Débutant tardif

: 1

durant l’un de mes voyages // durant l’un de mes romans

j’ai appris

il n’y a pas que la bourse dans la vie

il n’y a pas que les bons ou les mauvais, le bien et le mal

il reste mes joies // il reste mes peines

j’aligne ces lignes à l’encre de mon sang

comme de tout temps

le dit de ce chant est un adieu

croire en la contemplation // croire en la perdition   

je me ballade dans les rues d’une irréelle ville

leurs âmes m’habitent // j’habite mon cœur

les soirs : triste et seul 

: 2

l’esseulé // le Tahen

désespérément  

le bureau des réclamations est sourd // le bureau des lamentations est aveugle  

ils sont nombreux ceux qui prennent la mauvaise tangente

tu te meurs chaque soir // tu te relèves chaque matin

tu sais qu’il n’y a plus d’espoir

tu t’endors à aube // tu te réveilles au crépuscule

tu sais qu’il y a une lueur

tu tournes à gauche // tu tournes à droite

tu plonges ton regard en toi-même

tu envisages le centre // tu envisages l’extrême

tu te dégages pour être multiple  

: 3

rien qu’une sortie // rien qu’une rentrée  

la voix se trouble dans les foires aux manèges

elle exhume de l’ombre // elle exhume du tabac ( sans mousqueton ! )

je transpire de la gêne // je transpire du poème

le Cœur Intemporel bat fort dans ma bouche

qu’il ne peut s’exprimer convenablement // qu’il ne peut vivre ordinairement

c’est l’automne avec ses dernières attentes  

qu’est-ce qu’on serait sans deux tasses de café !

en rêvant au près d’un ruisseau // en chantant au près d’une fontaine

comme les oiseaux

je respire encore grâce à l’art // je respire encore grâce à l’oubli

bon que dans le malheur

: 4

quelqu’un qui te serre // quelqu’un qui te soulève

tu es en difficulté

inadapté à la vie en société

tu es né pour tout voir // tu es né pour tout entendre

elle te fuit une fois proche de m’amour

que rien ne change // que rien ne stagne

tu touches parfois

de mémoire son corps // de mémoire son âme

tu prends une feuille // tu vois un bureau

tu vois un stylo // tu prends une lampe

si seulement tu avais une assise …

: 5

j’écris : Je bois // j’écris : Je perds

comme l’eau rouge qui coule dans les estaminets

j’écris: Je suis l’aimé à l’infini // j’écris: Je suis perdu à jamais

j’écris les lettres dans le vide des mots

j’écris : Je blasphème // j’écris : Je mens

sur son amour // sur son déshonneur

est-elle seulement présente derrière ses filtres ?

douceur !

à quels moments nos actes prennent leurs sens ?

non-être // super-être

nous en tirons des satisfactions

j’ai gagné la poésie // j’ai gagné l’être

: 6

tu es fatigué de vivre // tu es fatigué de mourir

à l’air libre par Sa faute // à l’air libre pour les autres

tu claques les portes du grand hôpital

l’horreur des enfers remonte à terre

tu es rarement du côté de la vie // tu es rarement du côté du ressentiment

à la nuit tombée

tant qu’il y a à faire ta présence est de ce rafiot

tout en étant libre // tout en étant libre

les crins ondoyants // les plumes soyeuses

tu incarnes les noces de l’enfer et du ciel

peut-être fou // peut-être poète

par ton délire amoureux // par ta folie créatrice

: 7

j’ai fait l’amour à des pierres // j’ai fait l’amour à une fleur

à qui viendrait l’idée de s’envoler ?

comme les promesses d’orage de l’été dernier

qu’est-ce que je dis // qu’est-ce que je déterre 

raconter les fées // conter les ogres

les sorciers ont plus d’un tour dans leur sac

si je veux m’imploser // si je veux me disperser

mauvais que dans le travail

pour fondre vos oreilles endormis // pour briser vos cœurs en éclats

je perce vos profondes angoisses // je creuse vos peureuses argiles

il adviendra des rires fleuris // il adviendra des rêves fleuris

j’écris

quand les mots se dérobent du mot

quand le port de la mémoire

quand le sucre de l’œil

quand tout revient au même

quand la fièvre de l’amour

quand la respiration fait halte

j’écris le murmure du cœur // j’écris l’analphabète du trait

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