l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie

  • Ce blocage de la diaspora algérienne par la France, au niveau des préfectures, visas aux embrassades, est comme une sorte de massacre morale, comme le 17 octobre. Je crois qu’ils vont connaître une imputation de celle-ci historique

    Moi, personnellement, à cause de cela, déjà dégoûté, à bout, je sors d’une commotion cérébrale, après une agression, récemment. Pourtant, je ne voulais que partir. A présent, la question que je me pose est si je dois continuer à m’exprimer sur ce territoire ou faire silence

    Ne peut comprendre que ceux qui savent l’émigration, l’exil, l’étrangeté ! Je suis fier de mon identité algérienne, mais avant tout d’être citoyen

    Si j’écris ce soir c’est pour dire que j’ai décidé de partir à l’étranger. J’espère que ma situation va changer. Pour rappel, j’ai réalisé qu’après l’obtention d’un permis de séjour, j’avais besoin de voyager pour seulement quelques jours, histoire de changer d’air et de décompresser  

    Mais là je suis à un point où j’abandonne tout, mes effets personnels compris, auxquels je tiens, puisqu’il y a mes créations, avec ceci, je ne me laisse aucun droit de retour en France. Je suis désolé de vous faire connaître ma douleur, de partager avec vous mes souffrances. Mais parfois, la seule issue possible est de s’arracher

    Après ce que j’ai traversé, j’ai vue que la violence dans laquelle je vis et celle que je me fais est sans fin. Je suis fatigué, après 20 années qui m’ont éreinté, ne m’ont rien laissé, humainement, surtout

    Je désire vivre en paix, je suis un homme de paix. J’ai toujours su m’adapter, même conciliant dans tout. Ce sont ces qualités que j’ai partagé et véhiculé, j’aimerais que vous vous souveniez de moi ainsi. Je n’oublie pas ce dicton que la vie réserve parfois des surprises. Très belles expériences en tête, c’est pour ça par ailleurs que j’aime la langue française 

  • lèvres mouillées

    l’irréel promesse de la pluie

    l’automne me perd

  • au coin du ciel

    je suis puni à l’éternité

    de son feu

  • happé de nuit

    le mirage d’un éléphant s’intercale

    entre les rails

  • bleu d’été

    la prière de ses chants console

    prières

  • choir à Eden

    que les poètes soient glorifiés

    loué sois tu

  • le réel dément

    lorsqu’on s’applique en dedans

    et ailleurs

  • ton image d’Épinal

    dans mes langues

    et longues rêveries

  • quatre heures trente

    enveloppé du silence de la nuit

    tu reposes

  • aube d’été

    l’homme pardonne à la nuit

    de ses revers

  • hors champ

    un homme éventre le brouillard

    feuilles de menthe

  • brève nuit de noce

    sur le cœur des confettis

    au goût nacré

  • ciel aux hirondelles

    j’effleure les mots d’une belle

    portée par le bât

  • une entité dis tu ?

    l’éveil sauvage aux rêves

    premiers contacts

  • une baigneuse aux longs orteils

    arrosée de Selecto

    fou d’elle !

  • matin d’offert

    le vent s’engouffre comme le prélude

    d’une rencontre

  • jambes de cristal

    promise aux bleus matins

    qui se touchent

  • le show continue

    premier rendez-vous manqué

    entre les collines

  • une liane lancée

    j’espère une chute réciproque

    à l’avant du cri

  • aux dernières phalanges

    des luminances, oh, ces jours

    l’air bleu autour

  • les nuages réticents

    au calme d’une énièmes énigmes

    d’une boîte blanche

  • du free jazz

    des glaçons mous dans un verre

    en fusions

  • près de minuit

    la dent s’éveille à la confiserie

    veille de jeûne

  • lézard sans queue

    l’homme échelonne ses traits

    vers la nuit

  • nuages rouges

    une fin du jour pas réel

    sous les dérives

  • après le voile

    l’os

    j’essaie de fermer mes yeux

  • chaîne de chenilles

    cinq filles aussi différentes

    qu’une pluie d’automne

  • en pyjama

    le péril des tortues ninjas

    un air de glamour

  • un soir d’été

    l’histoire d’un chien défunt

    sur un os

  • le tout m’entoure

    et fuit et fuit

    et fuit !

  • une longue-vue

    l’écriture aléatoire des signes

    du paysage

  • l’humeur espiègle

    un léger silence de cœur

    entre les lignes

  • fenêtre sur le cœur

    les derniers jeux de la saison

    de zermumiya

  • les amitiés

    sur la plage blanche le don du pardon

    de bas en haut

  • de nulle part

    je course les lucioles sur un chemin

    vers la grotte

  • souffle court

    nul ne peut fuir devant une idée

    sur le passage

  • l’aube d’été

    l’éveil spirituel de la nature

    oh, jungle-home

  • une gorge blanche

    sa langue âpre m’est conquise

    pour des clous

  • cœur de l’aube

    d’une étincelle s’ouvre le concert

    des gazouilles

  • nuit des nébules

    les dés entre les verres de cacao

    le magicien

  • le ciel en son noir

    Whitman sur la rive si près

    d’un rêve d’été

  • la maison craque

    déchirure du silence de la nuit

    sans nulle épreuve

  • vue sur l’orient

    je perce le ciel inodore si haut

    qu’une éclosion

  • auprès d’un Saul

    une plume ocre entre les doigts

    d’un jouvenceau

  • tout le long du jour

    dans l’œil

    les hirondelles à têtes blanches

  • une aube d’été

    allongé sur une zarbiya d’antan

    mon souffle court

  • liens virtuels

    et une feuille de toi a la légèreté

    d’un merle

  • un orage d’été

    si belles sont les fins de vacances

    peau de coton

  • un ailleurs étoilé

    la ronde tend vers le récit

    en calligrammes

  • comme une outrance

    l’amour rengaine des cœurs

    se renverse à l’aune

  • réséda de printemps

    je compose des vers bleus

    en mille syllabes

  • raisins de la tristesse

    les couscousiers créent la pluie

    la main aux meilleurs

  • comme de la fumée

    les ombres s’élèvent des foyers

    versant de la montagne

  • rêves aux rébus

    que chacun clame son poème

    auprès d’une fleur

  • cœur de carpe

    j’enfile à la hâte mes déguisements

    à leurs parfums

  • eau morte

    faussaire aux yeux de Z le chien

    la calotte rouge

  • tout me dicte

    je noircis mon cœur badin

    à l’encre du jour

  • romance sans couverture

    jusqu’au jour qui se farde

    sous tes yeux

  • ciel de midi

    la lune lézarde son quart au soleil

    encore un éternel

  • les fleurs hors saison

    j’efface mon jeu du grand tout

    un kimono blanc !

  • allée des oliviers

    les cafés maures ont des sourires

    de jeunes filles

  • de page en page

    je perds le courage des mots

    d’un corps à vif

  • la foi du poète

    couronné les nuits solaires

    par un pelage

  • le cœur brûlant

    je cherche une Audi noire

    au centre de la forêt