Le jour où je parlais oiseau

le jour où je parlais oiseau rien n’annonçait les crépuscules les visites de connaissances les étoiles et le sacrifice de l’immonde bête qui se douchait au jasmin qui se douchait

le jour où je parlais oiseau tout était à refaire et beau ! et mort ! sans la faim comme ils disaient de ma nécessité à assouvir des choses et des disparus auxquels je faisais des œufs

le jour où je parlais oiseau… , en fait je répondais en oiseau c’était l’autre versant jamais compris ou entendu auparavant ce n’était pas un jour ordinaire provincial

le jour où je parlais oiseau je régulais la circulation des corps des courants jusqu’à celle de mes veines de mes deux royaumes d’exil qui chutaient en cascades

le jour où je parlais oiseau vaquant je bivouaquais ! c’était l’été – c’était le ramadan – c’était la fête – c’était parfois le banquet je redescendais de tant d’imperfections d’érotisme

le jour où je parlais oiseau je marchais je me voyais marcher comme voir partager la solitude du Prophète et ses versets comme dur d’interpréter un songe lorsqu’il présageait le pire

le jour où je parlais oiseau je prosotais… , Piou – Piou ! en riant j’étais de la nudité même de l’idiot de l’extravagant les journaux traduisaient le petit oiseau dans mon cœur

le jour où je parlais oiseau je portais des ailes d’un dieu qu’ils disaient alors d’un ange ? peut-être d’Hermès ? l’une s’était cassée en trouant les plafonds avec l’appel d’un muezzine

le jour où je parlais oiseau je basculais de mon radeau en tractant des continents avec le cadeau de la magie des mines de forages et l’électrique monde changeait de banc

le jour où je parlais oiseau comme un anneau ou un indien je dansais autour des planètes de plantes sans la honte de l’homme debout et étranger à tout autre musique

le jour où je parlais oiseau en pleine clarté de midi je goûtais de biscuits et de capsules de café violet je me retrouvais au pied de mon arbre un abricotier ibn al-baytar

j’étais hors des radars

lorsque je parlais oiseau

Coulée

ça monte

ça monte – classe – range – dépoussière

la coulée de signes

ça s’affaire – ça affiche – s’acclimate

joue de la crevaison

ça feinte

palpe le culminant – la note

retouche – sous-pèse le trop

fonce – force – avance à l’arrière !

ondule autours

ça revient – tourne – corrige

danse d’un cran de sureté

danse pour une danse

ça lance – ça projette – ça passe

en tableaux inentamés

tape des doigts à l’usure – tape contre

s’arque

ça monte – colorie

ça enfle – jubile

ça rit une fois à l’été

ça s’allonge les bras – ça noircit

récits tranchés en leur milieu

en leur endurance

ça fossilise – cartographie – numérise – ça répertorie

paupières lourdes – paupières lourdes

il faudrait en tombant

que tu tombes

Aujourd’hui, moi, j’ai reçu un coup

saturé, je ne sais à quel moment le cliché m’a rattrapé ! le pire est à chaque fois que je prends un choix à l’inverse de la vie, du bon sens, etc. je poursuis ma dérive

même si je ne ressemble à rien de banale

de reconnaissable

de gouvernable

d’apprivoisé

derrière le miroir

un foutoir qui fait touche

une baignoire

rideau

l’exil

: territorial – intérieur – de la langue

( rien de tel pour se réjouir ! ).

est-ce que la peur

de finir idiot

me rend

déjà inquiétant

bancal ?

gueule de chien de traîneau pestiféré comme de la fièvre tête de bidon dans les nuages saint-branleur borgne comme un phallus baveux de limaces veuf de l’amour défectueux à l’emploi bicot de la montagne moisie d’une coque de bateau crottin parfumé à l’ail tordu comme du lierre parasite mort sous la pluie fichu pour un bon papier haïs des orgues et des fées

( qui l’aurait cru ! ).

je provoque plutôt le malaise, le rejet – jet… , oh ma fortune ! je préfère dire de moi, que c’est moi. je crains de me cloisonner derrière les parois de la pensée clinique, de l’écriture hygiénique !

à sang et à fumée

sans qu’il n’y est

un court-circuit

enlevé

me sauve

de mon cou

de boue

lapé

par les saletés

et les oublier

le premier

à m’illusionner

sur mon état

foudroyé

dès le berceau

je doute qu’il se réfère à celui de l’humanité

que chacun entend autre !

La voix du colporteur redescend

les nuages comme de la cendre

comme des moulures

d’une main embouchée

de peintre

un refuge au soir

les montagnes de kabylie qui dévalent

les bleus oliviers et le jasmin

parmi les maisons au loin éparpillées

de terre cuite

ocres

et de plumes d’oies !

comme se promener sur une légère mollesse

sur la nuit et ses vibrations

dans une brise fileuse

la mort dans les parages – une rature

un gisement de pierres

et talismans

les rivières coulent sous les phalanges

sous les tombes retrouvées

je perds la route du chercheur d’or moulé dans le grave de l’aurore

tout n’est qu’un jeu avec la sphère

En clin d’œil

tu ne m’aimais plus

tu aurais pu faire semblant

un semblant d’humanité que tes yeux avaient perdu

tu te léchais les babines

tu ferais une sacré putain de sainte

comme un chaton peu ragoutant dans mon film de fin d’étude !

fin d’étude

je ne me faisais plus d’idée sur le couple, après toi, comme ceux que l’on voyait sur les magasines, encore moins sous le sacrement de l’état. le paillasson où tu t’essuyais gentiment les pieds

tout m’amenait à notre rencontre, – est-ce que tu voyais ma peine, me répondras-tu un jour ? je comprendrais peut-être le message du manteau que tu m’avais offert

Crocs d’un loup

à Rafik.

j’assemblais de mes doigts quelque part

comme tendre vers l’ensemble

l’ailleurs d’un commandement : vert.

mon cœur lasse m’accablait

je me recentrais

sous l’ombre d’un muret

soyons pour nous

soyons insaisissables comme les vents

comme les longs hurlements !

ne reconnaissant qu’une version de l’enfer sur terre

la peur de plaire

je connaissais de par le sang

Rien qu’un arbre !

j’espérais m’approcher d’un arbre dans l’autre monde

un arbre peut-être ondoyant ou de feu

qui serait inconsommable et ne se consumerait jamais

je n’aurais pas eu le désir d’eaux limpides ou de Styx

ni m’enraciner dans de la terre

les vents seulement me berceraient et me suffiraient

j’aurais été à l’écart des animaux de toutes espèces

même les volatiles et les insectes

parce qu’ils chieraient trop !

tu les aimais et ton imaginaire figurait des Saules

un arbre puisque je m’effeuillais dans celui-ci

comme un long automne sans toi

Sur tes rives

à Tarik.

j’ai appris à me laver récemment. en fait, à 37 ans ! j’apprends encore, sinon ce n’est pas une raison de souvent le faire. je me baigne dans al bi’a ( faune ) :

elle pèse lourd Garonne

pèse de sa mouvance

sur les dos

sous les lits de personne

souffle par dessus

de ses riens qui ne l’a sauveront

sinon le déluge des poètes

les purs

à la sortie de Villenave d’Ornon, allant vers n’importe où, sauf à Tataouine ! quelquefois dans ma barbe, je me prends pour Moussa ! il ne me manque plus qu’un bâton, seul, à la merci

je ne sais rien de tes mots

de tes faux

ton dos

accompagnatrice

Iris

soudain, il fait noir

froid de colle

de ces angles d’ombres

de ces rives qui s’illuminent

un bateau traverse

se renverse

les mouettes poquent du bec

la rouille des passerelles

depuis le parvis

depuis le tram

qui fane

le perdu mord sa langue

rien ne coulera sous le sens

rien ne sera linière

la bannière balnéaire

rien ne coulera

même toi

même par tant de cloaques

Garonne Garonne… ô chaude Éponge !

Une ballade au parc

tes cheveux sur ton épaule

sous quelques rayons de soleil

parmi quelques oiseaux…

c’était si beau

c’était si beau

un après-midi d’été

toi et moi sur une pelouse

oui, parfumée, bien verte !

comme

une pelote de laine

inoubliables étaient tes rires

où j’en étais :

quand

est-ce qu’est

prévu

ton retour, dis-tu ?

je te chantais encore pour moi

je te chantais en mon cœur

Blanc manteau

le monde est artiste

est une agora où convergent les idées

et n’a rien perdu de sa superbe

le voir en son innocence est une provocation honnête

malgré son effondrement inéluctable !

tourbillons de points noirs qui tombent du ciel

sur un blanc manteau immaculé

une présence convoie

il neige, pour une fois sans aucune raison, et toutes les fois où je n’y étais pas. la neige déploie une langue, dénoue les craintes, – nord, nord toute ! elle ne nettoie pas et ne guérit nullement

comme chaque soir, je prie pour me réveiller le lendemain avec ma tête. je peine à dire le mot lumière, plus difficile encore de partager mes joies. très peu soucieux, cela ne m’est pas donné

Poème de l’attente

si bref – si bref – si bref

une annonce

et moi

les vents caressent les branches nues

tendre à l’endroit – puis le vent

par là la musique

par là les portes battantes

de si loin à l’envie

nous traversions cuits

sauts d’obstacles sans obstacles !

il viendra – il viendra

avec une clé

ses paupières en bois

c’est dimanche, ils font leur promenade

Articulations

on aura

on aurait on aurait pas

fini une page

un poème pour poème

avant avant que – ni quoi ni qu’est-ce

finir une page

sans que l’autre main

ne la tourne ne la retourne

comme pour moi-même de même

faites vite – à outrance

bien que tout passera bien que tout passe

par les canalisations

de l’esprit

qui ne saurait pas

tirer après – tirer hors les tombes !

Flip

j’envisage un commentaire

une intrusion

plutôt je réfléchis

à un envoi

à son comment

quoique je ne vais

pas et

pas

le rédiger ni le mener à son achèvement

en matière de cancre

en suspens

comme un appât ou …

un mot sur l’inconvénient de se faire élire

de l’impasse de s’é – lire

pour l’instant d’après

m’en mordre

les doigts

tant presque rien

n’est dit

Sans crier faillite

à Mourad.

la poésie

teintée du mal

la diffusion de la religion n’est pas en reste

sans quoi elles ne seraient pas visibles

hors moi, je dis pour qui !

combien même il concourt

pour le bien

pareil, d’où vient

le préjugé du poète infernal ?

un cran, symbiose

une part du paradis est en chacun

je combats des écailles

une dague à la main

sans mes jambes

sans mes mots

de belles écailles !

il y a certaines choses qui doivent être dites, elles viennent, repassent, me visitent. de corriger, je crois apporté mon expérience et du temps, si ce n’est s’embourber au seuil de la forêt

les blessures de mon cœur sont énormes et parfois, je change d’épaule. quoi ajouter d’autres, sinon ? j’irai par les chemins… , et de mon dos ! bientôt, l’aube et les corbeaux qui croassent

Récits interrompus

Un exilé

Je restais dans la nuit, mes années à l’étranger, le temps passait, etc. Je pleurais mon aubaine, – Pourquoi ? Je rentrais, le jour fut. Je cherchais par où ouvrir mon esprit à la mémoire

Tout me manquait


Sotte de tes sottises !

L’ami de jadis, de toutes mes confidences, son soutien était de glaive comme Olympe. Nul soleil à présent ne peut sécher mes larmes. J’implore une trêve, ô Nom ! mène mon salut ailleurs

Souffre mes rires accoladés aux murs de ton oxygène


Tableau

Une habitude le long des semaines, Marie, par sa fenêtre soupèse ses peines, de couleurs : fluo – blanc – feutre. Comme une flamme. Simone, sa voisine, fume et mâche un chewing-gum

Verrai-je leur prochaine mort ?


Rêver autre

La messe de mes strophes naufragées, une fantaisie qui aveugle l’insouciant. Je m’arrête et fume comme un nuage au-dessus d’une plaine. L’indifférence triomphe de la posture

Donc, il pleut !


Tunnels

Il y a des souris rue Leberthon. Une souris devant ma porte, avec ses tâtonnements, sa cuirasse, une pente ! Cette dame déshabille mon âme. Elle me dévisage, sans laisser un gramme

Trouver un piège !


Noir pisseux

Les mots étaient parfois joueurs, fantasques, racoleurs, rêveurs, etc. Les femmes… , grimpaient aux arbres comme les flammes, sur des branches qui se déchainaient du passage des oiseaux

Et les nidifications


Fontaine

Je viens de rentrer, comme l’enfant roi et ses mouchoirs. Les premiers mots anodins, les soins prodigués, les mets aux saveurs retrouvées, etc. Cour sous le soleil, coups de poignard

Délibérément


Merci

Il me faisait pleurer, larmoyant était le château des douves. L’échafaud en de pareils cas où je méritais que tu m’aimes ! Ô toi, ma quête, ma rose, ma frêle, mon sel, mon nuage, etc. Tout de bleu

Songeais-tu à nos merveilles ?


Rives

Mon corps souffrait au supplice, de l’un qui se familiarisait, de l’autre qui s’affirmait. Comme ces deux sortes de personne, les uns consommaient la rupture, les suivants rassemblaient

Ligne droite syncopée


Et moi, humblement

Un soir, en cette étendue qu’était le monde, je plantais mon chapeau sur ma tête qui ruminait une complainte. La complicité avec les choses se passait à de délicieux moments, tous les jours

Frôlements d’ailes et pas de vent


C’est une image où je ne veux être

C’est l’image d’une femme, fraîchement rencontrée, qui aime le froid des hivers, les rivières gelées, les chevaux de course et tout ce qui est blanc. Je l’imagine avec une robe de mariée

Ou simplement que rien ne change


D’une anecdote à une légende

On m’a raconté que Matoub L. est rentré au pays après un concert qu’il a donné à Paris, avec une baguette de pain entre ses mains, dès sa sortie de l’avion à l’aéroport d’Alger

Et si c’était du pain frais ?


Un train à l’aube

J’ai fait un clin d’œil à Séléné, triste ce matin, frissonnante. Je doute de par le vaste monde. Moi-même, comme chaque feuille d’arbre, l’âme vibrante, couverte. Je n’arrête pas de jouer, aussi

Rosée où elle a froid


Tragi-comédie : Obscur

Je dors mal, mes yeux sont sans expression. Encore partir, encore très loin, je vois des amoureux sur une bicyclette sous la pluie ! Le monde est inconfortable pour un jeune, fortuit

Excepter peut-être pour l’amour


1 – 2 : Teste !

J’ai trahi, hier, mon ami dans le besoin à qui j’ai donné ma parole, sans me justifier ! Après quelques réflexions, je me suis ravisé, pressentant la honte à venir au quartier

Il n’y a rien d’autre de plus à dire


Le seul qui mérite d’être défendu – fondu !

C’est du cinéma contre le vrai, le pur ! Lorsqu’un acteur conçoit l’évènement, jetant le spectateur à la touche. Parce que… , j’ai oublié mon propos ! Personne n’est à l’abri d’un trou, d’un bide !

Vive le cinéma !


Sur mon envie d’une publication

Je ne connais qu’un seul moyen, tu fais de la prison après avoir tabassé 3 / 4 personnes influentes dans la criminalité, pour raconter ensuite ton expérience dans un livre hollywoodien

Qu’il m’a répondu


Une nuit au carrefour

J’ai pris mon lot en ce bas monde à bras-le-corps et je l’ai aimé à l’encontre de tous les vents, en parlant aux veuves égarées et aux pochtrons qui hantent les villes. Bonne nuit Pochtron, merci !

Ma main tient une pièce, sans adresse


Fit

Il y avait dans l’air autour des femmes fougères lorsqu’elles dansaient sur une légère musique, comme une transparence, une mystique. Elles m’arpentaient, leurs pensées souvent discrètes

Les papillons auront toujours des ailes


Tignasse

Saliha, était une fée qui fredonnait dans mon cœur des poésies à l’eau de rose, sans lien avec une romance. Il y avait cependant des arbres en plein milieu de la cour de mon école

Du même nom


Pour un petit pays

Longtemps j’ai laissé glisser sur moi le vent de la stupidité. J’ai été pourtant l’homme de la situation, quoique un peu boiteux et flexible. Je ne traitais rien, procédant par étapes

La solution découlait d’une source étrangère


Cône

J’étais d’un pied antique et d’un goût prononcé pour le vin blanc. J’attendais le parfum d’ombre de la feuillée, les sons boisés raclaient mes veines. Je n’avais de cœur que pour toi

Rien de plus ni de moins


Une prière algérienne mineure

Peut-être quotidienne. Dieu, s’il vous plaît, versez sur moi un peu de votre bonté, quand l’horreur s’entremêle à mon idéal et ne se retient plus, car les élastiques sont tondus

Jusqu’au niveau de la gorge


Chagrins

J’avais 14 ans, il en avait 27. Je savais qu’il allait mourir. Une époque morose, – Comment pouvez-vous dire que les liens du sang sont indéfectibles ? Je décide de vivre

Avec ma cervelle noyée dans le gèle


Les dires poétiques d’un émigré

Je me couvrais la tête de branches et de feuilles d’arbres, puis quelquefois de pierres et de poches en plastique, de tout ce qui me tombait par la suite entre les mains

Soucieux du devenir de mes cheveux


Rôder dans les rues

Je rôde dans les rues sans rencontrer personne qui m’agrippe, qui me fascine. Je fonce avec mes 4 cylindres, la lune comme passagère. Je me demande si c’est le mois des conclusions

Il fait nuit en mon intériorité


Vive les fous !

Trois fous sur le même trottoir : le premier titubant, le seconde fuyard et le dernier un peu des deux. L’un derrière l’autre, ou l’un suivant son compère. Ils se tiennent immobiles, observants les nuages

Rêvés au cours d’une soirée morne et froissée


Rien à offrir à ZAHIA EL DJAZAIRE

Pour elle, sans doute, son besoin de questionner, de creuser et s’immiscer dans l’espace de chaque chose, est comme une façon de fuir l’ordinaire, et ne l’aime que trop ! Elle me tient aussi pour un étranger

Le silence est la plus juste des réponses


Seul en mieux

Pour me cacher des monstres, je me réfugiais dans mon imaginaire ou sous les jupes des filles consolatrices et faciles. Lorsque je m’identifiais à ces monstres, elles n’étaient que mes semblables

C’était comme aller à une fête foraine pour une armoire à glace


La pluie et le beau temps

Nous sommes souvent mal compris lorsqu’on pense à soi, plus encore si le bateau chavire. Nous passons devant le vulgaire qu’il ne faut pas léser sur sa personne, surtout ne pas les oublier !

Dieu saura nous partager


Les supplications d’un fou

Dévoilez-vous et ouvrez à moi, je vous suivrai n’importe où ! Montrez-moi votre réalité, votre aventure sera mon paradis. Ce ne sont là que quelques mots au souvenir de votre regard de femme

J’attends encore une réponse  


Sans gants

Entre trois réponses possibles, la C est préférable parmi toutes, toujours. La quatrième étant le silence, une preuve du cœur à coup sûr. Les propositions, ainsi que pour les solutions, ne sont pas apportés

Dans une époque du Market


Crème au mascarpone

Je parlais à mon grille pain, à mes tartines, etc. Comme à mes amis qui échangeaient entre eux, me demandant qui me comprenait dans l’ensemble. J’appuyais, ça coulait : Tu n’était pas moi

Une réelle source de pue


Faire comme

Je ne fais rien. Vous voulez savoir ce que je fais ? Rien. Vous ne savez pas ce que je fais ? Rien vous dis-je, j’empaquète de l’emballage ! Empaqueter n’est pas rien faire ? Moi, je dis que oui

Quasiment rien


Dialogues

Il est tant que cela improbable pour toi, quasiment saisi de faire cohabiter Bonnefoy Y. et Sacré J. partageants le même territoire, sur la même étagère, en terme de bon voisinage

D’encre et de poussière


Je comme à autrui

J’accompagne parfois des sans-papiers aux entretiens, rédige des mails et curriculums vitae en leurs noms, cela me procure le sentiment d’accomplir du concret. Je renoue ainsi avec moi-même

D’ici la Mecque


Pour Camille

Est-ce une poésie à la mesure de votre dimension ? D’ailleurs, sans m’attarder, ce n’est pas à moi de me prononcer. Je ne les discrédite en rien, ni ne capitule ! Bel et bien le contraire, j’ai foi en eux

De la manière succincte


Je n’en savais rien

Je craignais une position, peut-être qu’il ne le fallait pas. Le cri / Rien ne le signalait, mais on me perdait. Je retrouvais mon labyrinthe, malgré que j’étais au milieu d’un orage

Comme il était bon de se taire


Si je devais choisir une couleur

Je traverse une phase mystique, rien ni personne ne passe outre ! Lorsque j’annonce, le vent l’emporte. Un autre parle et exige son dû, le monde assimile. Je ne vois aucune injustice, sinon les mêmes mots

Le kaki !


Ay adrar nath irathen

Je m’en presse à tout démolir, entrevoir le fil des destinées parmi les choses qui disparaissent me revigore. Je suis le crieur de mon ambulatoire chagrin, du souk aux montagnes

Un défroqué et analphabète


Et l’aimais !

Je peignais les couleurs de mon pays, le rêvais. J’avais jamais senti auparavant de l’ingratitude. Un sol qui m’avait choisi me rejetait dans la foulée, ses hommes finissaient par me l’arracher

Comme de la gueule d’un loup

Freeway

J’y suis, écrire ! Ma vie peut tenir parfois dans un poème sur deux lignes, mes aspirations, aussi. Je lutte pour extraire l’essentiel, une image qui me rétablit. Je marche à l’ombre depuis peu de temps

Depuis toujours


Nous seuls

J’imaginais la course du monde derrière ma fenêtre, les volets tirés, sous la lumière d’une veilleuse. La faute me revenait, comme celle échut au perdant. Je les aurais tous fait, j’aurais tout perdu

L’ici, et l’au-delà


I – recherche

Je me méfie des ensembles, du panorama, où les objets sont imbriqués. Il n’y a aucune particularité qui transparaît. Soit, tu y entres, ou pas ! Comme un spectateur qui observerait les poètes de loin

De très loin


Un oubli

Je croyais que ma vie partait pour de bon, tirait ses grandes voiles, les blanches comme un retour au pays fantasmé. Mais non, ce n’était qu’une halte, qu’un fort sentiment d’une transition

Qui dure 

Verve

je tiens au mot

: verve.

je me plains en mon cœur

aux trois horizons

insoupçonnés

dès lors

étonnant, il ne se passe presque rien. je continue de rincer la vaisselle, avec

cette eau que j’espère retrouver un jour

c’était un repas sans musique

de la fumée sans feu, – là, je salive

comme chercher le creux

sur une page

un Page

pareil, pas si longtemps

salir c’est évoluer avec

refusant de m’aventurer au centre, je me suis vue debout. sur une baie

derrière mon dos derrière mon dos… , un Coupépoème

effritement

où de la chaleur

condensée

inexorable

cendres

de gris

ciels

tropique

inféré

nous ne reverrons plus, mon tendre amour

plus jamais le jour plus jamais le jour

Peut être ample

et sinon tu me perdras sur un cagot

de fruits ou les fluorescents

poissonsviscères baignent

pour des nuits émoussées comme

un bruit plutôt plus vague un

frémissement d’air

comme une pause de la pluie

entre tes mains on prenait

une navette hibou sourd sous

la pesanteur derrière un mur

d’angle une rue où il y a

une maison crème quelques individus

d’arbres il n’y a toujours rien

de mal à écrire un poème

serré un lien continu

la fois où je faisais foinaïve peut-être

une tenue de moi à toi d’attendre

pourquoi je ne parlais plus même d’une

autre époque qu’il fait encore froid

dans ma sombre cabine

insensiblement pas méchant

aussi en ses feintes

Dans la pénombre d’une chambre : Internet

des mots que je formulais dans un rêve récurrent

grâce à la volonté de Dieu

sans doute au monde des rêves, par Son entremise

sans conteste !

me mouvant sur mon lit

comme presque rien ne mérite un Non

lorsqu’on aime aussi

avant que cela ne finisse en verlan !

un poème c’est l’appel d’un cœur

qui nous refuse rien

appelle – appelle – appelle

fou d’elle, de toi

fou de Lui

je me contrefiche de moi-même

je n’œuvre pas pour la culture

je ne construis rien

des notions plus qu’intégrées

j’avais quelque chose de la foudre qui calcine, un rescapé, tout en croyant aux ineffables vents, inconsciemment. je lisais sur mes jambes l’Ulysse d’un poète, un autre

je tentais bien un jour le chant de la pastèque, comme un goujat au bord. je m’allongeais sur une pelouse verte, un peu pale, sous l’ombre des arbres et l’envol des mouettes

Trouver un ton juste

la voix m’émeut

sortie de l’ombre brune

tremblante

peut-être rêvée

je crois soulager

lorsque je chante – sous ou près de mes yeux

ma voix qui m’émeut chez la boulangère

exit de l’ombre brune

comme sortante et dedans

le timbre tremblant

soulagé à mort

lorsque je chante

ils disent ailleurs une boulange

attablés pour certains

si seulement je ne croyais pas à la révolution

en sa première métamorphose

Nous partagions nos frites

Béranger donne son prix

une fille aux yeux d’émeraudes

une beauté aux yeux rouges de lapin d’Ecosse

de la mode qui me dit

: nous ne sommes pas là pour finir !

seul le parfum de ses songes est habitable

elle retourne mon éveil

comme mes sombres fêlures

comme la noire ligne

le but en blanc !

mensonge vert

un duvet

or de toutes les couleurs

de vieux crapauds

elle danse

bourdonnement

scarabée

à plat

les étoiles d’une tourte

et puis, rien

ils l’emportent

Étoiles, ma rose dépression

mon affection tend vers les étoiles les moins scintillantes – ou pas du

tout – selon les nuits – particulièrement à celles qui me briquent par

surprise – comme par éclat – d’où une infinité accable

avant que tout ne retombe…

*

c’est dur de s’ancrer à la terre – à son corps – il faut se nourrir et

déféquer – et gagner en humilité – il faut pourchasser et tuer – les

ingrats dans son cœur beaucoup – il faut se branler ou baiser

à l’inverse non pas pour s’élever

*

je ne sais comment m’arracher à leur influence – un temps, j’étais

embarqué dans l’astrologie – je ne suis à présent attentif qu’aux

éruptions – des perspectives – de la curiosité – les éprouvant, oui

y en a qui les tatouent sur leurs peaux !

*

parfois si trouble à moi-même – à mon entourage et leurs réticences

je crois que je fais mal – comment s’y résoudre – quel drôle d’

isolement – est-il préférable de dire non lorsqu’ils sont autour

que de répondre oui au tout, seul ?

*

ils s’interchangent – par un glissement – c’est-à-dire une fois sur

deux – cela m’apaise et abolit la distance – j’ai vu durant des soirs

clairs le visage de l’aimée – des poètes dans le ciel – aux cœurs battants

déterrés pour la plupart du 19e siècle

*

sur les chemins – on appel à l’aide – personne n’y répond tout

à fait – peut-être, une femme – que l’on viole à moitié et humilie – sans

savoir vraiment pourquoi – mais si – pour de l’aide – confusément

ou comment chasser le féminin !

*

je dis est-ce vous qui convoquerez mon âme – quel poème répondra à sa

lumière – j’attends d’en apprendre plus de mes lectures, comme certaines

choses me resteront voilées – qu’est-ce qu’elles se transmettent ?

avant que tout ne retombe…

ce n’est sans doute plus que les résidus d’un poème

à cette heure, restons

Il fallait bien

je regardais ma main

entre mes doigts une roulée

comme vers sa fin

refermant mes paupières – sombre tombe

le noir, trous

l’opacité blanche autour

ma tête me paraissait

énorme

comme hors de son orbite

ici, ou là : ça siffle ça bourdonne – à suie

me vient le mot enfer

j’ai peur

peur

peur

peur

surpiquée

j’oubliais le mot chouette dans une conversation

j’oubliais le 3 de février ( rien ici-bas n’est éternel, les chiffres ? ).

je ne voyais personne personne n’est rien

je parlais très peu

lorsque cela était permis

les yeux, tout

1 ) je demandais mon chemin : bonjour – vous savez où se trouve un distributeur, celui à côté est en panne ? merci.

2 ) j’entrais ( très beau le mot entrer ! ). dans un supermarché : bonsoir – pardon – par carte s’il vous plait. – merci et au revoir.

jusqu’où pouvait-elle s’enraciner

au désert

entre les blancs

dans le silence ?

je n’étais jamais nulle part – nulle part était de tous mes instants

comme une musique

Longtemps, trop longtemps

vapeurs

et demies lunes

fissure – parlant du lierre

par où ?

temps de poux

de l’enfant

à la septième marche

jusqu’au sang

les genoux

tête contre tête

inaccoutumées

l’étrangeté de sa nuit

la proximité d’une chaleur

que l’on tait – taira

que l’on contourne

derrière des mots

les mots d’autrui

sous des couvertures plissées plissées

Tout me ramenait à elle

cela commençait avec le quart de lune

mystérieuse et arquée

la sérénade des crapauds

une fraicheur retombait si douce

je voyais par chez toi

au-delà de la baie vitrée

les oiseaux dans la lumière de l’ouest

les crépuscules du soir si beaux

ensorcelé… , – j’étais comme

à l’adolescence 

ne m’en sortant plus

de l’effroi 

sans cesser de la réguler

l’air devenait lourd – pesant

comme mêlé à l’enfer

oh, quel triste sort !

– oh, revenir à un peu d’oxygène sir l’ingénieur !

je ne parlais jamais de mes effractions, comme pour une rencontre, lorsque tout commence. on aura été en proie. le temps d’un détour, – une couleuvre ? – je le pairai.

évidemment, c’était entre ses bras que mes nuits trouvaient secours, avec des mots. A. me rendait un homme, se tenait avec sa maison qui était comme à ses habitudes, habitée 

c’était bien ça, simplement et sans bavure qu’elle me rendait, aussi à moi-même. son corps se débâtait dans ma bouche sans bouche, si fortement. seul, d’un banale horizon

Comme si

il y a dans le ciel

en rupture

des points rouges

s’élève une eau mélangée

mal contée

rare

et de l’herbe simple

parmi les ombres violacées

qui s’étirent

le reste peut suivre

un état que l’on sait

traversé

en flottant

il y a dans le ciel

des bordures – des canaux

et des points

en argents

les étoiles y descendent

elles longent ainsi qu’un secours

la nuit et le jour

le jour et la nuit – surtout les nuits !

d’une même entrée

un panneau de la mairie vient

on croit y tenir fixe

le tout autour

son nom est de poids

comme au bout du chemin

sous une peau

Fourre-tout

à Le Perruche.

voici que mon âme vogue et voyage

du plus lointain…

un éloignement interminable, chic !

une pincée pour la nef

lécher le piédestal du calice

*

quitter le navire avant que de perdre le mat

je prie les saints de cette contrée

de mes mains tendues

d’une falaise… , comme une fourmi

je fais ma ronde

*

mardi

jour de fête noire

dans la ville je meurs

et je revis

autrement

lorsqu’il pleut

*

merci de tolérer

de recevoir

son chemin de plume

qu’il arpente vaille

que vaille

où la vie

qu’il exprime

file devant ses yeux

*

tu prends des nouvelles d’un être cher

tu t’aperçois que les consignes t’ont précédé

chaque famille se considère comme un régiment

contre qui faites vous front ?

*

un enfant sur une photographie

pas toujours le même, aux yeux bleus

un trou dans un cahier

est un tourbillon pour l’enfant

il sourit

je sais dès lors qu’il est triste

*

la nuit & une ville

aux alentours est le moi

je tiens une bille d’une main

de l’autre

je me masturbe

*

comme avec ses rêves de la nuit, l’enfermement

et de sa rencontre agglutinée avec A. –

*

le monde ne tourne pas autour de toi

tu longes le contour de tes cotes

crois à ce que tu veux

sais ce que tu fais

eau verte

dessous les eaux

*

quelque chose s’est tue

là, sans vitalité

*

que peut un homme

devant une pleine lune

comme de la béance

cet homme écrit

un homme qui s’enfer à sabler

*

les ombres

torves en leur khayel

j’y passe avec

l’impression d’approcher

d’un ogre

jusqu’à dans les eaux du rêve

comme un peu une nuit de sabbat

les contes exorcisent

tout ça tout ça

*

j’y à côté !

*

t’es là

plein de présence

et ton irréalité

est violente

comme d’un éploré

un cri étouffé

écrit dans la marge

*

j’ai pas mal clouté avec la règle T

et j’ai été clouté

j’ai pas mal clouté avec la règle T

et j’ai été cloué

*

au bout de la laisse

un berger que je tiens pour mon chien

le portefeuille dans l’autre main

les politesses à l’heure

où il n’y a plus rien à payer

plus rien de dû

Assia, est-elle une chatte ?

*

de nuit

dehors, je me sens seul

pas de poètes perdus

ni d’oiseaux !

haltant au gré du hasard

de l’ennui

ouvert aux saisons

*

au-delà de tes racines

ton chemin

en deçà du sens de ta vie

te raconter

*

je sens l’encre !

*

le cérémonieux happe nos vies

dès que cela devient sérieux

je suis fait de réglisse

gobez gobez… , le reste est pour les adultes !

comme se ( me ) méfier de ce que j’écris ?

*

la poésie

sera un jour inaudible

un charabia

non vécue – non sentie – non reconnue

elle ne touchera plus personne

*

emprise peut-être

avec la même malédiction

qui m’harasse

pourquoi alors elle pleure ?

curieux comme un épouvantail

*

il faudrait

que j’apprenne

de toi

à rédiger des brouillons

de mes ratures

*

frileux matin

pieuses pensées du matin

les recueillir avec précaution

de celles ombrées

matin des concordances ¹

*

l’idée qui préfigure les impurs

comme le rampant

soient en bas

les choses pures et belles soient en haut

comme rien n’est de la saleté

soumis à une large hiérarchisation

j’aime les sensations que mes orifices me procurent

et avec, je monte très haut

je les consume !

*

une fenêtre au deuxième

s’allume dans l’immeuble

s’allume dans le noir

illumine ma vision

pour s’éteindre

comme une gorgée d’instants

*

dans le théâtre des convoitises

où les salutations

sont risibles

et à vos frais qu’il faut défendre !

je continue – tu continues – nous continuons la continuation… !

corps qui se démantibule à l’arrivée

lorsque les commencement sont une fin

*

une étrange ² femme

prend du vinaigre de ménage

au plus bas prix

bien évidemment que je la suis

même hors liste

*

si j’arrivais un beau matin

à réinventer

avec des mots

une poignée de sable

j’aurais surmonté mes lectures

*

est-ce que cela me rend

un partisan des flics

des patrouilleurs

d’aimer les beignets

de les déglutir sans compter ³

*

le nombre d’infidélités

que j’ai lu

dans les romans

ne s’accommodent pas

avec les miennes

*

reviendrai-je

sur mes pays

avec un recueil

comme le présent

d’un poète

vivant ou

défunt

ou m’est-il

à jamais interdit ?

*

il rentre d’un jogging

se lave

dîne

fait l’amour

peut-être qu’il va écrire

*

des garçons et des filles

qui sourient

à la nuit

en se tenant par la main

et moi, seul

me vois avec mon petit cadi

*

notre héro développe une faculté, une mémoire des crasses qu’on lui fait. il crache son venin à une personne par jour, parfois plusieurs sans qu’ils n’en sachent rien. il développera aussi un jour le goût de raconter.

*

derrière les paupières !

*

mon frère a peur des abeilles

moi aussi

bonjour

salam

*

le linge de maison

révèle de nous

de notre histoire

de notre mémoire génétique

la faille

*

qui ne fait don de soi

ne peut fusionner

dans l’amitié

qui ne porte le deuil de soi

comme du passé

ne peut cultiver

une amitié

*

premier visage de femme

que j’entrevois

et aujourd’hui, l’homme pêcheur de carnassiers

aux yeux injectés de sang

l’herbe reverdira à l’automne

les bouts de fils tomberont des branches

sous les intempéries

rats bruns des lacs

lacs repliés

*

lorsque la nuit retombait de cendres

que le dernier banc d’étourneaux se mêlait au ciel

que les abeilles ruchaient

je faisais mes adieux à la carrière

je faisais mes adieux aux rivages adorés

voilà, j’étais perdu

les inquiétudes quant à mon avenir, perdues

*

une nuit

où tout dit le jour

je ne sais pourquoi la perspective d’un néant me glace

une contrée qui n’existe pas, – moi non plus !

on devrait chercher dans l’inutilité à se lire mutuellement

pour ce soir, puisqu’il pleut

*

je tremble

avec toi

sur une branche

je t’en conjure

m’abandonnant à ta vie

d’oiseau

*

tantôt

quelque chose

a

perlé

ou a voilé

rien relevé

sinon la brûlure

*

de tes lectures

ne cherches dans l’absolu

aucune justification

par un poème

qui serait au mieux fractale

et pour presque rien

trouves !

*

réveil matin

18 heures, un dimanche pluvieux

je me demande si

le poète n’en a pas fini avec la nuit

et avec le jour

et

ses reflets

*

un rot

est de trop

lorsqu’on s’excuse pas

même pour un magrébin

je rote comme si on déplaçait

un meuble

je rut

et me vomis

*

quelque chose

s’est cassée

à l’usure

rien que là

autant qu’elle soit préférable

à l’ennui du vendredi

*

non

ça ne pleura pas

comme si je pouvais l’éviter

ça ira peut-être

bien

*

au réveil parfois

s’évanouit l’ivresse

comme la timide rosée du matin

le soir venu

nous y sommes rappelés

*

lorsqu’une personne

présage

le pire en toi

tout son schéma

est destructeur

sa demeure est le chaos

*

jusqu’à quel point

peut-on avancer

qu’un poète

a la main mise

sur un mot

peut-être aussi le titre

d’un livre

*

entérinée

l’amitié n’est plus

personne ne le déplore

sinon toi à qui la faute incombe

comme aux philosophes

entre autres

*

appareilles

que l’on te voit

entre le ciel

et son horizon

comme de la température

après qui peut savoir

ces choses là

*

en dessous de tout ce que j’ai pu espérer

de ce que j’ai pu abandonner

ce que j’étais… , si mince frontière

comme un soupir, comme une réalité

– sauvé-trophée ? est-ce que je vis les mots dans ce mode ?

*

dès que l’on franchit le seuil du jour

on pardonne à la nuit

*

salpêtr – iii – er !

– – – page ?? – – –

1 ) inspiré de Ballade au cœur de la Casbah d’Alger, Samir Djama. un aperçu sur youtube.

2 ) l’adjectif étrange rallie les termes biffés.

3 ) poème infiltré.

Inter

les enfants d’halloween : clown au sourire sanguinaire fois 2 – faucheuse fois 3 ( pas tout à fait propre ). dragon bleu – licorne – prisonnier zombie ( ils étaient frères et sœurs ). jason à la tronçonneuse ( il fessait vraiment peur ! ). pleureuse cernée de lave rouge ( pareil, effrayant une fille si triste ). vampire fois 2 ( comme Rémy, très rechercher ). squelette ( elle avait déjà tout compris ). casa de papel ( c’était je crois la saison une ). tête de mort en costume – chaperon rouge ( je disais toujours : chapeau en rouge ). zombi bègue ( il intériorisait drôlement vite ). blessée au canif – reine de cœur ( j’étais du côté des monstres ). pikachu ( vexé lorsque je le prenais pour une abeille ).

les premiers me disaient s.t.p des bonbons ou un sort, et encore ! je devrais dire des éponges, parmi tous les autres monstres avec des allergies et pas assez de moyens pour un déguisement

je ne savais pourquoi les adultes dehors me paraissaient à bout, même à vélo ! tout était à la morosité, sous une impression que l’on ne me pleurait pas longtemps

je n’avais qu’une envie : raser les murs et marcher mes yeux rivés au sol, ou sur les façades comme des balises de visages, d’images d’avant l’exil, des parfums qui remontaient

parfois, moi, rien ne me réjouissait – parfois, moi, rien ne m’abattait – parfois, moi, un rien m’ouvrait un horizon

il n’y avait que sur les quais que j’étais hermétique à tout. je me remémorais à volonté les voyageurs du pont de pierre et les poètes de tous les jours, vocalisant entre mes dents des onomatopées

soudain, tout me pesait d’un poids qui ne me prenait pas, si décevant à moi-même. je hurlais soleil ! la fête foraine, ce cactus ! je la parcourais de biais. la roue tournait – tournait

parfois, moi, il m’arrivait de pleurer toute l’eau de mon corps rien que d’une simple impression, une idée inaboutie, un mot lu ou entendu, un regard qui retombe

parfois, moi, je ne pleurais pas – parfois, moi, je ne voyais plus qui me parlait – parfois, moi, je n’envisageais d’aller nulle part

combien j’étais idiot : néant.

combien j’étais aimé : néant.

il pleuvait comme du sucre

comme une bouche – je n’avais pas de passoire

parfois, moi, ce n’était jamais moi, à la limite !

Aimé C. par ailleurs me faisait taire

sur un banc, sous un platane, je déclinais une rencontre. on croisait de rares mandarins ! un peu plus loin, des amoureux se donnaient la main, encore plus loin, ma honte rejaillissait au jour

tiens, une date résiduelle : 1 novembre. une pensée pour nos martyres.

Invertébrés

sourires – une bouche

l’eau arrose mes pieds nus

assentiment

portail qui se referme

arrière pays d’un été

*

fifti – fifti : sardines

focale sur une poche noire

préméditation

long parapet entre toi et moi

cœur salé du soleil couchant

*

à deux ~ le soleil rallonge nos pas

d’inégale distance

un arrêt qui prend ~ roulis

frottement

entre les montagnes

*

les virages perchés ~ abords d’une source

la portière s’ouvre d’un râle

un ami pose sa main sur ma nuque

comme du vomi

comme le gouffre d’un parfum

*

renversé lorsque je pars ~ mêlée sous les parasols

intentions nubiles

continûment

une apeurée graisse les angles

qu’est-ce qu’il y a plus loin ?

*

beauté du crépuscule ~ un port récent

me voici d’une appréhension

à l’horizon un oursin

dans sa main – une fourche

pérennement

*

un train pour chaque partir ~ fin de la saison

une silhouette sur le quai 3

me sourit – une dribble

antérieurement

trois cris dans la baie et la pinède

*

retour sur l’île ~ un parachuté

atmosphérique

une envie d’outre-bleu – plafond

elle évite mon regard

depuis le guet

*

au pied du miroir un miroir ~ un soleil bossu

de l’autre le berceau

rien ne m’aura vieilli autant – d’os ou de lames

retournement

indices des corps en maillots

*

quart de la vitre ouvert ~ cils salés sur mes paumes

tous sur la faune brûlées

brillamment

un mot qu’ils échangent – lointains

l’ombre de l’habitacle aura fait mon jour

*

le chien me suit ~ une ombre houle

une cabane ensablée – le grain

infiniment

tu m’embrasses dès l’à côté

ne résiste que l’asphalte

*

thé et chansons ~ bivouac renversé

chichement

le vent effleure les peaux – tes bras déliés

rien qu’autour d’un foyer

à la cendre grise

Naïma

on se verra à une lecture de la bibliothèque municipale

l’un de ces soirs d’un long froid automnal 

on s’assoira sur les escaliers de secours en se parlant beaucoup

et moi je m’y verrai

on prendra le premier bus tout lumineux

l’aube bleue surgira derrière les vitres 

on se prendra la main comme un secret 

de l’autre main ta droite tu entameras ton petit-pain 

une fois à Bruges, le cimetière nous semblera familier

on ne se quittera pas de vu 

tu t’appelleras Naïma aux yeux de fresque 

il – l’aimée pour mousser du vert. il l’adoptera peut-être comme une douleur plus intense que tout le reste, plus ancienne qu’il galvanisera. il finira moins flétri, moins chauve dans un linceul

il vacillera tous les matins dans le noir total, avant de lui sourire de sa fragilité, lorsqu’il se fera embûche. il lui faudra s’y tenir, prendre le pari du premier regard posé, comme pour un deal

Casbah

pour Lionel.

Au bout du petit matin,

la mâle soif et l’entêté désir,

me voici divisé des oasis fraîches de la fraternité ce rien

pudique frise d’échardes dures

cet horizon trop sûr tressaille comme un geôlier.

Cahier d’un retour au pays natal. Aimé Césaire.

de plein midi / de pleine nuit

sur les voies de compagne – sur les rails du ciel

une parole gercée…

instinctivement, mes trajectoires sont délusoires

je sens venir le début de la descente

cliniquement.

j’immobilise une pierre sur une tombe astrale

une pierre en or qui semble m’appartenir

rien qu’à son toucher

tasse froide

un froid café que je nomme

déboires d’un secret

j’aurais pu m’appeler Jasmine et couler des jours monotones… , est-ce qu’elle se souvenait de moi, un agonique sourire se réalise ! oui, j’aurais pu le concevoir :

l’heure qui me terrasse

un blanc baiser

un baiser

je disais de mes trajectoires… , – mais d’où ? elles brillent par leur accueil les étoiles qui me logent ! je surpasses l’attirance des mots, – pourquoi je pense qu’il me faut revenir parmi les hommes ?

folies de jeunesse

un vélo en guise de couverture

cordes au tronc

le papier sur lequel j’écris, une lourde entête – imanpower : réseau de compétences. c’est étrange lorsque tout m’est attrayant ! je creuse le déraillement, sans nom. tiens, une insulte !

les fontaines sans eaux sont comme un ciel sans oiseaux, fardes*. je ne connais plus l’étymologie de ce mot, il évoque à présent chez moi une casita au Chili, tant pis

lorsqu’elle émanait ta joie de vivre, ma tendre Jasmine, j’étais là, rescapé ! lorsque tu m’inspirais de l’amour, aussi. c’était tes couleurs, depuis tout me semble qu’un amas résiduel, comme :

le silence tardive de la neige pétrole

la roche rousselle de soleil

et, tu me souris !

il ne se trouve rien de plus vrai qu’un homme en prise avec un poème, même éparpillé ! chacun porte une mèche qu’il me faut étinceler. ( ceci n’a rien d’érotique ! ).

je fume pour ne pas brûler et d’un ailleurs l’ombre

l’échec en poésie est mien, un frisson

le bec et la terre pour les rares funambules

tous mes dépotoirs sont retournés

les papillons qui reprennent leur envol

les pots de fleurs aux fenêtres qui invitent les abeilles

une flaque presque plate :

quelques truites dedans, presque immobiles

la reconnaissance que j’ai envers les éléments

données de mes attentes fictives !

c’est étrange une plante que l’on arrose plus

il advient que rien ne ressemble à un spa qu’un autre spa !

tu avais des cheveux de feu, une aura, une légèreté des anges. je découvrais tes contrées, je survolais par instant et plongeais et ne rien cueillir ! je trainais ma malle, le plus souvent

je prends la coque d’un ermite

je prends son stylo

je m’assois à sa table où trône un crâne

une chauve-souris est entrée dans mon cœur, temps d’aujourd’hui ou d’hier ? je compte sur ma désinvolture pour m’affranchir de la possession, il m’est impossible de la convoiter

un chien sur une photo et quelques années, années de fidélité et puis, une apparition

j’entame la lecture d’une anthologie de contes berbères, une immersion dans l’imaginaire de ma région. l’identité est poreuse et ses frontières sont multiples. je n’adhère plus

je pactise parfois avec la chance, et fonds comme un sucre dans une rivière. elles sont drôles avec leurs royales sorties, mes idylles ! quitte que l’on me prenne pour un détraqué

je noie les apparences, mais de combien de profondeur ?

il y a un balle au village.

je suis près de toi, ton nom me fait penser à une terre enchevêtrée, une douce fièvre, etc. même à lier… pourquoi pas, mais est-ce que cela suffirait pour me rehausser à la mesure de ton souvenir ?

j’ai survécu à la vacuité

j’ai marché

les moments que je préfère : les échappées ! je portais la honte, l’ignominie, le regret ! on me renvoyait la mort, certainement. je trace un trait des plus beaux jours de ma vie sur mes phalanges

je perds le fil du rasoir, ainsi :

la toile s’estompe, c’est moi

brumeux et rien qu’une lanterne !

je rêve d’une écriture nouvelle, une poésie qui voit le ciel. je paradais ton cul comme un affront, la trahison est aussi dans l’écriture. je ne me définissais pas, cela est imperfectible

je voyais les routes sous le soleil, un far west clitoridien. il n’était plus question de la même gaine, une refonte. une licence lorsque tout invite à suivre, ou répond par oui

Dieu ayez pitié de moi, pardonnez-moi, redonnez-moi la force de poursuive, surtout d’aller ! je s’aurais me montrer reconnaissant envers vos bienfaits, vos secours…

de blanches fourmis – de grasses mouches

sommeil léger et plutôt ennuyeux

la mort me rétablira !

rien qu’un souffle

pas sûr du sol, du tout

qui se pliera !

fumant sans envie

le besoin d’en fumer d’avantage

comme un chat !

j’étreins mes nuits – je feins mes aubes

une solitude qui nie d’être là

ou selon mes pas !

le monde parfois heurte mes yeux

les caravanes sur les parkings déboisés

les vents, là-bas !

l’office de tourisme déserté par les flâneurs

les conseillers sont en congés

un mea culpa !

les saisonniers au coup d’œil de lamelle, quelque part des dames qui hantent les ruelles, des féeriques ! et moi, à mille lieux de franchir ton seuil, ton corps, y demeurant pétrifié !

une fille qui te ressemble, une lituanienne peut-être qui se souciait de mon itinérance. la lumière sur ses cheveux était bleue. je cherchais un signe, une faille par où m’introduire

je vais enfin revoir mes initiatives avortées, quasi inchangées, toutes les montages avec un seul ticket ! les ombres et les nuages comme chez le poète Darwich, même l’universel est gradué par nos subjectivités

toujours ailleurs / toujours l’étrangeté

je me retrouve souvent aérien.

n’étant qu’un enfant, libre de mes poésies, mes voyages qui ne s’allègent plus du sacrilège. les poètes portent la leur comme une énigme, sans qu’aucun ne parle à bâtons rompus

qu’est-ce qu’elle fera de mes débris, d’un chauve ? je me servais avec aisance, indisposé à plaire. je ne soupesais rien, sans profondeur, sinon mes cauchemars. j’égalisais comme ceci :

je parle aux vents et les rivières au milieu des vaches et des moutons, des rapaces aussi qui évoquent la digue. je vague d’un point d’accès à un autre. la nature me rend érectile

je parle tout le temps aux morts

j’écoute le vivant

la poésie a ses canaux et ses représentants sont sur le départ, toujours

je cherche à revivre notre rencontre

je suis à la recherche de ma note infinitésimale, un scherzo

déjeuner frugale

descente vers la rivière

une rue étroite qui me malmène

je pense à la casbah

les chiens aboient et me rappellent à la proximité de la Ténèbre.

je ne savais rien sur Djeha le rusé, mais plutôt celui à qui arrive les pires crasses. ce personnage canalise à lui seul toute l’atmosphère d’un peuple. je voyais à la place de ses histoires, une estrade :

fatigué, j’écris. et la nuit !

crépuscule de l’été

l’oiseau frôle son nid

poussière d’écorces

toutes les sociétés sont utopiques

sauf, la notre.

je cherche pour le scandale une rime en Hic

perdre son héritage est pire que de se perdre sans s’échapper

sans l’aide du Créateur

j’approche du madjoul aux larmes de feu

l’amour est comme un minuteur

l’hors du temps, rythmes, fluctuances

je redonne et ne suis plus

il me vient une transmutation seconde

le puits des mes jours, sans prévoir mes jours !

nuit.

je me projette dans la nature et ses couleurs, sa perfection, etc. comme le matin d’un homme qui regarde ses mains, un peu noircies. le sentiment d’un destin inaccompli finit par m’achever

il faut une certaine disposition, envergure

pour rentrer dans le poème :

j’installe de blanches étagères

en essuyant la poussière de mes yeux

une éponge bleue

je course quitte à m’éblouir

j’entends les mêmes chiens

la même détresse

Cadéac commençait par un vertige, comme un long bourdonnement. j’appréciais son silence interrompu parfois par le passage des véhicules, un flux d’informations me parvenaient

je m’éloigne, ô ma regrettée Jasmine ! je m’en vais sans avoir rien toucher, rien épousseter. je me retournais autant de fois que cela m’était possible. il y avait si peu de brèches

une respiration.

je vivais un chagrin tout le long de mon existence, le récent décès d’un proche épaissit mon fossé, une couche de tristesse qui m’éloigne, m’éloigne, m’éloigne, etc. comme de manquer !

comme un vestige

je rêve de la fille à la chevelure cellophanée

qui me tient le bras

et de l’autre main, une carte

les disparus n’ont de commun que la terre

le cœur des hommes

j’aimais les filles avec un caractère arrondi, un peu légères sur les bords. elles avaient des discutions fluides, une idée de la sensibilité, etc. je peux ne pas tenir le coup

les peaux refusent le soleil en France.

je viens d’avoir à l’instant l’idée d’une fiction, un homme qui erre de rencontres virtuelles à sa propre réalité. je le vois jeune, insomniaque et malade de :

C. qui a refait surface

et a écrit un poème à mon attention, très beau, puissant

elle préférait tournée la page sur son passé et de même sur notre amitié

entre nous deux la plaie ne cicatrisera jamais

comme une rencontre manquée

on ne peut rien pour personne // on ne peut rien pour nous-mêmes

s’ouvre un espace infini

que l’on démolit

je préférais retrouver ses lèvres

comme la fois dans son appartement à alger, oh…

les dieux passés se sont succédés, effacés. seule l’ombre des étoiles ravive la flamme. parfois, à peine perceptible, comme sur un vieux navire, mes oreilles cintrées écoutent le chant des sirènes

ou les voix de mes morts irréalisés

les mots ne s’emboitent plus, sans décliques, sans saveurs, parfois. j’omets d’autres qui s’étalent, comme cette fille obnubilée par son visage, une archaïque image

je revois des trains sur quelques lignes de fuite, cela est arrivé, absent

le pire est que je ne peux m’y prendre différemment

l’homme au gilet

tâte les reflets d’une marre

chasse ailée

il ne se trouve de salut qu’en Dieu

si cela m’est enlevé, aussi

effrayant

je n’en ferai pas pour autant une messe

l’écriture est derrière le poème, un état de somnolence active, une traversée dans la glaise, une expérience d’autohypnose, etc. je parle d’une désincarnation, comme une extension

il n’y avait pas si longtemps

un calme matin

comme après un clair de lune

lorsque le silence se déposait sans dentelles

le néant était une rose

du poème surgissait la rose

si je reste encore ici ce n’est que pour le fun de la déconstruction, sans pour autant me sentir capable de proposer. je soulève cependant un doute sur les miniatures, cela ne me présage rien

le ciel dit peu des villes

beaucoup d’où l’on vient

aucune autre part de chance

l’oubli des jours d’un malheureux

je me demandais pourquoi Fellag abandonnait le multimédia dans ses spectacles, vidéo., piano concert, etc. il faut croire que l’art du spectacle se standardise, comme dans presque tout

j’aimais le mixage des moyens, des cultures, sa nudité d’artiste, sans perdre l’aura. j’espérais de mes lectures et visionnages. dans la vie, un artiste se protège

je me refuse l’aube

je me refuse les nuits blanches

je me refuse la pornographie

l’enchantement est parfois si fort, si fort… que je me perds ! je suis témoins d’une tragédie qui se vit chaque jour, c’est d’une beauté sidérante. non, ça va… de plus en plus parmi les morts !

je sais qu’en disant n’importe quoi que l’on pense n’importe comment, suis-je à châtier, qui veut faire ripaille ? je croyais à la crucifixion, par mes racines et mon histoire, bon ! je sais en revanche la douleur

l’homme à lui seul est un continent. cit.

les gens créent des personnages et évoluent dedans ou avec, à proximité, jusqu’au jour où ils leurs deviennent encombrants. les marionnettistes ont parfois froid sans un feu, la nuit

je pardonne à un lâche de ne pas me tromper sur ses attentes, l’homme qui se souvient, sa rectitude ? on pardonne une gifle… pleins d’autres choses qui ne trouvent pas moisson

les masques finissent toujours par tomber

moi, je traverse

je n’emporte avec mes tourments, mon gouffre… Dieu, du moins l’idée que je projette ! seul, renonçant à la vie puisque vous en faite parti, être là, sans vraiment m’enrouler

à chaque fois qu’il se remémore l’un de ses poèmes

comme des brèches dans l’instant

cela lui coûte un ongle, chaises et assiettes, etc.

il regrette son choix de la pauvreté, comme les choses qu’il entreprend, sous une faré. il voit l’idée d’un poème s’anéantir par le feu, le foyer d’une poitrine d’un homme qui erre

il porte son corps au fond de la baignoire, un peu fiévreux, un peu d’une balançoire. l’eau coule sur sa peau, sa peau des fesses. tout l’infini de l’égout le monopolise

comme un cadavre que l’on purifie avant son dernier séjour, lorsqu’on doit dire dans un crachoir de fous ! sa morve n’est que la conséquence de la température, se rasure. une texture qu’il ne peut avaler

je ne parlais pas :

vents qui déménagent

pluies orageuses

pique qui se vide

de parois

héritage

tombes où on l’ensevelira

insultes par panne de dérision

jeu de quilles enfance

à crédit aumône sans tête de biche

Mustapha et son quart à la balance

foudre paratonnerre et toi

la caresse de l’aube, le toucher de l’aurore. il les cultive comme les mots en siégeant sur d’autres terrains jusqu’au bout de l’aune, exténué, mais plus persistant, plus fort que l’anniversaire de :

G. qui revient d’une rupture

il n’a pas pris le temps de voir le tournure de cette expérience

son besoin de sensations fortes prend le dessus

personne l’oblige, peut-être ses peurs, qui sait ?

l’idiot ne s’y préoccupe même pas

nous ne pardonnons pas à un homme de raté, ou qu’il refuse ! seul, un feu d’artifices dans sa tête, il endosse la honte du perdant et brûle. un jour, comme une vieille branche, il casse

je ne lis plus et végète. j’écoute du chaâbi. je change de pays comme de poumons, je course. dans les détails, le pays que je viens de quitter est magnifique. il nous reste à les définir

j’essaie de ne pas me faire souffrir et de blesser autrui, tenir une ligne de conduite et être stable dans mes relations, sans les sexualiser. je ne me beigne plus, je plonge :

la femme tuera son besoin de se décupler

elle ne trouvera plus de nécessité à un utérus

que ferions nous de nos mains, messieurs ?

jaloux de vous, femme !

une fée parfois me tient éveillé et enchante mes nuits, jusqu’aux premières lueurs du matin et le retour des cloches. je parcours les Pyrénées mes yeux bandés, mon cœur pleins d’attentes

avec une tasse de café

mon corps sous la couverture de la pluie

je mettais à l’écoute Love Song de Miles

fort ou d’une égale extase

et d’un coup, les rivières que je quittais

les reliefs par une double stances

les arrivées sans l’ombre d’un doute

les failles que je redoute

chut, c’était quand le Sibaou ? essoufflé

une danse et la geste

une jeunesse

nécessité

l’œuvre de Dieu

sur terre

est-ce qu’il fallait passer par les férocités, les bestialités, la violence des dinosaures, etc. pour qu’ensuite on l’intègre, sans oublier les animaux soumis à nos volontés et à nos ventres

pour qui croit aux :

esprits

courants

fluides

énergies, etc.

comment peut-on vivre et s’entendre entre nous ?

certains pensent que l’occident aurait abandonné Dieu, une terre de pêchers et sa flore nakida, je tiens à autre chose, celle où chaque atome lui rend grâce, sur terre et dans les cieux

si on avait déjà hérité du paradis

cet univers

la proportion du bien sur le mal est affirmatif, au fond ?

et les prophètes n’aurait eu qu’une révélation partielle de l’ancien monde, d’autres réalités, etc.

une question alors revient, celle de finir ?

Dieu peut tout

l’observé-observateur est zélé

épilogue

un soir que j’assurais la réception dans un hôtel du centre ville de Nantes

un homme voulait dîner

je lui préparais un plateau improvisé

nous ne faisions pas de restauration sur les lieux

il souhaitait régler sa consommation

une chose que je refusais en proférant que l’on était en abondance à cet hôtel

et que l’on mourrait pas de faim en France

il paya le lendemain en remettant les clés à mon collègue, sans postillonner

je n’étais qu’à 24 nuits de veille

Sep 2021 – 2022.

Statut

privation de mes libertés

quelques fractions

le minimum sur les cloisons de l’esprit

une grotte approchait

les douleurs creusées creusées

la peur de tout raser en désert

de raser les murs

antérieur silence

les infinies impossibilités autour le bruit

introuvable était la phrastique sur le bourdonnement

de qui était cette perle ?

reviendras-tu, dis…

il sortait d’une incarcération avec trois idées à faire valoir : repentir, expérience, vanité. pourquoi le chiffre trois – qui parlait aussi de réhabilitation ? la fin dernière nous le révèlera

comme s’il s’était changé – comme s’il ne valait pas moins qu’un autre, même au-dessus de ses amis – comme si la voiture et les liasses de billets exhibés signifiaient la réussite

Liens

grands-pères – vous n’étiez pas seulement un territoire

vous étiez aussi d’autres résiliences 

grands-mères – vous n’étiez pas seulement une gâterie

vous étiez aussi d’autres présences

père – vous n’étiez pas seulement un quiproquo

vous étiez aussi d’autres contenances

mère – vous n’étiez pas seulement une nervure

vous étiez aussi d’autres anses 

oncles – vous n’étiez pas seulement un phare 

vous étiez aussi d’autres partances

tantes – vous n’étiez pas seulement une mimique

vous étiez aussi d’autres exigences

frères – vous n’étiez pas seulement un sourire

vous étiez aussi d’autres permanences

sœurs – vous n’étiez pas seulement une chance 

vous étiez aussi d’autres confiances

cousins – vous n’étiez pas seulement un roseau

vous étiez aussi d’autres évidences

cousines – vous n’étiez pas seulement une danse

vous étiez aussi d’autres influences

épouses – vous n’étiez pas seulement une traîne

vous étiez aussi d’autres délivrances

beaux-pères – vous n’étiez pas seulement un silence

vous étiez aussi d’autres outrecuidances

belles-mères – vous n’étiez pas seulement une doublure

vous étiez aussi d’autres mouvances

beaux-frères – vous n’étiez pas seulement un tandem

vous étiez aussi d’autres alliances  

belles-sœurs – vous n’étiez pas seulement une promesse

vous étiez aussi d’autres révérences

neveux – vous n’étiez pas seulement un gage

vous étiez aussi d’autres abîmes d’où découle la connivence

nièces – vous n’étiez pas seulement une caution

vous étiez aussi d’autres chaos d’où jaillit l’urgence

( je regrette de ne pas vous avoir connus ! ).

 

Assouplissement

à Isylle et Rémy.

ceux qui vous souhaitent une belle vie

sachez qu’ils vous ont écarté de la leur

comme de leurs orages

mes lèvres noirs soufflent sur le soleil couchant l’origami enfantine

la traversante pluie cogne le vert émoussé des vitres de nos voisins lentement

un Je qui n’est pas le Je que je reconnais dans mes délires et mes vagues élucubrations

j’ai réinventé ma vie jaunie en pleine conversation comme Forest en alabama for ever

je redécouvre la ville que j’ai quitté et je jure de la parcourir habillé d’une âme de pèlerin

j’irai au secret de mes pensées et aux noirs tourments de mon cœur comme être là et ailleurs

je mourrai pauvre et abandonné de tous entre autres balivernes que tout le monde semble l’ignorer

les yeux du lézard ne voient plus clair

la couleur fade sous le citron

le souvenir de la prime vigueur ronge les os

les soleils des nuits entravées

la personne au téléphone ne veut rien entendre

le regard regagne les girolles d’un panier moisi

le bringuebalant infini baille derrière les paupières

l’épervier n’est plus

on a dit que l’on aimait pas les bébés

et toutes les choses auxquelles tu n’as pas accès

parmi ceux dans les rues qui ont vu senti approché les ténèbres !

il est du 19e siècle, un peu grec, combien irréparable serait la juxtaposition avec son époque. il leur faudrait renoncer à certains thèmes : la beauté, la folie et le rêve, etc. il repense souvent aux vecteurs

indéfinissables, ses étés sont comme les hivers, un ciel gris et bas, du vent et les fenêtres fermées. il ne lui manque plus que la paresse aussi de sortir ou de se faire autre chose que des pâtes à la bretonne

Reprises & Cie

une mésentente déjà si

jeune…

une mélodieuse s’en va

qui s’en va je ne sais où

avec ses opérettes si tragiques !

comment pourrai-je

oublier ?

rire et rire

avec toi frère, mon

frère-sourire

l’unique bien

qui me laisse comble

pour lequel je rends grâce à Dieu

est toi frère

frère-sourire

s’arrêter 3 min / 24 min

et se recueillir

et se vivre

lorsque tu es cerné d’impossibilités

avance le doigt, l’obscurité s’aplanira

ce que je dis a déjà été énoncé, par moi-même et les poètes à d’autres époques. comme à présent, ces signes-traîneaux qui se doublent ont déjà été déposés, sans préalable

c’est du peut-être à mon strabisme, – comment alors sortir du calque ? malgré tout, ce n’est pas avec ces brèves qu’il faudrait en parler, quoique cela n’a aucune importance

03/2011 – 09/2022

Go fast

des poèmes

personne ne les veut lire

que faire ?

si personne n’en veut

qui en voudra ?

des des des

poèmes

personne ne les veut

que faire ?

quoi faire quoi faire quoi faire quoi faire quoi faire

pourquoi faire – pourquoi s’en faire – pourquoi pas ? à quoi bon

des poèmes des poèmes des poè…

personne n’en veut

personne personne personne vraiment personne

quoi ou que ? rien à faire

des poèmes que personne ne veut

de la gangrène

dé dé dé dé dé dé … éme – aime

personne ne les veut

rien

des poèmes que personne ne veut ! – oui.

quoi faire ?

personne n’en revient

ni ne rappel

des poèmes

personne ne les veut

quoi espérer ou que faire ?

Sur une feuille d’écolier

pour Meissa.

le concept n’était pas, pour qui veut bien y réfléchir, un ennemi du poème, seulement sa porte d’entrée et non, évidemment, son aboutissement. Yves Bonnefoy.

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Lune

voulez-vous que l’on parle de ma tête, de mes dents et de mes tripes ? je prenais acte de mon cerveau en voyant celle d’un mouton, de mes livres comme un calque, d’où j’apprenais sur les amitiés

découpe éminente

découpe corps

vers creusé

oraison

sans rituel

beurre et poêle sur le feu

l’image

sans mots

le paysage s’endormait sous nos paupières – on s’endormait dans la voiture – j’aurais dû à chaque réveil l’embrasser… , – même alors à l’extérieur ? je ne vais plus qu’en me retournant

multiples voix

matière

tonalité

sacrificiel

lépreux

de la nuit et du jour

traditions

souvenirs qui démontent

enfance

cyclique

renouement

métaphore

strates

fiche

adresse

missives qu’à soi

trou

lectures

passerelle d’un vieux temps

Marseille

modernité

réalité

scission

évite

celui

qui

suscite

le regret

vers un entre deux

soi comme des parallèles

Tout code

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tiré d’un ancien téléphone le 25/06/2017.

Bruitages

une femme de 70 ans est adressée aux urgences pour un syndrome confusionnel isolé, sans notion de chute ou de traumatisme crânien

de ses antécédents, on retient : une hypertension artérielle traitée depuis 10 ans par amlodipine (amlor) (10 mg/j) et un syndrome dépressif traité par paroxétine (deroxat) (20 mg/j)

les constantes sont les suivantes : pa=145/75 mmhg, fc=90/min, fr=20/min, température=37,2°c

il n’y a pas de signe d’insuffisance cardiaque, d’œdème, de signe de localisation neurologique

les données biologiques sont : natrémie=120 mmol/l

kaliémie=4 mmol/l

protides=62 g/l

créatinine 102 mmol/l

hématocrite 45%, glycémie=7 mmol/l

calcémie=2,34 mmol/l

reprendre les fables

aller dans la bib’iothéque

relire les livres antérieurs

peut-être…

tiré de facebook le 21/06/2018.

Ticket de commande

nom prénom : Ilan

f 146 / vente à emporter 105

( 50029 ) employer : thibault

date transaction : 18/03/2018

numéro caisse : 14601. temps transaction : 22:20


qté désignation montant cb en prod


1 classic 2 p oriental ?? ; ??

1 hd vanille caramel brownie ?? ; ??

1 coca cola 1,5 l ?? ; ??


total ( euro ) : ?? ; ??

code tva % tva base tva montant tva lig

b ?? ; ??

f ?? ; ??

http://www.pizzahut.fr

tel : 05 56 30 10 40

* burdigalia corp sarl capital 25 000 *

rcs bordeaux 513 110 320 ape 5610 c *


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Sur un ancien téléphone

  • sur la messagerie :

a : ah / a / à / alors / au / avec / aussi

z : zone / za / zal / zèro / zoom / zen / zones / zoè

e : euro / et / en / elle / est / est-ce / encore / enfin / ensuite

r : recherche / rue / re / rien / rk5061167990fr / rabi / retour / réponse / ré

t : toujours / tu / tout / très / tiens / tous / toi / ton

y : yeux / ya / yeselmek / yakhi / yahia / yaourt / yves / yahoo

u : une / un / utiliser / uniquement / utilisation / utilisez / utile / utilisé

i : idée / illusions / il / incha’allah / ils / ici / informations / intéressant / internet / impossible

o : on / ok / oui / ouais / ou / oh / ont / œuf

p : prends / pour / pas / par / plus / pourquoi / pouvez / peut / peux

q : quand / que / qui / quoi / qu’il / quel / qu’est-ce / quelle / queue

s : son / si / salut / sinon / suite / sur / salam / super / sans / sang

d : dernier / de / dans / donc / des / d’accord / dis / depuis / du / dû / dire

f : fichier / faire / faut / fait / fais / finalement / fois / fin / fou

g : gros / ghiles / grand / grâce / genre / google / gaz / gestion / geste

h : hier /hahah / hamdouli’allah / hello / ha / histoire / heureusement / hills

j : je / j’ai / j’espère / juste / j’aime / j’avais / j’en / j’attends

k : kif / kif-kif / khoya / kateb / kafka / khir

l : la / le / les / lasure / lol / lui / lors / losque / lola

m : merci / moi / mais / mon / ma / me / maintenant / même / m’aime

w : week-ends / web / windows / william

x : xi / xml / xylophages / xénon / xperia / xénophobie / xérès / xénophobe

c : ça / c’est / ce / comme / comment / coucou / celia / cela / cette

v : voilà / vous / voici / voir / votre / veuillez / vraiment / vu

b : bien / bonne / bon / bisous / bonsoir / bah / bref / bœuf

n : nous / non / ne / n’hésitez / n’est / normalement / notre / n’ai / nez

/// belfort l’évocation oxycoupage de la broderie odorante en béton ///

  • sur la barre de recherche google :

a : amazone / arbre tremble / airbnb

z : zalando / zara begles

e : erilia / edf / eccp. poste dz / euro de football féminin

r : restaurant couscous saint michel / restaurant couscous begles / rosée des roches / ryanair

t : tabac villenave d’ornon / traduction

y : youtube / yahoo ! / yahou mail / yves rocher

u : ups / un grand droit / une demi lune / ubb / ukraine / ugc talence / umbrella academy / uber / uber eats / undiz

i : impot. gouv / itérer / infuse def / ikea

o : ouverture synonyme / opine def / oblique définition / outlook

p : pharmacie villenave d’ornon / pléaide / paypal / programme tv

q : quarto gallimard / que devient sardip ? / quiche lorraine / quick / quai 54 / quiche sans pate / que faire à bordeaux / qui a tué sara ?

s : suivi la poste / scribens / spa animaux villenave d’ornon / sud ouest

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f : fnac bordeaux / facebook / fedex suivi /

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j : jcex suivi colis / jeux méditerranées de 2020 / jean sénac / jardiland / johnny depp / jurassic world : le monde d’après / joseph quinn / jean-jacques goldman / james caan / jennyfer

k : kiabi / deno / nick kyrgios / kfc / kahoot / kayak / kebab / sakina karchaoui / koh-lanta / kim kardashian

l : liane 11 / livre groupe de jazz 2014 / le bon coin

m : météo bordeaux / magasin fourniture d’art bordeaux / météo tizi-ouzou

w : wilaya tizi-ouzou contact / tournoi de wimbledon / wejdene / wimbeldon

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c : cas covid fr / cas covid alg / cdiscount

v : villenave d’ornon / victoire de la musique / vélo tachyon 2.0 / vinted / volotea / viasmichelin / vacances scolaires / vertbaudet / veepee / variole

b : ballotage / badoo / bémol def / boulanger

n : nathalie azoulai / nœud définition / numéros anep éditeur / nike

Se rabattre sur la ligne d’urgence

il ne pleuvait plus

sur mes blancs tombeaux

les essuie-glaces étaient en stand bye

par intermittence

elle conduisait silencieuse et somnolente

le jour aussi

elle n’était qu’à moitié là

un véhicule d’une trajectoire opposée

parfois plein phare

radiographiait l’habitacle poussiéreux

sur une route ouverte, largement ouverte

on n’évaluait plus les distances

seul l’éloignement du point d’escale à soi

De la journée

je parle à une jeune fille qui joue au bandit et à la police sur une pelouse sillonnée, sillonnée… , préférés aux sirènes de pompiers

je réouvre une fenêtre, – referme une fenêtre

de la fenêtre un don

des prémices

je repose une assiette, – relave une assiette

l’assiette est rangée dans le conduit

des cafouilleurs

je redescends les stores, – remonte les stores

sur les stores une araignée écrasée

une bouillie !

au plein d’araignées qui tissent des linceuls

je réponds merci !

allongé sur le lit repensant aux fourmis de la jeune fille

à qui j’ai encore souri

Roulette

il y a des poèmes qui me ressemblent

que je sens

que je ressens

que je vois

et tous ceux que j’écris

cet objet tient du livre et du recueil

qui se lit comme une fiction !

où chaque poème

le réorganise

toi que je devine

tu me perçois peut-être en retour

toi vers qui j’approche

est-ce que tu m’excuses cette harangue ?

je tiens certaines connaissances sur la vie

le côté charbonneux des choses

en moins blanc !

je ne me justifie en rien

je te salue

un jour ou l’autre, nous régnions sur les tropiques. un autre jour, nous sommes seconds, anxieux du branle du temps. nous restons ancrés au sol, comme des brins d’herbes ravagés par les vents

il adviendra un jour, inéluctablement, où nous serons piétinés à notre tour, par la génération ébahie qui arrive, dans l’indifférence de la foule qui n’aura déjà plus cours

Plus la bienvenue nulle part

à Diana.

un soir dans tes vieux jours

lorsque tu seras assise auprès de ton radiateur

repensant à tes jeunes et belles années

tu te diras A. m’a célébré, pense-y bien !

comme l’avez fait avant toi Hélène De France

le doux secret de cette maxime se cache dans ledit poème

éprouver de l’attirance pour une personne qui n’est pas réceptive

cela te noie dans l’informel, sans appuies

ni vérité

tu observes ton reflet dans le miroir

une trajectoire biaisée

très peu conçoivent le sens de jouer à deux

d’une valse

un nuage menaçant au-dessus du lit

fourmillement aux extrémités

j’entends du blues qui tombe de mes oreilles, les creuse, toutes à toi suspendues. je n’omets de l’esprit du renard que sa queue ! c’est mièvre comme une praline ou une voix

une période à revoir, compliqué, rien ne va plus ! qu’importe où tu te situes, toi, la seule, une lie de ce qui ordonne et s’enfuie. un idiot se précipite là, perdu, évanescent, approximativement

la photo de toi que j’affiche sur mes écrans me terrifie, une palourde qui me refuse sa perle de rêves. j’imagine tes bras autour d’un cou im-personnifié, rien n’est aussi absurde, comme lointain

Bruissements

s’infiltre par la serrure de la porte et des fenêtres

l’aube aux clartés essentielles

le chat ne joue jamais seul

ses yeux étoilés bruissent par un saut

tout s’invite à ma demeure 

en cette heure de l’éveil

l’attention portée à la circulation des oiseaux

: l’astre, l’instinct du chien qui remue !

l’odeur de café sur le feu mitonnant

les intimités d’un cœur étrange et drôle

l’appel du vendeur ambulant

du jour et de l’adresse

Sous les cotons

à Hania.

sous les cotons du temps

tombent

les rideaux métalliques

les innocents flirts

s’enrhument

une cocotte en papier peint dans des amas d’agrumes !

– est-ce qu’elle m’aime dans ce tout de noir ?

j’appelle au Sauveur des hommes !

c’était le crépuscule

pour l’heure, j’arrose les arbres

de mon urine

est-ce que c’est l’annonce d’une nuit sans fond ?

écorchure de l’âme

une glissade dans du savon d’été

qu’est-ce qui permet ? – la noyade.

j’ai dû en baver

sous le coup des fatalités

désordre camouflé

un bus orange grince

je suis désorienté en face de Ranima De La Cité

t’accueillir aux soirs…

t’accueillir entre les interstices de la réalité

je rêve d’un dehors nouveau, comme un doute qui gâche toutes ces années. les persiennes d’ailleurs sont d’un beige émietté. là, je suis tombé ! là, je retombe encore…

le râle de mes semblables a quelque chose à m’apprendre, par eux, je m’évapore ! je me laisse tenter par la paix qui descend , mon esprit s’absorbe en deçà de ses voilures

Scoubidou

à Djawhar.

comme le jour qui coule // comme la nuit qui fend

je soufflais le chaud et le froid

comme un courant d’air ! comme un courant stellaire !

la terre était le ciel // le ciel était de terre

les points cardinaux étaient incommensurables

le sang de ma poitrine nourrissait mille fleurs

je n’avais rien au-dessus de ma tête

l’homme cherche à se résoudre

il sonde son âme dans toutes les directions

depuis la nuit des temps

comme allonger sur la lune

tiède et au calme

il répond à des leurres

et souffre de la contrition et des hommes

je ne saurais jamais poétiser : je voyageais – je parlais – j’écrivais. ils disaient que j’étais maudit, qu’aux ténèbres était voué ma vie ! je croyais que chacun avait une chance, à un faisceau de lumière

je renouvelais mes engagements envers la vie, il était pour moi vital de demeurer pour mes proches. je ne portais rien sur mon cœur, tout était vain et d’ailleurs. je rencontrais Dieu dans un pot de danette

Tigzirt

à Rabah. et à Omar. et à Hidouche. et à Omar.

Le soir tombe sur le jardin.

Les oiseaux se taisent.

Le silence du soir est un objet perdu.

Le silence du soir propre aux animaux, propre aux oiseaux,

est un objet spontané, naturel, perdu.

Sur le jadis. Pascal Quignard.

au commencement il y avait l’oubli

et toi

et ton corps

l’infini du jour

brûle !

les jours passent

les dédales…

comme la vie en l’air

comme les orteils du pied à l’air libre

où tout est mousseline

je m’en vais sans vraiment partir

passent les jours et viennent les aurores

hélas, je ne reconnais que mon cœur

je ne me l’explique pas

très peu savent

– ils rêvent !

vivre sans vous

et mourir

mourir de vous entendre

et vivre

( ce n’est pas aussi idiot que ça en a l’air ! ).

qu’est-ce qui subsiste

les mots

l’espace

l’espace entre les mots ?

je dois tout à ma couleur de peau et l’intuition

il n’y a aucune énigme

comme une âme égarée // comme une seule nuit

j’achève…

je perds, oui, je perds la raison dans la moire du chaton. il pleut sur la rive de Tigzirt, – si t’es sociable, ma belle ! il y a ceux qui préfèrent la compagnie des escargots

il pleut, il pleut… , la rive de Tigzirt spirale ! il n’y a qu’une orpheline pour guider un aveugle. la nuit qui tombe en trombe, j’entonne, comme une chanson d’automne

Qui s’infuse

à Mokrani.

tu envies l’impassibilité des pierres

comme la musique de la main des vagues

comme la douceur d’un galet sous le soleil

la nature prodigue ses leçons de vie

l’eau salée mouille tes lèvres

tu envies l’impassibilité des pierres

comme leur intranquillité

sur le rivage soufflait un vent frais… , sur le rivage un vent frais soufflait sur le caillou… , le caillou au bout de ton sein, le caillou de la nuit, de cette nuit là !

sur le rivage un vent frais soufflait sur le caillou de mes nuit, – on aurait dit que les chairs brûlaient ! je moussais autrefois le sable, revoyant mes amours et diverses effronteries

sur le rivage par épuration les migrants échouaient, les manques et des tragédies qui soulevaient plus de manques et d’horreurs. l’histoire moderne nous montrait ses horreurs… !

En homme

je m’attends dans un avenir incertain

je m’attends dans un endroit indéfini

je m’attends moi-même

je ne pars pas et ne reviens pas

je ne m’endors pas et ne m’éveille pas

je n’inspire pas et n’insuffle pas

je me fais peur et ne crains rien

je m’appelle et ne réponds de rien

je mens et ne me mens en rien

je funambule entre les mots

comme se mouvoir, chercher plus loin, savoir dire au revoir

Murs blancs

il me parvient de la musique qui se noie dans les gosiers

après tout on n’aimerait pas danser

je joue avec les murs blancs

et le cauchemar des morts et des vivants qui se versent

comme un gouffre colportant un entre deux

une allumette dans un tas de foin, sous peu le brasier

je n’ai pas pris le temps des corps apaisés

négligeant le potentiel d’érotisme de l’univers

les brefs moments qui découlent dangereusement

d’où émane une substance l’… le mot s’est détaché !

on aurait souri avec quelqu’un d’un peu voyou

quelqu’un qui brûle de regrets

Hagard

le jour s’endort

un peu moins dans la décrépitude

j’apaise le flux du sang

les rives où je me retrouve ne sont pas miennes

comme ce jour-là : divin !

je ne l’ai pas observé dans mes souvenirs

ne croyant plus à l’immuable ici-bas

je regrette un ciel perdu qui bavait sous la pluie

je regrette aussi pour Adam

et un tas de sièges

( je lui dois comme toi qui lis ! ).

suffit-il de croire, – tu as beau t’affairer ?

à bordeaux, c’est l’après le déluge qui prédomine

j’invente des chapiteaux

où je sacre tous mes repentirs et infidélités

est-ce que c’est le son d’une cloche

son astre tinte le fond

au soir d’une sordide réaffirmation

je dîne seul au kfc

Une fleur de citronnier

à Fanny.

en dépit de ton silence qui m’écorche le sang

l’odeur du jasmin qui me blesse

blesse de mille morsures de serpents

la lune est une amie

le soleil est comme une fête

le jour décline morose

comme les mots que l’on ne peut rattraper

sur mes pays et loin de toi

je suis l’étranger

l’exilé du cœur

je revois par la fenêtre qui apaise mon esprit

le citronnier de l’enfance triste

les lourds portails qui te seront à jamais ouverts

comme me souvenant qu’il n’y a pas si longtemps…

dans La femme qui était un livre ¹

le poète ne te drague pas

lorsqu’il est triste

même si le poème t’envoute

plus qu’à voir – une ouverture

pour permuter, de se vivre

le mot qui me vient est séance

je referme les yeux dans tes yeux ! j’ouvre un ciel dans ton cœur ! tu n’as jamais cessé de partir, sans rien emporter de mon amour, sans quoi tout peut changer. j’espère ta venue

de t’aimer, je le crie partout, sauf vers toi ! l’étroitesse de mes pensées m’épargne moult soucis, monsieur Moult et la bosse d’un dromadaire dodelinent dans la ville !

1 ) Recueil de Marc Losson.

Oh, la cigarette que l’on fume !

une cigarette se consume entre mes doigts

une cigarette se fume

elle s’appelle Rym

elle est longue et fine, rime souvent avec spleen

comme les vieilles accros qui viennent des indes

je m’en brûle une deuxième

j’ai besoin de nicotine qui calme mes nerfs

la braise rouge est une musique plus ancienne

elle a son style

les non-initiés lui prodigue des paroles vaines

les non-initiés la voit d’un œil en friche

peut-être des rivales… oh, la cigarette que l’on fume !

je succombe sous ses lignes blondes

à toute heure de la nuit et du jour

je me lève pour des bouffées de tabac blanc

rien que nous deux sur mes lèvres

elle dit stop sans vergogne à mes colères

elle dit stop à mes doutes sur l’irrationalité du monde

en bouse de vache, industrielle ou encore à rouler

je souffle sur ses pas clinquants de bourse

par douzaine ou par paquet souple bien rangé

c’est toujours un plaisir et sans regret que je la fume

d’ailleurs, Rym a une prose…

Feuillet troué

à Anne.

et si de ce monde autocratique et obtus

je répondais par un autre rêve

je reste sans activité spécifique

l’autarcie me fait bander longtemps

et si j’éprouve le besoin de comprendre

seul l’aride parmi toutes les vérités m’est nécessaire

lorsqu’on est consacré à la vindicte sans secours

rêve, rêve, rêve… aux lassitudes du mur de brique !

et si nos illusions renouvellent les découvertes 

j’ai grandi avec le vin des vignes et je m’appartiens

je crains fort les glottes de l’idéalisation erronée

ceux qui lancent : toute tentative est collatérale !

et si nos échecs soulèvent de futurs espérances

ce n’est pas innocent que l’anarchique ordre régnera en maitre

le rêve commun n’est plus sans le concours de l’amitié

l’horripilant est dans le clos de nos coquilles

Bocage

j’écrase l’herbe

sur un paisible bocage

pour bâtir

un tipi

sous la pénombre

avec mon dos d’hérisson à trois pattes

comme à présent prendre l’air

est à exclure

je suis ton ange, tiens-moi la main

je suis innocente, pardonne-moi

souviens-toi de nous

souviens-toi que tu es libre

pars à la rencontre des vierges rivages

c’est une chance ce départ qui s’offre à toi

prends-moi dans tes bras une dernière fois

j’ai longtemps observé les constructions de ma banlieue, le paysage, les lumières du soir et les bruits qu’elle résonne. ah, les étourneaux qui passent ! des couples, bien sûr

je n’ai jamais rien su déchiffrer, avec l’intonation des voix; les visages et les gestes de la main, ce n’est pas si évident une main ! peut-être que l’entre deux l’entendement ne le conçoit pas

je sais qu’il y a des arbres aux feuilles jaunes qui tombent à l’automne, et elles tombent… , cependant, une variété. les cuivres font appel à ces mêmes oiseaux sur les branches

Chaland

au magic pub… 54, 56, 58

comme dans la nef d’une église gothique 

une sombre niche au lait froid et de froment

la rue se nomme maréchal joffre 

vous y rencontrerez peut-être son apache  

à qui manquent une hache et un divin sourire

les habitués s’anesthésient jusqu’à la moelle, verdict :

cette enclave est un tamis qui cache

un arrière fond qui grouille

Lola, Fanfan, Bio… une bande dessinée à eux seuls !

et la content à eux seuls !

entre eux seuls !

il fait plutôt beau aujourd’hui

même dans le cœur de mes voisins

ce qui n’exclut pas leur violence !

après la tempête vient l’amour

après le soi corrosif

à moi la chaleur

Caméléon

dans l’espoir de trouver

une super glue

qui colle

deux fois

la même surface

je regarde les pubs

de patex

parmi d’autres produits

– oh que le monde semble plat

dans un journal !

l’un des haïkus de Jean-Baptiste Pélissier aurait pu se glisser là

: je m’abstiens.

j’enfilais ses douceurs pour le théâtre, après l’acte qui s’était joué à huis clos. elle remontait de l’histoire la poussière des cités, comme tout un réseau qui dégoulinait d’une tirade rouge

je sentais la fauche de ses petites ruelles fraiches, le tronc de ma peau était égrainé. j’extrayais une photo de l’album commun, c’était d’un vif regret que j’échouais…

Chaâbi qu’à toi

à Mounia.

un cœur qui bat pour toi

et qui brûle

respire

une promesse d’éternité

à présent, je me sens

 : expiré.

il ne reste presque rien de ton parfum d’entropie

mon vide intérieur entame ton souvenir

… après que celui-ci soit consommé

pas de chute

indéniablement

il est constamment renouvelé dans son amour !

l’éducation d’une jeune fille pour les temps d’une belle femme

ton cœur prêté comme pour se découvrir à soi-même

la déchéance d’un jeune garçon pour les temps d’un vieille homme

mon cœur offert en perle d’émeraudes que personne n’emplit

Semence

à Ibtissem.

c’est le loup

qui surgit

pour manger la fillette

simplette

avec des fossettes

que je trouve

superbe

ibtissama

c’est bien toi

personnellement

que je cherche, éperdument

et tout simplement, depuis longtemps

les agréments secrets d’une vie incendiaire

et ses dangers et ses tourments…

le noir besoin d’un ventre monstre et humide

tellement phallique ! tellement fatidique !

les chemins qui se croisent chez le dieu des carrefours

la complicité offerte d’un monde juvénile

j’enveloppe nos soirées de mysticisme, avec toi jusqu’au petit-matin, parfois.

Je vois le ciel

il me faut de la poésie pour entendre // il me faut de la poésie pour survivre

je veux respirer pour vivre sans heurts

je veux revivre mes mots qui font l’écriture

je vois le ciel. petit, je suis !

je vois le ciel. croyant, je suis !

je vois le ciel. poète, je suis !

je cherche ma quiétude dans les infinies miniatures  

j’ai combattu toute volonté de puissance

j’inspire à vivre de la poésie

je suis l’éternel soupirant

Chimène est certainement une jolie fille

il y a une expression qui dit avoir les yeux de Chimène !

le noyau sera

la plate désinvolture

et les baisers de l’aimée

où je pends

un poème

ce

à

quoi

tout

homme

devrait

prétendre

la

fièvre

dans

la

peau

comme

un devin

je m’assure du monde. je m’assure qu’il va bien, qu’il chante tant bien que mal, et qu’il rêve de ses irrémédiables bonheurs qui se raréfient, ou qu’il à demain

la poésie comptera au cœur de l’humanité, à l’esprit des vents. l’exotisme change, ô terre des conquérants ! je voyage à l’intérieur de mes frontières et en dehors

Fragments

Scène 1

DROLE DE DEAL… ! DROLE DE DEAL… ! DROLE DE DEAL… !

: tu sentais vraiment que cela ne servait à rien ?

: vraiment.

: tu jetais tout ?

: il n’y avait meilleurs sortie à ces poésies. 

: s’en était une !

: je ne voyais que justice, et renaissance.

: tes mots, au feu… !

: tu y apportais ton eau, tes solutions, mais…

: tu te berçais, voilà tout.

: tu insistais pour me prêter ta voix aux élections, alors ?

Scène 2

ÉCUME DES ROCHES… ! ÉCUME DES ROCHES… ! ÉCUME DES ROCHES… !

: pourquoi doit-on quitter ?

: la fin est notre amie.

: dans le vide ?

: tu dois chercher à vivre.

: je sais, je me l’interdis.

: ton refus est grave.

: je refuse de me rendre à ce feu d’artifices.

Scènes 3

EN APARTE… ! EN APARTHE… ! EN APARTHE… !

: humaine, tu m’intéresse donc moins.

: tu devrais écrire cette phrase dans ton recueil.

: sauf si tu étais une silhouette, un rêve, une lune qui sourit, etc.

: tout dans le négoce !

: ta gueule, toi ! 

Scène 4

TROU ABYSSALE… ! TROU ABYSSALE… ! TROU ABYSSALE… !

: on vivait en paix jusqu’au jour où elle s’est manifestée pour foutre la pagaille.

: vous pensez que c’est irrémédiable ?

: comment la chose immonde est-elle parvenue jusqu’à nous ?

: la faute revient sûrement au diable.

Scène 5 – Acte 1

PLUIE DRUE… ! PLUIE DRUE… ! PLUIE DRUE… !

: j’ai rêvé d’une bataille de fourmis, des géantes !

: bonjour, quel panache !

: de la fenêtre l’orage est plus beau.

: si tu devais refaire quelque chose ?

: comme celle qu’on attend et qui ne revient jamais !

: les sentiments défunts ont la vie dure.

: euh … !

: pourquoi tu portes une chemise froissée ?

: des pin’s aussi, tu vois ?

: oui, très bien. j’ai froid comme une feuille d’automne, pas toi ?

Acte 2

CHAMBE POUR UNE NUIT… ! CHAMBRE POUR UNE NUIT… ! CHAMBRE POUR UNE NUIT… !

: on s’y prend comment ?

: tout dépend de quel côté du lit.

: ni l’un ni l’autre… , tu es partante ?

: toi sur moi ou… , attends !

: grouille toi !

: si on essaie autre chose ?

: pas avec autant de questions.

Acte 3

RAZ-DE-MARÉE… ! RAZ-DE-MARÉE… ! RAZ-DE-MARÉE… !

: tu es tout drôle, dis ?

: ça me fait compatir.

: est-ce que la chaleur submerge ta poitrine ?

: c’est les poètes.

: les sans voix, aussi !

: les reclus de bon gré ou non.

: les montagnes en sont plein ou les froids déserts.

: les morts pour un rien.

: les morts pour rien !

: tous les exclus de l’extrême nord jusqu’au pacifique.

: sans oublier les orphelins de la blafarde.

: les enfants du soleil fixe, les tannés, les vagabonds, etc. 

Scène 6 – Acte 1

LA PIERRE BRÛLE… ! LA PIERRE BRÛLE… ! LA PIERRE BRÛLE… !

: il faut que je baise, ramadan approche !

: il y a d’autres priorités.

: ça devient critique.

: c’est grotesque, trouve toi une passion.

Acte 2

GNOLE QUI ÉGOUTTE… ! GNOLE QUI ÉGOUTTE… ! GNOLE QUI ÉGOUTTE… !

: je voulais juste boire un coup après le jeûne.

: te voilà, un an de perdu !

: euh… oui !

: pas juste pour toi, j’ai perdu des années parmi vous.

Acte 3

LA CLARTÉ SIDÈRE… ! LA CLARTÉ SIDÈRE… ! LA CLARTÉ SIDÈRE… !

: rien ne m’émeut autant !

: de rien.

: tu ne veux pas une couronne, hein ?

: viens là !

Scène 7 – Acte 1

VENTS QUI TOMBENT… ! VENTS QUI TOMBENT… ! VENTS QUI TOMBENT… !

il – elle : tu connaîtras l’éternité.

: comment le sentir et où ?

il – elle : tu partiras sans tes dents.

: lesquels ?

il – elle : celles du bas.

: est-ce que tu me jettes aux loups ?

Acte 2

TIC-PLOC… ! TIC-PLOC… ! TIC-PLOC… !

: à quoi tu penses, mon amour ?

: je pense à la rue.

: maintenant, dis-moi à quoi tu penses ?

: je pense à notre vie sexuelle.

: et maintenant, une dernière fois ?

: je pense à l’orage qu’est ta personne.

: tu veux bien laisser la vaisselle, je finirai demain, incha’allah.

: je sors faire un tour.

Acte 3

C’EST L’HEURE… ! C’EST L’HEURE… ! C’EST L’HEURE… !

: pourquoi cet insensé cri qu’il est l’heure ?

: je crois qu’il parle d’apocalypse.

: c’est l’heure, espèce de fou !

: mais non, ces gens ont des choses à raconter.

: sans blague, il n’y échappera pas lui aussi.

: c’est comme ces câbles reliés qui vont et viennent de quelque part.  

: je suis curieux de savoir quel temps il fait demain, tu sais monsieur ?

: ne lui prête plus attention, tu as un truc de prévu ?

Scène 8

TABLE QUI BRASSE… ! TABLE QUI BRASSE… ! TABLE QUI BRASSE… !

: tu vois, je descends les poubelles !

: t’es vraiment qu’un enfoiré !

: rien ne m’étonne dit d’un ange comme toi.

: t’inquiète, va, j’ai aussi mes travers.

: tu as quelque chose à me dire ?

: enfoiré, tu jettes par terre !

Scène 9

VERROU AU PIEDESTAL… ! VERROU AU PIEDESTAL… ! VERROU AU PIEDESTAL… !

: que dis tu de la cigarette ?

: les algorithmes ne fument pas.

Scène 10

LANGUE DEBOUT… ! LANGUE DEBOUT… ! LANGUE DEBOUT… !

: si c’était moi, j’aurais mis fin a mes jours.

: bien sûr, tu ne vis qu’a travers le regard des autres.

Scène 11

SAPIN DE CUIVRE… ! SAPIN DE CUIVRE… ! SAPIN DE CUIVRE… !

: pourquoi on ne fête pas noël ?

: pour ne pas créer d’amalgame entre les religions.

Scène 12

TOURNE ROND… ! TOURNE ROND… ! TOURNE ROND… !

: quoi ?

: quoi, rien.

: tu me dévisage.

: ah, je regardais ta laideur.

Scène 13

L’OMBRE S’ALLONGE… ! L’OMBRE S’ALLONGE… ! L’OMBRE S’ALLONGE… !

: tu restes ?

: non, je m’en vais, mais avant je reste un peu.

: seulement si tu en as envie, un peu ce n’est pas suffisant.

Scène 14

LE COEUR S’ETIRE… ! LE COEUR S’ETIRE… ! LE COEUR S’ETIRE… !

: tu penses toujours à moi ?

: bon sang, quand est-ce que je ne pense pas à toi !

: tu m’aimes ?

: je t’idolâtre même, ce n’est plus de l’amour, ni humain. c’est au-delà.

Scène 15

DOUX LIT DE MES PENSEES… ! DOUX LIT DE MES PENSEES… ! DOUX LIT DE MES PENSEES… !

: écoute, vas te disputer avec toi même.

: je tiens une conversation avec moi-même.

: j’espère avec cordialité ?

: très, je ne décolère pas !

Scène 16

RETOUR DE LA ROUILLE… ! RETOUR DE LA ROUILLE… ! RETOUR DE LA ROUILLE… !

: combien de pays as-tu visité ?

: je ne suis toujours pas rentré pour les énumérer.  

Scène 17

AU-DESSUS DES GOUTTIERES… ! AU-DESSUS DES GOUTTIERES… ! AU-DESSUS DES GOUTTIERES… !

: tu écoutes quel genre de musique ?

: la musique, très peu. tu sais que les mots ont un sens.

: je n’ai pas l’envie parfois de déchiffrer, les voix et les mélodies suffisent à me combler. tu parles une autre langue ?

: non, que le français.

: tu mets à l’index tout ce qui n’est pas francophone, dommage.

: tant pis, il y a déjà de quoi faire.

Scène 18

JEUX DES REGARDS… ! JEUX DES REGARDS… ! JEUX DES REGARDS… !

: oh, je suis insignifiante !

: mais non, qu’est-ce que tu racontes ?

: mais si, regarde !

: tu dois choisir à qui tu veux plaire.

Scène 19

DARD EN ITALIE… ! DARD EN ITALIE… ! DARD EN ITALIE… !

: le levi’s qu’il porte est un authentique.

: qu’est-ce que tu entends par là ?

Scène 20

RIDER IN THE SMILE… ! RIDER IN THE SMILE… ! RIDER IN THE SMILE… !

: vous pouvez me prendre pour une caille.

: j’imagine bien, vous me verrez en conséquent comme une caneton ?

Scène 21

HORREUR HOSTILE… ! HORREUR HOSTILE… ! HORREUR HOSTILE… !

: bonjour, ça va ?

: bien, et vous ?

: bien, merci.

: tu as vu, pour douze euros d’achat il me tape la conversation ?

: c’est vrai ? taré !

: au revoir, bonne soirée.

Scène 22

QU’EN DIRA T’ON… ! QU’EN DIRA T’ON… ! QU’EN DIRA T’ON… !

: maintenant, essayez de penser à une pomme ?

: impossible. une pomme ne pense pas, ni ne pense d’avantage à moi.

: c’est à dire, pouvez-vous développer ?

: j’ai conscience de la pomme.

Scène 23

BALAI DES SORCIERES… ! BALLAI DES SORCIERES… ! BALLAI DES SORCIERES… !

: l’amour ?

: qu’est-ce l’amour ? un jeu d’intérêts et un commerce des envies. non, ce n’est plus.

: c’est des liens sacrés, plus vieux que ce monde. elle t’a offert son hyménée.

: vous vous entendez sermonner ? on aurait dit l’un de ces vieux radoteurs aux abords des mosquées. le monde a changé.

: tu connaitras des jours sombres, combien même j’essaie de l’éviter. bon sang, réalises-tu ?

: la fin, vous entendez ? depuis la nouvelle ère, vous m’écoutez ? depuis la nouvelle ère, vous, et encore vous, vous n’avez pas cessé de fouler le sacré.

: elle t’aime. que réponds tu à cela ?

: rien. je continue à m’améliorer en l’ignorant.

Scène 24

ROUES DE CHARRUE… ! ROUES DE CHARRUE… ! ROUES DE CHARRUE… !

: permettez-moi de vous dire que votre recueil n’a ni queue ni tête !

: permettez-moi à mon tour de remarquer vos compliments.

: cela va de soi, ce n’est rien.

: est-ce que vous savez pourquoi je suis poète ?

: vous m’intriguez, pour quelle raison ?

: je me retrouve bel est bien au pied du mur.

– fin –

je ne cherche aucunement à les localiser, comme des clôtures. mes poèmes premiers n’étaient pas destinés aux lecteurs.

Glu

à Rafik. et à Lyes. et à Sofiane.

C’est mon étoile

Elle a la forme d’une main

C’est ma main montée au ciel

Durant toute la guerre je voyais Orion par un créneau

Quand les Zeppelins venaient bombarder Paris ils venaient toujours d’Orion

Aujourd’hui je l’ai au-dessus de ma tête

Le grand mât perce la paume de cette main qui doit souffrir

Comme ma main coupée me fait souffrir percée qu’elle est par un dard continuel.

Feuilles de route. Blaise Cendrars.

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pour-nos-glorieux-martyrs-on-devrait-appeler-chaque-maison-de-leurs-noms-à-chacun-on-pousserait-l’-utopie-encore-plus-loin-s’-il-y-a

*

il-y-a-des-logements-sociaux-habités-par-des-petits-diablotins-qui-jouent-à-lancer-des-projectiles-de-toutes-sortes-sur-les-chats-errants-qui-inévitablement-atterrissent-dans-la-cours-je-rouspète-au-delà-du-mur-de-séparation-et-après-un-instant-de silence-j’-entends-leurs-pas-s’-éloigner-je-me-figure-qu’-ils-ne-font-que-déguerpir

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cela-fait-longtemps-très-longtemps-que-je-croyais-les-fenêtres-d’-un-écran-d’-ordinateur-immuables-mais-en-fait-pas-du-tout-selon-que-la-corbeille-soit-vide-ou-pleine-elles-changent

*

je-serai-une-station-mal-desservie-que-j’-en-mourais-sur-la-voie-des-clématites-blanches-je-trottais-d’-un-flair-de-feu-des-dieux

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j’-oublie-que-les-colimaçons-sont-faits-pour-monter-même-les-mécaniques-les échelles-et-les-avions-ou-pour-descendre-je-dégringole-dans-ce-cas-précis-c’-est-tout-bénefique

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ce-que-je-tais-par-manque-est-peut-être-de-la-poésie-s’-envolant-de-ma-mémoire-comme-un-papillon-un-mois-de-mai-ou-un-phénix-pourquoi-je-ne-la-retranscris-pas

*

je-vais-finir-seul-moi-sans-souvenirs-ni-pellicules-à regarder-j’-aime-les-seize-millimètres-poussiéreux-jaunis-et-tout-par-la-décharge-englouti-et-sans-enfants-qui-m’-aiment-tendrement-et-c’-est-le-moins-terrible

*

dans-un-petit-coin-paradisiaque-dans-un-jardin-parmi-les-arbres-nos-plus-vieux-amis-dans-un-temps-de-misère-je-tâche-de-reconnaitre-et-je-persévère-que-je-traîne-dans-la-boue-ou-dans-les-sphères-comme-une-quête-ouverte-et-solitaire

*

mes-cheveux-éparses-tombent-l’-ivresse-livresques-dans-un-songe-rattrapé-ce-sont-les-signes-avant-coureurs-d’-un-suffoqué-et-puis-ultime-dérision-sans-façons

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les-rêves-de-ma-ville-sont-frénétiquement-correctes-seul-la-flamme-d’-une-bougie-sait-qu’-elle-est-grande-de-ses-noyés

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je-suis-content-les-courants-créent-des-fleuves-le-soleil-source-se-lève-à-la-même-heure-et-je-n’-y-peux-rien-à-savoir-qu’-un-poète-peut-toujours-peut-toujours

*

comme-à-chaque-fois-je-me-retourne-si près-de-la-sortie-et-si-mes-rivières-pour-elles-se-sont-taries-je-n’-en-veux-qu’-à-moi-même-nous-deux-était-si-beau-dommage-dommage

*

même-si-ce-vain-monde-échappe-de-l’-apocalypse-grâce-à-une-poignée-d’-hommes-qui-prient-je-ne-les-salue-pas-de-toute-éternité-mais-à-une-échelle-moindre-j’enfante-pour-chacun-d’-eux

*

comme-il-est-avéré-que-je-ne-compte-pour-personne-par-ma-destiné-et-mes-choix-je-suis-allongé-mortellement-sur-le-grand-lit-longtemps-il-me-revient-une-pensée-à-l’-heure-de-mes-adieux-sous-mes-yeux

Frise

elle entrait dans le poème

irradiait l’allée

de ses chevilles ornées

un matin d’un dimanche

sous l’orage

( elle était jolie celle qui traversait

crevant les yeux qui inondaient l’allée… ! ).

elle coursait les brides de son poème

les blancs rêves d’une mésange

les trous dans un cœur

comme une lune emplie

d’un manque

rien n’est aussi charnier qu’un regard d’une passante

peut-être, à regret

Au matin, je rejoignais la veille

j’avais parfois des sueurs froides rien qu’à l’idée de passer à côté de mes textes, de ne pas les comprendre. par éclairs, il me venait un métadiscours, aussi léger que la main d’un peintre

je déployais très peu de moyens, une économie de mots, avec la perspective de réaliser le maximum d’effets. le vers, la phrase, me venaient souvent en Français, articulés ou non

je malaxais, corrigeais, raturais, etc. une écriture d’après coup, toujours. non loin du contrôle, cela me paralysait de la faille, empêché de surpasser les digues

je tentais de réhabilité l’illettrisme, pour une poétique d’après le réel, une sauvagerie ou voie naturelle et par où je passais, puisque je doutais

je trouvais un style, un rythme, un ton, etc. loin de changer, puis l’eau s’était métamorphosée

je voyais le poète toucher au poème par brides

au-delà de son existence

de son état

alors qu’il était tout-poème

il ne pouvait en être autrement

le poème me traversait comme si c’était le dernier, reclus dans mon grenier

comme le dernier départ d’un train, ou la dernière étreinte

je croyais qu’aucun instant écoulé, ne remédiait à cette 11 heures du soir. je n’étais décidément pas du matin

de passage, je ne souhaitais pas m’appesantir

j’étais encore là ! j’y revenais, ressassais

urgence

de la vitesse

et quelques renoncements

l’état de mes poèmes : une version diminuée de ce qui me précédaient

la source n’était plus, restait l’encre et la poussière

annonçant l’effacement

je situais la chanson en parallèle de mes productions, hors de mon horizon

un album de Depeche Mode et une fuite était entrevue

j’écoutais, je convoitais, là où je m’aventurais

je me voyais comme un charbon, une ode au charbon

alimentant tous les foyers

lorsque tout se valait dans le grand brasier, passant vrai au pied de rares montagnes, un vertige me prenait, alors je contournais

je me demandais qu’en était-il du débordement, en poésie, aussi. il était vrai que tous les poètes décevaient leurs contemporains, un leurre de croire l’inverse

je désespérais des jours de lecture sans un arrachement ou un emporté

je me résolvais. je me prêtais des voix dans mes recherches et concepts

ou lorsque je tissais de la laine, durant les éclaircies

je ne savais jamais qui j’étais, où j’allais, mais j’espérais de mon cœur

comme entre deux contrées, sans la tiraille. j’échappais à l’idée du plein, aux lunes

je rêvais de la sensibilité des singularités, sans m’y prendre

j’écrivais parfois avec les poètes

parfois une adresse

de dedans et de dehors

auprès de mes morts, auprès de mes mains

je fracturais le poème, tout en intuitionnant la régénération, comme un second souffle

jusqu’au moment où je constatais la perte

longtemps je m’engouffrais dans les brèches du poème

comme un intrus

comme un éléphant

un élève surtout qui écrivait sur la marge. il m’était indéchiffrable

je méditais sur mes raisons de vivre, mes peurs et mes aspirations, – comment était mon enfance ? mutique, comme une surface

est-ce qu’il fallait me lamenter sur mon sort et me terrer, alors que je devais autre chose de mes lamentations

j’étais de la faillite, authentique, radicale, – à quel moment mon histoire s’était gâtée ? lorsque je touillais dans le sens inverse des aiguilles. une fabulation

je les inscrivais à la lisière, dès l’abord. je les écoutais, rien que pour la jubilation d’une suite de signes, pour monter

je me persuadais que ce n’était jamais sorcier, sans m’attarder à ce qu’ils étaient campés, ou du milieu

conspiration, adhésion, translation… : rupture !

de ce que j’en savais et devinais, tout m’y préparait, tout m’y arrachait

je transcrivais une poésie qui collait à ma peau, sans ajout de mes travers, de mes poisons

elle était parfois qu’un discours lorsqu’elle me paraissait indicible, moins limpide

j’acceptais néanmoins sa part d’incompréhension, d’imperfection, d’inachèvement, comme ne pas l’accompagner au bout

je ne retenais qu’une touche, un scintillement, comme le parfum du jasmin les nuits d’été, la réverbération sous d’immenses soleils

j’employais le Je comme un autre soi, érodé, feuilleté

je hurlais à la mort, rien cependant qui pouvait nuire

j’y déposais mes croûtes

je renonçais

à chacune des chutes, une relance, un mot

je me souvenais de l’époque où je n’étais pas trop stupide, mais où j’allais

je rallongeais les idées lorsqu’elles me venaient, aucune ne s’atténuait, comme les ombres des arbres au crépuscule

j’écrivais parfois toutes les nuits, sans tracer une ligne. je ne rencontrais cette hargne nulle part

je concevais un filet. je récitais mes poésies

je me prenais toutefois pour un bookmaker, pronostiquant sur les chances et l’audience d’un poème, bien avant de le dénaturaliser

de le renier, subséquent

quels dieux empêchaient leur envol, une unisson…

était-ce donc moi

l’homme pendu

à son sac

avec un coude qui se détachait

d’une cité

tenant du souk et bradait

j’inventais des problèmes de plus en plus les nerfs à vif, comme des lames qui raclaient mes os

je pourchassais mon destin, ma conscience était sans tache, baroque

je n’avais pas de solution à m’apporter, sinon pas affligé, – que pouvait un poème en ces temps de rift, en ces temps de chien qui plaident pour des chiens rongés par les bêtes ?

comme étaient les étranges arbres, la nuit, seuls, pareil, ces mêmes arbres qui me causaient le vertige

j’étais animé par une langue, creusant une autre, comme d’un seul corps

de toute l’eau qui coulais et que je ne buvais pas

j’étais de la loupée

celle vers quoi je tendais

comment l’écriture me contaminait, s’était imprégnée en moi, jusqu’à dans mon lit. je ne saurais peut-être jamais y répondre

je ne savais même plus à qui j’écrivais, comme de me rappeler qui était derrière les initiales

que je notais

et cela n’avait aucune importance

je me laissais porté par le plaisir du texte, comme de jouer avec les poètes

l’écriture, la mienne, était sous des soupirs

je cherchais le trou dans les poèmes, la détérioration

il m’était certains jours difficile de tracer une ligne, d’extraire un mot

par moment, j’avais l’impression que cela se passait ailleurs. j’étais bloqué

il m’arrivait d’entrevoir d’autres formes, me serait-il un jour possible de les approcher ? comme un désir fou de tout embrasser

j’ajournais, vaincu

Une collusion

une collusion

l’endurer

juste un après…

sans bruit

s’éclaircit

ciel et doutes

un temps

trace / fouille

le long trait qui dit :

immédiateté.

emporte

oscillante vérité

c’est toi.

noir mat

in-octroyé

tu rendossais à Palerme ses ailes

à son image

vieille

contagion, aucune rainure

tel quel :

elle

elle ne pouvait te vivre.

Nœuds avant chaque poème, comme avant un orage

j’aube à la nage dans les vents

je crépuscule comme une course

je soleil comme un jus de citron vert des plaines de mon enfance

je nuage les moutons un jour d’une légère brise

je rivière sous la tombe de Rivers

j’étoile les poètes en filigrane de mes amis des montagnes

je planète comme Holst au sahara où je retombais malade

je flaque mes paumes sur les pommettes d’un clown

je pluie comme je te regrettais Hania, – Rien ne me rebutait autant que les conventions.

je sable les chaises de poussière pour ne plus m’y assoir

je singe les étendards au clairon

j’abeille comme les ruches au printemps de Plath

je livre pour un douro ce poème de la casse

je trombe !

je ruisseau après mes repas de pain et d’orage

je brume sous les parasols à la plage, – Ne serait il pas un peu zinzin ?

j’ange ainsi que tu angélisais

j’aile comme Frida

Second usage

à Camille.

en avant de la veilleuse

un filtre

en avant du filtre

un cadre

en avant du cadre

un verre

en avant du verre

les deux croquis

en avant des deux croquis

un chevalet

en avant du chevalet

une scène

en avant de la scène

les deux modèles

en avant des deux modèles

un nu

tout était plus au moins bancale

et sous une note !

Sclérose

je t’aimais dès lors

comme une nuée ardente

après tout ce temps

perdu

je partais loin

lancé par ton idéalisation

entre tes garde-fous

: rêvant.

je te voulais avec violence

d’un lien indéfectible

ne sachant pas te voir

autrement !

maux

gorgé

boiteux

filament

tels étaient les sublimations d’un poète interdit

et ses renoncements !

une autre vague à l’eau : je ne m’ouvrais jamais à tes volutes sereines de la vie à deux, comme des passagères rencontres qui jouaient des métamorphoses et du morse

j’arrivais encore à sourire de mes amours défunts, de mes souvenirs parés comme une torsade de cheveux. je ne laissais rien advenir à l’horizon, étant désireux de toi

Salut, c’était moi…

elle enfilait un masque méconnaissable à la nuit tombée

comme une ombre sur de hautes cloisons

tout ce que nous partagions

notre foi

parce que différente

comme une garde de tous

il disait aux immensités bleues* : les femmes avaient des yeux perfides !

il disait à son cœur : les femmes avaient des visages obliques !

tout ce que nous échangions

notre amour

parce que tendre

comme après la chute de tous

les mots qu’il faudrait ravaler

– il y avait des reclus que l’on calomniait de fou à lier.

tout ce que nous chantions

notre printemps

parce que folle

comme de l’avis de tous

je me malmenais de toi

comme des vents contraires et de mon cœur

* Le bateau ivre. Arthur Rimbaud.

Raquette dans un sac de voyage

la vie était comme on danse

de nos libertés

et à l’aveuglette !

le vide se faisait sentir

je criais !

une femme jouait la nuit au solitaire sur son ordinateur, seule ! moi, je me touchais de cette extravagante solitude, même les lampadaires vibraient

la vie était comme on cauchemarde

de nos ailleurs

bien meilleurs qu’ici !

nous ne pouvions plus voir

d’un autre cri : nous jouions de la chamade !

un cordonnier n’avait plus d’outils, lors de l’une de mes visites. il était crépusculaire, affligé comme un quelconque possible. il lui restait sa vue

j’écrivais, je t’écrivais une lettre muette

avant même de te revoir

Deux mains reposaient un broc

il-elle venait

avec l’ordonnance de son cachet

rien ne pressait

sinon, sa mélancolie   

*

ma mémoire raisonnait par toutes les tombes

que devais-je lire ?

*

saluant l’image

d’un blanc miroir

une présence   

début

qu’est-ce que je faisais de ma boite

à mégots ?

*

Silène était-il impuissant ?

souvent, ils le prétendaient

à tort ou à raison

*

un instant

c’était l’éternité qui jeûnait

*

il-elle approchait

avec ses bras archès

vertige au bord

comme toucher au mythe

lorsque je n’avais plus d’histoire à me raconter, me croyant déposséder de tout. j’accumulais des choses sur toi, qui miroitaient comme les montagnes alentours. l’érosion pouvait commencer.

*

il-elle s’entrevoyait

comme de par son cœur 

où y exultait le souvenir    

sous la pénombre d’une chambre  

*

pluie de lèvres et langues mouillées

les illusions du vasque se perdaient à l’été

*

au matin

le soleil se levait la bouche ouverte

*

je m’asseyais sur un sofa au milieu d’une fête, un pot de départ parait-il ! m’assoir, je ne savais faire que ça. il faisait jour sur les rideaux bleus.

*

j’écrivais son histoire

au même temps qu’elle se déroulait

*

il-elle atteignait

l’intensité de son origine

comme les poissons dans l’eau  

et leurs trappes

*

c’était l’ombre qui donnait à un escalier une teneur monumentale, toutes les ombres n’étaient pas angoissantes, à craindre. je lissais tous les plis.  

*

passionnément, je t’aimais

on se parlait en italique

*

je recomptais sur mes doigts, comme compter les étoiles à mon oncle, lui-même sondait les jours à venir, peut-être ensemble.

il-elle saluait

plusieurs fois durant l’entrevue  

espiègle

et la langue fourchue

je m’endormais près de toi

– qui veillera à présent sur moi ?

*

le poète enfantait dans la douleur

*

je t’aimais d’un amour qui permettait tout

comme l’oiseau de marbre

*

une cigogne sur les toits

déménagement

– est-ce que c’était un retour ou une arrivée ?

*

une trajectoire opposée

vie parallèle

rescapée

comme l’eau jaune dans un broc

*

– tu m’avais moi.

– tu étais sans forme.

– tu m’avais moi.

*

j’aimais l’architecture de l’Europe, son histoire et ses innovations, comme ta Citroën ! je m’asseyais à côté de toi, confortablement et en sécurité. je découvrais la vieille ville.

c’étaient les reflets de ton reflet… , que tu désertais depuis, ilot parmi les iles, un paysage doré qui ondoyait comme ta peau ou les épis de blé.

*

il-elle se lavait et crachait

dans l’évier

après les repas de famille

– qu’est-ce que cela voulait dire ?

*

enfant de l’hiver

ô les voix d’enfants… , qui éblouissaient mes rêves !

*

l’art de vivre des petites gens était dans le sauvetage des apparences

*

novice

une partie de moi-même était occultée

*

ce n’était pas tant au prince

que s’intéressait

Rose 

mais au cheval

j’étais un cheval autrefois

je battais le pavé des villes et les reins des filles me remerciaient

*

vivre sans toi

c’était comme se noyer dans la Loire  

*

il-elle se reflétait

depuis l’autobus dans un lac

comme derrière la chose

derrière sa fenêtre

*

j’avais un rendez-vous avec une lune, ses formes étaient tellement dilatées qu’elle atteignait presque Vénus. je m’allongeais comme un pendu, bercé par le chant des griots.

je n’avais pas de quoi payer un livre, même une bonne occasion ! je fraudais alors dans les trains pour la rejoindre comme des milliers avant moi, des milliers !

*

le fini

ce n’était jamais tout à fait finir

*

tu voyais ce qui était comme

ce qui n’était plus  

tu te le représentais

*

il y avait du repos chez soi

du moins, la promesse d’un corps flasque

*

dans mon imaginaire… les personnes âgées, comme mes grands-parents, ne faisaient jamais la vaisselle. les enfants prenaient des tabourets.

*

l’hiver ventait

tout n’était que bain d’alors

colère

*

lorsque je parlais

j’avais soif de peaux

soif de vous

hier était un jour de fête

qu’elle aurait été le cours de la vie encore autre

*

même lorsqu’un poète dormait

il ne dormait pas

sinon d’un sommeil d’outre coquillage

*

on ne disait plus noircir des pages

mais des pixels

*

vous ne me verrez pas demain   

ni le lendemain

mais restez alerte

il adviendra un jour

où je frapperai à votre porte   

*

avec les femmes dès qu’il s’agissait de l’âme, elles fuyaient et choisissait celui qui leur contait fleurette. je les faisais percevoir, rien qu’une perception

*

l’encre atténuait l’horizon

de mes vers

*  

la fille de ne pas être revenue s’était volatilisée

*

j’étais enivré, réinventant quelques étincelles, qu’ensuite je mémorisais. je suivais la première étoile, toujours pressé de notre rencontre. je savais le temps qui nous était imparti.

*

il-elle se souciait peu de l’ici ou là

tant que son exil intimait le manque

peu lui importait les signes

tant que la poésie

*

pour les culs-terreux tout était notoire 

je savourais mon dégout

seul

*

tu roulais comme un bolide

sans sucre

*

les boyaux d’un dragon tournaient

et elle

*

je savais de quoi était fait ton regard, ton regard de froid et de glace. l’effet qu’il produisait chez moi n’était pas humain. je te complimentais par là même.

*

il-elle conjuguait

les noms : Van Gogh Matisse Picabia Chagall Modigliani Bacon

Cézanne Renoir Rembrandt Vélasquez

sur tous les tons comme le Je de l’élève

*

aucunement

trottoir

oeil en equinoxe

flou

de l’observer

une trotteuse

*

pas de précipitation

et donc, on feigne la tache ?

*

une aube

un lac

entre nous deux

toi

*

le voilier qui voguait derrière une fenêtre

il n’avait pas de forme

il n’avait pas de port

– Il n’y a de terre qui n’est gorgée de sang.

*

je retrouvais le nom de mes amis et connaissances, comme dans le coran. ils s’annulaient, côté de mon dos qui me réjouissait.

*

j’étais imparfaitement

de la vieille veine, une franche !

*

il-elle fréquentait

les étrangers en situation irrégulière

et aspirait à élargir son horizon

comme un secret à peine voilé

*

un verbe

dès le réveil

était-il raisonnable

le souffle précédé

de la coupure

du poète qui l’aimait

*

il-elle visionnait

les films de gangsters italiens

pour rire aux répliques de ses amis

des deux qui lui donnait un genre ?

  • en cours d’élaboration.

Fuchsia

salut au matin

souhaits à la dérobée

lointaine main

vers qui creuse

images jetées à la dérobée

oh, quel GIF !

bol qui se brise

ton cœur inonde mes yeux

chant du rossignol

mains humides

ton baiser sur mes paupières

marcheur de sable

fin du printemps

pourquoi tu ne chantes plus, oiseau

sur un quiproquo

chant campé

de l’oiseau qui rêve de branches

et rêve encore

mes voisins

chantent au-delà de l’éthéré

comme partout

Lire la suite « Fuchsia »