Par les épaules fuyantes

elle n’était plus jeune du tout

et se tenait devant un comptoir

ni assise ni debout

seule, évanescente buvant un mojito

comme sortie d’un conte du terroir

autant dire une apache

elle avait perdu tous ses automnes partout

je refermais mes yeux pour mieux la voir

elle flottait comme une vierge tibétaine, hautaine

inondant mes oreilles du souffle chaud de promesses infécondes

avec le plus grand calme

une fourmilière dans sa main droite !

je détestais cette façon de me voir

sans me prêter une attention particulière

de me rappeler la viande pourrissante

et froide que j’étais

Une réponse à « Par les épaules fuyantes »

  1. Très beau.
    J’aime beaucoup!
    Merci.

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