Les squares

les apparences ont comme une odeur de friture sur un corps, une faim que je reconnais. ô mes amours, je suis profondément blessé ! libre de vous aimer encore et blessé j’ai quelque chose d’une plante qui survit et une marre, sous peu, je serai noyé par des regrets. c’était moi en chemise blanche dans lesLire la suite « Les squares »

Une cigarette pour méditer

les épines du rosier te piquent, tranchantes qu’elles deviennent dégueulasse ! tu fumes entre temps, attentif à la durée de ta cigarette ce moment peut te sembler une éternité lorsque le doute te submerge. tu survis à des crevasses. elle crée des ponts entiers suspendus, en suspens un jardin où les rêves lointains te fument, rabâchésLire la suite « Une cigarette pour méditer »

Pourquoi Dieu fait la sieste !

un jour il n’y aura plus un mot d’amitié, plus personne n’apportera de solution ! je finirai seul et béat. ce monde gagne à tous les coups. Il gagne à tous les coups je traverse une incessante lutte dans l’anonymat, n’empêche la mort nous toise. je la reconnais partout où je pose mes pas j’aimeLire la suite « Pourquoi Dieu fait la sieste ! »

À porter de main

je fais mon marché pour ce week-end, comme rare ceux qui savent l’exil ! déjà l’aube avec ses couleurs décimées sur le toit de quelques chenilles l’homme dort sur la paille d’un pays après une lecture. de sa vie, j’en serais bouleversé. de sa mort, j’en serais changé. ce matin, il se sent fragile  c’est de laLire la suite « À porter de main »

La doublure

puisque tout est voué à disparaître, il boit et sort tous les soirs. c’est l’histoire d’un homme qui ne peut oublier les morts, seule sa mémoire hâtive nous sépare l’âme aussi légère qu’une sainte colombe, il avance vers lui et parle. un oncle défunt ! le ridicule d’avoir cru à son retour ne le tueLire la suite « La doublure »

Je vous regarde

À Ghiles. une phrase qui sonne creuse comme une directive que l’on se fait à soi-même : un jour, je serai votre prophète ! un moderne, l’un de ses jours d’une insondable nuit je suis quelqu’un d’endurant, un paysagiste œuvrant pour Dieu et sa création, les murs de mains froides plein devant ! est-ce que je suis assezLire la suite « Je vous regarde »

Bonne chance !

À Hakim. je raconte mon expérience de la poésie, mon univers intérieur. une sorte de comète olympique ! terriblement doué, un bonheur presque parfait de ne plus être je suis défectueux comme la machine dans mon rêve initiatique d’il y a longtemps. que cela soit un signe ou parce que justement je rêve !    la choseLire la suite « Bonne chance ! »

Sur le départ

les jours qui précédent un départ sont toujours particuliers, je ne passerais plus par-dessus ce qui me traverse et m’arrive je crois que tout est lieu de poésie : un nuage qui passe et s’évapore, une respiration calme et régulière, le bruit du moteur d’un motocycle… etc.   nous-sommes souvent appelés vers un ailleurs, comme répondre à l’enviLire la suite « Sur le départ »

Rappel

la mort se résume dans certaines régions du globe par un échec personnel et cuisant, dans d’autres par un aboutissement. la mienne sera une célébration    celle des poètes m’a toujours attristé plus que quiconque et à force, j’ai cessé de les pleurer. les poètes savent englober le tout, même dans l’inachevé, le bancal… etc. leLire la suite « Rappel »

Initiation à l’écriture

À Amel. 1/3 je tombe dans l’immensité de la nuit comme un diamant poli qui soudain nous tomberait des mains. ce soir, la nuit est une roche j’aime perdre mon temps pour les causes perdues, un chevalier ! me perdre dans les forêts où on ne peut jamais rien voir     il me semble que votreLire la suite « Initiation à l’écriture »

Le quai des jours

du quai des jours mon navire s’éloignait, mes hélices du drame… ! j’avais le crâne fêlé, la coque abritait un sans nom où le fil de la sonde se rompait je glanais les réponses de l’enfance du ciel et de mes voltiges. je ne tenais pas rigueur à l’adversité et j’exécrais les idées fixes et habituellesLire la suite « Le quai des jours »

En rade

c’est dans cette mairie que nos chemins se sont croisés. depuis, rien n’a été pareil pour moi, plus le même ! au fond, je ne sais faire que ça je nous revois encore comme au premier jour, un peu maladroits, nous attendions l’enjouement des colombes. j’avais un peu de boue entre les dents c’est devant cetteLire la suite « En rade »

Moments

À Oussama. une passion que j’ai enterrée à l’âge de 21 ans, elle aurait pu s’achever cinq ans plus tôt, la vie en a décidé autrement les jeunes aspirations ne trouvent écho que dans nos miroirs internes. pour une fin, c’était salvateur comme il y a un terminus pour chaque trajet, on fait l’impasse surLire la suite « Moments »

Courage

on avait quelque chose d’héroïque lorsqu’on revenait d’Alger. aujourd’hui… nom de dieu ! quel aujourd’hui, l’uniformisation ? je déplore mon pays de poésie je n’étais pas fait pour la compétition. les rivalités m’insupportent, allé toujours plus haut et toujours plus fort, c’est bien foutu pour du bétail ou à la télévision les visages défaits queLire la suite « Courage »

Songe

c’était pendant une fête théâtrale, il y avait une certaine hésitation dans les attitudes, une bouteille d’alcool lancé contre le mur, mais d’une colère, une blanche colère ! la soirée bâtait le plein de mondanités, j’observais le plafonnier jauni et l’idée d’une pendaison, comme une offrande ! on perd de nos jours le sens du sacrificeLire la suite « Songe »

L’orangerie

les mauvaises nouvelles parcourent des univers, comme nos rivières qui sont taries. les chemins sont balisés autour de l’ordinaire douillet tu as passé l’orangerie au crible de ton cœur, tu ne vois qu’un homme de boue et les bienfaits de son Dieu qui déclinent tu vois aussi un couple à la verticale avec une écharpeLire la suite « L’orangerie »

Divagations

À Célia. ce soir à l’hôtel je ne suis plus d’humeur à la Traviata, il me parvient par la fenêtre le bruit d’une ville blanche, par la fenêtre solitaire d’un nomade urbain. j’ai une vue sur les toits et sur les voitures à cristaux en contrebas, avec les trams qui rament et passent, les passantsLire la suite « Divagations »

Matières

1/3 j’ai suivi des filles bien en chair et entre mes mains, il y avait une fleur des bois pour chacune je ne trouvais grâce aux yeux de personne. on me répondait souvent que ce n’était ni le bon moment et ni les bonnes coutumes         ou parfois : as-tu lu le livre de Saint-Exupéry ? –Lire la suite « Matières »

Séquences

je me souviens d’une fille, peut-être que c’était déjà une femme, mais les relatifs ne sont pas très importants. je revenais du pays et il faisait tout aussi chaud. on étouffait sous la chaleur de l’été, c’était en 2006 elle s’appelait … ! ce dont je me souviens parfaitement ce sont ses études en écoleLire la suite « Séquences »

Couleurs

la liste de mes courses de ce matin, non exhaustif : deux pulls de chez Emmaüs, trois cendriers, un tirage loto, une baguette de pain, des bananes, du thon à la tomate… les rues bordelaises copulent aux dépends des passants et ses boxeuses irréelles, ce sont de modernes minerves qui travaillent au corps, je reste sereinLire la suite « Couleurs »

La commune

je vous conte mon rêve de cette nuit, mais d’une tristesse, oh mon Dieu ! d’une tristesse… ! vous verrez qu’il y a de quoi bander une désillusion s’abat en ce jour de fête sur ma grande famille, comme la ciguë qu’il faudrait boire dès à présent les voix rassemblées disaient que le pays vaLire la suite « La commune »

Une compagne

celle qui m’accompagne ne porte aucun nom. c’est une fille imaginaire, une pure fiction. elle creuse dans mon cœur des sillons elle est du Sahel, habituée à rassembler la fleur de sel et une huile de phosphore éblouissante. méfiez-vous, elle pratique le meurtre à l’aide d’un unique poison lorsqu’elle veut embrasser le désert, elle prononceLire la suite « Une compagne »

Guérir

le rêve étrange de la nuit passée où tu mets apparu. tu versais de longs sanglots. je pleurais aussi cette énième déchirure. tu avais tes grands yeux noirs, tristes comme les nuages que tu appréhendais tu étais du granite dans les proches rues et les algues te poussaient aux pieds. c’était impossible pour moi de t’approcherLire la suite « Guérir »

Dans une maison

une humble pendule de bois se détachait dans le salon, son coucou ne fonctionnait presque plus et on ne savait pourquoi je prenais déjà mes distances de l’incommensurable avalanche du temps, qu’il me fallait pressentir le bruit poitrinaire de la pendule – tic-tac… ! bien après la nuit noire qui s’est installée, je suis tombé surLire la suite « Dans une maison »

Hymne de la nuit

A Mehidin. il me parvient par la fenêtre un vent parfumé et tiède, à peine plus perceptible, une musique de la maison des filles: du hip-hop de parade une célébration dans l’air enjoué d’aujourd’hui, un mariage a été fait. l’innocence qui se donne des airs d’adulte !  je repense au terrain vague des grands nègresLire la suite « Hymne de la nuit »

Plan

tu veux vivre bêtement et t’éloigner des obligations quotidiennes, à l’état primitif dis-tu. comme au retour des saisons que l’on considère comme nôtre tu ne veux plus avoir de phrases concises à méditer. tu ne veux plus envisager les incongrus s’échappant d’un monde souterrain hypothétique tu veux fuir les nouvelles d’où qu’elles viennent et laLire la suite « Plan »

Es-tu-air=(e)

il faut croire que j’ai vos visages sur le dos tout courbé, que dois-je faire aujourd’hui de votre absence ? je tiens difficilement sur mes supports et c’est bien le retour de mes erreurs passées. j’ai la tête hors de l’eau javellisée, à peine juste de quoi me narguer ne vous inquiétez pas outre mesure,Lire la suite « Es-tu-air=(e) »

Un couple du dehors

À Camille. ils ont bu beaucoup de cafés et ils ont dîné dans de charmants restaurants, ils ont fini par s’aimer et aménager ensemble ils avaient tout pour être un couple heureux et comme pour sceller leur union, elle lui a offert des charentaises et lui un bracelet ils n’étaient pas portés sur le sexeLire la suite « Un couple du dehors »

Monnaie

je me souviens du jour où j’ai commencé à survivre. c’était pendant les vacances, j’ai allumé la télé. un jour routinier à glutiner devant muer, j’étais jeune j’avais perdu le goût des choses, je ne trouvais plus de sens à rien. c’était dur ! quel drôle de début pour l’apprentissage de la vie j’ai commisLire la suite « Monnaie »

Escapade

je suis à peu près immobile sur une vaste plage, l’océan bouge. mon intérieur est moyennement confortable, je me demande si tout change autour, comme sur une carte postale je remarque des silhouettes au loin sur la rive, des bêtes mortes sur le sable et une très belle fille sous son k-way rouge l’horizon brumeuxLire la suite « Escapade »

Silex

il a fait plutôt beau aujourd’hui même dans le cœur des gens ce qui n’exclut pas leur violence ! je vous dis qu’après la tempête vient l’amour après le moi corrosif, à moi la chaleur… ! de nouveau libre et peut-être définitivement guéri de son emprise. je me demande pour combien de temps, je saisLire la suite « Silex »

Pratique

j’écris des poésies en français n’importe où et sur n’importe quoi. pour ce faire, j’aligne des lettres derrière un voile. elles venaient parfois et je les fuyais. à présent, j’accueille à la fin de mon poème et tout de suite avant ma première lecture, je sens comme une présence au-dessus de mon épaule c’est laLire la suite « Pratique »

L’oiseau

mon oiseau a la bougeotte ! à ce qu’il parait, c’est une des conditions de sa survie. il va et vient dans la cage en imitant les chauves-souris non domestiques au réveil dès que j’enlève le voile qui le recouvre pour la nuit, il est déjà tout excité et m’attaque. je vois bien qu’il neLire la suite « L’oiseau »

Résiste

une ombre trône dans l’hospice, je rêve de caresse future en dansant dans les locaux, sans même bouger de mon lit c’est des damnés et que je tombe à la renverse en suivant la course des sages plus que jamais perdus dans les agglomérations   est-ce que je m’endors, comme le baume dans les veines soyeuses ouLire la suite « Résiste »

Absences

1/3 je réapprends à aimer, vous dites que l’amour est un sentiment infini. à un moment, j’ai fermé les portes, comme un raccourci vers la nuit après ne sachant comment le vivre, il m’est difficile de l’exprimer. je ne sais rien d’autre que mon insignifiance comme le travail des choses précieuses, l’orfèvrerie, les pierres… dansLire la suite « Absences »

Pôle

comme s’amarrer sur de fabuleuses îles, je plante une graine en vous, aucunement surpris par le sort de nos vies, aussi futile soit-elle devant l’inéluctable vous n’êtes pas obligé de tout savoir, mais il faut rester attentif, il faut s’envoler aussi de tout son être, s’envoler ! arpenter l’échelle du temps jusqu’à vos origines lointaines,Lire la suite « Pôle »

Préparatifs

on s’était dit plusieurs fois adieu sur un quai de gare, ( j’irai sans doute à el-oued !) au milieu d’une foule de gens compacte et puis, tu es partie on t’aurait pris aisément pour un ange déchu des cieux, tu étais vapeureuse et étrangement tes lèvres étaient blanches, presquement livides c’était comme si lesLire la suite « Préparatifs »

L’inadapté

si l’homme a créé les dieux ce n’est que par accident … j’ai fui les classes et les bancs du petit écolier, comme tout orphelin fatigué du système qualitatif. l’esprit de la tornade dans mes oreilles droites       les rues après l’orage lorsqu’elles abondent de secrets, elles révèlent au premier venu les airs de baladeLire la suite « L’inadapté »

Hôpital occipital

A Samy. lorsque je l’ai vu pour la première fois, j’ai senti une douce chaleur dans le ventre, comme quelque chose qui affame. elle ressemblait tellement à une petite pomme à croquer  le teint pâle, Marie était toute jeune et gravement malade, elle passait le plus clair de son temps dans un hôpital, un grandLire la suite « Hôpital occipital »

Synopsis d’une journée d’automne

il marche théâtralement dans une rue d’automne, une sainte forêt au milieu des feux il croise des géants et bouscule des hercules, plus limpides que la chair, plus fracassants que les éclairs il reste ample comme les dunes de son enfance de son adolescence où il y a la douceur du vent digne du froidLire la suite « Synopsis d’une journée d’automne »

Radio

derrière chaque poste radio il y a un être vivant qui fredonne… le poste est comme une seconde peau, je le tiens pour primordial dans une maison. il meuble mon quotidien monotone d’une transmission continue, ou presque en fin de journée, après une balade au parc ou quand je rentre tard, il reste allumé, jeLire la suite « Radio »

No man’s land

je lis les exclus des bibliothèques, les conventionnels. une littérature ringarde et naïve par ses propositions. il m’est difficile en ce cas de croire à la gratuité dans ces livres estampillés que l’on peut facilement reconnaître entre tous, l’auteur termine son récit avec un mot intelligent, contre tous les silences de l’éternité un livre estLire la suite « No man’s land »

Ain El Hallouf

A Rabah. mes larmes coulent vers le bas, comme une eau qui jaillit d’une source froide, une eau dégueulasse à boire et en cela une saturation j’avais neuf ans et on voyait encore des sangliers affolés au pied de nos portes que l’on verrouillait, comme pour les voleuses d’enfants il y a que je plaisantaisLire la suite « Ain El Hallouf »

Felouque

je vais m’allonger sous le figuier du jardin et m’émouvoir dans la froideur du temps, comme sur une felouque en papier artisanal je voguerai avec la lune et les étoiles sur le grand fleuve des mots, peut-être que je jetterai l’encre dans les soirs interminables du Pacifique qui est dit-on sans mémoire je vivrai plusieursLire la suite « Felouque »