l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie


Je les observais ces villes comme on y dormait, ivre. J’écoutais vos attentes dans le silence des nuits, parmi les heureux accidents qui advenaient de façon fortuite et imprévisible. Je tâtais dans l’air les formes et les idées à travers les siècles, une contemplation que je mettais en relief dans mes écrits. J’enfonçais la porte la moins probable. Je tombais souvent sur des vers froissés en me brisant les mains irrécupérables sur ma lyre. J’appréhendais par là même l’esprit de mes émancipations. La fabrique des mots me dépassait. Je m’empressais d’oublier afin de faire peau neuve. J’envisageais les charmes ancestraux et caducs, les factions n’étaient que des ours élevés au grain de blé du sud. L’inouïe des généalogies me leurrait. J’étouffais en moi un silence qui faisait rager et quelque part des chiens aboyaient. J’imaginais qu’ils faisaient les carpeaux, les voix de nulle part sur un banc. Je fumais comme un puits raclé en me promettant une visite à l’un d’entre eux, persistance. Je tirais de nouvelles cartes avec mon cœur qui désignait un secret. Je me faisais à l’image que souhaitait les Prophètes. J’étais le pauvre de Sa Miséricorde. J’affirmais d’une mémoire ancienne mon bonheur inachevé, parce que non-avoué. Il n’y avait rien de délibéré dans ce poème. Ils étaient d’une lenteur ces étés, où tout baignait dans le vide de mes pensées. Je ne pratiquais aucun sport, je n’avais aucun hobbys. Je n’aimais pas d’ailleurs les gens et je ne parlais pas votre langue. J’étais un garçon sans intérêt. Je fréquentais une fille que je baisais comme un apprenti ou un marabout, j’aimerais par-dessus tout oublier cet air blasé qu’elle avait sur son visage. Comme un dernier ticket. Je finissais ma cigarette et continuais les raccourcis de mon cœur qui semblait interminable, mon exercice favori de catin que j’enfonçais avec panache, sous des allures d’une chute télévisée. L’impression d’or et d’alliance qui se tramaient



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