Les vedettes ramadanesques

À Gaïa. ( une inconnue sur Badoo )

j’admire la capacité de Mehdi à se tenir debout en blouse toute la journée et la moitié de la nuit. je regarde les gens s’installer sur les dossiers en cuir et s’en retourne tondu, ils mêlent versets coraniques et des qaça’ide de Amar Ezzahi  

je crois qu’entre temps la télévision diffuse un match italien, peut-être que je confonds avec la retransmission du speaker. il y a des cheveux noirs et gris sur le sol, l’imam prolonge la prière du soir

la rue du coiffeur est à sens unique, peu fréquentée. je l’appelle depuis mon enfance la mal éclairée qui est de son vrai nom la route des arbres, eux sont élagués. les nuits couvent nos rêves montre à la main

je ne suis qu’un homme ouvert à la nuit sans pitié

un homme qui a perdu l’esprit

sous le coton des temps

les rideaux métalliques tombent

( – est-ce que c’est l’une de ses nuits sans fond ? )

les flirtes innocents s’enrhument

une cocotte en papier peint dans des amas d’agrumes

– est-ce qu’elle m’aime ?

dans le tout noir

j’appelle au Sauveur des hommes !

crépuscule

pour l’heure, j’arrose les plantes

j’erre parmi les peupliers endormis et ma ville natale se dédouble, une écorchure. j’ai en mémoire de vieilles querelles de clocher. les gens ont tendance à la sérénité après la coupure du jeûne

je vois les voitures garées en pleine descente et des personnes d’un certain âge qui sont assis et parlent à voix basse. ils me regardent et puis silencieux à mon passage, pour finir reconnaissant

la ville a ses inclinaisons secrètes, elle est identique à la nuit et bien davantage. l’humain ne se lorgne pas, mais il a un prix comme partout. sauf qu’ici, ils sont beaucoup à attendre le soleil 

ils ont l’air aussi de se repaître de tout 

je me prends une tasse de thé

écorchure de l’âme

une glissade dans du savon d’été

qu’est-ce qui permet ? – la noyade

j’ai dû en chier

sous le coup des fatalités !

désordre camouflé

un bus orange grince

je suis désorienté dans ma propre ville

t’accueillir dans les soirs

t’accueillir entre les interstices de la réalité

je parle de ma chute et le royaume qui se heurtent à la lumière de ma démence. une langue étrangère me gratte, comme la froideur des caveaux ! il y a effectivement beaucoup de choses qui écœurent

j’incarne le drôle de martyre d’un automne qui agonise, une boursouflure. j’envisage les charmes ancestraux et caduques. les factions multiples n’étaient que des ours polaires élevés au grain de blé du sud

j’étouffe en moi le silence qui fait rage, quelque part des chiens aboient. j’imagine qu’ils referont les crapauds, les voix de nulle part sur un banc. je fume comme un puits raclé en me promettant une visite à l’un d’entre eux, persistance

le doute gâche toutes ces années

je rêve d’un dehors nouveau

les persiennes sont d’un beige émietté

là, je suis tombé ! là, je retombe encore

l’appel de mes semblables a quelque chose à m’apprendre

par eux, je m’évapore

l’esprit s’absorbe en deçà des voilures

je me laisse tenter parfois par la paix de Dieu

Partir

À Nader.

je ressens les années d’errance et de fuite, les départs par centaine et les sentiments de l’espoir avachi qui les accompagne. je ressens des vents contraires qui préludent à ce qui va suivre

mes yeux d’Ulysse se posent sur ces jours passés et profondément regrettent. les désirs ultra-plombés, les dents qui claquent… etc. comme ronfler la mesure de ses doigts de corail rose

je me souviens des trains de nuit qui me portaient, pourtant le vent siffle dans mes oreilles. les vols d’oiseaux dans les champs parcourus à toute vitesse, les paysages qui lavent encore le seau du souvenir et aèrent mes paumons

je suis l’exilé des vieilles fortunes

une mémoire lourde à porter pour mes frêles épaules  

je ne sais pas écrire

je voyage, je parle, j’écris… !

on dit de moi que je suis maudit

qu’aux ténèbres je suis voué

je crois que chacun à une chance

à un peu de lumière

je m’étais attelé à l’étude des astres et des corps ravagés très tôt dans mes saisons qui creusent comme une pelleteuse, – les lois du seigneur requièrent du silence ! le genre d’indicible qui vient d’en haut

j’ai jeté la clé sous la porte pour rendre l’écho de mon âme friandise, la noirceur des baisers de la veille promettaient une disparition. j’ai froissé mes sandales pour revenir parmi les étoiles

je ne suis que la moitié d’un amour brisé et si un jour je tombe dans la moire de l’humide clarté, sachez que jusqu’au bout je vous ai aimé. l’esthétique d’une poignée de feuilles de l’amour font un ensemble harmonieux

longtemps et reclus dans les murmures d’un mal logé

comme les mots confus qui éclosent dans ma tête

comme le jour qui coule, j’ai soufflé le chaud et le froid

comme un courant d’air ! comme un courant marin !

la terre était le ciel et le ciel était de terre

les points cardinaux m’étaient indéchiffrables

le sang de ma poitrine nourrissait mille fleurs

je n’avais rien au-dessus ma tête

il est temps pour moi de demeurer pour mes proches

j’ai renouvelé mes engagements envers la vie

je n’ai rien contre mon cœur, tout est vain et d’ailleurs

j’ai rencontré Dieu dans un pot de danette

je doute à présent de moi en parcourant le monde, j’ai grand froid. l’âme vibrante de ses trésors inexplorés et couverts, même de la petite et innocente rosée. j’aime les choses non-apparentes et qui ne disent pas leur nom

je poursuis cet instant d’éternité d’une grâce renouvelée, les nuits sans pareille glissent irrémédiablement et bientôt transparentes. je me rend compte qu’Ulysse avait un équipage et des compagnons de voyage

je vais me lever lentement de mon siège et prendre un recueil hors du temps qui plante une graine, une complainte maladive. je vais me laisser être au firmament sans germe et sans aucun remord dans le cœur

puisque la vie est une escale

je fraude tous les voyages

l’homme cherche à se résoudre

de tout temps…

comme allonger sur la lune

tiède et au calme

il sonde son âme sur tous les niveaux

j’ai répondu à des leurres

et j’ai souffert de la dérision des hommes

Trois petits jeux du Je perpétuel

ils m’ont affublé de différentes expressions tout le long de mon existence, le prénom que je porte depuis le jour de ma naissance et le jour de mon entrée en crèche. je fais évidemment l’impasse sur les insultes gratuite ou justifier 

j’avais une fille dans chaque bras !

ils m’ont accolé au collège le surnom de pécheur, je le dois sans doute à mon tempérament de mécréant plus qu’à mon chapeau. s’ajoute à cette période d’autres termes sophistiqués et terrifiants: ex-petit-ami, ennemi… etc.

une période bien compliquée.

ils ont même appelé mon volume de chaire tonton et ceci pour toutes les générations à venir, mais l’homme qui se tient devant vous ne s’y reconnait pas. je ne suis qu’un être insignifiant qui fuit devant les sollicitations

je ne sais ce que tout cela implique.

je me prépare à la mort dans ma retraite

sans aucun nominatif, comme un scarabée livré au bec d’une huppe

hélas, je ne reconnais que le beau
je ne me l’explique pas

très peu savent
ils rêvent

vivre sans vous
et mourir

mourir à vous entendre
et vivre

( ce n’est pas aussi idiot que ça en a l’air ! )

qu’est ce qui subsiste
les mots
l’espace
les mots et l’espace

il n’y a pas de secret
Je dois beaucoup à ma couleur de peau et mon intuition

je n’ai plus la capacité de guérir et de me régénérer aussi vite qu’auparavant, mes blessures prennent un temps considérable pour cicatriser et colmater. je crois que l’homme s’use comme une machine à écrire ou un réfrigérateur 

il me fallait six heures de sommeil et sans ressentir les coups de moue durant la journée. je ne bâillai que rarement hormis la sensation des paupières lourdes. je remarque aujourd’hui qu’il me faut quelques heures de plus 

il m’arrive de même avec la récupération qui ne doit être qu’une question d’horloge interne, je pouvais par exemple marcher des nuits entières sans me soucier de la distance ou enchaîner les épisodes au lit et ne pas fléchir

les expériences usent par érosion 

les souffrances usent aussi, j’ai… !

comme une âme égarée
pour une seule nuit

j’achève… !

je perds, oui, je perds la raison 
dans le noir du chaton

il pleut
la rive de Tigzirt

si t’es sociable, ma belle 
il y a ceux qui préfèrent la compagnie des escargots

il pleut, il pleut… !
la rive de Tigzirt

il n’y a qu’un orphelin pour guider l’aveugle
je me délecte de la pluie qui tombe en trombe

chanson d’automne
j’entonne

je vais conclure comme on s’engage dans un rire, ensuite vient avec la question du corps. c’est comme mourir et naturellement, je pense à toi. je pense à ton visage au ciel multiple qui glisse vers une aurore inconfortable

je me rends compte au fur et à mesure que les moments importants sont ceux passés avec mes amis, ils me racontaient les bonnes vieilles histoires. une anecdote par-ci par-là et puis tombait une confidence à couper le souffle

je crois que l’on ne peut échapper à son destin qu’un certain temps et l’issue ne sera que plus fatale, j’ai élaboré un système nourrit d’une mythologie personnelle, une fiction qui brise le modeste seuil de ces lignes

qu’il est bon de me souvenir de vous

parmi les récits juxtaposés où je vois presque tout

au commencement, il y avait l’oubli

et toi, et ton corps… !

l’infini du jour naissant

brûle !

les jours passent

les semaines…

comme la vie en l’air

comme les orteils du pied a l’air libre

où toute est mousseline

passent les jours et viennent les aurores

je m’en vais sans vraiment partir

L’édredon rouillé est humide

il me faut rentrer à la maison, c’est là-bas dans l’ombre que j’ai déposé mon crâne rempli d’eau de pluie. je vis dans le brouillard ou peut-être que ma vision se trouble. il neige ce matin dans mes yeux, j’essuie une disparition dans le miroir

il y a cette chose dans l’œil bleu d’un vieux notable inexprimable d’homme à homme et qui semble nous parler de résignation. nous sommes bien pauvres d’expérience, nous observons les échappées du regard

mon cœur est dix fois plus léger que mes yeux, dix fois est peut-être trop, ou peu… ! il pleut cet après-midi sur la salle de concert, l’étoile joue et danse avec un piano d’ivoire

j’aime les artistes.

il faut que je rentre à la maison

je ne suis personne entre mes prunelles

chanvre indien et chèvre du bon diable
je respecte les vieilles coutumes
         

le nouveau soleil est un miel que je tartine avec mes doigts
pour la saison humide, chantez ! comme chez la boulangère à la queue leu leu

de révélation à révélation
ils ne feront jamais le poids

les histoires des anciens et la superstition qui règne, je les savoure à chaque instant de mon existence, à chaque coin d’ rue que j’arpente en la bénissant. je butine amèrement sur le talus, un peu plus ! la pâte est rarement cuite

je m’engage dans la rue Saint Rémi en tournant à droite, j’arrive dans une petite place éclairée de bougies et de ma main, je goûte l’eau de la fontaine. je m’aventure là où il n’y a personne de reconnaissable, un divan

j’envisage à la place des immeubles les montagnes du Djurdjura, l’herbe haute de Sidi Ali bouneb… etc. j’hallucine les silhouettes des filles qui pourraient m’offrir un baiser pour mes vacances comme dans les romans

une quille a toujours froid aux jambes.

j’ai un flash : un petit slip avec un soleil jaune dessus

le manque d’un cœur qui nous sert fort

la radio du téléphone est sur une station inadaptée
je me démène de l’instant plus qu’autre chose

j’ai mis un sous-scellé à une comète anti-âge
depuis son passage mes relations se ressemblent toutes

courte, combien me manque ma vie d’avant
plus de remontrances par éclipse !

elle a semée elle a semée… à travers moi !
elle éclore dans ma poitrine maintenant lucide

mon dieu fait que je me dépouille de cette enveloppe
une fois pour tous les ciels, une fois pour toutes les apparitions

je longe les quais le visage face au vent
je marche seul

comme un miracle des siècles passés et futurs
les petits bourgeons blancs sur le fleuve creusent le courant à l’infini

j’ai un ciel spongieux comme unique drap
et son flot ainsi qu’une cousine

j’ai cru voir dans tes yeux des papillons bleus en souffrance
et de la défiance nue que je te cède

il y a l’autre avec son rebondi de bonne française
après son expérience du soleil levant et mes trois mille caresses

à Gambetta 05h34, aussi vide que les parages de Houellebecq
ah si, peut-être qu’une ombre s’y glisse

j’aime les oiseaux qui piaffent la nuit comme pour dire la fête n’est pas finie
je prends la pleine mesure des conséquences

je me suis décuplé sur une terre que je ne reverrais jamais, plus jamais avec le même œil de l’innocente adoration. le souvenir des mots et d’images tous par les yeux sont vernis. je défile d’elle

brut de décoffrage.

lorsque les volontés divergeaient dans notre vie de couple, il ne restait que mon amour qui se donnait en spectacle. il ne suffisait plus à lui seul, la couverture. j’avais misé sur le sien

je ne pleure que de moi. 

je feuillette depuis la culture vaseuse qui nourrissait ma moelle, une petite collection déchirante. je me suis baigné nu et effrontément parmi les dieux. je me suis purifié

le verre est translucide

un whisky irlandais qui sent l’écorce des oliviers

j’ai oublié ma maison

j’ai oublié mes amis et mes amours

j’ai oublié ce que c’était la vie, la vie des dieux

il m’apparaît clairement que cette façon de percevoir et d’être au monde est quelque chose de poétique

pour sûr, je suis un corbeau qui a soif

je surplombe les domaines sans éclats, les corbeaux ont droit de cité

les semelles coursent les jours de la création

il faut s’attendre à du granite et à la roche de fondre

j’ai parfois l’impression d’esthétiser la misère de ma condition, alors que j’essaie simplement d’être au plus pré… !

Trois petites impasses

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour, – il y a des nationales et il y a des routes, – je roule derrière les camions… les 6 les 12 les 36 tonnes, – je suis au téléphone, – c’est la route, – une déroute, – jamais avec des pantoufles

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour, – je reste pré du danger, – je pense que rien ne peut m’arriver, – je suis tellement pré du danger que rien ne peut m’arriver, – je vois les arbres poussiéreux, – les gens qui attendent le bus

sur la route des autoroutes et tout autour, – il y a des routes il y a des impasses, – il pleut, – il pleut souvent sur les autoroutes,- j’enclenche l’essuie-glace, – hypnotique, – captivant, – le sourire aux lèvres, – je cherche la raison

le cendrier est plein à craquer

j’ouvre la vitre

une allée

je souffle sur mes envies

un vent obscure

sur la rive avec mon chien, – j’investis le domaine du non-moi, – au diable les fils et les attaches, – momentanément effacé, – je suis l’autre qui glisse au creux de la vague, – absent de moi-même, – interdit de souvenir

sur la rive vierge avec mon chien, – je construis une cabane de paille inflammable, – l’œil furtif et scrute – présence contaminée, – il ne reste que des pourquoi vagues, – le noir est une couleur, – un sans visage

j’ai les pieds nus sur le sable.

sur la rive avec mon chien, – il n’y a plus de chien, – j’ai tout consentie et du laiteux, – cela ne sort pas, – on a tout recenser dans les livres, – le peuple maudit, – une histoire courte de l’expéditeur, – un cul-de-sac, – les ressacs

toi ma bien-aimée, le deuil.

un passage aux toilettes du bar alligator

je recharge le téléphone

j’envie l’impassibilité des pierres

comme la musique de la main des vagues

la nature prodigue ses leçons de vie

la douceur de vivre d’un galet sous le soleil

l’eau salée mouille mes lèvres

j’envie l’impassibilité des pierres, comme leur tranquillité

j’erre au milieu des courants de mon cœur, – son cœur à la petite cuillère, – j’ai besoin de me recueillir, – je caresse les rêves du vent, – son sommeil léger, – j’ai un petit peu froid, – toute à l’heure j’ai pleuré, – le rêve continu

je souhaite m’étendre et modeler mon âme, – son âme occasionnelle, – je parle seul et si seulement je trouvais preneur, – je l’ai laissée pour morte sur la rive miteuse et les bateaux vont au loin, – son cœur pourtant si volontaire

je m’éloigne du port mythique, – la nuit comme le jour je te salut, – je stationne dans l’impasse des clématites, – une note quand il n’est plus question de notes, – mélomane de la fluidité, – comme le sang, – suspect

je me défais sous mes yeux

les souhaits se précisent

sur le rivage soufflait un vent frais… sur le rivage un vent frais soufflait sur le caillou ( le caillou au bout de ton sein, le caillou de la nuit, de cette nuit ! )  

un vent frais souffle sur le caillou de mes nuits

on aurait dit que les chairs brûlaient

j’urinais autrefois sur le sable en faisant de la mousse

je revoyais ma vie d’alcoolique et mes diverses effronteries

… sur le rivage par épuration les migrants échouent, les manques et des tragédies qui soulèvent plus de manques. l’histoire moderne nous montre ses horreurs, que nous voulons plus d’horreurs !

Quelque chose d’un vendredi terrestre

je n’ai rien avoir avec le commun qui refuse la part du merveilleux dans le cœur, l’abandon aux nostalgiques rêveries, l’enfance qui excède les 14 printemps… etc. comme un papillon s’adonnerait dans le vent

ils ont peur du ridicule qu’ils ne se risquent à rien, rien de probant. je ne tiens pas à fédérer qui que ce soit et au-delà de la bienséance: froideur – distance

une sainte colère!

la part du ciel que vous détenez aussi infime soit-elle, vous ne devez pas la négliger. cela pourrait être votre seul rempart contre l’adversité et bien plus encore

je n’en fais pas une étude.

je ne tiens pas aussi que l’on m’aime

même si là, je mens !

le tabac à rouler

brûle les lèvres autant qu’un baiser

d’adieu

il y a les déshérités et qu’un seul antipoète. pour le reste, des mystiques. comme s’il s’agissait toujours de percer les zones grises, je persiste à les nier

la mort d’alors ou le poème ?

je sais parfois lire les signes, comme reconnaître les miroirs. les réponses que je trouve dans les nuages bleus, l’eau potable du robinet et la température

nous ne devons plus céder devant la valorisation individuelle, une gargarisation de mots! mais tenez le pour chose prédominante et acquise: le voile tombera

les sidérés ne trouveront plus de secours 

il est trois heures : 34

j’entends de la musique qui se noie dans les gosiers
après tout on n’aimerait pas danser

j’ai déjà joué avec les murs blancs
le cauchemar des morts et des vivants qui se versent
 

toute un cœur qui appartient à l’entre deux
une allumette dans un tas de foin, sous peu le brasier

je n’ai pas pris le temps des corps apaisés
les brefs moments de vie qui découlent dangereusement

j’ai négligé le potentiel d’érotisme de l’univers
d’où émane une substance… ( le mot s’est détaché ! )

on aurait souri avec quelqu’un d’un peu voyou
je ne dois plus être aux regrets

je sors de la grotte aux nymphéas en guidant mes forces ailleurs, les voies des boulevards ont des couleurs d’arc-en-ciel. j’abreuve mon cœur de l’éclosion du jour

je nourris mes flancs de douceur.

j’ai eu l’impression de berner tout le monde, alors qu’à moi échu l’illusion. le sans posture primordial, la mèche est rude! je reste le conciliant, en tout

je bois une poignée d’eau.

je reprendrai les vols ou le poème, il me faudrait un départ, plusieurs. je tracerai de nuit. le poème-fusée pour s’élever a besoin d’une pulsion de moineau 

vers toutes les trajectoires.

le poète est né à un rêve qui sommeil

l’énigme des labyrinthes se dévoile

un été sans rebours

je respire l’odeur du vieux port

dans un Pagnol

Les morsures sont ignorées

comme si rien ne m’arrêtait ou n’altérait les poussées créatives, j’étais porté vers les interactions mystiques. une torsion de l’esprit jusqu’à la pointe de l’extrême

je ne voyais plus les villes sur l’estrade de mon cœur, la rumeur m’était possible à engloutir. j’allais au hasard feuilleter l’eau de mes trous blancs 

le téléphone éteint me délivrait de mes tics.

je me réjouissais de la fente d’une fenêtre sur l’éden, en dehors d’elle même. je me voyais trépassé en écoutant lesventsnostalgies et la théière. la pluie tombait dru sur mes fatigues

on nous dit paradisiaque l’ici-bas

on se déchire avec du pas mieux à t’apprendre!

comme quand j’étais enfant
je toc parfois ma tête
pour m’assurer

qu’elle est encore
vide et

effectivement: elle est fêlée

le dépit des gens lorsqu’un malheur frappe un homme, une décomposition que j’entends comme une aubaine. le malheur des uns est le ressort de nos certitudes

l’autre que moi prie.

les liens d’amitié en ce monde marquent ou se volatilisent, la créature voit le jour et engendre le mal pour une moindre blessure. le champ en est miné, un monde fou coule à l’endroit

j’espérais et n’y suis plus, je me délaissais pour être au monde, transfiguré. je passerais sur les lucioles, de ce qu’est la pluie à la goutte noire… etc.

les visages se ferment à la providence

je préfère les ânes blancs avec du cachemire

je-serais-une-station-mal-desservie-que-j’-en-meurs-sur-la voie-des-clématites-blanches-j’-ai-trotté… !

je rêve de l’Euphrate qui coule de son eau sous les arbres. blancheur ouatée, je n’irais jamais sous la brume vaincre les coups et l’anneau 

je revois les yeux que j’ai fait pleurer.

je me sature de tristesses et de joies partagées qui me dépassent. la jarre fêlée, je verse l’huile de l’étreinte de l’autre côté de la haie. le truchement des ombres nous enivre

qu’ils refluent en une chanson grégaire!

j’ai parcouru tant de chemins et il me reste à lire l’essentiel, une prévision à l’entendement. les prières sont un don de soi à chaque instant renouvelées

comme débarquer dans l’univers apathique imploré

je sors rejoindre la pluie

le jour s’endort
un peu moins dans la décrépitude

j’apaise le flux du sang
les rives où je suis ne sont pas miennes

comme ce jour-là : l’être divin !
je ne l’ai pas observé dans mes souvenirs

je ne crois plus à l’immuable
je regrette le ciel perdu qui bavait sous la pluie

je regrette aussi pour Adam
je lui dois comme toi qui lis

suffit-il de croire ?
à Bordeaux, c’est le déluge qui prédomine

j’ai inventé des chapiteaux
où j’ai sacré tous mes repentirs et infidélités

est-ce que c’est le bruit d’une cloche
son étoile tinte le fond

au soir d’une illumination
je dîne seul au kfc

Je voudrais pour toi

j’ai en mémoire le souvenir de nos sommets au pied du lit, le toqué de mes voisins et des tâches multicolores sur nos corps… etc. je voudrais par cet aperçu de nos frasques inspirées te redonner le goût

le goût des fruits mûrs et sauvages.  

je me reconnais en toi pour prétendre à une relation qui j’espère évoluera. une vie à tes côtés est toutes les absentes. la mienne, je te l’offre en héro négatif. réponds-moi, je m’exercerais à ta langue

je ne sais pas ce que cela signifie!

une femme qui se bat, une adversaire. je ne souhaite que l’aimer et aimer nos feux de bengale. Bill Evans dans la stéréo, nous deux sur le canapé… ! quoi que tu puisses en penser, je te promets d’arrêter d’appartenir au vent

une vraie pollinisation!

deux amants des paradis retrouvés

les jeux d’enfants

ton silence m’écorche le sang
l’odeur du jasmin me blesse
me blesse de mille morsures de serpent
la lune est une tendre amie
le soleil est comme une fête
le jour décline morose
comme les mots que l’on ne peut rattraper

je sèche mes larmes longtemps retenues, une consolation. mes nuits se voilent et me rendent à silène et ses velours. tu aurais dû être là et me calmer, une vraie pleureuse. je n’ai touché à rien depuis la dernière fois

ce qu’il faudrait taire.

j’oublierai sans effort tes longs secrets et mes cigarettes. je les oublie pour trouer le ciel un beau matin, comme ce jour de septembre où il pleuvait, lentement. je me souviens de tes tendres mots et à peine une vue d’ensemble

un univers que j’emporte n’importe où.

nous deux s’il en est ainsi, c’est aussi bête qu’une lanterne d’escalier pour rentrer chez soi, lorsque la nuit est tout à fait morte. tu es mon enchantement onirique, un frétillement. Dieu que tu me manques, reviens-moi !

une supplication obscure.

je refuse tous tes avatars

ton cœur ou rien

à-côté-de-la-maison-il-y-a-des-logements-sociaux-habités-par-des-petits-diablotins-qui-jouent-à-lancer-des-projectiles-de-toutes-sortes-sur-les-chats-errants-qui-inévitablement-atterrissent-dans-la-cours-je-rouspète-au-delà-du-mur-de-séparation-et-après-un-bref-instant-de silence-j’-entends-leurs-pas-s’-éloigner-je-me-figure-qu’-ils-ne-font-que-fuir… !

je ne te comprends pas encore entièrement, mes tentatives de te joindre ont toutes échoué, voilà une quinzaine que je n’ai aucune nouvelle de toi, perverse ! j’ai libéré autrefois les ailes de mes amours qui quantifiaient tout

tu es mes yeux et mon unique horizon.

il me fallait pourtant courir de misère choisie sans me retourner, et si tu t’obstines ainsi je crois que tu connaîtras le même sort, comme l’étoile du matin qui court vers sa perte, une cymbale ! et moi, j’aime les marathons

en dehors de toute prévisibilité.

je te considérai pour morte après une certaine date limite de purgatoire, est-ce que tu me comprends ? je ne voudrais dans ce cas plus jamais te revoir et ceci prendra effet le jour de la réception de l’avis recommandé

je ne suis plus certain de ce que j’avance

le sablier est retourné

dans ce pays et loin de toi

je suis l’étranger

je sens l’exil du cœur

je revois une fenêtre qui apaise mon esprit

je revois l’arbre de l’enfance triste

je voudrais pour mourir poser ma tête entre tes mains semblables à la froideur d’une feuille d’automne

je t’envoie une peuplade de baisers

l’étroitesse de mon esprit m’épargne moult soucis

monsieur Moult et la bosse d’un dromadaire dodelinent dans la ville !

ce n’était qu’une trêve, cela m’interrompt…!

Les squares

ô mes amours, je suis profondément blessé! libre de vous aimer encore et blessé. il me semble que les apparences exhibés ont comme une odeur de friture sur un corps

j’ai quelque chose d’une plante qui survit et une marre, sous peu, je serai noyé par des regrets. c’était moi en chemise blanche dans les squares de contrebande

je me souviens d’un ciel penché sur mes vendredis, peut-être qu’ailleurs j’étais heureux. le printemps des rêves bridés s’était achevé outrageusement, ainsi l’amour hante encore le froid de mes nuits

renaître à soi comme naît un poème au monde

une faim parmi toute que je reconnais

un destin singulier

je récolte les divins mots

des passants

je suis calme et relativement stable, les nuages planent dans mon cœur, aussi lointain que les miaulements noirs où se solde le néant de mes désirs

tu épouseras la poussière et chère est la poésie, une mollesse. l’urbanisation à outrance kakatoésque. le siècle monte sur l’ambivalence de vos mœurs

j’entends mon cœur battre : CHOU-CHOU… ! la nature parle une langue nocturne, comme ma ville qui verse sur moi et m’ensemence! surtout ne rien gâté

on rentre dans les nuits Tizi-Ouzienne

comme on tombe en disgrâce

l’ombre des mots

le grain d’ombre qui siffle la raison

comme on colmate les imperfections

une nuit d’été qui révèle toutes les nuits par son absence et par ses ténèbres, une majesté entre les planches si j’espère, douche froide! qui peut venir m’aider?

qui peut venir résoudre les inexorables nœuds? les mots familiers me dissolvent, la primevère de ma langue est l’enfance, celle qui fleurit ce recueil, un spectacle

j’ai dû toucher du doigt quelques cimes inexplorées et défendus, j’étais allongé comme dans une grotte peu profonde. je croque une pomme

comme une expérience de l’inaltérable goût

l’inattention répétée

la nuit que tu entends à peine

à peine… !

tu ne dois pas attrister ton cœur

à tous les niveaux

elle a la douce voix du clapotis des eaux

comme perle

j’aime Tizi-Ouzou

ainsi que les sources

la nuit que tu entends à peine

elle t’attend

Méditer, une cigarette…!

les épines du rosier te piquent, tranchantes qu’elles deviennent dégueulasse. tu fumes entre temps, attentif à la durée de ta cigarette

ce moment peut te sembler une éternité lorsque le doute te submerge. tu survis à des crevasses. elle crée des ponts entiers suspendus, en suspens

un jardin où les rêves lointains te fument, rabâchés! comme un rythme de croisière aux grès des saisons. elle a aussi son rythme, une sorte de vertige

le sang coule

tu penses que la nature n’est pour rien

une baisse de la vue

s’en vont naître les papillons

entre les cloisons

longue est la durée de ta cigarette, tu fais semblant de fumer par crainte d’être surpris. tu poses et reposes la nuit sur tes attentes, les épaules légères

les instantanés qui délivrent du réel, la salive mouille le filtre. elle s’offre sans retenue, tu la désir. tu la tètes comme le bouton d’un sein recouvert par un tee-shirt   

il n’est pas nécessaire de parler lorsqu’on la fume, c’est comme inscrire son nom sur les nuages, ô feignante saison! les roses ont le parfum des taxis algérois   

les tentatives d’échapper aux rails

d’oublier!

une cigarette se consume entre mes doigts
je reste transi, une cigarette se fume

elle s’appelle Rym
elle est longue et fine, tout ce qui porte un nom fascine

elle rime souvent avec spleen
une vieille pratique qui vient des indes

je m’en brûle une
j’ai besoin de nicotine

la braise rouge est une musique plus ancienne
elle a son style

les non-initiés te prodigue des paroles vaines
les non-initiés te voit d’un œil en friche

peut-être des rivales… oh, la cigarette que l’on fume !
je succombe sous tes lignes blondes

de jour comme de nuit
je me lève pour des bouffées de tabac blanc

tu dis stop avec vergogne aux larmes
je doute avec toi moyennement de la rationalité du monde

en bouse de vache, industrielle ou encore à rouler
je n’ai jamais autant marcher sur tes pas

par douzaine ou par paquet bien rangé
c’est toujours un plaisir et sans regret que je te fume

la durée peut mener loin, comme un interminable exil. tu aspires certainement à une reconversion, tu finiras peut-être châtrer dans un presbytère. tu rêves encore… !

il n’y a pas toujours de la sainte lumière au bout et ce n’est que partie remise. elle s’éteint, se consume et autonome! tu portes tous les signes d’un rénovateur

lorsque tout s’en dort et que tu t’époumones de ta dernière cigarette, tu te racontes une petite histoire pour t’envoler, comme happer par les hauteurs

elle te fait gagner en espace

te réconforte

au coin du ciel

je suis puni à l’éternité

de son feu

Les coups

À Ghiles.

il n’y aura un jour plus un mot d’amitié, plus personne n’apportera de solution! je finirai seul et béat. ce monde gagne à tous les coups. Il gagne à tous les coups

je traverse une incessante lutte dans l’anonymat, cela n’empêche plus la mort de nous toiser. je reconnais son cartilage partout où je pose mes pas

j’aime l’enfance rude des Balkans, les apatrides et les vagabonds. ils disent que les justifier, c’est aimer. je n’en peux plus de vos sketches

je lève la parole

le chef de file d’un tandem d’enfer

une fête de la pluie

je me balade au sein des sons

primitifs

les gens se réjouissent plus de l’absence de Dieu. moi, je me remets à Lui pour qu’il les inonde de bienfaits, je me remets à Lui pour les malheurs

je laisse m’envahir l’onde d’une terrible tristesse, comme mourir un peu à ses idéaux, comme dans un éclair sentir le tressaillement du temps incréé

j’ai mal de ce qui reste suspendu entre nous, plus la force de me dresser tout contre! nos amis les vers reconnaissent la chair tendre des bienheureux

il suffit d’un cauchemar pour dévaster un homme

pourquoi Dieu fait la sieste!

une foi d’hyène

ricane le peuple

de Dieu

je ne m’aperçois pas de l’étendue du mensonge, des subtiles détournements et de nos différences… etc. la mascarade surtout perpétuée depuis le premier soleil

je n’ai plus peur des chiens dans les rues caverneuses et sombres, quoique ! j’adhère encore à tous les galimatias et je continuerai de jouer

À porter de main

je fais mon marché pour ce week-end, comme rare ceux qui savent l’exil! déjà l’aube avec ses couleurs décimées sur le toit de quelques chenilles

l’homme dort sur la paille d’un pays après une lecture. de sa vie, j’en serais bouleversé. de sa mort, j’en serais changé. ce matin, il se sent fragile 

c’est de la mort dont il a le plus peur, la mort lente dans le cœur des gens et de faire souffrir avec ses vérités inopérantes. les mots savent le faire trembler

rayonnages algueux à porter de main 

cet homme n’existe pas

une gueule de bois

une assiette de melon à volonté

origine Enfance

les cœurs s’épanchaient jadis avec une sérénade pour chaque nymphe aimée, puis tombaient les nuits pesantes et les coups de téléphone crypté

j’étais artiste de longs archipels noyés dans le spasme, un guérisseur des meurtris. les pensées noires mûrissaient et tout le poids du pêcher sur mes yeux fermés

lorsqu’il est question d’amour vaut mieux se taire et laisser. une grâce nouvelle vous inonde, elle est d’un amour pur et sans objet ou comme de l’amour pour l’être aimé

l’envie pernicieuse gangrène nos vies 

les sirènes du premier mercredi du mois, pourtant !

pèlerinage nocturne

je sors à l’aube aux petites froideurs

ô le premier jour !

faites qu’en ce monde on pleure les poètes vaincus… filles des célestes nords, mes poèmes vous sont dédiés. j’ai abordé vos rivages rocheux sans crainte

faites qu’après la mort, je me remémore les existences qui se sont croisées à la mienne, et qu’ils me fêtent ! de tristes âmes qui montent comme du pollen

faites que le temps de la paresse et le bon positionnement des astres reviennent, les matins du postillon endormi… etc. ne faudrait-il pas mieux un sevrage?

un poète poursuit les chimères

l’atelier d’un bon poète sont ses morves

l’après-midi d’un faune

le couloir de la vieillesse s’arpente

à pas de géant

emporte-moi sous ton aile petit moineau… je n’ai nul part où aller et je cherche à disparaître… !

Gloria Victis. Bordeaux, Place Jean Moulin.

La doublure

puisque tout est voué à disparaître il boit et sort tous les soirs. c’est l’histoire d’un homme qui ne peut oublier les morts, seule sa mémoire hâtive nous sépare

l’âme aussi légère qu’une sainte colombe, il avance vers lui et parle. un oncle défunt ! le ridicule d’avoir cru à son retour ne le tue pas, il parle d’un cœur qui brûle les pétales de roses entre ses mains

cet homme partage une bière avec un mort, peut-être que le diable l’entraîne et cela suffit à son ombre. le cornu est le prétentieux des cavernes

il mesure sa futur place entre les tombes.

les rivières suivent leur cours sous terre

la tombe de l’oncle!

un-jour-une-ville-accueillera-un-poète-qui-ne-porte-en-lui-aucune-peine-sept-ans-qu’aura-durer-son-calvaire-quelqu’-un-comprendra-son-isolement… !

je disais qu’il y a comme le sacre du cimetière! il est absorbé par une force étrange, le ciel féconde la terre, tout semble capitonner de sperme

le soleil peu habituel à cette saison est grivois, un oiseau chante sur la branche d’un olivier, les mouches chient leurs larves et s’observent… etc.

il veut revoir les lésions du bonheur et tout désapprendre d’un même coup, s’étriquer le cerveau à la manière d’une laine humide et froide

une femme urine sur une tombe.

il parle de la déchirure

du soulèvement

une légère tachycardie

ton visage a une teneur de sel

la voix qui ne mène pas large

puisqu’il est un être en difficulté et en marge de la société, surtout farouche! toutes les épreuves qu’il lui faut endurer, les femmes qu’il croise se veulent salvatrices

il entend souffler le vent très haut dans le ciel, le ciel monte vers le haut, le ciel quand il fait presque nuit sent le caramel ou quand elle enlevait ses hauts volants

la terre les attirait l’un vers l’autre, deux aimant! par le trou de la serrure, il la voyait à demi-nue. les jambes de calcaire s’entremêlaient, les bas noirs qu’elle enroulait

les corps ineptes

tous deux se recommençaient

            H : pourquoi doit-on quitter ?

            F : la mort est notre amie

            H : dans ce vide ?

            F : tu dois chercher à vivre… !

            H : je sais, je me l’interdis

            F : ton refus est grave

            H : je refuse de me rendre au feu d’artifices

Je vous regarde

une phrase qui sonne creuse comme une directive que l’on se fait à soi-même : un jour, je serai votre prophète, un moderne, l’un de ces jours d’une insondable nuit !

je suis quelqu’un d’endurant, un paysagiste œuvrant pour Dieu et sa création. les murs de mains froides plein devant ! je me demande pourtant si je serai assez solide pour l’amour ?

je ne fais plus avec la question de l’être, comme un funambule sur des strates. je me dilue dans mon imaginaire ou ailleurs, l’espace où je ne sais rien m’est portant familier

toujours dans un but

je lutte pour mon compte

une lecture de l’âme

l’ombre d’un chat me rappelle

à son écho

il fait nuit de mille et un soleil et vous me questionnez sur mon adolescence, sur l’œuvre des anges sur terre… etc. vous oubliez presque vos besoins enchaînés au ciel

je vous dis que maintenant plus rien n’a de l’importance, qu’il y a le meilleur et le pire en chacun de nous. je vois en vous comme un puzzle, sauf si vous aimez les puzzles!

nous ferons de l’amour un domaine privilégié, même si l’espace est réduit. nos cœurs endoloris s’accoutumeront et les anges ont leurs parts de travaux universels

le présent passe par leur écriture

une réalité convaincue

entre nous deux

l’amour appartient à nos rêves

les plus doux

le côté charbonneux des choses ne nous dispense en rien de bien faire, cessons alors de nous enfermer comme dans un songe rattrapé

je célèbre les vieux sommets de nos aïeuls, ils avaient le sens moral démiurgique ! j’ai toujours pensé que les montagnes ont les courbes d’une femme, et la flore son linceul. je freine sur les routes pour les contempler

je veux être au plus près de vous, encore plus près que le cachemire bleu que vous aimez mettre l’hiver dans la rue, comme j’aime être en vous    

plus jamais une autre et plus de deal

vers une autre phase de la lune, peut-être!

une veillée

votre aura déjà vous précède

jusqu’à l’aube

Bonne chance !

À Hakim.

je raconte mon expérience de la poésie, mon univers intérieur. une sorte de comète olympique ! terriblement doué, un bonheur presque parfait de ne plus être

je suis défectueux comme la machine dans mon rêve initiatique d’il y a longtemps. le cambouis est-il un signe ou parce que justement je rêve !   

la chose étrange est qu’un jour, j’ai pris le cap inverse de ce que je pouvais entrevoir dans le champ des possibles, comme sceller ma vie à sa propre destinée 

toujours à contre courant.

je m’accepte

c’est-à-dire mort en sursis !

le cœur audible

je marche sur l’estrade du royaume

qui grince

je n’appartiens à ce monde que pour un temps, peut-être que l’on me coupera un membre. un de plus ou de moins, là ne réside pas le salut de mon âme

j’ai déchiré le voile qui me séparait de ma conscience, une force tranquille que je perds parfois quand je fais crédit au doute

tout ce que je peux penser ou dire et loin de la vérité, l’erreur est ma bannière. je suis issu d’une lignée de raté que je connais à peine

l’amitié est sacrée qu’il faut vivre pour me comprendre

il m’est dit bonne chance

je suis mort un matin de juillet

à Talence

sous l’ombre froide

d’un arbre vert ordinaire

ouvert sur moi-même

loin du regard des hommes et des bêtes

il était 11h34, l’an 2007

la poésie est une spirale dans un cône, l’autre bout est sans fin ! très peu de gens reste indemnes et à la surface. il vaut mieux s’accrocher à sa table   

c’est un saut dans le vide sans harnais !

l’importance des choses qu’ils m’aient données de lire, de voir ou d’écouter, les montagnes digérées, la vie sans fils… etc. n’étaient que le prologue de mon être

des abstractions.

je ressemble à ma voix intérieure et à une langue habitant un lieu. je tiens un inventaire de mes cauchemars éveillés, comme s’ils s’installaient entre mes yeux

l’homme subsistera

je crois qu’aujourd’hui il le doit

la migraine d’une carpe

l’ombre d’un nuage au-dessus du prophète

dominus vobiscum !

de petits riens à rien du tout, suivez mon regard et n’en faites pas une affaire personnelle… !

Sur le départ

les jours qui précédent un départ sont toujours particuliers. cela est décider, je ne passerais plus par-dessus ce qui me traverse et m’arrive

je crois que tout est lieu de poésie : un nuage qui passe et s’évapore, une respiration calme et régulière, le bruit du moteur d’un motocycle… etc.  

nous-sommes souvent appelés vers un ailleurs, comme répondre à l’envi d’un voyage. c’est parfois tellement dérisoire

la pleine conscience de moi-même et de ce qui m’entoure

puisque il y a le revenir, revenir… !

drapé d’un souvenir

le cœur abrite les recueillements

du crépuscule

il doit avoir d’autres climats chaleureux et clément, comme le coin d’une rue où on peut facilement rencontrer la femme de sa vie ou Dieu

il y a ceux qui poursuivent les femmes et les automobiles. les femmes sont sages et puissantes, comme une locomotive des années dix

une femme fait confiance à son intuition, à ses capacités physiques… etc. elle peut renverser le monde ! mais la confiance, elle l’accorde rarement à un homme

je ne sors pas ce soir

je contemple l’orage depuis la fenêtre

un train passe

le mirage d’un éléphant rose

s’intercale

c’est joli la pluie qui tombe du ciel un soir d’été, et moi, je vais finir seul… ! les feuilles d’herbes me recouvrent tout entier, et moi, je vais finir seul… ! parce que je parle d’amour

je ne devrais plus tendre mon cœur à qui ne veut prendre. à cet instant, un pigeon roucoule, est-ce seulement le présent ? l’accueillir dans le noir tourment

le plus terrible est combien la chose me semble facile, comme une vision oraculaire ! alors qu’il n’y a aucun endroit propice à l’émergence d’un nouvel homme

seul et déprimé dans mon petit appartement

je repense à l’oasis de l’étalage

les chants d’un ciel d’été

les prières et les pleurs

prière !

je me suis toujours invité à peaufiner, ailleurs… !

Rappel

la mort se résume dans certaines régions du globe par un échec personnel et cuisant, dans d’autres par un aboutissement. la mienne sera une célébration   

celle des poètes m’a toujours attristé plus que quiconque et à force, j’ai cessé de les pleurer. les poètes savent englober le tout, même dans l’inachevé, le bancal… etc.

le but de tout à chacun à vrai dire est de finir, ce qui n’exclut pas nos oscillations ! je pense à l’ultime fin tant de fois souhaité et je fais patience

la mort tend vers l’éternité  

comme une tête pleine posée sur un oreiller

la chaleur des blancs

ils frottent l’extase à la réalité

du poème

nous-sommes cependant de passage, l’être en devenir et pour être encore autre, débarrasser peut-être de la chair et plus sensible en profondeur

ces états ne sont que les étapes d’une métamorphose perpétuelle, semblable à une vague qui frappe inlassablement les mêmes rivages rocheux 

je ne vous raconte rien de ce que vous savez déjà, mais ce que vous ignorez est qui je suis, à part quand je vous mens. c’est le pire de tous les mensonges !

m’avez-vous brossé un portrait au fils des pages?

je reviendrais parmi vos lyres et le tabou

au dessous

la couleur du ciel

en jaune

je repose un regard bien veillant sur l’erratique passé, est-ce encore moi? je me suis situé à la frontière de ce qui m’entoure que trop tard et dans le retrait

les hommes torturés et hantés par la mort conçoivent la vie comme un hasardeux privilège, il n’y a aucun remède et aucun réconfort qu’ils n’envisagent

la vie est une idée pour laquelle je suis prêt à mourir.

la terre indistincte qui est grande et vaste pour les âmes charitables, vous devez essayer de les reconnaître, de les approcher… etc.  

est-ce que j’accepte le silence des forts moments de doute effroyable et glacial?

est-ce que nous demeurons des êtres sacrés aux yeux du prochain? 

au jardin d’éden

les poètes sont glorifiés

qu’Allah soit loué!

je suis arrivé à un stade où je me demande si l’ambiguïté en poésie, est elle-même de la poésie!

Initiation à l’écriture

À Amel.

1/3

je tombe dans l’immensité de la nuit comme un diamant poli qui soudain nous tomberait des mains. ce soir, la nuit est une roche

j’aime perdre mon temps pour les causes perdues, un chevalier ! me perdre dans les forêts où on ne peut jamais rien voir    

il me semble que votre temps est précieux, alors allons ! je vous tiens en haute estime, comme un soleil, le soleil d’un monde entier !

à nul autre pareil chance

un truc qui nous fait dire et rien d’autre !

la nuit de mai

une sacrée dépendance musicale

une histoire épineuse

la vie est courte comme vous en avez parfaitement conscience, elle peut aussi être belle et courte. il se passe souvent quelque chose lorsqu’on s’y attend le moins

elle n’est qu’une continuité d’accident et au besoin un renoncement, mais devant vous, le rendez-vous est pris à la croisée des chemins

il nous apparaît qu’une infime partie de ce qu’elle est réellement, autant vous dire presque rien ! c’est aussi toutes les questions sur l’attachement

l’appartenance

le sens de la meute qui me préoccupe

une de ballotter

l’hôtel de la plénitude

et magie noire

la pression de la morale religieuse va bon train. il y a sûrement des solutions plus haut dans les profondeurs noires du ciel, peut-être aussi dans les livres saints 

j’ai à la place cet air ambiant et enfumé que je fume ! je me dis respire calmement, la vie t’échappe et ce n’est qu’une différence des points de vues  

montrez-moi votre réalité, est-ce que mes attentes coïncident avec mes aspirations ? je voudrais vous prendre comme Sulaiman le magnifique

oh que Dieu me pardonne !  

rien n’est vil

un ciel idyllique

le mauve de mes yeux

vibre le cœur

2/3

je me dis que j’avais du chien, j’avais du style pour me risquer aux altitudes des nombres zéros, j’ai vu à l’ombre des baleines touchées par la grâce

j’ai remonté les âges avec les divinités passagères où chaque mot avait sa toile de symbole et de complexité. le recueillement m’était bénéfique

bien après que les faucons ont tout emporté vers l’Afrique aux pupilles de joailliers, le bon vent m’a soulevé et cela fait peur aux heures d’ivresse

encore un matin d’azur qui se termine 

l’univers vient d’en bas

l’haleine en farandole

un bâtard immobile

sur la piste

il m’arrivait de dire les choses de trois différentes manières et par la suite aller le plus loin possible dans les raisonnements. devant les mystères, je restais perplexe

j’étais disjoncté comme un mineur celtique plein de doutes avec des lèvres tendres pour son elfette, dernier encrage et qu’elle aventure

chaque instant volé à ses côtés était comme une révélation de ce qui est ou devrait être pour le reste de mes vieux jours. c’était tout ce dont j’avais besoin

le temps passé et elle

la déconvenue

une fenêtre sur nulle part

sa peau souple entre mes mains

de cendre

j’ai poussé ma petite barque au large avec des voiles toutes neuves, j’étais avide de connaissance et de liberté. les fonds de cale sont faits pour les navires endommagés

je suis tombé évidemment dans l’eau froide et glacial, parce que la plupart du temps je n’ai qu’un ramassis de vomi dans la bouche, de l’alphabet indigeste

je suis un autodidacte de la vie, le point extrême de mon époque. un poète maudit qui ne sait pas écrire sans l’aide d’un correcteur informatique 

j’apprécie les choses sous un nouvelle habit.

de l’art aussi de vivre seul

comme l’ami des grandes solitudes

un touché visuel

il a besoin de l’immédiateté

du ciel

3/3

on ne m’a rien appris et on m’apprend rien non plus sur les choses de l’amour, mes expériences ne sont pas sans quelques regrets 

comme de ne pas avoir fait de grandes études et être à la hauteur de moi-même, de ne pas avoir dit souvent à mon oncle combien je l’aime

c’est bête tout cela au final, vous savez que personne ne meurt vraiment et je préfère largement la philosophie de nos chers stoïciens

prendre tout dans la déglutition

on ne se refait pas !

l’âme enrubannée

je finis accoudé le thé froid

sur une béquille

je pense ce soir à vous plus que d’habitude, je pense à l’enfant terreux aussi, un peu ! je m’identifiais à presque tout et bien sûr à rien en particulier

les moments que je préfère sont le Souvenir, lorsque j’ignore si les événements se rattachent à une réalité vécue ou simplement le fruit de mon imagination

je m’aventurais étant jeune dans la prescience sur l’avenir, cette lecture m’a appris que l’avenir assujetti l’homme. comme un simple jeu de divination      

les rêves forment la jeunesse autant que les voyages

donc plus d’avenir possible sans rêveur !

l’enfance d’un été

le jus de tomate coule sur le menton

de Hercule

l’enfance est païenne et comme à présent, je presse mon fruit gorgé qu’avec plus d’empressement, alors autant vous dire que j’ai arrêté de cultiver les fleurs et de retourner mes chaussettes

je me contente de petits moments heureux et ce n’est que justice. je noie mes forces contre mes pertes de mémoire, comme se prémunir des insolations et de la fièvre

je prend de la vie ce qu’elle a de meilleur à offrir et le mieux pour moi c’est vous. je ne suis encore qu’un enfant, j’attends pour le moment mon envol   

entre autres bien le bonsoir et au revoir 

le temps d’un regard

un bonheur monstre

le vent éteint les braises au loin

de mes yeux

Le quai des jours

Image par Nina Garman

du quai des jours mon navire s’éloignait, mes hélices du drame… ! j’avais le crâne étoilé, la coque abritait un sans nom où le fil de la sonde se rompait

je glanais les réponses de l’enfance du ciel et de mes voltiges. je ne tenais pas rigueur à l’adversité et j’exécrais les idées fixes et habituelles

le vieux soleil se brisait sur mes os de nacre, je suivais sa régénérescence, sa traversé sans rives… etc. je croquais à tous les bouts de femmes

je vivais la bohème et rien devant

les vents givrés fouettaient la table de mes anches

les nuages rouges

une fin du jour pas réel

sous mes yeux

je marchais sur les routes vallonnées à la recherche d’une trace tangible de Son existence. je ne ressentais aucune peur, l’élu de mon cœur étant endormi

j’espérais vivre d’air.

les mots qu’Il m’inspirait, je les scandais à mes sœurs et à mes frères de croisade en retour, si ce n’est de l’univers tout entier à moi-même

je poétisais mes rêves comme un usurier, un chameau qui mâche des rêves…etc. je restais à l’ombre des nuits à me lire et j’aimais cette lumière plus que tout

les éclairs m’éblouissaient par moments

toutes les voies menaient vers Lui  

les rêves de printemps

une relecture de la neige des mots

jusqu’aux soirs bleus

il me restait quelques-unes à déshabiller et comme à chaque instant, je palpais d’une main légère le noir carnet qui se trouvait dans ma poche intérieure

je croyais que la vie aspirait à la beauté du cœur et à l’amour, que c’était du moins une fête, alors que les frères minaudaient avec le Très Haut

je me souvenais de la rive des morts qui scindent, échappant par là même à leur pénitence ! j’étais déséquilibré après tout de vivre mes floraisons

de la finitude

les étoiles naissaient d’une obscure tendresse

le réel dément

lorsqu’on s’applique en dehors

des mots

vous revoir, c’est me voir… et subir votre châtiment !

En rade

Image par Éva Zara

c’est dans cette mairie que nos chemins se sont croisés. depuis, rien n’a été pareil pour moi, plus le même ! au fond, je ne sais faire que ça

je nous revois encore comme au premier jour, un peu maladroits, nous attendions l’enjouement des colombes. j’avais un peu de boue entre les dents

c’est devant cette même mairie que je repasse aujourd’hui, mes yeux tapent sur la bannière et les pierres. c’est le grand Wallou

le retour des beaux matins me fait ceci ou cela

je suis rasséréné

Joyeuse journée

Ton nom ne quitte plus

Mes lèvres

une femme derrière une vitrine essaie une robe blanche. elle a l’air d’une poupée de plomb ! toi et moi, nous n’avons pas eu cette chance, dommage !

je rêve que l’on se croise au hasard des rues, tu me prendrais enfin dans tes bras. on s’embraserait comme les deux pigeons sur une terrasse

tu chasserais mes craintes avec l’un de tes sourires confiants, alors il n’y aura plus de doute sur notre union et que tu restes belle éternellement

nous reviendrons au temps des légendes qui se construisent

ils reviendront les jours à deux

Un bol d’air

Il pleut toujours sous les acacias

Un dimanche de fiançailles

je ne pensais jamais te perdre, peut-être dans une stupide mort, mais cela est moins douloureux que de te perdre dans ce monde

je reviens sur ta ville comme un enfant, elle me parait droite et distante, aussi lointaine que Tombouctou. pareil, une ville que je n’ai jamais visitée

devant ton portrait, je me perds. c’est une autre que je vois, ce n’est plus le même mystère. je vois des yeux pleins d’épouvante et cela m’indiffère

je ne sais rien du destin d’un homme

au-delà s’est compliqué

Tu es bien là où tu n’es pas

Tu es ma présence fragile et mon ailleurs

Je ne résolus pas tout

j’ai vécu très tôt avec toi, très vite, très fort… ! je marche cependant sur tes pas pour ne pas marcher… !

Moments

À Oussama.

une passion que j’ai enterrée à l’âge de 21 ans, elle aurait pu s’achever cinq ans plus tôt, la vie en a décidé autrement. pour une fin, c’était salvateur

je ne pouvais m’accommoder avec une conscience surannée, les jeunes aspirations ne trouvaient écho que dans mon miroir interne

comme il y a un terminus pour chaque trajet, je fais l’impasse sur certaines parties peu reluisantes de moi-même, à quand est le mien de départ?

je vivais de contradictions

j’ai survécu à celles-ci

nuage d’argile

cliquetis du téléphone

rouge

comme tous les moments forts, j’étais avec une fille. elle me plaisait, l’évocation de cette simple idée m’attriste. je me demande où en est son niveau au piano

j’étais tout le temps dans une peur noire en sa compagnie. c’était la plasticienne qui me parlait, une sensible. je m’estimais néanmoins le favoris de son île bleue

l’esprit vaqué et flou.

je n’étais qu’à moitié désolé de cette perte, les morves jaunes écumantes sous d’autres soleils m’appelaient, et ainsi coucher mes poèmes sur le papier

je cherchais une souffrance illimitée

le ciel ou le pardon des cités

aube des mélancolies

une voix d’opéra me repêche

de la Ténèbre

j’ai failli perdre la vie un jour d’octobre, il faisait beau. un rêve-météore pour le jeune poète sans œuvre, l’un des effets saturnales, peut-être. je n’avais rien d’une étoile du rock, un pli de poussière qu’il faudrait encore prendre

le printemps aurait fait un cadre idyllique.

je crois que certains écrivains derrière leurs livres ont contrefait et converti l’essence des choses, sans parler de la fichue guerre qu’ils ont lancé contre les hommes et Dieu

la mort ne vient jamais lorsqu’on l’attend, comme souvent trop tard. elle parvient quand même à nous nuire ou l’inverse. elle peut être aussi le combustible

comme les chutes d’une chanson

le diapason d’un réel

jusqu’à la nuit des temps

mon oncle m’a offert

le noir soleil

je ne sais plus où je vais… savoir d’où je viens est une page de réclamation !

Courage

Image par Syaibatul Hamdi

on avait quelque chose d’héroïque lorsqu’on revenait d’Alger. aujourd’hui… nom de dieu ! quel aujourd’hui, l’uniformisation ? je déplore mon pays de poésie

je n’étais pas fait pour la compétition. les rivalités m’insupportent, allé toujours plus haut et toujours plus fort, c’est bien foutu pour du bétail ou à la télévision

l’eau éveille plus d’uns.

les visages défaits que l’on entrevoit en nous-même pour retrouver une dignité flambant neuf, et leurs souk, et leurs stuc… blanc évaporé ! Arrière ! Arrière ! 

si peu de choses me nourrissent

beaucoup me dévorent

Spectacle d’ombre

L’eau coule sur les murs

Des arènes

cette culture et en général, je l’exècre. vos ensembles ne tiennent pas la route. je garde seulement le bon souvenir des jeunes filles en maillot de bain

l’une d’entre elles prenait des trains dans mon malheureux cerveau : on te chérira ! on t’oubliera ! un tas d’autres mots comme les trains qui se croisent

j’ai traîné une douleur de saison en saison, je n’avais pas assez de ressource pour franchir le pas : IL NOUS FAUT VIVRE AVEC LE DÉGOÛT !

elle brûlait d’envie pour une cigarette

elle bougeait

Quatre heures trente

Enveloppé du silence de la nuit

Tu reposes

les états d’esprit dans le sport sont drôles. je cherchais simplement quelqu’un à abattre et finir dans un bloc terminal, puisqu’elle rejoint l’une des fins souhaitée

les commissariats ne sont que des verrières avec des registres. bien sûr, il y aurai des commissures attendrissantes. – attention, le crime vous guette !

à quoi on reconnaît une prairie d’une autre, un homme bon d’un sage, une nouvelle d’un roman… etc. quand tout se vaut dans le grand songe ?

peut-être que demain le soleil se lèvera

demain sera le lieu

Couloirs sombres

Le récit peut attendre

L’aube

dès que l’on parle d’une pierre, on pense précieuse… sauf pour le néophyte !

Songe

Image par Pexels

c’était pendant une fête théâtrale, il y avait une certaine hésitation dans les attitudes, une bouteille d’alcool lancé contre le mur, mais d’une colère, une blanche colère !

la soirée bâtait le plein de mondanités, j’observais le plafonnier jauni et l’idée d’une pendaison, comme une offrande ! on perd de nos jours le sens du sacrifice et de tout équilibre

c’étaient les vagues noires perpétuelles que l’on rencontre savamment, le creux de la vague froide à perte de vue. je vous le redis, des idiots à perte de vue !

sur un présentoir les femmes d’intérieur

un mélange de cauchemars

Vents troubles

Les cuivres viennent jouir

Ici

une fille anéantissait tous mes rêves, démolissait tout mon dépotoir de bonheur possible, il n’y avait qu’à se réjouir de ce spectacle

j’appréhendais les forces de l’univers, je croyais au nomade serpentaire. je tenais après tout à mes illusions, je concevais ainsi m’a moitié

avec certaines la vie ne m’offrait aucun choix, ils me rendaient la vie dure que pour mieux m’asseoir dessus … et si son cœur contenait moins de rancœur, quidam !

pour elle, mes yeux étaient éteints

pourtant offerts

L’idéal nocturne  

Tes mots glissent dans le puits

Du cœur

la musique était du free-jazz, les notes inauguraient l’espace. j’inventais des mots pour chaque physionomie et c’était bien

je fessais ce rêve dans le brouillard des cieux, je me voyais danser à un mariage qui n’était pas le mien, comme un toréador furibond et joyeux

viens et prends-moi la main une dernière fois, nous survolerons les montagnes blanches des Aurès, nous nous pâmerons dans les lits de coton en s’aimant

une nouvelle histoire à se raconter

une nouvelle !

La musique

Il t’en faut de plus belle

Pour renaître

L’orangerie

Image par DEZALB

les mauvaises nouvelles parcourent des univers, comme nos rivières qui sont taries. les chemins sont balisés autour de l’ordinaire douillet

tu as passé l’orangerie au crible de ton cœur, tu ne vois qu’un homme de boue et les bienfaits de son Dieu qui déclinent

tu vois aussi un couple à la verticale avec une écharpe autour des cous, peut-être des pendus, ce sont-ils noyés sur la dune ?

un homme debout sur sa colonne

il tronque les vicissitudes contre un sofa

Costume noir

La vie est une bavure

Irrésolue

on ne pleure que les anges et ce n’est que de la chair à canon sous le ministère d’un jeune dieu. ils ne pleurent plus, comme une dernière révolution, une insipide !

ce n’est pas comme s’ils savaient, mais très peu s’offrent. il aimait rougir ses seins, elle ne jurait que par sa queue pendante

ils cherchaient peut-être le lieu où naîtrait la formule, sans avoir lu Rimbaud ! ceux qui goûtent à l’étude des jours valent les exégèses et leurs interprétations

les vents sifflent entre les corps inertes

les vents se brisent

Blanches bougies

Se recueillir en silence

Pour l’éternité

ils s’en allèrent au coucher du soleil la main dans la main, comme un couple ! ils avaient le ciel de la terre sur les yeux et une mouvance qu’il faudrait taire

il y a des sables vicieux dans l’incroyable désert, beaucoup de sable ! le voisinage pour diluer les événements n’a recours qu’à sa nature parlante en boucle

l’amour renverse tous les préjugés et sans la foi en une entité élevée, nous n’envisagerons que l’écorce

on ne meurt jamais qu’à nous-mêmes

la dîme des êtres purs

Aube d’été

Un homme pardonne

À la nuit

quelque part en place, deux amants se sont donné rendez-vous… !

Divagations

À Célia.

Image par orythys

je ne suis plus d’humeur à la Traviata, ce soir à l’hôtel. il me parvient par la fenêtre le bruit d’une ville blanche, la fenêtre solitaire d’un nomade urbain. il pleut

la lune rouge ne devrait plus tarder, la nuit est ouverte! j’ai une vue sur les toits en contrebas et les trams qui rament et passent, les passants neutres et propres

je glisse sur ma souffrance quotidienne qui efface les contours.

je me souviens des filles aux joues pimpantes qui jouaient à la marelle les jours de fête, comme cette fille que j’ai connu bien plus tard dans mon adolescence

elles ne répondaient jamais à nos appels!

les particularités d’une enfante qui joue à la marelle

comme une potentielle pieuvre à marins!

Une passerelle en pierres rouges

Le tram éventre le brouillard

Des siècles

je me souviens de ses cheveux parfumés et de la gomme, beaucoup de gommes! on pensera aussi à l’écolier et à sa découverte du scotche subliminal 

elle utilisait des phrases comme : je suis heureuse que les nuages se soient dissiper. ou bien encore : je n’ai pas très envie de jouer avec toi

je suis resté le môme qui pédale avec convulsion.

j’avais en mémoire un dictionnaire anatomique, un schéma de gamme astrale… etc. c’était de l’amour, une sorte de RAÏ. je ne jamais su parler de ces choses-là

de vieilles questions en substitution 

de vieilles bouscules en lévitation

Un parfum d’amour

J’entérine l’âge de la méfiance

Une fêlure sur la joue

j’aimerais être moi-même en lévitation, perdre cette pesanteur que l’on partage avec le commun. il n’y a pas si longtemps, j’ai pris une traversière 

sur le bureau de la chambre toujours face à la fenêtre grande ouverte. j’ai un livre d’Haruki Murakami, la putréfaction des êtres sensibles est une bénédiction!

et si je prenais une phrase au hasard: cela ne te fait rien de rester encore un peu avec moi, même si ce n’est pas très drôle ici? je remarque l’esprit des choses en France

la lune épouse les reflets d’un fleuve de boue

l’aube dépêche ses chevaux de course

Les amours en texto

Deux trains traversent le même cœur

Des ruines

quand tout semble arrêté, comme figé dans une autre dimension, seulement là commence l’expérience du poème… !

Parcours

on m’a mis en garde contre les marocaines aux cheveux longs et épais, en garde aussi contre les tunisiennes aux longs doigts fins

je n’avais rien d’un enfant.

plus en général de tout le fatras de ce qui n’est pas de chez nous, il ne semble pas bon pour nous encourager

ce n’est pas le Mektoub non plus, mais éviter les énergies négatives au maximum. c’est aussi cela la compétition. voila ce qu’on se disait !  

elles restent nos adversaires dans les couloirs, mon ami !

elles chantent les conquêtes de nos aïeules

Quelque part déchu

L’effervescence provoque le tintamarre

Des sifflets

les consignes en guise d’une précaution absurde : il ne fallait pas avoir d’embrassade ni de massage corporel ou autres, et surtout ne pas passer la nuit fi rahba

lors de nos rencontres internationales naissait en moi la fibre de la désobéissance. l’environnement nouveau stimulait mes envies, même l’air était soporifique

je me jetais dans leurs bras de sirènes aux charmes médiévaux, une médaille chère à mon cœur de soufre plus que n’importe quel trophée

flanqué de lassitude et de purs plaisirs

à la recherche d’adrénaline

Un confetti

Sur le cœur des confettis

Jolis

le couperet de mon carma ne se fessait pas attendre, les ennuis me tombaient dessus comme la grêle et jusqu’à présent, je ne me l’explique pas

je ratais les saisons successivement et partout sur mon corps apparaissaient des furoncles à sommet blanc, comme les petits volcans sibériens

j’étais sujet au fouet de la médisance et aux moqueries de mes voisins, je réalisais que la course derrière la performance n’est pas faite pour mes rêves d’absolu

en plus de la scoumoune contagieuse dans les veines

en plus du souvenir d’elles

Va-et-vient des hirondelles

J’effleure de mes mots

Une autre

il semblerait que pour beaucoup la vie reste indéchiffrable… !

Matières

1/3

j’ai suivi des filles bien en chair et entre mes mains, j’avais une fleur des bois pour chacune. je finirai sans doute par tout oublier

je ne trouvais grâce aux yeux de personne. on me répondait souvent que ce n’était ni le bon moment et ni les bonnes coutumes        

ou parfois : as-tu lu le livre de Saint-Exupéry ? – non, enfin je crois! alors tu ne peux être notre ami. je m’empresse de livrer aux ragots une justification

de la surenchère sur la couronne du Christ

c’était de la surenchère

Terre étrangère

Je gagne la compagnie

D’une langue

c’était évident qu’ils ne voulaient me rallier à leurs causes qu’après l’éternité. j’étais une bille dans un tourbillon, bien sûr que j’avais le sang mauvais

je ne regrettais qu’une seule parmi la bravade des loups, la meute affamée sans flair. celle qui m’arqua mon front de ses lèvres abondantes

une fille verte aux bras nus, qu’elle offrait d’ailleurs à tout-va, comme une belle affaire de putain !

ils ignoraient qu’un chaman guérit les clans

ils m’ignoraient

Les amis fatigués

Je suis les pointillés

De l’inouïe

et puis il y a eu vous, ô fragile membrane de l’automne l’existence ! c’est à cette période que vous avez fait votre apparition et l’invitation pour vous rejoindre à Ouarzazate…

la tête pleine de sombres bavardages et les poches sous sacrilège, j’ai saisi cette opportunité, des possibilités inouïes s’offraient à la première venue 

je n’envisageais pas de retour possible. j’avais comme unique bagage : mon manteau de paysage et une petite valise noire de lycéen, une succession après une séparation

le départ promettait de tendres atterrissages

un départ nous séparer

Terre conquise

Je pars au dernier virage

De vous

2/3

dans le train bleu corail, j’ai pleuré tout le long du voyage. je me suis souvenu des dieux qui ont bercé l’enfance de mon cœur, en mieux

j’étais assis à côté d’un roi nègre, il lisait des versets coraniques. je tendais l’oreille à sa psalmodie avec quelque chose comme une douceur âcre dans la bouche

– ne tombez pas dans l’anathème ! vous me le répétiez souvent, c’est vrai ! j’en mesure pleinement les conséquences

l’homme déployait ses ailes trompées

l’homme déniait me voir

en-sortant-de-la-lourdeur-du-train-à-la-gare-de-Marseille-la-Tentaculaire-j’-ai-marché-au-feu-vert-des-pilotis-la-tête-à-l’-envers-sachant-que-c’-était-écrit-et-je-m’-arrêterai-au-rouge-de-vos-seins-je-m’-interdisais-de-flancher-tout-le-temps-comme-un-peu-chaque-jour !

je courais les rues à la recherche d’un trèfle à quatre-feuilles et chacune d’entre elles recelait un mystère avec des indices

pour peu que son nom était d’un général des armées, il me fallait traverser vite avec une démarche raide

s’il était poète ou philosophe obscur et inquiétant, je bloquais mon souffle court pour une apnée prolongée. je traversais néanmoins en les saluant  

convaincu de ma diatribe d’un mémoriel au passé fixe

je cherchais ton nom

Parcours sensoriel

Les plumes de l’indien guident mes pas

De faucon

à l’heure de l’aubade mal chantée refermée, j’allais toujours au gré de mes intuitions. je sentais en moi le froid fantomatique de la ville

je lisais sur les façades d’immeuble le sors qu’Il pouvait réserver aux hébergés, je vivais d’une colère sourde

je suivais les ombres des tombeaux et quelques fleurs : dès que fille du matin, paru l’aurore aux doigts de rose… ! je revoyais la magie méditerranéenne d’Homère

je fessais des connexions insoupçonnées

je me découvrais

L’ineffable retrouvé

Je brouillonne sur des feuilles

noires

3/3

dans un square malmené par le mistral, j’ai reconnu une ambiance d’autrefois. les paradis terrestres ont ceci de particulier qu’ils en deviennent funestes

il y avait là deux mendiants solitaires qui ne quémandaient même pas une obole et quelques vieilles femmes âgées bien mises de passage

les mouettes perçaient l’azur avec leurs cueillettes. j’ai lu quelques poésies entre les allées et j’ai goûté aux fruits secs en buvant la bière Belge prévue pour l’occasion

les mendiants avaient de l’humour noir

l’esprit d’un bouddha ensablé

Matinée d’automne

Le murmure des arbres

À l’oreille sourde

il y a ceux qui vivent avec un seul amour toute leur vie, d’autres ne peuvent aimer différemment. j’ai charrié les hommes et les dieux

cela m’a amené à saluer un père juif d’une pierre et à sauter haut en étoile dans une fontaine. j’appelle cette audace : la bataille de la renaissance !

le monde s’est métamorphosé à mes yeux, j’ai vu le soleil blêmir et reculer d’un pas. j’estimais la cendre qui couvrait mon cœur

l’écho du Maghreb répondait à mes heures inachevées

En quête

Je cours vers les rires

De la lune

j’ai frôlé la mort à 27 ans, j’ai divorcé à 23 ans, j’étais déjà dépressif à 15 ans, ces brides d’une vie avaient péri dans le gel de l’eau, je l’apprends de vous à l’instant

j’ai finalement pris le ferry et en bazardant mon paquetage dans le remous des vagues, je me suis entièrement désengagé de tout le reste

je ne sais pourquoi je vous relate cette histoire, ces choses arrivent dans de vieilles sagas policières

je suis porteur de l’histoire prophétique

même si j’encaisse tous les coups

Un bout de vie

Les vents reviennent

De loin

les actes trouvent leurs sens dans nos rêves… !

Séquences

je me souviens d’une fille, peut-être que c’était déjà une femme, mais les relatifs ne sont pas très importants. je revenais d’un séjour au pays et il faisait tout aussi chaud

c’était en 2006.

elle s’appelait …! ce dont je me souviens parfaitement ce sont ses études en école d’infirmière. elle était bien trop jolie pour moi, bien à vrai dire sous tous rapports

elle était assise au comptoir d’un bar anglais quelconque sur les hauteurs de la ville, un paradoxe que je croyais maîtrisé. c’est comme cela qu’on s’est parlé

elle aimait le charme qu’opérait la musique

la couronne des anges ornait ses yeux

Le souvenir d’une baigneuse

Arrosé d’une pluie d’été

Fou d’elle

après quelques verres que j’ai avancés et une danse désinhibée, je me disais qu’elle était à moi. on s’était liée d’amitié et sans me faire prier je l’ai raccompagné

alors qu’un autre soir on écoutait la radio, elle sortait du lit d’un bond, nue comme Ève sur le parquet et se dirigeait plusieurs fois vers sa bibliothèque

la pièce était immense avec un haut plafond, j’ai remarqué ses longues… très longues jambes ! on aurait dit des ciseaux d’atelier

je pourrais refaire la calligraphie de son corps.

j’ai vu de biais son duvet pubien à petits motifs bleu clair

quelque chose d’engageant et ronfleur

Les mouettes dorment sur le fleuve

J’efface le jeu

De nos constellations

elle dénichait des livres comme dans une foire et elle avait quelque chose de furieux dans les yeux. je baissais les miens à ce spectacle pour mieux admirer sa beauté

je voulais une explication à son attitude. elle réitérait sa demande: tu lis, c’est tout! je découvre comme une épitaphe le mot Salaud sur la couverture

le reste du titre était caché avec ses doigts.

le second titre était Baise-moi d’une certaine Virginie Despentes, je me répétais ce nom le lendemain en partant. je ne lisais que les ordonnances à cette période

je vois le film de Godard dix ans plus tard

les choses se compliquent

L’effet d’une claque

Un rêve de Cassandre s’effondre

En mille briques

Couleurs

la liste de mes courses de ce matin, non exhaustif : deux pulls de chez Emmaüs, trois cendriers, un tirage loto, une baguette de pain, des bananes, du thon à la tomate…

les rues bordelaises copulent aux dépends des passants et ses boxeuses irréelles, ce sont de modernes minerves qui travaillent au corps, je reste serein des yeux

il y a les d’abord d’un enfant céleste et une fille. un visage maintes fois calepiné ! d’où émane des voix sourdes à l’entendement, ces feuilles je les brûle depuis

je me démène toujours avec l’impression du premier arrivé

je me désencombre de mon incurabilité

Un matin d’offert

Le vent qui s’engouffre est le prélude

D’une rencontre

une hiérarchie subliminale des filles: il y a les filles anges, très rares à rencontrer, discrètes qu’elles rasent les murs

il y a les filles sympas : je vous conseille de les éviter à n’importe quel prix. et toutes les autres, bêtes et gourmandes, avoisinant les couleurs !

Ève est une exception, je ne sais rien d’elle et à la limite je ne veux rien savoir. je la vois pourtant s’éloigner de moi, doucement, comme un projectile !

un amoureux fou est la multitude

le souffle de l’extravagant Ganymède

Jambes de cristal

Promise aux matins

Qui se touchent

je vois encore sa nuque et ses cheveux, j’entends le bruit faible de ses pas, je vois son dos rétrécir… ! c’est net et propre, sans grain

il faudrait bien qu’à un moment je me retourne sans elle, sauver ce qui reste de l’attitude de l’un des derniers romantiques

je voulais tamiser sa lumière et courir dedans, goûter à sa chair… ! comme il y a parfois du bleu dans une chambre sombre

les trappes du cœur avoisinent l’isolement

ainsi soit-il

Aube des douceurs

Je laisse fondre le pain

Dans ma bouche

soixante dix-neuf euros en poche… je tiendrais jusqu’au 23 !

Le rêve de la commune

À Anne.

je vous conte mon rêve de cette nuit, mais d’une tristesse, oh mon Dieu! d’une tristesse… ! la sophia des jours nous apprend au mieux à les écouter

est-il un non-savoir?

une désillusion s’abat en ce jour de fête sur ma grande famille, comme la ciguë qu’il faudrait boire dès à présent. vous verrez qu’il y a de quoi bander

les voix rassemblées disaient que le pays va bien et qu’il y a beaucoup d’argent à se faire. tout le monde aspire à être crésus dans des palais de jasmin

je n’envisage aucun effort de changement

sans les derniers remparts d’el horma

une table à la claire bougie

les jeunes du quartier rêvent

dominos

j’avançais entre les colonnes en dormant comme un escargot avachi, une morve dégoulinait sur le bulletin lisse et bleu tenu nerveusement avec mes deux mains

un geste cent fois répété dans ma loge boisée en coulisses. une première donc, mais que vais-je faire? sachant que je n’ai plus le droit aux questions depuis l’enfance

l’indépendance nous bride.

mes revendications en ceux-ci étaient simples, je n’aime plus les jours clairs et ma préférence va naturellement aux jeunes sœurs dans les bains

plus personne ne répond du sort commun

elles sont plutôt rasoir

miaulement du chat

mystérieuse la collecte des ordures

dans la ville qui pue

nos chers gouverneurs les messieurs présidents des terres démocratiques levèrent tous la main, sauf un. ils crièrent: nous sommes tous à cheval sur le detritus!

comment verdir avec la roche?

vous nos douces terreurs vivez en poète votre propre différence ma disait la dernière voix qui chantait. cela à provoquer une hésitation dans mon cœur

et si je recommence à perdre mon latin approximative et enrichi de quelques mots. je reviendrais à la terre et plongerais mes racines frêles dans celle-ci

ding dong – ding dong !

la lune est rouge

et si de ce monde bureaucratique et obtus

je répondais par un autre rêve

je reste sans activité spécifique

l’autarcie me fait bander longtemps

et si j’éprouve le besoin de comprendre

seul l’aride parmi toutes les vérités met nécessaire

lorsqu’on est consacré à la grande heure sans secours

rêve, rêve, rêve… aux lassitudes du mur de brique!

et si les souffrances renouvellent nos découvertes 

j’ai grandi sans le vin des vignes et je m’appartins

je déloge les individus d’une idéalisation erronée

lorsqu’on vous dit que toute tentative est un échec

et si en une victoire nos rêves se concrétisent

ce n’est pas gratuit que l’anarchique ordre régnera encore en maître

le rêve commun n’est plus sans le concours du savoir vivre et des idées. l’horripilant est dans le clos de nos coquilles vides… avancez vers l’arrière plus que jamais !

Une compagne

Georges Braque, L’oiseau noir et l’oiseau blanc. 1960

celle qui m’accompagne ne porte aucun nom. c’est une fille imaginaire, une pure fiction. elle creuse dans mon cœur des sillons

je la débusque à travers les aléas de l’exil.

elle est du Sahel, habituée à rassembler la fleur de sel et une huile de phosphore éblouissante. elle pratique le meurtre à l’aide d’un unique poison, son cœur

lorsqu’elle veut embrasser le désert avec ses désirs, elle articule un essaim de mots purs qui le sellent magiquement et me resteront à jamais incompréhensibles

je lui livre mes pulsions réprouvés

je l’invoque

Les saisons défilent

Rougeurs d’une passagère

Adorée

nous avons consacré beaucoup de temps pour nos retrouvailles. certains le distinguent, comme nous on se comprend. elle aime les compotes de pommes

on s’est construit avec nos plumes un lit pour l’hiver, puisqu’il était temps. elle était la vilaine fille des trottoirs mouillés qui accostent

une touche plein d’acariens.

je n’ai jamais manifesté une disponibilité en amour, et cela, depuis mes débuts. je fascinais plutôt comme un objet de convoitise. je restais le vaincu

les devantures… !

elle est l’étrangère de toutes les routes

elle est mon autre dévoyée

Lune croissante

Entre les quarts d’heure de silence

Je m’en câlice!

cette madone est d’or que j’oublie les jours de parade de la fanfare. je n’ai aucune posture qui tienne, elle est au fait de mon insondable gouffre

il y a de quoi ne pas être: futé… pas très! ce sont ses mots, mais vivre des expériences non-verbales, voilà un charme! les soirs bleus, nous lisons

je suis infiniment épris de cette entité des rivières et des cols, un arrimage total au sublime. je ne veux être une modeste image d’un homme du soir

elle me rejoint chérir nos enfants, parfois

je prétends qu’elle m’aime

Le show continue

Premier rendez-vous

Manqué

je me figure cette folie qu’après-coup… de celles qui ne peuvent toujours pas les battre !

Du sel de cuisine sur une plaie

le rêve étrange de la nuit passée où tu mets apparu, un rêve parmi d’autres nuits tout aussi insoutenables… tu versais de longs sanglots

je pleurais cette énième déchirure.

tu étais du granite dans les proches rues et la mousse te poussait aux pieds, une déesse aux inquiétants secrets. c’était impossible pour moi de t’approcher

nous faut-il brûler les morts sur le bûcher des souvenirs, nonobstant? à l’inverse de nos cœurs flottants, tu ne reconnaissais aucune pesanteur

les petits riens dans un grand rien du tout

les chamboulements

Une liane de lancé

J’espère que la chute est réciproque

À l’avant de ce cri

peux tu me dire qui d’autre à part moi pour exécuter les sentences, mes guillotines sanglantes de tes larmes. tu cachais à ma vue tes grands yeux tristes

pardonne-moi, plus forte je te rêvais.

je repense à tout ce temps passer à tes côtés et réellement sans toi, tu préférais t’accrocher aux noirs nuages. tu n’étais que la fin et le renoncement à toute identité

je retrouve ses vieilles obsessions dans celle du Vulcain, c’est-à-dire vivre un jour et mourir, doucement! comme voltige un papillon au cœur de l’automne

les corps perdaient de leur naturel

les paroles se pourfendaient

Une petite ivresse

Ce qui se murmure s’achève

En poussière d’étoiles

je me souviens d’une nuit comme celle d’hier, nous étions séparés et sous le même toit. il n’y a qu’un esprit torturé pour admettre pareille situation

le déplacement des sentiments.

je veux rendre à travers ces lignes justice à ta décision, puisque je suis ton obligé. elle m’a fait tomber dans le commerce des muses et de la folle aventure poétique

j’essaie encore de tisser des liens quoique fragiles, comme ce billet qui ne te parviendra peut-être jamais. une autre torture aussi raffinée que je déroule sous mes yeux

je me pagne l’âme d’un moins-que-rien

je me déguise

Jusqu’à la pointe du jour

L’amiral mire sur le Bosphore

le cœur trouble

comment retrouver le sommeil les prochaines nuits avec de si mauvaises pensées… !

Zut !

À Hamid.

on m’appelle l’ancien dans le quartier, mes familiers sont un vestige. je poursuis comme un homme déjà bien entamé et sous lequel tout tremble et faibli

je me dis que les anciens eux aussi seront perdus!

la mort est une rature et mes pas mesurés ne sont que les pas d’un pantin. j’espère toutefois le parfum d’ombre de la feuillée et les moulures au ciel

je joue des airs d’exiler avec ma flûte du maquis, des grivoiseries de berger… etc. la voix que l’on perd surplombe comme cendre, un talisman!  

leurs vœux ne seront pas exaucés!

le revers des vents forts

comme dans les temps futurs

Appel à la prière

Il remonte sa djellaba des deux mains

Fous rires bénis de Dieu

j’effaçais le livret d’or des jeunes de l’Union qui nichait dans une main, n’étaient-ils pas à terre? je les revois au pré d’une rivière où coule le miel

je combattais les écailles sans mes jambes, une dague dans l’autre main. c’était l’arène où se jouer l’honneur d’un homme. l’ivresse était portant le quotidien

le jeu des sphères!

j’avais la patience d’un désert, d’une salamandre… etc. j’étais le sommelier exclusif d’une infime histoire. je ne voulais surtout pas être le gardien des ruines

aussi furieux qu’un satellite orienté

les goélands ratissent

Chômer sous le ciel

Derrière les lambeaux d’or

D’éclatants parfums

je prie pour le renouveau des choses et je lève la main aux cieux clairs pour un peu de nourriture sur le feu, un peu d’eau, ruisseau, oh! de l’eau que je bois à même le sol

les montagnes au soir jusqu’aux chants du coq, les maisons qui ronflent les lumières… etc. c’est les refuges qui nous édifient et nous préservent

une foudre s’abat et creuse les hauts plateaux, mais qui peut savoir réellement ces choses-là? les orages sont moins méchants par-ici

je rentre puisque je l’ai vu.

ainsi meurt la récolte des cœurs

est-ce qu’il fallait vaincre pour se repaître?

Une inclinaison du jour

Le balisage des dragons Kabyles

Avec des chaises

entre le ciel et la terre, de l’est à l’ouest… un nouveau système est à prévoir, l’invariable fixette! les foudroyées sont les miraculés modernes.

Dans une maison

l’humble pendule de bois se détachait dans le salon, une antiquité. le coucou ne fonctionnait presque plus et on ne savait pourquoi

je prenais déjà mes distances de l’incommensurable avalanche du temps, qu’il me fallait sitôt pressentir le bruit poitrinaire de la pendule: tic-tac… !

je suis tombé sur une toile bien après la nuit noire qui s’est installée. on aurait dit un tableau de Gauguin, sans le cadre mural. c’était une toile sur un mur blanc

il y avait d’autres bruits parmi l’écoulement d’un ruisseau

la lourde maison avait des coutumes ennuyeuses

L’été au village

Les jeunes filles sont en djebba

D’intérieur

une femme assise au milieu d’une faune luxuriante, peut-être un tombeau immobile et ses rythmes longs. j’apercevais comme une bonté qui émanait de ses yeux

éprouvés par la peine.

j’allais à pas ouvert la rejoindre dans l’éternel silence qui parlait si fort. l’antre était plaisante, même les fleurs et les pierres qui jonchaient le sol étaient rieuses

elle réorganisa toutes mes strophes et mes bouts d’idées compétitifs, un naturel qui inspirait la reconnaissance. j’ai vu que l’harmonie de ce monde étaient tristes

les visions nous possèdent.

c’était peut-être Fatima

Allah akbar!

Soirée de l’aïde el fitr

Un nuage s’évapore

Comme dans le Coran

les cavaliers de plombs sont arrivés et pareil à un voleur dans un kiosque, toujours derrière les murs végétaux, je me cachais à la vue des couleurs

j’en étais estomaqué.

c’est ce qui à était préétabli dans ma genèse qui m’a ramené à la réalité et consolé de cette rencontre, comme une mémoire vengeresse

je reconstruisais une autre trame.

je revoyais la clairière bleue de mes vacances, les visages trompés de soleil, le feuilleton des corps en action et l’effort de tous

j’ai repris ma place sur les dalles

j’avais perdu la grande heure du secret

Une nuit m’a offre son concours

Le paysage intérieur

Et son double

la fin d’une époque nous est-elle annoncée?

Hymne de la nuit

A Mehidin.

il me parvient par la fenêtre un vent parfumé et tiède, à peine plus perceptible que le chant de la baleine, une musique de la maison des filles: du hip-hop de parade

la ville est à bosses.

une célébration aujourd’hui, un mariage a été fait. l’innocence qui se donne des airs d’adulte! l’atmosphère de la salle saturait sous l’or et les parfums

je n’ai pas dansé sous les yeux horribles des convives.

je repense au terrain vague des grands nègres voyageurs. ils ne fréquentent plus l’école, peut-être que l’on partage les mêmes déceptions: rien à en tirer!

c’est ce qu’a dit mon professeur.

les retombées se voileront d’un pauvre sarcasme

les retombées nous déchaînerons

Café sans sucre

Mimique d’un homme nouveau

Les deux volets clos

je prends le contour des voix anciennes, je prends aussi mes envolées lyriques, sans oublier l’aumône! dans mes longs relâchements : ciel / caverne : sans relâche!

à côté de moi se trouvent une bougie crème et une bouteille d’eau minérale. l’espace est exigu, comme pour un ours apprivoisé. je m’affaire sous le signe des mots

je vous parle de mon sport, je vous parle de mes métamorphoses. les bateaux cultivent bien tous les vents. je pense à celle qui partagera ma vie

pourquoi pas l’acheter.

cette nuit l’atmosphère est noyée d’électricité

j’apprends à flotter

Les vents sonores

Nostalgie de mes jours d’errance

Une lance à la main

je ne pratique à vrai dire aucun sport, je n’ai aucun hobbies. d’ailleurs, je n’aime personne et je ne parle pas votre longue. je suis un garçon sans intérêts

je fréquentais une fille, je la baisais comme un apprenti ou un marabout. j’aimerais par-dessus tout oublié cet air satisfait qu’elle avait sur son visage

comme avoir son ticket.

je finis ma cigarette et continue les raccourcis de mon cœur qui semble interminable, un exercice de catin que j’enfonce. cet été a des allures d’une chute télévisée

sur l’impression d’or et d’alliances qui se trament

je repose mon front sur le coude

Oh, ces quelques jours!

Aux dernières phalanges des luminances

j’ai pleinement conscience du panache des fêtes de l’été… j’espère regagner la foi première!

Plan

tu veux vivre bêtement et t’éloigner des obligations quotidiennes, à l’état primitif dis-tu? comme au retour des saisons que l’on considère comme nôtre

tu ne veux plus avoir de phrases concises à méditer, éprouvé par un repu total. tu ne veux plus envisager les incongrus s’échappant d’un monde souterrain

hypothétique!

tu veux fuir les nouvelles d’où qu’elles viennent et la partition, afin de rêver comme l’esprit d’un fleuve et jalouser un peu l’éternité des papillons

lorsque tout s’érode à l’épreuve du temps

brise le gel

Réticence des nuages

Au calme d’une énième énigme

Existentielle

tu ne veux plus adhérer à la réalité que l’on t’a choisi, tu détournes déjà les yeux de la marche à suivre. d’ailleurs, elle est pour qui, pour ceux qui empilent?

tu redoutes la concupiscence.

tu ne veux plus rendre de compte à personne, moins encore à ceux qui osent se dresser devant toi et qui t’oblige à te taire. tu ne veux même plus te décider à parler

on s’en souviendra!

car tu veux tout oublier clandestinement sans chercher aucune consolation ni aucun remède à ton mal, lorsque plus personne n’accepte de tomber

tu entends les bruits de fond

la suspicion

Du néant à la vie

Il sent déjà venir

L’arnaque

quoi de plus simple que de te lever un matin, semblable à des matins de rameau, te faire entièrement silence et partir avec l’intimité de ton café chaud

il se pourrait que tu traverses l’exile du cœur, peut-être même pour des années! au lieu de te dépêtre d’un sursis qui cloison dans le nulle part

tu dois désapprendre tout en seulement une heure et vivre, vivre…! il te faudrait pour cela sauvegarder une certaine constance dans la durée et atteindre ta poétique

il y aura d’autres fécondités

peut-être la transe

Une eau d’or noir

Réapprendre le nom

De mes doigts

j’en fini pas de me consommer d’écrire… !

Es-tu-air=(e)

il faut croire que j’ai vos visages sur le dos tout courbé, que dois-je faire aujourd’hui de votre absence? le crève cœur de mes suppliques restent sans écho

j’ai la tête hors de l’eau javellisée, à peine juste de quoi me narguer. je tiens difficilement sur mes supports et c’est le retour de mes erreurs passées

je ne fais que parler au fer comme un coléoptère, ne vous inquiétez pas outre mesure. je vous demande surtout de ne plus déranger le monstre dans son estuaire

je recréerais la magie de nos rencontres

les promesses oubliées

Les amis… !

Si loin autrefois

Je caresse le manche de mon gilet

dans cette chambre ma mémoire s’égoutte et je vous revois me sourire les après-midis d’été à la plage ou lors de mes compétitions. envers vous tous, j’ai eu tort

je crains de ne pas avoir compris très tôt le sens d’une amitié, d’être passé de plein d’autres surprises, même si je ne regrette rien de ma vie passé à vos côtés

elles étaient royales nos vies enchevêtrées.

j’ai eu de la chance de vous côtoyer et de vous connaître, vous étiez mon or noir inespéré. je me heurte depuis à ces fichus murs denses qui virent au rouge

je consigne les airs de nostalgie

un bonheur parfait ne dure qu’un temps

La lune sans bruit

Accroché à la chair de l’escalier

Comme un retour à la nuit

j’investis la mienne dans les yeux d’un chiot taquin, ils m’est impossible de m’en détacher, surtout dans le noir. il aimait les œufs et courait dodelinant après moi  

une peluche aux yeux arrachés.

j’écoute plus en dedans la myriade de mes années perdues, comme se rendre à la pire des vérité. les pensées au goût douteux et métallique me raclent la gorge

je sors métamorphoser d’un hôpital et le corps indemne, c’est l’été au soir d’une intime révolution. il y a une légère Nessma, je me déverse dans l’immaculé

je me trouve effrayant à tout endurer

le sort de la jetée des âmes

Soir d’été

L’histoire d’un chien défunt

Avec un os

à l’écoute, Lacrimosa de Wolfgang Amadeus Mozart

Un couple du dehors

ils ont bu beaucoup de cafés et ils ont dîné dans de charmants restaurants, le temps était leur allié pour se découvrir, s’aimer et aménager ensemble

ils avaient tout pour être un couple heureux et ne passaient jamais inaperçu, partout. pour sceller cette union, elle lui a offert des charentaises et lui un bracelet

ils n’étaient pas portés sur le sexe et très vite à la question où se jouait le nerf de la guerre, ils répondaient en leur fort intérieur, ailleurs!

ils partageaient le même exil.

ils étaient très proches l’un de l’autre

un ciel sur l’autre

La saison aux mille caresses

Une Méli-mélo

Les traits blancs des lézards blancs

ils fréquentaient avec enthousiasme les cinémas d’auteur, les musées et les salles d’exposition sanguinaire, car il fallait avoir des frissons

ils se mêlaient à l’idiotie de la foule dans les performances où on célébrait une quelconque divinité païenne. les bars dansants étaient plus pratique encore

ils arpentaient le satin du pilat et lascaux pour admirer les fausses peintures rupestres. une sacrée aubaine pour deux amoureux nouvellement installés

ils avaient quelque chose des ailes du vent

la lenteur du vol des oiseaux

L’humeur espiègle

Un léger silence entre les lignes

De l’écran

ils parcourraient à eux deux tous les arts et par tous les chemins, comme les livres lus qu’à moitié à deux voix, les repas entre amis jamais entamés… etc.

ils partaient de longs week-ends en personne consentante dans tout le territoire et une fois à l’international. une révélation de ce qu’était leur nature profonde

ils ont appelé ce voyage une exception tardive.

ils ont fini par attraper la nique pour la vie de couple, les activités ne suffisaient plus à satisfaire leurs cœurs avides. ils consultaient pour cela des psychanalystes

les adeptes du dehors se traînent

ils ne s’y reprendraient pas une seconde fois

Les amours en carrousel

Je brûle celle qui tombe au sol

Des vieilles théories

La monnaie

je me souviens du jour où j’ai commencé à survivre, c’était pendant les vacances. j’ai allumé la télé, un jour routinier à glutiner devant muer. j’étais jeune

je ne trouvais plus de sens à rien, plus de but à atteindre. j’avais perdu le goût de vivre, c’était dur! quel drôle de début pour l’apprentissage de la vie

j’ai commis quelques erreurs cette année-là, la plus marquante entre toutes et sans déceler le manquant de l’histoire, j’ai changé d’entraîneur et de club

je ne tenais plus dans mes baskets.

cette manœuvre sonne la chanson naïve du destin

une exode intérieur

Fenêtre sur le cœur

Derniers jeux de la saison

De zermumiya

c’était un entraîneur fort et tranquille, un technicien. l’un des purs produits du système pédagogique algérien. il ne lui manquait que la trêve des clans

l’infidélité a été perçue comme un abandon et signifier par un refus d’échange de paroles et de poignée de main. j’étais le déloyal, celui qu’il fallait bannir

on partageait pourtant le même bain.

une honte s’abattit sur moi comme une ombre, je voyais l’abîme m’engloutir. je voulais mourir comme tous les dieux païens et que l’on parle encore de moi

les traîtres portent eux aussi un nom.

comme une éclipse

peut-être qu’elle était totale

Voir

Pourtant si seul

Si seul

je me rendais aux entraînements en reculons, la transition s’est avérée longue. les événements se sont empirés lorsque mon téléphone s’est arrêté de sonner

cette bonne fée ne m’a jamais quitté.

je le revois parfois faire ses courses à Tizi-ouzou, toujours sur le dos un survêtement. il me donne l’impression d’un vieux débris parmi les décombres de son passé

c’est l’un des effets du temps sur les gens, ils se démènent avec les autres et de même avec soi. l’anodin semble les dénaturer à petites doses

j’attendais une générosité

comme une faible audience dans le milieu

Les amitiés bénies

Une page blanche a le don

Du pardon

toujours seul poursuivant les échecs et mes fraîdennes…

La rupture

le printemps est au temps fixe et de sombres créatures chantent dans mes oreilles, seules les fleurs respirent. je viens de rentrer de l’aéroport d’alger

tu roules entre mes yeux gorgés de chagrins.

je retrouve mes semblables, mes proches. tout le monde va bien et inquiet de me revoir. j’ai la conviction que je peux vivre le reste de mes jours à leurs côtés

il me semble que j’ai prévu mon retour des siècles à l’avance, j’ai l’air d’avoir 10 ans de plus. je pose sitôt mes valises sans bruits dans un coin

je reviens en paix.

il fait un temps mitiger

j’ai eu une dure semaine

je suis ton ange, tiens-moi la main

je suis innocente, pardonne-moi

souviens toi de nous

souviens toi que tu peux être libre

tend la main au vierge rivage

c’est un nouveau départ qui s’offre à toi

prends moi dans tes bras encore une fois

je crois revivre nos adieux en continue, la colère s’estompe. il y a des êtres qui changent et d’autres qui ne changent pas. sauf dans les films de science-fiction

je suis grand de mon amour pour toi.

je remercie le ciel mouillé de ses bienfaits, un carre du ciel, le tout petit vert d’un paradis sous séquestre. derrière la joie cachée, je feins d’être compris

à l’orée du jour.

je m’aperçois pendant la traversée que tu as façonné ma langue et qu’il va falloir encore t’aimer, comme un derviche reclus dans le vaste désert qui aime la lune

l’un de mes livres le raconte très bien

j’ai attrapé froid

j’ai espéré mon retour plus fort que tout

j’ai maudit mon retour la raison de tout

je me dictais d’extravagantes formules, le livre a agi de ressort. désormais toutes mes pensées sont dirigés vers toi. j’ai vécu l’éveil de l’amour après notre séparation

bien après.

j’ai la légèreté de mes poches d’écolier, l’aurore verte dans les entrailles et au milieu des blés, je formule le souhait de te revoir. j’ai tiré nos numéros au loto du patrimoine

j’espère que la chance miroitera notre soleil, pour tenir.

je sais de l’univers et ses desseins à mon sujet, comme qui résonne en lui des slogans d’eau de pluie. je regarde cette nuit les étoiles pour deux

qui n’ont rien du noir habituel.

la réalité nous ment par essence

la rupture n’en est que plus violente

au bois fleuris…

j’écrase l’herbe pour bâtir

un tipi noir et avec mon dos d’ours à trois pattes

je me tiens sous la pénombre des jours en fuite

l’air est un charme à exclure

Escapade

je suis à peu près immobile sur une vaste plage, l’océan bouge. je me demande si tout change autour, comme sur une carte postale

l’intériorisation m’est confortable.

je remarque les silhouettes au loin sur la rive, quelques bêtes mortes sur le sable et une très belle fille sous son k-way rouge

j’essaie de l’atteindre de mes yeux incompris, seul l’horizon brumeux semble l’absorber. elle a l’air timide et moi d’instinct, je veux la pénétrer

le fracas des vagues pèse de mille invectives

les paroles se broient

Longue-vue marine

Une lecture aléatoire des signes

Du paysage

une dernière et je vais me prendre pour un collectionneur ou comme un rang de gars! je n’ai aucune nostalgique de mes anciens murs et pas de collier

je repense aux peintures de Watteau.

je collection les envies ronces et les poux de coutume, comme une éponge qui essuie. je ne sors de l’inertie la plus désabusée

je cherche pourtant des solutions à mes cloaques. sans efforts, je m’arrête net. le tendant tire sur la quille, ce sont les problèmes des martiens-poètes!

les échecs collent à mes muscles sans cellules

les actes se noient

Le tout m’entoure

Et fuit et fuit… !

Et fuit

je m’assis sous le palier d’une cabane de sauveteur que je purifie. le mauvais temps s’évide et d’une mémoire ancienne, je formule des mots obscurs

les vents emportent mes idées au beau fixe et dans mon cœur des cintres d’acier me trucident, comme jouer un peu avec soi et cacher son nom

je ne vois rien de l’affection de son chien, je ne vois rien de l’étendue grise… etc. je me contente de la bouteille de rhum ambré qui m’abreuve

pour mieux me rassembler

pour me disperser

Averse de printemps

Les chiens errants sont dans la grâce

De Dieu

j’ai dû rêvé ce moment…

Silex

je suis de nouveau seul et peut-être définitivement guéri de son emprise. je me demande pour combien de temps… 3 jours, 3 mois, 3 ans?

je pourrais écrire un opéra.

je me considère comme une personne chanceuse, démesurément. je suis un rescapé, pour d’autres un privilégié. les jugements des uns déteignent sur moi

certaines choses ici-bas ne durent jamais.

je nourris sans doute des complexes, j’édifie une honte. comme chercher par dessus tout ce qui se trouve sous mes yeux et que je n’arrive toujours pas à saisir

je ne dois plus tâtonner sur la pente abyssale

auprès d’un fétiche

il a fait plutôt beau aujourd’hui

même dans le cœur des gens

ce qui n’exclut pas leur violence

je vous dis qu’après la tempête vient l’amour

après le moi corrosif, à moi la chaleur… !

je m’éloigne d’un changement pour une baigneuse aux courbes de feu. devrons-nous subvenir à leurs besoins physiques et moreaux, les responsabilités… etc.

j’imagine qu’elle renouera avec ses objectifs de ball-trap, même plus tôt que prévu! nourris de sa cervelle de moineau, de petite joueuse… etc.

devrons-nous supporter ça?

il en résultera de toutes petites crottes de son beau derrière saillant, rien qui n’approche d’une perdition. un étrange gâchis de la calamité encore plus révoltant

n’allez pas croire que j’ai peur de l’engagement

n’allez pas me croire

au magic pub… 54, 56, 58
comme dans la nef d’une église gothique 
une sombre niche au lait froid et de froment

la rue se nomme rue maréchal joffre 
vous y rencontrerez peut-être son apache  
à qui manquent une hache et le divin sourire

les habitués s’anesthésient jusqu’à la moelle, verdict
cette enclave est un tamis qui cache

Lola, Fanfan, Bio… une bande dessinée à eux seuls

je suis un être fragmenté et ce n’est pas là un problème. je connais les ruptures et la liste est longue, même celles qui prennent l’apparence d’un faux nouveau départ

je vais me noyer dans une décharge d’un millier de roses. autrement dit: j’ouvre mon cœur à une prostituée de bordel pour jeune et éternel célibataire

elles portent parfois le voile de la sainteté.

je suis curieux de voir l’état de son facteur après la réception de la nouvelle, qu’elle délivrance! je savoure déjà d’ici un malicieux plaisir

lui ferai-je parvenir ce poème?

je suis tranquille sur le zinc humide et froid

les scrupules d’un indéterminé

Une bouche à l’est

Les centimètres s’envolent au ralenti

Désir de tout ton soûl

Cela ne chante plus

À Lucie.

1/3

c’est une espèce d’un vieux genre que l’on ne retrouve nulle part, comme un adoucissant des âmes caverneuses. je vais à la rencontre de son job de nettoyeuse qui dévalise les caisses

les sites de rencontre ont ceci de bon.

je vois son sourire unique et inoubliable, un diamant de météorite. n’est-il pas une affaire classée, pourtant je persiste à consulter ses photos. loué sois-tu et ce qui te dépasse

je la reconnais dans sa superbe et ses variations subites, une belle prouesse de la nature. j’entrevois de vagues réminiscences de quelque chose d’encore plus vague, comme boire le mythe

elle se perfectionne sur les rives de la séduction

comme une étoile, je veille au grain de ses réticences

prendre l’instant de l’éternel et voir les paramètres de la trajectoire

un ciel presque bleu derrière des arbres nus qui se courbent

le soleil se noie sous mes pieds où pointe l’herbe douce

je cherche la fleur saine sur une sainte terre et lui bâtir un royaume… ce n’est plus possible ! il faudrait tout l’or de la terre et des hommes cartographiés  

il n’est plus possible.

j’avais droit avec la précédente à des pelles mouillées, comme la pluie de Dali. je laissais traîner pour elle mes pleurs dans la rue parmi les beaux qui ont du génie. les crimes sont faits, j’en reviens et ce n’est que parfait

je pense el djinn à la claire bougie en été.

je bande rouge et la devanture est un tropique laiteux. je n’ai pas de réponse toute faite et ma vie n’est pas parfaite. elle doit savoir que dans la vie il y a des hasards inopportuns

je vais juste partir et je vous dis: non

jeu est une déchirure sous la pluie

une femme dans un parcours amoureux
la vie est un bouleversement vocalique qui peuple
je suis avec comme un ermite, le monde sauvage

mille félicités pour les âmes en peine
je suis content mais il faut savoir, il te faut savoir
qu’il y a une âme en peine abandonnée du ciel qui ta fait mourir

la lumière sur ses cheveux violet
j’étais l’ami de son corps sous les draps, il y a mon corps noir
une souscription médiéval, elle me parait lointaine dès ce présent

l’être seul, une éphémère bougie
le verbe multiple, une transparence et moi
est une souillure que je lave de mes yeux noir de toutes les façons

j’endosse l’habit du poète en herbe dès le vendredi saint, il se trouve au-dessus de moi un soleil hypothétique. je regarde le ciel avec un verre et mes chaussures marron sous une table ronde

je sens la chaleur de l’automne sur mes joues et les passants qui rêvassent, les prémisses d’être heureux avec un sourire naïve devant soi. je vois des amoureux qui se tiennent la main

je fonds sur la chaise, sans elle.

je lance des petits miaulements de la gorge d’un chat en attente, m’imagines-tu ainsi ? je n’écris plus sur une viande de poisson séché, un bel après-midi d’amour, une chanson qui se raconte… etc.

tiens toi calme, poète !

redonner une seconde chance à l’amour

je suis le déraciné, à jamais

– un expresso s’il vous plait

– tout de suite Monsieur

– non, plutôt un double

– bien sûr, tout de suite

– votre ticket

– merci, tenez… !

la petite pensée du jour est que le péché Kabyle c’est d’être trop kabyle, ça va les tuer d’orgueil inévitablement, beaucoup de luisance pour ne pas flairer le coup… !

2/3

je suis un croche pied à la civilisation, une relâche et détendu dans mon cloître. je dois m’éloigner le maximum de toute autre dimension et fondre dans le rythme. j’espère te faire une bonne impression

je fais une liste de mes qualités très rares, mais ça serait bien. j’ai mes réserves de tendresses et tu es une bible mariée avec le soleil. je dois m’attendre à des jours meilleurs, oh, les jours meilleurs… !

je remarque qu’il n’y a pas plus heureux qu’une femme qui sourit à son téléphone. je n’ai rien de la tempérance d’un saint. je deviens idiot avec l’âge, c’est plus fort que moi

garde ton funk au calme.

les câbles noirs délimitent nos rêves d’amoureux

un peu mal à la tête avec les yeux vitreux, un souffle

pour clore

il faut connaître l’espace

du corps

je rêve de la tenancière qui est au téléphone avec Amanda Sue, elle ne répond de rien et réclame son du, une sale affaire ! l’héroïne est à une demi-douzaines de routes d’ici et jamais elle ne se présentera

c’est la charge, une fatigue.

je me suis amusé par déclic, un vulgaire mollusque violet gorgé de vitamines. je me retourne vers toi toujours aussi indéfinissable: la grande bleue aux cheveux roux !

je scrute le vide comme un paravent vite et clair, les murmures de la pierre d’ombre jaune… stupides oiseaux de l’étendue ! lire dans l’âme des gens est mauvais et les lunes sont étatiques

le prévoir pour mon post-scriptum !

très bas dans le jour sur la route des ailes

je prends le bus:

ingurgiter

courir avec le silence

toujours vivre 

outrageux, je ne sais plus vivre !

je respire ce qu’il y a de peu dans l’air, la symphonie du crémant. je ne fais qu’un avec la matière grise de mon cerveau… surgir, mûrir et m’évade regroupent presque tous les mots

je ris à plein poumons.

j’oublie les fleurs et les palmiers dans le vent, les visages classifiés. les célébrations de la vie sont les assurances simples qui défient. je suis un homme simple, factuel. la fille de ne pas être revenue s’est volatilisée

Menon est une bouche ouverte avec la langue noire !

mes lectures me collent à pleine dents, je meurs et revis sur les trottoirs de la ville. mon imaginaire quotidien est fantomatique, cela ne veut pas dire inexistant. où peux-tu te cacher ?

je reste un boulon clouté, faut-il aller mieux ?

comme dans une ville faite de mirages

à pas de chenilles

cinq filles aussi différentes

qu’une pluie d’automne

3/3

la vie recommence nouvelle sous le ciel de mon appartement, je m’en vais vers l’est qui flamboie. je me dois d’écouter là-bas la route des voyages et du conseil, les territoires en amont

je me suis assoupi entre les mamelles grossières qui touchent le sol, c’est-à-dire pour une misère. qu’ils se lèvent maintenant pour la besogne ou qu’il pleuve. ils ont la solde dans la moelle

Menon est un long nez qui respire la fraîcheur des mensonges !

je danse amoureux fou avec les aigles blancs en communiant avec le ciel bleu perdu dans les montagnes et il fait particulièrement chaud

le téléphone me propose Edge.

un rendez-vous et partir, la lune ce qui aurait pu

loin, bien loin et où tu veux et nulle part si tu souhaites

le calicot se récolte tôt le matin

le soir venu on boit du thé chaud

( il y a sûrement une déesse cachée derrière ! )

j’ai une dette pour les uns et pour tous les autres entre des tenailles, les grandes lacunes de la terre rouge sont envisagées. je joue avec les planètes fauves comme aux échecs

souvent, je perds.

je retrouve comme chaque soir ma fée, le secret de mes nuits. elle me caresse le cœur et dit : chérie chérie… ton déshabillé est exquis ! elle vit isolée dans mon imaginaire, une Bovary Maghrébine

elle vit en blafarde.

je rumine et médite la dimension cosmique de celle qui ne décline pas son nom, comme cet escargot de travers sur la vitre lisse. c’est lui qui bave les mots blancs sur un ciel éclair, mon jumeaux. je vois quelques métaux

la mort rode en ces longues nuits dans ton ventre

la mort rode en ces nuits sans fond…

après le voile

l’os

dormons !

je vois les basiliques et de vieux châteaux sous la pénombre, les façades et mon armoire hanté, mes ancêtres et mes mille bravos sur le talon… etc. j’ai un mal bleu enveloppé

une femme peut parfois être toxique, comme un rêve inachevé. elles étaient de gris les grilles de la terrasse, – pourquoi les diables sont barbus ?

il y a des sentinelles avec des yeux océan qui voient le monde debout, comme si on croisait le fer. je suis peut-être cardiaque, les rythmes…? j’aime lorsque c’est comme ça le soir et que tout va bien

si tout va bien !

parce qu’ils se rencontrent ailleurs

ils échappent à la mort

je rêve que je la tiens la tête en arrière
par ses cheveux mélodieux

une douceur d’hexagone
comme un vieux reste

un fond de sirène qui berce
je presse l’égide, de marbre est ma queue

Pratique

j’écris des poésies en français sur tous les supports. pour ce faire, j’aligne des lettres derrière un voile. elles venaient parfois et je les fuyais. à présent, j’accueille

une manifestation.

à la fin de mon poème et tout de suite avant ma première lecture. je sens comme une présence au-dessus de mon épaule qui broie. c’est la mort des bienheureux!

j’ai mis beaucoup de temps avant de pouvoir l’identifier. il n’y a qu’elle qui reste tapis à l’ombre et qui prend parfois par surprise

on ne peut lire qu’une seule face à la fois d’une pièce

le côté pile se laisse deviner

Les chemins de traverse

Je cours derrière les lucioles

De la nuit d’été

mes actions frénétiques se figent et comme elle, je vois à quel mot au juste je devrais me pendre. pour certains ce n’est qu’un jeu, je vois là un rituel

je redoute ces instants de magie où je ne fais qu’un avec la chose, passer ce laps de temps, je me lasse toujours à repêcher le même stupide poisson

je relis quelques jours plus tard ( semaines ! ) des écrits dont les feuilles sont encore humides. ils sont comme une redécouverte ou une vie recommencée

à la lumière des calmes matins

comme un vulgaire mollusque agonisant

Le souffle court

Nul ne peut mentir à l’idée

De la mort

les maux ( mots ) passés que j’endure encore inutilement, je pense qu’au ciel seront accueillis. les profits et les avantages de la situation sont pour d’autres

je les trouve d’un ton bonimenteur, une sorte de traîtrise saccadée. qu’ils ne sont au fond que d’un vieux débonnaire, néanmoins cela n’engage que mes goûts

je n’ai fait preuve que de patience et je n’oublie pas de dire merci, merci…! merci du fond de mon cœur à celui qui repousse l’appelle du trépas

quand j’écris et que cela me fait peut-être avancer

plus rien d’autre n’a de l’importance

de l’écriture

L’hybride au bout du chant

Bleu

Un oiseau est nécessaire

mon oiseau a la bougeotte ! à ce qu’il parait, c’est une des conditions de sa survie. il va et vient dans la cage en imitant les chauves-souris non domestiques

au réveil dès que j’enlève le voile qui le recouvre pour la nuit, il est déjà tout excité et m’attaque. je vois bien qu’il ne s’est pas pleinement acclimaté à la maison

il parade aussi avec un chant spécifique et déploie ses ailes de plumes noires. cet oiseau ne pèse presque rien, je m’évertue de son courage

les autres oiseaux partagent parfois notre compagnie

ils s’identifient

prince des oiseaux

les mini-soucoupes du rêve

citadin

je ne sais pas grand-chose sur la vie des oiseaux et à la limite je le pense, j’imagine la situation la plus insupportable pour lui

la faim, le froid, les éperviers… ?

il est peut-être simplement programmé et idiot, qu’il ne se souvient de pas grand chose, mais comment interpréter son bec de couleur rose qu’il arbore fièrement

je passe des heures à le contempler et lui ne reste attentif qu’à mes mouvements. un dialogue parfois se fait, j’essaie de le calmer en lui parlant

il est friand d’un mélange de graine et du miel

je le lui réserve pour les grands jours

une gorge blanche

sa langue âpre m’est conquise

à jamais

il bouge et se débat à la nuit tombée, il se revoit sans doute libre survolant les forêts de la région. j’entends ses rêves qui le basculent de son perchoir

je me fais parfois une violence concernant sa captivité, mais il n’est pas question de le relâcher. je crois qu’il ne survivrait plus dans la nature, il mourrait

cela est grave!

je tiens peut-être les propos d’un égoïste, il nous est plus concevable de vivre libre un jour que dix ans dans une cage, surtout lorsque celui-ci apporte la baraka

il loue Dieu

son rouge indien derrière les barreaux de fer

aube d’été

l’éveil spirituel de la nature

oh jungle-home!

Résiste

une ombre trône dans l’hospice, je rêve de caresse future en dansant dans les locaux, sans même bouger de mon lit sous la vapeur

c’est des damnés et que je tombe à la renverse en suivant la course des sages plus que jamais perdus dans les agglomérations. la clôture des joignables  

est-ce que je m’endors, comme le baume dans les veines soyeuses ou comme un nuage de pluie qui s’enfuit au loin, je résiste aux luminaires du plafonnier. je résiste!

il fait si doux vivre ailleurs

je ne m’appartiens que pour un temps

solstice d’hiver

j’observe le noir de la nuit

sans jumelles

là-bas où je promène parfois mon caveau, là-bas… derrière les sentiers balisés! j’ai indiqué aux pèlerins la direction des arômes et du parfum inquisiteur

il y avait une insistante et douce brise sur nos peaux. elle est dit-on, l’annonciatrice du paradis sur terre. je n’avais rien d’un saint, l’air idiot tout au plus

j’ai aperçu la première étoile obscure, une âme frémissante comme de l’eau. j’ai souhaité les autres et j’ai vu mes rêves se sourdrent que tout homme devrait avoir

lorsque ma vie désirait s’épanouir sous d’autres cieux

je fonçais de mille lieux sur les événements  

la nuit aux encens

le coup de dés d’un magicien

des nébules

j’ai une pierre d’une amie que je mets dans ma bouche, enveloppé comme une chrysalide. je ne sais précisément de quoi le cœur de l’animal s’abreuve

je danse de mes derniers pas, le vieux ballet de mon exil. je vais complètement désespérer d’elle ravager le soir tiède dans les nomenclatures

je reçois de cette reine des petits baisers sur le front, une première voix dégagée naît en moi et ses balbutiements veut embrasser presque tout

les dieux ont le goût des nuits blanches

je m’endors en homme

cœur de l’aube

d’une étincelle s’ouvre le concert

des gazouilles

il n’est plus question pour moi d’un retour au pays… je me résolve dans le partout idem !

Absences

Image par Adrian

1/3

je réapprends à aimer, vous dites que l’amour est un sentiment infini. à un moment, j’ai fermé les portes, comme un raccourci vers la nuit

après ne sachant comment le vivre, il m’est difficile de l’exprimer. je ne sais rien d’autre que mon insignifiance

comme le travail des choses précieuses, l’orfèvrerie, les pierres… dans une certaine économie de l’ordre, j’ai une insuffisance étroite avec le moi

offrir sa vie cela va de soi

offrir sa vie

L’oisillon becquée

Souvenir des paroles

Oubliées

cela fait un bout de temps que l’on se voit, vous rentrez régulièrement à ce cabinet et dès que vous franchissez le seuil, je ne vous vois plus

personne ne peut deviner votre solitude dans les cinémas, à la plage ou dans les balades au parc. seul vous éprouvez les remous, vous butez sur des questions sans fin

essayez de sortir, amusez vous ! voir du monde n’est pas si mal, cherchez dans vos anciens contacts. dites-moi, il est toujours question de la même femme ?

nul n’échappe à ses erreurs

nul n’échappe

La plage vide de présence

Abonné à la sortie buissonnière

De mai  

tout me ramène indubitablement à vous, vous êtes partout à la fois, à l’intérieur de moi aussi, du plus lointain souvenir au geste le plus anodin

vous affichez plusieurs visages à mon inconnaissance, la primauté à l’étoile de ma vie, une guide dans un pays où les étoiles sont de mousse

revenir n’est plus possible, après tant de sacrifices et d’habitudes regagnés. retournez au pré de votre Père et dites-lui qu’il n’a plus rien à craindre

me prémunir des insolations d’amour

me prémunir de la descente

Une naissance éphémère

Les étoiles dansent

Le hip-hop

2/3

je n’ai plus foi en la prière. harnaché, qu’est-ce qui se bouscule dans mes entrailles et remonte à la surface des mots incompréhensibles à l’entendement ?

le raz de marée qui submerge le sol emportant les édifices d’une vie et surtout mon corps inondé, et mon cœur prend le flux des vagues…

ce sont les mêmes départs vers les anneaux de glaise sphérique, les mêmes planètes aux pupilles blanches qui se balancent, jusqu’aux matins colossaux en pleurs

les lendemains soulèvent nos craintes

les lendemains givrés

Corail du ciel

On est toujours au sud

De quelqu’un

c’est ce que je craignais, vous êtes en piteuse état que ça devient presque déconcertant et j’irai jusqu’à dire le contraire si je ne vous voyais pas

ne me demandez pas comment, je ne suis qu’un généraliste. excusez-moi, s’il vous plaît un instant, je dois rependre à cet appel, allô, je…

passer nous voir en ces temps troubles

passer dessus

Petite magie

Laissez-moi encore vous vivre

Entre les lignes

vous me poursuivez dans les moindres recoins, sans exception. on s’est mis hors de la vie lorsqu’on s’est aimé, plus personne ne peut l’effacer

j’aimerais tant vous revoir pleurer, ne serait-ce que pour avoir le cœur net sur ma condition de démembré

je ne suis presque rien sans vous, j’ai surpassé bien des hommes dans la fureur de vivre, je croyais à votre histoire plus que tout

Cet écho appelle

L’âme qui vagabonde

Dans la pénombre

3/3

j’erre souvent dans mes abîmes, une légère tendance à la mélancolique et me voici devant vous débarrassé

je me tiens en marge de la société et peut-être en condition. parfois même, j’arrive à trancher dans le vif. il me faut vous dire que ce sont là des instants particuliers

je suis franc et honnête avec vous, sur mes envies et dans quoi je m’aventure. je suis franc avec vous, je vous parle à cœur ouvert, comme je parlerais à Dieu

l’espoir nous est permis

ô quel drôle d’espoir nous concevons !

Douceur de la nuit

Musique de la brise d’été

Sur les feuilles

c’est de mon amour meurtri que je meurs, j’étais béni des dieux et mes prophéties se réalisaient. est-ce qu’il y a encore des merveilles en cette partie du monde ?

j’enracine mes espérances dans vos semblants de sincérité, vous et moi, c’est tout comme

je vous le redis à vous deux, le temps est à la mort heureuse. je laisse derrière moi des univers infinis et rien d’autre

L’appel de l’aube

À la prière

Repend oui

d’une interstice à des murs indéchiffrables, je ne peux me dire et voir venir, si seulement les regrets ne dormaient pas à mon chevet

toutes mes pensées vont à Dieu qui créa la terre et les hommes pour vivre en paix. j’ai vécu en paix dans certains endroits calmes et doux

Court-circuiter le réel

Avec le sourire d’un homme

Libéré

Pôle

Image par M. Maggs

comme s’amarrer sur de fabuleuses îles, je plante une graine en vous, aucunement surpris par le sort de nos vies, aussi futile soit-elle devant l’inéluctable

vous n’êtes pas obligé de tout connaitre, mais il nous faut rester attentif. il faut s’envoler aussi de tout son être, s’envoler ! et voir où cela nous mène

vous devez arpenter l’échelle du temps jusqu’à vos origines lointaines, pour mieux vous défaire. un homme défet de la médiocrité verra dans des eaux limpides

la transparence.

croyez en vous comme Hercule ou un millier de montagnes

un jour vous récolterez de plus grandes joies

D’un amour de soleil

Les rappelles qui viennent

Du dehors

je voudrais pour vous des ciels meilleurs et doux, un renouveau de notre famille dans l’espérance et la bonne humeur parmi les éclaircies indéfinissables qui se profilent  

je vous encourage également à réinventer votre histoire personnel à l’infini, les volcans tombent dans un sommeil et ne s’éteignent jamais

plus ou moins long.

il n’existe entre nous aucune frontière, ce qui reviendrait a mentir. il y aura un baume les plus salutaire sur nos anciennes plaies. l’aventure est extraordinaire à vivre

sortez et faites des rencontres

chantez encore plus fort et faites trembler notre demeure

Une vue sur l’orient

Je perce le ciel inodore

De mes ailes

peut-être qu’un jour prochain, un peu oublieux de vous-même, vous serez beau pour le Grand, le Trait et le Saut. vous serez un tout, un monde libertaire à vous seul

nourrissez vos expériences d’amour, de musique, de cinéma et de poésie. à présent plus rien n’a de l’importance, lorsqu’on est avec une sœur, avec un frère

je crois aux générations futures où jamais rien ne sera plus pareil. je dois être un peu naïf, mais sachez qu’il vous faudra tout reprendre dans un avenir radieux

ce ne n’est pas un parie.

je saluerais toujours votre imaginaire sans filtre

ensemble pour la vie

Comme une échappée

Je sens le jour éperdu venir

D’une éclosion

dans mes plus vieux âges et au plus lointain mouvement… une certaine désinvolture devant mes souvenirs aigris!

Préparatifs

on s’était dit plusieurs fois adieu sur un quai de gare, au milieu d’une foule de gens compacte. je ne savais dans quoi on s’embarquer, et puis la faille, tu es partie…

j’irai sans doute à el-oued.

c’était comme si les nuages fondaient juste pour nous deux, un semblant de nous deux qui demeure veule. l’horloge des trains n’a jamais leurrer personne

on t’aurait pris aisément pour un ange déchu des cieux. tu étais vapeureuse et étrangement tes lèvres étaient blanches, livides!

ce n’était rien de grave

chacun sait que les lèvres ne se brisent pas

Les vitres bleues du TGV

J’octroie un don d’amour

À la Terre entière

tandis que tu parcourais les plaines de la Bretagne, confortablement installée sur ton siège, une mémoire neuve naissait en toi. la distance a dû estamper le reste

sur le chemin vers je ne sais où je m’interrogeais sur le sens de cette brève histoire partagée et le tient de retour. un bar m’a finalement accueillie, il était 23h24

je m’étais résolu à rentrer et en poussant le visage de la porte, j’ai su tout le mal de ton absence. j’ai gardé ton dernier sourire comme une dernière sympathie

il meublait seul tout l’appartement calme

bientôt si clair sans toi

j’aimais les rides de ton visage, un petit soleil agréable, ces rides me rappelaient les fleuves et les rivières que je n’ai pas visité

j’aimais être avec toi les après-midi relâches, tu étais ma maison où repose la poussière de l’oubli. mon amitié t’est éternelle

j’aimais ce côté spectaculaire que tu te donnais et ton penchant pour la désobéissance, une qualité qui s’accomplit souvent chez toi par une désinvolture

j’aimais partager une cigarette avec toi et sentir le goût au beurre de karité sur mes lèvres, comme quand on partageait des pommes au petit-matin

j’aimais nos moments de joie partagée et de bonne humeur, j’aimais t’aimer, j’aimais avoir froid à tes côtés et trembler

j’aimais quand tu secouais les draps pour la nuit et qu’un parfum gagnait la pièce, je te regardais longuement, sans un mot, tu étais mon tout

j’aimais ta personnalité plus que tout le reste, ta finesse d’esprit et ton humour, j’aimerais revoir le soleil du midi en ta présence et ton corps fiévreux, une toundra sauvage et son herbe est bleue

j’aimais recevoir tes lèvres partout sur moi et me perdre en toi, me redorer la peau comme un lézard sous ton ciel clair et calme

j’aimais serrer tes petits seins rouges et tes fesses d’ardoises, cela me rappelait les bancs de l’école, et surtout entendre tes insondables soupirs

cette nuit de solitude, tu traverses mes blanches pensées, on ne fait jamais rien que traverser, comme on traverserait des terres chaudes et désolées!

j’observais de la seule fenêtre de mon studio, un bout du ciel qui était d’une bouleversante couleur d’aube manifeste et le plein silence

la ville sommeillait sur le grand fleuve de la nuit, je veillais sur l’image brisée d’une belle aventure. quelque chose s’était passé, je n’ai rien vue venir

j’étais bouleversé par cette nouvelle séparation, c’est vrai, mais je ne sais d’où j’ai tiré les forces nécessaires pour aller quand même travailler

mourir d’espérance pour toi est-il possible?

mon cœur manque cruellement de cœur sans toi

Nos deux âmes fluettes s’élèvent

Un grand départ à l’aube

De nos fiançailles

on se ment pour toutes les fois que l’on n’a pas vécu…!

L’inadapté

si l’homme a créé les dieux ce n’est que par accident …

Image par Robert Kubíček

j’ai fui les classes et les bancs du petit écolier, comme tout orphelin fatigué du système qualitatif. l’esprit de la tornade dans mes oreilles droites      

les rues après l’orage lorsqu’elles abondent de secrets révèlent au premier venu les airs de balade chétive, et cela jusqu’à l’aube des accordéonistes fauchés

j’étais chantre joyeux sur la vieille ville de lumière extatique. je révérais chacun de mes souffles qui me rappelaient à point nommé que la mémoire est incertaine et fixe

les chiens aux yeux terreux se débinaient

l’ombre restait scotcher

Le ciel tombe son noir

Whitman sur la rive

Du rêve

une présence me prenait la main froide de désinvolture, lors de mes ballades au bois et au fond d’un vert bassin aquatique. je me refusais avec à tout commerce en nature

je coulais les morves d’un baiser repris à la pire des chimères, les mains sur mon visage vaincu. j’ai versé des larmes hâtives sous ses pieds noirs que rien ne changeait

j’inventais de multiples longitudes qui éclairent mes rixes. j’étais aimé d’anciens dieux comme de l’or d’égide et mon âme osait parfois le schisme de la nudité

la voix au timbre de tabac brun

j’étouffais mes cris

La maison craque

Déchirure du silence de la nuit

Nul salut

je bondissais sur les îles lointaines et désespérément arides, comme un oiseau des vastes pôles avec d’intangibles clartés sans les bonnes grâces d’un traître mot 

les trèfles abondants sur mon front ont ouvert le troisième œil du cœur inchangé devant le calme de l’étude. j’ai retraversé l’histoire de l’argile et de mes désirs refoulés

je vous livre en exergue la dilution de mes zones d’ombres colorées. il faut dire que je demeure inadapté à vos sociétés en tout lieu

je parlerais de la nuit et du bas royaume réparti

jusqu’à soif de la brume d’été

Cris du goéland

La décharge de tous les saints

Et les diables

trop tôt ou trop tard… ce siècle m’a laissé sans vie!

Hôpital occipital

A Samy.

lorsque je l’ai vu pour la première fois, j’ai senti une douce chaleur dans le ventre, comme quelque chose qui affame. elle ressemblait tellement à une petite pomme 

le teint pâle, Marie était toute jeune et gravement malade, elle passait le plus clair de son temps dans un hôpital, un grand merci se lisait sur son large front espiègle

elle obtenait parfois une autorisation de sortie spéciale de ses médecins, mais c’était selon son état de santé et très rare

la santé est un don divin

à-la-recherche-d’-un-impact-de-vérité-vous-serez-souvent-confronté-à-votre-décrépitude-volontaire-toute-cruauté-est-bonne-à-prendre…!

elle aimait les rivières et jouait à des ricochets avec ses frères, le ciel était d’un bleu clair dégagé, le monde tout entier lui tendait les bras  

de retour pour poursuivre ses soins en observation intensive, elle souriait de la voix des anges et se laissait rêveusement aller à la douceur de cette journée

la lumière inondait la pièce médicalisée

la seconde maison de Dieu

Une avancée

La faucheuse nous tient

Une ardoise

elle se comparait à la princesse jasmine et comptait les jours qui l’a séparé de son anniversaire sur les doigts de sa main. aladin n’avait qu’à bien se tenir sur son tapis

elle domptait une crainte plus forte que tout au-delà de ses facultés, une mort qui l’enlise à jamais dans son sommeil

il n’y a cependant aucun enseignement à tirer d’un alitement, que l’on soit mourant ou convalescent, tous autant que nous-sommes, nous espérons en Lui

je crois tout ce qu’on me présente, je suis bien obligé. j’imagine des histoires et pour commencer une belle histoire, il faut d’abord choisir les mots…!

Synopsis d’une journée d’automne

il sort à la conquête d’un idéal aéré et s’en servir lui est crucial. il marche théâtralement dans une rue d’automne, une sainte forêt au milieu des feux. il remonte le ciel aux rubans adhésifs

la madeleine prévaut son chant poétique.

il croise des géants et bouscule des hercules: plus limpides que la chair et plus fracassants que les éclairs ! les petits contes éparpillés de la folie ordinaire sont dans sa poche

il reste ample comme les dunes de son enfance de son adolescence où il y a la douceur du vent digne du froid des fleurs. souvenir aiguisé : ici gît dans l’obscur barbouillé une dépouille !

la raison du dilemme est l’épreuve du temps

l’histoire est mêlé au dernier amour naïf

je suis au parc… je lis entre les spectres qui passent sans la menace

le livre parle à présent du style en littérature et d’analphabètes, de géométrie sans espace… ( je ne comprends pas très bien ! )

je retarde l’envie d’uriner et sur le chemin ton nom me revient

je décide de rentrer en bifurquant par la fête foraine et l’odeur du sucre

ton image m’enveloppe comme du vernis sur de la pierre

je parcours la ville en me livrant aux premières fois, tout à changer

je prends le trame sur la trame du poème, il y a tant de visages à secourir… !

une poussière dans les yeux qui tombe et fait des biens heureux, un autre chemin entre nous était possible

il arrive au carrefour, s’arrête. il voit des palmiers à la crinière de laine et des corps nus entremêlés. il voit une femme en robe de nuit qui traverse. un autre courant d’air passe plus insistant que l’odeur des loups

elle arrache des cornes blanches qui pendaient à ses cheveux, un déshonneur qui la magnifie. elle s’est assise sur un banc en bois pour confectionner un pont aussi long que le nil

cela arrive peut-être trop tard.

elle a les manière d’une étrangère et qui ne se fréquente pas, sèche. elle semble sensible à la caresse du vent, minime soit-il ! une personne lui reste sur le cœur, – est-ce ainsi que les amants s’aiment ?

il voit les feuilles mortes de Verlaine

les étoiles de Van Gogh

il se réjouit du peu qu’il devine des gens, presque île en désolation. il est convaincu que rien n’arrive par hasard, une évidence même ! seul compte l’enchantement d’une rencontre, indéfinissable

la tête à la nuit tombée pleine de réminiscences d’archange et le cœur malmené par des sommets lubriques, allongé sur la bordure d’une berge instable, il pleur peut-être de ne plus jamais la revoir

il est un rêve qui s’oublie sur la chaussée, est-il une dramaturgie, et qu’elle rêve ? il suffit parfois de quelques mots pour que deux âmes soient liées pour l’éternité

la lune a l’apparence d’une femme

celui qui a un aperçu du paradis abdique

Radio

derrière chaque poste radio il y a un être vivant qui fredonne…

Image par Nate Shepherd

le poste est comme une seconde peau, je le tiens pour primordial dans une maison. il meuble mon quotidien monotone d’une transmission continue, ou presque

en fin de journée, après une balade au parc ou quand je rentre tard, il reste allumé, je suis content. soulagé de retrouver un semblant d’un chez soi

un poste radio c’est l’imprévu à l’état pur, une invitation au voyage assuré, l’une des issues possibles vers le monde des rêves sans faire d’efforts

sans quitter le ciel de son appartement

sans quitter le ciel

mon poste est de la marque Sony, une série bleue un peu futuriste de l’an 1996, il capte toutes les stations de l’hexagone

le soir venu je me délecte du jeu du voir et de l’écoute des voix interviewées prises au hasard des rues et les commentateurs anecdotiques

ce poste se trouve dans un endroit stratégique qui est ma blanche cuisine, à chaque fois que je franchis cette porte, une autre advient

No man’s land

Image par【微博/微信】愚木混株

je lis les exclus des bibliothèques, les conventionnels. une littérature ringarde et naïve par ses propositions. il m’est difficile en ce cas de croire à la gratuité

dans ces livres estampillés que l’on peut facilement reconnaître entre tous, l’auteur termine son récit avec un mot intelligent. contre tous les silences de l’éternité

un livre est presque illicite dans certaines régions, peut-être même introuvables. ils diraient que c’est une perte de temps, absurde ou carrément une folie dingue… etc.

êtes-vous personnellement atteint?

c’est souvent les plus solides qui crient à la folie

une distinction entre le blé et l’orge

Soir de pleine lune

Mes vêtements prennent l’air

De l’automne

j’ai remarqué une chose étrange, pour le moins suspect! on ne tombe jamais sur de la poésie et sur les saintes écritures. je rêve au-dessus de mes lectures

j’affectionne ces livres.

si tenté que ces genres sont à l’intérieur du livre et non pas dans l’objet lui-même ou dans l’ensemble d’une bibliothèque. un bibliothécaire fait métier de sa passion

je ne peux imaginer un monde sans les livres, mes périodes de lecture sont variables et sans l’issue des mots, l’étau me prend à la gorge et me serre, et me serre… !

allez-vous vomir?

le piège referme sa propre clé

les mots purgent

La place de l’école

Les chimères sonnent le nickel

D’une industrie

ces résidus de bonne conscience et surtout transitoires, plus au moins neuf pour certains d’entre eux jamais ouvert. j’entends par là les chiffres de l’édition

on les retrouve généralement en libre-service dans les centres sociaux, les parcs publiques…etc. comme ils peuvent très bien finir dans une benne à ordure

une lecture peut changer le cours d’une vie, en positif. c’est la promesse d’un monde meilleur, l’évidence est sans conteste qu’il devient inutile de formuler des excuses

j’investis le champs commun

comme je regrette de les lire qu’une seule fois

L’incantation des oiseaux

Les plumes ocres entre les doigts

Du poète

il n’y a rien de plus sensuel pour certaines femmes… qu’un homme qui tient un livre!

Ain El Hallouf

À Rabah.

mes larmes coulent vers le bas, comme une eau qui jaillit d’une source froide. une eau dégueulasse à boire et en cela une saturation

j’avais neuf ans et on voyait encore des sangliers affolés au pied de nos portes que l’on s’empressait de verrouiller, comme pour les voleuses d’enfants

il y a que je plaisantais sur le temps en le piétinant comme des raisins verts, dans un but inconsciemment entêtant : extraire un suc impossible à emmagasiner!

un voisin s’endormait sur un air d’opéra

sans qu’aucun de nous n’entende ses ablutions

sommeil d’Al hara

les enfants se racontent les étoiles

des quatre saisons

je voulais m’en sortir, comme sortir par inadvertance et part tous les ports d’une insalubre et minuscule cuisine. je regretterais à jamais une faim qui creuse

je revenais vers chez moi avec l’espoir de croiser les hirondelles qui volaient plus bas que les fils électriques, elles y étaient même dans les noires saisons

j’étais surtout enchanté de retrouver mes airs de désinvolture en léchant les murs empestés de ma rue. je me revigorais en lézardant sous le soleil

dehors on se renouvelait

on revenait au soleil

dernier coup d’œil

battent frénétiquement les ailes

des hirondelles

dans les hauts quartiers, de la cité le kadi jusqu’aux confins du boulevard du nord, les nuits me faisaient violence plus que les spots de sensibilisation à la télévision

j’ai plié mes bagages sans savoir très bien de qui à commencer la vindicte, une décision qui me laisse à moitié résigné et sur le cœur une artère béante

les bougies qui éclairaient ma vie s’éteignent isolément, je poursuis pourtant les méandres des jours inviolés. je n’oublie pas le climat maussade qui me désigne différent et loin de mes semblables

comme de la jeune patrie.

de la brèche d’un rocher naît et s’épanouit le lierre

ceux qui savent s’ignorent

aube d’été

allongé sur une zarbiya

d’antan

Felouque

Image par Vicky Vitullo

comme sur une felouque en papier artisanal, je vais m’allonger sous le figuier du jardin et m’émouvoir dans la froideur du temps

je voguerai avec la lune et les étoiles sur le grand fleuve des mots, peut-être que je jetterai l’encre dans les soirs interminables du Pacifique, qui est dit-on sans mémoire

je vivrai plusieurs nuits et plusieurs aubes d’une ère nouvelle, même si elles sont toutes navrantes et qu’aucune ne tiendrait ses promesses

comme un géant des flots à travers les sept vents

les messagers d’une belle augure

Les orages d’été

Si belles sont les fins de vacances

Du mois de coton

à la façon d’un marin pêcheur sous la drue, j’irai sans ironie à la rencontre de mes amours passées pour les bénir de mon passage et de mon empreinte

je convoquerai l’enfant entre les plis de mon cœur qui médite sa cosmologie en le tranquillisant. je suspendrai ses yeux comme un départ

je répandrai toute l’eau de mon corps jusqu’à ce que mon cœur finisse au chevet des blêmes pendaisons, et en définitive, dormir perpétuellement

j’aurais acquis peut-être les bûches de la bonne action

je regagnerai le foyer

Une autre étoile

Il observe une ronde de son récit

En calligramme

je ne sais à vrai dire pas grand-chose de ces lointaines régions et rien ne saurait me consoler. la mort qui empoigne un navigateur en solitaire est un risque d’initié

la froide flaque qu’est ce phosphorescent recueil où je piétine et pose le pas, n’est qu’une encre noire et indélébile. je n’échangerais pour rien au monde ma vocation

les vagues tranchantes qui déferlent sur les rives inespérées ne sont que les feuilles arrachées au vaste paradis des poèmes…

l’enfant referme sa bande dessinée

il gratifie ses légendes

Flux du fleuve

Si peu les jours

De lune

je n’ai rien d’un méthodique journalier, je m’abandonne à l’univers en me laissant porter par les vents, je lâche prise… !

La plage

A Zahia el djazair ( la dernière fleur des montagnes libres )

je me renouvelle dans le circuit de la vie, un rendez-vous a été pris au printemps des oliviers. la plus belle des fleurs s’y trouve

comme tous les débuts en amour, j’ai ouvert à l’infini. puisqu’elle permettait entre autre la perception d’un été, l’équilibre entre le royaume des rêves et mon être… etc.

elle avait deux perles blanches sur ses délicats lobes, de longs cils noirs. dans son imaginaire rien, comme les petits riens érosifs. elle voyageait

je me reconsidère sous un œil nouveau

je ne suis qu’un idiot

un premier sourire

si douce est ta voix au téléphone

la douce mélopée

sur Skype, elle me disait : s’il te plaît, laisse-moi te voir. en éternité, elle était à gauche. il en était ainsi de nos débuts et de nos frictions avec le haram

aujourd’hui nous en somme nulle part, comme le couple d’araignées du wagon rose et demain est loin, déjà très loin!

l’inconnu saborde parfois les premiers élans.

je me tenais debout pour elle à une autre période de ma vie, sans doute par copie de son âme sur la mienne. le teint de ma peau avait la couleur du sel 

elle était l’inspiration de mes jours

l’héroïne de mes rêves

concert de sourires

aux piloris nos vies

se sont lancés

je tenais une petite gourde jaune en bandoulière, son eau était chaude sur mes lèvres. j’étais fier d’elle à l’ombre du soleil à la plage

j’avais perdu au préalable tous mes remparts de mon château de sable, je n’ai pas versé de larmes et mes yeux scrutaient un horizon sans imperméable

nous étions aux antipodes l’un de l’autre, nos intuitions s’avéraient identiques. je gardais néanmoins un profond désir d’apprendre à mieux la connaitre

cela n’a pas tenu aux épreuves de la distance

il y a eu d’autres plages

comme une outrance

l’amour nous parle de l’unisson

des cœurs

je me souviens de ses cheveux qui tombaient en boucles, des noirs… sa manière de se recoiffer, quelque chose d’intimement féminin et chorégraphique!

Les fenêtres

derrière les fenêtres de ma chambre séjourne une mini tempête et plus haut, la cime des arbres grabuges violemment. les sacrés montres qui me hantent

dans un clair-obscur Souade coud une laine. elle est belle. elle le sait. j’observe ses actions habiles et passionnées, comme quelque chose d’une Parque

je crois entendre une toux appuyée, et puis rien… l’épreuve du réveil! mes yeux larmoyant filent entre les lignes. à l’aube qui suit, je jure de changer la mélodie des fils

je maintiens le cap sous la couverture

je médite une récidive

chut, plus personne ne bouge!

le coup de tonnerre du mousquetaire

un silence entre les répliques

la proximité de cette nymphe aux allures de paysanne d’autrefois, aux tétons chantants avec des parfums d’huile d’olive qui donnent faim me soulève

le cœur ardent.

je pourrais être son têtard qui stagne sur sa blouse de satin. ça devient grotesque…! ou une petite grenouille qui bruite la texture de l’air ambiant. tu continues…!

je devrais même suivre le rythme et la moiteur de ses jours volés. ce n’est pas fini…! l’argent de ses aiguilles qui brillent… etc.

l’âme sonde le vide de la pièce

les mots restent suspendus sur ses lèvres rouges

une fumée blanche

l’âme s’élève des grands foyers

de Tizi-ouzou

c’est une travailleuse… attention, attention, attention! il ne nous faut surtout rien dire, sinon languir au fond du lit, un peu transi d’amour par son rictus diablesque

encore plus mystérieux des yeux.

comme seul les froids d’hiver savent faire de mes jours paumés, convalescents. c’est le jour de la reprise scolaire, peut-être bien qu’elle me devine!

quant à ce ciel et les nouvelles chaussures qui me tiennent au chaud, je remonte son court sous une pluie cinglante. quant à cette époque, je ne dirais qu’un mot: primitif!

j’en voulais à sa compassion

je n’espérais que la revoir le lendemain

une longue route

les grilles sont pour le louveteau

des nues

Zelda

À Camille.

surpris par un sempiternel matin gris, je regarde les trotteuses. bientôt sept heure et ton visage cabolé métra fin et à terre les ombres

j’essaie de me rappeler le nom des plantes et le nom de ma terre natale, celle que tu m’as laissée entendre. je referme le recueil que tu m’as prêté

les yeux usés.

nos corps se réchauffent entrelacés entre les blanches arcades, tu es lumineuse quand tu as les yeux fermés. je me console dans tes rêves d’insouciance refrénée

les sornettes blanches

tes jambes de sauterelle se dénudent, ô ma Shipy !

                                               caprice des aubes 

                                               sur l’aile boisée de l’automne

                                               les défunts amants     

as-tu toujours envie de partir avec moi, sans espoir aucun je te le dis, c’est le meilleur moment, – fuyons ! je renouvelle par cet appelle à ton cœur délicat mes vœux

l’aube ne dure que quelques instants éphémères et fugitifs. ô ma tendre idylle, elle sera moins mystérieuse et pour tous nos intervalles et nos besognes, salvatrice 

j’essaie d’imaginer ton père comme pour chaque missive amoureuse, mais sans grande fortune. je déraille dans des constances qui creusent ma contrariété

comme t’aimer, t’aimer encore au clair le jour

est-ce comme cela l’amour, veiller tant de nuits sur notre paradis?

fini l’éternel 

de l’ombre obscure 

qui sait d’orgueil

tes astres sont sûrs

ta tristesse est immense

et moi je suis petit

plus le désir de vivre

dans ta tête rabougri

les coups des au revoir

aux senteurs de vanille

crochètent mes guenilles

pour certains soirs

un nouveau lustre sous les toits du monde, je crois que sonne entre-nous l’ode de coton et la fin de l’intérim, celle-ci est une aube aux magiques coffrets

les nuages ont la couleur des mauves.

je pressens les plaisirs des petits-matins, comme répondre à ton sourire à la crème de lait, c’est fuir et être à la traîne des vaches à lait qui rentrent

je te parle encore de nous et d’aussi loin que mon esprit me porte. les moments qui glissent et auxquels je pense le plus à toi, car tu es partout

amour tout comme toi, tes accents de hautbois endormi 

tu es une fleur jolie, jolie… ton petit minois, ô mon astre français !

 belle-à-en-mourir-diva-insouciante-et-stérile-à travers-mes-rêves-fébriles-tu-sommeilles-je-te-rejoindrai-toujours-car-il-le-faut-dans-le-calme-lit-des-maladives-jeunesses… !

te revoilà, enfin je ne dis mot, ton teint de peau et tes yeux de jais m’instaurent… tâchons alors de rester présent à nous-mêmes! 

Charlot lettré

comme sortie d’une longue vague écumante, une déesse berbère ravivait le ciel et les arbres de ses courbes et couleurs chatoyantes

j’espionnais la vie imaginaire des écrivains publics de la grande poste. je me tenais là-bas pour chaque lettre manuscrite ou bordereaux de compte à remplir

j’étais à la recherche des lettres d’amoureux perdues dans le temps. une occupation honorable, puisque je tenais cette information d’une source sûre

est-elle arrivée jusqu’à moi

est-elle arrivée jusqu’à moi pour me délivrer ?

je regarde les pubs de patex

et autres produits…

( le monde est plat dans un journal ! )

dans l’espoir de trouver

une super glue

qui

colle deux fois

la même

surface

j’apprenais à mes dépens que ces histoires de jeunes gens étaient révolues, comme devant un mur de rose veloutée. j’étais vêtu de noir vieilli, un scarabée discret et sans rien me dire

lorsqu’elle met apparu dans son plus simple apparat, j’étais surtout attentif à ses arabesques en bleu de nuit et j’essayais par-dessus tout de me contenir en ayant un air naturel

elle ne contredisait aucunement la sainte taxe qu’il faut rétribuer à une espèce de Charlot lettré

la vie me souriait

je lui répondais avec toutes mes dents

l’armée du salut

un habille pour le nouveau concept

de vie

comme les plus beaux portraits au fusain que cette époque trop sérieuse à produit, à cette déesse commune aux bons poètes, j’ai dit qu’un jour tout sera enseveli et à jamais

elle a rit

Une époque fugace

elle en rêvait

elle l’a fait, flirter avec un homme qui était plus âgé

tous deux jouissaient de la même verve et prétendaient à un bonheur commun. ils s’étaient installés à l’arrière d’un break familial. il pleuvait au ralenti sur les vitres

ils ont échangé des phrases banales et joué à des jeux sur le téléphone. ils se sont même embrassés sur leur bande-son préférée: Memory Gospel

il l’a à peine effleurée pour être plus juste et précis dans l’expression, comme pour chercher son consentement. ils manifestaient comme tel leur fragilité

cet homme, c’est moi

Fatiha nous a quittés trois mois plus tard

réséda de printemps

je compose des vers bleus

en mille syllabes

Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha…

elle était tendre et mystérieuse sans pour autant se cacher derrière le simulacre des silences. elle aimait danser et fréquentait les DJ en vogue, la musique l’accaparait

elle était pleine de vie, pétillante!

je l’ai surpris par hasard aux abords de la gare des trains. elle était seule assise sur une nacelle, le regard perdu sur les voies ferrées qui invitent aux voyages

un jour que j’étais chez des amis, j’ai réécouté ce même titre en repensant à sa jeune voix de soprano. il m’emmenait aussi loin que peux un passé incertain

Fatiha dort à jamais paisiblement

Fatiha dort

raisins de la tristesse

les meilleurs couscoussiers

créent la pluie

Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha…

les instants d’amour que l’on partage avec nos amis restent insaisissables, ils sont plus précieux que la vie elle même. bien qu’on demeure mutilé à la lisière des disparus

c’est l’effervescence d’une époque qui a voulu vivre. une page s’est tournée de la main des vents, il nous restait plus que le fort souvenir des joies rares et inespérées

on évite avec tact d’évoquer les suicidés en société, peut-être au hammam! même si là encore, on se frictionne le corps pour échapper à son odeur que l’on traîne

puisque draper de pudeur.

la vie se charge de nos jeunes illusions

j’ai perdu une amie

vers un éden

derniers échos de l’amie

adieu, adieu…!

que son sourire habille le visage de nos filles, qu’elle ravive nos moindres frissons, que l’on s’oublie dans la perte, oh Dieu…!

Billet territorial

À la ville de Boumerdès.

je retrouve les histoires d’antan, comme le même bateau qui passe. j’étais un brin défectueux, sans rien d’abstrait. je déclarais mes positions

une somme répétitive en soi, peur native!

nous étions tous deux dans le calme de la baie, le ciel était une coquille d’œuf cassé et nos miroirs étaient neutres. je recoiffais ses cheveux de soie qui ondoyaient

un manège aux couleurs glauques tournait sous la neige, rien ou personne sur le sol déserté. elle avait froid sous ses vêtements et sous ses paupières bleues

c’était une garçonne

j’apprenais par cœur l’enclos de son alchimie

un cœur qui bat pour toi

et qui brûle

respire

une promesse d’éternité

après que celui-ci soit consommé, pas de chute après, indéniablement. il est constamment renouvelé dans son amour…!

je lui ai dit qu’elle pouvait m’aimer comme elle pouvait fuir, est-ce qu’elle était mon amoureuse? il y avait un silence de plomb et sans le secours des vents l’après-midi aurait été pesante

elle me parlait de sa recherche d’un you-you qui lui soit propre, environ à la puberté. elle avait même brisé une tuile avec la force de son bras

un art martial qu’elle maîtrisait.

je voulais rester près d’elle longtemps, comme un scarabée des sables qui s’enterre. j’aurai dû la retenir encore et ne plus m’occuper des affres de l’amour clownesque. le temps de nos retrouvailles était désordonné

cœur chagrin, le tiens

l’heure culmine pour de beaux adieux

à présent, je me sens

 : expiré

il ne reste presque rien de son parfum d’entropie

le vide intérieur entame son souvenir

il me revient en mémoire une chanson d’école, je déambule entre les arbres et une fontaine, les enfants qui courent et me halent… ! je crois que je n’étais attaché qu’à son corps à moitié nue

les vents ce soir ont des couleurs de regret et ses baisers sommeillent sur mes lèvres qui brûlent, une essence primaire qui rend sympa plus que fielleux

ne serait-ce que pour le bleu des paysages, l’amour d’une femme. il faut nous survivre et abattre les cloisons, essayer même d’en jouir. comme son emprunte que désormais je reconnais

l’irritation des niveaux d’affection

je ne rencontre que ces deux cas de figure:

l’éducation d’une jeune fille pour les temps d’une belle femme

son cœur prêté comme pour se pardonner à soi-même

la déchéance d’un jeune garçon pour les temps d’un vieille homme

mon cœur offert en perle d’émeraude que personne n’emplis

Les soirs bleus

À Ibtissem.

comme ce petit rocher au bout de mes doigts, tu es allongée sur le flanc gauche et tu me parles… je tends vers les lumières dans le lointain

serre-moi fort à perdre haleine.

je vois tes sidérantes planètes de beauté et comme un prélude à nos soirs bleus, toi tout habillée. mes dents mortes mordent ton oreille fendue

si tu es une fleur, je saurai être la tige.

mes mains lentement caresse ton corps qui joue, les mêmes mains qui se forment au mythe du sommeil trouble des eaux. attends-moi, je te rejoins

je gravite autour de tes veines de métal

tendre serpent! tendre femme!

c’est le loup

qui surgit

pour manger la fille

simplette

avec des fossettes

que je trouve

superbe

Ibtissama

c’est bien toi

personnellement

que je cherche, éperdument

et tout simplement, depuis longtemps…

par la force d’un canaris qui tremble, je caresse ton con. est-ce la petite mort des anges sur tes yeux ainsi larmoyants? j’acquiesce tes sursauts

la part de rêve que je te lègue.

les baisers corsés au goût de paradis, comme un gage de nos suprêmes sentiments. tu es du côté flamboyant de ma triste vie, la bouche de mes longs soupirs

là où il n’y a personne d’aussi chéri.

cette nuit talonnée de nos imaginaires s’est imprégnée de nous-mêmes et applaudis, peut-être la dernière de non-vécue! c’est ce que j’ai de profondément lâche et humain

tu me fais vibrer.

tu portes toute mon enfance

l’autel païen

les agréments secrets d’une vie incendiaire

et ses dangers et ses tourments… !

le noir besoin d’un ventre monstre et humide

tellement phallique !

la complicité offerte du monde juvénile

les chemins qui se croisent chez le dieu des carrefours

j’enveloppe nos soirées de mysticisme sauvage, avec toi jusqu’au petit-matin, parfois…

tu claques les portes sur le premier arrogant qui frémit, ostensiblement. je tiens tes nébuleuses parfumées avec mes doigts de neige, te possède

comme toi en moi.

j’adore mordiller tes tétons qui pointent comme des éoliennes. ton visage éclaire mon visage, la lune s’est couchée sur nos cœurs avides

je hume et embrasse ton coup ainsi que ton cul maladive, la lenteur de ma langue trompée de cire à longue chaîne te lape tout entière

sel du ciel ! merveille du ciel !

je te désir à l’échelle du nombre d’or

mon cœur t’appartient dans la durée sans condition

un soir dans tes vieux jours

lorsque tu seras assise pré de ton radiateur

repensant à tes jeunes et belles années

tu te diras A. m’a célébré, pense-y bien!

comme l’avez fait avant toi Hélène de France

le doux secret de cette maxime se cache dans ledit poème

pour la préservation de vos cœurs endoloris, le thermostat de ce poème à été réglé pour une température corporel de 42° environ.

Confidences sur une antisèche

le doux souvenir du parfum de tes cotons blancs, si lointain et pourtant persistant. n’est-ce pas une merveilleuse coquille d’été? même si au fond je te préférais pudique

je me confonds avec ton humide chaleur, l’auguste de ton austérité évanescente et mielleuse. un flash : je me demande si un jour tu me seras salutaire  

la brûlante femme mortifère et nue, perdue sur le lit douillet de mes souvenirs, ce même lit qui aujourd’hui te pleure. tu ne m’as à vrai dire jamais quitter

tu pourrais te nommer nuit nimbée d’une lueur.

je referme tous mes vœux altérés

j’essaie!

une eau morte

faussaire aux yeux de Z le chien

la calotte rouge

l’impossibilité de te trahir me fait défaut, je ne peux taire mon éducation et mon tempérament. la vie y est aussi pour quelque chose

je n’ai rien su dire sur la nature de mon amour pour toi, si ce n’est le trouble de mes yeux de silence étouffé. devrons-nous arpenter d’autres chemins pour se réaliser?

je commence à accepter l’usure de ton absence, comme voir le feu et les pierres s’entremêlaient, d’innombrables soleils du mauvais côté du panorama… etc. le plus terrible est que je n’y peux rien

une déprime circule entre les meubles

un air léger que je fredonne

les distributeurs de films

toujours avec le petit pincement au cœur

hier est l’éternel note

je regarde par la fenêtre cet oiseau qui nous prête attention, ses ailes pourront peut-être portées nos pas vers ton pays, parcourir le ciel en un éclair et recommencer

les embrassades sans l’esprit de la fête.

il n’est que trop distrait de disparaître, un tragédien. lorsque tout s’écroulera on ne vivra qu’avec les bactéries. je me dis qu’elle sera longue la route vers un ailleurs

j’ai failli oublier déteindre la cafetière, défaillante comme la mémoire que j’ai de ta peau. elle peine à rendre l’âme. je bois une dernière tasse avant le repentir

tu verras que c’est dans ma boite à rêves tout le temps

le bonjour de toute éternité

air glaciaire

et puis une étreinte

et puis…!

ton absence est comme quelque chose qui ne tient pas à grand chose… la mort peut-être nous réunira!

Un soir d’ivresse

j’avale les kilomètres de pente douce, les champs stériles défilent à la renverse. je vois un fauteuil de confection anglaise suspendu à un arbre. je confisque mes plates bandes à la conscience

je suis solidaire de mes longues manches noires, un réel vert sous l’œil ivre d’absinthe. j’abandonne tout comme un acquéreur sans le sou, tout dans un battement de nuit

je me voyais en Brecht un peu plus tôt, mais il n’y a aucun moyen d’être psychédélique. j’ébauchais une théâtralisation lorsque mes yeux sont tombés pour se cacher des pornographes

les hommes nous inspirent à plus de dureté avec soi

les vitres de mes voisins portent la croix

la ville en approche télescopique, les immensités de carton trompé trompent l’ouïe et les sens. il faudrait faire gaffe à ne pas me faire écrasé. je peux être aussi inconscient que le dernier des mohicans

je m’aile les doigts en pianiste lunaire et étrange, l’autre ivresse se mérite. c’est l’été des coutumières paysannes qui se baladent sur les rives du fleuve où on s’enlise. je m’en presse à la démolition

je descends fulminant vers mes concaves reculées, la fumée se fait rare. je rencontre un géant aux pieds asymétriques, le sol est couvert de verres, des éclats ! le nauséabond thoracique des marécages me freine

j’anéantis ma respiration

j’implore sa miséricorde 

je fais quelques offrandes à une statue de pierre sans oublier de saluer le nom des rues

Embryon

1/3

non loin de l’arbre à poèmes salvateur plus qu’autre chose, comme sur des chemins de traverses. j’écris l’histoire en même temps que je la vis

je me surprend à bien penser, comme les citations philosophiques, les dictionnaires… etc. j’aime les significations sur les origines, le passé et les paysages

j’ai une admiration immodéré pour l’aventure, de mon voyage autour de l’univers des poètes et des poétesses. je devrais sans doute reprendre, aller dans la bib’othèque et relire

surtout, les ouvrages antérieurs.

je suis un lecteur, l’être de sentiments

je projette mes attentes et une part de moi-même

la poésie

c’est lorsqu’on a faim, pour les affamés !

de mots

de pain

de vivre

lorsqu’un poète dit pour toujours, il faut entendre toujours ailleurs… !

écriture, lecture et cigarette à n’en plus finir, la poésie rend aussi malade, même si de son flanc naît la littérature. la manière de la construire est de tout déconstruire

comme torde l’articuler.

je n’en fais pas un caprice au quotidien, mais cela veut dire quoi être soi-même? ceci n’existe pas et encore moins admissible, surtout quand l’inspiration dicte nos actes

sur ces entrefaites: un poète, c’est le non-être dans l’absolu.

aussi abrupt que cela puisse paraître, il n’y a pas de bon poète ou de mauvais poète. pour trois heures de temps comme un seul cri, j’étais prophète

j’écris comme un peintre

je vis en poète

il n’y a pas de route pour le non-doute !
il n’y a pas de route sans aucun doute !

nous autres chantre et chandelier de toute heure, nous prenons acte de la part sublime de ce monde: intransigeance // vigueur // manifeste

au-delà des monts, nous continuerons à porter notre mort et nous vous porterons, n’attendons plus, partons partons partons… ! n’est-il pas urgent?

créer et produire est comme une offrande des âmes au grand chêne, telles sont nos paroles, écrire…! c’est à dire, aller d’une table bancale à une autre

on s’abreuve d’une unique essence

le travail fait les différences

on ne sait pas si c’est un remède comme une magie noire

on ne sait pas si c’est une nécessité comme des lépreux

2/3

loin des rivages et toujours à l’école des jeunes apprentis, je me suis assis tout près du même arbre de la création. un fruitier cabossé qui de son soleil s’épanouit

je me suis retrouvé en déployant mes toutes nouvelles ailes de perception, j’ai survolé les plaines et les montagnes bleues jusqu’aux climats peu cléments

le pli d’une couverture.

je n’envisageais aucune reddition, le seul et libre était toute mon intention

la poésie, et peut-être vivre sans ?

j’aime à évider le réel

ce chenal découvert est devenu mon nouvel érotisme ( lecture // écriture ) une tentative d’initié et privilégié. une source d’eau blanche qui donne sens aux racines

bois, bois, bois… !

elle est proche de la mort que je l’envisage comme l’une de mes dernières ruses pour désespérer mes parents, ma petite société

c’est juste la vie rêvée d’un homme exalté qui dissipe ses incertitudes, un homme qui parle d’une renaissance

je ne fais pas école

je dis comme ni plus ni moins

il faut vivre pour voir la poésie de ce monde

il nous faut de la poésie pour survivre

je veux vivre pour respirer

les mots font l’écriture

je vois le ciel. petit, je suis !

je vois le ciel. petit, je suis !

je vois le ciel. petit, je suis !

j’ai cherché ma quiétude dans les infinis miniatures  

j’ai combattu toute volonté de puissance

je veux respirer pour vivre de la poésie

Chimène est certainement une jolie fille

( il y a une expression qui dit avoir les yeux de Chimène )

je suis un éternel célibataire

j’écoute pour vous servir vos attentes dans le silence des nuits, les heureux accidents qui adviennent de façon fortuite et imprévisible

je tâte dans l’air les formes et les idées à travers les siècles, une contemplation que je mets en relief de ce que nous-sommes

je tombe souvent sur des vers froissés en me brisant les mains irrécupérables sur ma lyre. j’appréhende par là même l’esprit de l’émancipation

je m’empresse d’oublié pour faire peau neuf

une mue avant la migration

le temps de la révélation est comme des spasmes

les instants de l’écriture sont comme une dilatation du temps

3/3

c’est des destinations insoutenables, un cloaque ? ce n’est que des fatalités, des rumeurs lointaines. qu’est-ce qui nous fait miroiter, ou ils ? peut-être les lames

les nuages, la télévision, les parole, les arbres, les parkings… etc. comme un magma souterrain, le contenant en entier est sujet au poème, même au-delà. le suprême désir comme une prière, je prie

je vois les gens salutaires qui marchent, ils marchent en dormants. les rues sont les bras boutonneux d’une seule femme, sans tête et sans psyché qui se nomme monde

je hurle mon cri

comme mordre mes couvertures à l’odeur de jasmin

moi je voudrais prendre des bateaux

moi je voudrais monter aux arbres

moi je voudrais la revoir dans ce petit cœur

la poésie algérienne a gagné en transmission grâce aux écrits, elle s’ampute également en spontanéité et fraîcheur

à l’inverse du chaâbi.

elle n’a été soucieuse que de son histoire, l’identité nationale et culturelle. l’ouverture au monde ne s’est fait que par le biais de la langue française

un butin nous disent les aèdes.

chacun sait le fossé qui sépare un poète de la société, une traversée

quelque chose du guerrier qui pour vaincre dépose ses armes

que vous sortez, du moins encore vivant! ou que vous rentrez, peu importe! mais qui que vous soyez, Shalem et Paix et Salem

j’affirme de mémoire ancienne mon bonheur inachevé, parce que non-avoué. il n’y rien de délibérer dans ce poème

il est d’une lenteur cet été

tout baigne dans le vide de mes pensées

Quelque chose d’un au revoir

À Nathalie.

il me semble et ça m’en à tout l’air d’une romance sans paroles. confiante dans les faubourgs et les troquets, tu faisais la guerre aux hommes bibliques

une mythique vocifératrice.

tu étais une beauté et tes cheveux rayonnaient sous les lampadaires de la ville, une petite créature a troué mes nuits désincarnées et solitaires. j’ai essuyé du moins la honte du ciel en plongeant entre tes bras

il y avait de quoi avoir peur!

mes mains en quête d’une nouvelle limite tremblaient sur ton corps, un verre de sang et des os en porcelaine ! je t’ai rhabillée de fripes espagnoles et rêveusement, je m’abandonnais à tes lèvres à demi closes

il pleuvait sur nous

il pleuvait

tout me dicte

je noircis mon cœur badin

à l’encre du jour

nous étions pré d’une lampe de nuit, nous fumions parmi de tendres jeux qui nous animaient. nous vivions follement et cela te semblait bon, nocturne soleil !

tu m’as dicté tes faits d’arme: je n’ai pas les voiles. les grandes et blanches, est-ce que tu comprends? la grêle m’appelle et ne me cherche pas des noises… !

nous dormions à petit feu cette nuit là.

une pensée a heurté l’argile de mes mots, une formule libre et cruelle. celle au fond où tu n’étais rien qu’une comète pour un bédouin. le silence est retombé entre nous

comme pour durer cette fois-ci.

la lampe s’employait à veiller

la lampe s’est figée

une couronne de fleurs

les silences sont parfois long

à la détente

je cherche depuis tes yeux de différente lecture, je les cherche partout où s’immisce le doute de mes songes. parce qu’après tout, tu pleurais le jour de nos adieux

j’ai même considéré ton double totem, curieux surtout de toi. les autres filles croisées dans les rues, les trains… etc. elles ont toutes ton sourire, mais rien d’aussi fauve que l’expression de tes yeux

je vois des châtains et des rouquines, les coquines!

la méditerranée nous sépare… – euh puis quoi? de l’autre côté tu ne portais pas de blouse en fer ou de henné… ! mais est-ce que tu portes toujours ton inimitable masque?

je revois l’abîme qui nous distinguait

comme ton éloignement

une romance sans couverture

jusqu’à ce que le jour se farde

de tes yeux

je te retrouverais toujours dans mes souvenirs, disponible et abordable comme au premier jour… !

Cuirasse

À Hania.

certains soirs de gaie mélancolie et avant de m’endormir, je joue avec le rebord en bois de ma table de chevet, vernis et froid au toucher

oh Dieu faite que j’aime encore !

je tombe dans un état qui ne possède aucune chute ou scaphandre. un gouffre peut-être qui espère: un coucher de soleil sombre dans les lointains… etc.

je repasse en revue toutes les vies intérieures et entrevues, comme une mise à distance que j’assemble bout à bout. face à une sorte de néant, je m’aperçois que ma vie est un territoire inoccupé

je savoure les instants éternels très rares

comme une coquille ensablée

la fin d’un amour

un baiser offert dans le vent

senteurs du Rif

comme après chaque soir je revisite en solitaire les mémorables siècles, je revois et estime la dette contracté envers les auteurs que je relis et que j’admire 

je ronge la peau de mes ongles pour m’en extraire, le chantier de mon anxiété ne s’étanche qu’à la vue du sang. je serre alors les poings pour m’habituer à la brûlure

les nuits m’avalent par ailleurs et le fruit de leurs entrailles n’est que tromperie et laideur, je ne remarque la fin de mes turpitudes qu’au lever du soleil, même si le vieux soleil ne résout pas tout

même dans les plus noirs songes

j’erre parmi les étoiles

les liens virtuels

une feuille a la légèreté

d’une colombe

je céderais un jour volontiers le passage aux hommes, les bêtes et les casseroles semblables à des virevoltants. peut-être que les nuits daigneraient adoucir mes indignations

je rejoindrais ma maison seul et tranquille, bien après que les mots désertés ne laisseraient que mes os, au même titre que les drapeaux au ralenti

je déposerais mes ailes encore tièdes sur des feuilles pour expier les fautes de mes semblables. la vie est dure ici-bas, mille pardons…! je danse sur mes pieds de chaman

la cérémonie ne fait que commencer

comme un long détour dans les grands fonds

ciel de midi

la lune lézarde son quart

au soleil

est-ce que c’est la fin qui recommence, s’éternise de volupté. ô l’obscure condamné ! les fins par milliers échouent sur les rives de ton cœur incompris, que le vent les emporte aussi loin que les lointains paradis… !

Le ciel de la Loire

À Fanny.

mon aimée est quelque part vivante sur le globe, je l’imagine au pré d’un cours d’eau chantant nos retrouvailles. les mains levés au ciel en signe de prière

je l’imagine maudire le premier jour de notre rencontre, et bien d’avantage! c’était une conquérante des cases vides de la partie qui se jouait

elle était l’unique fille d’une union désastreuse qui portait son enfance, une qualité qui se perd. même si le principe de son amour était de rêver d’elle éveiller

de toute souillure mon âme blessée sera lavée 

l’eau stagnait dans les barques le long de la Loire

                ruisselle vite la neige qui n’est pas saisonnière 

                la patience des feuilles d’arbre qui s’effacent du sol

                prends garde à ces instants fatidiques de tous les départs

comme une mise à distance, comme un an de décompter. c’était déjà l’été, elle voulait comparer nos pas. elle guettait l’autre rive, c’était trop tard, trop tard… !

comme après chaque absence, la nature se remettait à éclore sous mes pieds. mon téléphone tombait à l’eau et j’osais lever mes yeux au ciel pour l’atteindre

les nuits se ramifiaient en me laissant au vertige de la perte, je n’ai rien compris à ce qui m’arrivait. mes nouvelles relations depuis ce jour sont une suite de catastrophes

c’était l’amour véritable.

je m’en suis allé sous la pluie

c’était fini

ô cœur tendre !

reviens sur l’irrémédiable

bien des saisons

j’apprenais à nager dans le flou au lieu d’entrevoir une possible réconciliation, une harmonie entre nous. d’ailleurs, je n’avais pas mon mot à dire et j’y ai consenti

reconquérir, c’est déjà avouer la perte.

je repense aux moments joyeux de notre union, comme quelques feuilles qui fermentent dans un pot. j’ai consigné presque tout aux oubliettes

ce presque est une brindille!

la frénétique clairvoyance d’un amoureux transi : il-n-y-a-pas-plus-grand-que-les-élans-du-cœur-ma-vie-jusqu-à-ce-présent-qui-se meurt-n’-était-que-déception-parsemée-de-brèves-éclaircies-où-hélas-hélas-je-m’-étais-noyé-sous-le-bleu…

que Dieu nous vienne en aide

que les vents emportent mes paroles  

de page en page

je perds le courage des mots

mort à vif

– pourquoi tu ne changes pas de chaîne ?
– regarde, c’est beau un nu…

Les fleurs fanées

À Véronique.

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, et en toute saison, elles interpellent nos esprits égarées   

elles rivalisent d’épanouissement et de senteur, puis hagardes, vient le temps de l’inattendu, comme un mini crépuscule éblouissant

nous parlons des fleurs qui n’ont rien à envier aux imitations suffisantes et opalines, ou une jeunesse qui étale ses pétales rouges grimoires devant toutes les ouvertures

les plus engageants les piétinent.

les fleurs hors saison

j’efface mon jeu du grand tout

un kimono!

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, et en toute saison, elles interpellent nos esprits égarées

elles changent d’aura à la nuit tombée et que l’on pourrait presque prendre pour une peinture de la nature morte. le temps n’a plus cours autour en leur présence

nous parlons des fleurs auprès desquelles on sent une certaine douceur de l’air ambiant, lorsqu’elles s’offrent au rythme des vents sur une musique des sphères

la route des oliviers

les cafés ont des sourires

de fleurs

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, et en toute saison, elles interpellent nos esprits égarées

nous parlons des fleurs qui semblent se superposer au réel avec leurs délicates lèvres qui s’approchent pour nous arpenter délicieusement

elles offrent d’ailleurs des fleurs.

mon âme a croisé le houleux destin d’une magnifique fleur qui vague, une superbe de l’automne. sauvez-les des détritus ! parce qu’elles vous aiment !

les papillons ont des ailes et parcourent des kilomètres

les fleurs fanées sont aériennes

l’odeur des sous-bois

je penche sur le chemin pour une violette

entre les reliefs

Les cloches

nous-sommes assis sur un divan éméché et mauve, nous sentons la fin de soirée. vous portez encore votre écharpe noire et de coton autour du cou

votre long cou…!

mes doigts jouent délicatement avec un billet bleu plié trois fois, c’est comme un instant dans la vie d’un homme qui me paraît sans fin. il est pour nous seuls ce billet que je m’avoue

nous étions plus tôt d’humeur suicidaire, sans tact. vous aviez la même expression du visage à celle des jours exécrables, parce que j’ai trouvé la perle

la garde mélancolique.

dans ce bar au coin de la rue Triangulaire

nous humions en marchant des pastels les bras croisés

une trachée de marbre

la petite géographie de l’univers

féminins

il y a de la poussière partout sur les meubles, les affiches de cinéma les dos blancs face aux murs et sur des oiseaux flous que l’on peine à reconnaître

nous chantons le cœur plein, nous fumons l’herbe du Maghreb en écoutant un tam-tam historique, une loi lointaine, de vieilles rengaines qui font corps mystique 

parmi nous très peu savent qu’ils sont encore en vie, tous portent une seconde peau de circonstance et surtout des masques. je trouve que c’est bien un masque !

les nuits glissent sur nous et quelque part nous pénètrent

comme une eau verte souvent désirée

je-sors-les-voiles-de-face-sur-la-proue-en-improvisant-un-maintien-de-biquet-je-me-rends-compte-très-vite-qu’-avec-vous-je-n’ai-rien-d’-un-marin… !   

nous nous exerçons au jeu de la voix me gagne la voix me perd dans un état d’esprit de samouraïs, même si nous n’avions aucune tête à couper

on se lasse même des films japonais!

je mords votre oreille tout en expulsant des mots de jalousie extrême. vous restez de marbre, un brin hautaine. je sais qu’à d’autres vous offrez votre sein fécond

je me retire et me déverse sur le sol tout en laissant derrière moi, comme des petites écorchures de sable rouge sur votre lobe droit

les étoiles donnent du relief à nos folles nuits

nous virevoltons les lendemains

l’acte de foi poétique

couronné pour la nuit par le pelage

d’un chat