Inter

les enfants d’halloween : clown au sourire sanguinaire fois 2 – faucheuse fois 3 ( pas tout à fait propre ). dragon bleu – licorne – prisonnier zombie ( ils étaient frères et sœurs ). jason à la tronçonneuse ( il fessait vraiment peur ! ). pleureuse cernée de lave rouge ( pareil, effrayant une fille si triste ). vampire fois 2 ( comme Rémy, très rechercher ). squelette ( elle avait déjà tout compris ). casa de papel ( c’était je crois la saison une ). tête de mort en costume – chaperon rouge ( je disais toujours : chapeau en rouge ). zombi bègue ( il intériorisait drôlement vite ). blessée au canif – reine de cœur ( j’étais du côté des monstres ). pikachu ( vexé lorsque je le prenais pour une abeille ).

les premiers me disaient s.t.p des bonbons ou un sort, et encore ! je devrais dire des éponges, parmi tous les autres monstres avec des allergies et pas assez de moyens pour un déguisement

je ne savais pourquoi les adultes dehors m’apparaissaient à bout, même à vélo ! tout était à la morosité, sous une impression que l’on ne me pleurait pas longtemps. pleurer, pour moi, c’était comme une prière

je n’avais qu’une envie : raser les murs et marcher mes yeux rivés au sol, ou sur les façades comme des balises de visages, d’images d’avant l’exil, de mots et des parfums qui remontaient

parfois, moi, rien ne me réjouissait – parfois, moi, rien ne m’abattait – parfois, moi, un rien m’ouvrait un horizon

il n’y avait que sur les quais que j’étais hermétique à tout. je me remémorais à volonté les voyageurs du pont de pierre et les poètes de tous les jours, vocalisant entre mes dents des onomatopées. c’était mon jazz

tout à coup, tout me pesait d’un poids qui ne me prenait pas, si décevant à moi-même. je hurlais soleil ! la fête foraine, ce cactus ! je la parcourais de biais. la roue tournait – tournait

parfois, moi, il m’arrivait de pleurer toute l’eau de mon corps rien que d’une simple impression, une idée inaboutie, un mot lu ou entendu, un regard qui retombe

combien j’étais idiot : néant.

combien j’étais aimé : néant.

il pleuvait comme du sucre

comme une bouche – je n’avais pas de passoire

parfois, moi, ce n’était jamais moi, à la limite !

Aimé C. par ailleurs me faisait taire

sur un banc, sous un platane, je déclinais une rencontre. on croisait de rares mandarins ! un peu plus loin, des amoureux se donnaient la main, encore plus loin, ma honte rejaillissait au jour

parfois, moi, je ne pleurais pas – parfois, moi, je ne voyais plus qui me parlait – parfois, moi, je n’envisageais d’aller nulle part

tiens, une date résiduelle : 1 novembre. une pensée pour nos martyres.

Reprises & Cie

une mésentente déjà si

jeune…

une mélodieuse s’en va

qui s’en va je ne sais où

avec ses opérettes si tragiques !

comment pourrai-je

oublier ?

rire et rire

avec toi frère, mon

frère-sourire

l’unique bien

qui me laisse comble

pour lequel je rends grâce à Dieu

est toi frère

frère-sourire

s’arrêter 3 min / 24 min

et se recueillir

et se vivre

lorsque tu es cerné d’impossibilités

avance le doigt, l’obscurité s’aplanira

ce que je dis a déjà été énoncé, par ceux d’avant et à d’autres époques, comme par moi-même. comme à présent, ces signes-traîneaux qui se doublent ont déjà été déposés, sans préalable

mais cela est du peut-être à mon strabisme, – mais comment sortir du calque ? et je sais, ce n’est pas avec ces brèves qu’il faudrait en parler, quoique cela reste sans importance

03/2011 – 09/2022

Roulette

un jour ou l’autre, nous régnions sur les tropiques. un autre jour, nous sommes seconds, anxieux du branle du temps. nous restons ancrés au sol, comme des brins d’herbes ravagés par les vents

il adviendra un jour, inéluctablement, où nous serons piétinés à notre tour, par la génération ébahie qui arrive, dans l’indifférence de la foule qui n’aura déjà plus cour…

toi que je devine

tu me perçois peut-être en retour

toi vers qui j’approche

est-ce que tu m’excuses cette harangue ?

je tiens certaines connaissances sur la vie

le côté charbonneux des choses

en moins blanc !

je ne me justifie en rien

je te salue

il y a des poèmes qui me ressemblent

que je sens

que je ressens

que je vois

et tous ceux que j’écris

Sous les cotons

à Hania.

sous les cotons du temps

tombent

les rideaux métalliques

les innocents flirts

s’enrhument

une cocotte en papier peint dans des amas d’agrumes !

– est-ce qu’elle m’aime dans ce tout de noir ?

j’appelle au Sauveur des hommes !

c’était le crépuscule

pour l’heure, j’arrose les arbres

de mon urine

est-ce que c’est l’annonce d’une nuit sans fond ?

écorchure de l’âme

une glissade dans du savon d’été

qu’est-ce qui permet ? – la noyade.

j’ai dû en baver

sous le coup des fatalités

désordre camouflé

un bus orange grince

je suis désorienté en face de Ranima De La Cité

t’accueillir aux soirs…

t’accueillir entre les interstices de la réalité

je rêve d’un dehors nouveau, comme un doute qui gâche toutes ces années. les persiennes d’ailleurs sont d’un beige émietté. là, je suis tombé ! là, je retombe encore…

le râle de mes semblables a quelque chose à m’apprendre, par eux, je m’évapore ! je me laisse tenter par la paix qui descend , mon esprit s’absorbe en deçà de ses voilures

Je voyage, je parle, j’écris

à Djawhar.

je ne sais pas poétiser. je voyage, je parle, j’écris… on dit de moi que je suis maudit, qu’aux ténèbres est voué ma vie ! je crois que chacun à une chance, à un faisceau de lumière :

comme le jour qui coule // comme la nuit qui fend

je soufflais le chaud et le froid

comme un courant d’air ! comme un courant stellaire !

la terre était le ciel // le ciel était de terre

les points cardinaux étaient incommensurables

le sang de ma poitrine nourrissait mille fleurs

je n’avais rien au-dessus de ma tête

l’homme cherche à se résoudre

il sonde son âme dans toutes les directions

depuis la nuit des temps

comme allonger sur la lune

tiède et au calme

il répond à des leurres

et souffre de la contrition et des hommes

je renouvelais mes engagements envers la vie; il était vital pour moi de demeurer pour mes proches. je ne portais rien sur mon cœur, tout était vain et d’ailleurs. je rencontrais Dieu dans un pot de danette

Tigzirt

à Rabah. et à Omar. et à Hidouche. et à Omar.

Le soir tombe sur le jardin.

Les oiseaux se taisent.

Le silence du soir est un objet perdu.

Le silence du soir propre aux animaux, propre aux oiseaux,

est un objet spontané, naturel, perdu.

Sur le jadis. Pascal Quignard.

au commencement il y avait l’oubli, et toi, et ton corps :

l’infini du jour

brûle !

les jours passent

les dédales…

comme la vie en l’air

comme les orteils du pied à l’air libre

où tout est mousseline

je m’en vais sans vraiment partir

passent les jours et viennent les aurores

hélas, je ne reconnais que mon cœur

je ne me l’explique pas

très peu savent

– ils rêvent !

vivre sans vous

et mourir

mourir de vous entendre

et vivre

( ce n’est pas aussi idiot que ça en a l’air ! ).

qu’est-ce qui subsiste

les mots

l’espace

les mots et l’espace ?

je dois tout à ma couleur de peau et l’intuition

il n’y a aucune énigme

comme une âme égarée // comme une seule nuit

j’achève…

je perds, oui, je perds la raison dans la moire du chaton. il pleut sur la rive de Tigzirt, – si t’es sociable, ma belle ! il y a ceux qui préfèrent la compagnie des escargots

il pleut, il pleut… la rive de Tigzirt spirale ! il n’y a qu’une orpheline pour guider un aveugle. la nuit qui tombe en trombe, j’entonne, comme une chanson d’automne

Qui s’infuse

à Mokrani.

sur le rivage soufflait un vent frais… , sur le rivage un vent frais soufflait sur le caillou… , le caillou au bout de ton sein, le caillou de la nuit, de cette nuit là !

sur le rivage un vent frais soufflait sur le caillou de mes nuit, – on aurait dit que les chairs brûlaient ! je moussais autrefois le sable, revoyant mes amours et diverses effronteries

sur le rivage par épuration les migrants échouaient, les manques et des tragédies qui soulevaient plus de manques et d’horreurs. l’histoire moderne nous montrait ses horreurs… !

tu envies l’impassibilité des pierres

comme la musique de la main des vagues

comme la douceur d’un galet sous le soleil

la nature prodigue ses leçons de vie

l’eau salée mouille tes lèvres

tu envies l’impassibilité des pierres

comme leur intranquillité

Une fleur de citronnier

à Fanny.

en dépit de ton silence qui m’écorche le sang

l’odeur du jasmin qui me blesse

blesse de mille morsures de serpents

la lune est une amie

le soleil est comme une fête

le jour décline morose

comme les mots que l’on ne peut rattraper

sur mes pays et loin de toi

je suis l’étranger

l’exilé du cœur

je revois par la fenêtre qui apaise mon esprit

le citronnier de l’enfance triste

les lourds portails qui te seront à jamais ouverts

comme me souvenant qu’il n’y a pas si longtemps…

*

dans La femme qui était un livre ¹

le poète ne te drague pas

lorsqu’il est triste

même si le poème t’envoute

plus qu’à voir – une ouverture

pour permuter, de se vivre

le mot qui me vient est séance

*

l’étroitesse de mes pensées m’épargne moult soucis

monsieur Moult et la bosse d’un dromadaire dodelinent dans la ville ! 

( 1 ) Marc Losson.

Chaland

il fait plutôt beau aujourd’hui, même dans le cœur de mes voisins, ce qui n’exclut pas leur violence ! après la tempête vient l’amour – après le soi corrosif, à moi la chaleur :

au magic pub… 54, 56, 58

comme dans la nef d’une église gothique 

une sombre niche au lait froid et de froment

la rue se nomme maréchal joffre 

vous y rencontrerez peut-être son apache  

à qui manquent une hache et un divin sourire

les habitués s’anesthésient jusqu’à la moelle, verdict :

cette enclave est un tamis qui cache

un arrière fond qui grouille

Lola, Fanfan, Bio… une bande dessinée à eux seuls !

et la content à eux seuls !

Caméléon

dans l’espoir de trouver

une super glue

qui colle

deux fois

la même surface

je regarde les pubs

de patex

parmi d’autres produits

– oh que le monde semble plat

dans un journal !

*

l’un des haïkus de Jean-Baptiste Pélissier aurait pu se glisser là

: je m’abstiens.

*

j’enfilais ses douceurs pour le théâtre, après l’acte qui s’était joué à huis clos. elle remontait de l’histoire la poussière des cités, comme tout un réseau qui dégoulinait d’une tirade rouge

je sentais la fauche de ses petites ruelles fraiches, le tronc de ma peau était égrainé. j’extrayais une photo de l’album commun, c’était d’un vif regret que j’échouais…

Chaâbi qu’à toi

à Mounia.

un cœur qui bat pour toi

et qui brûle

respire

une promesse d’éternité

à présent, je me sens

 : expiré.

il ne reste presque rien de ton parfum d’entropie

mon vide intérieur entame ton souvenir

l’éducation d’une jeune fille pour les temps d’une belle femme

ton cœur prêté comme pour se découvrir à soi-même

la déchéance d’un jeune garçon pour les temps d’un vieille homme

mon cœur offert en perle d’émeraudes que personne n’emplit

… après que celui-ci soit consommé

pas de chute

indéniablement

il est constamment renouvelé dans son amour !

Semence

à Ibtissem.

c’est le loup

qui surgit

pour manger la fillette

simplette

avec des fossettes

que je trouve

superbe

ibtissama

c’est bien toi

personnellement

que je cherche, éperdument

et tout simplement, depuis longtemps

les agréments secrets d’une vie incendiaire

et ses dangers et ses tourments…

le noir besoin d’un ventre monstre et humide

tellement phallique ! tellement fatidique !

les chemins qui se croisent chez le dieu des carrefours

la complicité offerte d’un monde juvénile

j’enveloppe nos soirées de mysticisme, avec toi jusqu’au petit-matin, parfois.

un soir dans tes vieux jours

lorsque tu seras assise auprès de ton radiateur

repensant à tes jeunes et belles années

tu te diras A. m’a célébré, pense-y bien !

comme l’avez fait avant toi Hélène De France

le doux secret de cette maxime se cache dans ledit poème

Je vois le ciel

il me faut de la poésie pour entendre // il me faut de la poésie pour survivre

je veux respirer pour vivre sans heurts

je veux revivre mes mots qui font l’écriture

je vois le ciel. petit, je suis !

je vois le ciel. croyant, je suis !

je vois le ciel. poète, je suis !

je cherche ma quiétude dans les infinies miniatures  

j’ai combattu toute volonté de puissance

j’inspire à vivre de la poésie

je suis l’éternel soupirant

Chimène est certainement une jolie fille

( il y a une expression qui dit avoir les yeux de Chimène ! ).

je m’assure du monde. je m’assure qu’il va bien, qu’il chante tant bien que mal, et qu’il rêve de ses irrémédiables bonheurs qui se raréfient, ou à demain…

le noyau sera

la plate désinvolture

et les baisers de l’aimée

où je pends

la poésie comptera au cœur de l’humanité, à l’esprit des vents. l’exotisme change, ô terre des conquérants ! je voyage à l’intérieur de mes frontières et en dehors…

un poème

ce

à

quoi

tout

homme

devrait

prétendre

la

fièvre

dans

la

peau

comme

un devin

Chanson de la rupture

j’étais imparfaitement un mort – vivant

pour vous

pour vous

je fuyais longtemps la vie d’ici bas

avec nous

avec nous

vous me manquiez, à mon tour d’aimer

pour vous

avec nous

je ne pouvais oublier et non plus effacer, – pourquoi vous ?

les vents se brisaient sur la porte de mon cœur, au désert de mes routes… , ô mon esquive ! je vous accueillais, rien ne faisait obstacle au premier abord ! seuls me yeux qui vibraient et cristallins

lorsque j’allais, une printanière après-midi convoitant des ouvertures, je souhaitais une fine pluie sur mes paupières à demi closes, comme pour faire mienne cette bourgeoise blessure

de tout mon être

être deux, comme des sourires

D’un soir l’autre soir

mes prières mêlées

aux lointains de la harpe arabe

nul ne peut me délivrer

sans promesse de salut

à l’effarement

aux troubles est jetée ma vie

grandir comme les autres

passer les paliers

échos et vents retentissent

mes souvenirs qui m’éventrent et me délient

vous vous figez devant le vide

vous y demeurez in-extirpé

remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier

il y a des nuages gris au goût du passé et des arbres, sombres comme une allumette. nommons-les la vue, ou peut-être ! je ne sais quoi faire de cet ordinaire éméché, de mes fêlures… , me souvenant des ruines

je crache de la fumée, une ombre bleue file, aiguisée selon la nuit, le sol. est-ce un mirage qui danse, un rêve incombé ? devant la baie vitrée, ma tête posée sur la grande paume, je pense à vous, au pays, sans chercher

abjurer abjurer abjurer…

Esprit, cœur et âme

1/3

j’allume, j’étreins… c’est toujours moi ! la lampe du bureau fatigue mes yeux, une veille artificielle précédé d’un jour comme un ciel d’été, quinteux

je repense à mes amis qui ne m’ont pas appris à panser mes maux, à faire mon deuil, où sont ceux que j’aimais ? je les tuerai pour m’avoir laissé loin de leur aura

— un tel, dommage… il avait un énorme potentiel ! dommage ! il me devait des sous, et puis sans être trop regardant, je tournais la tête vers l’horizon de mon cœur.

je renonçais à tous les univers qui s’offraient, s’annulaient, etc. je n’avais peut-être pas assez de hauteur, ni de mérite. je comprenais vite

je cherchais dans mon enfance un baume, sans m’attarder sur la primeur de ses affects, annonçant l’avènement d’une chaotique histoire, comme un malheureux malentendu, une supercherie

— je rentrais perdu dans la céleste cité avec mes parchemins, mon baluchon et mes loques. toutes mes lectures et mes poux m’y diriger.

je sais ton cœur en n’espérant plus de tes nouvelles, cet instant d’où ma langue bascule. je te promets qu’une pluvieuse après-midi peut me rapprocher de ce qui fut

je veux que tu m’entoures dans mon long voyage, par tes prières rompues, pour m’emplir des saveurs de la rosée et revenir vers chez toi, vers la clarté

— je glissais de mes mots sur le lit qui me fragilisait, que je dépassais, après une assiette de fromage et de saumon fumé ! une malédiction.

2/3

te reconnaître bien là, à la renverse

et le mal qui se joue de toi

quand pour les âmes ici-bas est de finir

une langue qui s’exporte, tu rages comme la peste

en te cachant pour ne pas voir l’horreur

encore moins qu’un prince, cacher ton chagrin

3/3

je lisais les poésies de James J. ma tête s’engouffrait dans l’oreiller. le lit me semblait profond. il se trouvait tout de même une fin à ma descente, une chute ! les mots sur lesquels je rebondissais.

je me redressais en nage, comme sorti d’un songe inhospitalier. j’étais pris par une froide fièvre et la nuit, une chorale chantait en moi. je me soulageais cependant qu’il n’y avait pas de pot.

je me disais si j’écris d’une égale beauté, un vers, une phrase par jour, je serais dans le sillage de la plénitude. il faisait dehors un plat brouillard qui fait asseoir une méfiance pour les individus que l’on croise.