l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie

Jusqu’au foin

Epigraphe de Il y aura toujours des oiseaux

Marchand d’absolu

Tu ne prêches pas dans le désert

Tu es, toi-même, le désert.

( Contre les dévots ).

Emmanuel Moses

la poésie

c’est lorsqu’on a faim

de mots

de corps

de vivre

si le poète pouvait quelque chose

il n’écrirait que les œuvres des autres

*

il n’y a pas de route pour le non-doute !

il n’y a pas de route sans aucun doute !

*

comme quand j’étais enfant

je toc parfois ma tête

pour m’assurer

qu’elle est encore

vide et

invraisemblablement : elle est fêlée

*

on ne sait pas si c’est un remède comme une magie noire

on ne sait pas si c’est une nécessité comme des lépreux

*

je suis un ange et me voilà en démon – démon tout frais

je suis un démon et me revoilà en ange tout chaud

*

je vois le ciel. petit, je suis !

je vois le ciel. croyant, je suis !

je vous le ciel. poète, je suis !

*

le temps de la révélation est comme des spasmes

les temps d’écriture sont comme une dilatation du temps

*

moi, je voudrais prendre des bateaux

moi, je voudrais monter aux arbres

moi, je voudrais la revoir dans ce petit cœur

*

on aura tout contrefait

on aura tout falsifier

*

 ruisselle vite la neige qui n’est pas saisonnière

la patience des feuilles d’arbre qui s’effacent du sol

prends garde à ces instants fatidiques de tous les départs

*

j’ai espéré mon retour plus fort que tout

j’ai maudit mon retour la raison de tout

*

l’ombre des mots

le grain d’ombre qui siffle la raison

comme on colmate les imperfections

*

la poésie

c’est lorsqu’on est ailleurs

pour les amoureux

pour les fous

pour les promeneurs

sur ces entrefaites : le poète

est le non-être absolu

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