La doublure

Image Free.

puisque tout est voué à disparaître, il boit et sort tous les soirs. c’est l’histoire d’un homme qui ne peut oublier les morts, seule sa mémoire hâtive nous sépare

l’âme aussi légère qu’une sainte colombe, il avance vers lui et parle. un oncle défunt ! le ridicule d’avoir cru à son retour ne le tue pas, il parle

cet homme partage une bière avec un mort, peut-être que le diable l’entraîne. cela suffit à son ombre, il est le prétentieux des cavernes

les rivières suivent leur cours sous terre

la tombe de l’oncle !

un-jour-une-ville-accueillera-un-poète-qui-ne-porte-en-lui-aucune-peine-sept-ans-qu’aura-durer-son-calvaire-quelqu’-un-comprendra-son-isolement… !

je disais qu’il y a comme le sacre du cimetière ! il est absorbé par une force étrange, le ciel féconde la terre, tout semble capitonner

le soleil peu habituel à cette saison est grivois, un oiseau chante sur la branche d’un olivier, les mouches chient leurs larves et s’observent… etc.

il veut revoir les lésions du bonheur et tout désapprendre d’un même coup, s’étriquer le cerveau à la manière d’une laine humide et froide

il parle de la déchirure

du soulèvement

puisqu’il est un être en difficulté, seul et en marge de la vie en société, surtout farouche ! toutes les épreuves qu’il lui faut endurer, une femme se croit salvatrice

il entend le vent soufflé très haut dans le ciel, le ciel monte vers le haut, le ciel quand il fait presque nuit sent le caramel ou quand elle enlève ses hauts volants

la terre les attire l’un vers l’autre, deux aimant ! par le trou de la serrure, il la voit à demi-nue. les jambes de calcaire s’entremêlent, les bas noirs qu’elle enlève

les corps ineptes

tous deux se recommencent

            H : Pourquoi doit-on partir ?

            F : La mort est une amie

            H : Dans ce vide ?

            F : Tu dois chercher à vivre… !

            H : Je sais, je me l’interdis…

            F : Ton refus est un pécher

            H : Je refuse de me rendre à ce feu d’artifices

Je vous regarde

À Ghiles.

Image par rauschenberger

une phrase qui sonne creuse comme une directive que l’on se fait à soi-même : un jour, je serai votre prophète ! un moderne, l’un de ses jours d’une insondable nuit

je suis quelqu’un d’endurant, un paysagiste œuvrant pour Dieu et sa création, les murs de mains froides plein devant ! est-ce que je suis assez solide pour l’amour ?

je ne fais plus avec la question de l’être. je me dilue dans mon imaginaire ou ailleurs, l’espace où je ne sais rien m’est portant familier, un funambule sur des strates

toujours dans un but

je lutte pour mon compte

Une lecture de l’âme

L’ombre d’un chat me rappelle

À ses échos

il fait nuit de mille et un soleil amassé et vous me questionnez sur mon adolescence, sur l’œuvre des anges sur terre… etc. vous oubliez presque vos besoins enchaînés au ciel

je vous dis que maintenant plus rien n’a de l’importance, qu’il y a le meilleur et le pire en chacun de nous, nous ferons de l’amour un domaine, même si l’espace est réduit

je vois en vous comme un puzzle, sauf si vous aimez les puzzles ! nos cœurs se ressemblent et les anges ont leurs parts de travaux sur terre

le présent passe par leur écriture

une réalité convaincue

Entre nous deux

L’amour appartient à nos rêves

Les plus doux

le côté charbonneux des choses ne nous dispense en rien de bien faire, cessons alors de nous enfermer comme dans un songe rattrapé

je célèbre la messe de nos vieux sommets, j’ai toujours pensé que les montagnes sont les courbes d’une femme. sur les routes, je freine pour les contempler 

je veux être au plus près de vous, comme un cachemire bleu que l’on aime mettre l’hiver dans la rue, comme j’aime être en vous    

plus jamais une autre et plus jamais de deal

peut-être vers une autre phase de la lune

La veillée de nos amours

Votre aura déjà vous précède

Jusqu’à l’aube

Bonne chance !

À Hakim.

Image par WhisperingJane_ASMR

je raconte mon expérience de la poésie, mon univers intérieur. une sorte de comète olympique ! terriblement doué, un bonheur presque parfait de ne plus être

je suis défectueux comme la machine dans un rêve initiatique d’il y a longtemps… ! que cela soit un signe ou parce que je rêve très fort   

la chose étrange est qu’un jour, j’ai pris le cap inverse de ce que je pouvais entrevoir dans le champ des possibles, comme sceller ma vie à sa propre destinée 

je m’accepte

c’est-à-dire mort !

Le cœur audible

Je marche sur l’estrade du royaume

Qui grince

je n’appartiens à ce monde que pour un temps, peut-être que l’on me coupera un membre. un de plus ou de moins, là ne réside pas mon bonheur     

j’ai déchiré le voile qui me séparait de ma conscience, une force tranquille que je perds parfois quand je fais crédit au doute      

tout ce que je peux penser ou dire et loin de la vérité, je suis issu d’une lignée de raté et franchement parler, je ne la connais qu’à moitié

l’amitié est sacrée qu’il faut vivre pour me comprendre

il m’est dit bonne chance

Je suis mort un matin de juillet

À Talence

Sous l’ombre froide

D’un arbre vert ordinaire

Ouvert sur moi-même

Loin du regard des hommes et des bêtes

Il était 11h34, l’an 2007

la poésie est une spirale dans un cône, l’autre bout est sans fin, loin est la sortie ! très peu de gens reste indemnes et à la surface. il vaut mieux s’accrocher à sa table       

c’est un saut dans le vide sans harnais ! de l’importance des choses dont ils m’advient, les montagnes digérées, la vie sans fil… etc. c’étaient mes abstractions

je ressemble à la voix intérieure et à une langue habitant un lieu. je tiens un inventaire de mes cauchemars éveillés, comme s’ils s’installaient entre mes yeux

l’homme subsistera

je crois qu’aujourd’hui il le doit

La migraine d’une carpe

L’ombre d’un nuage au-dessus

Du prophète

de petits riens à rien du tout, suivez mon regard et n’en faites pas une affaire personnelle… !

Sur le départ

Image par Comfreak

les jours qui précédent un départ sont toujours particuliers, je ne passerais plus par-dessus ce qui me traverse et m’arrive

je crois que tout est lieu de poésie : un nuage qui passe et s’évapore, une respiration calme et régulière, le bruit du moteur d’un motocycle… etc.  

nous-sommes souvent appelés vers un ailleurs, comme répondre à l’envi d’un voyage. c’est parfois dérisoire

en pleine conscience de moi-même et de ce qui m’entoure

puisque il y a le revenir, revenir… !

Drapé d’un souvenir

Le cœur abrite les recueillements

Du crépuscule

il doit avoir d’autres climats chaleureux et clément, comme le coin d’une rue où on peut facilement rencontrer la femme de sa vie ou Dieu

il y a ceux qui poursuivent les femmes et les automobiles. les femmes sont sages et puissantes, comme une locomotive des années dix

une femme fait confiance à son intuition, à ses capacités physiques… etc. elle peut renverser le monde ! mais sa confiance, elle l’accorde rarement à un homme

je ne sors pas ce soir

je contemple l’orage depuis la fenêtre

Un train rose

Le mirage des temps anciens

Et futurs 

c’est joli la pluie qui tombe du ciel un soir d’été, et moi, je vais finir seul… ! les feuilles d’herbes me recouvrent, et moi, je vais finir seul… ! parce que je parle d’amour

je ne devrais plus tendre mon cœur à qui ne veut prendre. à cet instant, un pigeon roucoule, est-ce seulement le présent ? l’accueillir dans le noir tourment

le plus terrible est combien la chose me semble facile, comme une vision oraculaire ! alors qu’il n’y a aucun endroit propice à l’émergence

seul et déprimé dans mon petit appartement

je repense à l’oasis de l’étalage

Les chants d’un ciel d’été

Les prières et les pleurs

Prière !

je me suis toujours invité à peaufiner… !

Rappel

Image par Scotland

la mort se résume dans certaines régions du globe par un échec personnel et cuisant, dans d’autres par un aboutissement. la mienne sera une célébration   

celle des poètes m’a toujours attristé plus que quiconque et à force, j’ai cessé de les pleurer. les poètes savent englober le tout, même dans l’inachevé, le bancal… etc.

le but de tout à chacun à vrai dire est de finir, ce qui n’exclut pas nos oscillations ! je pense à l’ultime fin tant de fois souhaité et je fais patience

la mort tend vers l’éternité  

comme une tête pleine posée sur un oreiller

La chaleur des blancs

Ils frottent l’extase à la réalité

Du poème

nous-sommes cependant de passage, l’être en devenir et pour être encore autre, débarrasser peut-être de la chair et plus sensible en profondeur

ces états ne sont que les étapes d’une métamorphose perpétuelle, semblable à une vague qui frappe inlassablement les mêmes rivages rocheux 

je ne vous raconte rien de ce que vous savez déjà, mais ce que vous ignorez est qui je suis, à part quand je vous mens. c’est le pire de tous les mensonges !

m’avez-vous brossé un portrait au fils des pages ?

je reviendrais entre vos lyres et le tabou

En dessous

La couleur du ciel

Est jaune

les hommes torturés et hantés par l’idée de la mort ne conçoivent la vie que comme un hasardeux privilège, il n’y a aucun remède et aucun réconfort qu’ils n’envisagent

je pose un regard bien veillant sur l’erratique passé, je me suis situé à la frontière de ce qui m’entoure que trop tard et dans le retrait. devant les mystères, j’étais perplexe

les compagnons de la terre indistincte qui est grande et vaste pour les âmes charitables, vous devez essayer de les reconnaître, de les approcher, de les appréhender… etc.  

est-ce que j’accepte le silence des forts moments de doute effroyable et glacial ?

est-ce que nous demeurons des êtres sacrés aux yeux du prochain ? 

Au jardin d’éden

Les poètes sont glorifiés

Qu’Allah soit loué !

je suis arrivé à un stade où je me demande si l’absence de poésie, est elle-même de la poésie !

Initiation à l’écriture

À Amel.

Image par Alexas Fotos

1/3

je tombe dans l’immensité de la nuit comme un diamant poli qui soudain nous tomberait des mains. ce soir, la nuit est une roche

j’aime perdre mon temps pour les causes perdues, un chevalier ! me perdre dans les forêts où on ne peut jamais rien voir    

il me semble que votre temps est précieux, alors allons ! je vous tiens en haute estime, comme un soleil, le soleil d’un monde entier !

à nul autre pareil

le truc qui fait dire

La nuit de mai

Une dépendance musicale

Épineuse

la vie est courte comme vous en avez parfaitement conscience, elle peut aussi être belle et courte. il se passe souvent quelque chose lorsqu’on s’y attend le moins

elle n’est qu’une continuité d’accident et au besoin un renoncement, mais le rendez-vous est pris à la croisée des chemins

il nous apparaît qu’une infime partie de ce qu’elle est réellement, autant pour dire presque rien ! c’est aussi toutes les questions sur l’attachement

l’appartenance

le sens de la meute qui me préoccupe

Une de ballotter

Hôtel de la plénitude

Et magie noire

la pression de la morale religieuse va bon train. il y a sûrement des solutions plus haut dans les profondeurs noires du ciel, peut-être aussi dans les livres saints 

j’ai à la place cet air ambiant et enfumé que je fume ! je me dis respire calmement, la vie t’échappe et ce n’est qu’une rencontre 

montrez-moi votre réalité, est-ce que mes attentes coïncident avec mes aspirations ? je voudrais vous prendre comme Sulaiman le magnifique

oh que Dieu me pardonne !  

je reste un homme 

Un ciel idyllique

Le mauve de mes yeux

Vibre

2/3

je me dis que j’avais du chien, j’avais du style pour me risquer aux altitudes des points zéros, j’ai vu à l’ombre des baleines touchées par la grâce

j’ai remonté les âges avec les divinités passagères où chaque mot avait son temple de piété et de générosité. le recueillement m’était bénéfique

bien après que les faucons ont tout emporté vers l’Afrique aux pupilles de joailliers, le bon vent m’a soulevé et cela fait peur aux heures d’ivresse

encore un matin d’azur qui se termine 

l’univers vient d’en bas

L’haleine en farandole

Un bâtard immobile

Sur la piste

il m’arrivait de dire les choses de trois différentes manières et par la suite aller le plus loin possible dans les raisonnements

j’étais disjoncté comme un mineur celtique plein de doutes avec des lèvres tendres pour son elfette, dernier encrage et qu’elle aventure

chaque instant volé à ses côtés était comme une révélation de ce qui est ou devrait être pour le reste de mes vieux jours. c’est tout ce dont j’ai besoin

le temps passé et elle

la déconvenue

Une fenêtre sur nulle part

Sa peau souple entre mes mains

De cendre

j’ai poussé ma petite barque au large avec des voiles toutes neuves, j’étais avide de connaissance et de liberté. les fonds de cale sont faits pour les navires endommagés

je suis tombé évidemment dans l’eau froide et glacial, parce que la plupart du temps je n’ai qu’un ramassis de vomi dans la bouche, de l’alphabet indigeste

je suis un autodidacte de la vie, le point extrême de ce temps, un poète maudit qui ne sait pas écrire sans l’aide d’un correcteur informatique 

de l’art aussi de vivre seul

comme l’ami des grandes solitudes

Un touché visuel

Il a besoin de l’immédiateté

Du ciel

3/3

on ne m’a rien appris et on m’apprend rien non plus sur les choses de l’amour, mes expériences ne sont pas sans quelques regrets 

comme de ne pas avoir fait de grandes études et être à la hauteur de moi-même, de ne pas avoir dit souvent à mon oncle combien je l’aime

c’est bête tout cela au final, personne ne meurt vraiment et je préfère largement la philosophie de nos chers stoïciens

prendre tout dans la déglutition

on ne se refait pas !

L’âme enrubannée

Je finis le thé froid

Accoudé 

je pense ce soir à vous plus que d’habitude, je pense à l’enfant terreux aussi, un peu ! je m’identifiais à presque tout et bien sûr à rien en particulier

les moments que je préfère sont le Souvenir, lorsque j’ignore si les événements se rattachent à une réalité vécue ou simplement le fruit de mon imagination

je m’aventurais étant jeune dans la prescience sur l’avenir et de cette lecture, j’ai appris que l’avenir assujetti l’homme. comme un simple jeu de divination      

les rêves forment la jeunesse autant que les voyages

donc plus d’avenir possible sans rêveur !

L’enfance d’un été

Le jus de tomate coule

Sur le menton

l’enfance est païenne et comme à présent, je presse mon fruit gorgé qu’avec plus d’empressement, alors autant vous dire que j’ai arrêté de cultiver les fleurs

je lutte constamment contre mes pertes de mémoire, je me contente de petits moments heureux et ce n’est que justice, comme se prémunir des insolations et de la fièvre

je prend de la vie ce qu’elle a de meilleur à offrir et le mieux pour moi c’est vous. je ne suis encore qu’un enfant, j’attends pour le moment mon envol   

entre autres bien le bonsoir et au revoir 

le temps d’un regard

Un bonheur monstre

Le vent éteint les braises

Au loin

Le quai des jours

Image par Nina Garman

du quai des jours mon navire s’éloignait, mes hélices du drame… ! j’avais le crâne fêlé, la coque abritait un sans nom où le fil de la sonde se rompait

je glanais les réponses de l’enfance du ciel et de mes voltiges. je ne tenais pas rigueur à l’adversité et j’exécrais les idées fixes et habituelles

le vieux soleil se brisait sur mes os de nacre, je suivais sa régénérescence jusqu’aux nuits escarpées, de la traversée sans rives… etc. où je croquais à tous les bouts de femmes

je vivais la bohème et rien devant

les vents givrés fouettaient la table de mes anches

Les nuages rouges

Une fin du jour

Pas réel

je marchais sur les routes vallonnées à la recherche d’une trace tangible de Son existence. je ne ressentais aucune peur, l’élu de mon cœur étant endormi

les mots qu’Il m’inspirait, je les scandais à mes sœurs et à mes frères en retour, si ce n’est de l’univers tout entier à moi-même

je poétisais mes rêves comme un usurier, un escroc, un chameau qui mâche des rêves…etc. je restais à l’ombre des nuits à me lire et j’aimais cette lumière plus que tout

les éclairs m’éblouissaient par moments

toutes les voies menaient vers Lui  

Les rêves de printemps

Une relecture de la neige des mots

Jusqu’aux soirs bleus

il me restait quelques-unes à déshabiller et comme à chaque instant, je palpais d’une main légère mon noir carnet qui se trouvait dans ma poche intérieure

je croyais que la vie aspirait à la beauté du cœur et à l’amour, que c’était du moins une fête, alors que les frères minaudaient avec le Très Haut

je me souvenais de la rive des morts qui scindent, échappant par là même à leur pénitence ! j’étais déséquilibré après tout de vivre mes floraisons

de la finitude

les étoiles naissaient d’une obscure détresse

Le réel dément

Lorsqu’on s’applique

En dehors

vous revoir, c’est me voir… et subir votre châtiment !

En rade

Image par Éva Zara

c’est dans cette mairie que nos chemins se sont croisés. depuis, rien n’a été pareil pour moi, plus le même ! au fond, je ne sais faire que ça

je nous revois encore comme au premier jour, un peu maladroits, nous attendions l’enjouement des colombes. j’avais un peu de boue entre les dents

c’est devant cette même mairie que je repasse aujourd’hui, mes yeux tapent sur la bannière et les pierres. c’est le grand Wallou

le retour des beaux matins me fait ceci ou cela

je suis rasséréné

Joyeuse journée

Ton nom ne quitte plus

Mes lèvres

une femme un peu plus loin et derrière une vitrine essaie une robe blanche. elle a l’air d’une poupée de plomb ! toi et moi, nous n’avons pas eu cette chance, dommage !

je rêve que l’on se croise au hasard des rues, que tu me prends enfin dans tes bras, que l’on s’embrasse comme ces deux pigeons sur une terrasse

tu chasses mes craintes avec l’un de tes sourires confiants, alors il n’y aura plus de doute sur notre union et que tu restes belle éternellement

nous reviendrons au temps des légendes qui se construisent

ils reviendront les jours à deux

Un bol d’air

Il pleut toujours

Sous les acacias

je ne pensais jamais te perdre, peut-être dans une stupide mort, mais cela est moins douloureux que de te perdre dans ce monde

je reviens sur ta ville comme un enfant, elle me parait droite et distante, aussi lointaine que Tombouctou. pareil, une ville que je n’ai jamais visitée

devant ton portrait, je me perds. c’est une autre que je vois, ce n’est plus le même mystère, des yeux pleins d’épouvante et cela m’indiffère

je ne sais rien du destin d’un homme

au-delà s’est compliqué

Tu es bien là où tu n’es pas

Tu es ma présence fragile et mon ailleurs

Je ne résolus pas tout

j’ai vécu très tôt avec toi, très vite, très fort… ! je marche cependant sur tes pas pour ne pas marcher… !

Moments

À Oussama.

Image par S. Hermann & F. Richter

une passion que j’ai enterrée à l’âge de 21 ans, elle aurait pu s’achever cinq ans plus tôt, la vie en a décidé autrement

les jeunes aspirations ne trouvent écho que dans nos miroirs internes. pour une fin, c’était salvateur

comme il y a un terminus pour chaque trajet, on fait l’impasse sur certaines parties peu reluisantes de nous-même, à quand est le mien de départ

je vivais de contradictions

j’ai survécu à celles-ci

Nuage d’argile

Cliquetis du téléphone

Rouge

comme tous les moments forts, j’étais avec une fille. elle me plaisait, l’évocation de cette simple idée m’attriste. je me demande où en est son niveau au piano

c’était une sensible et avec elle j’étais tout le temps dans une peur noire. je m’estimais néanmoins un chanceux

je n’étais qu’à moitié désolé de cette perte, les morves jaunes écumantes sous d’autres soleils m’appelaient, et ainsi renaître à moi-même  

je voulais une souffrance illimitée

le ciel ou le pardon des cités

Aube des mélancolies

Une voix d’opéra me repêche

De la Ténèbre

j’ai failli perdre la vie un jour d’octobre, la cause est une fichue guerre que des hommes derrière leurs livres ont lancé contre les dieux

il faisait beau, un rêve-météore pour un jeune poète sans œuvre. je n’avais rien d’une étoile du rock, encore un pli de poussière qu’il faudrait prendre

la mort ne vient jamais lorsqu’on l’attend, cette nuit printanière aurait fait un cadre idyllique. elle est celle qui fait peur. autrement, c’est l’inverse, comme souvent trop tard

comme la chute d’une chanson

comme une chute

Jusqu’à la nuit des temps

Mon oncle m’a offert

Le noir soleil

je ne sais plus où je vais… savoir d’où je viens est une page de réclamation !

Courage

Image par Syaibatul Hamdi

on avait quelque chose d’héroïque lorsqu’on revenait d’Alger. aujourd’hui… nom de dieu ! quel aujourd’hui, l’uniformisation ? je déplore mon pays de poésie

je n’étais pas fait pour la compétition. les rivalités m’insupportent, allé toujours plus haut et toujours plus fort, c’est bien foutu pour du bétail ou à la télévision

les visages défaits que l’on entrevoit en nous-même pour retrouver une dignité flambant neuf, et leurs souk, et leurs stuc… blanc évaporé ! Arrière ! Arrière ! 

si peu de choses me nourrissent

beaucoup me dévorent

Spectacle d’ombre

L’eau coule sur les murs

Des arènes

cette culture et en général, je l’exècre. vos ensembles ne tiennent pas la route. je garde seulement le bon souvenir des jeunes filles en maillot de bain

l’une d’entre elles prenait des trains dans mon malheureux cerveau : on te chérira ! on t’oubliera ! un tas d’autres mots qu’elle harnachait comme les trains qui se croisent

j’ai traîné une douleur de saison en saison, je n’avais pas assez de ressource pour franchir le pas : IL NOUS FAUT VIVRE AVEC LE DÉGOÛT !

elle brûlait d’envie pour une cigarette

elle bougeait

Quatre heures trente

Enveloppé du silence de la nuit

Tu reposes

les états d’esprit dans le sport sont drôles. je cherchais simplement quelqu’un à abattre et finir dans un bloc terminal, puisqu’elle rejoint l’une des fins souhaitée

les commissariats ne sont que des verrières avec des registres. bien sûr, il y aurai des commissures attendrissantes. – attention, le crime vous guette !

à quoi on reconnaît une prairie d’une autre, un homme bon d’un sage, une nouvelle d’un roman… etc. quand tout se vaut dans le grand songe ?

peut-être que demain le soleil se lèvera

demain sera le lieu

Couloirs sombres

Le récit peut attendre

L’aube des pierres

Songe

Image par Pexels

c’était pendant une fête théâtrale, il y avait une certaine hésitation dans les attitudes, une bouteille d’alcool lancé contre le mur, mais d’une colère, une blanche colère !

la soirée bâtait le plein de mondanités, j’observais le plafonnier jauni et l’idée d’une pendaison, comme une offrande ! on perd de nos jours le sens du sacrifice et de tout équilibre

c’étaient les vagues noires perpétuelles que l’on rencontre savamment, le creux de la vague froide à perte de vue. je vous le redis, des idiots à perte de vue !

sur un présentoir les femmes d’intérieur

un mélange de cauchemars

Vents troubles

Les cuivres viennent jouir

Ici

une fille anéantissait tous mes rêves, démolissait tout mon dépotoir de bonheur possible, il n’y avait qu’à se réjouir de ce spectacle

j’appréhendais les forces de l’univers, je croyais au nomade serpentaire. je tenais après tout à mes illusions, je concevais ainsi m’a moitié

avec certaines la vie ne m’offrait aucun choix, ils me rendaient la vie dure que pour mieux m’asseoir dessus … et si son cœur contenait moins de rancœur, quidam !

pour elle, mes yeux étaient éteints

pourtant offerts

L’idéal nocturne  

Tes mots glissent dans le puits

Du cœur

la musique était du free-jazz, les notes inauguraient l’espace. j’inventais des mots pour chaque physionomie et c’était bien

je fessais ce rêve dans le brouillard des cieux, je me voyais danser à un mariage qui n’était pas le mien, comme un toréador furibond et joyeux

viens et prends-moi la main une dernière fois, nous survolerons les montagnes blanches des Aurès, nous nous pâmerons dans les lits de coton en s’aimant

une nouvelle histoire à se raconter

une nouvelle !

La musique

Il t’en faut de plus belle

Pour renaître

L’orangerie

Image par DEZALB

les mauvaises nouvelles parcourent des univers, comme nos rivières qui sont taries. les chemins sont balisés autour de l’ordinaire douillet

tu as passé l’orangerie au crible de ton cœur, tu ne vois qu’un homme de boue et les bienfaits de son Dieu qui déclinent

tu vois aussi un couple à la verticale avec une écharpe autour des cous, peut-être des pendus, ce sont-ils noyés sur la dune ?

un homme debout sur sa colonne

il tronque les vicissitudes contre un sofa

Costume noir

La vie est une bavure

Irrésolue

on ne pleure que les anges et ce n’est que de la chair à canon sous le ministère d’un jeune dieu. ils ne pleurent plus, comme une dernière révolution, une insipide !

ce n’est pas comme s’ils savaient, mais très peu s’offrent. il aimait rougir ses seins, elle ne jurait que par sa queue pendante

ils cherchaient peut-être le lieu où naîtrait la formule, sans avoir lu Rimbaud ! ceux qui goûtent à l’étude des jours valent les exégèses et leurs interprétations

les vents sifflent entre les corps inertes

les vents se brisent

Blanches bougies

Se recueillir en silence

Pour l’éternité

ils s’en allèrent au coucher du soleil la main dans la main, comme un couple ! ils avaient le ciel de la terre sur les yeux et une mouvance qu’il faudrait taire

il y a des sables vicieux dans l’incroyable désert, beaucoup de sable ! le voisinage pour diluer les événements n’a recours qu’à sa nature parlante en boucle

l’amour renverse tous les préjugés et sans la foi en une entité élevée, nous n’envisagerons que l’écorce

on ne meurt jamais qu’à nous-mêmes

la dîme des êtres purs

Aube d’été

Un homme pardonne

À la nuit

quelque part en place, deux amants se sont donné rendez-vous… !

Divagations

À Célia.

Image par orythys

ce soir à l’hôtel je ne suis plus d’humeur à la Traviata, il me parvient par la fenêtre le bruit d’une ville blanche, par la fenêtre solitaire d’un nomade urbain. j’ai une vue sur les toits et sur les voitures à cristaux en contrebas, avec les trams qui rament et passent, les passants neutres et propres. il pleut

je glisse sur ma souffrance quotidienne qui efface les contours, comme tout le monde dirait un frère. la nuit de la grande lune rouge s’est ouverte, elle ne devrait plus tarder ! l’un des points de mon introspective farfelue, il me semble que je suis resté le môme mirobolant qui pédale avec convulsion

je me souviens des jeunes filles aux joues pimpantes qui jouaient à la marelle, surtout les jours de fête, elles ne répondaient jamais à nos appels. comme cette fille que j’ai connu bien plus tard dans mon adolescence, avant qu’elle ne devienne une pieuvre à marins

avec les particularités d’une enfante du 20 e siècles qui joue à la marelle

comme une potentielle pieuvre à marins !

Une passerelle en pierres rouges

Le tram éventre le brouillard

Des siècles

je me souviens de ses cheveux parfumés et de la gomme, beaucoup de gommes ! on pensera aussi à l’écolier et à sa découverte du scotche subliminal 

elle utilisait des phrases comme : je suis heureuse que les nuages se soient dissiper. ou bien encore : je n’ai pas très envie de jouer avec toi

j’avais avec elle en mémoire un schéma de gamme astrale. c’était de l’amour, une sorte de blues. je ne jamais su parler de ces choses-là

de vieilles questions en substitution 

de vieilles bouscules en lévitation

Un parfum d’amour

J’entérine l’âge de la méfiance

Silence des solitudes 

j’aimerais être moi-même en lévitation, perdre cette pesanteur que l’on partage avec le commun. il n’y a pas si longtemps, j’ai pris une traversière 

sur le bureau de la chambre ou du moins ce qui a été improvisé comme telle, toujours face à la fenêtre grande ouverte. j’ai un livre d’Haruki Murakami, la putréfaction des êtres sensibles est une bénédiction !

et si je prenais une phrase au hasard : cela ne te fait rien de rester encore un peu avec moi, même si ce n’est pas très drôle ici ? j’ai remarqué que dans les livres, il y a aussi l’esprit des choses

la lune épouse les reflets d’un long fleuve tranquille

l’aube dépêche ses chevaux de course

Les amours en texto

Deux trains traversent le même cœur

Des ruines

quand tout semble arrêté, comme figé dans une autre dimension, seulement là commence l’expérience du poème… !

Parcours

comme un enfant que l’on met en garde ! on m’a mis en garde contre les marocaines aux cheveux longs et épais, en garde aussi contre les tunisiennes aux longs doigts fins

plus en général de tout le fatras de ce qui n’est pas de chez nous, n’est pas bon pour nous encourager

ce n’est pas le Mektoub non plus, mais éviter les énergies négatives au maximum. c’est cela aussi la compétition. voila ce qu’on se disait !  

elles restent nos adversaires dans les couloirs, mon ami !

elles chantent les conquêtes de nos aïeules

Quelque part déchu

L’effervescence provoque le tintamarre

Des sifflets

les consignes triviales en guise d’une précaution absurde : il ne fallait pas avoir d’embrassade ni de massage corporel ou autres, et surtout ne pas passer la nuit fi rahba

en déplacement dans un environnement nouveau, lors de nos rencontres internationales naissait en moi la fibre de la désobéissance

je me jetais dans leurs bras de sirènes aux charmes médiévaux, une médaille chère à mon cœur de soufre plus que n’importe quel trophée

flanqué de lassitude et de purs plaisirs

à la recherche d’adrénaline

Un confetti

Sur le cœur des confettis

Jolis

le couperet de mon carma ne se fessait pas attendre, les ennuis me tombaient dessus comme la grêle et jusqu’à présent, je ne me l’explique pas

je ratais les saisons successivement et partout sur mon corps apparaissaient des furoncles à sommet blanc, comme les petits volcans sibériens

j’étais sujet au fouet de la médisance et aux moqueries de mes voisins, je réalisais que la course derrière la performance n’est pas faite pour mes rêves d’absolu

en plus de la scoumoune contagieuse dans les veines

en plus du souvenir d’elles

Va-et-vient des hirondelles

J’effleure de mes mots

Une autre

il semblerait que pour beaucoup la vie reste indéchiffrable… !

Situations

je chemine vers le tourbillon noir de l’oubli. je ne supporte rien d’autre que l’insupportable et je m’efface devant l’histoire à une seule vitesse

les crimes abominables commis jusqu’au moindre geste sans grâce, feront encore des ravages pour les générations à venir, et… la colère gronde dans nos cœurs !

fêter le premier jour de la guerre, c’est juste une compagne de victimisation et que l’on me pardonne ma préférence aux lâches plus qu’aux héros et martyrs dépersonnalisés

que l’on me pardonne mes yeux purs, ordinairement enclins à la beauté et qui parfois percent le ciel inodore et attestent de l’existence d’un autre monde

que l’on me pardonne ma naïveté. cette réalité est aussi la mienne, en filigrane. et… la colère gronde dans nos cœurs ! mais sachez vous autres que j’ignore ce que c’est votre pardon

je l’espère seulement du Suprême et l’Unique dispensateur  

Matières

1/3

j’ai suivi des filles bien en chair et entre mes mains, il y avait une fleur des bois pour chacune

je ne trouvais grâce aux yeux de personne. on me répondait souvent que ce n’était ni le bon moment et ni les bonnes coutumes        

ou parfois : as-tu lu le livre de Saint-Exupéry ? – NON ! …alors tu ne peux être notre ami !

de la surenchère sur la couronne du Christ

c’était de la surenchère

Terre étrangère

Je gagne la compagnie

D’une langue

c’était évident qu’ils ne voulaient me rallier à leurs causes qu’après l’éternité. bien sûr que j’avais le sang mauvais

je ne regrettais qu’une seule parmi la bravade des loups, la meute affamée sans flair. celle qui m’arqua mon front de ses lèvres abondantes

une fille verte aux bras nus, qu’elle offrait d’ailleurs à tout-va, comme une belle affaire de putain !

ils ignoraient qu’un chaman guérit les clans

ils m’ignoraient

Les amis fatigués

Je suis les pointillés

De l’inouïe

et puis il y a eu vous, ô fragile membrane de l’automne l’existence ! c’est à cette période que vous avez fait votre apparition et l’invitation pour vous rejoindre à Ouarzazate…

la tête pleine de sombres bavardages et les poches sous sacrilège, j’ai saisi cette opportunité, des possibilités inouïes s’offraient à la première venue 

je n’envisageais pas de retour possible. j’avais comme unique bagage : mon manteau de paysage et une petite valise noire de lycéen, une succession après une séparation

le départ promettait de tendres atterrissages

un départ nous séparer

Terre conquise

Je pars au dernier virage

De vous

2/3

dans le train bleu corail, j’ai pleuré tout le long du voyage. je me suis souvenu des dieux qui ont bercé l’enfance de mon cœur, en mieux

j’étais assis à côté d’un roi nègre, il lisait des versets coraniques. je tendais l’oreille à sa psalmodie avec quelque chose comme une douceur âcre dans la bouche

– ne tombez pas dans l’anathème ! vous me le répétiez souvent, c’est vrai ! j’en mesure pleinement les conséquences

l’homme déployait ses ailes trompées

l’homme déniait me voir

en-sortant-de-la-lourdeur-du-train-à-la-gare-de-Marseille-la-Tentaculaire-j’-ai-marché-au-feu-vert-des-pilotis-la-tête-à-l’-envers-sachant-que-c’-était-écrit-et-je-me-suis-arrêté-au-rouge-de-vos-seins-je-m’-interdisais-de-flancher-tout-le-temps-comme-un-peu-chaque-jour !

je courais les rues à la recherche d’un trèfle à quatre-feuilles et chacune d’entre elles recelait un mystère avec des indices

pour peu que son nom était d’un général des armées, il me fallait traverser vite avec une démarche raide

s’il était poète ou philosophe obscur et inquiétant, je bloquais mon souffle court pour une apnée prolongée. je traversais néanmoins en les saluant  

convaincu de ma diatribe d’un mémoriel au passé fixe

je cherchais ton nom

Parcours sensoriel

Les plumes de l’indien guident mes pas

De faucon

à l’heure de l’aubade mal chantée refermée, j’allais toujours au gré de mes intuitions. je sentais en moi le froid fantomatique de la ville

je lisais sur les façades d’immeuble le sors qu’Il pouvait réserver aux hébergés, je vivais d’une colère sourde

je suivais les ombres des tombeaux et quelques fleurs : dès que fille du matin, paru l’aurore aux doigts de rose… ! je revoyais la magie méditerranéenne d’Homère

je fessais des connexions insoupçonnées

je me découvrais

L’ineffable retrouvé

Je brouillonne sur des feuilles

noires

3/3

dans un square malmené par le mistral, j’ai reconnu une ambiance d’autrefois. les paradis terrestres ont ceci de particulier qu’ils en deviennent funestes

il y avait là deux mendiants solitaires qui ne quémandaient même pas une obole et quelques vieilles femmes âgées bien mises de passage

les mouettes perçaient l’azur avec leurs cueillettes. j’ai lu quelques poésies entre les allées et j’ai goûté aux fruits secs en buvant la bière Belge prévue pour l’occasion

les mendiants avaient de l’humour noir

l’esprit d’un bouddha ensablé

Matinée d’automne

Le murmure des arbres

À l’oreille sourde

il y a ceux qui vivent avec un seul amour toute leur vie, d’autres ne peuvent aimer différemment. j’ai charrié les hommes et les dieux

cela m’a amené à saluer un père juif d’une pierre et à sauter haut en étoile dans une fontaine. j’appelle cette audace : la bataille de la renaissance !

le monde s’est métamorphosé à mes yeux, j’ai vu le soleil blêmir et reculer d’un pas. j’estimais la cendre qui couvrait mon cœur

l’écho du Maghreb répondait à mes heures inachevées

En quête

Je cours vers les rires

De la lune

j’ai frôlé la mort à 27 ans, j’ai divorcé à 23 ans, j’étais déjà dépressif à 15 ans, ces brides d’une vie avaient péri dans le gel de l’eau, je l’apprends de vous à l’instant

j’ai finalement pris le ferry et en bazardant mon paquetage dans le remous des vagues, je me suis entièrement désengagé de tout le reste

je ne sais pourquoi je vous relate cette histoire, ces choses arrivent dans de vieilles sagas policières

Un bout de vie

Les vents reviennent

De loin

les actes trouvent leurs sens dans nos rêves… !

Séquences

je me souviens d’une fille, peut-être que c’était déjà une femme, mais les relatifs ne sont pas très importants. je revenais du pays et il faisait tout aussi chaud. on étouffait sous la chaleur de l’été, c’était en 2006

elle s’appelait … ! ce dont je me souviens parfaitement ce sont ses études en école d’infirmière. elle était bien trop jolie pour moi, bien à vrai dire sous tous rapports

elle était seule assise au comptoir d’un bar anglais quelconque sur les hauteurs de la ville, un paradoxe que je maîtrisais. c’est comme cela qu’on s’est parlé pour la première fois

elle aimait le charme qu’opérait la musique

la couronne des anges ornait ses yeux

Le souvenir d’une baigneuse

Arrosé d’une pluie d’été

Fou d’elle

après quelques verres que j’ai avancés et une danse désinhibée, je me disais qu’elle était à moi. on s’était liée d’amitié et sans me faire prier je l’ai raccompagné chez elle

alors qu’un autre soir on écoutait la radio, elle sortait du lit d’un bond, nue comme Ève sur le parquet et se dirigeait plusieurs fois vers sa bibliothèque

la pièce était immense avec un haut plafond, j’ai remarqué ses longues… très longues jambes ! on aurait dit des ciseaux d’atelier, je pourrais refaire la calligraphie de son corps

j’ai vu de biais son duvet pubien à petits motifs bleu clair

comme quelque chose d’engageant et ronfleur

Les mouettes dorment sur le fleuve

J’efface le jeu

De nos constellations

elle dénichait des livres comme dans une foire et en revenant vers moi, elle avait quelque chose de furieux dans les yeux. je baissais les miens à ce spectacle pour mieux admirer sa beauté

j’étais surpris par son attitude surréaliste, je voulais une explication. elle réitérait sa demande : tu lis, c’est tout ! je découvre comme une épitaphe le mot Salaud sur la couverture, le reste du titre était caché avec ses doigts

le second titre était Baise-moi d’une certaine Virginie Despentes, je me répétais ce nom le lendemain en partant. à cette période, je ne lisais que les ordonnances et les panneaux de signalisation

approximativement dix ans plus tard je vois le film de Godard

évidemment que les choses se compliquent

L’effet d’une claque

Un rêve s’effondre

De Cassandre

Suicide littéraire

une jeune fille sauta d’un pont, toutes les personnes présentent sur place ont eu peur, mais nul n’a réagit pour secourir cette désespérée de la noyade

contre toute attente, un homme s’élança dans le vide, sauva l’inondée en la délivrant des griffes du terrible torrent

en regagnant la rive et ayant repris un peu ses esprits, tout le monde a reconnu en lui le cheikh qui préside les assemblées

il interpella la foule ébahie : quel diable m’a poussé ? qu’est-ce qui s’est passé ? si je rattrape ce farceur, je jure par Dieu, qu’il saura de quels bois je me chauffe !  

je veux vous épouser. dit-elle sortie à peine son de hébétude

les deux inséparables suivis du cortège lancent des hourras… ! ils ont conclu que l’innocence même avait parlé

depuis cet événement circonstanciel, à chaque fois qu’une âme est sauvée dans la région, on dit de ce jour qu’il est gras

( Ma muse me parle parfois… )

ma muse me parle parfois des petits riens

ma muse me parle parfois de la nourriture

ma muse me parle parfois du vrai

ma muse me parle parfois de l’invraisemblable

ma muse me parle parfois de la beauté       

ma muse me parle parfois de l’endroit     

ma muse me parle parfois de l’envers

ma muse me parle parfois du commerce       

ma muse me parle parfois de la justesse

ma muse me parle parfois de la musique

ma muse me parle parfois de l’improbable  

ma muse me parle parfois du désir

ma muse me parle parfois du manque

ma muse me parle parfois du délire   

ma muse me parle parfois de la raison      

ma muse me parle parfois du souffle 

ma muse me parle parfois des états de grâce

ma muse me parle parfois de la liberté

ma muse me parle parfois de la danse

ma muse me parle parfois de la sexualité    

ma muse me parle parfois du rêve

ma muse me parle parfois du mensonge

ma muse me parle parfois de la mort

ma muse me parle parfois du doute

ma muse me parle parfois du réel

ma muse me parle parfois de littérature

ma muse me parle parfois d’humour

ma muse me parle parfois de l’aventure

ma muse me parle parfois de la souffrance

ma muse me parle parfois d’elle       

ma muse me parle parfois de la Taouba ( plus souvent que l’on ne croit ! )  

ma muse me parle parfois d’amour, moi je n’y crois pas trop…

( Il était une fois Facebook… )

j’aime ma vie

j’aime la vie des autres

j’aime les Antilles, même si je m’y suis jamais rendu

j’aime les acrobates

j’aime ta peau

j’aime le ciel et les nuages

j’aime l’eau et le feu

j’aime le noir et le blanc  

j’aime les gravas dans les jardins

j’aime le rouge de l’aurore

j’aime les accords dans le désaccord

j’aime la nouvelle vague

j’aime le temps consacré aux amours

j’aime le jazz

j’aime la mousse des vagues dans la peinture

j’aime une grenadine glacé les après-midis d’été

j’aime le tabac brun

j’aime les ombres chinoises

j’aime les âmes grises

j’aime les Biker même s’ils puent la bière et la pisse   

j’aime les filles non pas celles qui refusent une offrande

j’aime les mystères sacrés

j’aime les miracles

j’aime les plantes et les animaux

j’aime les tuniques et les sabres

j’aime les fêtes galantes

j’aime les contes pour enfant

j’aime la prière

j’aime les mots doux et cléments

j’aime toutes les choses singulières

j’aime les battements de mon cœur

j’aime les bicyclettes

j’aime les appareilles connectés

j’aime lire et dormir

j’aime écrire

j’aime la poésie qui fait de l’ombre  

Couleurs

la liste de mes courses de ce matin, non exhaustif : deux pulls de chez Emmaüs, trois cendriers, un tirage loto, une baguette de pain, des bananes, du thon à la tomate…

les rues bordelaises copulent aux dépends des passants et ses boxeuses irréelles, ce sont de modernes minerves qui travaillent au corps, je reste serein des yeux

il y a les d’abord d’un enfant céleste et une fille. un visage maintes fois calepiné ! d’où émane des voix sourdes à l’entendement, ces feuilles je les brûle depuis

je me démène toujours avec l’impression du premier arrivé

je me désencombre de mon incurabilité

Un matin d’offert

Le vent qui s’engouffre est le prélude

D’une rencontre

une hiérarchie subliminale des filles: il y a les filles anges, très rares à rencontrer, discrètes qu’elles rasent les murs

il y a les filles sympas : je vous conseille de les éviter à n’importe quel prix. et toutes les autres, bêtes et gourmandes, avoisinant les couleurs !

Ève est une exception, je ne sais rien d’elle et à la limite je ne veux rien savoir. je la vois pourtant s’éloigner de moi, doucement, comme un projectile !

un amoureux fou est la multitude

le souffle de l’extravagant Ganymède

Jambes de cristal

Promise aux matins

Qui se touchent

je vois encore sa nuque et ses cheveux, j’entends le bruit faible de ses pas, je vois son dos rétrécir… ! c’est net et propre, sans grain

il faudrait bien qu’à un moment je me retourne sans elle, sauver ce qui reste de l’attitude de l’un des derniers romantiques

je voulais tamiser sa lumière et courir dedans, goûter à sa chair… ! comme il y a parfois du bleu dans une chambre sombre

les trappes du cœur avoisinent l’isolement

ainsi soit-il

Aube des douceurs

Je laisse fondre le pain

Dans ma bouche

soixante dix-neuf euros en poche… je tiendrais jusqu’au 23 !

La commune

je vous conte mon rêve de cette nuit, mais d’une tristesse, oh mon Dieu ! d’une tristesse… ! vous verrez qu’il y a de quoi bander

une désillusion s’abat en ce jour de fête sur ma grande famille, comme la ciguë qu’il faudrait boire dès à présent

les voix rassemblées disaient que le pays va bien et qu’il y a beaucoup d’argent à se faire. tout le monde aspire à être crésus dans des palais de jasmin

sans les derniers remparts d’el horma

sans l’effort d’un changement

D’innombrables mains

Les bougies rêvent

Dominos

j’avançais entre les colonnes en dormant comme un escargot avachi de Stamina ! une morve dégoulinait sur le bulletin lisse et bleu tenu nerveusement avec mes deux mains

un geste cent fois répété dans ma loge boisée en coulisses. une première donc, mais que vais-je faire ? sachant que je n’ai plus le droit aux questions depuis l’indépendance

mes revendications en ceux-ci étaient simples, je n’aime plus les jours clairs et ma préférence va naturellement aux jeunes sœurs dans les bains

personne ne répond plus du sort commun

elles sont plutôt rasoir

Miaulement du chat

Mystérieuse la collecte

Des ordures

nos chers gouverneurs les messieurs présidents des terres démocratiques levèrent tous la main, sauf un. ils crièrent : nous sommes tous à cheval sur le detritus !

vous nos douces terreurs, vivez en poète votre propre différence ma disait la dernière voix qui chantait. cela à provoquer une hésitation dans mon cœur

le rêve commun n’est plus sans le concours du savoir vivre et des idées. et si je recommence à perdre mon latin, je reviendrais à la terre et plongerais mes racines frêles dans celle-ci

ding dong – ding dong !

la lune est rouge

Brise du soir

Le faune du quartier

Se balance

l’horripilant est dans le clos de nos coquilles vides… avancez vers l’arrière plus que jamais !

Une compagne

Georges Braque, L’oiseau noir et l’oiseau blanc. 1960

celle qui m’accompagne ne porte aucun nom. c’est une fille imaginaire, une pure fiction. elle creuse dans mon cœur des sillons

elle est du Sahel, habituée à rassembler la fleur de sel et une huile de phosphore éblouissante. méfiez-vous, elle pratique le meurtre à l’aide d’un unique poison

lorsqu’elle veut embrasser le désert, elle prononce des mots cristallins qui sellent l’occulte et me resteront à jamais incompréhensibles

je lui murmure parfois des mots d’amour

je l’invoque

En toute saison

Rougeurs d’une passagère

Adorée

nous avons consacré beaucoup de temps pour nos retrouvailles. certains le distinguent, comme nous, on se comprend

on s’est construit avec nos plumes une couche pour l’hiver, puisqu’il était temps. elle était la vilaine fille des trottoirs mouillés

je n’ai jamais été attractif, et cela, depuis mes débuts. j’ai mené la vie dure à mes amours. je demeure le vaincu, les devantures… !

elle est l’étrangère de toutes les routes

elle est mon autre dévoyée

Lune croissante

Entre les quarts d’heure

de silence

cette madone est d’or que j’oublie les jours de parade de la fanfare. je n’ai aucune posture qui tienne, elle est au fait de mon insondable gouffre

il y a de quoi ne pas être : futé… pas très ! ce sont ses mots, mais vivre des expériences non-verbale, voilà le charme !

je ne veux être cette modeste image d’un homme du soir, mais infiniment épris de cette entité des rivières et des cols. les soirs bleus, elle me rejoint chérir nos enfants, parfois !

elle aime le froid de l’hiver et les compotes de pommes

je prétends qu’elle m’aime

Le show continue

Premier rendez-vous

Manqué

je me figure cette folie qu’après-coup… de celles qui ne peuvent toujours pas les battre !

Guérir

le rêve étrange de la nuit passée où tu mets apparu. tu versais de longs sanglots. je pleurais aussi cette énième déchirure. tu avais tes grands yeux noirs, tristes comme les nuages que tu appréhendais

tu étais du granite dans les proches rues et les algues te poussaient aux pieds. c’était impossible pour moi de t’approcher

nous faut-il brûler les morts sur le bûcher des souvenirs, nonobstant ? à l’inverse de nos cœurs flottants, tu ne reconnaissais aucune pesanteur

les petits riens dans un grand rien du tout

les chamboulements

Une liane de lancé

J’espère que ta chute

Est réciproque

qui d’autre que moi pour exécuter les sentences, mes guillotines sanglantes de tes larmes. pardonne-moi, plus forte je te rêvais

comme tout ce temps passer à tes côtés et réellement sans toi, tu n’étais que la fin et le renoncement à toute identité

je retrouve cette devise dans celle du Vulcain, c’est-à-dire vivre un jour et mourir, doucement ! comme voltige un papillon au cœur de l’automne

les corps perdaient de leur naturel

les corps se pourfendaient

Petite ivresse

Ce qui se murmure

Dure

une nuit pareille à celle d’hier, nous étions séparés et sous le même toit. il n’y a qu’un esprit torturé pour admettre pareille situation

je veux rendre en ce monde une justice à ta décision pour conclure, elle m’a fait tomber dans le commerce des muses et de la folle aventure poétique

ce billet ne te parviendra peut-être jamais, cela est une autre torture tout aussi raffinée que je déroule sous mes yeux

je me pagne l’âme d’un moins-que-rien

je me déguise

Pointe du jour

Je mire sur le Bosphore

L’amiral

un rêve parmi d’autres nuits tout aussi insoutenables…

Zut !

À Hamid.

je me balade parfois dans mon quartier et en dehors de mes familiers, on m’appelle l’ancien ( je me dis que les anciens eux aussi seront perdus ! ) je poursuis comme un vestige, tout comme un homme déjà bien entamé et sous lequel tout tremble et faibli

j’espère le parfum d’ombre de la feuillée et les moulures au ciel. ma mort est une rature et mes pas mesurés ne sont que les pas d’un pantin. la voix que l’on perd surplombe comme cendre, un talisman !  

les sons d’autrefois coulent dans mes veines et avec ma flûte du maquis, je joue des airs d’exiler, des grivoiseries de berger… etc. c’est le revers des vents forts comme dans les temps futurs ( leurs vœux ne seront pas exaucés ! )

comme tout à chacun qui s’arrache un exutoire

le mien est neuf

Appel à la prière du soir

Des deux mains

Il remonte sa djellaba

le petit livret d’or des jeunes de l’union nichait dans une main, j’effaçais avec leurs traces de chercheurs de fortune moulé dans les graves, n’étaient-ils pas à terre… à jamais au pré d’une rivière où coule le miel, peut-être !  

je tenais dans l’arène des devenirs comme une dague de l’autre main, je combattais les écailles sans mes jambes, les sphères ! sortir par inadvertance, sortir… ! – invariable fixette, l’ivresse était le quotidien

je ne connaissais qu’une infime partie de mon histoire et j’avais la patience d’un désert, d’une salamandre… etc. sommelier exclusif de leurs jeunesses, je ne voulais surtout pas être le gardien des ruines

ainsi meurt la récolte des cœurs

est-ce qu’il fallait vaincre pour se repaître ?

Le ciel est d’ombres

Derrière l’or

Les lambeaux de parfum

j’ai la cheville antique et une prédestination à l’islam. je prie pour le renouveau des choses et je lève la main aux cieux clairs pour un peu de nourriture sur le feu, un peu d’eau, ruisseau, oh ! de l’eau que je bois à même le sol

les montagnes au soir, la mollesse des branches, les maisons qui ronflent les lumières… etc. ce sont nos refuges qui nous édifient et nous préservent de la mécréance

peut-être qu’une foudre s’abat et creuse les hauts plateaux, mais qui peut savoir réellement ces choses-là ?

aussi furieux qu’un satellite orienté

oh les goélands ratissent !

L’inclinaison du jour

Le balisage des dragons

Kabyles

entre le ciel et la terre, un monde est à prévoir… !

Dans une maison

une humble pendule de bois se détachait dans le salon, son coucou ne fonctionnait presque plus et on ne savait pourquoi

je prenais déjà mes distances de l’incommensurable avalanche du temps, qu’il me fallait pressentir le bruit poitrinaire de la pendule – tic-tac… !

bien après la nuit noire qui s’est installée, je suis tombé sur une toile. on aurait dit un tableau de Gauguin, sans le cadre mural

c’était une toile sur un mur blanc

il y avait d’autres bruits parmi l’écoulement d’un ruisseau

L’été au village

Les jeunes filles sont en djebba

D’intérieur

elle figurait une femme assise au milieu d’une faune luxuriante, j’apercevais comme une bonté qui émanait de ses yeux, peut-être un tombeau immobile et ses rythmes longs

j’allais à pas ouvert la rejoindre dans l’éternel silence, tout parlait à mon cœur, même les fleurs et les pierres qui jonchaient nos sols étaient rieuses

elle réorganisa toutes mes strophes et mes bouts d’idées compétitifs, j’ai vu que l’harmonie des choses de ce monde étaient tristes

c’était peut-être Fatima

Allah akbar !

Soirée de l’aïde el fitr

Un nuage s’évapore

Comme dans le Coran

des cavaliers de plombs sont arrivés et pareil à un voleur dans un kiosque, toujours derrière les murs végétaux, je me cachais à la vue de leurs couleurs

ce qui ramène et console mon cœur de cette rencontre, c’est ce qui était préétabli dans ma genèse, comme une mémoire happée :

je revoyais la clairière bleue de mes vacances, les visages trompés de soleil, le feuilleton des corps en action et l’effort de tous

j’ai repris ma place sur les dalles

la lourde maison avait des coutumes ennuyeuses

Immense paysage

La nuit offre aux juvéniles

Son concours

j’ai perdu la grande heure du secret, la fin d’une époque nous est-elle annoncée ?

Hymne de la nuit

A Mehidin.

il me parvient par la fenêtre un vent parfumé et tiède, à peine plus perceptible, une musique de la maison des filles: du hip-hop de parade

une célébration dans l’air enjoué d’aujourd’hui, un mariage a été fait. l’innocence qui se donne des airs d’adulte ! 

je repense au terrain vague des grands nègres voyageurs. ils ne fréquentent plus l’école, peut-être que l’on partage les mêmes déceptions: rien à en tirer ! c’est ce qu’a dit mon professeur

les retombées se voileront d’un pauvre sarcasme

les retombées nous déchaînerons

Café sans sucre

Mimique d’un homme

Nouveau

je prends le contour des voix anciennes, je prends mes envolées lyriques, sans oublier l’aumône ! dans mes longs relâchements : ciel – caverne : sans relâche !

à côté de moi se trouvent une bougie crème et une bouteille d’eau minérale. l’espace est exigu, comme un ours apprivoisé !

je vous parle de mon sport, je vous parle de mes métamorphoses, les bateaux cultivent bien tous les vents

cette nuit l’atmosphère est noyée d’électricité

j’apprends à flotter

Vents sonores

Nostalgie de mes jours

D’errance

je ne pratique à vrai dire aucun sport, je n’ai aucun hobbies. d’ailleurs, je n’aime personne et je ne parle pas votre longue ! je suis un garçon sans intérêts

je fréquentais une fille, je la baisais comme un apprenti ou un marabout. j’aimerais par-dessus tout oublié cet air satisfait qu’elle avait sur son visage

je finis ma cigarette et continue les raccourcis de mon cœur qui semble interminable, cet été a des allures d’une chute télévisée

j’ai pleinement conscience de son panache

je regagne la foi première

Oh, ces quelques jours !

Aux dernières phalanges

Des luminances

sur l’impression d’or et d’alliances qui se trament… je repose mon front sur le coude !

Plan

tu veux vivre bêtement et t’éloigner des obligations quotidiennes, à l’état primitif dis-tu. comme au retour des saisons que l’on considère comme nôtre

tu ne veux plus avoir de phrases concises à méditer. tu ne veux plus envisager les incongrus s’échappant d’un monde souterrain hypothétique

tu veux fuir les nouvelles d’où qu’elles viennent et la partition, afin de rêver comme l’esprit d’un fleuve et jalouser un peu l’éternité des papillons

Réticence des nuages

Au calme d’une énième énigme

Existentielle

tu ne veux plus rendre de compte à personne, encore moins à ceux qui osent se dresser devant toi

car tu veux tout oublier clandestinement sans chercher aucune consolation ni aucun remède à ton mal

Du néant à la vie

Il sent déjà venir

L’arnaque

quoi de plus simple que de te lever un matin, semblable à des matins de rameau, te faire entièrement silence et partir avec l’intimité de ton café chaud

il se pourrait que tu traverses l’exile du cœur, peut-être pour des années, au lieu de te dépêtre que d’un sursis

désapprendre tout en seulement une heure et vivre, vivre… ! il te faudrait pour cela sauvegarder une certaine constance dans la durée et atteindre pleinement ta poétique

Une tasse de café

Réapprendre le nom

De mes doigts

( Sacrément épique )

tu existes

je crois connaitre

tu habites

j’habite ton cœur

je me balade dans les rues de Tokyo…

tu penses à ce jour dans le vague de l’esprit

c’est déjà penser l’avenir, il suffit d’aller de l’avant !

Dieu, Dieu, Dieu, Dieu…

il y a du vent  

tu as

parce que je dis

tu dis

parce que j’ai

tu penses à cette nuit et ses vastes espaces inexplorés  

c’est déjà penser la mort et ses pulsations !

Dieu, Dieu, Dieu, Dieu…

il pleut

la folle croisière est drapée   

la fin de son onde n’est que dédoublement   

Es-tu-air=(e)

le jour où il n’y aurait plus un mot d’amitié, que plus personne n’apporterait de solution, je finirai seul et béat. ce monde gagne à tous les coups. Il gagne à tous les coups

il faut croire que j’ai vos visages sur le dos tout courbé, que dois-je faire aujourd’hui de votre absence ?

Je caresse le manche

de mon gilet, les amis… !

Si loin autrefois

je tiens difficilement sur mes supports et c’est bien le retour de mes erreurs passées. j’ai la tête hors de l’eau javellisée, à peine juste de quoi me narguer

une incessante lutte dans l’anonymat, n’empêche la mort nous toise, je la reconnais partout où je pose mes pas

j’aime la vie rude, les enfants des Balkans, les apatrides et les vagabonds. ils disent aussi, les justifier, c’est aimer. moi, je n’en peux plus, je me refuse à toute cette mascarade

les gens se réjouissent plus de l’absence de Dieu. moi, je me remets à lui pour qu’il les inonde de bienfaits, je me remets à lui pour les malheurs

ne vous inquiétez de rien, je parle au fer comme un coléoptère, surtout ne dérangez plus le monstre dans son estuaire

dans cette chambre humide le temps s’égoutte et je vous revois me sourire les après-midis d’été à la plage ou lors de mes compétitions. envers vous tous, j’ai eu tort

j’ai eu de la chance de vous côtoyer et de vous connaître, vous étiez mon or noir inespéré. je me heurte depuis à ces fichus murs denses qui virent au rouge

je sais qu’un bonheur parfait ne dure qu’un temps, même si on passe à travers, comme ma vie à vos côtés

est-ce que vous vous souvenez de mon malheureux petit chien, impossible pour moi de m’en détaché. il aimait les œufs et courait dodelinant après nous. je le trouvais déjà très effrayant   

je laisse m’envahir l’onde d’une terrible tristesse, comme mourir un peu à soi, ou comme dans un éclair sentir le tressaillement du temps incréé

les pensées au goût douteux et métallique qui me raclent la gorge, j’écoute plus en dedans la myriade de mes années perdues

j’ai mal de ce qui reste suspendu entre nous, entre vous et moi, nos amis les vers reconnaissent la chair tendre des bienheureux

je n’ai pas idée de l’étendue du mensonge, des subtiles détournements, de nos liens ineffables, de nos différences, de toute cette mascarade perpétuée depuis le premier soleil

quoique je n’aie plus peur des chiens dans les rues caverneuses et sombres, j’adhère encore à tous les galimatias et comme vous, je continuerai de mentir

je sors métamorphoser d’un hôpital, le corps indemne et ça va… c’est l’été, il y a une légère Nessma !

à l’écoute Lacrimosa de Mozart

Un couple du dehors

À Camille.

ils ont bu beaucoup de cafés et ils ont dîné dans de charmants restaurants, ils ont fini par s’aimer et aménager ensemble

ils avaient tout pour être un couple heureux et comme pour sceller leur union, elle lui a offert des charentaises et lui un bracelet

ils n’étaient pas portés sur le sexe et très vite à la question où se jouait le nerf de la guerre, en leur fort intérieur ils répondaient, ailleurs !

ils étaient très proches l’un de l’autre

un ciel sur l’autre

Une romance sans couvertures

Les traits blancs du roi

Lézard

ils fréquentaient avec enthousiasme les cinémas d’auteur, les grands parcs naturels et sans oublier les nautiques, les musées et les salles d’exposition sanguinaire, car il fallait à tout prix avoir des frissons

plusieurs fois dans l’année, ils se mêlaient à la foule aux yeux blancs dans des performances où on célébrait une quelconque divinité païenne, dans les concerts de musique classique et plus pratique encore dans les bars dansant à thème

ils arpentaient des montagnes de satin bleu, une sacrée aubaine pour deux amoureux nouvellement installés, comme le dos du pilat et lascaux la caverneuse pour admirer les fausses peintures rupestres

ils avaient quelque chose de la lenteur du vol des oiseaux

L’humeur espiègle

Un léger silence

D’écran

ils parcourraient à eux deux tous les arts par tous les chemins, comme les livres lus qu’à moitié à deux voix, les repas entre amis jamais entamés… etc.

ils partaient durant de longs week-ends en personne consentante dans tout le territoire et une fois à l’international, comme une révélation de ce qu’était leur nature profonde

comme si cela ne suffisait plus à satisfaire leurs cœurs avides, ils consultaient des psychanalystes, chacun le sien respectivement, jusqu’à attraper la nique pour l’autre

ils ont appelé ce voyage une exception tardive

il y a des êtres qui ne se croisent jamais

Une vieille tradition

Je brûle celle qui tombe

Au sol

( Épiphane )

oscar le vent et épiphane

marcher

vermine

laine effiloché

porteuse

secret

encens

doigts fins

grisette

histoire

fraude

suspendre l’étreinte

la déesse des buissons et des rivages salés

amoureux fou

cavalière

affreusement

flanc ossivore

éphéméride

éphémère

coûteux pour l’enfant

m’abreuver

ciel

argent armorique

couver

âme

ses eaux troubles sont peu profondes

images

féerie

satellite

converger

couple

filet d’horizon

maison des vacances

poisson

querelles

hiver

bois

s’éternise

la nuit tombe sur l’étoile des loups

grave dans l’esprit du marbre le visage de son invraisemblance

et au plus vite…

( De jour comme de nuit )

toi avec moi // moi avec toi

le jour avec la nuit // la nuit avec le jour

la nuit cédant au jour // le jour cédant à la nuit

moi sur toi // toi sur moi

entre toi et moi // entre moi et toi

le soleil célébrant la lune // la lune célébrant le soleil

un peu de toi // un peu de moi

le jour dans la nuit // la nuit dans le jour

la lune pleurant le soleil // le soleil pleurant la lune

te mentir à toi // me mentir à moi

toi ou moi // moi ou toi

été comme automne // automne comme été

le jour glisse sur la nuit // la nuit glisse sur le jour

toi en moi // moi en toi

toi malgré moi // moi malgré toi

toi sans moi // moi sans toi

là, le jour gît // là, la nuit gît

désirant de toi // désirante de moi

croire en toi // croire en moi

l’eau et le vin // le vin et l’eau

vénus pour mars // mars pour vénus

toi et moi // moi et toi

chienne // loup

nous

Monnaie

je me souviens du jour où j’ai commencé à survivre. c’était pendant les vacances, j’ai allumé la télé. un jour routinier à glutiner devant muer, j’étais jeune

j’avais perdu le goût des choses, je ne trouvais plus de sens à rien. c’était dur ! quel drôle de début pour l’apprentissage de la vie

j’ai commis bien des trahisons cette année-là, la plus marquante entre toutes et sans déceler le manquant de l’histoire, j’ai quitté mon entraîneur

cette manœuvre sonne la chanson naïve du destin

une exode intérieur

Fenêtre sur le cœur

Derniers jeux de la saison

De zermumiya

c’était un entraîneur fort et tranquille, un technicien. l’un des purs produits du système pédagogique algérien

mon infidélité a été perçue comme un abandon, signifier par un refus d’échange de paroles et de poignée de main

une honte s’abattit sur moi comme une ombre, les choses ce sont empirés lorsque mon téléphone s’est arrêté de sonner

comme une éclipse

peut-être qu’elle était totale

Voir

Pourtant si seul

Si seul

je voulais mourir comme tous les dieux païens et que l’on parle encore de moi. les traîtres portent eux aussi un nom

je le revois parfois faire ses courses en ville, toujours sur le dos un survêtement, vieux débris parmi les décombres de son passé

c’est l’un des effets du temps sur les gens, ils se démènent et ne font que comme cela, parmi les autres et de même avec soi. l’anodin semble les dénaturer à petites doses

j’attendais une générosité

comme une faible audience dans le milieu

Les amitiés bénies

Une page blanche a le don

Du pardon

toujours seul poursuivant les échecs et mes fraîdennes…

Rupture

je crois me souvenir de nos adieux :

je suis ton ange, tiens-moi la main

je suis innocente, pardonne- moi

souviens toi de nous

souviens toi que tu peux être libre

tend la main au vierge rivage !

c’est un nouveau départ qui s’offre à toi

prends moi dans tes bras encore une fois

je rentre de l’aéroport d’alger

j’ai l’air d’avoir 10 ans de plus…

je retrouve mes semblables, mes proches

il me semble que tout le monde va bien et inquiet de me revoir

j’ai eu une dure semaine

et il fait beau

je ne t’en veux pas

il y a des choses qui changent et d’autres qui ne changent pas !

j’ai espéré mon retour plus fort que tout

j’ai maudit mon retour la raison de tout

je suis grand de mon amour pour toi

je roule en paix

je peux vivre le reste de mes jours à leurs côtés

j’ai compris pendant toute la traversée qu’il me fallait encore t’aimer

je pense à un derviche reclus dans le vaste désert et qui aime la lune

l’un de mes livres le raconte très bien…

cette nuit, je regarderai les étoiles pour deux…

( Catalyseur )

royaume du sud

écouter

radio

voix pétillantes

interférences chaudes

de la pise à boire

insoluble

âge

rareté

organisation

cascades

idée

grève

gouffre fécondé

réceptacle

se ressemblent

flâner

friandises

étude

boucles

le monde est féminin

accueillir

étrangers

passeport

noirs

désert

plusieurs sud

âmes en peine

immense silence

sable

gamme

danser avec les vents

des antennes sur du béton

tout comme

têtes

fraîcheur

à l’affût

proches

le faire généralisé

fée

philosophie

banaliser

catalyseur

le monde est tellement plus encore

quête d’une psychologie du chameau vieille comme le monde

Escapade

je suis à peu près immobile sur une vaste plage, l’océan bouge. mon intérieur est moyennement confortable, je me demande si tout change autour, comme sur une carte postale

je remarque des silhouettes au loin sur la rive, des bêtes mortes sur le sable et une très belle fille sous son k-way rouge

l’horizon brumeux semble l’absorber entièrement, elle a l’air timide et moi d’instinct, je veux la pénétrer

le silence pèse de mille invectives

les paroles se broient

Longue-vue

Lecture aléatoire

Du paysage

une dernière et je vais me prendre pour un collectionneur ou comme un rang de gars ! je n’ai aucune nostalgique de mes anciens murs et pas de collier non plus

je collection les envies ronces et les poux de coutume. je ne sors de l’inertie la plus désabusée

je cherche pourtant des solutions à mes cloaques. sans efforts, je m’arrête net. le tendant tire sur la quille, ce sont les problèmes des martiens-poètes !

les échecs sont un muscle sans cellules

les actes se noient

Le tout m’entoure

Et fuit et fuit …

Et fuit

assis sous le mauvais temps qui s’évide et de mémoire ancienne, je formule des mots obscurs

dans mon cœur ses cintres d’acier me trucident, comme jouer un peu avec soi et cacher son nom

je ne vois rien de l’affection de son chien, je ne vois rien de l’étendue grise, je ne vois rien de la bouteille de rhum ambré qui m’abreuve

pour mieux me rassembler

pour me disperser

Averse de printemps

Les chiens errants sont dans la grâce

De Dieu

j’ai dû rêvé ce moment

Silex

il a fait plutôt beau aujourd’hui

même dans le cœur des gens

ce qui n’exclut pas leur violence !

je vous dis qu’après la tempête vient l’amour

après le moi corrosif, à moi la chaleur… !

de nouveau libre et peut-être définitivement guéri de son emprise. je me demande pour combien de temps, je sais que ces choses ne durent jamais indéfiniment

je me considère comme une personne chanceuse, démesurément. je suis un rescapé, pour d’autres un privilégié, cela déteigne un peu sur moi

je nourris sans doute des complexes, j’édifie une honte. comme chercher ce qui se trouve sous mes yeux et que pour l’instant je n’arrive toujours pas à saisir

ne plus tâtonner sur la douce pente abyssale

toujours auprès de mon fétiche

Cris de soif

Très haute la concave

Du salut

je m’éloigne de l’idée de faire un changement pour une baigneuse à la coupe de feu ! subvenir à ses besoins physiques et moreaux, les responsabilités, les concessions… etc.

j’imagine qu’elle renouera avec ses objectifs, inévitablement, même plus tôt que prévu ! nourris de sa cervelle de moineau, de petite joueuse… etc.

il en résultera de toutes petites crottes de son beau derrière saillant, un étrange gâchis de la calamité encore plus révoltant

n’allez pas croire que j’ai peur de l’engagement

n’allez pas me croire

Déjà vu

Cela fait un toit

Pour l’été

que je sois un être fragmenté ce n’est pas là un problème, je connais les ruptures, la liste est longue, même celles qui prennent l’apparence d’un faux nouveau départ

je vais me noyer dans une décharge d’un millier de roses. autrement dit : j’ouvre mon cœur à une prostituée de bordel pour jeune et éternel célibataire

je lui ferai parvenir la nouvelle rien que pour voir l’état où se retrouverait le facteur de la poste, non sans prendre un malicieux plaisir

parfaitement tranquille sur le zinc humide et froid

les scrupules d’un homme indéterminé

Une bouche à l’est

Les centimètres s’envolent

Au ralenti

La blanche Ophélie

orpheline de tous

toute seule et contre personne ( dis-moi à quoi tu penses seule abandonnée de tous ? )

s’en est fini, elle m’a quitté

la traîtresse !

ordinairement

j’ai vécu un été de folie en orient

elle s’en est allée

l’âme, sans doute à jamais

les chevilles légères

comme une plume verte au crépuscule des anges ( mes idoles pour mes insomnies ! )

sept jours

sept week-ends qu’à durée mon calvaires

sa psyché

il te faut reconstruire son identitée

elle s’en est allée

l’âme, sans doute à jamais

s’en est fini, elle a emporté mes larmes

de vagabond

je me souviens qu’avec elle, j’ai enjambé le serpent de feu

et seulement là dans l’éclat de nos jours, j’ai vue des ombres télescopiques

le temps comme une fusée

comme lui j’ai rusé

je ne voulais pas foncé

elle s’en est allée

l’âme ( une grappe de raisin rouge dans la bouche ! )

l’aujourd’hui de toute éternité

je n’ai plus peur

sur une branche humide

le songe du rossignol est le fond d’un ciel gris

pour sûr, elle s’en est allée

la blanche Ophélie !

( Une toux )

la toux d’un druide

les hagards

fluide

aussi vite !

il y a des regards

des amarres

soulève

soulève les torrents

passe le temps qui cloque

mégère

prendre l’air

rapide et légère

est-ce que tu me vois ?

choque

face a la beauté

fauve

suspendu

se prend le pavé

songeur

ou suis-je ?

les états d’âme du corps, personne ne regarde ni n’approche

personne n’accroche…

( Consignes )

conteneur jaune :

aiguille

bistouris

intranules

épicrâniennes

brocards

tout objet tranchant ou piquant

activité cérébral

des fougères en plastique, l’odeur d’un hôpital me revient familière

sachet noir ( daom) :

emballages

papiers

ordures

j’aurais pu écrire mes idées de ce matin

ancien vertige : si la justice divine existe, à moi elle me fait peur

sachet jaune ( dasrl) :

compresses

seringues gants

coton

perfuseurs

transfuseurs

ampoules

tout objet souillé

il y a un théâtre de bêtise qui résonne

comme presque tout qui tombe dans la mémoire

Ce jour

j’ai vécu l’éveil du véritable amour bien après la séparation

bien après

la réalité nous ment par essence

la vie est violente

derrière une joie cachée, je remercie le ciel mouillé

un carre du ciel, un tout petit vert

je me rends au bois fleuris, j’écrase l’herbe  

pour bâtir mon tipi noir et avec mon dos d’ours à trois pattes

sous la pénombre des jours en fuite

l’air est un charme à exclure

Cela ne chante pas ( 3 )

je vais juste partir et je vous dis : non              
je est une vie sous la pluie

on oublie les fleurs et les palmiers dans le vent               
et la célébration de la vie, des assurances simples
– je suis un homme simple, factuel

une femme dans un parcours amoureux           
ma vie est un bouleversement vocalique qui peuple mon monde sauvage              
je suis avec comme un ermite

je me suis amusé par déclic              
j’étais un vulgaire mollusque violet gorgé de vitamines dès son enfance              
oui je me retourne vers toi toujours aussi indéfinissable la grande bleue

mille félicités pour les âmes en peine               
je suis content mais il faut savoir, il te faut savoir              
qu’il y a une âme en peine abandonnée du ciel qui ta fait mourir

faut-il aller mieux, je reste un boulon clouté               
dans une ville faite de mirage

– Menon est une bouche ouverte avec la langue noire !

la lumière sur ses cheveux violet,               
j’étais l’ami de son corps sous les draps, il y a mon corps noir              
une souscription médiéval, elle me parait lointaine dès ce présent

mon imaginaire quotidien, fantomatique et qui ne veut pas dire inexistant !  
je compte mes vertus, ça serait bien

j’ai de la nourriture et tu es une bible
mariée avec le soleil

l’être seul, une éphémère bougie
le verbe multiple, une transparence et moi              
est une souillure que je lave de mes yeux noir de toutes les façons

redonner une seconde chance à l’amour              
tu es le déracinés à jamais

– Menon est un long nez qui respire la fraîcheur des mensonges !

je n’écris plus vous savez, je lance des miaulements de la gorge d’un chat imaginaire, je veux un peu de viande de poisson séché, un bel après-midi d’amour, une chanson à raconter …

cardiaque, des rythmes… peut-être ?

Esprit chamanique ( 2 )

A Lucie.

ton job de nettoyeuse dévalise les caisses

une espèce d’un vieux genre que l’on ne retrouve, c’est un adoucissant des âmes caverneuses

tu reconnais l’autre dans sa superbe

ses variations subites

les vagues réminiscences de quelque chose d’encore plus vague

comme boire le mythique filtre

un amour unique dans le genre inoubliable

un diamant de météorite

n’est ce pas une affaire classée

loué sois-tu et ce qui te dépasse

les crimes sont faits

tu en reviens

très bien ce n’est que parfait

tu laisses traîner tes affaires dans la rue

les beaux ont du génie

comme el djinn à la claire bougie en été

tu te perfectionnes

lire dans l’âme des gens, je sais, c’est mauvais… ( le prévoir pour mon post-scriptum ! )

comme une étoile, tu veilles au grain

j’ai une dette pour les uns // … pour tous les autres entre des tenailles

une hyménée rousse, je cherche la fleur saine sur une sainte terre, lui bâtir un nouveau royaume, ce n’est plus possible ! il te faut tout l’or de la terre et des hommes en chêne cartographié, ce n’est plus possible !             

tu joues encore avec les planètes fauves comme aux échecs

si seulement tu savais mes grandes lacunes ma terre bleue envisagé

ses lunes sont étatiques

l’histoire d’une petite héroïne : la tenancière est au téléphone avec Amanda Sue, elle ne répond de rien et réclame son du, une sale affaire ! elle est à une demi-douzaines de routes d’ici …

prendre l’instant de l’éternel et voir les paramètres de la trajectoire

un ciel presque bleu derrière des arbres nus qui se courbent

le soleil se noie sous mes pieds ou pointe l’herbe douce

je scrute le vide, un paravent… vite et clair              
et les murmures de la pierre d’ombre jaune, stupides oiseaux de l’étendue !

très bas dans le jour sur la route des ailes, je prends le bus :

ingurgiter

courir avec le silence

toujours vivre 

outrageux, je ne sais plus vivre !

je respire ce qu’il y a de peu dans l’air, la symphonie du crémant. tu ris pourtant à plein poumons.je ne fais qu’un avec mes idées sombres, tu surgis, je mûris et m’évade, l’âme de la métaphysique me colle à pleine dents