Nous sommes fatigués

nous sommes fatigués de dormir, – de courir, – de marcher, – de se lever, – de s’habiller, – de descendre pour ensuite remonter, – de se tenir, – de tenir les murs, – de chausser des chaussures neuves, – de redormir pour l’éternité.

de donner nos voix, – de discourir en fou, – de se voiler la face, – de fleurer, – d’injurier, – de subir, – de se taire, – de suivre, – de se rehausser de vivre, – de vivre de vous, – de départir vos exploits, – de feindre que l’on vous a compris.

de se réinventer, – de nous lire, – de poétiser l’arc-en-ciel, – de travailler, – de piailler sans écho, – de performer, – d’intellectualiser, – de produire, – de corriger et repasser de nouveau, – de s’allonger, – de commercer sur les rapines.

je vague pour ne rien céder à l’amertume

les verbes voguent d’une mémoire à une autre

une journée de grève

je fracasse les billes en verre

de ma bourse

nous sommes fatigués de s’aimer, – de toucher, – d’embrasser, – d’embraser, – de humer les parfums saturés, – de lécher, – de jouir, – de rentrer et de sortir, – de se réchauffer et de se refroidir, – d’affranchir les âmes, – de contempler.

d’érotiser les conversations, – de procréer des générations ingrates, – de juger, – de reprocher, – de parler, – de bifurquer, – de pleurer des flots, – de chuchoter pendant les ébats, – de couler, – nous sommes fatigués de faire l’amour.

de se nourrir, – de déjeuner, – de déféquer puisque l’homme la choisi, – de boire que de l’eau, – d’écouter, – de vous vomir, – de tousser, – de se gratter même si c’est une bénédiction, – de ronfler, – de jouir une dernière fois.

chaque mot est une boule à facettes

comme le mot Amour

nous sommes fatigués des hauts et des bas dans la foi, – de ne jamais voir la nudité, – de patienter, – de faire acte, – de pécher, – de donner, – d’aumôner, – de se marier, – de se réinitialiser, – de sentimentaliser, – de mentir.

nous sommes fatigués de bénir, – de croire et de ne pas croire, – de prier, – de se purifier, – de guérir, – de chuter, – de pardonner, – de s’ailler, – de sacraliser, – de s’amourer, – d’invoquer pour les morts, – seul Dieu m’en est témoin.

de se connecter, – de se virtualiser, – de chatter avec des idiotes, – de faxer, – de décrocher fâché, – de raccrocher sans réponse, – de bredouiller, – de photographier, – de pornographer, – de twitter sauf si on est intéressé.

nous savons toujours allées

Dieu l’a voulu ainsi

trois jours monotones

je savoure l’Écrire des verbes

qui aèrent

( Les couleurs sont ailleurs )

j’aime la couleur rouge dans le rouge ! parlons de la sensation du rouge même si elle n’est pas tout à fait rouge

j’aime la couleur orange dans l’orange ! parlons de la sensation de l’orange même si elle n’est pas tout à fait orange

j’aime la couleur jaune dans le jaune ! parlons de la sensation du jaune même si elle n’est pas tout à fait jaune

j’aime la couleur vert dans le vert ! parlons de la sensation du vert même si elle n’est pas tout à fait vert

j’aime la couleur bleu dans le bleu ! parlons de la sensation du bleu même si elle n’est pas tout à fait bleu

j’aime la couleur indigo dans l’indigo ! parlons de la sensation de l’indigo même si elle n’est pas tout à fait indigo

j’aime la couleur violet dans le violet ! parlons de la sensation du violet même si elle n’est pas tout à fait violet

j’aime la couleur noir dans le noir ! parlons de la sensation du noir même si elle n’est pas tout à fait noir

les couleurs vous possèdent

prenez vos pinceaux

الألوان في موضع آخر

أنا أحب اللون الأحمر في الأحمر! لنتحدث عن شعور اللون الأحمر على الرغم من أنه ليس أحمر تمامًا
أنا أحب اللون البرتقالي في البرتقالي! لنتحدث عن شعور اللون البرتقالي على الرغم من أنه ليس برتقاليًا تمامًا
أنا أحب اللون الأصفر في الأصفر! لنتحدث عن شعور اللون الأصفر على الرغم من أنه ليس أصفر تمامًا
أنا أحب اللون الأخضر في الأخضر! لنتحدث عن شعور اللون الأخضر على الرغم من أنه ليس أخضر تمامًا
أنا أحب اللون الأزرق في الأزرق! لنتحدث عن شعور اللون الأزرق على الرغم من أنه ليس أزرق تمامًا
أنا أحب اللون النيلي في النيلي! لنتحدث عن شعور النيلي على الرغم من أنه ليس نيليًا تمامًا
أنا أحب اللون الأرجواني في الأرجواني! لنتحدث عن شعور اللون الأرجواني على الرغم من أنه ليس أرجوانية تمامًا
أنا أحب اللون الأسود في الأسود! لنتحدث عن شعور اللون الأسود على الرغم من أنه ليس أسود تمامًا
الألوان تملكك
خذ فرشك

Après la séance

À Kamel.

il prend une serviette, un peu sonné. il tâte l’air frais et respire en essuyant d’abord son visage, la tête à moitié penchée sur son épaule.

les gestes sont imprimés dans ses gènes, une frappe. automatismes ou essence de sa vérité, qui saurait répondre ?

il regarde ce corps qui un jour le trahira, sans doute épuisé. personne ne lui a appris à s’habituer.

comme à chaque fois

le portail reste sans réponses

aux mystères de l’eau

les bras qu’il ne sent plus et qui deviennent lourds ne lui sont peut-être pas étrangers, mais d’un gladiateur ! 

le torse et les poumons amples qui répondaient pendant la séance sont chauds, olympiens, se développent.

il regarde l’eau verte avec une odeur d’égout qui sculpte les corps hypnotisés, les plots de départ jonchés de matérielle d’entraînement de façon chaotique… etc.

il n’a encore une fois qu’effleurer ses capacités

un portail bleu

les machines sentent le neuf

en coup de vent

il se dit que demain, il n’y retournera pas ! il se dit que s’en était assez d’endurer ! il se dit qu’il n’avait rien d’un athlète !

il sait que le labeur est derrière lui et qu’une sieste lavera ses visions, il n’a jamais su gérer la fin d’une saison.

le ciel abonde tellement de vies nouvelles et surtout sans épreuves, il y croit. il y croit comme un engagé qui ment à son capitaine.  

une accalmie dans le schéma de vie qu’il s’est créé 

les générateurs de l’été

le poème renait de ses cendres

entre les dents

Dans des temps reculés

la voisine de mon immeuble pourrait jouer d’un instrument, il y a tout le temps de la musique dans son appartement. on s’entend à peine penser dans le voisinage.

les yeux tracés de khôl comme une Maghrébine, elle me donne l’impression d’une botte d’asperges sur les étalages du marché.

elle a dans les alentours de la trentaine, une allure mince bien sûr, et espiègle.

une pensée de tes lèvres

je retrouve mon petit laboratoire

de mots violets

je la croise parfois à l’entrée de l’immeuble, mais plus souvent sur l’un des paliers de l’escalier. somme toute, on est voisin. 

elle me relate parfois tous les faits et gestes d’un autre locataire, elle en fait une espèce de chronique.

j’ai deviné presque tout de ses intentions ce jour-là, même s’il me manquait la nature des circonstances que je finissais d’apprendre par la suite.

elle sortait cette fois sans manteau

il faisait froid

un drapé de pluie

ainsi sont les fleuves

parfois en hiver   

elle a d’abord baragouiné quelques mots en descendant les marches, les gens distraits le font pour masquer une appréhension, mais pas que ! 

elle m’a souhaité la bienvenue le plus normalement possible, le croquis d’un sourire la parée.

je ne réponds généralement aux politesses d’usage qu’avec courtoisie. j’ai évité comme j’ai pu de croiser ses yeux.

elle venait d’appeler les secours

une nuit intense   

les histoires abimées du vivant

même chez les astres

Les entraînements

ils sautent l’entraînement terminé la tête la première sur une terre rouge, la peau glissante et le cul bombé.

vous vous figurez bien un train rentrer en gars ? sauf qu’ici, le ciel mousseux leur tombe parfois sur la tête !

le train s’arrête en noir et blanc.

ils ne savent plus lire en riant et pourquoi marcher ou parler, alors quoi ? seul l’idée du martyr gouverne leur raison.

ils ne cherchent rien de particulier à se surpasser;

ils traversent des kilomètres à la nage et en eux-mêmes, c’est tout.

ils savent par contre glisser lentement jusqu’à leurs lits, on ne demande pas autant à des adolescents !

il y a aussi une faim qui creuse et quand même soif, comme des cyclopes sans les vivres. même si plus personne de nos jours ne croit à ces créatures.

encore moins ceux qui les créent !  

l’échine d’un rêve est l’ergonomie simple, sans causes.

Absences

À Rochdi.

1/3

je réapprends à aimer… vous dites que l’amour est un sentiment infini. j’ai fermé à un moment les portes, comme un raccourci vers la nuit

après ne sachant comment le vivre, il m’est difficile de l’exprimer. je ne sais rien d’autre que mon insignifiance

comme le travail des choses précieuses, l’orfèvrerie, les pierres… etc. dans une certaine économie de l’ordre, j’ai une insuffisance étroite avec le soi

offrir sa vie cela va de soi

vendre son âme cela me laisse réticent

l’oisillon becquée

souvenir des paroles

oubliées

je n’ai plus foi en la prière, pourtant harnaché ! qu’est-ce qui se bouscule dans mes entrailles et remonte à la surface des mots incompréhensibles à l’entendement ?

le raz de marée qui submerge le sol emportant les édifices d’une vie et surtout mon corps inondé, et mon cœur prend le flux des vagues… je demeure le suffoqué !

ce sont les mêmes départs vers les anneaux de glaise sphérique, les mêmes planètes aux pupilles blanches qui se balancent jusqu’aux matins colossaux en pleurs… etc. c’est toutes ces traversées qui me laissent sans droits

les lendemains soulèvent nos craintes

les givrés

corail du ciel

on est toujours au sud

de quelqu’un

j’erre souvent dans mes abîmes, une légère tendance à la mélancolique et me voici devant vous débarrassé. j’enracine mes espérances dans vos semblants de sincérité. vous et moi, c’est tout comme

je me tiens en marge de la société et sans doute c’est se qui me permet d’être en condition. j’arrive parfois même à trancher dans le vif. il me faut vous dire que ce sont là des instants particuliers

je suis franc et honnête avec vous sur mes envies et dans quoi je m’aventure. je suis franc avec vous. je vous parle à cœur ouvert, comme je parlerais à Dieu

l’espoir nous est permis

ô quel drôle d’espoir nous concevons !

douceur de la nuit

musique de la brise d’été

sur les feuilles

2/3

c’est ce que je craignais, quelque chose s’est cristallisé, là ! vous êtes en piteuse état que ça devient presque déconcertant, et j’irai jusqu’à dire le contraire si je ne vous voyais pas

ne me demandez pas comment, je ne suis qu’un simple généraliste. excusez-moi, s’il vous plaît, un instant. je dois rependre à cet appel. allô, je…

passez à l’occasion nous voir en ces temps troubles

passez par dessus

l’appel de l’aube à la prière

repend oui

au chant des oiseaux

cela fait un bout de temps que l’on se voit, vous rentrez régulièrement à ce cabinet et dès que vous franchissez le seuil, vous disparaissez. je ne vous vois plus !

personne ne peut deviner votre solitude dans les cinémas, à la plage ou dans les balades au parc…etc. seul vous éprouvez les remous, vous butez sur des questions sans fin

essayez de sortir, amusez vous ! voir du monde n’est pas si mal, cherchez dans vos anciens contacts. dites-moi, il est toujours question de la même femme ?

nul n’échappe à ses erreurs

un médecin peut nuire

la plage vide de présence

abonné à la sortie buissonnière

de mai

Court-circuiter le réel

Avec le sourire d’un homme

Libéré

3/3

tout me ramène indubitablement à vous, vous êtes partout à la fois, à l’intérieur de moi aussi, du plus lointain souvenir au geste le plus anodin

vous affichez plusieurs visages à mon inconnaissance, la primauté à l’étoile de ma vie. une guide dans un pays où les étoiles sont de mousse

revenir n’est plus possible, après tant de sacrifices et d’habitudes regagnés. retournez au pré de votre Père et dites-lui qu’il n’a plus rien à craindre

me prémunir des insolations d’amour

me prémunir de la descente

une naissance éphémère

les étoiles dansent

le hip-hop

vous me poursuivez dans les moindres recoins, sans exception. on s’est mis hors de la vie lorsqu’on s’est aimé, plus personne ne peut l’effacer

j’aimerais tant vous revoir pleurer, ne serait-ce que pour avoir le cœur net sur ma condition de démembré

je ne suis presque rien sans vous, j’ai surpassé bien des hommes dans la fureur de vivre. je croyais à votre histoire plus que tout

cet écho appelle

les deux âmes qui vagabondent

dans la pénombre

c’est de mon amour meurtri que je meurs, j’étais béni des dieux et mes prophéties se réalisaient. est-ce qu’il y a encore des femmesmerveilles en cette partie du monde ?

je laisse derrière moi des univers infinis et rien d’autre, le temps est à la mort heureuse. d’une interstice à des murs indéchiffrables, je ne peux me dire et voir venir, et si seulement les regrets ne dormaient pas à mon chevet

toutes mes pensées vont à Dieu qui créa la terre et les hommes pour vivre en paix. j’ai vécu en paix avec vous dans certains endroits calmes et doux

petite magie

laissez-moi encore vous vivre

entre les lignes

( La dualité des corps )

mon temps à lui

accepte les choses translucides

l’histoire de nos héros déchus

la femme des autres que l’on revoit jamais

l’échelle des trahisons

les chiens chauves qui hurlent

une fissure par l’intermédiaire

c’est d’abord son enfant s’exclama le turc

les aisselle de l’être aimé   

comme embraser les fleurs

la partie des mots ardus

la barbarie oubliée

une amulette qui couvre le flanc d’un cœur endormi

il pleut de la neige douce

un navire sort à l’automne des déchirures et va sur la surface d’une aube nouvelle  

les sept vents chahutent les oreilles

le ballet des matelots

le souvenir des conquêtes  

la terre adulte aux yeux prophétiques

il désigne le soleil sur ta peau

( je dessine un soleil sur ta peau ! )

il rêve de l’oiseau mort qui pulsait

il manque cruellement de liquide comme de fer

je rennais comme un sphinx sur mes lèvres parlantes

je pense à l’empire de Russie en convoquant les morts pour rien, météo : 9 °C, vent NO à 13 km/h, 25 % d’humidité  

les bateaux transportent du blé sous la grêle jusqu’à Saint Hélène

le général écrase les coquelicots de ses pieds fermes

ازدواجية الأجساد

وقتي اليه
تقبل الأشياء الشفافة
قصة ابطالنا الذين سقطوا
زوجة الآخرين التي لا نراه مرة أخرى
مقياس الخيانات
عواء الكلاب صلعاء
صدع من خلال
إنه أولاً وقبل كل شيء طفله صاح التركي
إبط المحبوب
مثل إشعال النار في الزهور
جزء الكلمات الصعبة
البربرية المنسية
تميمة تغطي جانب القلب النائم

إنها تمطر ثلجاً خفيفاً

انزلقت السفينة في الخريف دموع و تذهب على سطح فجر جديد

الرياح السبع يضايقون آذانهم

باليه البحارة

ذكرى الفتوحات

الأرض البالغة بعيون نبوية

عين الشمس على بشرتك

!أرسم الشمس على بشرتك

يحلم بالطائر الميت الذي ينبض

ينقصها بقسوة في السائل مثل الحديد

لقد ولدة من جديد مثل أبو الهول على شفتي الناطقة

أفكر في إمبراطورية روسيا باستدعاء الموتى من أجل لا شيء، الطقس: 9 درجات مئوية، الرياح الشمالية الغربية بسرعة 13 كم / ساعة، رطوبة25 
تحمل القوارب القمح تحت البرد إلى سانت هيلانة
يسحق الجنرال الخشخاش بقدميه الثابتة

( Il est pour toi ! )

tu ne seras jamais sage… !

une étreinte comme un rêve qui dure jusqu’au soir

ce n’est pas la veille d’un jour de fête

je ne suis pas triste

au revoir ma ville, tu es mon obélisque

j’ai croisé de farouches reptiliennes, des formes et des couleurs jamais approchées, de franches âmes aussi aux longs cheveux. ils avaient des têtes qu’ils tenaient hautes et bizarres… au revoir gueule d’ange ! au revoir… !

tu m’as accueillie

et je crois que tu m’aimes !

je n’ai pas pris de plaisir à te voir en deuil  

un soir de tempête où j’étais seul  

je reste un petit péroire hermétique à la vie chère

au revoir le bleu du bord de l’eau

j’ai croisé des loups sous la pluie de mazout sur les quais, c’était ok pour ma vie, mon ange. des grenouilles dans le brouillard épais et sec, toujours sur les mêmes quais… au revoir chat de gouttière ! au revoir… !

je t’aime

et je m’en vais

je vais vers la porte

je reviens sur mes pas

je tourne en rond

( ou comment perdre pied ! )  

j’ai beaucoup menti

j’ai rêvé   

il y a de cela longtemps que je n’ai pas lu un poème

il y a de cela longtemps que je ne me suis pas marié à un poème !  

( !إنه لكى)

!...لن تكون رزين ابدا
عناق كالحلم تدوم حتى المساء
انها ليست عشية يوم العيد
لست حزينا 
وداعا مدينتي ، أنتى مسلي
قابلت الزواحف الشرسة والأشكال والألوان لم تقترب أبدًا، وأرواحًا صريحة أيضًا بشعر طويل. كان لديهم رؤوس مرفوعة
 عالياً وغريبة ... وداعًا وجه ملاك! إلى اللقاء
لقد رحبتى بي
!وأعتقد أنكى تحبني
لم أستمتع برؤيتكى في حداد
ذات ليلة عندما كنت وحدي
ما زلت بيروار صغيرة محكم للحياة غالية
وداعا زرقة حافة الماء
قابلت ذئابًا تحت المطر النفطي على الأرصفة، كنت بأمان لحياتي يا ملاكي. الضفادع في الضباب الكثيف الجاف، دائمًا على نفس المنصات ... وداعا قطة الزقاق! إلى اللقاء
أحبكى
وانا راحل
أذهب إلى الباب
أتعقب خطواتي
أعود إلى نفسي
(أو كيف تفقد موطئ قدمك!)
لقد كذبت كثيرا
حلمت
لقد مر وقت طويل منذ أن قرأت قصيدة
لقد مر وقت طويل منذ أن تزوجت من قصيدة

( Les silhouettes de la scène )

le mot khayel me fait penser à du lin blanc ondoyant au vent, alors que silhouette me fait penser à une allumette.

il se trouve des gens bien

ils descendent en ville jusqu’à la fin des temps

elle est une passante

elle est en robe de soirée    

elle porte un secret

elle dégage une aura  

elle a le pas aérien      

elle lui sourit

( la douleur ne se pardonne pas, elle purifie ! )

elle parle à son désir de feu comme un éclair

elle aime en éclair et les yeux en feu

je rêve de mots que les dieux jalousent   

il suffit d’être l’enfant qui formule des souhaits

il s’arrête de jouer

il descend de la scène

il est sur la piste enfumée

il rejoint l’anonyme

il la trouve moins belle

il le sait

( j’ai cru entendre le mot citoyen ! )

le couloir que l’on arpente vers les coulisses sous les néons bleus

sur le mur est accroché un tableau, un western

je me tiens debout sur un parking cimenté

je suis le parking démantelé

خيال المشهد

هناك أشخاص طيبين
يذهبون إلى المدينة حتى الاخرة
هي من المارة
هي في فستان سهرة
انها تحمل سرا
إنها تزفر هالة
لديها خطوة الهواء
تبتسم له
(! الألم لا يغفر ، إنه يطهر)
تتحدث عن رغبتها في النار كالبرق
تحب في ومضة و عيون النار
أحلم بكلمات تحسدها الآلهة
يكفي أن تكون الطفل الذي يصوغ الرغبات
توقف عن اللعب
ينزل من المشهد
إنه على المسار الدخاني
ينضم إلى المجهول
يجدها أقل جمالا
وهو يعرف ذلك
(!ظننت أنني سمعت كلمة مواطن)
الممر الذي نسير فيه وراء الكواليس تحت أضواء النيون الزرقاء
على الحائط معلقة لوحة وستارن
أنا واقف على موقف محصن
أنا الموقف المفكك

( Mardi, un jour de fête noire )

au revoir comme bonjour tout le monde

bonjour comme au revoir le monde

je voyage avec mon mal

un camarade que je porte dans une brouette

les moyens du bord : les tables retournées, les balles en plastique, les mitrailleuses en fer rouillé, les grenades en bois, les pierres de chantier, l’eau chaude des tuyaux d’arrosage… etc.

c’est des jeux d’enfant qui aiment l’incontournable guéguerre  

c’est bien que je m’en souvienne plus

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours

une fille a vu ce que j’avais de meilleur en moi

je n’ai pas tenté de l’embrasser

un jour maigre, il n’est pas des moindres

l’air du solide les croates l’en emporter

les moyens du bord : dans le sublime de l’univers, dans l’encre rouge de magiques bulles, dans le sol qui se décompose ( on le voit le sol, alors plonge ! ) dans les premières impressions… etc.

c’est un lieu de force

c’est bien que je m’en souvienne plus

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours

je rêvasse lorsqu’on peut bousiller un titan de sang-froid

même s’il fait froid

الثلاثاء يوم احتفال أسود

وداعا مثل مرحبا للجميع
مرحبا مثل وداعا العالم
أسافر مع مرضي
الرفيق الذي أحمله في منقلة

الوسائل المتاحة: طاولات مقلوبة رأساً على عقب ، ورصاص بلاستيكي ، ومدافع رشاشة من الحديد الصدأ ، وقنابل يدوية خشبية ، وأحجار بناء ، وماء ساخن من خراطيم الحدائق ، إلخ.

إنها ألعاب الأطفال الذين يحبون الشجار الحتمي
من الجيد أنني لا أتذكر
لم أعد أحلم يا حبيبتي
لم أعد أحلم كل يوم
فتاة رأت أفضل ما لدي
لم أحاول تقبيلها

يوم واحد نحيل, ليس هو الأقل

هواء صلب الكروات قعادة عليه
الوسائل المتاحة: في عظمة الكون ، في الحبر الأحمر للفقاعات السحرية ، في التربة المتحللة (يمكننا رؤيتها على الأرض ، لذا نغطس!) في الانطباعات الأولى ... إلخ.
إنه مكان القوة
من الجيد أنني لا أتذكر
لم أعد أحلم يا حبيبتي
لم أعد أحلم كل يوم
أحلام اليقظة عندما يمكنك أن تفسد عملاقًا بدم بارد
حتى لو كان الجو باردًا

( Charivari )

je me lève tôt et dors de-même

le rythme dans la peau

les tocs

des tocs en toc

par Beethoven l’héroïque

je ne suis pas beau

– pourquoi l’enclume et le marteau ?

quatre murs et deux plumes

et des gens qui l’aiment

de-même

la route est coupée

comme pour le Kilimandjaro

je me rends aux ritournelles

– comme j’étais amoureux et bien !

la poésie et les copains perdus

tout cela se noue

bien que la solitude

mes ballerines, pardonnez-moi… !

l’âme des éphémérides

– je reprends le fil du souvenir

or moi, je vis le rêve d’un étranger lointain

qui n’aime plus le funèbre costume de vos saluts

تشاريفاري

أستيقظ مبكرا وأنام نفس الشيء
الإيقاع في الجلد
التوك
توك مقلدة
بواسطة بيتهوفن البطولي
أنا لست جميلة
لماذا السندان والمطرقة -
أربعة جدران وريشتان
والناس الذين يحبونه
كذلك
الطريق مقطوع
الشيء نفسه بالنسبة للكيلونجارو
أذهب إلى لازمة موسيقية
كيف كنت في الحب و فى غاية السرور -
الشعر والأصدقاء الضائعون
كل ذلك مقيد

على الرغم من الوحدة

...راقصات الباليه، اعذرني من فضلكم
روح التقويم الفلكي
أستأنف بخيط الذاكرة -
لكن انا، أعيش حلم شخص غريب بعيدًا جدًا
الذي لم يعد يحب زي الجنازة لتحياتكم

( Ne dites à personne que je l’aime )

les airs de ballade chétive

les yeux terreux

il fuit sur sa table d’écolier

un chien imaginaire crabote

le cœur crève en saccade

la ville des lumières

kingston capitale

un bassin bleu entre les yeux

elle m’a pris par la main

je pense à elle

à l’autre

chanter Si Mohand Ou Mhand

le voile d’or du matin

tonner comme les oiseaux

la montagne au dos courbé

la brume avale tout

la plupart de ce qui ne doit pas être dit ?

l’habille de l’absence

une voix qui implore

rien n’est éphémère

je t’ai aimé

tu étais un ange  

je ne fais plus grand-chose

j’ai perdu l’envie, comme je t’ai perdu

لا تخبر أحدا أنني أحبها

أجواء أغنية رديئة
عيون ترابية
يهرب على طاولة مدرسته
الكلب وهمي كرابوت
ينفجر القلب في رعشة
مدينة الاضواء
كينغستون العاصمة
حوض أزرق بين العينين
أخذتني من يدي
أفكر بها
في الأخرى
غنى سي محند أومحند
الحجاب الذهبي فى صباح
رعد كالطيور
الجبل الخلفي المنحني
الضباب يبتلع كل شيء
وأكثر ما لا يجب قوله
لباس الغياب
صوت يتوسل
لا شيء سريع الزوال
أحببتك
كنتى ملاكا
لم أعد أفعل أي شيء
لقد فقدت الرغبة لأنني فقدتكى

( Vers le Mediator )

À Véronique.

comme les ondes qui rongent son corps Badou  

le cœur serre son rêve né des tropiques, hypothétiquement

les membres électriques !

les membres électriques !

les membres électriques !

le sans douleur n’existe pas

il est de bleu le peignoir qui l’habille, effacé

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

il n’aime pas ses mains et désemparé ( le murmure des tropiques ! )

il est de bleu le peignoir qui l’habille, confidences :

elle prend les voiles que la circonstance exige et on nous a dit de ce côté-ci qu’il y a de l’espérance !  

il marche dans l’appartement lourd qui engendre un désordre

il se pavane les pieds nus dans le couloir baigné de lumière

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

sous l’emprise de l’hôte de la maison sur un canapé blanc

je médite la cosmologie d’un homme en sursis

التسرب في المديتور

مثل الأمواج التي تأكل جسده بادو
يحكم القلب حلمه المولود في المناطق الاستوائية ، فرضيا
!أعضاء كهربائية
!أعضاء كهربائية
!أعضاء كهربائية
الغير مؤلم غير موجود
رداء الحمام الذي يلبسها أزرق وممحى
!القميص الممزق
!القميص الممزق
!القميص الممزق
(لا يحب يديه وهو مضطرب (همسة المناطق الاستوائية
:رداء الحمام الذي يلبسها أزرق، أسرار
!إنها ترفع الأشرعة التي تتطلبها الظروف وقد قيل لنا في هذا الجانب أن هناك أمل
يسير في الشقة الثقيلة مما يسبب الفوضى
يتبختر حافي القدمين في الردهة مغمورًا بالضوء

!أصابع دموية

!أصابع دموية

!أصابع دموية

تحت سيطرة مضيف المنزل على أريكة بيضاء
أتأمل في علم الكونيات لرجل في الوقت الضائع

( Les fibres )

À Naelle.

un front pale éclaire le ciel

les yeux rouges se posent comme neige

c’est un lièvre qui dort dans les bois

le noir maudit dans l’espace entrouvert

il aime la danse

il aime tourner en aval

il aime les vents de sa tête

les caresses sur le visage fiévreux s’espacent

et elle boit de l’eau à la coupe des arbres pleurants

la mystérieuse ode des arbres que l’on reprend

il descend et suit l’ondulation de leurs vagues

les pensées inavoués

les jardins d’amoureux

les fleurs qu’il ne connait plus

les larmes de l’enfant ont des parfums de lavande

comme une rose en pierre sculptée par les vents  

la peau mièvre se torture à ne plus s’offrir

comme une maille mutique et de l’amour

elle ne rit pas avec les écrans

elle court sur les champs d’avoine

elle ne reverra jamais ses parents

le jour murmure pour clore

les feuilles tremblent à l’automne de la solitude

ألياف

جبين شاحب يضيء السماء
عيون حمراء انحطو مثل الثلج
إنه أرنب نائم في الغابة
الأسود الملعون في الفضاء المفتوح
يحب الرقص
يحب أن يتحول نحو المصب
يحب رياح راسه
تصبح المداعبات على الوجه المحموم أقل تكرارا
وتشرب الماء من الشجر الباكي

القصيدة الغامضة للأشجار التي نعيدها

ينزل ويتبع تموج موجاتهم

أفكار خفية
احب الحدائق
الزهور التي لم يعد يعرفها

رائحة دموع الطفل مثل اللافندر

مثل وردة حجرية نحتتها الرياح

الجلد اللطيف يعذب نفسه حتى لا يقدم نفسه
مثل شبكة موتيك والحب
إنها لا تضحك مع الشاشات
إنها تجري في حقول الشوفان
لن ترى والديها مرة أخرى
يهمس اليوم ليغلق
تهتز الأوراق في الخريف الانفراد

( Une souris )

un champ

dans le trou

une souris sourit  

en dessous de tout

flou

étrange

l’odeur de nourriture

aux alentours de la gnôle

incompréhensible détresse

elle est bête

elle n’est pas verte

les gens la déteste

elle fait des choses insensés

une écriture décharnée  

dedans ou à la lisière

un refuge isolé

tumulte

la vie est un poème inarticulé

au bout du nez  

le souffle court  

chutes et fracas

les temps sont durs

artificiels

les voisins souris

cela concerne son suprême

il occupe tout

l’air n’a pas d’espace

une fiancée éconduit  

quelque chose de détaché

plus de retour possible

la pluie ne nous rassemble plus

nous n’espérons même pas le jour

الفأر

حقل

في الحفرة

يبتسم الفأر

تحت كل شيء

طمس

غريب

رائحة الطعام

حول هناك كحول

محنة غير مفهومة

إنها غبية
إنها ليست خضراء
الناس يكرهونها
فعلت أشياء مجنونة
كتابة قاحلة
في الداخل أو على الحافة
ملجأ بعيد
ضجة

الحياة قصيدة غير مفصلية

في نهاية الأنف

النفس قصير

السقوط والتحطم

الأوقات صعبة
مصطنع
الجيران فأر
هذا يخص صاحب السمو
يحتل كل شيء
الهواء ليس له مساحة
خطيبة مرفوضة
شيء منفصل
لا عودة ممكنة
لم يعد المطر يجمعنا
لا نتمنى حتى نهار

( Chanson redondante )

les vers impures

un verre dû

des vers qui sonnent faux

le bruit des bottes qui rythme ses nuits

le pas d’une fille

une chenille, – elle rejoint qui ?

le poète dans son habitat

obtient le droit de s’exprimer

celui qui lâche l’interrupteur

il ne s’endort pas

les vers impures

un verre dû

أغنية مسهب

بيوت شعر دنسة

كأس واجب الأداء

بيوت شعرالذي يرنون مزيفة

صوت الأحذية التي تتخلل لياليه

خطوة الفتاة
يرقة - إلى من ستنضم؟
الشاعر في بيته
يحصل على الحق في الكلام
الذي يترك مقاطع
لا ينام

بيوت شعر دنسة

كأس واجب الأداء

( Une rencontre sans fautes )

à la manière de Brautigan.

lorsque le premier feu s’éteint…

– dis-moi ce que tu aimes dans la vie ?

les parfums

les robes

les voyages

– je préfère être franche avec toi

me dit-elle

je sens le bouc

je m’habille de loques  

je préfère voyager seul

la pauvre fille est ma contemporaine

je passe ailleurs pour ne pas nous souffrir

المعرفة بدون أخطاء

...عندما ينطفئ الحريق الأول
قل لي ماذا تحبى في الحياة ؟ -
العطور
الفساتين
الرحلات
أفضل أن أكون صريحة معك -
قالت لي

لدي رائحة ماعز

أرتدي الخرق

أنا أفضل السفر بمفردي

الفتاة المسكينة هي معاصرتي
أذهب إلى مكان آخر حتى لا نعاني

( Une longueur de désavantage )

À Ghiles.

le poète rentre seul à la maison le soir

il se baigne de crépuscule extasié

une communication affreusement muette

le poète rentre seul à la maison le soir

une cloche qui oscille la corde

Marie est une abeille aux mille visages de femme

le poète rentre souvent seul ou en mauvaise compagnie

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

on se déguise pour finir

on joue l’histoire contemporaine du Je

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

un doigt caresse les breloques

le diadème d’argent qui nous honore

puisqu’il faut vraiment écrire un poème

13/14 février 2019, à Bordeaux.

طول الاجحاف

يعود الشاعر إلى المنزل وحده في المساء

يستحم في شفق منشوة

التواصل الصامت بشكل رهيب

يعود الشاعر إلى المنزل وحده في المساء

جرس يتأرجح الحبل

ماري نحلة لها ألف وجه أنثى

غالبا ما يعود الشاعر وحده أو في صحبة سيئة
بما أنك يجب أن تموت من الحزن
نحن نتنكر لنموت
نلعب التاريخ المعاصر لى أنا
بما أنك يجب أن تموت من الحزن
إصبع يلامس السحر
التاج الفضي الذي يكرمنا
بما أنك يجب أن تكتب قصيدة

( Elle est cohérence )

À Nassima.

de tous les charmes confondus

je bravais mon cœur corrompu

sentant la bref musique

un signe d’aucun recours

comme faire une nique

aux fidèles m’amours

le temps de mes premiers amours

je cachais une passion de toujours

c’est l’étreinte d’un commis voyageur

c’est les sandales de l’orphelin choyé

c’est l’imaginaire d’une fille que l’on regrette

c’est la pièce où il ne se trouve aucun spectateur

par un ailleurs…

nous nous fichons de vos exploits !

إنها الاتساق

من كل السحر مجتمعة
لقد تحدت قلبي الفاسد
الشعور بالموسيقى القصيرة
علامة على عدم الرجوع
كيف نفعل سخرية
الى الحب الصادق
وقت حبي الأول
كنت أخفي شغفًا دائما

إنه احتضان وكيل متجول

إنه صندل اليتيم المدلل

إنه من خيال فتاة نأسف لها

إنه المسرحية التي لا يوجد فيها متفرج

...في مكان آخر
! نحن لا نهتم بمآثرك

( Un couplet se construit )

je suis un garçon bien

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux…

je suis un garçon bien

comme il faut

qui le fait et le savoure

quand je peux

un ange

je suis un garçon

tout comme il faut

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux

le mal, je le repousse moyennement

comme un ange médiocre

je suis un garçon

comme il faut

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux

je repousse le mal moyennement

une sorte d’ange médiocre

laissez-moi dans ma caverne

il y a un petit feu, une ombrelle… etc.

مقطع غنائي يبنى

انا فتى صالح
و حسن
من يفعله ويتذوقه
...عندما استطيع
انا فتى صالح
كما يجب
من يفعله ويتذوقه
عندما استطيع
ملاك
انا فتى
كما ينبغي
و جيد
من يفعله ويتذوقه
عندما استطيع
الشر، أرفضه باعتدال
مثل الملاك المتوسط
انا فتى
كما يجب
و صالح
من يفعله ويتذوقه
عندما استطيع
أنا صد الشر باعتدال
نوع من الملاك المتوسط
أتركوني في كهفي
.هناك حريق صغير ، مظلة ... إلخ

En terrasse

je suis en terrasse et il y a un léger vent, quelques regards complices.

j’entends du japonais sur la musique de Imagine,

une voix délicieuse.

je dégage une odeur de tabac et d’herbes de Turquie,

même si je n’ai plus le goût à rien.

je pense à mon ex-femme, comme déjà bien corrodé !

j’accorde de l’importance à des chose qu’elle a sémée.

elle était comme une espèce de mammifère avec les yeux en colère, disloqué.

j’attends le jour où elle me reviendra.

elle m’a appris à manger un yaourt nature avec de la confiture, ceux à l’orange étaient mes préférés.

et surtout comment faire mes pizzas.

j’écrirai peut-être un jour un opéra-comique à son honneur.

je me laverai plus souvent.

( Cap ou pas cap pour nos yeux )

comme une pluie aux couleurs de pétrole

comme un fruit gorgé de soleil

morsures

goyave

vents de papaye

ils me transpercent en équilibre

ils me fêtent chancelant

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après Arthur De La Sierra ?

comme un dépourvu d’explicite

comme une mystique du voyeur

archipels

Cancún

au fait des muses

avec les fuites urinaires il y un dieu

il y a les fluides

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après l’Amour Du Dissolvant ?

comme écrire pour une autre époque

comme se lever d’un trop plein de désir

Sabah

turquoise

juste des émois

depuis combien de temps n’avons-nous rien appris

nous ne prenons que les coups

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après la Mort Des Bienheureux ?

je rejoins le calme des frênes

je rejoins le rêve d’une salamandre coquette

قادر أو غير قادر لأعيننا

مثل المطر بألوان البترول
مثل فاكهة مشمسة
لدغات
جوافة
ريح البابايا
يثقبونني في الميزان
يحتفلون بي مترنح
أسافر وأنا أسكت
ما الذي كان يمكن أن نحلم به بشكل أفضل بعد آرثر دي لا سييرا؟
مثل خالية من الصريح
مثل الصوفي المتلصص
أرخبيل
كانكون
على فكرة ربة الفن
مع المسالك البولية يوجد إله
هناك سوائل
أسافر وأنا أسكت
ما الذي كان يمكن أن نحلم به بشكل أفضل بعد الحب المذيب؟
مثل الكتابة لعصر آخر
مثل النهوض من الرغبة الشديدة
صباح
الفيروز
مجرد مشاعر
منذ متى لم نتعلم أي شيء
نحن نتحمل الضربات فقط
أسافر وأنا أسكت
ما الذي كان يمكن أن نحلم به بشكل أفضل بعد موت المبارك؟
أنضم إلى هدوء أشجار الرماد
أنضم إلى حلم السمندل الغزلي

Un été avec Dante

je lisais Dante Alighierie, un poète exilé au noyau obscure. je traversais ses textes où plusieurs niveaux de discours transparaissaient.

il me rendait petit, désuet, flasque… etc. comme sous l’effet d’une eau chaude et l’ascension de son verbe qui transcende me navrait.

le paradis blanc sur bleu ou bleu sur blanc annonçait le crépuscule, le sien. je me demandais comment peut on faire œuvre sans filiation ?

une écriture chamanique

le chemin d’un pèlerinage sans fin

Muhammed et son gendre Ali, les lumières de l’orient se trouvent dans la Comédie bannis, comme avec l’écharde enfoncée des papes.

il n’était au fond question que de la langue, de réalisation de soi-même par l’écriture en se surpassant. la quête de joyaux !

je ne savais comment les mots employés fonctionnaient, mais je savais pourquoi ils devaient être là. les choses me semblaient opaques par moments.

les scènes grotesques de l’enfer… etc.

une lecture ésotérique

la vie sous l’influence des astres

l’Amour chantait de Béatrice me faisait sentir une éternelle répétition, une nostalgie de florentin ! je retrouvais depuis cet air en voyant chaque enfant.

la croix que l’on désire sous ses fesses, je m’avouais l’avoir connu. pour ce qui est des personnages, ils m’étaient non-attrayants plus que le reste.

il invitait à la confession.

je ne relirai sans doute plus jamais Dante, il appartient au quatorzième siècle et qu’il y demeure, – quelqu’un veut s’approprier son livre ?

cela est sans appel

je ne sourirai plus à mon bouquiniste

éprouver de la compassion envers l’absurdité du monde, n’est-ce pas être soi-même atteint de folie ?

Les vedettes ramadanesques

À Gaïa. ( une inconnue sur Badoo )

j’admire la capacité de Mehdi à se tenir debout en blouse toute la journée et la moitié de la nuit. je regarde les gens s’installer sur les dossiers en cuir et s’en retourne tondu, ils mêlent versets coraniques et des qaça’ide de Amar Ezzahi  

je crois qu’entre temps la télévision diffuse un match italien, peut-être que je confonds avec la retransmission du speaker. il y a des cheveux noirs et gris sur le sol, l’imam prolonge la prière du soir

la rue du coiffeur est à sens unique, peu fréquentée. je l’appelle depuis mon enfance la mal éclairée qui est de son vrai nom la route des arbres, eux sont élagués. les nuits couvent nos rêves montre à la main

je ne suis qu’un homme ouvert à la nuit sans pitié

un homme qui a perdu l’esprit

sous le coton des temps

les rideaux métalliques tombent

( – est-ce que c’est l’une de ses nuits sans fond ? )

les flirtes innocents s’enrhument

une cocotte en papier peint dans des amas d’agrumes

– est-ce qu’elle m’aime ?

dans le tout noir

j’appelle au Sauveur des hommes !

crépuscule

pour l’heure, j’arrose les plantes

j’erre parmi les peupliers endormis et ma ville natale se dédouble, une écorchure. j’ai en mémoire de vieilles querelles de clocher. les gens ont tendance à la sérénité après la coupure du jeûne

je vois les voitures garées en pleine descente et des personnes d’un certain âge qui sont assis et parlent à voix basse. ils me regardent et puis silencieux à mon passage, pour finir reconnaissant

la ville a ses inclinaisons secrètes, elle est identique à la nuit et bien davantage. l’humain ne se lorgne pas, mais il a un prix comme partout. sauf qu’ici, ils sont beaucoup à attendre le soleil 

ils ont l’air aussi de se repaître de tout 

je me prends une tasse de thé

écorchure de l’âme

une glissade dans du savon d’été

qu’est-ce qui permet ? – la noyade

j’ai dû en chier

sous le coup des fatalités !

désordre camouflé

un bus orange grince

je suis désorienté dans ma propre ville

t’accueillir dans les soirs

t’accueillir entre les interstices de la réalité

je parle de ma chute et le royaume qui se heurtent à la lumière de ma démence. une langue étrangère me gratte, comme la froideur des caveaux ! il y a effectivement beaucoup de choses qui écœurent

j’incarne le drôle de martyre d’un automne qui agonise, une boursouflure. j’envisage les charmes ancestraux et caduques. les factions multiples n’étaient que des ours polaires élevés au grain de blé du sud

j’étouffe en moi le silence qui fait rage, quelque part des chiens aboient. j’imagine qu’ils referont les crapauds, les voix de nulle part sur un banc. je fume comme un puits raclé en me promettant une visite à l’un d’entre eux, persistance

le doute gâche toutes ces années

je rêve d’un dehors nouveau

les persiennes sont d’un beige émietté

là, je suis tombé ! là, je retombe encore

l’appel de mes semblables a quelque chose à m’apprendre

par eux, je m’évapore

l’esprit s’absorbe en deçà des voilures

je me laisse tenter parfois par la paix de Dieu

Partir

À Nader.

je ressens les années d’errance et de fuite, les départs par centaine et les sentiments de l’espoir avachi qui les accompagne. je ressens des vents contraires qui préludent à ce qui va suivre

mes yeux d’Ulysse se posent sur ces jours passés et profondément regrettent. les désirs ultra-plombés, les dents qui claquent… etc. comme ronfler la mesure de ses doigts de corail rose

je me souviens des trains de nuit qui me portaient, pourtant le vent siffle dans mes oreilles. les vols d’oiseaux dans les champs parcourus à toute vitesse, les paysages qui lavent encore le seau du souvenir et aèrent mes paumons

je suis l’exilé des vieilles fortunes

une mémoire lourde à porter pour mes frêles épaules  

je ne sais pas écrire

je voyage, je parle, j’écris… !

on dit de moi que je suis maudit

qu’aux ténèbres je suis voué

je crois que chacun à une chance

à un peu de lumière

je m’étais attelé à l’étude des astres et des corps ravagés très tôt dans mes saisons qui creusent comme une pelleteuse, – les lois du seigneur requièrent du silence ! le genre d’indicible qui vient d’en haut

j’ai jeté la clé sous la porte pour rendre l’écho de mon âme friandise, la noirceur des baisers de la veille promettaient une disparition. j’ai froissé mes sandales pour revenir parmi les étoiles

je ne suis que la moitié d’un amour brisé et si un jour je tombe dans la moire de l’humide clarté, sachez que jusqu’au bout je vous ai aimé. l’esthétique d’une poignée de feuilles de l’amour font un ensemble harmonieux

longtemps et reclus dans les murmures d’un mal logé

comme les mots confus qui éclosent dans ma tête

comme le jour qui coule, j’ai soufflé le chaud et le froid

comme un courant d’air ! comme un courant marin !

la terre était le ciel et le ciel était de terre

les points cardinaux m’étaient indéchiffrables

le sang de ma poitrine nourrissait mille fleurs

je n’avais rien au-dessus ma tête

il est temps pour moi de demeurer pour mes proches

j’ai renouvelé mes engagements envers la vie

je n’ai rien contre mon cœur, tout est vain et d’ailleurs

j’ai rencontré Dieu dans un pot de danette

je doute à présent de moi en parcourant le monde, j’ai grand froid. l’âme vibrante de ses trésors inexplorés et couverts, même de la petite et innocente rosée. j’aime les choses non-apparentes et qui ne disent pas leur nom

je poursuis cet instant d’éternité d’une grâce renouvelée, les nuits sans pareille glissent irrémédiablement et bientôt transparentes. je me rend compte qu’Ulysse avait un équipage et des compagnons de voyage

je vais me lever lentement de mon siège et prendre un recueil hors du temps qui plante une graine, une complainte maladive. je vais me laisser être au firmament sans germe et sans aucun remord dans le cœur

puisque la vie est une escale

je fraude tous les trains

l’homme cherche à se résoudre

de tout temps…

comme allonger sur la lune

tiède et au calme

il sonde son âme sur tous les niveaux

j’ai répondu à des leurres

et j’ai souffert de la dérision des hommes

Trois petits jeux du Je perpétuel

ils m’ont affublé de différentes expressions tout le long de mon existence, le prénom que je porte depuis le jour de ma naissance et le jour de mon entrée en crèche. je fais évidemment l’impasse sur les insultes gratuite ou justifier 

j’avais une fille dans chaque bras !

ils m’ont accolé au collège le surnom de pécheur, je le dois sans doute à mon tempérament de mécréant plus qu’à mon chapeau. s’ajoute à cette période d’autres termes sophistiqués et terrifiants: ex-petit-ami, ennemi… etc.

une période bien compliquée.

ils ont même appelé mon volume de chaire tonton et ceci pour toutes les générations à venir, mais l’homme qui se tient devant vous ne s’y reconnait pas. je ne suis qu’un être insignifiant qui fuit devant les sollicitations

je ne sais ce que tout cela implique.

je me prépare à la mort dans ma retraite

sans aucun nominatif, comme un scarabée livré au bec d’une huppe

hélas, je ne reconnais que le beau
je ne me l’explique pas

très peu savent
ils rêvent

vivre sans vous
et mourir

mourir à vous entendre
et vivre

( ce n’est pas aussi idiot que ça en a l’air ! )

qu’est ce qui subsiste
les mots
l’espace
les mots et l’espace

il n’y a pas de secret
Je dois beaucoup à ma couleur de peau et mon intuition

je n’ai plus la capacité de guérir et de me régénérer aussi vite qu’auparavant, mes blessures prennent un temps considérable pour cicatriser et colmater. je crois que l’homme s’use comme une machine à écrire ou un réfrigérateur 

il me fallait six heures de sommeil et sans ressentir les coups de moue durant la journée. je ne bâillai que rarement hormis la sensation des paupières lourdes. je remarque aujourd’hui qu’il me faut quelques heures de plus 

il m’arrive de même avec la récupération qui ne doit être qu’une question d’horloge interne, je pouvais par exemple marcher des nuits entières sans me soucier de la distance ou enchaîner les épisodes au lit et ne pas fléchir

les expériences usent par érosion 

les souffrances usent aussi, j’ai… !

comme une âme égarée
pour une seule nuit

j’achève… !

je perds, oui, je perds la raison 
dans le noir du chaton

il pleut
la rive de Tigzirt

si t’es sociable, ma belle 
il y a ceux qui préfèrent la compagnie des escargots

il pleut, il pleut… !
la rive de Tigzirt

il n’y a qu’un orphelin pour guider l’aveugle
je me délecte de la pluie qui tombe en trombe

chanson d’automne
j’entonne

je vais conclure comme on s’engage dans un rire, ensuite vient avec la question du corps. c’est comme mourir et naturellement, je pense à toi. je pense à ton visage au ciel multiple qui glisse vers une aurore inconfortable

je me rends compte au fur et à mesure que les moments importants sont ceux passés avec mes amis, ils me racontaient les bonnes vieilles histoires. une anecdote par-ci par-là et puis tombait une confidence à couper le souffle

je crois que l’on ne peut échapper à son destin qu’un certain temps et l’issue ne sera que plus fatale, j’ai élaboré un système nourrit d’une mythologie personnelle, une fiction qui brise le modeste seuil de ces lignes

qu’il est bon de me souvenir de vous

parmi les récits juxtaposés où je vois presque tout

au commencement, il y avait l’oubli

et toi, et ton corps… !

l’infini du jour naissant

brûle !

les jours passent

les semaines…

comme la vie en l’air

comme les orteils du pied a l’air libre

où toute est mousseline

passent les jours et viennent les aurores

je m’en vais sans vraiment partir

L’édredon rouillé est humide

il me faut rentrer à la maison, c’est là-bas dans l’ombre que j’ai déposé mon crâne rempli d’eau de pluie. je vis dans le brouillard ou peut-être que ma vision se trouble. il neige ce matin dans mes yeux, j’essuie une disparition dans le miroir

il y a cette chose dans l’œil bleu d’un vieux notable inexprimable d’homme à homme et qui semble nous parler de résignation. nous sommes bien pauvres d’expérience, nous observons les échappées du regard

mon cœur est dix fois plus léger que mes yeux, dix fois est peut-être trop, ou peu… ! il pleut cet après-midi sur la salle de concert, l’étoile joue et danse avec un piano d’ivoire

j’aime les artistes.

il faut que je rentre à la maison

je ne suis personne entre mes prunelles

chanvre indien et chèvre du bon diable
je respecte les vieilles coutumes
         

le nouveau soleil est un miel que je tartine avec mes doigts
pour la saison humide, chantez ! comme chez la boulangère à la queue leu leu

de révélation à révélation
ils ne feront jamais le poids

les histoires des anciens et la superstition qui règne, je les savoure à chaque instant de mon existence, à chaque coin d’ rue que j’arpente en la bénissant. je butine amèrement sur le talus, un peu plus ! la pâte est rarement cuite

je m’engage dans la rue Saint Rémi en tournant à droite, j’arrive dans une petite place éclairée de bougies et de ma main, je goûte l’eau de la fontaine. je m’aventure là où il n’y a personne de reconnaissable, un divan

j’envisage à la place des immeubles les montagnes du Djurdjura, l’herbe haute de Sidi Ali bouneb… etc. j’hallucine les silhouettes des filles qui pourraient m’offrir un baiser pour mes vacances comme dans les romans

une quille a toujours froid aux jambes.

j’ai un flash : un petit slip avec un soleil jaune dessus

le manque d’un cœur qui nous sert fort

la radio du téléphone est sur une station inadaptée
je me démène de l’instant plus qu’autre chose

j’ai mis un sous-scellé à une comète anti-âge
depuis son passage mes relations se ressemblent toutes

courte, combien me manque ma vie d’avant
plus de remontrances par éclipse !

elle a semée elle a semée… à travers moi !
elle éclore dans ma poitrine maintenant lucide

mon dieu fait que je me dépouille de cette enveloppe
une fois pour tous les ciels, une fois pour toutes les apparitions

je longe les quais le visage face au vent
je marche seul

comme un miracle des siècles passés et futurs
les petits bourgeons blancs sur le fleuve creusent le courant à l’infini

j’ai un ciel spongieux comme unique drap
et son flot ainsi qu’une cousine

j’ai cru voir dans tes yeux des papillons bleus en souffrance
et de la défiance nue que je te cède

il y a l’autre avec son rebondi de bonne française
après son expérience du soleil levant et mes trois mille caresses

à Gambetta 05h34, aussi vide que les parages de Houellebecq
ah si, peut-être qu’une ombre s’y glisse

j’aime les oiseaux qui piaffent la nuit comme pour dire la fête n’est pas finie
je prends la pleine mesure des conséquences

je me suis décuplé sur une terre que je ne reverrais jamais, plus jamais avec le même œil de l’innocente adoration. le souvenir des mots et d’images tous par les yeux sont vernis. je défile d’elle

brut de décoffrage.

lorsque les volontés divergeaient dans notre vie de couple, il ne restait que mon amour qui se donnait en spectacle. il ne suffisait plus à lui seul, la couverture. j’avais misé sur le sien

je ne pleure que de moi. 

je feuillette depuis la culture vaseuse qui nourrissait ma moelle, une petite collection déchirante. je me suis baigné nu et effrontément parmi les dieux. je me suis purifié

le verre est translucide

un whisky irlandais qui sent l’écorce des oliviers

j’ai oublié ma maison

j’ai oublié mes amis et mes amours

j’ai oublié ce que c’était la vie, la vie des dieux

il m’apparaît clairement que cette façon de percevoir et d’être au monde est quelque chose de poétique

pour sûr, je suis un corbeau qui a soif

je surplombe les domaines sans éclats, les corbeaux ont droit de cité

les semelles coursent les jours de la création

il faut s’attendre à du granite et à la roche de fondre

j’ai parfois l’impression d’esthétiser la misère de ma condition, alors que j’essaie simplement d’être au plus pré… !

Trois petites impasses

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour, – il y a des nationales et il y a des routes, – je roule derrière les camions… les 6 les 12 les 36 tonnes, – je suis au téléphone, – c’est la route, – une déroute, – jamais avec des pantoufles

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour, – je reste pré du danger, – je pense que rien ne peut m’arriver, – je suis tellement pré du danger que rien ne peut m’arriver, – je vois les arbres poussiéreux, – les gens qui attendent le bus

sur la route des autoroutes et tout autour, – il y a des routes il y a des impasses, – il pleut, – il pleut souvent sur les autoroutes,- j’enclenche l’essuie-glace, – hypnotique, – captivant, – le sourire aux lèvres, – je cherche la raison

le cendrier est plein à craquer

j’ouvre la vitre

une allée

je souffle sur mes envies

un vent obscure

sur la rive avec mon chien, – j’investis le domaine du non-moi, – au diable les fils et les attaches, – momentanément effacé, – je suis l’autre qui glisse au creux de la vague, – absent de moi-même, – interdit de souvenir

sur la rive vierge avec mon chien, – je construis une cabane de paille inflammable, – l’œil furtif et scrute – présence contaminée, – il ne reste que des pourquoi vagues, – le noir est une couleur, – un sans visage

j’ai les pieds nus sur le sable.

sur la rive avec mon chien, – il n’y a plus de chien, – j’ai tout consentie et du laiteux, – cela ne sort pas, – on a tout recenser dans les livres, – le peuple maudit, – une histoire courte de l’expéditeur, – un cul-de-sac, – les ressacs

toi ma bien-aimée, le deuil.

un passage aux toilettes du bar alligator

je recharge le téléphone

j’envie l’impassibilité des pierres

comme la musique de la main des vagues

la nature prodigue ses leçons de vie

la douceur de vivre d’un galet sous le soleil

l’eau salée mouille mes lèvres

j’envie l’impassibilité des pierres, comme leur tranquillité

j’erre au milieu des courants de mon cœur, – son cœur à la petite cuillère, – j’ai besoin de me recueillir, – je caresse les rêves du vent, – son sommeil léger, – j’ai un petit peu froid, – toute à l’heure j’ai pleuré, – le rêve continu

je souhaite m’étendre et modeler mon âme, – son âme occasionnelle, – je parle seul et si seulement je trouvais preneur, – je l’ai laissée pour morte sur la rive miteuse et les bateaux vont au loin, – son cœur pourtant si volontaire

je m’éloigne du port mythique, – la nuit comme le jour je te salut, – je stationne dans l’impasse des clématites, – une note quand il n’est plus question de notes, – mélomane de la fluidité, – comme le sang, – suspect

je me défais sous mes yeux

les souhaits se précisent

sur le rivage soufflait un vent frais… sur le rivage un vent frais soufflait sur le caillou ( le caillou au bout de ton sein, le caillou de la nuit, de cette nuit ! )  

un vent frais souffle sur le caillou de mes nuits

on aurait dit que les chairs brûlaient

j’urinais autrefois sur le sable en faisant de la mousse

je revoyais ma vie d’alcoolique et mes diverses effronteries

… sur le rivage par épuration les migrants échouent, les manques et des tragédies qui soulèvent plus de manques. l’histoire moderne nous montre ses horreurs, que nous voulons plus d’horreurs !

Quelque chose d’un vendredi terrestre

je n’ai rien avoir avec le commun qui refuse la part du merveilleux dans le cœur, l’abandon aux nostalgiques rêveries, l’enfance qui excède les 14 printemps… etc. comme un papillon s’adonnerait dans le vent

ils ont peur du ridicule qu’ils ne se risquent à rien, rien de probant. je ne tiens pas à fédérer qui que ce soit et au-delà de la bienséance: froideur – distance

une sainte colère!

la part du ciel que vous détenez aussi infime soit-elle, vous ne devez pas la négliger. cela pourrait être votre seul rempart contre l’adversité et bien plus encore

je n’en fais pas une étude.

je ne tiens pas aussi que l’on m’aime

même si là, je mens !

le tabac à rouler

brûle les lèvres autant qu’un baiser

d’adieu

il y a les déshérités et qu’un seul antipoète. pour le reste, des mystiques. comme s’il s’agissait toujours de percer les zones grises, je persiste à les nier

la mort d’alors ou le poème ?

je sais parfois lire les signes, comme reconnaître les miroirs. les réponses que je trouve dans les nuages bleus, l’eau potable du robinet et la température

nous ne devons plus céder devant la valorisation individuelle, une gargarisation de mots! mais tenez le pour chose prédominante et acquise: le voile tombera

les sidérés ne trouveront plus de secours 

il est trois heures : 34

j’entends de la musique qui se noie dans les gosiers
après tout on n’aimerait pas danser

j’ai déjà joué avec les murs blancs
le cauchemar des morts et des vivants qui se versent
 

toute un cœur qui appartient à l’entre deux
une allumette dans un tas de foin, sous peu le brasier

je n’ai pas pris le temps des corps apaisés
les brefs moments de vie qui découlent dangereusement

j’ai négligé le potentiel d’érotisme de l’univers
d’où émane une substance… ( le mot s’est détaché ! )

on aurait souri avec quelqu’un d’un peu voyou
je ne dois plus être aux regrets

je sors de la grotte aux nymphéas en guidant mes forces ailleurs, les voies des boulevards ont des couleurs d’arc-en-ciel. j’abreuve mon cœur de l’éclosion du jour

je nourris mes flancs de douceur.

j’ai eu l’impression de berner tout le monde, alors qu’à moi échu l’illusion. le sans posture primordial, la mèche est rude! je reste le conciliant, en tout

je bois une poignée d’eau.

je reprendrai les vols ou le poème, il me faudrait un départ, plusieurs. je tracerai de nuit. le poème-fusée pour s’élever a besoin d’une pulsion de moineau 

vers toutes les trajectoires.

le poète est né à un rêve qui sommeil

l’énigme des labyrinthes se dévoile

un été sans rebours

je respire l’odeur du vieux port

dans un Pagnol

Les morsures sont ignorées

comme si rien ne m’arrêtait ou n’altérait les poussées créatives, j’étais porté vers les interactions mystiques. une torsion de l’esprit jusqu’à la pointe de l’extrême

je ne voyais plus les villes sur l’estrade de mon cœur, la rumeur m’était possible à engloutir. j’allais au hasard feuilleter l’eau de mes trous blancs 

le téléphone éteint me délivrait de mes tics.

je me réjouissais de la fente d’une fenêtre sur l’éden, en dehors d’elle même. je me voyais trépassé en écoutant lesventsnostalgies et la théière. la pluie tombait dru sur mes fatigues

on nous dit paradisiaque l’ici-bas

on se déchire avec du pas mieux à t’apprendre!

comme quand j’étais enfant
je toc parfois ma tête
pour m’assurer

qu’elle est encore
vide et

effectivement: elle est fêlée

le dépit des gens lorsqu’un malheur frappe un homme, une décomposition que j’entends comme une aubaine. le malheur des uns est le ressort de nos certitudes

l’autre que moi prie.

les liens d’amitié en ce monde marquent ou se volatilisent, la créature voit le jour et engendre le mal pour une moindre blessure. le champ en est miné, un monde fou coule à l’endroit

j’espérais et n’y suis plus, je me délaissais pour être au monde, transfiguré. je passerais sur les lucioles, de ce qu’est la pluie à la goutte noire… etc.

les visages se ferment à la providence

je préfère les ânes blancs avec du cachemire

je-serais-une-station-mal-desservie-que-j’-en-meurs-sur-la voie-des-clématites-blanches-j’-ai-trotté… !

je rêve de l’Euphrate qui coule de son eau sous les arbres. blancheur ouatée, je n’irais jamais sous la brume vaincre les coups et l’anneau 

je revois les yeux que j’ai fait pleurer.

je me sature de tristesses et de joies partagées qui me dépassent. la jarre fêlée, je verse l’huile de l’étreinte de l’autre côté de la haie. le truchement des ombres nous enivre

qu’ils refluent en une chanson grégaire!

j’ai parcouru tant de chemins et il me reste à lire l’essentiel, une prévision à l’entendement. les prières sont un don de soi à chaque instant renouvelées

comme débarquer dans l’univers apathique imploré

je sors rejoindre la pluie

le jour s’endort
un peu moins dans la décrépitude

j’apaise le flux du sang
les rives où je suis ne sont pas miennes

comme ce jour-là : l’être divin !
je ne l’ai pas observé dans mes souvenirs

je ne crois plus à l’immuable
je regrette le ciel perdu qui bavait sous la pluie

je regrette aussi pour Adam
je lui dois comme toi qui lis

suffit-il de croire ?
à Bordeaux, c’est le déluge qui prédomine

j’ai inventé des chapiteaux
où j’ai sacré tous mes repentirs et infidélités

est-ce que c’est le bruit d’une cloche
son étoile tinte le fond

au soir d’une illumination
je dîne seul au kfc

Je voudrais pour toi

j’ai en mémoire le souvenir de nos sommets au pied du lit, le toqué de mes voisins et des tâches multicolores sur nos corps… etc. je voudrais par cet aperçu de nos frasques inspirées te redonner le goût

le goût des fruits mûrs et sauvages.  

je me reconnais en toi pour prétendre à une relation qui j’espère évoluera. une vie à tes côtés est toutes les absentes. la mienne, je te l’offre en héro négatif. réponds-moi, je m’exercerais à ta langue

je ne sais pas ce que cela signifie!

une femme qui se bat, une adversaire. je ne souhaite que l’aimer et aimer nos feux de bengale. Bill Evans dans la stéréo, nous deux sur le canapé… ! quoi que tu puisses en penser, je te promets d’arrêter d’appartenir au vent

une vraie pollinisation!

deux amants des paradis retrouvés

les jeux d’enfants

ton silence m’écorche le sang
l’odeur du jasmin me blesse
me blesse de mille morsures de serpent
la lune est une tendre amie
le soleil est comme une fête
le jour décline morose
comme les mots que l’on ne peut rattraper

je sèche mes larmes longtemps retenues, une consolation. mes nuits se voilent et me rendent à silène et ses velours. tu aurais dû être là et me calmer, une vraie pleureuse. je n’ai touché à rien depuis la dernière fois

ce qu’il faudrait taire.

j’oublierai sans effort tes longs secrets et mes cigarettes. je les oublie pour trouer le ciel un beau matin, comme ce jour de septembre où il pleuvait, lentement. je me souviens de tes tendres mots et à peine une vue d’ensemble

un univers que j’emporte n’importe où.

nous deux s’il en est ainsi, c’est aussi bête qu’une lanterne d’escalier pour rentrer chez soi, lorsque la nuit est tout à fait morte. tu es mon enchantement onirique, un frétillement. Dieu que tu me manques, reviens-moi !

une supplication obscure.

je refuse tous tes avatars

ton cœur ou rien

à-côté-de-la-maison-il-y-a-des-logements-sociaux-habités-par-des-petits-diablotins-qui-jouent-à-lancer-des-projectiles-de-toutes-sortes-sur-les-chats-errants-qui-inévitablement-atterrissent-dans-la-cours-je-rouspète-au-delà-du-mur-de-séparation-et-après-un-bref-instant-de silence-j’-entends-leurs-pas-s’-éloigner-je-me-figure-qu’-ils-ne-font-que-fuir… !

je ne te comprends pas encore entièrement, mes tentatives de te joindre ont toutes échoué, voilà une quinzaine que je n’ai aucune nouvelle de toi, perverse ! j’ai libéré autrefois les ailes de mes amours qui quantifiaient tout

tu es mes yeux et mon unique horizon.

il me fallait pourtant courir de misère choisie sans me retourner, et si tu t’obstines ainsi je crois que tu connaîtras le même sort, comme l’étoile du matin qui court vers sa perte, une cymbale ! et moi, j’aime les marathons

en dehors de toute prévisibilité.

je te considérai pour morte après une certaine date limite de purgatoire, est-ce que tu me comprends ? je ne voudrais dans ce cas plus jamais te revoir et ceci prendra effet le jour de la réception de l’avis recommandé

je ne suis plus certain de ce que j’avance

le sablier est retourné

dans ce pays et loin de toi

je suis l’étranger

je sens l’exil du cœur

je revois une fenêtre qui apaise mon esprit

je revois l’arbre de l’enfance triste

je voudrais pour mourir poser ma tête entre tes mains semblables à la froideur d’une feuille d’automne

je t’envoie une peuplade de baisers

l’étroitesse de mon esprit m’épargne moult soucis

monsieur Moult et la bosse d’un dromadaire dodelinent dans la ville !

ce n’était qu’une trêve, cela m’interrompt…!

Les squares

ô mes amours, je suis profondément blessé! libre de vous aimer encore et blessé. il me semble que les apparences exhibés ont comme une odeur de friture sur un corps

j’ai quelque chose d’une plante qui survit et une marre, sous peu, je serai noyé par des regrets. c’était moi en chemise blanche dans les squares de contrebande

je me souviens d’un ciel penché sur mes vendredis, peut-être qu’ailleurs j’étais heureux. le printemps des rêves bridés s’était achevé outrageusement, ainsi l’amour hante encore le froid de mes nuits

renaître à soi comme naît un poème au monde

une faim parmi toute que je reconnais

un destin singulier

je récolte les divins mots

des passants

je suis calme et relativement stable, les nuages planent dans mon cœur, aussi lointain que les miaulements noirs où se solde le néant de mes désirs

tu épouseras la poussière et chère est la poésie, une mollesse. l’urbanisation à outrance kakatoésque. le siècle monte sur l’ambivalence de vos mœurs

j’entends mon cœur battre : CHOU-CHOU… ! la nature parle une langue nocturne, comme ma ville qui verse sur moi et m’ensemence! surtout ne rien gâté

on rentre dans les nuits Tizi-Ouzienne

comme on tombe en disgrâce

l’ombre des mots

le grain d’ombre qui siffle la raison

comme on colmate les imperfections

une nuit d’été qui révèle toutes les nuits par son absence et par ses ténèbres, une majesté entre les planches si j’espère, douche froide! qui peut venir m’aider?

qui peut venir résoudre les inexorables nœuds? les mots familiers me dissolvent, la primevère de ma langue est l’enfance, celle qui fleurit ce recueil, un spectacle

j’ai dû toucher du doigt quelques cimes inexplorées et défendus, j’étais allongé comme dans une grotte peu profonde. je croque une pomme

comme une expérience de l’inaltérable goût

l’inattention répétée

la nuit que tu entends à peine

à peine… !

tu ne dois pas attrister ton cœur

à tous les niveaux

elle a la douce voix du clapotis des eaux

comme perle

j’aime Tizi-Ouzou

ainsi que les sources

la nuit que tu entends à peine

elle t’attend

Méditer, une cigarette…!

les épines du rosier te piquent, tranchantes qu’elles deviennent dégueulasse. tu fumes entre temps, attentif à la durée de ta cigarette

ce moment peut te sembler une éternité lorsque le doute te submerge. tu survis à des crevasses. elle crée des ponts entiers suspendus, en suspens

un jardin où les rêves lointains te fument, rabâchés! comme un rythme de croisière aux grès des saisons. elle a aussi son rythme, une sorte de vertige

le sang coule

tu penses que la nature n’est pour rien

une baisse de la vue

s’en vont naître les papillons

entre les cloisons

longue est la durée de ta cigarette, tu fais semblant de fumer par crainte d’être surpris. tu poses et reposes la nuit sur tes attentes, les épaules légères

les instantanés qui délivrent du réel, la salive mouille le filtre. elle s’offre sans retenue, tu la désir. tu la tètes comme le bouton d’un sein recouvert par un tee-shirt   

il n’est pas nécessaire de parler lorsqu’on la fume, c’est comme inscrire son nom sur les nuages, ô feignante saison! les roses ont le parfum des taxis algérois   

les tentatives d’échapper aux rails

d’oublier!

une cigarette se consume entre mes doigts
je reste transi, une cigarette se fume

elle s’appelle Rym
elle est longue et fine, tout ce qui porte un nom fascine

elle rime souvent avec spleen
une vieille pratique qui vient des indes

je m’en brûle une
j’ai besoin de nicotine

la braise rouge est une musique plus ancienne
elle a son style

les non-initiés te prodigue des paroles vaines
les non-initiés te voit d’un œil en friche

peut-être des rivales… oh, la cigarette que l’on fume !
je succombe sous tes lignes blondes

de jour comme de nuit
je me lève pour des bouffées de tabac blanc

tu dis stop avec vergogne aux larmes
je doute avec toi moyennement de la rationalité du monde

en bouse de vache, industrielle ou encore à rouler
je n’ai jamais autant marcher sur tes pas

par douzaine ou par paquet bien rangé
c’est toujours un plaisir et sans regret que je te fume

la durée peut mener loin, comme un interminable exil. tu aspires certainement à une reconversion, tu finiras peut-être châtrer dans un presbytère. tu rêves encore… !

il n’y a pas toujours de la sainte lumière au bout et ce n’est que partie remise. elle s’éteint, se consume et autonome! tu portes tous les signes d’un rénovateur

lorsque tout s’en dort et que tu t’époumones de ta dernière cigarette, tu te racontes une petite histoire pour t’envoler, comme happer par les hauteurs

elle te fait gagner en espace

te réconforte

au coin du ciel

je suis puni à l’éternité

de son feu

Les coups

À Ghiles.

il n’y aura un jour plus un mot d’amitié, plus personne n’apportera de solution! je finirai seul et béat. ce monde gagne à tous les coups. Il gagne à tous les coups

je traverse une incessante lutte dans l’anonymat, cela n’empêche plus la mort de nous toiser. je reconnais son cartilage partout où je pose mes pas

j’aime l’enfance rude des Balkans, les apatrides et les vagabonds. ils disent que les justifier, c’est aimer. je n’en peux plus de vos sketches

je lève la parole

le chef de file d’un tandem d’enfer

une fête de la pluie

je me balade au sein des sons

primitifs

les gens se réjouissent plus de l’absence de Dieu. moi, je me remets à Lui pour qu’il les inonde de bienfaits, je me remets à Lui pour les malheurs

je laisse m’envahir l’onde d’une terrible tristesse, comme mourir un peu à ses idéaux, comme dans un éclair sentir le tressaillement du temps incréé

j’ai mal de ce qui reste suspendu entre nous, plus la force de me dresser tout contre! nos amis les vers reconnaissent la chair tendre des bienheureux

il suffit d’un cauchemar pour dévaster un homme

pourquoi Dieu fait la sieste!

une foi d’hyène

ricane le peuple

de Dieu

je ne réduis pas la vie à un vulgaire calcul, sinon c’est fichu ! je m’ouvre au domaine de l’interprétation, la tempérance est le seul crédo

je ne m’aperçois pas de l’étendue du mensonge, des subtiles détournements et de nos différences… etc. la mascarade surtout perpétuée depuis le premier soleil

je n’ai plus peur des chiens dans les rues caverneuses et sombres, quoique ! j’adhère encore à tous les galimatias et je continuerai de jouer

À porter de main

je fais mon marché pour ce week-end, comme rare ceux qui savent l’exil! déjà l’aube avec ses couleurs décimées sur le toit de quelques chenilles

l’homme dort sur la paille d’un pays après une lecture. de sa vie, j’en serais bouleversé. de sa mort, j’en serais changé. ce matin, il se sent fragile 

c’est de la mort dont il a le plus peur, la mort lente dans le cœur des gens et de faire souffrir avec ses vérités inopérantes. les mots savent le faire trembler

rayonnages algueux à porter de main 

cet homme n’existe pas

une gueule de bois

une assiette de melon à volonté

origine Enfance

les cœurs s’épanchaient jadis avec une sérénade pour chaque nymphe aimée, puis tombaient les nuits pesantes et les coups de téléphone crypté

j’étais artiste de longs archipels noyés dans le spasme, un guérisseur des meurtris. les pensées noires mûrissaient et tout le poids du pêcher sur mes yeux fermés

lorsqu’il est question d’amour vaut mieux se taire et laisser. une grâce nouvelle vous inonde, elle est d’un amour pur et sans objet ou comme de l’amour pour l’être aimé

l’envie pernicieuse gangrène nos vies 

les sirènes du premier mercredi du mois, pourtant !

pèlerinage nocturne

je sors à l’aube aux petites froideurs

ô le premier jour !

faites qu’en ce monde on pleure les poètes vaincus… filles des célestes nords, mes poèmes vous sont dédiés. j’ai abordé vos rivages rocheux sans crainte

faites qu’après la mort, je me remémore les existences qui se sont croisées à la mienne, et qu’ils me fêtent ! de tristes âmes qui montent comme du pollen

faites que le temps de la paresse et le bon positionnement des astres reviennent, les matins du postillon endormi… etc. ne faudrait-il pas mieux un sevrage?

un poète poursuit les chimères

l’atelier d’un bon poète sont ses morves

l’après-midi d’un faune

le couloir de la vieillesse s’arpente

à pas de géant

emporte-moi sous ton aile petit moineau… je n’ai nul part où aller et je cherche à disparaître… !

Gloria Victis. Bordeaux, Place Jean Moulin.

La doublure

puisque tout est voué à disparaître il boit et sort tous les soirs. c’est l’histoire d’un homme qui ne peut oublier les morts, seule sa mémoire hâtive nous sépare

l’âme aussi légère qu’une sainte colombe, il avance vers lui et parle. un oncle défunt ! le ridicule d’avoir cru à son retour ne le tue pas, il parle d’un cœur qui brûle les pétales de roses entre ses mains

cet homme partage une bière avec un mort, peut-être que le diable l’entraîne et cela suffit à son ombre. le cornu est le prétentieux des cavernes

il mesure sa futur place entre les tombes.

les rivières suivent leur cours sous terre

la tombe de l’oncle!

un-jour-une-ville-accueillera-un-poète-qui-ne-porte-en-lui-aucune-peine-sept-ans-qu’aura-durer-son-calvaire-quelqu’-un-comprendra-son-isolement… !

je disais qu’il y a comme le sacre du cimetière! il est absorbé par une force étrange, le ciel féconde la terre, tout semble capitonner de sperme

le soleil peu habituel à cette saison est grivois, un oiseau chante sur la branche d’un olivier, les mouches chient leurs larves et s’observent… etc.

il veut revoir les lésions du bonheur et tout désapprendre d’un même coup, s’étriquer le cerveau à la manière d’une laine humide et froide

une femme urine sur une tombe.

il parle de la déchirure

du soulèvement

une légère tachycardie

ton visage a une teneur de sel

la voix qui ne mène pas large

puisqu’il est un être en difficulté et en marge de la société, surtout farouche! toutes les épreuves qu’il lui faut endurer, les femmes qu’il croise se veulent salvatrices

il entend souffler le vent très haut dans le ciel, le ciel monte vers le haut, le ciel quand il fait presque nuit sent le caramel ou quand elle enlevait ses hauts volants

la terre les attirait l’un vers l’autre, deux aimant! par le trou de la serrure, il la voyait à demi-nue. les jambes de calcaire s’entremêlaient, les bas noirs qu’elle enroulait

les corps ineptes

tous deux se recommençaient

            H : pourquoi doit-on quitter ?

            F : la mort est notre amie

            H : dans ce vide ?

            F : tu dois chercher à vivre… !

            H : je sais, je me l’interdis

            F : ton refus est grave

            H : je refuse de me rendre au feu d’artifices

Je vous regarde

une phrase qui sonne creuse comme une directive que l’on se fait à soi-même : un jour, je serai votre prophète, un moderne, l’un de ces jours d’une insondable nuit !

je suis quelqu’un d’endurant, un paysagiste œuvrant pour Dieu et sa création. les murs de mains froides plein devant ! je me demande pourtant si je serai assez solide pour l’amour ?

je ne fais plus avec la question de l’être, comme un funambule sur des strates. je me dilue dans mon imaginaire ou ailleurs, l’espace où je ne sais rien m’est portant familier

toujours dans un but

je lutte pour mon compte

une lecture de l’âme

l’ombre d’un chat me rappelle

à son écho

il fait nuit de mille et un soleil et vous me questionnez sur mon adolescence, sur l’œuvre des anges sur terre… etc. vous oubliez presque vos besoins enchaînés au ciel

je vous dis que maintenant plus rien n’a de l’importance, qu’il y a le meilleur et le pire en chacun de nous. je vois en vous comme un puzzle, sauf si vous aimez les puzzles!

nous ferons de l’amour un domaine privilégié, même si l’espace est réduit. nos cœurs endoloris s’accoutumeront et les anges ont leurs parts de travaux universels

le présent passe par leur écriture

une réalité convaincue

entre nous deux

l’amour appartient à nos rêves

les plus doux

le côté charbonneux des choses ne nous dispense en rien de bien faire, cessons alors de nous enfermer comme dans un songe rattrapé

je célèbre les vieux sommets de nos aïeuls, ils avaient le sens moral démiurgique ! j’ai toujours pensé que les montagnes ont les courbes d’une femme, et la flore son linceul. je freine sur les routes pour les contempler

je veux être au plus près de vous, encore plus près que le cachemire bleu que vous aimez mettre l’hiver dans la rue, comme j’aime être en vous    

plus jamais une autre et plus de deal

vers une autre phase de la lune, peut-être!

une veillée

votre aura déjà vous précède

jusqu’à l’aube

Bonne chance !

À Hakim.

je raconte mon expérience de la poésie, mon univers intérieur. une sorte de comète olympique ! terriblement doué, un bonheur presque parfait de ne plus être

je suis défectueux comme la machine dans mon rêve initiatique d’il y a longtemps. le cambouis est-il un signe ou parce que justement je rêve !   

la chose étrange est qu’un jour, j’ai pris le cap inverse de ce que je pouvais entrevoir dans le champ des possibles, comme sceller ma vie à sa propre destinée 

toujours à contre courant.

je m’accepte

c’est-à-dire mort en sursis !

le cœur audible

je marche sur l’estrade du royaume

qui grince

je n’appartiens à ce monde que pour un temps, peut-être que l’on me coupera un membre. un de plus ou de moins, là ne réside pas le salut de mon âme

j’ai déchiré le voile qui me séparait de ma conscience, une force tranquille que je perds parfois quand je fais crédit au doute

tout ce que je peux penser ou dire et loin de la vérité, l’erreur est ma bannière. je suis issu d’une lignée de raté que je connais à peine

l’amitié est sacrée qu’il faut vivre pour me comprendre

il m’est dit bonne chance

je suis mort un matin de juillet

à Talence

sous l’ombre froide

d’un arbre vert ordinaire

ouvert sur moi-même

loin du regard des hommes et des bêtes

il était 11h34, l’an 2007

la poésie est une spirale dans un cône, l’autre bout est sans fin ! très peu de gens reste indemnes et à la surface. il vaut mieux s’accrocher à sa table   

c’est un saut dans le vide sans harnais !

l’importance des choses qu’ils m’aient données de lire, de voir ou d’écouter, les montagnes digérées, la vie sans fils… etc. n’étaient que le prologue de mon être

des abstractions.

je ressemble à ma voix intérieure et à une langue habitant un lieu. je tiens un inventaire de mes cauchemars éveillés, comme s’ils s’installaient entre mes yeux

l’homme subsistera

je crois qu’aujourd’hui il le doit

la migraine d’une carpe

l’ombre d’un nuage au-dessus du prophète

dominus vobiscum !

de petits riens à rien du tout, suivez mon regard et n’en faites pas une affaire personnelle… !

Sur le départ

les jours qui précédent un départ sont toujours particuliers. cela est décider, je ne passerais plus par-dessus ce qui me traverse et m’arrive

je crois que tout est lieu de poésie : un nuage qui passe et s’évapore, une respiration calme et régulière, le bruit du moteur d’un motocycle… etc.  

nous-sommes souvent appelés vers un ailleurs, comme répondre à l’envi d’un voyage. c’est parfois tellement dérisoire

la pleine conscience de moi-même et de ce qui m’entoure

puisque il y a le revenir, revenir… !

drapé d’un souvenir

le cœur abrite les recueillements

du crépuscule

il doit avoir d’autres climats chaleureux et clément, comme le coin d’une rue où on peut facilement rencontrer la femme de sa vie ou Dieu

il y a ceux qui poursuivent les femmes et les automobiles. les femmes sont sages et puissantes, comme une locomotive des années dix

une femme fait confiance à son intuition, à ses capacités physiques… etc. elle peut renverser le monde ! mais la confiance, elle l’accorde rarement à un homme

je ne sors pas ce soir

je contemple l’orage depuis la fenêtre

un train passe

le mirage d’un éléphant rose

s’intercale

c’est joli la pluie qui tombe du ciel un soir d’été, et moi, je vais finir seul… ! les feuilles d’herbes me recouvrent tout entier, et moi, je vais finir seul… ! parce que je parle d’amour

je ne devrais plus tendre mon cœur à qui ne veut prendre. à cet instant, un pigeon roucoule, est-ce seulement le présent ? l’accueillir dans le noir tourment

le plus terrible est combien la chose me semble facile, comme une vision oraculaire ! alors qu’il n’y a aucun endroit propice à l’émergence d’un nouvel homme

seul et déprimé dans mon petit appartement

je repense à l’oasis de l’étalage

les chants d’un ciel d’été

les prières et les pleurs

prière !

je me suis toujours invité à peaufiner, ailleurs… !

Rappel

la mort se résume dans certaines régions du globe par un échec personnel et cuisant, dans d’autres par un aboutissement. la mienne sera une célébration   

celle des poètes m’a toujours attristé plus que quiconque et à force, j’ai cessé de les pleurer. les poètes savent englober le tout, même dans l’inachevé, le bancal… etc.

le but de tout à chacun à vrai dire est de finir, ce qui n’exclut pas nos oscillations ! je pense à l’ultime fin tant de fois souhaité et je fais patience

la mort tend vers l’éternité  

comme une tête pleine posée sur un oreiller

la chaleur des blancs

ils frottent l’extase à la réalité

du poème

nous-sommes cependant de passage, l’être en devenir et pour être encore autre, débarrasser peut-être de la chair et plus sensible en profondeur

ces états ne sont que les étapes d’une métamorphose perpétuelle, semblable à une vague qui frappe inlassablement les mêmes rivages rocheux 

je ne vous raconte rien de ce que vous savez déjà, mais ce que vous ignorez est qui je suis, à part quand je vous mens. c’est le pire de tous les mensonges !

m’avez-vous brossé un portrait au fils des pages?

je reviendrais parmi vos lyres et le tabou

au dessous

la couleur du ciel

en jaune

je repose un regard bien veillant sur l’erratique passé, est-ce encore moi? je me suis situé à la frontière de ce qui m’entoure que trop tard et dans le retrait

les hommes torturés et hantés par la mort conçoivent la vie comme un hasardeux privilège, il n’y a aucun remède et aucun réconfort qu’ils n’envisagent

la vie est une idée pour laquelle je suis prêt à mourir.

la terre indistincte qui est grande et vaste pour les âmes charitables, vous devez essayer de les reconnaître, de les approcher… etc.  

est-ce que j’accepte le silence des forts moments de doute effroyable et glacial?

est-ce que nous demeurons des êtres sacrés aux yeux du prochain? 

au jardin d’éden

les poètes sont glorifiés

qu’Allah soit loué!

je suis arrivé à un stade où je me demande si l’ambiguïté en poésie, est elle-même de la poésie!

Initiation à l’écriture

À Amel.

1/3

je tombe dans l’immensité de la nuit comme un diamant poli qui soudain nous tomberait des mains. ce soir, la nuit est une roche

j’aime perdre mon temps pour les causes perdues, un chevalier ! me perdre dans les forêts où on ne peut jamais rien voir    

il me semble que votre temps est précieux, alors allons ! je vous tiens en haute estime, comme un soleil, le soleil d’un monde entier !

à nul autre pareil chance

un truc qui nous fait dire et rien d’autre !

la nuit de mai

une sacrée dépendance musicale

une histoire épineuse

la vie est courte comme vous en avez parfaitement conscience, elle peut aussi être belle et courte. il se passe souvent quelque chose lorsqu’on s’y attend le moins

elle n’est qu’une continuité d’accident et au besoin un renoncement, mais devant vous, le rendez-vous est pris à la croisée des chemins

il nous apparaît qu’une infime partie de ce qu’elle est réellement, autant vous dire presque rien ! c’est aussi toutes les questions sur l’attachement

l’appartenance

le sens de la meute qui me préoccupe

une de ballotter

l’hôtel de la plénitude

et magie noire

la pression de la morale religieuse va bon train. il y a sûrement des solutions plus haut dans les profondeurs noires du ciel, peut-être aussi dans les livres saints 

j’ai à la place cet air ambiant et enfumé que je fume ! je me dis respire calmement, la vie t’échappe et ce n’est qu’une différence des points de vues  

montrez-moi votre réalité, est-ce que mes attentes coïncident avec mes aspirations ? je voudrais vous prendre comme Sulaiman le magnifique

oh que Dieu me pardonne !  

rien n’est vil

un ciel idyllique

le mauve de mes yeux

vibre le cœur

2/3

je me dis que j’avais du chien, j’avais du style pour me risquer aux altitudes des nombres zéros, j’ai vu à l’ombre des baleines touchées par la grâce

j’ai remonté les âges avec les divinités passagères où chaque mot avait sa toile de symbole et de complexité. le recueillement m’était bénéfique

bien après que les faucons ont tout emporté vers l’Afrique aux pupilles de joailliers, le bon vent m’a soulevé et cela fait peur aux heures d’ivresse

encore un matin d’azur qui se termine 

l’univers vient d’en bas

l’haleine en farandole

un bâtard immobile

sur la piste

il m’arrivait de dire les choses de trois différentes manières et par la suite aller le plus loin possible dans les raisonnements. devant les mystères, je restais perplexe

j’étais disjoncté comme un mineur celtique plein de doutes avec des lèvres tendres pour son elfette, dernier encrage et qu’elle aventure

chaque instant volé à ses côtés était comme une révélation de ce qui est ou devrait être pour le reste de mes vieux jours. c’était tout ce dont j’avais besoin

le temps passé et elle

la déconvenue

une fenêtre sur nulle part

sa peau souple entre mes mains

de cendre

j’ai poussé ma petite barque au large avec des voiles toutes neuves, j’étais avide de connaissance et de liberté. les fonds de cale sont faits pour les navires endommagés

je suis tombé évidemment dans l’eau froide et glacial, parce que la plupart du temps je n’ai qu’un ramassis de vomi dans la bouche, de l’alphabet indigeste

je suis un autodidacte de la vie, le point extrême de mon époque. un poète maudit qui ne sait pas écrire sans l’aide d’un correcteur informatique 

j’apprécie les choses sous un nouvelle habit.

de l’art aussi de vivre seul

comme l’ami des grandes solitudes

un touché visuel

il a besoin de l’immédiateté

du ciel

3/3

on ne m’a rien appris et on m’apprend rien non plus sur les choses de l’amour, mes expériences ne sont pas sans quelques regrets 

comme de ne pas avoir fait de grandes études et être à la hauteur de moi-même, de ne pas avoir dit souvent à mon oncle combien je l’aime

c’est bête tout cela au final, vous savez que personne ne meurt vraiment et je préfère largement la philosophie de nos chers stoïciens

prendre tout dans la déglutition

on ne se refait pas !

l’âme enrubannée

je finis accoudé le thé froid

sur une béquille

je pense ce soir à vous plus que d’habitude, je pense à l’enfant terreux aussi, un peu ! je m’identifiais à presque tout et bien sûr à rien en particulier

les moments que je préfère sont le Souvenir, lorsque j’ignore si les événements se rattachent à une réalité vécue ou simplement le fruit de mon imagination

je m’aventurais étant jeune dans la prescience sur l’avenir, cette lecture m’a appris que l’avenir assujetti l’homme. comme un simple jeu de divination      

les rêves forment la jeunesse autant que les voyages

donc plus d’avenir possible sans rêveur !

l’enfance d’un été

le jus de tomate coule sur le menton

de Hercule

l’enfance est païenne et comme à présent, je presse mon fruit gorgé qu’avec plus d’empressement, alors autant vous dire que j’ai arrêté de cultiver les fleurs et de retourner mes chaussettes

je me contente de petits moments heureux et ce n’est que justice. je noie mes forces contre mes pertes de mémoire, comme se prémunir des insolations et de la fièvre

je prend de la vie ce qu’elle a de meilleur à offrir et le mieux pour moi c’est vous. je ne suis encore qu’un enfant, j’attends pour le moment mon envol   

entre autres bien le bonsoir et au revoir 

le temps d’un regard

un bonheur monstre

le vent éteint les braises au loin

de mes yeux

Le quai des jours

Image par Nina Garman

du quai des jours mon navire s’éloignait, mes hélices du drame… ! j’avais le crâne étoilé, la coque abritait un sans nom où le fil de la sonde se rompait

je glanais les réponses de l’enfance du ciel et de mes voltiges. je ne tenais pas rigueur à l’adversité et j’exécrais les idées fixes et habituelles

le vieux soleil se brisait sur mes os de nacre, je suivais sa régénérescence, sa traversé sans rives… etc. je croquais à tous les bouts de femmes

je vivais la bohème et rien devant

les vents givrés fouettaient la table de mes anches

les nuages rouges

une fin du jour pas réel

sous mes yeux

je marchais sur les routes vallonnées à la recherche d’une trace tangible de Son existence. je ne ressentais aucune peur, l’élu de mon cœur étant endormi

j’espérais vivre d’air.

les mots qu’Il m’inspirait, je les scandais à mes sœurs et à mes frères de croisade en retour, si ce n’est de l’univers tout entier à moi-même

je poétisais mes rêves comme un usurier, un chameau qui mâche des rêves…etc. je restais à l’ombre des nuits à me lire et j’aimais cette lumière plus que tout

les éclairs m’éblouissaient par moments

toutes les voies menaient vers Lui  

les rêves de printemps

une relecture de la neige des mots

jusqu’aux soirs bleus

il me restait quelques-unes à déshabiller et comme à chaque instant, je palpais d’une main légère le noir carnet qui se trouvait dans ma poche intérieure

je croyais que la vie aspirait à la beauté du cœur et à l’amour, que c’était du moins une fête, alors que les frères minaudaient avec le Très Haut

je me souvenais de la rive des morts qui scindent, échappant par là même à leur pénitence ! j’étais déséquilibré après tout de vivre mes floraisons

de la finitude

les étoiles naissaient d’une obscure tendresse

le réel dément

lorsqu’on s’applique en dehors

des mots

vous revoir, c’est me voir… et subir votre châtiment !

En rade

Image par Éva Zara

c’est dans cette mairie que nos chemins se sont croisés. depuis, rien n’a été pareil pour moi, plus le même ! au fond, je ne sais faire que ça

je nous revois encore comme au premier jour, un peu maladroits, nous attendions l’enjouement des colombes. j’avais un peu de boue entre les dents

c’est devant cette même mairie que je repasse aujourd’hui, mes yeux tapent sur la bannière et les pierres. c’est le grand Wallou

le retour des beaux matins me fait ceci ou cela

je suis rasséréné

Joyeuse journée

Ton nom ne quitte plus

Mes lèvres

une femme derrière une vitrine essaie une robe blanche. elle a l’air d’une poupée de plomb ! toi et moi, nous n’avons pas eu cette chance, dommage !

je rêve que l’on se croise au hasard des rues, tu me prendrais enfin dans tes bras. on s’embraserait comme les deux pigeons sur une terrasse

tu chasserais mes craintes avec l’un de tes sourires confiants, alors il n’y aura plus de doute sur notre union et que tu restes belle éternellement

nous reviendrons au temps des légendes qui se construisent

ils reviendront les jours à deux

Un bol d’air

Il pleut toujours sous les acacias

Un dimanche de fiançailles

je ne pensais jamais te perdre, peut-être dans une stupide mort, mais cela est moins douloureux que de te perdre dans ce monde

je reviens sur ta ville comme un enfant, elle me parait droite et distante, aussi lointaine que Tombouctou. pareil, une ville que je n’ai jamais visitée

devant ton portrait, je me perds. c’est une autre que je vois, ce n’est plus le même mystère. je vois des yeux pleins d’épouvante et cela m’indiffère

je ne sais rien du destin d’un homme

au-delà s’est compliqué

Tu es bien là où tu n’es pas

Tu es ma présence fragile et mon ailleurs

Je ne résolus pas tout

j’ai vécu très tôt avec toi, très vite, très fort… ! je marche cependant sur tes pas pour ne pas marcher… !

Moments

À Oussama.

une passion que j’ai enterrée à l’âge de 21 ans, elle aurait pu s’achever cinq ans plus tôt, la vie en a décidé autrement. pour une fin, c’était salvateur.

je ne pouvais m’accommoder avec une conscience surannée, ainsi dans presque tout. mes jeunes aspirations ne trouvaient écho que dans mon miroir interne.

comme il y a un terminus pour chaque trajet, je faisais l’impasse sur certaines parties peu reluisantes de mon histoire, – à quand est le mien de départ ?

je vivais de contradictions

j’ai survécu à celles-ci

nuage d’argile

les cliquetis du téléphone rouge

j’attends la tonalité

j’étais avec une fille comme tous les moments forts, l’évocation de cette simple idée m’attriste. je me demande où en est son niveau au piano.

j’étais tout le temps dans une peur noire en sa compagnie, une plasticienne qui me parlait, fichtre ! je m’estimais néanmoins le favoris de son île bleue.

l’esprit vaqué et flou.

je n’étais qu’à moitié désolé de l’avoir perdu, les morves jaunes écumantes sous d’autres soleils m’appelaient, et ainsi coucher mes idées sur le papier.

je cherchais une souffrance illimitée

le ciel ou le pardon des cités

aube des mélancolies

une voix d’opéra me repêche

de la Ténèbre

j’ai failli perdre la vie un jour d’octobre, il faisait un rêve-météore ! le jeune poète sans œuvre n’avait rien d’une étoile du rock, encore un pli de poussière qu’il faudrait prendre.

le printemps aurait fait un cadre idyllique.

je croyais aux écrivains et leurs livres qui ont contrefait et converti l’essence des choses, sans parler de la fichue guerre qu’ils ont lancé contre les hommes et Dieu.

la mort ne vient jamais lorsqu’on l’attend, comme souvent trop tard. elle parvient à nous préoccuper ou l’inverse. elle peut être aussi le combustible.

comme les chutes d’une chanson

au diapason d’un réel

jusqu’à la nuit des temps

mon oncle m’a offert

le noir soleil

je ne sais plus où je vais… savoir d’où je viens est une page de réclamation !

Mais tout peut changer

on avait quelque chose d’héroïque lorsqu’on revenait d’Alger. aujourd’hui… nom de dieu ! quel aujourd’hui, l’uniformisation ? je déplore mon pays de poésie.

je n’étais pas fait pour la compétition. les rivalités m’insupportent, allé toujours plus haut et toujours plus fort, c’est bien foutu pour du bétail ou à la télévision.

l’eau leurre plus d’uns.

les visages défaits que l’on entrevoit en nous-même pour retrouver une dignité flambant neuf, et leurs souk, et leurs stuc… blanc évaporé ! Arrière ! Arrière ! 

si peu de choses me nourrissent

beaucoup me dévorent

spectacle d’ombres

l’eau coule sur les murs

des arènes

cette culture et en général, je l’exècre. vos ensembles ne tiennent pas la route. je garde seulement le bon souvenir des jeunes filles en maillot de bain.

l’une d’entre elles prenait des trains dans mon malheureux cerveau : on te chérira ! on t’oubliera ! un tas d’autres mots comme les trains qui se croisent.

j’ai traîné une douleur de saison en saison, vagabond à moi-même. je n’avais pas assez de ressource pour franchir le pas : IL NOUS FAUT VIVRE AVEC LE DÉGOÛT !

elle brûlait d’envie pour une cigarette

elle bougeait

quatre heures trente

enveloppé du silence de la nuit

tu reposes

les états d’esprit dans le sport sont drôles, nauséeux. je cherchais simplement quelqu’un à abattre et finir dans un bloc terminal, puisqu’elle rejoint l’une des fins souhaitée.

les commissariats ne sont que des verrières avec des registres, le bon flic et le mauvais. bien sûr, il y aurai des commissures attendrissantes. – attention, le crime vous guette !

à quoi on reconnaît une prairie d’une autre, un homme bon d’un sage, une nouvelle d’un roman… etc. quand tout se vaut dans le grand songe ?

peut-être que demain le soleil se lèvera

demain sera le lieu

couloirs sombres

le récit peut attendre l’aube

d’un baiser

dès que l’on parle d’une pierre, on pense précieuse… sauf pour le néophyte !

Songe

c’était pendant une fête théâtrale, il y avait une certaine hésitation dans les attitudes, une bouteille d’alcool lancé contre le mur, mais d’une colère, une blanche colère !

la soirée bâtait le plein de mondanités, j’observais le plafonnier jauni et l’idée d’une pendaison, comme une offrande ! on perd de nos jours le sens du sacrifice et de tout équilibre.

c’étaient les vagues noires perpétuelles que l’on rencontre savamment, le creux de la vague froide à perte de vue. je vous le redis, des idiots à perte de vue !

sur un présentoir les femmes d’intérieur

un mélange de cauchemars

vents troubles

les cuivres viennent jouir

ici

une fille anéantissait tous mes rêves, toutes mes peurs ! elle démolissait tout mon dépotoir de bonheur possible. il n’y avait qu’à se réjouir de ce spectacle.

j’appréhendais les forces de l’univers, je croyais au nomade serpentaire. je tenais après tout à mes illusions, indécrottables. je concevais ainsi mon autre moitié.

la vie avec certaines ne m’offrait aucun choix, j’étais le mouton à tête noire. ils me rendaient la vie dure que pour mieux m’asseoir dessus… , – et si son cœur contenait moins de rancœur, quidam !

pour elle, mes yeux étaient éteints

pourtant offerts

un idéal nocturne  

les mots glissent dans le puits

du cœur

la musique était du free-jazz, les notes inauguraient l’espace. j’inventais des mots pour chaque physionomie et c’était bien. j’aimais quand les autres partageaient nos joies.

je fessais ce rêve dans le brouillard des cieux, aussi tenace qu’une vis rouillée. je me voyais danser à un mariage qui n’était pas le mien, comme un toréador furibond et joyeux.

viens et prends-moi la main une dernière fois, nous survolerons les montagnes blanches des Aurès, nous nous pâmerons dans les lits de coton en s’aimant.

une nouvelle histoire à se raconter

j’espère la dernière

la musique

il t’en faut de plus belle

pour renaître

L’orangerie

les mauvaises nouvelles parcourent des univers, comme nos rivières qui sont taries. les chemins sont balisés autour de l’ordinaire douillet.

tu as passé l’orangerie au crible de tes déductions et élucidations, tu ne vois qu’un homme de boue et les bienfaits de son Dieu qui déclinent.

tu vois aussi un couple à la verticale avec une écharpe autour des cous, peut-être des pendus, ce sont-ils noyés sur la dune ?

un homme debout sur sa colonne

il tronque ses vicissitudes contre un stylo

un costume noir

la vie est une bavure irrésolue

à quand le drame

on ne pleure que les anges et ce n’est que de la chair à canon sous le ministère d’un jeune dieu. ils ne pleurent plus, comme une dernière révolution, une insipide !

ce n’est pas comme s’ils savaient, mais très peu s’offrent. il aimait rougir ses seins, elle ne jurait que par sa queue pendante. la rédemption n’avait pas cours sur leurs lèvres.

ils cherchaient peut-être le lieu où naîtrait la formule, sans avoir lu Rimbaud ! ceux qui goûtent à l’étude des jours valent les exégèses et leurs interprétations.

les vents sifflent entre les corps inertes

les vents se brisent

se recueillir en silence

les blanches bougies recouvrent le sol

de l’éternité

ils s’en allèrent au coucher du soleil la main dans la main, comme un couple ! ils avaient le ciel de la terre sur les yeux et une mouvance qu’il faudrait taire.

il y a des sables vicieux dans l’incroyable désert, beaucoup de sable ! le voisinage pour diluer les événements n’a recours qu’à sa nature parlante en boucle.

quelque part en place deux amants se sont donné rendez-vous… ! leur amour renversait tous les préjugés et sans la foi en une entité élevée, ils n’auraient envisagé que l’écorce.

on ne meurt jamais qu’à nous-mêmes

la dîme des êtres purs

l’aube d’été

un homme pardonne

à la nuit

Divagations

À Célia.

je ne suis plus ce soir à l’hôtel d’humeur à la Traviata, il me parvient par la fenêtre le bruit d’une ville blanche, la fenêtre solitaire d’un nomade urbain. il pleut.

la lune rouge ne devrait plus tarder, la nuit s’est ouverte ! j’ai une vue sur les toits en contrebas et les trams qui rament et passent, les passants neutres et propres.

je glisse sur ma souffrance quotidienne qui efface les contours.

je me souviens des filles aux joues pimpantes qui jouaient à la marelle les jours de fête, comme cette fille que j’ai connu bien plus tard dans mon adolescence.

elles ne répondaient jamais à nos appels !

avec toutes les particularités d’une enfante qui joue à la marelle

comme une potentielle pieuvre à marins !

une passerelle d’un temps lointain

le tram éventre le brouillard

une menthe à la main

je me souviens de ses cheveux parfumés et de la gomme, beaucoup de gommes ! on pensera aussi à l’écolier et à sa découverte du scotche subliminal.

elle utilisait des phrases comme : je suis heureuse que les nuages se soient dissiper. ou bien encore : je n’ai pas très envie de jouer avec toi.

je suis resté le môme qui pédale avec convulsion.

j’avais en mémoire un dictionnaire anatomique, un schéma de gamme astrale, un ticket pour des lèvres rouges… etc. c’était de l’amour, une sorte de RAÏ. je ne jamais su parler de ces choses-là.

de vieilles questions en substitution 

de vieilles bouscules en lévitation

un parfum d’amour

j’entérine l’âge de la méfiance

une fêlure sur la joue

j’aimerais être moi-même en lévitation, perdre cette pesanteur que l’on partage avec le commun. il n’y a pas si longtemps, j’ai pris une traversière.

sur le bureau de la chambre toujours face à la fenêtre grande ouverte, j’ai un livre d’Haruki Murakami, la putréfaction des êtres sensibles est une bénédiction !

et si je prenais une phrase au hasard: cela ne te fait rien de rester encore un peu avec moi, même si ce n’est pas très drôle ici ? je relève l’esprit des choses en France.

la lune épouse les reflets d’un fleuve de boue

l’aube dépêche ses chevaux de course

les amours en texto

deux trains traversent le même cœur

des ruines

quand tout semble arrêté, comme figé dans une autre dimension, seulement là commence l’expérience du poème… !

Parcours

on m’a mis en garde contre les marocaines aux cheveux longs et épais, en garde aussi contre les tunisiennes aux longs doigts fins.

je n’avais pourtant rien d’un enfant.

plus en général de tout le fatras de ce qui n’est pas de chez nous, il ne semble pas bon pour nous encourager. les voies du succès sont impénétrables.

ce n’est pas le mektoub non plus, mais éviter les énergies négatives au maximum. c’est comme cela aussi la compétition, voila ce qu’on se disait !  

elles restent nos adversaires dans les couloirs, mon ami !

elles chantent les conquêtes de nos aïeules

quelque part déchu

l’effervescence provoque le tintamarre

des sifflets

les consignes en guise d’une précaution absurde : il ne fallait pas avoir d’embrassade ni de massage corporel ou autres, et surtout ne pas passer la nuit fi rahba.

lors de nos rencontres internationales naissait en moi la fibre de la désobéissance, les environnements nouveaux stimulaient mes envies, même l’air était soporifique !

je me jetais dans leurs bras de sirènes aux charmes médiévaux, une médaille chère à mon cœur de soufre plus que n’importe quel trophée, même si j’en ai raflé quelques-uns.

flanqué de lassitude et de purs plaisirs

à la recherche d’adrénaline

un confetti

sur le cœur trois confettis

aux couleurs jolis

le couperet de mon carma ne se fessait pas attendre, les ennuis me tombaient dessus comme la grêle et jusqu’à présent, je n’arrive toujours pas me l’expliquer.

je ratais les saisons successivement et partout sur mon corps apparaissaient des furoncles à sommet blanc, comme les petits volcans sibériens.

j’étais sujet au fouet de la médisance et aux moqueries de mes voisins, je réalisais que la course derrière la performance n’est pas faite pour mes rêves d’absolu.

de la scoumoune contagieuse dans les veines

en plus du souvenir d’elles

va-et-vient des hirondelles

j’effleure les mots d’une autre

qui aime ailleurs

il semblerait que pour beaucoup la vie reste indéchiffrable… !

Situations

je chemine vers le tourbillon noir de l’oubli.

je ne supporte rien d’autre que l’insupportable et je m’efface devant l’histoire à une seule vitesse.

les crimes abominables commis jusqu’au moindre geste sans grâce,

feront encore des ravages pour les générations à venir, et… la colère gronde dans nos cœurs !

fêter le premier jour de la guerre est juste une compagne de victimisation et que l’on me pardonne ma préférence aux lâches plus qu’aux héros et martyrs dépersonnalisés.

que l’on me pardonne mes yeux purs,

ils sont ordinairement enclins à la beauté et que parfois percent le ciel inodore et attestent de l’existence d’un autre monde.

que l’on me pardonne ma naïveté.

cette réalité est aussi la mienne, en filigrane. et… la colère gronde dans nos cœurs !

mais sachez vous autres que j’ignore ce que c’est votre pardon.

je l’espère seulement du Suprême et l’Unique dispensateur.  

Matières

1/3

j’ai suivi des filles bien en chair et entre mes mains, j’avais une fleur des bois pour chacune. je finirai sans doute par tout oublier

je ne trouvais grâce aux yeux de personne. on me répondait souvent que ce n’était ni le bon moment et ni les bonnes coutumes        

ou parfois : as-tu lu le livre de Saint-Exupéry ? – non, enfin je crois! alors tu ne peux être notre ami. je m’empresse de livrer aux ragots une justification

de la surenchère sur la couronne du Christ

c’était de la surenchère

Terre étrangère

Je gagne la compagnie

D’une langue

c’était évident qu’ils ne voulaient me rallier à leurs causes qu’après l’éternité. j’étais une bille dans un tourbillon, bien sûr que j’avais le sang mauvais

je ne regrettais qu’une seule parmi la bravade des loups, la meute affamée sans flair. celle qui m’arqua mon front de ses lèvres abondantes

une fille verte aux bras nus, qu’elle offrait d’ailleurs à tout-va, comme une belle affaire de putain !

ils ignoraient qu’un chaman guérit les clans

ils m’ignoraient

Les amis fatigués

Je suis les pointillés

De l’inouïe

et puis il y a eu vous, ô fragile membrane de l’automne l’existence ! c’est à cette période que vous avez fait votre apparition et l’invitation pour vous rejoindre à Ouarzazate…

la tête pleine de sombres bavardages et les poches sous sacrilège, j’ai saisi cette opportunité, des possibilités inouïes s’offraient à la première venue 

je n’envisageais pas de retour possible. j’avais comme unique bagage : mon manteau de paysage et une petite valise noire de lycéen, une succession après une séparation

le départ promettait de tendres atterrissages

un départ nous séparer

Terre conquise

Je pars au dernier virage

De vous

2/3

dans le train bleu corail, j’ai pleuré tout le long du voyage. je me suis souvenu des dieux qui ont bercé l’enfance de mon cœur, en mieux

j’étais assis à côté d’un roi nègre, il lisait des versets coraniques. je tendais l’oreille à sa psalmodie avec quelque chose comme une douceur âcre dans la bouche

– ne tombez pas dans l’anathème ! vous me le répétiez souvent, c’est vrai ! j’en mesure pleinement les conséquences

l’homme déployait ses ailes trompées

l’homme déniait me voir

en-sortant-de-la-lourdeur-du-train-à-la-gare-de-Marseille-la-Tentaculaire-j’-ai-marché-au-feu-vert-des-pilotis-la-tête-à-l’-envers-sachant-que-c’-était-écrit-et-je-m’-arrêterai-au-rouge-de-vos-seins-je-m’-interdisais-de-flancher-tout-le-temps-comme-un-peu-chaque-jour !

je courais les rues à la recherche d’un trèfle à quatre-feuilles et chacune d’entre elles recelait un mystère avec des indices

pour peu que son nom était d’un général des armées, il me fallait traverser vite avec une démarche raide

s’il était poète ou philosophe obscur et inquiétant, je bloquais mon souffle court pour une apnée prolongée. je traversais néanmoins en les saluant  

convaincu de ma diatribe d’un mémoriel au passé fixe

je cherchais ton nom

Parcours sensoriel

Les plumes de l’indien guident mes pas

De faucon

à l’heure de l’aubade mal chantée refermée, j’allais toujours au gré de mes intuitions. je sentais en moi le froid fantomatique de la ville

je lisais sur les façades d’immeuble le sors qu’Il pouvait réserver aux hébergés, je vivais d’une colère sourde

je suivais les ombres des tombeaux et quelques fleurs : dès que fille du matin, paru l’aurore aux doigts de rose… ! je revoyais la magie méditerranéenne d’Homère

je fessais des connexions insoupçonnées

je me découvrais

L’ineffable retrouvé

Je brouillonne sur des feuilles

noires

3/3

dans un square malmené par le mistral, j’ai reconnu une ambiance d’autrefois. les paradis terrestres ont ceci de particulier qu’ils en deviennent funestes

il y avait là deux mendiants solitaires qui ne quémandaient même pas une obole et quelques vieilles femmes âgées bien mises de passage

les mouettes perçaient l’azur avec leurs cueillettes. j’ai lu quelques poésies entre les allées et j’ai goûté aux fruits secs en buvant la bière Belge prévue pour l’occasion

les mendiants avaient de l’humour noir

l’esprit d’un bouddha ensablé

Matinée d’automne

Le murmure des arbres

À l’oreille sourde

il y a ceux qui vivent avec un seul amour toute leur vie, d’autres ne peuvent aimer différemment. j’ai charrié les hommes et les dieux

cela m’a amené à saluer un père juif d’une pierre et à sauter haut en étoile dans une fontaine. j’appelle cette audace : la bataille de la renaissance !

le monde s’est métamorphosé à mes yeux, j’ai vu le soleil blêmir et reculer d’un pas. j’estimais la cendre qui couvrait mon cœur

l’écho du Maghreb répondait à mes heures inachevées

En quête

Je cours vers les rires

De la lune

j’ai frôlé la mort à 27 ans, j’ai divorcé à 23 ans, j’étais déjà dépressif à 15 ans, ces brides d’une vie avaient péri dans le gel de l’eau, je l’apprends de vous à l’instant

j’ai finalement pris le ferry et en bazardant mon paquetage dans le remous des vagues, je me suis entièrement désengagé de tout le reste

je ne sais pourquoi je vous relate cette histoire, ces choses arrivent dans de vieilles sagas policières

je suis porteur de l’histoire prophétique

même si j’encaisse tous les coups

Un bout de vie

Les vents reviennent

De loin

les actes trouvent leurs sens dans nos rêves… !

Séquences

je me souviens d’une fille, peut-être que c’était déjà une femme, mais les relatifs ne sont pas très importants. je revenais d’un séjour au pays et il faisait tout aussi chaud.

c’était en 2006.

elle s’appelait …! ce dont je me souviens parfaitement ce sont ses études en école d’infirmière. elle était bien trop jolie pour moi, bien à vrai dire sous tous rapports.

elle était assise au comptoir d’un bar anglais quelconque sur les hauteurs de la ville, un paradoxe que je croyais maîtrisé. c’est comme cela qu’on s’est parlé.

elle aimait le charme qu’opère la musique

la couronne des anges ornait ses yeux

une baigneuse

arrosé d’une pluie d’été

fou d’elle

après quelques verres que j’ai avancés et une danse désinhibée, je me disais qu’elle était à moi. on s’était liée d’amitié et sans me faire prier je l’ai raccompagné.

alors qu’un autre soir on écoutait la radio, elle sortait du lit d’un bond, nue comme Ève sur le parquet et se dirigeait plusieurs fois vers sa bibliothèque.

la pièce était immense avec un haut plafond, j’ai remarqué ses longues… très longues jambes ! on aurait dit des ciseaux d’atelier.

je pourrais refaire la calligraphie de son corps.

j’ai vu de biais son duvet pubien à petits motifs bleu clair

quelque chose d’engageant et ronfleur

les mouettes sur le fleuve

un rêve enfantin s’endort

sur nos constellations

elle dénichait des livres comme dans une foire et elle avait quelque chose de furieux dans les yeux. je baissais les miens à ce spectacle pour mieux admirer sa beauté.

je voulais une explication à son attitude. elle réitérait sa demande: tu lis, c’est tout ! je découvre comme une épitaphe le mot Salaud sur la couverture.

le reste du titre était caché avec ses doigts.

le second titre était Baise-moi d’une certaine Virginie Despentes, je me répétais ce nom le lendemain en partant. je ne lisais à cette période que les ordonnances.

je vois le film de Godard dix ans plus tard

les choses évidement se compliquent

l’effet d’une claque

un rêve de Cassandre s’effondre

en mille briques

Suicide littéraire

une fille saute d’un pont et les personnes présentent ont eu peur,

nul n’a réagit pour la secourir.

un homme contre toute attente s’élance dans le vide et la délivre des griffes du terrible torrent.

tout le monde a reconnu en lui le cheikh qui préside les assemblées.

il interpelle en regagnant la rive la foule ébahie: quel diable m’a poussé ? qu’est-ce qui s’est passé ? si je rattrape ce farceur, je jure par Dieu, qu’il saura de quels bois je me chauffe !

– prenez-moi pour femme. dit-elle avec hébétude.

les deux inséparables suivis du cortège lançant des hourras,

tous ont conclu que l’innocence même avait parlé.

depuis cet événement circonstanciel et à chaque fois qu’une âme est sauvée dans la région,

on dit de ce jour qu’il est gras.

( Ma muse me parle parfois… )

ma muse me parle parfois des petits riens

ma muse me parle parfois de la nourriture

ma muse me parle parfois du vrai

ma muse me parle parfois de l’invraisemblable

ma muse me parle parfois de la beauté       

ma muse me parle parfois de l’endroit     

ma muse me parle parfois de l’envers

ma muse me parle parfois du commerce       

ma muse me parle parfois de la justesse

ma muse me parle parfois de la musique

ma muse me parle parfois de l’improbable  

ma muse me parle parfois du désir

ma muse me parle parfois du manque

ma muse me parle parfois du délire   

ma muse me parle parfois de la raison      

ma muse me parle parfois du souffle 

ma muse me parle parfois des états de grâce

ma muse me parle parfois de l’anonymat

ma muse me parle parfois de la liberté

ma muse me parle parfois de la danse

ma muse me parle parfois de la sexualité    

ma muse me parle parfois du rêve

ma muse me parle parfois du mensonge

ma muse me parle parfois de la mort

ma muse me parle parfois du doute

ma muse me parle parfois du réel

ma muse me parle parfois de littérature

ma muse me parle parfois d’humour

ma muse me parle parfois de l’aventure

ma muse me parle parfois de la souffrance

ma muse me parle parfois d’elle       

ma muse me parle parfois de la Taouba ( plus souvent que l’on ne croit ! )  

ma muse me parle parfois d’amour ( moi, je ne crois pas trop à tout cela ! )

( Il était une fois Facebook… )

il était une fois facebook lorsque j’aimais ma vie

il était une fois facebook lorsque j’aimais la vie des autres et rien de ce qu’ils pourraient faire ne me fera admettre que nous sommes différents

il était une fois facebook lorsque j’aimais la poésie qui fait de l’ombre  

il était une fois facebook lorsque j’aimais les Antilles, même si je m’y suis jamais rendu

il était une fois facebook lorsque j’aimais les acrobates du cirque, est-ce que je suis déjà allé à un cirque ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais ta peau, tes cheveux violets, ton cul… etc. le sort a été cruel pour nous deux et rien n’est aussi beau

il était une fois facebook lorsque j’aimais le ciel et les nuages, les trains et mes trottinettes… en fait, elles étaient à un ami !

il était une fois facebook lorsque j’aimais l’eau et le feu, j’ai bu beaucoup d’eau et je ne crains pas l’enfer puisqu’il n’existe que chez les croyants

il était une fois facebook lorsque j’aimais le noir et le blanc, j’ai toujours fait semblant devant un objectif, semblant d’aller mieux 

il était une fois facebook lorsque j’aimais les gravas dans les jardins, ils finissaient prisonniers de mes chaussures affamés et les lacets se tordaient

il était une fois facebook lorsque j’aimais le rouge de l’aurore, c’est tellement inscrit en moi les aurores que j’ouvre mes yeux comme une boite blanche

il était une fois facebook lorsque j’aimais les accords dans le désaccord qu’il ne reste au fond que moi qui bleuit

il était une fois facebook lorsque j’aimais la nouvelle vague, elle traverse tous les siècles, les pays, les genres, les langues

il était une fois facebook lorsque j’aimais le temps consacré aux amours, et puis le silence coince comme le chien d’un revolver

il était une fois facebook lorsque j’aimais le jazz, j’ai un livre qui relate toute son histoire, mais comment saisir quelque chose d’aussi libre ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais la mousse des vagues dans la peinture, comment franchir le palier d’une galerie, un atelier… etc. surtout pour un flâneur

il était une fois facebook lorsque j’aimais une grenadine glacé les après-midi d’été, l’été et le sucre ne m’inspire plus confiance

il était une fois facebook lorsque j’aimais le tabac brun, je devrais dire fan et il n’y a pas le choix

il était une fois facebook lorsque j’aimais les ombres chinoises, je fermais les yeux sur le parfum des fleurs et je me faisais mon propre théâtre

il était une fois facebook lorsque j’aimais les Biker même s’ils puent la bière et la pisse   

il était une fois facebook lorsque j’aimais les âmes grises, elles sont écorchées sans manœuvre, à vif ! combien sommes-nous ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais les mystères sacrés et qu’ils résistaient

il était une fois facebook lorsque j’aimais les miracles, les oracles, les divinations… etc. je me baigne dans un verre de lait et il n’y a pas autour les mouches

il était une fois facebook lorsque j’aimais les filles non pas celles qui refusent une offrande

il était une fois facebook lorsque j’aimais les plantes et les animaux, j’asphyxiais par contre les insectes et je dansais avec les précédant

il était une fois facebook lorsque j’aimais les tuniques et les sabres, autant dire le sexe et le sang, les histoires explicites dans les films ne m’intéressaient pas

il était une fois facebook lorsque j’aimais les fêtes galantes de Verlaine, je m’y suis introduit comme un homme qui n’aime pas laver la vaisselle à l’eau chaude

il était une fois facebook lorsque j’aimais les contes pour enfant, ils auront raillé mon entrer dans le bleu, ils continuent de rire puisque j’y suis encore

il était une fois facebook lorsque j’aimais la prière, je ne savais pas comment et pourquoi prier, jusqu’au jour où j’ai compris que personne ne savait

il était une fois facebook lorsque j’aimais les mots doux et cléments, comme entre les mots Miséricorde Divine et Blasphémateur Ostentatoire

il était une fois facebook lorsque j’aimais les appareilles connectés et rien chez moi n’était synchronisé

il était une fois facebook lorsque j’aimais les choses singulières, les petits hics, les bizarreries d’une existence, tout ce qui fond sous la dent qui aime mordre

il était une fois facebook lorsque j’aimais les battements de mon cœur qui ne m’ont jamais angoissé, est-ce que je vais sentir le tien ?

il était une fois facebook lorsque j’aimais les bicyclettes, je solutionnais plutôt avec la marche, comme je préférais ne jamais en parler

il était une fois facebook lorsque j’aimais lire et dormir bien après

il était une fois facebook lorsque j’aimais faire l’amour et écrire juste après

Couleurs

la liste de mes courses de ce matin, non exhaustif : deux pulls de chez Emmaüs, trois cendriers, un tirage loto, une baguette de pain, du thon à la tomate… etc.

j’emménage dans un meublé.

les rues bordelaises copulent aux dépends des passants et ses boxeuses irréelles ne sont que de modernes minerves qui travaillent au corps.

je reste serein des yeux.

il y a les d’abord d’un enfant céleste et une fille avec un visage maintes fois calepiné d’où émane des voix sourdes à l’entendement. cela est écrit.

des feuilles que je brûle depuis.

je me démène avec l’impression du premier arrivé

je me désencombre de mon incurabilité

un matin d’offert

le vent qui s’engouffre est le prélude

d’une rencontre

une hiérarchie subliminale des filles: il y a les filles anges, très rares à rencontrer, discrètes qu’elles rasent les murs, aussi précieuses qu’un furtif !

elles ne s’inventent plus de tares.

il y a les filles sympas: je vous conseille de les éviter à n’importe quel prix, elles surfent sur l’ambiguïté ! et toutes les autres bêtes et gourmandes.

elles avoisinent les couleurs !

Ève est une exception qui m’a illuminée, je ne sais rien d’elle, et à la limite, je ne veux rien savoir. je la vois pourtant s’éloigner de moi, une mésange du ciel.

comme un projectile !

un amoureux fou est la multitude

le souffle de l’extravagant Ganymède

les jambes de cristal

elle est promise aux matins

qui se touchent

je vois encore sa nuque et ses cheveux, j’entends le bruit faible de ses pas, je vois son dos rétrécir… ! c’est net et propre, sans grain.

on aurait dit une grâce incarnée.

il faudrait bien qu’à un moment je me retourne sans elle, sauver ce qui me reste de l’attitude de l’un des derniers romantiques et rentrer.

je me contenterais d’une omelette.

je voulais tamiser sa lumière et courir dedans, goûter à sa chair… ! mes yeux hors de leur orbite, comme il y a parfois du bleu dans une chambre sombre.

les trappes du cœur avoisinent l’isolement

ainsi soit-il

à l’aube du soir

je laisse fondre le pain

dans ma bouche

soixante dix-neuf euros en poche… je tiendrais jusqu’au 24 !

Le rêve de la commune

À Anne.

je vous conte mon rêve de cette nuit, mais d’une tristesse, oh mon Dieu ! d’une tristesse… ! la sophia des jours nous apprend au mieux à les écouter.

est-il un non-savoir ?

une désillusion s’abat en ce jour de fête sur ma grande famille, comme la ciguë qu’il faudrait boire dès à présent. vous verrez qu’il y a de quoi bander !

les voix rassemblées disaient que le pays va bien et qu’il y a beaucoup d’argent à se faire. tout le monde aspire à être crésus dans des palais de jasmin.

je n’envisage aucun effort de changement

les derniers remparts d’el horma

une table à la claire bougie

les jeunes du quartier rêvent dominos

avec leurs innombrables mains

j’avançais entre les colonnes en dormant comme un escargot avachi, une morve dégoulinait sur le bulletin bleu tenu nerveusement avec mes deux mains.

un geste cent fois répété dans ma loge boisée en coulisses. une première donc, mais que vais-je faire ? sachant que je n’ai plus le droit aux questions depuis l’enfance.

l’indépendance nous bride.

mes revendications en ceux-ci étaient simples, je n’aime plus les jours clairs et ma préférence va naturellement aux jeunes sœurs dans les bains.

plus personne ne répond du sort commun

elles sont plutôt rasoir

miaulement du chat

une mystérieuse collecte des ordures

dans la ville qui pue

nos chers gouverneurs les messieurs présidents des terres démocratiques levèrent tous la main, sauf un. ils crièrent: nous sommes tous à cheval sur le detritus !

comment verdir avec la roche ?

vous nos douces terreurs vivez en poète votre propre différence ma disait la dernière voix qui chantait, cela à provoquer une hésitation dans mon cœur.

et si je recommence à perdre mon latin étoffé seulement de quelques mots, je reviendrai à la terre et plongerai mes racines frêles dans celle-ci.

ding dong – ding dong !

la lune est rouge

et si de ce monde bureaucratique et obtus

je répondais par un autre rêve

je reste sans activité spécifique

l’autarcie me fait bander longtemps

et si j’éprouve le besoin de comprendre

seul l’aride parmi toutes les vérités m’est nécessaire

lorsqu’on est consacré à la grande heure sans secours

rêve, rêve, rêve… aux lassitudes du mur de brique !

et si les souffrances renouvellent nos découvertes 

j’ai grandi sans le vin des vignes et je m’appartiens

j’essaie de déloger les individus d’une idéalisation erronée

lorsqu’on vous dit que toute tentative est un échec

et si en une victoire nos rêves se concrétisent

ce n’est pas gratuit que l’anarchique ordre régnera encore en maître

le rêve commun n’est plus sans le concours du savoir vivre et des idées

l’horripilant est dans le clos de nos coquilles vides…

avancez vers l’arrière plus que jamais !

Une compagne

je ne veux être une modeste image d’un homme du soir.

celle qui m’accompagne ne porte aucun nom. c’est une fille imaginaire, une pure fiction. elle creuse dans mon cœur des sillons.

je la débusque à travers les aléas de l’exil.

elle a l’habitude de rassembler la fleur de sel et une huile de phosphore éblouissante. elle pratique le meurtre à l’aide d’un unique poison, son cœur.

elle est du Sahel.

lorsqu’elle veut embrasser le désert de ses ailes, elle articule des mots purs qui le sellent magiquement et me resteront à jamais incompréhensibles.

je lui livre mes pulsions réprouvés

je l’invoque

les saisons défilent

rougeurs d’une passagère

adorée

nous avons consacré beaucoup de temps pour nos retrouvailles, comme certains le distinguent, nous on se comprend. elle aime les compotes de pommes.

on s’est construit avec nos plumes un lit pour l’hiver, puisqu’il était temps. elle était la vilaine fille des trottoirs mouillés qui accostent.

une couche où les vents se déchainent.

je n’ai jamais manifesté une disponibilité en amour, le poème était l’épouse délaissée. je fascinais plutôt comme un objet de convoitise.

le vaincu, les devantures… !

elle est l’étrangère de toutes les routes

elle est mon autre dévoyée

lune croissante

entre les quarts d’heure de silence

je m’en câlice !

cette madone est d’or que j’oublie les jours de parade de la fanfare. je n’ai aucune posture qui tienne, elle est au fait de mon insondable gouffre.

il y a de quoi ne pas être: futé… pas très ! ce sont ses mots, mais vivre des expériences non-verbales, voilà un charme ancestral ! c’est l’essentiel.

je suis infiniment épris de cette entité des rivières et des cols, comme un arrimage total au sublime. les soirs ordinaires, nous lisons.

elle me rejoint chérir nos enfants, parfois

je prétends qu’elle m’aime

le show continue

premier rendez-vous manqué

entre les colines

je me figure cette folie qu’après-coup… de celles qui ne peuvent toujours pas les battre !

Du sel de cuisine sur une plaie

le rêve étrange de la nuit passée où tu mets apparu… tu versais de longs sanglots ! je pleurais aussi cette énième déchirure.

tu étais du granite dans les proches rues et la mousse te poussait aux pieds, une déesse aux inquiétants secrets. c’était impossible pour moi de t’approcher.

nous faut-il brûler les morts sur le bûcher des souvenirs, nonobstant ? à l’inverse de nos cœurs flottants, tu ne reconnaissais aucune pesanteur.

les petits riens dans un grand rien du tout

les chamboulements

une liane de lancé

j’espère que la chute est réciproque

à l’avant de ce cri

je me demandais qui d’autre à part moi pour exécuter les sentences, mes guillotines sanglantes de tes larmes. tu cachais à ma vue tes tristes yeux.

pardonne-moi, plus forte je te rêvais.

je repense à tout ce temps passer à tes côtés et réellement sans toi, les non dits m’accrochaient aux noirs nuages. j’ai renoncé depuis à toute identité.

je retrouve ces vieilles obsessions dans celle du Vulcain, c’est-à-dire vivre un jour et mourir, doucement ! comme voltige un papillon au cœur de l’automne.

les paroles perdaient de leur naturel

les corps se pourfendaient

une petite ivresse

les murmures se poursuivent

en poussière d’étoiles

je me souviens d’une nuit comme celle d’hier, nous étions séparés et sous le même toit. il n’y a qu’un esprit torturé pour admettre pareille situation.

le glissement des sentiments.

je veux rendre à travers ces lignes justice à ta décision, cependant rien de mémorable ! elle m’a fait tomber dans la folle aventure poétique.

puisque c’est moi l’éternel obligé.

j’essaie encore de tisser des liens quoique fragiles, comme ce billet qui ne te parviendra peut-être jamais. c’est une autre torture tout aussi raffinée.

je le déroule sous mes yeux.

je me pagne l’âme d’un moins-que-rien

je me déguise

jusqu’à la pointe du jour

l’amiral mire sur le Bosphore

le cœur trouble

ce n’était qu’un rêve parmi d’autres nuits insoutenables… mais comment retrouver la paix du sommeil avec de si mauvais présages ?

Zut !

À Hamid.

je poursuis comme un homme déjà bien entamé et sous lequel tout tremble et faibli. on m’appelle l’ancien dans le quartier, mes familiers sont un vestige.

je me dis que les anciens eux aussi seront perdus !

la mort est une rature et mes pas mesurés ne sont que les pas d’un pantin. j’espère toutefois le parfum d’ombre de la feuillée et les moulures au ciel.

je joue des airs d’exiler avec ma flûte du maquis, des grivoiseries de berger… etc. la voix que l’on perd surplombe comme cendre, un talisman !  

leurs vœux ne seront pas exaucés !

le revers des vents forts

comme dans les temps futurs

appel à la prière

il remonte sa djellaba des deux mains

fous rires bénis de Dieu

j’effaçais le livret d’or des jeunes de l’Union qui nichait dans une main, n’étaient-ils pas à terre ? je les revois au pré d’une rivière où coule le miel, peut-être.

je combattais les écailles sans mes jambes, une dague dans l’autre main. c’était l’arène où se jouer l’honneur d’un homme, la conquête d’autres sphères !

l’ivresse était portant le quotidien.

j’avais la patience d’un désert, d’une salamandre… etc. j’étais le sommelier exclusif d’une infinité d’histoires, mais loin de l’idée de finir en gardien des ruines.

aussi furieux qu’un satellite orienté

les goélands ratissent

chômer sous le ciel

derrière les lambeaux d’or

d’éclatants parfums

je prie pour le renouveau des choses et je lève la main aux cieux clairs pour un peu de nourriture sur le feu, un peu d’eau, ruisseau, oh !

une eau que je bois à même le sol.

les montagnes au soir jusqu’aux chants du coq, les maisons qui ronflent les lumières, le belvédère des oliviers… etc. ce sont les refuges qui nous édifient et préservent.

une foudre s’abat et creuse les hauts plateaux, mais qui peut savoir réellement ces choses-là ? les orages sont méchants par ici, je rentre puisque je l’ai vu.

ainsi meurt la récolte des cœurs

est-ce qu’il fallait vaincre pour se repaître ?

l’inclinaison du jour

un balisage des dragons Kabyles

avec des chaises

entre le ciel et la terre, de l’est à l’ouest… un nouveau système est à prévoir, l’invariable fixette ! les foudroyées sont les miraculés modernes.

Dans une maison

À Fateh.

l’humble pendule de bois se détachait dans le salon, une antiquité. le coucou ne fonctionnait presque plus et on ne savait pourquoi.

je prenais déjà mes distances de l’incommensurable avalanche du temps, qu’il me fallait sitôt pressentir le bruit poitrinaire de la pendule: tic-tac… !

la nuit noire s’installait et mes yeux sont tombés sur une toile. on aurait dit un tableau de Gauguin, sans le cadre mural. c’était une toile sur un mur blanc.

il y avait d’autres bruits parmi l’écoulement d’un ruisseau

la lourde maison avait des coutumes ennuyeuses

l’été au village

les jeunes filles s’exaltent de joies

en djebba d’intérieur

il s’agissait d’une femme assise au milieu d’une faune inquiétante, peut-être un tombeau immobile et ses rythmes longs ! une bonté émanait de ses yeux.

éprouvés par la peine.

j’allais la rejoindre à pas ouvert dans l’éternel silence qui parlait si fort. l’antre était sublime, même les fleurs et les pierres qui jonchaient le sol étaient rieuses.

elle réorganisa toutes mes strophes avec un naturel qui inspirait l’adoration, cela m’enflammer. j’ai vu que l’harmonie de ce monde était triste.

les idées compétitifs nous possèdent.

c’était peut-être Fatima

Allah akbar !

soirée de l’aïde el fitr

un nuage s’évapore

comme dans le Coran

les cavaliers de plombs sont arrivés et pareil à un voleur dans un kiosque, je me cachais à la vue des couleurs derrière les murs végétaux.

j’en étais estomaqué.

c’est ce qui à était préétabli dans ma genèse qui m’a ramené à la réalité et consolé de cette rencontre, comme une mémoire vengeresse.

je revoyais la clairière bleue de mes vacances, les visages trompés de soleil, le feuilleton des corps en action et l’effort de tous.

je reconstruisais d’autres trames.

j’ai repris ma place sur les dalles

j’avais perdu la grande heure du secret

une nuit offre son concours

le paysage intérieur et son double

un masque rit

la fin d’une époque nous est-elle annoncée ?

Hymne de la nuit

À Mehidin.

il me parvient par la fenêtre un vent parfumé et tiède, à peine plus perceptible que le chant de la baleine, une musique de la maison des filles: du hip-hop de parade.

la ville est à bosses.

une célébration aujourd’hui, un mariage a été fait. l’innocence qui se donne des airs d’adulte ! l’atmosphère de la salle saturait sous l’or et les parfums.

je n’ai pas dansé sous les yeux horribles des convives.

je repense au terrain vague des grands nègres voyageurs, ils ne fréquentent plus l’école, peut-être que l’on partage les mêmes déceptions: rien à en tirer !

c’est ce qu’a dit mon professeur.

les retombées se voileront d’un pauvre sarcasme

les retombées nous déchaînerons

café sans sucre

mimique d’un homme nouveau

les deux volets clos

je prends le contour des voix anciennes, je prends aussi mes envolées lyriques, sans oublier l’aumône ! dans mes longs relâchements : ciel / caverne.

sans relâche !

il se trouve une bougie crème et une bouteille d’eau minérale sur ma petite table, comme pour un ours apprivoisé. je m’affaire sous le signe des mots.

je vous parle de mon sport, je vous parle de mes métamorphoses ! les bateaux exploitent bien tous les vents. je pense à celle qui partagera ma vie.

pourquoi pas l’acheter.

l’atmosphère de la nuit est noyée d’électricité

j’apprends à flotter

les vents sonores

la nostalgie de mes jours d’errance

une lance à la main

je ne pratique à vrai dire aucun sport, je n’ai aucun hobbies. je n’aime pas d’ailleurs les personnes âgés et je ne parle pas votre longue.

un garçon sans intérêts.

je fréquentais une fille que je baisais comme un apprenti ou un marabout, j’aimerais par-dessus tout oublié cet air satisfait qu’elle avait sur son visage.

comme un ticket.

je finis ma cigarette et continue les raccourcis de mon cœur qui semble interminable, mon exercice favori de catin que j’enfonce avec panache.

cet été a des allures d’une chute télévisée.

sur l’impression d’or et d’alliances qui se trament

je repose mon front sur le coude

oh, ces quelques jours !

aux dernières phalanges

des luminances

j’ai pleinement conscience de l’outrance des fêtes de l’été… j’espère regagner la même foi première !

Plan

tu veux vivre bêtement et t’éloigner des obligations quotidiennes, à l’état primitif dis-tu ? comme au retour des saisons que l’on considère comme nôtre.

tu ne veux plus avoir de phrases concises à méditer, éprouvé par un repu total. tu ne veux plus envisager les incongrus s’échappant d’un monde souterrain.

hypothétique !

tu veux fuir les nouvelles d’où qu’elles viennent et la partition, afin de rêver comme l’esprit d’un fleuve et jalouser un peu l’éternité des papillons.

lorsque tout s’érode à l’épreuve du temps

brise le gel

réticence des nuages

au calme d’une énième énigme

en catimini

tu ne veux plus adhérer à la réalité que l’on t’a choisi, tu détournes déjà les yeux de la marche à suivre. elle est d’ailleurs pour qui, ceux qui empilent ?

tu veux tout oublier clandestinement sans chercher aucune consolation ni aucun remède à ton mal, lorsque plus personne n’accepte de tomber.

tu ne veux plus rendre de compte à personne, moins encore à ceux qui osent te mentir et qui t’oblige à te taire. tu ne veux même plus te décider à parler.

on s’en souviendra de l’autocensure !

tu entends les bruits de fond

la suspicion

du néant à la vie

il sent déjà venir

l’arnaque

quoi de plus simple que de te lever un matin, semblable à des matins de rameau, te faire entièrement silence et partir avec l’intimité de ton café chaud.

il se pourrait que tu traverses l’exile du cœur, peut-être même pour des années ! au lieu de te dépêtre d’un sursis qui cloison dans le nulle part.

il te faudrait sauvegarder une certaine constance dans la durée et atteindre ta poétique. tu désapprendrais tout en seulement une heure et vivre, vivre…!

il y aura d’autres fécondités

peut-être la transe

une eau d’or noir

réapprendre le nom

de mes doigts

j’en fini pas de me consommer d’écrire… ! je redoute les anathèmes et les pseudos morales religieuses.

( Sacrément épique )

tu existes

je crois connaitre

tu habites

j’habite ton cœur

je me balade dans les rues de Tokyo…

tu penses à ce jour dans le vague de l’esprit

c’est déjà penser l’avenir, il suffit d’aller de l’avant !

Dieu, Dieu, Dieu, Dieu…

il y a du vent  

tu as

parce que je dis

tu dis

parce que j’ai

tu penses à cette nuit et ses vastes espaces inexplorés  

c’est déjà penser la mort et ses pulsations !

Dieu, Dieu, Dieu, Dieu…

il pleut

la folle croisière est drapée   

la fin de son onde n’est que dédoublement   

Es-tu-air=(e)

il faut croire que j’ai vos visages sur le dos tout courbé, que dois-je faire aujourd’hui de votre absence ? le crève cœur de mes suppliques reste sans écho.

j’ai la tête hors de l’eau javellisée, à peine juste de quoi me narguer. je tiens difficilement sur mes supports et c’est bien le retour de mes erreurs passées.

je ne fais que parler au fer comme un coléoptère, ne vous inquiétez pas outre mesure ! je vous demande de ne plus déranger le monstre dans son estuaire.

je recréerais la magie de nos rencontres

les promesses oubliées

les amis… !

si loin autrefois

je caresse le manche de mon gilet

la chambre est ma mémoire qui s’égoutte et je vous revois me sourire les après-midis d’été à la plage ou partout ailleurs. envers vous tous, j’ai eu tort.

je crains de ne pas avoir compris très tôt le sens d’une amitié, d’être passé de plein d’autres surprises. je ne regrette rien de ma vie passé à vos côtés.

nos vies enchevêtrées, royales !

j’ai eu de la chance de vous côtoyer et de vous connaître, vous étiez mon or noir inespéré. je me heurte depuis à ces fichus murs denses qui virent au rouge.

je consigne les airs de nostalgie

un bonheur parfait ne dure qu’un temps

la lune sans bruit

accroché à la chair de l’escalier

comme un retour à la nuit

je me noie dans les yeux d’un chiot taquin, il aimait les œufs et courait dodelinant après moi. il m’est impossible de m’en détacher.

j’écoute plus en dedans la myriade de mes années perdues, comme se rendre à la pire des vérité. les mots au goût douteux et métallique me raclent la gorge.

je sors métamorphoser d’un hôpital et le corps indemne, c’est l’été au soir d’une intime révolution. il y a une légère nessma, je me déverse pour ne plus manquer.

je me trouve effrayant à tout endurer

le sort de la jetée des âmes

soir d’été

l’histoire d’un chien défunt

avec un os

je suis une peluche aux yeux arrachés qui écoute, Lacrimosa de Wolfgang Amadeus Mozart.

Un couple du dehors

ils ont bu beaucoup de cafés et ils ont dîné dans de charmants restaurants, le temps était leur allié pour se découvrir, s’aimer et aménager ensemble.

ils avaient tout pour être un couple heureux et ne passaient jamais inaperçu. elle lui a offert des charentaises pour sceller leur union, et lui un bracelet.

ils n’étaient pas portés sur le sexe et très vite à la question où se jouait le nerf de la guerre, ils répondaient en leur fort intérieur, ailleurs !

ils partageaient le même exil.

ils étaient très proches l’un de l’autre

un ciel sur l’autre

la saison aux mille caresses

un Méli-mélo de traits gris

des lézards blancs

ils fréquentaient avec enthousiasme les cinémas d’auteur, les musées et les salles d’exposition sanguinaire, car il fallait avoir des frissons.

ils se mêlaient à la foule dans les célébrations d’une quelconque divinité païenne. les bars dansants étaient plus pratique du à leur proximité.

ils arpentaient le satin du pilat et lascaux pour admirer les fausses peintures rupestres. une sacrée aubaine pour deux amoureux nouvellement installés.

ils avaient quelque chose des rayons de soleil

la lenteur du vol des oiseaux

l’humeur espiègle

un léger silence entre les lignes

de l’écran

ils parcourraient à eux deux tous les arts et par tous les chemins, comme les livres lus qu’à moitié à deux voix, les repas entre amis jamais entamés… etc.

ils partaient de longs week-ends en personne consentante dans tout le territoire et une fois à l’international, une révélation de qui ils étaient au fond.

ils ont fini par attraper la nique pour la vie de couple, les sorties ne suffisaient plus à satisfaire leurs besoins. ils consultaient pour cela des psychanalystes.

les adeptes du dehors se traînent

ils ne s’y reprendraient pas une seconde fois

les amours en carrousel

je brûle celle qui tombe au sol

des vieilles théories

( Épiphane )

oscar le vent et épiphane

marcher

vermines

laine effiloché

porteuse

secret

encens

doigts fins

grisette

histoire

fraude

suspendre l’étreinte

la déesse des buissons et des rivages salés

amoureux fou

cavalière

affreusement

flanc ossivore

éphéméride

il aime le mot éphémère

coûteux pour l’enfant

m’abreuver

ciel

argent armorique

couver

âme esseulée

les eaux troubles sont peu profondes

images

féerie

satellite

converger

couple

filet d’horizon

maison des vacances

poisson

querelles

hiver

bois chaud

s’éternise

la nuit tombe sur l’étoile des loups

grave dans l’esprit du marbre le visage de son invraisemblance

… et fait au plus vite !

( De jour comme de nuit )

toi avec moi // moi avec toi

le jour avec la nuit // la nuit avec le jour

la nuit cédant au jour // le jour cédant à la nuit

moi sur toi // toi sur moi

entre toi et moi // entre moi et toi

le soleil célébrant la lune // la lune célébrant le soleil

un peu de toi // un peu de moi

le jour dans la nuit // la nuit dans le jour

la lune pleurant le soleil // le soleil pleurant la lune

te mentir à toi // me mentir à moi

toi ou moi // moi ou toi

été comme automne // automne comme été

le jour glisse sur la nuit // la nuit glisse sur le jour

toi en moi // moi en toi

toi malgré moi // moi malgré toi

toi sans moi // moi sans toi

là, le jour gît // là, la nuit gît

désirant de toi // désirante de moi

croire en toi // croire en moi

l’eau et le vin // le vin et l’eau

vénus pour mars // mars pour vénus

toi et moi // moi et toi

chienne // loup

nous

Les occasions de se rattraper manquent

À Ahmed.

je me souviens du jour où j’ai commencé à survivre, c’était pendant les vacances. j’ai allumé la télé, comme un jour routinier à glutiner devant muer.

j’étais jeune.

je ne trouvais plus de sens à rien, plus de but à atteindre. j’avais perdu le goût de vivre, c’était dur ! quel drôle de début pour l’apprentissage de la vie.

j’ai commis quelques erreurs cette année-là, la plus marquante entre toutes et sans déceler le manquant de l’histoire, j’ai changé d’entraîneur et de club.

je ne tenais plus dans mes baskets.

cette manœuvre sonne la chanson naïve du destin

une exode intérieur

fenêtre sur le cœur

derniers jeux de la saison

de zermumiya

c’était un entraîneur fort et tranquille, un technicien. l’un des purs produits du système pédagogique algérien. il ne lui manquait que la trêve des clans.

le transfère a été perçue comme un abandon et signifier par un refus d’échange de paroles et de poignée de main. j’étais le déloyal, celui qu’il fallait bannir.

on partageait pourtant le même bain.

une honte s’abattit sur moi comme une ombre, je voyais l’abîme m’engloutir. je voulais mourir comme tous les dieux païens et que l’on parle encore de moi.

les traîtres portent eux aussi un nom.

comme une éclipse

peut-être qu’elle était totale

voir

pourtant si seul

si seul

je me rendais aux entraînements en reculant, la transition s’est avérée longue. les événements empirés lorsque mon téléphone s’arrêter de sonner.

l’exclusion est une fée qui ne m’a jamais quitté.

je le revois parfois à Tizi-ouzou, toujours sur le dos un survêtement. il me donne l’impression d’un vieux débris parmi les décombres de son passé.

c’est l’un des effets du temps sur les gens, ils se démènent avec les autres et de même avec soi. l’anodin semble les dénaturer à petites doses.

j’espérais une générosité

comme une écoute dans le milieu

les amitiés bénies

une page blanche a le don

du pardon

toujours seul poursuivant les échecs et mes fraîdennes !

Le chemin du retour

le printemps est au temps fixe et de sombres créatures chantent dans mes oreilles, seules les fleurs respirent. je viens de rentrer de l’aéroport d’alger.

tu roules entre mes yeux gorgés de chagrins.

je retrouve mes semblables, mes proches. tout le monde va bien et inquiet de me revoir. j’ai la conviction que je peux vivre le reste de mes jours à leurs côtés.

il me semble que j’ai prévu mon retour des siècles à l’avance, j’ai l’air d’avoir 10 ans de plus. je pose sitôt mes valises sans bruits dans un coin.

je reviens en paix.

il fait un temps mitiger

j’ai eu une dure semaine

je suis ton ange, tiens-moi la main

je suis innocente, pardonne-moi

souviens toi de nous

souviens toi que tu peux être libre

tend la main au vierge rivage

c’est un nouveau départ qui s’offre à toi

prends moi dans tes bras encore une fois

je crois revivre nos adieux en continue, la colère s’estompe peu à peu. il y a des êtres qui changent et d’autres qui ne changent pas, sauf dans les films de science-fiction.

je suis grand de mon amour pour toi.

je remercie le ciel mouillé de ses bienfaits, un carre du ciel, le tout petit vert d’un paradis sous quinzaines. derrière la joie cachée, je feins d’être compris.

à l’orée du jour le cœur sème.

je me suis aperçu pendant la traversée que tu as façonné ma langue et qu’il va falloir encore t’aimer, comme un derviche reclus dans le vaste désert qui aime la lune.

l’un de mes livres le raconte très bien

j’ai attrapé froid

j’ai espéré mon retour plus fort que tout

j’ai maudit mon retour la raison de tout

je me dictais d’extravagantes formules pour échapper au stress, le livre a agi de ressort ! toutes mes pensées sont dirigés désormais vers toi. j’ai vécu l’éveil de l’amour après notre séparation, bien après l’incompréhension.

j’ai la légèreté de mes poches d’écolier, l’aurore verte dans les entrailles et au milieu des blés, je formule le souhait de te revoir. j’espère que la chance miroitera notre soleil, pour tenir.

j’ai tiré nos numéros au loto du patrimoine.

je sais de l’univers et ses desseins à mon sujet, comme qui résonne en lui des slogans d’eau de pluie. je regarde cette nuit les étoiles pour deux, qui n’ont rien du noir habituel. la main gauche sur mon cœur.

la réalité nous ment par essence

la rupture n’en est que plus violente

au bois fleuris…

j’écrase l’herbe pour bâtir

un tipi noir et avec mon dos d’ours à trois pattes

je me tiens sous la pénombre des jours en fuite

l’air est un charme à exclure

lorsque tu me voyais avec ton coeur, c’était mieux !

( Catalyseur )

royaume du sud

écouter

radio

voix pétillantes

interférences chaudes

de la pise à boire

insoluble

âge

rareté

organisation

cascades

idée

grève

gouffre fécondé

réceptacle

se ressemblent

flâner

friandises

étude

boucles

le monde est féminin

accueillir

étrangers

passeport

noirs

désert

plusieurs sud

âmes en peine

immense silence

sable

gamme

danser avec les vents

des antennes sur du béton

tout comme

têtes enrubannées

fraîcheur

à l’affût

proches

le faire généralisé

la présentatrice est une fée

philosophie

banaliser

catalyseur

le monde est tellement plus encore

la quête d’une psychologie du chameau vieille comme le monde

je débarrasse la table

Escapade

je suis à peu près immobile sur une vaste plage, l’océan bouge. je me demande si tout change autour, comme sur une carte postale.

l’intériorisation m’est confortable.

je remarque les silhouettes des flâneurs au loin sur la rive, quelques bêtes mortes sur le sable et une très belle fille sous son k-way rouge.

j’essaie de l’atteindre de mes yeux incompris, seul l’horizon brumeux semble l’absorber. elle a l’air timide et moi d’instinct, je veux la pénétrer.

le fracas des vagues pèse de mille invectives

les paroles se broient

une longue-vue d’horizon

la lecture aléatoire des signes

du paysage

une dernière et je vais me prendre pour un collectionneur ou comme un rang de gars ! je n’ai aucune nostalgique de mes anciens murs et pas de collier.

je repense aux peintures de Watteau.

je collection les envies ronces et les poux de coutume, comme une éponge qui essuie. je ne sors de l’inertie la plus désabusée.

je cherche pourtant des solutions à mes cloaques, et sans efforts, je m’arrête net. le tendant tire sur la quille, ce sont les problèmes des martiens-poètes !

les échecs collent à mes muscles sans cellules

les actes se noient

le tout m’entoure

et fuit et fuit… !

et fuit

je m’assis sous le palier d’une cabane de sauveteur que je purifie. le mauvais temps s’évide et d’une mémoire ancienne, je formule des mots obscurs.

les vents emportent mes idées au beau fixe et dans mon cœur des cintres d’acier me trucident, comme jouer un peu avec soi et cacher son nom.

je ne vois rien de l’affection de son chien, je ne vois rien de l’étendue grise… etc. je me contente de la bouteille de rhum ambré qui m’abreuve.

pour mieux me rassembler

pour me disperser

une averse de printemps

les chiens errants sont dans la grâce

de Dieu

j’ai dû rêvé ce moment… !

Silex

je suis de nouveau seul et peut-être définitivement guéri de son emprise. je me demande pour combien de temps… 3 jours, 3 mois, 3 ans ?

je pourrais entre temps écrire un opéra.

je me considère comme une personne chanceuse, démesurément. je suis un rescapé, pour d’autres un privilégié. les jugements des uns déteignent sur moi.

certaines choses ici-bas ne durent jamais.

je nourris sans doute des complexes, j’édifie une honte ! comme chercher par dessus tout ce qui se trouve sous mes yeux et que je n’arrive pas à saisir.

je ne dois plus tâtonner sur la pente abyssale

auprès d’un fétiche

il a fait plutôt beau aujourd’hui

même dans le cœur des gens

ce qui n’exclut pas leur violence

je vous dis qu’après la tempête vient l’amour

après le moi corrosif, à moi la chaleur… !

je m’éloigne d’un changement pour une baigneuse aux courbes de feu, – devrons-nous subvenir à leurs besoins physiques et moreaux, les responsabilités… etc.

j’imagine qu’elle renouera avec ses objectifs de ball-trap, même plus tôt que prévu ! nourris de sa cervelle de moineau, de petite joueuse… etc.

devrons-nous supporter ça ?

il en résultera de toutes petites crottes de son beau derrière saillant, rien qui n’approche d’une perdition. un étrange gâchis de la calamité encore plus révoltant.

n’allez pas croire que j’ai peur de l’engagement

n’allez pas me croire

au magic pub… 54, 56, 58
comme dans la nef d’une église gothique 
une sombre niche au lait froid et de froment

la rue se nomme rue maréchal joffre 
vous y rencontrerez peut-être son apache  
à qui manquent une hache et le divin sourire

les habitués s’anesthésient jusqu’à la moelle, verdict
cette enclave est un tamis qui cache

Lola, Fanfan, Bio… une bande dessinée à eux seuls !

je suis un être fragmenté et ce n’est pas là un problème, la liste de mes ruptures est longue. elle prend l’apparence d’un faux nouveau départ.

je vais me noyer dans une décharge d’un millier de roses, sans aucune concomitance. je m’ouvre autrement dit à une prostituée de bordel pour jeune.

elles portent le voile de la sainteté.

je suis curieux de voir l’état de son facteur après la réception de la nouvelle, et qu’elle délivrance ! je savoure déjà d’ici un malicieux plaisir.

lui ferai-je parvenir ce poème ?

je suis tranquille sur le zinc humide et froid

les scrupules d’un indéterminé

une bouche à l’est

les centimètres s’envolent au ralenti

désir de tout ton soûl

( La blanche Ophélie )

orpheline de tous

toute seule et aimante, – dis-moi à quoi tu penses seule abandonnée de tous ?

elle s’en est allée, l’âme… !

sans doute à jamais

les chevilles légères

comme une plume verte au crépuscule des anges ( une idole pour les insomnies ! )

sept jours

sept week-ends qu’à durée son calvaire

il te faut reconstruire son identité

sa psyché

elle s’en est allée, la blanche Ophélie

( une grappe de raisin rouge dans la bouche ! )

orphelin de tous

tout seul et contre personne, – dis-moi à quoi tu penses seul éprouvé par tous ?

s’en est fini, la traîtresse !

elle m’a quitté

j’ai enjambé avec elle le serpent de feu

j’ai vu dans l’éclat de nos jours des ombres télescopiques

le temps était une fusée

comme lui, j’ai rusé

il te faut reconstruire ton identité

de vagabond

s’en est fini, elle a emporté mes larmes

( le songe d’un rossignol est le fond d’un ciel gris ! )

j’ai vécu ordinairement un été de démesure en orient

je ne voulais pas foncé

( L’aïde )

avalanche d’eaux

circuit court

l’été

sublimation

visible

astre

corne de gazelle

afrique

lait

exil ou exit

dans le fond

les maîtres sont bavards

naître

chant

enchanteurs

terrorisme de la joie

courroucer

baleines

lance au pied

vents emportés

accolades

baisers

une musique de fond comble les Assis

des ballades, de toutes petites balles tremblantes sur mes lèvres… !

( Une toux )

la toux d’un druide

les hagards

fluide

aussi vite !

il y a des regards

des amarres

soulève

soulève les torrents

passe le temps qui cloque

mégère

prendre l’air

rapide et légère

est-ce que tu me vois ?

choque

face à la beauté

fauve

suspendu

se prend le pavé

songeur

communique

mais où suis-je ?

les états d’âme du corps, personne ne regarde ni n’approche

personne n’accroche… !

( Consignes )

conteneur jaune :

aiguille

bistouris

intranules

épicrâniennes

brocards

tout objet tranchant ou piquant

activité cérébral

des fougères en plastique, l’odeur d’un hôpital me revient familière

sachet noir ( daom) :

emballages

papiers

ordures

j’aurais pu écrire mes idées de ce matin

ancien vertige: si la justice divine existe, à moi elle me fait peur

sachet jaune ( dasrl) :

compresses

seringues gants

sparadrap

coton

perfuseurs

transfuseurs

ampoules

tout objet souillé

il y a un théâtre de bêtise qui résonne

comme presque tout qui tombe dans la mémoire

Cela ne chante plus

À Lucie.

1/3

c’est une espèce d’un vieux genre que l’on ne retrouve nulle part, comme un adoucissant des âmes caverneuses. je vais à la rencontre de son job de nettoyeuse qui dévalise les caisses

les sites de rencontre ont ceci de bon.

je vois son sourire unique et inoubliable, un diamant de météorite. n’est-il pas une affaire classée, pourtant je persiste à consulter ses photos. loué sois-tu et ce qui te dépasse

je la reconnais dans sa superbe et ses variations subites, une belle prouesse de la nature. j’entrevois de vagues réminiscences de quelque chose d’encore plus vague, comme boire le mythe

elle se perfectionne sur les rives de la séduction

comme une étoile, je veille au grain de ses réticences

prendre l’instant de l’éternel et voir les paramètres de la trajectoire

un ciel presque bleu derrière des arbres nus qui se courbent

le soleil se noie sous mes pieds où pointe l’herbe douce

je cherche la fleur saine sur une sainte terre et lui bâtir un royaume… ce n’est plus possible ! il faudrait tout l’or de la terre et des hommes cartographiés  

il n’est plus possible.

j’avais droit avec la précédente à des pelles mouillées, comme la pluie de Dali. je laissais traîner pour elle mes pleurs dans la rue parmi les beaux qui ont du génie. les crimes sont faits, j’en reviens et ce n’est que parfait

je pense el djinn à la claire bougie en été.

je bande rouge et la devanture est un tropique laiteux. je n’ai pas de réponse toute faite et ma vie n’est pas parfaite. elle doit savoir que dans la vie il y a des hasards inopportuns

je vais juste partir et je vous dis: non

jeu est une déchirure sous la pluie

une femme dans un parcours amoureux
la vie est un bouleversement vocalique qui peuple
je suis avec comme un ermite, le monde sauvage

mille félicités pour les âmes en peine
je suis content mais il faut savoir, il te faut savoir
qu’il y a une âme en peine abandonnée du ciel qui ta fait mourir

la lumière sur ses cheveux violet
j’étais l’ami de son corps sous les draps, il y a mon corps noir
une souscription médiéval, elle me parait lointaine dès ce présent

l’être seul, une éphémère bougie
le verbe multiple, une transparence et moi
est une souillure que je lave de mes yeux noir de toutes les façons

j’endosse l’habit du poète en herbe dès le vendredi saint, il se trouve au-dessus de moi un soleil hypothétique. je regarde le ciel avec un verre et mes chaussures marron sous une table ronde

je sens la chaleur de l’automne sur mes joues et les passants qui rêvassent, les prémisses d’être heureux avec un sourire naïve devant soi. je vois des amoureux qui se tiennent la main

je fonds sur la chaise, sans elle.

je lance des petits miaulements de la gorge d’un chat en attente, m’imagines-tu ainsi ? je n’écris plus sur une viande de poisson séché, un bel après-midi d’amour, une chanson qui se raconte… etc.

tiens toi calme, poète !

redonner une seconde chance à l’amour

je suis le déraciné, à jamais

– un expresso s’il vous plait

– tout de suite Monsieur

– non, plutôt un double

– bien sûr, tout de suite

– votre ticket

– merci, tenez… !

la petite pensée du jour est que le péché Kabyle c’est d’être trop kabyle, ça va les tuer d’orgueil inévitablement, beaucoup de luisance pour ne pas flairer le coup… !

2/3

je suis un croche pied à la civilisation, une relâche et détendu dans mon cloître. je dois m’éloigner le maximum de toute autre dimension et fondre dans le rythme. j’espère te faire une bonne impression

je fais une liste de mes qualités très rares, mais ça serait bien. j’ai mes réserves de tendresses et tu es une bible mariée avec le soleil. je dois m’attendre à des jours meilleurs, oh, les jours meilleurs… !

je remarque qu’il n’y a pas plus heureux qu’une femme qui sourit à son téléphone. je n’ai rien de la tempérance d’un saint. je deviens idiot avec l’âge, c’est plus fort que moi

garde ton funk au calme.

les câbles noirs délimitent nos rêves d’amoureux

un peu mal à la tête avec les yeux vitreux, un souffle

pour clore

il faut connaître l’espace

du corps

je rêve de la tenancière qui est au téléphone avec Amanda Sue, elle ne répond de rien et réclame son du, une sale affaire ! l’héroïne est à une demi-douzaines de routes d’ici et jamais elle ne se présentera

c’est la charge, une fatigue.

je me suis amusé par déclic, un vulgaire mollusque violet gorgé de vitamines. je me retourne vers toi toujours aussi indéfinissable: la grande bleue aux cheveux roux !

je scrute le vide comme un paravent vite et clair, les murmures de la pierre d’ombre jaune… stupides oiseaux de l’étendue ! lire dans l’âme des gens est mauvais et les lunes sont étatiques

le prévoir pour mon post-scriptum !

très bas dans le jour sur la route des ailes

je prends le bus:

ingurgiter

courir avec le silence

toujours vivre 

outrageux, je ne sais plus vivre !

je respire ce qu’il y a de peu dans l’air, la symphonie du crémant. je ne fais qu’un avec la matière grise de mon cerveau… surgir, mûrir et m’évade regroupent presque tous les mots

je ris à plein poumons.

j’oublie les fleurs et les palmiers dans le vent, les visages classifiés. les célébrations de la vie sont les assurances simples qui défient. je suis un homme simple, factuel. la fille de ne pas être revenue s’est volatilisée

Menon est une bouche ouverte avec la langue noire !

mes lectures me collent à pleine dents, je meurs et revis sur les trottoirs de la ville. mon imaginaire quotidien est fantomatique, cela ne veut pas dire inexistant. où peux-tu te cacher ?

je reste un boulon clouté, faut-il aller mieux ?

comme dans une ville faite de mirages

à pas de chenilles

cinq filles aussi différentes

qu’une pluie d’automne

3/3

la vie recommence nouvelle sous le ciel de mon appartement, je m’en vais vers l’est qui flamboie. je me dois d’écouter là-bas la route des voyages et du conseil, les territoires en amont

je me suis assoupi entre les mamelles grossières qui touchent le sol, c’est-à-dire pour une misère. qu’ils se lèvent maintenant pour la besogne ou qu’il pleuve. ils ont la solde dans la moelle

Menon est un long nez qui respire la fraîcheur des mensonges !

je danse amoureux fou avec les aigles blancs en communiant avec le ciel bleu perdu dans les montagnes et il fait particulièrement chaud

le téléphone me propose Edge.

un rendez-vous et partir, la lune ce qui aurait pu

loin, bien loin et où tu veux et nulle part si tu souhaites

le calicot se récolte tôt le matin

le soir venu on boit du thé chaud

( il y a sûrement une déesse cachée derrière ! )

j’ai une dette pour les uns et pour tous les autres entre des tenailles, les grandes lacunes de la terre rouge sont envisagées. je joue avec les planètes fauves comme aux échecs

souvent, je perds.

je retrouve comme chaque soir ma fée, le secret de mes nuits. elle me caresse le cœur et dit : chérie chérie… ton déshabillé est exquis ! elle vit isolée dans mon imaginaire, une Bovary Maghrébine

elle vit en blafarde.

je rumine et médite la dimension cosmique de celle qui ne décline pas son nom, comme cet escargot de travers sur la vitre lisse. c’est lui qui bave les mots blancs sur un ciel éclair, mon jumeaux. je vois quelques métaux

la mort rode en ces longues nuits dans ton ventre

la mort rode en ces nuits sans fond…

après le voile

l’os

dormons !

je vois les basiliques et de vieux châteaux sous la pénombre, les façades et mon armoire hanté, mes ancêtres et mes mille bravos sur le talon… etc. j’ai un mal bleu enveloppé

une femme peut parfois être toxique, comme un rêve inachevé. elles étaient de gris les grilles de la terrasse, – pourquoi les diables sont barbus ?

il y a des sentinelles avec des yeux océan qui voient le monde debout, comme si on croisait le fer. je suis peut-être cardiaque, les rythmes…? j’aime lorsque c’est comme ça le soir et que tout va bien

si tout va bien !

parce qu’ils se rencontrent ailleurs

ils échappent à la mort

je rêve que je la tiens la tête en arrière
par ses cheveux mélodieux

une douceur d’hexagone
comme un vieux reste

un fond de sirène qui berce
je presse l’égide, de marbre est ma queue

( L’élégante )

l’extase réinventé

le maudit

nuages

forme

yeux d’ivresses

acide

étrange

lenteur bleuté

carma

courbe

s’incline

arc fibrille

elle avait des boucles de cuivre

l’esprit des conteurs

les sons nocturnes

merveille

découverte

au porte d’une ville

enfant = marron

noir papillon

nos héros immobiles

pieds de pierre

mystère

s’offre un dissous

captive

mille baisers complices

celle qui attend le lever du soleil

ne regrette pas la fête

Une pratique que j’ai pris de France

j’écris des poésies sur tous les supports, j’aligne pour ce faire des lettres derrière un voile. elles venaient parfois et je les fuyais. à présent, j’accueille.

n’importe où et n’importe quand.

à la fin de mon poème et tout de suite avant ma première lecture, je sens comme une présence au-dessus de mon épaule et elle broie !

c’est la mort des bienheureux.

j’ai mis beaucoup de temps avant de pouvoir l’identifier, il n’y a qu’elle qui reste tapis à l’ombre et qui prend parfois par surprise.

on ne peut lire qu’une seule face à la fois d’une pièce

le côté pile se laisse deviner

les chemins de traverse

je cours derrière les lucioles

de la nuit d’été

mes actions frénétiques se figent et comme elle, je vois à quel mot au juste je devrais me pendre. pour certains ce n’est qu’un jeu, je vois là un passage.

je redoute ces instants de magie où je ne fais qu’un avec la chose, une symbiose redoutable. je me sens lasse à repêcher le même stupide poisson.

je relis quelques jours plus tard ( semaines ! ) des écrits dont les feuilles sont encore humides. ils sont comme une redécouverte ou une vie recommencée.

à la lumière des calmes matins

comme un vulgaire mollusque agonisant

le souffle court

nul ne peut mentir à l’idée

de la mort

je crois qu’au ciel seront accueillis les maux ( mots ) passés que j’endure inutilement, même si les avantages de ces manifestations je les cède à d’autres.

je trouve mes poésies d’un ton bonimenteur, une sorte de traîtrise saccadée ! qu’ils ne sont au fond que d’un vieux débonnaire.

cela n’engage néanmoins que mes goûts.

je n’ai fait preuve que de patience et je n’oublie pas de dire merci, merci…! merci du fond de mon cœur à celui qui repousse l’appelle du trépas.

ils se font rares.

quand j’écris et que cela me fait peut-être avancer

plus rien d’autre n’a de l’importance

de l’écriture

l’hybride au bout du chant

bleu pétrole

Ça n’a rien d’un jazz

le jazz s’écoute communément les soirs de longue mélancolie et éventuellement accompagner d’un verre cérémonial, comme du whisky ou autres.

il s’écoute aussi en compagnie d’une étudiante qui se faufile ici.

je suis tellement bordélique pour vous dire et sans heures que je l’écoute dès le matin,

très tôt au réveil avec les cuivres qui me mettent d’aplomb, avec mon café noir et chaud … d’aplomb !

comme un noir de la Nouvelle Orléans.

vous savez sans doute que c’est de la musique afro-américaine,

le titre qui circule bien en ce moment est Kind Of Blue.

je laisse pour l’heure aller dans le givre et je fais des calculs manteaux.

Image par OpenClipart-Vectors

( Merci… ! )

les chemins du cœur… merci pour votre bénédiction !

les pluies noirs providentielles… merci pour votre bénédiction !

les saules pleureurs… merci pour votre bénédiction !

les offrandes… merci pour votre bénédiction !

la danse euclidienne des fourmis… merci pour votre bénédiction !

les écritures… merci pour votre bénédiction !

les femmes voilés à l’ignorance… merci pour votre bénédiction !

les soleils les lunes les étoiles… merci pour votre bénédiction !

l’amour des quêtes… merci pour votre bénédiction !

les dépouilles sur nos genoux… merci pour votre bénédiction !

les grillons d’été… merci pour votre bénédiction !

les rêves inachevés… merci pour votre bénédiction !

la voix des neiges… merci pour votre bénédiction !

les yeux des poissons d’or… merci pour votre bénédiction !

les scarifications… merci pour votre bénédiction !

les deux mains… merci pour votre bénédiction !

la transparence des deux mondes… merci pour votre bénédiction !

les téléphones portables… merci pour votre bénédiction !

les autoroutes du ciel… merci pour votre bénédiction !

les solitudes… merci pour votre bénédiction !

les visages de la créature… merci pour votre bénédiction !

les maladies… merci pour votre bénédiction !

les arc-en-ciel… merci pour votre bénédiction !

la connexion des esprits… merci pour votre bénédiction !

les poissons de l’ombre…merci pour votre bénédiction !

le libre arbitre… merci pour votre bénédiction !

les montagnes bleues… merci pour votre bénédiction !

les chutes successives… merci pour votre bénédiction !

la faim qui tenaille… merci pour votre bénédiction !

l’oubli des déceptions amoureuses… merci pour votre bénédiction !

l’eau du robinet… merci pour votre bénédiction !

les aubes vertes… merci pour votre bénédiction !

j’espère la lumière de l’éternel

la foi du cœur éclipse les semblants de ce bas monde

( Expérience )

écrans

se sentir utile

dernier écran

une passion

les deux mains dans les poches

fruits

lune de miel

dernier fruit

une passion

plusieurs vies dans une vie

pierres

s’en sortir

dernière pierre

une passion

déjeuner sur l’herbe nue

cartes

porte à porte

dernière carte

une passion

voir venir la fin des haricots

costumes

fêtes savantes

dernier costume

une passion

un chien sent mauvais

sandwichs

trottoir

dernier sandwich

une passion

il faut gâter le gros

feux

chocolateries

dernier feu

une passion

rentrer à cinq heure du matin

voyages

un souhait d’enfant

dernier voyage

une passion

sous-vêtements de petite fille

toiles d’araignées

un châle entre les mains

dernière toile d’araignée

une passion

un peu plus en confiance

plateaux

de l’altruisme aveugle  

dernier plateau

une passion

une vie dans une valise

relationnels

découverte du ciel immense  

dernier contact

une passion

respirer la bêtise gratuite

une plume

survivre

dernière plume

une passion

la poésie est une expérience

( Débutant tardif )

dans l’un de mes voyages // dans l’un de mes romans

j’ai appris

qu’il n’y a pas que la bourse dans la vie

qu’il n’y a pas que les bons et les mauvais, le bien ou le mal

je ne suis personne // je suis de toutes les douleurs

j’aligne des lignes à l’encre de mon sang

comme maintenant // comme avant

l’esprit de ce chant est un adieu

j’existe dans la contemplation // j’existe dans l’amour   

je me ballades dans les rues d’une ville irréelle

leurs âmes m’habitent //  j’habite mon cœur

les soirs : triste et seul 

chaque soir je meurs // chaque matin je me relève

je sais qu’il n’y a plus d’espoir

chaque soir je meurs // chaque matin je me relève

je sais qu’il y a une lueur

je suis l’esseulé // je suis Tahen

désespérément  

le bureau des réclamations est sourd // le bureau des lamentations est aveugle  

nombreux ceux qui prennent la mauvaise tangente

je tourne à gauche // je tourne à droite

sur moi-même

j’envisage le centre // je me dégage

pour être multiple  

je sors // je rentre  

ma voix se trouble dans les foires aux manèges

elle exhume de l’ombre // elle exhume du tabac ( sans mousqueton ! )

je transpire de la gêne // je transpire du poème

j’attends quelqu’un qui me serre // j’attends quelqu’un qui me soulève

je suis un être en difficulté

puisque inadapté à la vie en société

je suis né pour tout voir // je suis né pour tout entendre

le Coeur Intemporel bat fort dans ma bouche

qu’il ne peut s’exprimer convenablement // qu’il ne peut vivre musicalement

c’est l’automne dans ses derniers retranchements

qu’est-ce qu’on serait sans une tasse de café

je me réalise en rêvant // je me réalise en chantant

comme les oiseaux

je respire encore grâce à l’art // je respire encore grâce à ma famille

je ne suis bon que dans le malheur

je prends la feuille // je vois un bureau

je prends le stylo // je vois une lampe

si seulement j’avais une assise …

j’écris: je bois // j’écris: je perds

de l’eau rouge coule dans les estaminets

j’écris: je l’aime toujours // j’écris: je suis perdu à jamais

j’écris les lettres dans le vide des mots

proche de monsieur m’amour qu’elle me fuit

que rien ne change // que rien ne s’améliore

je touche parfois

de mémoire son corps // de mémoire sa transparence

j’écris le blasphème // j’écris le mensonge

pour son amour // pour sa colère

est-elle seulement présente derrière ce filtre

douceur !

je suis fatigué de vivre // je suis fatigué de mourir

je claque la porte du grand hôpital

à l’air libre par Votre faute // à l’air libre pour les autres

l’horreur des enfers est peut-être sur terre

à quels moments nos actes prennent leurs sens

non-être // être

nous en tirons des satisfactions

j’ai gagné la poésie // j’ai gagné sur mon être

rarement du côté de la vie // rarement du côté du ressentiment

à la nuit tombée

tant qu’il y a à faire je suis de ce rafiot

tout en restant humain // tout en restant digne

les crins ondoyants // les plumes soyeuses

j’incarne les noces de l’enfer et du ciel

je suis peut-être fou // je suis peut-être poète

dans le délire amoureux // dans la folie créatrice

je veux raconter les fées // je veux conter les ogres

les sorciers ont plus d’un tour dans leurs sac

si je veux imploser // si je veux me disperser

je ne suis mauvais que dans le travail

j’ai fait l’amour à des pierres // j’ai fait l’amour à une fleur  

à qui viendrait l’idée de s’envoler

comme les promesses d’orage de cet été

qu’est-ce que je dis // qu’est-ce que je déterre 

pour fondre vos oreilles endormis // pour briser vos cœurs d’or en éclats

je perce vos angoisses profondes // je creuse vos peureuses argiles

il adviendra des rires fleuris // des rêves à fleurir de rire

j’écris

quand les mots se dérobent du mot

quand le port de la mémoire

quand le sucre de l’œil

quand tout revient au même

quand la fièvre d’amour

quand la respiration me fait halte

j’écris le murmure du cœur // j’écris l’analphabète du trait