. l’un des purs produits du système pédagogique algérien. il ne lui manquait que la trêve des clans.

le transfère a été perçue comme une trahison et signifier par un refus d’échange de paroles et de poignée de main. j’étais le déloyal, celui qu’il fallait bannir.

on partageait pourtant le même bain.

une honte s’abattit sur moi comme une ombre, je voyais l’abîme m’engloutir. je voulais mourir comme tous les dieux païens et que l’on parle encore de moi.

les traîtres portent eux aussi un nom.

comme une éclipse

peut-être qu’elle était totale

voir

pourtant si seul

si seul

je me rendais aux entraînements en reculant, la transition s’est avérée longue. les événements empiraient lorsque mon téléphone s’arrêter de sonner.

l’exclusion est une fée qui ne m’a jamais quitté.

je le revois parfois à Tizi-ouzou, toujours sur le dos un survêtement. il me donne l’impression d’un vieux débris parmi les décombres de son passé.

c’est l’un des effets du temps sur les gens, ils se démènent avec les autres et de même avec soi. l’anodin semble les dénaturer à petites doses.

j’espérais une générosité

comme une écoute dans le milieu

les amitiés bénies

une page blanche a le don

du pardon

toujours seul poursuivant les échecs et mes fraîdennes !

Le chemin du retour

le printemps est au temps fixe et de sombres créatures chantent dans mes oreilles, seules les fleurs respirent. je viens de rentrer de l’aéroport d’alger.

tu roules entre mes yeux gorgés de chagrins.

je retrouve mes semblables, mes proches. tout le monde va bien et inquiet de me revoir. j’ai la conviction que je peux vivre le reste de mes jours à leurs côtés.

il me semble que j’ai prévu mon retour des siècles à l’avance, j’ai l’air d’avoir 10 ans de plus. je pose sitôt mes valises sans bruits dans un coin.

je reviens en paix.

il fait un temps mitiger

j’ai eu une dure semaine

je suis ton ange, tiens-moi la main

je suis innocente, pardonne-moi

souviens toi de nous

souviens toi que tu peux être libre

tend la main au vierge rivage

c’est un nouveau départ qui s’offre à toi

prends moi dans tes bras encore une fois

je crois revivre nos adieux en continue, la colère s’estompe peu à peu. il y a des êtres qui changent et d’autres qui ne changent pas, sauf dans les films de science-fiction.

je suis grand de mon amour pour toi.

je remercie le ciel mouillé de ses bienfaits, un carre du ciel, le tout petit vert d’un paradis sous quinzaines. derrière la joie cachée, je feins d’être compris.

à l’orée du jour le cœur sème.

je me suis aperçu pendant la traversée que tu as façonné ma langue et qu’il va falloir encore t’aimer, comme un derviche reclus dans le vaste désert qui aime la lune.

l’un de mes livres le raconte très bien

j’ai attrapé froid

j’ai espéré mon retour plus fort que tout

j’ai maudit mon retour la raison de tout

je me dictais d’extravagantes formules pour échapper au stress, le livre a agi de ressort ! toutes mes pensées sont dirigés désormais vers toi. j’ai vécu l’éveil de l’amour après notre séparation, bien après l’incompréhension.

j’ai la légèreté de mes poches d’écolier, l’aurore verte dans les entrailles et au milieu des blés, je formule le souhait de te revoir. j’espère que la chance miroitera notre soleil, pour tenir.

j’ai tiré nos numéros au loto du patrimoine.

je sais de l’univers et ses desseins à mon sujet, comme qui résonne en lui des slogans d’eau de pluie. je regarde cette nuit les étoiles pour deux, qui n’ont rien du noir habituel. la main gauche sur mon cœur.

la réalité nous ment par essence

la rupture n’en est que plus violente

au bois fleuris…

j’écrase l’herbe pour bâtir

un tipi noir et avec mon dos d’ours à trois pattes

je me tiens sous la pénombre des jours en fuite

l’air est un charme à exclure

lorsque tu me voyais avec ton coeur, c’était mieux !

Escapade

je suis à peu près immobile sur une vaste plage, l’océan bouge. je me demande si tout change autour, comme sur une carte postale.

l’intériorisation m’est confortable.

je remarque les silhouettes des flâneurs au loin sur la rive, quelques bêtes mortes sur le sable et une très belle fille sous son k-way rouge.

j’essaie de l’atteindre de mes yeux incompris, seul l’horizon brumeux semble l’absorber. elle a l’air timide et moi d’instinct, je veux la pénétrer.

le fracas des vagues pèse de mille invectives

les paroles se broient

une longue-vue

la lecture aléatoire des signes

du paysage

une dernière et je vais me prendre pour un collectionneur ou comme un rang de gars ! je n’ai aucune nostalgique de mes anciens murs et pas de collier.

je repense aux peintures de Watteau.

je collection les envies ronces et les poux de coutume, comme une bourrasque qui essuie. je ne sors de l’inertie la plus désabusée.

je cherche pourtant des solutions à mes cloaques, et sans efforts, je m’arrête net. le tendant tire sur la quille, ce sont les problèmes des martiens-poètes !

les échecs collent à mes muscles sans cellules

les actes se noient

le tout m’entoure

et fuit et fuit… !

et fuit

je m’assis sous le palier d’une cabane de sauveteur que je purifie. le mauvais temps s’évide et d’une mémoire ancienne, je formule des mots obscurs.

les vents emportent mes idées au beau fixe et dans mon cœur des cintres d’acier me trucident, comme jouer un peu avec soi et cacher son nom.

je ne vois rien de l’affection de son chien, je ne vois rien de l’étendue grise… etc. je me contente de la bouteille de rhum ambré qui m’abreuve.

pour mieux me rassembler

pour me disperser

une journée de printemps

les chiens errants sont dans la grâce

de Dieu

j’ai dû rêvé ce moment, comme toutes les fois où j’ai aimé… !

Silex

À Françoise.

je suis de nouveau seul et peut-être définitivement guéri de son emprise. je me demande pour combien de temps… 3 jours, 3 mois, 3 ans ?

je pourrais entre temps écrire un opéra.

je me considère comme une personne chanceuse, démesurément. je suis un rescapé, pour d’autres un privilégié. les jugements des uns déteignent sur moi.

certaines choses ici-bas ne durent jamais.

je nourris sans doute des complexes, j’édifie une honte ! comme chercher par dessus tout ce qui se trouve sous mes yeux et que je n’arrive pas à saisir.

je ne dois plus tâtonner sur la pente abyssale

auprès d’un fétiche

il a fait plutôt beau aujourd’hui

même dans le cœur des gens

ce qui n’exclut pas leur violence

je vous dis qu’après la tempête vient l’amour

après le moi corrosif, à moi la chaleur… !

je m’éloigne d’un changement pour une baigneuse aux courbes de feu, – devrons-nous subvenir à leurs besoins physiques et moreaux, les responsabilités… etc.

j’imagine qu’elle renouera avec ses objectifs de ball-trap, même plus tôt que prévu ! nourris de sa cervelle de moineau, de petite joueuse… etc.

devrons-nous supporter ça ?

il en résultera de toutes petites crottes de son beau derrière saillant, rien qui n’approche d’une perdition. un étrange gâchis de la calamité encore plus révoltant.

n’allez pas croire que j’ai peur de l’engagement

n’allez pas me croire

au magic pub… 54, 56, 58
comme dans la nef d’une église gothique 
une sombre niche au lait froid et de froment

la rue se nomme rue maréchal joffre 
vous y rencontrerez peut-être son apache  
à qui manquent une hache et le divin sourire

les habitués s’anesthésient jusqu’à la moelle, verdict
cette enclave est un tamis qui cache

Lola, Fanfan, Bio… une bande dessinée à eux seuls !

je suis un être fragmenté et ce n’est pas là un problème, la liste de mes ruptures est longue. elle prend parfois l’apparence d’un faux nouveau départ.

je vais me noyer dans une décharge d’un millier de roses, sans aucune concomitance. je m’ouvre autrement dit à une prostituée de bordel pour jeune.

elles portent le voile de la sainteté.

je suis curieux de voir l’état de son facteur après la réception de la nouvelle, et qu’elle délivrance ! je savoure déjà d’ici un malicieux plaisir.

lui ferai-je parvenir ce poème ?

je suis tranquille sur le zinc humide et froid

les scrupules d’un indéterminé

une bouche à l’est

les centimètres s’envolent au ralenti

désir de tout ton soûl

Cela ne chante plus

À Lucie.

1/3

c’est une espèce d’un vieux genre que l’on ne retrouve nulle part, comme un adoucissant des âmes caverneuses. je vais à la rencontre de son job de nettoyeuse qui dévalise les caisses

les sites de rencontre ont ceci de bon.

je vois son sourire unique et inoubliable, un diamant de météorite. n’est-il pas une affaire classée, pourtant je persiste à consulter ses photos. loué sois-tu et ce qui te dépasse

je la reconnais dans sa superbe et ses variations subites, une belle prouesse de la nature. j’entrevois de vagues réminiscences de quelque chose d’encore plus vague, comme boire le mythe

elle se perfectionne sur les rives de la séduction

comme une étoile, je veille au grain de ses réticences

prendre l’instant de l’éternel et voir les paramètres de la trajectoire

un ciel presque bleu derrière des arbres nus qui se courbent

le soleil se noie sous mes pieds où pointe l’herbe douce

je cherche la fleur saine sur une sainte terre et lui bâtir un royaume… ce n’est plus possible ! il faudrait tout l’or de la terre et des hommes cartographiés  

il n’est plus possible.

j’avais droit avec la précédente à des pelles mouillées, comme la pluie de Dali. je laissais traîner pour elle mes pleurs dans la rue parmi les beaux qui ont du génie. les crimes sont faits, j’en reviens et ce n’est que parfait

je pense el djinn à la claire bougie en été.

je bande rouge et la devanture est un tropique laiteux. je n’ai pas de réponse toute faite et ma vie n’est pas parfaite. elle doit savoir que dans la vie il y a des hasards inopportuns

je vais juste partir et je vous dis: non

jeu est une déchirure sous la pluie

une femme dans un parcours amoureux
la vie est un bouleversement vocalique qui peuple
je suis avec comme un ermite, le monde sauvage

mille félicités pour les âmes en peine
je suis content mais il faut savoir, il te faut savoir
qu’il y a une âme en peine abandonnée du ciel qui ta fait mourir

la lumière sur ses cheveux violet
j’étais l’ami de son corps sous les draps, il y a mon corps noir
une souscription médiéval, elle me parait lointaine dès ce présent

l’être seul, une éphémère bougie
le verbe multiple, une transparence et moi
est une souillure que je lave de mes yeux noir de toutes les façons

j’endosse l’habit du poète en herbe dès le vendredi saint, il se trouve au-dessus de moi un soleil hypothétique. je regarde le ciel avec un verre et mes chaussures marron sous une table ronde

je sens la chaleur de l’automne sur mes joues et les passants qui rêvassent, les prémisses d’être heureux avec un sourire naïve devant soi. je vois des amoureux qui se tiennent la main

je fonds sur la chaise, sans elle.

je lance des petits miaulements de la gorge d’un chat en attente, m’imagines-tu ainsi ? je n’écris plus sur une viande de poisson séché, un bel après-midi d’amour, une chanson qui se raconte… etc.

tiens toi calme, poète !

redonner une seconde chance à l’amour

je suis le déraciné, à jamais

– un expresso s’il vous plait

– tout de suite Monsieur

– non, plutôt un double

– bien sûr, tout de suite

– votre ticket

– merci, tenez… !

la petite pensée du jour est que le péché Kabyle c’est d’être trop kabyle, ça va les tuer d’orgueil inévitablement, beaucoup de luisance pour ne pas flairer le coup… !

2/3

je suis un croche pied à la civilisation, une relâche et détendu dans mon cloître. je dois m’éloigner le maximum de toute autre dimension et fondre dans le rythme. j’espère te faire une bonne impression

je fais une liste de mes qualités très rares, mais ça serait bien. j’ai mes réserves de tendresses et tu es une bible mariée avec le soleil. je dois m’attendre à des jours meilleurs, oh, les jours meilleurs… !

je remarque qu’il n’y a pas plus heureux qu’une femme qui sourit à son téléphone. je n’ai rien de la tempérance d’un saint. je deviens idiot avec l’âge, c’est plus fort que moi

garde ton funk au calme.

les câbles noirs délimitent nos rêves d’amoureux

un peu mal à la tête avec les yeux vitreux, un souffle

pour clore

il faut connaître l’espace

du corps

je rêve de la tenancière qui est au téléphone avec Amanda Sue, elle ne répond de rien et réclame son du, une sale affaire ! l’héroïne est à une demi-douzaines de routes d’ici et jamais elle ne se présentera

c’est la charge, une fatigue.

je me suis amusé par déclic, un vulgaire mollusque violet gorgé de vitamines. je me retourne vers toi toujours aussi indéfinissable: la grande bleue aux cheveux roux !

je scrute le vide comme un paravent vite et clair, les murmures de la pierre d’ombre jaune… stupides oiseaux de l’étendue ! lire dans l’âme des gens est mauvais et les lunes sont étatiques

le prévoir pour mon post-scriptum !

très bas dans le jour sur la route des ailes

je prends le bus:

ingurgiter

courir avec le silence

toujours vivre 

outrageux, je ne sais plus vivre !

je respire ce qu’il y a de peu dans l’air, la symphonie du crémant. je ne fais qu’un avec la matière grise de mon cerveau… surgir, mûrir et m’évade regroupent presque tous les mots

je ris à plein poumons.

j’oublie les fleurs et les palmiers dans le vent, les visages classifiés. les célébrations de la vie sont les assurances simples qui défient. je suis un homme simple, factuel. la fille de ne pas être revenue s’est volatilisée

Menon est une bouche ouverte avec la langue noire !

mes lectures me collent à pleine dents, je meurs et revis sur les trottoirs de la ville. mon imaginaire quotidien est fantomatique, cela ne veut pas dire inexistant. où peux-tu te cacher ?

je reste un boulon clouté, faut-il aller mieux ?

comme dans une ville faite de mirages

à pas de chenilles

cinq filles aussi différentes

qu’une pluie d’automne

3/3

la vie recommence nouvelle sous le ciel de mon appartement, je m’en vais vers l’est qui flamboie. je me dois d’écouter là-bas la route des voyages et du conseil, les territoires en amont

je me suis assoupi entre les mamelles grossières qui touchent le sol, c’est-à-dire pour une misère. qu’ils se lèvent maintenant pour la besogne ou qu’il pleuve. ils ont la solde dans la moelle

Menon est un long nez qui respire la fraîcheur des mensonges !

je danse amoureux fou avec les aigles blancs en communiant avec le ciel bleu perdu dans les montagnes et il fait particulièrement chaud

le téléphone me propose Edge.

un rendez-vous et partir, la lune ce qui aurait pu

loin, bien loin et où tu veux et nulle part si tu souhaites

le calicot se récolte tôt le matin

le soir venu on boit du thé chaud

( il y a sûrement une déesse cachée derrière ! )

j’ai une dette pour les uns et pour tous les autres entre des tenailles, les grandes lacunes de la terre rouge sont envisagées. je joue avec les planètes fauves comme aux échecs

souvent, je perds.

je retrouve comme chaque soir ma fée, le secret de mes nuits. elle me caresse le cœur et dit : chérie chérie… ton déshabillé est exquis ! elle vit isolée dans mon imaginaire, une Bovary Maghrébine

elle vit en blafarde.

je rumine et médite la dimension cosmique de celle qui ne décline pas son nom, comme cet escargot de travers sur la vitre lisse. c’est lui qui bave les mots blancs sur un ciel éclair, mon jumeaux. je vois quelques métaux

la mort rode en ces longues nuits dans ton ventre

la mort rode en ces nuits sans fond…

après le voile

l’os

dormons !

je vois les basiliques et de vieux châteaux sous la pénombre, les façades et mon armoire hanté, mes ancêtres et mes mille bravos sur le talon… etc. j’ai un mal bleu enveloppé

une femme peut parfois être toxique, comme un rêve inachevé. elles étaient de gris les grilles de la terrasse, – pourquoi les diables sont barbus ?

il y a des sentinelles avec des yeux océan qui voient le monde debout, comme si on croisait le fer. je suis peut-être cardiaque, les rythmes…? j’aime lorsque c’est comme ça le soir et que tout va bien

si tout va bien !

parce qu’ils se rencontrent ailleurs

ils échappent à la mort

je rêve que je la tiens la tête en arrière
par ses cheveux mélodieux

une douceur d’hexagone
comme un vieux reste

un fond de sirène qui berce
je presse l’égide, de marbre est ma queue

Une pratique que j’ai pris de France

j’écris des poésies sur tous les supports, j’aligne pour ce faire des lettres derrière un voile. elles venaient parfois et je les fuyais. à présent, j’accueille.

n’importe où et n’importe quand.

à la fin de mon poème et tout de suite avant ma première lecture, je sens comme une présence au-dessus de mon épaule, et elle broie !

c’est la mort des bienheureux.

j’ai mis beaucoup de temps avant de pouvoir l’identifier, il n’y a qu’elle qui reste tapis à l’ombre et qui prend parfois par surprise.

on ne peut lire qu’une seule face à la fois d’une pièce

le côté pile se laisse deviner

les chemins de traverse

je cours derrière les lucioles

de la nuit d’été

mes actions frénétiques se figent et comme elle, je vois à quel mot au juste je devrais me pendre. pour certains ce n’est qu’un jeu, je vois là un passage.

je redoute ces instants de magie où je ne fais qu’un avec la chose, une symbiose redoutable. je me sens lasse cependant à repêcher le même stupide poisson.

je relis quelques jours plus tard ( semaines ! ) des écrits dont les feuilles sont encore humides. ils sont comme une redécouverte ou une vie recommencée.

à la lumière des calmes matins

comme un vulgaire mollusque agonisant

le souffle court

nul ne peut mentir sur l’idée

de la mort

je crois qu’au ciel seront accueillis les maux ( mots ) passés que j’endure inutilement, même si les avantages de ces manifestations je les cède à d’autres.

je trouve mes poésies d’un ton bonimenteur, une sorte de traîtrise saccadée ! qu’ils ne sont au fond que d’un vieux débonnaire. je disjoncte du kalam.

cela n’engage néanmoins que mes goûts.

je n’ai fait preuve que de patience et je n’oublie pas de dire merci, merci… ! merci du fond de mon cœur à celui qui repousse l’appelle du trépas.

ils se font rares.

j’écris et cela me fait peut-être avancer

pourquoi on en veut aux poètes ?

de l’écriture

l’hybride au bout du chant

bleu pétrole

Un oiseau est nécessaire

mon oiseau va et vient dans la cage en imitant les chauves-souris non domestiques, et à ce qu’il parait, c’est une des conditions de sa survie.

la bougeotte, lorsqu’on manque de goût !

au réveil dès que j’enlève le voile qui le recouvre pour la nuit, il est déjà excité et m’attaque. je vois bien qu’il ne s’est pas pleinement acclimaté à la maison.

ou qu’il préfère le mangeoire du côté gauche.

il parade aussi avec un chant spécifique et déploie ses ailes de plumes noires. cet oiseau ne pèse presque rien, je m’évertue de son courage.

les autres oiseaux partagent notre compagnie

ils s’identifient

prince des oiseaux

les mini-soucoupes du rêve

citadin

je ne sais pas grand-chose sur la vie des oiseaux et à la limite je le pense, j’imagine la situation la plus insupportable pour lui ou qu’il pourrait endurer.

la faim, le froid, les éperviers ?

il est peut-être programmé et idiot, qu’il ne se souvient de pas grand chose, mais comment interpréter son bec rose qu’il arbore fièrement.

je passe des heures à le contempler et lui ne reste attentif qu’à mes mouvements, en alerte. j’essaie de le calmer en lui parlant, un dialogue parfois se fait.

un autre impératif.

il est friand d’un mélange de graine et de miel

je le lui réserve pour les grands jours

une gorge blanche

sa langue âpre m’est conquise

pour des clous

il bouge et se débat à la nuit tombée, il se revoit sans doute libre survolant les forêts de la région. j’entends ses rêves qui le basculent de son perchoir.

je me fais violence concernant sa captivité et ma figure de oiseleur, mais il n’est pas question de le relâcher. je crois qu’il ne survivrait plus dans la nature.

cela est grave !

je sais qu’il nous est plus concevable de vivre libre un jour que dix ans dans une cage, surtout lorsque celui-ci apporte la baraka.

il loue Dieu

son rouge indien derrière les barreaux de fer

une aube d’été

l’éveil spirituel de la nature

oh jungle-home !

Résiste

une ombre trône dans l’hospice, je rêve de caresse future en dansant dans les locaux, sans même bouger de mon lit sous les vapeurs.

je tombe à la renverse en suivant la course des sages plus que jamais perdus dans les agglomérations, les éternels enténébrés.

la clôture des non-joignables.  

est-ce que je m’endors, comme le baume dans les veines soyeuses ou comme un nuage de pluie qui s’enfuit au loin, je résiste aux luminaires du plafonnier.

je résiste !

il fait si doux vivre ailleurs

je ne m’appartiens que pour un temps

solstice d’hiver

j’observe le noir de la nuit

sans jumelles

là-bas où je promène parfois mon caveau, là-bas… derrière les sentiers balisés ! j’ai indiqué aux pèlerins la direction des arômes et du parfum inquisiteur.

il y avait une insistante et douce brise sur nos peaux. elle est dit-on, l’annonciatrice du paradis sur terre. je n’avais rien d’un saint, l’air idiot tout au plus.

j’ai aperçu la première étoile obscure, une âme frémissante comme de l’eau. j’ai souhaité les autres et j’ai vu mes rêves se sourdrent que tout homme devrait avoir.

lorsque ma vie désirait s’épanouir sous d’autres cieux

je fonçais de mille lieux sur les événements  

la nuit aux encens

le coup de dés du magicien

des nébules

j’ai une pierre d’une amie que je mets dans ma bouche, enveloppé comme une chrysalide. je ne sais précisément de quoi le cœur de l’animal s’abreuve.

je danse de mes derniers pas, un vieux ballet de mon exil. je vais complètement désespérer d’elle ravager le soir tiède dans les nomenclatures.

je reçois de cette reine des petits baisers sur le front, une première voix dégagée naît en moi et ses balbutiements veut embrasser presque tout.

les dieux ont le goût des nuits blanches

je m’endors en homme

cœur de l’aube

d’une étincelle s’ouvre le concert

des gazouilles

il n’est plus question pour moi d’un retour au pays… je me résolve dans le partout idem !

Pôle

comme s’amarrer sur de fabuleuses îles, je plante une graine en vous, aucunement surpris par le sort de nos vies, aussi futile soient-elles devant l’inéluctable.

vous n’êtes pas obligé de tout connaître, mais il vous faut rester attentif. il faut s’envoler aussi de tout son être, s’envoler ! et voir où cela vous mène.

vous devez arpenter l’échelle du temps jusqu’à vos origines lointaines, pour mieux vous défaire. un homme défet de la médiocrité verra dans des eaux limpides.

croyez en vous comme Hercule ou un millier de montagnes

un jour vous récolterez de plus grandes joies

d’un amour de soleil

les rappelles qui viennent de dehors

restent transitoires

je voudrais pour vous des ciels meilleurs et doux, un renouveau dans l’espérance et la bonne humeur parmi des éclaircies indéfinissables qui se profilent.  

je vous encourage également à réinventer votre histoire personnel à l’infini, un magma inexploré et intense. les volcans tombent dans un sommeil et ne s’éteignent jamais.

il n’existe entre nous aucune frontière, ce qui reviendrait à mentir. il y aura un baume les plus salutaire sur nos anciennes plaies et l’aventure sera tout aussi extraordinaire.

sortez et faites des rencontres

chantez encore plus fort et faites trembler notre demeure

une vue sur l’orient

je perce le ciel inodore

de sourires

peut-être qu’un jour prochain, un peu oublieux de vous-même, vous serez beau pour le Grand, le Trait et le Saut. vous serez un tout, un monde libertaire à vous seul.

nourrissez vos expériences d’amour, de philosophie, de musique et de poésie. plus rien désormais n’a de l’importance, lorsqu’on est avec une sœur, un frère.

je crois aux générations futures où jamais rien ne sera plus pareil. je dois être un peu naïf, mais sachez qu’il vous faudra tout reprendre dans un avenir radieux.

de vous à moi qui lancera les paries ?

je saluerais toujours votre imaginaire sans filtre

ensemble ici et ailleurs

comme une échappée

j’entends l’aubade éperdue venir

comme une éclosion

dans mes plus vieux âges et au plus lointain mouvement… je sens comme une certaine désinvolture devant mes souvenirs aigris !

Préparatifs

À Fanny.

on s’était dit plusieurs fois adieu sur un quai de gare, au milieu d’une foule de gens compacte. je ne savais dans quoi on s’embarquer.

j’irai sans doute à el-oued.

c’était comme si les nuages fondaient juste pour nous deux, un semblant de nous deux qui demeure veule. l’horloge des trains n’a jamais leurrer personne.

on croit aller dans le bon sens, toujours.

tu étais vapeureuse et étrangement tes lèvres étaient blanches, livides. on t’aurait pris aisément pour un ange tombé du ciel, Dieu que c’est rare un ange !

tu es partie.

ce n’était rien de grave

chacun sait que les lèvres ne se brisent pas

les vitres bleues du TGV

j’octroie un don d’amour à l’univers

tout imprégné

tandis que tu parcourais les plaines de la Bretagne, confortablement installée sur ton siège, une mémoire neuve naissait en toi. j’envisageais la distance qui a dû estamper le reste.

je m’interrogeais sur le sens de cette brève histoire partagée et le tient de retour, un chemin vers je ne sais où qui nous sauvera. un bar m’a finalement accueillie.

il était 23h24.

je m’étais résolu à rentrer et en poussant le visage de la porte, j’ai su tout le mal de ton départ. j’ai gardé néanmoins ton dernier sourire comme une dernière sympathie.

une blessure qui meublait seul tout l’appartement calme

bientôt si clair sans toi

j’aimais tes traits d’expression sur ton visage, ces traits d’un petit soleil agréable, ils me rappelaient les fleuves et les rivières que je n’ai pas visité

j’aimais être avec toi les après-midi relâches, tu étais ma maison où repose la poussière de l’oubli. mon amitié t’est éternelle

j’aimais ce côté spectaculaire que tu te donnais et ton penchant pour la désobéissance, une qualité qui s’accomplit souvent chez toi par les feux du cœur

j’aimais partager une cigarette avec toi et sentir le goût au beurre de karité sur mes lèvres, comme quand on partageait des pommes au petit-matin

j’aimais nos moments de joie partagée et de bonne humeur, j’aimais t’aimer, j’aimais avoir froid à tes côtés et trembler

j’aimais quand tu secouais les draps pour la nuit et qu’un parfum gagnait la pièce, je te regardais longuement, sans un mot, tu étais mon tout

j’aimais ta personnalité plus que tout le reste, ta finesse d’esprit et ton humour, j’aimerais revoir le soleil du midi en ta présence et ton corps fiévreux, une toundra sauvage et son herbe est bleue

j’aimais recevoir tes lèvres partout sur moi et me perdre en toi, me redorer la peau comme un lézard sous ton ciel clair et calme

j’aimais serrer tes petits seins rouges et tes fesses d’ardoises, cela me rappelait les bancs de l’école, et surtout entendre tes insondables soupirs

j’aimais cette nuit constellée de solitude, tu traversais mes blanches pensées, on ne fait jamais rien que traverser, comme on traverserait des terres chaudes et désolées !

je veillais sur l’image brisée d’une belle aventure, quelque chose s’était passé, je n’ai rien vu venir. la ville sommeillait sur le grand fleuve des esseulés.

j’observais de la seule fenêtre de mon domicile, toute l’attente du ciel qui était d’une bouleversante couleur d’aube manifeste et le plein silence.

j’étais bouleversé par cette nouvelle séparation, c’est vrai ! mais je ne sais d’où j’ai tiré les forces nécessaires pour aller quand même travailler.

mourir d’espérance de toi est-il possible ?

mon cœur manque cruellement de substrat sans toi

les deux âmes fluettes

s’élèvent au grand départ à l’aube

d’une promesse

on se ment pour toutes les fois que l’on n’a pas vécu…!

L’inadapté

si l’homme a créé les dieux ce n’est que par accident.

je fuyais les classes et les bancs du petit écolier, comme tout orphelin fatigué du système qualitatif. l’esprit de la tornade dans mes oreilles droites.      

les rues après l’orage abondaient de secrets, elles révélaient au premier venu les airs de balade chétive jusqu’à l’aube des accordéonistes fauchés.

je révérais chacun de mes souffles qui me rappelaient… qui me rappelaient à quoi ? j’étais le chantre sur la vieille ville de lumière extatique, une chose m’avait elle dit.

une mémoire incertaine et fixe.

les chiens aux yeux terreux se débinaient

l’ombre restait scotcher

le ciel tombe son noir

Whitman sur la rive du rêve

qui s’apprivoise

j’inventais de multiples longitudes qui éclairaient mes rixes, mon âme osait le schisme de la nudité. j’étais aimé d’anciens dieux comme de l’or d’égide.

je refoulais mes désirs et des présences invisibles me prenaient la main froide de désinvolture, lors de mes ballades au bois et au fond d’un vert bassin.

je me refusais à tout commerce.

je coulais les morves d’un baiser repris à la pire des chimères, le corps perclus. je versais des larmes hâtives sous leurs pieds noirs que rien ne changeait.

la voix était au timbre de tabac brun

j’étouffais mes cris

la maison craque

déchirure du silence de la nuit

sans nul épreuve

je bondissais sur les îles lointaines et désespérément arides, comme un oiseau des vastes pôles avec d’intangibles clartés sans les grâces d’un traître mot.

les trèfles sur mon front ont ouvert le troisième œil du cœur inchangé devant le calme de l’étude. je retraversais l’histoire de l’argile et de mes prophéties.

je vous livre en exergue la dilution de mes zones d’ombres colorées, plongez y vos yeux insatiables ! il faut dire que je demeure inadapté à vos sociétés en tout lieu.

puisqu’elles ne tiennent pas !

je parlerai de la nuit et du bas royaume réparti

jusqu’à soif de la brume d’été

un cris du goéland

la décharge de tous les saints

et les diables

trop tôt ou trop tard, ce siècle m’a laissé sans vie !

Hôpital occipital

À Samy.

lorsque je l’ai vu pour la première fois, j’ai senti une douce chaleur dans le ventre, comme quelque chose qui affame.

Marie était toute jeune et gravement malade, elle passait le plus clair de son temps dans un hôpital, un grand merci se lisait sur son large front espiègle.

elle obtenait parfois une autorisation de sortie spéciale de ses médecins, mais c’était selon son état de santé et très rare. il lui fallait un accompagnateur.

la santé est un don divin

à-la-recherche-d’-un-impact-de-vérité-vous-serez-souvent-confronté-à-votre-décrépitude-volontaire-toute-cruauté-est-bonne-à-prendre

elle aimait les rivières et jouait à des ricochets avec ses frères, le ciel était d’un bleu clair dégagé, le monde tout entier lui tendait les bras.  

elle se comparait à une princesse et comptait les jours qui l’a séparé de son anniversaire sur les doigts de sa main. Aladin n’avait qu’à bien se tenir sur son tapis.

elle domptait une crainte plus forte que tout au-delà de ses facultés, une mort qui l’enlise à jamais dans son sommeil.

la seconde maison de Dieu

une avancée

la faucheuse nous tient une ardoise

jamais assez longue

de retour pour poursuivre ses soins en observation intensive, elle souriait de la voix des anges et se laissait rêveusement aller à la douceur de cette journée.

elle ressemblait tellement à une petite pomme à croquer, la lumière inondait la pièce médicalisée,

il n’y a cependant aucun enseignement à tirer d’un alitement, que l’on soit mourant ou convalescent, tous autant que nous-sommes, nous espérons en Lui.

les prières portent tant de mystères

l’amour leur donne une clarté

je-crois-tout-ce-qu’-on-me-présente-je-suis-bien-obligé-j’-imagine-des-histoires-et-pour-écrire-une-belle-histoire-il-faut-d’-abord-commencer-par-choisir-les-mots

Synopsis d’une journée d’automne

il sort à la conquête d’un idéal aéré et s’en servir lui est crucial. il marche théâtralement dans une rue d’automne, une sainte forêt au milieu des feux. il remonte le ciel aux rubans adhésifs.

la madeleine prévaut ses chants.

il croise des géants et bouscule des hercules: plus limpides que la chair et plus fracassants que les éclairs ! les petits contes éparpillés de la folie ordinaire tiennent dans sa poche.

il reste ample comme les dunes de son enfance de son adolescence où il y a la douceur du vent digne du froid des fleurs. souvenir aiguisé : ici gît dans l’obscur barbouillé, une dépouille !

la raison du dilemme est l’épreuve du temps

l’histoire est mêlé au dernier amour naïf

je suis au parc… je lis entre les spectres qui passent, sans la menace !

le livre parle à présent du style en littérature et d’analphabètes, de géométrie sans espace… ( je ne comprends pas très bien ! )

je retarde l’envie d’uriner et sur le chemin ton nom me revient

je décide de rentrer en bifurquant par la fête foraine et l’odeur du sucre

ton image m’enveloppe comme du vernis sur des pierres, une poussière dans les yeux qui tombe

je parcours la ville en me livrant aux premières fois, tout à changer

je prends le trame sur la trame de ce poème, il y a tant de visages à secourir… !

je ne joue plus au bien heureux, un autre chemin entre nous était possible

il arrive au carrefour, s’arrête. il voit des palmiers à la crinière de laine et des corps nus entremêlés. il voit une femme en robe de nuit qui traverse. un autre courant d’air passe plus insistant que l’odeur des loups.

elle arrache des cornes blanches qui pendaient à ses cheveux, un déshonneur qui la magnifie. elle s’est assise sur un banc en bois pour confectionner un pont aussi long que le nil.

cela arrive peut-être trop tard.

elle a les manière d’une étrangère et qui ne se fréquente pas, sèche. elle semble sensible à la caresse du vent, minime soit-il ! une personne lui reste sur le cœur, – est-ce ainsi que les amants s’aiment ?

il voit les feuilles mortes de Verlaine

les étoiles de Van Gogh

il se réjouit du peu qu’il devine des gens, presque île en désolation. il est convaincu que rien n’arrive par hasard, une évidence qu’il pressent. seul compte l’enchantement d’une rencontre, indéfinissable.

la tête à la nuit tombée pleine de réminiscences d’archange et le cœur malmené par des sommets lubriques, allongé sur la bordure d’une berge instable, il pleur peut-être de ne plus jamais la revoir.

il est un rêve qui s’oublie sur la chaussée, est-il une dramaturgie, et qu’elle rêve ?

la lune a l’apparence d’une femme

celui qui a un aperçu du paradis abdique

il suffit parfois de quelques mots pour que deux âmes soient liées pour l’éternité.

Radio

derrière chaque poste radio, il y a un être vivant qui fredonne.

je le tiens pour primordial dans une maison, mon poste est comme une seconde peau. il meuble mon quotidien monotone d’une transmission continue, ou presque !

en fin de journée après une balade au parc ou quand je rentre tard, il reste allumé. je suis content, soulagé aussi de retrouver un semblant d’un chez soi.

un poste radio c’est l’imprévu à l’état pur, une invitation au voyage assuré, l’une des issues possibles vers le monde des rêves sans faire d’efforts… etc.

sans quitter le ciel de son appartement

les hanches bien au creux d’un fauteuil

mon poste est de la marque Sony, une série bleue un peu futuriste de l’an 1996, il capte toutes les stations de l’hexagone. j’en suis fière.

je me délecte le soir venu au jeu du voir et de l’écoute des voix interviewées prises au hasard des rues et les commentateurs anecdotiques. il n’a rien à envier d’un écran.

ce poste se trouve dans un endroit stratégique qui est ma blanche cuisine, à chaque fois que je franchis cette porte, une autre advient.

No man’s land

je lis les exclus des bibliothèques, les conventionnels. une littérature ringarde et naïve par ses propositions. il m’est difficile en ce cas de croire à la gratuité.

dans ces livres estampillés que l’on peut reconnaître entre tous, l’auteur termine son récit avec un mot intelligent, contre tous les silences de l’éternité.

le livre est presque illicite dans certaines régions, peut-être même introuvable. ils diraient que c’est une perte de temps, absurde ou carrément une folie… etc.

êtes-vous personnellement atteint ?

c’est souvent les plus solides qui crient à la dinguerie

une distinction entre le bon grain et l’ivraie

soir de pleine lune

mes vêtements prennent l’air

de l’automne

j’ai remarqué une chose étrange, pour le moins suspect ! on ne tombe jamais sur de la poésie et les saintes écritures, je voudrais savoir pour qu’elle raison ?

je les affectionne tout particulièrement !

je rêve au-dessus de mes livres, si tenté une fois encore que ces genres sont à l’intérieur et non pas dans l’objet ou dans l’ensemble d’une bibliothèque.

un bibliothécaire fait métier de sa passion.

je ne peux imaginer un monde sans les livres, mes périodes de lecture sont variables et sans l’issue des mots, l’étau me prend à la gorge et me serre, et me serre… !

allez-vous vomir ?

le piège referme sa propre clé

les mots purgent

la place de l’école

les chimères sonnent le nickel

d’une démagogie

on a tant parlé de ces résidus de bonne conscience plus au moins neuf pour certains d’entre eux jamais ouvert, mais surtout transitoires ! ils nous exhortent.

les chiffres de l’édition sont en hausse !

on les retrouve généralement en libre-service dans les parcs publiques, les plages… etc. comme ils peuvent très bien finir dans une benne à ordure.

la lecture est une autre conception de la vie, meilleur à n’en pas douter. cette réalité est sans conteste qu’il devient inutile de formuler des évidences.

une promesse autre des courants habituels.

j’investis le champs commun

comme je regrette de les lire qu’une seule fois

au pré d’un Saul

une plume ocre entre les doigts

du poète

il n’y a rien de plus sensuel pour certaines femmes qu’un homme qui tient un livre !

Ain Hallouf

À Rabah.

mes larmes coulent vers le bas, comme une eau qui jaillit d’une source froide. une eau dégueulasse à boire et en cela une saturation.

j’avais neuf ans et on voyait encore des sangliers affolés au pied de nos portes que l’on s’empressait de verrouiller, comme pour les voleuses d’enfants.

il y a que je plaisantais sur le temps en le piétinant comme des raisins verts, dans un but inconsciemment entêtant: extraire un suc impossible à emmagasiner !

un voisin s’endormait sur un air de chaâbi

sans qu’aucun de nous n’entende ses ablutions

sommeil d’Al hara

les enfants se racontent les étoiles

des quatre saisons

je voulais m’en sortir, comme sortir par inadvertance et part tous les ports d’une insalubre et minuscule cuisine. je regretterais à jamais une faim qui creuse.

je revenais vers chez moi avec l’espoir de croiser les hirondelles qui volaient plus bas que les fils électriques, elles y étaient même dans les noires saisons.

j’étais enchanté de retrouver mes airs de désinvolture en léchant les murs empestés de mon quartier. je me revigorais en lézardant sous le soleil.

dehors on se renouvelait

on revenait au ciel

un dernier coup d’œil

elles battent énergiquement les ailes

des hirondelles

en allant des hauts quartiers jusqu’aux confins du boulevard du nord, les nuits me faisaient violence plus que les spots de sensibilisation à la télévision.

j’ai plié mes bagages sans savoir très bien de qui à commencer la vindicte, une décision qui me laisse à moitié résigné et sur le cœur une artère béante.

je poursuis les méandres des jours inviolés avec la crainte du faux-témoin, je n’entrevois que des spectres qui m’éclairent et s’éteignent isolément.

de la brèche d’un rocher naît et s’épanouit le lierre

ceux qui savent s’ignorent !

une aube d’été

allongé sur une zarbiya d’antan

le souffle long

je n’oublie pas le climat maussade qui me désigne différent et loin de mes semblables… comme je n’oublie pas ma jeune patrie.

Felouque

comme sur une felouque en papier artisanal, je m’allongerai sous le figuier du jardin pour m’émouvoir dans la froideur du temps.

je voguerai avec la lune et les étoiles sur le grand fleuve des mots, peut-être que je jetterai l’encre dans les soirs interminables du Pacifique.

qui est dit-on sans mémoire.

je vivrai plusieurs nuits et plusieurs aubes d’une ère nouvelle, même si elles sont toutes navrantes et qu’aucune ne tiendrait ses promesses.

comme un géant des flots à travers les sept vents

les messagers d’une belle augure

les orages d’été

si belles sont les fins de vacances

du mois de coton

à la façon d’un marin pêcheur sous la drue, j’irai sans ironie à la rencontre de mes amours passées pour les bénir de mon passage et empreinte.

ils m’ont parlé si peu.

je convoquerai l’enfant entre les plis de mon cœur qui médite sa cosmologie en le tranquillisant. je suspendrai ses yeux comme un départ.

une crèche bleuit.

je répandrai toute l’eau de mon corps jusqu’à ce que mon cœur finisse au chevet des blêmes pendaisons, et en définitive, dormir perpétuellement.

j’aurais acquis les bûches de la bonne action

je regagnerai le foyer

une autre étoile

il observe une ronde du récit

en calligramme

je ne sais à vrai dire pas grand-chose de ces lointaines régions et rien ne saurait me consoler. la mort qui empoigne un navigateur est un risque d’initié.

j’écris ce phosphorescent recueil où je piétine et pose le pas comme n’ayant rien d’un mémorial compositeur. je lâche prise et m’abandonne à l’univers.

d’une flaque d’encre noire et indélébile.

les vagues tranchantes qui déferlent sur les rives inespérées ne sont que les feuilles arrachées au vaste paradis des poèmes, mêlées du feu originel.

à jamais dans cette voie.

l’enfant referme sa bande dessinée

il gratifie ses légendes

flux du fleuve

si peu les jours de lune

et de fièvre

Perception d’un enfant à la plage

À Zahia El Djazair ( la dernière fleur des montagnes libres ! )

je m’étais renouvelé dans le circuit de la vie, un rendez-vous a été pris au printemps des oliviers. la plus belle des fleurs s’y trouvait.

comme tous les débuts en amour, j’ouvrais à l’infini. puisqu’elle permettait entre autre la perception d’un été, l’équilibre entre le royaume des rêves et le Suprême.

elle avait deux perles blanches sur ses délicats lobes, de longs cils noirs. dans son imaginaire rien, comme les petits riens érosifs. elle voyageait.

je me reconsidérais sous un œil nouveau

je n’étais qu’un idiot

un premier sourire

si douce est ta voix au téléphone

la douce mélopée

sur Skype, elle me disait: s’il te plaît, laisse-moi te voir. en éternité, elle était à gauche. il en était ainsi de nos débuts et de nos frictions avec le haram.

nous en sommes aujourd’hui nulle part, comme le couple d’araignées du wagon rose et demain est loin ! l’inconnu saborde parfois nos premiers élans.

déjà très loin !

je me tenais debout pour elle à une autre période de ma vie, sans doute par copie de son âme sur la mienne. le teint de ma peau avait la couleur du sel.

elle était l’inspiration de mes jours

l’héroïne de mes rêves

un concert de sourires

aux piloris nos vies se sont lancés

où tout s’éternise

je tenais une petite gourde jaune en bandoulière, son eau était chaude sur mes lèvres. j’étais fier d’elle à l’ombre du soleil à la plage.

j’avais perdu au préalable tous mes remparts de mon château de sable, je n’ai pas versé de larmes et mes yeux scrutaient un horizon sans imperméable.

j’étais aux antipodes d’une alliance et mes intuitions s’avéraient identiques aux siens. je gardais néanmoins le désir d’apprendre à mieux la connaitre.

cela n’a pas tenu aux épreuves de la distance

il y a eu d’autres plages

comme une outrance

l’amour parle de l’unisson des cœurs

qui traversent

je me souviens de ses cheveux qui tombaient en boucles, des noirs… sa manière de se recoiffer, quelque chose d’intimement féminin et chorégraphique!

Les fenêtres

derrière les fenêtres de ma chambre séjourne une mini tempête, et plus haut, la cime des arbres grabuges violemment. les sacrés monstres qui me hantent.

dans un clair-obscur Souade coud une laine. elle est belle. elle le sait. j’observe ses actions habiles et passionnées, comme quelque chose d’une Parque.

je crois entendre une toux appuyée, et puis rien… l’épreuve du réveil ! je jure à l’aube qui suit de changer la mélodie des fils, mes yeux larmoyants filent entre les lignes.

je maintiens le cap sous la couverture

je médite une récidive

chut, plus personne ne bouge !

un coup de tonnerre du mousquetaire

l’éphéméride des répliques

la proximité de cette nymphe aux allures de paysanne d’autrefois, aux tétons chantants avec des parfums d’huile d’olive qui donnent faim me soulève.

le cœur ardent.

je pourrais être son têtard qui stagne sur sa blouse de satin, – ça devient grotesque… ! une petite grenouille qui bruite la texture de l’air ambiant, – tu continues… !

je suivrais le rythme et la moiteur de ses jours volés, les pleines caresses au téléphone à batifoler, – ce n’est pas fini… ! l’argent de ses aiguilles qui brillent… etc.

l’âme sonde le vide de la pièce

les mots restent suspendus sur ses lèvres rouges

une fumée blanche

l’âme s’élève des grands foyers

de Tizi-ouzou

c’est une travailleuse… attention, attention, attention ! il ne nous faut surtout rien dire, sinon languir au fond du lit, un peu transi d’amour par son rictus diablesque.

encore plus mystérieux des yeux.

comme seul les froids d’hiver savent faire de mes jours paumés, convalescents. c’est le jour de la reprise scolaire, peut-être bien qu’elle me devine !

je sors rejoindre le cours d’un nouveau ciel sous une pluie cinglante, mon cœur me tient au chaud. je ne rajouterais qu’un mot quant à cette époque: primitif !

j’en voulais à sa compassion

je n’espérais que la revoir le lendemain

une longue route

les grilles sont pour le louveteau

des nues

Zelda

À Camille.

surpris par un sempiternel matin gris, je regarde les trotteuses. bientôt sept heure et ton visage cabolé métra fin et à terre les ombres.

Amour est comme toi.

j’essaie de me rappeler le nom des plantes et le nom de ma terre natale, celle que tu m’as laissée entendre. je referme le recueil que tu m’as prêté, les yeux usés.

nos corps se réchauffent entrelacés entre les blanches arcades, tu es lumineuse quand tu as les yeux fermés. je me console dans tes rêves d’insouciance refrénée.

les sornettes blanches

tes jambes de sauterelle se dénudent, ô ma Shipy !

 belle-à-en-mourir-diva-insouciante-et-stérile-à travers-mes-rêves-fébriles-tu-sommeilles-je-te-rejoindrai-toujours-car-il-le-faut-dans-le-calme-lit-des-maladives-jeunesses

as-tu toujours envie de partir avec moi, sans espoir aucun je te le dis, c’est le meilleur moment ! je renouvelle à ton cœur délicat mes vœux altérés.

fuyons !

l’aube ne dure que quelques instants éphémères et fugitifs, ô ma tendre idylle ! elle sera moins mystérieuse et pour tous nos intervalles et nos besognes, salvatrice.

j’essaie d’imaginer ton père comme pour chaque missive amoureuse, mais sans grand succès. je déraille dans des constances qui creusent ma contrariété.

comme t’aimer, t’aimer encore au clair le jour

est-ce comme cela l’amour, veiller tant de nuits sur notre paradis ?

fini l’éternel 

de l’ombre obscure 

qui sait d’orgueil

tes astres sont sûrs

ta tristesse est immense

et moi, je suis petit

plus le désir de vivre

dans ta tête rabougri

les coups des au revoirs

aux senteurs de vanille

pour certains soirs

crochètent mes guenilles

un nouveau lustre sous les toits du monde, je crois que sonne entre nous l’ode de coton et la fin de l’intérim, celle-ci est une aube aux magiques coffrets.

ô mon astre français !

je pressens les plaisirs des petits-matins, comme répondre à ton sourire à la crème de lait, c’est comme fuir et être à la traîne des vaches à lait qui rentrent.

garderas- tu ton petit minois ?

je te parle encore de nous et d’aussi loin que mon esprit me porte. je te parle des moments qui glissent et auxquels je pense le plus à toi, car tu es partout.

les nuages ont la couleur des mauves.

les accents de hautbois endormi 

tu es une fleur jolie, jolie… !

caprice des aubes 

sur l’aile boisée de l’automne

les défunts amants     

te revoilà, enfin, je ne dis mot, ton teint de peau et tes yeux de jais m’instaurent… tâchons alors de rester présent à nous-mêmes ! 

Charlot lettré

comme sortie d’une longue vague écumante, une déesse berbère ravivait le ciel et les arbres de ses courbes aux couleurs chatoyantes.

j’espionnais la vie imaginaire des écrivains publics de la grande poste. je me tenais là-bas pour chaque lettre manuscrite ou bordereaux de compte à remplir.

elle n’a de grand que son délabrement.

j’étais à la recherche des lettres d’amoureux perdues dans le temps. une occupation honorable, puisque je tenais cette information d’une source sûre.

est-elle arrivée jusqu’à moi

est-elle arrivée jusqu’à moi pour me sauver ?

je regarde les pubs de patex

et autres produits…

( le monde est plat dans un journal ! )

dans l’espoir de trouver

une super glue

qui

colle deux fois

la même

surface

j’apprenais à mes dépens que ces histoires de jeunes gens étaient révolues, plus personne n’écrivait de billet passionné, sauf pour les établis.

j’étais vêtu de noir vieilli, par-dessus tout outré, un scarabée discret et sans rien me dire. le téléphone préparait l’arrivée de la messagerie instantanée.

j’essayais de me contenir en improvisant un air de génie, affectant d’avoir tout compris, comme devant un mur de rose veloutée. c’était mon cœur qui brulait.

la vie me souriait

je lui répondais avec toutes mes dents

l’armée du salut

un habille par le nouveau concept

de vies shuntées

j’étais attentif à ses arabesques en bleu de nuit, lorsqu’elle met apparu dans son plus simple apparat. elle inondait mes yeux de sa superbe.

elle ne contredisait pas la sainte taxe qu’il faut rétribuer à une espèce de Charlot lettré, le voisinage était au service ou se faisait gracier, rien n’était laissé aux orties.

je disais à cette déesse commune aux bons poètes qu’un jour tout sera enseveli et à jamais. elle a rit, comme les portraits au fusain que cette époque trop sérieuse à produit.

j’ignorais qu’elles étaient ses attentes et les miens  

une ressemblance qui me faisait réfléchir

elle était vieille d’histoires la poussière des cités

je passais… !

j’enfilais une veste pour le théâtre

après l’acte qui s’était joué à huis clos

je sentais la fauche des petites ruelles fraiches

comme le sucre de l’arc-en-ciel à Saint-Michel

le tronc de ma peau était égrainé

tout un réseau dégoulinait d’un rêve rouge

j’avais extrait une photo de l’album commun

c’était d’un vif regret que j’échouais

Une époque fugace

elle en rêvait.

elle l’a fait, flirter avec son amoureux qui était plus âgé.

tous deux jouissaient de la même verve et prétendaient à un bonheur commun. ils s’étaient installés à l’arrière d’un break familial.

il pleuvait au ralenti sur les vitres.

ils ont échangé des phrases banales et joué à des jeux sur le téléphone. ils se sont même embrassés sur leur bande-son préférée: Memory Gospel.

il l’a à peine effleurée pour être plus juste et précis dans l’expression, comme pour chercher son consentement. ils manifestaient comme tel leur fragilité.

cet homme, c’est moi

Fatiha nous a quittés trois mois plus tard

réséda de printemps

je compose des vers bleus

en mille syllabes

Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha

elle était tendre et mystérieuse sans pour autant se cacher derrière le simulacre des silences. elle aimait danser et fréquentait les DJ en vogue.

la musique la possédait.

je l’ai surpris par hasard aux abords de la gare des trains. elle était seule assise sur une nacelle, le regard perdu sur les voies ferrées qui invitent aux voyages.

elle était pleine de vie, pétillante !

un jour que j’étais chez des amis, j’ai réécouté ce même titre en repensant à sa jeune voix de soprano. il m’emmenait aussi loin que peux un passé incertain.

Fatiha dort à jamais paisiblement

Fatiha que l’on oublie

raisins de la tristesse

les meilleurs couscoussiers

créent la pluie

Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha

les instants d’amour que l’on partage avec nos amis restent insaisissables, ils sont plus précieux que tout le reste, bien qu’on demeure mutilé à la lisière des disparus.

c’est l’effervescence d’une époque qui a voulu vivre, une page s’est tournée de la main des vents, il nous fallait plus que le fort souvenir des joies rares et inespérées.

on évite avec précaution d’évoquer les suicidés en société, peut-être au hammam ! même si là encore, on se frictionne pour échapper à son odeur que l’on traîne.

puisqu’on est drapé de pudeur !

la vie se charge de nos jeunes illusions

j’ai perdu une amie

vers un éden

derniers échos de l’amie

adieu, adieu… !

que son sourire habille le visage de nos filles, qu’elle ravive nos moindres frissons, que l’on s’adonne dans la perte, oh Dieu… !

Billet territorial

À la ville de Boumerdès.

je retrouve les histoires d’antan, comme le même bateau qui passe. j’étais un brin défectueux, sans rien d’abstrait. je déclarais mes positions.

une somme répétitive en soi, peur native !

nous étions tous deux dans le calme de la baie, le ciel était une coquille d’œuf cassé et nos miroirs étaient neutres. je recoiffais ses cheveux de soie qui ondoyaient.

un manège aux couleurs glauques tournait sous la neige, rien ou personne sur le sol déserté. elle avait froid sous ses vêtements et sous ses paupières bleues. le temps de nos retrouvailles était désordonné.

c’était une garçonne

j’apprenais par cœur l’enclos de son alchimie

un cœur qui bat pour toi

et qui brûle

respire

une promesse d’éternité

après que celui-ci soit consommé, pas de chute après, indéniablement. il est constamment renouvelé dans son amour !

je lui ai dit qu’elle pouvait m’aimer comme elle pouvait fuir et est-ce qu’elle était mon amoureuse ? il y avait ses yeux de militante et sans le secours des vents l’après-midi aurait été pesante.

elle me parlait de sa recherche d’un you-you qui lui soit propre, environ à la puberté. elle avait même brisé une tuile avec la force de son bras, un art martial où elle excellait.

je voulais rester près d’elle longtemps, comme un scarabée des sables qui s’enterre. j’aurai dû la retenir encore et ne plus m’occuper des affres de l’amour clownesque, me dédommager.

cœur chagrin, le tiens

l’heure culmine pour de beaux adieux

à présent, je me sens

 : expiré.

il ne reste presque rien de son parfum d’entropie

le vide intérieur entame son souvenir

il me revient en mémoire une chanson d’école, je déambule entre les arbres et une fontaine, les enfants qui courent et me halent… ! je crois que je n’étais attaché qu’à son corps à moitié nue.

les vents ce soir ont des couleurs de regret et ses baisers sommeillent sur mes lèvres qui brûlent. une essence primaire qui rend sympa plus que fielleux, comme son emprunte que désormais je reconnais.

ne serait-ce que pour le bleu des paysages, l’amour d’une femme… etc. il faut nous survivre et abattre les cloisons, essayer même d’en jouir !

l’irritation des niveaux d’affection

je ne rencontre que ces deux cas de figure :

l’éducation d’une jeune fille pour les temps d’une belle femme

son cœur prêté comme pour se pardonner à soi-même

la déchéance d’un jeune garçon pour les temps d’un vieille homme

son cœur offert en perle d’émeraude que personne n’emplis

Les soirs bleus

À Ibtissem.

pour la préservation de vos cœurs endoloris, le thermostat de ce poème à été réglé pour une température corporel de 42° environ.

comme ce petit rocher au bout de mes doigts, tu es allongée sur le flanc gauche et tu me parles… je tends vers tes lumières dans le lointain.

serre-moi fort à perdre haleine.

je vois tes sidérantes planètes de beauté et comme un prélude à nos soirs bleus, toi tout habillée. mes dents mortes mordent ton oreille fendue.

si tu es une fleur, je saurai être la tige.

mes mains lentement caresse ton corps qui joue, les mêmes mains qui se forment au mythe du sommeil trouble des eaux. attends-moi, je te rejoins.

je gravite autour de tes veines de métal

tendre serpent ! tendre femme !

c’est le loup

qui surgit

pour manger la fille

simplette

avec des fossettes

que je trouve

superbe

Ibtissama

c’est bien toi

personnellement

que je cherche, éperdument

et tout simplement, depuis longtemps

par la force d’un canaris qui tremble, je caresse ton con silencieux. est-ce la petite mort des anges sur tes yeux ainsi larmoyants ? j’acquiesce tes sursauts.

la part de rêve que je te lègue.

nos baisers corsés au goût de karité, comme un gage de suprêmes sentiments. tu es du côté flamboyant de ma triste vie, là où il n’y a personne d’aussi chéri.

la bouche de mes longs soupirs.

la nuit est talonnée de nos imaginaires qui se sont imprégnés de nous-mêmes et applaudis, peut-être la dernière de non-vécue ! tu me fais vibrer.

lâche terriblement et humain !

tu portes toute mon enfance

l’autel païen

les agréments secrets d’une vie incendiaire

et ses dangers et ses tourments… !

le noir besoin d’un ventre monstre et humide

tellement phallique ! tellement fatidique !

les chemins qui se croisent chez le dieu des carrefours

la complicité offerte du monde juvénile

j’enveloppe nos soirées de mysticisme sauvage, avec toi jusqu’au petit-matin, parfois

tu claques les portes sur le premier arrogant qui frémit, ostensiblement. je tiens tes nébuleuses parfumées avec mes doigts de neige, te possède.

comme toi en moi.

j’adore mordiller tes tétons qui pointent comme des outres à fleur de miel. ton visage éclaire mon visage, la lune s’est couchée sur nos cœurs avides.

je hume et embrasse ton coup ainsi que ton cul maladive, la lenteur de ma langue trompée de cire à longue chaîne te lape tout entière.

sel du ciel ! merveille du ciel !

je te désir à l’échelle d’une femme

mon cœur t’appartient dans la durée sans condition

un soir dans tes vieux jours

lorsque tu seras assise pré de ton radiateur

repensant à tes jeunes et belles années

tu te diras A. m’a célébré, pense-y bien !

comme l’avez fait avant toi Hélène de France

le doux secret de cette maxime se cache dans ledit poème

Confidences sur une antisèche

le doux souvenir du parfum de tes cotons blancs, si lointain et pourtant persistant, n’est-ce pas une merveilleuse coquille d’été ?

je te préférais au fond moins pudique.

je me confonds avec ton humide chaleur, l’auguste de ton austérité évanescente et mielleuse. un flash : je me demande si un jour tu me seras salutaire.

la brûlante femme mortifère et nue, perdue sur le lit douillet de mes souvenirs, ce même lit qui aujourd’hui te pleure. tu ne m’as à vrai dire jamais quitter.

je te nomme nuit nimbée.

je referme tous mes vœux altérés

j’essaie !

une eau morte

faussaire aux yeux de Z le chien

la calotte rouge

l’impossibilité de te trahir me fait défaut, je ne peux taire mon éducation et mon tempérament. la vie y est aussi pour quelque chose, est-ce une addition ?

je n’ai rien su dire sur la nature de mon amour pour toi, si ce n’est le trouble de mes yeux de silence étouffé. je devrais arpenter d’autres chemins pour colmater.

je commence à accepter l’usure de ton absence, comme voir le feu et les pierres s’entremêlaient, d’innombrables soleils du mauvais côté du panorama… etc.

le plus terrible est que je n’y peux rien.

une déprime circule entre les meubles

un air léger que je fredonne

les distributeurs de films

toujours avec le petit pincement au cœur

hier est l’éternel note

je regarde par la fenêtre cet oiseau qui nous prête attention, ses ailes pourront peut-être portées nos pas vers ton pays, parcourir le ciel en un éclair et recommencer.

les embrassades sans l’esprit de la fête.

il n’est que trop distrait de disparaître, un tragédien. lorsque tout s’écroulera on ne vivra qu’avec des bactéries. je me dis qu’elle sera longue la route vers un ailleurs.

j’ai failli oublier déteindre la cafetière, défaillante comme la mémoire que j’ai de ta peau. je bois une dernière tasse avant le repentir.

qu’est-ce qui peine ainsi à rendre l’âme ?

tu verras que c’est dans une boite à rêves

le bonjour de toute éternité

air glaciaire

et puis une étreinte

et puis… !

ton absence est comme quelque chose qui ne tient pas à grand chose… la mort peut-être nous réunira !

Un soir d’ivresse

j’avale les kilomètres de pente douce, les champs stériles défilent à la renverse. je vois un fauteuil de confection anglaise suspendu à un arbre. je confisque les plates bandes à ma conscience

je suis solidaire de mes longues manches noires, un réel vert sous l’œil ivre d’absinthe. j’abandonne tout comme un acquéreur sans le sou, tout dans un battement de nuit

je me voyais en Brecht un peu plus tôt, mais il n’y a plus moyen d’être psychédélique. je théâtralisais lorsque mes yeux se cachaient des pornographes

les hommes nous inspirent à plus de dureté

le bois des vitres forment des croix

la ville en approche télescopique, les immensités de carton trompé trompent l’ouïe et les sens. il faudrait faire gaffe à ne pas me faire écrasé. je peux être aussi inconscient que le dernier des mohicans

je m’aile les doigts en pianiste lunaire et étrange, l’autre ivresse a du mérite. c’est l’été des coutumières paysannes qui se baladent sur les rives du fleuve où on s’enlise. je m’en presse de tout démolir

je descends fulminant vers mes concaves reculées, la fumée se fait rare. je rencontre un géant aux pieds asymétriques, le sol est couvert de verres, des éclats ! le nauséabond thoracique des marécages me freine

j’anéantis ma respiration

j’implore sa miséricorde 

je fais quelques offrandes à une statue de pierre, sans oublier de saluer le nom des rues

Embryon

1/3

non loin de l’arbre à poèmes salvateur plus qu’autre chose, comme sur des chemins de traverses. j’écris l’histoire en même temps que je la vis.

je me surprends à bien penser, comme les citations philosophiques, les dictionnaires… etc. j’aime les significations sur les origines, le passé et les paysages.

j’ai une admiration immodéré pour l’aventure, de mon voyage autour de l’univers des poètes et des poétesses. je n’en fini plus de me restaurer.

je suis l’être de sentiments

je projette mes attentes et une part de moi-même

la poésie

c’est lorsqu’on a faim, pour les affamés !

de mots

de pain

de vivre

lorsqu’un poète dit pour toujours, il faut entendre toujours ailleurs

écriture, lecture et cigarette à n’en plus finir, la poésie rend aussi malade ! la manière de la construire est de tout déconstruire et de son flanc naît la littérature.

torde l’articuler lorsqu’il le faut.

je n’en fais pas un caprice au quotidien, mais cela veut dire quoi être soi-même ? ceci n’existe pas et encore moins admissible, surtout quand l’inspiration dicte.

aussi abrupt que cela puisse paraître, il n’y a pas de bons poètes ou de mauvais poètes. pour cinq heures de temps comme un seul cri, j’étais prophète.

j’écris comme un peintre

je vis en poète

il n’y a pas de route pour le non-doute !

il n’y a pas de route sans aucun doute !

nous autres chantre et chandelier de toute heure, nous prenons acte de la part sublime de ce monde: intransigeance // vigueur // manifeste

nous continuerons à porter notre mort au-delà des monts, et nous vous porterons ! n’attendons plus, partons partons partons… ! n’est-il pas urgent ?

produire et transcrire sont comme une offrande des âmes au grand chêne, telles sont nos paroles, écrire…! c’est à dire, aller d’une table bancale à une autre.

nous nous abreuvons d’une unique source

la virtuosité fait les différences

on ne sait pas si c’est un remède comme une magie noire

on ne sait pas si c’est une nécessité comme des lépreux

2/3

je m’asseyais tout près du même arbre incréé, un fruitier cabossé qui de son astre s’épanouit. loin des rivages et toujours à l’école des jeunes apprentis.

je me retrouvais en déployant mes toutes nouvelles ailes de perception, je survolais les plaines et les montagnes bleues jusqu’aux climats peu cléments.

je n’envisageais aucune reddition, le seul et libre était toute mon intention. je demeurais l’intrus puisque j’avais choisi la voie des continents au vu et au su de tous.

la poésie, peut-être vivre sans ?

j’aime à évider le réel

je suis un ange et me voilà en démon, démon tout frais

je suis un démon et me revoilà en ange tout chaud

le chenal découvert est devenu mon nouvel érotisme ( lecture // écriture ) une tentative d’initié et privilégié. une source d’eau claire qui donne sens aux racines.

bois, bois, bois… !

elle est proche de la mort que je l’envisage comme l’une de mes dernières ruses pour désespérer mes parents, mes amis, l’ordre établi… etc.

c’est juste la vie rêvée d’un homme exalté qui dissipe ses incertitudes, les questionnements liées à son œuvre. un homme qui parle d’une renaissance et les alizés.

je ne fais pas école

je dis comme ni plus ni moins

il faut vivre pour voir la poésie de ce monde

il nous faut de la poésie pour survivre

je veux vivre pour respirer sans heurts

les mots font l’écriture

je vois le ciel. petit, je suis !

je vois le ciel. poète, je suis !

je vois le ciel. croyant, je suis !

j’ai cherché ma quiétude dans les infinies miniatures  

j’ai combattu toute volonté de puissance

je veux respirer pour vivre de la poésie

Chimène est certainement une jolie fille

( il y a une expression qui dit avoir les yeux de Chimène ! )

je suis un éternel soupirant

j’écoute pour vous servir vos attentes dans le silence des nuits, parmi les heureux accidents qui adviennent de façon fortuite et imprévisible.

je tâte dans l’air les formes et les idées à travers les siècles, une contemplation que je mets en relief dans mes écrits. j’enfonce les portes les moins probables.

je tombe souvent sur des vers froissés en me brisant les mains irrécupérables sur ma lyre. j’appréhende par là même l’esprit de l’émancipation.

je m’empresse d’oublier pour faire peau neuf

une mue avant la migration

le temps de la révélation est comme des spasmes

les instants de l’écriture sont comme une dilatation du temps

3/3

ils disent que c’est des destinations insoutenables, un cloaque ? ce n’est que des fatalités, des rumeurs lointaines. qu’est-ce qui nous fait miroiter, ou ils ?

la télévision, les parkings, les nuages… etc. comme un magma souterrain, le contenu en entier est sujet au poème, même au-delà du tangible.

je vois les gens salutaires qui marchent, ils marchent en dormants. les rues sont les bras boutonneux d’une seule femme, sans tête et toute à la psyché dévouée.

je hurle son nom

comme mordre mes couvertures à l’odeur de jasmin

moi, je voudrais prendre des bateaux

moi, je voudrais monter aux arbres

moi, je voudrais la revoir dans ce petit cœur

la poésie algérienne a gagné en transmission grâce aux écrits, elle s’ampute également en spontanéité et fraîcheur, à l’inverse de la performée ou de la tradition orale.

elle n’a été soucieuse que de son histoire, l’identité nationale et culturelle. l’ouverture au monde ne s’est fait que par le biais de la langue arabe et française.

un butin, nous disent les aèdes.

chacun sait le fossé qui sépare le poète de la société, un exil éclairé ! quelque chose du guerrier qui pour vaincre dépose ses armes.

la poète pardonne presque à la poésie, ou jamais !

par où que tout cela commence ?

je m’assurerai du monde              

je m’assurerai qu’il va bien, qu’il chante tant bien que mal

qu’il rêve aussi de l’instant ou à demain…

le noyau sera la plate désinvolture et les baisers de l’aimée

la poésie comptera dans le cœur des gens              

à l’esprit des vents

l’exotisme changera, ô terre des conquérants !                 

je voyagerai à l’intérieur de mes propres frontières

sur une terrasse, je reverrai mes écrits  

la fièvre dans la peau, comme un vieux loup 

je devrais sans doute reprendre, aller dans la bib’othèque et relire surtout, les ouvrages antérieurs. le suprême désir comme une prière, je prie.

que vous sortez au galop, du moins encore vivant ! ou que vous rentrez, peu importe au fond ! mais qui que vous soyez, Shalem et Paix et Salem.

j’affirme d’une mémoire ancienne mon bonheur inachevé, parce que non-avoué. il n’y a rien de délibérer dans ce poème.

il est d’une lenteur cet été

tout baigne dans le vide de mes pensées

sur ces entrefaites: un poète, c’est le non-être dans l’absolu

Quelque chose d’un au revoir

À Nathalie.

il me semble et ça m’en à tout l’air d’une romance sans paroles. confiante dans les faubourgs et les troquets, tu faisais la guerre aux hommes bibliques.

une mythique vocifératrice.

tu étais la petite créature qui a trouée mes nuits désincarnées et solitaires, tes cheveux rayonnaient sous les lampadaires de la ville. j’ai essuyé la honte du ciel en me jetant entre tes bras.

il y avait de quoi avoir peur !

mes mains en quête d’une nouvelle limite tremblaient sur ton corps, je t’ai rhabillée de fripes espagnoles et rêveusement, je m’abandonnais à tes lèvres à demi closes.

il pleuvait sur nous

il pleuvait

tout me dicte

je noircis mon cœur badin

à l’encre du jour

nous étions pré d’une lampe de nuit, nous fumions parmi de tendres jeux qui nous animaient. nous vivions follement et cela te semblait bon, nocturne soleil !

tu m’as noyé sous tes faits d’arme : je n’ai pas les voiles. les grandes et blanches, est-ce que tu comprends ? la grêle m’appelle et ne me cherche pas des noises… !

nous dormions à petit feu cette nuit là.

une pensée a heurté l’argile de mes mots, une formule désuète et cruelle. celle au fond où tu n’étais rien qu’une comète pour un bédouin. le silence est retombé entre nous, comme pour durer cette fois-ci.

la lampe s’employait à veiller

la lampe s’est figée

une couronne de rêves

les silences sont parfois long

à la détente

je cherche depuis tes yeux de différente lecture, je les cherche partout où s’immisce le doute de mes songes. tu pleurais après tout le jour de nos adieux.

j’ai même considéré ton double totem, curieux surtout de toi. les autres filles croisées dans les rues, les trains… etc. elles ont toutes ton sourire, mais rien d’aussi fauve que l’expression de tes yeux.

je vois des châtains et des rouquines, les coquines !

la méditerranée nous sépare… – euh puis quoi ? de l’autre côté tu ne portais pas de blouse en fer ou de henné… ! mais est-ce que tu portes toujours ton inimitable masque ?

je revois l’abîme qui nous distinguait

comme ton éloignement

une romance sans couverture

jusqu’à ce que le jour se farde

de ses yeux

je te retrouve toujours dans mes souvenirs, disponible et abordable comme au premier jour… !

Cuirasse

À Hania.

certains soirs de gaie mélancolie et avant de m’endormir, je joue avec le rebord en bois de ma table de chevet, vernis et froid au toucher.

oh Dieu faite que j’aime encore !

je tombe dans un état qui ne possède aucun atterrissage ou scaphandre, comme un gouffre peut-être qui espère: un coucher de soleil sombre dans les lointains… etc.

je repasse en revue toutes les vies intérieures et entrevues, une mise à l’épreuve que j’assemble bout à bout. je fais face ainsi à une sorte de néant.

ces vies sont un territoire inoccupé.

je savoure les instants éternels très rares

comme une coquille ensablée

la fin d’un amour

un baiser offert dans le vent

aux senteurs du Rif

je revisite comme après chaque soir en solitaire les mémorables siècles, je revois et estime la dette contracté envers les auteurs que je relis et que j’admire. 

je ronge la peau de mes ongles pour m’en extraire, le chantier de mon anxiété ne s’étanche qu’à la vue du sang. je serre alors les poings pour m’habituer à la brûlure.

les nuits m’avalent par ailleurs et le fruit de leurs entrailles n’est que tromperie et laideur, je ne remarque la fin de mes turpitudes qu’au lever du soleil.

même s’il ne résout pas tout.

même dans les plus noirs songes

dans le vert d’une bouteille

les liens virtuels

une feuille a la légèreté

d’une hirondelle

je céderais un jour volontiers le passage aux hommes, les bêtes et les casseroles semblables à des virevoltants. les nuits peut-être adoucirons mes indignations.

je rejoindrais ma maison seul et tranquille, bien après que les mots désertés ne laisseraient que mes os, au même titre que les drapeaux au ralenti.

je déposerais mes ailes encore tièdes sur des feuilles pour expier les fautes de mes semblables. la vie est dure ici-bas, mille pardons…!

je danse sur mes pieds de chaman.

la cérémonie ne fait que commencer

comme un long détour dans les grands fonds

ciel de midi

la lune lézarde son quart

au soleil

est-ce que c’est la fin qui recommence, s’éternise de volupté. ô l’obscure condamné ! les fins par milliers échouent sur les rives de ton cœur incompris, que le vent les emporte aussi loin que les lointains paradis… !

Le ciel de la Loire

mon aimée est quelque part vivante sur le globe, je l’imagine au pré d’un cours d’eau chantant nos retrouvailles. les mains levés au ciel en signe de prière.

je l’imagine maudire le premier jour de notre rencontre, et bien d’avantage ! c’était une conquérante des cases vides de la partie qui se jouait.

elle était l’unique fille d’une union désastreuse qui portait son enfance, même si le principe de son amour était de rêver d’elle éveiller.

je lui soupçonnais des dons cachés.

de toute souillure mon âme blessée sera lavée 

l’eau stagnait dans les barques le long du quai

                ruisselle vite la neige qui n’est pas saisonnière 

                la patience des feuilles d’arbre qui s’effacent du sol

                prends garde à ces instants fatidiques de tous les départs

comme une mise à distance, comme un an de décompter ! c’était déjà l’été, elle voulait comparer nos pas, elle guettait aussi l’autre rive.

c’était trop tard, trop tard… !

comme après chaque absence, la nature se remettait à éclore sous mes yeux, mon téléphone tombait à l’eau et j’osais lever mon fiel au ciel pour l’atteindre.

les nuits se ramifiaient en me laissant au vertige de la perte, je n’ai rien compris à ce qui m’arrivait. je n’avais d’ailleurs rien à redire et j’y ai consenti.

reconquérir, c’est déjà avouer la perte.

je m’en suis allé sous la pluie

c’était fini

ô cœur tendre !

reviens sur l’irrémédiable

bien des saisons

j’apprenais à nager dans le flou au lieu d’entrevoir une possible réconciliation, une harmonie entre nous. j’ai évacué ma colère par une suite de catastrophes.

une lettre qui n’a jamais été envoyée.

je repense aux moments joyeux de notre union, comme quelques feuilles qui fermentent dans un pot. j’ai consigné presque tout aux oubliettes.

ce presque est une brindille !

la frénétique clairvoyance d’un amoureux transi : il-n-y-a-pas-plus-grand-que-les-élans-du-cœur-ma-vie-jusqu-à-ce-présent-qui-se meurt-n’-était-que-déception-parsemée-de-brèves-éclaircies-où-hélas-hélas-je-m’-étais-noyé-sous-le-bleu.

que Dieu nous vienne en aide

que les vents emportent mes paroles  

de page en page

je perds le courage des mots

mort à vif

– pourquoi tu ne changes pas de chaîne ?
– regarde, c’est beau un nu.

Les fleurs fanées

À Véronique.

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, en toute saison, elles interpellent nos esprits égarées.   

elles rivalisent d’épanouissement et de senteur, puis hagardes, vient le temps de l’inattendu, comme un mini crépuscule éblouissant.

nous parlons des fleurs qui n’ont rien à envier aux imitations suffisantes et opalines, une jeunesse aux lèvres rouges grimoires qui s’étale devant les ouvertures.

les plus engageants les piétinent.

les fleurs hors saison

j’efface mon jeu du grand tout

un kimono !

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, en toute saison, elles interpellent nos esprits égarées.

elles changent d’aura à la nuit tombée que l’on pourrait les prendre pour une peinture morte, le temps n’a plus cours autour en leur présence.

nous parlons des fleurs auprès desquelles on sent une certaine douceur de l’air ambiant, lorsqu’elles s’offrent aux vents sur une musique des sphères.

la route des oliviers

les cafés maures ont des sourires

de filles en fleurs

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, en toute saison, elles interpellent nos esprits égarées.

nous parlons des fleurs qui semblent se superposer au réel, une touche heureuse. leurs délicates mains s’approchent pour nous arpenter délicieusement.

elles offrent par ailleurs des fleurs.

mon âme a croisé le houleux destin d’une magnifique fleur qui vague, une superbe de l’automne. sauvez-les des détritus ! parce qu’elles vous aiment !

les papillons ont des ailes et parcourent des kilomètres

les fleurs fanées sont aériennes

l’odeur des sous-bois

je penche pour une violette

entre les reliefs

Les cloches

nous sommes assis sur un divan éméché et mauve, nous sentons la fin de soirée. vous portez encore votre écharpe noire et de coton autour du cou.

votre long cou…!

mes doigts jouent délicatement avec un billet bleu plié trois fois, c’est comme un instant dans la vie d’un homme qui me paraît sans fin.

il est pour nous seuls ce billet que je m’avoue.

nous étions plus tôt d’humeur suicidaire, sans tact. vous aviez la même expression sur votre visage à celle des jours exécrables, parce que j’ai trouvé la perle.

une garde malencontreuse.

dans ce bar au coin de la rue Triangulaire

nous humions en marchant des pastels les bras croisés

une trachée de marbre

la petite géographie de l’univers féminins

qui avalent

il y a de la poussière partout sur les meubles, les affiches de cinéma les dos blancs face aux murs et sur des oiseaux flous que l’on peine à reconnaître.

nous chantons le cœur plein, nous fumons l’herbe du Maghreb en écoutant un tam-tam historique, une loi lointaine, de vieilles rengaines qui font corps mystique. 

parmi nous très peu savent qu’ils sont encore en vie, tous portent une seconde peau de circonstance, et surtout, des masques ! je trouve que c’est bien un masque.

les nuits glissent sur nous et quelque part nous pénètrent

comme une eau verte souvent désirée

je-sors-les-voiles-de-face-sur-la-proue-en-improvisant-un-maintien-de-biquet-je-me-rends-compte-très-vite-qu’-avec-vous-je-n’ai-rien-d’-un-marin

nous nous exerçons au jeu de la voix me gagne la voix me perd dans un état d’esprit de samouraïs, même si nous n’avions aucune tête à couper.

on se lasse même des films japonais !

je mords votre oreille tout en expulsant des mots de jalousie extrême, vous restez de marbre, un brin hautaine ! je sais qu’à d’autres vous offrez votre sein fécond.

je me retire et me déverse sur le sol tout en laissant derrière moi, comme des petites écorchures de sable rouge sur votre lobe gauche.

quelqu’un écrase mes doigts !

les étoiles donnent du relief à nos folles nuits

nous virevoltons les lendemains

la foi du poète

couronné pour les nuits solaires

par le pelage d’un chat

j’ai commencé ma recherche de l’écriture en faisant des points sur une feuille, comme d’autres font des bâtons. les points c’était mon truc, je voyais des trous noirs, planètes et comètes, points finals… !