Les couleurs sont ailleurs (Fr/Arab)

j’aime la couleur rouge dans le rouge ! parlons de la sensation du rouge même si elle n’est pas tout à fait rouge

j’aime la couleur orange dans l’orange ! parlons de la sensation de l’orange même si elle n’est pas tout à fait orange

j’aime la couleur jaune dans le jaune ! parlons de la sensation du jaune même si elle n’est pas tout à fait jaune

j’aime la couleur vert dans le vert ! parlons de la sensation du vert même si elle n’est pas tout à fait vert

j’aime la couleur bleu dans le bleu ! parlons de la sensation du bleu même si elle n’est pas tout à fait bleu

j’aime la couleur indigo dans l’indigo ! parlons de la sensation de l’indigo même si elle n’est pas tout à fait indigo

j’aime la couleur violet dans le violet ! parlons de la sensation du violet même si elle n’est pas tout à fait violet

j’aime la couleur noir dans le noir ! parlons de la sensation du noir même si elle n’est pas tout à fait noir

les couleurs vous possèdent

prenez vos pinceaux

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La dualité d’une âme (Fr/Arab)

mon temps à lui

accepte les choses translucides

l’histoire de nos héros déchus

la femme des autres que l’on revoit jamais

l’échelle des trahisons

les chiens chauves qui hurlent

une fissure par l’intermédiaire

c’est d’abord son enfant s’exclama le turc

les aisselle de l’être aimé   

comme embraser les fleurs

la partie des mots ardus

la barbarie oubliée

une amulette qui couvre le flanc d’un cœur endormi

il pleut de la neige douce

un navire sort à l’automne des déchirures et va sur la surface d’une aube nouvelle  

les sept vents chahutent les oreilles

le ballet des matelots

le souvenir des conquêtes  

la terre adulte aux yeux prophétiques

il désigne le soleil sur ta peau

( je dessine un soleil sur ta peau ! )

il rêve de l’oiseau mort qui pulsait

il manque cruellement de liquide comme de fer

je rennais comme un sphinx sur mes lèvres parlantes

je pense à l’empire de Russie en convoquant les morts pour rien, météo : 9 °C, vent NO à 13 km/h, 25 % d’humidité  

les bateaux transportent du blé sous la grêle jusqu’à Saint Hélène

le général écrase les coquelicots de ses pieds fermes

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Il est pour toi ! (Fr/Arab)

tu ne seras jamais sage… !

une étreinte comme un rêve qui dure jusqu’au soir

ce n’est pas la veille d’un jour de fête

je ne suis pas triste

au revoir ma ville, tu es mon obélisque

j’ai croisé de farouches reptiliennes, des formes et des couleurs jamais approchées, de franches âmes aussi aux longs cheveux. ils avaient des têtes qu’ils tenaient hautes et bizarres… au revoir gueule d’ange ! au revoir… !

tu m’as accueillie

et je crois que tu m’aimes !

je n’ai pas pris de plaisir à te voir en deuil  

un soir de tempête où j’étais seul  

je reste un petit péroire hermétique à la vie chère

au revoir le bleu du bord de l’eau

j’ai croisé des loups sous la pluie de mazout sur les quais, c’était ok pour ma vie, mon ange. des grenouilles dans le brouillard épais et sec, toujours sur les mêmes quais… au revoir chat de gouttière ! au revoir… !

je t’aime

et je m’en vais

je vais vers la porte

je reviens sur mes pas

je tourne en rond

( ou comment perdre pied ! )  

j’ai beaucoup menti

j’ai rêvé   

il y a de cela longtemps que je n’ai pas lu un poème

il y a de cela longtemps que je ne me suis pas marié à un poème !  

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Les silhouettes de la scène (Fr/Arab)

le mot khayel me fait penser à du lin blanc ondoyant au vent, alors que silhouette me fait penser à une allumette.

il se trouve des gens bien

ils descendent en ville jusqu’à la fin des temps

elle est une passante

elle est en robe de soirée    

elle porte un secret

elle dégage une aura  

elle a le pas aérien      

elle lui sourit

( la douleur ne se pardonne pas, elle purifie ! )

elle parle à son désir de feu comme un éclair

elle aime en éclair et les yeux en feu

je rêve de mots que les dieux jalousent   

il suffit d’être l’enfant qui formule des souhaits

il s’arrête de jouer

il descend de la scène

il est sur la piste enfumée

il rejoint l’anonyme

il la trouve moins belle

il le sait

( j’ai cru entendre le mot citoyen ! )

le couloir que l’on arpente vers les coulisses sous les néons bleus

sur le mur est accroché un tableau, un western

je me tiens debout sur un parking cimenté

je suis le parking démantelé

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Mardi, jour de fête noire (Fr/Arab)

au revoir comme bonjour tout le monde

bonjour comme au revoir le monde

je voyage avec mon mal

un camarade que je porte dans une brouette

les moyens du bord : les tables retournées, les balles en plastique, les mitrailleuses en fer rouillé, les grenades en bois, les pierres de chantier, l’eau chaude des tuyaux d’arrosage… etc.

c’est des jeux d’enfant qui aiment l’incontournable guéguerre  

c’est bien que je m’en souvienne plus

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours

une fille a vu ce que j’avais de meilleur en moi

je n’ai pas tenté de l’embrasser

un jour maigre, il n’est pas des moindres

l’air du solide les croates l’en emporter

les moyens du bord : dans le sublime de l’univers, dans l’encre rouge de magiques bulles, dans le sol qui se décompose ( on le voit le sol, alors plonge ! ) dans les premières impressions… etc.

c’est un lieu de force

c’est bien que je m’en souvienne plus

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours

je rêvasse lorsqu’on peut bousiller un titan de sang-froid

même s’il fait froid

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Charivari (Fr/Arab)

je me lève tôt et dors de-même

le rythme dans la peau

les tocs

des tocs en toc

par Beethoven l’héroïque

je ne suis pas beau

– pourquoi l’enclume et le marteau ?

quatre murs et deux plumes

et des gens qui l’aiment

de-même

la route est coupée

comme pour le Kilimandjaro

je me rends aux ritournelles

– comme j’étais amoureux et bien !

la poésie et les copains perdus

tout cela se noue

bien que la solitude

mes ballerines, pardonnez-moi… !

l’âme des éphémérides

– je reprends le fil du souvenir

or moi, je vis le rêve d’un étranger lointain

qui n’aime plus le funèbre costume de vos saluts

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Ne dites à personne que je l’aime (Fr/Arab)

les airs de ballade chétive

les yeux terreux

il fuit sur sa table d’écolier

un chien imaginaire crabote

le cœur crève en saccade

la ville des lumières

kingston capitale

un bassin bleu entre les yeux

elle m’a pris par la main

je pense à elle

à l’autre

chanter Si Mohand Ou Mhand

le voile d’or du matin

tonner comme les oiseaux

la montagne au dos courbé

la brume avale tout

la plupart de ce qui ne doit pas être dit ?

l’habille de l’absence

une voix qui implore

rien n’est éphémère

je t’ai aimé

tu étais un ange  

je ne fais plus grand-chose

j’ai perdu l’envie, comme je t’ai perdu

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Vers le Mediator (Fr/Arab)

À Véronique.

comme les ondes qui rongent son corps Badou  

le cœur serre son rêve né des tropiques, hypothétiquement

les membres électriques !

les membres électriques !

les membres électriques !

le sans douleur n’existe pas

il est de bleu le peignoir qui l’habille, effacé

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

il n’aime pas ses mains et désemparé ( le murmure des tropiques ! )

il est de bleu le peignoir qui l’habille, confidences :

elle prend les voiles que la circonstance exige et on nous a dit de ce côté-ci qu’il y a de l’espérance !  

il marche dans l’appartement lourd qui engendre un désordre

il se pavane les pieds nus dans le couloir baigné de lumière

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

sous l’emprise de l’hôte de la maison sur un canapé blanc

je médite la cosmologie d’un homme en sursis

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Les fibres (Fr/Arab)

À Naelle.

un front pale éclaire le ciel

les yeux rouges se posent comme neige

c’est un lièvre qui dort dans les bois

le noir maudit dans l’espace entrouvert

il aime la danse

il aime tourner en aval

il aime les vents de sa tête

les caresses sur le visage fiévreux s’espacent

et elle boit de l’eau à la coupe des arbres pleurants

la mystérieuse ode des arbres que l’on reprend

il descend et suit l’ondulation de leurs vagues

les pensées inavoués

les jardins d’amoureux

les fleurs qu’il ne connait plus

les larmes de l’enfant ont des parfums de lavande

comme une rose en pierre sculptée par les vents  

la peau mièvre se torture à ne plus s’offrir

comme une maille mutique et de l’amour

elle ne rit pas avec les écrans

elle court sur les champs d’avoine

elle ne reverra jamais ses parents

le jour murmure pour clore

les feuilles tremblent à l’automne de la solitude

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Une souris (Fr/Arab)

un champ

dans le trou

une souris sourit  

en dessous de tout

flou

étrange

l’odeur de nourriture

aux alentours de la gnôle

incompréhensible détresse

elle est bête

elle n’est pas verte

les gens la déteste

elle fait des choses insensés

une écriture décharnée  

dedans ou à la lisière

un refuge isolé

tumulte

la vie est un poème inarticulé

au bout du nez  

le souffle court  

chutes et fracas

les temps sont durs

artificiels

les voisins souris

cela concerne son suprême

il occupe tout

l’air n’a pas d’espace

une fiancée éconduit  

quelque chose de détaché

plus de retour possible

la pluie ne nous rassemble plus

nous n’espérons même pas le jour

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Une longueur de désavantage (Fr/Arab)

À Ghiles.

le poète rentre seul à la maison le soir

il se baigne de crépuscule extasié

une communication affreusement muette

le poète rentre seul à la maison le soir

une cloche qui oscille la corde

Marie est une abeille aux mille visages de femme

le poète rentre souvent seul ou en mauvaise compagnie

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

on se déguise pour finir

on joue l’histoire contemporaine du Je

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

un doigt caresse les breloques

le diadème d’argent qui nous honore

puisqu’il faut vraiment écrire un poème

13/14 février 2019, à Bordeaux.

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Elle est cohérence (Fr/Arab)

À Nassima.

de tous les charmes confondus

je bravais mon cœur corrompu

sentant la bref musique

un signe d’aucun recours

comme faire une nique

aux fidèles m’amours

le temps de mes premiers amours

je cachais une passion de toujours

c’est l’étreinte d’un commis voyageur

c’est les sandales de l’orphelin choyé

c’est l’imaginaire d’une fille que l’on regrette

c’est la pièce où il ne se trouve aucun spectateur

par un ailleurs…

nous nous fichons de vos exploits !

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Un couplet se construit (Fr/Arab)

je suis un garçon bien

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux…

je suis un garçon bien

comme il faut

qui le fait et le savoure

quand je peux

un ange

je suis un garçon

tout comme il faut

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux

le mal, je le repousse moyennement

comme un ange médiocre

je suis un garçon

comme il faut

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux

je repousse le mal moyennement

une sorte d’ange médiocre

laissez-moi dans ma caverne

il y a un petit feu, une ombrelle… etc.

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Cap ou pas cap pour nos yeux (Fr/Arab)

comme une pluie aux couleurs de pétrole

comme un fruit gorgé de soleil

morsures

goyave

vents de papaye

ils me transpercent en équilibre

ils me fêtent chancelant

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après Arthur De La Sierra ?

comme un dépourvu d’explicite

comme une mystique du voyeur

archipels

Cancún

au fait des muses

avec les fuites urinaires il y un dieu

il y a les fluides

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après l’Amour Du Dissolvant ?

comme écrire pour une autre époque

comme se lever d’un trop plein de désir

Sabah

turquoise

juste des émois

depuis combien de temps n’avons-nous rien appris

nous ne prenons que les coups

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après la Mort Des Bienheureux ?

je rejoins le calme des frênes

je rejoins le rêve d’une salamandre coquette

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( Ma muse me parle parfois… )

ma muse me parle parfois des petits riens

ma muse me parle parfois de la nourriture

ma muse me parle parfois du vrai

ma muse me parle parfois de l’invraisemblable

ma muse me parle parfois de la beauté       

ma muse me parle parfois de l’endroit     

ma muse me parle parfois de l’envers

ma muse me parle parfois du commerce       

ma muse me parle parfois de la justesse

ma muse me parle parfois de la musique

ma muse me parle parfois de l’improbable  

ma muse me parle parfois du désir

ma muse me parle parfois du manque

ma muse me parle parfois du délire   

ma muse me parle parfois de la raison      

ma muse me parle parfois du souffle 

ma muse me parle parfois des états de grâce

ma muse me parle parfois de l’anonymat

ma muse me parle parfois de la liberté

ma muse me parle parfois de la danse

ma muse me parle parfois de la sexualité    

ma muse me parle parfois du rêve

ma muse me parle parfois du mensonge

ma muse me parle parfois de la mort

ma muse me parle parfois du doute

ma muse me parle parfois du réel

ma muse me parle parfois de littérature

ma muse me parle parfois d’humour

ma muse me parle parfois de l’aventure

ma muse me parle parfois de la souffrance

ma muse me parle parfois d’elle       

ma muse me parle parfois de la Taouba ( plus souvent que l’on ne croit ! )  

ma muse me parle parfois d’amour ( moi, je ne crois pas trop à tout cela ! )

( Il était une fois Facebook… )

il était une fois facebook lorsque j’aimais la poésie qui fait de l’ombre  

il était une fois facebook lorsque j’aimais ma vie

il était une fois facebook lorsque j’aimais la vie des autres et rien de ce qu’ils pourraient faire ne me fera admettre que nous sommes différents

il était une fois facebook lorsque j’aimais les Antilles, même si je m’y suis jamais rendu

il était une fois facebook lorsque j’aimais les acrobates du cirque, est-ce que je suis déjà allé à un cirque ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais ta peau, tes cheveux violets, ton cul… etc. le sort était cruel pour nous deux et rien n’est aussi beau

il était une fois facebook lorsque j’aimais le ciel et les nuages, les trains et mes trottinettes… en fait, elles étaient à un ami !

il était une fois facebook lorsque j’aimais l’eau et le feu des remparts, je buvais beaucoup d’eau et je ne craignais pas l’enfer puisqu’il n’existe que chez les croyants

il était une fois facebook lorsque j’aimais le noir et le blanc, je fessais toujours semblant devant un objectif, semblant d’aller mieux 

il était une fois facebook lorsque j’aimais les gravas dans les jardins, ils finissaient prisonniers de mes chaussures affamés et les lacets se tordaient

il était une fois facebook lorsque j’aimais le rouge de l’aurore, c’était tellement inscrit en moi les aurores que j’ouvrais mes yeux comme une boite blanche

il était une fois facebook lorsque j’aimais les accords dans le désaccord qu’il ne restait au fond que moi qui bleuisait

il était une fois facebook lorsque j’aimais la nouvelle vague, elle traversait tous les siècles, les pays, les genres

il était une fois facebook lorsque j’aimais le temps consacré aux amours, et puis le silence coinçait comme le chien d’un revolver

il était une fois facebook lorsque j’aimais le jazz, j’avais un livre qui relatait toute son histoire, mais comment saisir quelque chose d’aussi libre ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais la mousse des vagues dans la peinture, comment franchir le palier d’une galerie, un atelier… etc. surtout pour un flâneur

il était une fois facebook lorsque j’aimais une grenadine glacé les après-midi d’été, l’été et le sucre ne m’inspiraient plus confiance

il était une fois facebook lorsque j’aimais le tabac brun, je devrais dire fan et il n’y a pas le choix

il était une fois facebook lorsque j’aimais les ombres chinoises, je fermais les yeux sur le parfum des fleurs et je me faisais mon propre théâtre

il était une fois facebook lorsque j’aimais les Biker même s’ils puaient la bière et la pisse en feuilletant leur livre   

il était une fois facebook lorsque j’aimais les âmes grises, elles étaient écorchées sans manœuvre, à vif ! combien sommes-nous ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais les mystères sacrés et qu’ils résistaient

il était une fois facebook lorsque j’aimais les miracles, les oracles, les divinations… etc. je me baignais dans un verre de lait et il n’y avait pas autour les mouches

il était une fois facebook lorsque j’aimais les filles non pas celles qui refusaient une offrande

il était une fois facebook lorsque j’aimais les plantes et les animaux, j’asphyxiais par contre les insectes et je dansais avec les précédant

il était une fois facebook lorsque j’aimais les tuniques et les sabres, autant dire le sexe et le sang, les histoires explicites dans les films ne m’intéressaient pas

il était une fois facebook lorsque j’aimais les fêtes galantes de Verlaine, je m’introduisais comme un homme qui n’aimait pas laver la vaisselle à l’eau chaude

il était une fois facebook lorsque j’aimais les contes pour enfant, ils raillaient mon entrer dans le bleu, ils continueront de rire puisque j’y serai à jamais

il était une fois facebook lorsque j’aimais la prière, je ne savais pas comment et pourquoi prier, jusqu’au jour où je comprenais que personne ne savait

il était une fois facebook lorsque j’aimais les mots doux et cléments, comme entre les mots Miséricorde Divine et Blasphémateur Ostentatoire

il était une fois facebook lorsque j’aimais les appareilles connectés et rien chez moi n’était synchronisé

il était une fois facebook lorsque j’aimais les choses singulières, les petits hics, les bizarreries d’une existence, tout ce qui fondait sous ma dent qui aimait mordre

il était une fois facebook lorsque j’aimais les battements de mon cœur qui ne m’angoissait jamais, est-ce que je sentirais le tien ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais les bicyclettes, je solutionnais plutôt avec la marche, comme je préférais ne jamais en parler

il était une fois facebook lorsque j’aimais lire et dormir bien après

il était une fois facebook lorsque j’aimais faire l’amour et écrire juste après

( Sacrément épique )

tu existes

je crois connaitre

tu habites

j’habite ton cœur

je me balade dans les rues de Tokyo…

tu penses à ce jour dans le vague de l’esprit

c’est déjà penser l’avenir, il suffit d’aller de l’avant !

Dieu, Dieu, Dieu, Dieu…

il y a du vent  

tu as

parce que je dis

tu dis

parce que j’ai

tu penses à cette nuit et ses vastes espaces inexplorés  

c’est déjà penser la mort et ses pulsations !

Dieu, Dieu, Dieu, Dieu…

il pleut

la folle croisière est drapée   

la fin de son onde n’est que dédoublement   

( Épiphane )

oscar le vent et épiphane

marcher

vermines

laine effiloché

porteuse

secret

encens

doigts fins

grisette

histoire

fraude

suspendre l’étreinte

la déesse des buissons et des rivages salés

amoureux fou

cavalière

affreusement

flanc ossivore

éphéméride

il aime le mot éphémère

coûteux pour l’enfant

m’abreuver

ciel

argent armorique

couver

âme esseulée

les eaux troubles sont peu profondes

images

féerie

satellite

converger

couple

filet d’horizon

maison des vacances

poisson

querelles

hiver

bois chaud

s’éternise

la nuit tombe sur l’étoile des loups

grave dans l’esprit du marbre le visage de son invraisemblance

… et fait au plus vite !

( De jour comme de nuit )

: 1

toi avec moi // moi avec toi

le jour avec la nuit // la nuit avec le jour

la nuit cédant au jour // le jour cédant à la nuit

moi sur toi // toi sur moi

entre toi et moi // entre moi et toi

le soleil célébrant la lune // la lune célébrant le soleil

un peu de toi // un peu de moi

le jour dans la nuit // la nuit dans le jour

la lune pleurant le soleil // le soleil pleurant la lune

te mentir à toi // me mentir à moi

toi ou moi // moi ou toi

été comme automne // automne comme été

le jour glisse sur la nuit // la nuit glisse sur le jour

toi en moi // moi en toi

toi malgré moi // moi malgré toi

toi sans moi // moi sans toi

là, le jour gît // là, la nuit gît

désirant de toi // désirante de moi

croire en toi // croire en moi

l’eau et le vin // le vin et l’eau

vénus pour mars // mars pour vénus

toi et moi // moi et toi

chienne d’un loup // louve d’un chien

nous

: 2

une fille // un garçon

le monde pour lui // le monde pour elle

un univers avec elle // un univers avec lui

ils s’aiment // ils s’éloignent

il lui manque // elle lui manque

autour d’un diner // au milieu d’un déjeuner

elle l’habille d’un sourire // il l’habille d’une caresse

un rêve de lune // un rêve de soleil

elle le reconnaît // il la reconnaît

un amour de fleurs // un amour de miel

elle naît d’un souvenir // il naît d’une mémoire

l’étoile traverse l’histoire // l’étoile traverse les âges

elle porte le tragique // il porte le tragique

claudia et arman // arman et claudia

elle l’accompagne dans son voyage // il l’accompagne dans son voyage

pour goûter à la joie // pour respirer le bonheur

un lac sur un ciel // un ciel sur un lac

c’est tellement elle // c’est tellement lui

elle tâtonne pour marcher // il tâtonne pour s’asseoir

un regard de lui // un regard d’elle

la tristesse l’oblige // la tristesse le condamne

elle dort à bâbord // il dort à tribord

elle n’a rien d’une poétesse // il n’a rien d’un poète

pourtant

: 3

une sagesse transitoire // une folie ambulatoire

elle pardonne sans un reproche // il pardonne sans un effort

une actrice // un acteur

lorsqu’il la baise // lorsqu’elle le baise

elle joue des interdits // il joue des interdits

les comètes déménagent // les comètes euphorisent

toi pour moi // moi pour toi

à l’orée du jour // à l’orée de la nuit

elle le cultive // il la labour

leur terre est plate // leur terre est ronde

les lunes se compilent // les soleils se faufilent

une allée émotionnelle // un chemin sensoriel

elle s’invite dans son assiette // il s’invite dans son assiette

toi en deçà de moi // moi en deçà de toi

son aura est rouge // son aura est bleu

magma et cristal // cristal et magma

elle ironise la vie // il ironise la mort

les anges neutralisent // les démons désunissent

l’exception d’un amandier // la singularité d’un olivier

une éclipse solaire s’attarde // une éclipse lunaire s’accroche

elle lui fredonne ses nuits // il lui murmure ses jours

la terre se dérobe // le ciel se dissipe

elle n’a plus confiance // il n’a plus foi

vice-versa

( Catalyseur )

royaume du sud

écouter

radio

voix pétillantes

interférences chaudes

de la pise à boire

insoluble

âge

rareté

organisation

cascades

idée

grève

gouffre fécondé

réceptacle

se ressemblent

flâner

friandises

étude

boucles

le monde est féminin

accueillir

étrangers

passeport

noirs

désert

plusieurs sud

âmes en peine

immense silence

sable

gamme

danser avec les vents

des antennes sur du béton

tout comme

têtes enrubannées

fraîcheur

à l’affût

proches

le faire généralisé

la présentatrice est une fée

philosophie

banaliser

catalyseur

le monde est tellement plus encore

la quête d’une psychologie du chameau vieille comme le monde

je débarrasse la table

( La blanche Ophélie )

orpheline de tous

toute seule et aimante, – dis-moi à quoi tu penses seule abandonnée de tous ?

elle s’en est allée, l’âme… !

sans doute à jamais

les chevilles légères

comme une plume verte au crépuscule des anges ( une idole pour les insomnies ! )

sept jours

sept week-ends qu’à durée son calvaire

il te faut reconstruire son identité

sa psyché

elle s’en est allée, la blanche Ophélie

( une grappe de raisin rouge dans la bouche ! )

orphelin de tous

tout seul et contre personne, – dis-moi à quoi tu penses seul éprouvé par tous ?

s’en est fini, la traîtresse !

elle m’a quitté

j’ai enjambé avec elle le serpent de feu

j’ai vu dans l’éclat de nos jours des ombres télescopiques

le temps était une fusée

comme lui, j’ai rusé

il te faut reconstruire ton identité

de vagabond

s’en est fini, elle a emporté mes larmes

( le songe d’un rossignol est le fond d’un ciel gris ! )

j’ai vécu ordinairement un été de démesure en orient

je ne voulais pas foncé

( L’aïde )

avalanche d’eaux

circuit court

l’été

sublimation

visible

astre

corne de gazelle

afrique

lait

exil ou exit

dans le fond

les maîtres sont bavards

naître

chant

enchanteurs

terrorisme de la joie

courroucer

baleines

lance au pied

vents emportés

accolades

baisers

une musique de fond comble les Assis

des ballades, de toutes petites balles tremblantes sur mes lèvres… !

( Une toux )

la toux d’un druide

les hagards

fluide

aussi vite !

il y a des regards

des amarres

soulève

soulève les torrents

passe le temps qui cloque

mégère

prendre l’air

rapide et légère

est-ce que tu me vois ?

choque

face à la beauté

fauve

suspendu

se prend le pavé

songeur

communique

mais où suis-je ?

les états d’âme du corps, personne ne regarde ni n’approche

personne n’accroche… !

( Consignes )

conteneur jaune :

aiguille

bistouris

intranules

épicrâniennes

brocards

tout objet tranchant ou piquant

activité cérébral

des fougères en plastique, l’odeur d’un hôpital me revient familière

sachet noir ( daom) :

emballages

papiers

ordures

j’aurais pu écrire mes idées de ce matin

ancien vertige: si la justice divine existe, à moi elle me fait peur

sachet jaune ( dasrl) :

compresses

seringues gants

sparadrap

coton

perfuseurs

transfuseurs

ampoules

tout objet souillé

il y a un théâtre de bêtise qui résonne

comme presque tout qui tombe dans la mémoire

( L’élégante )

l’extase réinventé

le maudit

nuages

forme

yeux d’ivresses

acide

étrange

lenteur bleuté

carma

courbe

s’incline

arc fibrille

elle avait des boucles de cuivre

l’esprit des conteurs

les sons nocturnes

merveille

découverte

au porte d’une ville

enfant = marron

noir papillon

nos héros immobiles

pieds de pierre

mystère

s’offre un dissous

captive

mille baisers complices

celle qui attend le lever du soleil

ne regrette pas la fête

( Merci… ! )

les chemins du cœur… merci pour votre bénédiction !

les pluies noirs providentielles… merci pour votre bénédiction !

les saules pleureurs… merci pour votre bénédiction !

les offrandes… merci pour votre bénédiction !

la danse euclidienne des fourmis… merci pour votre bénédiction !

les écritures… merci pour votre bénédiction !

les femmes voilés à l’ignorance… merci pour votre bénédiction !

les soleils les lunes les étoiles… merci pour votre bénédiction !

l’amour des quêtes… merci pour votre bénédiction !

les dépouilles sur nos genoux… merci pour votre bénédiction !

les grillons d’été… merci pour votre bénédiction !

les rêves inachevés… merci pour votre bénédiction !

la voix des neiges… merci pour votre bénédiction !

les yeux des poissons d’or… merci pour votre bénédiction !

les scarifications… merci pour votre bénédiction !

les deux mains… merci pour votre bénédiction !

la transparence des deux mondes… merci pour votre bénédiction !

les téléphones portables… merci pour votre bénédiction !

les autoroutes du ciel… merci pour votre bénédiction !

les solitudes… merci pour votre bénédiction !

les visages de la créature… merci pour votre bénédiction !

les maladies… merci pour votre bénédiction !

les arc-en-ciel… merci pour votre bénédiction !

la connexion des esprits… merci pour votre bénédiction !

les poissons de l’ombre…merci pour votre bénédiction !

le libre arbitre… merci pour votre bénédiction !

les montagnes bleues… merci pour votre bénédiction !

les chutes successives… merci pour votre bénédiction !

la faim qui tenaille… merci pour votre bénédiction !

l’oubli des déceptions amoureuses… merci pour votre bénédiction !

l’eau du robinet… merci pour votre bénédiction !

les aubes vertes… merci pour votre bénédiction !

j’espère la lumière de l’éternel

la foi du cœur éclipse les semblants de ce bas monde

( Expérience )

écrans

se sentir utile

dernier écran

une passion

les deux mains dans les poches

fruits

lune de miel

dernier fruit

une passion

plusieurs vies dans une vie

pierres

s’en sortir

dernière pierre

une passion

déjeuner sur l’herbe nue

cartes

porte à porte

dernière carte

une passion

voir venir la fin des haricots

costumes

fêtes savantes

dernier costume

une passion

un chien sent mauvais

sandwichs

trottoir

dernier sandwich

une passion

il faut gâter le gros

feux

chocolateries

dernier feu

une passion

rentrer à cinq heure du matin

voyages

un souhait d’enfant

dernier voyage

une passion

sous-vêtements de petite fille

toiles d’araignées

un châle entre les mains

dernière toile d’araignée

une passion

un peu plus en confiance

plateaux

de l’altruisme aveugle  

dernier plateau

une passion

une vie dans une valise

relationnels

découverte du ciel immense  

dernier contact

une passion

respirer la bêtise gratuite

une plume

survivre

dernière plume

une passion

la poésie est une expérience

( Débutant tardif )

dans l’un de mes voyages // dans l’un de mes romans

j’ai appris

qu’il n’y a pas que la bourse dans la vie

qu’il n’y a pas que les bons et les mauvais, le bien ou le mal

je ne suis personne // je suis de toutes les douleurs

j’aligne des lignes à l’encre de mon sang

comme maintenant // comme avant

l’esprit de ce chant est un adieu

j’existe dans la contemplation // j’existe dans l’amour   

je me ballades dans les rues d’une ville irréelle

leurs âmes m’habitent //  j’habite mon cœur

les soirs : triste et seul 

chaque soir je meurs // chaque matin je me relève

je sais qu’il n’y a plus d’espoir

chaque soir je meurs // chaque matin je me relève

je sais qu’il y a une lueur

je suis l’esseulé // je suis Tahen

désespérément  

le bureau des réclamations est sourd // le bureau des lamentations est aveugle  

nombreux ceux qui prennent la mauvaise tangente

je tourne à gauche // je tourne à droite

sur moi-même

j’envisage le centre // je me dégage

pour être multiple  

je sors // je rentre  

ma voix se trouble dans les foires aux manèges

elle exhume de l’ombre // elle exhume du tabac ( sans mousqueton ! )

je transpire de la gêne // je transpire du poème

j’attends quelqu’un qui me serre // j’attends quelqu’un qui me soulève

je suis un être en difficulté

puisque inadapté à la vie en société

je suis né pour tout voir // je suis né pour tout entendre

le Coeur Intemporel bat fort dans ma bouche

qu’il ne peut s’exprimer convenablement // qu’il ne peut vivre musicalement

c’est l’automne dans ses derniers retranchements

qu’est-ce qu’on serait sans une tasse de café

je me réalise en rêvant // je me réalise en chantant

comme les oiseaux

je respire encore grâce à l’art // je respire encore grâce à ma famille

je ne suis bon que dans le malheur

je prends la feuille // je vois un bureau

je prends le stylo // je vois une lampe

si seulement j’avais une assise …

j’écris: je bois // j’écris: je perds

de l’eau rouge coule dans les estaminets

j’écris: je l’aime toujours // j’écris: je suis perdu à jamais

j’écris les lettres dans le vide des mots

proche de monsieur m’amour qu’elle me fuit

que rien ne change // que rien ne s’améliore

je touche parfois

de mémoire son corps // de mémoire sa transparence

j’écris le blasphème // j’écris le mensonge

pour son amour // pour sa colère

est-elle seulement présente derrière ce filtre

douceur !

je suis fatigué de vivre // je suis fatigué de mourir

je claque la porte du grand hôpital

à l’air libre par Votre faute // à l’air libre pour les autres

l’horreur des enfers est peut-être sur terre

à quels moments nos actes prennent leurs sens

non-être // être

nous en tirons des satisfactions

j’ai gagné la poésie // j’ai gagné sur mon être

rarement du côté de la vie // rarement du côté du ressentiment

à la nuit tombée

tant qu’il y a à faire je suis de ce rafiot

tout en restant humain // tout en restant digne

les crins ondoyants // les plumes soyeuses

j’incarne les noces de l’enfer et du ciel

je suis peut-être fou // je suis peut-être poète

dans le délire amoureux // dans la folie créatrice

je veux raconter les fées // je veux conter les ogres

les sorciers ont plus d’un tour dans leurs sac

si je veux imploser // si je veux me disperser

je ne suis mauvais que dans le travail

j’ai fait l’amour à des pierres // j’ai fait l’amour à une fleur  

à qui viendrait l’idée de s’envoler

comme les promesses d’orage de cet été

qu’est-ce que je dis // qu’est-ce que je déterre 

pour fondre vos oreilles endormis // pour briser vos cœurs d’or en éclats

je perce vos angoisses profondes // je creuse vos peureuses argiles

il adviendra des rires fleuris // des rêves à fleurir de rire

j’écris

quand les mots se dérobent du mot

quand le port de la mémoire

quand le sucre de l’œil

quand tout revient au même

quand la fièvre d’amour

quand la respiration me fait halte

j’écris le murmure du cœur // j’écris l’analphabète du trait

( Amphore )

je prends une figue sèche à l’huile

le soir j’improvise

je mélange excréments et urine

morve et croûtes des yeux

je me rafraîchie à l’eau de cologne

je rétablie les connexions

avec la saleté sur mes vêtements

avec la moisissure sur les murs et son odeur   

je me développe

je pue

de la transpiration sur la peau

du charbon entre les doigts des pieds

je ne me lave pas ( plus d’eau ou trop chère ! )

j’aime mon odeur de friandise

le glauque à la commande par téléphone

j’adhère à l’abjection du morbide

je mélange spermatozoïdes et salive

j’avale mes crottes de nez

j’ai deux temples  

j’ai un nez

de l’alcools à gogo

des cigarettes

une endive dans le frigidaire

j’ai une lettre à écrire

je rote

je dilettante dans mon pet

je me trouve au ras du seuil de la pauvreté

l’honneur des braves gens se vend

je vais vers une fin olfactive

j’atteindrai les sommets bleus, peut-être ! 

( Chuinter )

il y a un lit double dans l’alcôve et de la poussière d’étoile

je veux des sons

comme ceux que les corps animés produisent 

je-suis-nul-part-et-partout-à-la-fois-les-lunes-défilent-militairement-et-des-insectes-rôdent-autour-d’-une-lampe-du-quartier-je-me-tiens-à-l’-autre-extrémité-de-l’-appel-téléphonique

ma main tremble calmement

comme pour tenir le rythme d’une chanson imaginaire

il y a une voiture dans un parking et je suis son homme

je veux des airs d’automne

le craquèlement des feuilles mortes sur le sol

je-sais-que-tout-est-épreuve-dans-la-vie-pour-être-un-homme-un-vrai-d’une-personnalité-de-fer-tout-à-son-honneur-se-dévouer  

hier tu es partie

tu es partie

je reste absent de moi-même

comme sous sortilège

( Hurluberlu )

… j’implore la pitié d’un toit qui s’écroule, quand je mets le premier pas, la terre bouge… qui peut me délivrer de cette frayeur ? «  Djaroua  Allaoua Ouahbi.    

mon étoile et moi… on construit un fantasque royaume pour autrui

mon étoile et moi… on change la face du monde depuis le berceau jusqu’à notre vie d’adulte

mon étoile et moi… on visite l’âme de toute chose comme vont les vagabonds qui puent hors des rails de rue  

mon étoile et moi… on croit aux monologues intérieures et aux blanches boites en bois !

mon étoile et moi… on reste myope devant les cœurs des bons poètes qui tolèrent le vol et le crime

mon étoile et moi… on rêve d’un dieu parfait dans les toilettes et on dit : habité par un djinn 

mon étoile et moi… on laisse quelques-uns sur la route et d’autres que nous ne reverront plus jamais

mon étoile et moi… on a des jours de cristal ou l’orient est notre terre dilection

mon étoile et moi… on n’est pas ce caustique refuge où il fait bon de se taire, o nos vieilles misères ! 

mon étoile et moi… on porte le bleu du feu et le sacré de Dieu l’innommé dans les solitudes des soirs de mai 

mon étoile et moi… on croit qu’il n’y a pas de dessein prédéterminé à l’envers du gant de la rumeur 

mon étoile et moi… on dévisage l’automne et les présages retrouvées sous le ciel de nos appartements

mon étoile et moi… on souffre la prière des rats dans ce monde nié

( Sonnet fétiche )

Alors qu’eux étaient pour une poésie du crépuscule. Pour une poésie de la nuit. Nous autres nous défendons une poésie de l’aurore.  » Manifeste 1963. Nicanor Parra.

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a   

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a   

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

– a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a,- a

je n’ai rien d’autre à ajouter…

( El Hafiya )

enfance

déchu  

des dents blanches

deux nerfs

ton sourire sur le mien

un chat ( je pense à la sexualité d’un chat ! )

les jours passent

vient l’été

tes yeux et des ailes

or et aurore se couchent

un coup s’entend

un autre coup de poudre

bouquet de fleurs

boisson

une rose ou une violette

de l’arbre monte

ou aller ?

une eau et du lait  

panorama

les corps flottent inertes

l’herbe est un masque d’eau magique

ainsi commence et finie la vie d’un prophète  

( Dans l’heure )

À Chouaib.

je rêve de faire un long voyage au-delà des dunes et choir sur place que par affliction, je commanderai aux fleuves hors des lits, tout en étant pur et cruel

je rêve de recevoir un versé comme une goutte d’eau dans les profondeurs de l’Etna, et faire de mon cœur une roche

je rêve que l’être qui habite mes cottes me quitte pour mieux me revenir et que les geôles cautérisent

je rêve d’être le Père Noël avec des lutins en gélatine verte au service des enfants du monde entier

je rêve de contempler le ciel rougeoyant comme une confiture de fraise, et pour moi, les nuages légers s’entrouvrent comme les petits sachets de caramel au beurre salé

je rêve de tomber dans un rêve et de ne plus jamais m’éveiller, je parlerai de Napoléon et de Marie Antoinette sans moucher une seule fois

je rêve de retourner en enfance dans l’idée de courir encore dans tous les sens avec ma crinière de lion et me laisser chatouiller par Linda

je rêve d’une excursion sans attache comme un bon homme devant son café crème, – dring dring ! et l’excursion arrive

je rêve qu’un jour un être me parle de la poésie et qu’il me dise ce n’est pas ton meilleur recueil comparé à n’importe lequel

je rêve d’une troupe oxygénée aux victoires saillantes ivre de leur gloire passée et je chanterai, oui, je chanterai de tout cœur avec eux sur les routes du ciel

je rêve de voir deux lunes argentées entre des colonnes antiques comme un double templier, je me jetterai parmi les ombres pour être oublié

je rêve de faire partie d’un groupe de free jazz sur scène et je serais à la trompette, même si j’hésite encore entre Chet Baker et Miles Devis

je rêve de noircir des pages de mes petits rêves poétiques et les anéantir par le feu

je rêve de participer à un colloque d’écrivains et de poètes dans le désert froid d’Éthiopie, j’espère qu’il n’y aura pas de réseau

je ne fais que rêver à l’heure du petit-déjeuner, je rêve surtout de manquer à la fourberie des hommes 

Les Revenantes © anitaa 2015

( J’attends … )

j’attends le jour sans mémoire

j’attends le jour pour m’ouvrir au monde

j’attends le jour pour voir l’orage

j’attends le jour pour sortir de l’ombrage

j’attends le jour pour creuser mon trou

j’attends le jour pour aimer mon bourreau

j’attends le jour pour m’identifier

j’attends le jour pour démystifier 

j’attends le jour pour un accident

j’attends le jour pour faire un don

j’attends le jour pour être à l’écume

j’attends le jour pour finir en légume

j’attends le jour pour oublier la mort

j’attends le jour pour consumer aurore

j’attends le jour pour jouir

j’attends le jour pour vous vomir

j’attends le jour pour croire en Dieu

j’attends le jour pour mentir mieux qu’eux

j’attends le jour pour fuir

j’attends le jour et je le sais advenir

( Degré zéro )

À Hania.

il faut nous tirer parfois les fleurs du nez.

les belles fleurs des genêts

passent les saisons et les grands froids

c’est l’âme des immeubles d’où s’échappe l’odeur du lait

mêlé à ma douce voix

mon genêt est une couveuse de vies à qui je fais l’amour nerveusement !

mon genêt est le roi des brigands qui fait la tournée des magasins agonisants !

mon genêt est une arme courtoise et un murmure des fonds marins !

mon genêt est l’ornement d’une fille à qui je parle aux heures de la nuit ferme !

mon genêt est une traînée de poudre de la plus méchante des ogresses !

mon genêt est le passage d’un camion poubelle qui ne ramasse rien !

mon genêt est la montée des âmes vers le monde des rêves striés !

mon genêt est l’étalage de sang sur le sol des chiens errants !

mon genêt est le point de ralliement du dernier chameau de kabylie !

mon genêt est une bourrasque d’été qui mouille même les dents !

mon genêt est une vieille fille qui palpite et n’arrive pas à remplir son carnet !

s’affranchir, c’est d’abord saisir

les kilomètres des vies en noir et en jaune

c’est des segments qui emplissent nos yeux

de la couronne lunaire

l’horizon d’infinis genêts est au verrou d’à côté

il nous faut gravir l’utopie

( Poinçon )

est-ce que vous comprenez que l’on peut remodeler son passé à l’infini ?  

comme un peuple phage aux puissants élixirs d’amour

comme une vieille histoire raconté depuis les fonds des âges 

comme un lavabo vieilli de faïence local

les émigrés sont comme au seuil d’un printemps de paix universel

saisissez !

saisissez !

saisissez !

est-ce que vous comprenez que l’âme humaine est trop grande pour une fourmi même pour s’y loger ?

j’étais rendu à des visages aux tribulations de lichen

j’étais rendu à des chœurs chorals fondus de sourire en chapeau de paille

j’étais rendu à des passages au quartier western sans âme familière qui vive

les émigrés sont ici pour moins que rien et rien au-delà

sans secours

sans secours

sans secours

nos moindres passions finissent en échardes

suivez votre veine !

( Les 12 ruses )

je fonde un nouveau monde

… avec la querelle des anciens

je suis un homme sauvage et libre

… un homme qui aime la beauté

je me suis exposé à la haine

… m’évertuant de la circonférence de ma solitude

je crois aux phénomènes inexpliqués

… l’un des dommages de l’irrationnel savoureux

je ne suis pas né pour l’argent

…  comme ne tenant pas figure à la prudence

je suis un chercheur du précieux métal

… un généreux donateur d’artefacts

je me refuse les privilèges de la parole

… le silence de la carpe est méridien

je ne vis pas dans le temps présent

… une double stance pour ma madeleine

je suis un renégat des siècles humains

… où tout est déjà sous contrôle

( La robe d’un songe )

je suis assis à l’arrière d’un autobus en mouvement, je tiens entre mes mains rouges et engourdies, un vieux

livre de poésie

je ne distingue pas encore le nom de l’auteur

je tante sourdement de formuler quelques mots :

il pleut dehors sans vergogne comme pendant les mois d’hiver… !

il pleut dehors sans vergogne sur la camargue… !

je pleut pendant les mois… ! ( elle est folle cette faute de grammaire ! )

je referme le recueil et le tient serré contre mon flanc pour descendre à destination

je cherche en vain le panneau Exit en lettre de feu au-dessus de l’issue de sortie

j’émerge à moitié de mon songe sans toutefois ouvrir mes yeux, le sang de mes veines se mêle à la musique des vers

que je n’ai pas lus

( Citadelle )

j’écoute de la musique

je lis un peu, l’horloge s’attarde sur mes paupières

je mange un bout d’un vieux sandwich

je sors sous une pluie fine et mes poumons s’ouvrent

je discute avec Pierre, Paule et Jacques dans un bar associatif

04 :24 la serveuse mamelue décide de nous foutre dehors

je poursuis seul pour me balader

je regarde l’aube clair avec ces mots en bouche : une femme qui me ressemble.

je referme mon calepin

je rentre

une femme qui te ressemble

une femme qui te ressent

une femme qui te sente

est-elle une cité, ou invraisemblablement une jeune pousse ?

( Amel )

tu es matinale  

tu es dans la salle de bains

tu viens de prendre une douche tiède

tu exhales un bon parfum

tu portes un foulard bariolé à la taille  

tu es devant ton miroir planté sur tes deux petits pieds nus

tu as les cheveux lourds

tu as ton corps à moitié trempé

tu as l’air d’un ange avec cette lumière du jour naissant

tu prends l’un des cotons tiges d’une boite transparente

tu tiens la tige rose clair à l’aide de tes trois doigts

tu expires avec révolte tout en introduisant le bout de la tige en coton dans ton oreille gauche

tu inclines légèrement la tête sur ton épaule

tu frottes précautionneusement

tu regardes le bout en coton sale en esquissant une grimace

tu lances un : Beurk !

tu opères les mêmes mouvements de l’autre côté

tu te trouves particulièrement belle  

tu reviens rayonnante dans la chambre

tu danses sur le lit

tu transpires

les femmes que j’ai fréquenté ont toutes opéré une mini-révolution chez moi

toutes sans exception et j’imagine celle à venir

( Alcohol )

je buvais pour des réveilles ivres

je buvais parce que j’ai le sommeil agité

en suivant une thérapie

je buvais pour effacer l’affront

je buvais pour me rappeler

sans raison aucune ou pour un tas de raisons

je buvais parce que j’avais une âme

je buvais parce que j’avais une mort

les week-ends et jours de semaines

je buvais pour rire de la misère des autres

je buvais pour rire de ma propre misère

pendant les fêtes et les enterrements

je buvais parce que poète

je buvais parce que dingue

sans l’inspiration ou avec

( Après quoi )

je

me

noie

dans un froid sombre

une catastrophe se profile sur ma tête

et des rafales de vents

reviens-moi mon petit bulot

reviens !

je

me

convaincs 

sur la banquise de tes pupilles asséchées

que rien ne fut jouer d’avance

rien n’est jamais perdu

ils nous ont offert un destin sur des parchemins 

une rencontre à vivre

je

me

termine

de l’interminable orgueil

une brindille m’enchante effrontément

cette brindille déchire mes tempes

j’ai goûté à l’hypocrisie de ce monde

si j’y prenais racine

je

me

figure  

l’étrangeté de ta présence dans cette fête

la scène se déroule juste à côté et où tu te tiens 

derrière une cloison qui sent la flanelle des champs

comment prétendre à un accès

là où il n’y a que défaite

je

me

flagelle

comme chaque bon samaritain 

( Qu’est-ce que…, c’est ! )

À François.

tous les loups ont

un poème

sauf un

l’idiot de la meute

lui

il préfère réciter

tous les poèmes de la meute 

tous les hommes ont

une hutte

sauf un

le fou du village

lui

il préfère passer

la nuit chez les autres 

tous les dieux ont

des fidèles

sauf un

arés de l’olympe

lui

il préfère étendre

son règne sur la discorde

tous les ciels ont

des étoiles

sauf un

celui de la Mecque

lui

il préfère relier

tous les ciels des mosquées

il y a les glissements qui se font vers Dieu

que je préfère aux rappels

( Au-revoir le jour )

A Noussia.

trop de beauté peut nuire à votre équilibre psychique.

les étoiles sont lointaines

les étoiles sont proches

qu’importe où je suis

je vis

cela me suffit

les étoiles parlent

les étoiles chantent

qu’importe où je vais

je suis

cela me suffit

les étoiles dansent

les étoiles rêvent

qu’importe qui je suis

je ris

cela me suffit

la vie est jolie à deux

une solution plus que buvable pour tous !

( F )

À la ville de Milla.

exclu, parce-que d’une condition pauvre, pour le bien et pour le pire

surtout dans le pire des mondes

comme ma solitude que je mène contre vents et marées

n’est-elle pas jouissive ! 

mon cœur parle enchaîné à la galerie de cristal

vie d’ascète

cristal

tout change autour

où je disparais

reflet de l’âme

lumière 

exclu, parce-que d’une naissance Kabyle, pour le bien et pour le pire

surtout dans le bien de tout le monde

cette solitude est moribonde et qui cède

mais ne fléchit pas   

mon cœur parle enchaîné à l’as de pique 

vie d’échange

pique

rien ne reste ni ne perdure

où je me disperse

on l’appelle aussi psyché

lumière

exclu, parce-que différent, pour le bien et pour le pire

surtout dans l’indifférence de tout le monde

( Conceptions )

la conception de son cœur-hiver est rude

sa joie me polarise

il ne m’appartient plus

il est célébré

ce couchant magnanime vous rassérène, – chut – chut…!

un désert froid

le cœur des vides

le cœur des pleins de bonheur

la conception de son cœur-hiver est rude

ses gouffres qui scintillent

oh, le feu de bengale !

oh, le feu follet ! 

ce couchant magnanime vous rassérène, – chut – chut…!

les belles tendresses dans l’âme 

le cœur des adieux retroussés

écoutez vos poèmes !

( De soi )

es-tu l’arpenteur des dédales d’un songe ?

un tout ou passe une lourde stupeur

un tout dans des intervalles de bonheur minime

comment les nuits se soulèvent sous tes yeux ?

cependant le froid de tes rêves de doigts délurés

comme chavirer l’âme de tes écrits

combien de monstres marins faut-il avaler ?

tu connais machin chose sur l’amitié

tu connais machin chose sur l’amour, – très peu sur toi !

en sept mots: partout de la stupidité qui s’ignore !

( Yo-Yo )

hier, je voulais en finir. aujourd’hui, je veux vivre. demain, demain est une langue étrangère.

*

salut à vous Sainte Marie, s’il vous plait ne pleurez pas. salut à vous Sainte Fatima, s’il vous plait regardez moi. salut à vous Sainte Femme, s’il vous plait aimez moi.

*

on pouvait voir que le ciel est beau. on pouvait voir que nos chairs sont meurtris. on pouvait voir que l’enfer est pour tous.

*

j’ai un vieux souvenir qui remonte parfois. je ne distingue rien d’autre d’aussi vague ni ce qui me retient. comme guide, j’ai l’amour.

*

vous aurez un phénix. un phénix à la place du cœur. un phénix avec les yeux perdus au ras du sol.  

*

dans mon jardin, il y a des pissenlits blanches. je les appelle fleur à tête multiple de démon. quoi de plus naturel que de renommer les fleurs.

*

sous les roues de tous les camions, j’ai marché. j’ai couru. j’ai sauté haut et j’ai dormi bien bas. 

*

ils se sont échangé leurs vœux de noël. ils se sont échangé leurs vœux sous le sapin illuminé de la ville. ils avaient l’air d’être heureux.

*

sur ton dernier lit de vieillesse. sur ton dernier lit on viendra te rendre un dernier adieu. bien le bonjour à vous, mais est-ce qu’on se connait ?

*

je sors de ma longue rêverie. je me revois rêver encore plus loin d’ici. l’instrument de mes fantômes du bonheur.  

*

le vent balaie ce qui reste de la terre. le reste s’est consolidé en surface. pour un temps indéfini.   

*

mon arrière cour n’est plus à vendre. mon livre voyage et de moi de tendres baisers. vos fenêtres sont le reflet du ciel, mais restez restez restez !  

*

je souris le matin parce que je suis en vie. je travaille le soir parce que je vais mourir. entre ces deux pôles, j’offre mon âme à l’oisiveté.

*

de ce côté-ci de la méditerranée, on aime pas la vérité vraie. la vérité est chère payer. prenez le pour argent comptant, on fustige à gogo.

*

le doute s’immisce sous la couverture. le doute s’immisce comme une belle femme. le doute est saint.

*

dépressurisation rapide dans l’avion. les plans s’envolent en rigolade. on expédie ses prières à l’arrache et on survie.

*

alchimie des mots grotesques. elle est la vague et jamais ne sera vaincue. la voix s’est murée.

*

vous êtes sous les grandes roues des nuages. vous marchez et vous courrez derrière vos rêves. vous sautez haut et vous dormez bien bas  

*

puisque c’est une nuit spéciale. puisque le présent et l’amour sont à l’altitude des tropiques. puisque chaque soir je chante mon bleus à qui veux bien entendre

*

à l’est, un os. à l’ouest, un os. entre les deux, une grande ballade.

*

je ne dois jamais partir. je ne dois jamais partir. pour aujourd’hui, avec toi.

*

je rêve de contrôle. je parle pour ne rien dire. j’accepte ma vulnérabilité.

*

le dernier délice. le dernier supplice. une machine à laver tourne rond.

*

confortablement, pour mieux s’aimer. sauvagement, pour mieux sentir. doucement, pour mieux dormir.

*

le temps passe comme coule la Garonne. je reste dans la nuit, – ô nuit, donne-moi le jour! je pleure sur ma chance, pourquoi ?

*

à la découverte de ce siècle. le cœur du nouveau-né y est. comme le prolongement de la nuit.

*

ils ont maudit mes mains. ils ont maudit mes mots. il ne me reste plus qu’à me maudire moi-même.

plus j’attends d’un livre, plus je diffère sa lecture. un rapport ambigu au livre. j’empile.

*

nous vivons comme on rêve. nous vivons de fausses notes. nous sommes insecourables.

*

même si je pleure. même si je meurs. même si je rêve de toi, mon amour.

*

je pars seul. je repars seul. je mourai en fiancé.

*

je m’attends dans un avenir incertain. je m’attends dans un endroit indéfini. je m’attends moi-même.

*

fou ou pas, la conscience intermède. amoureux ou pas, le cœur s’ébranle. croyant ou pas, la mort pourchasse.

*

vous cherchez la tâche de sang. vous trouverez mon cadavre. vous êtes des charognards.

( Syndrome moderne )

co : copyright cowboy à culottes blanche cocorico

po : poteau popo dans le pot polyphonique

la : la, la, la…l’enfance rêvée ! laminé l’arctique 

copo : copponex coppo-next

pola : polarisation pola nue sur une photo en noir et blanc

cola : collation embrassade dans des bulles ! collaboration

poco : poco allegro poco poco

lapo : la peau lisse l’apothéose de mon oncle la police

laco : la corniche en été l’accordéon en cuir de vache ou en cuire d’artistes

Coppola est aussi une fille

… ! (Fr/Arab)

boum, boum, boum : 

la grenade de la plante verte

boum, boum, boum :

la balle entre mes jambes

boum, boum, boum :

le cœur dans ma poitrine

boum, boum, boum :

la déflagration au petit-matin à Bordj Menaïel

boum, boum, boum :

la cuillère dans une tasse de café

boum, boum, boum :

ton joli nom dans ma tête

boum, boum, boum :

la fête de la soirée du Mawlid

boum, boum, boum :

le pneu de la voiture

boum, boum, boum :

qui a dit une boum ?

boum, boum, boum :

le marteau sur un clou

boum, boum, boum :

les sauts d’un lièvre

boum, boum, boum :

j’ai oublié le dernier vers de ce poème !

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Les hantises (Fr/Arab)

j’imbrique mes chantantes redevances

avec les figurines abîmées

sous ce ciel inodore

décharné

tout ça fuit de la fastueuse porte des ponts

comme cet oiseau qui surplombe la céleste ville

… et me hante !

l’entrée d’or

fontaines

ensemble

désir inachevé

perdre le nord

le noir du rejeton

c’est un crève-cœur

c’est une baliverne de première

l’œil libre

être maléfique

et si

j’ai su

belle

absolu

le ciel sous la pluie

je reste à Bordeaux

Le 02/11/2015, à Bordeaux.

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J’irai au fin fond du monde et voir de quoi est fait mon rêve (Fr/Arab)

oh Dieu combien c’est dur d’aimer !

non pas… non pas ma vie, c’est dur d’aimer !

( elle va chercher de l’eau au fond du puits ! )

à quoi bon mon cœur de souffrir autant que la mort

ceci est mon adieu, ceci est mon adieu… !

( seul devant des ouvertures ! )

l’hiver

cheminées de fées

l’air frais

marshmallow

boussole

camembert

acides aminés

les ciels gris

mésange

l’alcool

cymbales

tabouret

idioties à quatre pieds

vivre l’expérience du vide pour des générations c’est le bide

je dois vivre encore plus vite et j’abandonne, et j’abandonne… !

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Dérive (Fr/Arab)

est-ce qu’une œuvre se construit sur de la douleur, certainement ! moi, je serai poète, un poète de génie

anémone des bois

brouillon d’âme atmosphérique

une rivière à vents de l’enfance fantasmé

forte comme ses remous d’égout

d’anciennes voix troublés et anéantis  

chute du sens en cataclysme

je donne vie au soi

je redonne la vie au sublime

une enfant des sombres bois

orpheline qui sourit

soleil

pinède ou bois

sexe

doux

joyau

mirage

forêt

…. et cetera.

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