Trois petites impasses

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour, – il y a des nationals il y a des routes, – je roule derrière les camions… les 6 les 12 les 36 tonnes, – je suis au téléphone, – c’est la route, – une déroute

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour, – je reste pré du danger, – je pense que rien ne peut m’arriver, – je suis tellement pré du danger que rien ne peut m’arriver, – je vois les arbres poussiéreux, – les gens qui attendent le bus

sur la route des autoroutes et tout autour, – il y a des routes il y a des impasses, – il pleut, – il pleut souvent sur les autoroutes,- j’enclenche l’essuie-glace, – hypnotique, – captivant

le cendrier est plein à craquer

j’ouvre la vitre

sur la rive avec mon chien, – j’investis le domaine du non-moi, – au diable les fils et les attaches, – momentanément effacé, – je suis l’autre qui glisse au creux de la vague, – absent de moi-même, – interdit de souvenir

sur la rive vierge avec mon chien, – je construis une cabane de paille inflammable, – l’œil furtif et scrute – présence contaminée, – il ne reste que des pourquoi vagues, – le noir est une couleur, – un sans visage

j’ai les pieds nus sur le sable.

sur la rive avec mon chien, – il n’y a plus de chien, – j’ai tout consentie et du laiteux, – cela ne sort pas, – on a tout recenser dans les livres, – le peuple maudit, – une histoire courte de l’expéditeur, – un cul-de-sac, – les ressacs

toi ma bien-aimée, le deuil.

un passage aux toilettes du bar alligator

je recharge le téléphone

j’envie l’impassibilité des pierres

comme la musique de la main des vagues

la nature prodigue ses leçons de vie

la douceur de vivre d’un galet sous le soleil

l’eau salée mouille mes lèvres

j’envie l’impassibilité des pierres, comme leur tranquillité

j’erre au milieu des courants de mon cœur, – son cœur à la petite cuillère, – j’ai besoin de me recueillir, – je caresse les rêves du vent, – son sommeil léger, – j’ai un petit peu froid

toute à l’heure j’ai pleuré.

je souhaite m’étendre et modeler mon âme, – son âme occasionnelle, – je parle seul et si seulement je trouvais preneur, – je l’ai laissée pour morte sur la rive miteuse et les bateaux vont au loin

son cœur pourtant si volontaire.

je m’éloigne du port mythique, – la nuit comme le jour je te salut, – je stationne dans l’impasse des clématites, – une note quand il n’est plus question de notes, – mélomane de la fluidité, – comme le sang, – suspect

le rêve continu.

je me défais sous mes yeux

les souhaits se précisent

sur le rivage soufflait un vent frais… sur le rivage un vent frais soufflait sur le caillou ( le caillou de la nuit, de cette nuit ! )  

un vent frais souffle sur le caillou de mes nuits

on aurait dit que les chairs brûlaient

j’urinais sur le sable en faisant de la mousse

je revoyais ma vie d’alcoolique et mes diverses effronteries

… sur le rivage par épuration les migrants échouent, les manques et des tragédies qui soulèvent plus de manques. l’histoire moderne nous montre ses horreurs, que nous voulons plus d’horreurs !

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