l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie


Les cœurs s’épanchaient jadis avec une sérénade pour chaque nymphe aimée, puis tombaient les nuits pesantes et les coups de téléphone cryptés. Je laissais m’envahir l’onde d’une terrible tristesse, comme mourir un peu à ses idéaux, comme dans un éclair sentir le tressaillement du temps incréé. Les instantanés qui délivraient du réel, ma salive mouillait le filtre, elle s’offrait sans retenue, je la désirais. Je la tétais comme le bouton d’un sein recouvert par un teeshirt. J’épouserais la poussière et chère m’était la poésie, une mollesse ! L’urbanisation à outrance kakatoésque, le siècle montait sur l’ambivalence des mœurs. Les liens d’amitié me manquaient ou se volatilisaient, la perte voyait le jour et engendrait le mal pour une moindre blessure. Un monde fou coulait à l’endroit. Le champ en était miné. Je savais lire les signes, comme reconnaître à travers les miroirs. Les réponses que je trouvais dans les nuages bleus, l’eau potable du robinet et la température, était-elle la mort d’alors ou le poème ? Les vols d’oiseaux dans les champs parcourus à belles enjambées, les paysages qui lavaient encore le seau du souvenir et aéraient mes paumons. Il y avait des cheveux noirs et gris sur le sol, l’imam prolongeait la prière du soir, toute une symphonie dans un salon de coiffure qui brassait des myriades de rires ! Je pouvais marcher des nuits entières sans me soucier de la distance ou enchaîner les épisodes au lit et ne pas fléchir. Elles en avaient au fond que pour mon foutre. Mes émotions étaient décuplés à l’excès. Je remarquais qu’il me fallait plus. Je me tapais deux semaines de patte pour m’offrir une paire de bottes, à l’inverse par ici, beaucoup de frottements de claquettes. Ils se vautraient aussi en piétinant sur les emprunts. Elle était proche de la mort que je l’envisageais comme l’une de mes dernières ruses pour désespérer mes parents, mes amis, l’ordre établi… , etc. La poésie comme le génie de ramadan portés à leur plus haut degré pouvait s’avérer extraordinaire, comme dans les arts plastiques. Mes mots auréolés étaient l’expression de mes hors limites. Chacun savait le fossé qui séparait le poète de la société, quelque chose du chaman qui mourrait pour guérir la tribu et la transcendait. Le poète pardonnait presque à la poésie, ou jamais ! Il se trouvait une bougie crème et une bouteille d’eau minérale sur la table de mes petites études, comme pour un ours apprivoisé. Je m’affairais sous les mots. J’étais né noir, j’allais mourrir enchaîné



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