( Consignes )

conteneur jaune :

aiguille

bistouris

intranules

épicrâniennes

brocards

tout objet tranchant ou piquant

activité cérébral

des fougères en plastique, l’odeur d’un hôpital me revient familière

sachet noir ( daom) :

emballages

papiers

ordures

j’aurais pu écrire mes idées de ce matin

ancien vertige : si la justice divine existe, à moi elle me fait peur

sachet jaune ( dasrl) :

compresses

seringues gants

coton

perfuseurs

transfuseurs

ampoules

tout objet souillé

il y a un théâtre de bêtise qui résonne

comme presque tout qui tombe dans la mémoire

Ce jour

j’ai vécu l’éveil du véritable amour bien après la séparation

bien après

la réalité nous ment par essence

la vie est violente

derrière une joie cachée, je remercie le ciel mouillé

un carre du ciel, un tout petit vert

je me rends au bois fleuris, j’écrase l’herbe  

pour bâtir mon tipi noir et avec mon dos d’ours à trois pattes

sous la pénombre des jours en fuite

l’air est un charme à exclure

Cela ne chante pas ( 3 )

je vais juste partir et je vous dis : non              
je est une vie sous la pluie

on oublie les fleurs et les palmiers dans le vent               
et la célébration de la vie, des assurances simples
– je suis un homme simple, factuel

une femme dans un parcours amoureux           
ma vie est un bouleversement vocalique qui peuple mon monde sauvage              
je suis avec comme un ermite

je me suis amusé par déclic              
j’étais un vulgaire mollusque violet gorgé de vitamines dès son enfance              
oui je me retourne vers toi toujours aussi indéfinissable la grande bleue

mille félicités pour les âmes en peine               
je suis content mais il faut savoir, il te faut savoir              
qu’il y a une âme en peine abandonnée du ciel qui ta fait mourir

faut-il aller mieux, je reste un boulon clouté               
dans une ville faite de mirage

– Menon est une bouche ouverte avec la langue noire !

la lumière sur ses cheveux violet,               
j’étais l’ami de son corps sous les draps, il y a mon corps noir              
une souscription médiéval, elle me parait lointaine dès ce présent

mon imaginaire quotidien, fantomatique et qui ne veut pas dire inexistant !  
je compte mes vertus, ça serait bien

j’ai de la nourriture et tu es une bible
mariée avec le soleil

l’être seul, une éphémère bougie
le verbe multiple, une transparence et moi              
est une souillure que je lave de mes yeux noir de toutes les façons

redonner une seconde chance à l’amour              
tu es le déracinés à jamais

– Menon est un long nez qui respire la fraîcheur des mensonges !

je n’écris plus vous savez, je lance des miaulements de la gorge d’un chat imaginaire, je veux un peu de viande de poisson séché, un bel après-midi d’amour, une chanson à raconter …

cardiaque, des rythmes… peut-être ?

Esprit chamanique ( 2 )

A Lucie.

ton job de nettoyeuse dévalise les caisses

une espèce d’un vieux genre que l’on ne retrouve, c’est un adoucissant des âmes caverneuses

tu reconnais l’autre dans sa superbe

ses variations subites

les vagues réminiscences de quelque chose d’encore plus vague

comme boire le mythique filtre

un amour unique dans le genre inoubliable

un diamant de météorite

n’est ce pas une affaire classée

loué sois-tu et ce qui te dépasse

les crimes sont faits

tu en reviens

très bien ce n’est que parfait

tu laisses traîner tes affaires dans la rue

les beaux ont du génie

comme el djinn à la claire bougie en été

tu te perfectionnes

lire dans l’âme des gens, je sais, c’est mauvais… ( le prévoir pour mon post-scriptum ! )

comme une étoile, tu veilles au grain

j’ai une dette pour les uns // … pour tous les autres entre des tenailles

une hyménée rousse, je cherche la fleur saine sur une sainte terre, lui bâtir un nouveau royaume, ce n’est plus possible ! il te faut tout l’or de la terre et des hommes en chêne cartographié, ce n’est plus possible !             

tu joues encore avec les planètes fauves comme aux échecs

si seulement tu savais mes grandes lacunes ma terre bleue envisagé

ses lunes sont étatiques

l’histoire d’une petite héroïne : la tenancière est au téléphone avec Amanda Sue, elle ne répond de rien et réclame son du, une sale affaire ! elle est à une demi-douzaines de routes d’ici …

prendre l’instant de l’éternel et voir les paramètres de la trajectoire

un ciel presque bleu derrière des arbres nus qui se courbent

le soleil se noie sous mes pieds ou pointe l’herbe douce

je scrute le vide, un paravent… vite et clair              
et les murmures de la pierre d’ombre jaune, stupides oiseaux de l’étendue !

très bas dans le jour sur la route des ailes, je prends le bus :

ingurgiter

courir avec le silence

toujours vivre 

outrageux, je ne sais plus vivre !

je respire ce qu’il y a de peu dans l’air, la symphonie du crémant. tu ris pourtant à plein poumons.je ne fais qu’un avec mes idées sombres, tu surgis, je mûris et m’évade, l’âme de la métaphysique me colle à pleine dents

Acide phosphorique ( 1 )

mon poète en herbe, dès le vendredi saint, tu fais ta prière des cieux

tu as du verre, un soleil hypothétique et des chaussures marron sous une table en marbre ronde

petite pensée du jour: le péché Kabyle c’est d’être trop kabyle, ça va les tuer d’orgueil inévitablement, beaucoup de luisance pour ne pas flairer le coup

tu as la chaleur du printemps et ses prémisses – il a l’air d’être heureux avec son sourire naïve ! des passants …!

tiens toi calme poète, tu es un croche pieds à cette civilisation, reste bien au calme et détendu dans ton cloître, il te faut t’éloigner le maximum de cette dimension tout le temps fondre dans le rythme, souviens toi, il y a les saisons …


*

garde ton funk au calme

attends toi à des jours meilleurs, des jours meilleurs…

*

la vie recommence nouvelle, je m’en vais vers l’est

je me dois d’écouter là-bas la route des voyages et du conseil, les territoires en amont

le calicot se récolte tôt le matin

le soir venu on boit du thé chaud

( il y a surement une déesse cachée derrière ! )

les mamelles grossière touche le sol, c’est-à-dire pour 3 dollars par jour, qu’ils se lèvent maintenant pour la besogne ou qu’il pleuve. ils ont la solde dans la moelle !

*

je danse amoureux fou avec les aigles blancs

je communie avec le ciel bleu perdu dans les montagnes et il fait vraiment chaud

les câbles noirs délimitent nos rêves verticales …

*

la mort rode en ces longues nuits dans ton ventre

la mort rode en ces nuits sans fond …

à l’écoute : Eric Satie : Gnossienne 3/4/5/6

( L’élégante )

l’extase réinventé

le maudit

nuages

forme

yeux d’ivresses

acide

étrange

lenteur bleuté

carma

courbe

s’incline

arc fibrille

elle avait des boucles de cuivre

l’esprit des conteurs

les sons nocturnes

merveille

découverte

au porte d’une ville

enfant = marron

noir papillon

nos héros immobiles

pieds de pierre

mystère

s’offre un dissous

captive

mille baisers complices

Pratique

j’écris des poésies en français n’importe où et sur n’importe quoi. pour ce faire, j’aligne des lettres derrière un voile. elles venaient parfois et je les fuyais. à présent, j’accueille

à la fin de mon poème et tout de suite avant ma première lecture, je sens comme une présence au-dessus de mon épaule

c’est la mort des bienheureux, j’ai mis beaucoup de temps avant de pouvoir l’identifier, il n’y a qu’elle qui reste tapis à l’ombre

on ne peut lire qu’une seule face à la fois d’une même pièce

le côté pile se laisse deviner

Le chemin des lucioles

J’ouvre mes bras à la nuit

D’été

mes actions frénétiques se figent et comme elle, je vois à quel mot au juste je devrais me pendre

je redoute ces instants de magie où je ne fais qu’un avec la chose, passer ce laps de temps, je me lasse toujours à repêcher le même stupide poisson

je relis quelques jours plus tard ( semaines ! ) des écrits dont les feuilles sont encore humides, ils sont comme une redécouverte ou une vie recommencée

à la lumière des calmes matins

comme un vulgaire mollusque agonisant

Le souffle court

Nul ne peut mentir

À l’instrument

les maux ( mots ) passés que j’endure encore inutilement, je pense qu’au ciel seront accueillis

je les trouve d’un ton bonimenteur, du genre traîtrise saccadée, qu’ils ne sont au fond que d’un vieux débonnaire

je n’ai fait preuve que de patience et je n’oublie évidemment pas de dire merci, merci du fond de mon cœur à celui qui repousse l’appelle du trépas

quand j’écris et que cela me fait peut-être avancer

plus rien d’autre n’a de l’importance

Manifestation des oiseaux

L’hybride au bout

Du chant

Ça n’a rien d’un jazz

Image par OpenClipart-Vectors

le jazz s’écoute communément les soirs de longue mélancolie  

éventuellement accompagner d’un verre cérémonial

comme du whisky ou autre…

comme moi-même

je suis tellement bordélique

et sans heures que je l’écoute dès le matin

très tôt au réveil avec les cuivres qui me mettent d’aplomb

avec mon café noir et chaud … d’aplomb !

… comme un noir de la Nouvelle Orléans

vous savez que c’est de la musique afro-américaine,

le titre qui circule bien en ce moment est Kind Of Blue

pour l’heure je laisse aller dans le givre et je fais des calculs manteaux …

( Merci… )

les chemins du cœur… merci pour votre bénédiction !

les pluies noirs providentielles … merci pour votre bénédiction !

les offrandes … merci pour votre bénédiction !

la danse euclidienne des fourmis … merci pour votre bénédiction !

les écritures… merci pour votre bénédiction !

les femmes voilés à l’ignorance … merci pour votre bénédiction !

les soleils les lunes les étoiles … merci pour votre bénédiction !

l’amour … merci pour votre bénédiction !

les dépouilles sur nos genoux … merci pour votre bénédiction !

les grillons d’été … merci pour votre bénédiction !

les rêves … merci pour votre bénédiction !

la voix des neiges … merci pour votre bénédiction !

les yeux des poissons d’or … merci pour votre bénédiction !

les scarifications … merci pour votre bénédiction !

les deux mains … merci pour votre bénédiction !

la transparence des deux mondes … merci pour votre bénédiction !

les autoroutes du ciel … merci pour votre bénédiction !

les solitudes … merci pour votre bénédiction !

les visages de la créature … merci pour votre bénédiction !

les maladies … merci pour votre bénédiction !

les arc-en-ciel … merci pour votre bénédiction !

le libre arbitre … merci pour votre bénédiction !

les montagnes bleues … merci pour votre bénédiction !

les chutes … merci pour votre bénédiction !

la faim … merci pour votre bénédiction !

l’oubli … merci pour votre bénédiction !

l’eau … merci pour votre bénédiction !

j’espère la lumière de l’éternel

la foi du cœur éclipse les semblants de ce bas monde

( Expérience )

écrans

se sentir utile

dernier écran

une passion

les deux mains dans les poches

fruits

lune de miel

dernier fruit

une passion

plusieurs vies dans une vie

pierres

s’en sortir

dernière pierre

une passion

déjeuner sur l’herbe nue

cartes

porte à porte

dernière carte

une passion

voir venir la fin des haricots

costumes

fêtes savantes

dernier costume

une passion

un chien sent mauvais

sandwichs

trottoir

dernier sandwich

une passion

il faut gâter le gros

feux

chocolateries

dernier feu

une passion

rentrer à cinq heure du matin

voyages

un souhait d’enfant

dernier voyage

une passion

sous-vêtements de petite fille

toiles d’araignées

un châle entre les mains

dernière toile d’araignée

une passion

un peu plus en confiance

plateaux

de l’altruisme aveugle  

dernier plateau

une passion

une vie dans une valise

relationnels

découverte du ciel immense  

… relationnel

une passion

respirer la bêtise gratuite

une plume

survivre

dernière plume

une passion

la poésie est une expérience

( Débutant tardif )

dans l’un de mes voyages // dans l’un de mes romans

j’ai appris

qu’il n’y a pas que la bourse dans la vie

qu’il n’y a pas que les bons et les mauvais, le bien ou le mal

je ne suis personne // je suis de toutes les douleurs

j’aligne des lignes à l’encre de mon sang

comme maintenant // comme avant

l’esprit de ce chant est un adieu

j’existe dans la contemplation // j’existe dans l’amour   

je me ballades dans les rues d’une ville irréelle

leurs âmes m’habitent //  j’habite mon cœur

les soirs : triste et seul 

chaque soir je meurs // chaque matin je me relève

je sais qu’il n’y a plus d’espoir

chaque soir je meurs // chaque matin je me relève

je sais qu’il y a une lueur

je suis l’esseulé // je suis Tahen

désespérément  

le bureau des réclamations est sourd // le bureau des lamentations est aveugle  

nombreux ceux qui prennent la mauvaise tangente

je tourne à gauche // je tourne à droite

sur moi-même

j’envisage le centre // je me dégage

pour être multiple  

je sors // je rentre  

ma voix se trouble dans les foires aux manèges

elle exhume de l’ombre // elle exhume du tabac ( sans mousqueton ! )

je transpire de la gêne // je transpire du poème

j’attends quelqu’un qui me serre // j’attends quelqu’un qui me soulève

je suis un être en difficulté

puisque inadapté à la vie en société

je suis né pour tout voir // je suis né pour tout entendre

le Coeur Intemporel bat fort dans ma bouche

qu’il ne peut s’exprimer convenablement // qu’il ne peut vivre musicalement

c’est l’automne dans ses derniers retranchements

qu’est-ce qu’on serait sans une tasse de café

je me réalise en rêvant // je me réalise en chantant

comme les oiseaux

je respire encore grâce à l’art // je respire encore grâce à ma famille

je ne suis bon que dans le malheur

je prends la feuille // je vois un bureau

je prends le stylo // je vois une lampe

si seulement j’avais une assise …

j’écris: je bois // j’écris: je perds

de l’eau rouge coule dans les estaminets

j’écris: je l’aime toujours // j’écris: je suis perdu à jamais

j’écris les lettres dans le vide des mots

proche de monsieur m’amour qu’elle me fuit

que rien ne change // que rien ne s’améliore

je touche parfois

de mémoire son corps // de mémoire sa transparence

j’écris le blasphème // j’écris le mensonge

pour son amour // pour sa colère

est-elle seulement présente derrière ce filtre

douceur !

je suis fatigué de vivre // je suis fatigué de mourir

je claque la porte du grand hôpital

à l’air libre par Votre faute // à l’air libre pour les autres

l’horreur des enfers est peut-être sur terre

à quels moments nos actes prennent leurs sens

non-être // être

nous en tirons des satisfactions

j’ai gagné la poésie // j’ai gagné sur mon être

rarement du côté de la vie // rarement du côté du ressentiment

à la nuit tombée

tant qu’il y a à faire je suis de ce rafiot

tout en restant humain // tout en restant digne

les crins ondoyants // les plumes soyeuses

j’incarne les noces de l’enfer et du ciel

je suis peut-être fou // je suis peut-être poète

dans le délire amoureux // dans la folie créatrice

je veux raconter les fées // je veux conter les ogres

les sorciers ont plus d’un tour dans leurs sac

si je veux imploser // si je veux me disperser

je ne suis mauvais que dans le travail

j’ai fait l’amour à des pierres // j’ai fait l’amour à une fleur  

à qui viendrait l’idée de s’envoler

comme les promesses d’orage de cet été

qu’est-ce que je dis // qu’est-ce que je déterre 

pour fondre vos oreilles endormis // pour briser vos cœurs d’or en éclats

je perce vos angoisses profondes // je creuse vos peureuses argiles

il adviendra des rires fleuris // des rêves à fleurir de rire

j’écris

quand les mots se dérobent du mot

quand le port de la mémoire

quand le sucre de l’œil

quand tout revient au même

quand la fièvre d’amour

quand la respiration me fait halte

j’écris le murmure du cœur // j’écris l’analphabète du trait

Amphore

je prends une figue séche à l’huile

le soir j’improvise

je mélange excréments et urine

morve et croûtes des yeux

je me rafraîchie à l’eau de cologne

je rétablie les connexions

avec la saleté

avec la moisissure sur les murs et son odeur   

je me développe

je pue

de la transpiration sur la peau

du charbon entre les doigts de pied

j’ai deux temples  

j’ai un nez

de l’alcools

des cigarettes

une endive dans le frigidaire

j’ai une lettre à écrire

je mélange spermatozoïdes et salive

j’avale mes crottes de nez

je rote

je dilettante dans mon pet

le glauque à la commande

l’abjection du morbide

je ne me lave pas ( plus d’eau ou trop cher ! )

j’aime mon odeur de friandise

sous le seuil de la pauvreté

l’honneur des braves gens

je vais vers une fin olfactive

j’atteindrai les sommets bleus, peut-être  

Chuinter

dans l’alcôve il y a un lit double et de la poussière d’étoile

je veux des sons

comme ceux que les corps animés produisent 

je veux des airs d’automne

le craquèlement des feuilles mortes sur le sol

les lunes défilent militairement

je suis nul part et partout à la fois

des insectes rôdent autour d’une lampe du quartier 

je suis à l’autre extrémité du fil téléphonique

tout-est-épreuve-dans-la-vie-pour-être-un-homme-un-vrai-d’une-personnalité-de-fer-tout-à-son-honneur-se-dévouer…  

ma main tremble calmement

comme pour tenir le rythme d’une chanson imaginaire

hier tu es partie

tu es partie

L’oiseau

mon oiseau a la bougeotte ! à ce qu’il parait, c’est une des conditions de sa survie. il va et vient dans la cage en imitant les chauves-souris non domestiques

au réveil dès que j’enlève le voile qui le recouvre pour la nuit, il est déjà tout excité et m’attaque. je vois bien qu’il ne s’est pas tout à fait acclimaté à la maison

il parade aussi avec un chant spécifique et déploie ses ailes de plumes noires. cet oiseau ne pèse presque rien, je m’évertue de son courage

les autres oiseaux partagent notre compagnie

ils s’identifient

Prince des oiseaux

Les mini-soucoupes du rêve

Citadin

je ne sais pas grand-chose sur la vie des oiseaux et à la limite je le pense, j’imagine la situation la plus insupportable pour lui

peut-être qu’il est simplement programmé et idiot, qu’il ne se souvient de pas grand chose, mais comment interpréter son bec de couleur rose

je passe des heures à le contempler et lui ne reste attentif qu’à mes mouvements. un dialogue parfois s’instaure, j’essaie de le calmer en lui parlant

nous-sommes tous deux friands d’un mélange de graine et du miel

je nous le réserve pour les grands jours

Une gorge blanche

Sa langue âpre m’est conquise

À jamais

il bouge et se débat à la nuit tombée, il se revoit sans doute libre survolant les forêts de la région. j’entends ses rêves qui le basculent de son perchoir

il n’est pas question de le relâcher maintenant, je crois qu’il ne survivrait plus dans la nature, il mourrait et cela serait grave

je tiens peut-être les propos d’un égoïste, il nous est plus concevable de vivre libre un jour que dix ans dans une cage, surtout lorsque celui-ci apporte la baraka

il loue Dieu

son rouge indien derrière les barreaux de fer

Aube d’été

l’éveil spirituel de la nature

Oh jungle-home !

Résiste

Image par Karsten Paulick

une ombre trône dans l’hospice, je rêve de caresse future en dansant dans les locaux, sans même bouger de mon lit

c’est des damnés et que je tombe à la renverse en suivant la course des sages plus que jamais perdus dans les agglomérations  

est-ce que je m’endors, comme le baume dans les veines soyeuses ou comme un nuage de pluie qui s’enfuit au loin, je résiste aux luminaires du plafonnier et à la vapeur. je résiste !

il fait pour sûr si doux vivre ailleurs

je ne m’appartiens que pour un temps

Solstice d’hiver

J’observe le noir de la nuit

Sans jumelle

là-bas où je promène parfois mon caveau, là-bas… derrière les sentiers balisés, j’ai indiqué aux pèlerins la direction des arômes et du parfum inquisiteur

il y avait une insistante brise dans les cheveux. elle est dit-on, l’annonciatrice du paradis sur terre. je n’avais rien d’un saint, l’air idiot tout au plus

j’ai aperçu la première étoile obscure, une âme frémissante comme de l’eau. j’ai souhaité les autres et j’ai vu mes rêves se sourdre que tout homme devrait avoir

lorsque ma vie désirait s’épanouir sous d’autres cieux

je fonçais de mille lieux sur les événements  

La nuit aux encens

Un coup de dés

Des nébules

j’ai une pierre d’une amie que je mets dans ma bouche, enveloppé comme une chrysalide, je ne sais précisément de quoi le cœur de l’animal s’abreuve

je danse de mes derniers pas, vieux ballet de mon exil. je vais complètement désespérer d’elle ravager le soir tiède dans les nomenclatures

je reçois de cette reine des petits baisers sur le front, une première voix dégagée naît en moi et ses balbutiements veut embrasser presque tout

les dieux ont le goût des nuits blanches

je m’endors en homme

Cœur de l’aube

D’une étincelle s’ouvre le concert

Des gazouilles

il n’est plus question pour moi d’un retour au pays… je me résolve dans le partout idem !

Chenilles

j’aurais pu être toi, comme toi tu es en toi avec ta veste en cuir noir de gangster New-Yorkais, tes cheveux gominés, tes traits juvéniles, on devine presque ton désarroi

on marche l’un derrière l’autre, vraiment tout près, cela ne ressemble en rien à l’ordre que l’on se fait de soi

les chenilles boiteuses y arrivent et malgré leurs vieilles chaussures en bois ! l’un derrière l’autre, marcher …! 

être toi comme toi tu es en toi, troquer mes ennuis pour d’autre ennuis, avoir un sac porte-documents avec des documents importants dedans, fumer une autre marque de cigarette… et caetera

rien que pour vivre différemment les interactions avec ce monde, j’aurais peut-être une autre vie imaginaire

Les quais

je suis dans ma cylindrée dernier cri, une électrique savoyarde. j’écoute des mélodies dans mon poste radio, je suis ce qu’on pourrait appeler un homme riche, lequel à encore de belles années devant lui

sur les quais de Bordeaux, une troupe de filles en jupe courte, des chiens errants reniflent du vomi de matelots nègres, et derrière, comme un décor de théâtre, des buissons et une chaleur qui couve tout

cela ressemble à une nuit ordinaire, j’ai un peu bu, et alors, vous trouvez que c’est de l’impudence ? patience, vous n’avez encore rien vu ! Vroom, Vroom …! j’accoste l’une des filles selon mon bon plaisir

Absences

Image par Adrian

1/3

je réapprends à aimer, vous dites que l’amour est un sentiment infini. à un moment, j’ai fermé les portes, comme un raccourci vers la nuit

après ne sachant comment le vivre, il m’est difficile de l’exprimer. je ne sais rien d’autre que mon insignifiance

comme le travail des choses précieuses, l’orfèvrerie, les pierres… dans une certaine économie de l’ordre, j’ai une insuffisance étroite avec le moi

offrir sa vie cela va de soi

offrir sa vie

L’oisillon becquée

Souvenir des paroles

Oubliées

cela fait un bout de temps que l’on se voit, vous rentrez régulièrement à ce cabinet et dès que vous franchissez le seuil, je ne vous vois plus

personne ne peut deviner votre solitude dans les cinémas, à la plage ou dans les balades au parc. seul vous éprouvez les remous, vous butez sur des questions sans fin

essayez de sortir, amusez vous ! voir du monde n’est pas si mal, cherchez dans vos anciens contacts. dites-moi, il est toujours question de la même femme ?

nul n’échappe à ses erreurs

nul n’échappe

La plage vide de présence

Abonné à la sortie buissonnière

De mai  

tout me ramène indubitablement à vous, vous êtes partout à la fois, à l’intérieur de moi aussi, du plus lointain souvenir au geste le plus anodin

vous affichez plusieurs visages à mon inconnaissance, la primauté à l’étoile de ma vie, une guide dans un pays où les étoiles sont de mousse

revenir n’est plus possible, après tant de sacrifices et d’habitudes regagnés. retournez au pré de votre Père et dites-lui qu’il n’a plus rien à craindre

me prémunir des insolations d’amour

me prémunir de la descente

Une naissance éphémère

Les étoiles dansent

Le hip-hop

2/3

je n’ai plus foi en la prière. harnaché, qu’est-ce qui se bouscule dans mes entrailles et remonte à la surface des mots incompréhensibles à l’entendement ?

le raz de marée qui submerge le sol emportant les édifices d’une vie et surtout mon corps inondé, et mon cœur prend le flux des vagues…

ce sont les mêmes départs vers les anneaux de glaise sphérique, les mêmes planètes aux pupilles blanches qui se balancent, jusqu’aux matins colossaux en pleurs

les lendemains soulèvent nos craintes

les lendemains givrés

Corail du ciel

On est toujours au sud

De quelqu’un

c’est ce que je craignais, vous êtes en piteuse état que ça devient presque déconcertant et j’irai jusqu’à dire le contraire si je ne vous voyais pas

ne me demandez pas comment, je ne suis qu’un généraliste. excusez-moi, s’il vous plaît un instant, je dois rependre à cet appel, allô, je…

passer nous voir en ces temps troubles

passer dessus

Petite magie

Laissez-moi encore vous vivre

Entre les lignes

vous me poursuivez dans les moindres recoins, sans exception. on s’est mis hors de la vie lorsqu’on s’est aimé, plus personne ne peut l’effacer

j’aimerais tant vous revoir pleurer, ne serait-ce que pour avoir le cœur net sur ma condition de démembré

je ne suis presque rien sans vous, j’ai surpassé bien des hommes dans la fureur de vivre, je croyais à votre histoire plus que tout

Cet écho appelle

L’âme qui vagabonde

Dans la pénombre

3/3

j’erre souvent dans mes abîmes, une légère tendance à la mélancolique et me voici devant vous débarrassé

je me tiens en marge de la société et peut-être en condition. parfois même, j’arrive à trancher dans le vif. il me faut vous dire que ce sont là des instants particuliers

je suis franc et honnête avec vous, sur mes envies et dans quoi je m’aventure. je suis franc avec vous, je vous parle à cœur ouvert, comme je parlerais à Dieu

l’espoir nous est permis

ô quel drôle d’espoir nous concevons !

Douceur de la nuit

Musique de la brise d’été

Sur les feuilles

c’est de mon amour meurtri que je meurs, j’étais béni des dieux et mes prophéties se réalisaient. est-ce qu’il y a encore des merveilles en cette partie du monde ?

j’enracine mes espérances dans vos semblants de sincérité, vous et moi, c’est tout comme

je vous le redis à vous deux, le temps est à la mort heureuse. je laisse derrière moi des univers infinis et rien d’autre

L’appel de l’aube

À la prière

Repend oui

d’une interstice à des murs indéchiffrables, je ne peux me dire et voir venir, si seulement les regrets ne dormaient pas à mon chevet

toutes mes pensées vont à Dieu qui créa la terre et les hommes pour vivre en paix. j’ai vécu en paix dans certains endroits calmes et doux

Court-circuiter le réel

Avec le sourire d’un homme

Libéré

Pôle

Image par M. Maggs

comme s’amarrer sur de fabuleuses îles, je plante une graine en vous, aucunement surpris par le sort de nos vies, aussi futile soit-elle devant l’inéluctable

vous n’êtes pas obligé de tout savoir, mais il faut rester attentif, il faut s’envoler aussi de tout son être, s’envoler !

arpenter l’échelle du temps jusqu’à vos origines lointaines, pour mieux vous défaire. un homme défet de la médiocrité verra dans des eaux limpides et transparentes

croire en soi comme Hercule ou un millier de montagnes

un jour vous récolterez de plus grandes joies

D’un amour de soleil

Les rappelles qui viennent

Du dehors

mes prévisions à venir, des ciels meilleurs et doux, un renouveau de notre famille dans l’espérance et la bonne humeur, des éclaircies indéfinissables à l’horizon  

je vous encourage également à inventer et remodeler votre histoire personnel à l’infini, les volcans tombent dans un sommeil plus au moins long et ne s’éteignent jamais

il n’existe entre nous aucune frontière et aucune indifférence, ce qui reviendrait a mentir. il y aura un baume des plus salutaire sur les anciennes plaies et des aventures tout aussi extraordinaire à vivre

sortez et faites des rencontres

chantez encore plus fort et faites trembler notre demeure

Une vue sur l’orient

Je perce le ciel

Inodore

peut-être qu’un jour prochain, un peu oublieux de vous-même, vous serez beau pour le Grand, le Trait et le Saut. vous serez un tout, tout un monde qui se dénoue sous des stalactites, un monde libertaire à vous seul

nourrissez vos expériences d’amour, enrichissez vous de musique, de cinéma, de philosophie et de poésie. à présent plus rien n’a de l’importance, lorsqu’on est avec une sœur, avec un frère

je crois aux générations futures où jamais rien ne sera plus pareil. je dois être un peu naïf, mais sachez qu’il vous faudra tout reprendre dans un avenir radieux

je saluerais toujours votre imaginaire sans filtre

réinventons ensemble

Une éclosion

Je sens le jour

Venir

dans mes plus vieux âges et au plus lointain mouvement… je sens une certaine désinvolture devant mes souvenirs aigris !

Adolescence

j’habite un quartier résidentiel

une construction de la France Coloniale

le genre Varsovie en noir et blanc

il y a eu encore des émeutes cette nuit

ma ville se soulève comme en région

bouillonnante de revendications

les CRS n’ont pas ce petit quelque chose qui fait ordre et rétabli la tranquillité

les manifestants ne prétendent aucunement à gouverner leur pays

c’est assez comique comme événement

j’ai reçu la consigne de ne plus sortir de l’appartement

je sens comme une odeur de chair brûlée

cette odeur s’infiltre par les ouvertures de la climatisation

( L’oxygéné )

: 1

une chose

un être à la dérive

d’une mémoire surannée

parachevé par ses aînés

il était à peine né de ses rêves

ce n’est pas une lourde médecine

ni une conscience d’Intermarché 

dans une cadence confuse et folle   

ses monts étaient positifs

 : 2

quel piètre poète 

est-il empêtré ? 

sourd aux vents sourd à la vie !

des fuites et j’oublie

il a énormément perdu

il voit le revers d’une vie trop bruyante

de leur noirceur son caractère s’endurcie

il n’a pas renoncé

il a refusé de vivre

 : 3

seul

désolé de tout

désolé de la vie

de la vie qui ne va plus

des étoiles qui ne brillent plus

il laisse dire et faire

il n’y a pourtant aucune frontière

relégué dans un sous-sol

il voit du plomb tacheté de lumière 

: 4

il reste téméraire

comme un vieux reste de goût amer 

une espèce d’égout dans la gorge 

sans caprice et délusoire  

il s’accroche à rien et à des semblants d’une vie 

il s’accroche au tout et à l’ennui souhaité

son cœur est un sentier  

toute son histoire tient sur ces fils

le mieux c’est qu’il ne sait pas mourir

: 5

il est conté 

suspect supposé 

il n’est toujours pas  

versant d’un cœur détruit    

tout s’effrite et fuit  

l’asphalte appelle à l’oeuvre les palmiers transportés

la tête en dehors des sombres couloirs

il va où vont les poètes

le palais des oubliés

: 6

il se lève

ce n’est pas la forme

il jette un coup d’œil dehors

rien n’a changé depuis la veille  

rien ne prédéfini ses actes

il croit qu’il est 10h34

il a encore peur de ses mots

qui s’opposent

il n’y a peut-être aucun chemin pour lui

: 7

sur une sphère hors du monde

il regarde les murs animés  

et projette sa colère   

il faudrait un grand cœur qui irradie sa mémoire

le sol moite s’ouvre devant lui

il devine le noir des ombres

l’enfant en lui s’éloigne

l’enfant en lui veut mourir

sa mort est proche

: 8

sa vie chante une cantate

un vaisseau fantôme qui vogue

très mécanique et très versatile !

il est le royaume aux portes fermées

sa trentaine se précise

il suffoquait dans les années quatre-vingt-dix

l’avenir est le temps des étrangers

espèce de vieux chaman !

il rit avant de finir

: 9

sa sueur est un nectar

il est le bâtisseur de montagne

il porte ses mains sur un nouveau visage

d’une lenteur…

il a le sommeil léger des condamnés

il a tout démenti

désormais il ne répond plus de rien

comme les pas à pas d’une corolle

une fleur qui perd son âme

: 10

il vit une lutte incessante

il ne connait que le travail

et rien n’est bâti

combien de temps avant l’achèvement

il n’est jamais en paix

ses mouvements sont irascibles

conscient du peu qui lui reste

il va prendre ses distances

et du repos

: 11

du fer antique

réduit compact martelé

une taule de voiture froissée

tout au long du noir sillage

votre sombre esprit vous quitte

vous le devinez dès les matins bleus

aux lenteurs et aux gestes approximatives

vous vous enlisez dans les confections intérieures

voyez il se trouve des gens bien

Préparatifs

on s’était dit plusieurs fois adieu sur un quai de gare, ( j’irai sans doute à el-oued !) au milieu d’une foule de gens compacte et puis, tu es partie

on t’aurait pris aisément pour un ange déchu des cieux, tu étais vapeureuse et étrangement tes lèvres étaient blanches, presquement livides

c’était comme si les nuages fondaient juste pour nous deux, un semblant de nous deux qui demeure veule

ce n’est rien de grave

chacun sait que les lèvres ne se brisent pas !

Les vitres bleues du TGV

J’octroie un don d’amour

À la Terre entière

tandis que tu parcourais les plaines de Bretagne de tes yeux, confortablement installée sur ton siège. une mémoire neuve naissait en toi, la distance a dû estamper le reste

sur le chemin vers je ne sais où je m’interrogeais sur le sens de cette brève histoire partagée et le tient de retour. un bar m’a finalement accueillie, il était 23h24

je m’étais résolu à rentrer et en poussant le visage de la porte, j’ai su tout le mal de ton absence. j’ai gardé ton dernier sourire comme une dernière sympathie

il meublait seul tout l’appartement calme

bientôt si clair sans toi

j’aimais les rides de ton visage, un petit soleil agréable, ces rides me rappelaient les fleuves et les rivières que je n’ai pas visité

j’aimais être avec toi les après-midi relâches, tu étais ma maison où repose la poussière de l’oubli

j’aimais ce côté spectaculaire que tu te donnais et ton penchant pour la désobéissance, une qualité qui s’accomplit souvent chez toi par ton courage

j’aimais partager une cigarette avec toi et sentir le goût au beurre de karité sur mes lèvres, comme quand on partageait des pommes au petit-matin

j’aimais nos moments de joie partagée et de bonne humeur, j’aimais t’aimer, j’aimais avoir froid à tes côtés et trembler

j’aimais quand tu secouais les draps pour la nuit et qu’un parfum gagnait la pièce, je te regardais longuement, sans un mot, tu étais mon tout

j’aimais ta personnalité plus que tout, ta finesse d’esprit et ton humour, j’aimerais revoir le soleil du midi en ta présence et ton corps fiévreux, une toundra sauvage et son herbe est bleue

j’aimais recevoir tes lèvres partout sur moi et me perdre en toi, me redorer la peau comme un lézard sous ton ciel clair et calme

j’aimais serrer tes petits seins rouges et tes fesses d’ardoises, cela me rappelait les bancs de l’école, et surtout entendre tes insondables soupirs

cette nuit de solitude, tu traverses mes blanches pensées, on ne fait jamais rien que traverser, comme on traverserait des terres chaudes et désolées !

j’observais de la seule fenêtre de mon studio, un bout du ciel qui était d’une bouleversante couleur d’aube manifeste

alors que tout sommeillait sur le grand fleuve de la nuit, je veillais sur l’image brisée d’une belle aventure

j’étais bouleversé par cette nouvelle séparation, c’est vrai…! mais je ne sais d’où j’ai tiré les forces nécessaires pour aller quand même travailler

mourir d’espérance pour toi est-il possible ?

mon cœur manque cruellement de cœur sans toi

Un grand départ à l’aube

De nos fiançailles

Nos deux âmes fluettes s’élèvent… !

on se ment pour toutes les fois que l’on n’a pas vécu… !

Sensations

Image par 【微博/微信】愚木混株

cette atmosphère de moisie qui nous magnifiait, le bleu-noir du ciel, les étoiles, ta peau, je m’en souviens :

comme de ta voiture rouge métallique, une ZX 1991. Toi, tu te tenais juste à côté, tes dessous d’habits baissés

elles filaient en demi-teinte ces punaises, de vraies bêtes théâtrales, elles mouraient autant les grands soirs de fête

elle brillait pour toi seule, cette nuit d’été de l’acte bréviaire. tu les connais ces soirs d’été

tu l’as bien comprise cette substantifique moelle, dis, nos nuits désordonnées, nous rêvions à demi-mot, les algues et le parfum de la berge siliconée, bonheureux, doucement !  

aujourd’hui comme une infraction, je me balade avec ton visage urbain, une valise cabine entre mes deux jambes et tout prés de moi, ton esprit qui crie à la cavalcade 

de mes mains file une étoile vers les rives baltique, prémisse d’une nouvelle déchéance  

c’est juste des météorites

c’est juste une étoile filante

c’est l’histoire d’un poisson combattant

( Hurluberlu )

… j’implore la pitié d’un toit qui s’écroule, quand je mets le premier pas, la terre bouge… qui peut me délivrer de cette frayeur ? «  Djaroua  Allaoua Ouahbi.    

mon étoile et moi… on construit un fantasque royaume pour autrui

mon étoile et moi… on change la face du monde depuis le berceau jusqu’à notre vie d’adulte

mon étoile et moi… on visite l’âme de toute chose comme vont les vagabonds qui puent hors des rails de rue  

mon étoile et moi… on croit aux monologues intérieures et aux blanches boites en bois !

mon étoile et moi… on reste myope devant les cœurs des bons poètes qui tolèrent le vol et le crime

mon étoile et moi… on rêve d’un dieu parfait dans les toilettes et on dit : habité par un djinn 

mon étoile et moi… on laisse quelques-uns sur la route et d’autres que nous ne reverront plus jamais

mon étoile et moi… on a des jours de cristal ou l’orient est notre terre dilection

mon étoile et moi… on n’est pas ce caustique refuge où il fait bon de se taire, o nos vieilles misères ! 

mon étoile et moi… on porte le bleu du feu et le sacré de Dieu l’innommé dans les solitudes des soirs de mai 

mon étoile et moi… on croit qu’il n’y a pas de dessein prédéterminé à l’envers du gant de la rumeur 

mon étoile et moi… on dévisage l’automne et les présages retrouvées sous le ciel de nos appartements

mon étoile et moi… on souffre la prière des rats dans ce monde nié

( Sonnet fétiche )

Alors qu’eux étaient pour une poésie du crépuscule. Pour une poésie de la nuit. Nous autres nous défendons une poésie de l’aurore.  » Manifeste 1963. Nicanor Parra.

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je n’ai rien d’autre à ajouter…

Porte Dauphine

enlevez vos chaussures

allongez vous

fermez vos yeux aux alentours

rentrez dans le noir du charbon

écoutez votre propre musique intérieure

respirez calmement et avec délectation

vous êtes sur une herbe artificielle qui pique

surtout ne bougez pas sous l’ombre du sycomore

comme un meuble caché aux regards distraits 

un vieux tableau accroché au mur il y a longtemps

vous vous souvenez du bleu du ciel : l’épidémique !

élucidez le mystère de votre plus grande peur

restez au-delà de la fermeture du parc

( El Hafiya )

enfance

déchu  

des dents blanches

deux nerfs

ton sourire sur le mien

chat ( je pense à la sexualité d’un chat ! )

les jours passent

vient l’été

tes yeux et des ailes

or et aurore se couchent

un coup s’entend

un autre coup de poudre

bouquet de fleurs

boisson

une rose ou une violette

de l’arbre monte

ou aller ?

une eau et du lait  

panorama

les corps flottent inertes

l’herbe est un masque d’eau magique

ainsi commence et finie la vie d’un prophète  

Orages

A Isylle. Et à Rémy.

en pleine conversation j’ai réinventé ma vie jaunie comme Forest en Alabama for ever

mes lèvres noirs soufflent sur le soleil couchant l’origami enfantine

la traversante pluie cogne le vert émoussé des vitres de nos voisins lentement

un Je qui n’est pas le je que je connais dans mes délires et mes vagues élucubrations

redécouvrir la ville que j’ai quitté et je jure de la parcourir habiller d’une âme de pèlerin

j’irai au secret et aux noirs tourments de mon cœur comme être là, et ailleurs

entre autres balivernes je mourrai pauvre et abandonné de tous, et ça, tout le monde semble l’ignorer

Périgueux. Été 2014.

L’inadapté

si l’homme a créé les dieux ce n’est que par accident …

Image par Robert Kubíček

j’ai fui les classes et les bancs du petit écolier, comme tout orphelin fatigué du système qualitatif. l’esprit de la tornade dans mes oreilles droites      

les rues après l’orage lorsqu’elles abondent de secrets, elles révèlent au premier venu les airs de balade chétive, et cela jusqu’à l’aube des accordéonistes fauchés

j’étais chantre joyeux sur la vieille ville de lumière extatique, je révérais la création dans chaque souffle. elle me rappelait à point nommé que la mémoire est incertaine et fixe

les chiens aux yeux terreux se débinaient

l’ombre restait scotcher

Le ciel tombe son noir

Whitman sur la rive

Du rêve

elle me prenait amicalement la main froide de désinvolture, lors de mes ballades au bois et au fond d’un vert bassin aquatique, je me refusais à tout commerce

j’ai versé des larmes hâtives sous ses pieds noirs où coulait la morve d’un baiser repris à la pire des chimères, plus d’un quart de ce siècle m’a laissé sans vie

j’inventais des montagnes aux multiples longitudes qui éclairent mes rixes. j’étais aimé d’anciens dieux comme de l’or d’égide, dès lors que mon âme endossait le voile caverneux

la voix était au timbre de tabac brun

j’étouffais l’envie d’un voyage de mille et une esquisses

La maison craque

Déchirure du silence

De la nuit

je bondissais sur les îles lointaines et désespérément arides, comme un oiseau des vastes pôles avec d’intangibles clartés, sans les bonnes grâces d’un traître mot 

les trèfles abondants sur mon front ont ouvert le troisième œil du cœur inchangé devant le calme de l’étude. j’ai traversé l’histoire et les guerres sur le mur de mes désirs

il faut dire que je demeure inadapté à vos sociétés en tout lieu, sans plus attendre voici en exergue la dilution de mes zones d’ombres colorées

je parlerais de la nuit et du bas royaume réparti

jusqu’à soif de la brume d’été

Cris du goéland

La décharge de tous les saints

Et les diables

( Dans l’heure )

À Chouaib.

 » Les Revenantes » ©anitaa 2015

je rêve de faire un long voyage au-delà des dunes et choir sur place que par affliction, je commanderai aux fleuves hors des lits, tout en étant pur et cruel

je rêve de recevoir un versé comme une goutte d’eau dans les profondeurs de l’Etna

je rêve que l’être qui habite mes cottes me quitte pour mieux me revenir et que les geôles cautérisent

je rêve d’être le Père Noël avec des lutins en gélatine verte au service des enfants du monde entier

je rêve de contempler le ciel rougeoyant comme une confiture de fraise, et pour moi, les nuages légers s’entrouvrent comme les petits sachets de caramel au beurre salé

je rêve de tomber dans un rêve et de ne plus jamais m’éveiller

je rêve de retourner en enfance avec l’idée de courir encore plus dans tous les sens

je rêve d’une excursion sans attache comme un bon homme devant son café crème, – dring dring ! et l’excursion arrive

je rêve qu’un jour un être me parle de la poésie

je rêve d’une troupe oxygénée aux victoires saillantes ivre de leur gloire passée et je chanterai, oui, je chanterai de tout cœur avec eux sur les routes du ciel

je rêve de voir deux lunes argentées entre des colonnes antiques comme un double templier

je rêve de faire partie d’un groupe de free jazz sur scène et je serais à la trompette

je rêve de noircir des pages de mes petits rêves poétiques et les anéantir par le feu

je rêve de participer à un colloque d’écrivains et de poètes dans le désert froid d’Éthiopie

je ne fais que rêver à l’heure du petit-déjeuner, je rêve surtout de manquer à la fourberie des hommes 

Hôpital occipital

A Samy.

lorsque je l’ai vu pour la première fois, j’ai senti une douce chaleur dans le ventre, comme quelque chose qui affame. elle ressemblait tellement à une petite pomme à croquer 

le teint pâle, Marie était toute jeune et gravement malade, elle passait le plus clair de son temps dans un hôpital, un grand merci se lisait sur son large front espiègle

elle obtenait parfois une autorisation de sortie spéciale de ses médecins, mais c’était selon son état de santé et très rare

la santé est un don divin

consumons-la

à-la-recherche-d’-un-impact-de-vérité-vous-serez-souvent-confronté-à-votre-décrépitude-volontaire-toute-cruauté-est-bonne-à-prendre… !

elle aimait les rivières et jouait à des ricochets avec ses frères, le ciel était d’un bleu clair dégagé, le monde tout entier lui tendait les bras  

de retour pour poursuivre ses soins en observation intensive, elle souriait de la voix des anges et se laissait rêveusement aller à la douceur de cette journée

la lumière inondait la pièce médicalisée

l’hôpital est la seconde maison de Dieu

Une avancée

La faucheuse nous tient

Une ardoise

elle comptait les jours qui l’a séparé de son anniversaire sur les doigts de sa main,

elle domptait une crainte plus forte que tout au-delà de ses facultés, une mort qui l’enlise à jamais dans son sommeil

il n’y a cependant aucun enseignement à soustraire d’un alitement, que l’on soit mourant ou convalescent, tous autant que nous-sommes, nous espérons en Lui

je crois tout ce qu’on me présente, je suis bien obligé. j’imagine des histoires et pour commencer une belle histoire, il faut d’abord choisir les mots… !

Synopsis d’une journée d’automne

Image par マサコ アーント

il marche théâtralement dans une rue d’automne, une sainte forêt au milieu des feux

il croise des géants et bouscule des hercules, plus limpides que la chair, plus fracassants que les éclairs

il reste ample comme les dunes de son enfance de son adolescence où il y a la douceur du vent digne du froid des fleurs. souvenir aiguisé : ici gît dans l’obscur barbouillé une dépouille

dans ces rues aux rubans adhésifs, il voit des palmiers à la crinière de laine et des corps nus entremêlés

il traverse l’une d’entre elles, un autre courant d’air passe, plus insistant que l’odeur des loups

à la nuit tombée, sa tête pleine de réminiscences d’archange et le cœur malmené par des sommets lubriques, allongé sur la bordure d’une berge instable, il pleur

il est un rêve qui s’oublie sur la chaussée, est-il une dramaturgie, et qu’elle rêve ?

Radio

derrière chaque poste radio il y a un être vivant qui fredonne…

Image par Nate Shepherd

le poste est comme une seconde peau, je le tiens pour primordial dans une maison. il meuble mon quotidien monotone d’une transmission continue, ou presque

en fin de journée, après une balade au parc ou quand je rentre tard, il reste allumé, je suis content. soulagé de retrouver un semblant d’un chez soi

un poste radio c’est l’imprévu à l’état pur, une invitation au voyage assuré, l’une des issues possibles vers le monde des rêves sans faire d’efforts

sans quitter le ciel de son appartement

sans quitter le ciel

mon poste est de la marque Sony, une série bleue un peu futuriste de l’an 1996, il capte toutes les stations de l’hexagone

le soir venu je me délecte du jeu du voir et de l’écoute des voix interviewées prises au hasard des rues et les commentateurs anecdotiques

ce poste se trouve dans un endroit stratégique qui est ma blanche cuisine, à chaque fois que je franchis cette porte, une autre advient

No man’s land

Image par【微博/微信】愚木混株

je lis les exclus des bibliothèques, les conventionnels. une littérature ringarde et naïve par ses propositions. il m’est difficile en ce cas de croire à la gratuité

dans ces livres estampillés que l’on peut facilement reconnaître entre tous, l’auteur termine son récit avec un mot intelligent, contre tous les silences de l’éternité

un livre est presque illicite dans certaines régions. ils diraient que c’est une perte de temps, absurde ou carrément une folie dingue. – êtes-vous personnellement atteint ?

c’est souvent les plus solides qui crient à la folie

une distinction entre le blé et l’orge

Soir de pleine lune

Mes vêtements prennent

L’air

j’ai remarqué une chose étrange, pour le moins suspect ! on ne tombe jamais sur de la poésie et sur les saintes écritures

si tenté que ces genres sont à l’intérieur du livre et non pas dans l’objet lui-même ou dans l’ensemble d’une bibliothèque

mes périodes de lecture sont variables et sans l’issue des mots, l’étau me prend à la gorge et me serre, et me serre… ! – allez-vous vomir ?

le piège referme sa propre clé

les mots purgent

La place de l’école

Les chimères sonnent

Le nickel

ces résidus de bonne conscience et surtout transitoires, plus au moins neuf pour certains d’entre eux jamais ouvert

on les retrouve généralement en libre-service dans les centres sociaux, les parcs publiques, les plages…etc. comme ils peuvent très bien finir dans une benne à ordure

pour revenir sur les lectures que j’ai cité plus haut, ce n’est surement pas du à la pénurie de papier. l’évidence est flagrante qu’il devient inutile et vain de chercher des réponses

une lecture peut changer le cours d’une vie

la promesse d’un monde meilleur

L’incarnation des oiseaux

Les plumes ocres entre les doigts

Du poète

j’investis le champs commun… comme je regrette de les lire qu’une seule fois !

Ain El Hallouf

A Rabah.

mes larmes coulent vers le bas, comme une eau qui jaillit d’une source froide, une eau dégueulasse à boire et en cela une saturation

j’avais neuf ans et on voyait encore des sangliers affolés au pied de nos portes que l’on verrouillait, comme pour les voleuses d’enfants

il y a que je plaisantais sur le temps en le piétinant comme des raisins verts, dans un but inconsciemment entêtant, extraire un suc impossible à emmagasiner

un voisin s’endormait sur un air d’opéra

sans qu’aucun de nous n’entende ses ablutions

Sommeil d’Al hara

Les enfants se racontent

Les quatre saisons

je voulais m’en sortir, comme sortir par inadvertance et part tous les ports d’une insalubre et minuscule cuisine

je revenais vers chez moi avec l’espoir de croiser les hirondelles qui volaient plus bas que les fils électriques, elles y étaient même dans les noires saisons

je me revigorais en lézardant sous le soleil, enchanté de retrouver mes airs de désinvolture en léchant les murs empestés de ma rue

dehors on se renouvelait

on revenait au soleil

Dernier coup d’œil

Battent frénétiquement les ailes

Des hirondelles

dans les hauts quartiers, en allant de la cité le kadi jusqu’aux confins du boulevard du nord, les nuits me faisaient violence plus que les spots de sensibilisation à la télévision

j’ai plié mes bagages sans savoir très bien de qui à commencer, une décision qui me laisse à moitié résigné et sur le cœur une artère béante

j’ai suivi les méandres des jours inviolés, sans oublier le climat maussade qui aujourd’hui me désigne différent et loin de mes semblables

de la brèche d’un rocher naît et s’épanouit le lierre

ceux qui savent savent

Aube d’été

Allongé sur une zarbiya

D’antan

Felouque

Image par Vicky Vitullo

je vais m’allonger sous le figuier du jardin et m’émouvoir dans la froideur du temps, comme sur une felouque en papier artisanal

je voguerai avec la lune et les étoiles sur le grand fleuve des mots, peut-être que je jetterai l’encre dans les soirs interminables du Pacifique qui est dit-on sans mémoire

je vivrai plusieurs nuits et plusieurs aubes d’une ère nouvelle. même si elles sont navrantes et qu’aucune ne tiendrait ses promesses

comme un géant des flots à travers les sept vents

les messagers d’une belle augure

Les orages d’été

Si belles sont les fins

De vacances

à la façon d’un marin pêcheur sous la drue, j’irai sans ironie à la rencontre de mes amours passées pour les bénir de mon empreinte

je convoquerai l’enfant en moi qui médite sa cosmologie en le tranquillisant. je suspendrai ses yeux comme un départ

je répandrai toute l’eau de mon corps jusqu’à ce que mon cœur finisse au chevet de ses blêmes pendaisons, et en définitive dormir perpétuellement

j’aurais acquis peut-être les bûches de la bonne action

je regagnerai la source

D’une autre étoile

Il observe une ronde de ses souvenirs

En calligramme

je ne sais à vrai dire pas grand-chose de ces lointaines régions, ni de la mort qui empoigne un navigateur en solitaire

mais dans ce phosphorescent recueil où je piétine et pose le pas, la froide flaque est d’ancre noir et indélébile

ses vagues tranchantes qui déferlent sur les rives inespérées, sont les feuilles arrachées au vaste paradis des poèmes

l’enfant referme sa bande dessinée

il gratifie ses légendes

Flux du fleuve

Si peu les jours

De lune

je n’ai rien d’un méthodique journalier, je lâche prise…!

La plage

A Zahia el djazair ( la dernière fleur des montagnes libres )

Image par gdakaska

je me renouvelle dans le circuit de la vie, un rendez-vous a été pris au printemps des oliviers, la plus belle des fleurs s’y trouve

comme tous les débuts en amour, j’ai ouvert. puisqu’elle permettait entre autre la perception d’un été

elle avait deux perles blanches sur ses délicats lobes, de longs cils noirs. dans son imaginaire, rien, comme les petits riens érosifs. elle voyageait

je me reconsidère sous un œil nouveau

je ne suis qu’un idiot

Concert de souvenirs

Aux piloris nos vies

Se sont lancés

sur Skype, elle me disait : s’il te plaît, laisse-moi te voir. en éternité, elle était à gauche. ses cheveux tombaient en boucles, des noirs. il en était ainsi de nos débuts

aujourd’hui nous en somme nulle part, comme le couple d’araignées du wagon rose et demain est loin, déjà très loin

dans une autre période de ma vie, je me tenais debout pour elle, sans doute par copie de son âme sur la mienne. le teint de ma peau avait la couleur du sel 

elle était l’inspiration de mes jours

l’héroïne de mes rêves

Premiers sourires

Si douce est ta peau

Ô la douce mélopée !

je tenais une petite gourde jaune en bandoulière, son eau était chaude sur mes lèvres, j’étais fier d’elle à l’ombre du soleil à la plage

j’avais perdu au préalable tous mes remparts de mon château de sable, je n’ai pas versé de larmes et mes yeux scrutaient un horizon sans imperméable

mes intuitions avant une possible rencontre s’avéraient identiques aux siens, nous étions aux antipodes l’un de l’autre. je gardais néanmoins un profond désir d’apprendre à mieux la connaitre

cela n’a pas tenu aux épreuves de la distance

il y a eu d’autres plages

Comme une outrance

L’amour se chante

À deux

Passage

A Sihem.

je suis assis au bord d’une banquette démotique

voisinant des journaux humides et abandonnés

la peuplade d’Afrique tient le cap sur l’Europe

seul je m’écrase sur le grand verre automnal  

le ciel est gris, un enduit gras profond

ils ont des huiles sur le corps pour leur dernière traversée de la saison 

de l’aurore jusqu’au vert matin

tu portes le nom des jolies fleurs

comme une étincelle sous tes yeux

le marathon sacré d’une autre

tu m’apprenais par cœur le mystère des voix de l’homme et la voie des chemins qui mènent, je revois ta grâce de reine à l’horizontal dans une mare aux grenouilles.

Les fenêtres

Image par Alexas_Fotos

derrière les fenêtres de ma chambre, séjourne une mini tempête et plus haut, la cime des arbres grabuges violemment

dans un clair-obscur Souade coud une laine. elle est belle. elle le sait. j’observe ses actions habiles et passionnées

mes yeux larmoyant filent entre les lignes. à l’aube qui suit, je jure de changer la mélodie des fils

je maintiens le cap sous la couverture

je médite une récidive

Chut, silence !

Le coup de tonnerre du mousquetaire

Plus personne ne bouge

la proximité de cette nymphe aux allures de paysanne d’autrefois, aux tétons chantants avec des parfums d’huile d’olive qui donnent faim me soulèvent

je pourrais être son têtard qui stagne sur sa blouse de satin. ça devient grotesque… ! ou une petite grenouille qui bruite la texture de l’air ambiant. tu continues… !

peut-être même suivre le rythme et la moiteur de ses jours volés. ce n’est pas finis… ! l’argent de ses aiguilles qui brillent… etc.

mon âme sonde le vide de la pièce

les mots versés restent suspendus sur ses lèvres rouges

Une fumée blanche

L’âme s’élève

Des grands foyers

c’est une travailleuse… attention, attention, attention ! il ne nous faut surtout rien dire, sinon languir au fond du lit, un peu transi d’amour pour son rictus diablesque, encore plus mystérieux des yeux

comme seul les froids d’hiver savent faire de mes jours paumés, convalescents. c’est le jour de la reprise scolaire, peut-être bien qu’elle me devine !

quant à ce ciel et les nouvelles chaussures qui me tiennent au chaud, je remonte son court sous une pluie cinglante. quant à cette époque, je ne dirais qu’un mot : primitif

j’espérais un peu de compassion

je n’espérais que la revoir le lendemain

Une longue route

Les grilles sont pour le louveteau

Des nues

Zelda

A Camille.

surpris par un sempiternel matin gris, je regarde les trotteuses, bientôt sept heure…

ton visage cabolé métra fin et à terre les ombres

j’essaie de me rappeler le nom des plantes et le nom de ma terre natale

celle que tu m’as laissée entendre

tu es tellement belle quand tu as les yeux fermés

que je referme le recueil que tu m’as prêté et dans lequel mes yeux se sont usé

je me console dans tes rêves d’insouciance refrénée

cela me réchauffe le cœur entrelacé entre tes blanches arcades  

                                               Caprice des aubes 

                                               Sur l’aile boisée de l’automne

                                               Les défunts amants     

as-tu toujours envie de partir avec moi, sans espoir aucun je te le dis, c’est le meilleur moment 

– fuyons !

l’aube ne dure que quelques instants, pour nous mon ultime idylle, elle sera moins mystérieuse et pour tous nos intervalles et nos besognes, salvatrice 

j’imagine ton père mais sans grand succès, pour chaque missive amoureuse, je déraille dans des constances qui creusent ma contrariété

te revoilà, enfin ! je ne dis mot, ton teint de peau et tes yeux de jais m’instaurent. alors, tâchons de rester présent à nous-mêmes   

comme t’aimer, t’aimer encore au clair le jour

est-ce cela l’amour, veiller tant de nuits sur notre paradis

 ( belle à en mourir, diva insouciante et stérile, à travers mes rêves fébriles tu sommeilles, je te rejoindrai toujours, car il le faut, dans le calme lit des maladives jeunesses … ! )  

ta tristesse est immense

et moi je suis petit

plus le désir de vivre

dans ma tête rabougri

les coups d’un soir

aux senteurs de vanille

crochètent mes guenilles

pour certains soirs

fini l’éternel 

de l’ombre obscure 

qui sait d’orgueil

tes astres sont sûrs

Amour tout comme toi, tes accents de hautbois endormi 

tu es une fleur jolie, jolie … ton petit minois, ô mon astre français !

un nouveau lustre sous les toits du monde, je crois que sonne entre-nous l’ode de coton et la fin de l’intérim

celle-ci est une nouvelle aube aux magiques coffrets qui glissent sur nos nuages de couleur mauve

Les sornettes blanches

Tes jambes de sauterelle se dénudent

ô ma Shipy !

je pressens les plaisirs des petits-matins, comme répondre à ton sourire à la crème de lait, c’est comme fuir et être à la traîne des vaches à lait qui rentrent

aussi loin que mon esprit me porte, je te parle encore de nous, des moments auxquels je pense le plus à toi, car tu es partout

Charlot lettré

Image par Siggy Nowak

comme sortie d’une longue vague écumante, une déesse berbère ravivait le ciel et les arbres de ses courbes et couleurs chatoyantes

j’espionnais la vie imaginaire des écrivains publics de la grande poste. je me tenais là-bas pour chaque lettre manuscrite ou bordereaux de compte à remplir

j’étais à la recherche des lettres d’amoureux perdues dans le temps. une occupation honorable, puisque je tenais cette information d’une source sûre

est-elle arrivée jusqu’à moi

est-elle arrivée jusqu’à moi pour me délivrer ?

vêtu de noir vieilli, scarabée discret et sans rien me dire, comme devant un mur de rose veloutée. j’apprenais à mes dépens que ces histoires de jeunes gens étaient révolues

quand elle met apparu dans son plus simple apparat, j’étais surtout attentif à ses arabesques en bleu de nuit et j’essayais par-dessus tout avoir un air naturel

elle ne contredisait aucunement la sainte taxe qu’il faut rétribuer à une espèce de Charlot lettré

la vie me souriait

je lui répondais avec toutes mes dents

L’armée du salut

Un habille pour une nouvelle chance

De vie

comme les plus beaux portraits au fusain que cette époque trop sérieuse à produit, à cette déesse commune aux bons poètes, j’ai dit qu’un jour tout sera enseveli et à jamais

elle a rit

Fugacités

Image par Myriam Zilles

elle en rêvait

elle l’a fait, flirter avec un homme qui était plus âgé

tous deux jouissaient de la même verve et prétendaient à un bonheur commun. ils s’étaient installés à l’arrière d’un break familial, il pleuvait au ralenti sur les vitres

ils ont échangé des phrases banales et joué à des jeux sur le téléphone. ils se sont même embrassés sur leur bande-son préférée : Memory Gospel

pour être plus juste et précis dans l’expression, il l’a à peine effleurée, comme pour chercher son consentement

cet homme, c’est moi

Fatiha nous quitta trois mois plus tard

Réséda de printemps

Je compose des vers bleus

en mille syllabes

Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha…

elle était tendre et mystérieuse, pourtant sans le simulacre des silences. elle aimait la musique et fréquentait les DJ en vogue. pleine de vie, pétillante

je l’ai surpris par hasard aux abords de la gare des trains, elle était seule assise sur une nacelle, le regard perdu sur les voies ferrées qui invitent aux voyages

un jour que j’étais chez des amis, aussi loin que j’ai pu de moi-même, j’ai réécouté ce même titre en repensant à sa jeune voix de soprano

Fatiha dort à jamais paisiblement

Fatiha dort

Raisins de la tristesse

Les meilleurs couscoussiers

Créent la pluie

Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha…

c’est l’effervescence d’une époque qui a voulu vivre. une page s’est tournée de la main des vents, il nous restait plus que le fort souvenir des joies rares et inespérées

que son sourire habille le visage des jeunes filles jusqu’à la nuit des temps, qu’elle ravive nos moindres frissons…! nous demeurons à la lisière des disparus, mutilées

nous n’aimons pas parler de la mort, peut-être au hammam. seulement là, nous nous frictionnons le corps pour échapper à son odeur que nous traînons

j’ai perdu depuis ma joie de vivre

les épreuves par nature désillusionne

Vers un éden

Derniers échos de l’amie

Adieu, Adieu

Billet territorial

A la ville de Boumerdès.

je retrouve les histoires d’antan

comme le même bateau qui passe  

un brin défectueux

sans rien d’abstrait 

positions

nous étions tous deux dans le calme de la baie

le ciel était une coquille d’œuf cassé

nos miroirs étaient neutres

un manège aux couleurs glauques tournait sous la neige

elle avait froid sous ses vêtements et sous ses paupières bleues

je caressais ses cheveux à la garçonne délicatement

j’ai dit : vous pouvez m’aimez comme vous pouvez fuir, êtes-vous mon amoureuse ?  ( il y avait un peu de vent, le temps de ces retrouvailles était désordonné ! )

je voulais rester près d’elle, j’aurai dû la retenir encore un moment et ne plus m’occuper des affres de l’amour clownesque

*

à présent je me sens

 : expiré.

il ne reste presque rien de son parfum d’entropie

mon vide intérieur entame son souvenir

les vents ont des couleurs de regret ( ces essences primaires rendent sympa ! )

ses baisers sommeillent sur mes lèvres en boucle

une chanson de ma cour d’école, déambuler entre les arbre et une fontaine, des enfants qui courent … ! 

comme son emprunte que je reconnais

ne serait-ce que pour le bleu des paysages, il faut nous survivre

abattre les cloisons et en rire

*

ce cœur prêté comme pour se pardonner à soi-même

ce cœur offert en perle d’émeraude que personne n’emplie

un cœur qui bat pour vous

et qui brûle

respire

une promesse d’éternité

après que celui-ci soit consommé, pas de chute après, indéniablement, constamment renouvelé dans son amour…!

je ne rencontre que ces deux cas de figure :

l’éducation d’une jeune fille pour les temps d’une belle femme

la déchéance d’un jeune garçon pour les temps d’un vieille homme

*

l’irritation de vos niveaux d’affection

amoureux de votre corps nue, apprenant par cœur l’enclos de son alchimie…

une somme répétitive en soi

peur native !

Cœur chagrin

Le votre, son heure culmine

Pour de beaux adieux

L’étoile du Sud

… Sous un portique d’ardoise viennent rêver des bergers sans troupeaux.  » Un soir comme les autres. Jean Claude Pirotte.

comme un sentier dans le ciel  

parsemé de clairs étoiles

le berger suit le sentier 

les clairs étoiles tombent

le berger trébuche et tombe  

il contemple la dernière étoile du sud

les deux mains sur sa tête

la colère gronde dans son cœur   

qu’il va d’épuisement jusqu’à son éprouvette

le ciel change et ne l’atteint pas

je suis semblable à ce berger  

sortie ébouriffé d’un rêve à peine achevé 

sentier des célestes idées

qui nous voilent le paradis pour l’éternité