l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie

Il fallait bien

je regardais ma main

entre mes doigts une roulée

comme vers sa fin

refermant mes paupières – sombre tombe

le noir, trous

l’opacité blanche autour

ma tête me paraissait

énorme

comme hors de son orbite

ici, ou là : ça siffle ça bourdonne – à suie

me vient le mot enfer

j’ai peur

peur

peur

peur

surpiquée

j’oubliais le mot chouette dans une conversation

j’oubliais le 3 de février ( rien ici-bas n’est éternel, les chiffres ? ).

je ne voyais personne personne n’est rien

je parlais très peu

lorsque cela était permis

les yeux, tout

1 ) je demandais mon chemin : bonjour – vous savez où se trouve un distributeur, celui à côté est en panne ? merci. je croyais ne jamais plus me retrouver à cet endroit

2 ) j’entrais ( très beau le mot entrer ! ). dans un supermarché : bonsoir – pardon – par carte s’il vous plait. – merci et au revoir.

jusqu’où pouvait-elle s’enraciner

au désert

entre les blancs

dans mes silences ?

je n’étais jamais nulle part avec la musique

nulle part était de tous mes instants