partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie
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Ce n’est pas les patates de la veille qui me retournent le ventre et me rendent malade, mais bien des madeleines prises chez un supermarché. J’ai dit qu’elles rendraient un âne malade ! J’ai déjeuné alors frugalement de trois patates, deux œufs, des tomates cerises, de camembert, accompagné de sel et de mayonnaise. Et pour ponctuer, comme toujours, j’ai pris un café. Je me sens régénérer

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Un mot de toi. Un mot de vous. Un mot, qu’importe ! Peut me chambouler durant des jours. Et lorsque j’essaie de m’en souvenir bien après, il m’est impossible de me le rappeler ! Je repense à Nicolas B. Pour l’avoir lue un soir d’hiver dans un ancien appartement à Bordeaux. Il se creusait la tête dans ses jardins pour se rappeler un mot qu’il lui avait échappé, sans se décider à le retrouver dans un dictionnaire, satisfait

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J’ai en ce moment comme un magma en-dessous de ma conscience, hyper présent dès le réveil. Est-ce une langue ? J’aimerais la discerner, mieux l’entendre. Pour qu’elle remonte, comme dans un récipient. Je la surprends parfois en cours. Je suis travaillé, alors que j’ai le sentiment de ramollir. Comme une écriture de l’apesanteur ! Jusqu’à quand ? J’aurais aimé, au fond, embrasser plus de science, d’air

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L’impression de ne plus savoir communiquer, j’ai perdu ma voie. Est-ce que j’aurais le temps de rattraper, de rectifier les choses de ma vie ratées ? Et celles mon Dieu que j’aurais dû honorer ou mal faite. Un mot bien veillant envers un être cher, me rendre à un rendez-vous galant…, etc. Je me crois à un âge d’apprendre encore, de faire mon éducation ou de la refaire

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Je suis rentré au pays pour combler un manque, m’éloigner de la solitude, et surtout me rapprocher de ma famille, qui s’avère insensible. Je me suis retrouvé plus seul que jamais. Enfaite, j’aurais jamais dû le quitter ! À chaque fois, je suis pris d’un vertige de l’éventualité de cette idée délirante, qui me revient comme un train qui couperait mon corps en rondelles. Pourquoi délirante ? Les destinées ne sont pas perceptibles à l’œil nu. Le pays, déjà me rejetait, comme de l’eau usée. Au final, pas moyen de me consoler nulle part. Tout le long, j’ai pensé au verger de Si M’hand Ou Mhand, qui par ailleurs, heureusement lue ! J’ai pensé à ma vie, un désastre

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C’est un peu de ma faute aussi que je n’ai plus d’amis, n’ayant partagé que des moments de joies et de convivialité. Je me suis laissé rarement approcher de l’intime, – quelle strophe pourri ! Je me demande souvent est-ce que je vais bien, et il faudrait si faire ! Un voisin de mon quartier aurait dit, pourquoi tu es toubib ? Il faudrait dire qu’il est vraiment atteint

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Certaines personnes dehors très bizarre lorsqu’ils me croisent se secouent et sautent et tapent du pieds sur le sol ! Aurait dit qu’ils venaient d’apercevoir un démon ou un chat des ténèbres. Les plus grands intiment aux plus jeunes de se protéger, comme si ils en sortaient quelque chose

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de la poussière d’étoiles
sous mes paupières
un voile de lune
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j’ai vacillé ce matin
et me suis cogné la tête
noir total
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Je sens chaque personne qui vient, avant même de l’avoir croisé et reconnu, comme un rideau que l’on tire devant moi. Mais il m’est impossible d’affiner mon regard pour deviner qui cela peut être. Je peine à les salué après ça. Je ne sais ce que c’est

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soir d’été
dans deux jours l’Aïde
fraîcheur et paix
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fatigué, – Les heures ne passent pas !
en état de somnolence
& mon corps est éprouvé et lourd
je ne comprends plus
pourtant, mon sommeil est bon
c’est à dire je dors
dehors, du brouillard
il n’y a rien pour moi aux alentours
je vais déjeuner de patates
& du fromage
enfaite, je n’ai jamais su ce qui est bon pour moi
à mes dépends
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Je sors mes poubelles. Dehors, la chaleur est accablante, on est pas encore à l’été. Je me rase, quoique je garde une petite moustache. Moi, traversé par tous les états que je me reconnais et d’autres à peine plus perceptibles. Clairement, j’ai pas envie de m’embêter à chercher, de les analyser. Pas d’envie tout court ! Je rêve d’habiter une cabane que j’aurais construit, dans l’idée ça serait à Harouza. Mais ça ne ressemble en rien à la vie. Enfin, je crois…, un jour, si Dieu le permet. Je reviens sur ce que je viens de parler ! Une réflexion, ce qui n’est pas mal lorsqu’on porte des lunettes, est que l’on peut voir le monde de deux manières différentes, se voir soi-même aussi de deux manières différentes dans une glace

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Il y a cette fille que j’ai croisé dans le bus. Elle est un peu bizarre, elle se gratte de partout, son dos, sa nuque, ses entres jambes, etc. Elle est brune de peau, avec son pantalon blanc à paillettes. Elle a des cheveux de couleur rouge et vert, à la garçonne. Peut-être sale. Je vais prendre une douche. Ou je me branle et vais prendre une douche

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Combien réconfortant de commencer une journée avec une belle note. Un mot, presque rien. Il sera bientôt 13 heures, je vais bien, en paix. Je vais déjeuner toute à l’heure , d’une salade de riz. Par la fenêtre, j’ai entendu des rires, au loin. C’est évident pour moi, ils m’auront oublié après le décès de mes proches ! Je nourris peut-être une peur, celle du prisonnier. Au tout de mon cœur, un bandeau noir s’est posé sur mes yeux . Je viens de tiré les stores. J’écris dans la pénombre. Je repense à mes explorations, sans engagement, voguant à travers mes rêveries

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Ça me chagrine, c’est vrai ! Je l’ai depuis trois années, je ne veux pas le perdre. Je m’y suis attaché. Je ne veux pas non plus qu’il meurt. J’espère que le magasin de bonsaïs saura quoi faire. C’est peut-être de ma faute, je l’ai noyé, trop arrosé. Ses feuilles sont molles et noires. Elles tombent. Ils n’en restent pratiquement plus, ses branches sont désertes. Une odeur aussi s’y dégage, je ne sais si c’est le terreau ou de la pourriture. Je l’ai soulevé et les racines sont noires

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un ciel bleu d’azur
les enfants nagent vers la nuit
ainsi que des dieux
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Il y a de cela dix années, j’aurais aimé me prendre dans les bras, me dire que tout ira bien et que je vais m’en sortir, ou quelqu’un le fait. On ne pleure jamais pour les raisons que l’on pense. Je pense parfois adopter un chat, mais je n’arrive même pas à m’occuper de mes plantes. Je n’arrive plus en ce moment à grand chose. Parmi mes innombrables questionnements, une seule les surplombe toutes, – Est-ce que je crois en Dieu ? J’ai froid. Je ne sors plus. Pour mort, il pleut ! Premièrement, voir le verre à moitié plein. Deuxième options, rien que le néant. Fatigué, je ne sais plus ce que je dis

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Je pense arrêter, cela est de trop, vraiment ! Je sais surtout qu’il n’en ressort rien de bon. Et qu’il n’y a aucun sens là-dedans. J’écoute à la radio un intervenant, peut-être poète ! Il dit que si vous voyez qu’il y a un résultat, continuez puisque vous êtes à la moitié du chemin. Je crois enfaite que je l’ai lus ! J’aurais dû vivre mes plus belles années, ce qui m’a été enlevé le restera à jamais. Il ne se trouve pas de mots pour le dire, inconcevable. Je ne me considère pas libre en France ! Je l’écris pour la première fois, mais je l’ai bien compris, dans l’un de mes sommeils

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Qu’est-ce que cela veut dire quand tu ne fais pas preuve de patience ? Cette qualité si rare qui ne se retrouve chez aucune de nos jours ! Dans notre appartement, c’est le premier jour de notre aménagement, tu n’arrêtes pas de faire des allers retours et dans tous les sens. Tu vas à l’épicerie pour des assiettes et des couverts en papier jetables, de quoi aussi improviser un repas. Je te sens hyper stressée. Je me demande qui tu as croisée ou qui aurait pu te contrarier

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J’aurais dû dire à ta famille et tes amis que les premiers mots qu’ils devraient hurler sont : Il t’aime. Lors de ton retour de Chine, dès l’aéroport. C’est arrivé tellement de fois, aussi ! Enfaite, tu n’arrêtes pas de partir. Mais au moment de le réaliser nos retrouvailles sont glaciales. Tu me proposes de déménager, parce qu’on habite chez tes parents. Je te dis que j’allais y penser. Je sors pour prendre du tabac et je vois une affiche sur un camion. Au tarif affiché on déménage tous les jours ! J’ai envie de dire, non sans sarcasme

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j’ai cru reconnaître, au supermarché, le regard de ton père
sur une autre tête
le même regard glaçant, insistant…, etc.
la seule chose que je lui ai reproché est mon sourire
pourquoi ?
parce que je porte une barbe

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c’est bien à cet homme
d’aujourd’hui que tu veux ressembler : Un homme paumé.
je n’arrive pas à passer un chagrin d’amour
même si cette histoire est un vrai désastre
je ne sais rien des femmes, et celle que j’aime voit ailleurs
nous n’aimons qu’une fois et c’est je crois pour la vie et l’au-delà, qui peut connaître ces choses là ?

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Tant de choses que je ne te dis pas, que je juge naïvement bon de taire, le comportement par exemple de tes amis, de tes parents. Je suis persuadé que tu as un aperçu de ce qui se passe, de la réalité d’un étranger. Je ressasse mon passé, je revois en images mon pays, mes amis et la maison dans laquelle j’ai grandi. Alors que nous deux on est qu’au début de notre relation. Tout est nouveau pour moi, comme une autre dimension ou sorti d’une pochette surprise ! Je me laisse tenter par ce parfum de mélancolie, pendant que tu es à côté de la plaque

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Je penses à toi. Je pense à notre rencontre. Je pense à nos diners ensemble. J’ai prévu une surprise pour toi, un pendentif ! Il me revient en tête les quelques semaines de vie commune, à l’appartement de la Rue Portal. Je pense à nos retrouvailles dès que l’un de nous s’absente. Je ne m’octroie aucun espace, sauf celui que tu veux me concéder

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C’est comme un nuage noir, une menace au-dessus de nos têtes. Elle craint pour moi. J’ai peur autant pour nous deux. enfaite, je me sens jamais seul ! Je m’attache à présent à son visage, à sa voix. J’entends le bruit de ses pas, les portes qu’elle claque. Encore plus loin, le bruit des motocyclistes qui rétrogradent dans les rues. D’un coup, je me sens mieux

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Je crois que ça peut toujours aller que nos relations soient fluctuantes, navrantes, à vrai dire ! Je n’ai pas les moyens intellectuels pour traverser ton chagrin actuel, à temps soit peu le notre. Nous somme forcer à rien, obliger d’aimer personne ou que quelqu’un réponde à notre amour. Je ne me suis jamais plaint. Le jour où je le fais, je le paie fort. Tu es sophistiquée, peut-être un peu trop pour me comprendre. Tu n’as jamais le temps, jeunesse oblige ! À ce moment, j’ai l’impression de ne savoir rien sur toi. Me voici aujourd’hui perdu en terre étrangère

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Une morne nuit Sans perspective
En ville
J’ai perdu un frère.
Le retrouver
Sûre
Où là-haut
Exibé nu
Je sais son paradis
Réprimé La fièvre
Aussi : pisser
Au soir d’une pleine lune
Une roulée entre mes doigts
Se consume
Avec la serenade des crapauds
Bannissement et pleurs
Sous la serenade des crapauds
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un livre pour moi
est
comme une sortie
certains me prennent
alors je me crois en partance
dans le pays de l’autre
le désir d’un sujet
sans objet
le plaisir de bousculer
les artistes ont le dessus
sur presque tout
et moi le poussin décrépi
même si je me sens fleuri à l’intérieur
du matin au soir du soir au matin
me voilà désolé, puisque je bouffe des recueils !
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l’idée de se retrouver sans pays est horrifiante, – Où aller ? Et seul, c’est si difficile. Je ne pense qu’à l’Écrire, j’espère que jusqu’ici ça va ! Mener à bien un recueil dont je serai satisfait, voilà à quoi je m’attèle. C’est l’hiver, après les corrections des écrits de la veille, je n’écris relativement plus. Je publie d’anciens textes que je traine, que je traine dans mes bagages ! Modérément. J’essaie d’être présent à moi-même, quoique avec un épiderme sensible, saisir tout ce qui m’est non-approprié. Certaines lectures me sont plus éprouvantes. J’ai galéré ces derniers temps, à présent il me faut digérer des vides et des blancs ! J’ai l’impression aussi de perdre la tête, et cette fois-ci… , c’est vrai concernant ce point que j’ai peur ! Déplacer des montagnes n’est non seulement aisé, mais de la folie. Je me figure les personnes que je connais ou celles que je croise si paisibles dans leurs têtes, sans douleurs aucunes. J’ose à peine les regarder, encore moins leur adresser la parole

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Est-ce que je crois encore à l’amour d’une femme ? Je ne sais pas. Peut-elle me sauver ici-bas et dans l’au-delà ? Je ne sais pas. Si je commence à l’imaginer, je me dis qu’il faudrait qu’elle soit folle autant que moi. Mais il ne se présente à moi que les mêmes questions, – Vais-je être aimé ? Elle est si belle cette fille sur l’un de mes sites de rencontres ! Passionnée de photographie, c’est une artiste ! Je me rappelle, bien avant, lorsque je m’adressais à des femmes j’employais le masculin, est-ce pour autant que je peux dire que j’ai complètement zappé le féminin de mon existence ? J’ai un doute

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Je me sens fatigué constamment. Je n’arrive plus à récupérer durant mon sommeil. Je ne retrouverai peut-être jamais la santé, la paix psychique. Je sais que c’est idiot : Une vie paisible par là, une vie simple par ici. Je ne suis même pas convaincu que ça existe, et de ce que je dis ! Mine de rien, quoique je me brosse les dents trois fois par jour

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Je n’arrive plus à lire ou à finir quoique se soit. Pareil pour retravailler mes textes. Rien ne me rappelle autant le pays que moi-même. Une issue. Un leurre. Je souhaite me sentir épanoui n’importe où, je ne me sens chez moi nulle part. J’aurais été jusqu’au bout du nombre des exilés. Le bout ! De quoi ? Je rentrerai, et je m’appuie au temps comme un saveur. Je tressaille devant les apparitions, pour vrai c’est du propre. L’instant d’après, comme avant, comme avant ! Je tiens sûrement des corrompus, peut-être même de la pire espèce. Suis-je contagieux ? Je n’ai pas l’arrogance des artistes. Je manifeste ma réalité

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Avant-hier Je me suis dit que j’allais faire mieux demain Hier je me suis demandé ce que j’ai fait de bien Aujourd’hui aujourd’hui Je crois que je plane
*
Que je dormes après chaque journée indemne Que je m’éveille le lendemain avec toute ma tête Que je reste longtemps presquement
*
Durant mon enfance J’ai embrassé toute ma vie Durant mon enfance J’ai déjà embrassé toute ma vie Durant mon enfance J’ai presque embrassé le silence
*
Une méthode Aucune et n’en ai cure Un style Aucun et n’en ai cure Du charabia Oui et je maudis cette façon de s’y prendre
*
Le soir Pas envie de sommeil Le matin Pas envie de réveil L’aube avec ce temps de noce des loups
*
Au pays Un horizon À l’horizon Point d’horizon Au-delà de l’horizon Un horizon
*
De l’indifférence Je joue De la douceur Je joue De la violence Je joue
*
Ce n’est jamais ça vivre Le train vient de passer Ce n’est jamais ça écrire Le train vient de passer Ce n’est jamais ça les cheveux blancs Déjà deux trains viennent de passer
*
En arrêt Je me sens loin En cours Je me sens près Sur le lit Je me sens au milieu
*
Humble devant la vie Humble devant la mort Humble sans aucun derbys
*
Un brin de folie pour se lever Un brin de folie pour se coucher Au désespoir aucun
*
Je ne sais si je suis monté pour être Poète Je ne sais si je suis descendu pour être Poète Je remonte Je redescends À mes instances
*
On mélangeait nos salives On combinait nos vêtements On mêlait nos mots dans la langue de chacun
*
Accepter les fuyants Accepter Les temps morts Accepter les entre deux
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Un paysage derrière un haïku Un lieu derrière un poème Un haïku derrière un haïku Un poème derrière un poème Et qu’un brin de vie s’y niche
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Avec eux Déçu Sans eux Déçu Dans l’un en mouvement
*
Ma contemporainité Fin du jour Ma contemporainité Le jour
*
Une voix particulière à l’intérieur Une voix spéciale à l’extérieur Entre les deux Le silence
*
Je sors Je ne veux pas paraître bizarre Je sors Je ne veux pas paraître étrange Je sors Je ne veux pas paraître Drôle
*
Il y a une personne Je la regarde Il n’y a plus personne Je regarde son effacement Et la projette
*
Tu te laves Mais pas les dents Tu te brosses Mais pas le corps
*
Je vois des ciseaux La jugulaire Je vois des couteaux Le poignet Je vois des rasoirs L’œil
*
Entre le bon et le pire Entre le pire et le moins pire Je m’enfonce
*
Un brin poète Un brin méditerranéen Un brin immigré
*
Et si une minute fait un jour Et si un jour fait une année Ce qui fait selon mes calculs J’ai une éternité
*
Je n’ai aucune raison de me présenter ici Je n’ai aucune raison d’écrire en dedans la poésie J’écris mes poèmes
*
Les coups de mes parents Les coups de mes professeurs Les coups de mes camarades Et je leur f ait la guerre avec le silence
*
Qu’est-ce qui se passe au-dessus de ma bibliothèque Qu’est-ce qui se passe au-dessus de mon ordinateur Qu’est-ce qui se passe au-dessus de mon assiette
*
Je dors peu Je mange peu Je vis pauvrement
*
Enclencher le travail Enclencher le repos
*
Un cars passe Je suis devant Un cars passe je suis à côté Je suis à gauche Un cars passe à droite
*
Mes amis ont foiré Mes amours ont foiré Je sors ma langue
*
Je lis lourdement J’écris lourdement Tout me pèse et je me sens pénétré par chaque chose M’alléger
*
Une femme bouleversante Une femme sulfureuse Ces adjectifs sont pas évidents Parce que vues à la boulangerie
*
L’impression de ne pas m’en dormir L’impression de ne pas m’éveiller Cauchemar au cœur du désert
*
Sperme Bain et lessive Ou lessive Sperme Café ou sperme Bain Sperme À quoi se réduit mes récréations
*
On perd la femme On perd la santé On perd le travail Communément Alcools
*
Point FR Point et faire Point d’enfer
*
Moins en on sait Plus on déverse Plus en on sait Plus on verse
*
Une banane Une pomme Une poire Ne provoquent jamais la même vision sur une table de chevet
*
Politique des médecins Politique des infirmières Politique des patients Dans une ville d’asile
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une piqûre
juste avec ma langue
s’il le fallait
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la Haut-ville
un virage dont les pigeons
n’avance jamais
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le receveur
se remet en état hideux
sur des golfs
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devant une porte
raccordée au ciel étoilé
le Bourg s’anime
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doux soir d’automne
entre les branches de bouleaux
la lune bien sûr
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parfois j’ai l’impression de la répétition, de l’inachèvement, aussi
comme un homme inaboutit
beaucoup de rébus dans ce que je dis
je ne suis pas là
là ?
léger
est
et je respire
j’ai menti à un homme de foi
j’ai menti
pour n’effrayer personne
et ne pas me faire violence
je vis avec le sentiment de l’échec
un Offenbach, hier
je pense
j’ai peur du jugement des autres
que je ne passe pas
trouver la justesse
la mesure
humour carabin
je les entends parfois rigoler
pour se détendre un peu
un peu
un peu
un peu
un peu
by
j’essaie de me rappeler tous les mauvais choix qu’il m’a été donné de prendre
et qui m’ont mené jusqu’à l’asile
comment parler de l’enfer ?
des années sans parler à personne, peut-être même jamais !
cela m’a été enlevé et tant d’autres choses
trahi par tous plus au moins à des échelles importantes
j’ai du mal à croire Gérard N.
j’ai du mal à croire Artaud A.
pourtant, ils me consolent !

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jusqu’à demain
que je meurs pour ce soir
voilà lundi !
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tu t’en dors
sur des papiers déroulés
à tâtant au bois
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fragrance
un filet cotonneux
me perce
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dans le bus
un chat derrière une vitrine
d’un même délire
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je me promène et il me revient en souvenir les personnes que j’aime. Je regarde aux alentours, c’est une nouvelle pages qui se tourne. À chaque coin de rue et parc, c’est comme si on m’avait endormi jusqu’alors ! Je suis arrivé à un point où je réfléchis souvent à la mort, une fin de vie digne et respectable. Pourquoi ces questions sont aujourd’hui si présentes ? À vrai dire, je ne saurais répondre. Je sais juste que ça a commencé très tôt pour moi

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Bashô, j’y goûte
en refermant mes yeux
sur des jardins de brumes
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dimanche aprèm
où se posent les silencieuses
de la poussière
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dans le bus
deux mains au chapelet fuyant
une épissoire à l’arrêt
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Il m’est terrible d’avancer, encore davantage de mourir. Je parle de même de ma langue ! L’effroi que je ressens devant la réalité de ma condition, tout et n’importe quoi me renvoie à mes échecs, ma médiocrité. Bien évidemment, ça m’inhibe. Infirme que je me sais à m’extraire. Pourtant vers la vie, j’entends une musique. Je prétends à des choses, des formes nouvelles, des brainstorms, de la fumée… , sans parvenir à me hausser à leur hauteur. Comment pousser son mouvement, et la transfigurer ?

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l’appel à la prière
le chien ne passe plus pour un loup
sous mes pleurs
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larmes d’hyènes
la voix du peuple ricanent
portes du Salam
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chômer sous le ciel
derrière les lambeaux d’or
d’éclatants parfums
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soir de pleine lune
mes vêtements prennent l’air
bleu de l’automne
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Les chagrins, les séparations, m’éprouvent, me bouleversent et me déchirent ! Je n’ai qu’un être cher à mon cœur. Je pleure. C’est l’heure ou un enfer du crépuscule du soir, un jeudi. Je m’assois sur un banc, entouré d’arbres, devant mes portes passées et celles à venir. Les ombres me semblent familières. Elles s’allongent et fixent mon attention. Je fumes, un peu apaisé, presquement curieux. Le pays ? Un pays et ne plus revenir au monde. Effondré, comme sous le poids du temps, rien ne tient dans mon existence, – Qu’est-ce qui s’articule exactement là ? Tout de ma vie me rejette. Une vie minuscule, un brin, en dépend. J’entends un oiseau, il se peut qu’il m’apprenne à revivre. Je me taies
Une pensée sur le nombre de fois que j’appelle aux ciels. Je pense aussi aux poètes lus ou rencontrés qui emplissent mon espace intérieur. Je vais immigré, il m’est clair ! Un vol ! Mais je me sens à l’agonie, ramassé, limé. Une fraîcheur, un vent bienvenue s’est déroulé, calmement. Il n’y a pas si longtemps, sur le perron en ciment, j’étais au quartier, patient, silencieux, passager. Tout m’a été enlevé, balayé, comme en automne. Dieu, qu’il gèle dans mon cœur ! Je ne sais comment rentrer, ce qui me maintient ! Je me sens au bout. Il y a des voix qui montent des habitations, de la musique, aussi. Des voix aimantes. Est-ce un leurre ? Des lilas exhalent l’air. Je m’y attends. Un rolleurs sur l’asphalte passe comme du tonnerre. Il fait nuit à présent, solitaire, mais j’écris peut-être pour de mauvaises raisons

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Elle avait de la suite dans les idées. S. attendait patiemment et suivait le cours de mon évolution pour me cueillir comme une fleur de pavot. Réfléchies, méthodique, obsessionnelle, comme sa nage du crawl, sinon elle n’avait aucune spécialité en natation. Rien n’était laissé au hasard ! Et tout était prémédité

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je sais malheureusement que plus personne ne cherche après moi, je doute sur ma manière d’être avec mes camarades
si je ressens une étrangeté envers moi même, quand est-il de mes amis ?
il est possible que je dégage quelque chose de fort et obscur, et ces énergies sont perçus comme malsaines
je m’étouffe et étouffe mon entourage
je réalise à présent que cette écriture est celle d’un fou, à la hauteur de rien
l’hiver dernier était atroce
je revois, je corrige, je mets en ordre ces feuilles éparses à tant soit peu
elle est terrible cette impression que de manquer à soi-même, et cette envie monstre de tout saccager et de tout brûler autour

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comment expliquer le voile humide sur les yeux des animaux, sinon qu’ils pleurent le déluge, surtout ceux des chevaux, qui me touchent profondément
et rien ne pourrait les apaiser, vraiment ?
l’entaille reste bâillante

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J’aurais pu voir I. et son mari, aujourd’hui même ! Je ne me suis pas levé de mon lit. J’ai essayé d’appeler hier au téléphone, comme confirmé notre rendez-vous. Je ne sais plus depuis quand les choses sont devenues compliquées. Lorsque je fréquentais C. Nous sommes allés, un jour à son appartement pour dîner ensemble, dans le Périgord. Il n’y avait personne à l’appartement, qui était par ailleurs dans un désordre total, mais bizarrement propre. J’étais en possession des doubles des clés, puisqu’elle m’avait hébergé quelques temps auparavant. Je déposais une bouteille de vin rouge sur la table de la cuisine. Il y a entre nous des années d’amitié et de partage, elle était toujours présente en cas de besoin. Elle savait s’y faire et s’adapter avec moi. Je remettais les clés dans la boîte aux lettres, avant de partir sans savoir encore que je ne la reverrai jamais. Il faut dire que je l’avais usé de mes sollicitations. Avant hier au soir pour m’endormir et bien après ce qui venait de se passer, j’avais pris la résolution de ne plus faire d’efforts vers quiconque, même pour mes propres intérêts

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par les chemins
une révolution à l’avant-poste
ville cloisonné
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fin de la saison
sur ma peau sept points de suture
sous le Croissant Rouge
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swift de la main
le long de la chaise longue
jet sur la pelouse
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swift de la main
le long de la chaise longue
jet sur la pelouse
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l’enfant s’interroge
les yeux rivés sur la mosquée
attrapes la balle !
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demi lune
là où apparaît un clou
j’enfonce le clou
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l’ici par un ailleurs
recouverts de draps blancs
vandalisme !
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Le chant général
comme une aurore à venir
à l’âge idéal
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sur le fleuve
un pagayeur sur la zone
de la part d’ombre
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sur le fleuve
un pagayeur sur la zone
de la part d’ombre
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sur le fleuve
un pagayeur sur la zone
de la part d’ombre
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moiteur…,
j’appelle à l’onde d’une pirogue
bleuit d’exotisme
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écran tropical
sur les méandres brûlés
de longues pirogues
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Ça va ! Enfin, je crois que ça va. Puisque rien que ce matin, j’ai dit un poème. Tout le long de mon chemin, j’ai été éreinté. J’ai mal aux pieds. Mais au fond de moi, je sais qu’il y a un lion à la place de mon cœur. Il fait beau. J’ai vu des oiseaux perchés sur des câbles électriques, des nuages étalés en dessous du ciel. Il y a même un arc-en-ciel persistant derrière mes paupières. Un poète, et donc ? Je rêve ? Je dis que je suis bon. Il m’est possible de me voir différemment, sinon c’est ainsi. J’ai été un fils, un amant, pour certains un saligaud ! Comme ils disent au surplus de première. J’ai joué, il est vrai. J’ai dansé, un peu. J’ai baisé, j’ai chanté et sifflé. J’ai ris, j’ai beaucoup ris. Et certainement, j’ai fait l’amour. Je suis poète, qu’est-ce que cela veut dire, encore ? Mais pas que ! Je travaille. J’écris. Un peu moins en ce moment. Les articles se listent sur mon blog, et pas de publication en papier en vue ? J’ai tracé. Mes idée en tête, mais pas que !
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butineurs
où s’en est allée, mêm’tout
ça va ? Embrasant vos os
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le récit
peut attendre l’aube
dans une ode
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d’un hoquet
qu’une chouette s’est envolée
de mon orbite
by
puis une lune
je fume
est-ce qu’on se croise ?