Longtemps, trop longtemps

vapeurs

et demies lunes

fissure – parlant du lierre

par où ?

temps de poux

de l’enfant

à la septième marche

jusqu’au sang

les genoux

tête contre tête

inaccoutumées

l’étrangeté de sa nuit

la proximité d’une chaleur

que l’on tait – taira

que l’on contourne

derrière des mots

les mots d’autrui

sous des couvertures plissées plissées

Comme si

il y a dans le ciel

en rupture

des points rouges

s’élève une eau mélangée

mal contée

rare

et de l’herbe simple

parmi les ombres violacées

qui s’étirent

le reste peut suivre

un état que l’on sait

traversé

en flottant

il y a dans le ciel

des bordures – des canaux

et des points

en argents

les étoiles y descendent

elles longent ainsi qu’un secours

la nuit et le jour

le jour et la nuit – surtout les nuits !

d’une même entrée

un panneau de la mairie vient

on croit y tenir fixe

le tout autour

son nom est de poids

comme au bout du chemin

sous une peau

Casbah

pour Lionel.

Au bout du petit matin,

la mâle soif et l’entêté désir,

me voici divisé des oasis fraîches de la fraternité ce rien

pudique frise d’échardes dures

cet horizon trop sûr tressaille comme un geôlier.

Cahier d’un retour au pays natal. Aimé Césaire.

de plein midi / de pleine nuit

sur les voies de compagne – sur les rails du ciel

une parole gercée…

instinctivement, mes trajectoires sont délusoires

je sens venir le début de la descente

cliniquement.

j’immobilise une pierre sur une tombe astrale

une pierre en or qui semble m’appartenir

rien qu’à son toucher

tasse froide

un froid café que je nomme

déboires d’un secret

j’aurais pu m’appeler Jasmine et couler des jours monotones… , est-ce qu’elle se souvenait de moi, un agonique sourire se réalise ! oui, j’aurais pu le concevoir :

l’heure qui me terrasse

un blanc baiser

un baiser

je disais de mes trajectoires… , – mais d’où ? elles brillent par leur accueil les étoiles qui me logent ! je surpasses l’attirance des mots, – pourquoi je pense qu’il me faut revenir parmi les hommes ?

folies de jeunesse

un vélo en guise de couverture

cordes au tronc

le papier sur lequel j’écris, une lourde entête – imanpower : réseau de compétences. c’est étrange lorsque tout m’est attrayant ! je creuse le déraillement, sans nom. tiens, une insulte !

les fontaines sans eaux sont comme un ciel sans oiseaux, fardes*. je ne connais plus l’étymologie de ce mot, il évoque à présent chez moi une casita au Chili, tant pis

lorsqu’elle émanait ta joie de vivre, ma tendre Jasmine, j’étais là, rescapé ! lorsque tu m’inspirais de l’amour, aussi. c’était tes couleurs, depuis tout me semble qu’un amas résiduel, comme :

le silence tardive de la neige pétrole

la roche rousselle de soleil

et, tu me souris !

il ne se trouve rien de plus vrai qu’un homme en prise avec un poème, même éparpillé ! chacun porte une mèche qu’il me faut étinceler. ( ceci n’a rien d’érotique ! ).

je fume pour ne pas brûler et d’un ailleurs l’ombre

l’échec en poésie est mien, un frisson

le bec et la terre pour les rares funambules

tous mes dépotoirs sont retournés

les papillons qui reprennent leur envol

les pots de fleurs aux fenêtres qui invitent les abeilles

une flaque presque plate :

quelques truites dedans, presque immobiles

la reconnaissance que j’ai envers les éléments

données de mes attentes fictives !

c’est étrange une plante que l’on arrose plus

il advient que rien ne ressemble à un spa qu’un autre spa !

tu avais des cheveux de feu, une aura, une légèreté des anges. je découvrais tes contrées, je survolais par instant et plongeais et ne rien cueillir ! je trainais ma malle, le plus souvent

je prends la coque d’un ermite

je prends son stylo

je m’assois à sa table où trône un crâne

une chauve-souris est entrée dans mon cœur, temps d’aujourd’hui ou d’hier ? je compte sur ma désinvolture pour m’affranchir de la possession, il m’est impossible de la convoiter

un chien sur une photo et quelques années, années de fidélité et puis, une apparition

j’entame la lecture d’une anthologie de contes berbères, une immersion dans l’imaginaire de ma région. l’identité est poreuse et ses frontières sont multiples. je n’adhère plus

je pactise parfois avec la chance, et fonds comme un sucre dans une rivière. elles sont drôles avec leurs royales sorties, mes idylles ! quitte que l’on me prenne pour un détraqué

je noie les apparences, mais de combien de profondeur ?

il y a un balle au village.

je suis près de toi, ton nom me fait penser à une terre enchevêtrée, une douce fièvre, etc. même à lier… pourquoi pas, mais est-ce que cela suffirait pour me rehausser à la mesure de ton souvenir ?

j’ai survécu à la vacuité

j’ai marché

les moments que je préfère : les échappées ! je portais la honte, l’ignominie, le regret ! on me renvoyait la mort, certainement. je trace un trait des plus beaux jours de ma vie sur mes phalanges

je perds le fil du rasoir, ainsi :

la toile s’estompe, c’est moi

brumeux et rien qu’une lanterne !

je rêve d’une écriture nouvelle, une poésie qui voit le ciel. je paradais ton cul comme un affront, la trahison est aussi dans l’écriture. je ne me définissais pas, cela est imperfectible

je voyais les routes sous le soleil, un far west clitoridien. il n’était plus question de la même gaine, une refonte. une licence lorsque tout invite à suivre, ou répond par oui

Dieu ayez pitié de moi, pardonnez-moi, redonnez-moi la force de poursuive, surtout d’aller ! je s’aurais me montrer reconnaissant envers vos bienfaits, vos secours…

de blanches fourmis – de grasses mouches

sommeil léger et plutôt ennuyeux

la mort me rétablira !

rien qu’un souffle

pas sûr du sol, du tout

qui se pliera !

fumant sans envie

le besoin d’en fumer d’avantage

comme un chat !

j’étreins mes nuits – je feins mes aubes

une solitude qui nie d’être là

ou selon mes pas !

le monde parfois heurte mes yeux

les caravanes sur les parkings déboisés

les vents, là-bas !

l’office de tourisme déserté par les flâneurs

les conseillers sont en congés

un mea culpa !

les saisonniers au coup d’œil de lamelle, quelque part des dames qui hantent les ruelles, des féeriques ! et moi, à mille lieux de franchir ton seuil, ton corps, y demeurant pétrifié !

une fille qui te ressemble, une lituanienne peut-être qui se souciait de mon itinérance. la lumière sur ses cheveux était bleue. je cherchais un signe, une faille par où m’introduire

je vais enfin revoir mes initiatives avortées, quasi inchangées, toutes les montages avec un seul ticket ! les ombres et les nuages comme chez le poète Darwich, même l’universel est gradué par nos subjectivités

toujours ailleurs / toujours l’étrangeté

je me retrouve souvent aérien.

n’étant qu’un enfant, libre de mes poésies, mes voyages qui ne s’allègent plus du sacrilège. les poètes portent la leur comme une énigme, sans qu’aucun ne parle à bâtons rompus

qu’est-ce qu’elle fera de mes débris, d’un chauve ? je me servais avec aisance, indisposé à plaire. je ne soupesais rien, sans profondeur, sinon mes cauchemars. j’égalisais comme ceci :

je parle aux vents et les rivières au milieu des vaches et des moutons, des rapaces aussi qui évoquent la digue. je vague d’un point d’accès à un autre. la nature me rend érectile

je parle tout le temps aux morts

j’écoute le vivant

la poésie a ses canaux et ses représentants sont sur le départ, toujours

je cherche à revivre notre rencontre

je suis à la recherche de ma note infinitésimale, un scherzo

déjeuner frugale

descente vers la rivière

une rue étroite qui me malmène

je pense à la casbah

les chiens aboient et me rappellent à la proximité de la Ténèbre.

je ne savais rien sur Djeha le rusé, mais plutôt celui à qui arrive les pires crasses. ce personnage canalise à lui seul toute l’atmosphère d’un peuple. je voyais à la place de ses histoires, une estrade :

fatigué, j’écris. et la nuit !

crépuscule de l’été

l’oiseau frôle son nid

poussière d’écorces

toutes les sociétés sont utopiques

sauf, la notre.

je cherche pour le scandale une rime en Hic

perdre son héritage est pire que de se perdre sans s’échapper

sans l’aide du Créateur

j’approche du madjoul aux larmes de feu

l’amour est comme un minuteur

l’hors du temps, rythmes, fluctuances

je redonne et ne suis plus

il me vient une transmutation seconde

le puits des mes jours, sans prévoir mes jours !

nuit.

je me projette dans la nature et ses couleurs, sa perfection, etc. comme le matin d’un homme qui regarde ses mains, un peu noircies. le sentiment d’un destin inaccompli finit par m’achever

il faut une certaine disposition, envergure

pour rentrer dans le poème :

j’installe de blanches étagères

en essuyant la poussière de mes yeux

une éponge bleue

je course quitte à m’éblouir

j’entends les mêmes chiens

la même détresse

Cadéac commençait par un vertige, comme un long bourdonnement. j’appréciais son silence interrompu parfois par le passage des véhicules, un flux d’informations me parvenaient

je m’éloigne, ô ma regrettée Jasmine ! je m’en vais sans avoir rien toucher, rien épousseter. je me retournais autant de fois que cela m’était possible. il y avait si peu de brèches

une respiration.

je vivais un chagrin tout le long de mon existence, le récent décès d’un proche épaissit mon fossé, une couche de tristesse qui m’éloigne, m’éloigne, m’éloigne, etc. comme de manquer !

comme un vestige

je rêve de la fille à la chevelure cellophanée

qui me tient le bras

et de l’autre main, une carte

les disparus n’ont de commun que la terre

le cœur des hommes

j’aimais les filles avec un caractère arrondi, un peu légères sur les bords. elles avaient des discutions fluides, une idée de la sensibilité, etc. je peux ne pas tenir le coup

les peaux refusent le soleil en France.

je viens d’avoir à l’instant l’idée d’une fiction, un homme qui erre de rencontres virtuelles à sa propre réalité. je le vois jeune, insomniaque et malade de :

C. qui a refait surface

et a écrit un poème à mon attention, très beau, puissant

elle préférait tournée la page sur son passé et de même sur notre amitié

entre nous deux la plaie ne cicatrisera jamais

comme une rencontre manquée

on ne peut rien pour personne // on ne peut rien pour nous-mêmes

s’ouvre un espace infini

que l’on démolit

je préférais retrouver ses lèvres

comme la fois dans son appartement à alger, oh…

les dieux passés se sont succédés, effacés. seule l’ombre des étoiles ravive la flamme. parfois, à peine perceptible, comme sur un vieux navire, mes oreilles cintrées écoutent le chant des sirènes

ou les voix de mes morts irréalisés

les mots ne s’emboitent plus, sans décliques, sans saveurs, parfois. j’omets d’autres qui s’étalent, comme cette fille obnubilée par son visage, une archaïque image

je revois des trains sur quelques lignes de fuite, cela est arrivé, absent

le pire est que je ne peux m’y prendre différemment

l’homme au gilet

tâte les reflets d’une marre

chasse ailée

il ne se trouve de salut qu’en Dieu

si cela m’est enlevé, aussi

effrayant

je n’en ferai pas pour autant une messe

l’écriture est derrière le poème, un état de somnolence active, une traversée dans la glaise, une expérience d’autohypnose, etc. je parle d’une désincarnation, comme une extension

il n’y avait pas si longtemps

un calme matin

comme après un clair de lune

lorsque le silence se déposait sans dentelles

le néant était une rose

du poème surgissait la rose

si je reste encore ici ce n’est que pour le fun de la déconstruction, sans pour autant me sentir capable de proposer. je soulève cependant un doute sur les miniatures, cela ne me présage rien

le ciel dit peu des villes

beaucoup d’où l’on vient

aucune autre part de chance

l’oubli des jours d’un malheureux

je me demandais pourquoi Fellag abandonnait le multimédia dans ses spectacles, vidéo., piano concert, etc. il faut croire que l’art du spectacle se standardise, comme dans presque tout

j’aimais le mixage des moyens, des cultures, sa nudité d’artiste, sans perdre l’aura. j’espérais de mes lectures et visionnages. dans la vie, un artiste se protège

je me refuse l’aube

je me refuse les nuits blanches

je me refuse la pornographie

l’enchantement est parfois si fort, si fort… que je me perds ! je suis témoins d’une tragédie qui se vit chaque jour, c’est d’une beauté sidérante. non, ça va… de plus en plus parmi les morts !

je sais qu’en disant n’importe quoi que l’on pense n’importe comment, suis-je à châtier, qui veut faire ripaille ? je croyais à la crucifixion, par mes racines et mon histoire, bon ! je sais en revanche la douleur

l’homme à lui seul est un continent. cit.

les gens créent des personnages et évoluent dedans ou avec, à proximité, jusqu’au jour où ils leurs deviennent encombrants. les marionnettistes ont parfois froid sans un feu, la nuit

je pardonne à un lâche de ne pas me tromper sur ses attentes, l’homme qui se souvient, sa rectitude ? on pardonne une gifle… pleins d’autres choses qui ne trouvent pas moisson

les masques finissent toujours par tomber

moi, je traverse

je n’emporte avec mes tourments, mon gouffre… Dieu, du moins l’idée que je projette ! seul, renonçant à la vie puisque vous en faite parti, être là, sans vraiment m’enrouler

à chaque fois qu’il se remémore l’un de ses poèmes

comme des brèches dans l’instant

cela lui coûte un ongle, chaises et assiettes, etc.

il regrette son choix de la pauvreté, comme les choses qu’il entreprend, sous une faré. il voit l’idée d’un poème s’anéantir par le feu, le foyer d’une poitrine d’un homme qui erre

il porte son corps au fond de la baignoire, un peu fiévreux, un peu d’une balançoire. l’eau coule sur sa peau, sa peau des fesses. tout l’infini de l’égout le monopolise

comme un cadavre que l’on purifie avant son dernier séjour, lorsqu’on doit dire dans un crachoir de fous ! sa morve n’est que la conséquence de la température, se rasure. une texture qu’il ne peut avaler

je ne parlais pas :

vents qui déménagent

pluies orageuses

pique qui se vide

de parois

héritage

tombes où on l’ensevelira

insultes par panne de dérision

jeu de quilles enfance

à crédit aumône sans tête de biche

Mustapha et son quart à la balance

foudre paratonnerre et toi

la caresse de l’aube, le toucher de l’aurore. il les cultive comme les mots en siégeant sur d’autres terrains jusqu’au bout de l’aune, exténué, mais plus persistant, plus fort que l’anniversaire de :

G. qui revient d’une rupture

il n’a pas pris le temps de voir le tournure de cette expérience

son besoin de sensations fortes prend le dessus

personne l’oblige, peut-être ses peurs, qui sait ?

l’idiot ne s’y préoccupe même pas

nous ne pardonnons pas à un homme de raté, ou qu’il refuse ! seul, un feu d’artifices dans sa tête, il endosse la honte du perdant et brûle. un jour, comme une vieille branche, il casse

je ne lis plus et végète. j’écoute du chaâbi. je change de pays comme de poumons, je course. dans les détails, le pays que je viens de quitter est magnifique. il nous reste à les définir

j’essaie de ne pas me faire souffrir et de blesser autrui, tenir une ligne de conduite et être stable dans mes relations, sans les sexualiser. je ne me beigne plus, je plonge :

la femme tuera son besoin de se décupler

elle ne trouvera plus de nécessité à un utérus

que ferions nous de nos mains, messieurs ?

jaloux de vous, femme !

une fée parfois me tient éveillé et enchante mes nuits, jusqu’aux premières lueurs du matin et le retour des cloches. je parcours les Pyrénées mes yeux bandés, mon cœur pleins d’attentes

avec une tasse de café

mon corps sous la couverture de la pluie

je mettais à l’écoute Love Song de Miles

fort ou d’une égale extase

et d’un coup, les rivières que je quittais

les reliefs par une double stances

les arrivées sans l’ombre d’un doute

les failles que je redoute

chut, c’était quand le Sibaou ? essoufflé

une danse et la geste

une jeunesse

nécessité

l’œuvre de Dieu

sur terre

est-ce qu’il fallait passer par les férocités, les bestialités, la violence des dinosaures, etc. pour qu’ensuite on l’intègre, sans oublier les animaux soumis à nos volontés et à nos ventres

pour qui croit aux :

esprits

courants

fluides

énergies, etc.

comment peut-on vivre et s’entendre entre nous ?

certains pensent que l’occident aurait abandonné Dieu, une terre de pêchers et sa flore nakida, je tiens à autre chose, celle où chaque atome lui rend grâce, sur terre et dans les cieux

si on avait déjà hérité du paradis

cet univers

la proportion du bien sur le mal est affirmatif, au fond ?

et les prophètes n’aurait eu qu’une révélation partielle de l’ancien monde, d’autres réalités, etc.

une question alors revient, celle de finir ?

Dieu peut tout

l’observé-observateur est zélé

épilogue

un soir que j’assurais la réception dans un hôtel du centre ville de Nantes

un homme voulait dîner

je lui préparais un plateau improvisé

nous ne faisions pas de restauration sur les lieux

il souhaitait régler sa consommation

une chose que je refusais en proférant que l’on était en abondance à cet hôtel

et que l’on mourrait pas de faim en France

il paya le lendemain en remettant les clés à mon collègue, sans postillonner

je n’étais qu’à 24 nuits de veille

Sep 2021 – 2022.

Liens

grands-pères – vous n’étiez pas seulement un territoire

vous étiez aussi d’autres résiliences 

grands-mères – vous n’étiez pas seulement une gâterie

vous étiez aussi d’autres présences

père – vous n’étiez pas seulement un quiproquo

vous étiez aussi d’autres contenances

mère – vous n’étiez pas seulement une nervure

vous étiez aussi d’autres anses 

oncles – vous n’étiez pas seulement un phare 

vous étiez aussi d’autres partances

tantes – vous n’étiez pas seulement une mimique

vous étiez aussi d’autres exigences

frères – vous n’étiez pas seulement un sourire

vous étiez aussi d’autres permanences

sœurs – vous n’étiez pas seulement une chance 

vous étiez aussi d’autres confiances

cousins – vous n’étiez pas seulement un roseau

vous étiez aussi d’autres évidences

cousines – vous n’étiez pas seulement une danse

vous étiez aussi d’autres influences

épouses – vous n’étiez pas seulement une traîne

vous étiez aussi d’autres délivrances

beaux-pères – vous n’étiez pas seulement un silence

vous étiez aussi d’autres outrecuidances

belles-mères – vous n’étiez pas seulement une doublure

vous étiez aussi d’autres mouvances

beaux-frères – vous n’étiez pas seulement un tandem

vous étiez aussi d’autres alliances  

belles-sœurs – vous n’étiez pas seulement une promesse

vous étiez aussi d’autres révérences

neveux – vous n’étiez pas seulement un gage

vous étiez aussi d’autres abîmes d’où découle la connivence

nièces – vous n’étiez pas seulement une caution

vous étiez aussi d’autres chaos d’où jaillit l’urgence

( je regrette de ne pas vous avoir connus ! ).

 

Go fast

des poèmes

personne ne les veut lire

que faire ?

si personne n’en veut

qui en voudra ?

des des des

poèmes

personne ne les veut

que faire ?

quoi faire quoi faire quoi faire quoi faire quoi faire

pourquoi faire – pourquoi s’en faire – pourquoi pas ? à quoi bon

des poèmes des poèmes des poè…

personne n’en veut

personne personne personne vraiment personne

quoi ou que ? rien à faire

des poèmes que personne ne veut

de la gangrène

dé dé dé dé dé dé … éme – aime

personne ne les veut

rien

des poèmes que personne ne veut ! – oui.

quoi faire ?

personne n’en revient

ni ne rappel

des poèmes

personne ne les veut

quoi espérer ou que faire ?

Sur une feuille d’écolier

pour Meissa.

le concept n’était pas, pour qui veut bien y réfléchir, un ennemi du poème, seulement sa porte d’entrée et non, évidemment, son aboutissement. Yves Bonnefoy.

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ●

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ●

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ●

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ●

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ●

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ●

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ●

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ●

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ●

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ●

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ●

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ●

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ●

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ●

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ●

○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○ ● ○

Tout code

<?xml version= »1.0″ encoding= »iso-8959-1″?>

<devices>

<device>

<identification>

<model>d5303</model>

<marketingname>xperia z5 compact</marketingname>

<vendor>sony</vendor>

<brand>xperia</brand>

<typeid>pm-0740-bv</typeid>

<class>phone/android</class>

</identification>

<storage>

<type>card</type>

</storage>

<software>

<semcboot>

<productnumber>1270-3115</productnumber>

<productrevision>s1_boot_msm8974_rhine1.3.1_la1.04_16</productrevision>

</semcboot>

<app>

<productnumber>3675-94386</productnumber>

<productrevision>14.6.a.1.236</productrevision>

</app>

<filesystem>

<productnumber>global-lte</productnumber>

<productrevision>14.6.A.1.296</productrevision>

</filesystem>

<productnumber>1379-1665</productnumber>

<productrevision>r1d</productrevision>

</cdd>

</software>

<systemserialnumbers>

<imei>null</imei>

<eimei>4gciefvwhmbrtogzt3arwg==

</eimei>

</systemserialnumbers>

<securitystate>hwc_rhine_com_005</securitystate>

</device>

</devices

tiré d’un ancien téléphone le 25/06/2017.

Bruitages

une femme de 70 ans est adressée aux urgences pour un syndrome confusionnel isolé, sans notion de chute ou de traumatisme crânien

de ses antécédents, on retient : une hypertension artérielle traitée depuis 10 ans par amlodipine (amlor) (10 mg/j) et un syndrome dépressif traité par paroxétine (deroxat) (20 mg/j)

les constantes sont les suivantes : pa=145/75 mmhg, fc=90/min, fr=20/min, température=37,2°c

il n’y a pas de signe d’insuffisance cardiaque, d’œdème, de signe de localisation neurologique

les données biologiques sont : natrémie=120 mmol/l

kaliémie=4 mmol/l

protides=62 g/l

créatinine 102 mmol/l

hématocrite 45%, glycémie=7 mmol/l

calcémie=2,34 mmol/l

reprendre les fables

aller dans la bib’iothéque

relire les livres antérieurs

peut-être…

tiré de facebook le 21/06/2018.

Ticket de commande

nom prénom : Ilan

f 146 / vente à emporter 105

( 50029 ) employer : thibault

date transaction : 18/03/2018

numéro caisse : 14601. temps transaction : 22:20


qté désignation montant cb en prod


1 classic 2 p oriental ?? ; ??

1 hd vanille caramel brownie ?? ; ??

1 coca cola 1,5 l ?? ; ??


total ( euro ) : ?? ; ??

code tva % tva base tva montant tva lig

b ?? ; ??

f ?? ; ??

http://www.pizzahut.fr

tel : 05 56 30 10 40

* burdigalia corp sarl capital 25 000 *

rcs bordeaux 513 110 320 ape 5610 c *


partagez votre expérience

et recez un pain à l’ail gratuit lors de votre prochaine commande

conditions en magasin

pizzahutemonavis.com ( votre code 2424 )

Sur un ancien téléphone

  • sur la messagerie :

a : ah / a / à / alors / au / avec / aussi

z : zone / za / zal / zèro / zoom / zen / zones / zoè

e : euro / et / en / elle / est / est-ce / encore / enfin / ensuite

r : recherche / rue / re / rien / rk5061167990fr / rabi / retour / réponse / ré

t : toujours / tu / tout / très / tiens / tous / toi / ton

y : yeux / ya / yeselmek / yakhi / yahia / yaourt / yves / yahoo

u : une / un / utiliser / uniquement / utilisation / utilisez / utile / utilisé

i : idée / illusions / il / incha’allah / ils / ici / informations / intéressant / internet / impossible

o : on / ok / oui / ouais / ou / oh / ont / œuf

p : prends / pour / pas / par / plus / pourquoi / pouvez / peut / peux

q : quand / que / qui / quoi / qu’il / quel / qu’est-ce / quelle / queue

s : son / si / salut / sinon / suite / sur / salam / super / sans / sang

d : dernier / de / dans / donc / des / d’accord / dis / depuis / du / dû / dire

f : fichier / faire / faut / fait / fais / finalement / fois / fin / fou

g : gros / ghiles / grand / grâce / genre / google / gaz / gestion / geste

h : hier /hahah / hamdouli’allah / hello / ha / histoire / heureusement / hills

j : je / j’ai / j’espère / juste / j’aime / j’avais / j’en / j’attends

k : kif / kif-kif / khoya / kateb / kafka / khir

l : la / le / les / lasure / lol / lui / lors / losque / lola

m : merci / moi / mais / mon / ma / me / maintenant / même / m’aime

w : week-ends / web / windows / william

x : xi / xml / xylophages / xénon / xperia / xénophobie / xérès / xénophobe

c : ça / c’est / ce / comme / comment / coucou / celia / cela / cette

v : voilà / vous / voici / voir / votre / veuillez / vraiment / vu

b : bien / bonne / bon / bisous / bonsoir / bah / bref / bœuf

n : nous / non / ne / n’hésitez / n’est / normalement / notre / n’ai / nez

belfort l’évocation oxycoupage de la broderie odorante en béton

  • sur la barre de recherche google :

a : amazone / arbre tremble / airbnb

z : zalando / zara begles

e : erilia / edf / eccp. poste dz / euro de football féminin

r : restaurant couscous saint michel / restaurant couscous begles / rosée des roches / ryanair

t : tabac villenave d’ornon / traduction

y : youtube / yahoo ! / yahou mail / yves rocher

u : ups / un grand droit / une demi lune / ubb / ukraine / ugc talence / umbrella academy / uber / uber eats / undiz

i : impot. gouv / itérer / infuse def / ikea

o : ouverture synonyme / opine def / oblique définition / outlook

p : pharmacie villenave d’ornon / pléaide / paypal / programme tv

q : quarto gallimard / que devient sardip ? / quiche lorraine / quick / quai 54 / quiche sans pate / que faire à bordeaux / qui a tué sara ?

s : suivi la poste / scribens / spa animaux villenave d’ornon / sud ouest

d : dois-je répondre / date de l’aid en kebir / date de l’aid el kebir algèrie / doctolib

f : fnac bordeaux / facebook / fedex suivi /

g : guichet automatique / garde fou définition en français / glotte def / google traduction

h : heure de prière à bordeaux / hôpital pellegrin / hôpital villenave d’ornon / hotmail

j : jcex suivi colis / jeux méditerranées de 2020 / jean sénac / jardiland / johnny depp / jurassic world : le monde d’après / joseph quinn / jean-jacques goldman / james caan / jennyfer

k : kiabi / deno / nick kyrgios / kfc / kahoot / kayak / kebab / sakina karchaoui / koh-lanta / kim kardashian

l : liane 11 / livre groupe de jazz 2014 / le bon coin

m : météo bordeaux / magasin fourniture d’art bordeaux / météo tizi-ouzou

w : wilaya tizi-ouzou contact / tournoi de wimbledon / wejdene / wimbeldon

x : xiaomi / xbox séries x / xavier depont de ligonnès / xxl album / xbox / xanax / xiaomi redmi note 10 / équipe de france de rugby à xv / xavier domerque

c : cas covid fr / cas covid alg / cdiscount

v : villenave d’ornon / victoire de la musique / vélo tachyon 2.0 / vinted / volotea / viasmichelin / vacances scolaires / vertbaudet / veepee / variole

b : ballotage / badoo / bémol def / boulanger

n : nathalie azoulai / nœud définition / numéros anep éditeur / nike

De la journée

je parle à une jeune fille qui joue au bandit et à la police sur une pelouse sillonnée, sillonnée… , préférés aux sirènes de pompiers

je réouvre une fenêtre, – referme une fenêtre

de la fenêtre un don

des prémices

je repose une assiette, … relave une assiette

l’assiette est rangée dans le conduit

des cafouilleurs

je redescends les stores, – remonte les stores

sur les stores une araignée écrasée

une bouillie !

au plein d’araignées qui tissent des linceuls

je réponds merci !

allongé sur le lit repensant aux fourmis de la jeune fille

à qui j’ai encore souri

En homme

je m’attends dans un avenir incertain

je m’attends dans un endroit indéfini

je m’attends moi-même

je ne pars pas et ne reviens pas

je ne m’endors pas et ne m’éveille pas

je n’inspire pas et n’insuffle pas

je me fais peur et ne crains rien

je m’appelle et ne réponds de rien

je mens et ne me mens en rien

je funambule entre les mots

comme se mouvoir, chercher plus loin, savoir dire au revoir

Feuillet troué

à Anne.

et si de ce monde autocratique et obtus

je répondais par un autre rêve

je reste sans activité spécifique

l’autarcie me fait bander longtemps

et si j’éprouve le besoin de comprendre

seul l’aride parmi toutes les vérités m’est nécessaire

lorsqu’on est consacré à la vindicte sans secours

rêve, rêve, rêve… aux lassitudes du mur de brique !

et si nos illusions renouvellent les découvertes 

j’ai grandi avec le vin des vignes et je m’appartiens

je crains fort les glottes de l’idéalisation erronée

ceux qui lancent : toute tentative est collatérale !

et si nos échecs soulèvent de futurs espérances

ce n’est pas innocent que l’anarchique ordre régnera en maitre

le rêve commun n’est plus sans le concours de l’amitié

l’horripilant est dans le clos de nos coquilles

Fragments

Scène 1

DROLE DE DEAL… ! DROLE DE DEAL… ! DROLE DE DEAL… !

: tu sentais vraiment que cela ne servait à rien ?

: vraiment.

: tu jetais tout ?

: il n’y avait meilleurs sortie à ces poésies. 

: s’en était une !

: je ne voyais que justice, et renaissance.

: tes mots, au feu… !

: tu y apportais ton eau, tes solutions, mais…

: tu te berçais, voilà tout.

: tu insistais pour me prêter ta voix aux élections, alors ?

Scène 2

ÉCUME DES ROCHES… ! ÉCUME DES ROCHES… ! ÉCUME DES ROCHES… !

: pourquoi doit-on quitter ?

: la fin est notre amie.

: dans le vide ?

: tu dois chercher à vivre.

: je sais, je me l’interdis.

: ton refus est grave.

: je refuse de me rendre à ce feu d’artifices.

Scènes 3

EN APARTE… ! EN APARTHE… ! EN APARTHE… !

: humaine, tu m’intéresse donc moins.

: tu devrais écrire cette phrase dans ton recueil.

: sauf si tu étais une silhouette, un rêve, une lune qui sourit, etc.

: tout dans le négoce !

: ta gueule, toi ! 

Scène 4

TROU ABYSSALE… ! TROU ABYSSALE… ! TROU ABYSSALE… !

: on vivait en paix jusqu’au jour où elle s’est manifestée pour foutre la pagaille.

: vous pensez que c’est irrémédiable ?

: comment la chose immonde est-elle parvenue jusqu’à nous ?

: la faute revient sûrement au diable.

Scène 5 – Acte 1

PLUIE DRUE… ! PLUIE DRUE… ! PLUIE DRUE… !

: j’ai rêvé d’une bataille de fourmis, des géantes !

: bonjour, quel panache !

: de la fenêtre l’orage est plus beau.

: si tu devais refaire quelque chose ?

: comme celle qu’on attend et qui ne revient jamais !

: les sentiments défunts ont la vie dure.

: euh … !

: pourquoi tu portes une chemise froissée ?

: des pin’s aussi, tu vois ?

: oui, très bien. j’ai froid comme une feuille d’automne, pas toi ?

Acte 2

CHAMBE POUR UNE NUIT… ! CHAMBRE POUR UNE NUIT… ! CHAMBRE POUR UNE NUIT… !

: on s’y prend comment ?

: tout dépend de quel côté du lit.

: ni l’un ni l’autre… , tu es partante ?

: toi sur moi ou… , attends !

: grouille toi !

: si on essaie autre chose ?

: pas avec autant de questions.

Acte 3

RAZ-DE-MARÉE… ! RAZ-DE-MARÉE… ! RAZ-DE-MARÉE… !

: tu es tout drôle, dis ?

: ça me fait compatir.

: est-ce que la chaleur submerge ta poitrine ?

: c’est les poètes.

: les sans voix, aussi !

: les reclus de bon gré ou non.

: les montagnes en sont plein ou les froids déserts.

: les morts pour un rien.

: les morts pour rien !

: tous les exclus de l’extrême nord jusqu’au pacifique.

: sans oublier les orphelins de la blafarde.

: les enfants du soleil fixe, les tannés, les vagabonds, etc. 

Scène 6 – Acte 1

LA PIERRE BRÛLE… ! LA PIERRE BRÛLE… ! LA PIERRE BRÛLE… !

: il faut que je baise, ramadan approche !

: il y a d’autres priorités.

: ça devient critique.

: c’est grotesque, trouve toi une passion.

Acte 2

GNOLE QUI ÉGOUTTE… ! GNOLE QUI ÉGOUTTE… ! GNOLE QUI ÉGOUTTE… !

: je voulais juste boire un coup après le jeûne.

: te voilà, un an de perdu !

: euh… oui !

: pas juste pour toi, j’ai perdu des années parmi vous.

Acte 3

LA CLARTÉ SIDÈRE… ! LA CLARTÉ SIDÈRE… ! LA CLARTÉ SIDÈRE… !

: rien ne m’émeut autant !

: de rien.

: tu ne veux pas une couronne, hein ?

: viens là !

Scène 7 – Acte 1

VENTS QUI TOMBENT… ! VENTS QUI TOMBENT… ! VENTS QUI TOMBENT… !

il – elle : tu connaîtras l’éternité.

: comment le sentir et où ?

il – elle : tu partiras sans tes dents.

: lesquels ?

il – elle : celles du bas.

: est-ce que tu me jettes aux loups ?

Acte 2

TIC-PLOC… ! TIC-PLOC… ! TIC-PLOC… !

: à quoi tu penses, mon amour ?

: je pense à la rue.

: maintenant, dis-moi à quoi tu penses ?

: je pense à notre vie sexuelle.

: et maintenant, une dernière fois ?

: je pense à l’orage qu’est ta personne.

: tu veux bien laisser la vaisselle, je finirai demain, incha’allah.

: je sors faire un tour.

Acte 3

C’EST L’HEURE… ! C’EST L’HEURE… ! C’EST L’HEURE… !

: pourquoi cet insensé cri qu’il est l’heure ?

: je crois qu’il parle d’apocalypse.

: c’est l’heure, espèce de fou !

: mais non, ces gens ont des choses à raconter.

: sans blague, il n’y échappera pas lui aussi.

: c’est comme ces câbles reliés qui vont et viennent de quelque part.  

: je suis curieux de savoir quel temps il fait demain, tu sais monsieur ?

: ne lui prête plus attention, tu as un truc de prévu ?

Scène 8

TABLE QUI BRASSE… ! TABLE QUI BRASSE… ! TABLE QUI BRASSE… !

: tu vois, je descends les poubelles !

: t’es vraiment qu’un enfoiré !

: rien ne m’étonne dit d’un ange comme toi.

: t’inquiète, va, j’ai aussi mes travers.

: tu as quelque chose à me dire ?

: enfoiré, tu jettes par terre !

Scène 9

VERROU AU PIEDESTAL… ! VERROU AU PIEDESTAL… ! VERROU AU PIEDESTAL… !

: que dis tu de la cigarette ?

: les algorithmes ne fument pas.

Scène 10

LANGUE DEBOUT… ! LANGUE DEBOUT… ! LANGUE DEBOUT… !

: si c’était moi, j’aurais mis fin a mes jours.

: bien sûr, tu ne vis qu’a travers le regard des autres.

Scène 11

SAPIN DE CUIVRE… ! SAPIN DE CUIVRE… ! SAPIN DE CUIVRE… !

: pourquoi on ne fête pas noël ?

: pour ne pas créer d’amalgame entre les religions.

Scène 12

TOURNE ROND… ! TOURNE ROND… ! TOURNE ROND… !

: quoi ?

: quoi, rien.

: tu me dévisage.

: ah, je regardais ta laideur.

Scène 13

L’OMBRE S’ALLONGE… ! L’OMBRE S’ALLONGE… ! L’OMBRE S’ALLONGE… !

: tu restes ?

: non, je m’en vais, mais avant je reste un peu.

: seulement si tu en as envie, un peu ce n’est pas suffisant.

Scène 14

LE COEUR S’ETIRE… ! LE COEUR S’ETIRE… ! LE COEUR S’ETIRE… !

: tu penses toujours à moi ?

: bon sang, quand est-ce que je ne pense pas à toi !

: tu m’aimes ?

: je t’idolâtre même, ce n’est plus de l’amour, ni humain. c’est au-delà.

Scène 14

DOUX LIT DE MES PENSEES… ! DOUX LIT DE MES PENSEES… ! DOUX LIT DE MES PENSEES… !

: écoute, vas te disputer avec toi même.

: je tiens une conversation avec moi-même.

: j’espère avec cordialité ?

: très, je ne décolère pas !

Scène 15

RETOUR DE LA ROUILLE… ! RETOUR DE LA ROUILLE… ! RETOUR DE LA ROUILLE… !

: combien de pays as-tu visité ?

: je ne suis toujours pas rentré pour les énumérer.  

Scène 16

AU-DESSUS DES GOUTTIERES… ! AU-DESSUS DES GOUTTIERES… ! AU-DESSUS DES GOUTTIERES… !

: tu écoutes quel genre de musique ?

: la musique, très peu. tu sais que les mots ont un sens.

: je n’ai pas l’envie parfois de déchiffrer, les voix et les mélodies suffisent à me combler. tu parles une autre langue ?

: non, que le français.

: tu mets à l’index tout ce qui n’est pas francophone, dommage.

: tant pis, il y a déjà de quoi faire.

Scène 17

JEUX DES REGARDS… ! JEUX DES REGARDS… ! JEUX DES REGARDS… !

: oh, je suis insignifiante !

: mais non, qu’est-ce que tu racontes ?

: mais si, regarde !

: tu dois choisir à qui tu veux plaire.

Scène 18

DARD EN ITALIE… ! DARD EN ITALIE… ! DARD EN ITALIE… !

: le levi’s qu’il porte est un authentique.

: qu’est-ce que tu entends par là ?

Scène 19

RIDER IN THE SMILE… ! RIDER IN THE SMILE… ! RIDER IN THE SMILE… !

: vous pouvez me prendre pour une caille.

: j’imagine bien, vous me verrez en conséquent comme une caneton ?

Scène 20

HORREUR HOSTILE… ! HORREUR HOSTILE… ! HORREUR HOSTILE… !

: bonjour, ça va ?

: bien, et vous ?

: bien, merci.

: tu as vu, pour douze euros d’achat il me tape la conversation ?

: c’est vrai ? taré !

: au revoir, bonne soirée.

Scène 21

QU’EN DIRA T’ON… ! QU’EN DIRA T’ON… ! QU’EN DIRA T’ON… !

: maintenant, essayez de penser à une pomme ?

: impossible. une pomme ne pense pas, ni ne pense d’avantage à moi.

: c’est à dire, pouvez-vous développer ?

: j’ai conscience de la pomme.

fin.

Glu

à Rafik. et à Lyes. et à Sofiane.

C’est mon étoile

Elle a la forme d’une main

C’est ma main montée au ciel

Durant toute la guerre je voyais Orion par un créneau

Quand les Zeppelins venaient bombarder Paris ils venaient toujours d’Orion

Aujourd’hui je l’ai au-dessus de ma tête

Le grand mât perce la paume de cette main qui doit souffrir

Comme ma main coupée me fait souffrir percée qu’elle est par un dard continuel.

Feuilles de route. Blaise Cendrars.

je-sors-les-voiles-de-face-sur-la-proue-en-improvisant-un-maintien-de-biquet-je-me-rends-compte-très-vite-qu’-avec-vous-je-n’ai-rien-d’-un-marin

*

belle-à-en-mourir-diva-insouciante-et-stérile-à travers-mes-rêves-fébriles-tu-sommeilles-je-te-rejoindrai-toujours-car-il-le-faut-dans-le-calme-lit-des-maladives-jeunesses

*

à-la-recherche-d’-un-impact-de-vérité-vous-serez-souvent-confronté-à-votre-décrépitude-volontaire-toute-cruauté-est-bonne-à-prendre

*

je-crois-tout-ce-qu’-on-me-présente-je-suis-bien-obligé-j’-imagine-des-histoires-et-pour-écrire-une-belle-histoire-il-faut-d’-abord-commencer-par-choisir-les-mots

*

quel-diable-m’-a-poussé-qu’-est-ce-qui-s’-est-passé-si-je-rattrape-ce-farceur-je-jure-par-Dieu-tout-puissant-qu’-il-saura-de-quels-bois-je-me-chauffe

*

un-jour-une-ville-accueillera-un-poète-qui-ne-porte-en-lui-aucune-peine-sept-ans-qu’aura-durer-son-calvaire-quelqu’-un-comprendra-son-isolement

*

j’-ose-un-clin-d’-œil-à-la-lune-la-Séléné-chargée-d’-une-tristesse-ce matin-de-loin-de-par-le-monde-frissonnante-de-désir-pour-chaque-feuille-d’-arbre-et-pour-l’-âme-vibrante-couverte-de-rosée-où-elle-a-froid

*

il-y-a-des-logements-sociaux-habités-par-des-petits-diablotins-qui-jouent-à-lancer-des-projectiles-de-toutes-sortes-sur-les-chats-errants-qui-inévitablement-atterrissent-dans-la-cours-je-rouspète-au-delà-du-mur-de-séparation-et-après-un-instant-de silence-j’-entends-leurs-pas-s’-éloigner-je-me-figure-qu’-ils-ne-font-que-déguerpir

*

cela-fait-longtemps-très-longtemps-que-je-croyais-les-fenêtres-d’-un-écran-d’-ordinateur-immuables-mais-en-fait-pas-du-tout-selon-que-la-corbeille-soit-vide-ou-pleine-elles-changent

*

je-serai-une-station-mal-desservie-que-j’-en-mourais-sur-la-voie-des-clématites-blanches-je-trottais-d’-un-flair-de-feu-des-dieux

*

un-jour-tu-règnes-en-maitre-sur-les-tropiques-le-jour-d’-après-tu-es-second-ainsi-va-la-symphonie-du-monde-aux-yeux-ébahis-des-spectateurs

*

j’-oublie-que-les-colimaçons-sont-faits-pour-monter-même-les-mécaniques-les échelles-et-les-avions-ou-pour-descendre-je-dégringole-dans-ce-cas-précis-c’-est-tout-bénefique

*

ce-que-je-tais-par-manque-est-peut-être-de-la-poésie-s’-envolant-de-ma-mémoire-comme-un-papillon-un-mois-de-mai-ou-un-phénix-pourquoi-je-ne-la-retranscris-pas

*

je-vais-finir-seul-moi-sans-souvenirs-ni-pellicules-à regarder-j’-aime-les-seize-millimètres-poussiéreux-jaunis-et-tout-par-la-décharge-englouti-et-sans-enfants-qui-m’-aiment-tendrement-et-c’-est-le-moins-terrible

*

lorsque-l’-horrible-s’-entremêle-à-l’-idéal-et-ne-se-retient-plus-Dieu-s’-il-vous-plaît-je vous-adresse-une-prière-algérienne-versez-sur-nous-un-peu-de-votre-bonté-car-les-élastiques-sont-tendus-et-même-jusqu’-au-niveau-de-la-gorge

*

dans-un-petit-coin-paradisiaque-dans-un-jardin-parmi-les-arbres-nos-plus-vieux-amis-dans-un-temps-de-misère-je-tâche-de-reconnaitre-et-je-persévère-que-je-traîne-dans-la-boue-ou-dans-les-sphères-comme-une-quête-ouverte-et-solitaire

*

mes-cheveux-éparses-tombent-l’-ivresse-livresques-dans-un-songe-rattrapé-ce-sont-les-signes-avant-coureurs-d’-un-suffoqué-et-puis-ultime-dérision-sans-façons

*

les-rêves-de-ma-ville-sont-frénétiquement-correctes-seul-la-flamme-d’-une-bougie-sait-qu’-elle-est-grande-de-ses-noyés

*

je-suis-content-les-courants-créent-des-fleuves-le-soleil-source-se-lève-à-la-même-heure-et-je-n’-y-peux-rien-à-savoir-qu’-un-poète-peut-toujours-peut-toujours

*

comme-à-chaque-fois-je-me-retourne-si près-de-la-sortie-et-si-mes-rivières-pour-elles-se-sont-taries-je-n’-en-veux-qu’-à-moi-même-nous-deux-était-si-beau-dommage-dommage

*

même-si-ce-vain-monde-échappe-de-l’-apocalypse-grâce-à-une-poignée-d’-hommes-qui-prient-je-ne-les-salue-pas-de-toute-éternité-mais-à-une-échelle-moindre-j’enfante-pour-chacun-d’-eux

*

Au matin, je rejoignais la veille

le poème me traversait comme si c’était le dernier, reclus dans mon grenier

comme le dernier départ d’un train, ou la dernière étreinte

je croyais qu’aucun instant écoulé n’y remédiait à cette 11 heures du soir

de passage, je ne souhaitais pas m’appesantir

j’étais encore là ! j’y revenais, ressassais

urgence

de la vitesse

et quelques renoncements

l’état de mes poèmes : une version diminuée de ce qui me précédaient

la source n’était plus, restait l’encre et la poussière

annonçant l’effacement

je situais la chanson en parallèle de mes productions, hors de mon horizon

un album de Depeche Mode et une fuite était entrevue

j’écoutais, je convoitais, là où je m’aventurais

je me voyais comme un charbon, une ode au charbon

alimentant tous les foyers

lorsque tout se valait dans le grand brasier, passant vrai au pied de rares montagnes, un vertige me prenait, alors je contournais

je me demandais qu’en est-il du débordement, en poésie aussi. il est vrai que tous les poètes décevaient leurs contemporains, un leurre de croire l’inverse

je désespérais des jours de lecture sans un arrachement ou un emporté

je me résolvais, … me prêtais des voix dans mes recherches et concepts

ou lorsque je tissais de la laine, durant les éclaircies

je ne savais jamais qui j’étais, où j’allais, mais j’espérais de mon cœur

comme entre deux contrées, sans la tiraille. j’échappais à l’idée du plein, aux lunes

je rêvais de la sensibilité des singularités, sans m’y prendre

j’écrivais parfois avec les poètes

parfois une adresse

de dedans et de dehors

auprès de mes morts, auprès de mes mains

je fracturais le poème, tout en intuitionnant la régénération, comme un second souffle

jusqu’au moment où je constatais la perte

longtemps je m’engouffrais dans les brèches du poème

comme un intrus

comme un éléphant

un élève surtout qui écrivait sur la marge. il m’était indéchiffrable

je méditais sur mes raisons de vivre, mes peurs et mes aspirations, – comment était mon enfance ? mutique comme une surface

est-ce qu’il fallait me lamenter sur mon sort et me terrer, alors que je devais autre chose de mes lamentations

j’étais de la faillite, authentique, radicale, – à quel moment mon histoire s’était gâtée ? lorsque je touillais dans le sens inverse des aiguilles. une fabulation

je les inscrivais à la lisière, dès l’abord. je les écoutais aussi, rien que pour la jubilation d’une suite de signes

je me persuadais que ce n’était jamais sorcier, sans m’attarder à ce qu’ils étaient campés, ou du milieu

conspiration, adhésion, translation… : rupture !

de ce que j’en savais et devinais, tout m’y préparait, tout m’y arrachait

je transcrivais une poésie qui collait à ma peau, sans ajout de mes travers, de mes poisons

elle était parfois qu’un discours lorsqu’elle me paraissait indicible, moins limpide

j’acceptais néanmoins sa part d’incompréhension, d’imperfection, d’inachèvement, comme ne pas l’accompagner au bout

je ne retenais qu’une touche, un scintillement, comme le jasmin les nuits d’été, ou la réverbération sous d’immenses soleils

j’employais le Je comme un autre soi, érodé, feuilleté

je hurlais à la mort, rien cependant qui pouvait nuire

j’y déposais mes croûtes

je renonçais

à chacune des chutes une relance, un mot

je me souvenais de l’époque où je n’étais pas trop stupide, mais où j’allais

je rallongeais les idées lorsqu’elles me venaient, aucune ne s’atténuait, comme les ombres des arbres au crépuscule

j’écrivais parfois toutes les nuits, sans tracer une ligne. je ne rencontrais cette hargne nulle part

je concevais un filet. je récitais mes poésies

je me prenais toutefois pour un bookmaker, pronostiquant sur les chances et l’audience d’un poème, bien avant de le dénaturaliser

de le renier, subséquent

quels dieux empêchaient leur envol, une unisson…

était-ce donc moi

l’homme pendu

à son sac

avec un coude qui se détachait

d’une cité

tenant du souk et bradait

j’inventais des problèmes de plus en plus les nerfs à vif, comme des lames qui raclaient mes os

je pourchassais mon destin, ma conscience était sans tache, baroque

je n’avais pas de solution à m’apporter, sinon pas affligé, – que pouvait un poème en ces temps de rift, en ces temps de chien qui plaident pour des chiens rongés par les bêtes ?

comme étaient les étranges arbres, la nuit, seuls, ces mêmes arbres qui par ailleurs me causaient le vertige

Une collusion

une collusion

l’endurer

juste un après…

sans bruit

s’éclaircit

ciel et doutes

un temps

trace / fouille

le long trait qui dit :

immédiateté.

emporte

oscillante vérité

c’est toi.

noir mat

in-octroyé

tu rendossais à Palerme ses ailes

à son image

vieille

contagion, aucune rainure

tel quel :

elle

elle ne pouvait te vivre.

Nœuds avant chaque poème, comme avant un orage

j’aube à la nage dans les vents

je crépuscule comme une course

je soleil comme un jus de citron vert des plaines de mon enfance

je nuage les moutons un jour d’une légère brise

je rivière sous la tombe de Rivers

j’étoile les poètes en filigrane de mes amis des montagnes

je planète comme Holst au sahara où je retombais malade

je flaque mes paumes sur les pommettes d’un clown

je pluie comme je te regrettais Hania, – Rien ne me rebutait autant que les conventions.

je sable les chaises de poussière pour ne plus m’y assoir

je singe les étendards au clairon

j’abeille comme les ruches au printemps de Plath

je livre pour un douro ce poème de la casse

je trombe !

je ruisseau après mes repas de pain et d’orage

je brume sous les parasols à la plage, – Ne serait il pas un peu zinzin ?

j’ange ainsi que tu angélisais

j’aile comme Frida

Second usage

à Camille.

en avant de la veilleuse

un filtre

en avant du filtre

un cadre

en avant du cadre

un verre

en avant du verre

les deux croquis

en avant des deux croquis

un chevalet

en avant du chevalet

une scène

en avant de la scène

les deux modèles

en avant des deux modèles

un nu

tout était plus au moins bancale

et sous une note !

Salut, c’était moi…

elle enfilait un masque méconnaissable à la nuit tombée

comme une ombre sur de hautes cloisons

tout ce que nous partagions

notre foi

parce que différente

comme une garde de tous

il disait aux immensités bleues* : les femmes avaient des yeux perfides !

il disait à son cœur : les femmes avaient des visages obliques !

tout ce que nous échangions

notre amour

parce que tendre

comme après la chute de tous

les mots qu’il faudrait ravaler

– il y avait des reclus que l’on calomniait de fou à lier.

tout ce que nous chantions

notre printemps

parce que folle

comme de l’avis de tous

je me malmenais de toi

comme des vents contraires et de mon cœur

* Le bateau ivre. Arthur Rimbaud.

Raquette dans un sac de voyage

la vie était comme on danse

de nos libertés

et à l’aveuglette !

le vide se faisait sentir

je criais !

une femme jouait la nuit au solitaire sur son ordinateur, seule ! moi, je me touchais de cette extravagante solitude, même les lampadaires vibraient

la vie était comme on cauchemarde

de nos ailleurs

bien meilleurs qu’ici !

nous ne pouvions plus voir

d’un autre cri : nous jouions de la chamade !

un cordonnier n’avait plus d’outils, lors de l’une de mes visites. il était crépusculaire, affligé comme un quelconque possible. il lui restait sa vue

j’écrivais, je t’écrivais une lettre muette

avant même de te revoir

Deux mains reposaient un broc

il-elle venait

avec l’ordonnance de son cachet

rien ne pressait

sinon, sa mélancolie   

*

saluant l’image

d’un blanc miroir

une présence   

début

qu’est-ce que j’ai fait de ma boite

à mégots ?

*

un instant

c’était l’éternité qui jeûnait

*

il-elle approchait

avec ses bras archès

vertige au bord

comme toucher au mythe

lorsque je n’avais plus d’histoire à me raconter, me croyant déposséder de tout. j’accumulais des choses sur toi, qui miroitaient comme les montagnes alentours. l’érosion pouvait commencer.

*

il-elle s’entrevoyait

comme de par son cœur 

où y exultait le souvenir    

sous la pénombre d’une chambre  

*

pluie de lèvres et langues mouillées

les illusions du vasque se perdaient à l’été

*

au matin

le soleil se levait la bouche ouverte

*

je m’asseyais sur un sofa au milieu d’une fête, un pot de départ parait-il ! m’assoir, je ne savais faire que ça. il faisait jour sur les rideaux bleus.

*

j’écrivais son histoire

au même temps qu’elle se déroulait

*

il-elle atteignait

l’intensité de son origine

comme les poissons dans l’eau  

et leurs trappes

*

c’était l’ombre qui donnait à un escalier une teneur monumentale, toutes les ombres n’étaient pas angoissantes, à craindre. je lissais tous les plis.  

*

passionnément, je t’aimais

on se parlait en italique

*

je recomptais sur mes doigts, comme compter les étoiles à mon oncle, lui-même sondait les jours à venir, peut-être ensemble.

il-elle saluait

plusieurs fois durant l’entrevue  

espiègle

et la langue fourchue

je m’endormais près de toi

– qui veillera à présent sur moi ?

*

le poète enfantait dans la douleur

*

je t’aimais d’un amour qui permettait tout

comme l’oiseau de marbre

*

une cigogne sur les toits

déménagement

– est-ce que c’était un retour ou une arrivée ?

*

une trajectoire opposée

vie parallèle

rescapée

comme l’eau jaune dans un broc

*

– tu m’avais moi.

– tu étais sans forme.

– tu m’avais moi.

*

j’aimais l’architecture de l’Europe, son histoire et ses innovations, comme ta Citroën ! je m’asseyais à côté de toi, confortablement et en sécurité. je découvrais la vieille ville.

c’étaient les reflets de ton reflet… , que tu désertais depuis, ilot parmi les iles, un paysage doré qui ondoyait comme ta peau ou les épis de blé.

*

il-elle se lavait et crachait

dans l’évier

après les repas de famille

– qu’est-ce que cela voulait dire ?

*

l’art de vivre des petites gens était dans le sauvetage des apparences

*

novice

une partie de moi-même était occultée

*

ce n’était pas tant au prince

que s’intéressait

Rose 

mais au cheval

j’étais un cheval autrefois

je battais le pavé des villes et les reins des filles me remerciaient

*

vivre sans toi

c’était comme se noyer dans la Loire  

*

il-elle se reflétait

depuis l’autobus dans un lac

comme derrière la chose

derrière sa fenêtre

*

j’avais un rendez-vous avec une lune, ses formes étaient tellement dilatées qu’elle atteignait presque Vénus. je m’allongeais comme un pendu, bercé par le chant des griots.

je n’avais pas de quoi payer un livre, même une bonne occasion ! je fraudais alors dans les trains pour la rejoindre comme des milliers avant moi, des milliers !

*

le fini

ce n’était jamais tout à fait finir

*

tu voyais ce qui était comme

ce qui n’était plus  

tu te le représentais

*

il y avait du repos chez soi

du moins, la promesse d’un corps flasque

*

dans mon imaginaire… les personnes âgées, comme mes grands-parents, ne faisaient jamais la vaisselle. les enfants prenaient des tabourets.

*

lorsque je parlais

j’avais soif de peaux

soif de vous

hier était un jour de fête

qu’elle aurait été le cours de la vie encore autre

*

même lorsqu’un poète dormait

il ne dormait pas

sinon d’un sommeil d’outre coquillage

*

vous ne me verrez pas demain   

ni le lendemain

mais restez alerte

il adviendra un jour

où je frapperai à votre porte   

*

avec les femmes dès qu’il s’agissait de l’âme, elles fuyaient et choisissait celui qui leur contait fleurette. je les faisais percevoir, rien qu’une perception

*

l’encre atténuait l’horizon

de mes vers

*  

la fille de ne pas être revenue s’était volatilisée

*

j’étais enivré, réinventant quelques étincelles, qu’ensuite je mémorisais. je suivais la première étoile, toujours pressé de notre rencontre. je savais le temps qui nous était imparti.

*

il-elle se souciait peu de l’ici ou là

tant que son exil intime le manque

lui importait les signes

tant que la poésie…

*

pour les culs-terreux tout était notoire 

je savourais mon dégout

seul

*

tu roulais comme un bolide

sans sucre

*

les boyaux d’un dragon tournaient

et elle

*

je savais de quoi était fait ton regard, ton regard de froid et de glace. l’effet qu’il produisait chez moi n’était pas humain. je te complimentais par là même.

*

il-elle conjuguait

les noms : Van Gogh Matisse Picabia Chagall Modigliani Bacon

Cézanne Renoir Rembrandt Vélasquez

sur tous les tons comme le Je de l’élève

*

aucunement

trottoir

oeil en equinoxe

flou

de l’observer

une trotteuse

*

pas de précipitation

et donc, on feigne la tache ?

*

une aube

un lac

entre nous deux

toi

*

le voilier qui voguait derrière une fenêtre

il n’avait pas de forme

il n’avait pas de port

– Il n’y a de terre qui n’est gorgée de sang.

*

je retrouvais le nom de mes amis et connaissances, comme dans le coran. ils s’annulaient, côté de mon dos qui me réjouissait.

*

j’étais imparfaitement

de la vieille veine, une franche !

*

il-elle fréquentait

les étrangers en situation irrégulière

et aspirait à élargir son horizon

comme un secret à peine voilé

  • en cours d’élaboration.

Momentos

l’œil porte

sur la flamme verte

de ne plus se souhaiter la mort

écrire

région

mélodie du cœur qui porte

éclairs et cendres

en dedans des poumons

dorsale

moelle

torche

feu de l’action

lit de personne

lourde tête

étincelles

silence

j’étais mien avec l’autre au naturel

pour un laps de temps

Vents mauvais

je rêvais au cœur des vents mauvais, de nous deux et du battement de ton cœur, – et triste ! je repensais à toi, amoureux de nos allées et venues :

parmi les arbres

quintessence

me fend

fruits d’été

bec du typhon

Tristan distraie

sang séché

sens unique

et le monde en est changé

quelqu’un me fait une promesse

Quand les mots

quand les mots se dérobent du mot

quand le port de la mémoire

quand le suc de l’œil

quand la respiration se fait halte

quand l’épave des siècles

quand la langue pâteuse exulte d’eau

quand le mais est déjà

quand la saison des vaches et des mouches

quand la chanson tourne

quand le lourd est plus que lourdeur

quand les classiques revisitent le contemporain

quand l’intérim des esprits est de mise

quand le rire s’y met à deux fois

quand le vouloir se tord

quand l’épuration blanchit les feuilles

quand les peaux sont défraichies

quand l’horizon trône

quand les anges sont des démons et les démons des anges

quand les répondeurs n’accrochent plus

quand les dépens accrochent

quand la platitude gagne l’enfance

quand l’adoration se perd

quand l’œil s’écarquille sur les reflets

quand la levrette est au pied de son maitre

quand les trains sont rouillés

quand les constellations s’alignent

quand l’arbre s’enracine dans la mort, – alors, je délire !

Funèbres refrains

à Jean-Baptiste.

les aveugles sentent les étoiles

avec l’œil de l’âme

les aveugles sentent les étoiles

d’un cœur en flamme

le poète brûle

d’un cœur en flamme

les chiens grondent de peur

sur la terre de Dieu

les chiens grondent de peur

la ville se dévoile aux heures nocturnes

d’une magie et d’un mystère

la ville se dévoile aux heures nocturnes

j’ai peur au plus creux de son flanc

d’où l’on entend d’en bas les feuilles sur le sol

j’ai peur au plus creux de son flanc

Pas tant que ça niché

barbe noire

à peine

fantaisiste

manie

fort bien sans

violettes sauvages plantées dessus

regards cueillis

plus de cent

frères et sœurs

blanche barbe

déjà roussie

déontologique

fleurie fort bien

par la fenêtre un satyre

cent fleurs d’anges

au bout des doigts

dites nous :

frères et sœurs

nous éclipsons les mohamédiens d’ici

comme leur fausser compagnie

Justificatifs de vie commune

mardi un jour de labeur noir

mercredi un jour de labeur noir  

jeudi un jour de fête  

vendredi un jour Saint

samedi un jour de labeur noir  

dimanche un jour du Seigneur de la terre d’accueil 

lundi un jour d’un arc-en-ciel pour toute la semaine

le deal était si tu l’aimes ne te maries pas avec elle   

j’avais un visa moyen séjour

mardi après-midi dévolu au sofa  

mercredi après-midi dévolu au sofa  

jeudi après-midi dévolu au sofa  

vendredi après-midi dévolu au sofa  

samedi après-midi dévolu au sofa  

dimanche après-midi dévolu à la guitare  

lundi après-midi d’un arc-en-ciel pour tout le mois

j’étais marié à une femme beaucoup plus intelligente que moi  

j’étais heureux, mais sec !

mardi pour le dîner nous avions des pâtes aux jaunes d’œufs et fromage râpé   

mercredi pour le dîner nous avions de la viande hachée et petits pois-carottes  

jeudi pour le dîner nous avions de la pizza faite maison  

vendredi pour le dîner nous avions de la soupe  

samedi pour le dîner nous avions du riz au beurre et cordons bleus

dimanche pour le dîner nous avions des pâtes aux saumons à l’italienne   

lundi pour le dîner nous avions un arc-en-ciel pour toute l’année

nous avions déménagé chez ses parents  

j’étais perdu

mardi soir : néant

mercredi soir : néant   

jeudi soir : une gâterie  

vendredi soir : néant   

samedi soir : une branlette

dimanche soir : un coup peinard  

lundi soir était un arc-en-ciel noir pour toute la vie

nous avions divorcé un jour d’été   

j’étais malheureux

la nuit était le jour et le jour était la nuit  

la terre était le ciel et le ciel était de terre  

le soleil se levait sous la terre et se couchait au zénith  

les vents frais passaient sous mes pieds

Un saule est une sérieuse affaire

par le son des cloches

ton spleen

tes auto-stellaires branches

tes lapidaires heures

ta maison en carton aux vents ouverte

hantée par ton nom

comme un signe, déliriums, ô le cygne blanc !

bat de l’œil très haut sur l’étant

vétéran

incertain

cœur d’un petit-conte

sans loups

sans loups

lignes déchanges, flottaison, ô les migrations !

à mi-hauteur de la cime des arbres

écume de tes mains

ta peau

dessous les goutes lactées

à outrance

chauve-souris par là

ailleurs, vœux indiens, ô le veau d’or !

au jour

roulade de l’enfant qui s’éprend

succombe

des veines de ta bouche

de soleil

lorsque ton printemps…

somnolant, biscornu, ô les jujubiers !

je clamais d’une marche lente et griefs

jusqu’au saule en face de l’autel

L’escale de la matinée

de coton

les sept heures

parachutés

sur tes yeux opiacés

comme des raisins verts

un parfum de poème

une foudre dans ton cœur

comme les éclairs sur la toile d’un peintre

bourdonnement quasi lointain

vaguement

à l’ombre

je m’allonge sur les rêves de tes nuages

de rouge

l’écharpe de l’écolier en mal de fenêtres

dessins d’une abbaye

dessins de ta courbure

s’éveillent

tant de mystères

qui ne valent ta caresse

morsures d’une étrange bête

lente d’une douce confession

effervescent

comme les chants oubliés

je m’agrippe à ma bouée de plaisance

de légers vents sur les roseaux

tout aussi contre toi

tes âges étagés

sève

peu de zinc !

désolé de te croire verte

ton onir

par lui charmé

comme insuffler une seconde fin

à tes matins

de gris

je m’essuie par crainte de trop m’y plaire

Furies de l’été

une femme que j’approche

que je déculotte

derrière ses prunelles

parmi les quelques furies de l’été

mots transversaux

d’une aussi longue frange

élans du passé

insaisissables couleurs

sur-l’-herbe-folle-dont-l’-herbe-folle-raffole !

inquiétude légère

doigts qui butinent

sautent en d’autres lieux

frileux… , – saisis-le !

pointe au corps

aigue

sculpté par les fées des ruisseaux

toile cachée

amortie

j’effleure ton bras

ton parfum me rappelle les saisons

La perte

fourmilière

ballets du bâton rompu

nos sourires ou riz au lait

versés sous nos pas

étouffés pêlemêles

tout Traviata

nos pas !

mémoire de l’exilé de bout en bout

relégué par les odeurs et une béance

recherchant l’ouverture

diaphane – diaphonique – euh… !

épuisement d’un temps intercalé

où rien ne s’assemble et se dédouble

œufs brouillés de l’enfant

tout savant

baromètre des ombres

fine et finissons-en !

il n’y a rien pour toi ici ?

Apollon manqué

ailes et voiles et temples et carrefours !

mansuétude

blanches fissures

enfuie

déraciné

malheurs sous l’abri

sous nos pas de tambour, en mur

seule cette perte

je repêche ton regard à moitié endormi

puisqu’on aurait essayé

La femme aux oiseaux

à Alice.

au couvent une femme s’attarde dans un corridor ouvert aux débâcles, sonde son âme et noie ses yeux qui s’agrippent d’attente sur les feuilles d’arbres

( lorsque l’automne presse le pas ! ).

qui êtes-vous ?

que voulez-vous soustraire ?

solitaire qui observe l’irréparabilité

mal dépecé

acide

j’aspire à une eau qui s’en est allée, – qui donc crois-tu comprendre ? je la désir depuis ma vulnérabilité, me cache comme un tronc parmi les arbres, cadavre ambulant

( lorsque l’hiver embourbe nos pas ! ).

thème sur un ancien baiser : judas !

toc-toc, houst, l’indésirable !

transparente colère

fracas palpitants

flagada des pensées

je réitère mes adieux à la femme aux oiseaux

et je pleure de joie la paix du soir

Fleur de Lys

départ d’éclairs

pucelle qui s’envole avant l’heure

départ d’éclairs

bleu d’azur intemporel

départ d’éclairs

départ de la lecture en éclaireur

départ d’éclairs

du sol au firmament

c’est la pucelle !

rougeurs au tronc sonore

départ d’éclairs

blessure au cœur qui colmate

départ d’éclairs

départ comme un ultime éclair

départ d’éclairs

nuées jusqu’au sol

départ d’éclairs

c’est la fleur de lys !

bataillon qui encercle les remparts

chants de victoire et bataillon

je cherche à me faire en vouloir

et tends vers le baume

Matin d’été

à Isylle.

rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

et sur mon lit

tout froissé

tout envouté

rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

pour recueillir l’intime silence

de ses flans de coton

de ses yeux

rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

sous la lumière des stores

et sa nuque parfumée

que je quitte

rien qu’une amie dans la tiédeur matinal

j’en meurs

puisqu’il convient de me lever

ici

comme ce qui est le péché aux interdits

et les ripailles à l’indifférence !

Trois saisons

grippe

ou la fuite des vents

mue et morveux

douceâtre comme les peaux

boulevards bordelais qui transitent

quais embrumés

retardataire et à l’heure

humeur à la Gabin

Un singe en hiver

ainsi qu’un anniversaire de l’anneau

dessous les tambourineuses étoiles

le présage d’une noyade

parce qu’il y a un soleil

les lendemains d’une noce

extrapolations d’un intérêt sous les lampadaires

Richard sa majesté des affaiblis

s’assoir sur un fauteuil mirobolant

proverbe et flasques abattis

tapis recouvrant les sexes

les blancs

dogme du piéton

une histoire à la barre

plaide encore pour les étoiles

Aurore file la fin de l’été

je me pouille sur le chemin des poètes

comme j’en croise de si vrai

Libérations

tes nouveaux lustres

vieux coffrets

tes ciels bas et obscures

ode de coton blanc et bleu

tes yeux horribles et troubles

baisers qui s’enroulent

fini l’éternel

qui sait d’orgueil ?

tes sornettes

ailes rouges de sauterelle

tes accents de flûte

fleur jolie, jolie… !

tes sons vermeilles

sur mon lit, tu sommeilles !

astre rustre

ô mon astre Français !

je beigne dans tes rêves

comme à rebours

Au bord

à Sabrina.

soleil irradiant

sous un arbre

manichéen

demies tensions

itinérance au bord

moitié d’une clameur

lasse qu’à moitié de la lecture

retour à la dicté

cloche qui retentit

comme un dimanche des rameaux

baisers éternels d’une fleur

ciel qui s’étend de grisaille

ouverture basse et non plus déchainée

perspective et portes

dames qui feintent d’une tête

observent en dedans

à la lisière du chant

au parvis et merveilles que j’honore !

absente trainée au-delà du mémoriel

salut toison d’or du bélier

salut étrangère

je saute en plein milieu des châteaux de sable

et me salis les mains

Perceptions d’un intérieur

long tempo

aux combles

un homme fictionnel

vêtu d’une chemise

brettèles

ventre d’un poisson

pieds sur le parquet lourd

et crétin

il frisait les étagères

et fumait des gitanes

second raccord

près de la fenêtre

une femme éprise

au long cou

aux doigts rouges

et les seins d’écolière

vêtu d’une robe

à fleurs jaunes verts et noires

elle oscillait devant le téléphone

et échangeait un baiser comme frère et sœur

je n’ai pas de voiles blanches et de brumes

la grêle m’appelle et s’y retrouve

Cristaux

grince

orgueil du cœur

blizzards

lumières d’une ville

feux

flamboyant

nuées d’une grange

sans cabale

et joie

foule mausolée

tapi

rien que là

toit à mille lieux

à mille têtes

sereins rêves

flûte

soupirant

oies

promesse

peut-être une dernière

à lui

à l’écho de son parfum

coquelicots

bras rouges de froid

enlacement

grippe

arômes

homériques

berceau

ouvert à toi

aux messagères de la nuit

brouhaha

dingueries d’un ruminant

insistance

vaillance

assistance à la tonalité…

est parti

Charlie Parker

corbeau

détenue bravée

puits ou buis

lourdeurs

balancement

jours perchés

assaillant

sous une table

percé par les cristaux

je brûle de l’encens au plus sombre de la nuit

si souvent

Appeler Nathalie

le même félin désir ! le même déshabillé !

ivresses qui susurrent tout bas

corps exaltés et d’éclats

corps comme un halo

cela te rappelle les sarcophages

ta peau qui invite à l’outrance

se parcourt comme les aubes blanches

comme le retour d’une érection

de colère et de larmes

sous les draps

qui t’arrachent à ta torpeur

à ton orbite

ton feu

si solaire et limbes

avec tes quelques airs de comédienne !

je croque dans le jus d’une tomate et fraîche

cueilli par ton sel

Exhumé

dent havement rebelle

et croque !

arctique

amorce serpentine

voix percluses

s’abandonnent à échéance

grecs qui se jettent

cote suspendue

l’-amour-que-l’-on-me-verse-déverse-le-daemon

paraphe vasé

pendant d’un collier

de course et saccades

eaux de mes Converse

trouées

trouées

je peine à poursuivre le poète

comme singer le bruit

De brume

surface de brume 

matin consensuel 

ciel dévorant 

rien qui n’autorise l’accès 

parmi les anonymes

et le jour s’imbrique de secondes ! 

d

i

v

i

n

e  

percée par un fouilleur d’envolés 

clopine des sphères 

enfant qui tournoi comme un derviche 

et regarde, regarde s’obscurcir l’œil 

et le sait

déci delà une romance  

la poussière des villes où l’on réécrit

les allées qui trucident 

les pavés comme de la boue 

j’entrevois parmi mes débris une planche

comme un sphinx

Tant que l’on t’écrit

à Fanny.

les arrières pays in-approchés 

traversés en surface 

défilent fort l’hymne

du chagrin avant l’exil

plus de là-haut – Laos ? 

rien d’imperceptible

délicatesse qui dénote 

comme un centaure qui descend

une plume qui s’étale pile 

au cœur de l’éblouissante disparate 

hôte qui la pleure 

et plane 

léger 

insondable comme l’air

les vents d’automne se contrebalancent

des volantes feuilles noircies 

d’épais nuages 

sur un arbre qui croît

comme tant de désirs irréalisés

entre les rires

d’amis 

j’ouvre mes yeux qui s’en retournent navrés

et je frémis

Le sang est indélébile

la poésie n’est pas au service d’une idéologie, d’un parti, d’obscures passions, etc.

je suis écœuré.

je pensais ne jamais jeter un recueil faussement nommé

je suis écœuré.

le mal de dedans est un pléonasme Les concernant

je suis écœuré.

cette menace qui nous nargue ! sinon j’aime lorsque la poésie est menaçante, dangereuse, etc.

je suis écœuré.

je pensais à mal la poésie, celui-ci est un torchon, – lis-le !

je suis écœuré.

je ne trouve pas de qualificatif Les concernant

je suis écœuré.

il y a des combats qui se font pour la vie

le droit à la liberté

Jamais pour en découdre

ce que vous pensez de moi, ne me regarde en rien. ce que vous confiez à une autre personne sur moi, ne me regarde en rien. je m’éloigne de vos territoires

mais est-ce qu’un jour, vous m’avez accepté

mais est-ce qu’un jour, vous avez eu foi en moi

ce que je pense de vous, ne vous regarde en rien. ce que je confie à une autre personne sur vous, ne vous regarde en rien. je rêve de la nostalgie et de la vitesse

mais est-ce qu’un jour, je ne vous ai pas aimé

mais est-ce qu’un jour, je ne vous ai pas respecté

je lance sur vous toutes les malédictions ! je vous maudis par tous les saints et les diables ! mais si vous n’avez rien à vous reprocher, vous ne risquez rien. – vous pérorez, pérorez !

mais est-ce qu’un jour, vous m’avez cherché

mais est-ce qu’un jour vous m’avez rencontré

j’empoigne l’épée damoclès au-dessus de ma tête

quitte qu’elle me transperce !

Automne des barbus

je me figure le style des barbus chirurgiens, en parallèle des barbus en basket nike ! ils pourraient s’appeler Hamid ou Stéphane, jamais ils n’auront une large sympathie

ceci est proscrit et cela est le salut !

personne ne sait d’où tu sors, mais d’où ?

j’ai l’impression que la misère de l’être fait des dégâts. mon cher ami me dit qu’il juge l’arbre à ses fruits. au-delà de tout discernement, je peux lui répondre dès à présent qu’ils sont pourries

ceci est proscrit et cela est le salut !

personne ne sait d’où tu sors, mais d’où ?

je devine les bouches, les teignes, surtout les piteux ! l’oiseau se souvient de ses après, son automne toujours s’impatiente de la feuille rouge

ceci est proscrit et cela est le salut !

personne ne sait d’où tu sors, mais d’où ?

c’est presque une caricature de moi-même

il me faut vous comprendre !

Figures

 : 1

il était une chose

il était un être à la dérive

il était d’une mémoire surannée

il était à peine né de ses rêves

il n’était pas une lourde médecine

il n’était pas une conscience d’intermarché

il était parachevé par ses aînés

il était une cadence confuse et folle

il était un mont positif

 : 2

il était un piètre poète

il était empêtré ?

il était sourd aux vents sourd à la vie !

il était ses fuites et j’oublie

il était la perte sans se retourner

il était le revers d’une histoire trop bruyante

il était leur noirceur où son caractère s’endurcissait

il était sa défaite

il était son refus de vivre

 : 3

il était seul

il était désolé de tout

il était désolé de la vie

il était désolé de la vie qui n’allait plus

il était désolé des étoiles qui ne brillaient plus

il était le dire le faire le passer

il était sans frontière

il était du plomb tacheté de son sang

il était relégué dans sa caverne

: 4

il était le clown blanc

il était un vieux reste de son aura

il était une espèce d’égout dans la gorge

il était sans caprices et délusoires

il était l’accroche à rien et à des semblants

il était une accroche à un tout et à l’ennui souhaité

il était un cœur en sentier

il était une histoire qui tient sur ces cordes

il était vierge de la mort

: 5

il était conté

il était le suspect à réduire au silence

il s’était éteint au hasard   

il était le versant d’un cœur détruit

il était un corps qui s’effritait

il était l’asphalte qui appelait à l’œuvre les palmiers

il était une tête en dehors des sombres couloirs

il était là où vont les poètes

il était le royaume des oubliés

: 6

il s’était levé gauche

il n’était pas d’une forme de lion

il n’était pas la jetée qui miroitait

il était le Do de la veille

il était ses indéfinissables actes

il était toujours à 10h24

il était une froide peur de ses mots

il était leur opposition

il était sans chemin

: 7

il était une double sphère

il était son regard sur des murs animés

il était une colère projetée

il était le souffle qui irradie sa mémoire

il était le sol moite qui s’ouvrait devant lui

il était la devine du noir des ombres

il était un enfant qui s’éloignait

il était un enfant qui voulait mourir

il était pétrifié

: 8

il était une cantate

il était un vaisseau qui voguait

il était très mécanique et très versatile !

il était les portes cloisonnées

il était sa trentaine qui se précisait

il était le terrible dans les années quatre-vingt-dix

il était un avenir et l’espace clos des étrangers

il était une incarnation de l’esprit des chamans

il était leurs rires avant de finir

: 9

il était un nectar de leurs sueurs

il était leur bâtisseur de montagnes

il était une portée de mains sur un nouveau visage

il était d’une lenteur…

il était le sommeil léger des condamnés

il était le démenti

il était la réponse à rien

il était comme les pas à pas d’une corolle

il était la dernière fleur qui perdait son âme

: 10

il était sans souffrance aucune

il était les tombeaux de sa tête qui se figeaient

il était une part de lumière dans la Ténèbre

il était l’engloutissement de leurs lumières

il était l’équivoque lorsque Dieu… !

il était une prière des anges et des prophètes

il était un rappel de la crête

il était le recommencement des jours

il était la fin du poème

: 11

il était lourd de ses luttes 

il était son travail

il n’était pas bâti pour l’étude

il n’était jamais en paix

il était son désarroi avant l’achèvement

il était un souhait avant de prendre ses distances

il était une aire de repos pour les voyageurs

il était les mouvements irascibles

il était conscient du peu qui lui restait

: 12

il était du fer antique

il était un réduit compact martelé

il était une taule d’âme froissée

il était tout le long du noir sillage

il était son esprit qui le quittait

il était son humeur et ses gestes approximatifs

il était dès les matins bleus

vous vous enlisez dans les confections intérieures

voyez qu’il se trouve autour de vous des personnes de bien

Tournesols ou la symbolique des chiffres

le onze de mon anniversaire onze planètes onze milles verges d’Apollinaire

le trois février de mon mariage trois places d’un podium trois œils dont un de la conscience trois cuillères de mon café soluble

les soixante-quinze kilogrammes de mon poids soixante-quinze commune de Paris soixante-quinze derniers numéros de ma ligne téléphonique

les trente euros à ce jour sur mon compte trente jours de ramadan

les douze mois de la terreur douze apôtres douze sources d’eau et tribus douze ébats par mois

les cinquante et une semaines de l’oubli

les vingt-quatre heures de la fête vingt-quatre heures de l’écriture vingt-quatre clopes par jour vingt-quatre mensonges

les six milles ans avant notre ère et Ibrahim

le premier jour d’Issa et les présocratiques

le septième siècle de Mohamed et la peste justinienne

les neuf mois d’une grossesse neuf ayat de Moussa neuf mois de gestation d’un neutron

les quarante-huit pensées sur le suicide par jour quarante-huit pensées érotiques par jour

les dix doigts des deux mains dix commandements

les cinq doigts de Fatma cinq prières par jour cinq sens

le trente-et-un décembre et l’anniversaire de F.

le deux janvier du décès de mon oncle deux battements du cœur deux pays deux comptes sur Facebook et mon double

les quarante jours d’un deuil quarante ans d’exode du peuple juif quarante voleurs et Ali Baba quarante grammes de mon tabac

les deux-milles-neuf-cents-soixante-dix du calendrier berbère et Massinissa

les deux-milles-vingt-et-un du calendrier grégorien et le Saint patron des artistes

les mille-quatre-cents-quarante-trois de l’hégire et le tableau vert de mon école primaire

les sept cieux sept arts sept vents sept pas de marche avant que le paysage change sept nains et blanche neige sept déesses de la pléiade sept fois tourner sa langue

les trois cinq onze etc. de la tradition

les dix-sept ans de ma première fois dix-sept ans d’un poète dix-sept de mon divorce

les vingt-sept ans d’un raté vingt-sept morts de migrants hier dans la Manche vingt-sept titres de l’album Donda

les quatre feuilles d’un trèfle quatre saisons qui se bousculent et la pluie quatre points cardinaux quatre ouvertures d’un teeshirt

le premier cri premier mai premier homme premier Moura Ham premier Novembre et la victimisation

les cent vierges du paradis cent yeux d’Argos

les mille étoiles d’un touareg mille chevaux d’une Ferrari mille et une nuit

les cent-quarante-cinq poèmes de Cinq heures après l’orage

Les couleurs sont ailleurs Fr/Arab

poème dédié à Antonin Artaud.

j’aime la couleur rouge dans le rouge ! parlons de la sensation du rouge même si elle n’est pas tout à fait rouge

j’aime la couleur orange dans l’orange ! parlons de la sensation de l’orange même si elle n’est pas tout à fait orange

j’aime la couleur jaune dans le jaune ! parlons de la sensation du jaune même si elle n’est pas tout à fait jaune

j’aime la couleur vert dans le vert ! parlons de la sensation du vert même si elle n’est pas tout à fait vert

j’aime la couleur bleu dans le bleu ! parlons de la sensation du bleu même si elle n’est pas tout à fait bleu

j’aime la couleur indigo dans l’indigo ! parlons de la sensation de l’indigo même si elle n’est pas tout à fait indigo

j’aime la couleur violet dans le violet ! parlons de la sensation du violet même si elle n’est pas tout à fait violet

j’aime la couleur noir dans le noir ! parlons de la sensation du noir même si elle n’est pas tout à fait noir

les couleurs vous possèdent

prenez vos pinceaux

Lire la traduction

La dualité Fr/Arab

à Fanny.

mais du corps de l’adverbe même

l’amant s’évade

vers l’envers des choses

ombre d’une rade seconde

il tombe

Le chant de la carpe. Ghérasim Luca.

providentiel

ce temps où l’on accepte

l’histoire de nos héros déchus

la femme des autres que l’on revoit jamais

sur les graduations de nos trahisons

une fissure par l’intermédiaire

des terminaisons

les chiens qui le meuglent

ce n’est qu’un enfant s’exclama le turc

comme embraser les fleurs

la partie des mots ardus

la barbarie oubliée

une amulette qui couvre le flanc d’un cœur endormi

je pense à l’empire de Russie, météo : 9 °C, vent NO à 13 km/h, 25 % d’humidité.  

il pleut de la neige

de la pluie

il lorgne le soleil sur les terres adultes

et le désigne sur les peaux

les sept vents chahutent les oreilles de l’équipage

le navire vogue à l’automne des déchirures

s’amarre à une aube nouvelle  

( je dessine un soleil sur ta peau ! ).

il rêve de l’oiseau royale qui pulsait

un sphinx sur les lèvres

cruellement…

les bateaux transportent du blé sous la grêle jusqu’à Saint Hélène

le perdu écrase les coquelicots de ses pieds fermes

Lire la traduction

Il est pour vous ! Fr/Arab

Vous ne serez jamais sage.

Source inconnue.

une étreinte comme un rêve qui dure jusqu’au soir

ce n’est pas la veille d’un jour de fête

je m’habille

je fais mes valises

je fricote

je ne suis pas triste

au revoir ma ville, tu es mon obélisque

j’ai croisé de farouches reptiliennes, des formes et des couleurs jamais approchées, de franches âmes aux longs cheveux. ils avaient des têtes qu’ils tenaient hautes et bizarres… au revoir gueule d’ange ! au revoir !

tu m’as accueillie

et je crois que tu m’aimes !

je n’ai pas pris de plaisir à te voir en deuil  

un soir de tempête où j’étais seul  

je reste un petit péroire hermétique à la vie

au revoir le bleu du bord de l’eau

j’ai croisé des loups sous la pluie de mazout sur les quais, c’était ok pour ma vie, mon ange ! des grenouilles dans le brouillard épais et sec, toujours sur les mêmes quais… au revoir chat de gouttière ! au revoir !

je t’aime

et je m’en vais

je vais vers la porte

je reviens sur mes pas

je tournicote

( comment ne pas perdre pied ! ).  

j’ai beaucoup menti

j’ai rêvé   

je ne lis plus de la poésie intra-muros

il y a de cela longtemps 

Lire la traduction

Les silhouettes de la scène Fr/Arab

le mot khayel me fait penser à du lin blanc ondoyant au vent, alors que silhouette me fait penser à une allumette.

il se trouve des gens bien

qui descendent en ville jusqu’à la fin des temps

elle est une passante

elle est en robe de soirée    

elle porte un secret

elle dégage une aura  

elle a le pas aérien      

elle lui sourit

( la douleur ne se pardonne pas, elle purifie ! ).

elle parle à son désir de feu comme un éclair

elle aime en éclair et ses yeux sont en feu

je rêve de mots que les dieux jalousent   

il te suffit d’être un enfant qui formule des souhaits

il s’arrête de jouer

il descend de la scène

il est sur la piste enfumée

il rejoint l’anonyme

il la trouve moins belle

il le sait

( j’ai cru entendre le mot citoyen ! ).

les couloirs mènent vers les coulisses sous les néons bleus

sur le mur est accroché un tableau, un western

je me tiens debout sur un parking cimenté

je suis le parking démantelé

Lire la traduction

Mardi, jour d’une fête noire Fr/Arab

les moyens du bord : les tables retournées, les balles en plastique, les mitrailleuses en fer rouillé, les grenades en bois, les pierres de chantier, l’eau chaude des tuyaux d’arrosage, etc.

c’est les jeux d’enfants qui aiment l’incontournable guéguerre  

c’est bien que je ne m’en souvienne plus

une fille a vu ce que j’avais de meilleur en moi

je n’ai pas tenté de l’embrasser

un jour maigre, sinon pas des moindres

l’air du solide les croates l’ont emportés

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours*

les moyens du bord : le sublime de l’univers, l’encre rouge de magiques bulles, le sol qui se décompose ( on le voit le sol, alors plonge ! ). les premières impressions, etc.

c’est un lieu de jouissance

c’est bien que je ne m’en souvienne plus

au revoir comme bonjour

bonjour comme au revoir le monde

je voyage avec mon mal

comme un camarade que je porte dans une brouette

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours*

je rêvasse lorsqu’il faut bousiller un titan de sang-froid

même s’il fait froid

* Clandestinos, Manu Chao.

Lire la traduction

Charivari Fr/Arab

je me lève tôt et dors de-même

le rythme dans la peau

les tocs

des tocs en toc

par Beethoven l’héroïque

je ne suis pas beau

– pourquoi l’enclume et le marteau ?

entre quatre murs et deux plumes

et des gens qui l’aiment

de-même

la route est coupée

comme pour le Kilimandjaro

je me rends aux ritournelles

– comme j’étais amoureux et bien !

la poésie et les copains perdus

tout cela se noue

bien que la solitude…

mes ballerines, pardonnez-moi !

la chanson des éphémérides

– je reprends le fil du souvenir

je vis un rêve d’un étranger lointain

qui n’aime plus le funèbre costume de vos salutations

Lire la traduction

Ne dites à personne qu’il l’aime Fr/Arab

un chien qui se terre

crabote

imaginairement

s’enfuit sur sa table d’écolier

sur les airs de la ballade chétive

dans la ville des lumières

tizi-ouzou capitale de la vida

et de la grève en saccades

un bassin bleu entre ses yeux

elle l’a pris par la main

il pense à elle

à l’autre

chanter Si Mohand Ou Mhand

tonner comme les oiseaux

le voile d’or du matin

autour de la montagne au dos courbé

comme un habit de l’absente

une voix qui l’implore

rien n’est éphémère

il t’aime

tu es un ange  

et la plupart de ce qui ne doit pas être dit ?

comme de ne faire plus grand-chose

comme de frayer

Lire la traduction

Vers le Mediator Fr/Arab

à Véronique.

comme les ondes qui rongent son corps  

le cœur serre son rêve né des tropiques, hypothétiquement

les membres électriques !

les membres électriques !

les membres électriques !

( l’oraison des cosmiques ! ).

le sans douleur n’existe pas

il est de bleu le peignoir qui l’habille, effacé

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

( l’air des tropiques ! ).

il n’aime pas ses mains et désemparé

il est de bleu le peignoir qui l’habille, confidences :

elle prend les voiles que la circonstance exige

et ils nous disent de ce côté-ci qu’il y a de l’espérance !  

il marche dans l’appartement lourd qui engendre un désordre

il déambule sur ses pieds nus dans le couloir baigné de lumière

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

( l’aria des démiurgiques ! ).

je médite la vie d’un homme en sursis

sur un canapé blanc

Lire la traduction

Les fibres

à Naelle.

son front pale éclaire le ciel

ses yeux rouges se posent comme la neige

c’est un lièvre qui dort dans les bois

une crème dans l’espace entrouvert

il aime la danse

il aime tourner en aval

il aime les vents de sa tête

les caresses sur son visage fiévreux

et elle boit de l’eau à la coupe des arbres pleurants !

la mystérieuse ode des arbres que l’on reprend

il descend et suit l’ondulation des vagues

les pensées inavouées

les jardins d’amoureux

les fleurs qu’il ne reconnait plus

les larmes d’une enfant exhalent un parfum de lavande

comme une rose en pierre sculptée par les vents  

la peau mièvre se torturent à ne plus s’offrir

comme une maille mutique et de l’amour

elle ne rit pas avec les écrans

elle court sur les champs d’avoine

elle ne reverra jamais ses parents

je clore comme le jour qui susurre

les feuilles tremblent à l’automne de nos solitudes

Lire la traduction

Une souris Fr/Arab

un champ

dans le trou

une souris sourit  

en dessous de tout

flou

étrange

aux alentours de la gnôle

l’odeur de nourriture

incompréhensible détresse

elle est bête

elle n’est pas verte

les gens la déteste

elle fait des choses insensés

écriture décharnée  

dedans ou à la lisière

un refuge isolé

tumulte

la vie inarticulée

au bout de son nez  

son souffle hoquette court 

chute et fracas

les temps sont durs

artificiels

avec ses voisins souris

son suprême

occupe

l’air n’a pas d’espace

une fiancée éconduit  

quelque chose de détacher

plus qu’un retour

la pluie ne nous rassemble plus

nous n’espérons même pas le jour

Lire la traduction

Une longueur de désavantage

à Ghiles.

un poète rentre seul à la maison le soir

il se baigne de crépuscule extasié

une communication affreusement bleuette

un poète rentre seul à la maison le soir

une cloche qui oscille sa corde

Marie est une abeille aux mille visages de femmes

le poète rentre souvent seul ou en mauvaise compagnie

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

on se déguise pour finir

on joue l’histoire contemporaine du Je

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

un doigt caresse les breloques

le diadème d’argent qui nous honore

puisqu’il faut vraiment écrire un poème

13/14 février 2019, à Bordeaux.

Lire la traduction

Elle, cohérence (Fr/Arab)

à Nassima.

de tous les charmes confondus

je bravais mon cœur corrompu

sentant la bref musique

un signe d’aucun recours

comme faire une nique

aux fidèles m’amours

le temps de mes premiers amours

je cachais une passion de toujours

c’est l’étreinte d’un commis voyageur

c’est les sandales de l’orphelin choyé

c’est l’imaginaire d’une fille que l’on regrette

c’est une pièce où il ne se trouve aucun spectateur

je me fiche de vos exploits !

par un ailleurs…

Lire la traduction

Un couplet se construit Fr/Arab

à Anne.

je suis un garçon bon

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux…

je suis un garçon bien

comme il faut

qui le fait et le savoure

quand je peux

un ange

je suis un garçon

tout comme il faut

et bon

qui fait le bien et le savoure

quand je peux

le mal, je le repousse moyennement

comme un ange médiocre

je suis un garçon

comme il faut

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux

je repousse le mal moyennement

une sorte d’ange médiocre

je souhaite retourné dans ma triste caverne

il y a un petit feu, une ombrelle, etc.

Lire la traduction

Cap ou pas cap sous nos yeux

comme une pluie aux couleurs de pétrole

comme un fruit gorgé de soleil

morsures

goyave

vents de papaye

ils me transpercent en équilibre

ils me fêtent chancelant

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après Arthur De La Sierra ?

comme un dépourvu d’explicite

comme une mystique du voyeur

archipels

Cancún

au fait des muses

avec les fuites urinaires il y a un dieu

il y a les fluides

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après l’Amour Du Dissolvant ?

comme écrire son intériorité

comme se lever d’un trop plein de désirs

Sabah

turquoise

juste des émois

depuis combien de temps n’avons-nous rien appris ?

nous ne prenons que les coups

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après la Mort Des Bienheureux ?

je rejoins le calme des frênes

je rejoins le rêve d’une salamandre coquette

Lire la traduction

Les muses me parlent parfois

les muses me parlent parfois des petits riens de nos quotidiens

les muses me parlent parfois de la nourriture de nos esprits

les muses me parlent parfois de nos valeurs sûres

les muses me parlent parfois de l’invraisemblable de nos erreurs

les muses me parlent parfois de la beauté de nos âmes       

les muses me parlent parfois de l’endroit et de l’envers    

les muses me parlent parfois du commerce de nos corps       

les muses me parlent parfois de la justesse de nos choix

les muses me parlent parfois de la musique de nos cœurs

les muses me parlent parfois de l’improbable de nos vies  

les muses me parlent parfois du désir et du feu

les muses me parlent parfois du manque à nos principes

les muses me parlent parfois du délire sans échos   

les muses me parlent parfois de la raison de nos êtres      

les muses me parlent parfois du souffle de nos créations  

les muses me parlent parfois des états de grâce dans nos poésies

les muses me parlent parfois de l’anonymat dans nos villes

les muses me parlent parfois de la liberté de nos paroles et même à mal

les muses me parlent parfois de la danse de nos mots

les muses me parlent parfois de la sexualité dans nos rapports    

les muses me parlent parfois du rêve de nos amours

les muses me parlent parfois du mensonge de nos réalités

les muses me parlent parfois de la mort de nos proches

les muses me parlent parfois du doute dans nos vérités

les muses me parlent parfois de littérature et de nos miroirs

les muses me parlent parfois d’humour dans nos meilleurs et pires moments

les muses me parlent parfois de l’aventure de nos idées

les muses me parlent parfois de la souffrance dans nos solitudes

les muses me parlent parfois d’elles       

les muses me parlent parfois de la Taouba

( plus souvent que l’on ne croit ! ).

Il était une fois Face-Livre

il était une fois lorsque j’aimais la poésie qui me faisait de l’ombre  

il était une fois lorsque j’aimais ma vie

il était une fois lorsque j’aimais la vie des autres et rien de ce qu’ils pourraient faire ne me ferait admettre que nous sommes différents

il était une fois lorsque j’aimais les Antilles même si je ne connaitrais jamais

il était une fois lorsque j’aimais les acrobates du cirque est-ce que j’allais à un cirque ?

il était une fois lorsque j’aimais ta peau tes cheveux violets ton cul, etc. le sort était cruel pour nous deux et rien n’était aussi beau

il était une fois lorsque j’aimais le ciel et les nuages les trains de nuit et mes trottinettes en fait elles étaient à un ami

il était une fois lorsque j’aimais l’eau et le feu des remparts je buvais beaucoup d’eau et je ne craignais pas l’enfer puisqu’il n’existait que chez les croyants

il était une fois lorsque j’aimais le noir et le blanc je faisais toujours semblant devant un objectif semblant d’aller mieux 

il était une fois lorsque j’aimais les gravas dans les jardins ils finissaient prisonniers de mes chaussures affamés et les lacets se tordaient de rires

il était une fois lorsque j’aimais le rouge de l’aurore c’était tellement inscrit en moi les aurores que j’ouvrais mes yeux comme une boite blanche

il était une fois lorsque j’aimais les accords dans le désaccord qu’il ne restait au fond que moi qui bleuisait

il était une fois lorsque j’aimais la nouvelle vague elle traversait tous les siècles les pays les genres

il était une fois lorsque j’aimais le temps consacré aux amours et puis le silence coinçait comme le chien d’un revolver

il était une fois lorsque j’aimais le jazz je feuilletais un livre qui relatait toute son histoire sinon comment saisir quelque chose d’aussi libre ?

il était une fois lorsque j’aimais la mousse des vagues dans la peinture comment franchir le palier d’une galerie un atelier, etc. surtout pour un flâneur ?

il était une fois lorsque j’aimais une grenadine glacé les après-midi d’été l’été et le sucre ne m’inspiraient pas confiance

il était une fois lorsque j’aimais le tabac brun comme l’ours brun je devrais dire fan et il n’y avait pas le choix

il était une fois lorsque j’aimais les ombres chinoises je fermais les yeux sur le parfum des fleurs et je me faisais mon propre théâtre

il était une fois lorsque j’aimais les Biker même s’ils puaient la bière et la pisse même dans leurs livres   

il était une fois lorsque j’aimais les âmes grises elles étaient écorchées sans manœuvre à vif combien étions-nous ?

il était une fois lorsque j’aimais les mystères sacrés et qu’ils résistaient

il était une fois lorsque j’aimais les miracles les oracles les divinations, etc. je me baignais dans un verre de lait et il n’y avait pas autour les mouches

il était une fois lorsque j’aimais les filles non plus celles qui refusaient une offrande ou des chatouilles et de croiser nos jambes

il était une fois lorsque j’aimais les plantes et les animaux j’asphyxiais par contre les insectes et je dansais avec les précédant

il était une fois lorsque j’aimais les tuniques et les sabres autant dire le sexe et le sang les romances explicites dans les films ne m’intéressaient pas

il était une fois lorsque j’aimais les fêtes galantes de Verlaine je m’y introduisais comme un homme qui n’aimait pas laver la vaisselle à l’eau chaude

il était une fois lorsque j’aimais les contes pour enfant ils raillaient mon entrée dans le bleu ils continueront de rire puisque j’y campe à jamais

il était une fois lorsque j’aimais la prière je ne savais pas comment et pourquoi prier jusqu’au jour où je comprenais que personne ne savait

il était une fois lorsque j’aimais les mots doux et cléments comme entre les mots Miséricorde Divine et Blasphémateur Ostentatoire

il était une fois lorsque j’aimais les appareilles connectés et rien chez moi n’était synchronisé

il était une fois lorsque j’aimais les choses singulières les petits hics les bizarreries d’une existence tout ce qui fondait sous ma dent qui aimait mordre

il était une fois lorsque j’aimais les battements de mon cœur qui ne m’angoissait jamais est-ce que je sentirais le tien ?

il était une fois lorsque j’aimais les bicyclettes je solutionnais plutôt avec la marche comme je préférais ne jamais en parler

il était une fois lorsque j’aimais lire et dormir bien après

il était une fois lorsque j’aimais faire l’amour et écrire juste après

Sacrément épique

tu existes

je crois connaitre

tu habites

j’habite ton cœur

( … me baladant dans les rues d’une Tokyo imaginaire ! ).

Dieu, Dieu, Dieu, Dieu

il y a du vent  

tu penses à ce jour dans le vague de ton esprit

c’est déjà penser l’avenir

il suffit d’aller de l’avant !

tu as

parce que je dis

tu dis

parce que j’ai

( … me grisant autour de la lune ! ).

Prophète, Prophète, Prophète, Prophète

il pleut

tu penses à cette nuit et ses vastes espaces inexplorés

c’est déjà penser la mort et ses pulsations

il suffit d’aller en amont !

la folle croisière est drapée   

la fin de son onde n’est qu’un recommencement

Épiphanie

oscar les vents et épiphanie

marcher

vermines

laine effilochée

porteuse

secret

encens

doigts fins

grisette

histoire

fraude

suspendre l’étreinte

une déesse des buissons et des rivages salés

amoureux fou

cavalière

affreusement

flanc ossivore

éphéméride

il aime le mot éphémère

coûteux pour l’enfant

m’abreuver

ciel

argent armorique

couver

âme esseulée

les eaux troubles sont peu profondes

images

féerie

satellite

converger

couple

filet d’horizon

maison des vacances

poisson

querelles

hiver

bois chaud

s’éternise

la nuit retombe sur l’étoile des loups

je grave dans le marbre son invraisemblance

au plus vite, un visage !

Catalyseurs

royaume du sud

écouter

radio

voix pétillantes

interférences chaudes

de la pise à boire

insoluble

âges

rareté

organisation

cascades

idées

grève

gouffre fécondé

réceptacle

se ressemblent

flâner de l’ouïe

friandises

étude

boucles

le monde est féminin

accueillir

étrangers

passeport

noirs

désert

plusieurs sud

âmes en peine

immense silence

sable

gammes

danser avec les vents

les antennes sur du béton

tout comme

têtes enrubannées

fraîcheur

à l’affût

proches

le faire généralisé

la présentatrice est une fée

philosophie

banaliser

catalyseurs

le monde est tellement plus encore

je débarrasse la table

en observant une vieille psychologie du chameau

La Blanche Ophélie

orpheline de tous

toute frêle et aimante, – dis-moi à quoi tu penses ?

elle s’en est allée, l’âme de mon amoureux !

aimée à jamais

les chevilles légères comme la bise

qu’elle m’a quittée

( un phare pour nos insomnies ! ).

sept jours

sept week-ends qu’a duré mon calvaire

il me faut reconstruire mon identité

d’esseulée

elle s’en est allée, la Blanche Ophélie !

comme une verte pluie au crépuscule des anges

( une grappe de raisin rouge dans sa bouche ! ).

orphelin de tous

tout drôle et contre personne, – dis-moi à quoi tu penses ?

elle s’en est allée, si loin de moi !

continuellement

le temps perfore à une allure de fusée

comme lui, je ruse

je vois dans l’éclat des jours les ombres haleuses

en enjambant le serpent de feu

il me faut reconstruire mon identité

de passeur

elle s’en est allée, la traitresse !

comme une verte pluie au crépuscule des anges

( les songes d’un rossignol sont le fond d’un ciel gris ! ).

j’ai vécu ordinairement un été de démesure en orient

sans le besoin de foncer

L’aïde

avalanche d’eaux

circuit court

été

sublimations

visible

astre

corne de gazelle

Afrique

lait

exil ou exit

au fin fond

les maîtres sont bavards

incarnation

chants

enchanteurs

terrorisme de la joie

courroucer

baleines

lance aux pieds

vents emportés

accolades

baisers

la musique de fond qui comble les Assis

de petites balles, des ballades tremblantes sur mes lèvres

Une toux

la toux d’un druide

les hagards

fluides

aussi vite !

il y a des regards

des amarres

soulève

soulève les torrents

passe le temps qui cloque

mégère

prendre l’air

rapide et légère

est-ce que tu me vois ?

choque

face à la beauté

fauve

suspendu

se prend le pavé

songeurs qui errent

adresse

mais où suis-je ?

états d’âme

du corps

personne ne regarde

ni n’approche

nul

n’accroche !

je balade mes mots sur les feuilles mortes et les marres

tenant conseil de mon cœur

Consignes pour un pastiche

conteneur jaune :

aiguilles

bistouris

intranules

épicrâniennes

brocards

tout objet tranchant ou piquant

activité cérébral

les fougères en plastique, l’odeur d’un hôpital devient familière

sachet noir ( daom) :

emballages

papiers

ordures

ancien vertige ( si la justice divine existe, à moi elle me fait peur ! )

j’aurais pu écrire mes idées de ce matin

sachet jaune ( dasrl) :

compresses

seringues et gants

sparadrap

coton

perfuseurs

transfuseurs

ampoules

tout objet souillé

il y a un théâtre de bêtise qui résonne

comme presque tout qui tombe dans la mémoire

Pour une fois, deux… !

à mon frère Nader. et à ma sœur Meissa.

Ce que mon cœur connait ne sera jamais un lieu commun de ce vaste monde,

Que le courroux épargne toujours mon projet

Pas de ciel télévisé ni sur écran radar,

Pour eux l’opéra fut un refuge, – tu sais, après 17 ans ta chanson était pour voix et luth.

A. Louis Zukofky.

Traduit de l’anglais par François Dominique et Serge Gavronsky.

La texture des ombres

je suivais des filles bien en chair et entre mes mains,

une fleur des bois pour chacune.

je finirai sans doute par toutes les oublier après le mécompte.

elles me répondaient souvent que ce n’était ni le moment et encore moins les bonnes coutumes !

je ne trouvais grâce aux yeux de personne.

elles m’apostrophaient parfois : as-tu lu le livre de Saint-Exupéry ?

ce qui amenait sans faillir ma bouée : non, enfin, je crois !

pour conclure : tu ne peux alors être notre ami.

je m’empressais de livrer aux ragots un os

c’était d’une bêtise, 

de la surenchère sur la couronne du Christ.

terre étrangère

je gagne la compagnie d’une langue

rêves tranchants

j’étais une bille dans un tourbillon,

c’était évident qu’ils ne voulaient me rallier à leur cause qu’après l’éternité.

bien sûr que j’avais le sang mauvais !

je ne regrettais qu’une seule parmi la bravade des loups,

la meute affamée sans flair,

de ceux qui ignorent qu’un chaman guérit les clans.

une fille verte aux bras nus,

qu’elle offrait par ailleurs à tous les imposteurs, comme une belle affaire de putain !

elle m’arqua mon front de ses lèvres abondantes.

je n’avais rien vécu d’aussi beau.

je ne savais comment lui exprimer le mal qu’elle me fit, puisqu’elle m’ignorait.

amis fatigués

je suis les pointillés de l’inouïe

puis, hélas !

vous faisiez votre apparition en m’invitant à vous rejoindre à Ouarzazate…

lorsque tout semblait rétrécir et s’écrouler

ô la fragile membrane de l’existence !

je saisissais cette opportunité pour m’évader,

avec mon unique manteau de paysage et une petite valise de lycéen,

une succession après une séparation.

ma tête pleine de sombres bavardages et mes poches sous un sacrilège,

mille possibilités s’offraient à la première venue. 

je n’envisageais pas de retour possible.

le départ promettait de tendres atterrissages,

un départ nous séparait.

terre conquise

je pars au dernier virage

de vous

je pleurais tout le long du voyage dans le train bleu corail,

les vitres étaient inondés.

il me revenait le souvenir des dieux qui ont bercé l’enfance de mon cœur,

en mieux.

je m’asseyais à côté d’un roi nègre qui lisait des versets coraniques,

mon oreille collée à sa psalmodie,

comme une douceur âcre qui remontait jusqu’à ma bouche.

– ne tombez pas sous l’anathème ! vous me le répétiez, c’est vrai !

je m’interdisais de flancher en mesurant pleinement les conséquences. 

l’homme déployait ses ailes trompées.

l’homme déniait me voir.

en-sortant-de-la-lourdeur-du-train-à-la-gare-de-Marseille-la-Tentaculaire-j’-ai-marché-au-feu-vert-
des-pilotis-la-tête-à-l’-envers-sachant-que-c’-était-écrit-et-je-m’-arrêterai-au-rouge-de-vos-seins-tout-
le-temps-comme-un-peu-chaque-jour

je courais les rues à la recherche d’un trèfle à quatre-feuilles,

chacune d’entre elles recelait un mystère avec des indices.

j’observais le silence pour celles qui m’étaient inconnues

il me fallait traverser vite avec une démarche raide.

je fessais des connexions insoupçonnées entre les batailles de différentes époques et les illustres d’héros,

à chaque fois que le nom de la rue était baptisée d’un général des armées,

pratiquement toutes !

je bloquais mon souffle en apnée pour un poète ou philosophe obscure et inquiétant,

en les parcourant néanmoins d’une révérence devant les plaques.

je concevais mes diatribes d’un mémoriel au passé fixe.

je cherchais ton nom.  

parcours sensoriel

les plumes de l’indien guident mes pas

de faucon

je sentais le froid fantomatique de la ville et elle arrivait cette heure de l’aubade mal refermée !

elle arrivait d’un pas craintif, elle arrivait…

j’allais sans l’attendre poursuivant mes intuitions.

je lisais sur les façades d’immeuble le sors qu’Il pouvait réserver aux hébergés,

l’accueil partout ne se faisait qu’à une certaine obédience.

j’étais d’une colère sourde.

je suivais les ombres des tombeaux et quelques pâquerettes

surpris par un vieux murmure : dès que fille du matin paru l’aurore aux doigts de rose… !

je revoyais la magie méditerranéenne d’Homère,

en formulant mes premiers vœux à la ville.

je me découvrais.

l’ineffable retrouvé

je brouillonne sur des feuilles

l’appel des dunes

je me reconnaissais dans un square malmené par le mistral,

les paradis terrestres ont ceci de particulier qu’ils en deviennent funestes.

il y avait là deux mendiants solitaires qui ne quémandaient même pas une obole,

parmi quelques femmes âgées de passage

ils avaient de l’humour noir

quelque chose d’un bouddha ensablé.

les mouettes perçaient l’azur avec leurs cueillettes du jour.

je m’ouvrais à cette ambiance d’autrefois

que l’on confond parfois avec les rêves.

je lisais mes poésies entre les allées.

je goûtais aux fruits secs en buvant la bière belge prévue pour l’occasion.

matinée d’automne

murmure des arbres à l’oreille sourde

qui voyage

je saluais un père juif d’une pierre et je sautais haut en étoile dans une fontaine.

j’appelle cette audace : le poète et ses incarnations !

je voyais le monde se métamorphoser sous mes yeux

le soleil blêmir entre les feuilles des arbres alentours.

la cendre recouvrait mon cœur qui riait.

je me désengageais entièrement de tout le reste,

me sentant aussi imprévisible que les alizées qui caressaient mes joues.

je prenais le ferry des oubliés et en bazardant mon léger paquetage,

je charriais les hommes et les dieux,

l’écho du Maghreb répondait à mes heures inachevées.

j’étais lavé de ma traversée

une quête

je cours derrière les rires

de la lune

comment conter les brides qui avaient péri dans le remous des vagues ?.

je frôlais la mort à 27 ans

je divorçais à 23 ans

je noyais ma dépression à 15 ans

je l’apprends de vous à l’instant, comme ceux qui vivent avec un seul amour

et d’autres ne peuvent aimer qu’avec indifférence.

je ne sais pourquoi relater cette histoire me parait insignifiant,

ces choses arrivent dans de vieilles sagas policières.

les actes trouvent leurs sens dans nos rêves, dites-vous… !

je portais une histoire prophétique.

je libérais toutes mes joies et les coups.

un bout de vie

les vents reviennent

de loin

Initiation à l’écriture

à Amel.

je tomberai dans l’immensité de la nuit

comme un diamant poli qui soudain nous tomberait des mains

la nuit pour toute éternité sera une roche

je tiendrai en haute estime son aura

l’écriture sera illisible

comme un soleil

le soleil d’un univers entier

le temps se ramifiera pour les causes perdues, des chevaliers !

ou se perdra dans les forêts où on ne pourra jamais rien voir

à nul autre pareil chance

un truc qui nous fera dire et rien d’autre

nuit de mai

la sacrée dépendance musicale

histoire à deux

la vie sera courte comme nous en aurons conscience

la fin sera aussi belle et courte

elle se révèlera par une continuité d’accident et au besoin

un renoncement, devant l’Unique et Clément

le rendez-vous nous fixera à la croisée des chemins

il se passera quelque chose lorsqu’on s’y attendra le moins

il nous apparaîtra qu’une infime partie de ce qu’elle était réellement

cela équivaudra à presque rien

je m’affranchirai aussi des questions sur l’attachement

l’appartenance qui s’annulera

le sens de la meute qui nous préoccupera

femme ballottée

après l’hôtel de la plénitude

et magie noire

la pression de la morale ira bon train

il y aura sûrement des solutions plus haut dans les profondeurs du ciel

peut-être aussi dans les livres saints

nous aurons à la place cet air ambiant et allergène que l’on hume

comme un sourire de cloche sous la respiration calmement

la vie s’échappera et cela ne sera qu’une différence de point de vue

je lèverai le voile d’une réalité qui nous refuse

est-ce que nos attentes coïncideront avec nos aspirations ?

je nous prendrai comme Sulaiman Le Magnifique

rien ne sera vil

oh, Dieu accomplira nos métamorphoses !

je m’absorberai et tout coïncidera

ciel idyllique

le mauve de mes yeux

vibre en dedans

j’aurai du chien ancien

du style pour me risquer aux altitudes des nombres zéros

je me verrai à l’ombre des baleines touchées par la grâce

de tous les âges avec des divinités passagères

où chaque mot aura sa toile de symbole et de complexité

le recueillement nous sera bénéfique

le vent nous soulèvera et fera peur aux heures des pures rêveries

bien après que les faucons emporteront nos manies

vers l’Afrique aux pupilles de joailliers

je goûterai aux cultures d’en bas

comme les matins d’azur qui se clôturent

haleine en farandole

un bâtard sur la piste

de la stéréo

j’arriverai à dire les choses de trois différentes manières

j’irai par la suite le plus loin possible dans les raisonnements

en restant perplexe devant les mystères

un non-être disjoncté comme un mineur celtique plein de doutes

de lèvres tendres pour son elfette

dernier encrage et quelle aventure !

je me figurai chaque instant volé à vos côtés comme une révélation

ce qui devra être aussi pour le reste de vos vieux jours

tout ce dont un homme aura besoin s’étalera

comme une histoire qui s’achèvera et nous

la déconvenue

de nulle part

sa peau souple entre mes mains

de cendre

je pousserai ma petite barque au large avec des voiles neuves

des voiles de reconnaissance et liberté

les cales seront à disposition pour les navires endommagés

je retomberai bien sûr dans l’eau froide et glacial

puisque n’ayant qu’un ramassis de vomi dans la bouche

et la plupart du temps que de l’alphabets indigestes

je serai un autodidacte de la vie, le point extrême de mon époque

un poète qui ne saura pas écrire sans l’aide d’un correcteur informatique

j’apprécierai ces choses sous un nouvel habit

de l’art aussi d’évoluer seul

comme l’ami des grandes solitudes

toucher visuel

besoin immédiat du ciel

une raréfaction

je désapprendrai l’amour

d’une aube la touche nouvelle

les expériences seront d’un moindre regret

je m’y attèlerai pour y remédier

comme parfaire ses noires études et jouir de soi

de dire lorsque nous nous aimerons

personne ne mourra vraiment

cela sera tout bête au final

je préférerai la philosophie de nos chers stoïciens

et prendrai tout dans la déglutition

nous ne nous referons pas

l’âme enrubannée

je finis le thé accoudé

sur mes béquilles

je rêverai ce soir aux paroles sans âge plus que d’habitude

à l’enfant terreux aussi, un peu !

je m’identifierai à presque tout et bien sûr à rien qui fige

les moments qui prélaveront seront le Souvenir

en ignorant si les événements se rattachent à une réalité vécue

ou le fruit de l’imagination

je m’aventurerai dans la prescience sur l’avenir

comme un simple jeu de divination, une lecture

nous répèterons que l’avenir bride l’homme

les rêves formeront la jeunesse autant que les voyages

donc plus d’avenir possible sans rêveur !

kermesse de l’été

le jus coule sur le menton

des sourires

je presserai mon fruit gorgé qu’avec plus d’empressement

l’enfance se révèlera païenne

je m’arrêterai de cultiver les fleurs

comme de retourner mes pensées

je noierai mes forces contre les pertes de mémoire

hargneux parfois de mes insolations et de la fièvre

je choisirai de la vie ce qu’elle a de meilleur à offrir

ses petits moments heureux et cela ne sera que justice

le mieux à cet instant entrevu

entre autres bien le bonsoir et au revoir

le temps d’un regard

bonheur monstre

le vent éteint les braises au loin

de mes vœux

Absences

à Rochdi.

je réapprends à aimer…

vous dites que l’amour est un sentiment infini ?

j’ai fermé à un moment les portes, comme un raccourci vers la nuit.

je ne sais après comment le vivre,

il m’est difficile de l’exprimer.

je ne sais rien d’autre que mon insignifiance, la table de mes échecs qu’il me faut réchauffer.

comme le travail des choses précieuses, l’orfèvrerie, les pierres, etc.

j’ai une insuffisance étroite avec le Soi,

une nommée dans une certaine économie de l’ordre.

j’offre ma vie cela va de paire

vendre mon âme cela me laisse réticent.

l’oisillon becqué

souvenir des chants berbères

qui démêlent

qu’est-ce qui se bouscule dans mes entrailles et remonte à la surface des scènes incompréhensibles à l’entendement ?

je n’ai plus foi en la vie,

n’est-elle pas à contre cœur harnachée ?

le raz-de-marée qui submerge le sol emportant les édifices de la honte…

et mon corps inondé…

et mon cœur prend le flux des vagues…

je ne fais que surnager en suffoqué.

je revois mes départs vers les anneaux de glaise sphérique,

les mêmes planètes aux pupilles blanches qui se balancent jusqu’aux matins colossaux en pleurs, etc.

je passe sur mes nuits givrées,

les lendemains soulèvent mes craintes.

corail du ciel

on est toujours au sud

de quelqu’un

j’erre souvent dans mes abîmes,

une légère tendance à la mélancolique et me voici devant vous débarrassé.

j’enracine mes espérances dans vos semblants de sincérité.

je me tiens en marge de la société,

cela me permet de recevoir, de passer.

j’arrive parfois à trancher dans le vif,

il faut dire que ce sont là pour moi des instants particuliers.

je suis franc et honnête avec moi-même sur mes envies et où mène l’aventure.

je me parle à cœur ouvert, comme je parlerai à Dieu.

l’espoir m’est permis

ô quel drôle d’espoir nous concevons !

douceur de la nuit

musique de la brise d’été

sur les feuilles

vous êtes en piteux état que ça devient presque déconcertant,

quelque chose s’est cristallisée là

j’irai jusqu’à dire le contraire si je ne vous voyez pas.

je doute que ce soient toutes ces traversées qui vous laissent sans droits,

ne vous minez plus…

ne vous demandez pas comment…

je crois aux occasions fournies pour redoubler d’efforts.

je ne suis qu’un modeste généraliste,

excusez-moi un instant, s’il vous plaît, je dois rependre à cet appel… !

vous passez par-dessus des eaux opaques

les chemins qui en disent long.

l’appel à la prière

mêlé à l’aube et les oiseaux

repend oui

je vous disais que personne ne peut deviner votre désarroi dans les cinémas, à la plage ou dans les

balades au parc, etc.

seul, vous éprouvez les remous.

essayez de sortir, amusez-vous !

voir du monde n’est pas si mal !

cherchez dans vos anciens contacts, remuez-vous !

parlez-moi, il est toujours question de votre femme ?

bien, cela fait un bout de temps que l’on se voit,

vous rentrez régulièrement à ce cabinet

et dès que vous franchissez le seuil, vous disparaissez !

est-ce que vous tiendrez la distance ?

nul n’échappe à ses erreurs.

nulle de présence

abonné à la sortie buissonnière

mois de mai

je vous conseille de mettre toutes les chances de votre côté,

peut-être qu’un jour elle se rendra compte de son erreur, peut-être jamais !

vous aviserez le moment venu.

je suis attristé par votre situation actuelle difficile,

vous butez sur des questions sans fin,

mais ne soyez plus tributaire d’une histoire qui vous détruit.

je tenez à vous dire que mon soutien est indéfectible,

continuez à venir me voir lorsque vous jugerez cela nécessaire.

nous pourrons reprendre à votre guise.

vous et moi, c’est tout comme !

gardez à l’esprit qu’un médecin peut nuire.

court-circuiter le réel

le sourire d’un homme

coutumier du rêve

tout me ramène indubitablement à vous,

vous êtes partout à la fois, à l’intérieur de moi aussi !

du plus lointain souvenir au geste le plus anodin.

vous m’avez un soir sacré poète.

vous affichez plusieurs visages à mon inconnaissance.

la primauté à l’étoile de ma vie,

une guide dans un pays où les étoiles sont de mousse.

revenir n’est plus possible entre nous,

après tant de sacrifices et d’habitudes regagnés.

retournez au pré de vos proches et dites-leur qu’ils n’ont plus rien à craindre.

je tiens à rester debout, à me ronger la peau.

brève nostalgie

je danse le hip-hop parfois

dans ma tête

vous me poursuivez dans les moindres recoins, sans exception.

on s’est mis hors de la vie lorsqu’on s’est aimé…

plus personne ne peut nous l’enlever, ou l’effacer.

j’aimerais tant vous revoir pleurer…

ne serait-ce que pour avoir le cœur net sur mes sentiments.

je m’affranchirais de ma nature de démembrer.

je ne suis presque rien sans vous…

le témoin involontaire au drame de ma vie.

je surpassais sans conviction des hommes dans la fureur de vivre.

je croyais à votre histoire plus que tout.

une histoire qui m’aveuglait.

échos

rappellent les deux âmes qui vagabondent

dans la pénombre

c’est de mon amour meurtri que je meurs,

j’étais béni des dieux et mes prophéties se réalisaient.

est-ce qu’il se trouve encore une merveille-femme en ce monde ?

je laisse derrière moi des univers infinis et rien d’autre,

d’une interstice à des murs indéchiffrables.

je ne peux me dire et voir venir en me laissant choir.

toutes mes pensées vont à Dieu qui créa la terre et les hommes pour vivre en paix.

j’ai vécu en paix avec vous dans certains endroits calmes et doux,

si seulement les regrets ne dormaient pas à mon chevet.

j’aimerais vous parler de Lui.

la vie n’est hélas qu’une fin heureuse.

petite magie

laissez-moi encore vous vivre

entre les lignes

Cela chantera peut-être deux fois

à Lucie.

l’espèce d’un autre genre que l’on ne retrouve nulle part,

comme un adoucissant des âmes caînnes.

je vais à la rencontre de son job de nettoyeuse,

sur les sites de rencontre qui ont ceci d’imprévisible.

je vois son sourire unique et inoubliable, un diamant de météorite !

je persiste à consulter ses photos de bonne à marier,

n’est-il pas une affaire classée ?

je la débusque dans sa superbe promise aux variations,

une belle esquisse entre de vagues réminiscences de quelque chose d’encore plus vague, comme boire le mythe !

je vais juste partir et je dis non, ainsi veiller au grain de ses réticences.

prendre l’instant de l’éternel et voir les paramètres de la trajectoire

un ciel presque bleu derrière les arbres nus qui se courbent

le soleil se noie sous mes pieds où pointe l’herbe douce

je heurtais ses lèvres amers et mouillées, comme sous une pluie de Dali !

je traînais pour elle mes pleurs dans la rue parmi les beaux qui ont du génie.

je pense el djinn à la claire bougie de l’été dernier.

je bande rouge et la devanture est un tropique laiteux,

la lune ce soir sera pour te plaire étatique et verdit.

je dois à la vie des hasards inopportuns.

je n’ai pas de réponse toute faite et ma vie n’est pas parfaite !

je cherche la fleur saine sur une sainte terre et lui bâtir un royaume…ce n’est plus possible ! il n’est plus possible !

il faudrait tout l’or de la terre et des hommes cartographiés.  

je me perfectionne sur le marché des cœurs in-enfantés, ce jeu en est sa déchirure.

une femme dans un parcours amoureux

la vie comme un bouleversement vocalique qui peuple

je suis avec comme un ermite, le monde sauvage

j’observe le ciel à travers une tasse caféinée

comme mes vieilles chaussures sous une table ronde,

il se trouve au-dessus le moisie d’un soleil hypothétique.

je sens la chaleur de l’automne sur mes joues et les passants qui rêvassent,

les prémisses d’un bail dans un cœur naïf devant soi.

je fonds sur la chaise en osier.

je lance des petits miaulements de la gorge d’un chat en attente, méandres !

est-ce que tu m’imagines ainsi ?

je vois des amoureux qui se tiennent la main. ( tiens-toi calme, poète ! )

comment redonner une seconde chance à l’amour ?

je suis le déraciné, à jamais.

mille félicités pour les âmes en peine

je suis content mais il faut savoir, il te faut savoir

qu’il y a une âme abandonnée du ciel qui t’a fait mourir

je suis un croche pied à la civilisation,

une relâche et détendu dans mon cloître.

je m’éloigne le maximum de toute autre dimension pour fondre dans le rythme.

je fais une liste de mes qualités très rares, mais cela serait bien !

une réserve de tendresses et tu es une bible mariée avec le soleil,- loué sois-tu et ce qui te dépasse !

je n’ai rien de la tempérance d’un saint châtré,

lorsqu’une femme attenante sourit à son téléphone.

je deviens idiot avec l’âge, c’est plus fort que moi

garde ton funk au calme, poète !

je scénographie nos rêves qui révisent

la tête inadéquate avec mes yeux.

la lumière sur ses cheveux violet

j’étais l’ami de son corps sous les draps, il y a mon corps noir

une souscription médiéval, elle me parait lointaine dès ce présent

je revois une tenancière qui est au téléphone avec Amanda Sue,

elle ne répond de rien et réclame son du !

l’héroïne est à une demi-douzaines de routes d’ici.

je glisse vers toi toujours aussi indéfinissable, ma grande bleue aux cheveux roux !

je m’amuse par déclic,

comme un vulgaire mollusque gorgé de vitamines.

je scrute le vide vite et clair, un paravent chinois !

les murmures de la pierre d’ombre jaune… stupides oiseaux de l’étendue !

lire l’âme des gens est mauvais, le prévoir pour mon post-scriptum.

très bas dans le jour sur la route des ciels,

je prends le bus.

l’être seul, une éphémère bougie

le verbe multiple, une transparence et moi

est une souillure que je lave de mes yeux noirs de toutes les façons

je respire ce qu’il y a de peu dans l’air, une symphonie du crémant !

je ne fais qu’un avec le surgir, mûrir et s’évader !

ils regroupent à eux seuls presque tous les mots.

je repense aux visages déclassifiés, aux tatous des anciens, etc.

les célébrer sont nos assurances simples et qui défient.

je suis un homme simple, factuel.

Menon est une bouche ouverte avec la langue noire !

je meurs et me déverse sur les trottoirs de mes lectures qui me collent à pleine dents,

mon imaginaire est fantomatique, cela ne veut pas dire inexistant.

où peux-tu te cacher ? dis-moi où ?

je reste le boulon clouté sur une page blanche, comme une ville des mirages.

ingurgiter, courir avec le silence

toujours vivre 

outrageux, je ne sais plus vivre !

je m’en vais vers l’est flamboyant,

l’irradiante parole recommence nouvelle sous le ciel de mon appartement.

j’écoute là-bas la route des voyages et du conseil.

les territoires en amont de l’homme.

je me suis assoupi entre les mamelles grossières qui touchent le sol,

c’est-à-dire pour une misère !

ils ont la solde dans la moelle qu’ils se lèvent ou qu’il pleuve !

Menon est un long nez qui respire la fraîcheur des mensonges !

je danse amoureux fou avec les aigles blancs, une communiant avec le ciel infini.

je ne sais rien des noires montagnes et il fait particulièrement chaud.

la lune aurait pu nous réunir loin d’ici, bien loin et où tu veux et nulle part si tu souhaites !

le calicot se récolte tôt le matin

le soir venu on boit du thé chaud

il y a sûrement une déesse cachée derrière !

je joue avec les planètes fauves comme aux échecs,

la débâcle pour les unes et tous les autres entre des tenailles.

les lacunes de la terre rouge sont envisagées, comme souvent, je perds !

je retrouve chaque soir ma fée et ses confidences,

elle me caresse le cœur et dit : chéri chéri… ton déshabillé est exquis !

elle vit isolée dans mon aquarium.

je rumine celle qui ne décline pas son nom,

comme cet escargot de travers sur la vitre qui lisse.

je vois quelques métaux, c’est de lui ou de moi que bavent les mots-ouateurs !

la mort rode en ces longues nuits dans ton ventre

la mort rode en ces nuits sans fond, etc.

je la tiens la tête en arrière, par ses cheveux mélodieux

une douceur d’hexagone qui émane, comme de vieux zestes

un fond de sirène qui me berce, et je presse l’égide, de marbre est ma queue

je vois des basiliques et de vieux châteaux sous la pénombre…

les façades et mon armoire hanté…

mes ancêtres et mes mille bravos sur le talon, etc.

je vois qu’une femme peut parfois être toxique, comme un rêve inachevé.

elles étaient de gris les grilles de la terrasse,- pourquoi les diables sont barbus ?

je m’abandonne d’un long et seul naufrage !

il y a des sentinelles avec des yeux océan qui voient le ciel debout,

comme si on croisait le fer, partout !

je finirais peut-être en cardinal, un vaudou ?

tous deux échappent à la mort,

parce qu’ils se rencontrent ailleurs.

L’édredon rouillé est humide

à Hadjel.

il me faut rentrer à la maison,

je course à vide.

c’est là-bas sous l’ombre que j’ai déposé mon crâne rempli d’eau des rivières

il n’a rien du brouillard ou peut-être que ma vision se trouble.

j’essuie les effets d’une disparition dans mon miroir,

il neige ce matin dans mes yeux !

je me démène de l’instant qui me décolle, la radio diffuse une onde inadaptée.

j’ai mis un sous-scellé à une comète anti-âge, depuis son passage mes relations invétérées se ressemblent, toutes.

je démystifie mes amours, combien factuels, courts.

je n’en peux plus des remontrances par éclipse.

je me démobilise de mes attraits.

j’ai oublié ma maison

j’ai oublié mes amis et mes amours

j’ai oublié ce que c’était la vie, la vie des dieux

il y a cette chose dans l’œil bleu d’un vieux notable,

à peine perceptible par un novice

je ne peux l’exprimer sans affects et qui invite à la résignation, survivance.

je prédispose d’une éternité sans me décider au mensonge,

seule la conscience d’un oublié exhume !

j’ai vu hier la pisseuse d’un mal logé, puisqu’il faut tout quantifier.

je bois un café et mes pensées se veulent sans entraves,

tout semble tressé et rien n’est à sa place !

j’avale mes pâteuses chandelles, une syncope.

le moins loti de tous.

j’observe les échappées du regard.

chanvre indien et chèvre du bon diable

je respecte les vieilles coutumes 

le nouveau soleil est un miel que je tartine avec mes doigts

mon cœur est dix fois plus léger que mes yeux,

dix fois est peut-être trop, ou peu… !

il pleut cet après-midi sur la salle de concert, l’étoile danse avec un piano d’ivoire.

j’aime la vie des artistes, des charbonneux !

j’accueille l’écueil en mon for intérieur, comme un navire qui traverse les intempéries et sombre !

les bonnes amitiés me sont navrantes, irréprochables, sans sel.

je passe par les mots comme une entorse, une autre manière de s’entendre, pour une autre poésie !

je n’entrevois aucune issue, mon regard se fige sur l’asphalte.

il faut que je rentre à la maison

je reste un dérivé de mes semblables

pour la saison humide, chantez ! chantez ! chantez !

comme chez la boulangère à la queue leu leu !

où ma voix exhume de l’ombre !

je savoure les histoires des anciens et la superstition qui règne,

à chaque fuite de mon âme,

à chaque coin d’ rue que j’arpente en la bénissant, etc.

je butine amèrement sur le talus, un peu plus !

la pâte est rarement cuite,- elle a semée, elle a semée… à travers moi !

elle éclore dans ma sobre poitrine, ma blanche boite.

je m’aventure là où il n’y a personne de reconnaissable, un divan m’attend !

j’envisage à la place des immeubles le Djurdjura, les herbes hautes de Sidi Ali Bouneb, etc.

un flash : un petit slip avec un soleil imprimé dessus.

il faut s’attendre à du granite et à la roche de fondre.

le manque d’un cœur qui nous sert fort

Dieu a su la contemporanéité

Dieu a pourvu notre contemporanéité

de révélation à révélation, ils ne feront jamais le poids

je m’engage dans la rue Saint Rémi en tournant à gauche,

j’arrive dans une cour éclairée de bougies et de ma main,

je goûte à la fontaine et la température.

j’hallucine les sourires des filles qui pourraient m’offrir un baiser pour mes vacances, comme dans les romans, les clichés.

une quille a toujours froid aux jambes.

mon dieu faite que je me dépouille de cette enveloppe,

une fois pour tous les ciels, pour toutes les apparitions.

je longe les quais le visage face au vent. les bourgeons blancs sur le fleuve creusent le courant, un miracle des siècles passés et futurs,

je marche seul.

Dieu est contemporain

Dieu est notre contemporain

plus que la mort le sacrifice ! moins que la mort le sacrifice !

j’ai un ciel spongieux comme unique drap

un flot ainsi qu’une cousine.

j’ai cru voir dans ses yeux des papillons en souffrance et de la défiance nue que je cède.

il importe peu la couleur de ses yeux !

il y a l’autre avec son rebondi de française après son expérience du soleil levant et mes trois mille caresses.

pourquoi me persuader avec autant d’abnégation ?

je m’asphyxiais de nos divergences que chacun concevait en silence,

il ne restait que l’amour qui se donnait en spectacle.

il ne suffisait plus à lui seul, une couverture !

les nuits amarantes s’opposent aux doutes des amantes qui se courbent !

je ne pleure que de moi.

on s’est fait Amour

est-ce que cela a duré seulement un instant ?

parce qu’on a parlé d’avenir, parce que… , etc.

je feuillette depuis la culture incessible qui nourrissait ma moelle, même si cette petite collection m’inculpe !

j’aime sa fragilité, une rencontre.

je me retrouve à Gambetta, il est cinq heures 24,

la place est aussi vide que les parages de Houellebecq,

peut-être pas en fait, une ombre s’y glisse !

j’aime les oiseaux qui piaffent la nuit comme pour dire la fête n’est pas finie,

qu’il reste un bout de mèche à consumer !

je prends la pleine mesure des conséquences.

l’insensé du décoffrage, c’est moi.

je défile de toi.

je ne sais pas résoudre les conflits

les semelles coursent les jours du bain

le poème est volé du paradis des poèmes

je me décuple stupéfait sur une terre qui traîne mes souvenirs,

tous par les yeux me reviennent vernis.

je n’aperçois jamais un couple sans le tocsin de l’errance.

j’éprouve une étrangeté envers moi-même, mon humanité.

toutes les ombres ne sont pas menaçantes, à craindre !

je me méfie des zéniths du soleil.

je joue de la faille qui me permet l’accès, des déséquilibres qui m’arrachent du sol, etc.

je me baigne et effrontément parmi les dieux. 

comme ce verre de whisky irlandais qui sent l’écorce des oliviers

je noie mes chagrins.

je me purifie.

pour sûr, je suis un corbeau qui a soif

je surplombe les domaines sans éclats, les corbeaux ont droit de cité

il m’apparaît clairement que cette façon de percevoir et d’être au monde a quelque chose de poétique

je longe les alentours des cimetières pour atteindre la page blanche,

comme un sauvage qui jonche !

je peux finir de me promener, finir… me revient le goût de l’irréalisation.

j’ai soif de mes catastrophes à venir,

je ne sens plus mes doigts,

comme les nôtres, les étrangers, etc.

il faut décompter !

une note feinte qui clôture l’arc de la nuit.

je marche pour le baume des mots

tout mon corps en ceci repose, et écrit.

me revient l’image d’une bassine d’eau rempli de petites olives noires

les bouches par ailleurs n’aiment pas le goût de ces olives

reste que cela m’emplit d’une réserve de jours

j’ai l‘impression parfois d’esthétiser la misère de ma condition, alors que j’essaie simplement d’être au plus prés.