l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie


Où est le bien ou est la mauvaise route V

à Mouh Saîd.

pourquoi vais je ainsi d’un pas pressé, un sac derrière le dos je trotte et marche, là où il faudrait que je fredonne. Un air pour de l’air au passage de minimes grivoiseries. Je crois que j’ai envie d’être extirper, non par la réussite. Aussi, pour qui ? Pourquoi ? Si dérisoires me paraissent ces raisonnements. Je poursuis et celui à qui je souhaite le pire cale dans son suv, et me crois lui apporter une assistance, – Est-ce bien lui, hermétique sous clim ? Est-elle restée toujours la même ? Après toutes ces années, je la sens comme une seconde peau : Miss Mojo Risin ! Alerte, je guette, une patrouille de police passe. J’attends le prochain bus qui s’est avéré tourner en rond, qu’il promene. Je saute et trace suivant un geste d’après une médiathèque, perdu sans l’intuition requise ou le contrôle pour utiliser le téléphone. Sur la carte d’un arrêt, j’ai vu que l’eau Le Peugue est proche. Je me dirige vers elle, des escaliers au-dessus d’une piste étroite. Je remets ça à plus tard, accompagné ou jamais. Je ne sais ce que j’ai avec ces objets. Du pays mon coeur youhache* les larmes aux yeux. Le thorax comme un oud vibre un mouvement, une mélancolie parmi les canards qui remuent et je refuse de les voir. Et faut il ne jamais demander de l’eau à un cycliste ? Je me dis ashflys*, et qu’il s’est passé tant de choses en 20 heures ! Il me faut remonter ! Ça ne pardonne pas, un homme qui marche ne compte pas ses pas, surtout un urbain. Des enfants qui échangent sur d’autres enfants… , tu vois qu’il a un désir d’enfant. Je vois des marcheurs un peu plus apaisés, aussi beaucoup d’hommes torses nus. Pour ma part, je reconnais les poètes à trois inclinaison de la tête, dans les rues. Un viticulteur pleure à contre jour pour ne pas avoir l’air qu’il pleure, mais de quoi ? Un tram passe, je me retourne. Pourquoi depuis des années j’erre dans un pays étranger et l’esprit abusé, aussitôt que je chante l’un des conducteurs relève la tête. L’autre celle avec une serviette s’essuie le visage, la mienne, la sienne. Très maghrébin que je suis, méditerranéen, exultant. Je franchis des ponts, un pigeon bigarrée crème et ocre se pose sur une branche. Je me demande si c’est un mâle ou une femelle, – Est-ce aussi à cause des innocents ? Je regarde le ciel, très nuageux, la lumière, le don et qui me renvoient à ma finitude, un au-delà, incertain, hypothétique sans préférence aucune pour un pari. L’horizon. En rebroussant le chemin, avec ma casquette, le survêtement, le sparadrap sur les orteils, des converses après un passage à la machine. le t-shirt en sueur, qui apparemment fait pincé les lèvres. Je comprendrais peut-être l’attitude des itebelen*, à un carrefour, une affiche pour du béton, sur l’autre trottoir, en parallèle, non à l’igv, un lien directe se fait comme telle, et le soir venu il pleut il pleut

* Un manque exacerbé.

* Néologisme.

* Une troupe de musique traditionnelle Kabyle.

** inspiré



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