Je crois que j’ai sacrifié dix ans, des sommes considérables, pour monter dans un camion poubelle, le mien, rien que pour vivre et réaliser l’un de mes rêves. Cela remonte encore à plus loin, à mon enfance, la fois où des éboueurs me laissaient m’accrocher sur le leur à l’arrière. Des années durant lesquelles je faisais taire mes envies d’écrire ce que j’espère de la poésie, quoique je glanais par-ci par-là… , j’apprenais des hommes qui exerceraient un métier considéré comme dégradant. J’étais dans l’entretien de l’environnement, voilà ce que je disais. On se considérait bénis lorsqu’il pleuvait, les déchets pesaient trois fois plus lourds. J’aurais jamais pu vivre dedans. Ils n’avaient rien compris ceux qui disaient que ce camion était comme mon enfant. Ou que je devais le lécher avec ma langue. Mais rien que ça, je l’ai fait ! On ne savait pas toujours ce que foutait le cul de mon camion, sinon qu’il ravalait le surplus des habitants. A 37 ans aujourd’hui, mon âge commence à me paraitre flou, vague


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