Paroles en l’air

je ne lis presque plus je

picore je glane ! j’emplette

toujours les mêmes livres au

moins 2 fois un camarade écrit

des fiches de ses lectures qu’il

me transmet je ne dis pas que ceci

ou cela est meilleur sinon que je

lui serre de pochoir les histoires ne

m’intéressent plus ne m’ont peut-être

jamais porté je préfère les

méandres de sa personne son

vécu une exploration je ne prends

pas non plus ses approches au

pied de la lettre il se cache bien

maladroitement étroit

le plus drôle entre le moment où

l’on se dit au revoir et de raccrocher il

me perce de phrases de mots

qui écorchent une sorte de

ponctuation un rejet total les

mêmes que l’on entend lorsqu’une

personne tourne la tête à contre

face et baragouine ou grimace

je le fais aussi avec un

sourire pour une ricochée que

personne ne conçoit par ailleurs on

les nomme des couleuvres rendues

courantes des saloperies que j’ai pris

le long de la vie on a que ça comme

échange transmission à donner un

théâtre pauvre qui provoque crachats

miasmes chose qui peut ne pas me

révulser que l’on brûle un rôle

que l’on endosse pour se faire

désirer ou détester de même attirance

l’air apeuré distant et proche

de la syncope stupéfait souvent l’épaule

nouée il me questionne avec

des réponses qu’il apporte : ouè, ouè, pardon

je n’ai pas compris ! j’écoute

et ne laisse jamais mes ongles sans

les arracher jusqu’au sang c’est

lorsque je parle avec mes camarades

que la notion du temps disparait

à l’inverse je me demande combien de

temps ils patientent pour entamer une

simple conversation prendre le téléphone

échafauder leurs plans chacun sait ce qu’il

veut et à quel moment l’obtenir

prédétermination anticipation calculs

et lorsque je m’en dors… , j’entends le

même fouet que le titre : The Ubiquittus Mr. Lovegrove

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