à Amel.
mon affection tend vers les étoiles les moins scintillantes – ou pas du
tout – selon les nuits – particulièrement à celles qui me briquent par
surprise – comme par éclats – d’où une infinité accable
avant que tout ne retombe…
*
je n’entends rien aux planètes – à quoi bon j’ai envie de dire – pourtant
j’en ai pour votre culs – vous êtes fous – à quand est la prochaine – l’enfilade
suivante – il ne me faut pas avoir peur lorsque j’invoque Dieu !
le greffier de la lune lève sa voix
*
beaucoup de retraités – d’enseignants : versent dans la poésie plus que
les dimanches – moi, j’ai pointé à toutes mes défaites – diaboliquement
magistralement – fichtrement – j’empreinte d’erreur en erreur
des masques et me mue dedans
*
du jamais vue, à ne rien comprendre – qu’est-ce qu’on a à foutre
que je bois ma semence – ou mon urine, franchement – que je fasse
d’un voisin mon repas de pierres – que je bouffe nu mon vomis
sous la table des dieux
*
rien que le fait de les regarder – je voyage – comme me sentir en confiance
celle qu’ont les anciens en la lune païenne – rien n’est à boire et ça me parle
puisque – en outre je le dis – c’est à dire que je ne parle en rien
exemple aimer par un livre
*
de grignoter de la cire – le fou désir de chier dans Garonne comme
en Méditerranée durant mon enfance – même sans y parvenir – faire
mes ablutions avec de la pisse à l’aube un vendredi – que j’encule doublement
les étoiles et danse avec le quart de lune
*
c’est dur de s’ancrer à la terre – à son corps – il faut se nourrir et
déféquer – et gagner en humilité – il faut pourchasser et tuer – les
ingrats dans son cœur beaucoup – il faut se branler ou baiser
à l’inverse non pas pour s’élever
*
lorsque je bande – avant de les avoir séduis avec de la musique
et des figures – qu’est-ce qu’on a à fichtre – j’incarne le sorcier
et me touche en écoutant du chaâbi – éclairé par la lumière d’une bougie
depuis mes écrans derrière un draps
*
je ne sais comment m’arracher à leur influence – un temps, j’étais
embarqué dans l’astrologie – je ne suis à présent attentif qu’aux
éruptions – des perspectives – de la curiosité – les éprouvant, oui
y en a qui les tatouent sur leurs peaux !
*
en vapotant et en buvant un thé -qu’est-ce qu’on a à battre de voir
mon dæmon – à la façon de Socrate – de lui parler seul – que le diable
m’emporte selon certains souhaits – que j’hallucine devant le cercle
de téléchargement d’un mail
*
reclus dans la forêt de ma mémoire qui flanche – où jeune écervelé
en fermant mes yeux – je joue à l’aveugle – me déplaçant en la maison
noire – curieux – façon d’imitation – la vie de ma psyché – rendue aveugle
à la réalité de ce monde
*
comme ne véhiculant que des pensées – un poison – qui me sont
étrangers – que je distille dans mes conversations – loin de l’impression
de me perdre – c’est-à-dire déjà perdu – loin des mots que je rédige
en dessous de mon gosier
*
j’y vois des trous noirs et n’approche pas – il m’arrive de croire que je sois
connecté à la Nasa – et ne pas hésité de brandir le point face à la Mecque
pourquoi même les barjots me rejettent – j’ai déféqué dans mon froc dans
un espace public et un doigt surtout d’honneur vers l’ouest
*
parfois si trouble à moi-même – à mon entourage et leurs réticences
je crois que je fais mal – comment s’y résoudre – quel drôle d’
isolement – est-il préférable de dire non lorsqu’ils sont autour
que de rependre oui au tout, seul ?
*
j’en ai rien à cirer de porter un casque antibruits de chantier – de brûler
la moitié de la ligne de vie d’un être cher – le début pour qu’il oubli – de
souiller mes vêtements – de mordre la poussière de mes meubles – de vivre
comme un rat un chien un sanglier une vache un âne dirigeant un bestiaire
*
comme les vents et les montagnes bougent – l’oiseau de ma poitrine
a reprit ses chants – incompréhensibles – après une longue traversée
désert – mirage enchantée – j’y arrive boiteux – métaphysiquement
l’en finir avec l’amour
*
ils s’interchangent – un glissement – c’est-à-dire une fois sur
deux – cela m’apaise et abolit la distance – j’ai vu durant des soirs
clairs le visage de l’aimée – des poètes dans le ciel – aux cœurs battants
déterrés pour la plupart
*
j’aurais aimé – sans préférence – que vous me preniez encore par
la main – sans aller – oui, je vois vos sales pensées – de si loin et
de travers – au fond, dans ce no man’s land – où vous m’avez
contraint outre ça !
*
mes pays ont ratés leur tournant – universel – personne l’ai cru avec
l’avalanche lumineuse de morts – dévaler autrui importe peu – qu’il
m’habite – un monde d’abomination – médiocrité – de qui tenir
de ce global vendu à prix réduit
*
et si je déteste ma vie celle-ci sera un gâchi – n’ayant plus rien à perdre
surtout de publier – d’être reconnu – toute honte bue – de mes visions
de voir… ,
et j’espère rentrer à la maison
*
sur les chemins – on appel à l’aide – personne n’y répond tout
à fait – peut-être, une femme – que l’on viole à moitié et humilie – sans
savoir vraiment pourquoi – mais si – pour de l’aide – confusément
ou comment chasser le féminin !
*
je dis est-ce vous qui convoquerez mon âme – quel poème répondra à sa
lumière – j’attends d’avantage de mes lectures – qu’est-ce qu’elles
se transmettent ? tant pis pour ce qui me restera voilé –
avant que tout ne retombe…
*
ce n’est sans doute plus que les résidus d’un poème – à cette heure, restons
il me semble que les astres – au-delà de leurs influances – o les astres
ont les âmes d’un éclat pourpre – habillées – à tout petit prix – sécheresse
les multitudes d’organes
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