Les quais

je suis dans ma cylindrée dernier cri, une électrique savoyarde.

j’écoute des mélodies dans mon poste radio,

je suis ce qu’on pourrait appeler un homme riche,

lequel à encore de belles années devant lui.

sur les quais de Bordeaux,

je rencontre une troupe de filles en jupe courte,

les chiens errants reniflent du vomi de matelots nègres, et derrière, comme un décor de théâtre, des buissons et une chaleur qui couve tout.

cela ressemble à une nuit ordinaire,

j’ai un peu bu, et alors ?

vous trouvez que c’est de l’impudence ?

patience, vous n’avez encore rien vu.

Vroom, Vroom …!

j’accoste l’une des filles selon mon bon plaisir.

Absences

Image par Adrian

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je réapprends à aimer, vous dites que l’amour est un sentiment infini. à un moment, j’ai fermé les portes, comme un raccourci vers la nuit

après ne sachant comment le vivre, il m’est difficile de l’exprimer. je ne sais rien d’autre que mon insignifiance

comme le travail des choses précieuses, l’orfèvrerie, les pierres… dans une certaine économie de l’ordre, j’ai une insuffisance étroite avec le moi

offrir sa vie cela va de soi

offrir sa vie

L’oisillon becquée

Souvenir des paroles

Oubliées

cela fait un bout de temps que l’on se voit, vous rentrez régulièrement à ce cabinet et dès que vous franchissez le seuil, je ne vous vois plus

personne ne peut deviner votre solitude dans les cinémas, à la plage ou dans les balades au parc. seul vous éprouvez les remous, vous butez sur des questions sans fin

essayez de sortir, amusez vous ! voir du monde n’est pas si mal, cherchez dans vos anciens contacts. dites-moi, il est toujours question de la même femme ?

nul n’échappe à ses erreurs

nul n’échappe

La plage vide de présence

Abonné à la sortie buissonnière

De mai  

tout me ramène indubitablement à vous, vous êtes partout à la fois, à l’intérieur de moi aussi, du plus lointain souvenir au geste le plus anodin

vous affichez plusieurs visages à mon inconnaissance, la primauté à l’étoile de ma vie, une guide dans un pays où les étoiles sont de mousse

revenir n’est plus possible, après tant de sacrifices et d’habitudes regagnés. retournez au pré de votre Père et dites-lui qu’il n’a plus rien à craindre

me prémunir des insolations d’amour

me prémunir de la descente

Une naissance éphémère

Les étoiles dansent

Le hip-hop

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je n’ai plus foi en la prière. harnaché, qu’est-ce qui se bouscule dans mes entrailles et remonte à la surface des mots incompréhensibles à l’entendement ?

le raz de marée qui submerge le sol emportant les édifices d’une vie et surtout mon corps inondé, et mon cœur prend le flux des vagues…

ce sont les mêmes départs vers les anneaux de glaise sphérique, les mêmes planètes aux pupilles blanches qui se balancent, jusqu’aux matins colossaux en pleurs

les lendemains soulèvent nos craintes

les lendemains givrés

Corail du ciel

On est toujours au sud

De quelqu’un

c’est ce que je craignais, vous êtes en piteuse état que ça devient presque déconcertant et j’irai jusqu’à dire le contraire si je ne vous voyais pas

ne me demandez pas comment, je ne suis qu’un généraliste. excusez-moi, s’il vous plaît un instant, je dois rependre à cet appel, allô, je…

passer nous voir en ces temps troubles

passer dessus

Petite magie

Laissez-moi encore vous vivre

Entre les lignes

vous me poursuivez dans les moindres recoins, sans exception. on s’est mis hors de la vie lorsqu’on s’est aimé, plus personne ne peut l’effacer

j’aimerais tant vous revoir pleurer, ne serait-ce que pour avoir le cœur net sur ma condition de démembré

je ne suis presque rien sans vous, j’ai surpassé bien des hommes dans la fureur de vivre, je croyais à votre histoire plus que tout

Cet écho appelle

L’âme qui vagabonde

Dans la pénombre

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j’erre souvent dans mes abîmes, une légère tendance à la mélancolique et me voici devant vous débarrassé

je me tiens en marge de la société et peut-être en condition. parfois même, j’arrive à trancher dans le vif. il me faut vous dire que ce sont là des instants particuliers

je suis franc et honnête avec vous, sur mes envies et dans quoi je m’aventure. je suis franc avec vous, je vous parle à cœur ouvert, comme je parlerais à Dieu

l’espoir nous est permis

ô quel drôle d’espoir nous concevons !

Douceur de la nuit

Musique de la brise d’été

Sur les feuilles

c’est de mon amour meurtri que je meurs, j’étais béni des dieux et mes prophéties se réalisaient. est-ce qu’il y a encore des merveilles en cette partie du monde ?

j’enracine mes espérances dans vos semblants de sincérité, vous et moi, c’est tout comme

je vous le redis à vous deux, le temps est à la mort heureuse. je laisse derrière moi des univers infinis et rien d’autre

L’appel de l’aube

À la prière

Repend oui

d’une interstice à des murs indéchiffrables, je ne peux me dire et voir venir, si seulement les regrets ne dormaient pas à mon chevet

toutes mes pensées vont à Dieu qui créa la terre et les hommes pour vivre en paix. j’ai vécu en paix dans certains endroits calmes et doux

Court-circuiter le réel

Avec le sourire d’un homme

Libéré

Pôle

Image par M. Maggs

comme s’amarrer sur de fabuleuses îles, je plante une graine en vous, aucunement surpris par le sort de nos vies, aussi futile soit-elle devant l’inéluctable

vous n’êtes pas obligé de tout connaitre, mais il nous faut rester attentif. il faut s’envoler aussi de tout son être, s’envoler ! et voir où cela nous mène

vous devez arpenter l’échelle du temps jusqu’à vos origines lointaines, pour mieux vous défaire. un homme défet de la médiocrité verra dans des eaux limpides

la transparence.

croyez en vous comme Hercule ou un millier de montagnes

un jour vous récolterez de plus grandes joies

D’un amour de soleil

Les rappelles qui viennent

Du dehors

je voudrais pour vous des ciels meilleurs et doux, un renouveau de notre famille dans l’espérance et la bonne humeur parmi les éclaircies indéfinissables qui se profilent  

je vous encourage également à réinventer votre histoire personnel à l’infini, les volcans tombent dans un sommeil et ne s’éteignent jamais

plus ou moins long.

il n’existe entre nous aucune frontière, ce qui reviendrait a mentir. il y aura un baume les plus salutaire sur nos anciennes plaies. l’aventure est extraordinaire à vivre

sortez et faites des rencontres

chantez encore plus fort et faites trembler notre demeure

Une vue sur l’orient

Je perce le ciel inodore

De mes ailes

peut-être qu’un jour prochain, un peu oublieux de vous-même, vous serez beau pour le Grand, le Trait et le Saut. vous serez un tout, un monde libertaire à vous seul

nourrissez vos expériences d’amour, de musique, de cinéma et de poésie. à présent plus rien n’a de l’importance, lorsqu’on est avec une sœur, avec un frère

je crois aux générations futures où jamais rien ne sera plus pareil. je dois être un peu naïf, mais sachez qu’il vous faudra tout reprendre dans un avenir radieux

ce ne n’est pas un parie.

je saluerais toujours votre imaginaire sans filtre

ensemble pour la vie

Comme une échappée

Je sens le jour éperdu venir

D’une éclosion

dans mes plus vieux âges et au plus lointain mouvement… une certaine désinvolture devant mes souvenirs aigris!

Adolescence

j’habite un quartier résidentiel

une construction de la France Coloniale

le genre Varsovie en noir et blanc

il y a eu encore des émeutes cette nuit

ma ville se soulève comme en région

bouillonnante de revendications

les CRS n’ont pas ce petit quelque chose qui fait ordre et rétabli la tranquillité

les manifestants ne prétendent aucunement à gouverner leur pays

c’est assez comique comme événement

j’ai reçu la consigne de ne plus sortir de l’appartement

je sens comme une odeur de chair brûlée

cette odeur s’infiltre par les ouvertures de la climatisation

( L’oxygéné )

: 1

une chose

un être à la dérive

d’une mémoire surannée

parachevé par ses aînés

il était à peine né de ses rêves

ce n’est pas une lourde médecine

ni une conscience d’Intermarché

dans une cadence confuse et folle

ses monts étaient positifs

 : 2

quel piètre poète

est-il empêtré ?

sourd aux vents sourd à la vie !

des fuites et j’oublie

il a énormément perdu

il voit le revers d’une vie trop bruyante

de leur noirceur son caractère s’endurcie

il n’a pas renoncé

il a refusé de vivre

 : 3

seul

désolé de tout

désolé de la vie

de la vie qui ne va plus

des étoiles qui ne brillent plus

il laisse dire et faire

il n’y a pourtant aucune frontière

relégué dans un sous-sol

il voit du plomb tacheté de lumière

: 4

il reste téméraire

comme un vieux reste de goût amer

une espèce d’égout dans la gorge

sans caprice et délusoire

il s’accroche à rien et à des semblants d’une vie

il s’accroche au tout et à l’ennui souhaité

son cœur est un sentier

toute son histoire tient sur ces fils

le mieux c’est qu’il ne sait pas mourir

: 5

il est conté

suspect supposé

il n’est toujours pas

versant d’un cœur détruit

tout s’effrite et fuit

l’asphalte appelle à l’œuvre les palmiers transportés

la tête en dehors des sombres couloirs

il va où vont les poètes

le palais des oubliés

: 6

il se lève

ce n’est pas la forme

il jette un coup d’œil dehors

rien n’a changé depuis la veille

rien ne prédéfini ses actes

il croit qu’il est 10h34

il a encore peur de ses mots

qui s’opposent

il n’y a peut-être aucun chemin pour lui

: 7

sur une sphère hors du monde

il regarde les murs animé

et projette sa colère

il faudrait un grand cœur qui irradie sa mémoire

le sol moite s’ouvre devant lui

il devine le noir des ombres

l’enfant en lui s’éloigne

l’enfant en lui veut mourir

sa mort est inéluctable

: 8

sa vie chante une cantate

un vaisseau fantôme qui vogue

très mécanique et très versatile !

il est le royaume aux portes fermées

sa trentaine se précise

il suffoquait dans les années quatre-vingt-dix

l’avenir est le temps des étrangers

espèce de vieux chaman !

il rit avant de finir

: 9

sa sueur est un nectar

il est le bâtisseur de montagne

il porte ses mains sur un nouveau visage

d’une lenteur… !

il a le sommeil léger des condamnés

il a tout démenti

désormais il ne répond plus de rien

comme les pas à pas d’une corolle

une fleur qui perd son âme

: 10

il n’a souffrance aucune

les tombeaux de sa tête se figent

la part de lumière dans la Ténèbre

la noirceur qui traverse la lumière

tout équivaut à son Dieu

il prie les anges et les prophètes

il se souvient de la crête de son être

il revoit le commencement des jours

la fin du poème

: 11

il vit une lutte incessante

il ne connait que le travail

et rien n’est bâti

combien de temps avant l’achèvement

il n’est jamais en paix

ses mouvements sont irascibles

conscient du peu qui lui reste

il va prendre ses distances

et du repos

: 12

du fer antique

réduit compact martelé

une taule de voiture froissée

tout au long du noir sillage

votre sombre esprit vous quitte

vous le devinez dès les matins bleus

aux lenteurs et aux gestes approximatives

vous vous enlisez dans les confections intérieures

voyez qu’il se trouve des gens bien

Préparatifs

on s’était dit plusieurs fois adieu sur un quai de gare, au milieu d’une foule de gens compacte. je ne savais dans quoi on s’embarquer, et puis la faille, tu es partie…

j’irai sans doute à el-oued.

c’était comme si les nuages fondaient juste pour nous deux, un semblant de nous deux qui demeure veule. l’horloge des trains n’a jamais leurrer personne

on t’aurait pris aisément pour un ange déchu des cieux. tu étais vapeureuse et étrangement tes lèvres étaient blanches, livides!

ce n’était rien de grave

chacun sait que les lèvres ne se brisent pas

Les vitres bleues du TGV

J’octroie un don d’amour

À la Terre entière

tandis que tu parcourais les plaines de la Bretagne, confortablement installée sur ton siège, une mémoire neuve naissait en toi. la distance a dû estamper le reste

sur le chemin vers je ne sais où je m’interrogeais sur le sens de cette brève histoire partagée et le tient de retour. un bar m’a finalement accueillie, il était 23h24

je m’étais résolu à rentrer et en poussant le visage de la porte, j’ai su tout le mal de ton absence. j’ai gardé ton dernier sourire comme une dernière sympathie

il meublait seul tout l’appartement calme

bientôt si clair sans toi

j’aimais les rides de ton visage, un petit soleil agréable, ces rides me rappelaient les fleuves et les rivières que je n’ai pas visité

j’aimais être avec toi les après-midi relâches, tu étais ma maison où repose la poussière de l’oubli. mon amitié t’est éternelle

j’aimais ce côté spectaculaire que tu te donnais et ton penchant pour la désobéissance, une qualité qui s’accomplit souvent chez toi par une désinvolture

j’aimais partager une cigarette avec toi et sentir le goût au beurre de karité sur mes lèvres, comme quand on partageait des pommes au petit-matin

j’aimais nos moments de joie partagée et de bonne humeur, j’aimais t’aimer, j’aimais avoir froid à tes côtés et trembler

j’aimais quand tu secouais les draps pour la nuit et qu’un parfum gagnait la pièce, je te regardais longuement, sans un mot, tu étais mon tout

j’aimais ta personnalité plus que tout le reste, ta finesse d’esprit et ton humour, j’aimerais revoir le soleil du midi en ta présence et ton corps fiévreux, une toundra sauvage et son herbe est bleue

j’aimais recevoir tes lèvres partout sur moi et me perdre en toi, me redorer la peau comme un lézard sous ton ciel clair et calme

j’aimais serrer tes petits seins rouges et tes fesses d’ardoises, cela me rappelait les bancs de l’école, et surtout entendre tes insondables soupirs

cette nuit de solitude, tu traverses mes blanches pensées, on ne fait jamais rien que traverser, comme on traverserait des terres chaudes et désolées!

j’observais de la seule fenêtre de mon studio, un bout du ciel qui était d’une bouleversante couleur d’aube manifeste et le plein silence

la ville sommeillait sur le grand fleuve de la nuit, je veillais sur l’image brisée d’une belle aventure. quelque chose s’était passé, je n’ai rien vue venir

j’étais bouleversé par cette nouvelle séparation, c’est vrai, mais je ne sais d’où j’ai tiré les forces nécessaires pour aller quand même travailler

mourir d’espérance pour toi est-il possible?

mon cœur manque cruellement de cœur sans toi

Nos deux âmes fluettes s’élèvent

Un grand départ à l’aube

De nos fiançailles

on se ment pour toutes les fois que l’on n’a pas vécu…!

Sensations

cette atmosphère de moisie qui nous magnifiait, le bleu-noir du ciel, les étoiles, ta peau, je m’en souviens:

comme de ta voiture rouge métallique, une ZX 1991. toi, tu te tenais juste à côté, tes dessous d’habits baissés

elles filaient en demi-teinte ces punaises, de vraies bêtes théâtrales, elles mouraient autant les grands soirs de fête

elle brillait pour toi seule, cette nuit d’été de l’acte bréviaire. tu les reconnais ces soirs d’été

dis-moi que tu l’as bien comprise cette substantifique moelle… nous rêvions à demi-mot, nos nuits désordonnées. les algues et le parfum de la berge siliconée  

je me balade aujourd’hui avec ton visage urbain, comme une infraction. une valise cabine entre mes deux jambes et tout prés de moi, ton esprit qui crie à la cavalcade 

tu as filé entre mes mains comme une étoile vers les rives baltique, mais je t’attendrai. même si je sens déjà les prémisses d’une nouvelle déchéance  

c’est juste des météorites

c’est juste une étoile filante

c’est l’histoire d’un poisson combattant

Image par 【微博/微信】愚木混株

( Hurluberlu )

… j’implore la pitié d’un toit qui s’écroule, quand je mets le premier pas, la terre bouge… qui peut me délivrer de cette frayeur ? «  Djaroua  Allaoua Ouahbi.    

mon étoile et moi… on construit un fantasque royaume pour autrui

mon étoile et moi… on change la face du monde depuis le berceau jusqu’à notre vie d’adulte

mon étoile et moi… on visite l’âme de toute chose comme vont les vagabonds qui puent hors des rails de rue  

mon étoile et moi… on croit aux monologues intérieures et aux blanches boites en bois !

mon étoile et moi… on reste myope devant les cœurs des bons poètes qui tolèrent le vol et le crime

mon étoile et moi… on rêve d’un dieu parfait dans les toilettes et on dit : habité par un djinn 

mon étoile et moi… on laisse quelques-uns sur la route et d’autres que nous ne reverront plus jamais

mon étoile et moi… on a des jours de cristal ou l’orient est notre terre dilection

mon étoile et moi… on n’est pas ce caustique refuge où il fait bon de se taire, o nos vieilles misères ! 

mon étoile et moi… on porte le bleu du feu et le sacré de Dieu l’innommé dans les solitudes des soirs de mai 

mon étoile et moi… on croit qu’il n’y a pas de dessein prédéterminé à l’envers du gant de la rumeur 

mon étoile et moi… on dévisage l’automne et les présages retrouvées sous le ciel de nos appartements

mon étoile et moi… on souffre la prière des rats dans ce monde nié

( Sonnet fétiche )

Alors qu’eux étaient pour une poésie du crépuscule. Pour une poésie de la nuit. Nous autres nous défendons une poésie de l’aurore.  » Manifeste 1963. Nicanor Parra.

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je n’ai rien d’autre à ajouter…

Porte Dauphine

enlevez vos chaussures

allongez vous

fermez vos yeux aux alentours

rentrez dans le noir du charbon

écoutez votre propre musique intérieure

respirez calmement et avec délectation

vous êtes sur une herbe artificielle qui pique

surtout ne bougez pas sous l’ombre du sycomore

comme un meuble caché aux regards distraits 

un vieux tableau accroché au mur il y a longtemps

vous vous souvenez du bleu du ciel : l’épidémique !

élucidez le mystère de votre plus grande peur

restez au-delà de la fermeture du parc

( El Hafiya )

enfance

déchu  

des dents blanches

deux nerfs

ton sourire sur le mien

un chat ( je pense à la sexualité d’un chat ! )

les jours passent

vient l’été

tes yeux et des ailes

or et aurore se couchent

un coup s’entend

un autre coup de poudre

bouquet de fleurs

boisson

une rose ou une violette

de l’arbre monte

ou aller ?

une eau et du lait  

panorama

les corps flottent inertes

l’herbe est un masque d’eau magique

ainsi commence et finie la vie d’un prophète  

Orages

A Isylle. Et à Rémy.

en pleine conversation j’ai réinventé ma vie jaunie comme Forest en Alabama for ever

mes lèvres noirs soufflent sur le soleil couchant l’origami enfantine

la traversante pluie cogne le vert émoussé des vitres de nos voisins lentement

un Je qui n’est pas le je que je connais dans mes délires et mes vagues élucubrations

redécouvrir la ville que j’ai quitté et je jure de la parcourir habiller d’une âme de pèlerin

j’irai au secret et aux noirs tourments de mon cœur comme être là, et ailleurs

entre autres balivernes je mourrai pauvre et abandonné de tous, et ça, tout le monde semble l’ignorer

Périgueux. Été 2014.

L’inadapté

si l’homme a créé les dieux ce n’est que par accident …

Image par Robert Kubíček

j’ai fui les classes et les bancs du petit écolier, comme tout orphelin fatigué du système qualitatif. l’esprit de la tornade dans mes oreilles droites      

les rues après l’orage lorsqu’elles abondent de secrets révèlent au premier venu les airs de balade chétive, et cela jusqu’à l’aube des accordéonistes fauchés

j’étais chantre joyeux sur la vieille ville de lumière extatique. je révérais chacun de mes souffles qui me rappelaient à point nommé que la mémoire est incertaine et fixe

les chiens aux yeux terreux se débinaient

l’ombre restait scotcher

Le ciel tombe son noir

Whitman sur la rive

Du rêve

une présence me prenait la main froide de désinvolture, lors de mes ballades au bois et au fond d’un vert bassin aquatique. je me refusais avec à tout commerce en nature

je coulais les morves d’un baiser repris à la pire des chimères, les mains sur mon visage vaincu. j’ai versé des larmes hâtives sous ses pieds noirs que rien ne changeait

j’inventais de multiples longitudes qui éclairent mes rixes. j’étais aimé d’anciens dieux comme de l’or d’égide et mon âme osait parfois le schisme de la nudité

la voix au timbre de tabac brun

j’étouffais mes cris

La maison craque

Déchirure du silence de la nuit

Nul salut

je bondissais sur les îles lointaines et désespérément arides, comme un oiseau des vastes pôles avec d’intangibles clartés sans les bonnes grâces d’un traître mot 

les trèfles abondants sur mon front ont ouvert le troisième œil du cœur inchangé devant le calme de l’étude. j’ai retraversé l’histoire de l’argile et de mes désirs refoulés

je vous livre en exergue la dilution de mes zones d’ombres colorées. il faut dire que je demeure inadapté à vos sociétés en tout lieu

je parlerais de la nuit et du bas royaume réparti

jusqu’à soif de la brume d’été

Cris du goéland

La décharge de tous les saints

Et les diables

trop tôt ou trop tard… ce siècle m’a laissé sans vie!

( Dans l’heure )

À Chouaib.

 » Les Revenantes » ©anitaa 2015

je rêve de faire un long voyage au-delà des dunes et choir sur place que par affliction, je commanderai aux fleuves hors des lits, tout en étant pur et cruel

je rêve de recevoir un versé comme une goutte d’eau dans les profondeurs de l’Etna

je rêve que l’être qui habite mes cottes me quitte pour mieux me revenir et que les geôles cautérisent

je rêve d’être le Père Noël avec des lutins en gélatine verte au service des enfants du monde entier

je rêve de contempler le ciel rougeoyant comme une confiture de fraise, et pour moi, les nuages légers s’entrouvrent comme les petits sachets de caramel au beurre salé

je rêve de tomber dans un rêve et de ne plus jamais m’éveiller

je rêve de retourner en enfance avec l’idée de courir encore plus dans tous les sens

je rêve d’une excursion sans attache comme un bon homme devant son café crème, – dring dring ! et l’excursion arrive

je rêve qu’un jour un être me parle de la poésie

je rêve d’une troupe oxygénée aux victoires saillantes ivre de leur gloire passée et je chanterai, oui, je chanterai de tout cœur avec eux sur les routes du ciel

je rêve de voir deux lunes argentées entre des colonnes antiques comme un double templier

je rêve de faire partie d’un groupe de free jazz sur scène et je serais à la trompette

je rêve de noircir des pages de mes petits rêves poétiques et les anéantir par le feu

je rêve de participer à un colloque d’écrivains et de poètes dans le désert froid d’Éthiopie

je ne fais que rêver à l’heure du petit-déjeuner, je rêve surtout de manquer à la fourberie des hommes 

Hôpital occipital

A Samy.

lorsque je l’ai vu pour la première fois, j’ai senti une douce chaleur dans le ventre, comme quelque chose qui affame. elle ressemblait tellement à une petite pomme 

le teint pâle, Marie était toute jeune et gravement malade, elle passait le plus clair de son temps dans un hôpital, un grand merci se lisait sur son large front espiègle

elle obtenait parfois une autorisation de sortie spéciale de ses médecins, mais c’était selon son état de santé et très rare

la santé est un don divin

à-la-recherche-d’-un-impact-de-vérité-vous-serez-souvent-confronté-à-votre-décrépitude-volontaire-toute-cruauté-est-bonne-à-prendre…!

elle aimait les rivières et jouait à des ricochets avec ses frères, le ciel était d’un bleu clair dégagé, le monde tout entier lui tendait les bras  

de retour pour poursuivre ses soins en observation intensive, elle souriait de la voix des anges et se laissait rêveusement aller à la douceur de cette journée

la lumière inondait la pièce médicalisée

la seconde maison de Dieu

Une avancée

La faucheuse nous tient

Une ardoise

elle se comparait à la princesse jasmine et comptait les jours qui l’a séparé de son anniversaire sur les doigts de sa main. aladin n’avait qu’à bien se tenir sur son tapis

elle domptait une crainte plus forte que tout au-delà de ses facultés, une mort qui l’enlise à jamais dans son sommeil

il n’y a cependant aucun enseignement à tirer d’un alitement, que l’on soit mourant ou convalescent, tous autant que nous-sommes, nous espérons en Lui

je crois tout ce qu’on me présente, je suis bien obligé. j’imagine des histoires et pour commencer une belle histoire, il faut d’abord choisir les mots…!

Synopsis d’une journée d’automne

il sort à la conquête d’un idéal aéré et s’en servir lui est crucial. il marche théâtralement dans une rue d’automne, une sainte forêt au milieu des feux. il remonte le ciel aux rubans adhésifs

la madeleine prévaut son chant poétique.

il croise des géants et bouscule des hercules: plus limpides que la chair et plus fracassants que les éclairs ! les petits contes éparpillés de la folie ordinaire sont dans sa poche

il reste ample comme les dunes de son enfance de son adolescence où il y a la douceur du vent digne du froid des fleurs. souvenir aiguisé : ici gît dans l’obscur barbouillé une dépouille !

la raison du dilemme est l’épreuve du temps

l’histoire est mêlé au dernier amour naïf

je suis au parc… je lis entre les spectres qui passent sans la menace

le livre parle à présent du style en littérature et d’analphabètes, de géométrie sans espace… ( je ne comprends pas très bien ! )

je retarde l’envie d’uriner et sur le chemin ton nom me revient

je décide de rentrer en bifurquant par la fête foraine et l’odeur du sucre

ton image m’enveloppe comme du vernis sur de la pierre

je parcours la ville en me livrant aux premières fois, tout à changer

je prends le trame sur la trame du poème, il y a tant de visages à secourir… !

une poussière dans les yeux qui tombe et fait des biens heureux, un autre chemin entre nous était possible

il arrive au carrefour, s’arrête. il voit des palmiers à la crinière de laine et des corps nus entremêlés. il voit une femme en robe de nuit qui traverse. un autre courant d’air passe plus insistant que l’odeur des loups

elle arrache des cornes blanches qui pendaient à ses cheveux, un déshonneur qui la magnifie. elle s’est assise sur un banc en bois pour confectionner un pont aussi long que le nil

cela arrive peut-être trop tard.

elle a les manière d’une étrangère et qui ne se fréquente pas, sèche. elle semble sensible à la caresse du vent, minime soit-il ! une personne lui reste sur le cœur, – est-ce ainsi que les amants s’aiment ?

il voit les feuilles mortes de Verlaine

les étoiles de Van Gogh

il se réjouit du peu qu’il devine des gens, presque île en désolation. il est convaincu que rien n’arrive par hasard, une évidence même ! seul compte l’enchantement d’une rencontre, indéfinissable

la tête à la nuit tombée pleine de réminiscences d’archange et le cœur malmené par des sommets lubriques, allongé sur la bordure d’une berge instable, il pleur peut-être de ne plus jamais la revoir

il est un rêve qui s’oublie sur la chaussée, est-il une dramaturgie, et qu’elle rêve ? il suffit parfois de quelques mots pour que deux âmes soient liées pour l’éternité

la lune a l’apparence d’une femme

celui qui a un aperçu du paradis abdique

Radio

derrière chaque poste radio il y a un être vivant qui fredonne…

Image par Nate Shepherd

le poste est comme une seconde peau, je le tiens pour primordial dans une maison. il meuble mon quotidien monotone d’une transmission continue, ou presque

en fin de journée, après une balade au parc ou quand je rentre tard, il reste allumé, je suis content. soulagé de retrouver un semblant d’un chez soi

un poste radio c’est l’imprévu à l’état pur, une invitation au voyage assuré, l’une des issues possibles vers le monde des rêves sans faire d’efforts

sans quitter le ciel de son appartement

sans quitter le ciel

mon poste est de la marque Sony, une série bleue un peu futuriste de l’an 1996, il capte toutes les stations de l’hexagone

le soir venu je me délecte du jeu du voir et de l’écoute des voix interviewées prises au hasard des rues et les commentateurs anecdotiques

ce poste se trouve dans un endroit stratégique qui est ma blanche cuisine, à chaque fois que je franchis cette porte, une autre advient

No man’s land

Image par【微博/微信】愚木混株

je lis les exclus des bibliothèques, les conventionnels. une littérature ringarde et naïve par ses propositions. il m’est difficile en ce cas de croire à la gratuité

dans ces livres estampillés que l’on peut facilement reconnaître entre tous, l’auteur termine son récit avec un mot intelligent. contre tous les silences de l’éternité

un livre est presque illicite dans certaines régions, peut-être même introuvables. ils diraient que c’est une perte de temps, absurde ou carrément une folie dingue… etc.

êtes-vous personnellement atteint?

c’est souvent les plus solides qui crient à la folie

une distinction entre le blé et l’orge

Soir de pleine lune

Mes vêtements prennent l’air

De l’automne

j’ai remarqué une chose étrange, pour le moins suspect! on ne tombe jamais sur de la poésie et sur les saintes écritures. je rêve au-dessus de mes lectures

j’affectionne ces livres.

si tenté que ces genres sont à l’intérieur du livre et non pas dans l’objet lui-même ou dans l’ensemble d’une bibliothèque. un bibliothécaire fait métier de sa passion

je ne peux imaginer un monde sans les livres, mes périodes de lecture sont variables et sans l’issue des mots, l’étau me prend à la gorge et me serre, et me serre… !

allez-vous vomir?

le piège referme sa propre clé

les mots purgent

La place de l’école

Les chimères sonnent le nickel

D’une industrie

ces résidus de bonne conscience et surtout transitoires, plus au moins neuf pour certains d’entre eux jamais ouvert. j’entends par là les chiffres de l’édition

on les retrouve généralement en libre-service dans les centres sociaux, les parcs publiques…etc. comme ils peuvent très bien finir dans une benne à ordure

une lecture peut changer le cours d’une vie, en positif. c’est la promesse d’un monde meilleur, l’évidence est sans conteste qu’il devient inutile de formuler des excuses

j’investis le champs commun

comme je regrette de les lire qu’une seule fois

L’incantation des oiseaux

Les plumes ocres entre les doigts

Du poète

il n’y a rien de plus sensuel pour certaines femmes… qu’un homme qui tient un livre!

Ain El Hallouf

À Rabah.

mes larmes coulent vers le bas, comme une eau qui jaillit d’une source froide. une eau dégueulasse à boire et en cela une saturation

j’avais neuf ans et on voyait encore des sangliers affolés au pied de nos portes que l’on s’empressait de verrouiller, comme pour les voleuses d’enfants

il y a que je plaisantais sur le temps en le piétinant comme des raisins verts, dans un but inconsciemment entêtant : extraire un suc impossible à emmagasiner!

un voisin s’endormait sur un air d’opéra

sans qu’aucun de nous n’entende ses ablutions

sommeil d’Al hara

les enfants se racontent les étoiles

des quatre saisons

je voulais m’en sortir, comme sortir par inadvertance et part tous les ports d’une insalubre et minuscule cuisine. je regretterais à jamais une faim qui creuse

je revenais vers chez moi avec l’espoir de croiser les hirondelles qui volaient plus bas que les fils électriques, elles y étaient même dans les noires saisons

j’étais surtout enchanté de retrouver mes airs de désinvolture en léchant les murs empestés de ma rue. je me revigorais en lézardant sous le soleil

dehors on se renouvelait

on revenait au soleil

dernier coup d’œil

battent frénétiquement les ailes

des hirondelles

dans les hauts quartiers, de la cité le kadi jusqu’aux confins du boulevard du nord, les nuits me faisaient violence plus que les spots de sensibilisation à la télévision

j’ai plié mes bagages sans savoir très bien de qui à commencer la vindicte, une décision qui me laisse à moitié résigné et sur le cœur une artère béante

les bougies qui éclairaient ma vie s’éteignent isolément, je poursuis pourtant les méandres des jours inviolés. je n’oublie pas le climat maussade qui me désigne différent et loin de mes semblables

comme de la jeune patrie.

de la brèche d’un rocher naît et s’épanouit le lierre

ceux qui savent s’ignorent

aube d’été

allongé sur une zarbiya

d’antan

Felouque

Image par Vicky Vitullo

comme sur une felouque en papier artisanal, je vais m’allonger sous le figuier du jardin et m’émouvoir dans la froideur du temps

je voguerai avec la lune et les étoiles sur le grand fleuve des mots, peut-être que je jetterai l’encre dans les soirs interminables du Pacifique, qui est dit-on sans mémoire

je vivrai plusieurs nuits et plusieurs aubes d’une ère nouvelle, même si elles sont toutes navrantes et qu’aucune ne tiendrait ses promesses

comme un géant des flots à travers les sept vents

les messagers d’une belle augure

Les orages d’été

Si belles sont les fins de vacances

Du mois de coton

à la façon d’un marin pêcheur sous la drue, j’irai sans ironie à la rencontre de mes amours passées pour les bénir de mon passage et de mon empreinte

je convoquerai l’enfant entre les plis de mon cœur qui médite sa cosmologie en le tranquillisant. je suspendrai ses yeux comme un départ

je répandrai toute l’eau de mon corps jusqu’à ce que mon cœur finisse au chevet des blêmes pendaisons, et en définitive, dormir perpétuellement

j’aurais acquis peut-être les bûches de la bonne action

je regagnerai le foyer

Une autre étoile

Il observe une ronde de son récit

En calligramme

je ne sais à vrai dire pas grand-chose de ces lointaines régions et rien ne saurait me consoler. la mort qui empoigne un navigateur en solitaire est un risque d’initié

la froide flaque qu’est ce phosphorescent recueil où je piétine et pose le pas, n’est qu’une encre noire et indélébile. je n’échangerais pour rien au monde ma vocation

les vagues tranchantes qui déferlent sur les rives inespérées ne sont que les feuilles arrachées au vaste paradis des poèmes…

l’enfant referme sa bande dessinée

il gratifie ses légendes

Flux du fleuve

Si peu les jours

De lune

je n’ai rien d’un méthodique journalier, je m’abandonne à l’univers en me laissant porter par les vents, je lâche prise… !

La plage

A Zahia el djazair ( la dernière fleur des montagnes libres )

je me renouvelle dans le circuit de la vie, un rendez-vous a été pris au printemps des oliviers. la plus belle des fleurs s’y trouve

comme tous les débuts en amour, j’ai ouvert à l’infini. puisqu’elle permettait entre autre la perception d’un été, l’équilibre entre le royaume des rêves et mon être… etc.

elle avait deux perles blanches sur ses délicats lobes, de longs cils noirs. dans son imaginaire rien, comme les petits riens érosifs. elle voyageait

je me reconsidère sous un œil nouveau

je ne suis qu’un idiot

un premier sourire

si douce est ta voix au téléphone

la douce mélopée

sur Skype, elle me disait : s’il te plaît, laisse-moi te voir. en éternité, elle était à gauche. il en était ainsi de nos débuts et de nos frictions avec le haram

aujourd’hui nous en somme nulle part, comme le couple d’araignées du wagon rose et demain est loin, déjà très loin!

l’inconnu saborde parfois les premiers élans.

je me tenais debout pour elle à une autre période de ma vie, sans doute par copie de son âme sur la mienne. le teint de ma peau avait la couleur du sel 

elle était l’inspiration de mes jours

l’héroïne de mes rêves

concert de sourires

aux piloris nos vies

se sont lancés

je tenais une petite gourde jaune en bandoulière, son eau était chaude sur mes lèvres. j’étais fier d’elle à l’ombre du soleil à la plage

j’avais perdu au préalable tous mes remparts de mon château de sable, je n’ai pas versé de larmes et mes yeux scrutaient un horizon sans imperméable

nous étions aux antipodes l’un de l’autre, nos intuitions s’avéraient identiques. je gardais néanmoins un profond désir d’apprendre à mieux la connaitre

cela n’a pas tenu aux épreuves de la distance

il y a eu d’autres plages

comme une outrance

l’amour nous parle de l’unisson

des cœurs

je me souviens de ses cheveux qui tombaient en boucles, des noirs… sa manière de se recoiffer, quelque chose d’intimement féminin et chorégraphique!

Passage

A Sihem.

je suis assis au bord d’une banquette démotique

voisinant des journaux humides et abandonnés

la peuplade d’Afrique tient le cap sur l’Europe

seul je m’écrase sur le grand verre automnal  

le ciel est gris, un enduit gras profond

ils ont des huiles sur le corps pour leur dernière traversée de la saison 

de l’aurore jusqu’au vert matin

tu portes le nom des jolies fleurs

comme une étincelle sous tes yeux

le marathon sacré d’une autre

tu m’apprenais par cœur le mystère des voix de l’homme et la voie des chemins qui mènent, je revois ta grâce de reine à l’horizontal dans une mare aux grenouilles.

Les fenêtres

derrière les fenêtres de ma chambre séjourne une mini tempête et plus haut, la cime des arbres grabuges violemment. les sacrés montres qui me hantent

dans un clair-obscur Souade coud une laine. elle est belle. elle le sait. j’observe ses actions habiles et passionnées, comme quelque chose d’une Parque

je crois entendre une toux appuyée, et puis rien… l’épreuve du réveil! mes yeux larmoyant filent entre les lignes. à l’aube qui suit, je jure de changer la mélodie des fils

je maintiens le cap sous la couverture

je médite une récidive

chut, plus personne ne bouge!

le coup de tonnerre du mousquetaire

un silence entre les répliques

la proximité de cette nymphe aux allures de paysanne d’autrefois, aux tétons chantants avec des parfums d’huile d’olive qui donnent faim me soulève

le cœur ardent.

je pourrais être son têtard qui stagne sur sa blouse de satin. ça devient grotesque…! ou une petite grenouille qui bruite la texture de l’air ambiant. tu continues…!

je devrais même suivre le rythme et la moiteur de ses jours volés. ce n’est pas fini…! l’argent de ses aiguilles qui brillent… etc.

l’âme sonde le vide de la pièce

les mots restent suspendus sur ses lèvres rouges

une fumée blanche

l’âme s’élève des grands foyers

de Tizi-ouzou

c’est une travailleuse… attention, attention, attention! il ne nous faut surtout rien dire, sinon languir au fond du lit, un peu transi d’amour par son rictus diablesque

encore plus mystérieux des yeux.

comme seul les froids d’hiver savent faire de mes jours paumés, convalescents. c’est le jour de la reprise scolaire, peut-être bien qu’elle me devine!

quant à ce ciel et les nouvelles chaussures qui me tiennent au chaud, je remonte son court sous une pluie cinglante. quant à cette époque, je ne dirais qu’un mot: primitif!

j’en voulais à sa compassion

je n’espérais que la revoir le lendemain

une longue route

les grilles sont pour le louveteau

des nues

Zelda

À Camille.

surpris par un sempiternel matin gris, je regarde les trotteuses. bientôt sept heure et ton visage cabolé métra fin et à terre les ombres

j’essaie de me rappeler le nom des plantes et le nom de ma terre natale, celle que tu m’as laissée entendre. je referme le recueil que tu m’as prêté

les yeux usés.

nos corps se réchauffent entrelacés entre les blanches arcades, tu es lumineuse quand tu as les yeux fermés. je me console dans tes rêves d’insouciance refrénée

les sornettes blanches

tes jambes de sauterelle se dénudent, ô ma Shipy !

                                               caprice des aubes 

                                               sur l’aile boisée de l’automne

                                               les défunts amants     

as-tu toujours envie de partir avec moi, sans espoir aucun je te le dis, c’est le meilleur moment, – fuyons ! je renouvelle par cet appelle à ton cœur délicat mes vœux

l’aube ne dure que quelques instants éphémères et fugitifs. ô ma tendre idylle, elle sera moins mystérieuse et pour tous nos intervalles et nos besognes, salvatrice 

j’essaie d’imaginer ton père comme pour chaque missive amoureuse, mais sans grande fortune. je déraille dans des constances qui creusent ma contrariété

comme t’aimer, t’aimer encore au clair le jour

est-ce comme cela l’amour, veiller tant de nuits sur notre paradis?

fini l’éternel 

de l’ombre obscure 

qui sait d’orgueil

tes astres sont sûrs

ta tristesse est immense

et moi je suis petit

plus le désir de vivre

dans ta tête rabougri

les coups des au revoir

aux senteurs de vanille

crochètent mes guenilles

pour certains soirs

un nouveau lustre sous les toits du monde, je crois que sonne entre-nous l’ode de coton et la fin de l’intérim, celle-ci est une aube aux magiques coffrets

les nuages ont la couleur des mauves.

je pressens les plaisirs des petits-matins, comme répondre à ton sourire à la crème de lait, c’est fuir et être à la traîne des vaches à lait qui rentrent

je te parle encore de nous et d’aussi loin que mon esprit me porte. les moments qui glissent et auxquels je pense le plus à toi, car tu es partout

amour tout comme toi, tes accents de hautbois endormi 

tu es une fleur jolie, jolie… ton petit minois, ô mon astre français !

 belle-à-en-mourir-diva-insouciante-et-stérile-à travers-mes-rêves-fébriles-tu-sommeilles-je-te-rejoindrai-toujours-car-il-le-faut-dans-le-calme-lit-des-maladives-jeunesses… !

te revoilà, enfin je ne dis mot, ton teint de peau et tes yeux de jais m’instaurent… tâchons alors de rester présent à nous-mêmes! 

Charlot lettré

comme sortie d’une longue vague écumante, une déesse berbère ravivait le ciel et les arbres de ses courbes et couleurs chatoyantes

j’espionnais la vie imaginaire des écrivains publics de la grande poste. je me tenais là-bas pour chaque lettre manuscrite ou bordereaux de compte à remplir

j’étais à la recherche des lettres d’amoureux perdues dans le temps. une occupation honorable, puisque je tenais cette information d’une source sûre

est-elle arrivée jusqu’à moi

est-elle arrivée jusqu’à moi pour me délivrer ?

je regarde les pubs de patex

et autres produits…

( le monde est plat dans un journal ! )

dans l’espoir de trouver

une super glue

qui

colle deux fois

la même

surface

j’apprenais à mes dépens que ces histoires de jeunes gens étaient révolues, comme devant un mur de rose veloutée. j’étais vêtu de noir vieilli, un scarabée discret et sans rien me dire

lorsqu’elle met apparu dans son plus simple apparat, j’étais surtout attentif à ses arabesques en bleu de nuit et j’essayais par-dessus tout de me contenir en ayant un air naturel

elle ne contredisait aucunement la sainte taxe qu’il faut rétribuer à une espèce de Charlot lettré

la vie me souriait

je lui répondais avec toutes mes dents

l’armée du salut

un habille pour le nouveau concept

de vie

comme les plus beaux portraits au fusain que cette époque trop sérieuse à produit, à cette déesse commune aux bons poètes, j’ai dit qu’un jour tout sera enseveli et à jamais

elle a rit

Une époque fugace

elle en rêvait

elle l’a fait, flirter avec un homme qui était plus âgé

tous deux jouissaient de la même verve et prétendaient à un bonheur commun. ils s’étaient installés à l’arrière d’un break familial. il pleuvait au ralenti sur les vitres

ils ont échangé des phrases banales et joué à des jeux sur le téléphone. ils se sont même embrassés sur leur bande-son préférée: Memory Gospel

il l’a à peine effleurée pour être plus juste et précis dans l’expression, comme pour chercher son consentement. ils manifestaient comme tel leur fragilité

cet homme, c’est moi

Fatiha nous a quittés trois mois plus tard

réséda de printemps

je compose des vers bleus

en mille syllabes

Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha…

elle était tendre et mystérieuse sans pour autant se cacher derrière le simulacre des silences. elle aimait danser et fréquentait les DJ en vogue, la musique l’accaparait

elle était pleine de vie, pétillante!

je l’ai surpris par hasard aux abords de la gare des trains. elle était seule assise sur une nacelle, le regard perdu sur les voies ferrées qui invitent aux voyages

un jour que j’étais chez des amis, j’ai réécouté ce même titre en repensant à sa jeune voix de soprano. il m’emmenait aussi loin que peux un passé incertain

Fatiha dort à jamais paisiblement

Fatiha dort

raisins de la tristesse

les meilleurs couscoussiers

créent la pluie

Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha Fatiha…

les instants d’amour que l’on partage avec nos amis restent insaisissables, ils sont plus précieux que la vie elle même. bien qu’on demeure mutilé à la lisière des disparus

c’est l’effervescence d’une époque qui a voulu vivre. une page s’est tournée de la main des vents, il nous restait plus que le fort souvenir des joies rares et inespérées

on évite avec tact d’évoquer les suicidés en société, peut-être au hammam! même si là encore, on se frictionne le corps pour échapper à son odeur que l’on traîne

puisque draper de pudeur.

la vie se charge de nos jeunes illusions

j’ai perdu une amie

vers un éden

derniers échos de l’amie

adieu, adieu…!

que son sourire habille le visage de nos filles, qu’elle ravive nos moindres frissons, que l’on s’oublie dans la perte, oh Dieu…!

Billet territorial

À la ville de Boumerdès.

je retrouve les histoires d’antan, comme le même bateau qui passe. j’étais un brin défectueux, sans rien d’abstrait. je déclarais mes positions

une somme répétitive en soi, peur native!

nous étions tous deux dans le calme de la baie, le ciel était une coquille d’œuf cassé et nos miroirs étaient neutres. je recoiffais ses cheveux de soie qui ondoyaient

un manège aux couleurs glauques tournait sous la neige, rien ou personne sur le sol déserté. elle avait froid sous ses vêtements et sous ses paupières bleues

c’était une garçonne

j’apprenais par cœur l’enclos de son alchimie

un cœur qui bat pour toi

et qui brûle

respire

une promesse d’éternité

après que celui-ci soit consommé, pas de chute après, indéniablement. il est constamment renouvelé dans son amour…!

je lui ai dit qu’elle pouvait m’aimer comme elle pouvait fuir, est-ce qu’elle était mon amoureuse? il y avait un silence de plomb et sans le secours des vents l’après-midi aurait été pesante

elle me parlait de sa recherche d’un you-you qui lui soit propre, environ à la puberté. elle avait même brisé une tuile avec la force de son bras

un art martial qu’elle maîtrisait.

je voulais rester près d’elle longtemps, comme un scarabée des sables qui s’enterre. j’aurai dû la retenir encore et ne plus m’occuper des affres de l’amour clownesque. le temps de nos retrouvailles était désordonné

cœur chagrin, le tiens

l’heure culmine pour de beaux adieux

à présent, je me sens

 : expiré

il ne reste presque rien de son parfum d’entropie

le vide intérieur entame son souvenir

il me revient en mémoire une chanson d’école, je déambule entre les arbres et une fontaine, les enfants qui courent et me halent… ! je crois que je n’étais attaché qu’à son corps à moitié nue

les vents ce soir ont des couleurs de regret et ses baisers sommeillent sur mes lèvres qui brûlent, une essence primaire qui rend sympa plus que fielleux

ne serait-ce que pour le bleu des paysages, l’amour d’une femme. il faut nous survivre et abattre les cloisons, essayer même d’en jouir. comme son emprunte que désormais je reconnais

l’irritation des niveaux d’affection

je ne rencontre que ces deux cas de figure:

l’éducation d’une jeune fille pour les temps d’une belle femme

son cœur prêté comme pour se pardonner à soi-même

la déchéance d’un jeune garçon pour les temps d’un vieille homme

mon cœur offert en perle d’émeraude que personne n’emplis

L’étoile du Sud

… Sous un portique d’ardoise viennent rêver des bergers sans troupeaux.  » Un soir comme les autres. Jean Claude Pirotte.

comme un sentier dans le ciel  

parsemé de clairs étoiles

le berger suit le sentier 

les clairs étoiles tombent

le berger trébuche et tombe  

il contemple la dernière étoile du sud

les deux mains sur sa tête

la colère gronde dans son cœur   

qu’il va d’épuisement jusqu’à son éprouvette

le ciel change et ne l’atteint pas

je suis semblable à ce berger  

sortie ébouriffé d’un rêve à peine achevé 

sentier des célestes idées

qui nous voilent le paradis pour l’éternité

Les soirs bleus

À Ibtissem.

comme ce petit rocher au bout de mes doigts, tu es allongée sur le flanc gauche et tu me parles… je tends vers les lumières dans le lointain

serre-moi fort à perdre haleine.

je vois tes sidérantes planètes de beauté et comme un prélude à nos soirs bleus, toi tout habillée. mes dents mortes mordent ton oreille fendue

si tu es une fleur, je saurai être la tige.

mes mains lentement caresse ton corps qui joue, les mêmes mains qui se forment au mythe du sommeil trouble des eaux. attends-moi, je te rejoins

je gravite autour de tes veines de métal

tendre serpent! tendre femme!

c’est le loup

qui surgit

pour manger la fille

simplette

avec des fossettes

que je trouve

superbe

Ibtissama

c’est bien toi

personnellement

que je cherche, éperdument

et tout simplement, depuis longtemps…

par la force d’un canaris qui tremble, je caresse ton con. est-ce la petite mort des anges sur tes yeux ainsi larmoyants? j’acquiesce tes sursauts

la part de rêve que je te lègue.

les baisers corsés au goût de paradis, comme un gage de nos suprêmes sentiments. tu es du côté flamboyant de ma triste vie, la bouche de mes longs soupirs

là où il n’y a personne d’aussi chéri.

cette nuit talonnée de nos imaginaires s’est imprégnée de nous-mêmes et applaudis, peut-être la dernière de non-vécue! c’est ce que j’ai de profondément lâche et humain

tu me fais vibrer.

tu portes toute mon enfance

l’autel païen

les agréments secrets d’une vie incendiaire

et ses dangers et ses tourments… !

le noir besoin d’un ventre monstre et humide

tellement phallique !

la complicité offerte du monde juvénile

les chemins qui se croisent chez le dieu des carrefours

j’enveloppe nos soirées de mysticisme sauvage, avec toi jusqu’au petit-matin, parfois…

tu claques les portes sur le premier arrogant qui frémit, ostensiblement. je tiens tes nébuleuses parfumées avec mes doigts de neige, te possède

comme toi en moi.

j’adore mordiller tes tétons qui pointent comme des éoliennes. ton visage éclaire mon visage, la lune s’est couchée sur nos cœurs avides

je hume et embrasse ton coup ainsi que ton cul maladive, la lenteur de ma langue trompée de cire à longue chaîne te lape tout entière

sel du ciel ! merveille du ciel !

je te désir à l’échelle du nombre d’or

mon cœur t’appartient dans la durée sans condition

un soir dans tes vieux jours

lorsque tu seras assise pré de ton radiateur

repensant à tes jeunes et belles années

tu te diras A. m’a célébré, pense-y bien!

comme l’avez fait avant toi Hélène de France

le doux secret de cette maxime se cache dans ledit poème

pour la préservation de vos cœurs endoloris, le thermostat de ce poème à été réglé pour une température corporel de 42° environ.

( Jour de vote )

toile rajeunie                                                                           salut à nos femmes

du rabougris                                                                           au revoir aux chrysanthèmes

comme tu souhaites                                                              et puis oui

belle silhouette                                                                        verte tige

vestige céleste                                                                        dilem du témoin

                                                                                                    voisins

comme âge

âme d’écolage                                                                        et mesgoule le mulet !

magie d’éthique                                                                      gris merveille

moderne ethnique                                                                 coupures fines sur une lamelle

yeux mousselines                                                                                   

de noir                                                                                       vieille accroche

coléo                                                                                          couleurs

noix de coco                                                                             rien dans les urnes

( J’attends … )

j’attends le jour sans mémoire

j’attends le jour pour m’ouvrir au monde

j’attends le jour pour voir l’orage

j’attends le jour pour sortir de l’ombrage

j’attends le jour pour creuser mon trou

j’attends le jour pour aimer mon bourreau

j’attends le jour pour m’identifier

j’attends le jour pour démystifier 

j’attends le jour pour un accident

j’attends le jour pour faire un don

j’attends le jour pour être à l’écume

j’attends le jour pour finir en légume

j’attends le jour pour oublier la mort

j’attends le jour pour consumer aurore

j’attends le jour pour jouir

j’attends le jour pour vous vomir

j’attends le jour pour croire en Dieu

j’attends le jour pour mentir mieux qu’eux

j’attends le jour pour fuir

j’attends le jour et je le sais advenir

Confidences sur une antisèche

le doux souvenir du parfum de tes cotons blancs, si lointain et pourtant persistant. n’est-ce pas une merveilleuse coquille d’été? même si au fond je te préférais pudique

je me confonds avec ton humide chaleur, l’auguste de ton austérité évanescente et mielleuse. un flash : je me demande si un jour tu me seras salutaire  

la brûlante femme mortifère et nue, perdue sur le lit douillet de mes souvenirs, ce même lit qui aujourd’hui te pleure. tu ne m’as à vrai dire jamais quitter

tu pourrais te nommer nuit nimbée d’une lueur.

je referme tous mes vœux altérés

j’essaie!

une eau morte

faussaire aux yeux de Z le chien

la calotte rouge

l’impossibilité de te trahir me fait défaut, je ne peux taire mon éducation et mon tempérament. la vie y est aussi pour quelque chose

je n’ai rien su dire sur la nature de mon amour pour toi, si ce n’est le trouble de mes yeux de silence étouffé. devrons-nous arpenter d’autres chemins pour se réaliser?

je commence à accepter l’usure de ton absence, comme voir le feu et les pierres s’entremêlaient, d’innombrables soleils du mauvais côté du panorama… etc. le plus terrible est que je n’y peux rien

une déprime circule entre les meubles

un air léger que je fredonne

les distributeurs de films

toujours avec le petit pincement au cœur

hier est l’éternel note

je regarde par la fenêtre cet oiseau qui nous prête attention, ses ailes pourront peut-être portées nos pas vers ton pays, parcourir le ciel en un éclair et recommencer

les embrassades sans l’esprit de la fête.

il n’est que trop distrait de disparaître, un tragédien. lorsque tout s’écroulera on ne vivra qu’avec les bactéries. je me dis qu’elle sera longue la route vers un ailleurs

j’ai failli oublier déteindre la cafetière, défaillante comme la mémoire que j’ai de ta peau. elle peine à rendre l’âme. je bois une dernière tasse avant le repentir

tu verras que c’est dans ma boite à rêves tout le temps

le bonjour de toute éternité

air glaciaire

et puis une étreinte

et puis…!

ton absence est comme quelque chose qui ne tient pas à grand chose… la mort peut-être nous réunira!

Un soir d’ivresse

j’avale les kilomètres de pente douce, les champs stériles défilent à la renverse. je vois un fauteuil de confection anglaise suspendu à un arbre. je confisque mes plates bandes à la conscience

je suis solidaire de mes longues manches noires, un réel vert sous l’œil ivre d’absinthe. j’abandonne tout comme un acquéreur sans le sou, tout dans un battement de nuit

je me voyais en Brecht un peu plus tôt, mais il n’y a aucun moyen d’être psychédélique. j’ébauchais une théâtralisation lorsque mes yeux sont tombés pour se cacher des pornographes

les hommes nous inspirent à plus de dureté avec soi

les vitres de mes voisins portent la croix

la ville en approche télescopique, les immensités de carton trompé trompent l’ouïe et les sens. il faudrait faire gaffe à ne pas me faire écrasé. je peux être aussi inconscient que le dernier des mohicans

je m’aile les doigts en pianiste lunaire et étrange, l’autre ivresse se mérite. c’est l’été des coutumières paysannes qui se baladent sur les rives du fleuve où on s’enlise. je m’en presse à la démolition

je descends fulminant vers mes concaves reculées, la fumée se fait rare. je rencontre un géant aux pieds asymétriques, le sol est couvert de verres, des éclats ! le nauséabond thoracique des marécages me freine

j’anéantis ma respiration

j’implore sa miséricorde 

je fais quelques offrandes à une statue de pierre sans oublier de saluer le nom des rues

Penser les mots

j’ai l’âme d’un rossignol dubitatif qui cherche des perles de diamant pour son bec. au lieu de ces épreuves méditatives, je me penche sur les déboires d’un ami esseulé :

les froufrous de la chandelle sont d’un charme à souhait

vos yeux cernés détruisent la lueur du platane d’orient

elles étaient l’expression vibrée de votre propre solitude qui tombe

comme trois mois de courtisanerie tombent à l’eau

ainsi se dérouler tous nos dîners… et puis une autre est venue, elle s’est posée sur mon cœur de toute part, de toute part mon ami …

elles sont bien dans leurs corps // elles sont bien partout ou elles passent  

…nous avions des choses d’une simplicité cruciale à nous dire 

le vague à l’âme s’est emparé de nous  

laissant des grains de sable dans nos bouches

je prends le volant de sa voiture, seul et désœuvré ( comme seul le désœuvrement nous tient lieu de lecture ! ) je balade mon mégot éteint entre mes doigts, j’entends le bruit du moteur de la voiture sur l’asphalte, et le tonnerre …

peut-être que ce soir …

Embryon

1/3

non loin de l’arbre à poèmes salvateur plus qu’autre chose, comme sur des chemins de traverses. j’écris l’histoire en même temps que je la vis

je me surprend à bien penser, comme les citations philosophiques, les dictionnaires… etc. j’aime les significations sur les origines, le passé et les paysages

j’ai une admiration immodéré pour l’aventure, de mon voyage autour de l’univers des poètes et des poétesses. je devrais sans doute reprendre, aller dans la bib’othèque et relire

surtout, les ouvrages antérieurs.

je suis un lecteur, l’être de sentiments

je projette mes attentes et une part de moi-même

la poésie

c’est lorsqu’on a faim, pour les affamés !

de mots

de pain

de vivre

lorsqu’un poète dit pour toujours, il faut entendre toujours ailleurs… !

écriture, lecture et cigarette à n’en plus finir, la poésie rend aussi malade, même si de son flanc naît la littérature. la manière de la construire est de tout déconstruire

comme torde l’articuler.

je n’en fais pas un caprice au quotidien, mais cela veut dire quoi être soi-même? ceci n’existe pas et encore moins admissible, surtout quand l’inspiration dicte nos actes

sur ces entrefaites: un poète, c’est le non-être dans l’absolu.

aussi abrupt que cela puisse paraître, il n’y a pas de bon poète ou de mauvais poète. pour trois heures de temps comme un seul cri, j’étais prophète

j’écris comme un peintre

je vis en poète

il n’y a pas de route pour le non-doute !
il n’y a pas de route sans aucun doute !

nous autres chantre et chandelier de toute heure, nous prenons acte de la part sublime de ce monde: intransigeance // vigueur // manifeste

au-delà des monts, nous continuerons à porter notre mort et nous vous porterons, n’attendons plus, partons partons partons… ! n’est-il pas urgent?

créer et produire est comme une offrande des âmes au grand chêne, telles sont nos paroles, écrire…! c’est à dire, aller d’une table bancale à une autre

on s’abreuve d’une unique essence

le travail fait les différences

on ne sait pas si c’est un remède comme une magie noire

on ne sait pas si c’est une nécessité comme des lépreux

2/3

loin des rivages et toujours à l’école des jeunes apprentis, je me suis assis tout près du même arbre de la création. un fruitier cabossé qui de son soleil s’épanouit

je me suis retrouvé en déployant mes toutes nouvelles ailes de perception, j’ai survolé les plaines et les montagnes bleues jusqu’aux climats peu cléments

le pli d’une couverture.

je n’envisageais aucune reddition, le seul et libre était toute mon intention

la poésie, et peut-être vivre sans ?

j’aime à évider le réel

ce chenal découvert est devenu mon nouvel érotisme ( lecture // écriture ) une tentative d’initié et privilégié. une source d’eau blanche qui donne sens aux racines

bois, bois, bois… !

elle est proche de la mort que je l’envisage comme l’une de mes dernières ruses pour désespérer mes parents, ma petite société

c’est juste la vie rêvée d’un homme exalté qui dissipe ses incertitudes, un homme qui parle d’une renaissance

je ne fais pas école

je dis comme ni plus ni moins

il faut vivre pour voir la poésie de ce monde

il nous faut de la poésie pour survivre

je veux vivre pour respirer

les mots font l’écriture

je vois le ciel. petit, je suis !

je vois le ciel. petit, je suis !

je vois le ciel. petit, je suis !

j’ai cherché ma quiétude dans les infinis miniatures  

j’ai combattu toute volonté de puissance

je veux respirer pour vivre de la poésie

Chimène est certainement une jolie fille

( il y a une expression qui dit avoir les yeux de Chimène )

je suis un éternel célibataire

j’écoute pour vous servir vos attentes dans le silence des nuits, les heureux accidents qui adviennent de façon fortuite et imprévisible

je tâte dans l’air les formes et les idées à travers les siècles, une contemplation que je mets en relief de ce que nous-sommes

je tombe souvent sur des vers froissés en me brisant les mains irrécupérables sur ma lyre. j’appréhende par là même l’esprit de l’émancipation

je m’empresse d’oublié pour faire peau neuf

une mue avant la migration

le temps de la révélation est comme des spasmes

les instants de l’écriture sont comme une dilatation du temps

3/3

c’est des destinations insoutenables, un cloaque ? ce n’est que des fatalités, des rumeurs lointaines. qu’est-ce qui nous fait miroiter, ou ils ? peut-être les lames

les nuages, la télévision, les parole, les arbres, les parkings… etc. comme un magma souterrain, le contenant en entier est sujet au poème, même au-delà. le suprême désir comme une prière, je prie

je vois les gens salutaires qui marchent, ils marchent en dormants. les rues sont les bras boutonneux d’une seule femme, sans tête et sans psyché qui se nomme monde

je hurle mon cri

comme mordre mes couvertures à l’odeur de jasmin

moi je voudrais prendre des bateaux

moi je voudrais monter aux arbres

moi je voudrais la revoir dans ce petit cœur

la poésie algérienne a gagné en transmission grâce aux écrits, elle s’ampute également en spontanéité et fraîcheur

à l’inverse du chaâbi.

elle n’a été soucieuse que de son histoire, l’identité nationale et culturelle. l’ouverture au monde ne s’est fait que par le biais de la langue française

un butin nous disent les aèdes.

chacun sait le fossé qui sépare un poète de la société, une traversée

quelque chose du guerrier qui pour vaincre dépose ses armes

que vous sortez, du moins encore vivant! ou que vous rentrez, peu importe! mais qui que vous soyez, Shalem et Paix et Salem

j’affirme de mémoire ancienne mon bonheur inachevé, parce que non-avoué. il n’y rien de délibérer dans ce poème

il est d’une lenteur cet été

tout baigne dans le vide de mes pensées

Le hac de Leila

les fenêtres sont grandes ouvertes, c’est l’été …

je porte une cape transparente et chiffonnée, mon bermuda est humide

ma voisine cuit du riz dans la cuisine familiale 

elle n’a plus le temps de me cultivée de ses soins affectés 

le vent fait gonflé sa djellaba à petits motifs amusants

comme un drapeau aux couleurs indéterminés

je suis perdu dans l’âge des premiers émerveillements   

ce mal identifiable entre tout : nous allons plus revivre cette belle histoire d’amour

l’une des raisons est que pour elle je me détraque le kaléidoscope

si par malheur la chance me tourne le dos …  

mes anges de la prédication me susurrent

des solutions prêtes à l’emploi entre les mains de la providence

que je ne révélerais pas ici …

Léon

A Célia.

le bleu du soir est opaque    

les guirlandes en papier déchirent le ciel   

s’expose sur les vitrines la grande armée

les traits obscurs des dieux marins

discrètement brille parmi les ruines et les torches

la magnificence d’une reine au vieux turban

son règne est diaphane sous l’égide des hommes et son ombre est rouge

comme l’aisance d’un corbeau blanc et sa transparence

elle parcourt les dédales d’une toile d’un peintre antique

la masse insidieuse des lumières sombres

après les trois derniers coups de gong

on vilipende sur la place Auden ( nous sommes trois ! )

cette ultime fête s’est ouverte sur les danseuses étoiles en coulisse

nous rêvons d’un être plus intègre qu’une danseuse, soupçons… ces êtres sont dramatiques !

lune linéaire sur les planches courbes et folles

les hérauts nègres sont des funambules à l’œil moite

Cette manivelle, quel automne !

ma main contre la vitre cordée

un long froid à la décharge me saisi

j’épouse l’ampleur de ma douleur

silence d’aviateur à l’encontre des ondes endurées

ceux qui comme moi immortalisent temporairement

en prenant la main des éphémères

ou me manque subtilement le parfum des fleurs

désirs, brièveté et intuition à l’honneur

trois feuilles de tombés dans l’instant, – sexe fertile, c’est vrai ! 

que je savoure mollement…

en cette nuit d’hiver aux nuages très bas

j’affiche la teneur du velours caché de l’hymen

petit rappelle à moi-même : apprendre à maîtriser l’art des fenêtres...

Les guêpes

dans ce fier monde

et nos greniers poussiéreux  

les guêpes trouent le ciel et la toile

de nos vaines araignées

desquelles l’esprit d’un enfant reste captif

les honorant de fourmis dans un long linceul

l’envie qui lui prend de hurler fort

 : CATACOMBES !   

comme prendre son envol plus qu’ici qu’ailleurs  

et matérialiser le ciel

peut-être même se déverser dans l’estuaire

comme se marier à la saison des couleurs             

ces mêmes guêpes touchent de leur dard de feu

le ciel de nos chairs meurtries

ce sont là des pensées d’un docte fou

au milieu des champs d’avoine en flamme 

Degré zéro

les belles fleurs des genêts  

passent les saisons et les grands froids

c’est l’âme des immeubles ou s’échappe l’odeur du lait

mêlé a ma douce voix

mon genêt est une couveuse de vies à qui je fais l’amour nerveusement !

mon genêt est une arme courtoise et un murmure des fonds marins !

mon genêt est une traînée de poudre de la plus méchante des ogresses !

mon genêt est l’ornement d’une fille à qui je parle aux heures de la nuit ferme !

mon genêt est un passage des âmes vers le monde des rêves brisés !

mon genêt est le point de ralliement du dernier chameau de kabylie !

s’affranchir, c’est saisir les kilomètres de vie en noir et en rose

c’est des segments qui emplissent les yeux de la couronne lunaire

l’horizon d’infinis genêts est au verrou d’à côté

il nous faut gravir l’utopie

Poinçon

c’est un peuple phage aux puissants élixirs d’amour

c’est comme une vieille histoire raconté depuis les fonds des âges 

c’est comme un lavabo vieilli de faïence local

les émigrés sont comme au seuil d’un printemps de paix universel

                j’étais rendu à des visages aux tribulations de lichen

          des chœurs chorals fondus de sourire en chapeau de paille

  j’étais rendu à des passages au quartier Western sans âme familière qui vive

                                                               sans secours

                                                               sans secours

                                                               sans secours

si vous ne saisissez pas que l’on peut remodeler son passé à l’infini !  

que l’âme humaine est trop grande pour une fourmi même pour s’y loger !

vous n’être qu’ici pour moins que rien et rien au-delà suivez votre veine !

Quelque chose d’un au revoir

À Nathalie.

il me semble et ça m’en à tout l’air d’une romance sans paroles. confiante dans les faubourgs et les troquets, tu faisais la guerre aux hommes bibliques

une mythique vocifératrice.

tu étais une beauté et tes cheveux rayonnaient sous les lampadaires de la ville, une petite créature a troué mes nuits désincarnées et solitaires. j’ai essuyé du moins la honte du ciel en plongeant entre tes bras

il y avait de quoi avoir peur!

mes mains en quête d’une nouvelle limite tremblaient sur ton corps, un verre de sang et des os en porcelaine ! je t’ai rhabillée de fripes espagnoles et rêveusement, je m’abandonnais à tes lèvres à demi closes

il pleuvait sur nous

il pleuvait

tout me dicte

je noircis mon cœur badin

à l’encre du jour

nous étions pré d’une lampe de nuit, nous fumions parmi de tendres jeux qui nous animaient. nous vivions follement et cela te semblait bon, nocturne soleil !

tu m’as dicté tes faits d’arme: je n’ai pas les voiles. les grandes et blanches, est-ce que tu comprends? la grêle m’appelle et ne me cherche pas des noises… !

nous dormions à petit feu cette nuit là.

une pensée a heurté l’argile de mes mots, une formule libre et cruelle. celle au fond où tu n’étais rien qu’une comète pour un bédouin. le silence est retombé entre nous

comme pour durer cette fois-ci.

la lampe s’employait à veiller

la lampe s’est figée

une couronne de fleurs

les silences sont parfois long

à la détente

je cherche depuis tes yeux de différente lecture, je les cherche partout où s’immisce le doute de mes songes. parce qu’après tout, tu pleurais le jour de nos adieux

j’ai même considéré ton double totem, curieux surtout de toi. les autres filles croisées dans les rues, les trains… etc. elles ont toutes ton sourire, mais rien d’aussi fauve que l’expression de tes yeux

je vois des châtains et des rouquines, les coquines!

la méditerranée nous sépare… – euh puis quoi? de l’autre côté tu ne portais pas de blouse en fer ou de henné… ! mais est-ce que tu portes toujours ton inimitable masque?

je revois l’abîme qui nous distinguait

comme ton éloignement

une romance sans couverture

jusqu’à ce que le jour se farde

de tes yeux

je te retrouverais toujours dans mes souvenirs, disponible et abordable comme au premier jour… !

Cuirasse

À Hania.

certains soirs de gaie mélancolie et avant de m’endormir, je joue avec le rebord en bois de ma table de chevet, vernis et froid au toucher

oh Dieu faite que j’aime encore !

je tombe dans un état qui ne possède aucune chute ou scaphandre. un gouffre peut-être qui espère: un coucher de soleil sombre dans les lointains… etc.

je repasse en revue toutes les vies intérieures et entrevues, comme une mise à distance que j’assemble bout à bout. face à une sorte de néant, je m’aperçois que ma vie est un territoire inoccupé

je savoure les instants éternels très rares

comme une coquille ensablée

la fin d’un amour

un baiser offert dans le vent

senteurs du Rif

comme après chaque soir je revisite en solitaire les mémorables siècles, je revois et estime la dette contracté envers les auteurs que je relis et que j’admire 

je ronge la peau de mes ongles pour m’en extraire, le chantier de mon anxiété ne s’étanche qu’à la vue du sang. je serre alors les poings pour m’habituer à la brûlure

les nuits m’avalent par ailleurs et le fruit de leurs entrailles n’est que tromperie et laideur, je ne remarque la fin de mes turpitudes qu’au lever du soleil, même si le vieux soleil ne résout pas tout

même dans les plus noirs songes

j’erre parmi les étoiles

les liens virtuels

une feuille a la légèreté

d’une colombe

je céderais un jour volontiers le passage aux hommes, les bêtes et les casseroles semblables à des virevoltants. peut-être que les nuits daigneraient adoucir mes indignations

je rejoindrais ma maison seul et tranquille, bien après que les mots désertés ne laisseraient que mes os, au même titre que les drapeaux au ralenti

je déposerais mes ailes encore tièdes sur des feuilles pour expier les fautes de mes semblables. la vie est dure ici-bas, mille pardons…! je danse sur mes pieds de chaman

la cérémonie ne fait que commencer

comme un long détour dans les grands fonds

ciel de midi

la lune lézarde son quart

au soleil

est-ce que c’est la fin qui recommence, s’éternise de volupté. ô l’obscure condamné ! les fins par milliers échouent sur les rives de ton cœur incompris, que le vent les emporte aussi loin que les lointains paradis… !

Le ciel de la Loire

À Fanny.

mon aimée est quelque part vivante sur le globe, je l’imagine au pré d’un cours d’eau chantant nos retrouvailles. les mains levés au ciel en signe de prière

je l’imagine maudire le premier jour de notre rencontre, et bien d’avantage! c’était une conquérante des cases vides de la partie qui se jouait

elle était l’unique fille d’une union désastreuse qui portait son enfance, une qualité qui se perd. même si le principe de son amour était de rêver d’elle éveiller

de toute souillure mon âme blessée sera lavée 

l’eau stagnait dans les barques le long de la Loire

                ruisselle vite la neige qui n’est pas saisonnière 

                la patience des feuilles d’arbre qui s’effacent du sol

                prends garde à ces instants fatidiques de tous les départs

comme une mise à distance, comme un an de décompter. c’était déjà l’été, elle voulait comparer nos pas. elle guettait l’autre rive, c’était trop tard, trop tard… !

comme après chaque absence, la nature se remettait à éclore sous mes pieds. mon téléphone tombait à l’eau et j’osais lever mes yeux au ciel pour l’atteindre

les nuits se ramifiaient en me laissant au vertige de la perte, je n’ai rien compris à ce qui m’arrivait. mes nouvelles relations depuis ce jour sont une suite de catastrophes

c’était l’amour véritable.

je m’en suis allé sous la pluie

c’était fini

ô cœur tendre !

reviens sur l’irrémédiable

bien des saisons

j’apprenais à nager dans le flou au lieu d’entrevoir une possible réconciliation, une harmonie entre nous. d’ailleurs, je n’avais pas mon mot à dire et j’y ai consenti

reconquérir, c’est déjà avouer la perte.

je repense aux moments joyeux de notre union, comme quelques feuilles qui fermentent dans un pot. j’ai consigné presque tout aux oubliettes

ce presque est une brindille!

la frénétique clairvoyance d’un amoureux transi : il-n-y-a-pas-plus-grand-que-les-élans-du-cœur-ma-vie-jusqu-à-ce-présent-qui-se meurt-n’-était-que-déception-parsemée-de-brèves-éclaircies-où-hélas-hélas-je-m’-étais-noyé-sous-le-bleu…

que Dieu nous vienne en aide

que les vents emportent mes paroles  

de page en page

je perds le courage des mots

mort à vif

– pourquoi tu ne changes pas de chaîne ?
– regarde, c’est beau un nu…

Les fleurs fanées

À Véronique.

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, et en toute saison, elles interpellent nos esprits égarées   

elles rivalisent d’épanouissement et de senteur, puis hagardes, vient le temps de l’inattendu, comme un mini crépuscule éblouissant

nous parlons des fleurs qui n’ont rien à envier aux imitations suffisantes et opalines, ou une jeunesse qui étale ses pétales rouges grimoires devant toutes les ouvertures

les plus engageants les piétinent.

les fleurs hors saison

j’efface mon jeu du grand tout

un kimono!

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, et en toute saison, elles interpellent nos esprits égarées

elles changent d’aura à la nuit tombée et que l’on pourrait presque prendre pour une peinture de la nature morte. le temps n’a plus cours autour en leur présence

nous parlons des fleurs auprès desquelles on sent une certaine douceur de l’air ambiant, lorsqu’elles s’offrent au rythme des vents sur une musique des sphères

la route des oliviers

les cafés ont des sourires

de fleurs

les fleurs fanées sont nettement plus jolies avec leur aspect rêche et fragile, et en toute saison, elles interpellent nos esprits égarées

nous parlons des fleurs qui semblent se superposer au réel avec leurs délicates lèvres qui s’approchent pour nous arpenter délicieusement

elles offrent d’ailleurs des fleurs.

mon âme a croisé le houleux destin d’une magnifique fleur qui vague, une superbe de l’automne. sauvez-les des détritus ! parce qu’elles vous aiment !

les papillons ont des ailes et parcourent des kilomètres

les fleurs fanées sont aériennes

l’odeur des sous-bois

je penche sur le chemin pour une violette

entre les reliefs

Un petit conte d’hiver

avec l’œil du cœur j’écoute l’espoir luire et ne me quitte jamais

ils rentrent au port inquiet

une cloche retentit entre les poteaux de fumé 

la lune est pleine et s’est éteinte pour un temps

ils sont ivres de sel, des mers et des vents. leur soute d’hiver est pleine de coton venu de Skikda. de cette ville aux péripéties prophétiques, ils gardent un mauvais souvenir…

je vois les visages des marins sortis tout droit d’un Goya, les contours des corps rivalisent de promesses inachevées. – des olympiens à la plante des mauves ! 

sur le pont du bateau amarré, ils s’affairent et chantent dans une langue étrangère :

A nous, à nous le bel horizon  

Nous sommes des baleiniers

Ma Fatou est chez l’aumônier

Ali Alo voilà le harpon !

A nous, à nous Dublin !  

et cetera.

le tout dans un je ne sais quoi qui revigore leurs survies 

stone sur les quais de bois et dans un froid brouillard, j’espère qu’un jour je connaîtrai cette paix durable intérieure dans la marche.

dois-je expier ?

chaines frêles d’ici et d’ailleurs …

Les cloches

nous-sommes assis sur un divan éméché et mauve, nous sentons la fin de soirée. vous portez encore votre écharpe noire et de coton autour du cou

votre long cou…!

mes doigts jouent délicatement avec un billet bleu plié trois fois, c’est comme un instant dans la vie d’un homme qui me paraît sans fin. il est pour nous seuls ce billet que je m’avoue

nous étions plus tôt d’humeur suicidaire, sans tact. vous aviez la même expression du visage à celle des jours exécrables, parce que j’ai trouvé la perle

la garde mélancolique.

dans ce bar au coin de la rue Triangulaire

nous humions en marchant des pastels les bras croisés

une trachée de marbre

la petite géographie de l’univers

féminins

il y a de la poussière partout sur les meubles, les affiches de cinéma les dos blancs face aux murs et sur des oiseaux flous que l’on peine à reconnaître

nous chantons le cœur plein, nous fumons l’herbe du Maghreb en écoutant un tam-tam historique, une loi lointaine, de vieilles rengaines qui font corps mystique 

parmi nous très peu savent qu’ils sont encore en vie, tous portent une seconde peau de circonstance et surtout des masques. je trouve que c’est bien un masque !

les nuits glissent sur nous et quelque part nous pénètrent

comme une eau verte souvent désirée

je-sors-les-voiles-de-face-sur-la-proue-en-improvisant-un-maintien-de-biquet-je-me-rends-compte-très-vite-qu’-avec-vous-je-n’ai-rien-d’-un-marin… !   

nous nous exerçons au jeu de la voix me gagne la voix me perd dans un état d’esprit de samouraïs, même si nous n’avions aucune tête à couper

on se lasse même des films japonais!

je mords votre oreille tout en expulsant des mots de jalousie extrême. vous restez de marbre, un brin hautaine. je sais qu’à d’autres vous offrez votre sein fécond

je me retire et me déverse sur le sol tout en laissant derrière moi, comme des petites écorchures de sable rouge sur votre lobe droit

les étoiles donnent du relief à nos folles nuits

nous virevoltons les lendemains

l’acte de foi poétique

couronné pour la nuit par le pelage

d’un chat


Climats torrides

les démons de la nature assèchent les illusions de ma chair malléable :

mes manquements à la soif, cent fois… ! 

– seul cette mémoire me tient captif

le vent souffle sur ce qui reste de mon territoire

… refuges et désœuvrement !    

le changement s’est intensifier

                                                               dénommée, ruine …

                                                                                                              ainsi vont les tourbillons

                                                                              dans l’âge du cœur

un sablier où le sable ne tombe pas

se lève au milieu de la brume les paroles oubliés :

l’ensemble des vivants : o sombre forêt, rendez nous s’il vous plait sa dépouille, nous nous acquitterons devant les morts et les vivants … 

il n’y aura pas de cérémonie funéraire

il n’y aura pas de coups de feu »

                                                                                  le point de vue du mort :

les guerres intestines font encore des émules

                                                                                              un loup gris se penche pour voir …

Une cascade de pluie

A Ghiles.

au-dessus de la clameur des noirs sons 

je retrouve la littérature qui berce mes mauvais sommeils

les amoureux du pont de pierre s’embrassent a l’abri des étoile

une fine pluie mélodieuse s’entend 

le sable des siècles africains se frotte aux parois de l’instrument    

je repasse sur l’époustouflant chemin des non-retours

une femme élancée chante un vieux refrain rock’ n’ roll en français

son rythme démentiel est un sous-titre à ma perdition

j’ai la main à plat posé sur sa longue épine dorsale

une mordillante pluie mélodieuse descend 

loin d’ici j’avais les mains posées sur une pierre tombale

la boucle est bouclée et j’aime mes tentatives de résolutions

les amoureux du pont de pierre s’enlacent dans les vents du soir

comme reprendre sa délicieuse rengaine de ses lèvres imbibées de gloss

La scène Tizi-ouzienne déraille

radieux l’abécédaire qui s’est cajolé

de la flûte d’os enchantée

de nos petits miracles quotidiens

les espoirs purs où se dilatent nos rétines

les après-midis d’amours imaginaires 

nos rendez-vous clandestins

la folle tendance qui déferle sur les anniversaires

l’exubérance de nos soirées du ramadan

les jeux de conquête et les chemins d’aventure

la scène Tizi-ouzienne pulse nos cœurs

le plus laid de tous porte un joli parfum

ô les beaux jours ! ( ô les belles têtes de chou ! )

– ô les impénitents ! – ô les petits diablotins ! – ô les vieux crapauds !

nos chiens errants fêtent les orphelins

les fragiles liens qui nous tiennent en halène

ou sont passé les carcans de la coutume ancestrale ?

nous nous souviendrons de la lyre du mémorial Jugurtha

le tigre qui glisse sur nos rêves de saphir

nous suivons les courtes et les espaces hors de nos palais

nos fronts hauts ornés d’étoiles

nous festoyons et nous hurlons notre joie à la face du monde

peu nous importe les lendemains réfractaires et moroses

les cieux envieux du bonheur de nos frères et de nos sœurs    

envieux de cette mosaïque d’âmes flamboyantes de mille feux

n’ayez crainte, restez restez restez !

nous avons une police urbaine qui guettent les incartades

( Les 12 ruses )

je fonde un nouveau monde

… avec la querelle des anciens

je suis un homme sauvage et libre

… un homme qui aime la beauté

je me suis exposé à la haine

… m’évertuant de la circonférence de ma solitude

je crois aux phénomènes inexpliqués

… l’un des dommages de l’irrationnel savoureux

je ne suis pas né pour l’argent

…  comme ne tenant pas figure à la prudence

je suis un chercheur du précieux métal

… un généreux donateur d’artefacts

je me refuse les privilèges de la parole

… le silence de la carpe est méridien

je ne vis pas dans le temps présent

… une double stance pour ma madeleine

je suis un renégat des siècles humains

… où tout est déjà sous contrôle

Les aînés de l’automne

qu’est ce qui fait bon vivre

sous le soleil

froid

et la lenteur des jours 

sans pareil

je me promet d’aller toujours au gré

de mes envies et faire des vent mes aînés adorés

je voudrais revenir aux temps anciens 

et humer le parfum des fleurs du pays incertain

m’en sortir le cœur plein de petites impôts

et se sentir grandir comme un homme éternel ! comme un long fleuve hindou !

or, entre les continuelles pluies et ma démesure

la plèbe se noie sur des reflets lisses

quel autre pays me noie avec ses habitants millénaires qui insufflent

mon beau pays me manque ! tâchons d’apprécier la beauté de ce monde

La mort de Willem

il y a ceux qui se consument comme des chandelles

à moitié conscient de ce qui crève les yeux

d’autres ne sont que des résidus de la folie

et qui tuent

il y a des jours sans pareil miroir

dévorez vous les uns les autres, je suis innocent

mon cœur douloureusement en peine

de la si pauvre âme

la vie est un coup de couteau

accepté résolument en pleine poitrine  

s’éteindre d’une mort seulette

comme un vendeur à la sauvette

je veux extirper et extraire ses essences

ou me taire

tristesse originelle de Kâbîl

en finir de trop s’achever soi-même

je n’ai plus de visage pour vous mes amis 

tout a la cendre étalée 

sous le bleu du ciel de Tizi-Ouzou 

l’air est toujours bleu

je souhaite seulement être là-bas

de l’autre côté du réel     

La robe d’un songe

je suis assis à l’arrière d’un autobus en mouvement, je tiens entre mes mains rouges et engourdies, un vieux

livre de poésie

je ne distingue pas encore le nom de l’auteur

je tante sourdement de formuler quelques mots

il pleut dehors sans vergogne comme pendant les mois d’hiver

je referme le recueil et le tient serré contre mon flanc pour descendre à destination

je cherche en vain le panneau Exit en lettre de feu au-dessus de l’issue de sortie

j’émerge à moitié de mon songe sans toutefois ouvrir mes yeux, le sang de mes veines se mêle à la musique des vers

que je n’ai pas lus

Car, j’ai flirté si longtemps

A Thara.

j’étais en deuxième classe science

j’avais mathématique

il faisait encore nuit je crois !   

il régnait une odeur d’étable endormie

une sorte d’ambiance préliminaire à la connaissance

il est rentré comme à son habitude

j’ai avancé vers son grand bureau d’aplomb

je l’ai fixé nette du regard

il restait crédule

j’ai sorti mon glock de sous mon pantalon

mon cœur battait fort

j’ai tiré

le bruit de la détonation a tout anéantie

le silence sanglant a plongé l’oubli dans mes jours

La table

Dans la sylve elle tombe, sans lieu choisi, mais là elle germe, comme un grain d’épeautre montée en scion, puis en plante sylvestre, les harpies qui se nourrissent de ses feuilles, lui font douleur, et la douleur fenêtre…  » L’enfer, Dante Alighieri.

son assiette fluette

s’adonne

à

la frugalité des sens décuplés

dans son parcours du pain noir

celui qui te serre les dents  ( le noir est un accident ! )

il sort son pied du marbre italien

son âme trône dans un palais de saveurs blanches

outrecuidance opaque ( un homme qui s’alimente en regardant le ciel ne peut pas être tout à fait mauvais ! )

il voit de gentilles spectres

en deux temps trois mouvements ses mouvances vite enfuies

il finit avec une crème, un café

il paye l’onéreuse addition

il sort

Conduire une danse

A la ville de Constantine.

du soleil à gogo qui se verse

il pleut dans mon poste radiophonique

les phrases hachés des belles passantes et inconnues

le souvenir d’une aussi belle boursouflure

je démarre en quart de toi 

la carriole flotte dans le contre espace de la rumeur

mes renoncements successives et la reprise des rires francs

comme ceux qui rétrogradent la vie au point mort

ma prochaine halte est le cimetière où reposent mes ancêtres

en apesanteur entre le ciel et la gomme de mes chaussures

Tablier

le ciel est court

dormez bonnes gens, la ville veille sur vous

figure d’enfant déluré

bleutée jusqu’aux deux narines

définitivement parfaite

vous projetez, vous ne faites que ça

la puissance renouvelé des absents

quel est ce refus de vivre  

le poète a des représailles médiévales

finie la récréation chevaline

exaltation des peurs et des états souverains

de l’oxygène dans de l’eau noire

le pli transcendantale des âmes

se consument comme l’orientation des blés

clarté de la ténèbre

mes semelles sont aux quatre vents

prix d’un rêve solitaire

les fonds d’un cœur bateau solitaire

maison du silence des nuits

tu es l’enfant des arbres

chère lèvres fondues et désirés, je te désir …

négatif d’une étoile qui brûle

battu a plate couture

tout semble de noir halluciné

vous étouffez d’interminables cris

vos innombrables vies !

Soliloque

combien seul sur une terre étrangère

et dans le noir de ce jardin

me reviens ton image radieuse que je touche

dans toutes ses aspérités, mon chemin …

à chaque grand virage tu n’as jamais cessée de m’aimer

sur toutes les tours de garde et devant les âges

notre relation aussi bref qu’elle fut été intense, rare et sublime   

c’est de tes gestes, tes lèvres accueillantes…

je peux encore sentir tes bras autour de moi

je te pleure, mon amour perdu

je me laisse descendre dans l’œil du silence

une perle qui coule à jamais

combien il est difficile de construire sur le long terme

je lis sur cette dernière seconde la nature de tes imitations

toi, tu es étonnamment une femme

dont j’admirais plus que tout la conformation astral

te souviens-tu des arbres qu’on a capturé en photo

j’y suis aussi fantasque qu’au cœur des nues, ma source de calme et de régénération

Enfance

durant les années de mon enfance

j’arpentais un cimetière laissé à l’abandon

seul et environné par le silence

j’allais cueillir pour des hommes des plantes sauvages d’été

je ne m’approchais jamais de celle qui était sur les tombes

même si je les lorgnais que d’un œil ! 

je n’oublierais jamais mes amples vêtements

( selon la perspective économe de mes parents ! )

et ma casquette Mickey Mouse qui couronnait ma tète

sous ces cieux idylliques

l’air était pur comme de l’or ou rien ne s’étale

j’avais un cœur ornemental qui me semblait beau

c’était le paradis ! 

l’enfance ne se sait pas

dernière rive d’insouciance avant que mon âme ne s’enténèbre…

Les façades

A Ramzi.

il marchait en plein milieu de la rue

il tenait une petite baguette en bois dans sa main gauche

il était enveloppé d’un drap, de braise et d’un front où perlait la sueur !   

il avait des yeux blancs semblables à ceux de Jacob le devin

un ciel au-dessus qui l’ornait de son fluide mystérieux 

le sol d’asphalte n’opprimait pas son ombre

il éprouvait une terrible perte  

et il prophétisait une énième fin du monde

un Rai circulait dans l’habitacle des jeunes algérois  

les plus anonymes étaient autour d’une statue noyée dans un bocal d’algues vertes

lui comme moi, on rêvait de croiser une sœur

une graine pleine d’une vilaine histoire à nous raconter 

et vibrante d’amers soleils

les capitales de la frénésie sont toutes ainsi devenues

un spectacle ouvert pour le spectre des moutons noirs

Citadelle

j’écoute de la musique

je lis un peu

l’heure s’attarde sur mes paupières

je mange un bout d’un vieux sandwich

je sors sous une pluie fine et mes poumons s’ouvrent

je discute avec Pierre, Paule et Jacques dans un bar associatif

04 :24 la serveuse mamelue décide de nous foutre dehors

je poursuis seul pour me balader

je regarde l’aube clair avec ces mots en bouche : une femme qui me ressemble.

je referme mon calepin

je rentre

une femme qui te ressemble

une femme qui te ressent

une femme qui te sente

est-elle une cité, ou invraisemblablement une jeune pousse ?

( Amel )

tu es matinale  

tu es dans la salle de bains

tu viens de prendre une douche tiède

tu exhales un bon parfum

tu portes un foulard bariolé à la taille  

tu es devant ton miroir planté sur tes deux petits pieds nus

tu as les cheveux lourds

tu as ton corps à moitié trempé

tu as l’air d’un ange avec cette lumière du jour naissant

tu prends l’un des cotons tiges d’une boite transparente

tu tiens la tige rose clair à l’aide de tes trois doigts

tu expires avec révolte tout en introduisant le bout de la tige en coton dans ton oreille gauche

tu inclines légèrement la tête sur ton épaule

tu frottes précautionneusement

tu regardes le bout en coton sale en esquissant une grimace

tu lances un Beurk !

tu opères les mêmes mouvements de l’autre côté

tu te trouves particulièrement belle  

tu reviens rayonnante dans la chambre

tu danses sur le lit

tu transpires

les femmes que j’ai fréquenté ont toutes opéré une mini-révolution chez moi toutes sans exception et j’imagine celle à venir...

( Alcohol )

je buvais pour des réveilles ivres

je buvais parce que j’ai le sommeil agité

en suivant une thérapie

je buvais pour effacer l’affront

je buvais pour me rappeler

sans raison aucune ou pour un tas de raisons

je buvais parce que j’avais une âme

je buvais parce que j’avais une mort

les week-ends et jours de semaines

je buvais pour rire de la misère des autres

je buvais pour rire de ma propre misère

pendant les fêtes et les enterrements

je buvais parce que poète

je buvais parce que dingue

sans l’inspiration ou avec

( Après quoi )

je

me

noie

dans un froid sombre

une catastrophe se profile sur ma tête

et des rafales de vents

reviens-moi mon petit bulot

reviens !

je

me

convaincs 

sur la banquise de tes pupilles asséchées

que rien ne fut jouer d’avance

rien n’est jamais perdu

ils nous ont offert un destin sur des parchemins 

une rencontre à vivre

je

me

termine

de l’interminable orgueil

une brindille m’enchante effrontément

cette brindille déchire mes tempes

j’ai goûté à l’hypocrisie de ce monde

si j’y prenais racine

je

me

figure  

tes engagements avec cette fête

le crime se déroule juste à côté et où tu te tiens 

derrière cette cloison qui sent la flanelle

comment prétendre à un accès

là il n’y a que défaite

je

me

flagelle

comme chaque bon samaritain 

( Qu’est-ce que…, c’est ! )

A François.

tous les loups ont

un poème

sauf un

l’idiot de la meute

lui

il préfère réciter

tous les poèmes de la meute 

tous les hommes ont

une hutte

sauf un

le fou du village

lui

il préfère passer

la nuit chez les autres 

tous les dieux ont

des fidèles

sauf un

arés de l’olympe

lui

il préfère étendre

son règne sur la discorde

tous les ciels ont

des étoiles

sauf un

celui de la Mecque

lui

il préfère connecter

toutes les mosquées

( Au-revoir le jour )

A Noussia.

trop de beauté peut nuire à votre équilibre psychique.

les étoiles sont lointaines

les étoiles sont proches

qu’importe où je suis

je vis

cela me suffit

les étoiles parlent

les étoiles chantent

qu’importe où je vais

je suis

cela me suffit

les étoiles dansent

les étoiles rêvent

qu’importe qui je suis

je ris

cela me suffit

la vie est jolie à deux

une solution plus que buvable pour tous !

( F )

A la ville de Milla.

exclu, parce-que d’une condition pauvre, pour le bien et pour le pire

surtout dans le pire des mondes

comme ma solitude que je mène contre vents et marées

n’est-elle pas jouissive ! 

mon cœur parle enchaîné à la galerie de cristal

vie d’ascète

cristal

tout change autour

où je disparais

reflet de l’âme

lumière 

exclu, parce-que d’une naissance Kabyle, pour le bien et pour le pire

surtout dans le bien de tout le monde

cette solitude est moribonde et qui cède

mais ne fléchit pas   

mon cœur parle enchaîné à l’as de pique 

vie d’échange

pique

rien ne reste ni ne perdure

où je me disperse

on l’appelle aussi psyché

lumière

exclu, parce-que différent, pour le bien et pour le pire

surtout dans l’indifférence de tout le monde

( Conceptions )

la conception de son cœur-hiver est rude

sa joie me polarise

il ne m’appartient plus

il est célébré

ce couchant magnanime vous rassérène, – chut – chut…!

un désert froid

le cœur des vides

le cœur des pleins de bonheur

la conception de son cœur-hiver est rude

ses gouffres qui scintillent

oh, le feu de bengale !

oh, le feu follet ! 

ce couchant magnanime vous rassérène, – chut – chut…!

les belles tendresses dans l’âme 

le cœur des adieux retroussés

écoutez vos poèmes !

( De soi )

es-tu l’arpenteur des dédales d’un songe ?

un tout ou passe une lourde stupeur

un tout dans des intervalles de bonheur minime

comment les nuits se soulèvent sous tes yeux ?

cependant le froid de tes rêves de doigts délurés

comme chavirer l’âme de tes écrits

combien de monstres marins faut-il avaler ?

tu connais machin chose sur l’amitié

tu connais machin chose sur l’amour, – très peu sur toi !

en sept mots: partout de la stupidité qui s’ignore !

( Yo-Yo )

hier je voulais en finir

aujourd’hui je veux vivre

demain, demain est une langue étrangère

*

salut à vous Sainte Marie, s’il vous plait ne pleurez pas

salut à vous Sainte Fatima, s’il vous plait regardez moi

salut à vous Sainte Femme, s’il vous plait aimez moi

*

on pouvait voir que le ciel est beau

on pouvait voir que nos chairs sont meurtris

on pouvait voir que l’enfer est pour tous

*

j’ai un vieux souvenir qui remonte parfois

je ne distingue rien d’autre d’aussi vague ni ce qui me retient

comme guide j’ai l’amour

*

vous aurez un phénix

un phénix à la place du cœur

avec les yeux perdus au ras du sol

*

dans mon jardin il y a des pissenlits blanches 

je les appelle fleur à tête multiple de démon

quoi de plus naturel que de renommer les fleurs

*

sous les roues de tous les camions

j’ai marché, j’ai couru, j’ai sauté haut

et j’ai dormi bien bas

*

ils se sont échangé leurs vœux de noël

sous le sapin illuminé de la ville

ils avaient l’air heureux

*

sur ton dernier lit de vieillesse

on viendra te rendre un dernier adieu

bien le bonjour à vous, est-ce qu’on se connait ?

*

je sors de ma longue rêverie

je me revois rêver encore plus loin d’ici

l’instrument des fantômes du bonheur

*

le vent balaie ce qui reste de la terre

le reste s’est consolidé en surface

pour un temps indéfini

*

mon arrière cour n’est plus à vendre

mon livre voyage et de moi de tendres baisers

vos fenêtres sont le reflet du ciel… restez restez restez !

*

je souris le matin parce que je suis en vie 

je travaille le soir parce que je vais mourir

entre ces deux pôles j’offre mon âme à l’oisiveté  

*

de ce côté-ci de la méditerranée  

on aime pas la vérité vraie  

prenez le pour sur, on fustige à gogo

*

le doute s’immisce sous la couverture

comme une belle femme

le doute est saint

*

dépressurisation rapide

les plans s’envolent en rigolade

on expédie ses prières à l’arrache et on survie

*

alchimie des mots grotesques

elle est la vague et jamais ne sera vaincue  

la voix s’est murée

*

sous les grandes roues des nuages

vous marchez et vous courrez derrière vos rêves

vous sautez haut et vous dormez bien bas  

*

puisque c’est une nuit spéciale

puisque le présent et l’amour sont à l’altitude des tropiques

puisque chaque soir je chante mon bleus à qui veux bien entendre

*

à l’est, un os

à l’ouest, un os

entre les deux une grande ballade

*

jamais partir

jamais partir

pour aujourd’hui, avec toi

*

je rêve de contrôle

je parle pour ne rien dire

j’accepte ma vulnérabilité

*

dernier délice

dernier supplice

une machine à laver tourne rond

*

confortablement pour mieux s’aimer

sauvagement pour mieux sentir

doucement pour mieux dormir

*

le temps passe comme coule la Garonne

je reste dans la nuit, – ô nuit, donne-moi le jour

je pleure sur ma chance, pourquoi ?

*

à la découverte de ce siècle

le cœur du nouveau-né y est  

comme le prolongement de la nuit

( Un couple en balade )

ils marchent à travers bois: 45 min !

ils admirent le couché de soleil: 20 min ! 

ils échangent un baiser: 11 secondes ! 

ils laissent quelque chose d’eux sur la berge: 34 min !

ils rentrent: 1h15 !

ce poème est inspiré d’un tableau abstrait de Ikea !

زوجين في نزهة على الأقدام

يمشون عبر الغابة: 45 دقيقة
يعجبون بغروب الشمس: 20 دقيقة
يتبادلون القبلة: 11 ثانية
يتركون شيئًا منهم على الحافة: 34 دقيقة
يعودون: ساعة و 15 دقيقة
هذه القصيدة مستوحاة من لوحة تجريدية من إيكيا

( Syndrome moderne )

co : copyright cowboy à culottes blanche cocorico

po : poteau popo dans le pot polyphonique

la : la, la, la…l’enfance rêvée ! laminé l’arctique 

copo : copponex coppo-next

pola : polarisation pola nue sur une photo en noir et blanc

cola : collation embrassade dans des bulles ! collaboration

poco : poco allegro poco poco

lapo : la peau lisse l’apothéose de mon oncle la police

laco : la corniche en été l’accordéon en cuir de vache ou en cuire d’artistes

Coppola est aussi une fille

( … ! )

boum, boum, boum : 

la grenade de la plante verte

boum, boum, boum :

la balle entre mes jambes

boum, boum, boum :

le cœur dans ma poitrine

boum, boum, boum :

la déflagration au petit-matin à Bordj Menaïel

boum, boum, boum :

la cuillère dans une tasse de café

boum, boum, boum :

ton joli nom dans ma tête

boum, boum, boum :

la fête de la soirée du Mawlid

boum, boum, boum :

le pneu de la voiture

boum, boum, boum :

qui a dit une boum ?

boum, boum, boum :

le marteau sur un clou

boum, boum, boum :

les sauts du lièvre

boum, boum, boum :

j’ai oublié le dernier vers de ce poème !

(! … )

بم، بم ،بم

نبات الرمان الأخضر

بم ،بم ،بم

القلب في صدري

بم ،بم ،بم 

الانفجار في ساعة مبكرة من صباح برج منايل

بم ،بم ،بم 

ملعقة في فنجان قهوة

بم ،بم ،بم 

اسمك الجميل في رأسي

بم ،بم ،بم 

عيد ميلاد النبي

بم ،بم ،بم 

إطار السيارة

بم ،بم ،بم 

من قال حفلة

بم ،بم ،بم 

مطرقة على مسمار

بم ،بم ،بم

قفزات الأرنب

بم ،بم ،بم

لقد نسيت السطر الأخير من هذه القصيدة

( Les hantises )

j’imbrique mes chantantes redevances

avec les figurines abîmées

sous ce ciel inodore

décharné

tout ça fuit de la fastueuse porte des ponts

comme cet oiseau qui surplombe la céleste ville

… et me hante !

l’entrée d’or

fontaines

ensemble

désir inachevé

perdre le nord

le noir du rejeton

c’est un crève-cœur

c’est une baliverne de première

l’œil libre

être maléfique

et si

j’ai su

belle

absolu

le ciel sous la pluie

je reste à Bordeaux

Bordeaux, le 02/11/2015.

المطاردة

أتشابك عائدات الغناء الخاصة بي
مع التماثيل التالفة
تحت هذه السماء عديمة الرائحة
كل ذلك يهرب من باب الجسور الفخم
مثل ذلك الطائر الذي يطل على المدينة الشهيرة
! ويطاردني...
المدخل الذهبي
نوافير
سويا
الرغبة غير تام
تفقد الشمال
أسود النسل
إنه حسرة
هذا أول هراء
العين حرة
كائن شرير
وإذا
كنت أعرف
جميلة
مطلق
السماء تحت المطر
انا باق في بوردو

( Les lignes )

indélébile

droiture

félicité

dubitatif

invitation

cible

poil

cloaque

chômage

opinel et ficelle

bleu

lévitation

j’ai un ruban infect cousu sur le cœur

est-il question de solitude, ou peut-être la loi divine d’une quête ?

الخطوط

لا يمحى
استقامة
تهنئة
ارتيابي
رسالة دعوة
استهداف
شعر
بالوعة
البطالة
أوبينيل وسلسلة
أزرق
استرفاع
لدي شريط متسخ مخيط على القلب
هل هو عن الوحدة، أو ربما القانون الإلهي للسعي؟

( Les visages )

à l’un

du

chemise

que rien

lui

miel

procession

idylle

chemins ombragés

douceur

prohibé

vous devez souffrir pour celui qui prend la corbeille

il y en a plusieurs à l’usage pour ce recueil, la votre est la première

الوجوه

لواحد
ال
قميص
هذا لاشئ
عسل
موكب
خزلية
مسارات مظللة
العذوبة
محظور
يجب أن تعاني لمن يأخذ القمامة
هناك العديد من الاستخدامات لهذه المجموعة، الأول لك

( J’irai au fin fond du monde et voir de quoi est fait mon rêve )

oh Dieu combien c’est dur d’aimer !

non pas… non pas ma vie, c’est dur d’aimer !

( elle va chercher de l’eau au fond du puits ! )

à quoi bon mon cœur de souffrir autant que la mort

ceci est mon adieu, ceci est mon adieu… !

( seul devant des ouvertures ! )

l’hiver

cheminées de fées

l’air frais

marshmallow

boussole

camembert

acides aminés

les ciels gris

mésange

l’alcool

cymbales

tabouret

idioties à quatre pieds

vivre l’expérience du vide pour des générations c’est le bide

je dois vivre encore plus vite et j’abandonne, et j’abandonne… !

سأذهب إلى نهاية العالم وأرى ما هو حلمي

يا إلهي كم الصعب أن تحب
ليس... ليس حياتي، من الصعب أن تحب
(!تذهب لجلب الماء من قاع البئر )
ما الفائذة يا قلبي أن تعاني بقدرالموت
هذا هو وداعي ،هذا هو وداعي
(!وحده أمام الفتحات )
شتاء
المداخن الجنيات
الجو منعش
مرشملوو
بوصلة
جبن الكممبير
الأحماض الأمينية
سماء رمادية
حلمة
الكحول
الصناج عازفها
البراز
هراء لأربعة أرجل
عيش تجربة الفراغ لأجيال هو الفشل
يجب أن أعيش بشكل أسرع وأستسلم، وأستسلم

( La manière d’un étranger )

toi

donner

à manger

aux enfants

que moi j’adore

moi

exfiltrer

priver

de la belle vie

même de mon salut

quoi

dis

pas

enfants

grave

prie

nous

aimer

quand

la la la… la !

qui

moi

de vous

jaloux

adieu, adieu… l’étranger !

طريقة شخص غريب

أنت
يعطى
للاكل
للأطفال
إلا أنا أحب
أنا
تسرب
تحرم
حياة عظمة
حتى من خلاصي
ماذا
قل
لا
الأطفال
خطير
صلى
نحن
أحب
متى
لا لا لا ... لا!
من
أنا
منك
غيور
! الوداع، الوداع أيها الغريب

( Dérive )

est-ce qu’une œuvre se construit sur de la douleur, certainement ! moi, je serai poète, un poète de génie…

anémone des bois

brouillon d’âme atmosphérique

une rivière à vents de l’enfance fantasmé

forte comme ses remous d’égout

d’anciennes voix troublés et anéantis  

chute du sens en cataclysme

je donne vie au soi

je redonne la vie au sublime

une enfant des sombres bois

orpheline qui sourit

soleil

pinède ou bois

sexe

doux

joyau

mirage

forêt

…. et cetera.

انحراف

هل عمل فني مبني على الألم، بالتأكيد! انا، سأكون شاعرا، شاعرا عفريت

شقائق النعمان الغابات
مشروع تقريبي أرواح الغلاف الجوي
نهر عاصف من الطفولة استيهامية
قوية مثل دوامات المجاري
أصوات قديم مضطربة ومحطمة
سقوط المعنى في كارثة
اعطي الحياة لذات
أعيد الحياة للرفيعة
طفل من الغابة المظلمة
فتاة يتيمة تبتسم
شمس
غابة الصنوبرأوغابة
الجنس
ناعم
جوهرة
سراب
غابة
إلى آخره...