J’imagine que rien de tout cela n’est réel, cette vie là n’est pas réelle cela m’arrive les pavés que je foules ne sont pas réels les couloirs et leurs contours que je traverse ne sont pas réels ce que je vois je touche n’est pas réel ce que je vis n’est pas réel les personnes que je rencontre ne sont pas réels encore moins identifiables qu’ils ne sont pas de chaires et de sang ne sont pas palpables ne font pas bloc en eux mes yeux éveillent une cruelle tristesse quoique je sens les plantes de mes pieds comme de la mousse et souvent ces temps-ci de la moquette je sens ma respiration au plus près de ma respiration ce qui sort là est un moment qui éclate c’est ma larve ça hurle en moi ça hurle du plus profond et les silences les blancs se font pressants plus oppressants et longs les gens que je frôle et ne n’ose les reconnaître exhalent des parfums et des odeurs que je prends parfois avec légèreté et d’autres qui emplissent mes narines est-ce là du vivant les miens et ceux de leurs maisons je les sens venir et arriver longtemps avant médité mâché surtout ce vers je ne le crache pas
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