l'atelier du poète

partir au loin et suivre les trois lignes de l’horizon où qu’il fait clair comme une chandelle dans mon cœur mon regard qui se pose mes rêves inentamés mes parcelles du réel mes chaussures trouées par la pluie


Où est le bien ou sur la mauvaise route XI


Je me rends à la pharmacie habituelle, j’y retourne pour échanger des médicaments d’un autre laboratoire. Les boites ne sont pas ouvertes et ils ont la gentillesse et une certaine malice à me revoir, en retard. Comme j’ai pris un rendez-vous pour vendredi passé. En me les procurant la semaine d’avant, j’entends le pharmacien dire en tournant la tête que je ne vérifie même pas le sac. Et c’est vrai, je vérifie habituellement. Je remets mes lunettes de vue. Ainsi, en amour safir ! Je me souviens à présent qu’au sortir de la pharmacie, je me suis dis que je prends un fruit. L’épicerie n’ouvrait qu’à 16h. Tant pis ! Je retrouve l’homme sur une tendeuse, dans une propriété, où becquettent parfois des poules à l’air libre, un coq. Il parle comme à lui même, marmonne de sa solitude, conclu en me lançant la balle et des brins d’herbe, déchets ou tapis de verdure, l’odeur m’a brulée les narines. Quelques pas en avant et il y a aussi des travaux, entre des poteaux d’interdiction de stationnement et la route. Deux hommes en casques sur fond de graffitis orange, très beau tague que j’aurai pris en photographie, sans y connaitre grand chose. Je n’ai pas compris ce qu’ils font, aussi. L’asphalte me donne l’air d’un mille feuilles. Tout semble naturel, sinon secret, neuf. Un décore de théâtre. Je me demande à quoi tout ça concourt. Désorienté, je prends la première ruelle qui se présente. Je me ressaisi et ne veux l’emprunté. Elle serpente et au bout le drapeau tricolore, au-dessus d’un mât, auquel je fais révérence et dont une honte indicible me submerge. Je cherche un banc ou m’assoir. Je m’arrête pour m’hydrater au tournant à droite, comme une bête dans un enclos, je jette un oeil entre les cloisons en bois d’une maison, évidemment, que c’est propre. Pour quelle raison sinon de voir de quoi vivent les riverains, me créer un imaginaire. Et en contemplant ce qui ce trouve autours, des maisons plus vieille que d’autres, une maison en chantier, intuitivement l’idée de tartines me vient à l’esprit, des arbres et des poteaux électriques, beaucoup de plaques de signalisations. Une voiture me fait face, je la colle à l’un des panneaux où elle stationne. Je continue et entre en saluant dans un magasin market, il fait frais. La femme derrière la caisse prend des selfies. Mon souhait est de me retrouver dans une bibliothèque. J’ai entendu qu’en cas de fortes chaleurs, les endroits qu’il faut privilégiés sont les cours d’eau. Et j’omets

* inspiré



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