Savonneuse brume à pétrole

trop tard et dans les saisons coulait un nectar, la vie était belle… enfin, tizi-ouza ! un vent de printemps parfumé de saligauds et de machines à l’huile…

l’hiver où allaient les hirondelles fidèles à nos rues, des gorges blanches qui virevoltaient au ras du sol ? c’étaient nos matins de caramel, mes voisins respiraient sous les velours troués…

te souviens-tu de ces couleurs, non seulement de leurs nuances, comme les roses de l’émeute, mais aussi la rose rébellion, celle qui ferait d’une ville un guêpier, une savonneuse brume à pétrole…

je frictionnais avec la voix d’un seul chantre, qui me liait à la lignée des exilés. il me semblait que tout était instable et confus, un grabuge derrière nos échos…

il faisait doux dans mon cœur, ses raisons d’y croire en étaient absentes. il faisait bon vivre parfois dans mon quartier, lorsqu’une fraicheur à l’aube retombait, comme un souvenir luisant…

Télégrammes

Jour et heure de dépôt Jeudi 23h07 : 49 mots.

je renais content -STOP- par malheur ou par chance -STOP- je n’y peux rien -STOP- comme la mouche de Duras -STOP- les courants créent des fleuves -STOP- le soleil se lève à la même heure -STOP- un poète peut disait-il -STOP- pour le moment -STOP et FIN

Jour et heure de dépôt Jeudi 23h14 : 54 mots.

cette Madone est de l’or -STOP- que j’oublie -STOP- les jours défilent -STOP- sombres taches -STOP- je n’ai besoin d’aucune posture -STOP- dans mon troue -STOP- une liane de cœur -STOP- paroles d’un fou -STOP- tu ne peux les battre -STOP- un palais et les devantures -STOP et FIN

Jour et heure de dépôt Jeudi 23h24 : 45 mots.

mon amie tu peux te dévoiler -STOP- je pars avec toi -STOP- mon amie -STOP- tu me montres ta réalité -STOP- ton corps sera mon paradis -STOP-à demain où je rompe à tes pieds -STOP- toi la femme que j’aime aujourd’hui -STOP et FIN

Jour et heure de dépôt Jeudi 23h27 : 49 mots.

je ne suis pas attractif -STOP- asexué -STOP- le chef-d’œuvre -STOP- je mène la vie dure à mes amours -STOP- il y a de quoi ne pas être futé -STOP- pas très -STOP- ce sont les mêmes mots -STOP- le mal-aimé est encore moi -STOP et FIN

Jour et heure de dépôt Jeudi 23h31 : 53 mots.

j’ai un froid chagrin -STOP- mon cœur est un verre qui tombe -STOP- je dine d’une soupe de pierres -STOP- je passe l’été en douceur -STOP- j’essaie la justice le linge les couleurs -STOP- mon œil gauche est rouge -STOP- il pleut comme un long silence -STOP et FIN

Jour et heure de dépôt Jeudi 23h34 : 55 mots.

la mouche est passée -STOP- pas pleurer -STOP- tout me rappelle à son souvenir -STOP- parmi celles en état de grâce -STOP- pas laver et pas gratter -STOP- j’enjambe les serpents -STOP- la mouche me sert d’alibi -STOP- je continue d’enculer des mouches -STOP- je reste sur ma droite -STOP et FIN

Jour et heure de dépôt Jeudi 23h49 : 44 mots.

je dis ces mots qui montent à ma bouche presque comme un murmure à une fleur à la fin d’une soirée ou à la fin d’une couche -STOP- j’aime depuis les serpents -STOP- j’aime depuis les mouches -STOP et FIN

Chanson pour rompre

j’étais imparfaitement un mort pour vous

pour vous

pour vous

je fuyais longtemps la vie d’ici bas

avec nous

avec nous

je retombais

dans ce qu’on pourrait appeler l’œil du silence

comme un pendu qui oscille

notre amour était beau et sublime

il fut

de ces riens qu’aujourd’hui, etc.

je vous revoyais encore

de vos gestes

de vos lèvres et bras de sel autour de mon cou

vous me manquiez, à mon tour d’aimer pour vous

avec nous

je ne pouvais oublier et non plus effacer, – pourquoi vous ?

les vents se brisaient sur la porte de mon cœur, au désert de mes routes… , ô mon esquive ! je vous accueillais, rien ne faisait obstacle au premier abord ! me yeux qui vibraient et cristallins

lorsque j’allais bien, une printanière après-midi convoitant des ouvertures, je souhaitais une fine pluie sur mes paupières à demi closes, comme faire sien cette bourgeoise blessure

de tout mon être

être deux, comme des sourires

Chant debout

une aube erronée d’été

un cœur-folie éclairant et brutale, – les pacifier !

est-ce revenir au monde

parmi tant d’autres feux, comme me mentir ?

Noor

il me suffit de répondre non

une psalmodie de l’aube à mon âme

un murmure, noms du Coran

récit, récit oratoire :

je revisitais les tombes, comme en Guyenne. c’était de l’ouïe, celle derrière l’étoffe. je me désillusionnais des fausses communions, puisque les chants se font debout

café et douce cigarette !

prières

On aurait dû aller à Vérone

qu’est-ce qu’il l’enchantait, où cela raillait, l’itinérance ou plutôt l’irréalité de nos échanges, comme les vrais soirs de Marie, de marbre était sa silhouette ! c’était notre dernière saison…

j’observais en silence mon éternel retour, à travers les routes sinueuses de la vallée… son corps, ses rêves, ses effluves distingués, une découverte ! je ne la nommais qu’en de rares occasions…

je la voyais d’une humeur parfois vagabonde, comme sa solitude que nous partagions. nous étions sur l’herbe des heures durant, presqu’iles lointaines, désentravées. elle était jolie et me choisissait…

elle avait dans le cœur l’automne, sa bannière était les comètes et planètes qui voguaient. elle chantonnait avec la radio, changeant de station comme une sauterelle, comme pour son effeuillage…

je quittais son rêve de porcelaine avec précaution, faisant de cet instrument mon bonheur. je me voyais rêver près d’elle, non, vraiment pas très loin d’ici ! elle était ma Philomèle en rossignol…

Momento

l’œil porte

sur la flamme verte

de ne plus se souhaiter la mort

écrire

région

mélodie du cœur

éclaire mes yeux de cendre

mes poumons

torche

dorsale

moelle

feu de l’action

lit

lourde tête

étincelles

silencieux

j’étais mien avec l’autre au naturel

pour un laps de temps

Vents mauvais

je rêvais de vents mauvais

et du battement de ton cœur et triste

je repensais à toi

amoureux de nos allées et venues

parmi les arbres

quintessence

me fend

fruits d’été

bec du typhon

Tristan distraie

sang séché

sens unique

et le monde en était changé

quelqu’un me faisait une promesse

Quand les mots…

quand les mots se dérobent du mot

quand le port de la mémoire

quand le suc de l’œil

quand la respiration se fait halte

quand l’épave des siècles

quand la langue pâteuse exulte d’eau

quand le mais est déjà

quand la saison des vaches et des mouches

quand la chanson tourne

quand le lourd est plus que lourdeur

quand les classiques revisitent le contemporain

quand l’intérim des esprits est de mise

quand le rire s’y met à deux fois

quand le vouloir se tord

quand l’épuration blanchit les feuilles

quand les peaux sont défraichies

quand l’horizon trône

quand les anges sont des démons et les démons des anges

quand les répondeurs n’accrochent plus

quand les dépens accrochent

quand la platitude gagne l’enfance

quand l’adoration se perd

quand l’œil s’écarquille sur les reflets

quand la levrette est au pied de son maitre

quand les trains sont rouillés

quand les constellations s’alignent

quand l’arbre s’enracine dans la mort, – alors, je délire !

XII

je ne l’espérais rien que pour moi-même, pour ma survie, ce prochain jour de septembre, comme la promesse d’une décennie de solitude, à écrire

dépression / courage / dépression

( courage à bras le corps ! )

puck : je travaillais pour être riche de ces nuages, – je fuyais le Soi, – je disais très peu ! j’étais sérieux avant toute chose à plein temps. j’en avais marre de tout, de notre séparation, de toi

comme à lui-même :

– tu t’appelles comment ?

– je ne suis personne.

– tu vas bien ?

– je crois, bien.

– je te souhaite un joyeux anniversaire.

– je te souhaite un joyeux anniversaire.

– je te souhaite une douce nuit.

– merci.

je me questionnais sur la parole consignée ou retranscrite, au souffle figé ou d’antique, plus encore dans la durée. lorsque j’en étais à les fantasmer et à les vivre

XI

gardien du chemin de mon cœur

matérialisé par l’écriture

lorsque les dieux en mouvements transigeaient avec humour

je ne valais pas ma vie pour un clou

j’avais tous les âges

le printemps menait ma mythologie personnelle

comme ce jour de septembre au baille renouvelable, infini

– une désillusion.

– est-ce que c’était la fatigue morale ou le repos du poète ?

je tenais après tout à mes scalènes !

j’étais recouvert d’un éclat par la grisé en n’éprouvant chaque respiration

j’aspirais à l’immensité sidérale

je délirais à non plus finir d’âme, d’esprit et de corps autour du temps

je m’éprenais de tout

je désapprenais tout

X

la guitare s’introduisait d’un rythme continu, strident

suivait les coups

venait la batterie

je replongeais dans le silence d’un bond

l’harmonie se révélait

je vibrais à travers le son

ma poitrine était en feux

mon âme s’ouvrait à cet instant

comme une fleur au printemps après le dégèle

ou trop tard dans la saison

je me noyais sans envie dans le bois lumineux

pour en finir avec la voix qui déchirait le ciel, joliment

je volais cet univers métallique et les dissonances

un froid de tombeau qui glaçait les masques

j’avais froid

je faisais un rêve cette nuit là d’un être qui marchait sur l’eau, multiple

je lui empruntais sa couronne comme il ne se laissait pas attendrir, quoique un peu soulagé

ô voie de l’enfance puisses-tu te dilater, flamboyer

l’un des mystères de Pilate, – pourquoi lui ?

pourquoi pas moi !

IX

deux gouttes, trois gouttes, quatre gouttes, etc. le temps d’une pièce qui s’égouttait : Molière.

zut : je croyais voir une nouvelle lune, – je devinais les étoiles en plein jour, – je déraillais de mon alphabet ! ils avaient des regards qui tuaient et une parole qui blessait

de bord : ô mon cœur… , ô mon obsession… ! snif : j’attendais que la lumière de la ville s’éternelle, – j’attendais en fumant aussi, – je t’attendais sans commune mesure avec ce jour de septembre !

comme les sirènes qui manquaient à l’appelle :

j’étais cette lune

j’étais cette antilope dans le désert

j’étais l’herbe verte

VIII

d’un cœur qui se balançait entre : la folie créatrice ou le délire amoureux. lorsqu’il y avait urgence. je tâtonnais du palais en ce long jour de septembre, parce qu’il pleuvait

l’ouverture du ciel sur le couchant délivrait un passe droit :

– il était bizarre ce noir.

– il était plus noir que le noir de Soulage.

o

ù

é

t

a

i

t

l’

a

m

o

u

r

j’étais le bon client lorsque nul ne répondait sur tout ou sur rien, qui se beignait d’illusions sans colère ni ressentiment. c’était de mes chevaux vapeurs et la notion diurne sauvage

je lisais le bois, en dormant, me rappelant de ton nom ! l’espace trônait sur le temps qui freinait nos déboires, pris au cœur, me soutenait nos béquilles

VII

j’acquiesçais une gifle de cinéma, chaque fois que je voulais bien faire : Paf ! elle s’était réalisée, imprévisible, lutine. une femme pour le grand écran

ah : je la noyais de mon regard, – je caressais ses plates jambes, – je me laissais chavirer dans ses eaux ! je me rendais compte de la chance qui me fuyait et de nos intentions qui n’étaient pas très orthodoxe :

– je te mange tout entier.

– je te dévore tout entière.

elle me disait sans malice qu’elle m’aimait bien, que j’étais son ourson. l’instant d’après, elle attirait mon attention sur un soleil sur les dalles, avec son drôle de chapeau

elle lisait Eluard, Poèmes du dernier amour

j’écoutais Liszt

V

j’entrevoyais un peu de lumière entre les notes de Liszt qui me consolait, me console !

cela faisait remonter le souvenir de ma famille

de mes amis

et de la Parole

célébrés

j’allais vers quoi on ne pouvait lutter

sans souffrance aucune, un spleen

la raison de moi-même et de ma Ténèbre

rien que pour étancher ma soif de celle que j’aimais

sauvagement

j’ouvrais ta porte d’une seule étreinte

– celui qui aime aime en Dieu.

je chantais aussi nos clairs nuits

prélude d’un jour de septembre où nos mots en or s’étaient envolés

IV

on luttait contre le feu qui engloutissait la ville

la boue s’écrasait sur nos semelles

tout n’était autour que désolation et vieilles tôles

sous un ciel infernal

on cheminait comme une perle nacrée qui bousculait le mollusque

on ne s’en sortait pas depuis, par toutes les voies

on se levait pour voir le jour et l’étau se resserrait

notre environnement brulait et demeurait sans secours

on déambulait dans notre géant dortoir

et le restera longtemps… !

dans les prières sur nos dépouilles qui n’étaient plus à purifier

dans l’horreur

dans la confusion

on cherchait la mécanique de la solidarité, l’élan

en cette journée qui ressemblait à la fin des temps

III

un jour de septembre où les nuages m’accrochaient

il y avait presque tout dans ces nuages : tes mains, ton nez, ton dos.

je devinais l’ovale de l’horizon

je scrutais le paysage

j’étais bien sous les pigeons bleus !

la terre de ma peau était à louer ou à vendre

comme la découverte du jardin botanique, une première

le jardin zen et le gazon vert de la ville, les poissons du japon, les bulles, etc.

un je ne sais quoi qui me titillait

qui enchantait mon cœur

on est bien parmi les gens, mon frère. disait-il avec un sourire. puis, il se tempérait

je piochais les phrases des flâneurs

je laissais agir ma transformation

je parlais de poésie

j’observais mon inattention !

je ne prenais rien à cœur, tout comme toi

je m’éloignais de plus en plus du tissu commun

nul ne pouvait me rétablir

le bonheur de chanter était de survivre à soi-même

vaste continent de mes foulées

je n’étais que ton chantre âpreté aux louanges de ta plaie

cela est vrai que tu étais superbe et que tu me snobais

je te faisais du mal de nous

tu me le renvoyais, inhumaine

tu n’étais qu’une vulgaire ombre

II

connaitre et apprendre était ma seule volonté

comme un poète charbonneux, en somme

je ne souhaitais qu’être bon

je ne souhaitais sentir que le vrai

je ne souhaitais qu’admirer mes semblables !

je me rêvais des délicatesses

comme m’en sortir de la rue ou faire un carnage !

après cet ombrage, je passais comme une lettre à la poste

mes yeux questionnaient mon cœur

le gras du ciel

je ne rencontrais que l’inouïe

et les nuages

une traversée qui ne disait rien

rien de drôle ou de rose

comme un train qui rentrait en gare

je m’attardais sur les ombrelles

les couleurs

qui se distillaient dans mon oasis de merveille

je tombais du haut de mes chevaux qui me suspendaient

en rien les esquimaux menaçaient

je voyageais de pôle en pôle sans bouger de mon lit, un tourbillon

comme une poésie qui révélait un possible chaos

une démolition autoprogrammée

si je ne m’y employais pas, comme pour la foi

je dépérirais

I

j’enfilais une veste qui me tenait chaud

le feu brûlait ma poitrine

me blottir tout contre était ma consolation

c’était du cœur

un jour de septembre après l’acte qui s’était joué à huit clos

je ne saurais être un pianiste

mais peut-être oiseleur !

j’extrayais de l’album hors du temps

une image entachée de remords, aussi

je livrais d’un vif regret mon malléable âme, une odeur

la vie chantait, – comment allait-elle bon train ?

plus que de raison, le tronc de ma peau

vieille ronce de la cendre des cités qui s’accumulait

ton tout en dépôt, m’était-il ami ?

comme ton départ qui laissait un vide

je sentais la fauche

comme le sucre de l’arc-en-ciel à saint-michel

parmi quelques ressemblances qui me faisaient sombrer

j’arpentais les ruelles fraiches et électriques

le rouge de l’étude

je me demandais quand et pourquoi philosopher ?

– lorsque le tragique du squelette à en devenir.

je voulais être du cours de la vie

de la lune

et de mes électriques effluves, un rêve

Funèbres refrains

à Jean-Baptiste.

les aveugles sentent les étoiles

avec l’œil de l’âme

les aveugles sentent les étoiles

d’un cœur en flamme

le poète brûle

d’un cœur en flamme

les chiens grondent de peur

sur la terre de Dieu

les chiens grondent de peur

la ville se dévoile aux heures nocturnes

d’une magie et d’un mystère

la ville se dévoile aux heures nocturnes

j’ai peur au plus creux de son flanc

d’où l’on entend d’en bas les feuilles sur le sol

j’ai peur au plus creux de son flanc

Justificatif de vie commune

mardi était un jour de labeur noir  

mercredi était un jour de labeur noir  

jeudi était un jour de fête  

vendredi était un jour du Seigneur  

samedi était un jour de labeur noir  

dimanche était un jour de labeur noir  

lundi était un arc-en-ciel pour toute la semaine

le deal était si tu l’aimes ne te maries pas avec elle   

j’avais un visa moyen séjour

mardi après-midi était dévolu au sofa  

mercredi après-midi était dévolu au sofa  

jeudi après-midi était dévolu au sofa  

vendredi après-midi était dévolu au sofa  

samedi après-midi était dévolu au sofa  

dimanche après-midi était dévolu à la guitare  

lundi après-midi était un arc-en-ciel pour tout le mois

j’étais marié à une femme beaucoup plus intelligente que moi  

j’étais heureux, mais sec !

mardi pour le dîner nous avions des pâtes aux jaunes d’œufs et fromage râpé   

mercredi pour le dîner nous avions de la viande hachée et petits pois-carottes  

jeudi pour le dîner nous avions de la pizza faite maison  

vendredi pour le dîner nous avions de la soupe  

samedi pour le dîner nous avions du riz au beurre et cordons bleus

dimanche pour le dîner nous avions des pâtes aux saumons à l’italienne   

lundi pour le dîner nous avions un arc-en-ciel pour toute l’année

nous avions déménagé chez ses parents  

j’étais perdu

mardi soir : néant

mercredi soir : néant   

jeudi soir : une gâterie  

vendredi soir : néant   

samedi soir : une branlette

dimanche soir : un coup peinard  

lundi soir était un arc-en-ciel noir pour toute la vie

nous avions divorcé un jour d’été   

j’étais malheureux

la nuit était le jour et le jour était la nuit  

la terre était le ciel et le ciel était de terre  

le soleil se levait sous la terre et se couchait au zénith  

les vents frais passaient sous mes pieds

Un saule est une sérieuse affaire

par le son des cloches

sorti du spleen

sorti de tes auto-stellaires branches

tes lapidaires heures

maison en carton aux vents ouverte

hantée par ton nom

comme un cygne blanc

bat de l’œil très haut sur l’étant

plane

incertain

petit cœur d’un conte

sans loups

sans loups

univers qui change et aveugle

à mi-hauteur de la cime des arbres

écume de tes mains

goutes lactées sur ta peau

sable

mouvance

chauve-souris par là

debout, vœux indiens, veau d’or !

au jour naissant

veine et flot de ta bouche

roulade de l’enfant qui s’éprend

qui succombe

de soleil

lorsque ton printemps…

somnolant, immobile, ô le jujubier !

je clamais d’une marche lente et sourde

comme il y avait un saule en face de l’autel

L’escale de la matinée

sept heures

de coton

parachutés

sur tes yeux opiacés

comme des raisins verts

un parfum de poème

une foudre dans ton cœur

comme le jaune éclaire sur la toile d’un peintre

bourdonnement quasi lointain

vaguement

à l’ombre

je m’allongeais sur les rêves de ta coccinelle

ton écharpe rouge

amphore d’écolier en mal de fenêtres

dessins d’une abbaye

dessins de ta courbure

s’éveillent

tant de mystères

qui ne valent ta caresse

chant des bois

morsures d’une étrange bête

lente d’une douce confession

effervescent

je m’agrippais à ma bouée de plaisance

léger vent sur les roseaux

tout aussi contre toi

tes âges étagés

sève

peu de zinc !

désolé de te croire verte

ton onir

par toi charmé

comme insuffler une seconde fin

à tes matins

de gris

je m’essuyais par crainte de trop m’y plaire

Furie de l’été

furie de l’été

femme que j’approche

longue frange derrière ses prunelles

mots transversaux

vers aussi longs

élans du passé

insaisissables couleurs

herbe folle dont l’herbe folle raffole

inquiétude légère

doigts qui butinent

sautent en d’autres lieux

frileux… , saisis-le !

pointe au cœur

aigue

fleur sculptée par les fées

toile cachée

amortie

j’effleure ton bras

ton parfum me rappelle les saisons

Dur de s’y mettre autant que de s’arrêter

du soir… , comme de la nuit

toute opaque, toute opaque, toute opaque, etc.

une transversale, géométrie de l’objet

que soufflent les vents !

que lave la pluie les souillures !

c’était presque religieux ce moment du petit bout de chocolat plein de saletés que l’on mangeait, – puisqu’on aurait tout essayé, même la perte !

il y aura toujours un orient à l’orient, une vérité à la vérité… mes yeux se tournent vers l’ouest, du moins pour la veillée du ramadan

reconnaitre le poète qu’il fut, c’est comme avouer son ascendance

dur de s’y mettre autant que de s’arrêter !

pour nos glorieux martyrs, on devrait appeler chaque maison de leurs noms ! on pousserait l’utopie encore plus loin

tchat – tchat, tchat – tchat – tchat – tchat – tchat,

tchat, etc.

je quitte mon rêve :

La perte d’un petit bout de chocolat

fourmilière

ballets du bâton rompu

rire ou riz au lait

versés dans nos yeux ou sous nos pas

étouffés pêlemêles

tout Traviata

nos pas !

mémoire de l’exilé de bout en bout

relaissé par les odeurs et une béance

recherchant l’ouverture

diaphane d’esprit

épuisement d’un temps intercalé

où rien ne s’assemble et se dédouble

œufs brouillés de l’enfant

tout savant

baromètre des ombres

fine et finissons-en !

il n’y a rien pour toi ici

jeune apollon manqué

ailes et voiles de nos temples et carrefours

mansuétude

blanches fissures

éblouit

enchainé

malheurs sous l’abri

sous nos pas de tambour, en mur

seule la perte d’un petit bout de chocolat

je repêche ton regard à moitié endormi

puisqu’on aurait essayé

J’étais au fond…

j’étais au fond ton amant qui se dépréciait, qui affichait ses lutineries. un coffret enfermant une salubre mort, – comme était salivante la Marseillaise, salivante était ta mémoire. du sang…

je heurtais le lointain de ton pays jamais arpenté, un rivage tracté par tant de tes visions, un passionné de remords enfilés comme une cagoule. il me restait ta présence…

derrière les rideaux épais, tu criais mon nom et le ciel rougissait, mon amour, ma louve ! je croyais que le soleil m’oublierait, me laissant à mes anciennes abstractions. saoule, mon âme se desséchait…

j’écrivais encore, encore sur mes plaquettes de beurre, boulinant ! j’avançais par petites touches, un exilé voyageait. c’était le parfum des cageots de melons, les bleus parasols, les corps s’offrants…

le visage paisible, mon cousin dort sur le lit à côté, est-ce son rêve que je devine ? à quoi bon le réveiller pour se raconter ! un moment d’extrême doute, de fer…     

Femme aux oiseaux

à Alice.

qui êtes-vous ?

que voulez-vous soustraire ?

solitaire qui observe l’irréparabilité

mal dépecé

acide

au couvent une femme s’attarde dans son corridor ouvert aux débâcles, sonde son âme et noie ses yeux qui s’agrippent d’attente sur les feuilles d’arbres

( lorsque l’automne presse le pas ! )

j’inspire une eau qui s’en est allé, – qui donc crois-tu comprendre ? je la désir depuis mon imbécilité, me cache comme un tronc parmi les arbres, cadavre ambulant

transparente colère

fracas palpitants

flagada des pensées

thème sur un ancien baiser : judas !

toc-toc, houst, l’indésirable !

je réitère mes adieux à la paix du soir

pleure la femme aux oiseaux

Fleur de Lys

départ d’éclairs

pucelle qui s’envole avant l’heure

bleu d’azur intemporel

départ en éclair

du sol au firmament

c’est la pucelle !

rougeurs sonores

blessure qui cicatrise

départ comme un éclair

nuées jusqu’au sol

bataillon encercle les remparts

chants de victoire et bataillon

fleur de lys

je tends vers le baume

écrire même !

Sur une pelouse

conformation astrale

formes obliques

regard oblique

conformation à la forme astrale

tes yeux touffus

lune

belle hâlant

oblique caprice et tes yeux

nourris

sentant ton feu

même…

lourd jardin

feuilles sèches

doigts et râteau

échanges muets

carrefour

je me tiens à mi-chemin de la cabane

mais bye !

Mains et table sous la poussière

grippe ou la fuite des vents

mue et morveux

douceâtre poussière comme les peaux

boulevards bordelais qui transitent

quais embrumés

retardataire et à l’heure

humeur à la Gabin

Singe en hiver

anniversaire de l’anneau

tambourineuses étoiles

présage d’une noyade

parce qu’il y a un soleil

intérêts gonflés sous le lampadaire

Richard sa majesté des affaiblis

fauteuil mirobolant

proverbe et flasques abattis

tapis recouvrant les sexes

dogme du piéton

histoire à la barre

plaide encore pour les étoiles

Aurore file la fin de l’été

je me pouille sur le chemin des poètes

comme j’en croise de si vrai

Fractures

complainte entendue

plantes brûlées et drôles de chapeaux

vaste fémur comme les jours abimés

grandes générosités dans la sensible tête d’un adolescent

révolution des fleurs et des pierres

chose muette avec ses frères… , pas bien pas bien !

colombes qui effleurent la fenêtre d’un paisible lointain

nous faut-il faire face, à tout à rien à l’aurore alitée ?

comme un radeau vermoulu, etc.

longs soirs et généreux, comme les phyllades

je quitte le miel et les abeilles de mon pays

pour la rive des estropiés

Libérations

tes nouveaux lustres

vieux coffrets

tes ciels bas et obscures

ode de coton blanc et bleu

tes yeux horribles et troubles

baisers qui s’enroulent

fini l’éternel

qui sait d’orgueil ?

tes sornettes

ailes rouges de sauterelle

tes accents de flûte

fleur jolie, jolie… !

tes sons vermeilles

sur mon lit, tu sommeilles !

astre rustre

ô mon astre Français !

je beigne dans tes rêves

comme repartir

Au bord

prophéties sous l’arbre

arts et soleils irradiants

demies pressions

itinérance au bord

manichéen

moitié d’une clameur

lasse qu’à moitié

retour à la dicté

baisers éternels et fleurs

cloche qui retentit

comme un dimanche des rameaux

ciel qui s’étend de grisaille

ouverture basse et non plus enchainé

perspective et portes

dames qui feintent d’une tête

observent en dedans

à la lisière du chant

au salon et merveilles que j’honore !

absente trainée au-delà du mémoriel

salut toison d’or du bélier

salut étrangère

je saute enfantin en plein milieu des châteaux de sable

et me salis les mains

Perceptions d’un intérieur

longue note

combles

homme fictionnel

vêtu d’une chemise ( trois boutons d’ouverts )

brettèles

ventre d’un poisson

fumait des gitanes

vaporisait les mots et frisait les étagères

pieds sur le parquet lourd

et crétin

près d’une veilleuse et de la fenêtre

orages d’été

femme éprise

doigts rouges et robe jaune à fleurs

jambes de poule, long cou et seins d’écolière

petites touches dévolues

oscillait devant le téléphone

dans la même pièce

échangeait un baiser comme frère et sœur

je n’ai pas de voiles blanches et de brume

la grêle m’appelle et s’y retrouve

Cristaux

grince

orgueil du cœur

blizzards

lumières d’une ville

feux

flamboyant

nuées d’une grange

sans cabale

et joie

foule mausolée

tapi

rien que là

toit à mille lieux

à mille têtes

sereins rêves

flûte

soupirant

oies

promesses

peut-être une dernière

à lui

à l’écho de son parfum

coquelicots

bras rouges de froid

enlacement

grippe

arômes

homériques

berceau

ouvert à toi

aux messagères de la nuit

brouhaha

dingueries d’un ruminant

insistance

vaillance

assistance à la tonalité…

est parti

Charlie Parker

corbeau

détenue bravée

puits ou buis

lourdeurs

balancement

jours perchés

assaillant

sous une table

percé par les cristaux

je brûle de l’encens au plus sombre de la nuit

si souvent

Béat comme…

béat comme une incantation à Bacchus, qui exhorte l’univers d’un Guéridon, – n’est-elle pas belle, un chaos ? elle présage les sèves qui valent autant qu’un fifre, s’approchant de la gaieté des trèfles…

les atours qui envoûtent, bariolés, ne sont que les signes enjoliveurs, les bois d’un bec, comme ceux des virevoltants. sans racine, ses ongles griffent ma chair de fauve, inondent mes balbutiements…

je fugue parmi ses cavités, fébrile, mon arc est jalonné. les liqueurs du sconse sont vapeurs et benjoins, ils emportèrent mon repos. je tends vers son cou, embrasant, sa jugulaire bat fort…

je la soulève comme tambour, trempette et timbale ! une ordalie, lorsque ce n’est que loi. rivale de la lune, ses morsures m’aiguillent, me maillent, etc. balafres de ses lueurs, le versant de son esquisse…

je fixe ses amendes, guirlandes de coton, etc. les arabesques de nos caresses s’allongent… , éclairs ! effrayé, l’ascension de son corps me semble double, si incertain comme au crépuscule… 

J’aurais pu m’appeler Nathalie

même félin désir ! même déshabillé !

ivresse des corps qui susurrent tout bas

corps exaltés d’obscurs parfums et d’éclats

corps comme un halo

cela te rappelle les sarcophages

ton univers frémissant qui outrepasse l’outrance

ta peau suave, se savoure, Nathalie !

comme le retour d’une érection

sous la moiteur des draps

colère et larmes

qui t’arrachent à ta torpeur

à ton orbite

ton feu

si solaire et limbes

avec tes quelques airs de comédienne !

je croque dans le jus d’une tomate et fraîche

cueilli par ton sel

Exhumé

dent havement rebelle, sauvage et croque… !

arctique

amorce serpentine

voix percluses

s’abandonnent à échéance

grecs qui se jettent

cote suspendue

espérances que l’on me verse déverse le daemon

paraphe vasé

pendant d’un collier

courses et saccades

eaux de mes Converse

trouées

trouées

je peine à poursuivre l’auteur

comme singer le bruit

Repêchages

je tenais mon lot de baptêmes du feu, comme tomber plusieurs fois du même arbre. je ne me justifierai en rien au pré de mes interlocuteurs, après ceci :

je passais un pacte pour être méchant et le roi des songes, rien que pour regagner la vie d’ici-bas, regagner la vie une seconde fois à côté de mes semblables   

à propos de mon écriture :                          passion                initiation              exil

à moi seul, je suis une équipe :

concepteur

réalisateur   

producteur 

je vis en poète.

lorsque je découvre un mot 

je reste émerveillé avec les yeux qui brillent

je le fais entendre 

je le fais savoir 

( je ne veux que continuer… ).

De brume

surface qui est de brume 

matin consensuel 

ciel dévorant 

rien qui n’autorise l’accès 

anonymes

et le jour s’imbrique de secondes ! 

D

I

V

I

N

E  

percée du fouilleur qui s’est envolée 

dessin inondant une sphère 

enfant qui tournoi comme un derviche tourneur 

et regarde, regarde s’obscurcir l’œil 

gorgé d’eaux

déci delà une romance  

villes de poussière que l’on réécrit

allées qui trucident 

pavés… 

j’entrevois de mes débris une bien meilleure planche

parmi les vents

Flocons d’hiver

à Ibtissem.

je reste un amoureux de ceux qui s’aiment :

nous reversions du vin là tout contre nos cœurs

nous miroitions devant nos soudainetés

vous étiez une femme aux yeux de chouette, femme de la longitude, femme de la méditerranée… je vous pleure car me trahie l’aurore ! une descendante inétablie et j’oublie…

carrousels  

bouffon

badour 

nous faisions le tour de nos désespoirs de nos royaumes 

les coudées franches comme un rajout

votre écho retentit à l’intérieur de moi comme un puits 

et n’en est que plus cruel

nous en voulions aux autres de leur indifférence  

nous étions deux flocons d’hiver, deux maux roses

Tant qu’un homme t’écrit

à Fanny.

chagrins d’avant et d’un exil lointain

de Bruxelles à Le Valois 

rien que les arrières pays inapprochés 

défilent fort l’hymne

traversée en surface et d’en haut 

imperceptibles 

délicatesses qui dénotent 

comme un centaure qui descend

plume qui éclate pile 

au cœur de l’éblouissante disparate 

hôte qui la pleure 

et plane 

léger 

insondable comme l’air

feuilles d’automne qui se contrebalancent 

tremblantes comme mes membres 

sous d’épais nuages de fumée 

arbre qui croît

bande ethnique quelque part 

entre leurs sourires

tant de couleurs tant de désirs irréalisés ! 

j’écarquille mes yeux qui s’en retournent navrés

et je frémis

Peu importe si je te vois comme mon amoureux

à Zoubida.

il avait de l’honneur et quelque chose de l’empêché, avec un sombre cœur. il voyait la soif des routes marchandes et les vents sonores jointement, ses yeux inoubliables cherchaient le renouveau d’Alger…

il rêvait d’une union de la parole, et ses factions n’étaient que les hautes échelles à gravir. il se présentait quelquefois comme tailleur de pierre, en s’attelant au granite des consciences…

il plaisait aux femmes selon les dires de ses proches qui en témoignent, surtout son petit côté voyou. il était coiffé d’une casquette bleue recouvrant ses cheveux noirs mêlés de gris…

il aimait la compagnie des bateaux amarrés paisiblement, sur les quais ou à la Pérouse sous un ciel voilé. il remontait les lendemains en jouant avec l’aube entre ses bras…

la bouteille d’Ali La Pointe ne le noyait pas, porté comme un bouchon sur les peines des amours perdus. debout, il contemplait la baie avant l’orage comme un berger…

Et puis, le dernier

je revois sur le net des vidéos idiotes d’amis qui se font leurs blagues, parmi tant d’autres ! tout me revient comme une farce. je n’envisage que l’inimaginable, déjà entrevue…

je n’arrive plus à fermer mes yeux sans qu’ils me visitent, tous. comment déterrer d’autres joyaux pour m’en sortir quitte, libre de voyager sans croiser personne, libre de rentrer…

j’intercale vos particularités avec nos adieux, plus précisément de ma vie seconde. il reste le sol sous mes pas, comme il y a nos traces ! tant d’aimés ont disparus…

j’approche à peine puisqu’ils sont désireux de me fréquenter, rien que pour me précipiter aussi tôt dans un tombeau. les adeptes de la gagne, soi-disant frères d’autrefois…

ô vieux malards, n’entendez-vous pas l’hallali ! la même langue qui nous divise, celle qui vient fendra vos oreilles ! à qui vais-je en vouloir ? sinon à Dieu…

Bulles d’encre

le haiku est d’un autre appel :

foi d’un poète

couronné les nuits solaires

par le pelage d’un chat

trachée de marbre

l’univers d’éros au féminin

qui m’avalent


l’odeur des sous-bois

je penche pour une violette sauvage

entre les reliefs

route des oliviers

les cafés maures ont des sourires

de filles en fleurs

les fleurs hors saison

j’efface mon jeu du grand tout

un kimono blanc !

Lire la suite « Bulles d’encre »

Une tache de sang

la poésie n’est pas au service d’une idéologie, d’un parti, etc.

je suis écœuré.

je pensais ne jamais jeter un recueil de poésie

je suis écœuré.

le mal de dedans est un pléonasme Les concernant

je suis écœuré.

cette menace qui nous harangue ! sinon j’aime lorsque la poésie est menaçante, dangereuse, etc.

je suis écœuré.

je pensais à mal la poésie, celui-ci est un torchon, – lis le !

je suis écœuré.

je ne trouve pas de qualificatif Les concernant

je suis écœuré.

Jamais pour en découdre

ce que vous pensez de moi, ne me regarde en rien. ce que vous confiez à une autre personne sur moi, ne me regarde en rien. je m’éloigne de vos territoires

mais est-ce qu’un jour, vous m’avez accepté

mais est-ce qu’un jour, vous avez eu foi en moi

ce que je pense de vous, ne vous regarde en rien. ce que je confie à une autre personne sur vous, ne vous regarde en rien. je rêve d’une nostalgie de la vitesse

mais est-ce qu’un jour, je ne vous ai pas aimé

mais est-ce qu’un jour, je ne vous ai pas respecté

je lance sur vous toutes les malédictions ! je vous maudits par tous les saints et les diables ! mais si vous n’avez rien à vous reprocher, vous ne risquez rien !

mais est-ce que vous cherchez la tache de sang

mais est-ce que vous rencontrerez mon cadavre ! soit, vous vous consolerez en charognards

je dois m’excuser de vivre, sans doute !

j’agrippe l’épée damoclès au-dessus de ma tête, quitte qu’elle me transperce !

Automne des barbus

je me figure le style des barbus chirurgiens, en parallèle des barbus en basket nike ! ils pourraient s’appeler Ahmed ou Hamid, jamais ils n’auront une large sympathie

ceci est proscrit et cela est le salut !

personne ne sait d’où tu sors, mais d’où ?

j’ai l’impression que la misère de l’être fait des dégâts. mon cher ami me dit qu’il juge l’arbre à ses fruits. je peux lui répondre dès à présent qu’ils sont pourries

ceci est proscrit et cela est le salut !

personne ne sait d’où tu sors, mais d’où ?

je devine les bouches, les teignes, surtout les piteux ! l’oiseau se souvient de ses après, son automne toujours s’impatiente de la feuille rouge

ceci est proscrit et cela est le salut !

personne ne sait d’où tu sors, mais d’où ?

c’est presque une caricature de moi-même

il me faut vous comprendre !

( Variations )

 : 1

il était une chose

il était un être à la dérive

il était d’une mémoire surannée

il était à peine né de ses rêves

il n’était pas une lourde médecine

il n’était pas une conscience d’intermarché

il était parachevé par ses aînés

il était une cadence confuse et folle

il était un mont positif

 : 2

il était un piètre poète

il était empêtré ?

il était sourd aux vents sourd à la vie !

il était ses fuites et j’oublie

il était la perte sans se retourner

il était le revers d’une histoire trop bruyante

il était leur noirceur où son caractère s’endurcissait

il était sa défaite

il était son refus de vivre

 : 3

il était seul

il était désolé de tout

il était désolé de la vie

il était désolé de la vie qui n’allait plus

il était désolé des étoiles qui ne brillaient plus

il était le dire le faire le passer

il était sans frontière

il était du plomb tacheté de son sang

il était relégué dans sa caverne

: 4

il était le clown blanc

il était un vieux reste de son aura

il était une espèce d’égout dans la gorge

il était sans caprices et délusoires

il était l’accroche à rien et à des semblants

il était une accroche à un tout et à l’ennui souhaité

il était un cœur en sentier

il était une histoire qui tient sur ces cordes

il était vierge de la mort

: 5

il était conté

il était le suspect à réduire au silence

il s’était éteint au hasard   

il était le versant d’un cœur détruit

il était un corps qui s’effritait

il était l’asphalte qui appelait à l’œuvre les palmiers

il était une tête en dehors des sombres couloirs

il était là où vont les poètes

il était le royaume des oubliés

: 6

il s’était levé gauche

il n’était pas d’une forme de lion

il n’était pas la jetée qui miroitait

il était le Do de la veille

il était ses indéfinissables actes

il était toujours à 10h24

il était une froide peur de ses mots

il était leur opposition

il était sans chemin

: 7

il était une double sphère

il était son regard sur des murs animés

il était une colère projetée

il était le souffle qui irradie sa mémoire

il était le sol moite qui s’ouvrait devant lui

il était la devine du noir des ombres

il était un enfant qui s’éloignait

il était un enfant qui voulait mourir

il était pétrifié

: 8

il était une cantate

il était un vaisseau qui voguait

il était très mécanique et très versatile !

il était les portes cloisonnées

il était sa trentaine qui se précisait

il était le terrible dans les années quatre-vingt-dix

il était un avenir et l’espace clos des étrangers

il était une incarnation de l’esprit des chamans

il était leurs rires avant de finir

: 9

il était un nectar de leurs sueurs

il était leur bâtisseur de montagnes

il était une portée de mains sur un nouveau visage

il était d’une lenteur…

il était le sommeil léger des condamnés

il était le démenti

il était la réponse à rien

il était comme les pas à pas d’une corolle

il était la dernière fleur qui perdait son âme

: 10

il était sans souffrance aucune

il était les tombeaux de sa tête qui se figeaient

il était une part de lumière dans la Ténèbre

il était l’engloutissement de leurs lumières

il était l’équivoque lorsque Dieu… !

il était une prière des anges et des prophètes

il était un rappel de la crête

il était le recommencement des jours

il était la fin du poème

: 11

il était lourd de ses luttes 

il était son travail

il n’était pas bâti pour l’étude

il n’était jamais en paix

il était son désarroi avant l’achèvement

il était un souhait avant de prendre ses distances

il était une aire de repos pour les voyageurs

il était les mouvements irascibles

il était conscient du peu qui lui restait

: 12

il était du fer antique

il était un réduit compact martelé

il était une taule d’âme froissée

il était tout le long du noir sillage

il était son esprit qui le quittait

il était son humeur et ses gestes approximatifs

il était dès les matins bleus

vous vous enlisez dans les confections intérieures

voyez qu’il se trouve autour de vous des personnes de bien

D’un soir l’autre soir

mes prières mêlées

aux lointains de la harpe arabe

nul ne peut me délivrer

sans promesse de salut

à l’effarement

aux troubles est jetée ma vie

grandir comme les autres

passer les paliers

échos et vents retentissent

un esprit qui m’éventre

vous vous figez devant le vide

vous y demeurez in-extirpé

remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier

je reste devant la baie vitrée, ma tête posée sur la grande paume

je pense à vous

au pays, sans chercher

il y a quelques nuages gris au goût du passé, et des arbres, sombres comme une allumette. nommons-les la vue, ou peut-être !

je ne sais que faire de cet ordinaire éméché, de toutes mes fêlures, me souvenant de la poussière qui recouvre mes ruines

crache de la fumée, une ombre bleue

aiguisé selon la nuit, le sol

est-ce un mirage qui danse, un rêve incombé ?

abjurer abjurer abjurer…

Tournesols ou la symbolique des chiffres

le onze de mon anniversaire, onze planètes, onze milles verges d’Apollinaire

le trois février de mon mariage, trois places d’un podium, trois œils dont un de la conscience, trois cuillères de mon café soluble

les soixante-quinze kilogrammes de mon poids, soixante-quinze commune de Paris, soixante-quinze derniers numéros de ma ligne téléphonique

les trente euros à ce jour sur mon compte, trente jours de ramadan

les douze mois de la terreur, douze apôtres, douze sources d’eau et tribus, douze ébats par mois

les cinquante et une semaines de l’oubli

les vingt-quatre heures de la fête, vingt-quatre heures de l’écriture, vingt-quatre clopes par jour, vingt-quatre mensonges

les six milles ans avant notre ère et Ibrahim

le premier jour d’Issa et les présocratiques

le septième siècle de Mohamed et la peste justinienne

les neuf mois d’une grossesse, neuf ayat de Moussa, neuf mois de gestation d’un neutron

les quarante-huit pensées sur le suicide par jour, quarante-huit pensées érotiques par jour

les dix doigts des deux mains, dix commandements

les cinq doigts de Fatma, cinq prières par jour, cinq sens

le trente-et-un décembre et l’anniversaire de F.

le deux janvier du décès de mon oncle, deux battements du cœur, deux pays, deux comptes sur Facebook et mon double

les quarante jours d’un deuil, quarante ans d’exode du peuple juif, quarante voleurs et Ali Baba, quarante grammes de mon tabac

les deux-milles-neuf-cents-soixante-dix du calendrier berbère et Massinissa

les deux-milles-vingt-et-un du calendrier grégorien et le Saint patron des artistes

les mille-quatre-cents-quarante-trois de l’hégire et le tableau vert de mon école primaire

les sept cieux, sept arts, sept vents, sept pas de marche avant que le paysage change, sept nains et blanche neige, sept déesses de la pléiade, sept fois tourner sa langue

les trois, cinq, onze, etc. de la tradition

les dix-sept ans de ma première fois, dix-sept ans d’un poète, dix-sept de mon divorce

les vingt-sept ans d’un raté, vingt-sept morts de migrants hier dans la Manche, vingt-sept titres de l’album Donda

les quatre feuilles d’un trèfle, quatre saisons qui se bousculent et la pluie, quatre points cardinaux, quatre ouvertures d’un teeshirt

le premier cri, premier mai, premier homme, premier Moura Ham, premier Novembre et la victimisation

les cent vierges du paradis, cent yeux d’Argos

les mille étoiles d’un touareg, mille chevaux d’une Ferrari, mille et une nuit

les cent-quarante-cinq poèmes de Cinq heures après l’orage

De zéro à onze

: 0

—— –, — – –, —– — –, –

–, —-, ——-, —— —- —- —– !

—- — – — – – – – -, – – -, – – – ,

——————————————————— ?

— — , —–

– – — – – – —, – – – , —

— —, — -, — —

: 1

je n’ai jamais trouvé de liens entre une chenille, les étoiles et nous

qui observons cela, un peu ahuris

j’aime te parler encore un peu de notre présence au monde

du don de la vie, de nos premiers cris…

il aurait fallu que tu me quittes pour accepter mon étrangeté

mes hors limites, etc. un pardon se niche là

tu es l’autre continent, tu es le verre de lait

: 2

accroche toi, rajuste tes ailes, cible le jour, endure

tes nuits, etc. les pôles s’entrecroisent

une histoire au flanc des dunes, un désert, joue avec les vents

réinvente des tempêtes, etc. on aurait dit un climat tropical

vol au-dessus des lignes, ne trébuche pas, une paire de basket

blanche, une paire sans lacets imbibée de sang

un départ, une pause, un revers

: 3

je rêve de lunes d’argent et de sahara plus brûlants que le métal, parfois

un clairon s’entend, parfois les bois ! c’est d’une faille que j’arrive

je sors de la tourmente, ignoré par la mort, comme passer

par la faim. les plus illustres sont passés en versant leur sang noir

trois cartes, j’espère une quinte d’os sur les braises

en amont de mon amour, au creux de ma main

une rature, une frondaison, un délit

: 4

les bancs publics définissent ton rang social, parlent de tes états

d’âme, etc. les clodos même ne s’y assoient plus

ton corps s’est tellement reposé sur leurs sièges que cela te rend

inquiétant, plus que la course à l’hécatombe

tu ne sais d’où te vient le besoin de les fréquenter, de laisser couler

absent de toi même à l’écoute du vent et les arbres

un banc, une conversation, une fenêtre

: 5

je range mes photos comme de l’artilleries, une chape des

choses véhiculés. je me les figure jaunies, une colle

mes proches s’efforcent à m’éloigner de la poésie, comme au

début de mes tentatives. ils me tiennent dans l’ignorance

les justifier peut m’apparenter à un leurre, si c’est pour me

préserver. parce qu’au fond, cela produit l’inverse

un visage, une absence, un podium

: 6

dur de passer à travers Nedjma, un roman écrit à deux

mains, cela me calme comme un glaçon

il faut reconsidérer cet ovni et les contributions des ses auteurs

que l’on reparle encore et toujours ! les postérités sont une chimère

Kateb Y. prenait des notes sur des cahiers avant sa

disparition. je souhaite jeter un coup d’œil et réécrire avec le barde

un lecteur, un manque, un appel

: 7

je trébuche à chaque palier de mes errances, interdis au toucher

de ma mémoire. oh, quel malaise !

je transpose mon cœur sur la réalité, rien ne me permet

d’explorer mes horizons, une réserve

je revois l’adolescent au visage triste et qui sourit

vilain, désireux de s’endormir sur son foyer de la mélancolie

l’amour m’aurait fait grandir, la mort m’aurait fait guérir

: 8

je touchais un peu à mon mektoub au sahara, mes yeux

exprimaient le feu, une voracité sans vie, insoutenable

je bougeais par mes choix les lignes de mes interlocuteurs

cyclique cellule. je terminais troublé

c’était une main très vague, quelques feuilles sur les dunes

comme un éclair. écrire dès lors était un ancrage

une anomalie s’était révélée, une décharge s’était échappée

: 9

selon la représentation que tu fais du fruit de la connaissance, pomme ou

poire, etc. à un détail près, cela parle de ton courant poétique

les fruits à part les manger, les sexualiser, les laisser pourrir sur un

plateau, etc. on peut les peindre et rentrer dedans, bien dedans

être le fruit au goût de miel pour l’amant, l’amante

le vent du nord, le mistral, une planche

: 10

je commence à me sentir en phase avec mes propositions

comme la poigne d’un fleuret, qu’il me faut déjà creuser davantage

je transcris une poésie qui me travaille, – pourquoi donc est-ce

ainsi ? revivre peut-être une seconde fois, une gratitude

les nœuds, flottements, sont communément les plus authentiques

à transmettre. je verse d’une incrédible douceur

un capharnaüm, un catafalque, une rançon

: 11

je voyais parfois des formes avant de m’endormir, peu bruyantes et

imperméables au temps, mais surtout éveillées

je ne les rattachais à aucune vérité, elles tombaient, impactantes

immédiates. elles avaient une tonalité dramatique, leurs propres couleurs

je les considérais selon mon état d’esprit, l’intensité du moment qui

me prédisposait à les recevoir. elles cousaient dans les parages

une nuit, une attention, un au revoir

Esprits, corps et âmes

1/3

j’allume, j’étreins… c’est toujours moi ! la lampe du bureau fatigue mes yeux, une veille artificielle précédé d’un jour comme un ciel d’été, quinteux

je repense à mes amis qui ne m’ont pas appris à panser mes maux, à faire mon deuil, où sont ceux que j’aimais ? je les tuerai pour m’avoir laissé loin de leur aura

— un tel, dommage… il avait un énorme potentiel ! dommage ! il me devait des sous, et puis sans être trop regardant, je tournais la tête vers l’horizon de mon cœur.

je renonçais à tous les univers qui s’offraient, s’annulaient, etc. je n’avais peut-être pas assez de hauteur, ni de mérite. je comprenais vite

je cherchais dans mon enfance un baume, sans m’attarder sur la primeur de ses affects, comme un malheureux malentendu, une supercherie, annonçant l’avènement d’une chaotique histoire

— je rentrais perdu dans la céleste cité avec mes parchemins, mon baluchon et mes loques. toutes mes lectures et mes poux m’y diriger.

je sais ton cœur en n’espérant plus de tes nouvelles, cet instant d’où ma langue bascule. je te promets qu’une pluvieuse après-midi peut me rapprocher de ce qui fut

je veux que tu m’entoures dans mon long voyage, par tes prières rompues… ! que tu m’emplisses des saveurs de la rosée, pour revenir vers chez toi, vers la clarté

— je glissais de mes mots sur le lit qui me fragilisait, que je dépassais, après une assiette de fromage et de saumon fumé ! une malédiction.

2/3

quand pour les âmes ici-bas est de finir

une langue qui s’exporte, je rage comme la peste

en me cachant pour ne pas voir l’horreur

encore moins qu’un prince, cacher mon chagrin

te reconnaître bien là, à la renverse

et le mal qui se joue de toi

3/3

je lisais les poésies de Joyce, ma tête s’engouffrait dans l’oreiller. le lit me semblait profond. il se trouvait tout de même une fin à ma descente, une chute ! les mots sur lesquels je rebondissais.

je me redressais en nage, comme sorti d’un songe inhospitalier. j’étais pris par une froide fièvre et la nuit, une chorale chantait en moi. je me soulageais cependant qu’il n’y avait pas de pot.

je me disais si j’écris d’une égale beauté, un vers, une phrase par jour, je serai dans le sillage de la plénitude. il faisait dehors un plat brouillard qui fait asseoir une méfiance pour les individus que l’on croise.

À minuit le mur s’est effondré

À Abdelkrim.

une voix me halait lorsque je priais, indiscernable, chaude et lointaine : reviens mon fils, reviens ! je me fourvoyais avant de me ressaisir, puisqu’Il n’a pas de fils :

la nuit est à l’orage de sable

et sommeille sur ses défaites et ses morts

sur pieds et livré sans nœuds

une existence cartonnée

vendredi, sinon quoi dire ?

les jours sont promus au suicide et la fuite

les poings ne tiennent plus tête ni parole

demeure le devoir

si frêle est la traversée des heures d’un deuil

qui donne, une soif !

marcher sans y croire parmi les ombres

le nez haut et insoumis

les adieux au ciel de l’enfance

les retrouvailles seront immaculées, mon oncle

vous réclamiez le pardon à la voix des poètes

ils hurlent : coupable !

cela est sans entrailles et glissent

devrons-nous suivre ?

votre âme survole les rues et les nues

votre mémoire retrouve ses éclairs

les coups sournois

un dédain à la dernière cigarette, sans s’y voir

hors de portée

leurs mains sentent le camphre, le musc et la rose, vidées

rêvant d’une erre, pourquoi, l’ange… ?

ils prennent des trains comme si c’était le dernier

trois feuilles au réceptionniste, rien qu’un stylo et une main

il préparait sa nuit, une proie

la chambre contient deux lits blancs

je-quitterai-les-lieux-avant-qu’-ils-ne-sentent-mon-odeur

une mort lorsqu’il faut tuer

l’invariable calcul des rails

( Dieu qu’elles sont propres les consciences ! )

les toits en guise de murailles, un nid

une synergie s’éternise ailleurs

la ville se rouille et rien ne promet, aucune sentence

sans y croire, un peu aussi !

la lumière du nord n’est qu’une considération

une perspective qui échoue  

les éboueurs passent aux seuils des portes

relient la douleur, grincent comme du fer

le souffle atteint ou éteint

une brise d’été parvient jusqu’à la fenêtre

une époque est passée, l’écriture

quand est-ce que est le temps ?

le monde mérite la ruse dans le sacré, peut-être !

sinon en dehors nul n’en a besoin

vous devriez soulager votre cœur, lâchez vos liens

le cirque prendra fin, ou jamais

Sensations

l’atmosphère de moisie qui nous magnifiait, le bleu-noir du ciel, les étoiles, ta peau, je m’en souviens :

comme de ta voiture rouge métallique, une zx de 1991. toi, tu te tenais juste à côté, tes dessous d’habits baissés…

elles filaient en demi-teinte ces punaises, de vraies bêtes théâtrales, elles mouraient autant les grands soirs de fête, les nôtres…

elles brillaient pour toi seule, cette nuit d’été de l’acte bréviaire, – tu les reconnais ces soirs d’été, où chacun avait son dôme ?

tu l’avais bien comprise cette substantifique moelle… nous rêvions à demi-mot nos nuits désordonnées, les algues et le parfum de la berge siliconée…

tu filais entre mes mains vers les rives baltique, mais je t’attendais ! même si je sentais déjà les prémisses d’une nouvelle déchéance…  

je me baladais avec ton visage urbain, comme un délit ! une valise cabine entre mes jambes et tout prés, ton esprit qui criait à la cavalcade…

c’était juste des météorites

c’était juste une étoile filante

c’était l’histoire d’un poisson combattant

Les façades d’Alger*

À Ramzi.

il marchait en plein milieu de la rue en tenant une petite baguette en bois dans sa main gauche, il était enveloppé d’un drap, de braises et d’un front où perlait la sueur !   

il avait des yeux blancs semblables à ceux de Jacob Le Pacifique, et un ciel au-dessus qui l’ornait de son fluide mystérieux.

la rue d’Isly

les esprits sous la chaleur d’été

soulèvent le bleu

un Rai circulait dans l’habitacle des jeunes algérois, les plus anonymes étaient autour d’une statue noyée dans un bocal d’algues vertes.

le sol d’asphalte n’opprimait pas son ombre, il éprouvait une terrible perte. il prophétisait une énième fin du monde.

lui comme moi, comme quelqu’un d’autre, on rêvait de croiser une sœur. une graine pleine d’une vilaine histoire à nous raconter et vibrante d’amers soleils.

les capitales de la frénésie sont toutes ainsi devenues, un spectacle ouvert pour le spectre des moutons noirs.

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

Nous sommes fatigués

1/3

nous sommes fatigués de somnoler,- de courir à perdre pied,- de marcher,- de se lever avec nos fragilités,- de s’habiller de nos voix de ténor,- de remettre ça.

de descendre pour ensuite remonter,- de se tenir,- de tenir les murs,- de chausser nos chaussures neuves,- de se barber,- de redormir pour l’éternité.

de brider nos voix,- de discourir en fou,- de se voiler la face,- de fleurer en duel,- d’injurier sans crachas,- de subir nos désarrois,- de se taire et d’oublier.

je crois à la magie des verbes

les échelons qui m’amènent à cet instant

je-suis-content-des-fleuves-qui-créent-les-courants-le-soleil-source-se-lève-à-la-même-heure-et-je-n’-y-peux-rien-à-savoir-qu’-un-poète-peut-toujours-peut-toujours

de suivre nos chances,- de se rehausser de vivre,- de vivre de vous,- de départir vos exploits,- de feindre que l’on vous a compris,- de procrastiner nos démons.

de se réinventer à l’infini,- de nous lire aveuglement,- de poétiser l’arc-en-ciel,- de travailler nos destins,- de piailler sans écho,- de performer le sang.

nous sommes fatigués d’intellectualiser,- de produire l’inactuel,- de corriger et repasser de nouveau,- de s’allonger sur vos divans,- de commercer les rapines.

j’entends perdre à tous les rendez-vous

les verbes comptent double dans une défaite

VENTS… ! VENTS… ! VENTS… !

Il/Elle : tu connaîtras l’éternité

A : comment le sentir et où ?

Il/Elle : tu partiras sans tes dents

A : est-ce que tu me condamnes à la solitude, le silence ?

de creuser nos tombes,- de se brosser et de plaire,- de déguiser nos vérités,- de se masquer,- de sourire à nos vanités,- de calligraphier nos peurs.

d’empiler les lendemains,- de déchanter,- de zipper un lot commun,- de ne plus se reconnaître,- de ne plus rien vouloir,- d’erroner le juste posé.

d’harmoniser nos désordres,- de se détacher de tout,- de souiller nos lieux et coutumes,- de changer d’avis sur les êtres,- de nommer lorsqu’il s’agit que d’un regard.

je vague pour ne rien céder à l’amertume

les verbes voguent d’une mémoire à une autre

une journée de grève

je fracasse les billes en verre

de ma bourse 

2/3

nous sommes fatigués de s’aimer,- de toucher des bouts des doigts,- d’embrasser à pleine bouche,- d’embraser nos mots,- de humer vos parfums saturés.

de lécher,- de jouir à couvert,- de rentrer et de sortir,- de se réchauffer et de se refroidir,- d’affranchir nos âmes frileuses,- de contempler l’azur de nos corps.

d’érotiser nos conversations,- de procréer les ingratitudes,- de juger sans marteau,- de reprocher se qu’on essuie chez nous,- de parler et tout dire.

je m’abandonne à la force de parler

les verbes englobent le silence sans promiscuité

comme-à-chaque-fois-je-me-retourne-si près-de-la-sortie-et-si-mes-rivières-pour-elles-se-sont-taries-je-n’-en-veux-qu’-à-moi-même-nous-deux-était-si-beau-dommage-dommage

de bifurquer en dehors,- de pleurer des ruisseaux,- de chuchoter nos ébats,- de couler sans le souffle,- nous sommes fatigués de faire l’amour.

de sourire de nos disettes,- de déjeuner,- de déféquer puisque l’homme l’a choisi,- de boire que de l’eau de javel,- d’écouter et ne rien entendre,- de vous vomir.

de tousser du miel de revanche,- de se gratter même si c’est une bénédiction,- de ronfler sous vos draps,- de fouiner dans tous les recoins,- de jouir une dernière fois.

je noie les frustrations de la chair étouffée

elles ont du plomb dans l’estomac

– TIC-TIC… ! TIC-TIC… ! TIC-TIC… !

F : à quoi tu penses, mon amour ?

A : je pense à la rue et aux énergumènes qui la peuplent

F : … et maintenant, dis-moi à quoi tu penses ?

A : je pense aux insuffisances de notre lit

F : … et maintenant, une dernière fois ?

A : je pense à l’orage qu’est ta personne

F : tu veux bien laisser, je finirai demain incha’allah !

A : je sors faire un tour

de partir et ne plus revenir,- de promettre sur nos détériorations,- d’appeler en masqué,- d’échapper à nos conflits,- de s’empiffrer de vos cosmétiques.

de se connecter à qui vampirisera l’autre,- de se virtualiser avec des histoires souhaitées,- de chatter avec les idiotes,- de faxer les avalanches de sons.

de décrocher fâché,- de raccrocher sans réponse,- de bredouiller sur rien,- de photographier nos sexes,- de twitter sauf si on est intéressé. de se ramifier.

j’entrechoque chaque mot qui est une boule à facettes

comme la perle Amour

les nuits se font harem

transcendé par mes souvenirs

et le temps

3/3

nous sommes fatigués des hauts et des bas dans la foi,- de ne jamais voir la nudité,- de patienter sans être un patient,- d’acter nos intuitions.

de pécher par timidité,- de reprendre lorsque rien n’est donné,- d’aumôner au plus fort,- de réinitialiser,- de sentimentaliser,- de mentir par excès.

nous sommes fatigués de porter des fruits prêtés,- de parier nos âmes sans rachat,- de juxtaposer nos réalités,- rien ni personne ne pardonne l’aisance.

je reste le jongleur sans torches de feu

le poète joue des verbes glanés

même-si-ce-vain-monde-échappe-de-l’-apocalypse-grâce-à-une-poignée-d’-hommes-qui-prient-je-ne-les-salue-pas-de-toute-éternité-mais-à-une-échelle-moindre-j’enfante-pour-chacun-d’-eux

nous sommes fatigués de bénir,- de croire et de ne pas croire,- de prier les gens que l’on ne connaît pas,- de se purifier,- de guérir de la bonne santé.

de chuter sans parachute,- de se convaincre d’un pardon,- de s’ailler,- de sacraliser,- d’amourer nos incapacités,- d’invoquer pour nos morts,- seul Dieu m’en est témoin.

de conjuguer entre les paroisses,- de jeûner les jours de plaine lune,- d’ajourner nos délibérations,- de mourir à nos croyances,- d’admirer les prophéties.

– C’EST L’HEURE… ! C’EST L’HEURE… ! C’EST L’HEURE… !

A : pourquoi cet insensé dit qu’il est l’heure ?

R : je crois qu’il parle d’apocalypse

A : monsieur c’est l’heure, espèce de fou !

R : ces gens ont des choses à raconter

A : sans blague… il n’y échappera pas lui aussi !

R : tu vois tous ces câbles reliés, ils vont et viennent de quelque part  

A : je veux bien savoir… quel temps il fait demain, tu sais monsieur… ?

R : tu as quoi de prévu ? ne lui prête plus attention… !

d’orchestrer nos ablutions,- d’attendre nos enfers et nos paradis,- de se savoir à l’abri,- de ne pas se sentir à la hauteur,- de cheminer vers un but incertain.

de recenser le bien et le mal,- de se noyer dans le bleu,- de se proclamer autodafé,- de dévisager les ciels étoilés,- de fourmilier,- d’épingler nos idoles.

nous somme fatigués à la fin de se décomposer,- de se putrifier,- de caresser la matière,- de traverser,- de soumissionner nos vies en totale perte.

nous savons toujours allées

Dieu l’a voulu ainsi

trois jours monotones

je savoure l’Écrire des verbes

qui me aèrent

Les pas, un nombre. Villenave d’Ornon, Gironde.

Les couleurs sont ailleurs (Fr/Arab)

hommage à Artaud.

j’aime la couleur rouge dans le rouge ! parlons de la sensation du rouge même si elle n’est pas tout à fait rouge

j’aime la couleur orange dans l’orange ! parlons de la sensation de l’orange même si elle n’est pas tout à fait orange

j’aime la couleur jaune dans le jaune ! parlons de la sensation du jaune même si elle n’est pas tout à fait jaune

j’aime la couleur vert dans le vert ! parlons de la sensation du vert même si elle n’est pas tout à fait vert

j’aime la couleur bleu dans le bleu ! parlons de la sensation du bleu même si elle n’est pas tout à fait bleu

j’aime la couleur indigo dans l’indigo ! parlons de la sensation de l’indigo même si elle n’est pas tout à fait indigo

j’aime la couleur violet dans le violet ! parlons de la sensation du violet même si elle n’est pas tout à fait violet

j’aime la couleur noir dans le noir ! parlons de la sensation du noir même si elle n’est pas tout à fait noir

les couleurs vous possèdent

prenez vos pinceaux

Lire la traduction

Après la séance

À Kamel.

est-ce ainsi pour lui après chaque séance, sa glotte ? il prend une serviette, un peu sonné. il tâte l’air en essuyant d’abord son visage à moitié penché sur son épaule.

les gestes sont imprimés dans ses gènes, une frappe. sont-ils des automatismes ou l’essence d’une vérité, qui saurait répondre ? les éléments se confondent et s’insinuent.

il respire le dos appuyé au mur.

il entend les fées qui regagnent les lieux en se promettant de les aimer d’une autre semence. il regarde son corps qui un jour le trahira, sans doute épuisé.

il saute de son plongeoir.

le phare de symbole est fatigué

l’osselet se brise

comme à chaque fois

le portail reste sans réponses

aux mystères de l’eau

il est fait de bras qu’il ne sent plus et deviennent lourds, ils ne lui sont peut-être pas étrangers, mais d’un gladiateur ! ils ont entamé la flamme et tracté tant d’espoirs.

il est fait d’un torse et ses poumons amples qui répondaient pendant la séance sont chauds, olympiens, se développent. il n’a encore une fois qu’effleurer ses capacités.

il revient à l’eau verte avec une odeur d’égout qui sculpte les corps hypnotisés, les plots de départ jonchés de matérielle de façon chaotique… etc. toute son attention s’y porte.

il reçoit le don vivifiant

l’esprit de la bravade nourrie

un portail bleu

les machines sentent le neuf

en coup de vent

il se dit qu’il n’y retournera pas ! il se dit que s’en est assez d’endurer ! il se dit qu’il n’a rien d’un athlète ! rien ni personne ne lui a appris à s’habituer.

quelques uns passent et d’autres qu’on oublie.

il sait que le labeur est derrière lui et que la nuit lavera ses visions, une accalmie dans le schéma de vie qu’il s’est créé. il n’a jamais su gérer la fin d’une saison.

le ciel abonde d’histoires nouvelles et surtout sans épreuves, il y croit fermement ! il y croit comme un engagé qui ment à son capitaine. il marche pour rentrer.

déjà différent !

l’espérance à la fiche

la lune croissante rétablie son œil

les générateurs de l’été

le poème renait de ses cendres

entre les dents

Dans des temps reculés

la voisine de mon ancien immeuble aurait pu jouer d’un instrument, il y avait tout le temps de la musique dans son appartement. elle recevait souvent.

on s’entendait à peine penser dans le voisinage.

les yeux tracés de khôl comme les maghrébines, elle me donnait l’impression d’une botte d’asperges sur les étalages du marché, un syndicat !

presque toutes câblées.

elle avait dans les alentours de la trentaine, une allure mince bien sûr, et espiègle ! je ne trouvais aucune affinité particulière avec ce style de femme.

d’une contrée lointaine et pour d’autres amours !

un doigt sur les lèvres

retrouvé par son esquisse

d’un chant violet

je la croisais à l’entrée de l’immeuble, mais plus souvent sur l’un des paliers de l’escalier. on échangeait sur nos activités courantes et les banalités.

somme toute, on était voisin.

elle me relatait parfois sans omettre le moindre détail les faits et gestes d’un autre locataire, elle en faisait une espèce de chronique avec l’esprit des conteurs.

je devinais presque ses intentions le jour du drame, même s’il me manquait la nature des circonstances que je finissais d’apprendre par la suite.

elle sortait cette fois sans manteau

il faisait froid

un drapé de pluie

ainsi sont les fleuves

parfois en hiver   

elle baragouinait quelques mots en descendant les marches, les personnes stressés le font pour masquer une appréhension, mais pas que ! le croquis d’un sourire la parée.

elle me souhaitait la bienvenue, je ne réponds dans ce cas aux politesses d’usage qu’avec courtoisie. 

j’évitais comme j’ai pu de croiser ses yeux, elle venait d’appeler les secours !

une nuit intense   

les histoires abimées du vivant

même chez les astres

Les entraînements terminés*

À Sihem.

ils sautent l’entraînement terminé la tête la première sur une terre rouge, la peau glissante et le cul bombé. ils ne se parlent pas.

vous vous figurez bien un train qui rentre en gars, non ? sauf qu’ici, le ciel mousseux leur tombe parfois sur la tête, comme la pluie !

le train s’arrête en noir et blanc.

un ciel bleu d’azur

les enfants nagent vers la nuit

ainsi que des dieux  

ils ne savent plus lire en riant et pourquoi marcher ou parler, alors quoi ? seul l’idée du martyr gouverne leur raison.

je range mes photos comme de l’artilleries, une chape des

choses véhiculés. je me les figure jaunies, une colle

mes proches s’efforcent à m’éloigner de la poésie, comme au

début de mes tentatives. ils me tiennent dans l’ignorance

les justifier peut m’apparenter à un leurre, si c’est pour me

préserver. parce qu’au fond, cela produit tout l’inverse

un visage, une absence, un podium

ils ne cherchent rien de particulier à se surpasser, à briser leur cœur. ils traversent des kilomètres à la nage et en eux-mêmes, c’est tout.

souvent entre sept collines

une soirée d’été où la lune est pleine

le vent fraîchit derrière les vitres

( il n’y avait pas de vent en cette belle saison ! )

en l’an onze…

c’est d’une nageuse qui se tait jusqu’à les matines

l’eau clair chaque jour les boit

les gazelles battent le caveau du Tibre

ils savent par contre glisser lentement jusqu’à leurs lits, l’exploit ne demande pas autant à des adolescents !

il y a aussi une faim qui creuse et quand même soif, comme des cyclopes sans les vivres ! même si plus personne de nos jours ne croit à ces créatures.

encore moins ceux qui les créent !  

l’échine d’un rêve est l’ergonomie simple, sans causes.

* les inachevés de Cinq heures après l’orage.

Absences

à Rochdi.

je réapprends à aimer…

vous dites que l’amour est un sentiment infini ?

j’ai fermé à un moment les portes, comme un raccourci vers la nuit.

je ne sais après comment le vivre,

il m’est difficile de l’exprimer.

je ne sais rien d’autre que mon insignifiance, la table de mes échecs qu’il me faut réchauffer.

comme le travail des choses précieuses, l’orfèvrerie, les pierres, etc.

j’ai une insuffisance étroite avec le Soi,

une nommée dans une certaine économie de l’ordre.

j’offre ma vie cela va de paire

vendre mon âme cela me laisse réticent.

l’oisillon becqué

souvenir des chants oubliés

qui démêlent

qu’est-ce qui se bouscule dans mes entrailles et remonte à la surface des scènes incompréhensibles à l’entendement ?

je n’ai plus foi en la vie,

n’est-elle pas à contre cœur harnachée !

le raz-de-marée qui submerge le sol emportant les édifices de la honte…

et mon corps inondé…

et mon cœur prend le flux des vagues…

je ne fais que surnager en suffoqué.

je revois mes départs vers les anneaux de glaise sphérique,

les mêmes planètes aux pupilles blanches qui se balancent jusqu’aux matins colossaux en pleurs, etc.

je passe sur mes nuits givrées,

les lendemains soulèvent mes craintes.

corail du ciel

on est toujours au sud

de quelqu’un

j’erre souvent dans mes abîmes,

une légère tendance à la mélancolique et me voici devant vous débarrassé.

j’enracine mes espérances dans vos semblants de sincérité.

je me tiens en marge de la société,

cela me permet de recevoir, de passer.

j’arrive parfois à trancher dans le vif,

il faut dire que ce sont là pour moi des instants particuliers.

je suis franc et honnête avec moi-même sur mes envies et dans quoi s’ouvre l’aventure.

je me parle à cœur ouvert, comme je parlerai à Dieu.

l’espoir m’est permis

ô quel drôle d’espoir nous concevons !

douceur de la nuit

musique de la brise d’été

sur les feuilles

vous êtes en piteux état que ça devient presque déconcertant,

quelque chose s’est cristallisée là

j’irai jusqu’à dire le contraire si je ne vous voyez pas.

je doute que ce soient toutes ces traversées qui vous laissent sans droits,

ne vous minez plus…

ne vous demandez pas comment…

je crois aux occasions fournies pour redoubler d’efforts.

je ne suis qu’un modeste généraliste,

excusez-moi un instant, s’il vous plaît, je dois rependre à cet appel… !

vous passez par-dessus des eaux opaques

les chemins qui en disent long.

l’appel à la prière

mêlé à l’aube et les oiseaux

repend oui

je vous disais que personne ne peut deviner votre désarroi dans les cinémas, à la plage ou dans les balades au parc, etc.

seul, vous éprouvez les remous.

essayez de sortir, amusez vous !

voir du monde n’est pas si mal !

cherchez dans vos anciens contacts, remuez-vous !

parlez-moi, il est toujours question de votre femme ?

cela fait un bout de temps que l’on se voit,

vous rentrez régulièrement à ce cabinet

et dès que vous franchissez le seuil, vous disparaissez !

est-ce que vous tiendrez la distance ?

nul n’échappe à ses erreurs.

plage vide de présence

abonné à la buissonnière

du mois de mai

je vous conseille de mettre toutes les chances de votre côté,

peut-être qu’un jour elle se rendra compte de son erreur, ou jamais !

vous aviserez le moment venu.

je suis attristé par votre situation actuelle difficile,

vous butez sur des questions sans fin,

mais ne soyez plus tributaire d’une histoire qui vous détruit.

je tenez à vous dire que mon soutien est indéfectible,

continuez à venir me voir lorsque vous jugerez cela nécessaire.

nous pourrons reprendre à votre guise.

vous et moi, c’est tout comme !

gardez à l’esprit qu’un médecin peut nuire.

court-circuiter le réel

le sourire d’un homme

coutumier du rêve

tout me ramène indubitablement à vous,

vous êtes partout à la fois, à l’intérieur de moi aussi !

du plus lointain souvenir au geste le plus anodin.

vous m’avez un soir sacré poète.

vous affichez plusieurs visages à mon inconnaissance.

la primauté à l’étoile de ma vie,

une guide dans un pays où les étoiles sont de mousse.

revenir n’est plus possible entre nous,

après tant de sacrifices et d’habitudes regagnés.

retournez au pré de vos proches et dites-leur qu’ils n’ont plus rien à craindre.

je tiens à rester debout, à me ronger la peau.

brève nostalgie

je danse le hip-hop parfois

dans ma tête

vous me poursuivez dans les moindres recoins, sans exception.

on s’est mis hors de la vie lorsqu’on s’est aimé…

plus personne ne peut nous l’enlever, ou l’effacer.

j’aimerais tant vous revoir pleurer…

ne serait-ce que pour avoir le cœur net sur mes sentiments passés.

je m’affranchirais de ma nature de démembrer.

je ne suis presque rien sans vous…

le témoin involontaire au drame de ma vie.

je surpassais sans conviction des hommes dans la fureur de vivre.

je croyais à votre histoire plus que tout.

une histoire qui m’aveuglait.

échos de pas

rappellent les deux âmes qui vagabondent

dans la pénombre

c’est de mon amour meurtri que je meurs,

j’étais béni des dieux et mes prophéties se réalisaient.

est-ce qu’il y a encore une femmemerveille en ce monde ?

je laisse derrière moi des univers infinis et rien d’autre,

d’une interstice à des murs indéchiffrables.

je ne peux me dire et voir venir en me laissant choir.

toutes mes pensées vont à Dieu qui créa la terre et les hommes pour vivre en paix.

j’ai vécu en paix avec vous dans certains endroits calmes et doux,

si seulement les regrets ne dormaient pas à mon chevet.

j’aimerais vous parler de Lui.

la vie n’est plus qu’une mort heureuse.

petite magie

laissez-moi encore vous vivre

entre les lignes

La dualité d’une âme (Fr/Arab)

le temps à lui

qui accepte les choses passées

l’histoire de nos héros déchus

la femme des autres que l’on revoit jamais

l’échelle des trahisons

les chiens chauves qui hurlent

une fissure par l’intermédiaire

c’est d’abord mon enfant s’exclama le turc

les aisselles à l’air libre   

comme embraser les fleurs

la partie des mots ardus

la barbarie oubliée

une amulette qui couvre le flanc d’un cœur endormi

je pense à l’empire de Russie en convoquant les morts pour rien, météo : 9 °C, vent NO à 13 km/h, 25 % d’humidité.  

il pleut une douce neige

un navire sort à l’automne des déchirures

il vogue vers une aube nouvelle  

les sept vents chahutent les oreilles

le ballet des matelots

le souvenir des conquêtes rappelle  

les terres adultes sous des yeux prophétiques

il désigne le soleil sur les peaux

( je dessine un soleil sur ta peau ! )

il rêve de l’oiseau royale mort qui pulsait

il manque cruellement…

comme un sphinx sur les lèvres

les bateaux transportent du blé sous la grêle jusqu’à Saint Hélène

le perdu écrase les coquelicots de ses pieds fermes

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Il est pour toi ! (Fr/Arab)

vous ne serez jamais sage.

une étreinte comme un rêve qui dure jusqu’au soir

ce n’est pas la veille d’un jour de fête

je ne suis pas triste

au revoir ma ville, tu es mon obélisque

j’ai croisé de farouches reptiliennes, des formes et des couleurs jamais approchées, de franches âmes aussi aux longs cheveux. ils avaient des têtes qu’ils tenaient hautes et bizarres… au revoir gueule d’ange ! au revoir !

tu m’as accueillie

et je crois que tu m’aimes !

je n’ai pas pris de plaisir à te voir en deuil  

un soir de tempête où j’étais seul  

je reste un petit péroire hermétique à la vie

au revoir le bleu du bord de l’eau

j’ai croisé des loups sous la pluie de mazout sur les quais, c’était ok pour ma vie, mon ange. des grenouilles dans le brouillard épais et sec, toujours sur les mêmes quais… au revoir chat de gouttière ! au revoir !

je t’aime

et je m’en vais

je vais vers la porte

je reviens sur mes pas

je tourne en rond

( ou comment perdre pied ! )  

j’ai beaucoup menti

j’ai rêvé   

je ne lis plus de la poésie intra-muros

il y a de cela longtemps… !  

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Les silhouettes de la scène (Fr/Arab)

le mot khayel me fait penser à du lin blanc ondoyant au vent, alors que silhouette me fait penser à une allumette.

il se trouve des gens bien

ils descendent en ville jusqu’à la fin des temps

elle est une passante

elle est en robe de soirée    

elle porte un secret

elle dégage une aura  

elle a le pas aérien      

elle lui sourit

( la douleur ne se pardonne pas, elle purifie ! )

elle parle à son désir de feu comme un éclair

elle aime en éclair et ses yeux sont en feu

je rêve de mots que les dieux jalousent   

il suffit d’être un enfant qui formule des souhaits

il s’arrête de jouer

il descend de la scène

il est sur la piste enfumée

il rejoint l’anonyme

il la trouve moins belle

il le sait

( j’ai cru entendre le mot citoyen ! )

les couloirs mènent vers les coulisses sous les néons bleus

sur le mur est accroché un tableau, un western

je me tiens debout sur un parking cimenté

je suis le parking démantelé

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Mardi, jour d’une fête noire (Fr/Arab)

au revoir comme bonjour

bonjour comme au revoir le monde

je voyage avec mon mal

un camarade que je porte dans ma brouette

les moyens du bord : les tables retournées, les balles en plastique, les mitrailleuses en fer rouillé, les grenades en bois, les pierres de chantier, l’eau chaude des tuyaux d’arrosage, etc.

c’est les jeux d’enfants qui aiment l’incontournable guéguerre  

c’est bien que je ne m’en souvienne plus

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours

une fille a vu ce que j’avais de meilleur en moi

je n’ai pas tenté de l’embrasser

un jour maigre, sinon pas des moindres

l’air du solide les croates l’ont emportés

les moyens du bord : dans le sublime de l’univers, dans l’encre rouge de magiques bulles, dans le sol qui se décompose ( on le voit le sol, alors plonge ! ) dans les premières impressions, etc.

c’est un lieu de jouissance

c’est bien que je ne m’en souvienne plus

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours

je rêvasse lorsqu’est bousiller un titan de sang-froid

même s’il fait froid

Lire la traduction

Charivari (Fr/Arab)

je me lève tôt et dors de-même

le rythme dans la peau

les tocs

des tocs en toc

par Beethoven l’héroïque

je ne suis pas beau

– pourquoi l’enclume et le marteau ?

entre quatre murs et deux plumes

et des gens qui l’aiment

de-même

la route est coupée

comme pour le Kilimandjaro

je me rends aux ritournelles

– comme j’étais amoureux et bien !

la poésie et les copains perdus

tout cela se noue

bien que la solitude

mes ballerines, pardonnez-moi… !

la chanson des éphémérides

– je reprends le fil du souvenir

je vis un rêve d’un étranger lointain

il n’aime plus le funèbre costume de vos saluts

Lire la traduction

Ne dites à personne que je l’aime (Fr/Arab)

un chien imaginaire crabote

les yeux terreux

il fuit sur sa table d’écolier

sur les airs des ballades chétives

le cœur crève en saccades

dans la ville des lumières

kingston capitale

un bassin bleu entre ses yeux

elle l’a pris par la main

il pense à elle

à l’autre

chanter Si Mohand Ou Mhand

tonner comme les oiseaux

le voile d’or du matin

une montagne au dos courbé

une brume qui avale tout

la plupart de ce qui ne doit pas être dit ?

l’habille de l’absente

une voix qui implore

rien n’est éphémère

je t’aimais

tu étais un ange  

je ne fais plus grand-chose

j’ai perdu l’envie, comme je t’ai perdu

Lire la traduction

Vers le Mediator (Fr/Arab)

à Véronique.

comme les ondes qui rongent son corps balo  

le cœur serre son rêve né des tropiques, hypothétiquement

les membres électriques !

les membres électriques !

les membres électriques !

le sans douleur n’existe pas

il est de bleu le peignoir qui l’habille, effacé

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

il n’aime pas ses mains et désemparé ( le murmure des tropiques ! )

il est de bleu le peignoir qui l’habille, confidences :

elle prend les voiles que la circonstance exige et on nous a dit de ce côté-ci qu’il y a de l’espérance !  

il marche dans l’appartement lourd qui engendre un désordre

il se pavane ses pieds nus dans le couloir baigné de lumière

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

l’emprise de l’hôte de la maison sur un canapé blanc

je médite la cosmologie d’un homme en sursis

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Les fibres (Fr/Arab)

à Naelle.

un front pale éclaire le ciel

les yeux rouges se posent comme neige

c’est un lièvre qui dort dans les bois

la crème dans l’espace entrouvert

il aime la danse

il aime tourner en aval

il aime les vents de sa tête

les caresses sur le visage fiévreux s’espacent

et elle boit de l’eau à la coupe des arbres pleurants

la mystérieuse ode des arbres que l’on reprend

il descend et suit l’ondulation de leurs vagues

les pensées inavoués

les jardins d’amoureux

les fleurs qu’il ne reconnait plus

les larmes d’un enfant ont des parfums de lavande

comme une rose en pierre sculptée par les vents  

la peau mièvre se torture à ne plus s’offrir

comme une maille mutique et de l’amour

elle ne rit pas avec les écrans

elle court sur les champs d’avoine

elle ne reverra jamais ses parents

le jour murmure pour clore

les feuilles tremblent à l’automne de la solitude

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Une souris (Fr/Arab)

dans le trou

d’un champ

une souris sourit  

en dessous de tout

flou

étrange

aux alentours de la gnôle

l’odeur de nourriture

incompréhensible détresse

elle est bête

elle n’est pas verte

les gens la déteste

elle fait des choses insensés

son écriture décharnée  

dedans ou à la lisière

un refuge isolé

tumulte

sa vie est un poème inarticulé

au bout de son nez  

le souffle hoquette court 

chutes et fracas

les temps sont durs

artificiels

avec ses voisins souris

cela concerne son suprême

il occupe

une fiancée éconduit  

l’air n’a pas d’espace

quelque chose de détaché

plus de retour

la pluie ne nous rassemble plus

nous n’espérons même pas le jour

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Une longueur de désavantage (Fr/Arab)

à Ghiles.

le poète rentre seul à la maison le soir

il se baigne de crépuscule extasié

une communication affreusement bleuette

le poète rentre seul à la maison le soir

une cloche qui oscille sa corde

Marie est une abeille aux mille visages de femmes

le poète rentre souvent seul ou en mauvaise compagnie

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

on se déguise pour finir

on joue l’histoire contemporaine du Je

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

un doigt caresse les breloques

le diadème d’argent qui nous honore

puisqu’il faut vraiment écrire un poème

13/14 février 2019, à Bordeaux.

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Elle est ma cohérence (Fr/Arab)

à Nassima.

de tous les charmes confondus

je bravais mon cœur corrompu

sentant la bref musique

un signe d’aucun recours

comme faire une nique

aux fidèles m’amours

le temps de mes premiers amours

je cachais une passion de toujours

c’est l’étreinte d’un commis voyageur

c’est les sandales de l’orphelin choyé

c’est l’imaginaire d’une fille que l’on regrette

c’est une pièce où il ne se trouve aucun spectateur

par un ailleurs…

nous nous fichons de vos exploits !

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Un couplet se construit (Fr/Arab)

je suis un garçon bon

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux…

je suis un garçon bien

comme il faut

qui le fait et le savoure

quand je peux

un ange

je suis un garçon

tout comme il faut

et bon

qui le fait bien et le savoure

quand je peux

le mal, je le repousse moyennement

comme un ange médiocre

je suis un garçon

comme il faut

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux

je repousse le mal moyennement

une sorte d’ange médiocre

laissez-moi dans cette triste caverne

il y a un petit feu, une ombrelle, etc.

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