Casbah

pour Lionel.

de plein midi / de pleine nuit

sur les voies de compagne – sur les rails du ciel

une parole gercée…

instinctivement, mes trajectoires sont délusoires

je sens venir le début de la descente

cliniquement.

j’immobilise une pierre sur une tombe astrale

une pierre en or qui semble m’appartenir

rien qu’à son toucher

tasse froide

un froid café que je nomme

déboires d’un secret

j’aurais pu m’appeler Jasmine et couler des jours monotones… , est-ce qu’elle se souvenait de moi, un agonique sourire se réalise ! oui, j’aurais pu le concevoir :

l’heure qui me terrasse

un blanc baiser

un baiser

je disais de mes trajectoires… , – mais d’où ? elles brillent par leur accueil les étoiles qui me logent ! je surpasses l’attirance des mots, – pourquoi je pense qu’il me faut revenir parmi les hommes ?

folies de jeunesse

un vélo en guise de couverture

cordes au tronc

le papier sur lequel j’écris, une lourde entête – imanpower : réseau de compétences. c’est étrange lorsque tout m’est attrayant ! je creuse le déraillement, sans nom. tiens, une insulte !

les fontaines sans eaux sont comme un ciel sans oiseaux, fardes*. je ne connais plus l’étymologie de ce mot, il évoque à présent chez moi une casita au Chili, tant pis

lorsqu’elle émanait ta joie de vivre, ma tendre Jasmine, j’étais là, rescapé ! lorsque tu m’inspirais de l’amour, aussi. c’était tes couleurs, depuis tout me semble qu’un amas résiduel, comme :

le silence tardive de la neige pétrole

la roche rousselle de soleil

et, tu me souris !

il ne se trouve rien de plus vrai qu’un homme en prise avec un poème, même éparpillé ! chacun porte une mèche qu’il me faut étinceler. ( ceci n’a rien d’érotique ! ).

je fume pour ne pas brûler et d’un ailleurs l’ombre

l’échec en poésie est mien, un frisson

le bec et la terre pour les rares funambules

tous mes dépotoirs sont retournés

les papillons qui reprennent leur envol

les pots de fleurs aux fenêtres qui invitent les abeilles

une flaque presque plate :

quelques truites dedans, presque immobiles

la reconnaissance que j’ai envers les éléments

données de mes attentes fictives !

c’est étrange une plante que l’on arrose plus

il advient que rien ne ressemble à un spa qu’un autre spa !

tu avais des cheveux de feu, une aura, une légèreté des anges. je découvrais tes contrées, je survolais par instant et plongeais et ne rien cueillir ! je trainais ma malle, le plus souvent

je prends la coque d’un ermite

je prends son stylo

je m’assois à sa table où trône un crâne

une chauve-souris est entrée dans mon cœur, temps d’aujourd’hui ou d’hier ? je compte sur ma désinvolture pour m’affranchir de la possession, il m’est impossible de la convoiter

un chien sur une photo et quelques années, années de fidélité et puis, une apparition

j’entame la lecture d’une anthologie de contes berbères, une immersion dans l’imaginaire de ma région. l’identité est poreuse et ses frontières sont multiples. je n’adhère plus

je pactise parfois avec la chance, et fonds comme un sucre dans une rivière. elles sont drôles avec leurs royales sorties, mes idylles ! quitte que l’on me prenne pour un détraqué

je noie les apparences, mais de combien de profondeur ?

il y a un balle au village.

je suis près de toi, ton nom me fait penser à une terre enchevêtrée, une douce fièvre, etc. même à lier… pourquoi pas, mais est-ce que cela suffirait pour me rehausser à la mesure de ton souvenir ?

j’ai survécu à la vacuité

j’ai marché

les moments que je préfère : les échappées ! je portais la honte, l’ignominie, le regret ! on me renvoyait la mort, certainement. je trace un trait des plus beaux jours de ma vie sur mes phalanges

je perds le fil du rasoir, ainsi :

la toile s’estompe, c’est moi

brumeux et rien qu’une lanterne !

je rêve d’une écriture nouvelle, une poésie qui voit le ciel. je paradais ton cul comme un affront, la trahison est aussi dans l’écriture. je ne me définissais pas, cela est imperfectible

je voyais les routes sous le soleil, un far west clitoridien. il n’était plus question de la même gaine, une refonte. une licence lorsque tout invite à suivre, ou répond par oui

Dieu ayez pitié de moi, pardonnez-moi, redonnez-moi la force de poursuive, surtout d’aller ! je s’aurais me montrer reconnaissant envers vos bienfaits, vos secours…

de blanches fourmis – de grasses mouches

sommeil léger et plutôt ennuyeux

la mort me rétablira !

rien qu’un souffle

pas sûr du sol, du tout

qui se pliera !

fumant sans envie

le besoin d’en fumer d’avantage

comme un chat !

j’étreins mes nuits – je feins mes aubes

une solitude qui nie d’être là

ou selon mes pas !

le monde parfois heurte mes yeux

les caravanes sur les parkings déboisés

les vents, là-bas !

l’office de tourisme déserté par les flâneurs

les conseillers sont en congés

un mea culpa !

les saisonniers au coup d’œil de lamelle, quelque part des dames qui hantent les ruelles, des féeriques ! et moi, à mille lieux de franchir ton seuil, ton corps, y demeurant pétrifié !

une fille qui te ressemble, une lituanienne peut-être qui se souciait de mon itinérance. la lumière sur ses cheveux était bleue. je cherchais un signe, une faille par où m’introduire

je vais enfin revoir mes initiatives avortées, quasi inchangées, toutes les montages avec un seul ticket ! les ombres et les nuages comme chez le poète Darwich, même l’universel est gradué par nos subjectivités

toujours ailleurs / toujours l’étrangeté

je me retrouve souvent aérien.

n’étant qu’un enfant, libre de mes poésies, mes voyages qui ne s’allègent plus du sacrilège. les poètes portent la leur comme une énigme, sans qu’aucun ne parle à bâtons rompus

qu’est-ce qu’elle fera de mes débris, d’un chauve ? je me servais avec aisance, indisposé à plaire. je ne soupesais rien, sans profondeur, sinon mes cauchemars. j’égalisais comme ceci :

je parle aux vents et les rivières au milieu des vaches et des moutons, des rapaces aussi qui évoquent la digue. je vague d’un point d’accès à un autre. la nature me rend érectile

je parle tout le temps aux morts

j’écoute le vivant

la poésie a ses canaux et ses représentants sont sur le départ, toujours

je cherche à revivre notre rencontre

je suis à la recherche de ma note infinitésimale, un scherzo

déjeuner frugale

descente vers la rivière

une rue étroite qui me malmène

je pense à la casbah

les chiens aboient et me rappellent à la proximité de la Ténèbre.

je ne savais rien sur Djeha le rusé, mais plutôt celui à qui arrive les pires crasses. ce personnage canalise à lui seul toute l’atmosphère d’un peuple. je voyais à la place de ses histoires, une estrade :

fatigué, j’écris. et la nuit !

crépuscule de l’été

l’oiseau frôle son nid

poussière d’écorces

toutes les sociétés sont utopiques

sauf, la notre.

je cherche pour le scandale une rime en Hic

perdre son héritage est pire que de se perdre sans s’échapper

sans l’aide du Créateur

j’approche du madjoul aux larmes de feu

l’amour est comme un minuteur

l’hors du temps, rythmes, fluctuances

je redonne et ne suis plus

il me vient une transmutation seconde

le puits des mes jours, sans prévoir mes jours !

nuit.

je me projette dans la nature et ses couleurs, sa perfection, etc. comme le matin d’un homme qui regarde ses mains, un peu noircies. le sentiment d’un destin inaccompli finit par m’achever

il faut une certaine disposition, envergure

pour rentrer dans le poème :

j’installe de blanches étagères

en essuyant la poussière de mes yeux

une éponge bleue

je course quitte à m’éblouir

j’entends les mêmes chiens

la même détresse

Cadéac commençait par un vertige, comme un long bourdonnement. j’appréciais son silence interrompu parfois par le passage des véhicules, un flux d’informations me parvenaient

je m’éloigne, ô ma regrettée Jasmine ! je m’en vais sans avoir rien toucher, rien épousseter. je me retournais autant de fois que cela m’était possible. il y avait si peu de brèches

une respiration.

je vivais un chagrin tout le long de mon existence, le récent décès d’un proche épaissit mon fossé, une couche de tristesse qui m’éloigne, m’éloigne, m’éloigne, etc. comme de manquer !

comme un vestige

je rêve de la fille à la chevelure cellophanée

qui me tient le bras

et de l’autre main, une carte

les disparus n’ont de commun que la terre

le cœur des hommes

j’aimais les filles avec un caractère arrondi, un peu légères sur les bords. elles avaient des discutions fluides, une idée de la sensibilité, etc. je peux ne pas tenir le coup

les peaux refusent le soleil en France.

je viens d’avoir à l’instant l’idée d’une fiction, un homme qui erre de rencontres virtuelles à sa propre réalité. je le vois jeune, insomniaque et malade de :

C. qui a refait surface

et a écrit un poème à mon attention, très beau, puissant

elle préférait tournée la page sur son passé et de même sur notre amitié

entre nous deux la plaie ne cicatrisera jamais

comme une rencontre manquée

on ne peut rien pour personne // on ne peut rien pour nous-mêmes

s’ouvre un espace infini

que l’on démolit

je préférais retrouver ses lèvres

comme la fois dans son appartement à alger, oh…

les dieux passés se sont succédés, effacés. seule l’ombre des étoiles ravive la flamme. parfois, à peine perceptible, comme sur un vieux navire, mes oreilles cintrées écoutent le chant des sirènes

ou les voix de mes morts irréalisés

les mots ne s’emboitent plus, sans décliques, sans saveurs, parfois. j’omets d’autres qui s’étalent, comme cette fille obnubilée par son visage, une archaïque image

je revois des trains sur quelques lignes de fuite, cela est arrivé, absent

le pire est que je ne peux m’y prendre différemment

l’homme au gilet

tâte les reflets d’une marre

chasse ailée

il ne se trouve de salut qu’en Dieu

si cela m’est enlevé, aussi

effrayant

je n’en ferai pas pour autant une messe

l’écriture est derrière le poème, un état de somnolence active, une traversée dans la glaise, une expérience d’autohypnose, etc. je parle d’une désincarnation, comme une extension

il n’y avait pas si longtemps

un calme matin

comme après un clair de lune

lorsque le silence se déposait sans dentelles

le néant était une rose

du poème surgissait la rose

si je reste encore ici ce n’est que pour le fun de la déconstruction, sans pour autant me sentir capable de proposer. je soulève cependant un doute sur les miniatures, cela ne me présage rien

le ciel dit peu des villes

beaucoup d’où l’on vient

aucune autre part de chance

l’oubli des jours d’un malheureux

je me demandais pourquoi Fellag abandonnait le multimédia dans ses spectacles, vidéo., piano concert, etc. il faut croire que l’art du spectacle se standardise, comme dans presque tout

j’aimais le mixage des moyens, des cultures, sa nudité d’artiste, sans perdre l’aura. j’espérais de mes lectures et visionnages. dans la vie, un artiste se protège

je me refuse l’aube

je me refuse les nuits blanches

je me refuse la pornographie

l’enchantement est parfois si fort, si fort… que je me perds ! je suis témoins d’une tragédie qui se vit chaque jour, c’est d’une beauté sidérante. non, ça va… de plus en plus parmi les morts !

je sais qu’en disant n’importe quoi que l’on pense n’importe comment, suis-je à châtier, qui veut faire ripaille ? je croyais à la crucifixion, par mes racines et mon histoire, bon ! je sais en revanche la douleur

l’homme à lui seul est un continent. cit.

les gens créent des personnages et évoluent dedans ou avec, à proximité, jusqu’au jour où ils leurs deviennent encombrants. les marionnettistes ont parfois froid sans un feu, la nuit

je pardonne à un lâche de ne pas me tromper sur ses attentes, l’homme qui se souvient, sa rectitude ? on pardonne une gifle… pleins d’autres choses qui ne trouvent pas moisson

les masques finissent toujours par tomber

moi, je traverse

je n’emporte avec mes tourments, mon gouffre… Dieu, du moins l’idée que je projette ! seul, renonçant à la vie puisque vous en faite parti, être là, sans vraiment m’enrouler

à chaque fois qu’il se remémore l’un de ses poèmes

comme des brèches dans l’instant

cela lui coûte un ongle, chaises et assiettes, etc.

il regrette son choix de la pauvreté, comme les choses qu’il entreprend, sous une faré. il voit l’idée d’un poème s’anéantir par le feu, le foyer d’une poitrine d’un homme qui erre

il porte son corps au fond de la baignoire, un peu fiévreux, un peu d’une balançoire. l’eau coule sur sa peau, sa peau des fesses. tout l’infini de l’égout le monopolise

comme un cadavre que l’on purifie avant son dernier séjour, lorsqu’on doit dire dans un crachoir de fous ! sa morve n’est que la conséquence de la température, se rasure. une texture qu’il ne peut avaler

je ne parlais pas :

vents qui déménagent

pluies orageuses

pique qui se vide

de parois

héritage

tombes où on l’ensevelira

insultes par panne de dérision

jeu de quilles enfance

à crédit aumône sans tête de biche

Mustapha et son quart à la balance

foudre paratonnerre et toi

la caresse de l’aube, le toucher de l’aurore. il les cultive comme les mots en siégeant sur d’autres terrains jusqu’au bout de l’aune, exténué, mais plus persistant, plus fort que l’anniversaire de :

G. qui revient d’une rupture

il n’a pas pris le temps de voir le tournure de cette expérience

son besoin de sensations fortes prend le dessus

personne l’oblige, peut-être ses peurs, qui sait ?

l’idiot ne s’y préoccupe même pas

nous ne pardonnons pas à un homme de raté, ou qu’il refuse ! seul, un feu d’artifices dans sa tête, il endosse la honte du perdant et brûle. un jour, comme une vieille branche, il casse

je ne lis plus et végète. j’écoute du chaâbi. je change de pays comme de poumons, je course. dans les détails, le pays que je viens de quitter est magnifique. il nous reste à les définir

j’essaie de ne pas me faire souffrir et de blesser autrui, tenir une ligne de conduite et être stable dans mes relations, sans les sexualiser. je ne me beigne plus, je plonge :

la femme tuera son besoin de se décupler

elle ne trouvera plus de nécessité à un utérus

que ferions nous de nos mains, messieurs ?

jaloux de vous, femme !

une fée parfois me tient éveillé et enchante mes nuits, jusqu’aux premières lueurs du matin et le retour des cloches. je parcours les Pyrénées mes yeux bandés, mon cœur pleins d’attentes

avec une tasse de café

mon corps sous la couverture de la pluie

je mettais à l’écoute Love Song de Miles

fort ou d’une égale extase

et d’un coup, les rivières que je quittais

les reliefs par une double stances

les arrivées sans l’ombre d’un doute

les failles que je redoute

chut, c’était quand le Sibaou ? essoufflé

une danse et la geste

une jeunesse

nécessité

l’œuvre de Dieu

sur terre

est-ce qu’il fallait passer par les férocités, les bestialités, la violence des dinosaures, etc. pour qu’ensuite on l’intègre, sans oublier les animaux soumis à nos volontés et à nos ventres

pour qui croit aux :

esprits

courants

fluides

énergies, etc.

comment peut-on vivre et s’entendre entre nous ?

certains pensent que l’occident aurait abandonné Dieu, une terre de pêchers et sa flore nakida, je tiens à autre chose, celle où chaque atome lui rend grâce, sur terre et dans les cieux

si on avait déjà hérité du paradis

cet univers

la proportion du bien sur le mal est affirmatif, au fond ?

et les prophètes n’aurait eu qu’une révélation partielle de l’ancien monde, d’autres réalités, etc.

une question alors revient, celle de finir ?

Dieu peut tout

l’observé-observateur est zélé

épilogue

un soir que j’assurais la réception dans un hôtel du centre ville de Nantes

un homme voulait dîner

je lui préparais un plateau improvisé

nous ne faisions pas de restauration sur les lieux

il souhaitait régler sa consommation

une chose que je refusais en proférant que l’on était en abondance à cet hôtel

et que l’on mourrait pas de faim en France

il paya le lendemain en remettant les clés à mon collègue, sans postillonner

je n’étais qu’à 24 nuits de veille

Sep 2021 – 2022.

Statut

il sortait d’une incarcération avec trois idées à faire valoir : repentir, expérience, vanité. pourquoi le chiffre trois – qui parlait aussi de réhabilitation ? la fin dernière nous le révèlera

comme s’il s’était changé – comme s’il ne valait pas moins qu’un autre, même au-dessus de ses amis – comme si la voiture et les liasses de billets exhibés signifiaient la réussite

privation de mes libertés

quelques fractions

le minimum sur les cloisons de l’esprit

une grotte approchait

les douleurs creusées creusées

la peur de tout raser en désert

de raser les murs

antérieur silence

les infinies impossibilités autour le bruit

introuvable était la phrastique sur le bourdonnement

de qui était cette perle ?

reviendras-tu, dis…

Liens

grands-pères – vous n’étiez pas seulement un territoire

vous étiez aussi d’autres résiliences 

grands-mères – vous n’étiez pas seulement une gâterie

vous étiez aussi d’autres présences

père – vous n’étiez pas seulement un quiproquo

vous étiez aussi d’autres contenances

mère – vous n’étiez pas seulement une nervure

vous étiez aussi d’autres anses 

oncles – vous n’étiez pas seulement un phare 

vous étiez aussi d’autres partances

tantes – vous n’étiez pas seulement une mimique

vous étiez aussi d’autres exigences

frères – vous n’étiez pas seulement un sourire

vous étiez aussi d’autres permanences

sœurs – vous n’étiez pas seulement une chance 

vous étiez aussi d’autres confidences

cousins – vous n’étiez pas seulement un roseau

vous étiez aussi d’autres évidences

cousines – vous n’étiez pas seulement une danse

vous étiez aussi d’autres influences

épouses – vous n’étiez pas seulement une traîne

vous étiez aussi d’autres délivrances

beaux-pères – vous n’étiez pas seulement un silence

vous étiez aussi d’autres outrecuidances

belles-mères – vous n’étiez pas seulement une doublure

vous étiez aussi d’autres mouvances

beaux-frères – vous n’étiez pas seulement un tandem

vous étiez aussi d’autres alliances  

belles-sœurs – vous n’étiez pas seulement une promesse

vous étiez aussi d’autres révérences

neveux – vous n’étiez pas seulement un gage

vous étiez aussi d’autres abîmes d’où découle la connivence

nièces – vous n’étiez pas seulement une caution

vous étiez aussi d’autres chaos d’où jaillit l’urgence

( je regrette de ne pas vous avoir connus ! ).

 

Assouplissement

il est du 19e siècle, un peu grec, combien irréparable serait la juxtaposition avec son époque. il leur faudrait renoncer à certains thèmes, comme la beauté, la folie et le rêve, etc. oh, lui, il repense aux différents vecteurs

ses étés sont comme les hivers, indéfinissables. un ciel gris et bas, du vent et les fenêtres fermées. il ne lui manque plus que la paresse aussi de sortir ou de se faire autre chose que des pâtes à la bretonne

les yeux du lézard ne voient plus clair

la couleur fade sous le citron

la prime vigueur ronge les os

les soleils des nuits entravées

la personne au téléphone ne veut rien entendre

le regard regagne les girolles d’un panier moisi

le bringuebalant infini baille derrière les paupières

l’épervier n’est plus

on a dit que l’on aimait pas les bébés

et toutes les choses auxquelles tu n’as pas accès

… ceux dans les rues qui ont vu senti approché les ténèbres !

Courriers

je crois percer le mystère des courriers indésirables

ils te bombardent de congratulations

et de félicitations

avant de te lancer un s’il te plaît clique

un s’il te plaît aide-moi

ils pensent ainsi comprendre quelque chose

à mon ego

ce courrier ne comporte aucun message.

Reprises & Cie

les entendre déjà si

jeune…

une mélodieuse s’en va

opérettes souvent tragiques !

comment pourrai-je

oublier ?

rire et rire

avec toi frère, mon

frère-sourire

s’arrêter 3 min / 31 min

et se recueillir

et se vivre

lorsque tu es cerné d’impossibilités

avance le doigt, l’obscurité s’aplanira

ce que je dis a déjà été énoncé, par ceux d’avant, comme par moi-même. ce que j’écris a déjà été tracé, de même

comme là, à présent, ces signes-traîneaux qui se doublent ont déjà été déposer, sans préalable. comment alors sortir du calque ?

mais cela est du peut-être à mon strabisme. et je sais, ce n’est pas avec ces brèves qu’il faut en parler

03/2011 – 09/2022

Go fast

des poèmes

personne ne les veut lire

que faire ?

si personne n’en veut

qui en voudra ?

des des des

poèmes

personne ne les veut

que faire ?

quoi faire quoi faire quoi faire quoi faire quoi faire

pourquoi faire – pourquoi s’en faire – pourquoi pas ? à quoi bon

des poèmes des poèmes des poè…

personne n’en veut

personne personne personne vraiment personne

quoi ou que ? rien à faire

des poèmes que personne ne veut

de la gangrène

dé dé dé dé dé dé …- aime

personne ne les veut

rien

des poèmes que personne ne veut ! – oui.

quoi faire ?

personne n’en revient

ni ne rappel

des poèmes

personne ne les veut

quoi espérer ou que faire ?

Sur une feuille d’écolier

pour Meissa.

le concept n’était pas, pour qui veut bien y réfléchir, un ennemi du poème, seulement sa porte d’entrée et non, évidemment, son aboutissement. Yves Bonnefoy.

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Lune

découpe éminente découpe corps je ne vais plus en ce monde je m’en retourne à l’entre deux : soi comme des parallèles

une image sans mots, – voulez-vous que l’on parle de ma tête, de mes dents et de mes tripes ? vers creusé oraison

je prenais acte de mon cerveau en voyant celle d’un mouton… sans rituel beurre et poêle sur le feu

comme un calque j’apprends du livre sur les défuntes amitiés

évite

ceux qui

suscitent

le regret

le paysage s’endormait sous nos paupières on s’endormait dans la voiture j’aurais dû à chaque réveil l’embrasser… même alors à l’extérieur

*

multiples voix – matières : tonalité

sacrificiel, un lépreux

de la nuit et du jour

traditions

enfance, souvenirs

cycle, recommencement

métaphore, strates

fiche, adresse, missive à soi

trou

lecture

passerelle

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tiré d’un ancien téléphone le 25/06/2017.

Bruitages

une femme de 70 ans est adressée aux urgences pour un syndrome confusionnel isolé, sans notion de chute ou de traumatisme crânien

de ses antécédents, on retient : une hypertension artérielle traitée depuis 10 ans par amlodipine (amlor) (10 mg/j) et un syndrome dépressif traité par paroxétine (deroxat) (20 mg/j)

les constantes sont les suivantes : pa=145/75 mmhg, fc=90/min, fr=20/min, température=37,2°c

il n’y a pas de signe d’insuffisance cardiaque, d’œdème, de signe de localisation neurologique

les données biologiques sont : natrémie=120 mmol/l

kaliémie=4 mmol/l

protides=62 g/l

créatinine 102 mmol/l

hématocrite 45%, glycémie=7 mmol/l

calcémie=2,34 mmol/l

tiré de facebook le 21/06/2018.

Ticket de commande

nom prénom : Ilan

f 146 / vente à emporter 105

( 50029 ) employer : thibault

date transaction : 18/03/2018

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belfort l’évocation oxycoupage de la broderie odorante en béton

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Se rabattre sur la ligne d’urgence

il ne pleuvait plus

sur mes blancs tombeaux

les essuie-glaces étaient en stand bye

par intermittence

elle conduisait silencieuse et somnolente

le jour aussi

elle n’était qu’à moitié là

un véhicule d’une trajectoire opposée

parfois plein phare

radiographiait l’habitacle poussiéreux

sur une route ouverte, largement ouverte

on n’évaluait plus les distances

seul l’éloignement du point d’escale à soi

De la journée

je réouvre une fenêtre, … referme une fenêtre

de la fenêtre un don

des prémices

je redescends les stores, … remonte les stores

sur les stores une araignée écrasée

une bouillie !

au plein d’araignées qui tissent des linceuls

je réponds merci

je parle à une jeune fille qui joue à la police

sur une pelouse sillonnée, sillonnée

préférés aux sirènes de pompiers

je repose une assiette, … relave une assiette

l’assiette est rangée dans le conduit

des cafouilleurs

sur le lit repensant aux fourmis de la jeune fille

à qui j’ai encore souri

Roulette

un jour ou l’autre, nous régnions sur les tropiques. un autre jour, nous sommes seconds, anxieux du branle du temps. nous restons ancrés au sol, comme des brins d’herbes ravagés par les vents

il adviendra un jour, inéluctablement, où nous serons piétinés à notre tour, par la génération ébahie qui arrive, dans l’indifférence de la foule qui n’aura déjà plus cour…

toi que je devine

tu me perçois peut-être en retour

toi vers qui j’approche

est-ce que tu m’excuses cette harangue ?

je tiens certaines connaissances sur la vie

le côté charbonneux des choses

en moins blanc !

je ne me justifie en rien

je te salue

Bruissements

s’infiltre par la serrure de la porte et des fenêtres

l’aube aux clartés essentielles

le chat ne joue jamais seul

ses yeux étoilés bruissent par un saut

tout s’invite à ma demeure 

en cette heure de l’éveil

l’attention portée à la circulation des oiseaux

: l’astre, l’instinct du chien qui remue !

l’odeur de café sur le feu mitonnant

les intimités d’un cœur étrange et drôle

l’appel du vendeur ambulant

du jour et de l’adresse

Sous les cotons

à Hania.

sous les cotons du temps

tombent

les rideaux métalliques

les innocents flirts

s’enrhument

une cocotte en papier peint dans des amas d’agrumes !

– est-ce qu’elle m’aime dans ce tout de noir ?

j’appelle au Sauveur des hommes !

c’était le crépuscule

pour l’heure, j’arrose les arbres

de mon urine

est-ce que c’est l’annonce d’une nuit sans fond ?

écorchure de l’âme

une glissade dans du savon d’été

qu’est-ce qui permet ? – la noyade.

j’ai dû en baver

sous le coup des fatalités

désordre camouflé

un bus orange grince

je suis désorienté en face de Ranima De La Cité

t’accueillir aux soirs…

t’accueillir entre les interstices de la réalité

je rêve d’un dehors nouveau, comme un doute qui gâche toutes ces années. les persiennes d’ailleurs sont d’un beige émietté. là, je suis tombé ! là, je retombe encore…

le râle de mes semblables a quelque chose à m’apprendre, par eux, je m’évapore ! je me laisse tenter par la paix qui descend , mon esprit s’absorbe en deçà de ses voilures

Je voyage, je parle, j’écris

à Djawhar.

je ne sais pas poétiser. je voyage, je parle, j’écris… on dit de moi que je suis maudit, qu’aux ténèbres est voué ma vie ! je crois que chacun à une chance, à un faisceau de lumière :

comme le jour qui coule // comme la nuit qui fend

je soufflais le chaud et le froid

comme un courant d’air ! comme un courant stellaire !

la terre était le ciel // le ciel était de terre

les points cardinaux étaient incommensurables

le sang de ma poitrine nourrissait mille fleurs

je n’avais rien au-dessus de ma tête

l’homme cherche à se résoudre

il sonde son âme dans toutes les directions

depuis la nuit des temps

comme allonger sur la lune

tiède et au calme

il répond à des leurres

et souffre de la contrition et des hommes

je renouvelais mes engagements envers la vie; il était vital pour moi de demeurer pour mes proches. je ne portais rien sur mon cœur, tout était vain et d’ailleurs. je rencontrais Dieu dans un pot de danette

Tigzirt

à Rabah. et à Omar. et à Hidouche. et à Omar.

Le soir tombe sur le jardin.

Les oiseaux se taisent.

Le silence du soir est un objet perdu.

Le silence du soir propre aux animaux, propre aux oiseaux,

est un objet spontané, naturel, perdu.

Sur le jadis. Pascal Quignard.

au commencement il y avait l’oubli, et toi, et ton corps :

l’infini du jour

brûle !

les jours passent

les dédales…

comme la vie en l’air

comme les orteils du pied à l’air libre

où tout est mousseline

je m’en vais sans vraiment partir

passent les jours et viennent les aurores

hélas, je ne reconnais que mon cœur

je ne me l’explique pas

très peu savent

– ils rêvent !

vivre sans vous

et mourir

mourir de vous entendre

et vivre

( ce n’est pas aussi idiot que ça en a l’air ! ).

qu’est-ce qui subsiste

les mots

l’espace

les mots et l’espace ?

je dois tout à ma couleur de peau et l’intuition

il n’y a aucune énigme

comme une âme égarée // comme une seule nuit

j’achève…

je perds, oui, je perds la raison dans la moire du chaton. il pleut sur la rive de Tigzirt, – si t’es sociable, ma belle ! il y a ceux qui préfèrent la compagnie des escargots

il pleut, il pleut… la rive de Tigzirt spirale ! il n’y a qu’une orpheline pour guider un aveugle. la nuit qui tombe en trombe, j’entonne, comme une chanson d’automne

Qui s’infuse

à Mokrani.

sur le rivage soufflait un vent frais… , sur le rivage un vent frais soufflait sur le caillou… , le caillou au bout de ton sein, le caillou de la nuit, de cette nuit là !

sur le rivage un vent frais soufflait sur le caillou de mes nuit, – on aurait dit que les chairs brûlaient ! je moussais autrefois le sable, revoyant mes amours et diverses effronteries

sur le rivage par épuration les migrants échouaient, les manques et des tragédies qui soulevaient plus de manques et d’horreurs. l’histoire moderne nous montrait ses horreurs… !

tu envies l’impassibilité des pierres

comme la musique de la main des vagues

comme la douceur d’un galet sous le soleil

la nature prodigue ses leçons de vie

l’eau salée mouille tes lèvres

tu envies l’impassibilité des pierres

comme leur intranquillité

En homme

je m’attends dans un avenir incertain

je m’attends dans un endroit indéfini

je m’attends moi-même

je ne pars pas et ne reviens pas

je ne m’endors pas et ne m’éveille pas

je n’inspire pas et n’insuffle pas

je me fais peur et ne crains rien

je m’appelle et ne réponds de rien

je mens et ne me mens en rien

je funambule entre les mots

comme se mouvoir, chercher plus loin, savoir dire au revoir

Murs blancs

il me parvient de la musique qui se noie dans les gosiers

après tout on n’aimerait pas danser

je joue avec les murs blancs

et le cauchemar des morts et des vivants qui se versent

comme un gouffre colportant un entre deux

une allumette dans un tas de foin, sous peu le brasier

je n’ai pas pris le temps des corps apaisés

négligeant le potentiel d’érotisme de l’univers

les brefs moments qui découlent dangereusement

d’où émane une substance l’… le mot s’est détaché !

on aurait souri avec quelqu’un d’un peu voyou

quelqu’un qui brûle de regrets

Hagard

le jour s’endort

un peu moins dans la décrépitude

j’apaise le flux du sang

les rives où je me retrouve ne sont pas miennes

comme ce jour-là : divin !

je ne l’ai pas observé dans mes souvenirs

ne croyant plus à l’immuable ici-bas

je regrette un ciel perdu qui bavait sous la pluie

je regrette aussi pour Adam

et un tas de sièges

( je lui dois comme toi qui lis ! ).

suffit-il de croire, – tu as beau t’affairer ?

à bordeaux, c’est l’après le déluge qui prédomine

j’invente des chapiteaux

où je sacre tous mes repentirs et infidélités

est-ce que c’est le son d’une cloche

son astre tinte le fond

au soir d’une sordide réaffirmation

je dîne seul au kfc

Une fleur de citronnier

à Fanny.

en dépit de ton silence qui m’écorche le sang

l’odeur du jasmin qui me blesse

blesse de mille morsures de serpents

la lune est une amie

le soleil est comme une fête

le jour décline morose

comme les mots que l’on ne peut rattraper

sur mes pays et loin de toi

je suis l’étranger

l’exilé du cœur

je revois par la fenêtre qui apaise mon esprit

le citronnier de l’enfance triste

les lourds portails qui te seront à jamais ouverts

comme me souvenant qu’il n’y a pas si longtemps…

l’étroitesse de mes pensées m’épargne moult soucis

monsieur Moult et la bosse d’un dromadaire dodelinent dans la ville ! 

Oh, la cigarette que l’on fume !

une cigarette se consume entre mes doigts

une cigarette se fume

elle s’appelle Rym

elle est longue et fine, rime souvent avec spleen

comme les vieilles accros qui viennent des indes

je m’en brûle une deuxième

j’ai besoin de nicotine qui calme mes nerfs

la braise rouge est une musique plus ancienne

elle a son style

les non-initiés lui prodigue des paroles vaines

les non-initiés la voit d’un œil en friche

peut-être des rivales… oh, la cigarette que l’on fume !

je succombe sous ses lignes blondes

à toute heure de la nuit et du jour

je me lève pour des bouffées de tabac blanc

rien que nous deux sur mes lèvres

elle dit stop sans vergogne à mes colères

elle dit stop à mes doutes sur l’irrationalité du monde

en bouse de vache, industrielle ou encore à rouler

je souffle sur ses pas clinquants de bourse

par douzaine ou par paquet souple bien rangé

c’est toujours un plaisir et sans regret que je la fume

d’ailleurs, Rym a une prose…

Feuillet troué

à Anne.

et si de ce monde autocratique et obtus

je répondais par un autre rêve

je reste sans activité spécifique

l’autarcie me fait bander longtemps

et si j’éprouve le besoin de comprendre

seul l’aride parmi toutes les vérités m’est nécessaire

lorsqu’on est consacré à la vindicte sans secours

rêve, rêve, rêve… aux lassitudes du mur de brique !

et si nos illusions renouvellent les découvertes 

j’ai grandi avec le vin des vignes et je m’appartiens

je crains fort les glottes de l’idéalisation erronée

ceux qui lancent : toute tentative est un échec !

et si nos victoires soulèvent de futurs espérances

ce n’est pas une baliverne que l’anarchique ordre régnera en maitre

le rêve commun n’est plus sans le concours de l’amitié

l’horripilant est dans le clos de nos coquilles

Bocage

j’écrase l’herbe

sur un paisible bocage

pour bâtir

un tipi

sous la pénombre

avec mon dos d’hérisson à trois pattes

comme à présent prendre l’air

est à exclure

je suis ton ange, tiens-moi la main

je suis innocente, pardonne-moi

souviens-toi de nous

souviens-toi que tu es libre

pars à la rencontre des vierges rivages

c’est une chance ce départ qui s’offre à toi

prends-moi dans tes bras une dernière fois

Chaland

il fait plutôt beau aujourd’hui, même dans le cœur de mes voisins, ce qui n’exclut pas leur violence ! après la tempête vient l’amour – après le soi corrosif, à moi la chaleur :

au magic pub… 54, 56, 58

comme dans la nef d’une église gothique 

une sombre niche au lait froid et de froment

la rue se nomme maréchal joffre 

vous y rencontrerez peut-être son apache  

à qui manquent une hache et un divin sourire

les habitués s’anesthésient jusqu’à la moelle, verdict :

cette enclave est un tamis qui cache

un arrière fond qui grouille

Lola, Fanfan, Bio… une bande dessinée à eux seuls !

et la content à eux seuls !

Comme un au revoir, comme une ombre

à Mehidin et à Tico.

Je t’aime, nous sommes fidèles à nos rêves

nous sommes fidèles à la paix.

Poésie. Jean Sénac.

fini l’éternel

de l’ombre obscure

sais-tu d’orgueil

que les astres sont sûrs ?

la tristesse est immense

et toi, tu es fini

plus le désir de vivre

d’après ta tête rabougrie

comme un au revoir

aux senteurs de vanille

certains ébats du soir

crochètent tes guenilles

Caméléon

dans l’espoir de trouver

une super glue

qui colle

deux fois

la même surface

je regarde les pubs

de patex

parmi d’autres produits

– oh que le monde semble plat

dans un journal !

*

l’un des haïkus de Jean-Baptiste Pélissier aurait pu se glisser là

: je m’abstiens.

*

j’enfilais ses douceurs pour le théâtre, après l’acte qui s’était joué à huis clos. elle remontait de l’histoire la poussière des cités, comme tout un réseau qui dégoulinait d’une tirade rouge

je sentais la fauche de ses petites ruelles fraiches, le tronc de ma peau était égrainé. j’extrayais une photo de l’album commun, c’était d’un vif regret que j’échouais…

Chaâbi qu’à toi

à Mounia.

un cœur qui bat pour toi

et qui brûle

respire

une promesse d’éternité

à présent, je me sens

 : expiré.

il ne reste presque rien de ton parfum d’entropie

mon vide intérieur entame ton souvenir

l’éducation d’une jeune fille pour les temps d’une belle femme

ton cœur prêté comme pour se découvrir à soi-même

la déchéance d’un jeune garçon pour les temps d’un vieille homme

mon cœur offert en perle d’émeraudes que personne n’emplit

… après que celui-ci soit consommé

pas de chute

indéniablement

il est constamment renouvelé dans son amour !

Semence

à Ibtissem.

c’est le loup

qui surgit

pour manger la fillette

simplette

avec des fossettes

que je trouve

superbe

ibtissama

c’est bien toi

personnellement

que je cherche, éperdument

et tout simplement, depuis longtemps

les agréments secrets d’une vie incendiaire

et ses dangers et ses tourments…

le noir besoin d’un ventre monstre et humide

tellement phallique ! tellement fatidique !

les chemins qui se croisent chez le dieu des carrefours

la complicité offerte d’un monde juvénile

j’enveloppe nos soirées de mysticisme, avec toi jusqu’au petit-matin, parfois.

un soir dans tes vieux jours

lorsque tu seras assise auprès de ton radiateur

repensant à tes jeunes et belles années

tu te diras A. m’a célébré, pense-y bien !

comme l’avez fait avant toi Hélène De France

le doux secret de cette maxime se cache dans ledit poème

Je vois le ciel

il me faut de la poésie pour entendre // il me faut de la poésie pour survivre

je veux respirer pour vivre sans heurts

je veux revivre mes mots qui font l’écriture

je vois le ciel. petit, je suis !

je vois le ciel. croyant, je suis !

je vois le ciel. poète, je suis !

je cherche ma quiétude dans les infinies miniatures  

j’ai combattu toute volonté de puissance

j’inspire à vivre de la poésie

je suis l’éternel soupirant

Chimène est certainement une jolie fille

( il y a une expression qui dit avoir les yeux de Chimène ! ).

je m’assure du monde. je m’assure qu’il va bien, qu’il chante tant bien que mal, et qu’il rêve de ses irrémédiables bonheurs qui se raréfient, ou à demain…

le noyau sera

la plate désinvolture

et les baisers de l’aimée

où je pends

la poésie comptera au cœur de l’humanité, à l’esprit des vents. l’exotisme change, ô terre des conquérants ! je voyage à l’intérieur de mes frontières, et en dehors…

j’ai vu mon poème

comme un devin

sur la terrasse d’un café

la fièvre dans la peau

Fragments

Scène 1

DROLE DE DEAL… ! DROLE DE DEAL… ! DROLE DE DEAL… !

: tu sentais vraiment que cela ne servait à rien ?

: vraiment.

: tu jetais tout ?

: il n’y avait meilleurs sortie à ces poésies. 

: s’en était une !

: je ne voyais que justice, et renaissance.

: tes mots, au feu… !

: tu y apportais ton eau, tes solutions, mais…

: tu te berçais, voilà tout.

: tu insistais pour me prêter ta voix aux élections, alors ?

Scène 2

ÉCUME DES ROCHES… ! ÉCUME DES ROCHES… ! ÉCUME DES ROCHES… !

: pourquoi doit-on quitter ?

: la fin est notre amie.

: dans le vide ?

: tu dois chercher à vivre.

: je sais, je me l’interdis.

: ton refus est grave.

: je refuse de me rendre à ce feu d’artifices.

Scènes 3

EN APARTE… ! EN APARTHE… ! EN APARTHE… !

: humaine, tu m’intéresse donc moins.

: tu devrais écrire cette phrase dans ton recueil.

: sauf si tu étais une silhouette, un rêve, une lune qui sourit, etc.

: tout dans le négoce !

: ta gueule, toi ! 

Scène 4

TROU ABYSSALE… ! TROU ABYSSALE… ! TROU ABYSSALE… !

: on vivait en paix jusqu’au jour où elle s’est manifestée pour foutre la pagaille.

: vous pensez que c’est irrémédiable ?

: comment la chose immonde est-elle parvenue jusqu’à nous ?

: la faute revient sûrement au diable.

Scène 5 – Acte 1

PLUIE DRUE… ! PLUIE DRUE… ! PLUIE DRUE… !

: j’ai rêvé d’une bataille de fourmis, des géantes !

: bonjour, quel panache !

: de la fenêtre l’orage est plus beau.

: si tu devais refaire quelque chose ?

: comme celle qu’on attend et qui ne revient jamais !

: les sentiments défunts ont la vie dure.

: euh … !

: pourquoi tu portes une chemise froissée ?

: des pin’s aussi, tu vois ?

: oui, très bien. j’ai froid comme une feuille d’automne, pas toi ?

Acte 2

CHAMBE POUR UNE NUIT… ! CHAMBRE POUR UNE NUIT… ! CHAMBRE POUR UNE NUIT… !

: on s’y prend comment ?

: tout dépend de quel côté du lit.

: ni l’un ni l’autre… , tu es partante ?

: toi sur moi ou… , attends !

: grouille toi !

: si on essaie autre chose ?

: pas avec autant de questions.

Acte 3

RAZ-DE-MARÉE… ! RAZ-DE-MARÉE… ! RAZ-DE-MARÉE… !

: tu es tout drôle, dis ?

: ça me fait compatir.

: est-ce que la chaleur submerge ta poitrine ?

: c’est les poètes.

: les sans voix, aussi !

: les reclus de bon gré ou non.

: les montagnes en sont plein ou les froids déserts.

: les morts pour un rien.

: les morts pour rien !

: tous les exclus de l’extrême nord jusqu’au pacifique.

: sans oublier les orphelins de la blafarde.

: les enfants du soleil fixe, les tannés, les vagabonds, etc. 

Scène 6 – Acte 1

LA PIERRE BRÛLE… ! LA PIERRE BRÛLE… ! LA PIERRE BRÛLE… !

: il faut que je baise, ramadan approche !

: il y a d’autres priorités.

: ça devient critique.

: c’est grotesque, trouve toi une passion.

Acte 2

GNOLE QUI ÉGOUTTE… ! GNOLE QUI ÉGOUTTE… ! GNOLE QUI ÉGOUTTE… !

: je voulais juste boire un coup après le jeûne.

: te voilà, un an de perdu !

: euh… oui !

: pas juste pour toi, j’ai perdu des années parmi vous.

Acte 3

LA CLARTÉ SIDÈRE… ! LA CLARTÉ SIDÈRE… ! LA CLARTÉ SIDÈRE… !

: rien ne m’émeut autant !

: de rien.

: tu ne veux pas une couronne, hein ?

: viens là !

Scène 7 – Acte 1

VENTS QUI TOMBENT… ! VENTS QUI TOMBENT… ! VENTS QUI TOMBENT… !

il – elle : tu connaîtras l’éternité.

: comment le sentir et où ?

il – elle : tu partiras sans tes dents.

: lesquels ?

il – elle : celles du bas.

: est-ce que tu me jettes aux loups ?

Acte 2

TIC-PLOC… ! TIC-PLOC… ! TIC-PLOC… !

: à quoi tu penses, mon amour ?

: je pense à la rue.

: maintenant, dis-moi à quoi tu penses ?

: je pense à notre vie sexuelle.

: et maintenant, une dernière fois ?

: je pense à l’orage qu’est ta personne.

: tu veux bien laisser la vaisselle, je finirai demain, incha’allah.

: je sors faire un tour.

Acte 3

C’EST L’HEURE… ! C’EST L’HEURE… ! C’EST L’HEURE… !

: pourquoi cet insensé cri qu’il est l’heure ?

: je crois qu’il parle d’apocalypse.

: c’est l’heure, espèce de fou !

: mais non, ces gens ont des choses à raconter.

: sans blague, il n’y échappera pas lui aussi.

: c’est comme ces câbles reliés qui vont et viennent de quelque part.  

: je suis curieux de savoir quel temps il fait demain, tu sais monsieur ?

: ne lui prête plus attention, tu as un truc de prévu ?

Scène 8

TABLE QUI BRASSE… ! TABLE QUI BRASSE… ! TABLE QUI BRASSE… !

: tu vois, je descends les poubelles !

: t’es vraiment qu’un enfoiré !

: rien ne m’étonne dit d’un ange comme toi.

: t’inquiète, va, j’ai aussi mes travers.

: tu as quelque chose à me dire ?

: enfoiré, tu jettes par terre !

Scène 9

VERROU AU PIEDESTAL… ! VERROU AU PIEDESTAL… ! VERROU AU PIEDESTAL… !

: que dis tu de la cigarette ?

: les algorithmes ne fument pas.

Scène 10

LANGUE DEBOUT… ! LANGUE DEBOUT… ! LANGUE DEBOUT… !

: si c’était moi, j’aurais mis fin a mes jours.

: bien sûr, tu ne vis qu’a travers le regard des autres.

Scène 11

SAPIN DE CUIVRE… ! SAPIN DE CUIVRE… ! SAPIN DE CUIVRE… !

: pourquoi on ne fête pas noël ?

: pour ne pas créer d’amalgame entre les religions.

Scène 12

TOURNE ROND… ! TOURNE ROND… ! TOURNE ROND… !

: quoi ?

: quoi, rien.

: tu me dévisage.

: ah, je regardais ta laideur.

Scène 13

L’OMBRE S’ALLONGE… ! L’OMBRE S’ALLONGE… ! L’OMBRE S’ALLONGE… !

: tu restes ?

: non, je m’en vais, mais avant je reste un peu.

: seulement si tu en as envie, un peu ce n’est pas suffisant.

Scène 14

LE COEUR S’ETIRE… ! LE COEUR S’ETIRE… ! LE COEUR S’ETIRE… !

: tu penses toujours à moi ?

: bon sang, quand est-ce que je ne pense pas à toi !

: tu m’aimes ?

: je t’idolâtre même, ce n’est plus de l’amour, ni humain. c’est au-delà.

Scène 14

DOUX LIT DE MES PENSEES… ! DOUX LIT DE MES PENSEES… ! DOUX LIT DE MES PENSEES… !

: écoute, vas te disputer avec toi même.

: je tiens une conversation avec moi-même.

: j’espère avec cordialité ?

: très, je ne décolère pas !

Scène 15

RETOUR DE LA ROUILLE… ! RETOUR DE LA ROUILLE… ! RETOUR DE LA ROUILLE… !

: combien de pays as-tu visité ?

: je ne suis toujours pas rentré pour les énumérer.  

Scène 16

AU-DESSUS DES GOUTTIERES… ! AU-DESSUS DES GOUTTIERES… ! AU-DESSUS DES GOUTTIERES… !

: tu écoutes quel genre de musique ?

: la musique, très peu. tu sais que les mots ont un sens.

: je n’ai pas l’envie parfois de déchiffrer, les voix et les mélodies suffisent à me combler. tu parles une autre langue ?

: non, que le français.

: tu mets à l’index tout ce qui n’est pas francophone, dommage.

: tant pis, il y a déjà de quoi faire.

Scène 17

JEUX DES REGARDS… ! JEUX DES REGARDS… ! JEUX DES REGARDS… !

: oh, je suis insignifiante !

: mais non, qu’est-ce que tu racontes ?

: mais si, regarde !

: tu dois choisir à qui tu veux plaire.

Scène 18

DARD EN ITALIE… ! DARD EN ITALIE… ! DARD EN ITALIE… !

: le levi’s qu’il porte est un authentique.

: qu’est-ce que tu entends par là ?

Scène 19

RIDER IN THE SMILE… ! RIDER IN THE SMILE… ! RIDER IN THE SMILE… !

: vous pouvez me prendre pour une caille.

: j’imagine bien, vous me verrez en conséquent comme une caneton ?

Scène 20

HORREUR HOSTILE… ! HORREUR HOSTILE… ! HORREUR HOSTILE… !

: bonjour, ça va ?

: bien, et vous ?

: bien, merci.

: tu as vu, pour douze euros d’achat il me tape la conversation ?

: c’est vrai ? taré !

: au revoir, bonne soirée.

fin.

Glu

à Rafik. et à Lyes. et à Sofiane.

C’est mon étoile

Elle a la forme d’une main

C’est ma main montée au ciel

Durant toute la guerre je voyais Orion par un créneau

Quand les Zeppelins venaient bombarder Paris ils venaient toujours d’Orion

Aujourd’hui je l’ai au-dessus de ma tête

Le grand mât perce la paume de cette main qui doit souffrir

Comme ma main coupée me fait souffrir percée qu’elle est par un dard continuel.

Feuilles de route. Blaise Cendrars.

je-sors-les-voiles-de-face-sur-la-proue-en-improvisant-un-maintien-de-biquet-je-me-rends-compte-très-vite-qu’-avec-vous-je-n’ai-rien-d’-un-marin

*

belle-à-en-mourir-diva-insouciante-et-stérile-à travers-mes-rêves-fébriles-tu-sommeilles-je-te-rejoindrai-toujours-car-il-le-faut-dans-le-calme-lit-des-maladives-jeunesses

*

à-la-recherche-d’-un-impact-de-vérité-vous-serez-souvent-confronté-à-votre-décrépitude-volontaire-toute-cruauté-est-bonne-à-prendre

*

je-crois-tout-ce-qu’-on-me-présente-je-suis-bien-obligé-j’-imagine-des-histoires-et-pour-écrire-une-belle-histoire-il-faut-d’-abord-commencer-par-choisir-les-mots

*

quel-diable-m’-a-poussé-qu’-est-ce-qui-s’-est-passé-si-je-rattrape-ce-farceur-je-jure-par-Dieu-tout-puissant-qu’-il-saura-de-quels-bois-je-me-chauffe

*

un-jour-une-ville-accueillera-un-poète-qui-ne-porte-en-lui-aucune-peine-sept-ans-qu’aura-durer-son-calvaire-quelqu’-un-comprendra-son-isolement

*

j’-ose-un-clin-d’-œil-à-la-lune-la-Séléné-chargée-d’-une-tristesse-ce matin-de-loin-de-par-le-monde-frissonnante-de-désir-pour-chaque-feuille-d’-arbre-et-pour-l’-âme-vibrante-couverte-de-rosée-où-elle-a-froid

*

il-y-a-des-logements-sociaux-habités-par-des-petits-diablotins-qui-jouent-à-lancer-des-projectiles-de-toutes-sortes-sur-les-chats-errants-qui-inévitablement-atterrissent-dans-la-cours-je-rouspète-au-delà-du-mur-de-séparation-et-après-un-instant-de silence-j’-entends-leurs-pas-s’-éloigner-je-me-figure-qu’-ils-ne-font-que-déguerpir

*

cela-fait-longtemps-très-longtemps-que-je-croyais-les-fenêtres-d’-un-écran-d’-ordinateur-immuables-mais-en-fait-pas-du-tout-selon-que-la-corbeille-soit-vide-ou-pleine-elles-changent

*

je-serai-une-station-mal-desservie-que-j’-en-mourais-sur-la-voie-des-clématites-blanches-je-trottais-d’-un-flair-de-feu-des-dieux

*

un-jour-tu-règnes-en-maitre-sur-les-tropiques-le-jour-d’-après-tu-es-second-ainsi-va-la-symphonie-du-monde-aux-yeux-ébahis-des-spectateurs

*

j’-oublie-que-les-colimaçons-sont-faits-pour-monter-même-les-mécaniques-les échelles-et-les-avions-ou-pour-descendre-je-dégringole-dans-ce-cas-précis-c’-est-tout-bénefique

*

ce-que-je-tais-par-manque-est-peut-être-de-la-poésie-s’-envolant-de-ma-mémoire-comme-un-papillon-un-mois-de-mai-ou-un-phénix-pourquoi-je-ne-la-retranscris-pas

*

je-vais-finir-seul-moi-sans-souvenirs-ni-pellicules-à regarder-j’-aime-les-seize-millimètres-poussiéreux-jaunis-et-tout-par-la-décharge-englouti-et-sans-enfants-qui-m’-aiment-tendrement-et-c’-est-le-moins-terrible

*

lorsque-l’-horrible-s’-entremêle-à-l’-idéal-et-ne-se-retient-plus-Dieu-s’-il-vous-plaît-je vous-adresse-une-prière-algérienne-versez-sur-nous-un-peu-de-votre-bonté-car-les-élastiques-sont-tendus-et-même-jusqu’-au-niveau-de-la-gorge

*

dans-un-petit-coin-paradisiaque-dans-un-jardin-parmi-les-arbres-nos-plus-vieux-amis-dans-un-temps-de-misère-je-tâche-de-reconnaitre-et-je-persévère-que-je-traîne-dans-la-boue-ou-dans-les-sphères-comme-une-quête-ouverte-et-solitaire

*

mes-cheveux-éparses-tombent-l’-ivresse-livresques-dans-un-songe-rattrapé-ce-sont-les-signes-avant-coureurs-d’-un-suffoqué-et-puis-ultime-dérision-sans-façons

*

les-rêves-de-ma-ville-sont-frénétiquement-correctes-seul-la-flamme-d’-une-bougie-sait-qu’-elle-est-grande-de-ses-noyés

*

je-suis-content-les-courants-créent-des-fleuves-le-soleil-source-se-lève-à-la-même-heure-et-je-n’-y-peux-rien-à-savoir-qu’-un-poète-peut-toujours-peut-toujours

*

comme-à-chaque-fois-je-me-retourne-si près-de-la-sortie-et-si-mes-rivières-pour-elles-se-sont-taries-je-n’-en-veux-qu’-à-moi-même-nous-deux-était-si-beau-dommage-dommage

*

même-si-ce-vain-monde-échappe-de-l’-apocalypse-grâce-à-une-poignée-d’-hommes-qui-prient-je-ne-les-salue-pas-de-toute-éternité-mais-à-une-échelle-moindre-j’enfante-pour-chacun-d’-eux

*

Frise

elle entrait dans le poème

irradiait l’allée

de ses chevilles ornées

un matin d’un dimanche

sous l’orage

elle était jolie celle qui traversait

crevant les yeux qui inondaient l’allée…

elle coursait les brides de son poème

les blancs rêves d’une mésange

les trous dans un cœur

comme une lune emplie

d’un manque

rien n’est plus charnier qu’un regard d’une passante

peut-être, à regrets

Au matin, je rejoignais la veille

le poème me traversait comme si c’était le dernier, reclus dans mon grenier

comme le dernier départ d’un train, ou la dernière étreinte

je croyais qu’aucun instant écoulé n’y remédiait à cette 11 heures du soir

de passage, je ne souhaitais pas m’appesantir

j’étais encore là ! j’y revenais, ressassais

urgence

de la vitesse

et quelques renoncements

l’état de mes poèmes : une version diminuée de ce qui me précédaient

la source n’était plus, restait l’encre et la poussière

annonçant l’effacement

je situais la chanson en parallèle de mes productions, hors de mon horizon

un album de Depeche Mode et une fuite était entrevue

j’écoutais, je convoitais, là où je m’aventurais

je me voyais comme un charbon, une ode au charbon

alimentant tous les foyers

lorsque tout se valait dans le grand brasier, passant vrai au pied de rares montagnes, un vertige me prenait

je me demandais qu’en est-il du débordement, en poésie aussi. il est vrai que tous les poètes décevaient leurs contemporains, un leurre de croire l’inverse

je désespérais des jours de lecture sans un arrachement ou un emporté

je me résolvais, … me prêtais des voix dans mes recherches et concepts

ou lorsque je tissais de la laine, durant les éclaircies

je ne savais jamais qui j’étais, où j’allais, mais j’espérais de mon cœur

comme entre deux contrées, sans la tiraille. j’échappais à l’idée du plein, aux lunes

je rêvais de la sensibilité des singularités, sans m’y prendre

j’écrivais parfois avec les poètes

parfois une adresse

de dedans et de dehors

auprès de mes morts, auprès de mes mains

je fracturais le poème, tout en intuitionnant la régénération, comme un second souffle

jusqu’au moment où je constatais la perte

longtemps je m’engouffrais dans les brèches du poème

comme un intrus

comme un éléphant

un élève surtout qui écrivait sur la marge. il m’était indéchiffrable

je méditais sur mes raisons de vivre, mes peurs et mes aspirations, – comment était mon enfance ? mutique comme une surface

est-ce qu’il fallait me lamenter sur mon sort et me terrer, alors que je devais autre chose de mes lamentations

j’étais de la faillite, authentique, radicale, – à quel moment mon histoire s’était gâtée ? lorsque je touillais dans le sens inverse des aiguilles. une fabulation

je les inscrivais à la lisière, dès l’abord. je les écoutais aussi, rien que pour la jubilation d’une suite de signes

je me persuadais que ce n’était jamais sorcier, sans m’attarder à ce qu’ils étaient campés, ou du milieu

conspiration, adhésion, translation… : rupture !

de ce que j’en savais et devinais, tout m’y préparait, tout m’y arrachait

je transcrivais une poésie qui collait à ma peau, sans ajout de mes travers, de mes poisons

elle était parfois qu’un discours lorsqu’elle me paraissait indicible, moins limpide

j’acceptais néanmoins sa part d’incompréhension, d’imperfection, d’inachèvement, comme ne pas l’accompagner au bout

je ne retenais qu’une touche, un scintillement, comme le jasmin les nuits d’été, ou la réverbération sous d’immenses soleils

j’employais le Je comme un autre soi, érodé, feuilleté

je hurlais à la mort, rien cependant qui pouvait nuire

j’y déposais mes croûtes

je renonçais

à chacune des chutes une relance, un mot

je me souvenais de l’époque où je n’étais pas trop stupide, mais où j’allais

je rallongeais les idées lorsqu’elles me venaient, aucune ne s’atténuait, comme les ombres des arbres au crépuscule

j’écrivais parfois toutes les nuits, sans tracer une ligne. je ne rencontrais cette hargne nulle part

je concevais un filet. je récitais mes poésies

je me prenais toutefois pour un bookmaker, pronostiquant sur les chances et l’audience d’un poème, bien avant de le dénaturaliser

quels dieux empêchaient leur envol, une unisson…

était-ce donc moi

l’homme pendu

à son sac

avec un coude qui se détachait

d’une cité

tenant du souk et bradait

j’inventais des problèmes de plus en plus les nerfs à vif, comme des lames qui raclaient mes os

je pourchassais mon destin, ma conscience était sans tache, baroque

je n’avais pas de solution à m’apporter, sinon pas affligé, – que pouvait un poème en ces temps de rift, en ces temps de chien qui plaident pour des chiens rongés par les bêtes ?

comme étaient les étranges arbres, la nuit, seuls, ces mêmes arbres qui par ailleurs me causaient le vertige

Une collusion

une collusion

l’endurer

juste un après…

sans bruit

s’éclaircit

ciel et doutes

un temps

trace / fouille

le long trait qui dit :

immédiateté.

emporte

oscillante vérité

c’est toi.

noir mat

in-octroyé

tu rendossais à Palerme ses ailes

à son image

vieille

contagion, aucune rainure

tel quel :

elle

elle ne pouvait te vivre.

Nœuds avant chaque poème, comme avant un orage

j’aube à la nage dans les vents

je crépuscule comme une course

je soleil comme un jus de citron vert des plaines de mon enfance

je nuage les moutons un jour d’une légère brise

je rivière sous la tombe de Rivers

j’étoile les poètes en filigrane de mes amis des montagnes

je planète comme Holst au sahara où je retombais malade

je flaque mes paumes sur les pommettes d’un clown

je pluie comme je te regrettais Hania, – Rien ne me rebutait autant que les conventions.

je sable les chaises de poussière pour ne plus m’y assoir

je singe les étendards au clairon

j’abeille comme les ruches au printemps de Plath

je livre pour un shilling ce poème de la casse

je trombe !

je ruisseau après mes repas de pain et d’orage

je brume sous les parasols à la plage, – Ne serait il pas un peu zinzin ?

j’ange ainsi que tu angélisais

j’aile comme Frida

Second usage

à Camille.

en avant de la veilleuse

un filtre

en avant du filtre

un cadre

en avant du cadre

un verre

en avant du verre

les deux croquis

en avant des deux croquis

un chevalet

en avant du chevalet

une scène

en avant de la scène

les deux modèles

en avant des deux modèles

un nu

tout était plus au moins bancale

et sous une note !

Sclérose

je t’aimais dès lors…

comme une nuée ardente

après tout ce temps

perdu

je partais loin

lancé par ton idéalisation

entre tes garde-fous

: je rêvais.

je te voulais avec violence

d’un lien indéfectible

ne sachant pas te voir

autrement !

maux

gorgé

boiteux

filament

j’arrivais encore à sourire de mes amours défunts

de mes souvenirs parés comme une torsade de cheveux

une autre vague à l’eau : je ne m’ouvrais jamais à tes volutes sereines de la vie à deux, comme des passagères rencontres qui jouaient des métamorphoses et du morse

tels étaient les paroles d’un poète sublime et interdit d’accès

… et ses renoncements !

Salut, c’était moi…

elle enfilait un masque méconnaissable à la nuit tombée

comme une ombre sur de hautes cloisons

tout ce que nous partagions

notre foi

parce que différente

comme une garde de tous

il disait aux immensités bleues* : les femmes avaient des yeux perfides !

il disait à son cœur : les femmes avaient des visages obliques !

tout ce que nous échangions

notre amour

parce que tendre

comme après la chute de tous

les mots qu’il faudrait ravaler

– il y avait les reclus calomniés de fou à lier.

tout ce que nous chantions

notre printemps

parce que folle

comme de l’avis de tous

je me malmenais de toi

comme de mon cœur et les vents contraires

* Le bateau ivre. Arthur Rimbaud.

Raquette dans un sac de voyage

la vie était comme on danse

de nos libertés

et à l’aveuglette !

le vide se faisait sentir

je criais !

une femme jouait la nuit au solitaire sur son ordinateur, seule ! moi, je me touchais de cette extravagante solitude, même les lampadaires vibraient

la vie était comme on cauchemarde

de nos ailleurs

bien meilleurs qu’ici !

nous ne pouvions plus voir

d’un autre cri : nous jouions de la chamade !

un cordonnier n’avait plus d’outils, lors de l’une de mes visites. il était crépusculaire, affligé comme un quelconque possible. il lui restait sa vue

j’écrivais, je t’écrivais une lettre muette

de mon cœur exténué

Deux mains reposaient un broc

il-elle venait

avec l’ordonnance de son cachet

rien ne pressait

sinon, sa mélancolie   

*

saluant l’image

d’un blanc miroir

une présence   

début

qu’est-ce que j’ai fait de ma boite

à mégots ?

*

un instant

c’était l’éternité qui jeûnait

*

il-elle approchait

avec ses bras archès

vertige au bord

comme toucher au mythe

lorsque je n’avais plus d’histoire à me raconter, me croyant déposséder de tout. j’accumulais des choses sur toi, qui miroitaient comme les montagnes alentours. l’érosion pouvait commencer.

*

il-elle s’entrevoyait

comme de par son cœur 

où y exultait le souvenir    

sous la pénombre d’une chambre  

*

pluie de lèvres et langues mouillées

les illusions du vasque se perdaient à l’été

*

au matin

le soleil se levait la bouche ouverte

*

je m’asseyais sur un sofa au milieu d’une fête, un pot de départ parait-il ! m’assoir, je ne savais faire que ça. il faisait jour sur les rideaux bleus.

*

j’écrivais son histoire

au même temps qu’elle se déroulait

*

il-elle atteignait

l’intensité de son origine

comme les poissons dans l’eau  

et leurs trappes

*

c’était l’ombre qui donnait à un escalier une teneur monumentale, toutes les ombres n’étaient pas angoissantes, à craindre. je lissais tous les plis.  

*

passionnément, je t’aimais

on se parlait en italique

*

je recomptais sur mes doigts, comme compter les étoiles à mon oncle, lui-même sondait les jours à venir, peut-être ensemble.

il-elle saluait

plusieurs fois durant l’entrevue  

espiègle

et la langue fourchue

je m’endormais près de toi

– qui veillera à présent sur moi ?

*

le poète enfantait dans la douleur

*

je t’aimais d’un amour qui permettait tout

comme l’oiseau de marbre

*

une cigogne sur les toits

déménagement

– est-ce que c’était un retour ou une arrivée ?

*

une trajectoire opposée

vie parallèle

rescapée

comme l’eau jaune dans un broc

*

– tu m’avais moi.

– tu étais sans forme.

– tu m’avais moi.

*

j’aimais l’architecture de l’Europe, son histoire et ses innovations, comme ta Citroën ! je m’asseyais à côté de toi, confortablement et en sécurité. je découvrais la vieille ville.

c’étaient les reflets de ton reflet… , que tu désertais depuis, ilot parmi les iles, un paysage doré qui ondoyait comme ta peau ou les épis de blé.

*

il-elle se lavait et crachait

dans l’évier

après les repas de famille

– qu’est-ce que cela voulait dire ?

*

l’art de vivre des petites gens était dans le sauvetage des apparences

*

novice

une partie de moi-même était occultée

*

ce n’était pas tant au prince

que s’intéressait

Rose 

mais au cheval

j’étais un cheval autrefois

je battais le pavé des villes et les reins des filles me remerciaient

*

vivre sans toi

c’était comme se noyer dans la Loire  

*

il-elle se reflétait

depuis l’autobus dans un lac

comme derrière la chose

derrière sa fenêtre

*

j’avais un rendez-vous avec une lune, ses formes étaient tellement dilatées qu’elle atteignait presque Vénus. je m’allongeais comme un pendu, bercé par le chant des griots.

je n’avais pas de quoi payer un livre, même une bonne occasion ! je fraudais alors dans les trains pour la rejoindre comme des milliers avant moi, des milliers !

*

le fini

ce n’était jamais tout à fait finir

*

tu voyais ce qui était comme

ce qui n’était plus  

tu te le représentais

*

il y avait du repos chez soi

du moins, la promesse d’un corps flasque

*

dans mon imaginaire… les personnes âgées, comme mes grands-parents, ne faisaient jamais la vaisselle. les enfants prenaient des tabourets.

*

lorsque je parlais

j’avais soif de peaux

soif de vous

hier était un jour de fête

qu’elle aurait été le cours de la vie encore autre

*

même lorsqu’un poète dormait

il ne dormait pas

sinon d’un sommeil d’outre coquillage

*

vous ne me verrez pas demain   

ni le lendemain

mais restez alerte

il adviendra un jour

où je frapperai à votre porte   

*

avec les femmes dès qu’il s’agissait de l’âme, elles fuyaient et choisissait celui qui leur contait fleurette. je les faisais percevoir, rien qu’une perception

*

l’encre atténuait l’horizon

de mes vers

*  

la fille de ne pas être revenue s’était volatilisée

*

j’étais enivré, réinventant quelques étincelles, qu’ensuite je mémorisais. je suivais la première étoile, toujours pressé de notre rencontre. je savais le temps qui nous était imparti.

*

il-elle se souciait peu de l’ici ou là

tant que son exil intime le manque

lui importait les signes

tant que la poésie…

*

pour les culs-terreux tout était notoire 

je savourais mon dégout

seul

*

tu roulais comme un bolide

sans sucre

*

les boyaux d’un dragon tournaient

et elle

*

je savais de quoi était fait ton regard, ton regard de froid et de glace. l’effet qu’il produisait chez moi n’était pas humain. je te complimentais par là même.

*

il-elle conjuguait

les noms : Van Gogh Matisse Picabia Chagall Modigliani Bacon

Cézanne Renoir Rembrandt Vélasquez

sur tous les tons comme le Je de l’élève

*

aucunement

trottoir

oeil en equinoxe

flou

de l’observer

une trotteuse

*

pas de précipitation

et donc, on feigne la tache ?

*

une aube

un lac

entre nous deux

toi

*

le voilier qui voguait derrière une fenêtre

il n’avait pas de forme

il n’avait pas de port

– Il n’y a de terre qui n’est gorgée de sang.

*

je retrouvais le nom de mes amis et connaissances, comme dans le coran. ils s’annulaient, côté de mon dos qui me réjouissait.

*

j’étais imparfaitement

de la vieille veine, une franche !

*

il-elle fréquentait

les étrangers en situation irrégulière

et aspirait à élargir son horizon

comme un secret irréalisé

  • en cours d’élaboration.

Fuchsia

salut au matin

souhaits à la dérobée

lointaine main

vers qui creuse

images jetées à la dérobée

oh, quel GIF !

bol qui se brise

ton cœur inonde mes yeux

chant du rossignol

mains humides

ton baiser sur mes paupières

marcheur de sable

fin du printemps

pourquoi tu ne chantes plus, oiseau

sur un quiproquo

chant campé

de l’oiseau qui rêve de branches

et rêve encore

mes voisins

chantent au-delà de l’éthéré

comme partout

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Télégrammes avant l’an 2000

à Nassima.

Et il y a Quelque chose de bizarre – chez moi –

Cette personne que j’étais –

Et Celle-ci – n’ont pas l’air d’être la même –

Serait-ce – la Folie ?

Poésies 1882. Emily Dickinson.

Traduit par Françoise Delphy.

L’union-centre –

Jour et heure de dépôt le Jeudi 24 à 23h07 : 49 mots.

je renais content -STOP- par malheur ou par chance -STOP- je n’y peux rien -STOP- comme la mouche de Duras -STOP- les courants créent des fleuves -STOP- le soleil se lève à la même heure -STOP- un poète peut disait-il -STOP- pour le moment -STOP et FIN

L’union-centre –

Jour et heure de dépôt le Jeudi 24 à 23h14 : 54 mots.

cette Madone est de l’or -STOP- que j’oublie -STOP- les jours défilent -STOP- sombres taches -STOP- je n’ai besoin d’aucune posture -STOP- dans mon trou -STOP- une liane de cœur -STOP- paroles d’un fou -STOP- tu ne peux les battre -STOP- un palais et les devantures -STOP et FIN

L’union-centre –

Jour et heure de dépôt le Jeudi 24 à 23h24 : 46 mots.

mon amie tu peux te dévoiler -STOP- je pars avec toi -STOP- mon amie -STOP- tu me montres ta réalité -STOP- ton corps sera mon paradis -STOP-à demain où je rompe à tes pieds -STOP- toi la femme que j’aime aujourd’hui -STOP et FIN

L’union-centre –

Jour et heure de dépôt le Jeudi 24 à 23h27 : 50 mots.

je ne suis pas attractif -STOP- asexué -STOP- le roman chef-d’œuvre -STOP- je mène la vie dure à mes amours -STOP- il y a de quoi ne pas être futé -STOP- pas très -STOP- ce sont nos mêmes mots -STOP- le mal-aimé est encore moi -STOP et FIN

L’union-centre –

Jour et heure de dépôt le Jeudi 24 à 23h31 : 53 mots.

j’ai un froid chagrin -STOP- mon cœur est un verre qui tombe -STOP- je dine d’une soupe de pierres -STOP- je passe l’été en douceur -STOP- j’essaie la justice le linge les couleurs -STOP- mon œil gauche est rouge -STOP- il pleut comme un long silence -STOP et FIN

L’union-centre –

Jour et heure de dépôt le Jeudi 24 à 23h34 : 55 mots.

la mouche est passée -STOP- pas pleurer -STOP- tout me rappelle à son souvenir -STOP- parmi celles en état de grâce -STOP- pas laver et pas gratter -STOP- j’enjambe les serpents -STOP- la mouche me sert d’alibi -STOP- je continue d’enculer des mouches -STOP- je reste sur ma droite -STOP et FIN

L’union-centre –

Jour et heure de dépôt le Jeudi 24 à 23h49 : 44 mots.

je dis ces mots qui montent à ma bouche presque comme un murmure à une fleur à la fin d’une soirée ou à la fin d’une couche -STOP- j’aime depuis les serpents -STOP- j’aime depuis les mouches -STOP et FIN

Chanson de la rupture

j’étais imparfaitement un mort – vivant

pour vous

pour vous

je fuyais longtemps la vie d’ici bas

avec nous

avec nous

vous me manquiez, à mon tour d’aimer

pour vous

avec nous

je ne pouvais oublier et non plus effacer, – pourquoi vous ?

les vents se brisaient sur la porte de mon cœur, au désert de mes routes… , ô mon esquive ! je vous accueillais, rien ne faisait obstacle au premier abord ! seuls me yeux qui vibraient et cristallins

lorsque j’allais, une printanière après-midi convoitant des ouvertures, je souhaitais une fine pluie sur mes paupières à demi closes, comme pour faire mienne cette bourgeoise blessure

de tout mon être

être deux, comme des sourires

Chant debout

une aube erronée d’été

un cœur-folie éclairant et brutale, – les pacifier !

( est-ce revenir au monde

parmi tant d’autres feux, comme me trahir ? ).

Noor

il me suffit de répondre par : plus tard !

une psalmodie de l’aube à mon âme

un murmure, noms du Coran

récit, récit oratoire :

je revisitais les tombes, comme en Guyenne. c’était de l’ouïe, celle derrière l’étoffe. je me désillusionnais des fausses communions, puisque les chants se font debout

café et douce cigarette !

prières

Momento

l’œil porte

sur la flamme verte

de ne plus se souhaiter la mort

écrire

région

mélodie du cœur

éclaire mes yeux de cendre

mes poumons

torche

dorsale

moelle

feu de l’action

lit

lourde tête

étincelles

silencieux

j’étais mien avec l’autre au naturel

pour un laps de temps

Vents mauvais

je rêvais de vents mauvais

et du battement de ton cœur et triste

je repensais à toi

amoureux de nos allées et venues

parmi les arbres

quintessence

me fend

fruits d’été

bec du typhon

Tristan distraie

sang séché

sens unique

et le monde en était changé

quelqu’un me faisait une promesse

Quand les mots

quand les mots se dérobent du mot

quand le port de la mémoire

quand le suc de l’œil

quand la respiration se fait halte

quand l’épave des siècles

quand la langue pâteuse exulte d’eau

quand le mais est déjà

quand la saison des vaches et des mouches

quand la chanson tourne

quand le lourd est plus que lourdeur

quand les classiques revisitent le contemporain

quand l’intérim des esprits est de mise

quand le rire s’y met à deux fois

quand le vouloir se tord

quand l’épuration blanchit les feuilles

quand les peaux sont défraichies

quand l’horizon trône

quand les anges sont des démons et les démons des anges

quand les répondeurs n’accrochent plus

quand les dépens accrochent

quand la platitude gagne l’enfance

quand l’adoration se perd

quand l’œil s’écarquille sur les reflets

quand la levrette est au pied de son maitre

quand les trains sont rouillés

quand les constellations s’alignent

quand l’arbre s’enracine dans la mort, – alors, je délire !

Chants

à Narimane.

Où est F. ? Je ne l’ai pas vu depuis longtemps.

F. ? Vous ne savez pas où est F. ? F. Est dans un labyrinthe, il n’en sortira

sans doute plus.

F. ? Notre F. ? Le barbu ?

C’est bien lui.

Dans un labyrinthe ?

Oui.

Derniers Cahiers 1922 – 1924. Franz Kafka.

Traduit de l’allemand par Robert Kahn.

je me couvrais d’une veste qui me tenait chaud, le feu brûlait ma poitrine, et me blottir tout contre était ma consolation. c’était de mon cœur, un jour de septembre

je ne saurais être un pianiste, mais peut-être oiseleur ! hors du temps, une image entachée de remords, aussi. je livrais d’un vif regret mon malléable âme, une odeur

la vie chantait, – comment allait-elle bon train ? plus que de raison, le tronc de ma peau, une vieille ronce de la cendre des cités qui s’accumulait. ton tout en dépôt, m’était-il ami ?

comme ton départ qui laissait un trop plein de vide

j’arpentais les ruelles électriques, le rouge de l’étude, comme le sucre de l’arc-en-ciel à saint-michel, parmi quelques ressemblances qui me faisaient sombrer

je me demandais quand et pourquoi philosopher ? – lorsque le tragique du squelette à en devenir. je voulais être du cours de la vie, de la lune et de mes rêves

*

J’ai eu la chance de rencontrer l’art parce que j’avais, sur un plan psychique, tout ce qu’il fallait pour devenir une terroriste. Niki De Saint Phalle.

comme un poète charbonneux, connaitre et apprendre était mon seul souhait. je me rêvais des délicatesses, ainsi m’en sortir de la rue ou faire un carnage !

je ne souhaitais qu’être bon

je ne souhaitais sentir que le vrai

je ne souhaitais qu’admirer mes semblables !

après cet ombrage, je passais comme une lettre à la poste, et mes yeux questionnaient mon cœur, le gras du ciel. je ne rencontrais que l’inouïe et les nuages jaunes

une traversée qui ne disait rien

rien de drôle ou de rose

comme un train qui rentrait en gare

je m’attardais sur les ombrelles, les couleurs qui se distillaient dans mon oasis. ils étaient tous d’une rare merveille et me rendaient visite

je tombais du haut de mes chevaux qui me suspendaient, en rien aussi les esquimaux menaçaient ! je voyageais de pôle en pôle sans bouger de mon lit, un tourbillon

comme une poésie qui révélait un possible chaos, une démolition autoprogrammée, et si je ne m’y attelais pas, comme pour la foi, je dépérirais

*

les nuages m’accrochaient en ce jour béni, il y avait presque tout dans ces nuages : tes mains, ton nez, ton dos, etc. tu rétrécissais

je devinais l’ovale de l’horizon

je scrutais le paysage

j’étais bien sous les pigeons bleus !

la terre de ma peau… , comme une première au jardin botanique ! le jardin zen et le gazon vert de la ville, les poissons du japon, les bulles, etc. un je ne sais quoi qui me titillait

– on est bien parmi les gens, mon frère ! disait-il avec un sourire. puis, il se tempérait.

je piochais les phrases des flâneurs

je laissais agir ma transformation

j’observais mon inattention !

je ne prenais rien à cœur, tout comme toi. je m’éloignais du tissu commun, nul ne pouvait me rétablir. le bonheur de chanter était de survivre à soi-même, un vaste continent de mes foulées

je n’étais que ton chantre âpreté aux louanges de ta plaie, cela est vrai que tu étais superbe et me snobais. je te faisais du mal de nous, et tu me le renvoyais, inhumaine

– tu n’étais qu’une vulgaire ombre !

– je n’étais que l’ombre de moi-même.

*

on luttait contre le feu qui engloutissait la ville, la boue en d’autres saisons s’écrasait sur nos semelles. tout n’était autour que désolation et vieilles tôles, sous un ciel infernal

on cheminait comme une perle nacrée qui bousculait le mollusque. on ne s’en sortait pas depuis, par toutes les voies. on se levait pour voir le jour et l’étau se resserrait

on déambulait dans notre géant dortoir, oh, il le restera longtemps ! notre environnement brulait et demeurait sans secours, sans secours, sans secours, etc.

comme pour les prières sur nos dépouilles qui n’étaient plus à purifier

l’horreur et la confusion

la mécanique de la solidarité, l’élan

une semaine lapée par le jour de la fin des temps !

*

j’entrevoyais la lumière entre les notes de Liszt qui me consolait, me console ! cela remontait d’un abîme et de la Parole célébrée, refoulée, et qui transitait

j’allais vers quoi on ne pouvait lutter, sans souffrance aucune, un spleen. les raisons de ma vocation et de ma Ténèbre, comme pour étancher ma soif de celle que j’aimais, sauvagement

j’ouvrais ta porte d’une seule étreinte, etc. malédiction ! je chantais aussi nos clairs nuits, comme les vents de septembre où nos mots en or s’étaient envolés

– celui qui aime aime en Dieu.

*

les billes mises en terre

les pierres

comme avant l’errance

dans le bois

les charmes

il n’y avait plus d’espace dans l’armoire à araignées

les paroles d’un moulin !

vieux grimoire

lorsqu’un parterre

*

j’acquiesçais une gifle de cinéma, chaque fois que je voulais bien faire : Paf ! elle s’était réalisée, imprévisible, lutine. une femme pour le grand écran

ah : je la noyais avec mes yeux, – je caressais ses plates jambes, – je me laissais chavirer dans ses eaux ! je me rendais compte de la chance qui me fuyait et de nos intentions qui n’étaient pas très orthodoxe :

– je te mange tout entier.

– je te dévore tout entière.

elle me disait sans malice qu’elle m’aimait bien, que j’étais son ourson. l’instant d’après, elle attirait mon attention sur un soleil sur les dalles, comme pour son drôle de chapeau

elle lisait Eluard, Poèmes du dernier amour

j’écoutais Liszt

*

de mon cœur qui se balançait entre : le délire de réinventer ou la folie d’oublier. lorsqu’il y avait urgence, je tâtonnais du palais en ce long jour de septembre, parce qu’il pleuvait dans mes oreilles d’âne bâté !

l’ouverture du ciel sur le couchant délivrait un passe-droit :

– il était bizarre ce noir.

– il était plus noir que le noir de Soulage.

o

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l’

a

m

o

u

r

j’étais le bon client lorsque nul ne répondait sur tout ou sur rien, me baignant d’illusions sans colère ni ressentiment. c’était de mes chevaux vapeurs et la notion diurne sauvage

je lisais le bois, en dormant, me rappelant de ton nom ! nous étions pris au cœur, l’espace trônait sur le temps qui freinait nos déboires. je redoublais, nos béquilles d’antan me soutenait

*

deux gouttes, trois gouttes, quatre gouttes,

cinq gouttes, etc. l’espace d’un théâtre qui s’égouttait : Molière !

zut : je croyais voir une nouvelle lune, – je devinais les étoiles en plein jour, – je déraillais de mon alphabet ! ils avaient des regards qui tuent et une parole qui blesse, comme partout

de bord : ô mon cœur… , ô mon obsession… ! snif : j’attendais que la lumière de la ville m’éblouisse, – j’attendais en fumant aussi, – je t’attendais sans commune mesure avec ce jour !

comme les sirènes qui manquaient à mes appelles :

j’étais cette lune

j’étais cette antilope dans le désert

j’étais cette herbe verte qui ondoyait

*

la guitare s’introduisait d’un rythme continu, strident

suivait les coups // venait les batteries

je replongeais dans le silence d’un bond, l’harmonie se révélait. je vibrais à travers les sonorités électriques, et ma poitrine était en feux. mon âme s’ouvrait à cet instant précis :

comme une fleur en automne après le dégèle

ou trop tard dans les saisons

je me noyais sans envie dans le bois lumineux, pour en finir avec la voix qui déchirait le ciel, joliment. je volais cet univers métallique et les dissonances

comme un froid de tombeau qui glaçait les masques

j’avais froid

je faisais un rêve cette nuit-là d’un être qui marchait sur l’eau, multiple. je lui empruntais sa couronne comme il ne se laissait pas attendrir, quoique un peu soulagé

– ô voie de l’enfance puisses-tu te dilater, flamboyer !

l’un des mystères de Pilate, – pourquoi lui ? pourquoi pas moi !

*

je ne valais pas ma vie pour un clou, lorsque les dieux en mouvements transigeaient avec humour. j’avais tous les âges, comme ce jour d’automne au baille renouvelable, indéfini

gardien du chemin de mon cœur

matérialisé par l’écriture

– est-ce que c’était la fatigue morale ou le repos du poète ?

– une manifestation.

( je tenais après tout à mes scalènes ! ).

j’étais recouvert d’un éclat par la grisé en errant dans les immensités sidérales, éprouvant chaque respiration. je délirais à non plus finir autour du temps

je m’éprenais de tout

je désapprenais

*

je ne l’espérais rien que pour moi-même, pour ma survie, l’idiome des prochains vingt-quatre cailloux, eh, – du mens ? comme la promesse d’une décennie de solitude, à lire, à écrire

dépression / courage / dépression

( courage à bras le corps ! ).

puck : je travaillais pour être riche de ces nuages, – je fuyais le soi, – je disais très peu ! j’étais anxieux avant toute chose à plein paumons. j’en avais marre de tout, des ruptures, de toi

comme à lui-même :

– tu t’appelles comment ?

– je ne suis personne.

– tu vas bien ?

– je crois, bien !

– je te souhaite un joyeux anniversaire.

– bel anniversaire à toi.

– je te laisse, rendors-toi.

– merci.*

je me questionnais sur la parole consignée ou retranscrite, au souffle figé ou antique, plus encore dans la durée. lorsque j’en étais à les fantasmer et à les vivre

00 : 01

* inspiré de Rosetta, interprétée par Emilie Dequenne, film des frères Dardenne.

Funèbres refrains

à Jean-Baptiste.

les aveugles sentent les étoiles

avec l’œil de l’âme

les aveugles sentent les étoiles

d’un cœur en flamme

le poète brûle

d’un cœur en flamme

les chiens grondent de peur

sur la terre de Dieu

les chiens grondent de peur

la ville se dévoile aux heures nocturnes

d’une magie et d’un mystère

la ville se dévoile aux heures nocturnes

j’ai peur au plus creux de son flanc

d’où l’on entend d’en bas les feuilles sur le sol

j’ai peur au plus creux de son flanc

Justificatifs de vie commune

mardi un jour de labeur noir

mercredi un jour de labeur noir  

jeudi un jour de fête  

vendredi un jour Saint

samedi un jour de labeur noir  

dimanche un jour du Seigneur de la terre d’accueil 

lundi un jour d’un arc-en-ciel pour toute la semaine

le deal était si tu l’aimes ne te maries pas avec elle   

j’avais un visa moyen séjour

mardi après-midi dévolu au sofa  

mercredi après-midi dévolu au sofa  

jeudi après-midi dévolu au sofa  

vendredi après-midi dévolu au sofa  

samedi après-midi dévolu au sofa  

dimanche après-midi dévolu à la guitare  

lundi après-midi d’un arc-en-ciel pour tout le mois

j’étais marié à une femme beaucoup plus intelligente que moi  

j’étais heureux, mais sec !

mardi pour le dîner nous avions des pâtes aux jaunes d’œufs et fromage râpé   

mercredi pour le dîner nous avions de la viande hachée et petits pois-carottes  

jeudi pour le dîner nous avions de la pizza faite maison  

vendredi pour le dîner nous avions de la soupe  

samedi pour le dîner nous avions du riz au beurre et cordons bleus

dimanche pour le dîner nous avions des pâtes aux saumons à l’italienne   

lundi pour le dîner nous avions un arc-en-ciel pour toute l’année

nous avions déménagé chez ses parents  

j’étais perdu

mardi soir : néant

mercredi soir : néant   

jeudi soir : une gâterie  

vendredi soir : néant   

samedi soir : une branlette

dimanche soir : un coup peinard  

lundi soir était un arc-en-ciel noir pour toute la vie

nous avions divorcé un jour d’été   

j’étais malheureux

la nuit était le jour et le jour était la nuit  

la terre était le ciel et le ciel était de terre  

le soleil se levait sous la terre et se couchait au zénith  

les vents frais passaient sous mes pieds

Un saule est une sérieuse affaire

par le son des cloches

sorti du spleen

sorti de tes auto-stellaires branches

tes lapidaires heures

maison en carton aux vents ouverte

hantée par ton nom

comme un cygne blanc

bat de l’œil très haut sur l’étant

plane

incertain

petit cœur d’un conte

sans loups

sans loups

univers qui change et aveugle

à mi-hauteur de la cime des arbres

écume de tes mains

goutes lactées sur ta peau

sable

mouvance

chauve-souris par là

debout, vœux indiens, veau d’or !

au jour naissant

veine et flot de ta bouche

roulade de l’enfant qui s’éprend

qui succombe

de soleil

lorsque ton printemps…

somnolant, immobile, ô le jujubier !

je clamais d’une marche lente et sourde

comme il y avait un saule en face de l’autel

L’escale de la matinée

sept heures

de coton

parachutés

sur tes yeux opiacés

comme des raisins verts

un parfum de poème

une foudre dans ton cœur

comme le jaune éclaire sur la toile d’un peintre

bourdonnement quasi lointain

vaguement

à l’ombre

je m’allongeais sur les rêves de ta coccinelle

ton écharpe rouge

amphore d’écolier en mal de fenêtres

dessins d’une abbaye

dessins de ta courbure

s’éveillent

tant de mystères

qui ne valent ta caresse

chant des bois

morsures d’une étrange bête

lente d’une douce confession

effervescent

je m’agrippais à ma bouée de plaisance

léger vent sur les roseaux

tout aussi contre toi

tes âges étagés

sève

peu de zinc !

désolé de te croire verte

ton onir

par toi charmé

comme insuffler une seconde fin

à tes matins

de gris

je m’essuyais par crainte de trop m’y plaire

Furie de l’été

furie de l’été

femme que j’approche

longue frange derrière ses prunelles

mots transversaux

vers aussi longs

élans du passé

insaisissables couleurs

herbe folle dont l’herbe folle raffole

inquiétude légère

doigts qui butinent

sautent en d’autres lieux

frileux… , saisis-le !

pointe au cœur

aigue

fleur sculptée par les fées

toile cachée

amortie

j’effleure ton bras

ton parfum me rappelle les saisons

Dur de s’y mettre autant que de s’arrêter

toute opaque, toute opaque, toute opaque,

toute opaque, etc.

du soir… , comme de la nuit

une transversale, géométrie de l’objet

que soufflent les vents !

que lave la pluie les souillures !

c’était presque religieux ce moment du petit bout de chocolat plein de saletés que l’on mangeait, – puisqu’on aurait tout essayé, même la fête !

il y aura toujours la vérité à une vérité, l’orient à un orient, la loi à une loi, le vers à un vers, l’histoire à une histoire… mes yeux se tournent vers l’ouest, pour la veillée du ramadan

reconnaitre le poète qu’il fut, c’est comme avouer son ascendance

pour nos glorieux martyrs, on devrait appeler chaque maison de leurs noms à chacun ! on pousserait l’utopie encore plus loin

tchat – tchat, tchat – tchat – tchat – tchat – tchat,

tchat, etc.

je quitte mon rêve :

La perte d’un petit bout de chocolat

fourmilière

ballets du bâton rompu

rire ou riz au lait

versés dans nos yeux ou sous nos pas

étouffés pêlemêles

tout Traviata

nos pas !

mémoire de l’exilé de bout en bout

relaissé par les odeurs et une béance

recherchant l’ouverture

diaphane d’esprit

épuisement d’un temps intercalé

où rien ne s’assemble et se dédouble

œufs brouillés de l’enfant

tout savant

baromètre des ombres

fine et finissons-en !

il n’y a rien pour toi ici

jeune apollon manqué

ailes et voiles de nos temples et carrefours

mansuétude

blanches fissures

éblouit

enchainé

malheurs sous l’abri

sous nos pas de tambour, en mur

seule la perte d’un petit bout de chocolat

je repêche ton regard à moitié endormi

puisqu’on aurait essayé

Femme aux oiseaux

à Alice.

au couvent une femme s’attarde dans son corridor ouvert aux débâcles, sonde son âme et noie ses yeux qui s’agrippent d’attente sur les feuilles d’arbres

( lorsque l’automne presse le pas ! ).

qui êtes-vous ?

que voulez-vous soustraire ?

solitaire qui observe l’irréparabilité

mal dépecé

acide

j’aspire à une eau qui s’en est allée, – qui donc crois-tu comprendre ? je la désir depuis ma vulnérabilité, me cache comme un tronc parmi les arbres, cadavre ambulant

thème sur un ancien baiser : judas !

toc-toc, houst, l’indésirable !

transparente colère

fracas palpitants

flagada des pensées

je réitère mes adieux à la femme aux oiseaux

pleure de joie la paix du soir

Fleur de Lys

départ d’éclairs

pucelle qui s’envole avant l’heure

départ d’éclairs

bleu d’azur intemporel

départ d’éclairs

départ de la lecture en éclaireur

départ d’éclairs

du sol au firmament

c’est la pucelle !

rougeurs au tronc sonore

départ d’éclairs

blessure au cœur qui colmate

départ d’éclairs

départ comme un ultime éclair

départ d’éclairs

nuées jusqu’au sol

départ d’éclairs

c’est la fleur de lys !

bataillon qui encercle les remparts

chants de victoire et bataillon

je cherche à me faire en vouloir

et tends vers le baume

Sur une pelouse

conformation astrale

formes obliques

regard oblique

conformation à la forme astrale

tes yeux touffus

lune

belle hâlant

oblique caprice et tes yeux

nourris

sentant ton feu

même…

lourd jardin

feuilles sèches

doigts et râteau

échanges muets

carrefour

je me tiens à mi-chemin de la cabane

mais bye !

Mains et table sous la poussière

grippe ou la fuite des vents

mue et morveux

douceâtre poussière comme les peaux

boulevards bordelais qui transitent

quais embrumés

retardataire et à l’heure

humeur à la Gabin

Singe en hiver

anniversaire de l’anneau

tambourineuses étoiles

présage d’une noyade

parce qu’il y a un soleil

intérêts gonflés sous le lampadaire

Richard sa majesté des affaiblis

fauteuil mirobolant

proverbe et flasques abattis

tapis recouvrant les sexes

dogme du piéton

histoire à la barre

plaide encore pour les étoiles

Aurore file la fin de l’été

je me pouille sur le chemin des poètes

comme j’en croise de si vrai

Fractures

à Sophia.

complainte entendue

plantes brûlées et drôles de chapeaux

vaste fémur comme les jours abimés

où retombaient les générosités d’un adolescent

révolution des fleurs et des pierres

sensibilité d’une tête muette avec ses frères… , – pas bien pas bien !

quelques colombes effleuraient la fenêtre d’un paisible lointain

nous fallait-il faire face, à tout – à rien – à l’aurore alitée ?

comme un radeau vermoulu, etc.

traversant les longs soirs miraculeux, comme les phyllades !

il quittait le miel et les abeilles de son pays

pour la rive des estropiés

Libérations

tes nouveaux lustres

vieux coffrets

tes ciels bas et obscures

ode de coton blanc et bleu

tes yeux horribles et troubles

baisers qui s’enroulent

fini l’éternel

qui sait d’orgueil ?

tes sornettes

ailes rouges de sauterelle

tes accents de flûte

fleur jolie, jolie… !

tes sons vermeilles

sur mon lit, tu sommeilles !

astre rustre

ô mon astre Français !

je beigne dans tes rêves

comme à rebours

Au bord

prophéties sous l’arbre

arts et soleils irradiants

demies pressions

itinérance au bord

manichéen

moitié d’une clameur

lasse qu’à moitié

retour à la dicté

baisers éternels et fleurs

cloche qui retentit

comme un dimanche des rameaux

ciel qui s’étend de grisaille

ouverture basse et non plus enchainé

perspective et portes

dames qui feintent d’une tête

observent en dedans

à la lisière du chant

au salon et merveilles que j’honore !

absente trainée au-delà du mémoriel

salut toison d’or du bélier

salut étrangère

je saute enfantin en plein milieu des châteaux de sable

et me salis les mains

Perceptions d’un intérieur

longue note

combles

homme fictionnel

vêtu d’une chemise ( trois boutons d’ouverts )

brettèles

ventre d’un poisson

fumait des gitanes

vaporisait les mots et frisait les étagères

pieds sur le parquet lourd

et crétin

près d’une veilleuse et de la fenêtre

orages d’été

femme éprise

doigts rouges et robe jaune à fleurs

jambes de poule, long cou et seins d’écolière

petites touches dévolues

oscillait devant le téléphone

dans la même pièce

échangeait un baiser comme frère et sœur

je n’ai pas de voiles blanches et de brume

la grêle m’appelle et s’y retrouve

Cristaux

grince

orgueil du cœur

blizzards

lumières d’une ville

feux

flamboyant

nuées d’une grange

sans cabale

et joie

foule mausolée

tapi

rien que là

toit à mille lieux

à mille têtes

sereins rêves

flûte

soupirant

oies

promesses

peut-être une dernière

à lui

à l’écho de son parfum

coquelicots

bras rouges de froid

enlacement

grippe

arômes

homériques

berceau

ouvert à toi

aux messagères de la nuit

brouhaha

dingueries d’un ruminant

insistance

vaillance

assistance à la tonalité…

est parti

Charlie Parker

corbeau

détenue bravée

puits ou buis

lourdeurs

balancement

jours perchés

assaillant

sous une table

percé par les cristaux

je brûle de l’encens au plus sombre de la nuit

si souvent

J’aurais pu m’appeler Nathalie

même félin désir ! même déshabillé !

ivresse des corps qui susurrent tout bas

corps exaltés d’obscurs parfums et d’éclats

corps comme un halo

cela te rappelle les sarcophages

ton univers frémissant qui outrepasse l’outrance

ta peau suave, se savoure, Nathalie !

comme le retour d’une érection

sous la moiteur des draps

colère et larmes

qui t’arrachent à ta torpeur

à ton orbite

ton feu

si solaire et limbes

avec tes quelques airs de comédienne !

je croque dans le jus d’une tomate et fraîche

cueilli par ton sel