l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie


Fourre-tout

à Le Perruche.

Moi

Que veux-tu de moi

Que tu ne me lâches pas, Rêve ?

Le rêve

Douze cygnes d’or

Et douze lunes noires

Moi

Je veux des jours clairs et des nuits

Clairs et sans secrets

Le rêve

Suites 1920 – 1928. Federico Garcia Lorca.

Traduit par Danièle Fougeras.

voici que mon âme vogue et voyage

du plus lointain souvenir

au plus lointain mouvement

jusqu’à cette présence éloignée

interminable

c’est chic ! c’est frac !

comme une spirale

une pincée pour la nef

& lécher le piédestal du calice

*

Dans un autre monde je savais écrire des lettres

*

: J’ai dormi longtemps ?

: Non, une heure ou deux

*

Cesse s’il te plaît de branler la fleur, avec ce plus d’energie, pour venir me kidnapper, vers les trésors de ton logis ! Les mains plein de suer… , quand le hobo, ma douce sœur, voit comme une petite mine ? Sache que dans une bouche, son heure culmine. Certainement pastorale, ou je ne sais pas quoi

*

mardi

jour de fête noire

dans la ville je meurs

& je revis

autrement

lorsqu’il pleut

*

J’imaginais un coin de table et m’atteler à mon art, souverainement. J’ai eu un bureau entier, même au chaud. Cependant, rien de produit n’est publiable, même le pire. Je n’ai pas envie de retravailler, aussi. J’en viens à répondre à mes questions, dans des conciliabules invraisemblables, rien que pour avoir la tranquillité de l’esprit et chasser le doute. Mon incapacité et cet étendard : bientôt – bientôt ! Ils sonnent vain, sans substance, comme un pays pauvre où l’eau ruisselle, même en d’autres contextes, rien n’y fait… , ah, plus de tiraille ! Et dormir

*

au bout de la laisse

un berger que je tiens pour mon chien

qui sent le chien

le portefeuille dans l’autre main

les politesses à l’heure

où il n’y a plus rien à payer

& plus rien de dû

Assia, est-elle une chatte ?

*

je n’ai plus besoin du secret, de la vie éternel, comme un soleil qui penche, vers l’ouest ! Toujours n’est jamais dans l’instant. Seul, tout seul et homme libre, de me plaire dans le meilleurs du négatif

*

à quel moment

on a cessé

de considérer l’autre

comme une priorité de chaque instant

le don de soi est inopérant

l’amour se meurt

*

peut-être Divine

Béatrice défunte

avec la pointe de mon épée

ses incisives

*

des violettes et des nénuphars dans mon rêve de la nuit passée

j’ai les yeux noisette, fuite

après avoir pris quelqu’un

dans mes bras

*

merci d’avoir

lâché

tes larmes

& d’être si heureux

pour moi

*

Après une lecture de Pascal, Les pensées, surtout le chapitre sur le divertissement : Je me demande pourquoi ils maintiennent l’alphabet dans l’application d’appels ? Une question existentielle, peut-être ! Pascal, ses pensées, sont-elles des reliques ?

*

même si le noir résiste

même si le bleu persiste

même si le rouge est ailleurs

tu résistes

tu persistes

tu es ailleurs

*

& tu quittes le navire avant que de perdre le mat

tu pries les saints de cette contrée

qui s’annonce

de tes mains tendues

d’une falaise… , comme une fourmi

tu fais ta ronde

*

c’est en peut plus clair, je ne

veux plus

de mes secrets

*

J’ai déjà entendu ça quelque part, enfin je crois : Un fruit ne ment jamais ! Mes fruits sont blanchâtres, avec du caractère et du cristal, tout bonnement une flamme

*

la nuit

& une ville sous la pluie

de pétrole 

aux alentours est le moi

je tiens une bille d’une main

de l’autre

je me masturbe

*

emprise peut-être

avec la même malédiction

qui m’harasse

depuis la nuit solaire

pourquoi alors elle pleure ?

me voici rendu épouvantail

curieux comme

*

Je marche sur des feuilles mortes, les quinconces en rang militaristes me sont assimilés. Je lui parle de ma ville, de ses gens. Moi, je ne suis qu’une brindille qui ne demande qu’un peu d’eau pour vivre, sentir, m’éprouver jusqu’au tréfonds. Il en sortira peut-être des pierres, ou pas. Je souhaite de en mon coeur de me réinstaller

*

les soirs

comme un jeudi

tu t’échappes de la cage

pour marcher

simplement marcher

tu es l’air

que tu respires

ample dans tes branches

comme une ombre qui court les rues

un corbeau élancé

*

forçats

vient d’el forsan ?

un cheval meurt toujours

plus d’une fois

*

tu bois les paroles

de nouveau

du Perruche

quel privilège !

& quelle coïncidence

cauchemardesque

de te revoir !

je lance vers toi

un dernier baiser dans les airs

un baiser qui vient du cœur

je te trouve toujours

aussi belle

alors c’est bel et bien terminé ?

*

Un commerçant ne regarde jamais en arrière, tout son être est tourné vers l’avenir. La fidélité lui importe peu, tant que tu ne changes rien à tes habitudes. Le moins décevant, est qu’ils sont partout les mêmes

*

l’idée qui préfigure les impurs

comme le rampant

soient en bas

les choses pures et belles soient en haut

comme rien n’est de la saleté

soumis à une large hiérarchisation

j’aime les sensations que mes orifices me procurent

& avec, je monte très haut

je les consume !

*

lorsqu’une personne

présage

le pire en toi

tout son schéma

est destructeur

sa demeure est le chaos

*

est-ce que le contradicteur de René C. s’oppose à la paranoïaque critique ?

chers amis lecteurs, penseurs et poètes, etc.

( Silence ).

*

derrière les paupières !

*

mon frère a peur des abeilles

moi aussi

: Bonjour.

: Salam.

ce même frère

c’est à dire autre

& multiple

vient de me faire une farce

un poisson d’avril !

j’ai ri

& je n’étais

même pas d’humeur

*

sous un ciel étoilé

sous une lune à moitié pleine

une terrasse au loin de l’été

quelques chaises autour d’une table blanche

où des cendriers débordent

une lumière dore les peaux

d’un groupe d’amis

là, autour à fumer et à boire

& chaque carte

est à rejouer ou perdu 

à jamais

*

il demeure sur les chemins

qu’il t’écrit… , ce qui revient à la brûlure

& sort du ventre

au plus proche de sa vérité

& ses réalités

il espère grandir

se réhabiliter

surtout pousser

& il pense comme d’un repos

ou un reposoir

à l’hospitalité d’une maison

aux cent pas

comme fuse l’étoile de la terre

ou du sien ?

*

De mon inconsistance d’adorer chacun de tes ports de peau, ta peau aux couleurs de miel de jujubiers. De vouloir, à la fin, te faire la peau ! Et, je m’attèle, lorsque parfois ça sent le moisie, lorsque moi je te suis, même si tu n’entends rien à ma simplicité, comme il faudrait ne plus chercher en avant

*

il n’y a pas d’immédiat

… ,

de pavoisé

aliéné

sur le dru d’une pente

putain de glaire

je signerai avec le fion

*

celui qui ne fait don de soi

ne peut fusionner

dans l’amitié

celui qui ne porte le deuil de soi

& comme du passé

ne peut cultiver

une amitié

*

tu prends des nouvelles d’un être cher

tu t’aperçois que les consignes t’ont précédé

chaque famille se considère comme un régiment

contre qui faites-vous front ?

*

J’ai la nuque raide pour me retourner, t’écrire ou t’appeler. Mais je pense à toi, à nos ébats amoureux, précisément à une levrette, – Ou comment reconnaître une bête ! Tu hantes toutes mes pensées. Lorsque je me léve pour travailler, je bande la veille ! Je vois des mains qui ruissellent du liquide des poubelles, des mains ouvrières. Mon coeur se déchire et pleure. Il est trois heures et demi du matin

*

il brûle

celle qui tombe

au sol

de ses théories

de ses voyages nocturnes

de celle blottie

dans son lit défait

pour son amour de soleil

qui décline à l’horizon

& mène au large

des centimètres qui s’envolent

au ralenti

*

dans le théâtre des convoitises

où les salutations

sont risibles

& à vos frais qu’il faut défendre !

je continue – tu continues – nous continuons la continuation… !

le corps se démantibule à l’arrivée

lorsque les commencement sont une fin

*

Deux mains reposent un broc !

*

iel vient

avec l’ordonnance de son cachet

rien ne presse

sinon, sa mélancolie

*

lorsque la nuit retombait de cendres

que le dernier banc d’étourneaux se mêlait au ciel

que les abeilles ruchaient

je faisais mes adieux à la carrière

je faisais mes adieux aux rivages adorés

voilà, j’étais perdu

les inquiétudes quant à mon avenir, perdues

*

mon frère donne au feu

chimériquement, en vrai qui sait ?

& le voit tout quitter

comme un lièvre griffe

les troncs

*

Pendant l’aide, des mots resurgissent de mon abîme, comme Amour, Retour et Episode ! A quoi bon si ce n’est pour la vie ? On dit que cela vient du coeur d’un homme, où femente la vie, même funèbre et dévastatrice. Je vais de mes obsessions, mes fascinations et acquisitions. L’art est ce qui m’anime, avec la peur et un doute certain : Vive le changement, à chaque instant et n’importe où ! Vive Nous

*

le cérémonieux happe nos vies

dès que cela devient

ou semble trop sérieux

je suis de réglisse

gobez gobez… , le reste est pour les adultes !

comme se ( me ) méfier de ce que j’écris ?

*

les invocations de l’Egout

que j’entends

& vis

& laisse

& les pleurs… !

je ne résiste plus

échappé d’un ancien monde

deux fois repris

& laisse

& les pleurs… !

c’est la fin peut-être de nos échanges !

avec mon tempérament de mauvaises herbes

avec des mots qui n’existent pas

qui n’entendent rien

à mes pleurs

*

il y avait un sapin par la fenêtre

& un autre à la maison

qui ne prenait jamais froid

je m’appliquais à le décorer de coton

il embaumait avec son parfum

& sa fière allure

comme le visage de ma bien aimée

au carnaval

encore innocent

& silencieux à mon cœur

*

ma mémoire raisonne par toutes les tombes

que devrais-je lire ?

*

l’instant où

au seuil parfois de la nuit

& l’une des portes

j’y rencontrais un faon au milieu

des mandariniers  

où je guirlandais les étoiles

avec mes voisins

je dansais nu

& moi qui pensais gagner des millions

ailleurs avec mes guirlandes

j’entrais dans l’hiver

une ampoule sur cinq ne s’allumait pas, lourdes

contre une pièce d’identité, entre les mains

claque !

dangereusement

*

la lune, les astres sont éternelles

l’homme ne l’est pas

il partira et à la terre… ,

la terre l’ensevelira

& si par chance il porte un gland

ou un noyau ?

°

il fait encore nuit

& clair

aux premières lueurs

le vent soufflera

& je serai en partance

perdu pour toi

*

le Je des sociétés est celui de l’appropriation, domination, paraitre, etc.

je propose une forme, un autre sujet, mais de ceux qui dérive

alors que le il me leste

( Voix ).

*

aujourd’hui est un jour férié

enfin, je crois

tous les jours que Dieu fait

sont pour moi des vacances

& plus personne ne me touche

: Pourquoi faut-il que les amoureux courent toujours sur la plage ?

*

D’ailleurs, des amis je n’en veux plus. Je ne suis pas aimé. J’ai fait avec les vents et parfois sans, ces mêmes vents qui tournent et claquent la porte aux plus hargneux. J’ai cédé ma place, une lance sur le palier à prit les devants. Je me suis endurci, fermé en une litanie, pareil en des temps mémoriaux. La solitude m’a engendrée, comme un scarabée. Je suis relégué au sous-sol comme un monstre parmi les morts-vivants. Je n’en veux à personne, ce soir comme tous les soirs. Je survole les nuages chargés d’électricité dans ma chambre-monde

*

revois un peu

comme nous y sommes…

nous y sommes pour rien

une plume étrangère entre les mains d’un étranger

le temps des adieux approche

sans sourire du temps d’avant

moi, moi, moi, moi, … globale !

c’est le chapitre nouveau qu’ils vantent

*

je tremble

avec toi

sur cette branche

je t’en conjure

m’abandonnant à ta vie

d’oiseau

( Départ ).

Tout ce qui me tord le cou

*

On sent venir l’automne sur les feuilles d’arbre qui reprennent des couleurs. Je les imagine de soie, délicatement sous les lumières des lampadaires. J’entends quelques unes craquelées sur le sol. La bandoulière de mon sac retombe. C’est vrai que je préfère dire émoustillé que troubles. Ma main involontairement se pose sur cette page. Le son des chaînes des bicyclettes est comme la brise. J’aurais voulu voir un Homme entouré – e d’une chaîne, le contour du corps… ,

*

Je doute sur la bonne foi des personnes qui appellent au châtiment divin, ils n’expriment à mon sens qu’une irréalisation personnelle, une lacune. Pour ce qui est de moi, ils me plaignent, disent que j’ai perdu, orphelin ou même que c’est Dieu qui m’accable de tous mes maux, – Quel fanfaron je fais si j’y croyais !

*

frileux matin

pieuses pensées du matin

les recueillir avec précaution

de celles ambrées

matin des concordances

aux chants premiers¹

*

j’ai envie de jeter du sel dans l’évier

pas vous ?

: Sarcasme.

*

celui que j’étais 

l’un de ces étés hasardeux

sur le même banc

seul encore une fois de trop

je me demande depuis combien d’années

cette horloge allumée

affiche 02h04 !

*

premier visage de femme

que j’entrevois

& aujourd’hui, l’homme pêcheur de carnassiers

aux yeux injectés de sang

l’herbe reverdira à l’automne

les bouts de fils tomberont des branches

sous les intempéries

rats bruns des lacs

lacs repliés

*

Il n’y a plus de lâcher prise, il n’y a pas à laisser aller. Là où semble tout sous-contrôle, le désordre est en dessous. Il se demande certainement, le livreur, pourquoi mes yeux sont en feux et ma façon farouche. Ce qui est de leur équipe, au téléphone, je les suspecte de ne plus vouloir de mes commandes. J’arrive au moelleux !*

*

merci de tolérer

de recevoir

son chemin de plume

qu’il arpente vaille

que vaille

où la vie

qu’il exprime

file devant ses yeux

*

Juste avant un chien a failli m’arroser de sa pisse… , sur une pelouse pour qui rien ne scintillait. Je ne respire plus. Je m’y fais à ma pomme, son jus dégouline entre mes doigts, me cercle la pense

*

je me réveille de l’un de mes rêves érotiques

pour le finir à la main

de travers

et puis je parle

tout le long de la journée

très mal

*

La cendre, l’effritement, dont j’ai horreur, outre que je m’abîme, par le flux des événements, sans me casser. Pourtant à quoi bon, l’ossature d’un homme est souple ! Et je me sens fatigué. Les idées vont vites, les intrusives et les autres, déjantées, sans la volonté de les retenir. Je me sens triste, complet. Je goûte au cervellé très peu, à moindre peu ! Il n’y a pas d’étoile au-dessus de mon lit, pas de nuit et d’heures ni d’éveil, et cela dure, sous les halogènes. Bien sûr, l’émiettement est là, comme l’horrible habitude

*

je crois percer le mystère des courriers indésirables

ils te bombardent de congratulations

& de félicitations

avant de te lancer un s’il te plaît clic

un s’il te plaît aide-moi !

ils pensent ainsi comprendre quelque chose

à mon ego

cette missive ne comporte aucun message

📩

crève

vient d’el berd ?

le rang

tout un emmaillotage

*

non et non je n’ai pu

rejoindre à pied 

le pont Simone Veil 

hier au soir

la veille

même avec une application

maps !

oui et oui je sais bien

que je l’ai franchi

qu’avec mes pieds sur

la ligne blanche… ,

*

J’ai de la difficulté à situer Louis A. Et René C. de réaliser qu’ils appartiennent aux groupes des surréalistes, un peu moins pour René C. Je me dis pourquoi aucun d’entre eux n’a obtenu le Nobel ? Ce que je prends pour un paroxysme

*

il faudrait

que j’apprenne

de toi

à esquisser des brouillons

de mes ratures

*

j’aime l’idée que ce poème

soit

sauvage

*

Il y a un an, je reviens de Tizi-ouzou, qui m’a cuit, lessivé. Je sens les jours qui passe comme d’un Momento

*

Tout est devenu Van Gogh. La lumière des choses a changé. Enfin, on m’a donné des lunettes. Mais avec les lunettes, je ne pouvais que voir les gens de l’intérieur.*

*

dès mon arrivée

à Bordeaux

dans un train

je voyais par-delà ma myopie

ma Constantine, sa lumière

quelque chose que l’on appelait un ailleurs

il y avait d’ailleurs une rue tout près

pas loin de là où nous logions

baptisée de ce nom

ton chez toi était où mes émois

trouvaient refuge

je m’y sentais accueilli

aux deux cents quatre-vingt-seizième

fil des jours 

*

J’allais chez le boulanger pour une baguette de pain, éventuellement pour une galette des Rois, comme à chaque éternité ! C’est-à-dire le temps qu’à durer notre histoire. J’étais sûr au moins de recevoir la fève. Un gourdin cette fois-ci ! C’est vrai, cela m’assomme. Hier, tu recevais la tienne

*

est-ce qu’il s’est fait à l’idée

de ne maîtriser sa langue d’expression

même autant qu’assigné

qu’il y songe

comme d’un reposé

alors que c’est là

bizarrement

qu’il s’arrache à écrire

*

J’essaie de réaliser un Edwards H. Tout en pensant aux tentatives de Joël Z. Un peu plus loin mes pieds écrasent évidemment du vomis, de plein pieds ! Et à l’instant, je m’aperçois que j’ai oublié de lui trouver un refuge

*

y’en a marre des précipitations

& donc… ,

on feigne la tache ?

*

Il se réfugie derrière ses obligations, sa famille et ses mensonges, ses semblants… , ça ne fera pas de lui l’homme prieur, à la limite un plaisantin. Il se cache sous / dans ses forêts. Parmi son entourage, rare sont ceux qui sont à la hauteur d’une amitié. Il n’est pas le premier à passer. Moi, je n’accepterai jamais cet affront

*

tout chiffre

au-dessus de quarante

présage

l’âge

de sa mort

& il rêve

du chiffre Pi

*

Il donne à l’exil sa plénitude, sa pleine mesure. Il l’oubli parfois comme un habit souillé, une incarnation, sans creuser. Il n’en finit pas. Il relève une chose, faire bloc devant la médiocrité. C’est en écoutant Gustav M. Qu’il comprend sa contemporanéité

*

sur une page arrachée

une semaine qui peut-être n’existe nulle part

marcher sans perdre le pas

que l’on veille à me tenir hors circuit

où chacun métaphorise

selon son art 

sous l’ombre des arbres effleurés

ne tenant qu’aux quelques bouts de bois

*

instants surchargés

& le même foyer

démantibulé

les solitudes que je traîne

au-delà où qu’importe

de mes tristesses

le feu d’en griller qu’une

une double lunes ?

aux reflets de mes vies passées

quelle tristesse !

*

les remous de la Garonne

et ma vie dé – défaite

Pa – Pa – Pa !

mélodie

hélices

que ça soit du hareng

c’est vrai, je pense à cette journée de septembre

qui m’emboîte le pas

et me rend smart

que beaucoup de têtes

me visitent

*

De moi, de mes dépressions et mon désarroi… , que reste t-il ? Vont-ils passer, tout court ? Ecrire sur un fond acide et noir, va t-il me passer ? Je ne cherche rien à atténuer, une horreur ! Je me demande comment est la vie parmi les anges, puisqu’elle recommence

*

de tes lectures au rêve

de tes rêves

à l’écriture

où les secrets

les voilent

& disent que la vie

est ailleurs !

voyez ce qu’est advenu

à ce monde nouveau

transposé

à droite de la rive orientale

& à gauche

surtout à gauche

sous un dimanche pluvieux

*

saluant l’image

d’un blanc miroir

une présence en hiver

m’effleure

début

*

J’ai commencé à fumer avant même d’apprendre à respirer, ce qui est aisé à maitriser. Je voyage, passe par différents souffles. Parfois, je syncope. Plusieurs rythmes, irréguliers. Je respire lorsque j’écris, ou pas du tout, haletant ! Je dis plutôt que je résonne, un caisson. Dès ma venu au monde, je cherche l’air, au-dessus des nuages

*

une étoile vrille dans le ciel

comme sous la loupe d’un opticien

je n’en sais rien de plus et 

marche dans la ville

& j’ai l’air réfractaire

une réalité qui engorge me serre les dents

qui excese

peut-être qu’un astronaute… ,

… , la voie

*

une étrange ² femme

prend du vinaigre de ménage

au plus bas prix

bien évidemment que je la suis

même hors liste

*

je suis bras

à moitié

pas du tout d’ici

je reviens main dans la main

à peu près

de biais

enfin, ne ne crois en rien

le clou n’est déjà pas

le cou

& la main sur ce cou ou presque

fatalement

*

Le temps des plantes est souterrain, comme les battements d’un cœur fleurit, mais que je crois plein d’inquiétudes, peut-être à l’approche des sèches saisons. Celui de l’écriture est semblable. J’ai déjà un rapport particulier avec les miennes, est-ce une aversion ? J’ai besoin de leurs présences, elles m’apaisent et me rassurent, vivifiantes

*     

si j’arrivais un beau matin

à réinventer

avec tes mots

une poignée de sable

j’aurais surmonté mes lectures

*

je me refuse certains mots

je me refuse… ,

devant un passage piéton

je ne sais ce qu’est le symbole

le geste, les signes

trop de signes

*

de choir

sur ses planches

insaisissables

au moins par ta présence

ton approche comme à l’image

révérée au carrefour

si elle n’est engloutie par la membrane

du temps

& que tout la rappelle

vous converseriez aisément

*

je bave sur mon café

je fume une cigarette

il fait jour clair

dans mon cœur

l’envie de finir, – mais quoi ?

finir

comme un moribond

*

Je dis d’une voix à peine voilée le mélange des esprits, sur mon rapport à mon enfance et les enfants, mais au juste, c’est un fléau. L’histoire les emplie et note. Je me tiens au bord, comme un roi sans de l’or, comme croire à la fusion. Un pas, une inclinaison. La mort me suit partout, en moi, de la terre au ciel, bien avant de rejoindre les statistiques, d’être fixer par le bout des doigts

*

je joue de la bandoulière de ma poche 

comme d’une mandoline

comme d’une corde de mandoline

*

est-ce que cela me rend

un partisan des flics

des patrouilleurs

d’aimer les beignets

de les déglutir sans compter ³

*

Il y avait quelque chose d’une postérité dans le fait de tenir un journal. Intemporalité

*

Je crois au poème, comme je crois qu’il faudrait pulser les poètes, les croire, surtout. Il n’y a pas meilleure forme d’expression pour se sentir entouré, pleinement, de presque tout, de la vie. Sinon que les personnes vraies ont déserté le réel. Ce matin, une rencontre inattendue, inespérée, un chardonneret sur un arbre. Je n’ai pas bougé pour savourer ce moment, même après son envol. Le jour suivant, l’arbre d’à peine trois mètres, a été arraché

*

trop de signes : stress stress stress

effrayant

un homme qui entre avec une baguette

bâclé le Barkley

c’est ah que j’aurais aimé le mordre

*

qu’est-ce que j’ai fait de ma boite

à mégots ?

*

je ne sais pas écrire une chanson

je ne m’y prendrais pas deux fois 

là je marche sur les quais 

je marche

*

il rentre d’un jogging

se lave

dîne

fait l’amour

peut-être qu’il va écrire

*

le linge de maison

révèle de nous

de notre histoire

quotidienne

& nos mémoires génétiques

la faille

*

Il se trouve des hommes et des femmes qui n’arrivent à rien en ce monde, qui ne gagnent rien à résister, derrière les verrières, seuls. Je chercherai par-dessus tout à soutenir la dignité d’être libre, ouvert aux vents qui fâchent et aimant

*

suis-je un criminel ?

ice cream ice cream… ,

ice cream – criminels !

n’y touche à cette goutte

qui glisse 

le long du corps caverneux

comme une aiguille douloureuse

*

le nombre d’infidélités

que j’ai lu

dans les romans

ne s’accommodent

aucunement

avec les miennes

& combien de mort faut-il au roman

pour qu’il meurt ?

*

Est-elle si perverse l’idée que l’on ne peut être pleinement satisfait par personne ?

*

reviendrai-je

sur mes pays

avec un recueil

comme le présent

d’un poète

vivant ou

défunt

ou m’est-il

à jamais interdit ?

*

L’homme au chien vieillissant aux longs poils noires ne répond jamais à mes salutations, déçu à chaque fois de la non-réaction. Par ailleurs, mes interlocuteurs ont des questions préfabriquées pour des variables. Je rentre rejoindre mon verger. On ne sort pas indemne de 19 ème siècles

*

le sable sous les pupilles… ,

et le lendemain, il y a du mauve

je m’entraîne à bien connaître mes poches

j’y ai perdu un valium

sans caillasse

et si ça ne va plus

et que d’un coup on m’évacue

*

avec ce poème en casse-croûte

&

sédaté

nous aurons bientôt neuf ans !

*

des garçons et des filles

qui sourient

à la nuit

en se tenant par la main

& moi, seul

me vois avec mon petit cadi

*

J’entends un bourdonnement constant, ma tête comme entre un étau, une tension, du bruit, exténué impossible de s’y retrouver. J’aurai senti les Sept-Vents m’encercler, vu parfois des oasis, reconnu quelques fois des vérités. Malgré le sentiment de la perte, revoir, seul n’est pas ma réalité. Les mots comme reclus qu’à celui d’isolé, haï qu’à celui d’abandonné, sans y réfléchir

*

un petit poisson mange un gros poisson

un gros poisson ingurgite le petit poisson

ça ne dit pas grand-chose sinon

rester prudent

*

sa chambre au pays

& sa chambre là

celle d’ici est celle du pays

celle du pays est noyée

de pénombre

*

l’instant avant un instant T

c’est l’éternité qui jeûne

*

Je sais de quoi est fait ton regard : Marche ou crève… , – Je meurs debout. Sans complaisance et tes yeux de froid et de glace, l’effet qu’ils produisent chez moi est inhumain. Je te complimente par là même. Et à présent rien ne sera pareil, comme l’abstraction de l’extérieur habite l’intime intérieurement

*

Timoaile

Philomatique

penses avec ta main, travail avec tes mains, écris avec

*

il me suffit de lire une Poétesse

pour me sentir comme dans une relation avec une femme

*

iel approche

avec ses bras archès

vertige au bord  

comme toucher au mythe

*

Installés en terrasses, un bar rien que pour les hommes, l’autre à côté pour les femmes, qu’importe. Je pense à ses femmes en marchant, qui attendent peut-être une main tendue, un cœur qui bat, un verre offert en partage. L’une d’entre elle humecte ses lèvres. Une insulte fuse

*

les ombres

torves en leur khayel

j’y passe avec

& l’impression d’approcher

d’un ogre

jusqu’à dans les eaux du rêve

comme un peu une nuit de sabbat

les contes exorcisent

tout ça ! tout ça !

*

j’y à côté !

*

Je me promets de ne plus revenir deux fois sur le même chemin, lorsqu’un évènement est sans enseignements ou douloureux. Je rends grâce à Dieu de m’éclairer sur mes incompréhensions et d’octroyer à toute chose un espace

*

Très dur, dur d’entendre que tu ne passeras jamais le seuil de paradis… ,

*

il sort prendre du pain

dans son pantalon qui pend

ses jours à venir seront sombres, limites

sauf qu’avec sa main heureuse

pour une tasse de café

& qui semble servir

son imagination

*

Silène est-il impuissant

souvent, ils le prétendent

à tort ou à raison ?

*

Batterie Paras

*

je ne vois plus

de la vie

en chaque chose

c’est à dire Dieu

mais la mort

étalée

& c’est encore, à Dieu

*

Lorsque je n’ai plus d’histoire à mes raconter, me voyant déposséder de tout, pétrifier. J’accumule des choses sur toi, qui miroitent comme les montagnes alentours. L’érosion peut commencer

*

Au marché, le samedi, A’zanaib* n’échange pas entre eux, sauf pour ceux qui se connaissent. On parle tellement de langues… , et en ce jour, les chrétiens font compagne. Ils éduquent même leurs enfants en ce sens, ont un comportement en bloc, un rapport avec les étrangers différent. Si ce n’est un soutien aux prêtres

*

iel s’entrevoit

comme par son cœur

où y exulte le souvenir

sous la pénombre d’une maison

*

pluie de lèvres

& langues mouillées

les illusions du vasque se perdent

à la fin de l’été

*

Il lui arrive de déchoir, irrécupérable, à jamais sans foyer, avec ce qui lui tombe dessus de malheurs. Derrière cet aspect, il se sent sentinelle de ses veillées. Les nuits et les jours hypnotiques et de somnolences, qu’il trouve à son bourdonnement une compagnie

*

je me retourne vers les personnes qui se sont allées 

lorsque que tu veux rencontrer une personne

tu ne rencontres personne

est-elle faite pour moi… ,

qu’est-ce que j’attends ?

*

pendant l’aide al-kebir

les filles courent dans leurs robes d’été

les garçons espiègles jouent

tout me réapparait filandreux

comme éclore

d’un éclat au cœur

un second éclat ! un second éclat !

en ce jour, viens à moi

m’embrasser

toi

pour la première fois

*

ménage

vient d’el meng ?

plus personne n’était fiable

on mourait

*

Je vais acquérir un meuble spécialement pour mes crottes de nez, puisque leur prix est le même qu’une voiture. Je m’essuierai les doigts dessus avec une drôle de satisfaction

*

tantôt

quelque chose

a

perlé

ou a voilé

rien relevé

sinon la brûlure

*

au clair matin

le soleil se lève la bouche ouverte

*

je sors du bus

un pigeon ramier roucoule

longtemps que j’allais seul

selon mes oublis

& erreurs

avec une bouteille d’eau

dans ma poche

qui gloute

: Tu es tellement con

dans la vie

où deux hommes parlent de neuf oeufs

*

Le Fourre-tout, qu’est-ce à dire, sinon que ce tout est un effondrement, rien ne me prédisposer à l’écrire. Je me questionne, toujours, cela frôle la paralysie. Je ne parlerai un jour que de Dieu, comme font les personnes âgées dans les quartiers, surtout parler des fesses et les femmes. Là est peut-être une fin, si je ne finis pas vaincu ! Vous êtes les premiers à quitter, j’ai raté. Comme un bourricot à qui on aurait enseigné un tas d’éléments, sauf ce qui lui pend au nez

*

regardes… ,

le ciel est bleu et ces brèves sentent les appâts de poissons

dis, tu regardes bien ?

*

combien risible les préoccupations de ma vie, infime

la pile des ans… ,

oui, je surélève !

peur de mon ombre

& si anxieux

je vais m’excuser de respirer si bruyamment

un encens par ci peut-être

ou en lieu

*

Je m’assois sur un sofa au milieu d’une fête, un pot de départ paraît-il ! M’assoir, je ne sais faire que ça. Il fait jour sur les rideaux bleus, ma tête lourde de vapeurs et mes mains enflées trembles

*

De nombreuses femmes portent le même parfum. Et cette impression que depuis quelques jours là où je vais, je ruine la réputation des lieux. Je m’en veux tellement d’avoir raté la marche blanche d’hier. Je consulte un infirmier, il dit si je suis prêt pour une transformation. J’ai directement pensé à une multitude d’humanités, ou la part féminine qui me pollinise. Aussi, je pense à Yacine K. Son théâtre de la maison vendue sauf le clou !

*

j’écris cette histoire

au même temps qu’elle se déroule

déploie ses charmes

*

lorsqu’ils surviennent à ma conscience

qu’ils me visitent

comme un jour de fête

j’espère que mes prières

leurs parviennent

j’espère que mes prières dissipent

les brumes de leurs tombes

oui, je les surélève

*

C’est l’ombre qui donne à un escalier une teneur monumentale, toutes les ombres ne sont pas à craindre. Je relis tous les plis

*

En fait les toilettes du jardin public sont malheureusement mal fichu ! En cas où tu veux pisser, c’est au visage de l’un des poètes. Dans l’autre bâtiment, c’est au visage de François M. Ou lâcher un pet, alors c’est en direction de leur panorama : Statue / Statuaire / Station. Les mains couvertes de myrtilles sont les miennes : Blouson noir, nom de code, qui m’a alerté 

*

tu frappes à une porte

pour de l’aide

tu en oublies le filet

jusqu’à l’asphyxie

à rebrousse-poil

te voilà sali

que tu fuis

au plus loin de ses harnais

en espérant une coiffe

nouvelle

*

J’ai un document et un changaï à remettre en urgence, pour l’Algérie. Je me rends à l’aéroport de Bordeaux, y a un vol cet après midi. Aucun des passagers < ressortissants > ne les acceptent pour causes divers, aussi absurdes les unes que les autres, … sans coordonnées ou de numéros, ni de connexion .. , à me communiquer, au sus et au vu de tous. L’envoie expresse par courriel ou colis est au-dessus de mes moyens… , Hey, bon vol bande de moutons !

*

iel atteint

l’intensité de son origine

comme un poisson dans l’eau

& sa trappe à bulles

*

tous les hommes coursent

sauf les jaugeurs

je passe parfois sous un arbre

avec une belle mine

& l’enfer recommence

se poursuis depuis 4 années

*

Tu vois comment il finit sous mes pattes. Dit- il à un enfant. Le Mr tape du pied ! Une plaisanterie ? Pourquoi faut-il de la domination et de la soumission ? Pour rien en fait, si parce qu’une lingette est tombée devant ses pieds. Puisque l’on m’archive, en partant et en précisant de bien me capturer, à l’heure et en date

*

Kleptocratie

*

il me faudrait de la gaieté 

mais à part les jours

c’est pas marrant 

marrant 

tous les jours 

comme

les moments de sainteté

que chacun vit

*

j’archive

dans les casiers

de mon cerveau

de la taille de l’écran

de mon ordinateur

les profils de personnes

& les poètes

qui me transfigurent

qu’à moitié

& j’en témoigne

*

Ne considère pas ma vie, lis ma vie, sur mon cœur, devant mes écrits. Tu me crois une géante des mers, une raie manta ou un poisson-clown, mais ne suis qu’une coquille, pas même celle d’un bernard l’hermite. Il te faut apprendre, comprendre le pays dans lequel tu vis, bien entendre. Ton fort désir de vivre devient douloureux. Les gens, à l’extérieur, t’ont enfumé et pendu. Tu t’es vu pendu, que tu as mal au cou, partout. Les pendus urinent en expirant, parfois nus et souvent avec une dernière pensée

*

passionnément, je t’aime

on se parle en italique

*

C’est à peine si tu me vois qu’est-ce que je dis à présent : Belle est la misère que je vous culbute !

*

jusqu’à quel point

peut-on avancer

qu’un poète

a la main mise

sur un mot

peut-être aussi le titre

d’un livre

: Trahison !

*

entérinée

l’amitié n’est plus

personne ne le déplore

rien que toi à qui la faute

incombe

comme aux dieux

entre autres

*

Je compte sur mes doigts, comme je comptais les étoiles à mon oncle ! Et lui, je crois qu’il sondait les jours à venir, peut-être à passer ensemble

*

C’est ce que j’aime lorsque je m’amoure, comme il y a l’amitié et les oiseaux qui se fondent dans l’un : Horia

*

iel salue

plusieurs fois pendant l’entrevue

espiègle

& la langue fourchue 

*

je réfléchis dans l’état actuel

comment se perdre à dormir, manger et péter 

c’est-à-dire sans trop questionner 

sans trop ( me ) penser  

seulement m’engager à mourir

sur une pente douce

où l’eau ruisselle si douce  

*

Je me sens d’humeur joviale de voir les étalages, qu’elle produit et lequel est pour une telle personne. L’abondance, au singulier

*

à toi la vie

à moi le Styx parfait

la bouille est remplie de poison

je rends ma part du ciel

entre toi

& moi l’éperdu

est comme un rêve qui s’est achevé

mon temps aura été Français

*

je fais mes prières pendant mon sommeil ou simplement j’acquiesce

comme je plombe ou salue les étoiles combien même les choses se déroulent ailleurs

des rêves sans reliefs et des prémonitions à lesquels je dois toute foi

si c’est seulement dans la tête cette vie là

par où affluent comme les eaux comme les ombres

une fissure se béante toujours à plusieurs reprises et niveaux

dans la continuité ce qui soulève quelques bizarreries

c’est vrai que j’ai oublié d’ingurgiter les médocs qui m’assomment léthargique

fichu mal de dos

j’ai oublié d’éteindre

*

le poète enfante

& dans

la douleur

*

Notre héro développe une faculté, une mémoire des crasses qu’on lui fait. Il crache son venin à une personne par jour, parfois plusieurs sans qu’ils n’en sachent rien. Il développera aussi un jour le goût de raconter

*

– Tu m’as moi !

– Tu es sans forme.

– Tu m’as moi !

*

Je me retrouve au même endroit qu’au paravent, où Béatrice comme ce soir me prend la main, m’arrache presque le bras et m’installe sur son lit. Elle aussi annonçait son départ. Je ne vois pas François, apparemment sorti des radars, tellement loufoque. Je prends parfois plaisir à échanger avec lui sur les nuits bordelaises

*

ne rien arrêter

de cette chose

de notes

ici-bas

comme ailleurs

qui glissent

à l’escampette

où ne se retrouve

qu’intériorité

ardente

*

Si cela est possible, je me vois dans un bloc opératoire, comme tel !

*

je t’aime d’un amour qui permet tout

comme l’oiseau de marbre

mystique

*

Il a des doutes. Pour lui, chaque artiste espère une postérité. Il survivent comme des filous, pour la plus part. Dès que le vent tourne, ils sont saisis. Il le dit en pensant aux interprètes et compositeurs, très rares

*

de tes lectures

ne cherches dans l’absolu

aucune justification

par un poème

qui serait au mieux fractale

& pour presque rien

picore !

*

une cigogne sur les toits

déménagement

est-ce que c’était un départ ou une arrivée ?

*

Les souvenirs qui remontent de très loin, je ne vois que ma solitude. Seul, mon cœur bat, irritations de ses niveaux. Je reviens amoureux de ses désirs. J’apprends son alchimie, une somme répétitive, peur native ! Cette femme est comme une arantèle. J’erre crépusculaire. Je reprends le poil de la bête, charognard. L’écriture vient en écrivant

*

un rot

est de trop

lorsqu’on s’excuse pas

même pour un magrébin

je rote comme si on déplaçait

un meuble

je rut

& me vomis

*

une trajectoire opposée

vie parallèle

rescapé

comme une eau jaune dans ce broc

*

J’aime l’architecture de l’Europe, son histoire et ses innovations, comme ce qui semble rien avoir, ta Citroën, une rouge ! Je m’assois à côté de toi, confortablement sur le siège et en sécurité. Je découvre la vieille ville. C’est les reflets de ton reflet, anatole parmi les îles… , que tu t’apprêtes à déserter ! Un paysage doré qui ondoie comme ta peau ou les épis de blé

*

si tu es avec moi, je vais avec toi

je devine ton ombre

derrière le verre d’une aube rouge

friande de jaune, si rare

j’y reviens

& m’y cogne la tête

tu es à quelques pas, une lieue

peut-être moins

*

iel se lave et crache

dans l’évier

après les repas de famille

qu’est-ce que cela veut dire ?

*

tu tiltes

& puis tu entres

selon ton état

tu plonges

point de rencontre

tu reviens

à l’infini

*

essor

vient d’el iksir ?

connecté

en étant d’où ?

*

Un jour, comme ce beau matin, je reviendrai dans le jardin. Durant un jour, comme ce beau matin, j’écouterai les feuilles aux arbres et entre les branches le soleil. Et je parlerai aux oiseaux des éléments. Est-ce que tu y seras encore ?

*

enfant de l’hiver

ô les voix d’enfants qui me parviennent par la fenêtre !

ils éclaboussent… ,

& je flotte

parmi quelques rêves enfantins

*

tu me disais l’autrefois

des mots qui ne me ressemblaient pas

à d’autres moments, peut-être !

mais là, non, ça ne m’intéressait en rien

tu me sembles un enfant qui ment

le ventre plein

*

l’hiver de partout est entré, dans ma maison ronde, avec ses fenêtres grandes ouvertes aux courants d’air… ,

quelques-uns m’ont donné des années à vivre

les autres m’ont précipité

dans un gouffre

& rejeté de la table

où il n’est

de mes vers les – miens

qu’ai-je à endurer, Seigneur ?

*

L’art de vivre des petites gens est dans le sauvetage des apparences. Et même avec ces tares, cette hygiène, ils ont peur d’échouer

*

tu es chez toi

lasse… ,

tu ne trouves rien à mettre

sous tes dents

si tu es poète

cela apporte à ton écriture

de relire

& tu écris

: De qui parle à depuis qu’elle latitude

tu parles ?

*

novice d’une nourrice

une part de moi-même est occultée

*

J’ai visionné, hier, un film restauré de Buster Keaton, Les financés de la folie. Il m’a laissé une forte impression ! Un film muet qui se raconte, très drôle, ça va dans tous les sens, tout y bouge. L’Amérique de cet époque y est. La foi donne le ton, sonne le là

*

ce n’est pas tant au prince

que s’intéresse

Rose,

mais au cheval

j’étais un cheval autrefois

je battais le pavé des villes

& les reins des filles

me remerciaient

*

vivre sans toi

& loin de chez nous

c’est comme si je me déversais dans La Loire

*

appareilles

que l’on te voit

entre le ciel

& son horizon

comme de la température

après qui peut savoir

ces choses là

*

Je ne vais pas le dire à toutes les personnes

*

et de la roche parmi les œuvres des mains des hommes remonte

comme des retombées de grêle

de ruelles en ruelles des excréments dessous mon pantalon

d’ailleurs je vais où je veux

d’ailleurs je repose où que j’aime mes yeux

le ciel est gris comme un miroir banal

un café crème comme un chien renifleur

j’apprends à ne plus sentir mon odeur

à vivre différemment mes délires

je sues aussi comme une feuille d’érable à l’air humide

enfin l’après midi et le soleil est doux

et je trafique les mots je tricote

*

je m’endors poète ou en dessous

de ces bagatelles

en fêtant mes victoires avec

un sourire

les revers aussi

comme ni plus ! comme presque rien !

j’espère me relever, – à jamais

dans plein de rêves

*

La naïveté d’un croyant et de prendre incha’allah pour un deal, lorsqu’ils veulent prendre, cela doit être immédiat. Lorsqu’il est question de rendre, ils répondent : Demain, demain, etc. Ils misent sur le temps, l’abrogation, la défaillance. Le temps est trop long, personne n’oublie rien avec si peu de sous. Ils écourtent, tiennent un calendrier de leurs humeurs, sans aucune circulation. Il ne te restera plus qu’à emprunter à ton tour, pour faire face aux coups durs. Toi qui compte les heures rien qu’avec tes doigts

*

iel se reflète

depuis l’autobus dans un lac

comme derrière la chose

comme derrière cette fenêtre

*

l’odeur du bois se diffuse si bien

avec l’odeur des caves humides

de la rouille aussi

au loin je viens de retourner une Dame Rouge

ainsi sans montrer son jeu

moi qui vais en déraison

croyant que tout est fini

j’appelle encore le désert je le souhaite

j’appelle le grand Sud le Sahara le sable

en marchant mes pieds nus

au versant des dunes

*

t’es là

plein en ta présence

& ton irréalité

violente

comme d’un éploré

un cri étouffé

écrits dans la marge

*

J’ai un rendez-vous avec une lune, dilatée ! Ses formes sont tellement dilatées qu’elle atteint presque Vénus. Je m’allonge le cou pendu, bercé par les griots. Je n’ai pas de quoi m’offrir un livre, même une bonne occasion, et quel livre ! Je fraude alors dans des trains qui me portent pour la rejoindre, comme des milliers avant moi, des milliers ! Il me revient en tête ses incompréhensions, comme des piques qui démangent. Sinon, une femme qui entend au moins ma langue

*

au réveil parfois

s’évanouit l’ivresse

comme la timide rosée

des clairs matins

le soir venu

nous y sommes

rappelés

quoique l’alcool

ne tombe

aucunement sous le sens

& la logique

*

le

fini

ce

n’

est

jamais

tout

à

fait

finir

à

l’

image

de

ces

mots

parsemés

*

je me sens impuissant sinon impressionné 

par la ville qui change à une vitesse incroyable

cela va si vite

les plantes de mes pieds

plantes des pieds du facteur d’à côté

pour la première fois je sens sous mes assises

quelque chose

des petits détails dont je me souviens

perdus peut-être

comme son tout qui se métamorphose 

cela va anormalement vite… ,

*


Qu’est-ce que cela veut dire sur le net les jeunes gens qui font des reconstitutions, dans des courtes vidéos, genre des comédiens, où tout fait allusion au sexe, même pas drôle en plus ?

*

j’aurais pu guérir de toi

qu’aurais-tu fait

à la place ?

après toi, – le train

l’horaire me questionne

en quoi les niveaux

rassurent

& moi, en mon âme

en souffrance

j’aurais pu guérir

*

Tu vois, tu continues, une discussion avec toi est parfois impossible. Désolé, désolé de remettre les choses au clair, je ne sais plus où j’en suis, ne m’en veux pas ! A la prochaine, peut-être vie ! Tu vois surtout, je mange, et j’ai froid. Deux grain de riz, dans un verre à moitié plein, qui se boit

*

hier au soir j’entends puisque mes oreilles sont pucées

tu tues tout le monde

je m’entends le répéter et métaphoriquement

et devant un club de fitness

faites attention un prédateur sexuelle passe

il y a sûrement une trame derrière

entre les annonces et les affiches

et avant hier de même celui que l’on prend

pour un schizo-meurtrier

c’est à dire que j’ai envie d’hurler

Madame excusez-moi c’est moi même si cela ne me regarde en rien

ou tu te vois comme hier quoique un noir

des quelqu’uns quoi

*

tu vois ce qui est

de tes représentations

& autres

comme ce qui fut

*

il y a du repos chez soi

& du moins… ,

la promesse d’un corps flasque

*

Aux Amériques, chacun a son propre rap, composé aux petits soins par soi, un peu moins en Europe, enfin du peu que j’en sais ! Comme tout découle de la vie des prophètes, je me demande lequel des 313 avait le sien ? Plus jeune, pour ressembler aux rappeurs américains et autres, je me baladais avec un cure dent, dès 10h du matin. Un jour, en ouvrant la porte de la maison, on m’avait demandé ce que cela signifie. Je rétorquais que je n’avais aucune idée. Je tiens à préciser le genre i am ou dr dre en fin de croisière

*

quelque chose

s’est cassée

à l’usure

rien que là

autant qu’elle soit préférable

à l’ennui du vendredi

*

les bruits coulissant d’un motocyclope

j’imagine des vagues de vers haut et bas

moteur de voiture qui me raidit

les oreilles et la colonne

et les miens de pas cadence chaloupée et une respiration

comme sur des nénuphars

ou comme le bruit des coups de pelles

là-bas je me crois le prince du mal

alors que je vis comme Diogène de S.

mort par la morsure des chiens

des baisers in my

une cible qui a détruit sa vie

sans amasser

un martèlement depuis une fenêtre d’un poisson qui sûrement se fait battre

et puis des bouteilles qui se cognent dans un sac

*

Dans mon imaginaire, les personnes âgées, comme mes grands-parents, ne font jamais la vaisselle. Les petits-enfants prennent des tabourets

*

sur mon super vélo

& me promener

les week-ends avec toi

c’est un super vélo, avec sa couleur verte

je me vois parcourir des kilomètres

n’importe où et n’importe quand

ça me perturbe, mais je devrais

m’en séparer

il évoque, aussi

la mort d’un ami

ce qui sera plus jamais pareil

*

l’hiver vente

tout n’était que bain d’alors

long trouble 

& blanche colère

*

L’idée, c’est vrai, qui me vient ce matin en me réveillant est de perpétrer un meurtre, de soi à soi ! Et puis, j’écoute Sébastien T. Tout en pensant au poème de Victor H. Préféré d’un ami ! J’irai par les chemins… , j’entends aussi le greffier dire : Tu vois comment on t’attrape dans nos filets… ,

*

non

ça ne pleura pas

comme si je pouvais l’éviter

ça ira peut-être

bien

( Recueillements ).

*

Lundi 16, éclipse lunaire : Le bar associatif que je fréquente me refuse, ce n’est plus un havre, mais comme une résonnance, déchu. Et si je n’éprouve qu’un sentiment de solitude, je me laisserai dépérir. Un homme ne peut vivre avec. Dépérir donc, effectivement, j’y vais par l’écriture

*

Ce qui me faisait du bien avant me rendait malade. Il devenait plus clair comme l’azur, lorsque je tiltais enfin que j‘envoyais foutre ce que j’aime, sans le faire exprès ! Mes gestes, mes mots me trahissent. Une fois je trouvais une seringue dans les toilettes publics, impossible pour moi de me retenir… , – Sacré nid que La Place Pey-Berlant !

*

revenir comme

d’un sommeil

& l’impression

étrange

de te retrouver

là où

manifestement

tu t’es arrêté

suspendu aux mêmes

questions sans fin

*

lorsque je parle

j’ai soif de peaux

& soif de toi

hier est un jour de fête

qu’elle sera le cours de la vie encore autre

*

vandale

vient d’el andalous ?

on ne quête plus

la course

*

L’ensemble est tressé et rien n’est à sa place : Ciel – Vent – Terre ! Je déroule des jours longs sans me décider à parler, avec la conscience d’un moi à la dérive. Hier, j’ai vu la pisseuse d’un mal logé, puisqu’il faut tout quantifier. Mon regard s’est figé sur l’asphalte mouillé, comme de l’encre. Oh, fuir ma langue, comme voler un recueil, nettement plus facile !

*

même lorsqu’un poète s’endors

il ne dort pas

sinon, d’un sommeil

d’outre coquillage

*

la médecine

de l’esprit

est le balaie

comme celle du cœur

en tout temps et en tout lieu

ils s’en sortent délivrés !

la fonction

*

Je suis choqué et blessé de l’apprendre, – Que tu meurs m’est indifférent, puisque pour toi rien n’a de sens, que la vie est estimable ! Mais ceci n’est pourtant rien, sans importance ! Ce n’est pas grave. À l’inverse, il y a des choses graves… ! Une soupape

*

on ne parle plus de noircir des pages

sinon produire des pixels

*

j’attends une réponse d’un ami

trop cher pour moi pour que je l’oublie

ou que lui même se présente devant la porte

dans ma tête, je parle de presque tout je porte un chèche blanc et un burnous, j’ai même

une écharpe et un gilet très spécial, d’une couleur verte, ô, chaussé toujours en sandales en cuir, même dans ma tête

l’ami qui m’intimide de l’attendre me fait peur

je le respecte lui qui pèse ses mots et ne parle que rarement

là je fonce vers la porte pour ouvrir pieds nus et rien qu’un caleçon

il n’y a bien évidement personne derrière

*

vous ne me verrez pas demain

ni le lendemain

mais demeure l’alerte

il adviendra un jour

où je frapperai à votre porte

*

en dessous de tout ce que j’ai pu espérer

de ce que j’ai pu abandonner

ce que j’étais… , si mince frontière

comme un soupir, comme une réalité

– Sauvé-trophée… , est-ce que je vis les mots dans ce mode ?

*

Avec certaines femmes dès qu’il s’agit de l’âme, elles fuient et choisissent ceux qui leurs content les bonnes fleurètes. Pour ma part, je les fais percevoir, rien qu’une perception. Et n’importe quelle Danaïde, d’un pays inconnu, au poignard volé, prend figure de Vénus, quelle tristesse ! Et pour aller à contre sens, je ne sais depuis combien de temps je n’ai pas mis les pieds dans une flaque d’eau !

*

l’encre atténue l’horizon

de mes vers

*

il n’y a que les enfants et le diable pour voir par le trou de la serrure

un homme contemple

la beauté nue et insensée

de la porte

debout

même entrebâillée

même dans la pénombre

même les pieds sur un escalier

*

L’abandon est le mot, l’essentiel, vouer ma vie à l’écriture. Je n’arrive pas à passer. Essayer défiler, tout accomplir, même avec mon implication actuelle. Le ciel est rouge de l’aube au soir, apocalyptique. C’est outrageux, drôle   

*

la poésie

sera un jour inaudible

un charabia, si on ne la s’applique pas

non vécue – non sentie – non reconnue

elle ne touchera plus personne

pour toujours ! pour toujours !

*

je parle à moi-même à un frère et la lune comme horizon l’échange qu’on a eu… , comme quoi demander aurait été mieux

*

tu t’appelles Pablo

ou Pacôme ?

comme un jour

parlé

tu serres depuis

le présentoir

ton livre

entre tes lourdes mains

& voici que remonte

la folle envie

d’élire

& la terre

à l’univers

le frais et le chaud

où s’y niche

la rive de son corps

*

Une femme est en train d’écrire un poème, peut-être ! Juste là, ses deux mains sur la table, avec un stylo et un carnet. La page de droite gravée à moitié, celle de gauche est vide. Pour l’avoir vécu deux fois… , après le temps qui ne s’est pas écoulé

*

La fille de ne pas revenir s’est volatilisée

*

Je suis enivré, réinventant quelques étincelles, qu’ensuite je mémorise. Je suis la première étoile, toujours pressé de notre rencontre, enthousiaste. Je sais le temps qui nous est imparti

*

ses échanges avec autrui

ses brèves relations

sont infernaux

ayez crainte de lui

& ne l’approchez plus

il mord

la mort aux dents

*

l’objet qui tombe sera à jamais enseveli, sur l’allée des peupliers l’odeur du poisson. L’hôpital n’est pas loin. Peut-être est-ce le jour du poisson

*

un enfant sur une photographie

pas toujours le même, aux yeux bleus

un trou dans un cahier

est un tourbillon pour l’enfant

il sourit

je sais dès lors qu’il est triste

*

comme avec ses rêves de la nuit, l’enfermement

& de sa rencontre agglutinée avec A. –

*

le monde ne tourne pas autour de toi

tu longes le contour de tes cotes

crois à ce que tu veux

sais ce que tu fais

comme une eau verte

dessous les eaux

*

quelque chose s’est tue

là, sans vitalité

*

que peut un homme

devant une pleine lune

comme de la béance

cet homme écrit

un homme qui s’enfer à sabler

*

j’ai pas mal clouté avec la règle T

& j’ai été clouté

j’ai pas mal clouté avec la règle T

& j’ai été cloué

*

au-delà de tes racines

ton chemin

en deçà du sens de ta vie

te raconter

*

je sens l’encre !

*

Je me méfie de l’enfant que j’étais, sinon moins des enfants d’aujourd’hui ! Combien est profonde la pensée de n’y pouvoir rien, quelque chose me fait pleurer là. J’échappe à moi-même, déjà différent. Le pardon entre nous n’est plus

*

Je marche aujourd’hui pieds nus en ville, j’imagine à me faire des chaussures avec les feuilles des quinconces. Je n’ai jamais remarqué qu’il y a autant de différence de sols et de matériaux. Pourquoi est-ce ainsi, une mésaventure

*

une nuit

où tout y invite le jour

je ne sais pourquoi la perspective d’un néant me glace

une contrée qui n’existe pas, – moi non plus !

on devrait chercher dans l’inutilité à se lire mutuellement

pour ce soir, puisqu’il pleut

*

plusieurs jours peuvent s’organiser sur une seule phrase

– Je ne dînerai pas.

& une autre phrase sur plusieurs mois

– Je n’y suis pour rien.

celle qui je pense est à perpétuité

– Un enfant, voilà tout !

*

Ce qui fait de ces moments magiques est que je venais de quitter un ami, une famille pour rejoindre la maison avec son atmosphère glauque, le mensonge aussi. A ce moment là, je grandissais sans que l’on me questionne, rarement en tout cas, ou pas sur ce qui m’interroge

*

Deux novas

*

Les poètes en recherche, qui témoignent, racontent que le poème coule de source. Écrire un poème, comme un enchantement, une voie. Un poème qui s’offre, fait corps qui s’écoute sans impatience, s’articule à l’instant d’une lecture, au plus près. C’est ce qui m’a toujours enthousiasmé. Parmi des trous n’importe où. Je délire, j’idéalise toujours, comme si je lutte contre l’endormissement. Relâche, parfois feignant. Écrire un poème, faire un poème. Pour l’avoir lu, entendu et rêver. Sinon ce n’est qu’une réflexion, une consolation

*

biffé, perclus

ailleurs… ,

on me raconte l’histoire d’un pays

dans cette marre !

de la nuit plus que les jours

comment cela se fait ?

arènes

*

Rares ceux qui sont du côté des morts qui tombent

*

Une tête de branque lorsque je me brosse les dents, une drôle de tête, vraiment. Et je me prends des coups de vieux quand je recrache le dentifrice. Je me brosse les dents comme pour les chevaux, aucune pourtant n’est arrachée. Je préfère les minutes paires, – Est-ce qu’un jour, je verrai une deuxième brosse à dents dans le verre sur le lavabo. Je n’ai jamais aimé finir un tube de dentifrice. Lorsqu’il s’agit de l’intérieur de ma bouche, remontent de folles envies d’inventions, des souvenirs, délicieux est le goût de celui des enfants. Alors que toute ma rage ressort pour celles de devant.
Je crois que n’importe qu’elle personne qui se brosse les dents se perd en ce regardant dans les yeux

*

par des senteurs de bois brûlés

et

au crépuscule qui vient sans s’annoncer

et

sous la pluie je me tais

et

des fleurs sont aux fenêtres si jolies

et

des enfants à la récréation se réécrient

et

des oiseaux déployés sur les branches

et

qui me semblent comme des grappes

et

la cendre, ô cendres !

et

qu’elles retombent toujours sur quelqu’un au Sud

et

c’est de moi que je meurs

et

c’est toi qui me réanime

*

J’imagine comment être un bon voisin, en harmonie aussi avec mes pensées et les objets qui m’entourent… , je réfléchis aussi à autre chose, comme à la poésie, précisément à la traduction de l’arabe et le français

*

Une métaphore plus ample que le flou soudain un socle du verre pilé Babel aura inspiré des boites à allumettes qui éclairent, servit à ce que des peuples se retrouvent… , vois un mot des signes indéchiffrables peut-être du sanscri pioché dans une autre vie mais oui : Des émetteurs !

*

weekend

00h34

une machine à laver tourne

un ventre gargouille

c’est l’automne

à moi d’imaginer la vie qui va dedans

comme un goût de lessive dans la bouche

la poussière a déjà crié victoire

*

Attiré par l’orient, particulièrement en ce moment, je ne sais d’où me vient cet attrait, peut-être le sable du désert qui est retombé ou remonte et pousse plus haut au nord, par les vents. Une drôle d’après-midi. Une photographie inexploitable

*

Dans l’immense ville y a un film, je me souviens qu’à la terrasse d’un bar… , une femme qui peut-être réapparaît. On prend un verre alors que j’ai froid, tranquillement si froid comme une feuille. Elle est tellement accueillante, avec son sourire et attentive ! L’un de mes camarades aussi seul que moi, aux yeux de cuivre, avait raison, sinon sur quoi ? Arrêter de vivre dans le passer – mais quel avenir… , je pense à un truc moche, vraiment dégueulasse. les lampadaires et les lumières éclairent les ruelles et les fados qui parlent anglais, accentué : Il faut que je bouge !

*

réveil matin

dix-huit heures, sous un dimanche pluvieux

plat et sombre

je me demande si

le poète n’en a pas fini avec la nuit

avec le jour

& ses reflets

où chaque entrée sublimée

jaillit d’elle la lumière

*

de nuit

dehors, je me sens seul

pas de poètes perdus

ni d’oiseaux !

haltant au gré du hasard

& de l’ennui

ouvert aux saisons

*

Dès que mes pieds et mes chaussures refroidissent, il m’est difficile de marcher, mes orteils sont plombés un truc incroyable. je me traîne ou comme un chariot. A petit pas, un escargot vide, j’expire et mes yeux brouillent du noir. le nom d’un recueil Nadja, que j’ai très peu fréquenté, impossible de m’y identifier

*

une fenêtre au deuxième

s’allume dans l’immeuble

s’allume dans le noir

illumine ma vision

pour s’éteindre

comme des gorgées d’instants

répétés répétés

*

iel visionne

des films de gangsters italiens

pour rire aux répliques de ses amis

& se donner un genre ?

*

J’ai fait pipi dans mon lit, pour des raisons que je préfère ne pas évoquer, alors que je garde le caleçon, le short et le marcel, le couvre lit et les draps comme tels, quoique honteusement un genre de souvenir, des reliques. Je lave cependant le pull-over que mon frère m’a offert, espérant le purifier, – Attendez-vous autant de votre machine à laver le linge ? Il est 04:04 du matin, j’espère en el fedjr

*

Je pense à Jaques P. devant les vitrines Parisiennes. Je pense à lui avec ses œufs brouillés son bacon et son pain. Je pense à Jacques P. comme un frottement dans ma tête et son petit Paris… , à une intersections, un petit bonhomme vert, un petit bonhomme rouge… , – Passes moi le briquet ?

*

le drame

de mon brin

de vie

& de mon train

de folie

est de

ne pouvoir aimer

& de n’être pas aimer

parce que j’aime en Dieu

*

ébauche : L’argent

: Acceptez-vous les chèques ?

: Oui

: Très bien, tenez

: Tu le veux collector ou l’encaisser

: On encaisse l’argent de cet enfoiré

*

Un collègue a essayé de m’ouvrir les yeux, je n’ai pas su entendre ! Je me suis fais prendre aujourd’hui, encore avec des mouchoirs, l’un blanc en sortant, bleu que j’ai pris dans les toilettes d’une association, un rouge très clair qui vire vers le rose… , je ne sais plus alors comment dire, souiller, salis de bave et de morve. Enfin, tellement mouillés qu’à la fin j’ai pris les trois. Ça l’a fout mal. Un sapin ! après que j’ai longuement pleuré… ,

*

je crois qu’bonjour

( Bonjour toi ! ) .

je crois qu’il pèse au ventre

& déroule le livre

des temps passés et à venir

comme le livre des pleurs

& des songes que l’on n’offre pas !

*

Ils exposent des sapins, je retiens leur senteur. Tu sais, furtive passante, une poêle peut m’arracher la peau des fesses, – quelqu’un précèdera, toujours, court. Neuf heures du matin, un hobo ? Dégoupille une bière à crédit, ne pas presser. Une réclame jaune dit que 10 % voudrait seulement pouvoir le faire, manger ! Sur les mêmes supports ciblés et fixes, – Une longue queue. Ils se vantent de l’appellation banque, – kilo ! Sauf en banlieue ? Comment finir ce poème, comme la fin de ce mois ? Le terminal infernal me demande d’arrondir, un rond ? Non, je remonte, du 16 décembre, à mes 12 ans, j’avais une tirelire, un nain aux joues rouges, céramique : Tin – Tin ! Pourquoi d’autres sinon pour une cassette de musique

*

iel se soucie peu de l’ici ou de là

tant que l’exil intime le manque

& peu lui importe les signes

tant qu’à la poésie

*

L’impression que je ne m’appartiens plus. Une part de moi, mon histoire, sont perdus. Je ne sais pas comment j’en suis arrivé à ce point. Je n’ose pas, je n’ose rien ! Pas grand chose m’est permis, j’ose à peine lever mes yeux plus de trois secondes sur une personne. Et pire encore lorsque l’on me répond pas. Je marche. Je régentantes presque le bruit d’une canne. Je ne sais pas reconnaître, je ne sais pas reconnaître ! Je sais où je vais, sinon camper. C’est à dire que je fatigue avec une légère érection

*

pour les culs-terreux tout semble notoire

je savoure mon dégout

seul à l’envie

*

La courbe que je dois inverser est, l’égal en charlatan en poésie, pour un rêve de brume

*

je reçois une notification de la banque

il est 11h31

on a beau dire

: L’argent nettoie un homme.

foireux ?

*

que ressent un homme qui cherche le pardon auprès de tous

par exemple rien qu’hier j’en ai croisé un 

qui ne veut pas se décaler du mur

il me rappelle à cet instant un vieillard de mon ancien quartier

mort depuis vingt années à cause d’une pierre tombée sur sa tête

la terre a tremblée et moi avec dès que j’ai entendu l’annonce de son trépas

*

terre à terre

lorsque je parle d’étoiles

& fou,

lorsque je parle de la Terre

& je tremble

comme un arbre arraché

par les intempéries

mes racines à l’air

ouiii !

& bien Majnûn,

& vous ne l’êtes pas ?

*

Lors de mes rares sorties, dans les rues, j’ai aperçu un couple âgé d’immigré sur un banc, silencieux, statuaires. Je crois même qu’ils se prenaient la main. Il m’est venue une vision éclaire, impudique, intercalée de mes parents en eux. Et près du conservatoire, des artistes sur fond de graffitis, des barreaux. Je m’engorge le maximum. J’engrange presque tout

*

tu roules comme un bolide

sans sucre

*

Je tombais de haut lorsqu’on m’a dit que j’ai grandi mal, que j’ai été durant ma vie une vache à lait. J’en ai jamais vue une traverser le pont de pierres ! Nomade, j’ai raté toutes les transhumances, sauf à mes heures perdues là devant le téléviseur

*

se battre

au sort contraire

chasser

ou être pourchassé

qui a tort

qui dit vrai

où on n’y rencontre avec des ressemblances

c’est un idiot qui conte !

*

iel conjugue

Van Gogh Matisse Picabia Chagall Modigliani Bacon Cézanne Renoir Rembrandt Vélasquez Goya

sur tous les tons

la palette de couleurs

comme le Je occulté de l’élève

*

De la jetée, ah ! Morbihan, lieu de convergence. Il, foudroyé… , – Tu as eu le pouvoir critique sur toute la ligne. Voix. Voix sans parti pris, si tu me connais si bien pourquoi ne me seras tu pas un phare ? Je m’incline

*

Je ne sais pas ce qui vient de m’arriver, à part que j’ai reçu un choc émotionnel. Je viens d’avoir chaud. C’est très beau, avec du bruit ! Il y a quelque chose, sympathique. Merci à toi Jérémy vers qui je pense… ,

*

je vois des poèmes dans mes rêves sur des feuilles grisâtres

& des vers popcorns qui remontent des profondeurs

comme les eaux empêchées

peut-être ceux même que j’ai lu cet après-midi

des habits d’une ville

*

Bashô,

pour sentir

son univers

te tomber dessus

attends le lendemain

le reflux du cri

d’un coucou

*

Lorsqu’on se serre la main, que l’on reçoit avec bienséance, rien ne doit entraver ce lien de quelque nature qu’il soit. De là où je viens, la parole est un principe d’honneur, une valeur d’homme, plus qu’une signature, numérique ou sur un papier !

*

Je viens de donner mon consentement, pourquoi et pour qui, je n’en sais rien ! Au lieu de dire Soliguide, je demande à des inconnus SOS – Liquide : N’importe quoi, cela fait la deuxième fois que ça m’arrive, mon cas devient inquiétant

*

bonbons – bisou bisou – bonbons

il est où le ratio il est où le ratio

tu seras obligé de ramasser par terre

ou peut-être pas

*

Une femme du hasard a perdue ses clés dans la rue Saincric, nous les avons cherché ensemble sans succès. Aujourd’hui les enfants jouent et chantent appellent à tout va à la chamaillerie. Elle a des hanches larges comme les peuples mongoles que j’avais honte de me promener en y pensant. Le nom de cette rue n’aidant pas puisqu’elle provoque chez moi une gaule

*

une faïence ? … , marche à se sauver

& parle et lui dis 

: Crépuscule : Aube

parmi l’ombre de moi-même, une fée de l’aube qui avance, de noir vêtue, au visage clair, lunaire

je ne veux pas comprendre sa langue

& me lave à l’eau

qui ruisselle

je ne veux pas voir les oreillers

ni la lourde maison

qui les abrite

& me contente de la voir passer, depuis le passage

*

aucunement

trottoir

l’œil en équinoxe

flou

de l’observé

observateur

une trotteuse à l’endroit

*

les boyaux en feu d’un dragon s’en retournent

&, elle

*

Je mets une corde autour de ta taille en cas où tu serais emportée par la crue et les mauvais courants, ne t’inquiète pas l’arbre t’empêcherait de couler. et tu pourras, ainsi, t’asseoir au bord du fleuve tout le long de ta vie

*

L’eau qui marre dans ma bouche donne envie d’embrasser tes lèvres, ta tendre main o plongeuse j’ai besoin de ta joie, regarde de ma tête à mes pieds blessés. Tu me renvois aux style psychédélique, aux couleurs indéfinies, des bohèmes, deux femmes et des bambins, jackets marrons et poussettes et l’autour muet. Ce que je ne possèderais jamais et où je ne me retrouverais peut-être pas

*

j’ai rencontré la poésie

& je peux… ,

retrouver le calme

*

qu’est-ce l’univers sinon une pastèque

renversé, qu’est-ce son goût

avec un vert fort

& le jus ?

*

33 camarades et amis ça m’allait. Et j’en perds en route ! Garonne doit forcément tenir un décompte. Ou plusieurs… , – Est-ce que j’irai m’y baigner pour autant ?

*

MATIN, AU PETIT MATIN, MATIN – MARTIN OU MARIN ! le cimetière ? en tout cas, Jacko me trouve sinistrement scénique

*

& si en lisant

ou en écoutant

un obscur message

qui contient des éléments secrets

d’une durée de 18 secondes

cela scelle quelque chose

& qu’à chaque fois qu’on l’écoute

qu’on le lit indéfiniment

nous sommes précipités dans la mort

dans les dix-huit minutes, dans les dix-huit heures, dans les dix-huit jours, dans les dix-huit semaines, dans les dix-huit saisons, dans les dix-huit années

jusqu’à ce qu’elle survient

à l’ultime fin

de l’édit message

*

Un homme avec un aspirateur, qui aspire un nuage, depuis sa pelouse, avec un ciel bleu en arrière fond ! Alors… , il ne pleuvra plus ?

*

une aube

un lac

entre nous deux

toi

*

Drôlement étrange cet endroit comme souvent les espaces surréaliste qui ont l’air vide et abandonné où j’ai l’impression d’être hanté avec les poils hérissés

*

nous étions amis autrefois

je crois que j’apprends

encore à t’aimer

d’Amour ainsi

& loin de toi… , si tu veux bien !

*

le voilier qui vogue derrière la fenêtre

il n’a pas de forme

ni de port

– Il n’y a de terre qui n’est gorgée de sang.

*

Debout ou en partance la nuit n’a pas d’ombre l’aube avec son cortége de présents patauge dans le doute une question par-ci comme une capuche je m’y vois y habiter dans mon vanne en or de sorcier jusqu’à oxydation

*

Je retrouve le nom de mes camarades et connaissances, comme dans le Coran. Ils s’annulent, côté de mon dos, le vent en poupe, qui me réjouit

*

je pense

: L’homme invisible.

j’annonce

: Vœux de silence.

quand est-ce est la sortie ?

*

je – adhéré – imparfaitement

comme de la vieille veine

une franche !

*

On m’a prévenu que même les enfants se foutent bien de ma gueule et moi je me marre mais je me tape des barres

*

pour Sara.

ce n’est ni un rêve, moins encore un cauchemar

qui me poursuit

où que je course

& joue

dans ma sombre tête

cette fois-ci

j’aurai… ,

un bonnet du grand bain

dans ma main droite

la plage

*

J’ai longuement observé une pomme sur ma table de chevet ! Et puis, j’ai mangé la pomme, ce qu’il lui donne une raison d’exister

*

iel fréquente

les étrangers en situation irrégulière

& aspire à élargir son horizon

un secret à peine voilé

*

Il m’arrive comme intervient l’inattendu de recroiser ce graffiti à travers la ville de différentes espèces et de couleurs un double mouvement se fait en moi dans l’espace et le temps ainsi qu’un reflet sur un miroir entre autres graffeurs illisibles et sont sophistiqués qu’ils approchent des hiéroglyphes

*

lorsque l’on survole

à tous les coups

on retombe

comme souffler

avant le lancer de dés

*

Cette voix, ces paroles, de Reinette l’Oranaise, l’atmosphère de ce titre, Kif Amali Ou Halti, me renvoient à 13 année en arrière … , lorsque je rentrais au pays, après une longue absence. Si les évènements et les choses se vivent toujours plus d’une fois. Je ne peux qu’espérer. Cette chanson parle, je crois, de séparation et d’exil, de retrouvailles

*

que disaient ils de moi déjà

un bobo : Un personnage.

un fou : Un étalon.

un musulman : Comme un frère.

un normopathe : Une patate.

qu’enfin mes poésies font purger le corps et l’esprit

et tous me souhaitent de continuer mon rêve

*

Cela veut dire quoi qu’une assistante me fait assoir sur une chaise et elle sur la poubelle de son bureau ? Quelle symbole fort ! Alors que le temps nous est compté

*

le verbe

dès l’éveil

est-il raisonnable ?

le souffle précédé

de la coupure

& du poète

qui aime

*

J’attends les mots, après la musique, des chimères, des mini fictions, comme des bouts de ficelles. J’attends les mots où il n’y a plus d’endroit pour poser sa tête. L’impossible ? Pas dans mes cordes. Le possible ? Plus moyen, rien qu’à la baisse, le genre un poème à la tiktok, d’une petite culotte, lorsque la vie voudra le façonner

*

Il me donne envie d’un chocolat chaud et d’une cabane enneigée

*

parfois ce n’est qu’un brouhaha

d’autres fois soft

je ne joue qu’avec celle

qui prie son Seigneur

nerveusement

avec sa voix d’enfant

comme des cordes tirées

& se love sur

sa musique

j’oublierai le souffle glacé

de l’ignorance

*

un ongle de l’un de mes doigts de pieds est à côté de moi

seul dans mon lit

lorsque je lutine

je le trouve plutôt bien fait

qu’il coinse en travers de ma gorge

*

Dégoûté, au sortir de ce monde, avant le dernier souffle, j’espère comme pour les anciens, ne laisser que des excréments et un peu d’eau, sous un caftan

*

dès que l’on franchit le seuil du jour

on pardonne à la nuit

*

Œdipe ?

l’ennemi de son ennemi

croisé lors d’une trans

avec Méduse ou une lampe

lumineuse qu’elle remonte

& pulpent tout bas

mes tympans

suis suis… , poursuis !

un enfant se retourne se retourne

que je vois

aveuglé

pour d’autres que moi

comme une photographie

*

sans crainte aucune je vais où mènent les vents

sans menace aucune je suis où portent les vents

*

Parfois j’ai besoin d’un endroit comme celui-ci pour travailler me réinventer sinon surtout pour me ravitailler et me poser sur un banc qu’il pleuve ou qu’il neige. Comme une bibliothèque à ciel ouvert, sinon où l’on peut fumer

*

je rince mes mains avec un savon de Marseille

comme un éclair

évidemment,

que je pense à mon oncle

travailleur au chantier navale

où il y vit, partage aussi sa vie aux côtés d’une femme

qui ont pris grand soin de moi comme leur enfant

*

Chevillé

*

Lorsque l’émotion est forte ou incompréhensible. Devant un paysage, un spot, une matière ! Je crois qu’il y a un moment potentiellement magique. Il m’est impossible en ce cas de capturer ce moment dans l’immédiat. Il me faudrait une accumulation, une surcharge jusqu’à arriver à un stade de détachement, désintérêt soudain

Je ne peux vivre et continuer à faire semblant sur ce qui s’est passé, produit sous mes yeux d’avant l’amour, la musique. Je le dis !

En cette période, la ville et la municipalité galèrent partout avec les feuilles mortes ! J’en trouve moi-même dans mes chaussures, sac et cadi. Et je ne sais, vraiment pas pourquoi, je ne sais pourquoi je choisis la place du Monument Des Morts pour m’asseoir sur un banc

après avoir dormi aux alentours de minuit, pour ensuite me lever à trois et quarts
aller comme une frégate
et prendre mon traitement valium – laroxyl
avec un verre d’eau
pour pisser et me rendormir
et puis non, en plus deux compotes et finir le pain d’épice U
une unité de M&M’s
et me dire que c’est déjà pas trop mal
jusqu’à ce que mes yeux jetent leur dévolus sur du riz à l’huile d’anchois et du pain
et de l’eau… , frileux

Je ne saurais jamais si mon voisin de chambre a lu le poème inscrit au mur. Un train dans 20 min… , – Terroriste de la joie, et moi, je fume 

On est aux portes de décembre, les oiseaux sont toujours là. Je me dis l’écrire de l’évanescence ou Garonne, ferveur. Et lorsque ne lâchant plus ce que je tiens passionnément une chose maline contagieuse je l’espère à d’autres

*

Grimpeur de sauterelles mes friandises, gourmets. Une rose à faible état de dissolution peinture d’une estampe. Et rien n’est résolu. Elle s’est mariée au reflet d’un miroir. Je ne sais plus, là, encore ici ! Tourniquet bleu, un léger souffle exclus de ma bouche, l’air de dire mon indolence. Faible me voilà, je me fais beau, carrément beau, 41 beaux garçons, peut-être méconnus, au cours de ma vie. Herbage, chemin, sapins, au soir de ma mémoire, Tajidim, Mme Mahmoudi ? est n’ait…, sans raison aucune est n’ait maintenant, imagée de mots

*

salpêtr – iii – er !

*

J’ai attrapé froid au cœur, comme une larme. Et la pluie n’est pas si froide. Pourquoi je pleure, Seigneur ? Es-ce de l’infidélité de l’étoile ? Es-ce de la condamnation d’un frère ? Es-ce de la disparition de ma mère ? Lorsqu’on verra la paix de retour, fin.

Postface

Je tenais mon lot de baptêmes du feu, comme tomber plusieurs fois du même arbre Je ne me justifiais en rien auprès de mes interlocuteurs ahuris de mes sorties, bien avant ceci Je passais un pacte pour être méchant et le roi des songes, rien que pour regagner la vie d’ici-bas, regagner la vie une seconde fois à côté de mes semblables, divers par leurs choix Je ne saurais jamais poétiser : Je voyageais – Je parlais – Je traçais Ils disaient que j’étais maudit, qu’aux ténèbres était voué ma vie ! Je croyais que chacun avait une chance, un faisceau de lumière J’enrobais comme une crème glacée, je hissais les mots à la hauteur de la laideur qui les entourait, j’entendais le bruit des ossements, sans les ligaments, secs et blanchâtres ! La voix de l’intériorité, du moi, n’est pas un cirque Je soulevais des problèmes dont je n’étais pas en mesure de résoudre, des bancs de questions jetées dans le vide, rien de celui qui jouirait sur une bouée de sauvetage Je retournais en mes jardins… , – Comment pouvaient-ils mener à un abîme ? Je n’étais pas là, mais possédé, par chacun, chaque poème, soucieux du temps qui s’effilait

Je froisse mes pensées dans du papier imaginaire, – Pourquoi te les faire lire ? Et le dire et ceci, je crois, que ça les resserre fort ! À vrai dire, se rendre à cette évidence n’est que transitoire. Je n’ai plus personne à qui tenir, tout me parait dérisoire : Toi aussi, fuis, comme fuis cette translucidité, comme un fuyard, comme fuir ! Souffrance. Marre aussi de me ridiculiser, de te convier, quoique sans adhésion, pour ce que je ne maîtrise pas. Le poème est mort, les images ne transitent plus, je suis leur instrument de bois ! Je n’y suis pour rien… , me ronger avec ma désolation et ne veux pas me l’expliquer, à l’envers de mes paupières, où tout est écrit

J’aspire à une poésie humaine, qui ne fait pas peur, comme les gens qui ne se font pas du mourront, les oiseaux, où qu’ils vivent ! Que ces images s’éloignent, qu’elles s’éloignent, je ne me retourne plus ! Qu’elles s’éloignent… ,

Mes remerciements les plus sincères et les plus chaleureux aux soignants de la Clinique d’Ornon. Et particulièrement les plus affectueux à Marie G. Mille mercis.

– – – page ? – – –

* Inspiré en attendant un livreur.

* Tous les chiens sont bleus. Rodrigo de Souza Leâo. Traduit par Émilie Audigier.

* Les consommateurs.

* inspiré de Ballade au cœur de la Casbah d’Alger, Samir Djama. un aperçu sur youtube.

* l’adjectif étrange rallie les termes biffés.

* poème infiltré.



Laisser un commentaire

Bienvenue dans mon atelier !

Articles récents

Mai 2024
L M M J V S D
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Newsletter

Inscrivez-vous pour découvrir les derniers articles de blog et du contenu exclusif. Dans votre boîte de réception !

Adresse e-mail