Exhumé

dent havement rebelle, sauvage et croque… !

arctique

amorce serpentine

voix percluses

s’abandonnent à échéance

grecs qui se jettent

cote suspendue

espérances que l’on me verse déverse le daemon

paraphe vasé

pendant d’un collier

courses et saccades

eaux de mes Converse

trouées

trouées

je peine à poursuivre l’auteur

comme singer le bruit

Repêchages

à Rochdi.

Quelque chose est là

Pas loin, à côté.

Qui voudra m’ouvrir

Cette porte ? Qui voudra ?

L’enfant-jazz. Mohammed Dib.

je tenais mon lot de baptêmes du feu, comme tomber plusieurs fois du même arbre. je ne me justifiais en rien au pré de mes interlocuteurs, bien avant ceci :

je passais un pacte pour être méchant et le roi des songes, rien que pour regagner la vie d’ici-bas, regagner la vie une seconde fois à côté de mes semblables   

à propos de mon écriture :                          passion                initiation              exil

à moi seul, je suis une équipe :

concepteur

réalisateur   

producteur 

je vis en poète.

lorsque je découvre le fin mot 

je reste émerveillé avec les yeux qui brillent

je le fais entendre 

je le fais savoir 

je ne veux que continuer…

De brume

surface qui est de brume 

matin consensuel 

ciel dévorant 

rien qui n’autorise l’accès 

anonymes

et le jour s’imbrique de secondes ! 

D

I

V

I

N

E  

percée du fouilleur qui s’est envolée 

dessin inondant une sphère 

enfant qui tournoi comme un derviche tourneur 

et regarde, regarde s’obscurcir l’œil 

gorgé d’eaux

déci delà une romance  

villes de poussière que l’on réécrit

allées qui trucident 

pavés… 

j’entrevois de mes débris une bien meilleure planche

parmi les vents

Flocons d’hiver

à Ibtissem.

je reste un amoureux de ceux qui s’aiment :

nous reversions du vin là tout contre nos cœurs

nous miroitions devant nos soudainetés

vous étiez une femme aux yeux de chouette, femme de la longitude, femme de l’épopée, etc. je vous pleure car me trahie l’aurore ! une descendante in-établie et j’enfouis…

carrousels  

bouffon

badour 

nous faisions le tour de nos désespoirs de nos royaumes 

les coudées franches comme un rajout

votre écho retentit à l’intérieur de moi comme un puits, et n’en est que plus cruel, sans une promesse de retrouvailles, ni d’une délivrance…

nous en voulions aux autres de leur indifférence  

nous étions deux flocons d’hiver, deux maux roses

Tant qu’un homme t’écrit

à Fanny.

chagrins d’avant et d’un exil lointain

de Bruxelles à Le Valois 

rien que les arrières pays inapprochés 

défilent fort l’hymne

traversée en surface et d’en haut 

imperceptibles 

délicatesses qui dénotent 

comme un centaure qui descend

plume qui éclate pile 

au cœur de l’éblouissante disparate 

hôte qui la pleure 

et plane 

léger 

insondable comme l’air

feuilles d’automne qui se contrebalancent 

tremblantes comme mes membres 

sous d’épais nuages de fumée 

arbre qui croît

bande ethnique quelque part 

entre leurs sourires

tant de couleurs tant de désirs irréalisés ! 

j’écarquille mes yeux qui s’en retournent navrés

et je frémis

Turquoise

le haiku est d’un autre appel :

cœur qui brûle

je cherche une Audi noire

centre d’une forêt

foi d’un poète

couronné les nuits solaires

par le pelage d’un chat

trachée de marbre

l’univers d’éros au féminin

qui m’avalent


l’odeur des sous-bois

je penche pour une violette sauvage

entre les reliefs

route des oliviers

les cafés maures ont des sourires

de filles en fleurs

les fleurs hors saison

j’efface mon jeu du grand tout

un kimono blanc !

Lire la suite « Turquoise »

Le sang est indélébile

la poésie n’est pas au service d’une idéologie, d’un parti, etc.

je suis écœuré.

je pensais ne jamais jeter un recueil de poésie

je suis écœuré.

le mal de dedans est un pléonasme Les concernant

je suis écœuré.

cette menace qui nous nargue ! sinon j’aime lorsque la poésie est menaçante, dangereuse, etc.

je suis écœuré.

je pensais à mal la poésie, celui-ci est un torchon, – lis-le !

je suis écœuré.

je ne trouve pas de qualificatif Les concernant

je suis écœuré.

Jamais pour en découdre

ce que vous pensez de moi, ne me regarde en rien. ce que vous confiez à une autre personne sur moi, ne me regarde en rien. je m’éloigne de vos territoires

mais est-ce qu’un jour, vous m’avez accepté

mais est-ce qu’un jour, vous avez eu foi en moi

ce que je pense de vous, ne vous regarde en rien. ce que je confie à une autre personne sur vous, ne vous regarde en rien. je rêve de la nostalgie et de la vitesse

mais est-ce qu’un jour, je ne vous ai pas aimé

mais est-ce qu’un jour, je ne vous ai pas respecté

je lance sur vous toutes les malédictions ! je vous maudits par tous les saints et les diables ! mais si vous n’avez rien à vous reprocher, vous ne risquez rien. vous pérorez, pérorez !

mais est-ce qu’un jour, vous m’avez cherché

mais est-ce qu’un jour vous m’avez rencontré

j’empoigne l’épée damoclès au-dessus de ma tête

quitte qu’elle me transperce !

Automne des barbus

je me figure le style des barbus chirurgiens, en parallèle des barbus en basket nike ! ils pourraient s’appeler Hamid ou Stéphane, jamais ils n’auront une large sympathie

ceci est proscrit et cela est le salut !

personne ne sait d’où tu sors, mais d’où ?

j’ai l’impression que la misère de l’être fait des dégâts. mon cher ami me dit qu’il juge l’arbre à ses fruits. au-delà de tout discernement, je peux lui répondre dès à présent qu’ils sont pourries

ceci est proscrit et cela est le salut !

personne ne sait d’où tu sors, mais d’où ?

je devine les bouches, les teignes, surtout les piteux ! l’oiseau se souvient de ses après, son automne toujours s’impatiente de la feuille rouge

ceci est proscrit et cela est le salut !

personne ne sait d’où tu sors, mais d’où ?

c’est presque une caricature de moi-même

il me faut vous comprendre !

Figures

 : 1

il était une chose

il était un être à la dérive

il était d’une mémoire surannée

il était à peine né de ses rêves

il n’était pas une lourde médecine

il n’était pas une conscience d’intermarché

il était parachevé par ses aînés

il était une cadence confuse et folle

il était un mont positif

 : 2

il était un piètre poète

il était empêtré ?

il était sourd aux vents sourd à la vie !

il était ses fuites et j’oublie

il était la perte sans se retourner

il était le revers d’une histoire trop bruyante

il était leur noirceur où son caractère s’endurcissait

il était sa défaite

il était son refus de vivre

 : 3

il était seul

il était désolé de tout

il était désolé de la vie

il était désolé de la vie qui n’allait plus

il était désolé des étoiles qui ne brillaient plus

il était le dire le faire le passer

il était sans frontière

il était du plomb tacheté de son sang

il était relégué dans sa caverne

: 4

il était le clown blanc

il était un vieux reste de son aura

il était une espèce d’égout dans la gorge

il était sans caprices et délusoires

il était l’accroche à rien et à des semblants

il était une accroche à un tout et à l’ennui souhaité

il était un cœur en sentier

il était une histoire qui tient sur ces cordes

il était vierge de la mort

: 5

il était conté

il était le suspect à réduire au silence

il s’était éteint au hasard   

il était le versant d’un cœur détruit

il était un corps qui s’effritait

il était l’asphalte qui appelait à l’œuvre les palmiers

il était une tête en dehors des sombres couloirs

il était là où vont les poètes

il était le royaume des oubliés

: 6

il s’était levé gauche

il n’était pas d’une forme de lion

il n’était pas la jetée qui miroitait

il était le Do de la veille

il était ses indéfinissables actes

il était toujours à 10h24

il était une froide peur de ses mots

il était leur opposition

il était sans chemin

: 7

il était une double sphère

il était son regard sur des murs animés

il était une colère projetée

il était le souffle qui irradie sa mémoire

il était le sol moite qui s’ouvrait devant lui

il était la devine du noir des ombres

il était un enfant qui s’éloignait

il était un enfant qui voulait mourir

il était pétrifié

: 8

il était une cantate

il était un vaisseau qui voguait

il était très mécanique et très versatile !

il était les portes cloisonnées

il était sa trentaine qui se précisait

il était le terrible dans les années quatre-vingt-dix

il était un avenir et l’espace clos des étrangers

il était une incarnation de l’esprit des chamans

il était leurs rires avant de finir

: 9

il était un nectar de leurs sueurs

il était leur bâtisseur de montagnes

il était une portée de mains sur un nouveau visage

il était d’une lenteur…

il était le sommeil léger des condamnés

il était le démenti

il était la réponse à rien

il était comme les pas à pas d’une corolle

il était la dernière fleur qui perdait son âme

: 10

il était sans souffrance aucune

il était les tombeaux de sa tête qui se figeaient

il était une part de lumière dans la Ténèbre

il était l’engloutissement de leurs lumières

il était l’équivoque lorsque Dieu… !

il était une prière des anges et des prophètes

il était un rappel de la crête

il était le recommencement des jours

il était la fin du poème

: 11

il était lourd de ses luttes 

il était son travail

il n’était pas bâti pour l’étude

il n’était jamais en paix

il était son désarroi avant l’achèvement

il était un souhait avant de prendre ses distances

il était une aire de repos pour les voyageurs

il était les mouvements irascibles

il était conscient du peu qui lui restait

: 12

il était du fer antique

il était un réduit compact martelé

il était une taule d’âme froissée

il était tout le long du noir sillage

il était son esprit qui le quittait

il était son humeur et ses gestes approximatifs

il était dès les matins bleus

vous vous enlisez dans les confections intérieures

voyez qu’il se trouve autour de vous des personnes de bien

D’un soir l’autre soir

mes prières mêlées

aux lointains de la harpe arabe

nul ne peut me délivrer

sans promesse de salut

à l’effarement

aux troubles est jetée ma vie

grandir comme les autres

passer les paliers

échos et vents retentissent

mes souvenirs qui m’éventrent et me délient

vous vous figez devant le vide

vous y demeurez in-extirpé

remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier remercier

il y a des nuages gris au goût du passé et des arbres, sombres comme une allumette. nommons-les la vue, ou peut-être ! je ne sais quoi faire de cet ordinaire éméché, de mes fêlures… , me souvenant des ruines

je crache de la fumée, une ombre bleue file, aiguisée selon la nuit, le sol. est-ce un mirage qui danse, un rêve incombé ? devant la baie vitrée, ma tête posée sur la grande paume, je pense à vous, au pays, sans chercher

abjurer abjurer abjurer…

Tournesols ou la symbolique des chiffres

le onze de mon anniversaire onze planètes onze milles verges d’Apollinaire

le trois février de mon mariage trois places d’un podium trois œils dont un de la conscience trois cuillères de mon café soluble

les soixante-quinze kilogrammes de mon poids soixante-quinze commune de Paris soixante-quinze derniers numéros de ma ligne téléphonique

les trente euros à ce jour sur mon compte trente jours de ramadan

les douze mois de la terreur douze apôtres douze sources d’eau et tribus douze ébats par mois

les cinquante et une semaines de l’oubli

les vingt-quatre heures de la fête vingt-quatre heures de l’écriture vingt-quatre clopes par jour vingt-quatre mensonges

les six milles ans avant notre ère et Ibrahim

le premier jour d’Issa et les présocratiques

le septième siècle de Mohamed et la peste justinienne

les neuf mois d’une grossesse neuf ayat de Moussa neuf mois de gestation d’un neutron

les quarante-huit pensées sur le suicide par jour quarante-huit pensées érotiques par jour

les dix doigts des deux mains dix commandements

les cinq doigts de Fatma cinq prières par jour cinq sens

le trente-et-un décembre et l’anniversaire de F.

le deux janvier du décès de mon oncle deux battements du cœur deux pays deux comptes sur Facebook et mon double

les quarante jours d’un deuil quarante ans d’exode du peuple juif quarante voleurs et Ali Baba quarante grammes de mon tabac

les deux-milles-neuf-cents-soixante-dix du calendrier berbère et Massinissa

les deux-milles-vingt-et-un du calendrier grégorien et le Saint patron des artistes

les mille-quatre-cents-quarante-trois de l’hégire et le tableau vert de mon école primaire

les sept cieux sept arts sept vents sept pas de marche avant que le paysage change sept nains et blanche neige sept déesses de la pléiade sept fois tourner sa langue

les trois cinq onze etc. de la tradition

les dix-sept ans de ma première fois dix-sept ans d’un poète dix-sept de mon divorce

les vingt-sept ans d’un raté vingt-sept morts de migrants hier dans la Manche vingt-sept titres de l’album Donda

les quatre feuilles d’un trèfle quatre saisons qui se bousculent et la pluie quatre points cardinaux quatre ouvertures d’un teeshirt

le premier cri premier mai premier homme premier Moura Ham premier Novembre et la victimisation

les cent vierges du paradis cent yeux d’Argos

les mille étoiles d’un touareg mille chevaux d’une Ferrari mille et une nuit

les cent-quarante-cinq poèmes de Cinq heures après l’orage

De zéro à douze

à Ghiles.

Le meurtre du douanier fut splendide avec le cerne bleu des yeux et l’accent rauque des canards près de la marre. Les ténèbres 1927. Robert Desnos.

: 0

—— –, — – –, —– — –, –

–, —-, ——-, —— —- —- —– !

—- — – — – – – – -, – – -, – – – ,

——————————————————— ?

— — , —–

– – — – – – —, – – – , —

— —, — -, — —

: 1

je n’ai jamais trouvé un lien entre une chenille, les étoiles et nous

qui témoignions de cela, un peu ahuris

j’aime te parler encore un peu de notre présence au monde

du don de la vie, de nos premiers cris…

il aurait fallu que tu me quittes pour accepter mon étrangeté

mes hors limites, etc. un pardon se niche là

tu es l’autre continent, tu es le verre de lait

: 2

accroche toi, rajuste tes ailes, cible le jour, endure

tes nuits, etc. les pôles s’entrecroisent

une histoire au flanc des dunes, une oasis, joue avec les vents

réinvente des tempêtes, etc. on aurait dit un climat tropical

vol au-dessus des lignes, ne trébuche pas : une paire de basket

blanche, une paire sans lacets imbibée de sang

un départ, une pause, un revers

: 3

je rêve de sahara et de la lune d’argent plus brûlants que le métal, parfois

un clairon s’entend, parfois les bois… , – c’est d’une faille que j’arrive !

je sors de la tourmente, ignoré par la mort, comme passer

par la faim. les plus illustres sont passés en versant leur sang noir

trois cartes, j’espère une quinte d’os sur les braises

en amont de mon amour, au creux de ma main

une rature, une frondaison, un délit

: 4

les bancs publics définissent ton rang social, parlent de tes états

d’âme, etc. les hobos même ne s’y assoient plus

ton corps s’est tellement reposé sur leurs sièges que cela te rend

inquiétant, plus que la course à l’hécatombe

tu ne sais d’où te vient le besoin de les fréquenter, de laisser couler

absent de toi-même à l’écoute du vent et les arbres

un banc, une conversation, une fenêtre

: 5

je range mes photos comme de l’artillerie, une chape des

choses véhiculés. je me les figure jaunies, une colle

mes proches s’efforcent à m’éloigner de la poésie, comme au

début de mes tentatives. ils me tiennent dans l’ignorance

les justifier peut m’apparenter à un leurre, si c’est pour me

préserver. parce que cela au fond produit l’inverse

un visage, une absence, un podium

: 6

dur de passer à travers Nedjma, un roman écrit à deux

mains, cela me calme comme un glaçon

il faut reconsidérer cet ovni et les contributions des ses auteurs

que l’on reparle encore et toujours ! les postérités sont pour qui ?

Kateb Y. prenait des notes sur des cahiers avant sa

disparition. je souhaite jeter un coup d’œil et réécrire avec le barde

un lecteur, un manque, un appel

: 7

je trébuche à chaque palier de mes errances, interdit au toucher

de ma mémoire. oh, quel malaise !

je transpose mon cœur sur la réalité, rien ne me permet

d’explorer mes horizons, une réserve

je revois l’adolescent au visage triste et qui sourit

vilain, désireux de s’endormir sur son foyer de la mélancolie

l’amour m’aurait fait grandir, la mort m’aurait fait guérir

: 8

je touchais un peu à mon mektoub au sahara, mes yeux

exprimaient le feu, insoutenable. une voracité

je bougeais avec mes mots les lignes de mes interlocuteurs

cyclique cellule, déloyale. je m’éloignais troublé

c’était une main très vague, quelques feuilles sur les dunes

comme un éclair. écrire dès lors était un ancrage

une anomalie s’était révélée, une décharge s’était échappée

: 9

selon ta représentation du fruit de la connaissance, pomme ou

poire, etc. à un détail près, cela parle de ton courant poétique

les fruits à part les manger, les sexualiser, les laisser pourrir sur un

plateau, etc. tu peux les peindre et rentrer dedans, bien dedans

comme le fruit au goût de miel pour l’amant, l’amante

jusqu’à ce que la terre te fend

un mystère, un précipice, une planche

: 10

je commence à me sentir en phase avec mes propositions

comme la poigne d’un fleuret, qu’il me faut déjà creuser davantage

je transcris une poésie qui me travaille, – pourquoi donc est-ce

ainsi ? revivre peut-être une seconde fois, une gratitude

les nœuds, flottements, sont communément les plus authentiques

à transmettre. je verse d’une incrédible douceur

un capharnaüm, un catafalque, un salut

: 11

je voyais parfois des formes avant de m’endormir, peu bruyantes et

imperméables au temps, mais surtout éveillées

je ne les rattachais à aucune vérité. elles tombaient, impactantes

immédiates. elles avaient une tonalité dramatique, leurs propres couleurs

je les considérais selon mon état d’esprit, l’intensité du moment qui

me prédisposait à les recevoir. elles cousaient dans les parages

une nuit, une attention, une interstice

: 12

fin et début d’un jour de récréation, la ville s’illumine

bientôt l’aube. sur le buffet une enveloppe jaunie, une banane isolée

et un briquet. mais je sais du feu que le souvenir d’une étincelle

je bois de l’eau, 1 litre, 2 litres, 5 litres… , sinon séché ! une nuit est

passée sans ailes, encore une nuit sans toi

je n’ai pas tes doigts de fée, tout colle dans les tromperies, gommées

pour quel praf je me suis fourvoyé ? pour quel tableau je me suis enroulé ?

Esprit, cœur et âme

1/3

j’allume, j’étreins… c’est toujours moi ! la lampe du bureau fatigue mes yeux, une veille artificielle précédé d’un jour comme un ciel d’été, quinteux

je repense à mes amis qui ne m’ont pas appris à panser mes maux, à faire mon deuil, où sont ceux que j’aimais ? je les tuerai pour m’avoir laissé loin de leur aura

— un tel, dommage… il avait un énorme potentiel ! dommage ! il me devait des sous, et puis sans être trop regardant, je tournais la tête vers l’horizon de mon cœur.

je renonçais à tous les univers qui s’offraient, s’annulaient, etc. je n’avais peut-être pas assez de hauteur, ni de mérite. je comprenais vite

je cherchais dans mon enfance un baume, sans m’attarder sur la primeur de ses affects, annonçant l’avènement d’une chaotique histoire, comme un malheureux malentendu, une supercherie

— je rentrais perdu dans la céleste cité avec mes parchemins, mon baluchon et mes loques. toutes mes lectures et mes poux m’y diriger.

je sais ton cœur en n’espérant plus de tes nouvelles, cet instant d’où ma langue bascule. je te promets qu’une pluvieuse après-midi peut me rapprocher de ce qui fut

je veux que tu m’entoures dans mon long voyage, par tes prières rompues, pour m’emplir des saveurs de la rosée et revenir vers chez toi, vers la clarté

— je glissais de mes mots sur le lit qui me fragilisait, que je dépassais, après une assiette de fromage et de saumon fumé ! une malédiction.

2/3

te reconnaître bien là, à la renverse

et le mal qui se joue de toi

quand pour les âmes ici-bas est de finir

une langue qui s’exporte, tu rages comme la peste

en te cachant pour ne pas voir l’horreur

encore moins qu’un prince, cacher ton chagrin

3/3

je lisais les poésies de James J. ma tête s’engouffrait dans l’oreiller. le lit me semblait profond. il se trouvait tout de même une fin à ma descente, une chute ! les mots sur lesquels je rebondissais.

je me redressais en nage, comme sorti d’un songe inhospitalier. j’étais pris par une froide fièvre et la nuit, une chorale chantait en moi. je me soulageais cependant qu’il n’y avait pas de pot.

je me disais si j’écris d’une égale beauté, un vers, une phrase par jour, je serais dans le sillage de la plénitude. il faisait dehors un plat brouillard qui fait asseoir une méfiance pour les individus que l’on croise.

À minuit le mur s’est effondré

à oncle Abdelkrim.

une voix me halait lorsque je priais, indiscernable, chaude et lointaine : reviens mon fils, reviens ! disait-elle. je me fourvoyais avant de me ressaisir, puisqu’Il n’a pas de fils :

la nuit est à l’orage de sable

et sommeille sur ses défaites et ses morts

sur pieds et livré sans nœuds que je suis

le branle d’un sursaut cartonné

vendredi, sinon quoi dire ?

les jours sont promus aux suicidés et aux fuites

les poings ne tiennent plus tête ni parole

demeure le devoir

si frêle est la traversée des heures d’un deuil

qui donnent : une soif !

marcher sans y croire parmi les ombres

la tête haute et insoumis

les adieux au ciel de l’enfance

nos retrouvailles seront immaculées, mon oncle !

vous réclamiez le pardon à la voix des poètes

ils hurlent : c’est lui – c’est lui !

leurs invectives sans entrailles : ils glissent !

devrons-nous suivre ?

votre âme visite les maisons et les nues

votre mémoire retrouve ses éclairs

les coups sournois ailleurs à répétition

un dédain à la dernière cigarette, sans s’y voir

hors de portée sont les morts ?

leurs mains sentent le camphre, le musc et la rose, vidées

rêvant d’une erre, de l’ange de la mort… , – pourquoi ?

ils prennent des trains comme si c’était le dernier

trois feuilles au réceptionniste, rien qu’un stylo et une main

il préparait sa nuit, une proie

la chambre contient deux lits blancs

je-quitterai-les-lieux-avant-qu’-ils-ne-sentent-mon-odeur

une bien heureuse mort lorsqu’il faut tuer ses idoles

l’invariable calcul des rails

( Dieu qu’elles sont propres les consciences ! ).

les toits en guise de murailles, un nid

une synergie s’éternise aux alentours, sinon nulle part

la ville se rouille et rien ne promet, aucune sentence

sans y croire, un peu aussi !

la lumière des pôles n’est qu’une considération

une perspective qui échoue  

les éboueurs passent aux seuils des portes

relient les anciennes douleurs, grincent des dents comme du fer

le souffle atteint ou éteint

une brise d’été parvient jusqu’à la fenêtre

une époque est passée, l’écriture

quand est-ce que est le temps du bonheur ?

le monde mérite la ruse dans le sacré, peut-être !

en dehors nul n’en a besoin

vous devriez soulager votre cœur, lâchez vos liens

le cirque prendra fin, ou jamais

Nous sommes fatigués

1/3

nous sommes fatigués de somnoler,- de courir à perdre pied,- de marcher,- de se lever avec nos fragilités,- de s’habiller de nos voix de ténor,- de remettre ça.

de descendre pour ensuite remonter,- de se tenir,- de tenir les murs,- de chausser nos chaussures neuves,- de se barber,- de redormir pour l’éternité.

de brider nos voix,- de discourir en fou,- de se voiler la face,- de fleurer en duel,- d’injurier sans crachas,- de subir nos désarrois,- de se taire et d’oublier.

je crois à la magie des verbes

les échelons qui m’amènent à cet instant

de suivre nos chances,- de se rehausser de vivre,- de vivre de vous,- de départir vos exploits,- de feindre que l’on vous a compris,- de procrastiner nos démons.

de se réinventer à l’infini,- de nous lire aveuglement,- de poétiser l’arc-en-ciel,- de travailler nos destins,- de piailler sans écho,- de performer le sang.

nous sommes fatigués d’intellectualiser,- de produire l’inactuel,- de corriger et repasser de nouveau,- de s’allonger sur vos divans,- de commercer les rapines.

j’entends perdre à tous les rendez-vous

les verbes comptent double dans une défaite

de creuser nos tombes,- de se brosser et de plaire,- de déguiser nos vérités,- de se masquer,- de sourire à nos vanités,- de calligraphier nos peurs.

d’empiler les lendemains,- de déchanter,- de zipper un lot commun,- de ne plus se reconnaître,- de ne plus rien vouloir,- d’erroner le juste posé.

d’harmoniser nos désordres,- de se détacher de tout,- de souiller nos lieux et coutumes,- de changer d’avis sur les êtres,- de nommer lorsqu’il s’agit que d’un regard.

je vague pour ne rien céder à l’amertume

les verbes voguent d’une mémoire à une autre

une journée de grève

je fracasse les billes en verre

de ma bourse 

2/3

nous sommes fatigués de s’aimer,- de toucher des bouts des doigts,- d’embrasser à pleine bouche,- d’embraser nos mots,- de humer vos parfums saturés.

de lécher,- de jouir à couvert,- de rentrer et de sortir,- de se réchauffer et de se refroidir,- d’affranchir nos âmes frileuses,- de contempler l’azur de nos corps.

d’érotiser nos conversations,- de procréer les ingratitudes,- de juger sans marteau,- de reprocher se qu’on essuie chez nous,- de parler et tout dire.

je m’abandonne à la force de parler

les verbes englobent le silence sans promiscuité

de bifurquer en dehors,- de pleurer des ruisseaux,- de chuchoter nos ébats,- de couler sans le souffle,- nous sommes fatigués de faire l’amour.

de sourire de nos disettes,- de déjeuner,- de déféquer puisque l’homme l’a choisi,- de boire que de l’eau de javel,- d’écouter et ne rien entendre,- de vous vomir.

de tousser du miel de revanche,- de se gratter même si c’est une bénédiction,- de ronfler sous vos draps,- de fouiner dans tous les recoins,- de jouir une dernière fois.

je noie les frustrations de la chair étouffée

elles ont du plomb dans l’estomac

de partir et ne plus revenir,- de promettre sur nos détériorations,- d’appeler en masqué,- d’échapper à nos conflits,- de s’empiffrer de vos cosmétiques.

de se connecter à qui vampirisera l’autre,- de se virtualiser avec des histoires souhaitées,- de chatter avec les idiotes,- de faxer les avalanches de sons.

de décrocher fâché,- de raccrocher sans réponse,- de bredouiller sur rien,- de photographier nos sexes,- de twitter sauf si on est intéressé. de se ramifier.

j’entrechoque chaque mot qui est une boule à facettes

comme la perle Amour

les nuits se font harem

transcendé par mes souvenirs

et le temps

3/3

nous sommes fatigués des hauts et des bas dans la foi,- de ne jamais voir la nudité,- de patienter sans être un patient,- d’acter nos intuitions.

de pécher par timidité,- de reprendre lorsque rien n’est donné,- d’aumôner au plus fort,- de réinitialiser,- de sentimentaliser,- de mentir par excès.

nous sommes fatigués de porter des fruits prêtés,- de parier nos âmes sans rachat,- de juxtaposer nos réalités,- rien ni personne ne pardonne l’aisance.

je reste le jongleur sans torches de feu

le poète joue des verbes glanés

nous sommes fatigués de bénir,- de croire et de ne pas croire,- de prier les gens que l’on ne connaît pas,- de se purifier,- de guérir de la bonne santé.

de chuter sans parachute,- de se convaincre d’un pardon,- de s’ailler,- de sacraliser,- d’amourer nos incapacités,- d’invoquer pour nos morts,- seul Dieu m’en est témoin.

de conjuguer entre les paroisses,- de jeûner les jours de plaine lune,- d’ajourner nos délibérations,- de mourir à nos croyances,- d’admirer les prophéties.

d’orchestrer nos ablutions,- d’attendre nos enfers et nos paradis,- de se savoir à l’abri,- de ne pas se sentir à la hauteur,- de cheminer vers un but incertain.

de recenser le bien et le mal,- de se noyer dans le bleu,- de se proclamer autodafé,- de dévisager les ciels étoilés,- de fourmilier,- d’épingler nos idoles.

nous somme fatigués à la fin de se décomposer,- de se putrifier,- de caresser la matière,- de traverser,- de soumissionner nos vies en totale perte.

nous savons toujours allées

Dieu l’a voulu ainsi

trois jours monotones

je savoure l’Écrire des verbes

qui me aèrent

Les pas, un nombre. Villenave d’Ornon, Gironde.

Les couleurs sont ailleurs Fr/Arab

poème dédié à Antonin Artaud.

j’aime la couleur rouge dans le rouge ! parlons de la sensation du rouge même si elle n’est pas tout à fait rouge

j’aime la couleur orange dans l’orange ! parlons de la sensation de l’orange même si elle n’est pas tout à fait orange

j’aime la couleur jaune dans le jaune ! parlons de la sensation du jaune même si elle n’est pas tout à fait jaune

j’aime la couleur vert dans le vert ! parlons de la sensation du vert même si elle n’est pas tout à fait vert

j’aime la couleur bleu dans le bleu ! parlons de la sensation du bleu même si elle n’est pas tout à fait bleu

j’aime la couleur indigo dans l’indigo ! parlons de la sensation de l’indigo même si elle n’est pas tout à fait indigo

j’aime la couleur violet dans le violet ! parlons de la sensation du violet même si elle n’est pas tout à fait violet

j’aime la couleur noir dans le noir ! parlons de la sensation du noir même si elle n’est pas tout à fait noir

les couleurs vous possèdent

prenez vos pinceaux

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Après la séance

À Kamel.

est-ce ainsi pour lui après chaque séance, sa glotte ? il prend une serviette, un peu sonné. il tâte l’air en essuyant d’abord son visage à moitié penché sur son épaule.

les gestes sont imprimés dans ses gènes, une frappe. sont-ils des automatismes ou l’essence d’une vérité, qui saurait répondre ? les éléments se confondent et s’insinuent.

il respire le dos appuyé au mur.

il entend les fées qui regagnent les lieux en se promettant de les aimer d’une autre semence. il regarde son corps qui un jour le trahira, sans doute épuisé.

il saute de son plongeoir.

le phare de symbole est fatigué

l’osselet se brise

comme à chaque fois

le portail reste sans réponses

aux mystères de l’eau

il est fait de bras qu’il ne sent plus et deviennent lourds, ils ne lui sont peut-être pas étrangers, mais d’un gladiateur ! ils ont entamé la flamme et tracté tant d’espoirs.

il est fait d’un torse et ses poumons amples qui répondaient pendant la séance sont chauds, olympiens, se développent. il n’a encore une fois qu’effleurer ses capacités.

il revient à l’eau verte avec une odeur d’égout qui sculpte les corps hypnotisés, les plots de départ jonchés de matérielle de façon chaotique… etc. toute son attention s’y porte.

il reçoit le don vivifiant

l’esprit de la bravade nourrie

un portail bleu

les machines sentent le neuf

en coup de vent

il se dit qu’il n’y retournera pas ! il se dit que s’en est assez d’endurer ! il se dit qu’il n’a rien d’un athlète ! rien ni personne ne lui a appris à s’habituer.

quelques uns passent et d’autres qu’on oublie.

il sait que le labeur est derrière lui et que la nuit lavera ses visions, une accalmie dans le schéma de vie qu’il s’est créé. il n’a jamais su gérer la fin d’une saison.

le ciel abonde d’histoires nouvelles et surtout sans épreuves, il y croit fermement ! il y croit comme un engagé qui ment à son capitaine. il marche pour rentrer.

déjà différent !

l’espérance à la fiche

la lune croissante rétablie son œil

les générateurs de l’été

le poème renait de ses cendres

entre les dents

Dans des temps reculés

la voisine de mon ancien immeuble aurait pu jouer d’un instrument, il y avait tout le temps de la musique dans son appartement. elle recevait souvent.

on s’entendait à peine penser dans le voisinage.

les yeux tracés de khôl comme les maghrébines, elle me donnait l’impression d’une botte d’asperges sur les étalages du marché, un syndicat !

presque toutes câblées.

elle avait dans les alentours de la trentaine, une allure mince bien sûr, et espiègle ! je ne trouvais aucune affinité particulière avec ce style de femme.

d’une contrée lointaine et pour d’autres amours !

un doigt sur les lèvres

retrouvé par son esquisse

d’un chant violet

je la croisais à l’entrée de l’immeuble, mais plus souvent sur l’un des paliers de l’escalier. on échangeait sur nos activités courantes et les banalités.

somme toute, on était voisin.

elle me relatait parfois sans omettre le moindre détail les faits et gestes d’un autre locataire, elle en faisait une espèce de chronique avec l’esprit des conteurs.

je devinais presque ses intentions le jour du drame, même s’il me manquait la nature des circonstances que je finissais d’apprendre par la suite.

elle sortait cette fois sans manteau

il faisait froid

un drapé de pluie

ainsi sont les fleuves

parfois en hiver   

elle baragouinait quelques mots en descendant les marches, les personnes stressés le font pour masquer une appréhension, mais pas que ! le croquis d’un sourire la parée.

elle me souhaitait la bienvenue, je ne réponds dans ce cas aux politesses d’usage qu’avec courtoisie. 

j’évitais comme j’ai pu de croiser ses yeux, elle venait d’appeler les secours !

une nuit intense   

les histoires abimées du vivant

même chez les astres

La dualité d’une âme (Fr/Arab)

le temps à lui

qui accepte les choses passées

l’histoire de nos héros déchus

la femme des autres que l’on revoit jamais

l’échelle des trahisons

les chiens chauves qui hurlent

une fissure par l’intermédiaire

c’est d’abord mon enfant s’exclama le turc

les aisselles à l’air libre   

comme embraser les fleurs

la partie des mots ardus

la barbarie oubliée

une amulette qui couvre le flanc d’un cœur endormi

je pense à l’empire de Russie en convoquant les morts pour rien, météo : 9 °C, vent NO à 13 km/h, 25 % d’humidité.  

il pleut une douce neige

un navire sort à l’automne des déchirures

il vogue vers une aube nouvelle  

les sept vents chahutent les oreilles

le ballet des matelots

le souvenir des conquêtes rappelle  

les terres adultes sous des yeux prophétiques

il désigne le soleil sur les peaux

( je dessine un soleil sur ta peau ! )

il rêve de l’oiseau royale mort qui pulsait

il manque cruellement…

comme un sphinx sur les lèvres

les bateaux transportent du blé sous la grêle jusqu’à Saint Hélène

le perdu écrase les coquelicots de ses pieds fermes

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Il est pour vous ! Fr/Arab

Vous ne serez jamais sage.

Source inconnue.

une étreinte comme un rêve qui dure jusqu’au soir

ce n’est pas la veille d’un jour de fête

je ne suis pas triste

au revoir ma ville, tu es mon obélisque

j’ai croisé de farouches reptiliennes, des formes et des couleurs jamais approchées, de franches âmes aussi aux longs cheveux. ils avaient des têtes qu’ils tenaient hautes et bizarres… au revoir gueule d’ange ! au revoir !

tu m’as accueillie

et je crois que tu m’aimes !

je n’ai pas pris de plaisir à te voir en deuil  

un soir de tempête où j’étais seul  

je reste un petit péroire hermétique à la vie

au revoir le bleu du bord de l’eau

j’ai croisé des loups sous la pluie de mazout sur les quais, c’était ok pour ma vie, mon ange ! des grenouilles dans le brouillard épais et sec, toujours sur les mêmes quais… au revoir chat de gouttière ! au revoir !

je t’aime

et je m’en vais

je vais vers la porte

je reviens sur mes pas

je tournicote

( comment ne pas perdre pied ! ).  

j’ai beaucoup menti

j’ai rêvé   

je ne lis plus de la poésie intra-muros

il y a de cela longtemps 

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Les silhouettes de la scène Fr/Arab

le mot khayel me fait penser à du lin blanc ondoyant au vent, alors que silhouette me fait penser à une allumette.

il se trouve des gens bien

qui descendent en ville jusqu’à la fin des temps

elle est une passante

elle est en robe de soirée    

elle porte un secret

elle dégage une aura  

elle a le pas aérien      

elle lui sourit

( la douleur ne se pardonne pas, elle purifie ! ).

elle parle à son désir de feu comme un éclair

elle aime en éclair et ses yeux sont en feu

je rêve de mots que les dieux jalousent   

il te suffit d’être un enfant qui formule des souhaits

il s’arrête de jouer

il descend de la scène

il est sur la piste enfumée

il rejoint l’anonyme

il la trouve moins belle

il le sait

( j’ai cru entendre le mot citoyen ! ).

les couloirs mènent vers les coulisses sous les néons bleus

sur le mur est accroché un tableau, un western

je me tiens debout sur un parking cimenté

je suis le parking démantelé

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Mardi, jour d’une fête noire Fr/Arab

au revoir comme bonjour

bonjour comme au revoir le monde

je voyage avec mon mal

comme un camarade que je porte dans une brouette

les moyens du bord : les tables retournées, les balles en plastique, les mitrailleuses en fer rouillé, les grenades en bois, les pierres de chantier, l’eau chaude des tuyaux d’arrosage, etc.

c’est les jeux d’enfants qui aiment l’incontournable guéguerre  

c’est bien que je ne m’en souvienne plus

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours*

une fille a vu ce que j’avais de meilleur en moi

je n’ai pas tenté de l’embrasser

un jour maigre, sinon pas des moindres

l’air du solide les croates l’ont emportés

les moyens du bord : le sublime de l’univers, l’encre rouge de magiques bulles, le sol qui se décompose ( on le voit le sol, alors plonge ! ). les premières impressions, etc.

c’est un lieu de jouissance

c’est bien que je ne m’en souvienne plus

je ne rêve plus, mon amour

je ne rêve plus tous les jours*

je rêvasse lorsqu’il faut bousiller un titan de sang-froid

même s’il fait froid

* Clandestinos, Manu Chao.

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Charivari Fr/Arab

je me lève tôt et dors de-même

le rythme dans la peau

les tocs

des tocs en toc

par Beethoven l’héroïque

je ne suis pas beau

– pourquoi l’enclume et le marteau ?

entre quatre murs et deux plumes

et des gens qui l’aiment

de-même

la route est coupée

comme pour le Kilimandjaro

je me rends aux ritournelles

– comme j’étais amoureux et bien !

la poésie et les copains perdus

tout cela se noue

bien que la solitude…

mes ballerines, pardonnez-moi !

la chanson des éphémérides

– je reprends le fil du souvenir

je vis un rêve d’un étranger lointain

qui n’aime plus le funèbre costume des salutations

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Ne dites à personne que je l’aime (Fr/Arab)

un chien imaginaire crabote

les yeux terreux

il fuit sur sa table d’écolier

sur les airs des ballades chétives

le cœur crève en saccades

dans la ville des lumières

kingston capitale

un bassin bleu entre ses yeux

elle l’a pris par la main

il pense à elle

à l’autre

chanter Si Mohand Ou Mhand

tonner comme les oiseaux

le voile d’or du matin

une montagne au dos courbé

une brume qui avale tout

la plupart de ce qui ne doit pas être dit ?

l’habille de l’absente

une voix qui implore

rien n’est éphémère

je t’aimais

tu étais un ange  

je ne fais plus grand-chose

j’ai perdu l’envie, comme je t’ai perdu

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Vers le Mediator Fr/Arab

à Véronique.

comme les ondes qui rongent son corps  

le cœur serre son rêve né des tropiques, hypothétiquement

les membres électriques !

les membres électriques !

les membres électriques !

le sans douleur n’existe pas

il est de bleu le peignoir qui l’habille, effacé

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

la chemise éventrée !

( le murmure des tropiques ! ).

il n’aime pas ses mains et désemparé

il est de bleu le peignoir qui l’habille, confidences :

elle prend les voiles que la circonstance exige et nous disent de ce côté-ci qu’il y a de l’espérance !  

il marche dans l’appartement lourd qui engendre un désordre

il se pavane ses pieds nus dans le couloir baigné de lumière

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

les doigts ensanglantés !

je médite la cosmologie d’un homme en sursis

sous l’emprise de l’hôte sur un canapé blanc

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Les fibres

à Naelle.

son front pale éclaire le ciel

ses yeux rouges se posent comme la neige

c’est un lièvre qui dort dans les bois

la crème dans l’espace entrouvert

il aime la danse

il aime tourner en aval

il aime les vents de sa tête

les caresses sur son visage fiévreux

et elle boit de l’eau à la coupe des arbres pleurants !

la mystérieuse ode des arbres que l’on reprend

il descend et suit l’ondulation des vagues

les pensées inavouées

les jardins d’amoureux

les fleurs qu’il ne reconnait plus

les larmes d’un enfant exhalent de la lavande

comme une rose en pierre sculptée par les vents  

la peau mièvre se torturent à ne plus s’offrir

comme une maille mutique et de l’amour

elle ne rit pas avec les écrans

elle court sur les champs d’avoine

elle ne reverra jamais ses parents

je clore comme le jour qui murmure

les feuilles tremblent à l’automne de la solitude

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Une souris (Fr/Arab)

dans le trou

d’un champ

une souris sourit  

en dessous de tout

flou

étrange

aux alentours de la gnôle

l’odeur de nourriture

incompréhensible détresse

elle est bête

elle n’est pas verte

les gens la déteste

elle fait des choses insensés

son écriture décharnée  

dedans ou à la lisière

un refuge isolé

tumulte

sa vie est un poème inarticulé

au bout de son nez  

le souffle hoquette court 

chutes et fracas

les temps sont durs

artificiels

avec ses voisins souris

cela concerne son suprême

il occupe

une fiancée éconduit  

l’air n’a pas d’espace

quelque chose de détaché

plus de retour

la pluie ne nous rassemble plus

nous n’espérons même pas le jour

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Une longueur de désavantage

à Ghiles.

le poète rentre seul à la maison le soir

il se baigne de crépuscule extasié

une communication affreusement bleuette

le poète rentre seul à la maison le soir

une cloche qui oscille sa corde

Marie est une abeille aux mille visages de femmes

le poète rentre souvent seul ou en mauvaise compagnie

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

on se déguise pour finir

on joue l’histoire contemporaine du Je

puisqu’il faut vraiment mourir de chagrin

un doigt caresse les breloques

le diadème d’argent qui nous honore

puisqu’il faut vraiment écrire un poème

13/14 février 2019, à Bordeaux.

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Elle est ma cohérence (Fr/Arab)

à Nassima.

de tous les charmes confondus

je bravais mon cœur corrompu

sentant la bref musique

un signe d’aucun recours

comme faire une nique

aux fidèles m’amours

le temps de mes premiers amours

je cachais une passion de toujours

c’est l’étreinte d’un commis voyageur

c’est les sandales de l’orphelin choyé

c’est l’imaginaire d’une fille que l’on regrette

c’est une pièce où il ne se trouve aucun spectateur

par un ailleurs…

nous nous fichons de vos exploits !

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Un couplet se construit Fr/Arab

je suis un garçon bon

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux…

je suis un garçon bien

comme il faut

qui le fait et le savoure

quand je peux

un ange

je suis un garçon

tout comme il faut

et bon

qui fait le bien et le savoure

quand je peux

le mal, je le repousse moyennement

comme un ange médiocre

je suis un garçon

comme il faut

et de bien

qui le fait et le savoure

quand je peux

je repousse le mal moyennement

une sorte d’ange médiocre

je souhaite retourné dans ma triste caverne

il y a un petit feu, une ombrelle, etc.

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Cap ou pas cap sous nos yeux

comme une pluie aux couleurs de pétrole

comme un fruit gorgé de soleil

morsures

goyave

vents de papaye

ils me transpercent en équilibre

ils me fêtent chancelant

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après Arthur De La Sierra ?

comme un dépourvu d’explicite

comme une mystique du voyeur

archipels

Cancún

au fait des muses

avec les fuites urinaires il y un dieu

il y a les fluides

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après l’Amour Du Dissolvant ?

comme écrire son intériorité

comme se lever d’un trop plein de désirs

Sabah

turquoise

juste des émois

depuis combien de temps n’avons-nous rien appris ?

nous ne prenons que les coups

je voyage et que je me taise

qu’aurions-nous pu rêver de mieux après la Mort Des Bienheureux ?

je rejoins le calme des frênes

je rejoins le rêve d’une salamandre coquette

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Un été avec Dante

je lisais Dante Alighierie, un poète exilé au noyau obscure. je traversais ses textes où plusieurs niveaux de discours transparaissaient.

il me rendait petit, désuet, flasque… etc. comme sous l’effet d’une eau chaude et l’ascension de son verbe qui transcende me navrait.

le paradis blanc sur bleu ou bleu sur blanc annonçait le crépuscule, le sien. je me demandais comment peut on faire œuvre sans filiation ?

une écriture chamanique

le chemin d’un pèlerinage sans fin

cris de soif

très haute la concave de Jupiter

une conversation entre le gravé d’une paire de flûtes

ad vitam aeternam

Muhammed et son gendre Ali, les lumières de l’orient se trouvent dans la Comédie bannis, comme avec l’écharde enfoncée des papes.

il n’était au fond question que de la langue, de réalisation de soi-même par l’écriture en se surpassant. la quête de joyaux !

je ne savais comment les mots employés fonctionnaient, mais je savais pourquoi ils devaient être là, triomphants. les choses me semblaient opaques par moments.

les scènes grotesques de l’enfer… etc.

une lecture ésotérique

l’âme sous l’influence des astres

déjà vu

cela fait un toit pour l’été

d’un vivant

l’Amour chantait de Béatrice me faisait sentir une nostalgie de florentin, une édifiante clarté ! je retrouvais depuis cet air en voyant chaque enfant.

la croix que l’on désire sous ses fesses, je m’avouais l’avoir connu. pour ce qui est des personnages, ils m’étaient non-attrayants plus que le reste.

il invitait à la confession.

je ne relirai sans doute plus jamais Dante, il appartient au quatorzième siècle et qu’il y demeure, – quelqu’un veut s’approprier son livre ?

cela est sans appel

je ne sourirai plus à mon bouquiniste

éprouver de la compassion envers un monde perdu et de dégénérés, n’est-ce pas être soi-même atteint de folie ?

Les vedettes ramadanesques

À Gaïa. ( une inconnue sur Badoo. )

1/3

j’admire la capacité de Mehdi à se tenir debout en blouse toute la journée et la moitié de la nuit, il me donne l’impression que je n’ai jamais travaillé.

je regarde les gens qui s’installent sur les dossiers en cuir et s’en retournent tondu, ils mêlent quelques hadiths prophétiques et des qaça’ide de Amar Ezzahi.

je reste raide sous la fine lame et les ciseaux, un quiproquo peut vite tourner au drame ! on entend parfois des différents résolus par voie nuptial.

comme un franc-tireur

sur la ligne de mire du destin

je crois qu’entre temps la télévision diffuse un match italien, ou peut-être que je confonds avec la retransmission du speaker. le démo à tous les coups est piraté !

il y a des cheveux noirs et gris sur le sol, l’imam prolonge la prière du soir… etc. toute une symphonie dans un salon qui brasse des myriades de rires !

je me disloque entre les singularités de la foule, rien ne m’y empêche ! j’endure cependant ce privilège, la convergence des cœurs est aussi rare qu’une plais sèche.

les jeunes sont à la mode du Maghreb

les autres sont scotchés au sol

la rue du coiffeur est à sens unique, très peu fréquentée durant la nuit. je l’appelle depuis mon enfance la mal éclairée qui est de son nom commun la route des arbres.

eux sont élagués ! 

elle est bordée d’une crèche, de la poste et d’immeubles récents en dessous desquels se trouve des magasins. il n’y a eu que d’anecdotiques aménagements.

je crois qu’il faudrait tout raser et marcher droit vers l’orient, la familiarité avec les lieux ne me réussit pas. je vois de la poésie là où règne le soudoiement et l’anarchie.

j’attends une vague qui inondera le bois

les furies feront de nos chairs des razzias

2/3

j’erre parmi les peupliers endormis et ma ville natale se dédouble, une écorchure ! j’ai en mémoire de vieilles querelles de clocher, comme mon iniquité.

je côtoie des hommes absorbés par leurs pensées, magnanimes où pourtant ne luit aucune lumière. ils ont tendance à la sérénité après la coupure du jeûne.

je n’ai pas la même disposition d’esprit, la longue agonie fait partie de mon lot. il se peut que je triture mes boyaux sans que rien n’apparaît, hormis la contagion.

ils ont l’air aussi de se repaître de tout 

je me prends une tasse de thé

je vois les voitures garées en pleine descente, elles m’inspirent un plaidoyer. je fredonne Rider In The Storm, il m’est évident que l’on ne peut qu’en pleurant.

à chacun ses lâchetés !

je me tapais deux semaines de patte pour m’offrir des bottes, à l’inverse par ici, beaucoup de frottement de claquettes ! ils se vautrent en piétinant sur les empreints.

je me méprends sur les considérations qu’ils se font, peut-être ! comme il nous est inconcevable de se reconnaître la même barbe, les mêmes organes.

on considère un homme selon son parterre

les rues en sont vilipendées

je traverse devant des personnes d’un certain âge qui sont assis et parlent à voix basse. ils me regardent et puis silencieux à mon passage, pour finir reconnaissant.

la ville a ses inclinaisons secrètes, elle est identique à la nuit et bien davantage. je suis obsolète de tous les trottoirs et les arbres qui dénombrent mes sottises.

l’humain en ces heures bénies ne se lorgne pas, il a un prix comme partout, sauf qu’ici, ils sont beaucoup à attendre le soleil. le restreint à l’irrécupérabilité.

je l’observe comme on y dort

ivre des interdits

3/3

je parle de ma chute et le royaume qui se heurtent à la lumière de ma démence. je parle de ce qui doit être dit quitte à se déplumer pour l’amour d’une femme.

une langue étrange et graduelle me gratte, comme la froideur des caveaux ! il y a effectivement beaucoup de choses qui écœurent,- qui se permet le salut parmi les hommes ?

j’incarne le drôle de martyre d’un automne qui agonise, une boursouflure. je n’ai plus le cœur à rien, à l’ambiante hypocrisie lorsque je m’y réfère.

je ne demande qu’un renseignement

ils se tordent au lieu de fournir une direction

je ne suis qu’un homme ouvert à la nuit sans pitié, un homme qui a perdu l’esprit. je crois sans faillir à la pluie, les nuits qui couvent nos rêves une montre sous la main.

le génie de ramadan porté à son plus au degré peut s’avérer extraordinaire, comme dans l’art ! les mots auréolés sont l’expression de ses hors limites.

je remercie le ciel dévoué de la féline incohérence, de nos incollables doutes, de mes passagères tristesses ! l’homme qui attend s’aura goûté les présents.

je tais parfois l’écoute de mon cœur

le silence est la meilleur des gloires

la lumière céleste

irradie la folie des hommes

en douce longueur

j’envisage les charmes ancestraux et caducs. les factions n’étaient que des ours polaires élevés au grain de blé du sud. l’inouïe des généalogies me leurrent.

j’étouffe en moi un silence qui fait rager et quelque part des chiens aboient. j’imagine qu’ils referont les crapauds, les voix de nulle part sur un banc. 

je fume comme un puits raclé en me promettant une visite à l’un d’entre eux, persistance. je tire de nouvelles cartes avec mon cœur qui désigne un secret.

je me fais à l’image que souhaitent les Prophètes

je suis le pauvre de Miséricorde

Ils vécurent chanceux. Œuvres de L. Chabaud, 2021, Begles, Gironde.

Partir comme on épelerait le nom des saints

à Nader.

1/3

je ressens les années d’errance et de fuite, les départs par centaine et les sentiments de l’espoir avachi qui les accompagne.

je ressens des vents contraires qui préludent à ce qui va me suivre

mes yeux d’Ulysse se posent sur ces jours passés et profondément regrettent.

les désirs ultra-plombés, les dents qui claquent… etc. comme ronfler la mesure de ses doigts de corail rose

je me souviens des trains de nuit qui me portaient, le vent pourtant siffle dans mes oreilles. je n’ai cessé de partir

les vols d’oiseaux dans les champs parcourus à toute vitesse, les paysages qui lavent encore le seau du souvenir et aèrent mes paumons

je suis l’exilé des vieilles fortunes

une mémoire lourde à porter pour mes frêles épaules  

2/3

je m’attelais à l’étude des astres et des corps ravagés très tôt dans mes saisons qui creusent comme une pelleteuse,- les lois du seigneur requièrent du silence !

le genre d’indicible qui vient d’en haut !

je jetais la clé sous la porte pour rendre l’écho de mon âme friandise, la noirceur des baisers de la veille promettaient une disparition.

je froissais mes sandales pour revenir parmi les étoiles, comme les mots confus qui éclosent dans ma tête

je ne suis que la moitié d’un amour brisé, et si un jour je tombe dans la moire de l’humide clarté, sachez que jusqu’au bout je vous ai aimé.

l’esthétique d’une poignée de feuilles font un ensemble harmonieux

longtemps et reclus dans les murmures d’un mal logé

je doute à présent de moi en parcourant le monde, mon âme vibrante de ses trésors inexplorés et couverts, même de la petite et innocente rosée.

j’aime les choses non-apparentes et qui ne disent pas leur nom

j’ai grand froid

je poursuis cet instant d’éternité d’une grâce renouvelée, les nuits sans pareille glissent irrémédiablement et bientôt incommensurables.

je me rend compte qu’Ulysse avait un équipage et des compagnons de voyage

je me lève lentement de mon siège pour prendre un recueil hors du temps qui plante une graine, une complainte maladive.

je me laisse être au firmament, sans germe et sans aucun remord dans le cœur

puisque la vie est une escale

je fraude tous les trains

Un train de marchandises s’est arrêté là. Lannemezan, Les Hautes-Pyrénées.

Trois petits jeux du Je

À Narimane.

1/3

ils m’ont affublé de différentes expressions tout le long de ma légère existence, semblables à des étiquètes ! je fais l’impasse sur les insultes gratuites ou justifiées.

le prénom que je tiens de mon aïeul et me suit depuis ma conception, un oracle n’aurait pas eu meilleur jeu ! je reste touché par cette initiative pleine de bonhomie.

j’ai pris conscience de ce baptême lors de mon entrée en crèche, comme pressentir une fin. je crois me souvenir qu’il y avait une fille à chacun de mes bras !

je ne recherche nulle vanité

la dérision m’a poinçonné

ils m’ont accolé au collège le surnom de pécheur, rien n’est jamais tout à fait vrai ! je le dois sans doute à mon tempérament de mécréant plus qu’à mon chapeau.

je peux ajouté à cette période d’autres termes plus sophistiqués et terrifiants: ex-petit-ami, célibataire, ennemi, endeuillé… etc. une période bien compliquée.

ils concevaient avec ces appellations les ersatz d’une fratrie, ou le pire imaginable, une appropriation ! il n’en demeurait pas moins leur promiscuité.

je ne fais jamais pareil

sauf lorsque je refuse de voir

ils ont même appelé mon volume de chaire tonton et ceci pour toutes les générations à venir ! je ne sais ce que tout cela implique, l’après me laisse songeur.

je ne suis qu’un être insignifiant qui fuit devant les sobriquets et sollicitations, à mille lieux d’en recevoir d’exemplaires. je suis celui qui s’y tient sans me reconnaître.

je parcours le champ de mon histoire antérieur en me préparant à la mort dans ma retraite, sans aucun nominatif, comme un scarabée livré au bec d’une huppe !

je suis à mi-parcours de mon nom

il m’importe peu par quelle entame finit sa surface

2/3

je n’ai plus la capacité de guérir et de me régénérer aussi vite qu’auparavant, mes blessures prennent un temps considérable pour cicatriser et colmater.

je crois que l’homme s’use comme une machine à écrire ou un réfrigérateur, les expériences usent par érosion, les souffrances… oh Dieu, elles purifient !

il me fallait six heures de sommeil et sans ressentir les coups de moue durant la journée, mon cœur tournait au dépôt d’alcool. je menais furieux mes volontés.

je ne bâillais que rarement hormis la sensation des paupières lourdes, mes mouvements étaient secs et brusques, approximatifs ! c’était la découverte de soi ou l’ennui.

je pouvais marcher des nuits entières sans me soucier de la distance ou enchaîner les épisodes au lit et ne pas fléchir ! elles en avaient au fond que pour mon foutre !

les émotions était décuplés à l’excès

je remarque qu’il me faut plus

il m’arrive de même avec la récupération qui semble concerner mon horloge interne, même si j’ai perdu la notion du jour et de la nuit.

on ne sait dire de quelle couleur est le ciel

les candélabres ajustent son pas

3/3

je vais conclure comme on s’engage dans un rire, ensuite me vient la question de l’amour. c’est comme fuir et inadéquatement, je pense à toi, ma relâche !

je pense à ton visage au ciel multiple qui glisse vers une aurore inconfortable,- comment puis-je rattraper ta course effrénée ? il n’y a que moi, moi qui tremble !

je fredonne ton nom à bout de souffle, une incantation qui traduit mes chagrins,- qu’elle nouvelle histoire s’offre devant nous… ,- qu’est-ce qu’on ne rend pas ?

un froid m’inonde et hante les mots

je presse mon cœur contre ton parfum

je me rends compte au fur et à mesure que les moments importants sont ceux passés avec mes amis, ils me racontaient les bonnes vieilles histoires.

je restais attentif aux anecdotes et mensonges qui pleuvaient par-ci par-là, et puis sans attendre, il me tombait dessus une confidence à couper le souffle.

je comprenais qu’un clic est plus conséquent qu’une page de tourner, oh…. vous m’avez fait ! qu’il est agréable de me souvenir parmi les récits où je revois presque tout.

qu’elles sont les expériences qu’on peut tirer d’un poète ?

j’absorbais les paroles oubliées

les moindres particularités m’étaient de l’or

je crois que l’on ne peut échapper à son destin qu’un certain temps et l’issue ne sera que plus fatale ! je crois que chaque main secourable mérite que l’on s’y attarde !

j’élabore un système nourrit d’une mythologie personnelle, une écriture qui brise le modeste seuil de ces lignes. la poésie est d’ici pour ne pas paraître comme tel.

Trois petites impasses

À Rafika.

1/3

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- il y a des nationales et il y a des routes,- je roule derrière les camions… les 6 les 12 les 36 tonnes,- je prends de la fumée.

je suis au téléphone,- c’est la route,- une déroute,- je ne conduis jamais avec des pantoufles,- ce qu’on appelle se déplacer à l’envie,- l’envie de se décharger.

et si les routes ressemblaient à nos vaines,- fluides et mystérieuses,- on ne tombe jamais sur une autoroute,- les pompiers ramassent nos cervelles.

j’essaie un autre mode du temps

je me remets à la patience

sur l’autoroute des autoroutes et tout autour,- je reste alerte aux accidents,- je pense que rien ne peut m’arriver,- tellement alerte que rien ne peut m’arriver.

je vois les arbres poussiéreux qui délimitent la folie des pâturages,- les gens qui attendent le bus,- je prête aux volatiles mes divinations,- un colimaçon.

c’est la route qui nous quitte,- on échappe d’un trou pour se précipiter dans un autre,- je suis ficelé comme une truite,- plutôt une tortue,- je roule comme une radio.

je remonte qu’une seule fois

le tarmac qui se déroule sous mes gommes de caoutchoucs

sur la route des autoroutes et tout autour,- il y a des routes il y a des impasses,- juste essayer lorsqu’on ne peut pas,- je tends les bras à ma déréliction.

un sourire aux lèvres d’un fuyard,- je lui octroie toutes les raisons,- est-ce que je suis pris dans le filer des panneaux ?,- on ne se fie pas à un conducteur.

je suis transporté pour ne rien porter,- une crème verte,- il pleut souvent sur les autoroutes,- j’enclenche l’essuie-glace,- hypnotique,- captivant.

le cendrier est plein à craquer

j’ouvre la vitre

une allée au lendemain

je souffle sur mes envies

un vent obscure

2/3

sur la rive avec mon chien,- j’investis le domaine du non-soi,- au diable les fils et les attaches,- momentanément effacé,- j’aurai ma démence ou rien.

je suis absent de moi-même,- interdit de souvenir,- j’aimerais et puis non,- je m’altère sur le sable,- mes narines guettent le drame,- doit-on refaire l’insoutenable ?

j’arrive à ne plus dominer,- de prendre moins de place que mon domaine,- tout s’émiette pour ne rien laisser,- je perds le miroir des hommes et cela tient.

je suis l’autre qui glisse au creux de la vague

forte et belle à recommencer

sur la rive vierge avec mon chien,- je construis une cabane d’allumettes humides,- l’œil furtif et scrute,- présence contaminée,- il ne reste que des pourquoi vagues.

le noirsoleil est une couleur,- un sans visage,- l’indien sous prozac,- longue est la traversée avant les signes,- les vents caressent mon visage.

un chien n’obéit qu’à son besoin poitrinaire,- s’il pouvait se laper le crâne,- je m’affadis comme la roche qui garde,- la couronne iodée,- je n’ai pas de cane.

j’apprécie les pointes démesurées

comme sa compagnie

les lèvres mouillées  

une irréelle promesse de la pluie

l’automne me perd

sur la rive avec mon chien,- il n’y a plus de chien,- j’ai tout consentie et du laiteux,- cela ne sort pas ou ne dort,- mon cœur est sous cloche,- détérioré et en partance.

j’ai les pieds nus plantés dans le sable,- il y aura toujours de l’eau,- cela dit de mon capharnaüm,- combien d’initiés compte Saint Michel Chef Chef ?

on a tout recenser dans les livres,- le peuple maudit,- une histoire courte de l’expéditeur,- un cul-de-sac,- les ressacs,- un dessein ne ment jamais,- garderas-tu une trace ?

toi ma bien-aimée, je reviens au deuil.

un passage aux toilettes du bar alligator

je recharge le téléphone

3/3

j’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- son cœur à la petite cuillère,- je me finis de me recueillir,- je caresse les rêves du vent,- son sommeil léger.

j’ai un petit peu froid,- toute à l’heure j’ai pleuré,- le rêve continu,- son néant parfois me tente,- je n’oublie rien ou presque,- immensément ailleurs.

je soupèse selon le chemin et non les actes,- vertiges inconsommés,- je peux ne pas être drôle,- le renvoie d’images biaisées,- du plein baiser le doute.

je me fais de la misère de la rouille

je réitère pour ne plus pêcher

je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- je souhaite m’étendre et modeler mon âme,- son âme occasionnelle,- je parle seul et si seulement je trouvais preneur.

je l’ai laissée pour morte sur la rive miteuse et les bateaux vont au loin,- son cœur pourtant si débordant,- je m’accroche à son air de déjouer les portes.

trancher c’est trancher l’existante,- clairvoyance des mots qui disent peu,- je me détache,- tant de solitaires espèrent de leur solitude,- la radiation.

ce n’est pas aimer que d’avoir bon dos

il suffit de déplaire

je m’évanouis au milieu des courants de mon cœur,- vertèbres s’éloignant du port mythique,- la nuit comme le jour je te salue,- je te mets un doigt dans le cul.

je m’évanouis devant les climats,- son corps se régénère fuyant fuyant,- je stationne dans l’impasse des clématites,- je mets le contacte,- l’œil du mal rase mes parois.

j’incarne les peurs d’un poète,- délire de se reconnaître comme tel,- une musique quand il n’est plus question de notes,- mélomane de la fluidité,- comme le sang,- suspect.

je me défais sous mes yeux

les souhaits se précisent en amont du flux

Quelque chose d’un vendredi sur le sol

je n’ai rien avoir avec le commun qui refuse la part du merveilleux dans le cœur, l’abandon aux nostalgiques rêveries… etc. comme un enfant s’adonnerait dans le vent.

il excède les quatorze printemps.

ils ont peur du ridicule qu’ils ne se risquent à rien, rien de probant. je ne tiens pas à fédérer quoi que ce soit et au-delà de la bienséance: froideur / distance

une sainte colère qui libère !

la part du ciel que je détiens et aussi infime soit-elle, je ne dois pas la négliger, cela pourrait être mon seul rempart contre l’adversité et bien plus encore.

je n’en fais pas une étude.

je ne tiens pas aussi que l’on m’aime

même si là, je mens !

le tabac à rouler

brûle les lèvres autant qu’un baiser

d’adieu

il y a les déshérités et qu’un seul message, une mystique aux ivresses claires. je persiste à nier ma réalité, comme s’il s’agissait toujours de percer les zones grises.

les religions s’exportent, non ?

je sais lire les signes, comme me reconnaître à travers les miroirs. les réponses que je trouve dans les nuages bleus, l’eau potable du robinet et la température.

la mort d’alors ou le poème ?

je ne dois plus céder devant la valorisation individuelle, une gargarisation de mots ! mais je tiens pour acquis les choses prédominantes sur les nerfs.

le voile tombera !

les sidérés ne trouveront plus de secours 

il est trois heures: 24

je sors de la grotte aux nymphéas en guidant mes envies ailleurs, les voies des boulevards ont des couleurs d’arc-en-ciel. j’abreuve mon cœur de l’éclosion du jour.

je nourris mes flancs de douceur.

j’ai eu l’impression de berner tout le monde, alors qu’à moi échu l’illusion. le sans posture primordial, une mèche rude ! je reste le conciliant, en tout.

je bois une poignée d’eau.

je reprendrai les vols de nuit ou le poème, il me faudrait pour l’asseoir un départ, plusieurs ! le poèmefusée pour s’élever a besoin d’une pulsion de moineau.

je tracerai vers toutes les trajectoires.

le poète est né à un rêve qui sommeillait

l’énigme des labyrinthes se dévoile

un été sans rebours

je respire l’odeur du vieux port

dans un Pagnol

Soulage a tapé fort… et moi, j’en suis où ? Begles, Gironde.

Les morsures étaient ignorées

j’étais porté vers les interactions mystiques, comme si rien ne m’arrêtait ou n’altérait mes poussées créatives. une torsion de l’esprit jusqu’à la pointe de l’extrême.

je ne voyais plus les villes sur l’estrade de mon cœur, leurs rumeurs m’étaient possible à engloutir. j’allais au hasard feuilleter l’eau de mes trous blancs. 

le téléphone éteint me délivrait de mes tics.

je me réjouissais de la fente d’une fenêtre sur l’éden, la pluie tombait sur mes fatigues. je me voyais trépassé en écoutant lesventsnostalgies et la théière.

on nous disait paradisiaque l’ici-bas

on se déchire avec du pas mieux à t’apprendre !

comme quand j’étais enfant
je toc parfois ma tête
pour m’assurer

qu’elle est encore
vide et

invraisemblablement : elle est fêlée

le dépit des gens lorsqu’un malheur frappe un homme, je l’entendais comme une décomposition, une aubaine. le malheur des uns est le ressort de nos certitudes.

l’autre que moi prie.

les liens d’amitié me marquaient ou se volatilisaient, la perte voyait le jour et engendrait le mal pour une moindre blessure. un monde fou coulait à l’endroit.

le champ en était miné.

je me délaissais pour revenir au vacarme de la multitude, transfiguré. je passerais sur les corps des lucioles, de ce qu’est la pluie à la goutte noire… etc. j’espérais et n’y suis plus.

les visages se fermaient à la providence

je préférais les ânes blancs avec du cachemire

je rêvais de l’Euphrate qui coule de son eau sous les arbres, une blancheur ouatée. je ne retournerais jamais sous la brume vaincre les coups et l’anneau. 

je revois les yeux qui pleurent.

je me saturais de tristesses qui me dépassaient, le scalpe des cœurs m’enivrait. je devais en finir avec mes débandes puisqu’il me restait à découvrir l’essentiel.

qu’ils refluent en une chanson grégaire !

je verseabsorbe l’huile de l’étreinte de l’autre côté de la haie, la jarre fêlée. les prières sont un don de soi à chaque instant renouvelées, une prévision à l’entendement. 

je débarquais dans l’univers imploré et apathique

je sortais rejoindre la pluie

Il y a une lettre pour toi

1/3

je me rappelle de nos sommets au pied du lit, le toqué de mes voisins et les tâches multicolores sur nos corps… etc. oh, Dieu que tu me manques, reviens à moi !

j’espère par cet aperçu de nos frasques inspirées te redonner le goût de nos jours passés, le goût des fruits mûrs et sauvages. je nous souhaite aussi un bout de chemin.

je me reconnais dans ton histoire pour prétendre à une évolution entre nous, une vie à tes côtés est toutes les absentes. la mienne, je te l’offre en négatif !

les amants des paradis retrouvés

les jeux d’enfants

te souviens-tu de nous deux sur le canapé et de nos feux de bengale, Bill Evans dans la stéréo… ! quoi que tu puisses en penser, je te promets de ne plus appartenir au vent.

je m’en remets à peine et ce n’est que parfait, nos crimes sont faits ! j’endosse ce qu’ils ont de plus substantiel pour un poète en herbe dès le vendredi saint.

je n’écris plus sur une viande de poisson séché, un bel après-midi d’amour, une chanson qui se raconte… etc. je m’attends à des jours rêveurs, oh, des jours meilleurs !

je me laisse envahir par toi

une vraie pollinisation

les nuits se voilent et me rendent à silène et ses velours, une vraie consolation ! tu aurais dû être là et me calmer, j’ai besoin d’une femme qui se bat, une adversaire.

j’oublierai sans effort tes longs secrets et mes cigarettes, je les oublie pour trouer le ciel un beau matin, comme ce jour de septembre où il pleuvait, lentement.

j’aime lorsque c’est comme ça le soir et que tout va bien, si tout va bien ! j’enveloppe mon mal bleu en espérant te faire une bonne impressions dès ton retour.

je n’ai touché à rien depuis la dernière fois

il faudrait taire la sanctification

2/3

je me rappelle de tes tendres mots et à peine une vue d’ensemble, un univers, un sourire que j’emporte n’importe où ! j’assèche mes os par leur fréquentation.

nous deux s’il en est encore question, c’est aussi bête qu’une lanterne d’escalier pour rentrer chez soi, lorsque la nuit est tout à fait morte. nous en sommes là ! 

je te fais parvenir cet supplique ne sachant pas ce que tout cela signifie, tu restes par-delà ton absence mon enchantement onirique, mon frétillement !

je refuse tous tes avatars

ton cœur ou rien

je me refugiais dans un nuage imaginaire pour éviter les monstres ou sous les jupes des filles consolatrices et faciles, c’est comme se perdre pour une armoire à glace !

je courais de misère choisie sans me retourner, en dehors de leur prévisibilité et tutti quanti. je les ai libéré et elles en me congédiant quantifiaient presque tout.

je crois que si tu t’obstines ainsi, tu connaîtras le même sort, comme l’étoile du matin qui court vers sa perte, une cymbale ! et moi, j’aime les marathons.

tu es mes yeux et mon unique horizon

je me considère chanceux

3/3

les vents de la stupidité glissaient sur mon cœur, bien avant de te rencontrer. je m’ouvrais au désert qui nous apprend au mieux à nous en méfier.

j’étais parfois l’homme des situations, un peu boiteux mais flexible dans mon idée. j’allais aux rendez-vous et ne revenais que plus déconcerté. je m’arrachais !    

je vivais par paliers pour finalement saisir une solution qui émergeait de ta voix, ma languesource. je comprenais qu’il me fallait avancer et construire avec toi.

j’évoquais plus haut nos rares échanges 

je disais moins que tes incompréhensions    

je me rappelle d’une nuit passée ensemble, et de ton délicieux con ! j’ai dû le pressentir en passant dans tes jardins, mon bonheur taché du rougevéhémence.

c’est une peine atroce de se sentir abandonné, comme celles qui tombent sous terre et que je déterrerai avec mes mains, même si je n’y crois plus trop.

je me demande comment on peut conjurer le sort à l’étranger, comment aussi retrouver ton visage ? tu m’as promis qu’on irait voir un opéra italien.

ne restons plus jamais seuls

on essaiera de s’effacer

je ne saisis pas entièrement les aspects de ta personnalité, malgré tous mes efforts. les tentatives de te joindre ont échoués, perverse !

je te considérai pour morte après une certaine date limite, le sablier est retourné, est-ce qu’on se comprend ? je n’entrevois aucune autre alternative.

voici une quinzaine que tu me laisses sans nouvelle !

je ne veux dans ce cas plus jamais te revoir et ceci prendra effet le jour de la réception de l’avis recommandé. je ne suis plus certain par ailleurs ce que j’avance.

ce-n’-était-qu’-une-trêve-cela-interrompt-mon-poème.

Les squares

je suis profondément blessé, libre de vous aimer encore et blessé. il me semble que les apparences exhibés ont comme une odeur de friture sur un corps.

j’ai quelque chose d’une plante qui survit et une marre, sous peu, je serai noyé par les regrets. c’était moi en chemise blanche dans les squares de contrebande.

je me souviens d’un ciel penché sur mes vendredis, peut-être qu’ailleurs j’étais heureux. le printemps des rêves bridés s’était achevé outrageusement.

l’amour hante encore le froid de mes nuits.

j’incarne comme naît un poème au monde

une faim parmi toute que je reconnais

un destin singulier

je récolte les divins mots

des passants

je suis calme et relativement stable au seuil de l’embouchure, les nuages planent dans mon cœur, aussi lointain que les miaulements noirs où se solde le néant de mes désirs.

j’épouserai la poussière et chère est la poésie, une mollesse ! l’urbanisation à outrance kakatoésque, le siècle monte sur l’ambivalence de vos mœurs.

j’entends mon cœur battre: chou-chou… ! la nature parle une langue nocturne, comme ma ville qui verse sur moi et m’ensemence. je m’efforce surtout à ne rien gâté.

je rentre dans les nuits Tizi-Ouziennes

comme on tombe en disgrâce

l’ombre des mots

le grain d’ombre qui siffle la raison

comme on colmate les imperfections

une nuit d’été se révèle par toutes les nuits de sa Ténèbre et de l’absence, une majesté entre les planches si j’espère, douche froide ! qui peut venir m’aider ?

est-ce qu’il y a quelqu’un qui peut venir résoudre les inexorables nœuds ? les mots familiers me dissolvent, la primevère de ma langue est l’enfance.

elle fleurit ce recueil, un spectacle.

je touche du doigt quelques cimes inexplorées et défendus, sans rien consigner,- est-ce que tous les vents tombent ? je m’allonge comme dans une grotte peu profonde.

je croque une pomme.

comme une expérience de l’inaltérable goût

l’inattention répétée

Méditation, une cigarette… !

les épines du rosier te piquent, tranchantes qu’elles deviennent dégueulasse ! tu fumes entre temps, attentif à la durée de ta cigarette.

ce moment peut te sembler une éternité lorsque le doute te submerge, tu survis à des crevasses. elle crée des ponts entiers suspendus, en suspens.

un jardin où les rêves lointains te fument, rabâchés ! tu transcendes une croisière aux grès des saisons. elle a aussi son rythme, une sorte de vertige.

le sang coule

tu penses que la nature n’est pour rien

une baisse de la vue

s’en vont naître les papillons

entre les cloisons

longue est la durée de ta cigarette, tu fais semblant de fumer par crainte d’être surpris. tu poses et reposes la nuit sur tes attentes, les épaules légères.

les instantanés qui délivrent du réel, la salive mouille le filtre, elle s’offre sans retenue, tu la désir. tu la tètes comme le bouton d’un sein recouvert par un tee-shirt.  

il n’est pas nécessaire de parler lorsqu’on fume, c’est inscrire son nom sur les nuages, ô feignante saison ! les roses ont le parfum des taxis algérois. 

les tentatives d’échapper aux rails

d’oublier !

la durée peut mener loin, un interminable exil. tu aspires certainement à une reconversion, tu finiras peut-être châtrer dans un presbytère.

tu rêves encore !

il n’y a pas toujours de la lumière au bout et ce n’est que partie remise. elle s’éteint, se consume et autonome ! tu portes tous les signes d’un rénovateur.

lorsque tout s’en dort et que tu t’époumones de ta dernière cigarette, tu te racontes une petite histoire pour t’envoler, comme happer par les hauteurs.

elle te fait gagner en espace

te réconforte

au coin du ciel

je suis puni à l’éternité

de son feu

Rose & Montecristo. À Tizi-ouzou.

L’enfance du ciel

À Ghiles.

il n’y aura un jour plus un mot d’amitié, plus personne n’apportera de solution ! ce monde gagne à tous les coups. Il gagne à tous les coups.

je finirai seul et béat.

je traverse une incessante lutte dans l’anonymat, cela n’empêche plus la mort de me toiser. je reconnais son cartilage partout où je pose mes pas.

j’aime l’enfance rude des Balkans, les apatrides et les vagabonds. ils disent que les justifier, c’est aimer. je n’en peux plus de vos scènes cyniques.

je lève la parole

le chef de file d’un tandem d’enfer

une fête de la pluie

je me balade au sein des sons primitifs

la gorge dénouée

les gens se réjouissent plus de l’absence de Dieu. moi, je me remets à Lui pour qu’il les inonde de bienfaits, je me remets à Lui pour les malheurs.

je laisse m’envahir l’onde d’une terrible tristesse, comme mourir un peu à ses idéaux, comme dans un éclair sentir le tressaillement du temps incréé !

j’ai mal de ce qui reste suspendu entre nous, plus la force de me dresser contre ! les vers reconnaissent la chair tendre des bienheureux.

il suffit d’un cauchemar pour dévaster un homme

pourquoi Dieu fait la sieste !

une larme d’hyène

ils ricanent le peuple de Dieu

sur la foi de sheitan

je ne réduis pas la vie à un vulgaire calcul, la traversée serait perdu par avance ! je m’ouvre au domaine du signifiant, curieux de la tempérance de certains.

le seul crédo apparent !

je ne m’aperçois pas de l’étendue du mensonge, des subtiles détournements et de nos différences… etc. cette mascarade perpétuée depuis le premier soleil.

je n’ai plus peur des chiens dans les rues caverneuses et sombres, quoique ! j’adhère encore à tous les galimatias et je continuerai de jouer.

je sais reconnaitre les chemins gauchis

les rats mangeures d’oiseaux

un enfant sur un banc

les pigeons drus baisent

la crème au citron

À l’heure des petits chemins. Villenave d’Ornon, Gironde.

chercher des raisons aux coups que l’on reçoit, c’est méconnaître l’amour que l’on porte à son bourreau.

À porter de main

il fait son marché pour ce week-end, comme rare ceux qui savent l’exil ! déjà l’aube avec ses couleurs décimées sur le toit de quelques chenilles.

l’homme dort sur la paille d’un pays après une lecture. je serai de sa vie bouleversé, et de sa mort, j’en serai changé. il se sent ce matin fragile.

c’est de la mort dont il a le plus peur, la mort lente dans le cœur des gens et de faire souffrir avec ses vérités inopérantes. seuls les mots savent le faire trembler.

rayonnages algueux à porter de main 

cet homme n’existe pas

un corps amphibien

une assiette de melon à volonté

origine Enfance

il s’amarrait à des archipels noyés dans le spasme, un guérisseur des meurtris. les pensées noires mûrissaient et tout le poids du pêcher sur ses yeux fermés.

les cœurs s’épanchaient jadis avec une sérénade pour chaque nymphe aimée, puis tombaient les nuits pesantes et les coups de téléphone crypté.

lorsqu’il est question d’amour propre vaut mieux se taire et laisser, une grâce nouvelle vous inonde, elle est d’un amour pur et sans objet.

comme de l’amour pour l’être aimé.

l’envie pernicieuse gangrène nos vies 

les sirènes du premier mercredi du mois, pourtant !

pèlerinage nocturne

il sort à l’aube aux petites froideurs

ô le premier jour !

mon Dieu faite que le temps de la paresse et le bon positionnement des astres lui reviennent, les matins du postillon endormi… etc. il y a mieux qu’un sevrage !

cueillir tous les fruits !

mon Dieu faite qu’en ce monde on pleure les poètes vaincus… ô filles des célestes nords ! il abordait vos rivages rocheux sans crainte, son cœur creux.

mon Dieu faite qu’après la mort il se remémore les existences qui se sont croisées à la sienne, et qu’ils le fêtent ! de tristes âmes qui montent comme du pollen.

un poète poursuit les chimères

l’atelier d’un bon poète sont ses morves

l’après-midi d’un faune

le couloir de la vieillesse s’arpente

à pas de géant

Gloria Victis. Bordeaux, Place Jean Moulin.

emporte-moi sous ton aile petit moineau… je n’ai nul part où aller et je cherche à disparaître… !

Les doublures d’un poète sont ses mots

À Véronique.

il buvait et sortait tous les soirs puisque tout est voué à disparaître, c’est lespeurscœurs d’un homme qui ne pouvait oublier les morts.

seule sa mémoire hâtive nous séparait !

l’âme aussi légère qu’une sainte colombe, il avançait vers l’oncle défunt et parlait ! le ridicule d’avoir cru à son retour ne le tuait pas, il parlait.

il brûlait les pétales de roses entre ses mains.

cet homme partageait une bière avec un mort, peut-être que le diable l’entraînait et cela suffisait à son ombre. le cornu est le prétentieux des cavernes !

il mesurait sa futur place entre les tombes.

les rivières suivaient leur cours sous terre

la tombe de l’oncle !

il était en difficulté et en marge de la société, surtout farouche ! les épreuves qu’il lui fallait endurer, les femmespivots qu’il croisait se voulaient salvatrices.

il entendait souffler le vent de la nostalgie, le ciel montait de biais, le ciel quand il faisait presque nuit sentait le caramel ou quand elle enlevait ses hauts volants.

la terre les attirait l’un vers l’autre, deux aimant ! il la voyait à demi-nue par l’entrebâillement de la porte, les bas noirs qu’elle enroulait. les jambes de calcaire s’entremêlaient.

les corps ineptes

tous deux se recommençaient

une légère tachycardie

ton visage a une teneur de sel

qui ne mène pas large

je disais qu’il y avait comme le sacre du cimetière ! il était absorbé par une force étrange, les nuages rococos fécondaient la terre, tout semblait capitonner de sperme.

le soleil peu habituel à cette saison était grivois, un oiseau chantait sur la branche d’un olivier, les mouches chiaient leurs larves et s’observaient… etc. une calamité.

il voulait revoir les lésions du bonheur et tout désapprendre d’un même coup, s’étriquer le cerveau à la manière d’une laine humide et froide. c’était encore de lui.

une femme urinait derrière un arbre.

il parlait de la déchirure

du soulèvement

Luxuriance sous la lune bleue. Jardin public, Bordeaux.

Je vous regarde

un jour je serai votre prophète, un moderne, l’un de ces jours d’une insondable nuit ! je colle les murs en papiers de mains froides pleines devant.

je suis quelqu’un d’endurant, un paysagiste œuvrant pour Dieu et sa création. je me demande pourtant si je serai assez solide pour l’amour.

je ne fais plus avec la question de l’être, un funambule sur des strates. je me dilue dans mon imaginaire et la poésie d’où je ne sais rien m’est pourtant familière.

toujours dans un but

je lutte pour mon compte

une lecture de l’âme

l’ombre d’un chat me rappelle

à son écho

il fait nuit de mille et un soleil et vous me questionnez sur mon adolescence, sur l’œuvre des anges sur terre… etc. vous oubliez presque vos besoins enchaînés au ciel.

je vous dis que maintenant plus rien n’a de l’importance, je vois en vous comme un puzzle, sauf si vous aimez les puzzles ! je retiens le meilleur en chacun de nous.

nous ferons de l’amour un domaine privilégié, même si l’espace en serait réduit. nos cœurs s’accoutumeront et les anges ont leurs parts de travaux universels.

le présent passe par leur écriture

une réalité convaincue

entre nous deux

l’amour appartient à nos rêves

les plus doux

le côté mystérieux des choses ne nous dispense en rien de bien faire, nous cesserons pour de bon de nous enfermer comme dans un songe rattrapé.

les aïeuls avaient un sens démiurgique de la fête !

j’ai toujours pensé que les montagnes ont les courbes d’une femme, la flore son linceul. je freine sur les routes pour les contempler. je les caresse.

célébrons les vieux sommets !

je veux être au plus près de vous, encore plus près que le cachemire bleu que vous aimez mettre l’hiver dans la rue, comme j’aime être en vous.   

plus jamais une autre et plus de deals

vers une autre phase de la lune, peut-être !

une veillée d’écriture

votre aura déjà vous précède

jusqu’à l’aube

les phrases qui sonnent creuses comme une directive que l’on se fait à soi-même, contiennent tout l’espace de la nuit.

Il m’a dit bonne chance

à Hakim.

je suis défectueux comme la machine dans mon rêve initiatique d’il y a longtemps, le cambouis est-il un signe ou parce que justement je rêve !   

toujours à contre courant.

j’ai pris le cap inverse de ce que je pouvais entrevoir dans le champ des possibles, comme sceller ma vie à sa propre destinée, un absolu qui m’attire.

étrange de vouloir fuir.

je raconte mon expérience de la poésie, mon univers intérieur, une sorte de comète olympique ! je me trouve n’empêche terriblement doué.

un bonheur presque parfait !

je m’accepte

c’est-à-dire mort en sursis !

le cœur audible

je marche sur l’estrade du royaume

qui grince

je n’appartiens à ce monde que pour un temps, peut-être que l’on me coupera un membre. un de plus ou de moins, là ne réside pas le salut de mon âme.

pourquoi autant que poète, aussi !

j’ai déchiré le voile qui me séparait de la nette perception, sans fausses adhésions. une force tranquille que je perds parfois quand je fais crédit au doute.

tout ce que je peux penser ou dire et loin de la vérité, l’erreur est ma bannière. je suis issu d’une lignée de raté que je connais à peine.

l’amitié est sacrée qu’il faut vivre pour me comprendre

il m’est dit bonne chance !

je suis mort un matin de juillet

à Talence

sous l’ombre froide

d’un arbre vert ordinaire

embaumé par la pelouse sèche

loin du regard des hommes et des bêtes

il était 11h24, l’an 2007

la poésie est une spirale dans un cône, l’autre bout est sans fin ! très peu de gens restent indemnes et à la surface. il vaut mieux s’accrocher à sa table. 

c’est un saut sans harnais !

l’importance des choses qu’ils m’aient données d’aimer, les montagnes digérées, la vie sans fils… etc. n’étaient que le prolongement de mon être.

l’empathie libère.

je ressemble à ma voix intérieure et à une langue habitant un lieu, je tiens un inventaire de mes rêves éveillés, comme s’ils s’installaient.

l’homme subsistera

je crois qu’aujourd’hui il le doit

la migraine d’une carpe

l’ombre d’un nuage au-dessus du prophète

dominus vobiscum !

de petits riens à rien du tout, suivez mon regard et n’en faites pas une affaire personnelle… !

Ombres & Fraîcheur. Place André Meunier, Bordeaux.

Sur le départ

je ne passerais plus par-dessus ce qui me traverse et m’arrive, cela est décidé. les jours qui précédent un départ sont toujours particuliers.

je crois que tout est lieu de poésie: un nuage qui passe et s’évapore, une respiration calme et régulière, le bruit du moteur d’un motocycle… etc.  

nous sommes souvent appelés vers un ailleurs, comme répondre à l’envi d’un voyage. j’ai une pleine conscience de moi-même et de ce qui m’entoure.

c’est parfois dérisoire

puisque il y a le revenir, revenir… !

drapé d’un souvenir

le cœur abrite les recueillements

du crépuscule

il doit se trouver d’autres climats chaleureux et clément, comme le coin d’une rue où on peut facilement rencontrer la femme de sa vie ou Dieu.

je fréquentais des femmes sages et puissantes, comme une locomotive des années dix. il y a ceux qui poursuivent les femmes et les automobiles !

elles faisaient confiance à leurs intuitions, à leurs capacités physiques… etc. elles avaient les moyens de renverser le monde, surtout le mien !

je ne sors pas ce soir

je contemple l’orage depuis la fenêtre

un train passe

le mirage d’un éléphant rose s’intercale

entre les railles

c’est joli la pluie qui tombe du ciel un soir d’été, et moi, je vais finir seul… ! les feuilles d’herbes me recouvrent tout entier, et moi, je vais finir seul… !

parce que je parle d’amour.

je ne devrais plus tendre mon cœur à qui ne veut prendre, un pigeon à cet instant roucoule, est-ce seulement le présent ? l’accueillir dans mon tourment.

le plus terrible est combien la chose me semble facile, une vision oraculaire ! alors qu’il n’y a aucun endroit propice à l’émergence d’une étoile nouvelle.

seul et déprimé dans mon petit appartement

je repense à l’oasis de l’étalage

un ciel d’été

les chants de prières consolent

prière !

je me suis toujours invité à peaufiner, mais ailleurs… !

Rappel sans serments

la mort se résume dans certaines régions du globe par un échec personnel et cuisant, dans d’autres par un aboutissement. la mienne sera une célébration !  

un fort moment de solitude.

j’ai cessé de pleurer celle des poètes qui m’a toujours attristé plus que quiconque. ils savent englober le tout, même dans l’inachevé, le bancal… etc.

le but de tout à chacun à vrai dire est de finir, ce qui n’exclut pas nos oscillations ! je pense à l’ultime fin tant de fois souhaité et je fais patience.

la mort tend vers l’éternité  

comme une tête pleine posée sur un oreiller

la chaleur des blancs

ils frottent l’extase du poème

à la réalité

nous sommes cependant de passage, des êtres en devenir pour encore autre, débarrasser sans doute du poids de la chair et plus sensible en profondeur.

ces états ne sont qu’une métamorphose perpétuelle, semblable à une vague qui frappe inlassablement les mêmes rivages rocheux, hypnotiques.

je ne raconte rien que les innés intuitions chez l’humain, mais ce que j’ignore le plus est qui je suis ? à part quand je me mens.

le pire de tous les mensonges !

je brosse un portrait au fils des pages

je reviendrai parmi les lyres et le tabou

en dessous de tout

la couleur du ciel est jaune

comme un bendir

je repose un regard bien veillant sur l’erratique passé, est-ce encore moi ? je me suis situé à la frontière de ce qui m’entoure que trop tard et dans le retrait.

les hommes hantés par l’idée de la mort conçoivent l’existence comme un moulin sous les intempéries, il n’y a aucun remède et aucun réconfort qu’ils n’envisagent pas.

la cité les a perdu.

la terre indistincte qui est grande et vaste pour les âmes charitables, je dois essayer de les reconnaître, de les approcher… etc. en demeurant.

l’altruisme m’est désintéressé.

est-ce que j’accepte le doute effroyable et glacial ?

est-ce que nous sommes des êtres sacrés ? 

au jardin d’éden

les poètes sont glorifiés

qu’Allah soit loué !

je suis arrivé à un stade où je me demande si la mort en poésie, est elle-même une solution poétique !

Le quai des jours

À Lionel.

du quai des jours mon navire s’éloignait, mes hélices du drame… ! j’avais le crâne fêlé, la coque abritait un sans nom où le fil de la sonde se rompait.

je glanais les réponses de l’enfance du ciel et de mes voltiges. je ne tenais pas rigueur à l’adversité et j’exécrais les idées fixes et habituelles.

comment faire bonne figure ?

le vieux soleil se brisait sur mes os de nacre, je suivais sa régénérescence, une traversée sans rives… etc. je croquais à tous les bouts de femmes.

je vivais la bohème et rien devant

les vents givrés fouettaient la table de mes anches

les nuages rouges

une fin du jour pas réel

sous les dérives

je marchais sur les routes vallonnées à la recherche d’une trace tangible de sa Magnificence. je ne ressentais aucune peur, l’élu de mon cœur étant endormi.

j’espérais vivre d’air et de l’eau des sources.

les mots qu’Il m’inspirait, je les scandais à mes sœurs et à mes frères de croisade en retour, si ce n’est de l’univers tout entier à moi-même.

je poétisais mes rêves comme un usurier, un chameau qui mâche des rêves…etc. je restais à l’ombre des nuits à me lire et j’aimais cette lumière plus que tout.

les éclairs m’éclaboussaient sans gouverne

toutes les voies menaient vers Lui  

les saisons d’ailleurs

une relecture de la neige des mots

jusqu’aux soirs bleus

il me restait quelques-unes à déshabiller et conclure par une révérence, mais ma main légère palpait le noir carnet qui se trouvait dans mes poches.

je croyais que la vie aspirait à la beauté du cœur et à l’amour, que c’était du moins une fête, alors que les frères minaudaient avec le Très Haut.

je me souvenais de la rive des morts qui scindent, j’échappais par là même à la pénitence ! j’étais déséquilibré après tout de vivre mes floraisons.

de la finitude des mots

les étoiles naissaient d’une infinie tendresse

le réel dément

lorsqu’on s’applique en dehors

des cœurs

Loin du dire et si près de mes pas. Ancizan, Les Hautes-Pyrénées.

vous revoir, c’est me voir… et subir votre châtiment !

En rade

c’est dans cette mairie que nos chemins se sont croisés et plus rien depuis n’a été pareil pour moi, plus le même ! je ne sais au fond faire que ça.

je nous revois encore comme au premier jour, un peu maladroits, nous attendions l’enjouement des colombes. j’avais un peu de boue entre les dents.

c’est devant cette même mairie que je repasse aujourd’hui, mes yeux tapent sur la bannière et les pierres. c’est le grand wallou… un inutile débarrât !

le retour des beaux matins me fait ceci ou cela

je suis rasséréné

une joyeuse journée

ton image d’épinal ne quitte plus

mes pensées

une femme derrière une vitrine essaie une robe blanche, elle a l’air d’une poupée de plomb ! nous n’avons pas eu cette chance, dommage !

je rêve que l’on se croise au hasard des rues, tu me prendrais enfin dans tes bras. on s’embraserait comme ces deux pigeons qui roucoulent sur une terrasse.

tu chasserais mes craintes avec l’un de tes sourires confiants, alors il n’y aura plus de doute sur notre union et que tu restes belle éternellement.

nous reviendrons au temps des légendes qui se construisent

ils reviendront nos jours à deux

un bol d’air

il pleut longtemps sous les acacias

après l’averse

je ne pensais jamais te perdre, peut-être à la limite dans une stupide mort, mais cela est moins douloureux que de te perdre dans ce monde.

je reviens sur ta ville comme un enfant, elle me parait droite et distante, aussi lointaine que Tombouctou, cela est pareil, une ville que je n’ai jamais visitée.

je me perds devant ton portrait, c’est une autre que je vois, ce n’est plus le même mystère. je vois des yeux qui expriment l’épouvante et cela m’indiffère.

je ne sais rien du destin d’un homme

au-delà s’est compliqué

Feutré, ton spectre. Bordeaux.

tu as toujours su tenir le bon côté de la rive, observer une bonne posture devant un objectif, devant la vie. jamais entre, mais sur le ferme.

Les moments qui me réquisitionnent

À Oussama.

une passion que j’ai enterrée à l’âge de 21 ans, elle aurait pu s’achever cinq ans plus tôt, la vie en a décidé autrement. c’était pour une fin plus que salvateur.

je ne pouvais m’accommoder avec une conscience surannée, mes jeunes aspirations ne trouvaient écho que dans mon miroir interne.

une causalité dans presque tout.

je faisais l’impasse sur certaines parties peu reluisantes de mon histoire, comme il y a un terminus pour chaque trajet, – à quand est le mien de départ ?

je vivais de contradictions

j’ai survécu à celles-ci

un nuage d’argile

les cliquetis du téléphone rouge

j’attends la tonalité

j’étais avec une fille comme tous les moments forts de ma vie, l’évocation de cette simple idée m’attriste. je me demande où en est son niveau au piano.

j’étais tout le temps dans une peur noire en sa compagnie, une plasticienne qui me parlait, fichtre ! je m’estimais néanmoins le favoris de son île bleue.

l’esprit vaqué et flou.

je n’étais qu’à moitié désolé de notre séparation, les morves jaunes écumantes sous d’autres soleils m’appelaient, et ainsi coucher mes idées sur le papier.

renouer avec moi-même.

je cherchais une souffrance illimitée

le ciel ou le pardon des cités

l’aube des mélancolies

une voix d’opéra me repêche

de la Ténèbre

j’ai failli perdre la vie un jour d’octobre, il faisait un rêve-météore ! j’étais un jeune poète sans œuvre qui n’avait rien d’une étoile du rock.

un pli de poussière qu’il faudrait prendre.

je croyais aux écrivains et leurs livres, l’essence des choses leur étaient égal, sans parler de la fichue guerre qu’ils ont lancé contre les hommes et Dieu.

la mort ne vient jamais lorsqu’on l’attend, comme souvent trop tard ! elle parvient à nous préoccuper ou l’inverse. elle peut être aussi le combustible.

le printemps aurait fait un cadre idyllique.

comme les chutes d’une chanson

au diapason d’un réel

jusqu’à la nuit des temps

la terminaison de l’oncle qui offre

le noir soleil

je ne sais plus où je vais… savoir d’où je viens est une page de réclamation !

Mais tout peut changer

on avait quelque chose d’héroïque lorsqu’on revenait d’Alger, aujourd’hui… nom de dieu ! quel aujourd’hui, l’uniformisation ? je déplore mon pays de poésie.

je n’étais pas fait pour la compétition, les rivalités m’insupportent, allé toujours plus haut et plus fort, c’est bien foutu pour du bétail ou à la télévision.

l’eau leurre plus d’uns.

les visages défaits que l’on entrevoit en nous-même pour retrouver une dignité flambant neuf, et leur souk, et leur stuc… blanc évaporé ! Arrière ! Arrière ! 

si peu de choses me nourrissent

beaucoup me dévorent

un spectacle d’ombres

l’eau coule sur les murs

des arènes

j’exècre cette culture et en général vos ensembles ne tiennent pas la route, je garde seulement le bon souvenir des jeunes filles en maillot de bain.

l’une d’entre elles prenait des trains dans mon malheureux cerveau : on te chérira ! on t’oubliera ! un tas d’autres mots comme les trains qui se croisent.

j’ai traîné ma douleur de saison en saison, Ursula à moi-même. je n’avais pas assez de ressource pour franchir le pas: IL NOUS FAUT VIVRE AVEC LE DÉGOÛT !

elle brûlait d’envie pour une cigarette

elle bougeait

quatre heures trente

enveloppé du silence de la nuit

tu reposes

les états d’esprit dans le sport sont drôles, je cherchais simplement quelqu’un à abattre et finir dans un bloc terminal, puisqu’elle rejoint l’une des fins souhaitées.

les commissariats ne sont que des verrières avec des registres, le bon flic et le mauvais. il y aurai bien sûr des commissures attendrissantes.

faites attention, le crime vous guette !

à quoi on reconnaît une prairie d’une autre, un homme bon d’un sage, une nouvelle d’un roman… etc. quand tout se vaut dans le grand songe ?

peut-être que demain le soleil se lèvera

demain sera le lieu

les couloirs sombres

le récit peut attendre l’aube

d’un dernier baiser

dès que l’on parle d’une pierre, on pense précieuse… sauf pour le néophyte !

Songe à cet ange noir

c’était pendant une fête et il y avait une certaine hésitation dans les attitudes, une bouteille d’alcool lancé contre le mur, mais d’une colère mémorable.

une blanche colère !

j’observais le plafonnier jauni et l’idée d’une pendaison, comme une offrande ! on perd de nos jours le sens du sacrifice et de tout équilibre.

la soirée bâtait le plein de mondanités.

c’étaient les vagues noires perpétuelles que l’on rencontre savamment, le creux de la vague froide à perte de vue. des idiots à perte de vue !

sur un présentoir les femmes d’intérieur

un mélange de la nuit et des cauchemars

vents troubles

les cuivres viennent jouir ici

et chez les voisins

une fille anéantissait tous mes rêves, toutes mes peurs ! elle démolissait tout mon dépotoir de bonheur possible. il n’y avait qu’à se réjouir de ce spectacle.

j’appréhendais les forces de l’univers, je croyais au nomade serpentaire. je tenais après tout à mes illusions en concevant ainsi mon autre moitié.

la vie avec certaines ne m’offrait aucun choix, j’étais le mouton à tête noire. ils me rendaient la vie dure que pour mieux m’asseoir dessus.

et si son cœur contenait moins de rancœur, quidam !

pour elle, mes yeux étaient éteints

pourtant offerts

un idéal nocturne  

les mots glissent dans le puits

du cœur

la musique était du free-jazz, les notes inauguraient l’espace. j’inventais des mots pour chaque physionomie et c’était bien. j’aimais Le Caravage.

ceux qui partageaient nos joies.

je fessais ce rêve dans le brouillard des cieux, aussi récurrent qu’une pendule. je me voyais danser à un mariage qui n’était pas le mien.

un toréador furibond et joyeux.

reviens et prends-moi la main une dernière fois, mon cœur. nous survolerons les montagnes blanches des Aurès, nous nous pâmerons dans les lits de coton en s’aimant.

une nouvelle histoire à se raconter

peut-être la dernière !

une tendance épineuse

il t’en faut de plus belle pour renaître

à la musique

La palmeraie

les mauvaises nouvelles parcourent des univers, comme nos rivières qui sont taries. les chemins sont balisés autour de l’ordinaire douillet.

tu as passé l’orangerie au crible de tes doutes et déductions, tu ne vois qu’un homme de boue et les bienfaits de son Dieu qui déclinent

tu vois aussi un couple à la verticale avec une écharpe autour des cous, peut-être des pendus, ce sont-ils noyés sur la dune ?

un homme debout sur sa colonne

il tronque ses vicissitudes contre un stylo

un costume noir

la vie est une bavure irrésolue

à quand la masse

nous pleurons que les anges et ce n’est que de la chair à canon sous couvert d’un jeune dieu. ils ne pleurent plus, comme une dernière révolution, une insipide !

ce n’est pas comme s’ils savaient se cacher, mais très peu s’offrent ! il aimait rougir ses seins, elle ne jurait que par sa queue pendante.

ce n’était pas fait pour durer.

ils cherchaient peut-être le lieu où naîtrait la formule, sans avoir lu Rimbaud ! ceux qui goûtent à l’étude des jours valent les exégèses et leurs interprétations.

les vents sifflent entre les corps inertes

les vents se brisent

se recueillir en silence

les blanches bougies recouvrent le sol

imbibé de sang

ils s’en allèrent au coucher du soleil la main dans la main, comme un couple ! ils avaient le ciel de la terre sur les yeux et une mouvance qu’il faudrait taire.

le sable est en perpétuelle mouvement dans l’incroyable désert, beaucoup de choses bougent. le voisinage n’a recours qu’à sa nature parlante en boucle.

quelque part en place deux amants se sont donné rendez-vous… ! ils avaient la foi en une entité élevée, ils n’auraient autrement envisagé que l’écorce.

on ne meurt jamais qu’à nous-mêmes

la dîme des êtres purs

une aube d’été

l’homme pardonne à la nuit

de ses revers

Divagations sous un ciel enrhumé

À Célia.

je ne suis plus ce soir à l’hôtel d’humeur à la Traviata, il me parvient par la fenêtre le bruit d’une ville blanche, la fenêtre solitaire d’un nomade urbain.

il pleut.

la lune rouge ne devrait plus tarder, la nuit s’est ouverte ! j’ai une vue sur les toits en contrebas et les trams qui rament et passent, les passants neutres et propres.

je glisse sur ma souffrance quotidienne qui efface les contours.

je me souviens des filles aux joues pimpantes qui jouaient à la marelle les jours de fête, comme cette fille que j’ai connu bien plus tard dans mon adolescence.

elles ne répondaient jamais à nos appels !

avec toutes les particularités d’une enfante qui joue à la marelle

comme une potentielle pieuvre à marins !

une passerelle lointaine

l’homme éventre le brouillard

une menthe à la main

je me souviens de ses cheveux parfumés et de la gomme, beaucoup de gommes ! on pensera aussi à l’écolier et à sa découverte du scotche subliminal.

elle me disait des phrases comme : je suis heureuse que les nuages se soient dissiper. ou bien encore : je n’ai pas très envie de jouer avec toi.

je suis le môme qui pédale avec convulsion.

j’avais en mémoire un dictionnaire anatomique, un schéma de gamme astrale, 2 tickets pour voir le titanic… etc. c’était de l’amour, une sorte de RAÏ.

je ne jamais su parler de ces choses-là.

de vieilles questions en substitution 

de vieilles bouscules en lévitation

un parfum d’amour

j’entérine l’âge de la méfiance

une fêlure sur la joue

j’aimerais être moi-même en lévitation, perdre cette pesanteur que l’on partage avec le commun. il n’y a pas si longtemps, j’ai pris une traversière.

c’était bien !

sur le bureau de la chambre face à la fenêtre grande ouverte, j’ai un livre d’Haruki Murakami, la putréfaction des êtres sensibles est une bénédiction !

et si je prenais une phrase au hasard: cela ne te fait rien de rester encore un peu avec moi, même si ce n’est pas très drôle ici ? cela est d’une mesure.

je relève l’esprit des choses en France.

la lune épouse les reflets d’un fleuve de boue

l’aube dépêche ses chevaux de course

les amours en texto

deux trains traversent le même cœur

des ruines

quand tout semble arrêté, comme figé dans une autre dimension, seulement là commence l’expérience du poème… !

Parcours d’un nageur délicat

on m’avait mis en garde contre les marocaines aux cheveux longs et épais, en garde aussi contre les tunisiennes aux doigts fins. je nivelais rasséréné vers le haut.

je n’avais pourtant rien d’un enfant.

c’était des consignes en général sur tout le fatras de ce qui n’est pas de chez nous, il ne semblait pas bon pour nous encourager, – les voies du succès sont impénétrables !

la vigilance des superstitieux !

ce n’était pas aller à l’encontre du mektoub, mais éviter les énergies négatives au maximum. c’était comme cela aussi la compétition, voila ce qu’on se disait !  

elles restaient nos adversaires dans les couloirs, mon ami !

elles chantaient les conquêtes de nos aïeules

quelque part déchu

l’effervescence provoque le tintamarre

des sifflets

il ne fallait pas avoir d’embrassade ni de massage corporel ou autres, et surtout ne pas passer la nuit fi rahba. les précautions avaient bon publique.

absurde comme pas deux !

je m’apprivoisais à l’air d’ailleurs qui était aphrodisiaque, lors de nos rencontres internationales où naissait en moi la fibre de la désobéissance.

les paysages nouveaux me stimulaient.

je me jetais dans les bras de sirènes aux charmes médiévaux, une médaille chère à mon cœur de soufre plus que n’importe quel trophée.

je raflais pourtant quelques-uns !

j’étais flanqué de lassitude et de purs plaisirs

à la recherche d’adrénaline

une brève nuit de noce

sur le cœur trois confettis

aux pastels sucrés

le couperet de mon carma ne se fessait pas attendre, les ennuis me tombaient dessus comme la grêle et jusqu’à une période récente, je n’arrivais pas à me l’expliquer.

je ratais les saisons successivement et partout sur mon corps apparaissaient des furoncles à sommet putrescent, comme les petits volcans sibériens.

j’étais sujet au fouet de la médisance et aux moqueries de mes voisins, je réalisais que la course à la performance n’est pas faite pour mes rêves délurés.

elles me laissaient leur poison dans les veines

en plus du souvenir d’elles

une saison des hirondelles

j’effleure les mots d’une femme

qui aime ailleurs

il semblerait que pour beaucoup la vie reste indéchiffrable, mais est-ce que cela fait de moi un réactionnaire si je m’exprime ainsi ?

Séquences

je me souviens d’une fille, c’était peut-être déjà une femme, mais les relatifs ne sont pas très importants. je revenais d’un séjour au pays.

c’était en 2006.

elle s’appelait… ! ce dont je me souviens ce sont ses études en école d’infirmière. elle était bien trop jolie pour moi, bien à vrai dire sous tous rapports.

elle était assise au comptoir d’un bar anglais quelconque sur les hauteurs de la ville, un paradoxe que je croyais maîtrisé. c’est comme cela qu’on s’est parlé.

elle aimait le charme qu’opérait la musique

la couronne des anges ornait ses yeux

une baigneuse aux longs orteils

arrosé d’une pluie d’été

fou d’elle

j’ai avancé quelques verres et après une danse désinhibée, je me disais qu’elle était à moi. on s’était liée d’amitié et sans me faire prier je l’ai raccompagné.

alors qu’un autre soir on écoutait la radio, elle sortait du lit d’un bond, nue comme Ève sur le parquet et se dirigeait plusieurs fois vers sa bibliothèque.

la pièce était immense avec un haut plafond, j’ai remarqué ses longues… très longues jambes ! je pourrais refaire la calligraphie de son corps.

on aurait dit des ciseaux d’atelier.

j’ai vu de biais son duvet pubien à petits motifs bleu clair

quelque chose d’engageant et ronfleur

une nuit sur le fleuve

les mouettes rejouent les constellations

des enfants qui mentent

elle dénichait des livres comme dans une foire et elle avait quelque chose de furieux dans les yeux. je baissais les miens pour mieux admirer sa beauté.

je voulais une explication à son attitude, elle réitérait sa demande: tu lis, c’est tout ! je découvre comme une épitaphe le mot Salaud sur la couverture.

le reste du titre était caché avec ses doigts.

le second titre était Baise-moi d’une certaine Virginie Despentes, je me répétais ce nom le lendemain en partant. je ne lisais à cette période que les ordonnances.

je vois le film de Godard dix ans plus tard

les choses évidement sont compliqués

l’effet d’une claque

un rêve de Cassandre s’effondre

en mille odes

Les muses me parlent parfois

les muses me parlent parfois des petits riens de nos quotidiens

les muses me parlent parfois de la nourriture de nos esprits

les muses me parlent parfois de nos valeurs sûres

les muses me parlent parfois de l’invraisemblable de nos erreurs

les muses me parlent parfois de la beauté de nos âmes       

les muses me parlent parfois de l’endroit et de l’envers    

les muses me parlent parfois du commerce de nos corps       

les muses me parlent parfois de la justesse de nos choix

les muses me parlent parfois de la musique de nos cœurs

les muses me parlent parfois de l’improbable de nos vies  

les muses me parlent parfois du désir et du feu

les muses me parlent parfois du manque à nos principes

les muses me parlent parfois du délire sans échos   

les muses me parlent parfois de la raison de nos êtres      

les muses me parlent parfois du souffle de nos créations  

les muses me parlent parfois des états de grâce dans nos poésies

les muses me parlent parfois de l’anonymat dans nos villes

les muses me parlent parfois de la liberté de nos paroles et même à mal

les muses me parlent parfois de la danse de nos mots

les muses me parlent parfois de la sexualité dans nos rapports    

les muses me parlent parfois du rêve de nos amours

les muses me parlent parfois du mensonge de nos réalités

les muses me parlent parfois de la mort de nos proches

les muses me parlent parfois du doute dans nos vérités

les muses me parlent parfois de littérature et de nos miroirs

les muses me parlent parfois d’humour dans nos meilleurs et pires moments

les muses me parlent parfois de l’aventure de nos idées

les muses me parlent parfois de la souffrance dans nos solitudes

les muses me parlent parfois d’elles       

les muses me parlent parfois de la Taouba

( plus souvent que l’on ne croit ! ).

Il était une fois Face-Recueil

il était une fois lorsque j’aimais la poésie qui me faisait de l’ombre  

il était une fois lorsque j’aimais ma vie

il était une fois lorsque j’aimais la vie des autres et rien de ce qu’ils pourraient faire ne me ferait admettre que nous sommes différents

il était une fois lorsque j’aimais les Antilles même si je ne connaitrais jamais

il était une fois lorsque j’aimais les acrobates du cirque est-ce que j’allais à un cirque ?

il était une fois lorsque j’aimais ta peau tes cheveux violets ton cul, etc. le sort était cruel pour nous deux et rien n’était aussi beau

il était une fois lorsque j’aimais le ciel et les nuages les trains de nuit et mes trottinettes en fait elles étaient à un ami

il était une fois lorsque j’aimais l’eau et le feu des remparts je buvais beaucoup d’eau et je ne craignais pas l’enfer puisqu’il n’existait que chez les croyants

il était une fois lorsque j’aimais le noir et le blanc je faisais toujours semblant devant un objectif semblant d’aller mieux 

il était une fois lorsque j’aimais les gravas dans les jardins ils finissaient prisonniers de mes chaussures affamés et les lacets se tordaient de rires

il était une fois lorsque j’aimais le rouge de l’aurore c’était tellement inscrit en moi les aurores que j’ouvrais mes yeux comme une boite blanche

il était une fois lorsque j’aimais les accords dans le désaccord qu’il ne restait au fond que moi qui bleuisait

il était une fois lorsque j’aimais la nouvelle vague elle traversait tous les siècles les pays les genres

il était une fois lorsque j’aimais le temps consacré aux amours et puis le silence coinçait comme le chien d’un revolver

il était une fois lorsque j’aimais le jazz je feuilletais un livre qui relatait toute son histoire sinon comment saisir quelque chose d’aussi libre ?

il était une fois lorsque j’aimais la mousse des vagues dans la peinture comment franchir le palier d’une galerie un atelier, etc. surtout pour un flâneur ?

il était une fois lorsque j’aimais une grenadine glacé les après-midi d’été l’été et le sucre ne m’inspiraient pas confiance

il était une fois lorsque j’aimais le tabac brun comme l’ours brun je devrais dire fan et il n’y avait pas le choix

il était une fois lorsque j’aimais les ombres chinoises je fermais les yeux sur le parfum des fleurs et je me faisais mon propre théâtre

il était une fois lorsque j’aimais les Biker même s’ils puaient la bière et la pisse même leurs livres   

il était une fois lorsque j’aimais les âmes grises elles étaient écorchées sans manœuvre à vif combien étions-nous ?

il était une fois lorsque j’aimais les mystères sacrés et qu’ils résistaient

il était une fois lorsque j’aimais les miracles les oracles les divinations, etc. je me baignais dans un verre de lait et il n’y avait pas autour les mouches

il était une fois lorsque j’aimais les filles non plus celles qui refusaient une offrande ou des chatouilles et de croiser nos jambes

il était une fois lorsque j’aimais les plantes et les animaux j’asphyxiais par contre les insectes et je dansais avec les précédant

il était une fois lorsque j’aimais les tuniques et les sabres autant dire le sexe et le sang les histoires explicites dans les films ne m’intéressaient pas

il était une fois lorsque j’aimais les fêtes galantes de Verlaine je m’y introduisais comme un homme qui n’aimait pas laver la vaisselle à l’eau chaude

il était une fois lorsque j’aimais les contes pour enfant ils raillaient mon entrer dans le bleu ils continueront de rire puisque j’y campe à jamais

il était une fois lorsque j’aimais la prière je ne savais pas comment et pourquoi prier jusqu’au jour où je comprenais que personne ne savait

il était une fois lorsque j’aimais les mots doux et cléments comme entre les mots Miséricorde Divine et Blasphémateur Ostentatoire

il était une fois lorsque j’aimais les appareilles connectés et rien chez moi n’était synchronisé

il était une fois lorsque j’aimais les choses singulières les petits hics, les bizarreries d’une existence tout ce qui fondait sous ma dent qui aimait mordre

il était une fois lorsque j’aimais les battements de mon cœur qui ne m’angoissait jamais est-ce que je sentirais le tien ?

il était une fois lorsque j’aimais les bicyclettes je solutionnais plutôt avec la marche comme je préférais ne jamais en parler

il était une fois lorsque j’aimais lire et dormir bien après

il était une fois lorsque j’aimais faire l’amour et écrire juste après

Couleurs

la liste de mes courses de ce matin, non exhaustif : deux pulls de chez Emmaüs, trois cendriers, un tirage loto, une baguette de pain, du thon à la tomate… etc.

j’emménage dans un meublé.

les rues bordelaises copulent aux dépends des passants, les boxeuses irréelles qui les traversent ne sont que de modernes minerves qui travaillent au corps.

je reste serein des yeux.

il y a les d’abord d’un enfant céleste et une fille, un visage surtout maintes fois calepinés d’où émane des voix sourdes à l’entendement. cela est écrit.

des feuilles que je brûle depuis.

je me démène avec l’impression du premier arrivé

je me désencombre de mon incurabilité

un matin d’offert

le vent qui s’engouffre est le prélude

d’une rencontre

une hiérarchie subliminale des filles: il y a les filles anges, très rares à rencontrer, discrètes qu’elles rasent les murs, aussi précieuses qu’un furtif !

elles ne s’inventent plus de tares.

il y a les filles sympas que je vous conseille d’éviter à n’importe quel prix, elles surfent sur l’ambiguïté ! parmi toutes les autres bien sûr, bêtes et gourmandes.

elles avoisinent les couleurs !

Ève est une exception qui m’a illuminée, je ne sais rien d’elle, et à la limite, je ne veux rien savoir. je la vois pourtant s’éloigner avec son secret sur les bras.

comme un projectile !

un amoureux fou est la multitude

le souffle de l’extravagant Ganymède

les jambes de cristal

elle est promise aux matins

qui se touchent

je vois encore sa nuque et ses cheveux, j’entends le bruit faible de ses pas, je vois son dos rétrécir… ! je sens le besoin de rétrécir aussi, net et propre, sans grain.

elle est d’une grâce incarnée.

je sauve ce qui me reste de l’attitude de l’un des derniers romantiques, en me retournant sans elle. je déchiffre à peine mes premières impressions qu’il faut déjà rentrer.

je porte mes provisions jusqu’à l’intimité d’un placard.

je voulais tamiser sa lumière et courir dedans, goûter à sa chair… ! mes yeux hors de leur orbite, comme il y a parfois du bleu dans une chambre sombre.

les trappes du cœur avoisinent l’isolement

comme tel me sont décrétées les choses

à l’aube du soir

je laisse fondre le pain

dans ma bouche

soixante dix-neuf euros en poche… je tiendrais jusqu’au 24 !

Le rêve de la commune

À Anne.

je contais à un ami mon rêve de la nuit passée, mais d’une tristesse, oh mon Dieu ! d’une tristesse… ! la sophia des jours nous apprenait au mieux à les écouter.

était-il un non-savoir ?

une désillusion s’abattait en ce jour de fête sur ma grande famille, comme la ciguë qu’il faudrait boire dès à présent. les pantins derrières une vitrine quémandaient !

une attention, une sélection, une élection… !

les voix rassemblées disaient que le pays allait bien et qu’il y avait beaucoup de richesses, l’or coulerait des naseaux. le monde aspirait à crésus dans des palais de jasmin.

les cartes se brouillaient.

je n’envisageais aucun effort de changement

les derniers remparts d’el horma

un cageot à la claire bougie

les jeunes du quartier rêvent dominos

avec leurs mains

j’avançais entre les colonnes en dormant comme un escargot avachi, une morve dégoulinait sur le bulletin bleu tenu nerveusement avec mes deux mains.

je répétais ce geste cent fois dans ma loge boisée en coulisses, – mais que pourrais-je faire ? sachant que je n’avais plus le droit aux questions depuis l’enfance. l’indépendance nous bridait.

je n’aimais plus les jours clairs et ma préférence allait naturellement aux jeunes sœurs dans les bains, mes revendications en ceux-ci étaient simples, diamantaires.

il n’y avait personne pour répondre du sort commun

elles étaient plutôt rasoir

miaulement d’un chat

une mystérieuse collecte des ordures

dans la ville qui pue

nos chers gouverneurs les messieurs présidents des terres démocratiques levaient tous la main, sauf un. ils criaient: nous sommes tous à cheval sur le detritus ! comment verdirait mon cœur avec la roche ?

je vivais une douce terreur en poète ma propre différence,- no mentior ! me lançait la dernière voix qui chantait. un éclair qui provoquait une hésitation dans mon esprit.

et si je recommençais à perdre mon latin étoffé de quelques mots, je lui confiais que je reviendrai à la terre et plongerai mes racines frêles dans celle-ci.

ding dong – ding dong !

la lune était rouge

avancez vers l’arrière plus que jamais !

Une compagne

je ne veux être une modeste image d’un homme du soir.

celle qui m’accompagne ne porte aucun nom, c’est une fille imaginaire, une pure fiction. elle creuse dans mon cœur des sillons.

je la débusque à travers les aléas de l’exil.

elle a l’habitude de rassembler la fleur de sel et une huile de phosphore éblouissante. elle pratique aussi le meurtre à l’aide d’un unique poison, son cœur.

elle est du Sahel.

lorsqu’elle veut embrasser le désert de ses ailes, elle articule des mots purs qui le sellent magiquement et me resteront à jamais incompréhensibles.

je lui livre mes pulsions réprouvés

je l’invoque

les saisons défilent

les rougeurs d’une passagère adorée

qui s’ingénie

nous avons consacré beaucoup de temps pour nos retrouvailles, comme certains le distinguent, nous on se comprend. elle aime les compotes de pommes.

on s’est construit avec nos plumes un lit pour l’hiver, puisqu’il était temps. elle était la vilaine fille des trottoirs mouillés qui accostent.

une couche où les vents se déchainent.

je n’avais auparavant jamais manifesté une disponibilité en amour, le poème était l’épouse délaissée. je fascinais plutôt comme un objet de convoitise.

le vaincu, les devantures… !

elle est l’étrangère de toutes les routes

elle est l’autre dévoyée

lune croissante

entre les quarts d’heure de silence

je m’en câlice !

cette madone est d’or que j’oublie les jours de parade de la fanfare, elle est au fait de mon insondable gouffre. je n’ai aucune posture qui tienne.

il y a de quoi ne pas être: futé… pas très ! ce sont ses mots, mais vivre des expériences non-verbales, voilà un charme ancestral ! une ligne d’inconduite soutenue.

je suis infiniment épris de cette entité des rivières et des cols, comme un arrimage total au sublime. les soirs ordinaires, nous lisons blottis l’un contre l’autre.

elle me rejoint chérir nos enfants, parfois

je prétends qu’elle m’aime

le show continue

premier rendez-vous manqué

entre les collines

je me figure cette folie qu’après-coup… de celles qui ne peuvent toujours pas les battre !

Du sel de cuisine sur une plaie

le rêve étrange de la nuit passée où tu mets apparu… tu versais de longs sanglots ! je pleurais aussi cette énième déchirure. je cédais à l’envers de mes enclos.

tu étais du granite dans les proches rues et la mousse poussait sur tes épaules, une déesse aux inquiétants secrets. il m’était impossible de t’approcher.

nous faut-il brûler les morts sur le bûcher des souvenirs, – nonobstant ? à l’inverse de nos cœurs flottants, tu ne reconnaissais aucune pesanteur, indifférente.

les petits riens dans un grand rien du tout

les chamboulements qui freignent

une liane de lancé

j’espère que la chute est réciproque

à l’avant de ce cri

je me demandais qui d’autre à part moi pour exécuter les sentences, mes guillotines sanglantes de tes larmes. tu cachais à ma vue tes tristes yeux.

pardonne-moi, plus forte je te rêvais.

je repense à tout ce temps passer à tes côtés et réellement sans toi, les non dits m’accrochaient aux noirs nuages. je renonçais depuis à toute tentative d’identité.

je retrouve mes vieilles obsessions dans celle du Vulcain, c’est-à-dire vivre un jour et mourir, doucement ! comme voltige un papillon au cœur de l’automne.

les paroles perdaient de leur naturel

les corps se pourfendaient

une petite ivresse

les murmures se poursuivent

en poussière d’étoiles

je me souviens d’une nuit comme celle d’hier, nous étions séparés et sous le même toit. il n’y a qu’un esprit torturé pour admettre pareille situation.

le glissement des sentiments.

je veux rendre à travers ces lignes justice à ta décision, rien cependant de mémorable. elle m’a fait tomber dans la folle aventure poétique.

puisque je suis ton éternel obligé.

j’essaie encore de tisser des liens quoique fragiles, comme ce billet qui ne te parviendra peut-être jamais. c’est une autre torture tout aussi raffinée.

je le déroule sous mes yeux.

je me pagne l’âme d’un moins-que-rien

je me déguise

jusqu’à la pointe du jour

l’amiral mire sur le Bosphore

les yeux troubles

Le bain. Centre ville, Bordeaux.

ce n’était qu’un rêve parmi d’autres nuits insoutenables… mais comment retrouver la paix du sommeil avec de si mauvais présages ?

Zut !

À Hamid.

je poursuis comme un homme déjà bien entamé et sous lequel tout tremble et faibli. on m’appelle l’ancien dans le quartier, mes familiers sont un vestige.

je me dis que les anciens eux aussi seront perdus !

la mort est une rature et mes pas mesurés ne sont que les pas d’un pantin. j’espère toutefois le parfum d’ombre de la feuillée et les moulures au ciel.

je joue des airs d’exiler avec ma flûte du maquis, des grivoiseries de berger… etc. la voix que l’on perd surplombe comme cendre, un talisman !  

leurs vœux ne seront pas exaucés !

le revers des vents forts

comme dans les temps futurs

appel à la prière

il remonte sa djellaba des deux mains

fous rires bénis de Dieu

j’effaçais le livret d’or des jeunes de l’Union qui nichait dans une main, n’étaient-ils pas à terre ? je les revois au pré d’une rivière où coule le miel, peut-être.

je combattais les écailles sans mes jambes, une dague dans l’autre main. c’était l’arène où se jouer l’honneur d’un homme, la conquête d’autres sphères !

l’ivresse était portant le quotidien.

j’avais la patience d’un désert, d’une salamandre… etc. j’étais le sommelier exclusif d’une infinité d’histoires, mais loin de l’idée de finir en gardien des ruines.

ils sont aussi furieux qu’un satellite orienté

les goélands qui ratissent

chômer sous le ciel

derrière les lambeaux d’or

d’éclatants parfums

je prie pour le renouveau des choses et je lève la main aux cieux clairs pour un peu de nourriture sur le feu, un peu d’eau, ruisseau, oh ! une eau que je bois à même le sol.

les montagnes au soir jusqu’aux chants du coq, les maisons qui ronflent les lumières, le belvédère des chênes… etc. ce sont les refuges qui nous édifient et préservent.

une foudre s’abat et creuse les hauts plateaux, mais qui peut savoir réellement ces choses-là ? les orages sont méchants par ici, je rentre puisque je l’ai vu.

ainsi meurt la récolte des cœurs

est-ce qu’il fallait vaincre pour se repaître ?

l’inclinaison du jour

un balisage des dragons Kabyles

avec des chaises

entre le ciel et la terre, de l’est à l’ouest… un nouveau système est à prévoir, l’invariable fixette ! les clochards sont les attractions modernes.

Dans une maison

À Fateh.

l’humble pendule de bois se détachait dans le salon, une antiquité. le coucou ne fonctionnait presque plus et mes hôtes ne savaient pourquoi.

je prenais déjà mes distances de l’incommensurable avalanche du temps, qu’il me fallait sitôt pressentir le bruit poitrinaire de la pendule: tic-tac… !

la nuit noire s’installait et mes yeux tombaient sur une toile. on aurait dit un tableau de Gauguin, sans le cadre mural. c’était une toile sur un mur blanc.

il y avait d’autres bruits parmi l’écoulement d’un ruisseau

la lourde maison avait des coutumes ennuyeuses

l’été au village

les jeunes filles s’exaltent de joies

en djebba d’intérieur

il s’agissait d’une femme assise au milieu d’une faune inquiétante, peut-être un tombeau immobile et ses rythmes longs ! une bonté émanait de ses yeux.

éprouvés par la peine.

j’allais la rejoindre à pas ouvert dans l’éternel silence qui parlait si fort, l’antre était une merveille, même les fleurs et les pierres qui jonchaient le sol étaient rieuses.

elle réorganisait mes strophes avec un naturel qui inspirait l’adoration, sa tendresse m’enflammait ! je voyais que l’harmonie de ce monde était triste.

les idées compétitifs me possédaient.

c’était peut-être Fatima

Allah akbar !

soirée de l’aïde el fitr

les nuages lavent la terre parfumée

comme dans le Coran

je me cachais à la vue de violentes couleurs derrière les murs végétaux, les cavaliers de plombs arrivaient et pareil à un voleur dans un kiosque, ils me rendaient.

l’esprit frondeur et vacant.

c’est ce qui à était préétabli dans ma genèse qui me ramenait à la réalité et me consolait de cette rencontre, comme une mémoire vengeresse, démentielle.

je revoyais la clairière bleue de mes vacances, les visages trompés de soleil, le feuilleton des corps en action et l’effort de tous. l’instinct d’un aventurier s’était révélé.

je m’adonnais à d’autres trames.

je reprenais ma place sur les dalles

j’avais perdu la grande heure du secret

une nuit offre son concours

le paysage intérieur et son double

tous les masques rient

Mosquée Ihouna, Timizar Loghbar, Tizi-ouzou.

à l’occasion d’une prière pour la pluie, c’est sur cette place de la mosquée que j’ai vu le premier sacrifice d’un bœuf. j’ai compris que les hommes adoraient Dieu en parfaite unisson. la fin d’une époque nous est-elle annoncée ?

Hymne de la nuit

À Mehidin.

il me parvient par la fenêtre un vent parfumé et tiède, à peine plus perceptible que le chant de la baleine, une musique de la maison des filles: du hip-hop de parade.

la ville est à bosses.

une célébration aujourd’hui, un mariage a été fait. l’innocence qui se donne des airs d’adulte ! l’atmosphère de la salle saturait sous l’or et les parfums.

je n’ai pas dansé sous les yeux horribles des convives.

je repense au terrain vague des grands nègres voyageurs, ils ne fréquentent plus l’école, peut-être que l’on partage les mêmes déceptions: rien à en tirer !

c’est ce qu’a dit mon professeur.

les retombées se voileront d’un pauvre sarcasme

les retombées nous déchaînerons

café sans sucre

mimique d’un homme nouveau

les deux volets clos

je prends le contour des voix anciennes, je prends aussi mes envolées lyriques, sans oublier l’aumône ! dans mes longs relâchements : ciel / caverne

sans relâche !

il se trouve une bougie crème et une bouteille d’eau minérale sur la table de mes petites études, comme pour un ours apprivoisé. je m’affaire sous le signe des mots.

on naît noire, on meurt enchaîné.

je vous parle de mon sport, je vous parle de mes métamorphoses ! les voiles se tendent bien sous tous les vents. je pense à celle qui partagera ma vie.

pourquoi pas l’acheter.

l’atmosphère de la nuit est noyée d’électricité

j’apprends à flotter

les vents sonores

la nostalgie de mes jours d’errance

une lance à la main

je ne pratique à vrai dire aucun sport, je n’ai aucun hobbies. je n’aime pas d’ailleurs les personnes âgés et je ne parle pas votre longue.

un garçon sans intérêts.

je fréquentais une fille que je baisais comme un apprenti ou un marabout, j’aimerais par-dessus tout oublié cet air satisfait qu’elle avait sur son visage.

comme un ticket.

je finis ma cigarette et continue les raccourcis de mon cœur qui semble interminable, mon exercice favori de catin que j’enfonce avec panache.

cet été a des allures d’une chute télévisée.

sur l’impression d’or et d’alliances qui se trament

je repose mon front sur le coude

oh, ces quelques jours !

aux dernières phalanges

des luminances

j’ai pleinement conscience de l’outrance des fêtes de l’été… j’espère regagner la même foi première !

Plan

tu veux vivre bêtement et t’éloigner des obligations quotidiennes, à l’état primitif dis-tu ? comme au retour des saisons que l’on considère comme nôtre.

tu ne veux plus avoir de phrases concises à méditer, éprouvé par un repu total. tu ne veux plus envisager les incongrus s’échappant d’un monde souterrain.

hypothétique !

tu veux fuir les nouvelles d’où qu’elles viennent et la partition, afin de rêver comme l’esprit d’un fleuve et jalouser un peu l’éternité des papillons.

lorsque tout s’érodera à l’épreuve du temps, brise le gel !

tu reverdiras tes mots

réticence des nuages

au calme d’une énième énigme

de la poésie

tu ne veux plus adhérer à la réalité que l’on t’a choisi, tu détournes déjà les yeux de la marche à suivre. elle est faite d’ailleurs pour qui, ceux qui empilent ?

tu veux tout oublier clandestinement sans chercher aucune consolation ni aucun remède à ton mal, lorsque tu vois que plus personne n’accepte de tomber.

tu ne veux plus rendre de compte à personne, moins encore à ceux qui osent te mentir et qui te contraignent au silence. tu ne veux même plus te décider à parler.

on s’en souviendra de l’autocensure !

lorsque le vent jouera des feuilles, la suspicion !

tu entendras les bruits de fond

du néant à la vie

il sent déjà venir l’arnaque

des nombres

quoi de plus simple que de te lever un matin, semblable à des matins de rameau, contenir ton cœur comme un privilège et partir avec l’intimité de ton café chaud.

il se peut que tu traverses l’exil du cœur, peut-être sous d’autres étoiles et pendant une période d’incurabilité ! au lieu de te dépêtre d’un sursis qui cloison dans le nulle part.

il convient dès lors de sauvegarder une certaine constance dans la durée et atteindre ta poétique, désapprendre tout en seulement une heure pour vivre, vivre… !

il y aura d’autres fécondités insoupçonnées

peut-être une transe

une eau d’or noir

réapprendre le nom de mes doigts

avant l’aube

je ne finis pas de me consommer d’écrire… ! je redoute les anathèmes et les pseudos morales religieuses.

Sacrément épique

tu existes

je crois connaitre

tu habites

j’habite ton cœur

( … me baladant dans les rues d’une Tokyo imaginaire ! ).

Dieu, Dieu, Dieu, Dieu

il y a du vent  

tu penses à ce jour dans le vague de ton esprit. c’est déjà penser l’avenir, il suffit d’aller de l’avant !

tu as

parce que je dis

tu dis

parce que j’ai

( … en dansant autour de la lune ! ).

Prophète, Prophète, Prophète, Prophète

il pleut

tu penses à cette nuit et ses vastes espaces inexplorés. c’est déjà penser la mort et ses pulsations, il suffit d’aller en amont !

la folle croisière est drapée   

la fin de son onde n’est qu’un recommencement

Es-tu-air=(e)

il faut croire que j’ai vos visages sur le dos tout courbé, – que dois-je faire aujourd’hui de votre absence ? le crève cœur de mes suppliques reste sans écho.

le pourquoi de ces pleurs ?

lorsque je marche dans la rue, je crois vous reconnaitre parmi les meilleurs.

j’ai la tête hors de l’eau javellisée, à peine de quoi être narguer. je tiens difficilement sur mes supports et c’est bien le retour de mes erreurs passées.

je ne fais que parler au fer comme un coléoptère, ne vous inquiétez pas outre mesure ! je vous demande surtout de ne plus déranger le monstre dans son estuaire.

je recréerai la magie de nos rencontres

les promesses oubliées

les amis… !

si loin autrefois

je caresse le manche de mon gilet

la chambre est ma mémoire qui s’égoutte et je vous revois me sourire les après-midis d’été à la plage, ou partout ailleurs. envers vous tous, j’ai eu tort.

je crains de ne pas avoir compris très tôt le sens d’une amitié, de passer de plein d’autres surprises. je ne regrette évidemment rien de ma vie passé à vos côtés.

nos vies enchevêtrées, royale !

j’ai eu de la chance de vous côtoyer et de vous connaître, vous étiez mon or noir inespéré. je me heurte depuis à ces fichus murs denses qui virent au rouge.

je consigne les airs de nostalgie

un bonheur parfait ne dure qu’un temps

la lune sans bruit

accroché à la chair de l’escalier

une main sur le cœur

je me noie dans les yeux d’un chiot taquin, il m’est impossible de m’en détacher, même s’il me fait peur. il aimait les œufs et courait dodelinant derrière mes hurlements. 

celui qui n’a éprouvé le deuil de soi ne peut fusionner dans l’amitié.

j’écoute plus en dedans la myriade de mes années perdues, comme se rendre à la pire des vérité. les mots au goût douteux et métallique me raclent la gorge.

je sors métamorphoser d’un hôpital et le corps indemne, c’est l’été au soir d’une intime révolution. il y a une légère nessma, je ne manque plus de me déverser.

je me trouve effrayant à tout endurer

le sort de la jetée est battant

soir d’été

l’histoire d’un chien défunt

avec un os

je suis une peluche à l’œil arraché qui écoute : Lacrimosa de Wolfgang Amadeus Mozart.

Un couple du dehors

ils avaient bu beaucoup de cafés et ils avaient dîné dans de charmants restaurants, le temps était leur allié pour se découvrir, s’aimer et aménager ensemble.

ils avaient tout pour être un couple heureux et ne passaient jamais inaperçu dans les rues. elle lui offrait des charentaises pour sceller leur union, et lui un bracelet.

ils n’étaient pas portés sur le sexe et très vite à la question où se jouait le nerf de la guerre, ils répondaient en leur fort intérieur, ailleurs !

ils partageaient le même exil.

ils étaient très proches l’un de l’autre

un ciel sur l’autre

la caresse des saisons

un méli-mélo de traits gris

des lézards blancs

ils fréquentaient avec enthousiasme les cinémas d’auteur, les musées et les salles d’exposition sanguinaire, car il fallait avoir des sueurs froides.

ils se mêlaient à la foule dans les célébrations d’une quelconque divinité païenne. les bars dansants étaient plus pratique en vue de leur proximité.

ils arpentaient le satin du pilat et lascaux pour admirer les fausses peintures rupestres. une sacrée aubaine pour deux amoureux nouvellement installés.

ils avaient quelque chose des rayons de soleil

la lenteur du vol des oiseaux

l’humeur espiègle

un léger silence de cœur

entre les lignes

ils parcourraient à eux deux tous les arts et par tous les chemins, comme les livres lus qu’à moitié à deux voix, les repas entre amis jamais entamés… etc.

ils partaient de longs week-ends en personne consentante dans tout le territoire et une fois à l’international, une révélation d’une profonde amitié.

ils étaient sans port d’attache.

ils finissaient par attraper la nausée pour leur vie de couple, les sorties ne suffisaient plus à satisfaire leur quête respective. ils consultaient pour cela des psychanalystes.

ils se traînaient les adeptes du dehors

ils ne s’y reprendraient pas une seconde fois

les amours en carrousel

je brûle celle qui tombe au sol

des vieilles théories

( Épiphanie )

oscar les vents et épiphanie

marcher

vermines

laine effiloché

porteuse

secret

encens

doigts fins

grisette

histoires

fraude

suspendre l’étreinte

une déesse des buissons et des rivages salés

amoureux fou

cavalière

affreusement

flanc ossivore

éphéméride

il aime le mot éphémère

coûteux pour l’enfant

m’abreuver

ciel

argent armorique

couver

âme esseulée

les eaux troubles sont peu profondes

images

féerie

satellite

converger

couple

filet d’horizon

maison des vacances

poisson

querelles

hiver

bois chaud

s’éternise

la nuit retombe sur l’étoile des loups

nous gravons dans le marbre le visage de son invraisemblance

œuvrons au plus vite !

De jour comme de nuit

à Yasmine. et à Camille.

demi-sœurs de cœur.

Tristan : Qu’avais-je donc rêvé, de l’honneur de Tristan ?

Isolde : Qu’avais-je donc rêvé, de la honte d’Isolde ?

Tristan et Isolde. Richard Wagner.

Traduit par Dominique Sila.

: 1

toi avec moi // moi avec toi

le jour avec la nuit // la nuit avec le jour

la nuit cédant au jour // le jour cédant à la nuit

moi sur toi // toi sur moi

entre toi et moi // entre moi et toi

le soleil célébrant une lune // la lune célébrant un soleil

un peu de toi // un peu de moi

le jour dans la nuit // la nuit dans le jour

la lune pleurant un soleil // le soleil pleurant une lune

de tes mensonges sur moi // de mes mensonges sur toi

toi ou moi // moi ou toi

été comme automne // automne comme été

le jour glisse sur la nuit // la nuit glisse sur le jour

toi en moi // moi en toi

toi malgré moi // moi malgré toi

toi sans moi // moi sans toi

là, le jour gît // là, la nuit gît

désirant de toi // désirante de moi

croire en toi // croire en moi

l’eau et le vin // le vin et l’eau

vénus pour mars // mars pour vénus

toi et moi // moi et toi

chienne d’un loup // chien d’une louve

nous

: 2

une fille // un garçon

le monde pour lui // le monde pour elle

un univers avec elle // un univers avec lui

ils s’aiment // ils s’éloignent

il lui manque // elle lui manque

autour d’un diner // au milieu d’un déjeuner

elle l’habille d’un sourire // il l’habille d’une caresse

un rêve de lune // un rêve de soleil

elle le reconnaît // il la reconnaît

un amour de fleur // un amour de miel

elle remonte d’un souvenir // il redescend d’une réminiscence

son étoile capte les fables // son étoile capte les contes

elle porte le dramatique // il porte le tragique

claudia et arman // arman et claudia

elle l’accompagne dans sa traversée // il l’accompagne dans son voyage

pour goûter les joies de la volupté // pour savourer les délices de la félicité

un lac sur un ciel // un ciel sur un lac

c’est tellement elle // c’est tellement il

elle tâtonne pour marcher // il tâtonne pour s’asseoir

un regard de celui qui la guérit // un regard de celle qui le sauve

la tristesse l’oblige // la tristesse le condamne

elle dort à bâbord // il dort à tribord

elle n’a rien d’une poétesse // il n’a rien d’un poète

pourtant

: 3

une sagesse transitoire // une folie ambulatoire

elle pardonne sans un reproche // il pardonne sans un effort

une comédienne // un comédien

lorsqu’il la baise // lorsqu’elle le baise

elle joue des interdits // il joue des anathèmes

les comètes déménagent // les comètes euphorisent

toi comme la fin d’un début // moi comme le début d’une fin

à l’orée du jour // à l’orée de la nuit

elle le cultive // il la labour

leur terre est plate // leur terre est ronde

les lunes se compilent // les soleils se faufilent

une allée émotionnelle // une allée sensorielle

elle s’invite dans son assiette // il s’invite dans son terroir

toi en deçà de moi // moi en deçà de toi

son aura est rouge // son aura est mauve

magma et cristal // cristal et magma

elle ironise sur la vie // il ironise sur la mort

les anges neutralisent // les démons désunissent

l’exception d’un amandier // la singularité d’un olivier

une éclipse solaire s’attarde // une éclipse lunaire s’accroche

elle lui fredonne ses nuits // il lui murmure ses jours

la terre se dérobe // le ciel se dissipe

elle n’a plus confiance // il n’a plus foi

vice-versa

: 4

bonsoir soleil // bonjour lune

elle est d’un futur // il est d’un passé

elle fortifie un filtre // il emplâtre une potion

d’ombre et de lumière // de lumière et d’ombre

aux aurores // aux crépuscules

brève des infidélités // brève des trahisons

à jamais son âme blessée // à jamais son cœur entaché

sable et marbre // granite et poussière

elle vient de loin // il arrive de loin

au-delà de la longueur des continents // au-delà de la hauteur des nuages

t’adonner à moi // m’adonner à toi

te rappeler de mes réponses // me rappeler de tes signes

rien de toi n’est vain // rien de moi n’est vain

rien n’est perdu de nos errances // rien n’est gagner de nos quêtes

nous nous sommes aimer // nous nous sommes détester

comme d’un autre centre // comme d’un autre appel

un souhait de nacre // un souhait de corail

que ton âme luise // que ton cœur vibre

se hisser pour t’atteindre // se baisser pour m’atteindre

trop beau un tantinet laid // trop laid un tantinet beau

elle voit en lui une autre // il voit en elle un autre

de la vie à la mort // de la mort à la vie

de toi // de moi

poème

Les occasions ne manquent pas pour se rattraper

À Ahmed.

je me souviens du jour où je commençais à survivre, c’était pendant les vacances. j’allumais la télé, comme un jour routinier à glutiner devant muer.

j’étais jeune.

je ne trouvais plus de sens à rien, plus de but à atteindre. j’avais perdu le goût de vivre, c’était incroyable ! quel drôle de début pour l’apprentissage de la vie.

j’avais commis quelques erreurs durant la précédente saison, la plus marquante entre toutes et sans déceler le manquant de l’histoire, je changeais d’entraîneur et de club.

je ne tenais plus dans mes baskets.

cette manœuvre sonnait la chanson naïve du destin

une exode intérieur

fenêtre sur le cœur

les derniers jeux de la saison

de zermumiya

c’était un entraîneur fort et tranquille, un technicien. l’un des purs produits du système pédagogique algérien. il ne lui manquait que la trêve des clans.

le transfert était perçu comme une trahison et signifier par un refus d’échange de paroles et de poignée de main. j’étais le déloyal, celui qu’il fallait bannir.

on partageait pourtant le même bain.

je voyais l’abîme m’engloutir, une honte s’abattait sur moi comme une ombre. je voulais mourir comme tous les dieux païens et que l’on parle encore de moi.

les traîtres portent eux aussi un nom.

comme une éclipse

peut-être qu’elle était totale

voir

pourtant si seul

si seul

je me rendais aux entraînements en reculant, la transition s’avérait longue. les événements empiraient lorsque mon téléphone s’arrêtait de sonner.

l’exclusion est une fée qui ne m’a jamais quitté.

je le revoyais parfois à Tizi-ouzou, toujours sur le dos un survêtement. il me donnait l’impression d’un vieux débris parmi les décombres de son existence.

je le croyais à l’abri des effets négatifs du temps, il se démenait déjà pour instaurer une affligeante distance avec autrui, mais l’anecdotique semblait le dénaturer.

j’espérais une générosité

comme une écoute dans le milieu

les amitiés bénies

une page blanche a le don

du pardon

toujours seul poursuivant les échecs et mes fraîdennes !

Le chemin du retour

le printemps est au temps fixe et de sombres créatures chantent dans mes oreilles, seules les fleurs respirent. je viens de rentrer de l’aéroport d’alger.

tu roules entre mes yeux gorgés de chagrins.

je retrouve mes semblables, mes proches… tout le monde va bien et inquiet de me revoir ! j’ai la conviction à présent que je peux vivre le reste de mes jours à leurs côtés.

il me semble que j’ai prévu ce voyage des siècles à l’avance, j’ai l’air d’avoir 10 ans de plus. je pose sitôt mes valises sans bruits dans un coin.

je suis en paix.

il fait beau

j’ai eu une dure semaine

je crois revivre nos adieux en continue, la colère s’estompe peu à peu. il y a des amours qui changent et d’autres qui ne changent pas, sauf dans les films de science-fiction.

je remercie le ciel mouillé de ses bienfaits, un carre du ciel, le tout petit vert d’un paradis sous quinzaine. je feins d’être compris derrière ma joie cachée.

à l’orée du jour le cœur sème.

je me suis aperçu pendant la traversée que tu as façonné ma langue et qu’il va falloir encore t’aimer, comme un derviche reclus dans le vaste désert épris de la lune.

je suis grand de mon amour pour toi.

l’un de mes livres le raconte très bien

j’ai attrapé froid

j’ai espéré mon retour plus fort que tout

j’ai maudit mon retour la raison de tout

je me dictais d’extravagantes formules pour échapper aux appréhensions des retrouvailles, mon livre agissait de ressort ! toutes mes pensées sont dirigés désormais vers toi.

j’ai la légèreté de mes poches d’écolier, l’aurore verte dans les entrailles et au milieu des blés, je formule le souhait de te revoir. la chance miroitera peut-être mon soleil.

pour tenir.

je sais de l’univers et ses desseins à mon sujet, comme qui résonne en lui des slogans d’eau de pluie. je regarde les étoiles pour deux, qui n’ont rien du noir habituel.

la main gauche sur mon cœur.

la rupture avec toi n’en est que plus violente

la réalité ment par son essence

j’ai vécu l’éveil de l’amour après notre séparation, bien après l’incompréhension. lorsque tu me voyais avec ton cœur, ce n’était personne d’autre que moi.

( Catalyseurs )

royaume du sud

écouter

radio

voix pétillantes

interférences chaudes

de la pise à boire

insoluble

âges

rareté

organisation

cascades

idées

grève

gouffre fécondé

réceptacle

se ressemblent

flâner de l’ouïe

friandises

étude

boucles

le monde est féminin

accueillir

étrangers

passeport

noirs

désert

plusieurs sud

âmes en peine

immense silence

sable

gammes

danser avec les vents

les antennes sur du béton

tout comme

têtes enrubannées

fraîcheur

à l’affût

proches

le faire généralisé

la présentatrice est une fée

philosophie

banaliser

catalyseurs

le monde est tellement plus encore

nous observons une vieille psychologie du chameau

débarrassons la table

Escapade

je suis à peu près immobile sur une vaste plage, l’océan bouge. je me demande si tout change autour, comme sur une carte postale.

l’intériorisation m’est confortable.

je remarque les silhouettes des flâneurs au loin sur la rive, quelques bêtes mortes sur le sable et une très belle fille sous son k-way rouge.

j’essaie de l’atteindre de mes yeux incompris, seul l’horizon brumeux semble l’absorber. elle a l’air timide et moi d’instinct, je veux la pénétrer.

le fracas des vagues pèse de mille invectives

les paroles se broient

une longue-vue

la lecture aléatoire des signes

du paysage

une dernière et je vais me prendre pour un collectionneur ou comme un rang de gars ! je n’ai aucune nostalgique de mes anciens murs et pas de collier.

je repense aux peintures de Watteau.

je collection les envies ronces et les poux de coutume, comme une bourrasque qui essuie. je ne sors de l’inertie la plus désabusée.

je cherche pourtant des solutions à mes cloaques, et sans efforts, je m’arrête net. le tendant tire sur la quille, ce sont les problèmes des divinspoètes !

les échecs collent à mes muscles sans cellules

les actes se noient

le tout m’entoure

et fuit et fuit… !

et fuit

je m’assois sous le palier d’une cabane de sauveteur que je purifie. le mauvais temps s’évide et d’une mémoire ancienne, je formule des mots obscurs.

les vents emportent le traintamarre de mes idées et dans mon cœur des cintres d’acier me trucident, comme jouer un peu avec soi et cacher son nom.

je ne vois rien de l’affection de son chien, je ne vois rien de l’étendue grise… etc. je me contente de la bouteille de rhum ambré qui m’abreuve.

pour mieux me rassembler

pour me disperser

une journée de printemps

je rêve un moment pour deux

les fois d’amour

les chiens errants sont dans la grâce de Dieu.

Silex

À Françoise.

je suis de nouveau seul et peut-être définitivement guéri de son emprise. je me demande pour combien de temps… 3 jours, 3 mois, 3 ans ?

je pourrais entre temps écrire un opéra.

je me considère comme une personne chanceuse, démesurément. je suis un rescapé, pour d’autres un privilégié. les jugements des uns déteignent sur moi.

certaines choses ici-bas ne durent jamais.

je nourris sans doute des complexes, j’édifie une honte ! comme chercher par dessus tout ce qui se trouve sous mes yeux et que je n’arrive pas à saisir.

je ne dois plus tâtonner sur la pente abyssale

auprès d’un fétiche

je m’éloigne d’un changement pour une baigneuse aux courbes de feu, – devrons-nous subvenir à leurs besoins physiques et moreaux, les responsabilités… etc.

j’imagine qu’elle renouera avec ses objectifs de ball-trap, même plus tôt que prévu ! nourris de sa cervelle de moineau, de petite joueuse… etc.

devrons-nous supporter ça ?

il en résultera de toutes petites crottes de son beau derrière saillant, rien qui n’approche d’une perdition. un étrange gâchis de la calamité encore plus révoltant.

n’allez pas croire que j’ai peur de l’engagement

n’allez pas me croire

je suis un être fragmenté et ce n’est pas là un problème, la liste de mes ruptures est longue. elle prend parfois l’apparence d’un faux nouveau départ.

je vais me noyer dans une décharge d’un millier de roses, sans aucune concomitance. je m’ouvre autrement dit à une prostituée de bordel pour jeune.

elles portent le voile de la sainteté.

je suis curieux de voir l’état de son facteur après la réception de la nouvelle, et qu’elle délivrance ! je savoure déjà d’ici un malicieux plaisir.

lui ferai-je parvenir ce poème ?

je suis tranquille sur le zinc humide et froid

les scrupules d’un indéterminé

une bouche à l’est

les centimètres s’envolent au ralenti

désir de tout ton soûl

La Blanche Ophélie

orpheline de tous

toute frêle et aimante, – dis-moi à quoi tu penses ?

elle s’en est allée, l’âme…

les doutes d’un plus jamais

les chevilles légères

comme une pluie verte au crépuscule des anges

( un phere pour nos insomnies ! ).

sept jours

sept week-ends qu’à durée son calvaire

il lui faut reconstruire son identité

sa psyché

elle s’en est allée, la Blanche Ophélie

comme une pluie verte au crépuscule des anges

( une grappe de raisin rouge dans sa bouche ! ).

orphelin de tous

tout drôle et contre personne, – dis-moi à quoi tu penses ?

s’en est fini, la traîtresse !

elle l’a quittée

il a enjambé le serpent de feu

il a vu dans l’éclat des jours les ombres haleuses

le temps comme une fusée

comme lui, il a rusé

il te faut reconstruire ton identité

de passeur

s’en est fini, du poète qui te pleure

( les songes d’un rossignol sont le fond d’un ciel gris ! ).

j’ai vécu ordinairement un été de démesure en orient

sans vouloir foncé