l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie

  • vendredi soir

    la machine à linge s’éboule

    ou brève d’un noyé

  • les crayons de papier

    d’un même timbre de voix

    Feuilles de route !

  • étoile et ocre

    proche du désert je perds

    sur une jetée

  • à l’ombre d’un tremble

    la légère caresse d’une brise

    veines de ma main

  • soir à la Trappe

    roulis d’une aire de route

    dîner d’un avocat

  • fenêtre sur l’été

    une motocyclette vrombit

    et part au cent

  • sur la barbe

    d’un nageur échoué

    s’émiette une rive

  • aube étalée

    sur la barbe d’un nageur surpris

    par la tasse

  • sur les pattes

    à la croisée d’une mémoire

    de broussailles

  • au village musée

    où les trains n’ont plus d’odeur

    sinon de l’acier

  • suivi d’éclats

    l’élan de tes premiers émois

    ombre qui passe

  • l’air au front

    seul d’un regard flou

    Pioui – Pioui

  • sous tes yeux

    remède et sortilège sont dissous

    de feuille en feuille

  • sur les rayons

    le mal des vers se dissolve

    entaille de l’ego

  • le corps s’est tue

    comme la glaise au four

    sens des aiguilles

  • jour des voisins

    parsemé au-delà de l’éthéré

    comme partout

  • chant campé

    de l’oiseau qui rêve de branches

    et rêve encore

  • fin du printemps

    pourquoi tu ne chantes plus, oiseau

    sur un quiproquo

  • mains humides

    ton baiser sur mes paupières

    marcheur de sable

  • jusqu’au bol brisé

    ton cœur inonde mes vœux

    le même merle

  • clairvoyance…

    performé par le Hô

    éclairs au bocage

  • soir de lune

    depuis la sérénade de crapauds

    où l’on pêche

  • mots envoutés

    coasse de vieux crapauds

    Edgard Allan Poe

  • vagues de chaleur

    j’ouvre mes mains sur le pays

    de trois étoiles

  • Nouh – Noé

    une abeille entre la fenêtre

    et ma salive

  • baudet tient la balle

    puis un autre

    une passe

  • un nid d’amants

    choyés d’une longue trêve

    par un silence

  • un bout d’une vie

    une quête

    les vents reviennent de loin

  • Nom de dieu

    je cours vers les rires

    de la lune

  • vents de l’automne

    les murmures d’un voyageur

    à l’oreille sourde

  • l’ineffable retrouvé

    je brouillonne sur mes feuilles

    l’appel des dunes

  • parcours sensoriel

    les plumes de l’indien guident

    mes pas de faucon

  • vallons escarpés

    je pars au dernier virage

    si près de vous

  • amis fatigués

    je suis les pointillés de l’inouï

    et puis, hélas !

  • à l’Etranger

    la compagnie d’une langue à soi

    et ses tranchants

  • J’ai écouté de la musique la journée entière. En fait, hier aussi. Et avant hier. J’écoute de la musique presque tout le temps, sauf quand je vais aux wc. Je l’écoute même lorsque je dors

    Il est courant de dire éclectique en musique et tout, sinon franchement c’est une barre de passer de Keny W. à Thelonius M. Et comme pour conclure cette traversée, avant de me mettre au lit, à vrai dire je l’ai creusé le lit… , j’ai playlisté du Franz L. Pourquoi ? J’ai une vague idée, une théorie, une autre sur le langage et la cognition en lien avec

  • bonheur monstre

    le vent éteint les braises au loin

    de mes vœux

  • kermesse de l’été

    le jus de la tomate se lape

    sur ton sourire

  • l’âme enrubannée

    je finis le thé froid accoudé

    sur mes béquilles

  • touché visuel

    un besoin immédiat de son ciel

    sous les flots

  • après la chaux

    sa peau souple entre mes mains

    d’amers cendres

  • l’haleine en farandole

    un bâtard sur une piste

    de la stéréo

  • un ciel idyllique

    le mauve de mes yeux vibre

    en dedans

  • femme ballottée

    après l’hôtel de la plénitude

    et magie noire

  • longue nuit

    la sacrée dépendance musicale

    à deux fictions

  • petite magie

    laissez moi encore vous vivre

    entre les lignes

  • échos de pas

    deux âmes vagabondes

    dans la pénombre

  • brève nostalgie

    je danse parfois le hip-hop

    dans ma tête

  • court-circuiter

    se glisse un sourire coutumier

    par un rêve

  • plage déserte

    abonné à la buissonnière

    du mois de mai

  • douceur de la nuit

    musique de la brise d’été

    sur les feuilles

  • corail du ciel

    nous sommes toujours au sud

    de quelqu’un

  • l’oisillon becquée

    souvenir des chants oubliés

    en démêlant

  • parmi les ombres

    s’effraie une voix tout le long

    passage clouté

  • en partance

    suivie par la ligne du cœur

    à l’horizon

  • à l’heure du Congo

    l’enfant pleure de ses dons

    une main tendue

  • deuxième allées

    les contours brumeux recouvrent

    tes yeux de pleurs

  • l’ombre blanche

    une forêt derrière les stores

    demain sera long

  • crépuscule de l’été

    l’oiseau frôle son nid

    parfums d’écorces

  • jeunesse étalée

    les cordes d’un vélo au tronc

    en guise de draps

  • tasse froide

    un froid café de mes innomés

    ô déboires !

  • passions mêlées

    la lune m’éloigne de son chemin

    là-haut chante

  • visite du chat

    mêmes yeux que les trois kiwis

    tout en orbite

  • une voix aphone

    de sept jours en automne

    où rien ne se nomme

  • pinède de pins

    l’été des plages revient

    l’abîme aussi

  • à la rue d’Isly

    l’errance sous les façades

    du cagniard soulevé

  • jours scellés

    je savoure l’Écrire de ton geste

    dents argentées

  • sous le portail bleu

    les machines aux odeurs de pénombre

    à tout, vas !

  • drapé de pluie

    ainsi sont les fleuves

    parfois en hiver

  • les histoires abîmées

    du vivant

    même chez les astres

  • jusqu’au soir

    où les légendes se baignent à l’allure

    d’eau des sources