Les entraînements

ils sautent l’entraînement terminé la tête la première sur une terre rouge, la peau glissante et le cul bombé.

vous vous figurez bien un train rentrer en gars ? sauf qu’ici, le ciel mousseux leur tombe parfois sur la tête !

le train s’arrête en noir et blanc.

ils ne savent plus lire en riant et pourquoi marcher ou parler, alors quoi ? seul l’idée du martyr gouverne leur raison.

ils ne cherchent rien de particulier à se surpasser;

ils traversent des kilomètres à la nage et en eux-mêmes, c’est tout.

ils savent par contre glisser lentement jusqu’à leurs lits, on ne demande pas autant à des adolescents !

il y a aussi une faim qui creuse et quand même soif, comme des cyclopes sans les vivres. même si plus personne de nos jours ne croit à ces créatures.

encore moins ceux qui les créent !  

l’échine d’un rêve est l’ergonomie simple, sans causes.

En terrasse

je suis en terrasse et il y a un léger vent, quelques regards complices.

j’entends du japonais sur la musique de Imagine,

une voix délicieuse.

je dégage une odeur de tabac et d’herbes de Turquie,

même si je n’ai plus le goût à rien.

je pense à mon ex-femme, comme déjà bien corrodé !

j’accorde de l’importance à des chose qu’elle a sémée.

elle était comme une espèce de mammifère avec les yeux en colère, disloqué.

j’attends le jour où elle me reviendra.

elle m’a appris à manger un yaourt nature avec de la confiture, ceux à l’orange étaient mes préférés.

et surtout comment faire mes pizzas.

j’écrirai peut-être un jour un opéra-comique à son honneur.

je me laverai plus souvent.

Situations

je chemine vers le tourbillon noir de l’oubli.

je ne supporte rien d’autre que l’insupportable et je m’efface devant l’histoire à une seule vitesse.

les crimes abominables commis jusqu’au moindre geste sans grâce,

feront encore des ravages pour les générations à venir, et… la colère gronde dans nos cœurs !

fêter le premier jour de la guerre est juste une compagne de victimisation et que l’on me pardonne ma préférence aux lâches plus qu’aux héros et martyrs dépersonnalisés.

que l’on me pardonne mes yeux purs,

ils sont ordinairement enclins à la beauté et que parfois percent le ciel inodore et attestent de l’existence d’un autre monde.

que l’on me pardonne ma naïveté.

cette réalité est aussi la mienne, en filigrane. et… la colère gronde dans nos cœurs !

mais sachez vous autres que j’ignore ce que c’est votre pardon.

je l’espère seulement du Suprême et l’Unique dispensateur.  

Suicide littéraire

une fille saute d’un pont et les personnes présentent ont eu peur,

nul n’a réagit pour la secourir.

un homme contre toute attente s’élance dans le vide et la délivre des griffes du terrible torrent.

tout le monde a reconnu en lui le cheikh qui préside les assemblées.

il interpelle en regagnant la rive la foule ébahie: quel diable m’a poussé ? qu’est-ce qui s’est passé ? si je rattrape ce farceur, je jure par Dieu, qu’il saura de quels bois je me chauffe !

– prenez-moi pour femme. dit-elle avec hébétude.

les deux inséparables suivis du cortège lançant des hourras,

tous ont conclu que l’innocence même avait parlé.

depuis cet événement circonstanciel et à chaque fois qu’une âme est sauvée dans la région,

on dit de ce jour qu’il est gras.

Ça n’a rien d’un jazz

le jazz s’écoute communément les soirs de longue mélancolie et éventuellement accompagner d’un verre cérémonial, comme du whisky ou autres.

il s’écoute aussi en compagnie d’une étudiante qui se faufile ici.

je suis tellement bordélique pour vous dire et sans heures que je l’écoute dès le matin,

très tôt au réveil avec les cuivres qui me mettent d’aplomb, avec mon café noir et chaud … d’aplomb !

comme un noir de la Nouvelle Orléans.

vous savez sans doute que c’est de la musique afro-américaine,

le titre qui circule bien en ce moment est Kind Of Blue.

je laisse pour l’heure aller dans le givre et je fais des calculs manteaux.

Image par OpenClipart-Vectors

Chenilles

j’aurais pu être toi,

comme toi tu es en toi avec ta veste en cuir noir de gangster New-Yorkais, tes cheveux gominés, tes traits juvéniles… etc.

je devine presque ton désarroi où personne n’a la solution,

une fuite salutaire.

on marche l’un derrière l’autre, vraiment tout près !

cela ne ressemble en rien à l’ordre que l’on se fait de soi.

les chenilles boiteuses y arrivent et malgré leurs vieilles chaussures en bois !

l’un derrière l’autre, marcher. 

j’aurais voulu troquer mes ennuis pour d’autre ennuis, avoir un sac porte-documents avec des documents importants dedans, vivre différemment les interactions avec ce monde… etc.

peut-être pour une autre vie imaginaire.

Les quais

je suis dans ma cylindrée dernier cri, une électrique savoyarde.

j’écoute des mélodies dans mon poste radio,

je suis ce qu’on pourrait appeler un homme riche,

lequel à encore de belles années devant lui.

sur les quais de Bordeaux,

je rencontre une troupe de filles en jupe courte,

les chiens errants reniflent du vomi de matelots nègres, et derrière, comme un décor de théâtre, des buissons et une chaleur qui couve tout.

cela ressemble à une nuit ordinaire,

j’ai un peu bu, et alors ?

vous trouvez que c’est de l’impudence ?

patience, vous n’avez encore rien vu.

Vroom, Vroom …!

j’accoste l’une des filles selon mon bon plaisir.

Sensations

cette atmosphère de moisie qui nous magnifiait, le bleu-noir du ciel, les étoiles, ta peau, je m’en souviens:

comme de ta voiture rouge métallique, une ZX 1991. toi, tu te tenais juste à côté, tes dessous d’habits baissés

elles filaient en demi-teinte ces punaises, de vraies bêtes théâtrales, elles mouraient autant les grands soirs de fête

elle brillait pour toi seule, cette nuit d’été de l’acte bréviaire. tu les reconnais ces soirs d’été

dis-moi que tu l’as bien comprise cette substantifique moelle… nous rêvions à demi-mot, nos nuits désordonnées. les algues et le parfum de la berge siliconée  

je me balade aujourd’hui avec ton visage urbain, comme une infraction. une valise cabine entre mes deux jambes et tout prés de moi, ton esprit qui crie à la cavalcade 

tu as filé entre mes mains comme une étoile vers les rives baltique, mais je t’attendrai. même si je sens déjà les prémisses d’une nouvelle déchéance  

c’est juste des météorites

c’est juste une étoile filante

c’est l’histoire d’un poisson combattant

Image par 【微博/微信】愚木混株

Le hac de Leila

les fenêtres sont grandes ouvertes, c’est l’été…

je porte une cape transparente et chiffonnée, mon bermuda est humide.

ma voisine cuit du riz dans la cuisine familiale 

elle n’a plus le temps de me cultivée de ses soins affectés.

le vent fait gonflé sa djellaba à petits motifs amusants

comme un drapeau aux couleurs indéterminés.

je suis perdu dans l’âge des premiers émerveillements;  

et si par malheur la chance me tourne le dos… !

l’une des raisons est que pour elle je me détraque le kaléidoscope.

un mal identifiable entre tout : nous allons plus revivre cette belle histoire d’amour.

mes anges de la prédication me susurrent des solutions prêtes à l’emploi entre les mains de la providence;

que je ne révélerais pour rien au monde ici.

Les façades

À Ramzi.

il marchait en plein milieu de la rue en tenant une petite baguette en bois dans sa main gauche;

il était enveloppé d’un drap, de braises et d’un front où perlait la sueur !   

il avait des yeux blancs semblables à ceux de Jacob le pacifique;

un ciel au-dessus qui l’ornait de son fluide mystérieux.

un Rai circulait dans l’habitacle des jeunes algérois;  

les plus anonymes étaient autour d’une statue noyée dans un bocal d’algues vertes.

le sol d’asphalte n’opprimait pas son ombre;

il éprouvait une terrible perte.  

et il prophétisait une énième fin du monde.

lui comme moi, comme quelqu’un d’autre

on rêvait de croiser une sœur.

une graine pleine d’une vilaine histoire à nous raconter et vibrante d’amers soleils.

les capitales de la frénésie sont toutes ainsi devenues;

un spectacle ouvert pour le spectre des moutons noirs.