l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie

  • jusqu’à demain

    que je meurs pour ce soir

    voilà lundi !

  • tu t’en dors

    sur des papiers déroulés

    à tâtant au bois

  • fragrance

    un filet cotonneux

    me perce

  • dans le bus

    un chat derrière une vitrine

    d’un même délire

  • je me promène et il me revient en souvenir les personnes que j’aime. Je regarde aux alentours, c’est une nouvelle pages qui se tourne. À chaque coin de rue et parc, c’est comme si on m’avait endormi jusqu’alors ! Je suis arrivé à un point où je réfléchis souvent à la mort, une fin de vie digne et respectable. Pourquoi ces questions sont aujourd’hui si présentes ? À vrai dire, je ne saurais répondre. Je sais juste que ça a commencé très tôt pour moi

  • Bashô, j’y goûte

    en refermant mes yeux

    sur des jardins de brumes

  • dimanche aprèm

    où se posent les silencieuses

    de la poussière

  • dans le bus

    deux mains au chapelet fuyant

    une épissoire à l’arrêt

  • Il m’est terrible d’avancer, encore davantage de mourir. Je parle de même de ma langue ! L’effroi que je ressens devant la réalité de ma condition, tout et n’importe quoi me renvoie à mes échecs, ma médiocrité. Bien évidemment, ça m’inhibe. Infirme que je me sais à m’extraire. Pourtant vers la vie, j’entends une musique. Je prétends à des choses, des formes nouvelles, des brainstorms, de la fumée… , sans parvenir à me hausser à leur hauteur. Comment pousser son mouvement, et la transfigurer ?

  • l’appel à la prière

    le chien ne passe plus pour un loup

    sous mes pleurs

  • larmes d’hyènes

    la voix du peuple ricanent

    portes du Salam

  • chômer sous le ciel

    derrière les lambeaux d’or

    d’éclatants parfums

  • soir de pleine lune

    mes vêtements prennent l’air

    bleu de l’automne

  • Les chagrins, les séparations, m’éprouvent, me bouleversent et me déchirent ! Je n’ai qu’un être cher à mon cœur. Je pleure. C’est l’heure ou un enfer du crépuscule du soir, un jeudi. Je m’assois sur un banc, entouré d’arbres, devant mes portes passées et celles à venir. Les ombres me semblent familières. Elles s’allongent et fixent mon attention. Je fumes, un peu apaisé, presquement curieux. Le pays ? Un pays et ne plus revenir au monde. Effondré, comme sous le poids du temps, rien ne tient dans mon existence, – Qu’est-ce qui s’articule exactement là ? Tout de ma vie me rejette. Une vie minuscule, un brin, en dépend. J’entends un oiseau, il se peut qu’il m’apprenne à revivre. Je me taies

    Une pensée sur le nombre de fois que j’appelle aux ciels. Je pense aussi aux poètes lus ou rencontrés qui emplissent mon espace intérieur. Je vais immigré, il m’est clair ! Un vol ! Mais je me sens à l’agonie, ramassé, limé. Une fraîcheur, un vent bienvenue s’est déroulé, calmement. Il n’y a pas si longtemps, sur le perron en ciment, j’étais au quartier, patient, silencieux, passager. Tout m’a été enlevé, balayé, comme en automne. Dieu, qu’il gèle dans mon cœur ! Je ne sais comment rentrer, ce qui me maintient ! Je me sens au bout. Il y a des voix qui montent des habitations, de la musique, aussi. Des voix aimantes. Est-ce un leurre ? Des lilas exhalent l’air. Je m’y attends. Un rolleurs sur l’asphalte passe comme du tonnerre. Il fait nuit à présent, solitaire, mais j’écris peut-être pour de mauvaises raisons

  • Elle avait de la suite dans les idées. S. attendait patiemment et suivait le cours de mon évolution pour me cueillir comme une fleur de pavot. Réfléchies, méthodique, obsessionnelle, comme sa nage du crawl, sinon elle n’avait aucune spécialité en natation. Rien n’était laissé au hasard ! Et tout était prémédité

  • je sais malheureusement que plus personne ne cherche après moi, je doute sur ma manière d’être avec mes camarades

    si je ressens une étrangeté envers moi même, quand est-il de mes amis ?

    il est possible que je dégage quelque chose de fort et obscur, et ces énergies sont perçus comme malsaines

    je m’étouffe et étouffe mon entourage

    je réalise à présent que cette écriture est celle d’un fou, à la hauteur de rien

    l’hiver dernier était atroce

    je revois, je corrige, je mets en ordre ces feuilles éparses à tant soit peu

    elle est terrible cette impression que de manquer à soi-même, et cette envie monstre de tout saccager et de tout brûler autour

  • comment expliquer le voile humide sur les yeux des animaux, sinon qu’ils pleurent le déluge, surtout ceux des chevaux, qui me touchent profondément

    et rien ne pourrait les apaiser, vraiment ?

    l’entaille reste bâillante

  • J’aurais pu voir I. et son mari, aujourd’hui même ! Je ne me suis pas levé de mon lit. J’ai essayé d’appeler hier au téléphone, comme confirmé notre rendez-vous. Je ne sais plus depuis quand les choses sont devenues compliquées. Lorsque je fréquentais C. Nous sommes allés, un jour à son appartement pour dîner ensemble, dans le Périgord. Il n’y avait personne à l’appartement, qui était par ailleurs dans un désordre total, mais bizarrement propre. J’étais en possession des doubles des clés, puisqu’elle m’avait hébergé quelques temps auparavant. Je déposais une bouteille de vin rouge sur la table de la cuisine. Il y a entre nous des années d’amitié et de partage, elle était toujours présente en cas de besoin. Elle savait s’y faire et s’adapter avec moi. Je remettais les clés dans la boîte aux lettres, avant de partir sans savoir encore que je ne la reverrai jamais. Il faut dire que je l’avais usé de mes sollicitations. Avant hier au soir pour m’endormir et bien après ce qui venait de se passer, j’avais pris la résolution de ne plus faire d’efforts vers quiconque, même pour mes propres intérêts

  • par les chemins

    une révolution à l’avant-poste

    ville cloisonné

  • fin de la saison

    sur ma peau sept points de suture

    sous le Croissant Rouge

  • swift de la main

    le long de la chaise longue

    jet sur la pelouse

  • swift de la main

    le long de la chaise longue

    jet sur la pelouse

  • l’enfant s’interroge

    les yeux rivés sur la mosquée

    attrapes la balle !

  • demi lune

    là où apparaît un clou

    j’enfonce le clou

  • l’ici par un ailleurs

    recouverts de draps blancs

    vandalisme !

  • Le chant général

    comme une aurore à venir

    à l’âge idéal

  • sur le fleuve

    un pagayeur sur la zone

    de la part d’ombre

  • sur le fleuve

    un pagayeur sur la zone

    de la part d’ombre

  • sur le fleuve

    un pagayeur sur la zone

    de la part d’ombre

  • moiteur…,

    j’appelle à l’onde d’une pirogue

    bleuit d’exotisme

  • écran tropical

    sur les méandres brûlés

    de longues pirogues

  • Ça va ! Enfin, je crois que ça va. Puisque rien que ce matin, j’ai dit un poème. Tout le long de mon chemin, j’ai été éreinté. J’ai mal aux pieds. Mais au fond de moi, je sais qu’il y a un lion à la place de mon cœur. Il fait beau. J’ai vu des oiseaux perchés sur des câbles électriques, des nuages étalés en dessous du ciel. Il y a même un arc-en-ciel persistant derrière mes paupières. Un poète, et donc ? Je rêve ? Je dis que je suis bon. Il m’est possible de me voir différemment, sinon c’est ainsi. J’ai été un fils, un amant, pour certains un saligaud ! Comme ils disent au surplus de première. J’ai joué, il est vrai. J’ai dansé, un peu. J’ai baisé, j’ai chanté et sifflé. J’ai ris, j’ai beaucoup ris. Et certainement, j’ai fait l’amour. Je suis poète, qu’est-ce que cela veut dire, encore ? Mais pas que ! Je travaille. J’écris. Un peu moins en ce moment. Les articles se listent sur mon blog, et pas de publication en papier en vue ? J’ai tracé. Mes idée en tête, mais pas que !

  • butineurs

    où s’en est allée, mêm’tout

    ça va ? Embrasant vos os

  • le récit

    peut attendre l’aube

    dans une ode

  • d’un hoquet

    qu’une chouette s’est envolée

    de mon orbite

  • puis une lune

    je fume

    est-ce qu’on se croise ?

  • à mi-voix

    ne point troubler votre sommeil

    d’une aile de vent

  • …, inapproprié

    ni adéquat, envers vous

    vous que je hisse

  • rien qu’un signe

    un tout petit calvaire

    une gifle ou une caresse

  • rêvant de vous

    comme un oiseau mouillé

    sur le chapeau d’Alice

  • vendredi soir

    la machine à linge s’éboule

    ou brève d’un noyé

  • les crayons de papier

    d’un même timbre de voix

    Feuilles de route !

  • étoile et ocre

    proche du désert je perds

    sur une jetée

  • à l’ombre d’un tremble

    la légère caresse d’une brise

    veines de ma main

  • soir à la Trappe

    roulis d’une aire de route

    dîner d’un avocat

  • fenêtre sur l’été

    une motocyclette vrombit

    et part au cent

  • sur la barbe

    d’un nageur échoué

    s’émiette une rive

  • aube étalée

    sur la barbe d’un nageur surpris

    par la tasse

  • sur les pattes

    à la croisée d’une mémoire

    de broussailles

  • au village musée

    où les trains n’ont plus d’odeur

    sinon de l’acier

  • suivi d’éclats

    l’élan de tes premiers émois

    ombre qui passe

  • l’air au front

    seul d’un regard flou

    Pioui – Pioui

  • sous tes yeux

    remède et sortilège sont dissous

    de feuille en feuille

  • sur les rayons

    le mal des vers se dissolve

    entaille de l’ego

  • le corps s’est tue

    comme la glaise au four

    sens des aiguilles

  • jour des voisins

    parsemé au-delà de l’éthéré

    comme partout

  • chant campé

    de l’oiseau qui rêve de branches

    et rêve encore

  • fin du printemps

    pourquoi tu ne chantes plus, oiseau

    sur un quiproquo